UNIVERSITE PAUL VALERY-MONTPELLIER III
ARTS ET LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES
L'EVOLUTION RECENTE
DE PORT-GENTIL (GABON)
TOMEI
THESE POUR L'OBTENTION DU DOCTORAT DE 3è CYCLE
(Géographie de l'Aménagement - Option: Aménagement des littéraux)
Présentée et publiquement soutenue
devant l'Université PAUL VALERY à MONTPELLIER
Par
Monsieur Jules DJEKI
JURY : MM : J. CABOT:
Professeur,
Président
Ch. VERLAQUE:
Professeur,
Rapporteur
A. SAUSSOL:
Maître de Conférences
Assesseur
Docteur d'Etat
5 Novembre 1985

- 1 -
"Aux
miens,
qu'ils
jugent aisément que l'élaboration d'une
telle
étude
méritait
bien
des
sacrifices.
Puissent-ils
trouver
ici,
en
réponse
à
leur soutien,
un témoignage de
gra ti tude .•. "

- 2 -
iI.VANT-PHOPOS
Depuis
les travaux qui se sont déroulés au début des
années
70
à
Talence sur le thème "La Croissance urbaine en
Afrique
Noire
et
à Madagascar" jusqu'aux réflexions sur la
(grande)
ville
Africaine
du
début
des
années
80
à
Montpellier,
nous
avons
pu
mesurer. le chemin parcouru et
saisir
la
portée
du
phénomène
urbain
dans
les
pays
tropicaux. •.
Le
Gabon,
pour
sa
part,
a conçu l'Aménagement du
Territoire
à
travers
l'exploitation
tous
azimuts
des
richesses
minières,
notamment les produits pétroliers. Cela
a
eu
pour
conséquence
directe
la
démobilisation
des
populations
rurales
et
le
gonflement des unités urbaines.
PORT-GENTIL
est
bel
et
bien
l'incarnation
de ce type de
transformations.
Ainsi,
avec
ses
infrastructures
et
sa
population
devenue
cosmopoli te
en
ces
circonstances,
PORT-GENTIL,
à
travers
son site insulaire et ses 800 km de
côtes, est un cas intéressant de géographie tropicale.
,{ous
Gvons
abordé
cette
étude dans les conditions présentées
"J2T
U1.e
ville
tropic2_le,
faite d'af'lale;ames au niveau
du
paysage,
de
l'armature
urbaine, de l'espace en tant
que
tel et de ses occupan:t;s.
Tout
en
introduisant cet éci~lrage dans le cadre de
l'organisation
de l'espace, nous tenons à préciser que c'est
la ,remi~re étude elobale sur Fort-Gentil; par conséquent, elle
exige
la
résolution
d'un
préalable, à savoir que nous nous
engageons sur un terrain qui n'avait bénéficié d'aucune étude

- 3 -
rigoureuse
à
caractère
scientifique.
Cet inconvénient est
renforcé
par
le fait que nous ne disposions au départ que de
données fr::J_[:mentaires et même contrEclictoires, ne é1er::Jettant
pas
une
analyse
objective. Certaines défaillances auraient
pu
être 8vi tées si
la
documentation
s' y était prêtée, et
surtout
si les quelques indications officielles avaient pu être
exploitées convenablement(r).Que le lecteur ne nous en tienne
pas tro=, ricueur ••••.•
Le
présent
travail n'aurait pu aboutir, n'eOt été
la
disponibili té
de
Monsieur
le
Professeur
Christian
VERLAQUE
qui
a bien voulu accepter de
le
diriger. Tout en
lui
renouvelant
notre
reconnaissance
pour
ses
critiques
bienveillantes,
nous ne pouvons oublier de faire mention ici
qualités pédagogiques et humaines qui nous
ont permis de surmonter les problèmes majeurs.
Dans
le
même
ordre
d'idées,
nous
demeurons
sensible
à
l'accueil
qui
nous
a été réservé lors de nos
fréquents
passages
au
Centre
de
Géographie
Tropicale de
Bordeaux
(C.E.G.E.T.).
Que
Monsieur
Pierre
VENNETIER
et
toutes
les
documentalistes trouvent ici l'expression de nos
remerciements, pour nous avoir aidé
à résoudre les problèmes
techniques et documentaires que soulevait notre recherche.
( '
Enfin,
nous
disons
également
merci
aux élèves et
populations de Port-Gentil pour leur ~articipation..•
(r) Il n'est ~rms aisé d'avoir acc2s à certainsclocwnents offi-
ciels concernant le Gabon.

- 4 -
INTRODUCTION GENERALE
Le
développement
urbain
dans
le monde tropical ne
peut
échapper
à
la
sensibilité
du géographe. Fait majeur
contemporain
et surtout phénomène de société, l'urbanisation
a beaucoup marqué l'Amérique Latine, l'Asie du Sud-Est et également
l'Afrique
Noire
francophone.
Mais
il
n'est
pas toujours
facile
de
cerner
le
problème
dans
son
ensemble; chaque
sous-continent
ayant
sa spécificité. Néanmoins, il convient
de
rappeler
que,
d'une
manière
générale,
la plupart des
chercheurs
qui ont consacré
une partie de leurs travaux
à
la
croissance
urbaine
à
travers ces régions sont
unanimes
pour
reconnaître
que
la démographie a beaucoup
influencé
l'évolution
de bon nombre de villes; surtout que,
du
"lOinS80ur l ' i\\frir:'le centrale fr2Dcoll.llOne
qui
nous
intéresse
le
plus,
la
balance
démographique a été rendue
positive
à
cause
des effets conjugués de l'exode rural, de
l'immigration et dans une moindre mesure du croît naturel.
L'évolution
démographique
plus
ou
moins
ininterrompue
de
ces
villes
a
permis
d'élaborer
une
classification
particulière.
3ans
envisager l'analyse des
données
statistiques trop complexes, nous pouvons simplement
distinguer
la
grande
ville (plus de cent mille
habitants)
de
la
petite
ville
ou
ville
secb~daire (inférieure à
cinquante
mille
habitants).
Néanmoins,
cette
vision un peu
"extrémiste" de
la
ville
Africaine cache une réalité, c'est
l'existence
de
la
ville intermédiaire appelée également la
ville moyenne.

- 5 -
Le
Gabon
répond
bien
à
cette
hiérarchisation. A
côté
de
l'impressionnante
capitale
poli tique
et
administrative,
Libreville,
émergent
de
nombreux
petits
centres
urbains,
de
taille
modeste et dont la plupart ont
une
vocation
minière;
c'est
le
cas
de
Moanda
(avec
l'exploitation
du
manganèse) ,
Mounana
(extraction
de
l'uranium)
et
enfin
Gamba
(avec
la
mise
en valeur d'un
gisement pétrolier).
Selon
M.VENNETIER,
les
pays
Africains
tropicaux
étaient
peu
fournis en villes moyennes dont la catégorie se
si tue
entre
cinquante
et
cent
mille
habitants.
Cette
constatation
reste
encore
valable
de
nos jours, du moins
}l0ur le Gabon. La preuve, c'est ('~ue Port-Gentil, avec ses soixclx:te
dix
mille
habitants
(70 OOO),se situe dans cet intervalle
et demeure la seule ville moyenne du Gabon (cf.Carte 1).
De
création
purement coloniale, Port-Gentil a eu un
rythme
de
croissance
mesuré
jusqu'aux
années
70, avant
d'atteindre
un
essor
remarquable
au
début des années 80.
Cela
n'a
pas
été
sans modifier considérablement
configuration
de
l'espace.
En
fait, il est établi que les
activités
littorales
ont
plus
ou
moins
contribué
à
la
création
de
la
ville.
Elles
ont
été
favorisées
par
l'appartenance
de
Port-Genti l
au
bassin
sédimentaire
( '
côtier
gabonais, véritable région vitale du pays, avec ses
ressources
en
hydrocarbures
et
ses
produits
forestiers,
s'étendant
sur
une
longueur de 800 km. Ainsi donc, situé à
l'embouchure
du
fleuve
Ogowe
et
baigné
par
les eaux de
l'Atlantique, Port-Gentil occupe une position de carrefour ~ui

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carte 1-0RGANISATI0N URBAINE

- 7 -
lui ~\\ percis
de
servir
de
relais
entre
le
pays
et
la
métropole,
mal:~ré ses infrastructures modestes"'. 1 t él)oque.
Le
rÔle
historique
joué par Port-Gentil ne serait
pas
significatif
si
la ville ne se situait pas sur le
li ttoral .
En
effet,
c'est
autour
de
cet
espace,
tant
mari time
que
terrestre,
qu'ont
pu
se
développer
des
activités
bien
connues,
liées
dans
un
premier
temps
à
l'exploitation
forestière
et,
par
la
sui te,
à
la
transformation
des
gisements
pétrolifères
découverts
quelques
années
après.
De
toute
évidence,
l'activité
industrielle
qui
se
développe
a
conféré
à
la
ville la
dénomination de capitale économique du Gabon.
Si
l'on
reconnait
à
Port-Gentil
le
mérite
de
bénéficier
de
ressources
économiques
notables,
on relève
cependant
le
fait
que
le sous-peuplement
persiste comJe
l'un
des
problèmes
majeurs.
La
ville et son arrière-pays
a)~artiennent du reste \\
la
"Cuvette
Congolaise"
qui
se
caractérise
par
un "vide humain". Est-il besoin de rappeler
ici
que
nous sommes en présence d'un ancien foyer colonial,
longtem}ls
marqué
:flar
la
traite
des
esclaves
sévissant sens répit,
un domaine

la maladie du sora:neil a
provoqué
une
mortalité
non
négligeable
dans
une
région
rendue endémique du fait de facteurs(.climatiques peu tendres et
une
écologie fragile? C'est une situation très préoccupante
qui
soulève
la
question
de
savoir
si cet aspect
de
sous-peuplement
mili te
en
faveur
d'un
processus
de
développement
économique,
lorsqu'on
sait
pertinemment
l'importance
accordée
à la main d'oeuvre par des industries

- 8 -
génératrices
d'emplois, comme l'exploitation forestière et la
recherche pétrolière ?
La
réponse
au
déséquilibre
démographique
a
été
apportée
en
partie
par
les
pouvoirs
publics qui se sont
orientés
vers une politique d'immigration ouvrière. Mais,
si
cette
présence
humaine
a été tant souhaitée,
il n'en reste
pas
moins
que
les
structures
d'accueil, quant
à
elles,
laissent
à
désirer.
En
d'autres
termes,
ces populations
déplacées
n'ont
eu
qu'une tâche bien précise:
contribuer
au développement d'une industrie extractive.
Par
la suite,
le peuplement de Port-Gentil a eu pour
particularité
de
s'effectuer
par à-coups.
Au "vide humain"
évoqué
précédemment
s'est
substituée
une
véritable
mosaïque.
Des
populations
venues
de
divers horizons se
côtoient;
ce
sont
majoritairement
des
africains et des
européens.
La
réa l i té
sociale
qui s'en dégage
veut
que
Port-Gentil
soit
devenue
le
lieu
de
contact
de
deux
,
"cul tures" ,
et
surtout
un
espace
ou
cohabitent
deux
"civilisations" (africaine
et occidentale
). La résultante
de
tout
cela
est l'émergeance de deux villes juxtaposées,
d'une part
la ville
africaine appelée communément "la Plaine"
ou le
"Village",
et
d'autre part la ville européenne dénommée
la "Ville"
ou le "Littoral"
L'esnace urbain
maroué uar
la
.
-'-
(..
,
...
....
distinction des deux
communautés
Qui
s'identifient
selon
le
statut
social
et
les
structures
sociales
Qu'elles
incarnent,
se
divise
ainsi
en
deux
parties inégales.
Ces
QuelQues
éléments
suffisent
largement
pour

- 9 -
justifier
l'intér~t
que
nous
portons
à
Port-Gentil et
aux
problèmes
d'aménagement qui s'y posent. A travers cette
contribution,
nous
avons
à
coeur
de
montrer
qu'à
Port-Genti l,
l'urbanisation
n'a
pas
été
causée
par
l'industrialisation
en
tant
que
telle,
mais bien par une
immigration
remarquable
et
surtout
par
un
exode
rural
souvent
involontaire, lui m~me provoqué par des structures
agraires
inadaptées
et
déséq uil i brées.
Cependant,
il
apparaît
que
l'industrie
a servi
de canevas à certaines
mutations
sociales,
notamment
dans l'habitat et le mode de
vie
(répartition
inégale
des
salaires
et
couverture
sociale).
De
m~me, elle a indirectement donné naissance à
un
secteur
inforr:~81
:randissant,
s'articulant
autour
de petits
~16tiers
nIllS
ou moins
li6s
soit
à l'exploitation
forestière,
soit
'1
l'activit?
pétrolière,
et
entretenu
IJar
des
économies
très
modestes
_'1rovenant de particuliers
étrémgers
travaillant
avec
dilettantisme.
Comme
on
peut
le remarquer, Port-Gentil offre à la
recherche
géographique de nombreux thèmes de réflexion. Sans
avoir
la
prétention
de
les aborder tous, nous préférons
délaisser
l'analyse
de
détail
au
profit
d'une
approche
globale
visant
à
mieux appréhender les divers aspects tant
physiques,
économiques
que
humail1s
de
la
ville
de
Port-Gentil
et
à
travers elle, la baie du Cap-Lapez et par
extension
l'fIe Mandji.
Force est de constater que
les
richesses
du
sous-sol
sont
surexploitées, au contraire
de certains éléments naturels
"
le soleil, les plages, les
lacs
, les IR.[:;unes
, et les étR.l1gs.
Est-ce

-
10 -
par
volonté
délibérée
ou
par méconnaissance de
leur
intérêt
? Ou bien, serait-ce l'inexistence d'un potentiel
humain
préparé
à
leur
aménagement
? Dans le même ordre
d'idées,
l'hypothèse
d'un
manque
de
volonté
politique
est-elle à exclure?
,
Les
réponses
a
toutes
ces
interrogations
permettraient
de
faire ressortir tous les problèmes majeurs
d'aménagement
qui se posent à ces jeunes villes ayant émergé
vers
les
années
60
et
dont
Port-Gentil constitu~, à notre
connaissance, un exemple original.
SOURCES ET METHODES UTILISEES
Il
faut peut-être rappeler que nous avons eu cette
chance
de
consacrer
nos
travaux
à
une ville qui ne nous
est
pas
inconnue
parc~ue Port-Gentil
est
notre ville
natale.
A
cette
appartenance
originelle
s'ajoutent
de
nombreux
stages
de
vacances
effectués
dans
les
sociétés
de
la
place,
surtout
dans le domaine pétrolier.
Force
est
de
constater qu'à travers ces stages, nous avons
pu tisser des relations qui nous ont été utiles.
Dans
une
Afrique où l'expression orale est la forme
de
communication
la
plus courante, nous n'avons pas hésité
( -
un
seul
instant
à
exploiter
les
indications
orales,
recueillies
auprès
des
notables. Parallèlement, la lecture
cartographique,
l'interprétation des photographies aériennes
et
bien
évidemment
la fréquentation des bibliothèques, ont
constitué nos principales sources.

-
11 -
Pour
mieux
déterminer
les
contours
de
notre
étude,
nous
avons
tenu
à
relever
les
éléments
bibliographiques
de
base.
Cela
nous
a
valu
de nombreux
séjours
à Bordeaux,
plus précisément au Centre de Géographie
Tropicale
(CEGET).
Ce
sont
les
ouvrages
généraux sur la
géographie
qui ont constitué notre premier repère.
Ensuite,
nous
avons
porté
un intérêt particulier
aux
ouvrages
et
publications
liés
à la croissance urbaine dans le monde
tropical,
tout
en
insistant
sur
les écrits concernant le
Gabon.
La
recherche
bibliographique
a
été
poursuivie
à
travers
des
bibliothèques
plus
spécialisées
bien
que
réduites,
ce
sont les bibliothèques de l'ORSTOM, de GERDAT,
de l'IAM et du CNEARC à Montpellier.
La
documentation
ainsi répertoriée n'avait pour but
que
de
permettre
d'élargir notre champ de réflexion sur le
développement
des villes tropicales. Ce n'était que l'aspect
purement
théorique
du
sujet~ qui
devait être élucidé et
enrichi
par
les
idées
susceptibles d'être suggerées par
notre
présence
effective à Port-Gentil;
la recherche sur le
terrain
étant
la
condition "sine
qua
non"
pour
mieux
appréhender
la
complexité
des
villes
du
Tiers
Monde et
relever la spécificité de chacune d'elles.
Auparavant,
nous
nous
sommes penché sur la lecture
( -
de
cartes
topographiques
et
autres
plans
cadastraux.
Cependant,
leur
nombre
est encore trop faible et elles ont
été
éditées depuis des décennies; par conséquent, leur usage
est
peu
profitable.
Par contre, la couverture aérienne
est
complète
et
actualisée
(la dernière mission remonte à

-
12 -
1983).
La
plupart
des clichés sont développés par l'I.G.N.
pour
le compte soit des sociétés privées (c'est le cas de la
mission
effectuée
en 1982),
soit
des administrations
(Ministère
du Cadastre et de l'Urbanisme).
Ces photographies
aériennes
ont
remplacé les cartes médiocres ou vieillies et
leur
interprétation
a
été
fort
instructive parce ~l'elles
permettent
la
distinction
des
quartiers
planifiés,
la
reconnaissance
des
zones
périodiquement
inondées,
la
définition
des
types
d'architecture, etc ...
Elles ont été
indispensables pour commencer nos enquêtes de terrain .
Nous
nous
sommes
rendu
à
deux
reprises
à
Port-Gentil.
Le
premier séjour,effectué l'été 1982, n'était
qu'une
phase
de
consultations qui nous a conduit auprès de
nombreuses
personnalités
et administrations.
Au cours de ce
séjour,
nous
avons sensibilisé les autorités locales sur le
sujet
que
nous comptions traiter.
En fait,
sans pour autant
avoir
obtenu
de
grands
résultats,
il nous a été possible
d'apprécier
tant
bien
que
mal
les
rouages
de
l'administration,
et
de
consulter
des
documents
faisant
,
partie de la "Litterature grise l'.
Notre
second
séjour,
complémentaire, a été
bénéfique
dans
la
mesure
où,
au
terme
de
sept
mois
consécutifs
(de
Mars
à
Sept~bre
1983), nous avons
effectué
deux
stages
et
collecté
des
renseignements
à
travers
des
rencontres
diversifiées et quelques enquêtes
ponctuelles.
Si
le
premier
stage
effectué auprès du Service du

- 13 -
Cadastre
fut
indispensable, par contre le second, qui s'est
déroulé
à
la
Société
Gabonaise
de
Raffinage
(SO.GA.RA)
pendant
deux
mois,
ne
servait
qu'une
cause
formelle.
Toutefois,
on
peut
retenir le fait qu'il nous a permis non
seulement
d'appréhender les mécanismes relatifs à l'activité
pétrolière,
mais
également d'approcher le monde ouvrier, de
partager
sa
vie
quotidienne
et
tenter
de
mieux
le
connattre.
Le
stage
au Cadastre quant à lui, un peu plus
technique,
a 6t~ l'occasion
d'accéder à des documents jugés
"confidentiels",
de
participer à des opérations de bornage,
de
reconnaissance de terrain, de complètement cartographique
ainsi.
et
de
mesurer
les
limites d'un des Services-pilotes de la
ville.
D'une
façon
ou
d'une
autre,
ces
deux stages ont
constitué
le
premier
volet
de
nos
enqu~tes,
à savoir
l'enquête
par
participation.
Avec
une bibliosraphie des
plus m~,igres sur Port-Gentil
et
un
usage
de
carte peu
profitable,
i l
restait
à élaborer toute une série
d'enquêtes
afin
de
recueillir
le maximum d'informations
précises.
Ainsi,
tout en nous appuyant sur la méthode dite des
uni tés- types,
nous
avons
divisé
la
ville
en
six
sous-ensembles
homogènes
de
secteurs, et représenté chacun
d'eux
par
un
quartier-type. Le cho~x des quartiers-types a
été
systématisé.
Ce principe n'a été possible que grâce à
des
documents
de
base
comme
le
relevé
cadastral
des
parcelles
ou
des
logements
habités.
De
plus, la mise en
oeuvre
d'une
telle
procédure a été facilitée par le plan en

- 14 -
trames,
plus ou moins orthogonal et régulier, dont bénéficie
Port-Gentil.
Comme
on peut le constater, cette méthode dite
de
sondage
par choix raisonné repose tout de même sur une
démarche
empir'ique;
nous
l'avons
9référée
aux
autres
parce qu'elle cadrait
avec
les
moyens
limités
dont
nous
disposions.
Le questionnaire élaboré portait essentiellement
sur
la
situation
familiale -en prenant comme unité de base
le
ménage
que
nous
d(~finirons
CO:11~:e
l'ensemble
des
personnes
vivant
sous
un
même
toit-,
les
conditions
d'installation
et
l'utilisation
de s
revenus.
il.
propos
de
notre échantillonnage, nous l'avons voulu le plus
grand
possible
pour
une
variété
de sensibilités. Mais en
aucun
cas, nous n'avons
pensé à le standardiser parce que la
taille
des ménages varie d'un secteur à un autre. Toutefois,
nouS avons pu récolter
une moyenne de cent ménages enquêtés
par quartier.
Par
un
souci de diversification,lnous avons dû
également
enquêter
auprès
des
élèves des établissements
secondaires.
Trois
collèges
ont été retenus en fonction de
leur
système
éducatif et situation géographique: ce sont le
Collège
d'enseignement
privé
DELTA sis au quartier Balise,
le
Lycée
d'Etat (enseignement laYc) qui se trouve dans la
zone
d'extension
au
nord de la Plaine et enfin
le Collège
( ,
d'enseignement
catholique
Raponda
Walker, implanté dans la
zone
du
Littoral.
Ce
dernier
établissement
revêt
un
caractère
particulier IJarce qu'il
accueille
la plupart des
élèves
européens.
Ayant
considéré
le
lycée ou le collège
comme
une
uni té
corporative,
nous
avons
orienté
les

- 15 -
questions vers la situation des parents et les problèmes qu'ils
rencontrent
quotidiennement.
Et
c'est
avec
la faveur des
Directeurs
d'établissement
que
nous avons eu le plaisir de
faire
passer
nos
questionnaires
pendant
les
heures
de
Travaux
Dirigés.
De
telles
conditions de travail nous ont
pratiquement
assuré
la
totalité
des réponses, représentant
10% des effectifs globaux.
Ce
second
procédé
nous
a
permis
de
faire
un
recoupement
avec
le
premier questionnaire en nous appuyant
sur
les
professions,
les lieux de résidence et surtout les
regroupements
ethniques
ou
autres
structures
"paramatrimoniales".
De
même,
nous
avons noté une nette
ouverture
de
la
part
des
élèves
à
travers
leurs
appréciations.
Si
les
questionnaires
auprès
des
populations
scolarisées
ont
donné
des
résultats
satisfaisants,
il ne
nous
a
pas
été
profitable
de
les
étendre auprès des
groupes
professionnels
ou
autres
entités.
Quelques
tentatives
ont
enregistré
un échec total dans la mesure où
on
n'a
pas
pu obtenir le quart des réponses;
de plus,
pour
la
plupart,elles sont restées incomplètes et inexploitables.
Dans
ces conditions,
nous avons plutôt opté pour toute une
série
d'enquêtes
-entrevues
auprès
(des
Notables
de la
ville,
des
conducteurs
de
chantiers
et
des
ouvriers
eux-mêmes.
Par
cette
pratique,
nous
n'attendions
pas
de
miracle
connaissant
le caractère réticent des populations

-
16 -
locales.
Tout au plus, elle nous a permis de mieux fixer des
connaissances
qui
nous
paraissaient
imprécises,quand bien
même
par
moments,
le doute s'est installé face à des
interlocuteurs
lunatiques,
habiles
et
imbus
du
"secret
professionnel" ••.
Toutes
ces
démarches
ont
été
nécessaires
pour
réaliser
notre
étude.
Elles nous ont apporté le complément
indispensable
à
notre
observation
et
connaissance
personnelle.
Toujours
est-il
que bien souvent,
il nous est
arrivé
de
trancher
en
faveur
de
ce
que nous offrait la
réalité
quotidienne
plutôt
que
de
nous
lancer dqns des
extrapolations
et
des
interprétations
évasives. Tout cela
n'est pas allé sans difficultés réelles
PROBLEMES RENCONTRES
Ils
sont
nombreux
et
de
tous ordres.
Point n'est
besoin
de
revenir
sur l'épineux problème d'ordre matériel,
aggravé
depuis
Décembre
1984,
date
depuis
laquelle
nos
allocations
mensuelles
de
bourse
ont été supprimées. Sans
modestie
aucune,
c'est
avec
un
certain
courage
mêlé
d'opiniâtreté
que
nous
n'avons pas laché prise,
car
les
difficultés
recontrées tant en France qu'au Gabon incitaient
("
au découragement,
voire
à la démission.
Tout
au
long
de
ce
travail, nous nous sommes rendu
compte
que
la
formulation du sujet devait être clarifiée
parce qu'elle ne
nous permettait pas de fixer avec précision
les
cadres de notre région.
Fallait-il se limiter uniquement

- 17 -
au
périmètre urbain et percevoir son évolution pendant cette
dernière
décennie
?
Etant
en
présence
d'une
plateforme
insulaire,
il
n'était pas possible de percevoir Port-Gentil
à
travers ses 4 600 ha. C'est pourquoi, en marge de la ville
proprement
dite,
nous
avons
également
pensé
cerner
l'arrière-pays
qui,
somme
toute,
entretient des relations
d'interdépendance
avec
Port-Gentil.
Dans
le
même ordre
d'idées
et
en axant notre étude sur l'intervalle des années
70
et
des
années SO, nous n'aurions pas pu appréhender les
mécanismes
qui
ont
conduit à transformer Port-Gentil. Pour
cette
raison,
nous
avons
souhaité rencontrer l
plus loin
possible,
du
moins succintement,car
ce profil historique a
eu
pour
but
de
dégager
les
fondements
du développement
urbain actuel.
D'autre
part,
si la littérature sur le monde tropical
paraît
abondante
aujourd' hui,
le
Gabon
et
surtout
Port-Gentil
n'ont
bénéficié
que
de modestes publications,
hormis
les
travaux
de
M.LASSERRE
(195S)
et de M.SAUTTER
(1966),
non
actualisés
d'ailleurs.
La
rareté
de sources
bibliographiques est
plus qu'évidente. Les quelques articles
qu'on
rencontre ici et là, ne représentent que des études de
détail
sur des phénomènes particuliers au Gabon,
à
la limite du sujet; de même, malGré leur prétention, ils ne
( '
traitent la
question que superficiellement. Les recensements
de
population
(en
dehors
de
celui
de 1960-1961) ont été
établis
sans
soin,
et
sont
loin
d'être
dignes
de foi.
Les
statistiques quant à elles sont fournies le plus souvent

-
18 -
par
les
administrations.
Peu fiables,
elles ne sont m~me
pas
abondantes"
ni
toujours
présentées
sous forme de
séries
continues.
Loin
d'être
mises
à
jour,
elles
demeurent
un
handicap
pour développer des cités qui en ont
grand
besoin.
En
d'autres
termes,
les
publications
officielles,
annuelles
ou
périodiques,
n'offrent
que des
données
fantaisistes
et
globales qui ne répondent à aucune
logique.
Dans
ces
conditions,
on
mesure la délicatesse qui
entoure
les
statistiques
gabonaises
et
les
risques
d'interprétations
erronnées
qui s'ensuivent.
A chaque fois
qu'elles
nous
ont
paru "grossières",
nous les avons écartées
au
profit
d'une
estimation
personnelle.
Bien évidemment,
cela
pose
un
autre
problème,
celui
de
la
"vérité
scientifique".
Pour
cela,
tout
au long de nos recherches,
nous
avons
fait
intervenir
notre
"honnêteté
intellectQelle"
dans
12.
18sure

nous
étions
dans
l ' oblication de nous .contenter de donn{es brutes et non
él2.oorée s.
En
outre,
la
difficulté
de
faire
tout
seul
des
enquêtes
ponctuelles par questionnaire est aggravée par la
forte
analphabétisation
des
populations ouvrières. A cela,
il
faut
ajouter
qu'elles n'ont pas souvent été sollicitées
pour
de
telles
opérations,
d'où leur désinvolture. Aussi
convient-il
d'évoquer
le
poids
des
traditions,
véritable
blocage
quant à la connaissance approfondie de la famille et
de ses acquis.
A
ce
tableau déjà sombre,
il faut inclure la saisie

- 19 -
des
fi Ims
et
la
difficulté
d'acquérir des photographies
aériennes
auprès
de
l'I.G.N.
En
somme,
les
problèmes
énumérés
plus haut témoignent des conditions dans lesquelles
nous
avons travaillé. Néanmoins, nous éprouvons une certaine
satisfaction
pour
avoir
mené
notre
étude
à
son
terme.
Inévitablement,
des
faits ont échappé à nos analyses.
De
lê'1e
certaines
lacunes,
liées
aux
difficult{s
volontÉ', n'o'lt
O1U
être
évit,ées.
Cela
dit, l'organisation de notre travail repose sur
un plan C'l
:;rois'ë1.rti.es
disti:lctes:
la
première
)r~sente
les
cr~nds
traits
de
l'environnement.
Elle
permet
de
retenir
l'occupation
humaine,
l'industrialisation
et
les
activités
portuaires
comme
les
trois
facteurs
interdépendants
ayant déterminé
l'évolution de Port-Gentil
la
deuxième
est
une
étude approfondie de
l'espace
urbain
à
travers
son
armature
urbaine~ et fait
ressortir les mécanismes de l'urbanisation à Port-Gentil
( ,
enfin,
dans
la troisième partie, nous analysons le
rôle
qu'a
joué l'industrie dans la croisswlce de la ville,
l'influence
que
cette
activité exerce actuellement sur son
développement
économique
et
les
problèmes
-urbains,
économiques,
sociaux-
auxquels
est
aujourd'hui confrontée
l'agglomération port-GentllJ.aise.

- 20 -
PREMIERE PARTIE
LE CADRE D'EXISTENCE ET LES FACTEURS DE
CROISSANCE
URBAINE
( .

- 21 -
SOUS-PARTIE 1
CADRE NATUREL
& ENVIRONNEMENT

-
22 -
CHAPITRE l
PORT-GENTIL, DEBOUCHE DE L'OGOWE.
La
ville gabonaise
de Po~t-Gentil se t~ouve à 0°42
de
latitude
sud
et
à
8°45 de longitude est~au sud de
l'équateu~,
su~
une
longue
rIe
plate
face
à
la me~,
d'o~ientation
géné~ale
NNW/SSE.
L'!le
en
elle-même
couv~e
une
supe~ficie
de
l'o~d~e de 52 000 ha de te~~ains
bas
et
sableux, ouve~ts à la fois su~ l'océan Atlantique et
la
baie
du
Cap-Lopez
qui
fait pa~tie des eaux du sud du
Golfe
de
Guinée.
La
su~face
u~baine
de
Po~t-Gentil est
estimée à 4 600 ha
(1), dont moins de 25 % sont b~tis.
Les
dimensions
de
l'rIe dénommée MANDJI (2)
sont
t~ès
imp~essionnantes: elle s'étend su~ 30 km de long et la
la~geu~
va~ie ent~e 4,5 et 6 km. La ~ade quant à elle a plus
de
30
km
d'ouve~tu~e
pou~
7 500 km2. La ville p~op~ement
dite
occupe la pa~tie o~ientale de cette g~ande rIe qui va
du Cap Lopez au no~d jusqu'à la riviè~e Animba au sud.
De
par
sa
situation
sur
la
f~ange
côtière du
continent
et son ouve~tu~e à la façade atlantique, c'est une
ville
ma~itime.
De
m~me,
son
appa~tenance au delta de
l'Ogowe (3)
lui confè~e une tradition fluviale.
(1)
On
n'a
pas
de
p~écisions
sur
la
superficie
totale
de
la
ville
de
Po~t-Gentil.
Deux
chiff~es
apparaissent
le
plus
souvent
dans
les
publications
officielles
4 600 et 7 600 ha.
( -
(2)
Ce nom symbolise un g~and a~bre isolé sur l'fIe où les
populations
ORUNGU qui avaient d~essé
leurs cases dans les
pa~ages,
ti~aient
les
p~oduits
de la pêche, leur activité
favo~ite.
De
pa~ sa g~andeu~, il se~vait également de point
de
~epère
pou~
les
vaisseaux
navigant
aux
alentou~s de
l'ne.
(3)
OGOVŒ
ou
OGOOUE.
Nous
préferons utiliser la première
transcription
qui reflète mieux
la prononciation linguistique
des populations
autochtones. Ce nom désigne le plus grand
fleuve du Gabon.

- 23 -
Ainsi,
se
trouvant à la confluence de deux grandes voies de
circulation
l'Atlantique
et
l'Ogowe- Port-Gentil est un
carrefour (cf. carre 2).
La
ville
s'étend
en
bordure de la baie. Occupant une
positica stratégique
à
l'embouchure
du
plus
grand
réseau
fluvial
du
Gabon
-l'Ogowe-,
elle
constitue
un
débouché
naturel
et
un
point
de
répartition des agglomérations le
long
du fleuve et ses affluents.
Une
telle
implan-
tation
fait
ressortir
certains
avantage?
non
moins
négligeables.
En
effet,
tournant le dos à l'océan atlantique mais
regardant
la
baie
du
Cap-Lopez,
Port-Gentil s'allonge au
bord
de
l'océan.
La baie étant abritée naturellement,
cette
position
représente
une
zone
protégée
des
houles
atlantiques,
bien
au
calme,
tout
en bénéficiant de fonds
marins
importants
(-15 mètres),
les plus favorables du Gabon
pour
l'implantation
d'ouvrages
portuaires. Tout cela offre
d'énormes
possibilités
d'échanges, constitue un débouché et
favorise
une
concentration
humaine
indispensable
pour le
développement d'une ville carrefour et industrielle.
Port-Gentil, c'est surtout l'extrème ouest du pays.
situation
de fait excentrique mais
non
g~nante parce que
la
ville
demeure - dans
toute
sa
dimension
-le
parc
(-
d'a ttraction
de
populations
en
quête
de
travail et de
lendemains
meilleurs
dans les quelques unités industrielles

M E R
0
U
N
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0
0
C
0
N
G
°
o
100
390
1
,
km.
( .
CARTE
ADMINISTRATIVE DU GABON
Situation
de
PORT-GENTIL

- 25 -
qu'elle
renferme,
toutes
9lUS ou moins
liées à l'activité
pétrolière
ou
forestière.
Mais,
il n'est pas toujours aisé
de
regagner
la
ville de Port-Gentil car,
les liaisons avec
le
reste du pays ne s'effectuent que par les eaux et par les
airs.
LES DESSERTES DE PORT-GENTIL.
Elles
sont
très
importantes dans la mesure où
elles
influencent
beaucoup
la
vie
de
relation.
Aussi
sont-elles
déterminantes,
pour
appréhender
les
relations
ville-campagne, toujours imprégnées d'interdépendance.
Ville
insulaire, Port-Gentil n'est desservie que par
voie
maritime,
fluviale
et
aérienne.
Un handicap sérieux
réside dans le mrillQue de voie terrestre aména3~ée.
On
peut
tout
de
m~me
rappeler
que ce sont les
voies
de
communications qui relient Port-Gentil au reste du
pays.
Par
conséquent,
elles
peuvent déterminer comment la
circulation
peut
permettre
de
rapprocher les populations.
Elles
sont un indice de développement et l'expression m~me
d'un niveau de vie plus ou moins élevé.
Pour
ce
faire,
la
route apparatt tout indiquée.
Elle
peut
contribuer
énormément
à
l'expansion économique
d'une
ville
en pleine mutation. Port-Gentil et ses environs
n'ont
pas
bénéficié
jusqu'à ce joul'de cet outil précieux.
Cependant,
la
ville
se
présente à nous comme un carrefour

- 26 -
aérien
et
surtout
un
grand
carrefour
des
eaux
avec la
confluence du delta de l'Ogowe et l'océan atlantique.
I.1.
La façade atlantique:
une circulation
1
maritime intense mais perturbee.
La
côte
africaine,
tout juste au-dessous du golfe
de
Guinée,

se
trouve
Port-Gentil,
a
toujours été le
domaine
d'une
grande
activité
de
pêche.
En
effet,
la
rencontre
du
courant
de
Benguéla
et du contre-courant de
Guinée
en fait une zone très poissonneuse. C'est pourquoi de
nombreux
bateaux
de
pêche
d'orgine
européenne
(1)
sillonnent
constamment
la
côte.
Port-Gentil
demeure
sensible
à
tout
cela par sa position,
raison pour laquelle
le cabotage est très actif sur ses côtes.
Le
cabotage
ici
ne
se
limite
pas
seulement aux
bateaux
de
pêche, :~uis s'&tend également aux dénlacements
de
personnes.
Ainsi,
entre
Libeville
et
Port-Gentil une
liaison
presque
régulière (2) a été créée; elle concerne la
circulation
des
hommes
et des marchandises. Le trajet dure
huit heures.
Dans
le
même ordre d'idées, mais cette fois-ci en
allant
vers
le
sud,
Port-Gentil
est
reliée une fois par
semaine
à
Gamba,
ville voisine
à vocation pétrolière.
C'est
une
organisation
de
la
société
Shell-Gabon
et le
( -
transport n'est réservé qu'à son personnel et aux membres de
(1) Espagnols, Portugais, Français, Soviétiques etc •••
(2) Tous les 2 jours.

- 27 -
la
famille.
Sur
le
plan
international,
Port-Gentil reçoit une
diversité
de
navires,
généralement
des
containers et des
tankers.
Mais
jusqu'en
1978,
le
transport maritime était
confronté
à des problèmes,
la ville ne disposant pas de port
en eau profonde.
Cette
situation
faisait
en
sorte
que
les
gros
navires
ne pouvaient accoster.
Ils mouillaient au large;
par
conséquent,
pour
l'importation comme pour l'exportation,
il
fallait
procéder
au
chalandage. L'exercice en tant que tel
était
relativement
long
car
plusieurs navires
station-
naient
pendant des semaines au large de Port-Gentil. S'y
ajoutaient
des
problèmes
de manutention à deux niveaux: au
large
et au quai-rivière. Et les coOts d'immobilisation ne
pouvaient qu'augmenter.
Dans
ces
conditions,
la
construction d'un nouveau
port
en
eau
profonde
ne
pouvait
qu'être souhaitée. Et
l'inauguration
de
cet
édifice -dont la réalisation demeure
toujours
partielle-
s'est
faite en 1979. Quand bien même
l'exiguité
du
quai de commerce ne permet pas l'accostage de
plus
de
deux
navires,
on
peut
penser
qu'avec
l'utilisation
du nouveau port en eau profonde,
les problèmes
évoqués
plus
haut
auront des éléments de réponse. Toutefois,
( '
son
bon
fonctionnement doit faire en sorte que les échanges
se
multiplient
davantage,
afin
que
la
façade atlantique
reste
un
grand
foyer
de
circulation
maritime.

-
28 -
1.2.
La desserte aerienne.
Un
aéroport comme un port constitue l'un des poumons
économiques
d'une
ville
et,
au-delà,
d'une région ou d'un
pays.
Il
vit et se développe au rythme de l'évolution de la
ville,
de la région ou du pays.
La
ville
de
Port-Gentil
justifie
bien l'usage de
cette
image dans la mesure où les liaisons aériennes ne sont
possibles
qu'à
partir
du
seul
aéroport
de
"classe
internationale" qui se trouve à 5 km du centre ville.
La
longueur
de
la
piste
-1
gOOm- devrait être
portée
à
2
600
m
et
l'aéorogare
qui bénéficie d'un
équipement
très
mode