UNIVERSITE PAUL VALERY-MONTPELLIER III
ARTS ET LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES
L'EVOLUTION RECENTE
DE PORT-GENTIL (GABON)
TOMEI
THESE POUR L'OBTENTION DU DOCTORAT DE 3è CYCLE
(Géographie de l'Aménagement - Option: Aménagement des littéraux)
Présentée et publiquement soutenue
devant l'Université PAUL VALERY à MONTPELLIER
Par
Monsieur Jules DJEKI
JURY : MM : J. CABOT:
Professeur,
Président
Ch. VERLAQUE:
Professeur,
Rapporteur
A. SAUSSOL:
Maître de Conférences
Assesseur
Docteur d'Etat
5 Novembre 1985

- 1 -
"Aux
miens,
qu'ils
jugent aisément que l'élaboration d'une
telle
étude
méritait
bien
des
sacrifices.
Puissent-ils
trouver
ici,
en
réponse
à
leur soutien,
un témoignage de
gra ti tude .•. "

- 2 -
iI.VANT-PHOPOS
Depuis
les travaux qui se sont déroulés au début des
années
70
à
Talence sur le thème "La Croissance urbaine en
Afrique
Noire
et
à Madagascar" jusqu'aux réflexions sur la
(grande)
ville
Africaine
du
début
des
années
80
à
Montpellier,
nous
avons
pu
mesurer. le chemin parcouru et
saisir
la
portée
du
phénomène
urbain
dans
les
pays
tropicaux. •.
Le
Gabon,
pour
sa
part,
a conçu l'Aménagement du
Territoire
à
travers
l'exploitation
tous
azimuts
des
richesses
minières,
notamment les produits pétroliers. Cela
a
eu
pour
conséquence
directe
la
démobilisation
des
populations
rurales
et
le
gonflement des unités urbaines.
PORT-GENTIL
est
bel
et
bien
l'incarnation
de ce type de
transformations.
Ainsi,
avec
ses
infrastructures
et
sa
population
devenue
cosmopoli te
en
ces
circonstances,
PORT-GENTIL,
à
travers
son site insulaire et ses 800 km de
côtes, est un cas intéressant de géographie tropicale.
,{ous
Gvons
abordé
cette
étude dans les conditions présentées
"J2T
U1.e
ville
tropic2_le,
faite d'af'lale;ames au niveau
du
paysage,
de
l'armature
urbaine, de l'espace en tant
que
tel et de ses occupan:t;s.
Tout
en
introduisant cet éci~lrage dans le cadre de
l'organisation
de l'espace, nous tenons à préciser que c'est
la ,remi~re étude elobale sur Fort-Gentil; par conséquent, elle
exige
la
résolution
d'un
préalable, à savoir que nous nous
engageons sur un terrain qui n'avait bénéficié d'aucune étude

- 3 -
rigoureuse
à
caractère
scientifique.
Cet inconvénient est
renforcé
par
le fait que nous ne disposions au départ que de
données fr::J_[:mentaires et même contrEclictoires, ne é1er::Jettant
pas
une
analyse
objective. Certaines défaillances auraient
pu
être 8vi tées si
la
documentation
s' y était prêtée, et
surtout
si les quelques indications officielles avaient pu être
exploitées convenablement(r).Que le lecteur ne nous en tienne
pas tro=, ricueur ••••.•
Le
présent
travail n'aurait pu aboutir, n'eOt été
la
disponibili té
de
Monsieur
le
Professeur
Christian
VERLAQUE
qui
a bien voulu accepter de
le
diriger. Tout en
lui
renouvelant
notre
reconnaissance
pour
ses
critiques
bienveillantes,
nous ne pouvons oublier de faire mention ici
qualités pédagogiques et humaines qui nous
ont permis de surmonter les problèmes majeurs.
Dans
le
même
ordre
d'idées,
nous
demeurons
sensible
à
l'accueil
qui
nous
a été réservé lors de nos
fréquents
passages
au
Centre
de
Géographie
Tropicale de
Bordeaux
(C.E.G.E.T.).
Que
Monsieur
Pierre
VENNETIER
et
toutes
les
documentalistes trouvent ici l'expression de nos
remerciements, pour nous avoir aidé
à résoudre les problèmes
techniques et documentaires que soulevait notre recherche.
( '
Enfin,
nous
disons
également
merci
aux élèves et
populations de Port-Gentil pour leur ~articipation..•
(r) Il n'est ~rms aisé d'avoir acc2s à certainsclocwnents offi-
ciels concernant le Gabon.

- 4 -
INTRODUCTION GENERALE
Le
développement
urbain
dans
le monde tropical ne
peut
échapper
à
la
sensibilité
du géographe. Fait majeur
contemporain
et surtout phénomène de société, l'urbanisation
a beaucoup marqué l'Amérique Latine, l'Asie du Sud-Est et également
l'Afrique
Noire
francophone.
Mais
il
n'est
pas toujours
facile
de
cerner
le
problème
dans
son
ensemble; chaque
sous-continent
ayant
sa spécificité. Néanmoins, il convient
de
rappeler
que,
d'une
manière
générale,
la plupart des
chercheurs
qui ont consacré
une partie de leurs travaux
à
la
croissance
urbaine
à
travers ces régions sont
unanimes
pour
reconnaître
que
la démographie a beaucoup
influencé
l'évolution
de bon nombre de villes; surtout que,
du
"lOinS80ur l ' i\\frir:'le centrale fr2Dcoll.llOne
qui
nous
intéresse
le
plus,
la
balance
démographique a été rendue
positive
à
cause
des effets conjugués de l'exode rural, de
l'immigration et dans une moindre mesure du croît naturel.
L'évolution
démographique
plus
ou
moins
ininterrompue
de
ces
villes
a
permis
d'élaborer
une
classification
particulière.
3ans
envisager l'analyse des
données
statistiques trop complexes, nous pouvons simplement
distinguer
la
grande
ville (plus de cent mille
habitants)
de
la
petite
ville
ou
ville
secb~daire (inférieure à
cinquante
mille
habitants).
Néanmoins,
cette
vision un peu
"extrémiste" de
la
ville
Africaine cache une réalité, c'est
l'existence
de
la
ville intermédiaire appelée également la
ville moyenne.

- 5 -
Le
Gabon
répond
bien
à
cette
hiérarchisation. A
côté
de
l'impressionnante
capitale
poli tique
et
administrative,
Libreville,
émergent
de
nombreux
petits
centres
urbains,
de
taille
modeste et dont la plupart ont
une
vocation
minière;
c'est
le
cas
de
Moanda
(avec
l'exploitation
du
manganèse) ,
Mounana
(extraction
de
l'uranium)
et
enfin
Gamba
(avec
la
mise
en valeur d'un
gisement pétrolier).
Selon
M.VENNETIER,
les
pays
Africains
tropicaux
étaient
peu
fournis en villes moyennes dont la catégorie se
si tue
entre
cinquante
et
cent
mille
habitants.
Cette
constatation
reste
encore
valable
de
nos jours, du moins
}l0ur le Gabon. La preuve, c'est ('~ue Port-Gentil, avec ses soixclx:te
dix
mille
habitants
(70 OOO),se situe dans cet intervalle
et demeure la seule ville moyenne du Gabon (cf.Carte 1).
De
création
purement coloniale, Port-Gentil a eu un
rythme
de
croissance
mesuré
jusqu'aux
années
70, avant
d'atteindre
un
essor
remarquable
au
début des années 80.
Cela
n'a
pas
été
sans modifier considérablement
configuration
de
l'espace.
En
fait, il est établi que les
activités
littorales
ont
plus
ou
moins
contribué
à
la
création
de
la
ville.
Elles
ont
été
favorisées
par
l'appartenance
de
Port-Genti l
au
bassin
sédimentaire
( '
côtier
gabonais, véritable région vitale du pays, avec ses
ressources
en
hydrocarbures
et
ses
produits
forestiers,
s'étendant
sur
une
longueur de 800 km. Ainsi donc, situé à
l'embouchure
du
fleuve
Ogowe
et
baigné
par
les eaux de
l'Atlantique, Port-Gentil occupe une position de carrefour ~ui

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carte 1-0RGANISATI0N URBAINE

- 7 -
lui ~\\ percis
de
servir
de
relais
entre
le
pays
et
la
métropole,
mal:~ré ses infrastructures modestes"'. 1 t él)oque.
Le
rÔle
historique
joué par Port-Gentil ne serait
pas
significatif
si
la ville ne se situait pas sur le
li ttoral .
En
effet,
c'est
autour
de
cet
espace,
tant
mari time
que
terrestre,
qu'ont
pu
se
développer
des
activités
bien
connues,
liées
dans
un
premier
temps
à
l'exploitation
forestière
et,
par
la
sui te,
à
la
transformation
des
gisements
pétrolifères
découverts
quelques
années
après.
De
toute
évidence,
l'activité
industrielle
qui
se
développe
a
conféré
à
la
ville la
dénomination de capitale économique du Gabon.
Si
l'on
reconnait
à
Port-Gentil
le
mérite
de
bénéficier
de
ressources
économiques
notables,
on relève
cependant
le
fait
que
le sous-peuplement
persiste comJe
l'un
des
problèmes
majeurs.
La
ville et son arrière-pays
a)~artiennent du reste \\
la
"Cuvette
Congolaise"
qui
se
caractérise
par
un "vide humain". Est-il besoin de rappeler
ici
que
nous sommes en présence d'un ancien foyer colonial,
longtem}ls
marqué
:flar
la
traite
des
esclaves
sévissant sens répit,
un domaine

la maladie du sora:neil a
provoqué
une
mortalité
non
négligeable
dans
une
région
rendue endémique du fait de facteurs(.climatiques peu tendres et
une
écologie fragile? C'est une situation très préoccupante
qui
soulève
la
question
de
savoir
si cet aspect
de
sous-peuplement
mili te
en
faveur
d'un
processus
de
développement
économique,
lorsqu'on
sait
pertinemment
l'importance
accordée
à la main d'oeuvre par des industries

- 8 -
génératrices
d'emplois, comme l'exploitation forestière et la
recherche pétrolière ?
La
réponse
au
déséquilibre
démographique
a
été
apportée
en
partie
par
les
pouvoirs
publics qui se sont
orientés
vers une politique d'immigration ouvrière. Mais,
si
cette
présence
humaine
a été tant souhaitée,
il n'en reste
pas
moins
que
les
structures
d'accueil, quant
à
elles,
laissent
à
désirer.
En
d'autres
termes,
ces populations
déplacées
n'ont
eu
qu'une tâche bien précise:
contribuer
au développement d'une industrie extractive.
Par
la suite,
le peuplement de Port-Gentil a eu pour
particularité
de
s'effectuer
par à-coups.
Au "vide humain"
évoqué
précédemment
s'est
substituée
une
véritable
mosaïque.
Des
populations
venues
de
divers horizons se
côtoient;
ce
sont
majoritairement
des
africains et des
européens.
La
réa l i té
sociale
qui s'en dégage
veut
que
Port-Gentil
soit
devenue
le
lieu
de
contact
de
deux
,
"cul tures" ,
et
surtout
un
espace
ou
cohabitent
deux
"civilisations" (africaine
et occidentale
). La résultante
de
tout
cela
est l'émergeance de deux villes juxtaposées,
d'une part
la ville
africaine appelée communément "la Plaine"
ou le
"Village",
et
d'autre part la ville européenne dénommée
la "Ville"
ou le "Littoral"
L'esnace urbain
maroué uar
la
.
-'-
(..
,
...
....
distinction des deux
communautés
Qui
s'identifient
selon
le
statut
social
et
les
structures
sociales
Qu'elles
incarnent,
se
divise
ainsi
en
deux
parties inégales.
Ces
QuelQues
éléments
suffisent
largement
pour

- 9 -
justifier
l'intér~t
que
nous
portons
à
Port-Gentil et
aux
problèmes
d'aménagement qui s'y posent. A travers cette
contribution,
nous
avons
à
coeur
de
montrer
qu'à
Port-Genti l,
l'urbanisation
n'a
pas
été
causée
par
l'industrialisation
en
tant
que
telle,
mais bien par une
immigration
remarquable
et
surtout
par
un
exode
rural
souvent
involontaire, lui m~me provoqué par des structures
agraires
inadaptées
et
déséq uil i brées.
Cependant,
il
apparaît
que
l'industrie
a servi
de canevas à certaines
mutations
sociales,
notamment
dans l'habitat et le mode de
vie
(répartition
inégale
des
salaires
et
couverture
sociale).
De
m~me, elle a indirectement donné naissance à
un
secteur
inforr:~81
:randissant,
s'articulant
autour
de petits
~16tiers
nIllS
ou moins
li6s
soit
à l'exploitation
forestière,
soit
'1
l'activit?
pétrolière,
et
entretenu
IJar
des
économies
très
modestes
_'1rovenant de particuliers
étrémgers
travaillant
avec
dilettantisme.
Comme
on
peut
le remarquer, Port-Gentil offre à la
recherche
géographique de nombreux thèmes de réflexion. Sans
avoir
la
prétention
de
les aborder tous, nous préférons
délaisser
l'analyse
de
détail
au
profit
d'une
approche
globale
visant
à
mieux appréhender les divers aspects tant
physiques,
économiques
que
humail1s
de
la
ville
de
Port-Gentil
et
à
travers elle, la baie du Cap-Lapez et par
extension
l'fIe Mandji.
Force est de constater que
les
richesses
du
sous-sol
sont
surexploitées, au contraire
de certains éléments naturels
"
le soleil, les plages, les
lacs
, les IR.[:;unes
, et les étR.l1gs.
Est-ce

-
10 -
par
volonté
délibérée
ou
par méconnaissance de
leur
intérêt
? Ou bien, serait-ce l'inexistence d'un potentiel
humain
préparé
à
leur
aménagement
? Dans le même ordre
d'idées,
l'hypothèse
d'un
manque
de
volonté
politique
est-elle à exclure?
,
Les
réponses
a
toutes
ces
interrogations
permettraient
de
faire ressortir tous les problèmes majeurs
d'aménagement
qui se posent à ces jeunes villes ayant émergé
vers
les
années
60
et
dont
Port-Gentil constitu~, à notre
connaissance, un exemple original.
SOURCES ET METHODES UTILISEES
Il
faut peut-être rappeler que nous avons eu cette
chance
de
consacrer
nos
travaux
à
une ville qui ne nous
est
pas
inconnue
parc~ue Port-Gentil
est
notre ville
natale.
A
cette
appartenance
originelle
s'ajoutent
de
nombreux
stages
de
vacances
effectués
dans
les
sociétés
de
la
place,
surtout
dans le domaine pétrolier.
Force
est
de
constater qu'à travers ces stages, nous avons
pu tisser des relations qui nous ont été utiles.
Dans
une
Afrique où l'expression orale est la forme
de
communication
la
plus courante, nous n'avons pas hésité
( -
un
seul
instant
à
exploiter
les
indications
orales,
recueillies
auprès
des
notables. Parallèlement, la lecture
cartographique,
l'interprétation des photographies aériennes
et
bien
évidemment
la fréquentation des bibliothèques, ont
constitué nos principales sources.

-
11 -
Pour
mieux
déterminer
les
contours
de
notre
étude,
nous
avons
tenu
à
relever
les
éléments
bibliographiques
de
base.
Cela
nous
a
valu
de nombreux
séjours
à Bordeaux,
plus précisément au Centre de Géographie
Tropicale
(CEGET).
Ce
sont
les
ouvrages
généraux sur la
géographie
qui ont constitué notre premier repère.
Ensuite,
nous
avons
porté
un intérêt particulier
aux
ouvrages
et
publications
liés
à la croissance urbaine dans le monde
tropical,
tout
en
insistant
sur
les écrits concernant le
Gabon.
La
recherche
bibliographique
a
été
poursuivie
à
travers
des
bibliothèques
plus
spécialisées
bien
que
réduites,
ce
sont les bibliothèques de l'ORSTOM, de GERDAT,
de l'IAM et du CNEARC à Montpellier.
La
documentation
ainsi répertoriée n'avait pour but
que
de
permettre
d'élargir notre champ de réflexion sur le
développement
des villes tropicales. Ce n'était que l'aspect
purement
théorique
du
sujet~ qui
devait être élucidé et
enrichi
par
les
idées
susceptibles d'être suggerées par
notre
présence
effective à Port-Gentil;
la recherche sur le
terrain
étant
la
condition "sine
qua
non"
pour
mieux
appréhender
la
complexité
des
villes
du
Tiers
Monde et
relever la spécificité de chacune d'elles.
Auparavant,
nous
nous
sommes penché sur la lecture
( -
de
cartes
topographiques
et
autres
plans
cadastraux.
Cependant,
leur
nombre
est encore trop faible et elles ont
été
éditées depuis des décennies; par conséquent, leur usage
est
peu
profitable.
Par contre, la couverture aérienne
est
complète
et
actualisée
(la dernière mission remonte à

-
12 -
1983).
La
plupart
des clichés sont développés par l'I.G.N.
pour
le compte soit des sociétés privées (c'est le cas de la
mission
effectuée
en 1982),
soit
des administrations
(Ministère
du Cadastre et de l'Urbanisme).
Ces photographies
aériennes
ont
remplacé les cartes médiocres ou vieillies et
leur
interprétation
a
été
fort
instructive parce ~l'elles
permettent
la
distinction
des
quartiers
planifiés,
la
reconnaissance
des
zones
périodiquement
inondées,
la
définition
des
types
d'architecture, etc ...
Elles ont été
indispensables pour commencer nos enquêtes de terrain .
Nous
nous
sommes
rendu
à
deux
reprises
à
Port-Gentil.
Le
premier séjour,effectué l'été 1982, n'était
qu'une
phase
de
consultations qui nous a conduit auprès de
nombreuses
personnalités
et administrations.
Au cours de ce
séjour,
nous
avons sensibilisé les autorités locales sur le
sujet
que
nous comptions traiter.
En fait,
sans pour autant
avoir
obtenu
de
grands
résultats,
il nous a été possible
d'apprécier
tant
bien
que
mal
les
rouages
de
l'administration,
et
de
consulter
des
documents
faisant
,
partie de la "Litterature grise l'.
Notre
second
séjour,
complémentaire, a été
bénéfique
dans
la
mesure
où,
au
terme
de
sept
mois
consécutifs
(de
Mars
à
Sept~bre
1983), nous avons
effectué
deux
stages
et
collecté
des
renseignements
à
travers
des
rencontres
diversifiées et quelques enquêtes
ponctuelles.
Si
le
premier
stage
effectué auprès du Service du

- 13 -
Cadastre
fut
indispensable, par contre le second, qui s'est
déroulé
à
la
Société
Gabonaise
de
Raffinage
(SO.GA.RA)
pendant
deux
mois,
ne
servait
qu'une
cause
formelle.
Toutefois,
on
peut
retenir le fait qu'il nous a permis non
seulement
d'appréhender les mécanismes relatifs à l'activité
pétrolière,
mais
également d'approcher le monde ouvrier, de
partager
sa
vie
quotidienne
et
tenter
de
mieux
le
connattre.
Le
stage
au Cadastre quant à lui, un peu plus
technique,
a 6t~ l'occasion
d'accéder à des documents jugés
"confidentiels",
de
participer à des opérations de bornage,
de
reconnaissance de terrain, de complètement cartographique
ainsi.
et
de
mesurer
les
limites d'un des Services-pilotes de la
ville.
D'une
façon
ou
d'une
autre,
ces
deux stages ont
constitué
le
premier
volet
de
nos
enqu~tes,
à savoir
l'enquête
par
participation.
Avec
une bibliosraphie des
plus m~,igres sur Port-Gentil
et
un
usage
de
carte peu
profitable,
i l
restait
à élaborer toute une série
d'enquêtes
afin
de
recueillir
le maximum d'informations
précises.
Ainsi,
tout en nous appuyant sur la méthode dite des
uni tés- types,
nous
avons
divisé
la
ville
en
six
sous-ensembles
homogènes
de
secteurs, et représenté chacun
d'eux
par
un
quartier-type. Le cho~x des quartiers-types a
été
systématisé.
Ce principe n'a été possible que grâce à
des
documents
de
base
comme
le
relevé
cadastral
des
parcelles
ou
des
logements
habités.
De
plus, la mise en
oeuvre
d'une
telle
procédure a été facilitée par le plan en

- 14 -
trames,
plus ou moins orthogonal et régulier, dont bénéficie
Port-Gentil.
Comme
on peut le constater, cette méthode dite
de
sondage
par choix raisonné repose tout de même sur une
démarche
empir'ique;
nous
l'avons
9référée
aux
autres
parce qu'elle cadrait
avec
les
moyens
limités
dont
nous
disposions.
Le questionnaire élaboré portait essentiellement
sur
la
situation
familiale -en prenant comme unité de base
le
ménage
que
nous
d(~finirons
CO:11~:e
l'ensemble
des
personnes
vivant
sous
un
même
toit-,
les
conditions
d'installation
et
l'utilisation
de s
revenus.
il.
propos
de
notre échantillonnage, nous l'avons voulu le plus
grand
possible
pour
une
variété
de sensibilités. Mais en
aucun
cas, nous n'avons
pensé à le standardiser parce que la
taille
des ménages varie d'un secteur à un autre. Toutefois,
nouS avons pu récolter
une moyenne de cent ménages enquêtés
par quartier.
Par
un
souci de diversification,lnous avons dû
également
enquêter
auprès
des
élèves des établissements
secondaires.
Trois
collèges
ont été retenus en fonction de
leur
système
éducatif et situation géographique: ce sont le
Collège
d'enseignement
privé
DELTA sis au quartier Balise,
le
Lycée
d'Etat (enseignement laYc) qui se trouve dans la
zone
d'extension
au
nord de la Plaine et enfin
le Collège
( ,
d'enseignement
catholique
Raponda
Walker, implanté dans la
zone
du
Littoral.
Ce
dernier
établissement
revêt
un
caractère
particulier IJarce qu'il
accueille
la plupart des
élèves
européens.
Ayant
considéré
le
lycée ou le collège
comme
une
uni té
corporative,
nous
avons
orienté
les

- 15 -
questions vers la situation des parents et les problèmes qu'ils
rencontrent
quotidiennement.
Et
c'est
avec
la faveur des
Directeurs
d'établissement
que
nous avons eu le plaisir de
faire
passer
nos
questionnaires
pendant
les
heures
de
Travaux
Dirigés.
De
telles
conditions de travail nous ont
pratiquement
assuré
la
totalité
des réponses, représentant
10% des effectifs globaux.
Ce
second
procédé
nous
a
permis
de
faire
un
recoupement
avec
le
premier questionnaire en nous appuyant
sur
les
professions,
les lieux de résidence et surtout les
regroupements
ethniques
ou
autres
structures
"paramatrimoniales".
De
même,
nous
avons noté une nette
ouverture
de
la
part
des
élèves
à
travers
leurs
appréciations.
Si
les
questionnaires
auprès
des
populations
scolarisées
ont
donné
des
résultats
satisfaisants,
il ne
nous
a
pas
été
profitable
de
les
étendre auprès des
groupes
professionnels
ou
autres
entités.
Quelques
tentatives
ont
enregistré
un échec total dans la mesure où
on
n'a
pas
pu obtenir le quart des réponses;
de plus,
pour
la
plupart,elles sont restées incomplètes et inexploitables.
Dans
ces conditions,
nous avons plutôt opté pour toute une
série
d'enquêtes
-entrevues
auprès
(des
Notables
de la
ville,
des
conducteurs
de
chantiers
et
des
ouvriers
eux-mêmes.
Par
cette
pratique,
nous
n'attendions
pas
de
miracle
connaissant
le caractère réticent des populations

-
16 -
locales.
Tout au plus, elle nous a permis de mieux fixer des
connaissances
qui
nous
paraissaient
imprécises,quand bien
même
par
moments,
le doute s'est installé face à des
interlocuteurs
lunatiques,
habiles
et
imbus
du
"secret
professionnel" ••.
Toutes
ces
démarches
ont
été
nécessaires
pour
réaliser
notre
étude.
Elles nous ont apporté le complément
indispensable
à
notre
observation
et
connaissance
personnelle.
Toujours
est-il
que bien souvent,
il nous est
arrivé
de
trancher
en
faveur
de
ce
que nous offrait la
réalité
quotidienne
plutôt
que
de
nous
lancer dqns des
extrapolations
et
des
interprétations
évasives. Tout cela
n'est pas allé sans difficultés réelles
PROBLEMES RENCONTRES
Ils
sont
nombreux
et
de
tous ordres.
Point n'est
besoin
de
revenir
sur l'épineux problème d'ordre matériel,
aggravé
depuis
Décembre
1984,
date
depuis
laquelle
nos
allocations
mensuelles
de
bourse
ont été supprimées. Sans
modestie
aucune,
c'est
avec
un
certain
courage
mêlé
d'opiniâtreté
que
nous
n'avons pas laché prise,
car
les
difficultés
recontrées tant en France qu'au Gabon incitaient
("
au découragement,
voire
à la démission.
Tout
au
long
de
ce
travail, nous nous sommes rendu
compte
que
la
formulation du sujet devait être clarifiée
parce qu'elle ne
nous permettait pas de fixer avec précision
les
cadres de notre région.
Fallait-il se limiter uniquement

- 17 -
au
périmètre urbain et percevoir son évolution pendant cette
dernière
décennie
?
Etant
en
présence
d'une
plateforme
insulaire,
il
n'était pas possible de percevoir Port-Gentil
à
travers ses 4 600 ha. C'est pourquoi, en marge de la ville
proprement
dite,
nous
avons
également
pensé
cerner
l'arrière-pays
qui,
somme
toute,
entretient des relations
d'interdépendance
avec
Port-Gentil.
Dans
le
même ordre
d'idées
et
en axant notre étude sur l'intervalle des années
70
et
des
années SO, nous n'aurions pas pu appréhender les
mécanismes
qui
ont
conduit à transformer Port-Gentil. Pour
cette
raison,
nous
avons
souhaité rencontrer l
plus loin
possible,
du
moins succintement,car
ce profil historique a
eu
pour
but
de
dégager
les
fondements
du développement
urbain actuel.
D'autre
part,
si la littérature sur le monde tropical
paraît
abondante
aujourd' hui,
le
Gabon
et
surtout
Port-Gentil
n'ont
bénéficié
que
de modestes publications,
hormis
les
travaux
de
M.LASSERRE
(195S)
et de M.SAUTTER
(1966),
non
actualisés
d'ailleurs.
La
rareté
de sources
bibliographiques est
plus qu'évidente. Les quelques articles
qu'on
rencontre ici et là, ne représentent que des études de
détail
sur des phénomènes particuliers au Gabon,
à
la limite du sujet; de même, malGré leur prétention, ils ne
( '
traitent la
question que superficiellement. Les recensements
de
population
(en
dehors
de
celui
de 1960-1961) ont été
établis
sans
soin,
et
sont
loin
d'être
dignes
de foi.
Les
statistiques quant à elles sont fournies le plus souvent

-
18 -
par
les
administrations.
Peu fiables,
elles ne sont m~me
pas
abondantes"
ni
toujours
présentées
sous forme de
séries
continues.
Loin
d'être
mises
à
jour,
elles
demeurent
un
handicap
pour développer des cités qui en ont
grand
besoin.
En
d'autres
termes,
les
publications
officielles,
annuelles
ou
périodiques,
n'offrent
que des
données
fantaisistes
et
globales qui ne répondent à aucune
logique.
Dans
ces
conditions,
on
mesure la délicatesse qui
entoure
les
statistiques
gabonaises
et
les
risques
d'interprétations
erronnées
qui s'ensuivent.
A chaque fois
qu'elles
nous
ont
paru "grossières",
nous les avons écartées
au
profit
d'une
estimation
personnelle.
Bien évidemment,
cela
pose
un
autre
problème,
celui
de
la
"vérité
scientifique".
Pour
cela,
tout
au long de nos recherches,
nous
avons
fait
intervenir
notre
"honnêteté
intellectQelle"
dans
12.
18sure

nous
étions
dans
l ' oblication de nous .contenter de donn{es brutes et non
él2.oorée s.
En
outre,
la
difficulté
de
faire
tout
seul
des
enquêtes
ponctuelles par questionnaire est aggravée par la
forte
analphabétisation
des
populations ouvrières. A cela,
il
faut
ajouter
qu'elles n'ont pas souvent été sollicitées
pour
de
telles
opérations,
d'où leur désinvolture. Aussi
convient-il
d'évoquer
le
poids
des
traditions,
véritable
blocage
quant à la connaissance approfondie de la famille et
de ses acquis.
A
ce
tableau déjà sombre,
il faut inclure la saisie

- 19 -
des
fi Ims
et
la
difficulté
d'acquérir des photographies
aériennes
auprès
de
l'I.G.N.
En
somme,
les
problèmes
énumérés
plus haut témoignent des conditions dans lesquelles
nous
avons travaillé. Néanmoins, nous éprouvons une certaine
satisfaction
pour
avoir
mené
notre
étude
à
son
terme.
Inévitablement,
des
faits ont échappé à nos analyses.
De
lê'1e
certaines
lacunes,
liées
aux
difficult{s
volontÉ', n'o'lt
O1U
être
évit,ées.
Cela
dit, l'organisation de notre travail repose sur
un plan C'l
:;rois'ë1.rti.es
disti:lctes:
la
première
)r~sente
les
cr~nds
traits
de
l'environnement.
Elle
permet
de
retenir
l'occupation
humaine,
l'industrialisation
et
les
activités
portuaires
comme
les
trois
facteurs
interdépendants
ayant déterminé
l'évolution de Port-Gentil
la
deuxième
est
une
étude approfondie de
l'espace
urbain
à
travers
son
armature
urbaine~ et fait
ressortir les mécanismes de l'urbanisation à Port-Gentil
( ,
enfin,
dans
la troisième partie, nous analysons le
rôle
qu'a
joué l'industrie dans la croisswlce de la ville,
l'influence
que
cette
activité exerce actuellement sur son
développement
économique
et
les
problèmes
-urbains,
économiques,
sociaux-
auxquels
est
aujourd'hui confrontée
l'agglomération port-GentllJ.aise.

- 20 -
PREMIERE PARTIE
LE CADRE D'EXISTENCE ET LES FACTEURS DE
CROISSANCE
URBAINE
( .

- 21 -
SOUS-PARTIE 1
CADRE NATUREL
& ENVIRONNEMENT

-
22 -
CHAPITRE l
PORT-GENTIL, DEBOUCHE DE L'OGOWE.
La
ville gabonaise
de Po~t-Gentil se t~ouve à 0°42
de
latitude
sud
et
à
8°45 de longitude est~au sud de
l'équateu~,
su~
une
longue
rIe
plate
face
à
la me~,
d'o~ientation
géné~ale
NNW/SSE.
L'!le
en
elle-même
couv~e
une
supe~ficie
de
l'o~d~e de 52 000 ha de te~~ains
bas
et
sableux, ouve~ts à la fois su~ l'océan Atlantique et
la
baie
du
Cap-Lopez
qui
fait pa~tie des eaux du sud du
Golfe
de
Guinée.
La
su~face
u~baine
de
Po~t-Gentil est
estimée à 4 600 ha
(1), dont moins de 25 % sont b~tis.
Les
dimensions
de
l'rIe dénommée MANDJI (2)
sont
t~ès
imp~essionnantes: elle s'étend su~ 30 km de long et la
la~geu~
va~ie ent~e 4,5 et 6 km. La ~ade quant à elle a plus
de
30
km
d'ouve~tu~e
pou~
7 500 km2. La ville p~op~ement
dite
occupe la pa~tie o~ientale de cette g~ande rIe qui va
du Cap Lopez au no~d jusqu'à la riviè~e Animba au sud.
De
par
sa
situation
sur
la
f~ange
côtière du
continent
et son ouve~tu~e à la façade atlantique, c'est une
ville
ma~itime.
De
m~me,
son
appa~tenance au delta de
l'Ogowe (3)
lui confè~e une tradition fluviale.
(1)
On
n'a
pas
de
p~écisions
sur
la
superficie
totale
de
la
ville
de
Po~t-Gentil.
Deux
chiff~es
apparaissent
le
plus
souvent
dans
les
publications
officielles
4 600 et 7 600 ha.
( -
(2)
Ce nom symbolise un g~and a~bre isolé sur l'fIe où les
populations
ORUNGU qui avaient d~essé
leurs cases dans les
pa~ages,
ti~aient
les
p~oduits
de la pêche, leur activité
favo~ite.
De
pa~ sa g~andeu~, il se~vait également de point
de
~epère
pou~
les
vaisseaux
navigant
aux
alentou~s de
l'ne.
(3)
OGOVŒ
ou
OGOOUE.
Nous
préferons utiliser la première
transcription
qui reflète mieux
la prononciation linguistique
des populations
autochtones. Ce nom désigne le plus grand
fleuve du Gabon.

- 23 -
Ainsi,
se
trouvant à la confluence de deux grandes voies de
circulation
l'Atlantique
et
l'Ogowe- Port-Gentil est un
carrefour (cf. carre 2).
La
ville
s'étend
en
bordure de la baie. Occupant une
positica stratégique
à
l'embouchure
du
plus
grand
réseau
fluvial
du
Gabon
-l'Ogowe-,
elle
constitue
un
débouché
naturel
et
un
point
de
répartition des agglomérations le
long
du fleuve et ses affluents.
Une
telle
implan-
tation
fait
ressortir
certains
avantage?
non
moins
négligeables.
En
effet,
tournant le dos à l'océan atlantique mais
regardant
la
baie
du
Cap-Lopez,
Port-Gentil s'allonge au
bord
de
l'océan.
La baie étant abritée naturellement,
cette
position
représente
une
zone
protégée
des
houles
atlantiques,
bien
au
calme,
tout
en bénéficiant de fonds
marins
importants
(-15 mètres),
les plus favorables du Gabon
pour
l'implantation
d'ouvrages
portuaires. Tout cela offre
d'énormes
possibilités
d'échanges, constitue un débouché et
favorise
une
concentration
humaine
indispensable
pour le
développement d'une ville carrefour et industrielle.
Port-Gentil, c'est surtout l'extrème ouest du pays.
situation
de fait excentrique mais
non
g~nante parce que
la
ville
demeure - dans
toute
sa
dimension
-le
parc
(-
d'a ttraction
de
populations
en
quête
de
travail et de
lendemains
meilleurs
dans les quelques unités industrielles

M E R
0
U
N
U
N
E
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+
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.
0
0
C
0
N
G
°
o
100
390
1
,
km.
( .
CARTE
ADMINISTRATIVE DU GABON
Situation
de
PORT-GENTIL

- 25 -
qu'elle
renferme,
toutes
9lUS ou moins
liées à l'activité
pétrolière
ou
forestière.
Mais,
il n'est pas toujours aisé
de
regagner
la
ville de Port-Gentil car,
les liaisons avec
le
reste du pays ne s'effectuent que par les eaux et par les
airs.
LES DESSERTES DE PORT-GENTIL.
Elles
sont
très
importantes dans la mesure où
elles
influencent
beaucoup
la
vie
de
relation.
Aussi
sont-elles
déterminantes,
pour
appréhender
les
relations
ville-campagne, toujours imprégnées d'interdépendance.
Ville
insulaire, Port-Gentil n'est desservie que par
voie
maritime,
fluviale
et
aérienne.
Un handicap sérieux
réside dans le mrillQue de voie terrestre aména3~ée.
On
peut
tout
de
m~me
rappeler
que ce sont les
voies
de
communications qui relient Port-Gentil au reste du
pays.
Par
conséquent,
elles
peuvent déterminer comment la
circulation
peut
permettre
de
rapprocher les populations.
Elles
sont un indice de développement et l'expression m~me
d'un niveau de vie plus ou moins élevé.
Pour
ce
faire,
la
route apparatt tout indiquée.
Elle
peut
contribuer
énormément
à
l'expansion économique
d'une
ville
en pleine mutation. Port-Gentil et ses environs
n'ont
pas
bénéficié
jusqu'à ce joul'de cet outil précieux.
Cependant,
la
ville
se
présente à nous comme un carrefour

- 26 -
aérien
et
surtout
un
grand
carrefour
des
eaux
avec la
confluence du delta de l'Ogowe et l'océan atlantique.
I.1.
La façade atlantique:
une circulation
1
maritime intense mais perturbee.
La
côte
africaine,
tout juste au-dessous du golfe
de
Guinée,

se
trouve
Port-Gentil,
a
toujours été le
domaine
d'une
grande
activité
de
pêche.
En
effet,
la
rencontre
du
courant
de
Benguéla
et du contre-courant de
Guinée
en fait une zone très poissonneuse. C'est pourquoi de
nombreux
bateaux
de
pêche
d'orgine
européenne
(1)
sillonnent
constamment
la
côte.
Port-Gentil
demeure
sensible
à
tout
cela par sa position,
raison pour laquelle
le cabotage est très actif sur ses côtes.
Le
cabotage
ici
ne
se
limite
pas
seulement aux
bateaux
de
pêche, :~uis s'&tend également aux dénlacements
de
personnes.
Ainsi,
entre
Libeville
et
Port-Gentil une
liaison
presque
régulière (2) a été créée; elle concerne la
circulation
des
hommes
et des marchandises. Le trajet dure
huit heures.
Dans
le
même ordre d'idées, mais cette fois-ci en
allant
vers
le
sud,
Port-Gentil
est
reliée une fois par
semaine
à
Gamba,
ville voisine
à vocation pétrolière.
C'est
une
organisation
de
la
société
Shell-Gabon
et le
( -
transport n'est réservé qu'à son personnel et aux membres de
(1) Espagnols, Portugais, Français, Soviétiques etc •••
(2) Tous les 2 jours.

- 27 -
la
famille.
Sur
le
plan
international,
Port-Gentil reçoit une
diversité
de
navires,
généralement
des
containers et des
tankers.
Mais
jusqu'en
1978,
le
transport maritime était
confronté
à des problèmes,
la ville ne disposant pas de port
en eau profonde.
Cette
situation
faisait
en
sorte
que
les
gros
navires
ne pouvaient accoster.
Ils mouillaient au large;
par
conséquent,
pour
l'importation comme pour l'exportation,
il
fallait
procéder
au
chalandage. L'exercice en tant que tel
était
relativement
long
car
plusieurs navires
station-
naient
pendant des semaines au large de Port-Gentil. S'y
ajoutaient
des
problèmes
de manutention à deux niveaux: au
large
et au quai-rivière. Et les coOts d'immobilisation ne
pouvaient qu'augmenter.
Dans
ces
conditions,
la
construction d'un nouveau
port
en
eau
profonde
ne
pouvait
qu'être souhaitée. Et
l'inauguration
de
cet
édifice -dont la réalisation demeure
toujours
partielle-
s'est
faite en 1979. Quand bien même
l'exiguité
du
quai de commerce ne permet pas l'accostage de
plus
de
deux
navires,
on
peut
penser
qu'avec
l'utilisation
du nouveau port en eau profonde,
les problèmes
évoqués
plus
haut
auront des éléments de réponse. Toutefois,
( '
son
bon
fonctionnement doit faire en sorte que les échanges
se
multiplient
davantage,
afin
que
la
façade atlantique
reste
un
grand
foyer
de
circulation
maritime.

-
28 -
1.2.
La desserte aerienne.
Un
aéroport comme un port constitue l'un des poumons
économiques
d'une
ville
et,
au-delà,
d'une région ou d'un
pays.
Il
vit et se développe au rythme de l'évolution de la
ville,
de la région ou du pays.
La
ville
de
Port-Gentil
justifie
bien l'usage de
cette
image dans la mesure où les liaisons aériennes ne sont
possibles
qu'à
partir
du
seul
aéroport
de
"classe
internationale" qui se trouve à 5 km du centre ville.
La
longueur
de
la
piste
-1
gOOm- devrait être
portée
à
2
600
m
et
l'aéorogare
qui bénéficie d'un
équipement
très
moderne
d'aide
à
la
navigation aérienne
répond bien aux exigences du trafic en général.
Les
liaisons
aériennes
avec
Libreville
sont
régulières
(1) et se font généralement avec des appareils de
type
FOKKER
F28
et
BOEING
737 dans le cadre du transport
passager
assuré
par
la
compagnie
nationale
Air-Gabon.
D'autres
compagnies
aériennes,
Air-Service,
Air
Affaires
Gabon,
assurent
un
trafic
très
réduit
en
accord
avec
Air-Gabon.
Parallèlement,
certains particuliers et quelques
sociétés
de
la
place
(Elf-Gabon,
Shell-Gabon)
ont
des
appareils
qu'ils
mettent
à
la disposition de leurs agents
{-
pour les activités de la société.
Les
déplacements
quotidiens
avion
entre
(1)
On
compte
3
à
4
vols par
jour, matin et soir,
entre
Port-Gentil et Libreville.

- 29 -
Libreville
et
Port-Gentil sont l'oeuvre d'hommes d'affaires
étrangers
et
de
quelques
industriels
opérant
sur
le
"-
territoire
national.
Le fret est très important et concerne
surtout
les
pièces
détachées
pour
les
industries
pétrolières.
On
notera
également
un
tonnage
assez
appréciable
pour
les
aliments
frais
importés
soit
du
Cameroun 7
soit de la France.
Quant
aux
autres
villes
de l'intérieur,
le trafic
est
semi-hebdomadaire
ou
hebdomadaire.
Pendant
les
week-ends,
les
vols
sont
archi-pleins
et
cela cause des
embouteillages
dans
les aérogares.
C'est la période la plus
fructueuse
du trafic passagers. On peut rappeler que la voie
aérienne
bien
que très rapide,
est très onéreuse
(1) ce qui
n'est
pas
le
cas
du
fleuve
qui
garde
toujours
son
importance.
1.3.
La desserte fluviale.
Traversé
par de nombreux cours d'eau,
tous se
jetant
dans
l'océan
atlantique,
le
Gabon
est
presque
entièrement
dominé
par l'Ogowe et ses affluents.
Son bassin
s'étend
sur
près
de
220
OOOkm2.
On peut rappeler ici le
rôle
historique
combien
important
de
ces
voies
de
pénétration
et
de
communication naturelles.
L'hydrographie
est
représentée
ici
par
le
fleuve
Ogowe
qui
sert
de
( .
"courroie
de transmission"
entre les populations riveraines
et Port-Gentil.
(1)
La distance entre Port-Gentil et Libreville (250 Km) est
couverte
en
20 minutes et le coOt du trajet est de 17 500
FCFA (350 FF) en aller-simple (en 1983).

- 30 -
1. 3. 1 •
l'Ogowe
du
système
fluvial
gabonais
Le
système
fluvial
est
largement dominé
par
l'Ogowe
qui
traverse le Gabon et dont la forme dessine
une
vaste boucle orientée du sud-est au nord-ouest, avant de
se
jeter
dans
l'océan
atlantique
par
un large delta aux
multiples bras (cf.
Carte 3).
Long
de
1
200
km, sa largeur varie entre 500 et
3000 mètres.
Il
possède
un
bassin versant de 215 000 km2.
Mais
à
Lambaréné où il reçoit l'un de ses affluents le plus
important,
la Np,ounié
(1),
son
bassin versant ne présente
qu'une
superficie
de
205
000 km2.
Il n'est navigable
Que
de
Ndjolé
3.
Fort-Gentil,
sur
une
longueur
de
300 km, offrant le reste aux rapides, chutes et cataractes.
Du
horst de
Lambaréné vers la côte,
l'Ogowe coule
légèrement
vers
le
sud-ouest, coupant les affleurements du
crétacé
et
du
tertiaire.
Le fleuve se divise en multiples
bras
qui
se rejoignent fréquemment dans sa plaine alluviale
variant
de
7,5
à 20 km de largeur. Le débit suit le rythme
des
saisons,
c'est ainsi qu'il atteint dans son cours moyen
rO.OOOm] durant la seconde partie de la saison pluvieuse. Il
prend
sa
source
au Congo Brazzaville au sud de Zanaga, sur
les
plateaux
Batékés,
à
690
m
d'altitude.
( -
Son cours se
divise en quatre parties:
Le
cours
supérieur
de la source (Congo)
jusqu'à la
(1
La
Ngounié part du massif Du Chaillu.
Il a 460 km
et
sa
navigabilité
est défectueuse jusqu'à Sindara avec la
présence
de chutes Nagosi et Fougamou, appelées aussi"chutes
de
l'Impératrice:

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- 32 -
confluence avec la Mpassa.
Le
cours
moyen-amont
de la Mpassa à la confluence
avec l'Ivindo.
- Le cours moyen-aval: de l'Ivindo à Ndjolé.
Et
enfin le cours inférieur qui va de Ndjolé à la mer et
sur
lequel
nous
insisterons
parce qu'il
concerne
non
seulement
le Bas-Ogowe, mais aussi et surtout Port-Gentil,
<lui derleure le débouché direct.
L'axe fluvial Ndjolé - Port-Gentil.
Au
départ
de
Ndjolé,
il est encaissé et dominé par
les
montagnes,
s'étale
désormais et coule en plaine un peu
en
aval
de
Ndjolé,
c'est-à-dire
après
la
"porte
de
Talagouga"
(1). Les rives sont basses,
marna-calcaires avec
des argiles rouges au sommet.
A
partir
de Lambaréné,
l'Ogowe s'appuie snr 18 crouI'e
granitique
et
diverge
en
de nombreux bras. Auparavant,
le
fleuve
reçoit
à sa gauche la Ngoun1é.Ensuite,
nous arrivons
dans
la
région
des lacs avant de reprendre le cours normal
du
fleuve
perçant
la
plaine
alluviale
jusqu'au
delta
ma ri time.
Le régime de l'Ogowe.
Il
conviendrait
d'insister
sur le régime du fleuve
car
il
conditionne
fortement
la
circulation
fluviale
( .
(navigation,
exploration ... )
Absorbant
et
régUlier,
il
permet
la
distinction
précise de quatre saisons;
à travers
(1)
AMBOUROUE-AVARO
(J).- Un peuple Gabonais à l'aube de la
colonisation.
Le bas-Ogowe au XIXe S.- Ed. Karthala- C.R.A.,
Paris, 1981, pp.3 6

- 33 -
la fig.1
ci-contre,
on observe
Deux
saisons
de
basses
eaux,
de juillet à septembre
(forte baisse des eaux) et de janvier à février.
Et
deux
autres
périodes
de hautes eaux,
d'octobre à
décembre et de mars à juin.
On
ne
peut
manquer
de
souligner
qu'à
la
mi-septembre
et au mois de mai,
les eaux atteignent leurs
niveaux
respectivement
le plus bas et le plus haut.
Il s'en
suit
que
l'Ogowe
est
le
baromètre
enregistreur
des
précipitations et demeure un fleuve de type équatorial (1).
Cette
baisse
des
eaux,
surtout
la
plus
grande,
c'est-à-dire
celle de juillet à septembre~a des conséquences
néfastes
pour la navigation
parce qu'il se forme des bancs
de sable visibles
et
fixes
ou
subaériens
et
instables.
Cependant,
ces
quelques
obstacles
-non
négligeables-
ne
constituent pas
un
véritable frein à la navigation fluviale;
car
par
le
flux
des
marchandises
et
des personnes
l'Ogowe
demeure toujours une voie de circulation intense,
du
moins dans la région du Bas-Ogowe.
L'Ogowe,
un véritable poumon économique.
Tous
les
échanges
dans
la
région du Bas-Ogowe se
font
par
le
biais
du fleuve Ogowe.
Bien Qu'irréguliers et
limités,
ces
échanges
concernent l'approvisionnement de la
( -
ville
de
Port-Gentil
en
produits
vivriers de base
(2) et
également
l'évacuation
de
quelques
produits
finis
vers
(1) cf. Al'i.BOUROTfE-AVARO (J),
op.
cit.,
p.37
(2) Manioc, banane, Taro etc ...

- 34 -
o
f- 9
1- REGIME
DE
L:OGOWE
d'après
les
releves
c,
fC
-',,[j,
c'
,CO'1"
,:f G';4Un R)I"
c' 7e?!
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r, 1905
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o
_-LI_ _-'--_----'_
-JANV
FEV
MARC; AVRIL
( .

- 35 -
l'intérieur
du
pays.
Dans
ces
conditions,
l'Ogowe
nous
apparaît, de
par
son
histoire,
comme
la
seule voie de
navigation
naturelle
qui,
malgré
quelques
problèmes,
demeure une nécessité.
a)
l'Ogowe et ses obstacles.
Depuis
toujours,
l'Ogowe
représente
la principale
voie
de communication pour les populations riveraines.
C'est
une
voie
de
circulation
intense

se
développent
des
transports
à
l'échelle
régionale
et inter-régionale. Mais
comme
toute voie d'eau,
elle présente certains obstacles à la
navigation et cela par endroits.
En
effet,
la navigation sur l'Ogowe,
du moins sur la
partie
qui
nous
concerne
-La région du Bas-Ogowe (1) -
est
déterminée
par
le
rythme
saisonnier.
En
général,
on
l'exploite
toute
l'année.
Cependant,
lors
des
crues
(mi-septembre
et
mi-mai) ,
le fleuve augmente sa vitesse du
courant.
Lorsqu'on
remonte
son
cours,
les
embarcations
voient leur vitesse de croisière diminuer •.
C'est en quelque
sorte
l'effet du contre-courant. Parallèlement,
le processus
d'érosion
fluviatile
devient
très poussé, grignotant ainsi
les versants du fleuve et le l i t proprement dit.
A
l'opposé
de
cette période de crues,
c'est-à-dire
lors
de
l'étiage
(aoOt
et janvier),
l'Ogowe ne présente
( -
plus
une
unité
géographique homogène. Sur son cours et par
endroits
apparaissent
des bancs de sable, occupant ainsi de
(1)
Par
l'expression
Bas-Ogowe,
nous
entendons,
non
seulement
le
cours
inférieur
du
fleuve
mais
égal ement
"l'arrière-pays de Port-Gentil".

- 36 -
grandes
surfaces
du
lit
du
fleuve.
La
profondeur ayant
diminué,
la
batellerie avec chalands échoue souvent sur ces
étendues
sableuses.
De
m~me,
l'écoulement
du
fleuve
devient
très
lent
et la navigation elle-m~me ralentit. A
partir
de ce moment précis,
on peut s'apercevoir que l'Ogowe
et
ses
affluents
ne
forment
plus un véritable réseau.
Le
fleuve
décrit
des
phénomènes de cloisonnement qui obligent
souvent
les
embarcations
à
des transbordements,
soit pour
éviter des embOches.
soit pour prendre de la profondeur.
b)
L'absence d'aménacements sur l'Cwowe.
-------'.::.......:...--=-:..:.~--::::.:::'"'--.:~~~.::..:.:..:~
I l
semble
que
c'est
pour
des
raisons
économiques
que
l' Ogowe
a
été
choisi
comme
artère
pincipale.
Elle
permet
non seulement une ouverture vers la
mer
mais constitue également une voie navigable favorable au
flottage
du
bois.
On
estime
que
l'établis-
sement éventuel
d'un
réseau
routier
dans
cette
zone
représenterait
un
coat
relativement
élevé
des
investissements.
Tout
cela
devrait ~tre accentué par les
problèmes
de
manutention,
la
première zone d'exploitation
forestière
étant
très
éloignée
du
principal
centre
de
transformation et d'exploitation.
Nous
rappelons
au
passage
que
l'Ogowe
traverse
presque
toutes
les
régions du pays en partant du sud-est à
l'ouest,
tout
en passant par le nor~~est et l'est. C'est un
,
tracé,
bien
qu'Irregulier,
qui
permet
de
communiquer
a

- 37 -
priori
avec
toutes
les
régions
appartenant
aux secteurs
précités;
d'où
l'intér~t
d'ordre national d'entreprendre
certains aménagements de base.
Compte
tenu
du
fait que la navigation est pratiquée
24 sur 24h , on aurait dû
entreprendre l'approfondissement du
lit
du
fleuve
et
l'installation
d'un système de balisage
adéquat.
De toute évidence,
ces aménagements auraient permis
de
circuler
aisément
d'un
bout
à
l'autre
du
pays
et
d'améliorer
les
relations entre les villes industrielles et
les
villes
à vocation agricole. Des échanges de tous ordres
auraient établi une complémentarité
entre ces différentes
villes.
Mais
l'on
ne
cessera
de constater que l'Ogowe est
toujours
livré
à
lui~m~me;s'il ne bénéficie )as d'aménaGements
adéquats,
i l risque à l'avenir de perdre de S2.
valeur,
son exploitation remontant, déjà à plusieurs siècles.Dès à présent,
on
présume
que
l'exploitation
fortestière de la première zone
touche
à
sa fin,
ce
qui
est un indice de diminution des
activités
dans la région.
En plus, avec l'implantation d'une
uni té
de
cellulose
(1)
non loin de Libreville, on assistera
certainement au détournement d'une bonne partie du bois vers
la
région de Libreville. Cependant,
lorsqu'on sait que c'est
par
milliers que
passagers
descendept et remontent l'Ogowe
toutes
les
semaines,
et également par milliers de tonnes que
contreplaqué
et
pétrole
remontent
le
fleuve,
pendant que
(1)
Nous
venons
d'apprendre
recemment
que
l'usine de la
SOGACEL
(Société
Gabonaise de Cellulose) a fermé ses portes
sans avoir été mise en service.

- 38 -
les produits
agricoles
sont
acheminés
sur
les
marchés
de
Port-Gentil,
i l Y
a
lieu
d'espérer
que
la
vitalité de
l'Ogowe soit toujours prouvée.
1.4. Un handicap sérieux
l'absence de routes
régionales.
Depuis l'antiquité, la route est de loin le premier
moyen
de
communication
que l'homme
a
pu
façonner à sa
manière.
Elle
doit
être
par
conséquent
la
première
armature
des
espaces
humanisés. Pour cela, elle représente
l'élément principal
de l'équipement spatial nécessaire à la
vie
des
sociétés.
Elle
se
caractérise
à
la fois par sa
surface et par le fait qu'elle permet divers genres de dépla-
cements, tant individuels que par groupe. Dans ces conditions,
i l est inévitable qu'elle s'ajuste à l'économie.
S'il
est évident que la route ne conditionne
pas
entièrement l'économie d'un pays
parce qu'elle
est
loin
d'être l'unique moyen
de
communication
à grande rentabilité,
l'inexistence
de
routes
n'en constitue
pas
moins
une
entrave
au
développement.
Aussi,
estimons-nous
que
la
route
s'avère
plus
qu'indispensable
parce qu'elle
est
le
creuset,
voire
le
trait
d'union
entre
les
autres
voies
de
communication
dont
elle
assure la complémentarité.
( -
Cependant,
Port-Gentil n'a
pas
bénéficié
de cet
outil
précieux,
ce
qui
est
tout de m~me contradictoire

- 39 -
avec
ses
fonctions.
Le
fait
que
la ville soit coupée du
reste
du
pays
peut expliquer en partie comment l'industrie
est
rétractée.
En
tout
état
de
cause,
les
relations
Port-Gentil et le reste du pays doivent être étendues sur des
routes
relativement
bien
aménagées
et ramifiées,
reposant
sur
une
organisation
adéquate.
La
ville
pourrait
alors
prétendre
à
un
haut
niveau
de
vie
et
à une prospérité
économique.
Il
est
à
préciser que le manque de routes que nous
évoquons
se
situe
à
un
niveau
strictement
régional
et
inter-régional.
Car,
non
loin
de
Port-Gentil,
on
peut
observer
un
axe
routier
Port-Gentil
Mandorové-Ozouri
Evidemment,
tout
cela
ne se limite qu'à l'rIe Mandji, et
c'est
le
seul
axe

nous
pouvons
circuler en voiture.
Toutefois,
nous
ferons
remarquer
que
cette
route
n'est
réservée
qu'à
certaines
catégories
et marques de voitures
(1 ) •
Mais
pendant
la
saison
des
pluies,
cette
route
sablonneuse
et
non
revêtue
se
transforme
en véritable
bourbier,
coupant
de
temps
à
autre
les
liaisons
avec
Mandorové et Ozouri.
En
somme,
nonobstant le manque de liaison terrestre
entre
la
ville et le continent, Port-Gentil bénéficie d'une
situation
favorable.
La
façade
at~qntique
lui
offre une
tradition
maritime
et
les
différents
ports-m51es
qu'on
rencontre
le
long
du
littoral
sont le reflet d'activités
(1)
Ce
sont
des
véhicules ayant au moins deux ponts, donc
susceptibles
de
rouler
dans
des
routes sablonneuses:
Les
Kenworth,
les Power ,les Land-Rover,
les Man"les Toyota ...

- 40 -
maritimes
assez significatives. De même, on a pu remarquer
que
le
fleuve
joue
un
rÔle
de
redistribution
de
populations
et
de marchandises entre l'intérieur du pays et
la
ville;
c'est
en
fait
une
situation
de carrefour qui
favorise
des
échanges
de tous ordres.
Cependant,
le milieu
naturel
n'offre
pas toujours les mêmes aspects: l'absence
de
relief,
la pauvreté des sols et les formes de végétation
qui
en
découlent, et surtout la rigueur climatique, font en
sorte
que
le
site
de
la ville même demeure difficile à
aménager.

( ,

- -,., -
CHAPITRE II - LE MILIEU NATUREL
Le
sous-sol africain et gabonais a pour élément
fondamental
la constitution d'un socle cristallin qui a pris
place
depuis
des
millénaires.
Ce
socle
disparaît
aux
alentours
de Ndjolé.
A partir de cette limite,
des sédiments
crétacés
tertiai res
recouve rts
par end roi ts pa r des sabl es
et
des
argiles
du
quaternaire
apparaissent.
C'est
précisément
dans ce domaine que plusieurs éléments physiques
interviennent
pour composer le milieu naturel.
Nous citerons
entre
autres
le
relief,
le
climat,
les
sols,
la
végétation,
l'hydrographie,
la géologie,
etc . . .
II.1. UN SITE DELTAIQUE
Par
rapport
à
l'ensemble
du
pays,
la
ville
de
Port-Gentil
présente
des conditions physiques particulières
par
sa
géologie
fragile.
Evidemment,
cela ne va pas sans
poser
des
problèmes
d'ordre
technique
sur
le
plan
de
l'organisation
et
de
l'aménagement
de
l'espace,
d'autant
plus
que
l'altitude
moyenne
est
extrémement
faible.
Néanmoins,
il
convient
de distinguer ici le site terrestre
du site nautique.
II.1.1. Un site terrestre assez gênant.
Litteralement
étalée
sur
le
sol,
Port-Gentil
se
fonde
à
la
topographie
plate.
Eta~t
un cordon littoral,
toute
l'île
Mandji
est
étroite,
longue et surtout basse

- 42 -
(l'altitude moyenne n'est Que de 3 m). Vue d'avion, la ville
apparaît
totalement
plane,
presqu'au
même
niveau que
l'océan.
Contrairement
à
ce que pourrait laisser supposer un
rapide
examen d'une carte topographique à petite échelle, la
plaine
côtière
ne
se présente pas à cette latitude comme
une
surface
rigoureusement
plane.
Une
reconnaissance
de
terrain
fait
remarquer la présence de dénivelés et de zones
dépressives.
En
gros,
le dénivellement se fait sur quelques
,
centimètres,
et
la
nappe
phréatique
se trouve a 90 cm en
moyenne
sous
la surface topographique à la fin de la saison
sèche, à 55 cm à la fin de la saison des pluies.
Comme
dans
beaucoup
de sites de deltas,
la ville a
été
édifiée
sur une île sableuse, où plaines et marécages
se
succèdent.
Les
marais
qui
entourent
la ville peuvent
jouer
un
rôle défensif. Mais dans la plupart des cas, ils
se
présentent
comme
une
gène
à
la
circulation parce que
rendant l'accès difficile.
Ainsi, Port-Gentil se trouve-t-il en plein coeur du delta
de
l'Ogowe
qui
est
rejoint
par
l'atlantique.
Le fleuve
Ogowe,
qui
draine une superficie d'environ 220 000 km2, est
le
principal
fournisseur
de
sédiments
utilisés
par
le
développement
de
l' He.
Par
son tracé en forme de vaste
boucle
orientée
sud-est
/ouest,
l "C)gowe
charrie ses eaux
boueuses
dans
la
baie
du
Cap
Lapez
après
un
parcours

relativement
long
dans
la
plaine
alluviale et cela, sans
obstacle apparent.
On
admet
que
les
sédiments
(1)
apportés
par le
fleuve
ont
été retenus par un cap rocheux des fonds de
l'Atlantique
servant
de
support
aux alluvions. Les effets
combinés
des
vents
et
des courants océaniques nord-est et
les
mouvements
des
alluvions orientés vers le nord-est ont
favorisé
en
partie
ses conditions de formation et ont pour
conséquence
la
forme
allongée
de
l'île,
avec
des
modifica tions
possibles
de
sa
surface
entre
les
deux
extrémités (Cf.Carte 4).
Par
conséquent,
la
ville
de
Port-Gentil
est une
édification
fluvio-marine.
Le côté sous le vent de l'île

se
trouve
Port-Gentil
est en pente vers la baie du Cap
Lopez.
Près
de
Port-Gentil,
la surface ondule doucement et
atteint
une
hauteur maximale de 3 à 4 m seulement; la ville
proprement
dite
est
construite et s'étale sur une sorte de
plateforme
dont
l'altitude moyenne n'est que de 3 mètres. A
certains
endroits
de
cette
surface,
faite de fondations
sableuses, existent
de larces
dépressions reu profondes
qui coïncident avec des quartiers enclins aux inondations.
( ,
(1)
Si
le
principe
de
sédimentation
est reconnu par bon
nombre
de
chercheurs,
par contre la nature même de cette
sédimentation
n'est
toujours
pas bien explicitée.
Certains
diront
tout
simplement
que
l'île
Mandji
est née de la
confluence
de
l'OGOWO
WA
RIWIRO et du courant de Benguéla
Cf. Histoire
Coloniale du Gabon .- SAIEN, Lille, 3e Trimestre
1982, pp.9

- 44 -
.
.
corte
4- LE
SITE
DE
PORT-OENTIL
1
1
1
\\
banc
de sa b 1e
o savane
_
mangrove

Toutes ces caractéristiques indiquent que la naèèpe phréatique
est très proche de la
surface, de
sorte
que
le
sol
est
facilement
imbibé,
empêchant ainsi la pe~colation de l'eau
en
su~plus,
su~tout
durant
les
pé~iodes
de
g~andes
p~écipitations.
A
ces facteu~s, pou~ la plupa~t d'o~d~e physique -le
manque
de
~elief
et
le climat- s'ajoute un facteu~ humai~
~elatif
à
l'influence
de
la
croissance
urbaine
et
au
comportement
de
la
population.
En
fait,
la
densité
de
l'habitat
s'acc~oit
au fil des années et les habitants vont
jusqu'à
s'installe~ dans les end~oits les plus défavorables.
Il
en
~ésulte
un
entassement et pa~ conséquent il devient
plus
que
nécessai~e de loti~ des zones imp~aticables et non
desse~vies -peut-être Îaut-il envisager l'enventualité d'une
fo~me
d'aménagement
adapté
-du
fait
de
leu~ tendance
ma~écageuse.
Et
la population augmentant,
les dét~itus sont
également
plus
impo~tants
et
finissent
pa~
bouche~
les
quelques
canaux
de
d~ainage existantset qui, pa~ la suite,
se t~ansfo~ment en cloaques.
Somme
toute,
on
comprend
que
l'o~iginalité de ce
site
te~~est~e
-à t~avers tous les facteu~s que nous venons
de
voi~-
est qu'une bonne pa~tie de la ville est soumise au
risque
pé~iodique
d'inondation;
et
cela à la défaveu~ des
populations habitant les qua~tiers de la"Plaine"~1).
(1 )
Pa~
opposition
aux
quartie~s de la "ville" le long du
l i tto~al ,
et
dont
les
maisons
sont
surélevé~s ou su~
pilotis.

- 46 -
II.1.2. Un site nautique favorable.
Le
littoral
présente
une côte festonnée.
C'est
ainsi
que
du
cap
Lopez
à
Tchengué on peut border
quelques
pointes
et
surtout
la grande baie qui occupe une
place
de
choix.
Elle
doit en partie sa forme au Cap-Lopez
sans
lequel
elle serait très étroite et apparente. Entre la
Pointe
du Prince et la Pointe Clairette on peut observer une
forme
insulaire,
l'île aux Pi~eons;
et à l'extrème
nord
du
Cap-Lopez,
on note également la présence d'un lac,
celui des Baleiniers.
Le
caractère
déchiqueté
de
la
côte
est da à
l'érosion
marine
qui
envahit
les
marges
d'un relief
continental
plat.
La
mer
s'est
enfoncée
dans
l'fIe,
donnant
de
larges
rentrants aux contours tourmentés. Cette
pénétration
a
favorisé
le développement d'une vie maritime
par
la
construction
de plusieurs ports-môles logés dans la
baie.
A
l'ouest,
la
côte est une étroite plage de sable
blanc.
Les
sables
sont
le
résultat
des
dépôts marins
apportés
par
la
houle
et les vagues. La côte rectiligne
est
de
par
son
orientation
et
par
l'absence
de relief
extrêmement
exposée
aux
vents qui ont une double action, à
savoir :
Une
action
directe
par
les
~hénomènes de transport
éoliensentrainant l'engraissement de la plage.

- 47 -
Et
une action indirecte par l'intermédiaire des vagues
qu'ils
engendrent
et
dont
l'action n'est pas destructive,
mais
au
contraire bénéfique pour les plages inondées. C'est
la
plage
stricto-sensu
par opposition à la plage marine ou
off-shore qui
s'étend
de
la
profondeur
à laquelle débute
l'action
des
vagues
sur les sédiments jusqu'au déferlement
(1).
Autrement
dit,
on
observe
une évolution, un gain du
continent
sur
l'océan.
L'alignement par étapes géologiques
des
cordons
littoraux
parallèles
à
la côte est un fait
frappant (2).
L'.tle
en
elle-même
est une
flèche
littorale
progressant
vers
le
nord-ouest, faite sous l'influence des
vents
du
sud-ouest
et
probablement
aussi,
le courant de
Benguela.
En
fait,
la flèche littorale est le prolongement
vers le nord de la direction sud-ouest de la côte. Mais d'anciennes
crêtes
d'accroissement
par
alluvionnement
plus internes
montrent
que
la
flèche
littorale
est
un
développement
relativement récent (3).
Les
isobathes de l'île entière et ses environs sont
des
caractéristiques très intéressantes. Plus profondes dans
la
région,
elles
tendent
à
refléter
la forme d'un vieux
littoral.
Depuis
que
la
flèche
littorale coupe à travers
cette
direction,
les isobathes croissent ensemble
de façon
serrée
vers
la
pointe
de la flèché-littorale.
A ce point,
elles
revêtent
alors un chenal sous-marin qui a sa tête
(1)
Zone
sur
laquelle
s'effectue
le
WASH,
c'est-à-dire
l'amortissement de la vague.
(2) BOUSSOUGOU (G ).-Organisation. de l'espace dans le Nord de
l'île Mandji
, 1981, TER, CEGET, Talence,
pp.11.
(3)
DJEKI
(J).-Quelques
problèmes
géographiques
liés
à la
situation
de
Port-Gentil.
Monographie
de
Licence,
1980,
Libreville, pp.16

-
48 -
dans la bouche de la baie (Cf. Carte 5).
De
plus,
l'extrémité de la flèche littorale paraît
être
la
fin de la ligne de transport du sable du littoral
qui,
ici,
descend vers des eaux profondes. Progressivement,
de
vieux
chenaux (montrés par des isobathes plus profondes)
apparaissent
vers le sud du Cap-Lopez, Ce qui nous conduit à
déterminer
les aspects physiques fondamentaux influençant le
milieu.
II.2.
R8L18F ET G80MORPHOLOG1E
Ces
éléments
ne
sont pas très nuancés. Déjà,
et
nous
l'avons
vu,
la
topographie
de la ville comme
celle
de
beaucoup
de sites de deltas dessine une espèce de
plateforme.
Nous nous trouvons ici dans la partie extrême du
Bas-Ogowe.
C'est
une
plaine alluvionnaire semée de lacs et
de pitons granitiques (1).
L'île
Mandji
forme
ainsi
l'extrémité d'un cordon
littoral
qui
isole
de
l'océan
la
partie sud du delta de
l'Ogowe.
Ce
cordon littoral qui est constitué par une série
de
rides
subrectilignes
(2),
se
poursuit vers le sud-est
presque sans discontinuité jusqu'à Mayoumba.
De
même,
forêts
et
savanes
soulignent
l'alternance
de
la
sédimentation
du
cordon
littoral. En
( ,
effet,
les
parties
relativement
nautes
des
rides
sont
couvertes
d'une savane herbacée ou d'une pseudo-steppe .Quant
(1) cf.AMBOUROUE-AVARO (J).op.cit.,p.33
(2)
Cela
n'est valable que dans l'axe Port-Gentil-Omboué où
l'on
peut
observer
une disposition peu fréquente des rides
en forme de croissant.

5
Le
chenal
sous-marin
du
cap-Iopez
'.
.... '-.
r
'.J
\\
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1
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J
j
1
1
1
\\
!1
1
1
_ _ _ _ _-=~====-J=J'.200km

ILE
MANDJI
.......... /. " ISOBATHE

- 50 -
aux
parties
basses
hydromorphes
des sillons s'intercalant
entre
les
rides,
elles demeurent occupées par la mangrove.
Cette
diposition
est
la particularité frappante de l'rIe
Mandji.
Toutefois,
i l
n'en
demeure
pas
moins
que
le
caractère
général
du
littoral
est
celui
d'une
plaine
alluviale
très
basse,
quand
bien
m~me
elle apparaît
marécageuse
et
très
découpée
par
endroits,
d'où
la
distinction de deux types de côtes
IJe
!lremier
se
si tue
au
nord
du
C8.ll
I~OI)eZ ;
elle
est
profondément
entaill?e
Rvec
des
hauts
fonds
alluvionnaires
(1).
Quant
au
second type de côte,
sablonneuse et basse,
presque
rectiligne,
elle
se
trouve au sud du Cap-Lapez et
présente
des
"formations
parallèles"
(2 )
et une série de
lagunes
(3) .
I l
s'agit
d'anciennes baies formées avec les
alluvions
du
fleuve
Congo
et
des
autres fleuves
(4) •
De
toute
évidence,
on
ne
peut
pas
omettre
Ir i nfl uence
des
facteurs climatiques.
( .
(1)
Nous ferons remarquer que c'est probablement la présence
des
estuaires
qui
fait
en sorte qu'elle soit profondément
entaillée.
(2)
LEGOUX
(P ).-Un
type
de
côte alluvionnaire basse,
la
côte
à
formations
parallèles
ou
côte
de
type
Gabonais~ G.R.A.E.S.E.,
t 234,
pp.119-121.
(3)
Ce sont: La lagune Fernan-Vaz, La Lagune Sette-Cama,
et
la lagune Mbanio.
(4)
BINET. (J) .- La
République
Gabonaise.-
Notes
et Etudes
Documentaires,1970, N°3703.
Paris, pp.3.

- 51 -
II.3. UN MILIEU EQUATORIAL.
Traversé
par
l'équateur, le Gabon est dO'iliné par un
climat
de
type équatorial mais qui
varie selon la latitude.
Ce
climat
reste
plus ou moins responsable du lessivage des
sols
et d'une formation de végétation abondante avec tout de
même certaines particularités
(Cf.Carte 6).
II.3.1.Un climat tropical humide de type équatorial.
Appartenant
totalement
au
littoral
africain
du
centre,
la
ville
de Port-Gentil est soumise à un climat de
type
équatorial
à
nuance
australe.
En général, il.
est
caractérisé
par
la
quasi
constance des températures et la
faiblesse
de leurs écarts,
c'est-à-dire que les températures
extrèmes
oscillent
entre
25°C
et
30°C.
Comme on peut le
constater,
elles
sont
peu élevées;
certainement à cause de
la
déperdition
d'une
partie de l'énergie solaire en raison
de
la
nébulosité et de la végétation.
De même,
l'humidité
atmosphérique
est
remarquabl e
parce qu'elle
est
toujours
élevée
et
voisine
de
85
%.
Egalement,
la pluviosité est
l'une
des
caractéristiques
fondamentales
du
climat de la
région.
Il
pleut
pendant
8 mois de l'année,
soit 240
jours,
avec
un
apport
de 2 000 rn/m.
Les vents,
de secteur
ouest
le plus souvent,
sont chargés d'humidité océanique. On
{-
peut
alors
comprendre
pourquoi
le
degré hygrométrique de
'air
est très élevé en 0ermanence.
Ici,
la pression moyenne

- 52 -
1
o
120
240 1
LEGENDE
Io'_ - - '. . . ._
. . .
' ._ _. . . ._ - ' ,
Climat équatorial pur.
fmmDl
ClImat équatorIal de transilton de la LonC' centrale
~2
Climat équatorial de transitIon
[Z2)3 du sud-ouest et du littoral Ccntre-
Atlantique.
( '
_ _ 4
Limite de zone climatique .
...... 5
Limite de région climatiQue
corte 6-Zones et régions climatiques au Gabon
source
Annales de l'Universite du Gabon. nO 1 ,
1977.

- :»
-
est
de
l'ordre
de 1012 mb. Pour essayer de faire ressortir
les
éléments principaux qui constituent le climat, nous nous
appuyerons sur l'analyse des saisons.
a) Les Saisons.
On
distingue
qua tre
saisons
plus
ou
moins
marquées
1
Une
grande
saison
sèche!
qui
va
de la mi-mai à la
mi-septembre.
Elle
est
caractérisée
par
une baisse de la
température
18°C),
une
chute
très
nette
de l'indice
pluviométrique
et bien souvent une absence de précipitations
pendant
quatre
mois:
juin,
juillet,
aoOt
et septembre
(Cf.fig.
2).
Cela
provoque une diminution de l'activité de
croissance
des végétaux (chute partielle des feuilles) et la
baisse
du
niveau
des
rivières. La navigation fluviale est
alors
perturbée
car,
le
long
du
fleuve,
apparaissent
d'énormes
bancs
de
sable
n'offrant
comme
passage
que
d'étroits couloirs.
En
général,
c'est
une
saison
assez
douce. Cette
douceur
est
liée à l'action de la brise de mer constante et
des
vents
de secteur sud qui soufflent sur l'rIe. A cette
même
période,
le
courant
froid
de
Benguela apporte du
poisson,
essentiellement
le
thon.
L'absence
notoire
de
précipitations
fait
en
sorte
que {èertaines
dépressions
inondées
et marécageuses s'assèchent; d'où la disparition de

- 54 -
Courbe pluviométrique de Port-Gentil
,
ès
les
données
Fournies
pa,~
la
Narlonole, periode
de
1953 a
1970)
Ffu 350-
340 -
,.
330
o

,-
320
.. :
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310
.
.
0,
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1-
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. ·
·
250
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.. ·
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.
·
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240
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·
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.
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. .
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,-
.
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,
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200
190 -
180 -
170 -
,
160 -
150 -
140 -
130 -
120 -
0
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110
1-
100
.
,-
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.
1-
0
~ 30
.
.
50 -
-- ------------- --
- - - - - - - -
1- 25
40 -
20
30
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1 0
10
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J
F M A M J J
A S 0
N D
!pm 290 240 308 334 200
6
2
S
30
170
310
240
T!! 26 27 27 27 26 24 25 24 25 26 26 27
N,B. P =2T

- 55 -
moustiques
dont
la
piqCre
est souvent responsable de la
maladie
du
paludisme.
Par
contre,
ces
moustiques
sont
remplacés
par d'autres bestioles -les chiques- qui attaquent
surtout les pieds dans les quartiers populaires.
Au
cours
de
cette
même saison,
les déplacements
diminuent
dans
le
sens
campagne-ville.
Cela s'explique du
fait
que
les
populations
se
consacrent
aux travaux des
champs
(1).
Pour elles, c'est la bonne saison car l'arrivée
prochaine
des pluies les empêchera
de mener à bout leurs
activités
agricoles.
En fait,
tout cela ne dure que pendant
l'intervalle
de
la
saison
sèche au début de la saison des
pluies.
Comme
on peut le constater,
les populations rurales
(2)
accordent beaucoup d'importance aux travaux champêtres
car
cela
permet d'assurer la saison à venir.
Ce qui
revient
à
dire
que
la descente sur Port-Gentil est très limitée et
cela
affecte
considérablement le ravitaillement en produits
vivriers de base des marchés urbains de Port-Gentil.
2
Une petite saison des pluies, allant de la mi-septembre
à la mi-novembre.
Elle
est
marquée par une reprise de la vie végétale qui est
favorisGe
par des pluies fines.
3
Une
petite
saison sèche, de mi-décembre à mi-janvier,
souvent à peine marquée.
( '
4
La
grande
saison
des pluies appelée aussi hivernage.
Elle
se
situe
entre
le
mois
de février et celui de mai.
(1)
Ces
travaux
concernent
le
défrichage,
le brûlis
l'abattage, et le semis.
(2) Nous faisons allusion aux ruraux permanents.

- 56 -
C'est
une
saison
chaude
et
pluvieuse,
en
ce sens qu'on
assiste
à
une
reprise
de l'insolation et de la pluviosité
qui
atteignent
leur
maxima
en mars-avril. La brise-marine
quasi
permanente
permet de supporter un climat trop humide.
L'humidité
varie
de
65
à
97 % au maximum,
tandis que les
températures
atteignent
parfois
33°C.
Les
averses et les
manifestations
orageuses se multiplient, de nombreuses zones
sont
gorgées
d'eau.
C'est
la
période des inondations qui
offrent
un spectacle effarant dans les quartiers populaires.
Dans
cette
situation,
on
peut
bien
comprendre
que
l'occupation
de
l'espace
à
Port-Gentil
doit
être
conditionnée
par
les
facteurs
climatiques.
Ce climat est
tout
de même favorable à la végétation qui trouve ainsi un
cycle de croissance qui se régénère facilement.
I l
n'en
est
pas
de mê~e pour
les
populations
habitant
certains
quartiers
(1)
qui
voient leurs maisons
envahies
d'eau.
On
signale
qu'ici,
aucun
système
de
canalisation adéquat n'a encore Vll le
jour et les cases sont ~
même
le sol. Et il arrive très souvent que ces habitations
aient
des
toitures
délabrées;
cela
a pour conséquence un
arrosage
permanent
de toutes les pièces de la maison.
Comme
solution
immédiate,
on
essaye de vider l'eau de la case et
procéder
ensuite à un "remblai naturel"
(2).
C'est pourquoi,
tant
que
la
saison
des
pluies n'e~t pas passée, il n'y a
point de tranquillité
pour ces populations.
(1)
Ces
quartiers
sont
principalement
La
Balise,
La
Nouvelle Balise et le Quartier Sud.
(2)
Le
remblai
naturel consiste à prendre du sable dans la
cour
ou
les allées non occupées pour le mettre sur son propre
plancher,
afin
de
le surélever et d'éviter d'être envahi
par les eaux lors du prochain orage.

- 57 -
Ce
sont
ces mêmes populations qui ~ecueillent les
eaux
de
pluie
dans des tonneaux (1).
Ces eaux sont su~tout
utilisées
pou~
la
consommation
cou~ante.
Par conséquent,
elles
viennent
compléte~
les
puits
et
les
fontaines
publiques
t~ès
éloignées.
Clai~e
et
potable, appa~emment
f~arche, elle
est t~ès ~eche~chée.
D'aut~e
pa~t,
en
fonction de ces quat~e saisons on
peut
obse~ve~
quelques
phénomènes
associés.
En effet, en
saison
des
pluies,
on
~ema~que des nuages assez bas,
liés
aux
fo~tes
lignes
de
g~ain.
Alo~s qu'en saison sèche,
le
ciel
est
plus
dégagé
su~
la
me~, les b~ouilla~ds et les
b~umes
sont
t~ès
~a~es, une à deux fois pa~ an. Cependant,
malg~é
cette
délimitation
systématique des quat~e saisons,
ce
climat
subit
des
alté~ations, en
pa~ticulie~
dans la
~égion
du
Cap
Lopez,
soumise
à une ~emontée d'eau f~oide
venant
du
sud
pa~
le
cou~ant
de
Benguela
et
"l'alizé
aust~al" (2).
b) Les agents climatiques.
Il
appa~art
qu'en
Af~ique,
les
climats sont
dictés
essentiellement
par
les
dive~ses
cellules.
C'est
ainsi
que
la
côte
gabonaise
subit
l'influence
de
l'anticyclone de 3ainte Hélène. C'est une vé~itable ceintu~e
continue
qui
s'explique pa~ la ci~culation à haute altitude
(aux
envi~ons
de
12 000 m). De mêmT, c'est un centre qui
émet
un
vent,
l'alizé, qui souffle en direction des basses
(1)
Ces tonneaux sont jetés par les entreprises de la place.
Les ouvriers
les récupèrent et
les
nettoient pour y con-
server l'eau. Mais le nettoyage reste
à vérifier car le plus
souvent,
ces
füts
renferment
des produits
chimiques ou
des huiles dangereux.
(2)
SAUTTER (G).- De
L'Atlantique
au
fleuve
Congo,
une
géog~aphie du
sous-peuplement .-Pa~is, Mouton et Cie, 1966,
t.II,pp. 719.

- 58 -
pressions.
Si
l'alizé
apparart
comme le vent dominant, cela
s'explique
du fait que c'est un vent constant.
Cependant,
on
trouve
aussi des vents variables, des vents locaux et même
des vents calmes car on estime qu'au Gabon la force des vents est
inférieure
à
5
noeuds
(légère brise).
Sur la côte,
il se
manifeste également la brise de mer et la brise de terre.
Ausssi
convient-il
de
souligner
l'importance
du
courant
de
Benguéla
qui
exerce
une
influence
sur
le
littoral.
En
effet,
la
situation
de
Port-Gentil sur une
rIe
est à l'origine des pluies classiquement nocturnes qui
s'abattent
sur
la
ville.
Nous pouvons retenir à propos que
la
nuit,
l'eau
est
plus
chaude
que
la
terre
et
des
cumula-nimbus
peuvent
prendre naissance par convection tout
autour
de
l'rIe.
Les
montées
permanentes
d'air
chaud
au-dessus
de
la
mer
font
grossir
les
cunimbes
qui
se
développent
et
finissent par atteindre la terre,
engendrant
ainsi de fortes pluies.
Quant
au
courant
de
Benguéla,
il
se
manifeste
parallèlement
à
la
côte
et
a
pour effet d'abaisser la
moyenne
thermique
et
de
diminuer
la pluviosité.
Laquelle
pluviosité
a favorisé l'évolution d'une végétation dense qui
occupe
un
large
espace
sauf
au
sud
du
Cap-Lapez où la
relative
sècheresse
fait
disparâftre
cette
forêt
pluviale.
Elle
est
remplacée
par
une
savane boisée avec

- 59 -
espacement progressif des arbres.
Ce
climat
subéquatorial
de
la
façade
atlantique
particulièrement
pluvieux
a
un impact considérable sur les
sols
singulièrement lessivés. Mais il contribue cependant au
développement
de
deux formes de végétations représentatives
de l'île Mandji, à savoir palétuviers et savanes.
II.3.2.Des sols pauvres.
La
permanence
de
fortes
humidités
et
de
hautes
températures
détermine
une
altération
ferralitique
des
matériaux
originels.
L' intensi té
et
le
régime
des
précipi tations
fournissent
une
élimination
de
tous
les
éléments
solubles
apparus
lors
de cette altération et par
suite, une forte désaturation du complexe absorbant.
Beaucoup
de
sols
ferralitiques
sont appauvris par
l'intensité
des précipitations qui déclenchent le processus.
Mais
si
les
effets
des
précipitations sur un sol sont en
grande
partie
tributaires
de
la texture
du
matériau
originel,
cet
appauvrissement
est
insignifiant
sur
des
matériaux
s'argilifiant
fortement,
et
devient
plus
important sur des matériaux de texture plus grossière.
Les
couches
sédimentaires
du
bassin
atlantique
post-salifères
sont
caractérisées
par
les
faciès sableux.
( -
Elles
ont
donné
en surface des sols dont la texture est la
m~me.
Bien
que riches en quartz, ces sols sont grossiers,

- 60 -
pauvres,
sans
cohésion et lessivés,
plus ou moins humifères
dans
les
horizons
supérieurs;
et ceci, dans la plupart des
cas, sous
tapis herbacé.
a) Les sols rencontrés.
Ce
sont
les
sables
c~tiers
résultant
des
récents
dép~ts
alluvionnaires
du Cap-Lopez qui composent
essentiellement
les
sols de Port-Gentil.
Ces sols subissent
deux influences:
La
première
se
manifeste par le courant de Benguéla qui
ramène
sur
le
rivage
les
sables
rejetés
à
la
mer par
l'Ogowe.
Quant
à
la
seconde,
elle
est
exercée
par
la
nappe
phréatique:
les précipitations atmosphériques alimentent une
nappe
d'eau
douce
située
au-dessus
d'une
nappe aquifère
salée.
Généralement
pauvres,
ce
sont
des
sols
qui
n'abritent
comme
végétation que des joncs, des marécages et
de
la mangrove.
Cela nous amène à distinguer deux groupes de
sols :
1- Les
sols
à
mangrove,

ne pousse qu'une formation
arborescente
caractéristique
des
littoraux:
le palétuvier.
C'est
un espace relativement 'vaseux
où le palétuvier,
{ '
espèce
végétale
dominante le long du littoral, présente des
racines sous formes d'échasses.

-
61 -
2- Les sols du cordon littoral qui se subdivisent en trois
genres :
Les
sols
à
hydromorphie
totale
ou
permanente
qui
supportent
une
for~t
basse ou une végétation herbacée de
marécages.
Les podzols de nappe permettant une position convenable de
la
nappe
phréatique. On les rencontre près du cimetière, sis
au boulevard Elf-Gabon.
Les
sols à tendance hydromorphe en profondeur,
domaine de
végétation
herbacée,
basse
et peu dense.
Ces sols ont très
souvent,
sous
une
fine
couche de sables blancs un horizon
supérieur
à
peine
humifié.
La
profondeur
de
la
nappe
phréatique
fait
disparattre leur tendance podzolique.
Ils
se
situent
sur
la
route
du
Cap-Lapez
à 300 m du rivage
atlantique.
b) La nature des sols.
Pour
expliquer
la
nature
de
ces
sols sableux de
Port-Gentil
-sols
homoeranulaires
(1) de 0,5
mm,
propres
et
parfois
coquillers-
deux
séries
se
superposent
la
série
de
Pointe-Clairette
à
la
base
et
la
série
de
Port-Gentil au sommet.
Lithologiquement,
ces
deux séries sont en effet peu
différenciées;
le faciès dominant est argilo-silteux, avec à
( '
proximité
de la flexure l'apparition dans la série de Pointe
Clairette
d'intercalations
dolomitiques
et
de
zones
(1)
Un examen au microscope de grains de sable révèle que la
flèche
de
sable
est
composée
principalement
à
95
% de
fragments
de
quartz
bien
assortis.
Rapport
CDCP,
1978,
Commissariat Général au Plan, Vol.
I.

- 62 -
silicifiées.
Dans
la
région de Port-Gentil,
l'épaisseur du
Sénonien
diminue
et n'atteint plus que 100 m au maximum.
Il
est
vraisemblable
qu'un
haut
fond
s'est
individualisé à
cette
époque,
limitant
la
fosse
de
subsidence
située à
l'est.
Ce
fait
est
confirmé
par
l'existence
d'une
micro-faune
surtout
arénacée
et
également
la
présence
d'intercalations
parfois
importantes
de
sable
homogène à
grains
grossiers
dans
la
série
de
Pointe-Clairette.
Néanmoins,
la
sédimentation
reste
toujours
franchement
marine.
c) L'action de la végétation
La
végétation
intervient
par
son
action
sur
le
pédoclimat, car
une
forêt
secondaire intercepte les 3/4
des
radiations susceptibles d'atteindre le sol,
les horizons
supérieurs restent ainsi humides,
même en saison sèche.
De
même,
elle intervient par des apports continus
de
matières végétales au sol. Mais si
l'on n'observe pas une
accumulation
exagérée de litière ou de matières humiques,
le
coefficient
de
décomposition
de cette matière végétale est
en
effet
très élevé. Cette décomposition s'effectue par une
minéralisation
très
intensive
proportionnelle
à
la
température.
La
tentative
d'établir
une relation sol-végétation
( '
laisse
voir
que
parfois,
les
forêts
sur sable ont des
aspects
de vieilles forêts alors que celles issues de sols

- 63 -
argileux
apparaissent
jeunes.
Car
on
estime
que
ces
dernières
sont
plus
riches
et
permettent
un
accès
relativement
facile,
ce
qui
montre
leur
mise
en valeur
forestière
et
agricole plus forte par le passé. En revanche
les premières,
de par leur nature,
sont très pauvres dans la
mesure
où elles ne permettent pas de maintenir une végétation
homogène
et
partant,
de
développer
une
agriculture
remarquable.
II.3.3. UNE VEGETATION DE FORETS ET DE SAVANES
L'un
des
traits
dominants du Gabon physique est la
forêt.
Elle
couvre
les
3/4
du pays et on peut recenser
plusieurs essences,
quatre cents à peu près (1).
La
topographie
générale
du
bassin laisse voir une
forêt
tropicale
de
type pluvieux et des savanes.
Il n'en
demeure
pas moins que le domaine équatorial dans lequel nous
vivons
explique
la présence d'une forêt dense,
ombrophile et
sempervirente qui
est
maintenue par une forte pluviosité.
Cette
forêt
est
loin
d'être
extrêmement
dense
et continue
comme
en
Amazonie.
Elle
est trouée de clairières, et fait
alors
place
à
la
forêt claire et à la savane.
Cela nous
amène
à
distinguer des types de végétation qui s'opposent
la
forêt
inondée
marécageuse,
largement répandue sur les
( '
berges
du delta de l'Ogowe et les formations herbeuses de la
côte atlantique (Cf.Carte 7).
(1) AMBOUROUE-AVARO (J).op.cit.,p.35

carte 7 -
VEGETATION
DE
L ILE
MANDJI
o
C
E
A
N
A
T
L
A
N
T
Q
u
E
"""
'"1
d u
CAP
L 0 P E Z
~tv~
LEGENDE
o
15km
[2J
!
!
Mangrove
Savane arboree
o
~ Cours d'eau. Marecages
-~----~-----

- 65 -
a) La for~t de mangrove.
Dans
toute la région de l'Ogowe-maritime,
la forêt
inondée
et
marécageuse,
le plus souvent appelée forêt de
mangrove,
ne
se prés en te
que
sous
forme
disséminée.
L'implantation
et
la
fixation de cette végétation ont été
favorisées
par
l'alternance
des
périodes
d'étiage et des
hautes
eaux sous la dépendance directe du régime climatique.
Ici,
c'est
une
forêt
amphibie qui se développe dans les
eaux
saum~tres
et
dans
la
vase
salée
de
la
baie du
Cap-Lapez.
Généralement
localisée
à
l'est
de
l'fIe,
elle
s' étend
du
sud-est
au
nord-est,
tout
en
apparaissant
remarquablement
au
sud
à
la
hauteur
du
port-m81e
d'Elf-Gabon.
Un
peu plus au nord,
c'est-à-dire de la Pointe
Clairette
au
Cap-Lapez,
elle
réapparait
plus
dense.
Par
rapport ,;;,ux autres forêts du Gabon,la composition floristio.ue de
celle-ci
s'individualise. Néanmoins,
on peut distinguer deux
grands groupes :
1
Les
for~ts
inondées
ou
marécageuses sans raphias
Elles
sont
sempervirentes
avec
quelques
grands
arbres
dominant
la
voate;
mais
ne
sont
pas
très
hautes.
Elles
possèdent
un fond floristique original et la
caractéristique
la
plus
abondante
est le Bahia
(Mitragyna
( .
Ciliata).
2
Les forêts é,e;alement inondées ou maréca,e;euses mais

- 66 -
regroupant des raphias.
r-aphis
Plus
ou
moins pur-es,
elles sont mélangées à des ar-br-es et à
des
ar-bustes
(nous
citerons par exemple l'Emien : Alstonia
Congensis).
Toutes
appartiennent à la famille des Palmacées
et
jouent
un
rôle
important
dans le monde rural où les
palmiers-raphias
fournissent
des matériaux pr-écieux pour- la
confection
des
toitures,
des palissades,
des nasses,
etc .••
Tout
cela peut présager d'une vie intense dans cette
région,
plusieurs
espèces
animales
sont représentées:
les
périophtalmes,
les
crabes
violonistes,
les
singes
et de
nombreuses colonies d'oiseaux aquatiques, etc . . .
b) La savane arborée.
Les
formations
herbeuses
appelées
aussi
savanes
arborées
se
présentent
par t§ches et par bandes,
plus ou
moins
continues,
tout
le
long de la bordure océanique.
Au
nord
de Port-Gentil, elles subissent l'influence d'un climat
equatorial
de transition.
Ces formations couvrent de faibles
surfaces
et restent le plus souvent intimement m~lées à la
for~t
qui
est
largement dominante.
Elles sont en général
représentées
par
des
savanes et par des steppes côtières
sur sables blancs.
Ce
sont
des
formations
qui
s'imposent
dans
le
paysage,
quand
bien
m~me de vastes (dépressions inondées,
lieux
de
p~che
artisanale
des
silures et autres petits

- 67 -
poissons,
parviennent
à rompre par endroits la monotonie du
paysage.
La
vie
animale
est
très
réduite
ou
presque
inexistante.
L'homme à travers ses débordements n'a cessé de
traquer
bêtes et mammifères qui n'ont trouvé
mieux que de
se retrancher dans les grandes plaines de Wonga-Wongué
(1).
Plusieurs
arguments
tendent à justifier l'évolution
de
ces savanes,
notamment la présence de l'homme.
Cependant,
i l
semble
que
la
plus
grande
partie
des
savanes
du
Bas-Ogowe
r~SlJltent des
conditions
strictement
physiques.
Certains
n'hésitent
pas
\\
évoquer
l'influence de "l'alizé
austral"
qui
serait responsable de formations de clairières
abusivement
appelées "plaines"
(2).
D'autres
insistent
sur
la
nature
des
sols.
Ils
avancent que les grès pliocènes,
tendres
et
perméables
en
discordance
sur
les formations
cr~tac8es
donnent
des
sols
secs
et pauvres gardés par
l'herbe (3).
Pour
nous
résumer,
c'est
aux
terrains
de
l'fIe
Mandji
qui
constituent
une alternance de dépôts
argileux
de
l'Ogowe
et
sableux
de
l'atlantique -formant
ainsi
deux
faciès de sols différents- que correspondent les
deux
types
de
végétation que nous venons de voir,
à savoir
la
juxtaposition de la forêt de palétuviers et de savanes.
Tout
cela
a énormément influencé l'~tilisation des terrains
à
Port-Gentil
et
l'occupation
humaine
sans
pour
autant
soustraire à l'environnement son caractère remarquable.
(1) Wonga-Wongué : Réserve Nationale.
(2) SAUTTER,
(G) op cit., pp.719,
t.II.
(3)
LEGOUX
(P).-
Essai
sur
la morphologie des cOtes du
Gabon et du Moyen-Congo.-1950,
pp.110-118.

- 68 -
CHAPITRE III. VALORISATION DU SITE LITTORAL
Il
est très singulier par ses grands ensembles.
Sans
ceux-ci
on
ne
saurait
découvrir et apprécier
Port-Genti 1.
C'est
ainsi
qu'ils
apparaissent
comme
le
support
de
la
ville,
lui
conférant
tout
de
même
un
littoral assez attrayant.
111.1.- LES PRINCIPAUX ELEMENTS
Port-Gentil
a
une
large
ouverture sur le littoral
Gabonais.
Sur
les
800
km
de
cete,
l'fIe
Mandji
représente
environ
75 km,
ce
~ui
est
considérable.
Pour cette raison,
sa
l'osi_tion
excentrée r>ermet
de
dominer la partie occidentale du pays.
La
législation
est
très précise a ce propos.
C'est
un
domaine strictement public et cette portion du littoral a
ses
prolongements
dans les provinces voisines de l'Estuaire
au nord et de la Nyanga au sud.
Depuis
toujours,
son
exploitation
ne
paraît pas
raisonnée.
L'occupation
ou
l'octroi
des
terrains demeure
anarchique
et
incohérent.
C'est
peut-~tre
le
moyen de
satisfaire
aux
besoins
pressants d'une quelconque activité
économique.
Le
plus
souvent,
ce sont les intérêts
( .
d'industriels
étrangers avides de facilités qui sont pris en
compte.

-69 -
L'activité
balnéaire
n'est que naissante.
Malgré la
présence
de
la
mer,
il s'avère que les activités nautiques
et
les coutumes du bain en mer sont étrangères aux moeurs des
populations
locales.
Peut-être faut il expliquer une telle
attitude
par l'emplacement des habitations des autochtones à
l'intérieur des terres.
II 1. 1 .1.
-
La ba i e.
Assez
grande,
elle occupe une place de choix sur le
li ttoral.Pour épouser Sé'. fonCle actuelle, e11 a dû être inf1uencte
par
le
Cap-Lopez.
A
travers cette baie apparaissent trois
caractéristiques du littoral:
- La côte a plusieurs saillies de grandeur variable.
Le
littoral
est
renforcé
par
des
zones
de
bandes
d'accroissement par alluvionnement.
Les
rivières
ont
tendance
à
s'écouler
le
long de la
côte.
C'est

que la ville a pu se développer avec comme
base de départ des villages strictement traditionnels.
II1.1.2.
La
rade.
Elle
a
un
peu plus de 30 km d'ouverture pour 7 500
km2
et
occupe
une bonne partie du littoral. Son plan d'eau
( '
est
très
abrité.
C'est
sur
elle que les grumes tirées des
forêts
de
l'intérieur
du
pays sont convoyées en radeaux

- 70 -
avant
d'être
tronçonnées
dans les scieries
de la
ville
ou expédiées à
l'étranE:er.
Sa profonùeur
r:lOyenne
est
d'environ Ta mètres.
La
particularité
de cette rade est qu'elle est très
poissonneuse.
Cette affirmation est confirmée par la variété
des
espèces
que
l'on
rencontre:
le tarpon,
le
thon,
la
sardine, etc ...
III.1.3.Le soleil
Même
si
nous
n'avons
pas
beaucoup
insisté
en
parlant
du
climat,
nous
devons
avoir
présent à l'esprit
qu'il
brille
pendant les douze mois de l'année.
Mais durant
la
saison
des
pluies,
il offre une alternance avec de gros
nuages
lourds
et livides. Lorsqu'il est au zénith,
le sable
est
surchauffé
et il n'est pas possible de se promener sans
chaussures.
Par
son
intensité,
il
présente
de
larges
perspectives
pour
l'installation
d'unités
industrielles
utilisant l'énergie solaire.
D'autre
part,
bien
que
brQlant
-il atteint par
moments
33°C-,il n'empêche pas que lors des week-ends,
les
endroits de baignades
soient bondés d'adeptes.
III.1.4.Les plages.
("
Elles
demeurent
l'une
des beautés de l'fIe et on
les
situe
presque
dans tout le pourtour.
Faites uniquement

- 71 -
de
sables
fins,
pour la plupart)elles ne sont pas aménagées
et
c'est
bien
leur
aspect
naturel
qui
les
rend
plus
humaines.
Néanmoins,
par
endroits
et
cela
dans une moindre
mesure,
les retombées de l'activité industrielle -les huiles
pour
les
hydrocarbures
et
les
effluves embaumées pour le
bois-
tendent à les polluer. De même, leur localisation va
dans
le même sens:
la plage la plus populaire est celle du
Dahu, à proximité de la SO.GA.RA.
III.1.5.Les lacs
La
présence
de
lacs
dans
la
plaine alluviale,en
nombre
considérable, fait du Bas-Ogowe une région pittoresque
(Cf.Carte 8).
Sur la
rive
gauche,
nous
citerons les lacs Ezanga,
Ogemue
et
surtout
Onangé qui
forme
un
véritable
"delta
intérieur
de
bras"
(1). La profondeur de ces lacs est
impressionnante
-Le
lac
Onangué
fait 17 m-.Très vastes,
ils
représentent
des
dépressions
dans
les
marnes
du
crétacé,
aux
berges digitées (surtout à l'ouest), mais dont
les
rives
orientales
sont
peu
à
peu
colmatées
par les
fleuves.
Ils
ont
pu
se
développer principalement vers le
bord
et
sont
approvisionnés
par
de
petits affluents. Ce
( '
sont
les
régulateurs
de
l'Ogowe
et
la montée d'eau peut
atteindre 2 mètres.
(1) AMBOUROUE-AVARO (J).op.cit.,p.36

- 72 -
o
--z---~~

- 73 -
Ils
s'opposent
aux
lacs de la rive droite qui sont
progressivement
comblés
par
les
papyrus. Ce sont les lacs
Azingo, Gome, Ompindalwanso.
Quant
à
leur formation,
on peut avancer l'hypothèse
selon
laquelle
ils
sont les restes d'un grand lac du début
de
l'Holocène
qui
s'est envasé avec les détritus venant du
socle.
Ainsi,
le cours des affluents a apparemment gardé les
sédiments
les
plus
lourds
pendant
que
lui-même
ne se
contentait que de sédiments ~lus légers.
111.1.6. Les lagunes
De
nombreuses
lagunes décrivent une ligne de rivage
dentelée.
On
observe
la
lagune Ndogo,
la lagune Iguela et
celle
du
Fernan-Vaz,
la
plus
importante par ses villages
agricoles
(Cf.Carte 9).
Chaque échancrure est marquée par un
courant
qui
suggère
un
precessus d'envasement graduel. Il
faut
également
noter
qu'il
y
a
souvent
des
extensions
marécageuses vers la terre. Elles
concentrent
des
90pulations
diverses
qui
ont
pour
activité
principale
le
travail
ùe
la
terre.
Tous
ces
ensembles
apparaissent
tout
à
fai t
remarquables
pour
offrir
à Port-Gentil et ses environs une
vocation
touristique.
Avec
ses
capacités
d'accueil -très
limitées
pour
le moment- Port-Genti1 deviendrait l'exutoire
des
populations du Bas-Ogowe et également le lieu privilégié
pour
des
activités
balnéaires.
Néanmoins, pour l'instant,
l'appartenance
au
bassin
sédimentaire fait en sorte qu'une
intense
activité
souterraine
et
sous-marine
se développe
dans la région.

- 74 -
9-
La
Lagune
Fernan - Vaz
o
~Okm
!
~m.rec::ag., . pellIIItuviars
~
L:>.:/:/-;';-J ..wan..

ville

- 75 -
III.2- UNE RESSOURCE SPECIFIQUE
LE SOUS-SOL
PETROLIER
I l
apparaît
que
les
premières
recherches
pétrolières
au Gabon remontent
aux
années trente.
En
effet,
l'envoi
des
missions
de
reconnaissance géologique
(1928,
1929
et
1932)
donne
de
l'espoir
par
la présence
d'indices
superficiels
d'hydrocarbures,
dans
la
partie
centrale
du
bassin
sédimentaire. Ces indices ne sont autres
que
des
sources
d'huile,
des suintements de bitume ou des
dépôts
d'asphaltes.
Et
ce n'est qu'en 1956 qu'on obtient
la
certitude
que le sous-sol gabonais possède de l'or noir,
notamment
à
l'île
Mandji
et
ses
environs,
en d'autres
termes,
dans le bassin sédimentaire (Cf.Carte 10).
III.2.1.Généralités sur le bassin sédimentaire
cotier.
Le
bassin
sédimentaire
côtier gabonais est l'une
des
formations
de
couvertures
qui
couvre
une superficie
d'environ
50
000
km2.
Comme beaucoup de bassins analogues,
il
correspond
à
d'étroites
franges
qui
s'élargissent par
endroits.
Le
substratum ancien qui limite le bassin à l'est
réapparait
entre
Lambaréné
et
Chinchoua en constituant un
horst
étroit orienté nord-ouest;
il sépare le bassin en deux
parties
d'importance
inégale
et de constitution géologique
(0
differente :
- Le bassin atlantique ou occidental
(40 000 km2).
Long de

- 76 -
"-,r--- - ---./ ...... ----'''
DH'oci.nc
1·"'''''']
;.;')..r~;!"
EIJ C .
e,,~
BA>J<Ocf.ne
_S~n.",·cn
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C..'nflmaf)IVI
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8
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Ë=-::-~ Cocob••ch m(Jyrn
~ C(Jcoh~fJch infi-I";e.ur
1: :,;,:1 P"'·Coc.o/,..ch
OCEAN
(\\ \\
\\
1
/
ATLANTlûUE
'...."
.
.
carfe n-I3ASsi N
SEDIMENTAIRE
COTiER
Schéma géologique.
sourc.e·
MEMCIRES
du
B.R.G.M

- 77 -
500
km
sur
15 à 200 km de large, c'est là que s'est déposée
une
série
dominante
marine de l'aptien supérieur au sommet
du tertiaire.
Le
bassin
intérieur
ou oriental
(10 000 km2)
qui est
nettement
moins
long
que le premier, car il ne fait que 200
km,

affleurent
les
séries
anciennes
d'origine
continentale.
Nous
nous
intéresserons
plutôt
au
premier.
non
)
seulement
parce qu'il
renferme
beaucoup
d'essences
(forestières
et
minières),
mais
surtout
par
le fait que
c'est là où nous localisons la ville de Port-Gentil.
111.2.2 - Historique
Son
histoire
est
étroitement liée à celle
des
continents
africQin et ç~éricain (du Sud) qui faisaient
partie d'un même ensemble au Trias.
Tout
a
commencé
par
la
création
d'un
fossé
d'effondrement
du
type
rift
africain s'élargissant par la
suite, et
qui
fut
occupé
par
la mer à la fin de l'Aptien
basal
(Secondaire)
ou
Aptien
Inférieur.
On avance
que la
séparation
définitive
des
deux
continents
s'est produite
entre
l'Aptien Supérieur et le Cénomanien.
Et c'est au cours
de
cette
dernière
phase
qu'on
a enregistré une surcharge
( '
sédimentaire
qui
va déclencher des mouvements verticaux dont
témoigne la "tectonique salifère (Cf.Carte 1 1 ).

- 78 -
'~e 11- STRUCTURES GEOLOGIQUES PETROLIFERES LIEES A LA TECTONIQUE
.
SAUFERE
,,
(i
\\
t} "
1
\\
\\
\\
\\
\\
tA
source
ELF
o
15km
..JI
1 . '
LEGENDE
~ Dôme perçant de sel
i.=J7l
....
L:~'J Dôme probable de sel ;
[~ Autres structures
CS] Limite Ouest de la tectonique salifère

- 79 -
111.2.3 - La tectonique.
Ce
sont
les
phénomènes
tectoniques
qui
déterminent
la
formation
des principaux pièges. Deux types
de mouvements sont à retenir:
Les
mouvements
verticaux
du
socle.
Dans
le
bassin
occidental,
ils
se
manifestent par la formation de grabens
et
de
zones
hautes
du
socle
(horst
de
Gamba
et
zone
d'Anguille).
Tandis
que
dans
les
séries antésalifères du
bassin
oriental
ils
sont
responsables
de la présence de
failles,
de
vastes
plis de surface, de dames d'argile et
de montées de dômes de sel.
La
tectonique
salifère. Les mouvements évoqués plus haut
sont
plus
ou
moins responsables de la tectonique salifère.
On distingue à ce propos deux genres de tectonique salifère. La
première
dite
extrusive
se
caractérise
à
la fois par un
stade
d'intumescence
avec
affaissement
primaire, et par un
autre
stade de percement avec affaissement secondaire et des
formations
de
structures
intermédiaires.
Quant
à
la
tectonique
salifère
dissymétrique,
elle
s'explique par le
fait
que
le
sel a été progressivement extrudé à travers la
série
sédimentaire
le long d'une cicatrice avec rabattement
de
la couverture plus ou moins symétrique de part et d'autre
de
cette
cicatrice.
En
d'autres
termes,
l'intensité des
( '
montées
salifères
varie
avec
l'épaisseur et la nature des
formations sous-jacentes. Cette variation provoque une montée

- 80 -
de
sel
qui
déforme
des
couches
supérieures
et
donne à
l'ouest
du
bassin
des
diapirs
plus
nombreux

la
couverture
est
épaisse et argileuse;
par contre à l'est,
il
ne
s'agit
que de simples bombements ou
in tumescences . Mais
pour
mieux
comprendre
la situation des
gîtes pétroliers,
une
présentation
sommaire
de
le
stratigraphie
du bassin
sédimentaire s'avère utile (Cf.Tableau 1).
111.2.4 - La stratigraphie.
Les
formations
évaporites
de l'Aptien séparent les
dépôts
continentaux
ou
lacustres
des
dépôts
marins
supérieurs
et IJer:'":lettent de ce fai t
de distinguer un système
pétrolifère
antésalifère
d'un
système
pétrolifère
postsalifère
(1).
,
Les séries ante-salifères se caractérisent par
l'extension
généralisée
des dépôts lacustres et continentaux qui s'est
produite
au
crétacé
inférieur.
On
parle d'une alternance
d'argiles
souvent
riches
en débris organiques avec parfois
de
petites
passées de carbonates,
grès ou sables fins.
Trois
niveaux gréseux apparaissent:
1
Les
grès
de
base,
généralement
grossiers
et
conglomératiques,
en contact avec le socle.
2 -
Les grès de Lucina,
d'extension aléatoire.
3 - Les grès de Ntoum qui comblent ce domaine lacustre.
Bien
que quelques lacunes appéraissent sur les hauts
fonds
ou
sur les bordures stratigraphiquement,
la série est
(1)
DAVERAT
(G).- Structures
Géologiques
pétrolifères.- iD..
Géographie
et
Cartographie
du
Gabon.
Atlas illustré, Edicef
1983, pp.64.

- 81
TABLEAU
l
: ECHELLE STRATIGRAPliIQUE DU 3ASSIN SEDIMENTAIRE GABONAIS
PERIODES
ETAGES
SERIES
GISF,J·ll':NTS
PROFONDEURS
1
,
Tchengué
MIOCENE
Mbé~
Mandorové
Tchengué
:
if gola
EOCI;NE
Animba.
T E il T l ,l. l il E
1
Ozouri
Tchengué
1
1
Clairette
Cap--Lonez
PALEOCENE
Ikando
L
-
CiŒTACE
Ewongué
1 Batanl;a
1
Grondin
1
Sl':NONIEN
Clairette
Clairette
+ IOOOm
1
CatrLouez
1
1
1
Anguille
Tchengué O.
POG. Océan
AniÇUille
'ror:Jille
TURONIElI
Azilé
Cr:;IO' 'AJ1l:5::1
GatrLonez
1
ALBIElf
]·ladiélo.
S ,; G 0 11 il " l :l !
1
:';zangê-
APrIEII
l:zerr,e ;"SSQ
Gamba IVin~al 950!IOGOm
1
Ntoum
BARREMIEN
Remboué
Lucina
Kango
NEOCOMIEN
1
Ndombo
JURASSIQUE
Mvone
- - - - - ___J
Source: Géograuhie et Cartograohie du Gabon.Atlas illustrê.-Paris,Edicef,I982,op.64

- 82 -
continue.
L'Anté-salifère constitue des dépôts détritiques
grossiers
et
fins,
représentés
par
des
sables d'origine
fluviatile
qui
sont
en
discordance
majeure
sur
les
formations
antérieures
et qui
vont du Précambrien supérieur
à la série Aptienne du Nzeme Asso.
Les
séries
salifères.
Par
opposition
aux précédentes,
celles-ci
sont
nées
lors
d'une
sédimentation marine;
le
retrait
de
la
mer
a
permis la mise en place des dépôts
sableux
et
argileux
successivement
marins,
littoraux
et
continentaux.
En
effet,
la
mer
franche envahira le grand bassin
salifère
ouest-africain à la fin de l'Aptien.
On prétend que
l'invasion
a dC être rapide.
Cependant, dès les premiers
dépôts
marins
on
constate
une
évolution très nette des
faciès
de
l'Est
vers
l'Ouest,
attestant
ainsi un passage
progressif
d'un
domaine
continental à un domaine pélagique
en transitant par un
domaine littoral.
111.2.5 -
Les gîtes pétroliers.
Les
séries
que
nous
venons
de
voir,
à
savoir
anté-salifères
et
post-salifères, abritent des roches-mères
de
nature
détritique,
fines
et
riches
en
matières
organiques.
Les
indices
de
bitume
ou d'huile fréquemment
rencontrés
se
trouvent
sous
forme d'imprégnation. On peut
{ '
également
noter la présence de réservoirs ou roches poreuses
et
perméables
susceptibles
de
renfermer des hydrocarbures

- 83 -
ayant
migpé des poches-mèpes veps les points hauts. Dans les
ppemièpes
sépies,
ils
sont
constitués pap des gpès et des
sables
souvent pecouvepts d'apgile et de sel
(1);
tandis que
dans
les secondes,
ils sont plus vapiés, avec des fopmations
gpéseuses
et
capbonatées
(2). Mais il s'avèpe que,
le plus
souvent,
les
excellentes
qualités
pétpophysiques que l'on
pencontpe
sup
une
bonne
épaisseup
et
sous
une
bonne
couveptupe
se
détépiopent papidement avec la ppofondeup,
la
poposité
et la pepméabilité qui deviennent tpès pauvpes (3).
De
même, on ppécisepa que les couveptupes appapaissent ici
comme
des
poches
imperméables
du genpe apgile ou sel, qui
supmontent
les
péservoips
et
empêchent
les
migpations
ultépieupes d'hydpocapbures.
Les
pièges
pencontpés
ici
et

sont
de divers
types.
Dans
l'anté-salifèpe,
ils
sont liés aux mouvements
vepticaux;
dans
le
post-salifèpe,
ils
sont
essentiellement
liés
à
la
montée de sel et demeupent tpès
nombreux
et
tpès
vapiés.
Les
deux
exemples
des
coupes
géologiques
des
gisements de pétpole de Pointe Claipette et
d'Anguille
nous montpent bien que le ppemier cité peppésente
un
anticlynal
dans
l'Eocène
et
une
discopdance
dans le
sénomien
(Fig.3.A);
quant au second, c'est une stpuctupe en
"capapace de toptue"
entre deux dômes de sel
(Fig.3.S).
(0
(1) Ce sont les gpès de Ndombo, de Lucina et de Gamba.
(2)
Outpe
les
gpès
d'Anguille,
on
évoque pa
ceux
de
Pointe-Claipette et d'Ewongué.
O)cf. BARRET
(J.).- La mise en valeup des pessources minépales
du
sous-sol
Gabonais.-Thèse
de
Géogpaphie,
Septembre
1979,Univepsité Paul Valépy, Montpelliep.

- 84 -
GEOL OGIQUES de GISEMENTS
de PETROL E
3- COJPES
(dbprès
G.DAVERAT,
COM n0117)
om ~~
•• ~
....... ~
.. ~
•. ,.~.~ ~ ~
5000
-----
-----
.I;-~-...
+
...
....
1"
- . . . - - : ; : - ~...
+'
1"'
.....
l'
A-
POINTE - CLAIRETTE
sables
silexcices
huiles
sel
socle
~~---------------------
3000
4°00
lB -
ANGUILLE

- 85 -
Plusieurs
autres
types
de
pièges sont perçus,
donnant des
gisements
de
Cap-rock
(Alewana),
des
gisements au top de
dOme
de
sel
perçant
(Mbéga)
ou non perçant (Cap-Lopez
,
Port-Gentil
et
Pointe Clairette), des gisements de flanc de
deme
(Batanga),
des
gisements sur structures résiduelles
(gisement
off-shore
de Anguille
Marine ... ) et des gisements
liés
à
un
compartiment
haut
de socle,
du genre 1vinga et
Gamba.
111.2.6 - Les méthodes géophysiques de la recherche
pétrolière.
Nous
n'avons
pas
l'intention
de
nous
étendre
sur
des
aspects
techniques
assez
complexes.
On
se bornera plutôt à montrer les principales
méthodes
utilisées.
Elles
sont
au
nombre
de
trois,
la
recherche magnétique, gravimétrique et sismique.
La
première a pour rOle d'apprécier l'épaisseur de
la
couverture
sédimentaire.
Le
principe
est
de munir un
avion
d'un
magnétomètre et le faire déplacer en suivant des
zones
parallèles.
L'appareil
incorporé
a
pour
but
d'enregistrer
les
différences
de
champ
magnétique
et
détecter
les
anomalies
susceptibles
de
correspondre à la
présence de nappes pétrolifères.
La
seconde,
c'est-à-dire la recherche gravimétrique,
met
en
évidence
les
anomalies
grâvimétriques liées à des
différences
de densités entre
les terrains et en particulier

- 86 -
celles
liées
aux
dômes
de
sel.
Enfin,
la
recherche
sismique,
utilisée
à
la
fois
en
mer et sur terre,
permet
d'établir
des
coupes
de
terrain
et
même
des
blocs-diagrammes,
par
le
biais
de
l'informatique,
en
enregistrant
la
durée des remontées des ondes provoquées par
l'explosion
et
qui
rebondissent
sur
chaque
couche
de
terrain.
Ces
trois
types
de recherches mis en oeuvre depuis
des
décennies ne sont pas toujours entrepris avec succès.
De
1974
à
1982,
le pourcentage de réussite est de 35 % car un
forage
positif
ne
correspond
pas
nécessairement
à
un
gisement
exploitable:
encore
faut-il
qu'il soit rentable;
c'est là toute la complexité de l'exploration pétrolière.
De
cette
présentation
du
bassin sédimentaire et à
travers
l'examen, bien que rapide,des structures géologiques
pétrolifères
de
la
région de Port-Gentil, nous retiendrons
l'importance
des
dômes
de sel dans la structure profonde
du
bassin gabonais.
Par conséquent,
la nature des structures
pétrolifères
du Gabon est responsable des graves aléas de la
recherche,
dQs
aux
caprices
de
l'halocinèse.
C'est un
pétrole
assez
"difficile"
et
les
réserves
récupérables
connues
représenteraient
moins
de dix ans de production au
( -
rythme
actuel
de
l'exploitatlon
(1 ) •
En
somme,
l'appartenance
de
Port-Gentil
au
bassin
sédimentaire
(1)
Cf.Ministère
des
Mines,
de l'Energie et des Ressources
Hydrauliques.Direction des Mines,
Rapport 1914.

- 87 -
côtier
laisse
voir
en
cette
ville
un
potentiel
de
richesses
naturelles
qui
ont
plus
ou
moins contribué
à
l'émergence
d'une
commune
urbaine.
Car, . nous
estimons
que
ces
matières
premières
ont
permis
l'implantation
d'industries pouvant attirer des populations de partout.
"
,.
"
La
première
sous-partie
que nous venons d'élaborer
nous
a
permis de présenter d'une manière générale le milieu
naturel

Port-Gentil
a émergé.
Certes,
c'est peut-~tre
très
succint.
Mais
cela
nous
a
conduit tout de même à
comprendre les grandes articulations.
En
fai t,
le
mil ieu
apparatt
comme
le
" sou s-bassement"de
tout
aménagement.
Et à travers le cadre
naturel
qui
entoure
la ville de Port-Gentil se dégage tout
un espace dont on n'a pas pu jUS<;'U'èl. présent tirer ~)rofit.
Depuis
toujours,
on
a
laissé
entendre
que
les
aspects
physiques
étaient
peu
favorables parce que ne
facilitant
pas la circulation. De m~me,
on a ajouté que la
présence
de
l'~tre
humain
n'était pas encourageante,
la
for~t
équatoriale
étant
impénétrable et hostile car elle
renferme
des
éléments pathogènes; que par conséquent, elle est
propice
à
la
propagation
de
maladies
et
responsable
( .
d'épidémies.
Tout
cela
est
quelque peu vérifiable et en matière

-
B8 -
d'aménagement
on
ne
peut
pas
le
sous-estimer,
le milieu
naturel
a
un
poids
considérable.
Cependant,
l'on ne peut
s'en
tenir
uniquement
à cette donnée. Nous nous trouvons
naturellement
dans
un
milieu
agressif
mais
renferme
d'énormes
potentialités.
Ainsi,
si
le
milieu
apparaît
ici comme une contrainte majeure,
il n'en décèle
pas
moins
des
atouts
économiques,
rien
QttC
par
son
appartenance au bassin sédimentaire c~tier africain. A
côté
des
ressources forestières et des hydrocarbures tant
prouvées
divers
indices
de
substances
minérales,plomb et
zinc
notammen t ,
Y
ont
été
signalés
Egalement,
nous
n'omettrons
['[1.8
(l'évor;.uer ~es fOI'"'-1es naturelles inexploitées et
méconnues o_ue l'on observe
un
-"eu
IJartout.
Dès
lors,
on
peut
avancer
que
ce
sont
ces
multiples
atouts
qui
ont
fait
de
Port-Gent i l
une
ville
et
cela,
au-delà
des
contraintes physiques et
humaines.
De
toute
évidence,
pour
donner
naissance à la
ville,
il
Y
a
forcément
eu
un
effort
d'adaptation
de
l'espèce
humaine;
surtout
que
les
moyens
techniques
modernes,
de
plus
en
plus
performants,
permettent
de
s'affranchir
de certaines contraintes,
du moins en ~artie.
C'est pourquoi,
i l nous est
indispensable de porter notre
attention sur
l'occupation
humaine
-presque insignifiante
( -
mais
ancienne
l'exploitation
tous
azimuts
des
richesses
et
l'activité portuaire qui en découle,
en tant
que facteurs de croissance.

- 89 -
SOUS-PARTIE II -
LES
FACTEURS
D'EVOLUTION

- 90 -
Dans
la
transformation
d'une
ville,
plusieurs
facteurs
sont
le plus souvent évoqués. Pour ce qui concerne
Port-Gentil,
trois
facteurs ont été ~éterminants, parce que
plus ou moins
liés
à
la
nature
même
de
la
ville,
une
commune
littorale.
Mais
au-delà
du
rôle qu'ils
ont
ou
qu'ils
continuent
de
jouer,
individuellement
ou
ensemble,
ils
ont
par
la
même
occasion
fixé
les
limites d'un développement trop ambivalent ...
CHAPITRE l - PORT-GENTIL:UNE VILLE DANS UN PAYS SOUS-PEUPLE.
D'emblée,
nous
ferons
remarquer que la sous-région
d'Afrique

nous
nous
trouvons
-La
cuvette congolaise-
apparaît
comme
l'mystérieuse"
lorsqu'on élabore une étude
relative
au
peuplement.
Déjà, au niveau du Gabon,
ce thème
est
présentement
"tabou",
et
les
rares
publications
sur la question s'avèrent contradictoires et controversées.
Néamnoins,
une
constatation
générale
s'impose: la
région
est
marquée
par
une
sous-population
notoire
et même inquiétante.,
C'est
dans
ce
même
ordre
de pensées que Gilles
SAUTTER
faisait
remarquer
en
1966 qu'"aucun autre pays de
l'Afrique
chaude
et
pluvieuse
n'est aussi mal peuplé" (1).
Jacques
BINET
quant
à
lui
observait
en
1970
que
"la
( .
situation
démographique
est
le
problème
essentiel
du
(1) SAUTTER (G) op cit, pp. 60-65.

- 91 -
Gabon" (1 ~
Pour
abonder
dans
le m~me sens, Claude BOUET
t'enchérissai t
hui t
ans
après en ajoutant que le "Gabon est
un
pays
d'Afrique
dt'ama tiquement
sous-peuplé,
sous-développé,
sous-ravitaillé"(2).
Une
année
plus tat'd,
Roland
POURTIER
n'étant
pas
en
t'este,
affirmait
que
"l'espace
est
très
peu
peuplé
et il y a la difficulté de
fixer
avec
précision
le
nombre d'habitants"(3). Nous nous
limiterons
à
ces quelques citations assez significatives et
qui
s'échelonnent
sur trois étapes fondamentales, à savoir:
les
années soixante, soixante-dix et quatre-vingts. Mais ces
remarques
sont-elles le reflet d'une stagnation chronique ou
éventuellement d'un recul apparent?
Le
peuplement
de
la
ville
de
Port-Gentil et ses
environs
remonte
au
siècle
dernier, du moins son histoire
immédiate.
Comme
nous
l'avons
vu
précédemment,
l'tle
Mandji
n'était
qu'un
domaine
de
pêche
privilégié
de
certaines
populations,
les
ORUNGU (4). Comme dans beaucoup
d'autres
territoires
insulaires, elle a
été
l'objet d'une
occupation,
plus
ou
moins
récente. Cependant, non loin de
là,
pour
ne pas dire dans son environnement proche, une
intense activité humaine se déployait. Ainsi, bien qu'elle
ne soit pas toujours aisée, une étude du peuplement de l'île,
même non exhaustive, nous permettra
de mieux percevoir le ville.
r-
(1) BINET (J).,op ci t, pp. 11.
(2) BOUET (C).-Problèmes actuels de la main d'oeuvre au Gabon:
Condition d'une immigration contrôlée.-
C.O.M., 1978,' N.o124,
pp. 375. Bordeaux.
(3)
POURTIER (R).-Ville et espace en Afrique Noire:
l'exemple du Gabon.-
. Espace Géographique, N°2, pp. 120, 1979.
(4) Ce sont les populations considérées comme les premières à habiter
l'!l e Mandji..

- 92 -
1.1.
LE PEUPLEMENT: UNE ETUDE TRES COMPLEXE
On
peut
rappeler
que le territoire du Gabon couvre
une
superficie
totale
de
267
OOOkm2
dont
85 % sont
occupés
par
la
forêt,
tandis
que
savanes
et
espaces
aquatiques se
partagent
inégalement le reste.
Et comme dans
beaucoup
de
pays,
l'occupation humaine s'est faite le long
des
voies de communication dont l'Ogowe,
principal fleuve du
Gabon,
se
jette dans l'Atlantique par un vaste estuaire qui
s'ouvre
sur
la
baie
du
Cap-Lopez,
site
de
la ville de
Port-Gentil.
Aussi
est-il
indispensable
de rattacher l'histoire
du
peuplement
de la ville de Port-Gentil à celle des tribus
avoisinantes
et
rurales. Hous sommes portés à croire que c'est
bien

le
point
de
départ.
Cependant,
un
espace
ne
peut
être
perçu
ou dominé sans dénombrer ses composantes
principales.
Et
toute
la
difficulté
vient du fait que la
fixation
du
peuplement
s'est
faite au fil
des années, au
terme
de
plusieurs migrations historiques.
C'est le reflet
de
la
pluralité
ethnique
qu'on rencontre.
Pour
avoir un
ordre de grandeur, ,T. BOUQUEREL notait en 1967 à Port-gentil
la présence de trente-cinq groupes ethniques avec de nombreux
sous-groupes (1).
En
fait,
à
travers
ces
particularismes,
on peut
prétendre
que
la
situation n'est p~~
brillante. Rien
ne
milite
en
faveur d'éléments pouvant favoriser une étude
(1) J.BOUQUEREL.-Port-Gentil,
centre économique du Gabon.-
C.O.M., ND79,
1967,
pp.
265.

très
détaillée
et
fournie
du peuplement. Pour ce qui nous
concerne,
le
peuplement
en
tant
que tel peut représenter
l'action
d'occuper un territoire. A propos de Port-Gentil et
par
extension
son
arrière-pays,
il
est
intéressant
de
s'orienter
vers
les
rapports
de
localisation
entre
la
population
proprement
dite
et
l'espace
concerné, tout en
insistant
sur
la forme de distribution à l'intérieur même
de
cet
espace.
Egalement,
il convient de faire intervenir
une
notion
de
mesure
d'appréciation
quantitative
qui
s'exprime
en terme de sous-peuplement. Cela ne veut pas dire
que
nous
omettons
expressement
certaines
précisions
qualitatives
telles
que
la
désignation
du
fond ethnique
national
ou
international
des
occupants.
De
même, une
allusion
à
la plus grande ancienneté des implantations nous
semble
tout indiquée, pour avoir une idée de la stabilité du
peuplement.
I.2.LES ELEMENTS DE DOCUMENTATION ET LES
DIVERSES SOURCES DISPONIBLES.
Face
à
un
espace assez confus parce que ayant des
tentacules
presque
dans
toute
la
région
du
Bas-Ogowe,
entendons
par

tout le Centre-Ouest du Gabon, nous avons
opté pour une démarche tout à fait classique.
Partant
d'une
constatation
simple
et
banale
-le
( -
découpage
administratif et politique qui prend comme cellule

- 94 -
de
base
le village pour aboutir à la province,
en passant
par
le
canton
et
le département- nous nous sommes aperçu
qu'une
plateforme
existe et que nous devons en tenir compte
en
tant
que
forme
d'organisation,
en
dépit
de
la
disproportion
que
l'on
peut
relever ici et là. La plupart
des
chercheurs
s'y
sont
a~puyés
ou
accommodés
soit
pour
remplir
des monographies,
soit pour étudier un
ensemble régional.
1.2.1.
Les études antérieures
Elles
concernent
généralement
un
domaine
d'étude
très
vaste.
A
notre
connaissance et jusqu'à ce jour,
deux
études
ont
été
menées
à
leur
terme.
Pour
respecter la
chronologie
la première se situe autour des années soixante,
plus
précisément
en
1966.
Elle
est l'oeuvre d'un éminent
géographe,
Gilles
SAUTTER,
et
a
fait
l'objet
d'une
soutenance de thèse de doctorat ès lettres (1).
Bien
que
l'on
puisse
regretter
le fait qu'un tel
document,
si précieux,
n'ait pu ~tre actualisé, il n'en
demeure
pas
moins
que
c'est
un
travail qui renferme les
éléments
de
base pour appréhender les aspects du peuplement
de
la
sous-région
de
l'Afrique
Centrale.
Nous
nous
y
appuyerons
pour
mieux
cerner
un
passé
( ,
relativement récent.
(1) SAUTTER (G ).- De l'Atlantique au Fleuve Congo, une géographie
du sous-peuplement .-
Thèse
Doctorat ès lettres, Géographie, Manton et Cie, Paris, 1966,
2T.

- 95 -
En
outre,
toujours
dans
le
même
cadre
universitaire
et
après
une décennie,
c'est-à-dire en 1976,
FRANCOIS
M.
orientait
ses
travaux
sur
la population du
Gabon
(1).
Non
seulement
cette
étude
a
comblé un vide,
-c'est
la
première du genre- elle a surtout réactualisé sous
une
autre
forme
le
travail
de
son
prédecesseur.
Aussi
faut-il
insister
sur le fait que l'auteur a eu le mérite de
participer
au
dépouillement
du
recensement de 1970.
C'est un
atout
considérable
qu'il n'a cessé de mettre en valeur pour
mieux
rechercher
les
solutions
quant
à
la
fiabilité de
certaines enquêtes.
Parallèlement
à
ces
travaux
élaborés
par
des
géographes,
nous
nous
sommes
penché
sur certains écrits
d'ethnologues,
notamment François GAULME qui a eu à remonter
jusqu'au
16e
siècle
pour
étudier
l'organisation
et
l'évolution
des
sociétés
c8tières appartenant à l'ancien
pays
de
Cama
(2), qu'il limite du Cap-Lopez au nord jusqu'à
la
Pointe
Sainte
Catherine
au
sud.
Représentée
dans le
contexte
politique
et
administratif
actuel,
cette
délimitation
correspond
sensiblement aux 3/4 de la Province
de
l'Ogowe-Maritime
qui
a
pour
chef-lieu
la
ville
de
Port-Gentil.
Tout
en suivant l'évolution du groupe ethnique
NKOMI,
François
GAULME
s'est
intéressé
à
une
ethnie
dominante
de
la région
qui a ses (~mpreintes sur la ville
de Port-Genti 1.
(1) FRANCOIS (M).-La population du Gabon".-Thèse Doctorat Lettres,
Géographie, Paris, 1976.
(2) GAULME (F).-Le pays de Cama - Un ancien état c13tier du Gabon
et ses origines.- Edition Karthala. C.R.A., Paris, 1981.

- 96 -
1.2.2. Les recensements.
Nous
avons poursuivi nos investigations sur d'autres
données,
à
savoir
les recensements de population.
Ils sont
au
nombre
de trois et remontent aux années soixante avec un
intervalle
apparent
de dix années consécutives.
Ainsi,
nous
nous
référons
au
recensement de 1960-1961, à celui de 1970
et enfin 1980.
Toutefois,
nous
tenons
à
préciser
que
ces trois
recensements
ne
se
sont pas déroulés de la même manière,
ce
qui
fait
que
leurs
résultats
et conclusions laissent
toujours
apparaftre
des
zones
d'ombres. Pour être plus
précis,
en
dehors
du
recensement
de
1960-1961
dont les
résultats
sont
fondés,
les deux autres ont été exploités à
des
fins
politiques,
ce qui
remet en cause leur fiabilité.
Car,
de toute évidence,
leurs résultats ne correspondent pas
à
une logique centrée sur une croissance annuelle modérée et
presque
insignifiante
de
la
région où nous nous trouvons.
Toujours
est-il
que nous les avons utilisés comme documents
de base sans pour autant nous y attacher.
A
cOté
de
ces
trois
recensements
nationaux et
décennaux,
on
peut
également consulter des résultats issus
de
dénombrements
partiels
de la ville de Port-Gentil et de
ses
environs. Ils sont le plus souve~t élaborés soit par des
ministères
(1),
soit par la municipalité.
Il faut ajouter
(1)
Entre
autres
Le
Ministère
du
Plan
et
le
Ministère
de
l'Information.

- 97 -
à
cela certains dénombrements comparatifs
(1) et évaluations
de tous ordres (2).
1.2.3. Les autres publications.
Diverses
publications,
nationales
ou
étrangères
avancent
des
chiffres
concernant
la
population du Gabon.
C'est
pour
un souci
de pluralité d'informations que nous en
tenons
compte.
Quand
bien
m~me
nous éprouvons des
difficultés
considérables
quant
à
la
vérification
des
calculs
préalablement
établis
-généralement
ce
sont
des
estimations
évasives-,
ils représentent néanmoins des ordres
de grandeur et des éléments de comparaison.
Un
fait
devenu assez courant est celui qui consiste
à
établir
un
lien avec les consultations électorales.
L'on
estime
que
la
plupart des pays ayant un régime monopartite
et
centralisé
ont
une
forte
participation
lors
des
consultations
électorales
nationales.
A
partir
du
pourcentage
obtenu
-il
approche le plus souvent les 100 %-
les
organismes
nationaux
concernés
spéculent
sur
le
chiffre
qui
leur paraît représentatif de la population du
pays.
Nous
pouvons
avancer
qu'à
partir
de
ce
moment,
plusieurs
publications nationales,
notamment ministérielles,
s'appuient
sur les consultations électorales qu'il n'est pas
( -
permis
de
vérifier,
compte
tenu
du
caractère
secret du
scrutin.
(1) Recensement des populations rurales sous la direction de
l'Assemblée départementale. Voir annexes.
(2) Résultats issus des consultations électorales •••

- 98 -
I.2.4. L'état-civil.
Au
vu
de
tout
ce
que nous venons d'énonce~, l'on
peut
se ~ep~ésente~ un nomb~e assez impo~tant d'informations
précises
et
détaillées
sur
la
population de Port-Gentil .
Pou~tant,
il
n'en
est
rien
• C'est pou~ essayer de
compléte~
ces
~udiments
(que
nous avons pu collecter) que
nous
nous
sommes lancé
vers une ent~ep~ise t~ès pé~illeuse:
consulte~
les
fiches
d'état
civil
établies depuis les
années cinquante jusqu'en 1982.
Travail
de
longue
haleine
ce~tes, mais qui nous a
pe~mis
certaines
constatations que nous mettrons en lumière
dans
les
pages qui suivent. Les renseignements fou~nis nous
obligent
à
p~end~e
comme
base
sare
d'étude
de
la
A
population
le crOIt natu~el
du~ant la période sus-indiquée.
En
partant
de
cette
donnée
réelle,
nous
avons fait des
p~ojections
qui,
sensiblement,
doivent nous rapp~ocher des
effectifs v~aisemblables.
Cependant,
cette
p~atique ent~aine des réserves. En
effet,
les
fiches
d'état
civil
ne
concernent
que
les
naissances
décla~ées. Evidemment, elles ~ep~ésentent un fort
pou~centage.
Mais
cela
ne
suffit
pas
pou~
passer
sous
silence
des données apparemment considérables des naissances
( '
non
décla~ées.
En tout état de cause, et avec le facteu~ de
la
scolarisation,
la situation s'est largement améliorée de

- 99 -
nos jours.
1.2.5. La tradition orale.
L'Afrique
est
fai te
de
contes.
Depuis
des
millénaires,
l'écriture
lui
était
étrangère et la plupart
des
informations
sur
le
continent relevaient de la source
orale.
Et
l'on
peut
convenir
que c'est le seul moyen qui
nous permet de remonter très loin dans le passé.
Malgré
les quelques écrits que l'on rencontre par-ci
par-là,
la
tradition
orale est toujours présente,
rien que
par
certains
aspects
de
la toponymie.
Ainsi,
à partir des
différents
récits,
parfois
contradictoires,
nous avons pu
faire des recoupements pour essayer de combler nos lacunes.
Nous
l'avons
fait avec beaucoup de prudence pour ne
pas
tomber
dans
une
sorte
de
raisonnement
cyclique
ou
stéréotypé.
Car
on
a
souvent
tendance
à
di re
que
l'histoire
se
répète
les
tenants
de
la
tradition
appartiennent
pour
la
plupart
au
troisème
âge,
ce qui
revient
à dire qu'on ne doit pas exclure l'éventualité d'une
faiblesse
de
mémoire
qui peut fausser
considérablement les
données du problème.
Ainsi,
tous
ces
éléments
-si
rudimentaires
( -
soient-ils
-que
nous
venons d'avancer conduisent à dégager
toutes
les
particularités du peuplement de Port-Gentil dont

-
100 -
la
caractéristique
fondamentale est sa diversité. Grâce à
tous
ces
éléments,
il
nous
a
été possible de distinguer
trois
phases
principales
de peuplement:
une première phase
de
régression,
une
deuxième phase d'expansion et enfin une
troisième
phase de consolidation.
Cette distinction est très
nette
et va du principe que les trois phases se succèdent et
il
serait
souhaitable pour nous d'analyser les correlations
qui existent entre elles.
( '

-
101 -
1.3. LES DIFFERENTES PHASES DE PEUPLEMENT.
,
.
1.3.1. La phase de regresslon.
Elle
correspond
à ce que nous pouvons appeler l'ère
des
marchands.
Commençant depuis les temps les plus reculés
de
l'histoire,
elle
s'est poursuivie jusqu'au début du 20e
siècle,
c'est-à-dire
aux environs des années 1900. C'est en
quelque
sorte
l'ère
précoloniale, dominée par les échanges
triangulaires:
Europe
occidentale,
Afrique
et
Amérique.
C'est
l'un
des faits les plus marquants de l'histoire de la
région
et
surtout du Cap-Lopez qui se confond avec la ville
proprement dite.
1.3.1.1. Les premiers peuples.
Beaucoup
de
points
restent
obscurs
quant
à
la
précision
sur
les
premières
tribus qui se sont installées
sur
l'!le
Mandji,
aux
environs
du
Cap-Lopez.
Depuis
toujours,
l'histoire
soutient que
les
premiers groupes de
populations
qui
ont
peuplé
l'Afrique Equatoriale étaient les
Pygmées, appelés localement
AKOWA.
La tradition orale semble
corroborer
ce point de vue dans la mesure où,
en relatant la
migration
ORUNGU,
elle
affirme que ces derniers ont croisé
sur
leur
chemin
un
sorcier
pygmée
répondant
au
nom de
BENDJE.
Vraisemblablement,
ce
derrrter
avait
prédit
aux
ORUNGU
qu'ils
allaient
faire
la
découverte spectaculaire

-
102 -
d'une
nappe
d'eau
qu fils controle raient • Très convaincu de
cette
révélation,
le
sorcier
leur
indiquait
le chemin à
suivre.
Effectivement,
dans leurs pérégrinations, les ORUNGU
découvraient
la
mer.
Et
en
souvenir
de leur rencontre
antérieure
avec
le
sorcier
pygmée, ils baptisèrent la mer
ELIWA
BENDJE
(1). I l est, impossible d'avoir une datation sur
cet évènement.
Toutefois,
on
avance
avec certitude que les ORUNGU
sont
installés au Bas-Ogowe dès le début du 18e siècle. Mais
étaient-ils
les
tout
premiers
?
Aucun
document
ne nous
permet
de
l'affirmer.
Et cela ne semble pas prouvé dans la
mesure

les
ORUNGU ont eu des altercations avec d'autres
tribus voisines.
En
effet,
lorsqu'on
évoque
le
peuplement
du
Cap-Lopez,
on pense beaucoup à cette guerre fratricide entre
ORUNGU
et
ADJOUMBA
(2). Et il
est
plausible que les
premiers
cités ont succédé aux ADJOUMBA au Cap-Lopez. Ainsi,
on
prétend
que
le
caractère
guerrier et conquérant de la
tribu
ORUNGU
les
a
conduits à entrer en guerre contre les
voisins
ADJOUMBA
qui,
bien
qu'ayant
résisté une première
fois,
durent
s'incliner
et
se
replier
à l'intérieur des
terres
et
plus
précisément
dans un lac qu'ils dénommèrent
( '
AZINGO
(3).
Cette
victoire réconforta
les ORUNGU qui s'étaient
(1) ELIWA signifie eau, nappe d'eau et par extension le pays ou la
nappe d'eau entourant le pays. Par souci du respect de la
tradition, le département administratif dont Port-Gentil est le
chef-lieu a été baptisé BENDJE.
(2) Les ADJOUMBA sont un clan MPONGWE situé au-dessous de la sphère
de ces derniers, c'est-à-dire entre le village OSSENGATANGA et
l'embouchure de l'OREMBO-GANGWE. Il faut préciser que la majorité
des Mpongwe se localise dans l'estuaire du Como.

- 103 -
fixé
pour
objectif
de
contrÔler
toute l'embouchure de
l 'Ogowe.
Ils
Il
"
durent se frotter par moments aux NKOMI qui ne
se
contentèrent
dans un premier instant que de la lagune du
Fernan-Vaz.
Ainsi,
la
zone
d'influence ORUNGU peut ~tre
délimitée
grosso-modo
du Cap-Lopez au Nord jusqu'aux abords
de
la
lagune
du
Fernan-Vaz

les
NKOMI
régnaient
en
maftres absolus.
Cependant,
si la localisation des ORUNGU s'est faite
avec
un
peu
plus
de précisions,
il n'en est pas de m~me
pour
les
NKOMI.
En
dehors
de la lagune du Fernan-Vaz,
on
rencontrait parallèlement les NKOM1
le long du fleuve Ogowe.
D'autre
part,
si
l'arrivée
des
ORUNGU
ne s'est
faite
qu'au
18e
siècle,
il
va de soi que les Européens y
étaient
-ou
du
moins
avaient
découvert
les lieux au 15e
siècle-
depuis
belle
lurette.
Et nous verrons par la suite
que
la collaboration qui
s'ensuit demeure déterminante pour
l'avenir humain de la région.
1.3.1.2. L'organisation interne.
M~me
si
nous
n'avons pas de données chiffrées de
l'époque,
on avance tout de m~me que la tribu ORUNGU était
l'une
des
plus
importantes
de
la
région.
Elle demeurait
assez
organisée
et,
bien que renfermant plusieurs clans -on
{-
parle
d'une
trentaine-,
les
rapports
entre
ces derniers
étaient étroits.
(3) Azingo signifie mlseres. C'est le nom du lac où les ADJOUMBA se
sont retranchés pour mieux digérer leur défaite,
et probablement
se réorganiser.

-
104 -
Les
tenants
des
traditions
qui
ont
pu
nous
renseigner
ont en mémoire une espèce d'assemblée plénière de
la
tribu
ORUNGU
dont le but était
de fixer les droits de
chacun
des
clans.
Sur la trentaine de clans présents,
deux
d'entre
eux
ont émergé
il s'agit du clan des Abulia
(1)
qui
avait
désormais
la
charge
exclusive
de
tout ce qui
touchait
à
la
mer
et
au
commerce avec les Européens.
Le
deuxième
clan était celui des Apandji,
il devait contrôler
la terre.
Ce
fut
une étape décisive de l'fIe Mandji dont la
position
adéquate
pour
les activités commerciales attirait
de
nombreux voyageurs. Finalement,
le grand bénéficiaire fut
le
clan
des Apandji qui reçut la moitié de l'fIe et fonda
le
premier
village
qui
porta
le nom de OWANGALIE.
De son
côté,
le clan des Abulia construisait le village Abendja.
A
travers
ce
récit,
qui
montre
un certain degré
d'organisation,
il
faut
également préciser qu'à l'issue de
cette
assemblée,
un
droit
commercial
et
foncier
a
été
élaboré pour établir des liens avec celui des Européens.
1.3.1.3. L'activité commerciale.
L' histoire
nous
apprend
que
le
Cap-Lopez
est
longtemps
demeuré
un
grand
foyer
commercial,
du
moins
,
jusqu'au
début
du
20e siècle.
Mai s ' i l ne nous est pas aise
de dire
avec
précision à quel moment est-ce que ce commerce a
(1) Ce clan est aussi appelé ALOMBE.
Il fut proclamé
"Juge sur les mers et les Européens"

-
105 -
démarré.
Il
nous
importe
plutôt
de
voir
comment il a
évolué et les séquelles qu'il a engendrées.
Tout
a
commencé
au
Cap-Lopez
avec
l'arrivée
de
plusieurs
nationalités
européennes.
Portugais, Hollandais,
Anglais
et
Français
se
sont
avérés
être
des
traitants
et
ont
installé
par
conséquent
des barracons,
généralement
remplis par les populations locales, véritables
prisonniers
de
guerre raflés à l'intérieur du pays. Ce sont
les ORUNGU qui ont participé
aux négociations.
Les
populations ainsi vendues devenaient esclaves et
servaient
à
combler
le
déficit de main d'oeuvre abondante
qu'occasionnait
la
culture
de la canne à sucre, originaire
des
Indes.
La
déportation s'est faite surtout en direction
de
l'Amérique.
On
ne
sait pas davantage le nombre, même
approximatif,
des
esclaves
que
le Cap-Lopez a dO livrer
aux
navires
négriers.
Toutefois,
l'on
ne
peut
négliger
l'importance
de
ce trafic qui n'a d'ailleurs pas été propre
au
Cap-Lopez,
la
côte
occidentale
africaine
ayant
également
souffert.
Le
chiffre
avancé
par
Claude
BOUET
rappelle globalement les effets de la traite des esclaves:
18.000 esclaves
par an ont été déportés vers le Brésil et Cuba
dans
le
courant
de
la
seconde
moitié du 18e siècle (1).
Cependant,
il
précise
qu'en
1788,
cinq
cents
individus
( '
étaient
partis
des
bouches
de
l'Ogowe,
c'est-à-dire
de
l'Estuaire du Gabon et de la région du Cap-Lopez (2).
(1) BOVET (C), op cit, pp. 377
(2) BOVET (C), op cit, pp. 377

-
106 -
De
m~me,
si
officiellement
l'abolition
de
la
traite
des
nègres
date
de 1848,
il n'en demeure pas moins
que
"les
Portugais
fréquentaient
encore le Cap-Lopez avec
des
bateaux
à voile venus de Sao-Tomé;
ils allaient aussi à
l'embouchure
de
l'Ogowe
et
à
SAGATANGA,
où l'on vendait
encore
des
esclaves.
On
en
a
vendu en cachette jusqu'en
1900"
(1). On mesure alors la portée et surtout le nombre de
départs
occasionnés
par
ce trafic qui a duré
sensiblement
trois
siècles.
Et
cela
a
touché les profondeurs du Gabon
-presque
tout
le
Bas-Ogowe- parce que, jouant
le jeu,
les
ORUNGU
remontaient le fleuve Ogowe jusqu'à Lambaréné, tandis
que les Galoa arrivaient jusqu'à Ndjolé.
De
tout
cela,
il s'avère que le bassin de l'Ogowe a
été
amputé
d'un
nombre assez considérable de bras valides,
dans
la
mesure où il y a eu plus ou moins
sélection. Et
les
marchands
Européens,
pour
remercier
les
ORUNGU,
fournissaient
des marchandises de luxe et des objets de très
faible
utilité
sociale:
fruits,
alcools,
poudre,
tissus,
quincaillerie,
verrerie ...
Dans
ces
conditions,
on
peut
s'apercevoir que la
région
du
Cap-Lopez
s'est
bel
et
bien
adaptée
aux
contraintes
du
commerce côtier. La première moitié du 1ge
siècle
a été marquée par un développement considérable de la
traite
car
la
demande
d'esclaves in Amérique a battu tous
les
records.
Le
Cap-Lopez
a
été
beaucoup
touché,
les
(1) DECRAENE (Ph).- Aux sources de l'or noir.-
Le Monde,
Dimanche 1 et Lundi 2, Fév. 1981.

- 107 -
appétits
de tous les négociants grandissant au même rythme
que les échanges.
L'impact
de
ce
trafic
n'est
plus
à
démontrer.
Nonobstant
des
données
chiffrées,
on peut s'appuyer sur la
durée
de
ce
négoce
pour
avancer,
sans
risque
d'être
contredit,
que
le
Cap-Lopez
et
ses environs ont perdu le
plus
précieux
d'eux-mêmes,
des
individus indispensables
pour
la
construction
d'une
nation.
Par conséquent, cette
période
précise
s'est
terminée
par
un
recul
du
peuplement dont les incidences sont loin d'être enrayées.
1.3.2. La phase d'expansion.
Elle
fait
suite
à
la phase précédente et commence
vers
1900.
Sa
particularité
est
qu'elle
inclut
deux
évènements de taille:
les deux grands conflits mondiaux.
Avec un peu plus de précisions, tout a débuté au cours de
la deuxième
moitié
du
1ge
siècle
et pendant un siècle, nous
avons
vécu
sous
l'ère
française.
D'abord
installés
aux
abords
de
l'estuaire
du Coma -plus précisément sur la rive
droite-
en
1943,
les Français se sont fixé
comme objectif
d'étendre
leur
influence
au Cap-Lapez,
l'identifiant à une
région
de
mouvance,
dans le but de contrÔler cette
partie
du territoire où le commerce des nègres restait actif
et
d'empêcher
les
Anglais,
dont
l~~ naviresde guerre ne
cessaient
de
croiser
dans
les
parages,
attirés par la

-
108 -
recherche d'esclaves.
L'influence
Française
qui
se
manifeste
est
très
concluante
après
plusieurs
péripéties
relatives
au refus
catégorique
des
rois
de
l'époque
de
collaborer avec les
Français.
En
fait,
ces
derniers
arrivent
en
période de
crise,
la plupart des rois s'étant forgé
une personnalité à
travers
le trafic des esclaves. Il est indéniable
que cette
impasse ait entrainé une crise de succession (1).
Les
Français
se
présentent
comme la solution à la
crise
qui
sévit
dans
la
région.
Ils
triomphent
malgré
l'opposition
systématique
d'un
des
principaux
chefs.
Et
le
Ier
juin
1962
est
signé le traité cédant à la
France
la
souveraineté
du
Cap-Lopez.
Durant
les
dix
premières
années
qui
ont
suivi
le traité,
les Français
multiplièrent
les
missions de reconnaissance,
découvrant du
même
coup
les
richesses de l'arrière-pays et la vitalité
des
activités
commerciales
sur
l'Ogowe.
Tout
cela s'est
conclu
par
la
signature
de nouveaux traités,
dont le plus
significatif
est
celui
qui céda à la France l'rIe Mandji
le 16 AoQt 1873.
Tous
ces
contacts
ne se sont matérialisés que plus
tard,
en 1883, avec la construction de plusieurs magasins et
maisons
pour
européens,
à proximité du village
OWANGALIE.
Une
année
après,
fut édifié le premdèr poste administratif
devant
ainsi
permettre
d'échapper
aux
tracasseries
(1)
Des
officiers
Français
de
passage
dans
la
région
sont très
critiques
en
écrivant
"Depuis
que
la
traite
a
cessé,
la
population
est assez misérable; ...
habituée aux produits européens,
la
privation
leur
en
est
très douloureuse;
nous avons pu juger du prix
qu'ils
y attachent par les minimes cadeaux dont on a vu récompenser la
signature
du traité ...
A l'époque où cette cOte était fréquentée par

- 109 -
bureaucratiques des autorités de Libreville.
Dès
cet
instant
précis,
d'autres
établissements
commerciaux
viennent
s'installer.
Du côté Français,
sont
présents:
SAJOUX,
DAUMAS, C.E.F.A., S.H.D.; auparavant,
les
Anglais
de
John
Holt
et les Allemands de Woermann s'étaient
déjà
illustrés.
A ceux-là,
il
faut
ajouter
HATTON
et
COOKSON,
tous ces comptoirs demeurant sous douane.
Inévitablement,
cette
activi té
a
entrainé
un
mouvement
dans
l'!le Mandji.
A la population locale vient
s'ajouter
la
population
étrangère.
Et
depuis
1900,
le
cosmopolitisme
urbain
se
dessine
déjà.
L'activité
commerciale
se
concrétise
par
"le
port"
qui
draine les
produits
de
culture
et
de
cueillette
des agglomérations
situées
le
long
de
l'Ogowe,
des lagunes et des lacs.
Ces
produits
portent
sur
l'huile
de
palme
et les palmistes,
l'ivoire,
l'ébène et le caoutchouc.
I l
va
de
soi
qu'on assiste à une reconversion de
l'économie
et
elle
s'accompagne
de
tra nsforma ti ons
administratives,
à
l'image de l'introduction de l'impôt de
capitation,
obligatoire
pour les actifs de 18 à 55 ans, qui
incite absolument les populations à produire davantage.
Ce
décollage
dans
les
activités
commerciales
entraine
systématiquement
une
évolution
de
la
"machine
{ '
administrative"
et,
partant, un
contrÔle
plus
ou
moins
remarquable
de
la
population.
Mais
l'évènement
le
plus
les européens
,
les
populations
de
l'intérieur s'y étaient
portées
en
masse; .il n'est pas un point habitable qui n'ait été alors
occupé
par les tral~ants noirs; le jour où ces ressources ont disparu,
n~, pou~ant plus
Vlvre
sur
un
sol
ingrat, qui suffisait à peine à
l etabllssement
des
cases,
elles
sont
retournées dans le haut pays
reprendre leur vie ancienne de chasse et de culture".

-
110 -
important
de
cette
époque reste la découverte de l'Okoumé,
ressource qui fit la fortune de Port-Gentil
(1).
En
effet,
la
côte
et
les régions voisines font
l'objet
de nombreuses installations de chantiers appartenant
à
de
grandes
sociétés
qui
bénéficient
parallèlement
de
concessions
gigantesques.
A
partir
de
1890,
les grandes
compagnies
ainsi
créées
deviennent
indispensables pour le
développement
économique.
C'est
une
véritable
période
d'expansion
qui
se
caractérise
par
un
appel
de
main
d'oeuvre.
On
note qu'en Novembre 1904, Port-Gentil comptait
2
500
habitants
(2).
Depuis
lors,
la
population
s'est
accrue,
soit
par
le
fait
de
l'exode
rural,
soit par
l'importation
de
la
main
d'oeuvre
indispensable
à
l'ouverture
de
l'usine
de la Compagnie Forestière du Gabon
(3) •
Cependant, si la situation démographique de la ville même
s' amél iore,
il
n'en
reste
pas
moins
que
celle
de
l'arrière-pays
se
détériore.
Deux
épidémies
peuvent
expliquer cet état
de
choses. Elles ont lieu au Fernan-Vaz.
La
première a éclaté en 1847 et décimé un habitant sur deux,
c'est
la
petite
vérole
(4).
La
seconde s'est déclenchée
cinquante
ans
plus
tard,
c'est
la
variole
qui va sévir
durant
plusieurs mois parmi les NKOMI, faisant des centaines
de victimes; des villages entiers vont'disparattre
(5).
Parallèlement,
le
système
des
grandes
compagnies
(1)
J.Binet fait remarquer qu'en 1889 le gouverneur Chavannes rmnenait
du
Gabon
la
première
bille
d'Okoumé
qu'il
voulait
soumettre aux
utilisateurs
européens.
Trois
années
plus
tard,
l'Okoumé fait son
apparition dans
les
statistiques d'exportation.
Ainsi,
le flottage du
bois
allait fixer les populations le long des fleuves,
pour de longues
années ••. op cit, p. 10.
(2) DECREANE (Ph),
op cit.

-
111 -
concessionnaires
qui
s'est
avéré
intéressant
au
départ
présente
désormais des faiblesses, d'où son démantèlement en
1929.
Pourtant,
ce
régime
particulier
a
entrainé
d' i mpo rtants
capi taux;
en
une
décennie,
le
commerce
extérieur
de
l'A.E.F.
est
passé
de
2
à 10 milliards de
francs
CFA. Mais d'aucuns affirment que toutes sortes d'abus
se
sont
glissés
dans le système des grandes concessions et
pour
la
plupart,
cela
a
été
un
échec, si bien que deux

J
sociétés seulement ont contInue
d'exister.
En
définitive,partant d'un éveil commercial et d'une
organisation
administrative
embryonnaire,
on est passé par
la
"folie"
des
exploitations forestières pour aboutir à la
transformation
sur place des produits forestiers,
symbole de
fixation
du
peuplement.
En
1945,
la ville comptait 4 500
personnes;
cela
s'explique
du
fait
que
la
plupart
des
chantiers
étaient
situés hors du périmètre urbain.
En réalité,
cette
période
qui
repose
essentiellement
sur
l'Okoumé a
connu
une
expansion
relative,
avec
tout
de
même
une
particularité:
elle a permis aux Français de faire de Mandji
l'embryon
de
la
ville actuelle. C'est à la fois la période
précoloniale
et
coloniale
en quelque sorte, marquée par la
recherche
d'intérêts
économiques
de
la
part
des
( '
colonisateurs,
qui
aboutit
à la prospection pétrolière des
années
1950.
Une
nouvelle
étape est amorcée, celle qui
a
C'est la première industrie de transformation. Nous en parlerons
en détail par la suite.
GAULME (F), op cit, pp. 73
GAULME (F), op cit, pp. 74.

-
112 -
permis
à
la
ville de s'affirmer et
du
même coup,
de fixer les bases de son développement futur.
1.3.3. La phase de consolidation.
Nous
venons
de
voir
que la phase précédente s'est
terminée
par
l'implantation
d'une
unité
industrielle
de
grande
taille, entraînant des incidences sur la concentration
des
populations.
La
présente phase est la suite logique de
la précédente.
Pour
ce
qui
est
de
la
ville
de
Port-Gentil et
peut-être
comme
partout ailleurs,
on ne peut en aucun cas
dissocier
le
facteur
industriel
"
li
du facteur peuplement. Et
cette
phase
de
consolidation
en est une parfaite illustration
puisqu'elle
s'est
poursuivie
par un décollage
industriel,
si timide soit-il.
De
fait,
nous pouvons la situer entre les années 60
et
les
années 80.
Cet intervalle est très significatif dans
la
mesure
où les années 60 correspondent à la prospérité de
l'activité
forestière
en
tant
qu'industrie
de
base,
et
surtout
à
l'accession
du
pays
à
la
souveraineté
internationale.
Pendant
ces
années,
un nouvel élément -les
ressources
pétrolières-
va
influencer
considérablement
l'économie
de
la
région,
et
partant
les
données
du
( '
peuplement.
Il
faut
déjà
le préciser,
le peuplement urbain est

-
113 -
dorénavant
lié à l'activité industrielle qui prévaut dans la
région.
Les
années
60,
qui
sont
notre
point
de repère,
correspondent
aux
premières statistiques officielles issues
de
l'unique
recensement
exhaustif.
Bien
avant tout cela,
c'est-à-dire
en 1957, on dénombrait 15 000 habitants dans la
ville
de
Port-Gentil
(1).
Apparemment,
le chiffre avancé
est
insignifiant. Mais
quatre
années
plus tard, la ville
atteignait
les
20
000
habitants.En chiffre absolu et pris
isolément,
il
ne peut signifier grand chose;
les tableaux 2
et
3 ci-contre,
nous permettent
de le mettre en relation
avec d'autres.
Ainsi,
au
niveau
national,
on
remarque
que
la
province
dont
Port-Gentil est le chef-lieu a une superficie
assez
moyenne;
il
en
est
de
même pour son peuplement:
e1obalement,
l'évolution
de
1960
à
1970
n'est
pas très
significative;
la
densité
approche
les 2 habitants au km2
(moyenne
nationale),
représentant
8,5
à 9,5% de la
population
totale.
Par
contre,
si
nous
nous
situons au
niveau
des
villes,
on
ne
peut
établir
les comparaisons
qu'avec
Libreville,
les
autres
villes
demeurant
très
modestes;
à
preuve,
Libreville
et
Port-Gentil
totalisaient
11%
en
1960
et
presque
20%
en
1970,
les
rapports
les
plus
importants
se
trouvant
dans les zones
rurales.
A
côté de la supériorité n6mérique de Libreville
-sa
population
doublera
en moins de 10 ans-,Port-Gentil vient
(1)
BOUQUEREL
(J).- Le
pétrole au Gabon .-Notes et Comptes
rendus, les C.O.M~
pp. 193

Tableau 2:
CARACTERISTIQUES GEOGRAPHIQUES DE LA POPULATION 1960-1961
DENSITE
PROVINCES
RECENSEMENT.J
SUPERFICIE
%/SUPERFICIE
%/POPULATION
DENSITE AU KM2
1'160-1961
en KM2
TOTALE
TOTALE
PAR PROVINCE
GENERALE
i--ESTÜAIRE
61.520
20.740
7,7
13,71
-
2,96
1,67
1
HAUT OGOWE
42.974
36.550
13,6
9,58
1,17
1
MOYEN OGOWE
'S4.193
18.535
6,9
7,62
1.84
NGOUNIE
'15.010
37.750
14,1
16,72
1,98
NYANGA
37.503
21.285
7,9
8,36
1,76
1
O.IVINDO
36.126
46.000
17,2
8,05
0,78
O.LOLO
36.792
25.380
9,5
8.20
1,44
O.MARITIME
42.322
22.890
1
8,5
9.43
1,84
1
i
WOLEU-NTEM
78.124
38.465
14,4
17,41
2,03
1------
,1
1
r - - -
1
_ .
- - - - - -
! - - ----- -
-
t-- --- t
1
LIBREVILLE
29.602
1
PORT-GENTIL
20.000
- - - - -
GABONAIS
427.353
1
ETRANGERS
'21.000
~~ ~-.-l
_~67 _J
__
448.564
_267.667_J
_
__
_
_
1.67
.q.
TABLEAU N° 3:
CARACTERISTIQUES GEOGRAPHIQUES DE LA POPULATION 1969-1970
T:-
..
. RECENSEMENT
SUPERFICIE
%1 Supe rf lc le. 1 % IPopulTotal efenSl té au KM2 1
.P..ROVINCE..§----t-
ESTUAIRE
-r
____ Totnle
t-
Par Province,
1969-1970
_ ..-rn KM2.
19,84
-~;B4----
4,94
1
102-577
20-740
10.84
:
10,36
1
1,46
1
HAUT-OGOWE
53-594
36-550
r
_ .
,
1, B7
6; 71
0, r-'
2,01
14.73
14.73
1,85
-
_ .. - - -- --
. /
....
-,- ...... -
7,62
7,62
0.88
OGOWE-IVINDO
40-560
7,84
7.84
1,39
OGOWE-LOLO
35-324
6,83
6.83
1,93
OGOWE-MARITIME
48-204
8.55
8,55
2,26
WOLEU NTEM
87-295
16, B8
16,88
1
LIBREVILLE
71-375
1
PORT-GENTIL
30-883
------- j - - - - - - - - - - - - -
GABOHNAIS
484-608
R'T'RANGERS
32-276
-- .. _-
1,93

-
115 -
en
seconde
position
avec
un
accroissement de plus de 64%
entre
1960
et
1970. Cette place est importante à souligner
sur
le plan démographique pour mieux percevoir la taille des
villes gabonaises.
D'ores et déjà, nous pouvons affirmer que le bois et
le
pétrole
conditionnent
bel
et
bien
le
peuplement
de
Port-Gentil
et
de
ses
alentours.
La
multiplicité
des
chantiers
forestiers
et des scieries a obligé les autorités
à
penser
la
situation
du
peuplement de la ville en terme
d'importation
de
main
d'oeuvre
des
pays
de
l'ancienne
Afrique
Equatoriale
Française,
notamment
le
Moyen-Congo,
l'Oubangui-Chari et le Cameroun.
Ce
processus
a
été
presque inévitable car le pays
tout
entier
s'est
trouvé
dans
un état de sous-peuplement
chronique.
Et
malgré
le
développement
d'une
activité
pétrolière
très intense tant sur l'fIe Mandji que dans ses
environs,
le
mouvement
de
population
n'a
point
connu
l'explosion
comme
l'on
pouvait s'y attendre.
Néanmoins, on
remarque
maintenant
une
population
qui
a
tendance
à se
fixer,
pour
ne
pas
dire
se
sédentariser.
Les échange,
qui
se
développent
le
confirment.
Car,
si la
ville
ne dispose pas d'infrastructures portuaires adéquates,
elle
est
au moins le point de départ de grumes et de tonnes
{ '
de pétrole brut pour des horizons lointains et divers.
En
tout état de cause,
cette phase ayant contribué à

-
116 -
la
stabilisation
de la population a atteint ses sommets aux
années
70 lors du fameux boom économique qui
entrainera un
accroissement
des
activités,
notamment dans le bâtiment où
de
nombreux
chantiers
se
sont
multipliés.
Depuis
lors,
l'affluence
de
nouveaux
arrivants
se
matérialise
par la
création
de
petits
métiers,
inexistants il y a un peu plus
d'une
décennie.
Cependant,
nous
ferons
remarquer que ces
arrivées ,bien
que
désordonnées
et
irrégulières,
n'apparaissent
pas
comme
des vagues de peuplement. Pour la
plupart,
i l
s'agit d'éléments isolés, pour ne pas dire des
aventuriers.
Comme
on
a
pu le constater, cette période que nous
avons
volontairement appelée "phase de consolidation" est la
résultante
des deux premières. Dans un souci
de clarté nous
avons
tenté
de
marquer
l'évolution
du
peuplement
de la
ville.
Mais
les
limites
entre
les
différentes
phases
ne
sont pas
systématiques
et
précises. Le
plus
intéressant
et
peut-~tre
même
le plus préoccupant
pour
nous,
c'est
de
voir
la
structure
des
habitants
qui
peuplent
Port-Gentil.
{ '

-
117 -
1.4. LES CONDITIONS D'ACCROISSEMENT DE LA
POPULATION URBAINE
La
particularité
de
la
population de Port-Gentil,
nous
l'avons
déjà vu,
c'est la mosa!que de ses individus.
Elle
n'est
pas originelle,
mais s'est développée au fil des
jours
et
des
années.
Tout cela a été favorisé par un croIt
naturel
relativement bas, un exode rural sans cesse pressant
et une immigration presque indispensable ...
1.4.1. La croissance naturelle
Elle
donne
une
idée
du développement sanitaire du
pays.
Il
faut
dire
que
dans la plupart des cas, elle est
toujours
mal
élaborée.
Cela s'explique du fait qu'en dehors
des
périmètres
urbains,
il
est
pratiquement difficile de
contrôler
les
naissances et les décès. Et même dans les
villes
proprement dites,
les décès à bas-§ge -nous voulons
parler
des
nourrissons- ne sont pas toujours
signalés dans
la
bonne
direction.
D'autre
part,
plusieurs
éléments
échappent
à
l'administration,
à
savoir
le
nombre
considérable
des
avortements,
des fausses couches et même
des
naissances
clandestines.
La
contraception
étant
interdite,
les
populations
concernées
pratiquent
des
avortements
occultes.
Avec
tous
les
dangers
qui
s'en-
suivent,
on
n'est
pas
surpris
de s'apercevoir que même
s'il
y
a
quotidiennement
des naissances, il en est de même

-
118 -
pour les décès.
1)- La natalité
Pour
mieux
l'appréhender,
nous avons jugé utile de
remonter
jusqu'aux
années
50.
Mais
compte
tenu
de
l'abondance
des
documents à consulter et pour donner un peu
plus
de
clarté
à
notre démarche, nous avons da faire un
relevé
toutes
les
cinq
années
consécutives. C'est ce qui
ressort du Tableau 4.
Si
nous
nous
contentons des chiffres absolus, nous
pouvons
tirer
les
quelques enseignements suivants: pour ce
qui
concerne
les
naissances
masculines on peut distinguer
quatre
étapes
(cf.Fig.4-graphe A). La première va de 1950 à
1960;
elle
se
caractérise
par
une
a ugmen ta ti on
sensationnelle
des
naissances
qui
voient
leur
nombre se
multiplier
par ro. C'est tout à fait exceptionnel car on n'a plus
jamais enregitré une telle progression. De là, nous tombons à
Tableau 4
RECAPITULATIF DES NAISSANCES DE 1950-1982
ANNEES
Naissances Masculines
Naissances Féminine s
Total
1950
65
59
124
1955
134
119
253
1960
638
510
1148
1965
655
560
1215
1970
730
676
1406
1975
821
( '
981
1802
1980
1340
924
2264
1981
1347
1150
2497
1982
1201
1440
2641
.Source
ARCHIVES MINICIPALES DE PORT-GENTIL

.
~"--"-""'~"~'=".__'_~' __ "~''''~ •. ..:....m.....- " "




'iG
4 -
EVOLUTION
DES
NAISSANCES
MASCULINES
ET
FEMININES DE1950A198
(source
MAIRIE)
1400 ,
1400
1300 --j
1 \\
1300
;
12]:; --j
1
'H
1200
-1
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1100 --i
1
1100
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1000 --i
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-1
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1
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700
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600
.-'
/
6CO
~
/
/
500
500
400
400
300
300
200
1
200
100
/
100
1 /
. /
0
0
50
55
60
65
70
75
80 2 85
50
55
60
65
70
75
80/82 85
B1
81
GRAPHE
A
GRAPHE
B

-
120 -
une
espèce
de
stagnation
-un
palier en quelque sorte- de
1960
à
1965.
Ensuite,
on
peut observer une légère reprise
jusqu'en
1975~
qui se poursuit considérablement jusqu'en
1980,
année
depuis
laquelle
une
détérioration
de
la
situation se fait sentir
Le constat
n'est
pas
le
même
au
niveau des
naissances
féminines.
De
1950
à
1960,
la croissance est
identique
aux
naissances
masculines:
à
peu
près
une
multiplication
par
9.
Mais
la
suite
est
quelque
peu
inconstante:De 1960à196~c'est presqu'un palier, entre 1965 et
1970,
une
légère
reprise
qui
se poursuit remarquablement
jusqu'en
1975
pour rechuter en 1980 -on observe une baisse,
bien
que minime-; et depuis lors, la croissance est plus que
régulière (Cf.Fig.4 - graphe B).
Ces
quelques
constatations
ne peuvent nous laisser
indifférent
Et
la
plupart
des
explications
sont
à
rechercher
au
niveau de l'enregistrement des naissances. Il
va
de
soi
que
les
chiffres
que
nous
énonçons
ne
représentent
que
les
naissances
faites dans les hopitaux,
naissances
légales
en
quelque sorte. Mais, considérant les
pratiques
courantes,
on
peut
avancer
que
toutes
les
naissances
ne
sont
pas
déclarées,
du
moins
jusqu'à une
époque
relativement
récente,
probablement
jusqu'en
1970.
Partant
de
ce
point
de vue, on pe6t ajouter qu'un certain
nombre
de
naissances
échappent aux services administratifs

-
121 -
compétents.
Néanmoins,
compte
tenu
du
fort
taux
de
scolarisation
-plus de 95%-,
on comprend le souci
permanent
des
familles
de procurer à leurs enfants une fiche d'état
civil.
Cela
dit,
le
nombre
de
naissances non déclarées,
même s'il reste toujours élevé,
tend à diminuer.
De
même,
une
bonne
indication
est
à retirer à
partir
de l'année 1982 avec le renversement des tendances.
En
effet,
sauf
en 1975, jusque là
la natalité masculine était
toujours
supérieure
à
la
féminine.
Mais
présentement en
1982,
on note une démarcation importante,
un peu plus de 200
naissances
féminines.
Peut-être
aurait-il
été
intéressant
d'avoir
les
chiffres des années suivantes pour
voir
si
la tendance persiste,
ce qui permettrait de relever
un
changement
probable des données du
ratio
des
sexes.
Toutefois,
on
affirme
que
durant
l'année 1975 le taux de
natalité était de 23,3% (1).
2) - La mortal ité
Comme
pour
la
natalité, nous nous sommes limité
à
la
période
1950-1982, et précisons que nous n'avons pas les
chiffres
des
années consécutives. Par conséquent, nous nous
sommes
plutôt
orienté
vers une moyenne quinquennale(Cf.
le Tableau récapitulatif N° 5).
A
propos des décès masculinsy,on peut observer trois
étapes
fondamentales, bien que n'étant pas consécutives:
une
(1) Cf.Province Sanitaire de l'Ogowe-Maritime, Rapport annuel
d'activité 1975.

- 122 -
période
de
stagnation de 1960 à 1965 et de 1975 à 1980, une
baisse
de
1950
à 1955 et de 1981 à 1982, enfin une hausse,
presque
identique,
qui
commence
entre
1955
et
1960, se
prolonge
de
1965 à 1970 et se termine entre 1980 et 1981
(Cf.Fig.5 - graphe C).
Quant
aux
décès
féminins,
la
situation
est très
claire:
malgré une progression assez régulière, on note pour
autant
la
légère baisse de 1980-1981 et les paliers de 1960
à 1965 et de 1975 à 1981 (Cf.Fig.5 - graphe D).
D'une
manière
générale,
on
constate
qu'aucun
évènement
n'est venu perturber les données du problème. Mais
dans
l'absolu,
ces
chiffres nous
paraissent relativement
bas.
Ce
qui ne nous oblige pourtant pas à reconnaître que
la
mortalité
masculine
est
supérieure
à
la
mortalité
féminine.
On
peut
également préciser que,du moins jusqu'en
1970,
la
plupart
des
décès
observés presque dans tout le
pays
étaient
liés
à
une forte mortalité infantile, ce qui
laisse
supposer
que
les
structures
médicales
et
para-médicales
sont
demeurées
archatques
et inadaptées.
Depuis
la dernière décennie, on remarque que des progrès ont
été
enregistrés
dans
ce
sens
et
c'est
la
raison
pour
laquelle le taux de mortalité a été ramené
à 6,23% (1).
Comme
nous
l'avons fait à propos des naissances, il
convient
également
de
poser
"
ici
le
problème
des
enregistrements
des
décès. Beaucoup de ceux-ci. échappent au
(1) Ce chiffre est tiré du même rapport de l'année 1975. Toujours
est-il qu'à propos de la mortalité, il faut nuancer: Le taux de
mortalité infantile reste toujours 'très élevé,soit 69,8%; et pour
ce qui concerne les nouveau-nés le taux de mortalité n'est pas à
néglige~ avec 31,8%.

.


FIG
5-
EVOLUTION
DES
DECES
MASCULINS
ET
FEMININS DE 1950 A 19B:
(soul~ce'
MAIRIE)
,
(Nbre
de
deces) <\\00
',-
400
~
500
300
, 'H
1
1
____ J
~ F
200
200
, ---v'
l'<'
--
~
C\\J
~
"
,
..-
,
"
"
~~
100...f
.------/
100
.--
... -----------_ ...
/" ",-- --,..-. ""
O~
a 1 ~
50
55
60
65
70
7'5
80182 85 tJnn~es)
50
55
60
65
70
75
80f'32 85 (annees)
61
51
GRAPHE
C
GRAPHE
D

-
124 -
Tableau 5
RECAPITULATIF DES DECES DE 1950-1982
- -
ANNEES
Décès Masculin
Décès Feminin
Total
1950
67
54
121
1955
48
67
115
1960
101
88
189
1965
99
88
187
1970
188
130
318
1975
213
198
411
1980
216
211
427
1981
313
194
507
1982
284
234
518
--
Source
ARCHIVES MUNICIPALES DE PORT-GENTIL
contr51e
administratif.
Plusieurs
facteurs
entrent
en
ligne
de
compte, notamment
le
poids
des
traditions
coutumières.
Ici
plus
qu'ailleurs,
la mort est
"sacrée" et
la
mémoire
des
disparus
est toujours vénérée.
C'est
pourquoi
leurs
voeux
(1)
ou
ceux
de
l'entourage
immédiat
sont
toujours
exaucés.
Ainsi,
par
souci
de
conservatisme,
certaines
personnes
-généralement
les plus
âgées
et
considérées
comme "Notables"- exigent-elles qu'on les
inhume
dans leur village d'origine.
En fait,
c'est à travers
la
mortalité
que
le
citadin
retrouve
toutes ses valeurs
traditionnelles au mépris des lois établies ...
{ '
Ce
sont

des
pratiques
courantes plus ou moins
tolérées,
il
n'est
pas
toujours aisé d'y mettre un frein,
sous peine de prétendre rompre un équilibre ...
(1) Il Y a rarement un testament proprement dit. Le plus souvent,
le
mourant laisse des recommandations verbales,soit à toute la
famille,
soit à un individu qui est sensé tenir informée la
communauté.

-
125 -
3)- En guise de bilan
En
somme que ce soit au niveau des
aissances ou des
décès,
on
est
tout
a
fait
d'accord
por
observer
une
évolution
permanente
des
chiffres
absolu
En
dehors de
l'année
1950
o~
le crott naturel frise le chiffre de zéro,
on
remarque
qu'il
progresse,
bien
que tmidement. Ce qui
nous
amène
à noter que les divers évènemen~s économiques de
la
région
-exploitation forestière et pétr ,lière- n'ont pas
eu
un
effet extraodinaire sur l'accroissem'nt naturel de la
population de la ville de Port-Gentil.
Toutefois,
si
nous nous penchons Lliquement sur les
décennies
qui se sont succédé
,on s'aperç)it que seuls les
intervalles
1950-1960
(+956)
et
1970-19E)
(+749) se sont
révélé
des périodes d'accroissement natur~l assez valables
(1).
Car
de
1960
à 1970, on ne compte qL'un accroissement
naturel de 129 individus.
Evidemment,
tous
ces chiffres sont légers lorsqu'on
sait
que
nous
nous
trouvons
dans
un
lays
en
voie
de
développement
et
d'industrialisation
( ont
l'une
des
caractéristiques
fondamentales
l'explosion
démographique.
Avec
une
telle
croissane
naturelle,
la
situation
demeure
tout de même symptSmatilue,
malgré
l'apport
considérable des populations tant environnantes que
lointaines.
( -
(1) Les chiffres entre parenthèses représentent les valeurs absolues
iu crott naturel de la période sus-indiquée.

-
126 -
Un exode rural massif
Nous
venons
de voir que le croît naturel en tant que
tel
évolue
d'une
manière lente. Par conséquent,
il n'a pas
été
l'élément
dominant
d'accroissement démographique. Nous
pensons
qu'il
a
néanmoins
une
contribution, si infime
soit-elle.
Par
contre,
i l
faut
chercher les données du
problème
au
niveau
de
l'exode rural qui, bénéficiant déjà d'un
support
(bien que réduit),
n'a fait que s'accentuer. D'une
manière
générale,
il peut se définir comme le départ massif
d'une
population
de
sa
résidence
d'origine. Pris dans ce
contexte,
on
peut
considérer que presque tous les citadins
d'aujourd'hui sont les ruraux d'hier.
C'est
une
interprétation
peut-être simpliste; elle
reflète
cependant une
réalité,
à
savoir
que
"l'Afrique
des
villages"
a
précédé
"l'Afrique
des
villes".
Encore
faut-il
se garder d'opposer village et ville, pour la simple
raison
que
la
complexité
des
définitions
est
certes liée
à leur taille respective, mais également à une notion
purement administrative ou politique.
Pour
notre
part,
l'exode rural dans la région ouest
du
Gabon,
région
côtière

se
situent Port-Gentil et
Libreville
distants
de
quelques 250 km,se caractérise par
{ '
un
transfert
ininterrompu, autant
que
se renouvellent les
générations~ de populations rurales vers les régions urbaines

-
127 -
et
industrialisées.
Ici
comme
dans
beaucoup de pays dits
sous-développés, les
causes
de départs -que nous évoquerons
plus
loin-
préexistent
par
rapport
aux
possibilités
d'accueil;
l'exode
rural
est
alors
responsable
de
la
prolifération
de
l'habitat
dégradé,
rudimentaire,
spontané
et de la société marginale qui
se dessine.
1)- Un phénomène ancien
Pourtant
le
phénomène
n'est
pas
nouveau.
L'exode
rural
vers
les
villes
s'est
beaucoup développé depuis la
seconde
guerre mondiale et constitue le facteur essentiel de
la
croissance
urbaine
dans
la plupart des pays en voie de
développement.
François
GAULME,
pour analyser la situation
que
présentait
l'arrière-pays
de
Port-Gentil écrivait:
"l'ensemble
régional est évidemment attiré vers Port-Gentil,
avec
les
ressources
et
emplois
que
propose
cette
agglomération.
C'est
elle
qui
dirige
l'économie
du
Fernan-Vaz:
les
produits
agricoles,
la
pêche,
le bois,
tout
y
est
acheminé.
Mais
la
ville
est
trop éloignée,
séparée
par
une
sorte
de no man's land aquatique du monde
rural
qui
l'entoure,
pour qu'une population importante ait
pu s'établir au plus près de sa zone d'influence"
(1).
Mais
ce
qui
est très
important à noter à propos du
Fernan -Vaz J
support
agricole
de
Pàrt-Gentil,
c'est
la
décroissance
du
groupe NKOMI dont les membres ont bénéficié
(1) GAULME
(F),
op ci t,
PP.
41

-
128 -
depuis
1887
de
l'éducation
européenne
dispensée
par les
missionnaires
catholiques.
Ils
ont
donc
quitté leur pays
avec
d'autant
plus
de
facilité que leur formation pouvait
leur
assurer
une
place intéressante.
Ces dernières années,
l'exode
rural
n'a fait que s'accentuer et la lagune se vide
peu
à
peu
des
éléments
les
plus
remarquables
de
sa
population (1).
Le
dépeuplement
du
Fernan-Vaz
est
notaire et
d'aucuns
affirment
que l'année 1912 fut une année charnière
dans
la
mesure
o~
"il
s'est incontestablement produit un
exode
des
éléments jeunes de la population et un abandon de
certains
villages
isolés
par
tous
ceux qui le pouvaient"
(2).
Cela
est confirmé par les missionnaires qui écrivaient
la
même
année
à
propos
de
la
transformation
de
Port-Gentil:
"il
Y a
dix
ans,
ce
point
n'avait
guère
d'importance;
il
vient
d'~tre mis sur le m~me pied que
les
plus
grands
ports
de la côte occidentale d'Afrique"
(3).
Pour
reprendre
les mêmes analyses que A.
FORET (4),
on
comprend alors l'attirance exercée par la ville naissante
sur
les
jeunes NKOMI qui avaient reçu l'éducation dispensée
les
missionnaires
et
qui
se
sont
montrés
depuis
longtemps attirés par l'Europe et le voyage.
A
travers
tous
ces
vivants témoignages, nous estimons
que
l'exode
rural
dans
la
lagune (-du Fernan-Vaz a été un
mouvement
spontané,
qu'on
peut
situer
en
1910;
lequel
(1) GAULME (F), op cit, pp. 64
(2)
Cf.Bull.
de
la
Congrégation
du St Esprit, N°310,
Déc.1912,
pp.
926.
(3) Cf.Bull. de la Congrégation du st Esprit,
op cit, pp. 926-927.
(4) FORET (A), cité par F.GAULME, op cit, pp. 75.

-
129 -
mouvement
conduit à comptep 500 à 600 NKOMI à Port-Gentil et
une
centaine
à Libpeville en 1950 (1).
La particulapité est que
"le
phénomène
à
été
déclenché
par
des
jeunes avides de
richesses
et
de
tentations
nouvelles.
Le
jeune noip est
nomade;
il lui faut du nouveau et toujoups du nouveau.
Peu à
peu,
d'autpes
les
ont
suivis.
Seuls
les
fidèles
de la
ppemièpe
heure
n'ont
pas bponché"
(2). C'est en ces termes
que
les
missionnaires concevaient l'évènement. On a abouti
à
la
situation
selon laquelle l'accumulation des décisions
individuelles
a
entrainé
collectivement
une hemorragie
des
éléments
les
plus
dynamiques
du
monde
pural:
les hommes
jeunes, en âge de travailler et instpuits.
2)- Quelques causes profondes
Il
ne
faut pas perdre de vue l'élément selon lequel
le
phénomène
n'est
pas
seulement
lié
à
l'arrière-pays
immédiat.
En
1973,
Claude
BOUET faisait remapquep que "le
paysan
gabonais n'est pas un planteup et bien des tentations
extpa-agpicoles
le
sollicitent
poup
l'arpachep
du
monde
rupal ...
Comme partout ailleurs,
l'attpait du salapiat -donc
de
l'argent
gagné
pégulièpement-
contpibue
à
videp
la
brousse
au
ppofit
des
villes
et
des
chantieps.
Plus
qU'ailleups
peut-êtpe,
les migrations intérieures risquent
de
créer
dans
le
pays une situati~n de vide critique: les
partants
ne
sont jamais remplacés dans les villages par des
(1) HAUSER (A) cité par Fpançois Gaulme,
pp.
76
(2) Bull.
de la Congrégation du st Esprit,
op cit,
pp. 924.

-
130 -
immigrants étrangers"
(1).
En
fait,
parti
de
la lagune,
le phénomène a gagné
presque
le
pays
tout
entier.
C'est ainsi qu'au cours des
vingt
dernières
années,
Port-Gentil
a
connu
un
essor
considérable
sur
le
plan
national,
se
hissant
ainsi au
second
rang
après Libreville pour ce qui est du peuplement.
Ce
sont
ses multiples fonctions qui ont fait de la ville un
véritable centre d'attraction de populations de l'intérieur.
De
même,
Port-Gentil
est
avant tout la capitale
économique
du
pays
(présence des industries et de nombreux
services) ,
disposant
d'énormes
possibilités
humaines
d'emplois
et
d'éducation.
A une échelle plus réduite,
c'est
une
capitale
provinciale;
par conséquent, elle a le niveau
de
vie
le
plus
élevé
de
la
province.
On
peut
alors
comprendre
pourquoi
les populations se dirigent constamment
vers
ce
centre
urbain,
avec
un triple objectif:
fuir
les
charges
familiales,
chercher un travail rémunérateur et bien
sOr,
s'offrir une aventure quelconque ...
Les
quelques
raisons
que
nous
venons
d'évoquer
suffisent
faire remarquer que l'exode rural en tant que
tel
est
un
phénomène
social
universel.
Il
a
beaucoup
influencé
la
structure
de la population à Port-Gentil.
Les
ruraux
exploitent
les
moyens
de
communication
les
plus
( -
pratiques
(fleuve OGOWE) et vont s'agglutiner à Port-Gentil,
centre
industriel
d'immigration de l'intérieur,
pendant que
(1) BOUET(C).-Introduction à l'étude des migrations modernes en milieu
sous-peuplé:situation
actuelle
du
salariat
et
de
l'emploi
au
Gabon.-
Cah. ORSTOM, Sc. Humaines, 1973, 10(2-3), pp.
295

-
131 -
les
structures
agraires
archaïques
et
désarticulées
reposent
sur
des
infrastructures presque inexistantes pour
des
populations
qui
demeurent
impuissantes
devant un tel
spectacle.
En
somme,
pendant
les
années 60 et à l'issue d'un
recensement
démographique,
l'exode rural représentait 39% de
la
population
totale
de
la
région.
C'est
un
taux
relativement
éloquent.
Au
rythme de l'essor urbain actuel,
les
données
doivent
avoir
changé.
Et
compte
tenu
du
dépeuplement
imminent
des
villages,-voire la disparition de
certains-
le
pourcentage
fr~le
la crète des 50%.
I l
n'est
alors
pas
étonnant
d'assister
à
des
effets
de
drainage,
c'est-à-dire
que les migrants reviennent de temps
en
temps
chez
eux
et apportent des
biens
à la famille.
Evidemment,
une
telle
attitude
ne peut que développer des
habitudes
de consommation et crée inévitablement un complexe
qui
se traduit par le mythe de la ville,
entrainant ainsi de
nouveaux
départs.
C'est
un mouvement infernal qui fait que
,
les
ruraux
débarquent
a
Port-Gentil,
abandonnant
leurs
activités
agricoles.
Ce
déferlement
sur
Port-Gentil
est
complété
par
une
arrivée
de
communautés
étrangères,
appartenant
à
des
horizons
divers et qui contribuent à la
croissance de la ville.
( '

-
132 -
.
/
Une immigration non negllgeable
L'entrée
au
Gabon de ressortissants étrangers venus
de
tous
les continents est un fait très remarquable.
Ainsi,
des
villes
comme
Port-Gentil
et
Libreville
ont
vu
leur
population
passer
du
simple
au
double
à
cause
d'une
immigration qui, dans la plupart des cas, reste désordonnée.
L'immigration
étrangère
ici
est
favorisée
par le
sous-peuplement
du
Gabon
en
général
et de Port-Gentil en
particulier.
Elle
se
fait
de
deux
manières:
la première
consiste
à
importer de la main d'oeuvre des pays africains.
Cette
procédure
envisagée et orchestrée par le gouvernement
a
pour
but
de
satisfaire les besoins
en
hommes dans les
industries
naissantes.
La
seconde, quant
à
elle,voit des
immigrants
infortunés
arriver
à
Port-Gentil par des voies
occultes ...
1)- Immigration étrangère et appel
ext~rieur
de main d'oeuvre.
L'importation
de
la
main
d'oeuvre
remonte
à
l'après-guerre.
Ce
mouvement
n'a
fait
que
confirmer
la
situation
démographique
du
pays
qui
est
d'une
"gravité
exceptionnelle."(1).
Et
pour
répondre
aux
besoins
de
l'industrie,
tout
en
se
rendant
compte
que
la ville de
Port-Gentil
et
les
régions
voisine~' ne constituent pas un
réservoir
suffisant
de
main d'oeuvre,
on s'est trouvé dans
(1) BOUET (C),
op cit, pp.
377

-
133 -
l'obligation
de
faire venir du personnel du Moyen-Congo,
du
Tchad
et
du
Cameroun
(1).
Il en
est
de m~me pour les
chantiers
forestiers
qui voient leurs effectifs comblés par
des contingents de travailleurs Nigériens (2).
Mais
comme on a pu le constater, cela ne s'est pas fait
sans
poser
des
problèmes.
En
1966,
Micheline ROUMEGEOUS
notait
"qu'à
Port-Gentil,
cet
attrait a été d'autant plus
violent
que
les
appels
d'offres
d'emplois
des
grandes
entreprises
ont
été
eux-m~mes très soudains. Port-Gentil
s'est
peuplé
par
à
coups.
Les
hommes
y
sont
arrivés
p~le-m~le,
ils
ont été logés sans que des regroupements
par
races
aient
pu
s'effectuer,
comme
ce
fut
le cas à
Libreville.
En
1962, il Y avait à la CFG des ouvriers de 81
groupes
ethniques,
parlant une soixantaine de langues"
(3).
Cependant,
elle
oublie
tout
de
m~me
d'évoquer
le
regroupement
des SARA (populations tchadiennes)
dans le camp
qui porte leur nom et qui a été construit par la CFG.
Après
les
industries
forestières
et
pétrolières,
l'industrie
du
batiment
a
emboité le pas en faisant venir
150
sénégalais.
A l'époque,
de grands chantiers
(4) étaient
ouverts
partout. Néanmoins,
il arrivait très souvent que les
populations
étrangères, même sous contrat, désertent leurs
emplois
pour
s'orienter
vers
d'autres
activités,
généralement
du
"compte
personnel" / ' alimentant
ainsi
le
secteur
informel,
d'ou
une
certaine
confusion.
(1) BOUQUEREL (J), op cit, pp. 193.
(2) BINET (J), op ci t, pp. 12.
(3)
ROUMEGEOUS (M), op cit.
(4) Ils étaient liés à la préparation du Sommet de l'OUA en 1977.

-
134 -
Quelques
expériences,
notamment
celle
des
"Nigériens
qui
se
révélèrent
des
concurrents redoutables
pour
les
autochtones,
ne se contentant pas
d'emplois
de
manoeuvres
et accédant à des postes plus importants ..• ", ont
été une source de frictions.
Toujours
est-il que le processus étant amorcé,
il se
poursuivra.
Lors
du
deuxième
plan quinquennal, 1971-1975,
l'évaluation
de
besoins
en
main
d'oeuvre était de 21 000
salariés.
Les planificateurs estimaient que pour couvrir ces
besoins,
deux
orientations étaient nécessaires:
la première
consistait
à
prélever
de
la
main
d'oeuvre
rurale
des
exploitations
traditionnelles agricoles. Quant à la seconde,
elle concerne l'importation de la main d'oeuvre étrangère.
Dans
le
m~me
document,
il
était
prévu que les
exploitants
agricoles, plus
de
59 000 personnes en
I960,
ne
représenteront
plus
que
39 000
en
1975.
Ce recul
du
paysannat
était
estimé
de
la
manière suivante
- En 1960,
le paysannat se situait à 52,4 %
- En 1970,
il était descendu à environ 41,2 %
- Et pour 1975, la projection atteignait les 31,2 %.
Pratiquement,
l'accélération
de cet exode rural est
inévitable
pour
un
pays qui, au départ, se caractérise par
une
Îaible démographie et par la suite bénéficie d'un rythme
d'industrialisation
rapide.
En
défi~itive, à la lecture du
deuxième
plan
quinquennal,
on
est
tenté
d'affirmer
que

- 135 -
l'exode
rural
est
non seulement inéluctable mais également
souhaitable
et
entretenu.
Mais
à
l'avenir,
les objectifs
visés
risquent
de
ne plus être atteints dans la mesure où
Port-Genti l
souffre
d'être
privé
d'un
véritable
arrière-pays,
car
la
plaine
côtière
est
à
peu
près
désertée
(1).
Et
dans
ce
cas
précis,
toute
politique
d'industrialisation
passe systématiquement par l'immigration
étrangère qui demeure une parade.
2)- L'immigration étrangère permanente
Elle
est
très
manifeste
à
Port-Gentil
et
se
caractérise
par
l'arrivée
d'étrangers
qui
utilisent
des
circuits
illégaux. Généralement,
il semble qu'ils s'engagent
comme
matelots
dans
des
bateaux.
Une fois arrivés à leur
port
d'attache,
ils
se dispersent dans la ville.
Une autre
forme
de
pénétration au Gabon est l'utilisation du titre de
"touriste".
Aucun contrÔle permanent n'est opéré.
On
ne
peut
arrêter
l'énumération
des
canaux
combien
occultes
utilisés
par
les populations étrangères.
Néanmoins,
il convient également de rappeler que beaucoup de
passages
se
font par les frontières.
Ainsi, au nord,
il y a
l'infiltration
Camérounaise, Nigérienne et Equato-guinéenne;
au
sud,
c'est le lieu de passage priyJlégié des Congolais et
Zaïrois.
Compte tenu des affinités linguistiques entre les
ethnies
frontalières
et
surtout les rapports parentaux,
il
(1) POURTIER (R), op cit.

-
136 -
est
très
difficle
d'y remédier.
En tout état de cause,
les
relations
familiales
qui
lient
certaines
populations
frontalières
permettent
d'observer
un
va et vient presque
quotidien.
A propos
de
cette
forme
d'immigration étrangère,
plus
ou
moins
individuelle,
on remarque qu'elle s'organise
surtout
autour
des
premiers
immigrants.
En
effet,
ces
derniers,
dans
un
souci
d'étendre
leurs
activités
commerciales
font venir de leurs pays respectifs des membres
de
leur
famille ou des amis qu'ils emploient à bon escient.
Si
bien
qu'à un moment donné,
nous assistons à un mouvement
cyclique,
comparable
à
celui
d'une chaîne ••• La plupart
des
nationalités
représentées
sont
les
Camerounais,
les
Sénégalais,
les
Béninois,
les
Togolais,
les Maliens,
les
Congolais,
les Equato-guinéens etc .••
3)- L'assistance technique en tant que forme
d'immigration étrangère.
Jusqu'ici
nous
n'avons
cerné
que
l'immigration
étrangère
d'origine
africaine.
Dans les lignes qui suivent,
il
convient
de
nous
pencher
sur
l'immigration étrangère
d'origine
Européenne
-notamment
Française-
qui
est
très
significative.
En
effet,
pour
le
cas
d6' Gabon,
des
données
historiques
lient
le
pays
à
la
France
qui est
très

- 137 -
présente,
tant
par
la
masse
des
capitaux -on précise au
passage
que
la plupart des capitaux sont étrangers- que par
les
effectifs
importants
du
personnel
d'encadrement.
Le
poids
des
accords
pèse
sur les quotas à respecter, ce qui
fait que ce nombre va toujours
croissant.
L'assistance
technique
apparaît presque dans tous
les
domaines.
Au
niveau
de l'administration générale, ils
sont
présents
?ot titre de IConseillers".Dans l'Education, non
seulement
ils
conçoivent
le
système
éducatif,
mais
ils
comptent
également
un
pourcentage
très fort d'enseignants
comme l'indique le tableau ci-après:
TYPE DE L'ENSEIGNEMENT
POURCENTAGE des ETRANGERS
~-
-Enseignement du 1er
degré
3,3 %
-Enseignement du 2eme degré
1) Enseignement général
64,8 %
2) Enseignement technique
56,8 %
3) Enseignement Normal
41 ,5 %
-Enseignement supérieur
59,1 %
Source:
Publication
officielle
annuelle
de l'Ambassade du
Gabon à Paris,I98 3.
De
ce
tableau, il ressort que plus de la moitié des
enseignants
sont
des expatriés. C'e~t très significatif. Il
faut
ajouter
à
l'Education
le
secteur
industriel où non
seulement
ils
sont
très
nombreux
en
tant que dirigeants
d'entreprises
ou encadreurs techniques, mais on peut insister

-
138 -
encore
sur-
le
fait
qu'ils
sont
postés
depuis
des
décennies ..
4)- Le bilan migr-atoir-e
Il
est
difficile
de
déter-miner- avec exactitude la
pr-ovenance
de
tous les immigr-ants. Les r-ecensements de 1960
et
1970
ne
four-nissent en effet, que des chiffr-es r-elatifs
au
nombre
de
per-sonnes
et
ne
donnent
aucune indication
détaillée
sur
les
mouvements
migr-atoires
à
l'intér-ieur-
même
du
pays.
Nous avons donc dO exploiter les données
concer-nant
les
r-ecensements
administr-atifs et de la Caisse
Nationale de Sécurité Sociale.
De
toute
évidence,
les conclusions auxquelles nous
ont
conduit
la
comparaison
de
ces dlffér-entes sources de
documentation
ne
peuvent
êtr-e
retenues
qu'à
titre
indicatif
et
ne
prétendent
pas
constituer
un
calcul
statistique
exhaustif.
Nous
cr-oyons
cependant
que
les
pourcentages
obtenus
r-eflètent,
gr-osso-modo,
le
sens des
mouvements migratoires qui affectent Por-t-Gentil.
En
ajustant
tous
les
r-ésultats
obtenus,
on peut
tenter
de
dégager-
les tendances génér-ales du peuplement de
Por-t-Gentil.
A
l'instar
de toutes les for-mes de migrations
que
nous
avons
vues,on
peut
avancer-
que
la
population
{'
masculine
l'empor-te
sur
la
population
féminine,
plus
stabilisée.
Les
3/4
de
la
population ur-baine ne sont pas

- 139 -
originaires
de Port-Gentil,
voire
de l 'Ogowe-Maritime ,
quand
bien
m~me
l'apport
de la région est considérable.
Deux
courants
majeurs apparaissent:
l'un issu des provinces
avoisinantes et l'autre de l'extérieur du Gabon.
Sans
doute
peut-on
attribuer
l'importance
du
Bas-Ogowe
comme
zone
de
départ des mouvements migratoires
aux conditions même de l'embauche à Elf-Gabon et à la CFG.
L'immigration
Port-Gentillaise
ne
correspond
donc
pas
à
un
déplacement
massif
et spontané des travailleurs
depuis
des
régions
éloignées;
mais
elle
est à mettre en
relation
avec
la
proximité
de
la
ville
pétrolifère
et
forestière,
ce
qui
explique
certainement
la
forte
participation
des
régions
traversées
par
le fleuve OGOWE
dans le peuplement de Port-Gentil
(Cf.Carte 12).
Ainsi,
l'étude
approfondie
de
la
population
de
Port-Gentil
peut
livrer
des
résultats
intéressants
sur
l'impact
des
mouvements
migratoires;
mais
étant donné la
forme
actuelle
des
chiffres
des
recensements,
toute
tentative
d'explication
logique
et
cohérente
exige
des
travaux
parallèles de sondage et de compilation,
travaux que
nous
n'avons
pas
pu
réaliser.
Notre
présentation
du
phénomène
migratoire
se
limite donc, faute
de documents, à
un
exposé
statique
des
faits
en
dehors
de
toute
{ '
considération
sur
l'évolution des flux migratoires. Tout au
plus,
peut-on
estimer,
grosso-modo,
l'apport
décennal de

-
140 -
certe 12 - LES
MIGRATIONS
REGIONALES
VERS
PORT GENTIL
t
rI - -:- -.- ~ - - -
- î
1
J
1
1
" (
1
1
1
\\
!
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10 0/ 0
( '
1
0
1
mm 10 0 20 0
mm 20oY;O,

-
141 -
l'immig~ation
en
~epo~tant
l'acc~oissement natu~el su~ la
population
totale
pou~
en
dédui~e
la
pa~t
dévolue
à
l'immig~ation.
Ces
calculs sommai~es et aléatoi~es (le taux
d'acc~oissement
natu~el
étant
faussé
pa~
le
sous-en~egist~ement des
naissances et des décès) pe~mettent
d'estime~
la
cont~ibution
de
Itimmig~ation
dans
l'augmentation de la population à envi~on 30 %.
Ce
b~ef
ape~çu su~ la situation démog~aphique de la
ville
de
Po~t-Gentil
nous a pe~mis de ce~ne~ avec p~udence
le
facteu~
humain,
p~incipalement son
aspect st~ictement
quantitatif.
Pou~
nous
~ésume~, nous abondons dans le sens
de
Claude BOUET en disant que "les deux villes impo~tantes :
Lib~eville,
capitale
administ~ative
et
politique;
et
Po~t-Gentil,
capitale
économique,
sont t~ès excent~ées pa~
~appo~t
au
~este
du
pays.
Dans
l'att~ait
p~io~itai~e
qU'elles
exe~cent
su~
la
majo~ité
des
immig~ants, elles
cont~ibuent à
accentue~
le
déséquilib~e démog~aphique au
p~ofit du seul Bas-Gabon côtie~" (1).
Pou~
ce
cas
p~écis,
les
tentatives
de solutions
passent
obligatoi~ement pa~
l'immig~ation ét~angè~e, soit
~~
le
biais
de
la
main d'oeuv~e quv~iè~e,
soit par le
canal
de l'assistance technique,ca~
"le p~oblème de la main
(1) BOUET (C), op cit, pp. 337.

-
142 -
d'oeuv~e
se
pose
avec
une
acuité su~aiguë, tant sur le
plan
quantitatif que qualitatif"
(1). Tout cela est confirmé
par
les options choisies par les autorités compétentes. Mais
n'est-on
pas
en
droit
de
se poser la même question que
Claude
BOVET,
en
ce
sens
que
"l'avenir
du
Gabon étant
orienté
vers
le
développement
industriel
de
marché;
le
sous-peuplement,
l'instabilité
des populations et le faible
accroissement
naturel
ne
devaient-ils
pas
décider
les
responsables
à
repenser
le
phénomène
migratoire
en
le
structurant
de façon à résoudre les problèmes du peuplement,
de
la
technologie, de la production ag~icole vivrière et du
ravitaillement
des
villes?"
(2).
Ce
qui
nous
conduit à
l'industrialisation
proprement
dite
de
la
ville
de
Port-Gentil, dont
les
relations
avec
le
peuplement
sont
importantes à définir.
(1) BOVET (C), op cit, pp. 375.
(2) BOVET (C), op cft, pp. 376.

- 143 -
CHAPITRE II - L'INDUSTRIALISATION
Jusqu'à
présent
nous
avons
en
quelque
sorte
déterminé
le
contexte
général:
le milieu et ses principaux
occupants.
Pour
nous résumer,
nous avons donné un aperçu de
l'environnement
et
du
cadre
de
vie,
fait
ressortir que
Port-Gentil
occupe une situation de carrefour d'eau mais que
le
peuplement
ne
suit
pas le rythme normal d'une ville de
pays
en
voie
de
développement.
En
d'autres
termes,
le
facteur population révèle des carences.
Néanmoins,
cela
n'a
tout
de
même pas freiné la
création
d'unités
industrielles assez importantes -par leur
capacité
de
production,
bien
que
limitées par le nombre-
plus
ou
moins
liées pour la plupart au bois et au pétrole.
Dans
ce
cas
précis,
il
ne
fait
aucun
doute
que
la
particularité
de
ce
début
d'industrialisation
est
la
bipolarisation.
Dans
les
lignes qui
suivent,
nous comptons
mettre
en
lumière
les
éléments
qui
ont
contribué
à
l'établissement
de
ces
structures
et
le
développement
qu'elles ont suivi.
II - 1. LES CONDITIONS DE L'INDUSTRIALISATION
Le
début
de
l'industrialisation et son évolution à
( '
Port-Gentil
sont
largement
tributaires
de
ce
qu'il
est
convenu
d'appeler
les
ressources
économiques.
Plus
ces

-
144 -
dernières
sont
quantitatives et qualitatives,
plus elles
demeurent
très
déterminantes
quant
à
la
nature
et
la
fixation
de
l'industrie.
Elles peuvent
revêtir
trois
formes
les
ressources
naturelles,
les
ressources
humaines
et les ressources en capitaux.
Déjà,
il convient de
faire
remarquer
que
toutes
ces
formes de ressources sont
concourantes
quand
bien m~me on a tendance à accorder une
plus
grande
importance
aux
deux premières, pour la simple
raison
qu'elles
sont
inhérentes aux ressources de base
du
pays.
Pour
ce
qui
est
des
ressources en capitaux,
elles
apparaissent
comme
la
résultante
des
deux
premières;
autrement
dit,
il
suffit
que les ressources naturelles et
humaines soient prouvées.
II - 1.1. Les ressources naturelles
Elles
sont à la base de tout décollage industriel,et
partant
de
tout
développement
économique.
Le
Gabon,
notamment
Port-Gentil
et
ses
environs, est doté de riches
ressources
naturelles,
dont
les
plus
probantes
sont les
ressources
forestières
qui
recouvrent les 4/5 du territoire,
et
de
nombreux
gisements
pétroliers (1).
Ce sont ces deux
principales composantes que nous examinerons.
{ '
, ,~.
l':'
II.1.1.1. La forêt.
Les
zones
foresti~res du Gàbon couvrent 55 millions
(1) Nous ne nous limitons qu'à ces ressources parce qu'elles se
localisent dans notre domaine d'étude.

- 145 -
d'hectares
et contiennent plusieurs variétés. Pour la région
qui
entoure
Port-Gentil,
c'est-à-dire l'Ogowé-Maritime, le
plan forestier peut se diviser en deux zones principales:
- l a partie nord de l'Ogowe qui produi t surtout l'Okoumé,
- e t
la
partie
située
au Centre-Sud qui fournit aussi
bien
l'Okoumé
qu'une
multitude de bois divers (1). On note
également
de
nombreuses
réserves
dont
les principales se
localisent dans les départements de Bendjé
(SANGATANGA
et
MADOUAKA-IWANDE)
et
d'EtilClboué
(REl,.BOKOTTO
et
MPIVIE) •
Nous
insisterons par la suite sur l'Okoumé qui a une
importance
particulière car il représente 65% de la totalité
des
exportations
de
bois
(2).
De
même,
nous
ferons
remarquer
au passage qu'à partir des ressources forestières,
le
Gabon
produit environ 115 millions de tonnes de bois par
an,
la
plupart
étant
exportées.
Ce
volume
d'activité a
suffi pour donner au Gabon
la
place de deuxième plus grand
exportateur de bois panni les pays africains. Aussi
faut-il
signaler
que
depuis
1963
la part des exportations de bois
dans
les
recettes
totales
d'exportation
a
chuté de 75%.
Néanmoins,
les
niveaux
de revenus des exportations de bois
ont progressivement augmenté.
Actuellement,
les
forêts
facilement
accessibles
sont
appauvries par une exploi tatior(' intensive
durant
la
dernière
décennie.
L'exploitation
reste cantonnée dans les
(1) On évoque
souvent
plus de
300 espèces.
(2) C.D.C.P, op cit.

-
146 -
réserves créées.
II.1.1.2. Le pétrole.
Il
fait
la prospérité du Gabon depuis une décennie.
Mais
les
réserves exploitables de pétrole au Gabon -dont la
localisation
se
fait
aux
alentours
de
Port-Gentil- sont
estimées
depuis
1980 à moins de 100 millions de tonnes dont
80% sont en mer.
La
tendance actuelle est d'essayer d'augmenter ce chiffre
par une recherche accrue sur terre. Cependant, les probabilit6s
de
trouver
des réserves supplémentaiLes sont très limitées,
étant
donné
la
taille réduite des champs de pétrole et le
coOt
élevé
nécessaire
pour
l'exploitation
des zones de
forêt dense.
A
titre
de
rappel,
au
cours de l'année 1977,
les
exportations
de
pétrole
Leprésentaient environ les 3/4 des
recettes
totales
d'exportation.
La
production
totale
de
pétrole
atteignait
11
millions de tonnes, soit un peu plus
du
double
du
niveau de production de 1970. Depuis quelques
années,
la
tendance
générale
est
à
l'abaissement
de la
production pour reculer l'échéance.
II - 1.2. Les reSSOULces humaines.
Elles
conditionnent
for~~ent
les
efforts
d'industrialisation.
Nous
ne
comptons
pas revenir sur les

-
147 -
aspects
d'une
population
locale
presque stationnaire mais
devons
plutôt
orienter notre propos vers deux directions,
à
savoir
le
bas
niveau
de
population
et
sa
faible
participation économique.
II.1.2.1.
Bas niveau de population et faible
croissance.
Depuis
les
recensements
jusqu'aux
estimations
actuelles,
la population du Gabon atteint au plus un million
d'habitants.
Compte
tenu
de
l'étendue du territoire c'est
une
population
de
petite
taille
qui
fait
ressortir une
densité inférieure à 4 habitants au km2.
La croissance
de
la
population
au
Gabon est très
lente, et
si
aucun fait majeur ne vient changer les données
du
problème,
elle
le
demeurera
encore
longtemps
C'est
un phénomène inhabituel dans le contexte international

de
forts taux d'augmentation de population traduisent un
trait caractéristique accompagnant le sous-développement.
Une
analyse de tendances de population entre 1970 et
1980 place la croissance de la population juste à 4% par an,
m~me
s'il
semble
que
l'immigration
reste
toujours
d'actualité
. Inévitablement,
le phénomène de bas niveau
de
population
et
de croissance a une conséquence immédiate
sur
l'offre
d'emplois d'activités productrices,et donc
sur
l'expansion potentielle du marché de c~~sommation.

-
14-8 -
II.1.2.2. Faible participation économique.
On
pense
généralement
que,
même avec une faible
amplitude
de
population
du
pays,
il y a habituellement un
bas
niveau
de
participation économique dans la population.
Cette
opinion est fondée et vérifiable
à
un certain nombre
de preuves :
Nous
avons
vu
que
les
conditions
pédologiques
à
Port-Gentil
ne
pouvaient donner naissance à une agriculture
de
qualité.
Ceci laisse entendre que l'activité agricole en
tant
que
telle
n'est pratiquée
que dans l'arrière-,ays,
hormis les quelques jardiniers maraîchers que l'on rencontre
ici et l~. Cela dit, on note une très petite part de l'agri-
culture dans la production totale. Elle ne dépasse même pas
la barre cIe s 5;10, c' e st
ce qui
traduit
la
nature
même
d'une agriculture de subsistance.
En
outre,
un
fait
frappant
à
Port-Gentil et qu'il
convient
de
souligner est la grande disparité visible entre
réserves
rurales
et
réserves urbaines;
il en est de même
dans
la
répartition de services sociaux. Cependant,
le fait
que
le pays
présente
l'un des taux d'alphabétisation le
plus
élevé
du
continent africain
est
un point positif.
Le
rapport
établi
ce
propos
par
le
C.D.C.? (2)
précise
qu'environ
85%
des
enfants entre 6 et 16 ans vont à
l'école.
( '
Enfin,
nous
devons
également
insister
sur la place

- 149 -
importante
qu'occupent
la
main
d'oeuvre
et
les
gestionnaires
étrangers.
Ce
n'est autre que le reflet
du
niveau
généralement
médiocre
de
la
formation
professionnelle
dans
le
pays.
Dans
une
certaine mesure,
c'est
la conséquence du rythme rapide de développement et de
la
nature
technologique
élevée
des
projets lancés durant
cette
période.
La dépendance vis-à-vis de la main-d'oeuvre
,ngère,
en
particulier
Française,
représente un drainage important
des
ressources
financières
du
Gabon,
sous
la
forme d'un
rapatriement
de fonds par
les citoyens étrangers dans leur
pays respectif.
II - 1.3. Les ressources en capitaux.
Le
Gabon
mise beaucoup sur les recettes du commerce
extérieur
de
ses
produits
exportés
pour
financer
son
développement.
Ainsi,
le
gouvernement obtient ces fonds en
imposant
une
taxe sur les industries et en jouant un rôle
actif à la production.
Evidemment,
d'autres
sources
supplémentaires
de
fonds
proviennent
de compagnies engagées dans la production,
qui
sont
obligées
de
canaliser
une
partie
de leurs
revenus
vers
un
fonds d'investissement.
C'est
le
cas
d'Elf-Gabon
avec la P.I.D.(1).
De plus, en tenant compte des
ressources
naturelles du pays et des~astes potentialités de
recettes
du
commerce extérieur,
le Gabon connait un taux de
(1) Ce sigle signifie Provision pour Investissements Diversifiés.
Nous en reparlerons.

-
150 -
crédit
favorable
qui
lui
permet d'emprunter extensivement
pour des projets d'investissements.
Ainsi
dégagées
les
trois
formes
de
ressources
indispensables
pour
un
développement
industriel,
l'on
s'aperçoit
qu'elles
ne
sont
pas
le
plus
souvent
concordantes.
C'est
ce
qui
peut
expliquer le cheminement
quelque
peu
nonchalent
du secteur industriel,
très fragile
par
conséquent.
La
bipolarisation
que nous évoquions plus
haut
concerne l'industrie du bois et du pétrole,
toutes deux
nécessi tant
un
potentiel
humain
considérable,
quantitativement
et
quaI i tati vement.
C'est
une
industrialisation
très
jeune,
datant
d'à
peu près quatre
décennies
et subissant bon gré mal gré les aléas économiques
mondiaux.
Toujours
est-il
que
les
deux
"familles
industrielles
"qui se présentent ~ nous, toutes axées sur le
pétrole
et
le
bois
constituent
la
base économique de la
ville et, de leur avenir
dépend celui de Port-Gentil.
11- 2.
L'EXPLOITATION FORE8TIERE
C'est
depuis
le
1ge
siècle
que
les
forestiers
Français
commencent l'exploitation des ressources situées au
niveau
de
Port-Gentil
et de ses en~irons. La découverte de
l'OKOUME
en
1912, richesse nationale,
marquait une nouvelle

-
151 -
phase
de
développement, bien
que
modeste.
D'emblée,
le
décollage
économique
du
pays
était axé sur l'exploitation
forestière
et
plus
précisément
l'exportation
de
grumes.
L' immense
bassin
de
l'Ogowe
renfermant
des
quantités
considérables
d'OKOUME, d'OZIGO, etc ... , on a d'abord centré
les
activités
dans
les zones de Lambaréné, de Ndjolé et du
Fernan-Vaz.
C'est principalement dans ces régions côtières
que
les
abattages
furent
localisés
à proximité des cours
d'eau
pouvant
favoriser l'évacuation des billes de bois par
flottage
jusqu'au port d'embarquement Port-Gentil.
Mais
l'évolution
des
choses n'a pas été si rapide,
essentiellement
à
cause
des
deux
grands
conflits
qui
ébranlèrent
l'Humanité
Pour
ce
faire,
il
fallut
attendre
l'année
1951
pour
voir
établir
l'industrie
du
bois
par
la
C.F.G.(1), qui
commença à
transformer
une
bonne partie
du
bois sur place. Dans le
m~me
ordre
d'idées
s'ouvrait
la
perspective
d'écouler les produits finis à travers les continents.
A
l'époque,
par
sa
grandeur
et
sa
capacité
de
traitement,
cette
usine
occupait le second rang mondial en
ce
qui
concerne
la
production
de
contreplaqué. L'Okoumé
devient
alors
le
bois
idéal pour l'industrie naissante du
déroulage
et
son essor commercial ne cesse de se développer
( '
jusqu'en
1955.
Ce
n'est
qu'à
partir de cette date que la
découverte du pétrole va rivaliser avec l'industrie du bois,
(1) Compagnie Française du Gabon devenue Compagnie Forestière du Gabon

-
152 -
compte tenu de la nouvelle orientation économique ...
Cependant
avant
d'en
arriver
là,
se déroule
une
activité
forestière
très
mouvementée,
tant
sur
le
plan
humain
-comme
nous
venons
de
le
voir - que
sur
le plan
économique.
Par
la
suite,
nous verrons que l'industrie du
bois
n'a tou,iours
pas
retrouvé sa suprématie d'antan;
les
embQches
n'étant
pas
encore
surmontées,
nous
nous
interrogerons
sur les grandes orientations nationales dans ce
domaine.
- LA MISE EN VALEUR DES RESSOURCES FORESTIERES.
L'industrie
forestière
passe
inévitablement
par
l'exploitation
des
ressources
forestières.
Elle remonte au
siècle
dernier
et
se poursuit tant
bien que mal.
Bien que
sa
part
diminue
relativement,
elle
a permis de mettre en
relief
plusieurs
intervenants.
Et
c'est
dans
un
souci
d'actualisation
que
nous analyserons la situation actuelle,
tout
en nous appuyant sur le passé. Toutefois,
il faut avoir
présent
à
l'esprit
que
pendant
longtemps,
elle a été une
exploitation
de
"type
minier".
De
nos
jours,
elle
est
strictement
règlementée
et
nous
comptons
insister sur ce
point précis dans un premier temps.
II.2.1. Le bois dans l'écont~ie gabonaise.
Si
nous
nous
penchons
systématiquement
sur
la

- 153 -
structure
économique
du
moment, nous nous rendons compte que
l'exploitation
forestière
a
une
contribution
très
négligeable:
3,1%
du P.I.B.
en 1981 et 1982,
contre 8,6% en
1972.~ais si onla compa~e avec d'autres secteurs, on est frllppé
par
le fait que l'exploitation forestière reste cependant un
atout
appréciable
par
son
concours aux exportations:
elle
fournit
7,6%
du
total
en
1982
contre
4,9%
et
4%
respectivement pour le manganèse et l'uranium.
Indépendamment
de
ces
statistiques
qui ne peuvent
s'illustrer
que
dans
la
forme
et
uniquement en tant que
données
économiques,
une
autre justification apparait pour
créditer
le
secteur
forestier.
En effet,
l'exploitation en
~nt
que
telle
des
essences
forestières
nécessite
des
infrastructures
de
communication
Ainsi
créées,
elles
contribuent
inéluctablement à jouer un rôle majeur dans la
pénétration
et
le
désenclavement
de régions entières.
Par
conséquent,
l'exploitation
du
bois
issu
de
la
forêt
gabonaise
occupe
une
place
prépondérante
sur le plan de
l'aménagement
du
territoire.
C'est
elle
qui
a
fixé
les
grandes voies de circulation régionale.
A
titre
indicatif,
la production forestière est de
l'ordre
de
1,2 millions de m3
(1).
Elle est concentrée dans
cinq
provinces
qui
sont par ordre d'importance croissante:
le
Woleu-Ntem, l'Ogowe-Ivindo,
la Ngd~nié, le Moyen-Ogowe et
l'Estuaire.
Toutes
ces
provinces contribuent à couvrir
(1) Donnée chiffrée de l'année 1982.

- 154 -
90% de la production nationale de grumes.
Dans
ces
conditions
précises
on
peut
mesurer le
rôle
du
bois
dans
l'économie
gabonaise.
Si,comme nous
venons
de
le
voir,
le
bois
n'est plus la seule richesse
nationale
par
excellence
en
ce
qui concerne les rentrées
financières
de
l'Etat,
cependant et fondamentalement, il a
une
importance
capitale
puisque
la
valeur
de
ses
exportations
a
atteint
au
cours de l'année 1977, le seuil
des
23,5 milliards de francs CFA. Car, "s'il est évident que
l'importance
du
bois
décline en même temps que celle des
autres
ressources
augmente,
son rôle reste primordial en
tant
que
premier
employeur
du
pays
avec
environ 17 500
personnes" (1 ) •
De
même, en 1968, les salaires distribués
par
les
entreprises du bois représentaient 23% du total des
salaires
versés,
soit
un
pourcentage supérieur à celui du
secteur
minier, pétrole compris; et ceci pour la plupart des
mines
dont
la
valeur
ajoutée
reste supérieure à celle du
bois: 39% contre 12,4%.
II.2.2. Aspect juridique.
Dans
le
passé,
l'exploitation
des
bois
s'est
singularisée
par
une
liberté
excessive.
Cela
a
duré
plusieurs
décennies.
Que
l'on
soit
étranger ou gabonais,
( '
tout
un
chacun avait la possibilité d'abattre les quantités
qu'il
désirait
et
dans
les secteurs de son choix. Dans ce
(1) Cf.Plan intérimaire 1980-1982: 11 600 pour l'exploitation et
5 500 pour les industries du bois.

- 155 -
contexte,
en
milieu indigène, l'Okoumé faisait l'objet d'un
usage
aussi
répandu
que fréquent. Ce qui ne manquait guère
d'éveiller
la curiosité non seulement des explorateurs, mais
également
des
premiers colonisateurs coureurs de brousse, à
la
recherche
des produits de la cueillette, successeurs des
épices,
auxquels
l'Europe
donnait
traditionnellement
une
grande valeur (1).
En
tout cas, cette liberté que nous venons d'évoquer
s'est
transformée en un gaspillage dangereux. Pour mettre un
terme
à cet état de choses,
il a fallu attendre le lendemain
de
la
guerre
1914-1918,
avec la publication d'un arrêté
subordonnant
les
coupes
(2)
de
bois
à
la délivrance de
Pennis.
Ce
n'est
qu'à
partir de ce moment précis qu'on se
réfère
à
une
règlementation,
si
complexe
soit-elle,
jusqu'aujourd'hui (3).
De
ce statut juridique, il
ressort que la forêt
gabonaise
est
un
domaine
privé de l'Etat. Par conséquent,
les
exploitants
ont
des
droits
momentanés
et
bien
déterminés.
Ils
ne
peuvent
accéder aux Permis Temporaires
d'Exploitation (PTE) que
dans des proportions et des limites bien
déterminées
(4).
Par
exemple,
la validité d'un tel permis
peut
se
limiter
soit
pour
toutes
les
espèces,
soit
uniquement
pour
les bois divers, à l'exclusion de l'Okoumé.
( '
De
même,
l'octroi
des
permis temporaires d'exploitation
est
subordonnée
à
la possession
soit d'un "droit de coupe"
(1)
Ce sont l'ébène, les bois rouges (PADOUK et ACAJOU),
le latex
(caoutchouc) de lianes. cf. Claude BOUET: IILa saga de l 'Okoumé ll ,
in C.ORSTOM, ND 3-4, 1980, pp. 269-272.
(2) SAUTTER (G), op cft, pp. 761, tome II.

-
156 -
qui
n'est
valable
que pou~ l'Okoumé,
soit d'un "d~oit de
dépôt
de
demande
de
pe~mis",
pou~
les
bois
dive~s
uniquement.
Ces
d~oits
s'obtiennent pa~ adjudication; dans
le
p~emie~
cas
"au ~abais" et, au "plus off~ant et de~nie~
enché~isseu~" dans le second.
Les
permis temporai~es d'exploitation peuvent être
"déposés"
en
un
ou
plusieurs
lots
délimités,
les
att~ibutai~es choisissant
en
toute
liberté l'emplacement
des
pe~mis.
dans
les
espaces vie~ges;
ils sont tenus de
donner
à
leurs
lots
des
formes
géométriques
bien
déte~minées.
Les
droits
des
coupes
quant
à
eux
sont
personnels
et
incessibles
cela
permet
d'empêcher la
spéculation.
On
doit
cependant préciser que les transferts
de
lots
sont possibles entre exploitants. Une taxe dite de
supe~ficie
est
annuellement pe~çue; elle ne prend fin qu'à
l'épuisement d'un permis et à son retour aux Domaines.
Aussi,
faut-il
souligner
qu'en
marge
des
permis
o~dinaires que nous venons de voir, sont délivrés des Pennis
Spéciaux
pour
des besoins locaux ou en vue d'un complément
d'exploitation.
Les
pe~mis
spéciaux
n'ont
pas
de
base
ter~ito~iale
rigoureuse mais autorisent la coupe d'un nombre
limité d'arbres.
II.2.3. Les différents permis"et leur superficie.
La
règlementation
que
nous
venons
de voir a fait
(3) Il convient de se ~éférer. au décret de 1946, fixant le reglme
fo~estier en A.E.F. et de ses arr~tés d'application. C'est
en quelque sorte la base du Code fo~estie~ Gabonais.
(4) A propos des Permis Temporai~es d'Exploitation (P.T.E), on fera
rema~que~ qu'il existe plusieurs catégories dont l'étendue
oscille entre 500 et 25 000 ha, et la durée entre 2 et 20 années.

- 151 -
apparaître
plusieurs
types
de
permis
forestiers.
Il
convient
de
faire
alors
la
distinction
entre les permis
accordés
aux
nationaux
et
ceux
accordés
à
la
fois aux
gabonais et aux étrangers:
1 - Permis exclusivement accordés aux Gabonais
Des
coupes
familiales
sont
accordées
par
adjudication
régionale
dans
la limite de 50 pieds martelés
par
le
titulaire
et par an.
Dans la plupart des cas, elles
se
situent
dans
les
périmètres
domaniaux des villages et
sont
attribuées
soit
à
une
famille
,
soit
à
tout un
village.
Des
lots
d'arbres ,bien déterminés,sont aussi octroyés aux
gabonais.
Ils
ne
dépassent
guère
les
5
000
ha
et
se
localisent
en première zone (Le Service des Eaux et For~ts
met en adjudication ces lots).
Enfin
des
Permis dits "spéciaux", donnés de gré à gré
dans
la
limite
de
30
pieds
par
titulaire,
sont
uniquement destinés à la consommation locale.
1
2 - Permis accordés indifferemment aux Gabonais
et aux Etrangers.
Les permis temporaires d'exploitation (P.T.E.).que nous
avons
vus un
peu
plus haut.
C'est la formule qui tend à se
généraliser
depuis
les années 1970.
Ils sont accordés après
l'octroi
d'un
permis
d 1 exPloitaÇion
destiné
à
la
reconnaissance
générale,
sur des superficies de 10 000 à

-
158 -
25.000 ha. Leur superficie proprement dite ne peut dépasser les
20
000
ha
accolés
afin
d'avoir un permis de 10 000 ha ou
,
plus,
d'un
seul
tenant
( 1 ) •
Ils
sont
destinés
a
la
production et à l'exportation des grumes.
Les
permis
industriels.
Comme
leur
nom
l'indique,
ils
assurent
l'approvisionnement des industries
locales.
La
surface
dépend
beaucoup
de la grandeur et de
l'importance
des
établissements
créés qui bénéficient tout
de
même
d'avantages
importants
d'attribution
et
de
fiscalité.
Ces
permis
sont
le
plus souvent accordés à de
très
grosses
sociétés
-étrangères
pour
la
plupart-
parce qu'elle
détiennent
les
capi taux
nécessaires
à
l'installation
d'une
usine.
Mais
il arrive que des grumes
ne soient ~as utilisées sur place; elles peuvent alors être
exportées.
Il Y a également les Permis liés à la zone d'attraction
du
chemin
de
fer,
qui
sont
attribués
par contrat. Mais
l'exploitation
reste
soumise à l'arrivée du Transgabonais à
,
Booué ,
et
à
la
construction de routes afferentes
(Cf. Ca r te 1 3) .
De
tous
les permis que nous venons de voir,
ce sont
les trois dernières catégories qui comportent une superficie
{ '
importante.
En
gros,
les
permis
industriels couvrent une
superficie
de 2 340 528 ha,
les P.T.E.
3 000 000 ha ,
(1) BARRET-LEFEUVRE (G).-Le bois dans l'économie Gabonaise
~evue Gabonaise d'Etudes Politiques Economiques et
JurIdiques.
1981,
p. 5.

- 159 -
car>e 13- L'EXPLOITATION
FORE5TIERE
(oour'ce
AT~AS i' 'us' Rf
du
GAGON, 1953 )
tN
1
{'
o
50
100
1SOkm
----',~
,
III zone des perm's accordes en 1980
ülllJ zone d'o~rracnor, du Tr'orsgobono;s
-
~
Est
de
1
okoume

-
100 -
et
ceux
liés
au
chemin
de
fer 1 520 000 ha. Tout compte
fait,
cela nous conduit à un total avoisinant
7 000 000
d'hectares.
C'est
une
surface
assez
importante
dans la
mesure
où,
rapportée
à
la
couverture
générale
de la
forêt
-soit
environ 23 millions d'hectares-,on s'aperçoit
qu'un
peu
plus
de
30%
du
total
est
théoriquement
mis
en valeur.
Certes,
la plupart des surfaces et des permis
sont
sous-exploités,
ce
qui
laisse
entendre que
ces
considérations
théoriques
entrent
dans le cadre d'un ordre de
grandeur.
Et
dans
le Tableau 7 de la page suivante on peut
résumer
la
grandeur
des
sociétés
disposant
de
permis
industriels.
II.2.4. Les zones d'exploitation forestière et
les essences rencontrées.
C'est
bel
et
bien
l'Okoumé
qui,
de
par
ses
nombreuses
qualités,
notamment
le flottage,
détermina
le
domaine
d' expl oi tation
forestière
en un
découpage en trois
zones. Celles-ci dénotent une exploitation concentrique à partir
des
centres
côtiers d'évacuation.
Autrement dit,
"la mise
en
valeur de la forêt gabonaise a été obérée et le demeure
encore,
par la difficulté d'évacuation
(1). C'est pour cette
raison
que
pendant
bien
longtemps,
l'exploitation
ne
concerna
que la zone côtière.
('
(1) BARRET-LEFEUVRE (G), op. Cit., p. 2.

-
161 -
TABLEAU 7
LES GRANDES SOCIETES ET LES PERMIS INDUSTRIELS.
- -
Sociétés
Superficie en ha.
CFG / CGPPO
917 000
ROUGIER / SADER
800 000
LEROY / SHM
590 000
LUTEXFO
5.56 000
BDG
532 000
SONG
500 000
CEB
489 000
CPSG
381 000
SHO / BTI
371 000
UFK
317 000
NSG / SEG
281 000
1
SOFON
250 000
SCFC
240 000
BAC / RAYER
239 000
SO.GA. FOR
204 000
SO.GA.CEL*
200 000
* A propos de la SO.GA.CEL, on peut préciser que l'usine
n'a jamais fonctionné; elle est définitivement enterrée ...
( '

- 162 -
1 - Les zones forestières
(Cf.Carte 14)
La
première et la plus anciennement exploitée est
la
région
c8tière. Prospectée des origines jusqu'en 1956,
elle
constitue
la
première
zone
forestière
définie
aux
termes
de
l'arrêté
du
28
Novembre
1956. C'est la plus
proche
de
l'océan atlantique.
Bien qu'exploitée depuis plus
plus
de
cinquante
ans"
elle recèle encore des
ressources
non
négligeables.
A
preuve,
l'exploitation
est
toujours
intensive
et
se localise dans l'Ouest du
pays,
suivant
sensiblement
le tracé du bassin sédimentaire
c8tier,
parallèlement
au
littoral.
Elle
concerne
les
régions
de l'Estuaire, du Bas-Ogowe
et
les abords
de
la
laG~ne Fernan-Vaz.
Jusqu'à
une
certaine
époque,
elle
fut
la
seule
exploitée.
Et
elle le demeurerait certainement, n'eQt-été
l'épUisement
et
surtout
le
développement
des
techniques
d'exploitation
qui
firent
en
sorte
que
les
chantiers
s'enfoncent davantage dans la for~t.
Cette
zone
a pour particularité d'~tre quadrillée
par un lacis de rivières innombrables permettant l'écoulement
facile
des
grumes
jusqu'à
Port-Gentil,
aux
termes
d'une
exploitation
par
des
moyens
quelque
peu
rudimentaires.
Strictement
réservée
aux
entreprises
gabonaises, elle est
particulièrement
privilégiée
par
«'Etat,
sous
forme
de
facilités
de
crédit,
d'assistance
technique,
de
plan de

163
ca,te 14- LES
ZOt\\IES
FORES TIERES
iN
1
190
200 km
~====_
.._-_.....'
Lirnte
des
pe,mls
occol'des
en
1900
- Llml~e du peuplement dokoume(Est)
mm Premlere zone
CJ Deuxle",e
~ T,olsleme

- 164 -
reforestation, etc ...
La
seconde
zone
est
contiguë
à
la
première.
Plus
éloignée, elle couvre les massifs montagneux
de
l'intérieur
et constitue actuellement la principale zone
de production du pays.
En fait, elle a été ouverte à l'exploitation après les
années marquant
l'indépendance
du
pays.
D'accès
moins facile que la
première
zone,
elle
est
attri buée
aux
grosses
sociétés
capitalistes
(1 )1.
Car
on
estime
que, pourvues de moyens
financiers
colossaux
et
techniques,
ces
sociétés
(strictement étrangères)
peuvent
intervenir
loin
de
la
côte,
dans
un
relief
plus
accidenté,
sur
un
réseau
hydrographique
moins
dense
et
surtout
plus tourmenté
de
rapides.
A
travers ce panorama, on ne peut douter du fait que
la
mise
en
valeur
de
cette
zone
exige
de
lourds
investissements
et
des moyens matériels puissants (2). Elle
est loin d'être achevée.
Enfin
la
troisième zone, jouxtant la précédente,
s'étend à
tout
l'Est
du pays. Apparemment, elle demeure
toujours
en
"fr iche", faute d'une voie d' évacuation adaptée.
Plus
vaste
que
les
deux
autres,
son
exploitation
sera
effectivement entreprise avec la mise en service complète du
premier
tronçon
du
chemin
de fer (Booué-Owendo. Dans cette
perspective,
elle
sera
bientôt "désenclavée". Néanmoins,
(1)
Ce
sont
entre
autres:LUTERMA,
ROUGIER,
LEROY,
B.D.O. ,
S.O.N.G.etc •.•
(2) Du type BULDOZERS 0.8 et 0.10, CHARGEURS, CAMIONS, GRUMIERS,
REMORQUEURS etc •••

- 165 -
il
semble
que, pratiquement, elle connait d'ores et déjà un
début d'exploitation, encore que timide.
Systématiquement,
le
découpage
du
pays
en
trois
zones
qui se coudoient
perpendiculairement au fleuve Ogowe
montre
bel et bien les difficultés que présente un type de
forêt
tropicale
humide
comme
on
en rencontre au Gabon.
Compte
tenu
des
moyens
très
rudimentaires
à l'époque
utilisés
par les exploitants,
la voie d'eau apparaît toute
indiquée
pour
l'évacuation
des
grumes. Par la suite,
nous
nous
rendrons
compte
que, riche
de
plusieurs
centaines
d'essences,
pour la plupart inexploitées ou sous-exploitées,
la forêt constitue
une valeur durable du Gabon.
2 - Les principaux bois exploités.
On
a
toujours
tendance
à identifier l'Okoumé à la
forêt
gabonaise.
Loin s'en faut.
On dénombre sensiblement
421
essences
diverses
(1).
Même si l'on ne s'accorde pas
exactement
sur
ce
chiffre,
toujours est-il que la forêt
gabonaise, regorge
de nombreuses espèces d'une hétérogéneité
naturelle
dans
la
mesure
où toutes les forêts primaires
s'y
prètent.
Toutefois,
dans
les
lignes qui vont suivre,
nous
insisterons
sur
l'Okoumé,
en
faisant
ressortir ses
{ '
aspects
fondamentaux,
non
seulement
en
tant
que
valeur
économique,
mais
surtout
en
tant
que
symbole
(1) D'après les comptages du Centre Technique Forestier Tropical
(C.T.F.T.).De son coté, Philippe DECRAENE avance le chiffre de
300 dont 100 exploitables, op cit pp.10.

- 166 -
d'industrialisation.
- L'Okoumé.
L'exploitation
forestière
au
Gabon
n'a dépassé le
stade
d'une cueillette rudimentaire qu'avec la détermination
de
la
valeur commerciale de l'Okoumé. Presque exclusivement
gabonais,
l'okoumé a été et demeure "la chance de la forêt
gabonaise" en général et des lacs du sud en particulier (1).
En
effet,
peu
éloignés
de
la
mer, ces lacs font
partie
de la zone riche en okoumé. Avec sa haute taille, son
tronc
clair et son fort diamètre accru à la base par d'épais
contreforts,
l'arbre
est fait pour attirer l'attention. Par
conséquent,
ses dimensions sont
int ére ssante s
à
rappeler : la
hauteur
oscille
entre 35 et 45 mètres, le fat,
d'un
diamètre de 1 à 1,50 mètre,qui se dresse verticalement;
les
premières
branches se trouvent entre 25 et 30 mètres du
sol.
Très
t~t, les riverains l'utilisèrent pour tailler
leurs
embarcations
et
pour
l'éclairage
lors
des
rites
traditionnels
d'initiation
ou autres veillées; sa résine s'y
prête,
surtout
avec
son
parfum
d'encens
(2).
Essence
forestière,
ancrée
au
coeur
de
l'Afrique noire, son aire
d'implantation
géographique
est
caractéristique
des
pays
limitrophes
du
Gabon.
Il s'agit de la Guinée -Equatoriale,
le
sud du Cameroun, la quasi totali~ du territoire gabonais
en
dehors
des
savanes'~ltogovéenne~~ du plateau Batéké, le
(1) SAUTTER (G), op.cit, pp.759,T II.
(2)
A
maintes
reprises,
les missionnaires européens l'ont employée,
~ûrement comme succédané de l'encens. La médecine traditionnelle,qùant
a
elle,l'utllise dans le traitement des abcès et son écorce dans celui
des diarrhées,
également pour les problèmes de puberté féminine.

- 167 -
nord-est
et la partie méridionale de la République Populaire
du Congo (1).
Mais
l'Okoumé a surtout des qualités,
qu'il s'agisse
de
son esthétique ou de sa texture.
En fait,
il existe trois
variétés;
la couleur générale est un blanc teinté de rose ou
de
rouge pâle (2). Tendre et léger, sa densité est faible:
0,45
en
moyenne,
faisant
de lui le matériau idéal pour le
flottage,
donc
facilement
acheminé
vers
les
ports
d'exportations
dans
un
pays où les voies de communications
autres
que
les
cours d'eau ont jusqu'à nos jours
été soit
inexistantes,
soit extr~mement précaires (3).
A
toutes les qualités que nous venons d'évoquer,
il
faut
ajouter
la
plus
importante,
l'aptitude
du
bois au
déroulage.
Il
se
travaille
facilement
en
ébénisterie et
surtout
convient
parfaitement
à
l'industrie
du
contre-placage.
Dès
qu'on
eut la certitude qu'il pouvait
remplacer
certains
bois
Européens (4) de faible valeur, il
devint
le
bois
industriel
courant.
Le potentiel d'Okoumé
dans
la
for~t
gabonaise
est estimé à 100 millions de m3
et,
compte
tenu
du
fait
qu'il
représente
90%
de
la
production
nationale,
il
est
le
premier bois exploité au
Gabon.
- Les autres bois.
{ '
Si
dans
les
statistiques
nationales
l'Okoumé
apparaît
en première ligne, on ne peut passer sous silence
(1)
L'explication
principale des limites de peuplement de l'Okoumé
nt du
climat. L'Okoumé est trés exigeant et supporte assez mal une saison
sèche
supérieure à 3 mois. La germinatio~~conditionnée par l'humidité.

-
168 -
les
nombreux
autres
bois
de la forêt Gabonaise qui sont
abattus.
En
fait,
l'Okoumé
a
plus
ou
moins
surclassé
d'autres
bois
traditionnellement
qualifiés
de
"précieux~
tels
que
l'ACAJOU,
le ,NIOVE,
le
BILINGA,
le DOUKA et le
KEVAZINGO,
voire
des essences flottables et également
déroulables
comme
l'OZIGO,
le
SIPO,
l'ILOMBA,
l'AIELE et
l'APO
(5).
Ils sont communément appelés "bois divers",
pour
être
differenciés
de
l'Okoumé.
C'est
un terme vague et
strictement commercial
(6).
Pour
la plupart,
la
caractéristique principale est
la
dureté.
On
peut les utiliser soit pour l'ébénisterie,
soit
comme bois d'oeuvre. Ils n'apparaissent presque pas dans
les
statistiques
internationales
parc~u'ils
ne
font pas
l'objet
d'une
exportation.
Non
seulement
les
tonnages
exploités
sont
très faibles -la difficulté de sciage de ces
bois
souvent
très
durs
est
un facteur supplémentaire de
leur
non
-exploitation-, mais
il
y a surtout le fait qu'à
propos
de
la
vente, elle ne se fait pas toujours aisément.
On
évoque
le
plus souvent le fait que ce sont des essences
insuffisar~ment connues, et l'étroitesse du marché caractérisé
par l'inorganisation.La production avoisine
50 000 m3.
Tout
en
s'appuyant
sur
l'exemple
des
ACAJOUS,
SAUTTER
note
qu'ils
pâtissent
d'un flottement dans leur
définition
commerciale
qui
favori~~ la confusion avec des
bois
médiocres.
Il ajoute également que leur exploitation se
(2) On parle de l'Okoumé blanc,
l'Okoumé rouge et l'Okoumé frisé.
(3) BOUET (C), op cit, p. 269
servaient
(4) Ce sont : le peuplier et le sapin qui
pour l'ébénisterie
ordinaire et la fabrication d'emballages (bottes à cigarettes).

- 169 -
heurte
à
une
excessive
dispersion,
due à la composition
hétérogène
de
la
forêt
équatoriale.
En
effet, sur 900
hectares
prospectés
en
détail,
les
sept espèces les plus
couramment
vendues
ne
représentaient
ensemble
que 3% du
peuplement
(1).
Dans
ces
conditions,
les bois divers sont
loin d'égaler l'Okoumé.
D'autre
part,
les
bois
divers
occupent
un
rang
appréciable
dans
des
domaines
autres
que
le commerce et
l'industrie;
les usages traditionnels font d'eux des plantes
utilitaires.
C'est
le
cas du Safoutier (Pachylobus edubis)
et de l'Ozi?,o(Pachylobus
buttreri) pour leurs fruits et leur
bois.
I l
en
est
de
même
pour
l'Ilomba
(Pycnanthus
angolensis
welw)
dont le bois léger est facilement débitable
en
planches
de
clivage;
ses
graines
sont
utiles
à
la
préparation d'un suif
médicamenteux'.
Cet
aperçu sur
les principales essences que renferme
la
forêt
gabonaise et l'usage
qu'on
en fait montre bien
que
l'utilisation
de l'Okoumé est très fréquente en milieu
indigène.
Si
les
autochtones
ont
été
frappés
par
les
quali tés
de
l'Okoumé
et
surtout
sa
facilité
à
être
travaillé
par
des
outils
rudimentaires pour fabriquer des
pirogues,
lui
conférant
ainsi une sorte de suprématie tant
symbolique
que
pratique sur toutes les autres essences dans
la
vie
quotidienne
paysanne,
les
occidentaux,
eux,
l'ont
hissé
au
rang
de
"valeur
industrielle
et économique du
(5) BOUET (C), op cit, pp. 270.
(6) BOUQUEREL (J), op. cit, pp. 71
(1) SAUTTER (G),
op cit, pp. 760, tII

- 170 -
Gabon",
culminant
ainsi
avec
la
cr~ation
de
chantiers
d'exploitation forestière.
II.2.5. Les chantiers forestiers.
L'exploitation
forestière
est
plus ou moins liée à
l '~volution
des
techniques.
Elle
se
définit
par
des
entreprises
animant
des
chantiers forestiers destinés à la
production
des
grumes, et par quelques unités industrielles
qui ont
pu
se d~velopper ici et là. Si nous nous attachons au
progrès
technique,
c'est
pour
insister
sur
le fait que
l'activité
forestière
remonte
au
siècle
dernier.
Inconnue
ou
méconnue
au
départ,
elle a été la base de
l'activit~
économique dans tout le pays jusqu'aux années 70.
On
ne
peut passer sous silence
les bouleversements de tous
ordres engend rés par l 'exploi tation forestière.
1 - L'époque de l'exploitation primaire.
L'exploitation
primaire
de
la
forêt
gabonaise
était
de
type
familial.
Tout en évoquant un peu plus haut
les
qualités de l'Okoumé et des autres bois, nous avons
vu
que
les
riverains avaient une idée précise sur l'utilité de
ces essences; mais ils n'allaient pas plus loin. Cependant,
l'arrivée
des
étrangers,
notamment
les
Europ~ens,
va
changer
les
données
du
problème.
L'activité
dépasse
désormais
le
cadre
familial
dans
la
mesure

il faut

- 171 -
préparer
les
billes
d'Okoumé
et
les
acheminer vers
Port-Gentil; autrement dit,
c'est le début du commerce.
Le
r~le
des
étrangers
est
très
important
à
souligner.
Ils étaiertt non seulement acheteurs de bois,
mais
également
bailleurs
de
fonds,
pourvoyeurs d'avances et de
petit
matériel.
C'étaient soit des particuliers,
soit des
sociétés
s'établissant
le
plus
souvent dans des endroits
stratégiques,
notamment le long des rives lacustres.
Avec
l'institution
du
permis
peu
après la guerre de 1914-1918,
les
étrangers
avaient
recours
aux
villageois
comme
"Tâcherons" dans le périmètre de leurs lots.
On .:"eut l'exTJl iquer ':Jar le fait 0eue l' exploitation de
l'Okoumé
posait
un
triple
problème,
de
la prospection à
l'organisation,
en passant par le recrutement.
Et l'aptitude
des
riverains
à
résoudre
ces
problèmes
passait par
leur
connaissance
particulière
des
peuplements d'Okoumé et leur
manière
d'utiliser
la
hache,
seul instrument de l'époque
pour l'abattage des gros arbres.
Les
rapports
entre étrangers et autochtones étaient
interdépendants
dans
la
mesure

les
riverains avaient
besoin
d'une
aide financière et que, en retour,
ils étaient
indispensables,
tant
pour
la
coupe des arbres que pour
leur acheminement vers le port d'expédition.
Mais
par
la
suite,
les arbres se raréfiant
sur les
rives
immédiates
des
principaux
lacs
et cours d'eau,
les

- 172 -
coOts
prohibitifs
des
moyens
techniques
et
financiers
aidant,
les
villageois
furent
dans
l'obligation
de
réintégrer
pleinement
les
entreprises
européennes,
supprimant
ainsi
l'oeuvre
des
tâcherons
(1)
et ouvrant
également une nouvelle ère,
celle de l'industrie.
2 - L'exploitation industrielle.
Elle
fut déclenchée par la montée des cours à partir
des
années
1920,
ce
qui
attira
beaucoup
d'Européens.
L'Okoumé
étant
très
recherché
et
les
intéressés ne
lésinant
pas
sur
les
moyens,
de
grosses
sociétés
s' installèrent.
Cependant
l'approche
des
années trente,
années de
crise
économique
mondiale,
secoua
sérieusement
les
exploitants
forestiers.
Tout
commençait
en
1927
par
un
fléchissement
des
cours
de
l'Okoumé,
suivi
d'un
effondrement.
En
1930,
l'Okoumé
passait de 525 F/tonne au
plus
haut à 200-250 F/tonne
et
la
misère
des
petits
exploitants
se
faisait sentir,
tandis que se fermaient de
nombreux
chantiers.
Comme
on
pouvait
s'y
attendre,
les
sociétés
liquidaient
leur
personnel.
A
propos
de
cette
fameuse
crise
du
bois,
SAUTTER
fait
remarquer
"qu'elle
secoue
durement le Gabon, mais lui sera finalement bénéfique
dans
la
mesure
où,
un
tri
s'opère entre les entreprises
forestières,
et
où,
sous
l'aiguillon
de
la mévente,
les
(1)
Il
n'y
a
plus
de
"tâcherons"
gabonais •.• Les vrais coupeurs
libres
ont
disparu,
il
ne reste sur quelques chantiers
qu'un petit
nombre
d'ouvriers
payés à la tonne,
mais travaillant avec le matériel
de l'employeur et surveillés de près.

- 173 -
producteurs
commencent
à
coordonner
leur
action
sur
le
ma r ché" (1)1.
Cet
effort d'organisation
a
été
récompensé par la
reprise
qui
s'annonce en 1932. Timide au départ, elle ne se
confirme
qu'en
1936
pour rechuter sérieusement en 1938. La
nouvelle
crise
se manifeste par une accumulation des stocks
aux
mains
des
importateurs
d'Europe.
Les
Allemands,
principaux
clients,
paient
avec
un
tel
retard
que
les
exportations
sont
suspendues
en Mai 1938, à destination de
leur
pays.
Ensuite la seconde guerre mondiale éclate et met
en
veilleuse
toute
l'activité économique gabonaise pendant
de
nombreuses
années.
Il
faut
attendre l'année 1946 pour
voir
une
reprise continue de la production jusqu'aux années
70.
Durant
toutes
ces
péripéties,
Port-Gentil ne joue
que
le
r~le
de
siège
de
Compagnies
de commerce et de
navigation,
principalement
de
relais
d'exploitation
forestière.
Désormais,
tout
se
passe
dans
un
climat
d'expansion
qui
entraine
une
multiplication des permis et
une
nette
réorganisation
du
marché
du bois au milieu des
années 70.
3 - La commercialisation du bois.
Si
l'exploitation
de
la
forêt gabonaise a connu
plusieurs
rebondissements
avec
la
participation
d'une
(1) SAUTTER (G), op cit, pp.
767,
t
II.

- 174 -
diversité
d'exploitants
forestiers
et
de producteurs, par
contre
l'exportation
des
principaux
produits ne
se
fait
que
sous
la
direction
de la Société Nationale des Bois du
Gabon (S.N.B.G.)
Créée
depuis
dix
ans,
cette société concentre des
pouvoirs
énormes
dans
la mesure où elle a la lourde charge
de
promouvoir
l'exploitation
forestière,
de commercialiser
les
bois,
de
stabiliser les prix et d'assurer la médiation
entre
producteurs
et
acheteurs.
En
d'autres
termes,
la
S.N.B.G.
fonctionne en fait sur le modèle d'une coopérative;
par
conséquent,
c'est
le
partenaire exclusif. En plus des
attributions
évoquées,
la société doit assurer régulièrement
la
prospection
de
nouveaux
marchés
et
encourager
la
diversification
de
la production nationale toujours dominée
par
une
variété
de
renommée
mondiale,
l'Okoumé. De toute
évidence,
cette
essence
forestière
est
la base même de
l'économie
forestière
présente
à
Port-Gentil
depuis les
années
50
avec
l'implantation
d'une
des
plus
grandes
industries
du bois du monde. Indépendamment des vicissitudes
économiques
du
moment, l'industrie forestière a contribué à
donner
à
la
ville
une
tradition, une identité,
reflétant
ainsi le dynamisme de l'Okoumé.
L'examen du schéma relatif à la commercialisation des
bois gabonais montre bien que la priorité des exportations
est réservée exclusivement à la S.N.B.G.; qu'il s'agisse de
l'OKOm~, de l'OZIGO et même en grande partie des bois divers •.
En revanche, la consommation locale est soit assurée par les
grandes sociétés elles-mêmes,
soit par la S.N.B.G.

- 175 -
CIRCUIT DE COMMERCIALISATION DES BOIS GABONAIS
PRODUCTION
FORESTIERE
1
COMMEllCIAUSATION
COMMERCIAUSATION
TRANSFORMATION
PAR
S.N.S.G.
LES SOCIETES FORESTIERES
INTEGREE
/ 1 \\ \\
1
1
xieri6.::
Okoumé
Otigo
Bois divers
Scieries
Bois diven
CFG et les autres grandes scieries
locale!!
Ùporlll
Exports
Erporb
local_
Exports
(SIfM. Rouqier Induslrie... )
A travers un tel circuit de commercialisation, on
remarque un contrôle de l'Etat par le biais de la S.N.B.G.
Toutefois, au cours des cinq dernières années et comme l'in-
dique le Tableau
ci-après, on mésure le rôle important joué
par les sociétés privées (une moyenne de 7% pour les bois di-
vers) et principalement la C.F.G. qui fonctionne entièrement
avec l'Okoumé exploité dans ses chantiers (soit 13,5% de
la
production totale). De leur côté, les petites scieries locales
ont un pourcentage très faible (1%). Cela s'explique du fait
qu'elles sont de taille modeste. D'une manière générale, mal-
gré la transformation intégrée opérée par la C.F.G., presque
les 3/4 de la production d'Okoumé est exportée à l'état brut
par la S.N.B.G.
Bois
En 1 000 m'
Scieries
Okoumé
Ozigo
Bois vendus
Consom·
Total
divelll
locales
S.N.B.G. S.N.B.G. S.N.B.G.
parles
malion
exporté
exporté
exporté
Sociétés
CFG
-
1980
32
1012
47
80
80
186
1437
- -
1981
10
925
39
60
17
191
1242
1982
17
868
40
80
140
189
1334
1983
10
989
44
80
134
196
1453
1984
14
1014
39
90
ISO
ITl
1484
1
II.2.6. Les industries de transformation du bois.
La
véritable
transformation du bois, de la grume
au contreplaqué,
ne
concerne que 20%
de
la
production
nationale. Ce pourcentage montre une insuffisance notoire

- 176 -
quant
à
la
transformation
industrielle
sur
place
des
produits
forestiers,
les
3/4
des
expo~tations se faisant
sous
forme
de
grumes.
En somme,
c'est un produit à l'état
plus
ou
moins b~ut que l'on comme~cialise, ent~ainant ainsi
une
fuite
des devises. Toutefois,
le souci
de valoriser en
quelque
sorte le bois exporté n'apparait qu'ap~ès la guerre,
avec
la
const~uction
de
scieries
et,
un
peu plus tard,
d'unités de déroulage et de placage.
1 - Les scieries.
En
1955
on
dénombrait
à peu près une quinzaine de
scie~ies
(1)
dans
tout le pays. Elles étaient remarquables
par
leu~
faible
capacité
et su~tout le nomb~e de sala~iés
très
limité.
Au cours de cette de~niè~e décennie, elles se
sont
multipliées
et
le
bois
exploité
dans
la vallée de
l'Ogowe est ainsi t~ansfo~mé en bois scié.
A
Port-Gentil,
ce
secteur
est
rep~ésenté
pa~ la
Société
Equato~iale
des
Bois
(S.E.B.)
et
la
Société
d'Indust~ie
du Bois du Gabon (S.I.B.A.G.),les plus iMportantes,
elles
inte~viennent su~tout
sur
le marché inté~ieur, très
demandeur.
Les produits du sciage géné~al du bois conce~nent
les
cha~pentes,
les
menuiseries,
le
bâtiment,
l'ameublement
et
même
le
bois
de
chauffage
(Le
bois
~ésiduel
est
toujours
vendu).
Pratiquement,
les scie~ies
alimentent
à la fois les particuliers,
les petits métiers et
(1) ROUMEGEOUS (M), op.cit. ,pp. 323-324.

- 177 -
les grandes entreprises.
Les
prix
pratiqués
sont
assez élevés et tendent à
réduire
l'utilisation
massive
du
bois comme par le passé.
Tout
cela peut parattre relatif dans la mesure où il n'y a
pas beaucoup de choix, la clientèle locale s'est accoutumée tant
bien
que
mal.
Les
marchés
extérieurs
sont
également
approvisionnés
car, pour une production totale de 151 000 m3
en
1980,
un
peu
plus
du
1/3, c'est-à-dire 60 OOOm3,a été
exporté.
2 - Le placage et le déroulage.
Deux
sociétés
font
à
la
fois
du
~lacage
et du
déroula[';e
à
Port-Gentil.
Il
s'agit
des
établissements
Placages
Gabonais
et
de
la Société Africaine de Déroulage
(S.A.D.E.R.);
cette dernière appartient au groupe Rougier et
Fil s
(la rlus importante); elle e st présente dans la ville
depuis
les
années
30.
A
l'origine,
elle
employait
80
personnes
et
sa
production
vers
les années 60 se situait
autour
de
5
000
m3.
Depuis lors, celle-ci s'est accrue, pour
atteindre
20
000
m3
au
début
des
années 70, comme
l'indique le tableau ci-après:
TABLEAU 9
PRODUCTION DE LA S.A.D.E.R.
ANNEES
Production
en m3
Chiffres d'Affaires
en milliers de FCFA
1974
22 517
764,5
1975
11 196
490
1976
16 056
689,2
1977
19 505
745,7
1978
19 778
1 025
Source
Direction Générale.

-
178 -
En
lisant ce tableau,
on est sensiblement frappé par
la
chute
de
la production en 1975. Décidément,
la crise du
bois
n'est
pas passée inaperçue;
ce qui n'empêche tout de
même
pas
la SADER qui emploie 140 gabonais d'appartenir
à l'élite forestière gabonaise.
3 - Le contreplaqué.
On
ne
peut
jamais
évoquer
le
contreplaqué
a
Port-Gentil
sans
parler
de
la C.F.G. C'est la seule unité
industrielle
au
Gabon
à
être
intégrée; elle transforme
l'Okoumé
en
panneaux en passant par le sciage, le déroulage
et le placage.
Industrie
géante
de
par sa grandeur et son impact,
la
CFG
est
le
reflet
de
toute
une
histoire,
celle de
l'industrialisation
de
la
ville, marquant ainsi un nouveau
processus.
Née
de
l'Okoumé,
ses
empreintes
tant
sur
l' habi tat
que
l'ébénisterie
marQuent les
quartiers de
la
ville.
A ce titre
perspective,
elle
mérite
bien une
monographie.
II.2.7. La Compagnie Forestière du Gabon (CFG).
Constituée
le
11
Octobre
1945,
les
travaux
de
génie-civil
proprement
dits
n'ont
démarré qu'en 1948,avec
bien
sar
des
difficultés
relatives
à
la
pénurie
de
matériaux,
au recrutement d'un personnel technique européen de

- 179 -
qualité,
à
la
rareté
de
la
main
d'oeuvre
locale
et à
l'absence
d'installations
de
débarquement
de tous ordres
(alimentation en eau, en électricité),de ressources vivrières
et de logement.
Déjà,
on
peut
mesurer les obstacles d'un décollage
industriel.~lais le but visé étant très nrécis, à savoir créer à
Port-Gentil
un
ensemble industriel
pouvant
transformer sur
place
l'Okoumé
gabonais,
une
société anonyme fut mise sur
pied,
répondant
au
sigle
C.F.G.
(Compagnie
Française du
Gabon).
1 - Evolution du capital.
Au
31 Décembre 1952,
il se situait à 355 millions de
francs
CFA et se composait de 5 groupes:
Le Groupe Seligman,
l'Union
Européenne
Industrielle
et
Financière,
le Port de
Rosario,
la
Caisse
Centrale de la France d'Outre-Mer et le
Crédit Marocain.
Cependant,
compte
tenu
des
problèmes
liés
à
la
commercialisation
-en
juillet
1952,
les
stocks
de
contreplaqués
étaient
de
8
000
m3 tandis que le carnet de
commandes
ne
relevait
que
600
m3-,
on eut recours à la
création
d'une
Société
de
Gestion
le 13 Janvier 1953 (La
S.G.C.F.G.).
C'est la solution qui s'imposait pour éviter un
éventuel
dépôt
de
bilan,
imminent
face à une situation
aussi critique.

-
180 -
La
S.G.C.F.G.
ainsi
créée
avait un capital de 300
millions
de
F F. détenu par l'Union Européenne Industrielle
et
Financière
41%),
la
Caisse
Centrale
de la France
d'Outre-Mer
(33,33%),
le
reste revenant à un certain
nombre
de
groupes
privés.
La convention de location était
signée
pour
une
durée
de 20 ans, à l'issue de laquelle un
accord
amiable
intervenait
entre
l'Etat
Français,
les
Banquiers
et
la
C.F.G.
pour
le remboursement des dettes.
C'est
dans
ces
conditions que la S.G.C.F.G. prenait à bail
les installations,
le matériel et le personnel de la C.F.G.
Actuellement,
le
capital
de
la
C.F.G.
est
de 2
milliards
sept
cent
soixante
dix millions et trois cent
cinquante
mille
francs C.F.A.,réparti en 184.690 actions de
15 000 FCFA de nominal. Prennent part à ce capital:
- L'Etat Gabonais (25 %)
- La Société Financière Monsigny-SEFIMO(20%)
- La Caisse Centrale de Coopération Economique (18%)
-
Bruynzeel BV (14%)
- La Compagnie Française de Développement des
entreprises (13%).
- La Société Financière FMO (10%).
On
peut
préciser
que l'actuelle dénomination de la
CFG
(Compagnie Forestière du Gabon) a été adoptée lors de la
convention
de
location
de 1973, où l'on a pris la décision
de
faire
absorber
ladite
société par la S.G.C.F.G.

-
181 -
Cela
résultait
du
désir
du
gouvernement
gabonais
qui envisageait
de prendre une part de 25% dans le capital de
la
compagnie au moyen d'une augmentation du capital réservé.
La
dernière
augmentation
date
de
1979
avec
l'entrée
à
hauteur
de
10%
du
capital
de
la compagnie de la Société
Financière
Needandaise
pour
les
pays
en
voie
de
développement.
2 - Développement de la compagnie.
C'est
la
CFG
qui
a
édifié
la
centrale
thermo-électrique
qui
est
,3-
l ' ori,c;ine
de
l'électrification
de
la
ville. Elle a conté 420 millions
de
francs
CFA
de
l'époque et a été rachetée le 13 juillet
1950
par
la Société d'Energie et d'Eau du Gabon (Ex-Société
d'Energie de Port-Gentil, Société d'Economie Mixte).
Ainsi,
toutes les conditions sont apparemment réunies
en
1950
et
plus
précisément en septembre, pour la mise en
route
de
la première cha!ne de déroulage. Mais les années
qui
suivent,
1951 et 1952, ne sont point glorieuses;
malgré
la
création de la S.G.C.F.G. pour juguler les problèmes liés
à
la
commercialisation,
on
doit une fois de plus faire de
nombreuses
mises
au
point sur les problèmes techniques qui
se
posent.
D'où
l'appel lancé fin 1954 au groupe Bruynzeel
-premier
indus tri el
du
bois
et
des
contreplaqués
en
Hollande-
et
la signature d'un contrat d'assistance en Juin

-
182 -
1955
entre la CFG et cette dernière qui entre désormais dans
le capital à hauteur de 10%.
L'Btat
gabonais
en
marge
jusqu'ici,
s'intéresse
maintenant
à
l'industrie
du
bois
par
la signature d'une
convention d'établissement le 23 Mars 1967.
3 - Le fonctionnement de la C.F.G.
Aux
difficultés
financières
et
techniques évoquées
plus
haut
et
apparemment
résolues,
s'est ajouté un autre
problème,
aussi
épineux
que
les
précédents
et
lié
à
l'approvisionnement
en
grumes
d'Okoumé de l'usine située à
Port-Gentil.
La
direction
de
la société, pour résoudre le
problème,
éprouve
alors
le
besoin
de se rendre maître
d'une partie au moins de ses approvisionnements.
Fin
1957,
le
problème
est
résolu,
la SGCFG prend
ainsi
le
contrÔle
de
deux
sociétés
d'exploitation
forestière
installées
depuis
très
longtemps
au Gabon.
Il
s'agit
de
la
Compagnie
Générale
des
Plantations
et
Palmeraies
de
l'Ogowe
(C.G.P.P.O) ~ et
de
la
Compagnie
d'Exploitation
Forestière
Africaine (CEFA)qui[fUsionnnent,la
première
absorbant
la
seconde.
Pour un souci
d'actualité,
on
peut
préciser
du
moins
que
jusqu'en I983, la C.F.G.
contrÔlait
à
88%
la
C.G.P.P.O.
Par
la
suite
et à la
demande
du
gouvernement,
la
C.G.P.P.O.
cessait
toute
activité
à
la
fin
de l'année 1975,
apportant des fonds de

-
183 -
commerce,
stock,
personnel
et
matériel
à
la C.F.G., aux
termes
d'un
contrat de location-gérance. C'est ainsi que la
C.F.G.
devient
un
exploitant
forestier doublé d'un rÔle
industr iel
en transformant une matière première,
l'Okoumé.
4 - Un véritable complexe industriel.
Au
départ,
l'usine de la C.F.G. ne pratiquait que du
déroulage
et
du
contreplacage; tout en n'employant que 860
personnes
dont
160
Européens
et
700 Africains. Depuis
1975,
un
programme
d'investissement
a été élaboré dans le
but
de
diversifier
la
production du centre industriel.II a
consiste
à
implanter
une
usine
de
panneaux
lattés,
une
scierie
pour
bois
divers
et
une
unité
de production de
portes isoplanes.
Les
acti vi tés
de
la CFG ont été orientées selon les
trois axes suivants:
S'assurer
la
maîtrise
de
ses
apprivisionnements
en
matières premières.
Se
doter
d'un
outil
de
travail
performant,
permettant
une mise en valeur poussée de la matière première
(bois) sui vantles besoinsdu marché
, et le maintenir.
S'assurer
le marché le plus large possible,à la mesure de
la
capacité
de
production
et
des réserves forestières du
pays.

-
184 -
Comme
on peut le constate~, tout cela ~ent~e dans le
cad~e
de
l'extension
et
de
la
dive~sification de
la
p~oduction,
de
la lutte cont~e la c~ise économique mondiale
du
bois,
afin de 90uvoir
aff~onte~ de
rl1ain-pied
la
concur~ence
internationale.
D'où le p~ojet de mode~nisation
s'étendant
su~ t~ois ans avec un investissement de près de 8
mil lards de francs CFA.
Cet
investissement
colossal
s'échelonne ent~e 1983
et
1985.
Il
est
issu
d'un
système
d'autofinancement,
d'emp~unts
et
d'un
appo~t
en
capital.
Le
but
p~écis
pou~suivi
est
de
~end~e
plus
pe~fo~mant
le
système des
dérouleuses
et
de
mett~e
en
place
des
séchoi~s
t~ès
modernes.
Toute
la
volonté
de réussir cette modernisation se
résume
dans
les propos déterminants de
M.CORMET,
Directeur
général
de
la
C.F.G.:
"Il faut désormais mettre sur pied
une
poli tique
comme~ciale
ag~essive
afin
d'ouv~i~ les
p~oduits
de la C.F.G. au ma~ché exté~ieu~. Pour ce fai~e, il
faut
dynamiser
la
production et concevoir une politique de
p~omotion
des
p~oduits.
Car,
on
ne
peut
oublier
la
concurrence
du
bois
asiatique qui est pou~tant de mauvaise
qua lité"
( 1 ) .
5 - Le potentiel humain et la p~oduction
Par
le
~ôle
histo~ique
et
la
grandeu~ de son
(1)
L'UNION.-Vers
la
modernisation
des
Installations:
la CFG
N°2245, 8è Année p. 3.

-
185 -
usine, la Cj,'r;
demeure un outil précieux pour le développement
économique
et
social
du
pays;
elle est restée un des plus
gros employeurs du Gabon.
Comme
nous
l'avons
noté
plus
haut,
un peu
plus
de
800
ouvriers
faisaient
tourner
les
machines
à
l'origine.
En 1957,
la societé augmentait ses effectifs pour
atteindre
1
202
employés
et, dix ans plus tard on pouvait
recenser
1
600
personnes.
En fait,
on constate que malgré
les
difficultés
que la société a eu à endurer, son effectif
ne
cesse
de croître.
Aujourd'hui,
elle
emploie
2 800
travailleurs
répartis
dans son usine de Port-Gentil et dans
les chantiers forestiers
(1).
L'~sine tourne 24h s~r 24 grâce au"système de quart"
qui
permet
d'utiliser
le
personnel de façon rotative. Sur
les
2
800
employés, 2 550 sont gabonais
(2).
La proportion
s'établit
de
la
manière
suivante:
1 travailleur sur trois
travaille
en forêt.
L'effectif des femmes est considérable
dans
la
mesure

elles
représentent 40% des ouvriers de
l'usine
(environ 600 femmes). Et sans distinction aucune,
on
les
rencontre
partout: dans les bureaux,
sur les chaînes
et même sur les engins mécaniques.
C'est
ce
potentiel
humain
que nous examinerons en
détail
dans
la troisième partie. Pour l'instant, on retiendra
tout
simplement
qu'il
permet
d'assurer
un
rythme
de
production
avoisinant
100 000 m3 de produits finis ou
(1)
Au
Nord de Ndjolé, dans le Moyen-Ogowe (NKANE et MIKONGO) et dans
la Ngounié du Côté de MANDJI (OVIGI et MAROGA).
(2)cFL'OGOWE
Maritime.- Ministère
de
l'Information, Multipress -Gabon
1982, p.11.

-
186 -
semi-finis.
Avec
une
capacité annuelle de production de 350 000
m3
de
grumes,
toutes essences confondues, la CFG couvre tous
ses
besoins
en
matière première. Par conséquent, elle vend
le
surplus
qu'elle ne peut transformer dans son usine. Dans
ce sens, elle a 8i8 en !Jlace un
processus d'optimisation de
la forêt gabonaise.
La
production
de
bois brut pour les deux dernières
années
était
de
310
000
m3 en 1982 et 323 000 m3 en 1983
(Okoumé
et bois divers inclus).
Quant aux produits finis,
la
production
se
répartit
comme
suit: Panneaux contreplaqués
',mltinlis
(75
000 m3), Panneaux lattés (10 000 m3), Sciages
(5
000
m3)
et
Portes
isoplanes (10 000 portes).
Il est à
noter
que
le
chiffre
d'affaires
en 1982 se situe à douze
milliards de francs CFA.
Indépendamment
des
effets
mondiaux
de la crise du
bois, les industries gabonaises du bois ont vu leurs marchés
extérieurs
se rétrécir, soit à cause de la création d'unités
parallèles,
soit
par
manque de compétitivité sur le
marché
international.
Pour illustrer notre propos,
nous nous
appuyons
sur
le
fait
que
les
contreplaqués fabriqués en
Europe
(notamment en France)
à partir de l'Okoumé importé du
Gabon
sont
moins
chers
de
28
à
32%
que
les produits
fabriqués
sur
place.
En
tout
état de cause,
un effort de

-
187 -
réorganisation
et
d'assainissement
doit
être
entrepris
auprès
des
fabricants locaux.
C'est
le
seul moyen pour
hisser
les industries du bois au tout premier rang parmi les
activités secondaires.
Mais en déhors de l'exem9le sp~cifique de la C.F.G.
Que
nous venons
de voir,
symbole d'une unité industrielle intégrée se
modernisant,
force
est
de
constater qu'il n'en existe pas
d'autre.
Tout
cela
s'explique
par
l'inactivité
des
nationaux
qui,
par
le
biais
de
la
petite
et
moyenne
entreprise contribueraient à développer le secteur du bois.
Une
usine
de la taille de la C.F.G. ne peut que nous mettre dans
le
cycle de la dépendance vis-à-vis des sociétés étrangères,
détenant les capitaux tant recherchés.
Toutefois,
l'étendue
de la forêt gabonaise,avec ses
réserves
en bois très i;l~)ortantes laisse bien au,zurer à 'une
reprise
de
l'activité
forestière.
Cette
reprise
passe
incontestablement
par
une
politique
industrielle
et
économique qui aille dans ce sens. C'est pourquoi, au cours de
la
dernière
décennie,
les
choix économiques entrepris par
les
autorités
compétentes
sont
à
réviser,
sachant que la
manne pétrolière
ne
durera oas éternellement.
Loin
de
nous
attarder
sur
des
chiffres,
nous
remarquons
que
le
bois
a
lonetemps occupé
une
place
importante
dans
l'économie
gabonaise;
car
sa

-
188 -
commercialisation
fournissait
le
1/3
du
produit national
brut du ~~ys jusqu'aux
années
70 (1). Mais à présent, la
baisse
des
activités
semble
décrire
une situation
quelque
peu
critique,
caractérisée
en
partie
par
le
vieillissement
de
certaines
installations. En outre, on ne
peut
manquer
de
rappeler
que
de
nombreuses
crises
généralisées
ont affecté le domaine du bois dont les séQl1clles
subsistC'lt encore.
Et c'est dans cette attitude nonchalante
que l'industrie du bois nersiste.
Les données récapitulatives des cinq dernières années
réswnent la situation actuelle du secteur forestier: depuis
1981 un léger mieux se fait sentir, que ce soit au niveau de
la production ou des exportations
Ce regain d'activité a été
h
rendu possible grâce à l'accroissement des commandes effectuées
par de nouveaux clients asiatiques; notamment Taïwan, Chine ,
Corée et Iran. Dans une moindre mesure, on peut également
évoquer l'amélioration de la demande internationale qui est
plus ou moins liée à la reprise des activités du bâtiment et
de l'ameublement dans les pays membres de la C.E.E.
(1)
Depuis
1970, le bois a perdu le premier rang qu'il détenait avant
la
mise
en
exploitation
sur
une
grande
échelle
des richesses du
sous-sol gabonais (pétrole, l'langnèse, uranium, etc .•. ).
Quelques chiffres peuvent l'illustrer:
PIB de 1968 à 1971:
1968
32,5% des exportations totales
1969
34,1%
1970
31,5%
"
" 1 9 7 1
26,4%
Malgré
ces
chiffres,
le
bois
continue à assurer à l'Etat 9% de ses
recettes et du travail à 28% de la populations active.

-
189 -
Production (milliers de m3 )
Exportations (milliers de m3) Exportations (milliards de F.)]
Okoumé
Bois
Total
Okoumé
Bois
Total
Okoumé
Bois
Total
+
+
+
Ozigo
divers
Ozigo
divers
Ozigo
divers
1980
1 192
240
1432
1059
208
1267
31,3
18,6
49,9
1981
980
250
1230
964
250
1214
27,0
14,7
41,7
1982
986
349
1335
908
268
1 176
30,5
16,5
47,0
1
1983
1103
350
1453
1033
300
1333
33,9
14,6
48,5
1
1984·
1 104
380
1484
1058
320
1378
36,7
14,3
51,0
·Estimation D. G.E.
N.B. : La commercialisation des bois autres que l'okoumé et l'ozigo (bois
divers) n'étant pas assurée entièrement par la S.N.B. G., le volume et la valeur des
exportations de ces essences sont estimés.
Cependant, il faut préciser que les chiffres de 1984
représentent une estimation qui tient compte du dérèglement
météorologique de la saison sèche 1984. A cet effet, on pense
que l'absence de saison sèche sur l'ensemble du territoire
national -début du cycle des plantations annuelles- a eu pour
conséquence principale d'abaisser la production de 15 à 20%(1).
Malgré ces aléas, on note une hausse de 2,1% de la production
de 1983 à 1984
Les exportations quant à elles se sont ac-
crues de 3,4% au cours de la même période.
(1) cf. Tableau de bord de l'économie gabonaise. -M.E.F.,Libreville,
p. 22, 1984.

-
190 -
Mais malgré les vastes réserves forestières,l'avenir
du secteur forestier dépend largement de la capacité du Gabon
à entreprendre des opérations de reboisement. Le graphique
représentant les surfaces reboisées de 1960 à 1983 fait ap-
paraître une chute vertigineuse des campagnes de reboisement,
devenues presque insignifiantes tout au long des années
70.
On espère la reprise amorcée depuis le début des années
80
se poursuivra pour atteindre le sommet des années 60,
au
cours desquelles on a enregistré les surfaces boisées les plus
vastes. On rappelera que selon la Direction du Reboisement et
des Opérations Sylvicoles, il faudra JOOO ha de surfaces re-
boisées par an pour maintenir le potentiel de
la
forêt
gabonaise. Comme on peut le remarquer, depuis 1967, on est
bien loin du compte.
4801
~
Fig 6 - LES SURFACES REBOISEES DE 1960 A 1983
(en hectares)
4500
3750
3000
~
~1789
2250
~
~
1832 1870
~-
~
1500
~
~
750
~
~
~
-
325
ft
~
Zll
139
69
110 113
98
71
1960 61
62 63 64 65 66 67
68 69 70 71
72 73 74 75 76 77 7B 79 BO BI
B2 B3

-
191 -
II - 3. L'INDUSTRIE DU PETROLE.
Elle
est largement représentée par des sociétés plus
ou
moins
liées
à
l'exploration
et
à la production. Très
récente,
elle
a
évolué sans particularité
aucune
et ce
n'est
qu'aux
alentours des années 1970 qu'elle se consolide
avec
la
création
d'une
première
unité
industrielle
de
raffinage.
Dans
la
situation présente,
on ne peut pas spéculer
sur
l'industrie poTt-gentillaise sans
parler
du
pétrole
proprement
dit,
non
seulement en tant que matière première
:nais éealement comme source d'énercie et d'industrialisation.
Il S 'av~re
_
ç
qu'au f"l"l des
.
annees,
il a fait partie de la vie
quotidienne
des
populations
de
Port-Gentil
et même des
villageois
dans
la
mesure

l'on
note une consommation
importante du pétrole lampant.
Contrairement
à
ce
que
pensent
beaucoup
de
personnes,
le
pétrole
a
tout
simplement succédé au bois,
sans
pour
autant
le
remplacer.
Et
s'il
l'a
largement
surclassé,
c'est
pour
obéir
à
une
certaine
orientation
politico-économique,
reposant
sur
l'idée selon laquelle il
est
plus
rentable
parce Qu'ayant
une forte valeur ajoutée.
Partant
de
ce
point
de
vue,
il
demeure
un
outil
indispensable
d'industrialisation
et
de
développement
du
pays.

- 192 -
Cette
vision
des
choses
mérite d'être éclaircie
dans
les
lignes
qui
suivent:
scénario
classique dans les
pays
en
voie
de
développement,
qui
culmine
avec
l'émergence
d'une
mono-industrie.
Pourtant,
comme
nous
venons
de
le
voir dans les chapitres précédents,
le bassin
sédimentaire
côtier en lui-même représente une véritable
couverture
naturelle ayant fourni
ses essences à la première
industrie
Port-Gentillaise
et
Gabonaise:
celle
du
bois.
Cependant,
sur le même espace côtier,
sur
terre
comme
en mer,
le sous-sol a été plus
attrayant
(et
il
l'est
davantage),
faisant
apparaître des
puits
et
des
gisements
pétrolifères
qui
envahissent
la
ville,
l'île Mandji et ses environs.
-LE PETROLE, TOUT UN SYMBOLE ECONOMIQUE.
De
nos jours,
l'activité pétrolière se poursuit avec
une
farouche détermination,
ce qui nourrit les espérances de
bon
nombre
de responsables pétroliers.
Ils affirment que le
sous-sol
gabonais est loin d'avoir livré tous ses secrets ...
Le
pétrole
qui
reste
à
trouver
exigera
des
efforts
importants
et
sera
coûteux;
il faut donc nous placer dans
les conditions qu'imposera son exploitation (1).
Cette
affirmation
répond
à
une
certaine logique;
l'économie
du
pays est largement tributaire du pétrole,à en
juger par
les chiffres,
bien éloquents:
en 1982,
le secteur
(1)
cf. Le ~onde du I-2/02/8I, p. 10.

- 193 -
pétrolier (uniquement) entrait
pour 46% dans la formation du
PIB.
Les
exportations
de
pétrole
et
produits dérivés
représentaient
81% du total
des exportations,et les recettes
budgétaires
qui
en
découlent s'élevaient à 310,2 milliards
de francs CFA.
Cependant,
au
niveau
de
la
production de pétrole
brut,
nous
sommes
très loin des 11,3 millions de tonnes de
l'année
prospère
1977;
et il
n'est
pas
évident de
les
rattraper
dans
un
proche
avenir
(1).
De même,
les
réserves
prouvées du Gabon étaient estimée~ à 64 millions de
tonnes
au
1er
janvier
de l'année
1983 . Tout cela ne va
pas
sans
cau.ser
du
souci
aux
autorités
pétrolières
compétentes
qui mettent désormais tous leurs efforts dans la
recherche.
Dans ce sens, en 1982, 59 milliards de francs CFA
ont
été
consacrés
à
l'exploration
en
mer
et sur terre.
Peut-être
une découverte importante lais~1era-t-elle mieux
augurer de l'avenir pétrolier au Gabon ..
Mais
la
situation
actuelle
du pétrole ne doit pas
nous
faire
perdre
de
vue
la
trentaine d'années qui nous
sépare
des
premières
investigations
tatillonnes
et
des
péripéties
endurées
à
travers
forêt primaire, forêt à
mangroves
et
rivières.
C'est de toute l'histoire pétrolière
qu'il
s'agit;
du
personnel
posté
en
permanence sur les
plates
formes
marines,
de
celui
du Terminal du Cap-Lapez
mais
également
de
celui
qui
occupe
les
ateliers de la
(1)
En 1980,
la production était de 8 895 millions de tonnes:
Deux ans
plus tard,
elle ne représentait que 7 748 millions de tonnes.

- 194 -
pointe
Akosso
à
Port-Gentil.
En
quelque
sorte,
cela
représente
tout un environnernent hurnain à appréhender .•. Notre
démarche
qui
va
dans
ce sens consiste à montrer qu'on est
parti
de
la
"civilisation" du
bois
pour
aboutir
à
la
"colonisation" pétrolière,
sans
transition
Pour
l'instant, nous ne nous limiterons pas qu'à percevoir l'activité
pétrolière comme facteur de croissance.
II - 3.1. Les conditions historiques et
juridiques de l'exploitation pétrolière.
C'est
depuis les années soixante que le pétrole brut
apparaît
dans
les statistiques internationales. Néanmoins,
il
faut
attendre
toute
une
décennie
pour
voir tous
les
regards
fixés
sur
le
Gabon,
au
coeur
de l'Afrique
équatoriale
et forestière. Dès lors le Gabon devient un objet
de
convoitise
et
son
appartenance
à
la
puissante
organisation
pétrolière
ü.P.E.P.(1)
en
tant
que membre à
part
entière
fait
de lui un producteur africain de pétrole
(2) •
En
fait,
l'adhésion
du
Gabon à cette organisation
n'a
fait que déclencher
voire
accentuer
une exploitation
tous
azimuts.
Cependant
le manque de découvertes probantes
de
la
trempe
des
toutes
premières,
est
un
signe
de
décadence
ou
plutôt
de
déséq uil i bre.
Comme
avec
le
bois,
les axes d'articulation sont dictés de
(1) Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole.
(2) DAVERAT (G), op.cit.,
pp. 31-56.

- 195 -
l'extérieur, car
le
libéralisme
vis-à-vis
des
sociétés
étrangères
(1)
n'a
fait
que
favoriser
l'implantation de
multinationales
-sociétés à grands capitaux-,
à côté d'une
participation
infime
de
l'Etat
Gabonais,
soit
25%
actuellement.
Mais
compte
tenu
de
la
valeur
ajoutée du
pétrole,
le
Gabon
tire des revenus considérables grâce à
sa
fiscalité(inspirée,bien entendu, par celle de l'O.F.B.F.),
également
sa
participation
au
capital
des
sociétés
exportatrices. Il convient de rappeler que tous ces revenus ont
permis de tripler le budget de l'Etat en 1975.
II.3.1.1. Le contexte historique
Pour
mieux comprendre l'histoire pétrolière du pays,
il
faut
remonter
aux
années
20.
Avec
un
peu
plus
de
précisions,
on peut noter que c'est à partir de 1928 (2) que
les
premières
missions
géologiques se dirigeaient au Gabon
et
principalement
dans
la
zone
couvrant
le
bassin
sédimentaire.
a) Les mi ssions
Pour
la
plupart
et
à
cette
époque plus ou moins
lointaine,
ce
n'étaient que des missions de reconnaissance.
La
toute
première fut américaine. Elle
avait
pour
but
d'évaluer
la
valeur
pétrolière du bassin sédimentaire
gabonais.
(1) Bien qu'étrangères,
la plupart sont de droit gabonais
(2) BOUQUEREL (J), op.cit.,
p.
186.

- 196 -
Par
la
suite,
les Français prirent la relève par le
biais
du
Service des Mines de l'A.E.F.
qui avait
soin de
prospecter
la
région côtière. Mais ce n'est encore qu'une
période
de
tâtonnement
puisque
le
début
véritable de la
recherche
pétrolière
se
si tue
après
la
guerr'e,avec la
constitution
de
la
Société
des
Pétroles
de
l'Afrique
Equatoriale
Française
(S.P.A.E.F.)
le
1er
juillet
1949.
Au?aravant,
la
mission
de
1932
r'évèlait
la
présence
d'indices
superfi ciel s
d'hydrocarbures
dans
la
partie
centr'ale
du bassin sédimentaire.
Ces indices n'étaient autres
que
des
sources
d'huile,
des suintements de bitume ou des
dépôts
d'asphaltes.
Et c'est effectivement l'abondance de
ces
indices
r'ecensés par' les diver'ses missions qui a conduit
à
créer
en
1934
un
Syndicat
d'Etudes
et
de Recherches
Pétrolières, antérieur à la S.P.A.E.F.
b) Les recherches
A
travers
les
missions
citées
précédemment,
on
mesure
déjà l'importance accordée au bassin sédimentaire par
le
gouvernement
général
de
l'A.E.F.
Aux
missions
de
reconnaissances
ont
succédé
des missions de recher'ches
pétrolières.
Financées
par
le
gouvernement
général
de
l'A.E.F.
et
l'Office
National
des
Combustibles liquides,
elles
n'étaient
que le complément de travaux d'un géologue,
M.HOURCQ
(1)
et arrivaient aux conclusions selon lesquelles
(1)
Ces
travaux
géologiques
étudiaient
les
possibilités du bassin
sédimentaire gabonais.

- 197 -
une
étude
détaillée
de l'fIe Mandji confirmait l'existence
de
structures géologiques pétrolifères liées à la tectoniQue
salifère.
Pour
répondre
à
cette éventualité,
il convenait de
mettre
sur
pied
des
structures
pour
mieux
organiser la
recherche
pétrolière.
D'où
la
création en 1934 du Service
d'Exploitation
et
de Recherches Pétrolières CS.E.R.P.) dont
le
capital
était
partagé
entre le Gouvernement Général de
l'A.E.F.,
l'Office
National
et
la Compagnie Française des
Pétroles
CC.F.P.).
Les
activités
se localisaient dans les
régions
de
Madiéla et dans le Fernan-Vaz. Un peu plus tard,
à
la
veille
de
la guerre,
des forages furent entrepris le
long du Rembo Nkomi,
un affluent du fleuve Ogowe.
Ce
fut
le
commencement du déclin d'une activité:
la
guerre aidant,
les travaux furent arrêtés en Juin 1940 car
les
résultats
escomptés
n'avaient ras ét~ atteints.Seule
consolation,
on
dressait
enfin
la première carte,
la plus
sérieuse
du
bassin
sédimentaire
du
Gabon
dont
la
reconnaissance
géologique
et
topographique avait porté sur
environ
40
000
km2.
Tout
cela
s'est déroulé au .prix- de
multiples
efforts
centrés
sur
de
longs
cheminements
en
forêt,
en longeant rivières et lagunes,
avec
certaines interruptions,
notamment en saison des pluies.
c) Les sociétés exploitantes'

-
198 -
Après
le contre-couTl de la seconde guerre mondiale, les
activités
ont
repris,
avec
un peu plus d'assurance cette
fois-ci,
parce que
la
carte
géologique
devient
l'outil
indispensable.
Les
travaux
sont
surtout orient~s ver~
la
prospection
p~trolière et les sondages, nécessitant ainsi la
participation
effective
de diverses sociétés et organismes,
pour la plupart de droit français.
La
plus
importante
est toujours en activité,
c'est
la
Société
des Pétroles d'Afrique Equatoriale Française qui
remplaçait
le
1er
juillet 1949 la Soci~té d'Exploration et
de
Recherches Pétrolières (1).
Elle était très puissante,
du
moins
financièrement parce qu'elle b~néficiait du soutien du
Gouvernement Général de l'A.E.F.
D'autres
soci~tés,
bien
que de moindre importance,
avaient
~galement des activités dans la région. C'est le cas
de
la
Compagnie
Française
de
Pétrole,
le
Bureau
de
Recherches
Pétrolières
(B.R.P.),
la
société de Recherches
Minières
et
Pétrolières
Coloniales
et un peu plus tard la
FINAREP et la COFIREP.
L'essentiel
de l'activité de recherche pétrolière se
déroulait
dans
la
région
du
lac
Azingo,
c'est-à-dire au
contact
du
bassin
sédimentaire
et
du
socle cristallin.
Mais
les
travaux
n'aboutissant qu'à de faibles indices,
on
abandonnait
cette
région
pour
s'établir
en
pleine
zone
cOtière

la
recherche
pouvait
enfin
bénéficier
des
(1) Actuellement, elle répond à la dénommination d'Elf-Gabon.

- 199 -
méthodes sismiques.
ct)
Les découvertes
Toutes
les missions que nous venons d'évoquer se sont
échelonnées
sur
vingt
années consécutives,
et ce n'est
qu'en
195Q
qu'on
obtient
la
certitude
que
le
sous-sol
gabonais
possède
effectivement
du
pétrole,
notamment dans
l'fIe
Mandji et près de Port-Gentil.
L'exploitation qui en
découle
ne
commence
qu'une année après. Bien que timide au
départ,
elle n'en mlit pas moins une sorte de cycle de
découvertes
sur les deux domaines principaux que nous allons
voir,à savoir
sur terre et en mer.
Domaine on-shore.
L'fIe du delta de l'Ogowe
sur
laquelle
se
trouve
Port-Gentil
est jusqu'à ce jour
dotée
d'une
cinquantaine
de
puits
plus ou moins en activité.
Au
mois
de
Janvier
1956,
on
enregistrait
la découverte du
premier
gisement, assez
important
pour
avoir
une
valeur
commerciale.
On
peut
le
situer
à
une
quarantaine
de
Kilomètres de
Port-Gentil,
plus
précisément
au
lieu
dit
OZOURT,
sur
les
bords de la rivière Animba,
qui forme avec
beaucoup d'autres,le delta de l'Ogowe
(Cf.PLANCHE 1 A et B).
Six
mois après,
c'est-à-dire en juillet de la même
année, on
découvrait
le
gisement
de Pointe Clairette, aux
abords
de
Port-Gentil.
Sur
le
plan
géologique,
le site
d'OZOURT
correspond
à
une
couche
imprégnée
d'huile

- 200-
planche
1
- Aclivdé de I-0~ ON-5f1CI<E .6U/l. L'Ue. hlandii-. Le nud.éJU.d fJÜJorde..6<j.lJ.e de 5hell-6abort.
( C.lic.lté : w- - GtBJN.)
- Vue d'un pui.;t.6 de péiAoLe t>i..tué à PoJd-6entil~éon e:l dépalti. dM ~ de pi.pe-.li.ne.6.
( CLi.ch.é : W - GABCiV ).

-
201 -
voisinant
avec
le
sommet
d'un
dÔme de sel;
tandis que
Pointe
Clairette
se
situe
dans les sables à plus de 1,000
mètres de profondeur.
Mais
si
l'année 1956 apparaît comme décisive en ce
qui
concerne
l'exploitation pétrolière, il n'en demeure pas
moins
qu'elle correspond également à l'agitation du canal de
Suez.
Ce
qui
entraine systématiquement une intensification
de
la
recherche
pétrolière
qui
éveillait
un
intérêt
particulier
à
un
moment

la
France craignait d'être
coupée de ses sources de ravitaillement.
Toutefois,
de
1957
à
1959,
de
nouveaux
champs
n?trolifères
succèdent aux premiers,
ce sont entre autres:
Mbega,
à
25
km
au
sud
de
Port-Gentil;
Animba,
voisin
d'Ozouri;
Alewana,
sur
une
11e
du delta,
tout juste en
face
de
Port-Gentil
et Tchengue,
à 10 km de Port-Gentil et
en
direction
d'Ozouri,
qui
relève de formations sableuses
datant
du Miocène. Dans la même foulée,
ont été découverts
les
gisements
de Tchengué-Océan,
à la sortie de Port-Gentil
et le champ de Lopez, voisin du cap dont il porte le nom.
Avant
de
quitter
ce
domaine,
on
doit
évoquer
également
le
gisement
de
Gamba,
situé
à
270
km
de
Port-Gentil,
une
possession
de
la
COSREG
Cette
découverte
précieuse intervenait au courant de l'année 1963.
Il
est
à
signaler
qu'auparavant,
des recherches poussées
depuis
1960
mettaient
déjà les exploitants sur les pistes

- 202 -
du
pétrole
qu'on
pouvait repérer entre 950 et 1 000 mètres
de
profondeur.
Aussi
doit-on
retenir
qu'au
terme
d'une
prospection
minutieuse
effectuée
une
année
après
sa
découverte,
il ressort que le champ pétrolifère de Gamba est
alors
considéré
comme
le plus important du Gabon et
le plus riche d'avenir.
- Domaine off-shore (Cf.PLANCHE II A et B)
La
recherche pétrolière dans l'espace maritime a été
amorcée
depuis
1961.
En
guise
de
transition
avec
l'exploitation
terrestre,
tout
a
débuté
sur
les
marges
atlantiques,
permettant ainsi de mettre à jour les gisements
de Tchengué Océan et Port-Gentil Océan.
L'extension
de
l'espace
pétrolier
en
mer
est
d'autant
plus
favorable
que
le plateau continental,
d'une
superficie
de
35· 000
km2
se
prête admirablement à des
forages.
Car
le talus continental est en moyenne à 50 km des
cetes,
excepté la zone du Cap-Lopez où il n'est qu'à 5 km.
Devant
de telles conditions,
l'on ne peut s'attendre
à
mettre
en
évidence
des
structures
de
plus
en
plus
intéressantes
pour
pouvoir
démarrer
convenablement
l'exploitation
dans
l'Atlantique
de
riches
gîtes
d'hydrocarbures.
Ainsi,
la prospection sismique marine s'est
révélée
plus
rapide
qu'à
terre,
quand
bien
même
les
conditions de travail
y de;:ce!<rent pénibles.
C'est
en surmontant les difficultés qu'on parvient à

-203 -
Jnche
Il
A - 5i.o:lion o/t-dl.Olle de G!tt.Jl'lL:ÜJl e:t ~ q.uaJ!:l.i.vt géniJud : I.e cenbte de Pl[odudi..on
e:t .le "ql1lJ/l.Ü-eJr." d '/w1Jila:lion. fCü.d.é EJJ - GAIJJN)
8 - /md.a1.laÜon ol!--~h.OJte de c.ondllit~ de pét;r.oJ..e : .le .6ea-.lUu!.. fCl.i.cJté : E1I - GABON)

- 204 -
opérer
en 1962, une des découvertes les plus spectaculaires;
ce
fut
le
premier
puits foré
en
mer
sur la plate-forme
continentale
au
lieudit
"Anguille", en
face
du secteur
terrestre
de Tchengué. Premier gisement marin de la zone,
sa
découverte
présente de ce fait un interêt majeur, d'autant
plus
que
les
progrès
techniques
réalisés
depuis
1958
permettaient
d'envisager
des
travaux
allant
jusqu'à
l'isobathe
de
100 mètres,
profondeur bien plus considérable
que celles qui ont été jusqu'ici prospectées (1).
Naturellement,
l'exploitation
d'"Anguille"
accentuait
le
cycle
de
recherches
en domaine maritime,
contr ibuant
par
la
même
occasion
à
étendre
l'espace
pétrolier.
De
1962
à
1978,
de nombreux gisements ont été
découverts,
mais
on
ne retiendra que les principaux champs
off-shore
de
Port-Gentil:
en 1969 et 1971,
respectivement
Torpille
et
Grondin;
en
1972,
ce sont Barbier, Mandaros,
Girelle,
Pageau, Gonelle et Brême; et en 1978, Olende.
En
fai t,
nous
ne
nous
limitons
qu'à
cette
énumération
'larce que
nous
n'avons
pas
tenu
compte
des
découvertes
dont
le
caractère commercial restait à prouver
(2).
Néanmoins, de
tous
les
champs pétrolifères cités,
on
retiendra
surtout
Grondin.
Il
reste
le
gisement le plus
important
jusqu'à
ce jour au Gabon,et produit à lui seul un
peu plus de 5 millions de tonnes par an.
De
toute
évidence,
ces
découvertes
ne se sont pas
(1) BOUQUEREL (J), op ci t.,
pp.190
(2) Pour mémoire, en 1978, on comptait plus de 50 puits en activité.

-
205 -
fattes
sans
entratner
certaines
répercussions au sein
même
des
sociétés
exploitantes.
C'est le cas de la SPAFE
qui
voit
son
capital
et
ses
effectifs
augmenter
considérablement,
acquiert
également
un
permis
d'exploitation
dans
le district de Port-Gentil et installe
au
Cap-Lopez
un
véritable
port à partir duquel
le pétrole
sera
stocké
ou
embarqué;
travaux
qui
exieent
inévitablement un investissement financier colossal.
e) Les conditions financières
Que
ce
soit
sur
terre
ou
en
mer,
la recherche
pétrolière
nécessite des moyens financiers importants. Il en
va
de même pour l'exploitation.
Pour ce faire,
les travaux
éxécutés
par
la
S.P.A.F.E.
ont
engendré
des
dépenses
considérables.
Plus
que nécessaires, elles répondaient à un
besoin lié à la croissance rapide de la société.
Malgré
le
soutien
que nous évoquions plus haut,
la
SPAFE
s'est
retrouvée
dans
de
sérieuses
difficultés
financières,
d'où
l'obligation
de s'associer
à
d'autres
sociétés pétrolières sur certaines parties de son permis.
La
première
association
fut
constituée
entre les
sociétés
SPAFE,
MOBIL et COSREG. Elle commenca à porter ses
fruits
à
partir
des
années
1960,
avec
la découverte de
Batanga
et
Rembo-Kotto.
Mais
en Décembre 1964,
la Société
Mobil
abandonnait
ses
droits à la recherche pour ne garder

- 206 -
qu'un
seul
secteur
d'exploitation.
Il
n'en
sera
pas de
même
pour
la COSREG (devenue SHELL-GABON en 1965) dont le
contrat
d'association signé le 20 Mars 1960 avec la SPAFE se
maintiendra.
Le
contrat d'association en question stipule que les
deux
sociétés
·doivent prospecter sur terre et en
mer dans
des
zones
bien
déterminées:
zone
c~tière
au sud de la
lagune
Iguéla,
autour
de Sette-Cama et de la lagune Ndogo.
En
d'autres termes, SHELL et SPAFE travaillent ensemble
sur
une
partie
du permis général SPAFE qui couvre environ 5 300
km2
et
correspond
à
la
région
de Sette-Cama et Gamba où
opère
précisément
la
compagnie
SHELL.
Cette association,
très
bien structurée, se poursuit de nos jours et intervient
même dans le social.
f) Les conditions techniques
En
fait,
ce souci
d'association
avait
pour but de
créer
une
force financière, afin de surmonter les problèmes
techniques,combien épineux.
Comme
nous
l'avons
vu
précédemment
avec
l'exploitation
forestière,
la
principale
difficulté
rencontrée
par
les
prospecteurs pétroliers reste le manque
de voies de circulation. L'infrastructure routière demeure
quasi-inexistante
La
recherche
pétrolière
terrestre
exige
de
la
forêt
naturelle quelques pistes, dont la

-
207 -
praticabilité
est
contraignante
et
l'entretien
plus
qu'onéreux.
La
seule solution
consiste
à "débrousser" sur
de longues étendues, à la machette.
Que
ce
soit
à
l'intérieur
des terres ou près des
côtes,
un nombre impressionnant de rivières arrose le pays
et
la
nécessité
de
la
recherche conduit les pétroliers à
improviser
des
ponts
de
fortune,
généralement
à base de
troncs
d'arbres;
une
solution
analogue a été adoptée pour
franchir les marécages et les marigots.
De
même,
les
camps
abritant
des
tentes
et
bâtiments
démontables
ne pouvaient s'établir que dans des
clairières.
L'avion était beaucoup utilisé pour le transport
des
hommes
et le ravitaillement des équipes;
il atterrissait
et
décollait
sur
des
terrains
de
fortune.
De plus,
les
hélicoptères étaient
souvent contraints au transport d'un
encombrant
matériel
de
géophysique,
de sondage ou forage,
da~s des conditions toujours bien difficiles. Lors~ue celui-ci
devenait trop lourd,
il empruntait le fleuve Ogowe.
Dans
un
autre
domaine,
les
sondages
en
mer
se
heurtaient
plutôt
à
des problèmes relevant de conditions
de
travail
malaisées.
En
effet,
un "champ marin" mobilise
plusieurs
hélicoptères,
avec ces "aller-retour" de remor~ueurs
très
coOteux.
En somme,
l'exploitation du pétrole dans ce
domaine
précis
entraine
des
investissements
importants,
nécessitant
en
particulier la mise en place de plate-formes

- 208 -
de forage,
de prodllction, dotées de logements et autres services.
Aussi
faut-il
songer
à
la
conception
d'ensembles de
stockage,de
sea-lines,et des embarcadères problematiques;
le
fond marin permettant difficilement l'accès aux pétroliers.
Il.3.1.2. Les conditions juridiques
A
suivre
l'évolution
de
l'activité
pétrolière du
Gabon,
l'on s'aperçoit que les conditions juridiques ne sont
pas
demeurées
statiques.
Elles
ont évolué parallèlement à
l'histoire
mouveruentée
du
pétrole et principalement
au
cours
des
années 70.0n peut a.nalyser ce l)rOcessus en trois
grandes
phases:
la première se situe
pendant la période
coloniale
et
précisément
lors de la pénétration Française.
La
deuxi ème
e st
liée
à
l'accession
du
pays
à
l'indépendance.
Quant
à
la troisième,
plutôt extérieure,
elle reflàte
beaUCOU!l
la
conj oncture internationale
sans ce sse changeante. l'iotons égale:::ent que nendant cette
dernière phase, l'action
des
pays
producteurs
et
exportateurs de pétrole devient nrédo~inante.
a) L'influence française.
L 'exTlloi tation
pétrolière
c1ébutant
dans
les
années
20
et,
à
cette
époque,
le
Gabon appartenant
à l'Afrique Equatoriale Française,
il
va
de
soi
que
les
lois
qui
VO;l.L
régir
catt" activi t(~
seront

-
209 -
fortement imprégnées par la législation française.
Sans
pour
autant nous attarder longuement sur cette
période,
on
peut
retenir
tout
simplement que les diveres
missions, incertaines, ne
relevaient
pour la plupart que de
sociétés
françaises,
appuyées
ou
soutenues
par
le
Gouvernement
Général
de l'A.E.F.
et appartenant au Syndicat
d'Etudes
et
de
Recherches
Pétrolières
(S.E.R.P.). Quinze
années
plus tard,
ce syndicat était remplacé par une société
anonyme
ayant
pour
raison sociale
La Société des Pétroles
d'Afrique Equatoriale Française (1).
La
nouvelle structure ainsi créée
obtient un permis
de recherches
de
116.640 km2
(2).
Il s'étend du
Gabon au
Congo
Français,
et répond à la dénomination "Permis général
de
recherches
minières". Valable pour une durée de quarante
ans,
il
va expirer en 1989.
Le permis en question se divise
en
deux
parties:
un permis de recherches terrestres couvrant
une
superficie
de
89·640 km2,
correspondant grosso-modo au
1/3
de
la
superficie totale du Gabon,et un autre permis se
situant
cette
fois-ci en zone marine avec une superficie de
27·000
km2
(3).
Il faut signaler que dans deux parties du
secteur
gabonais,
la SPAEF s'associe en 1959
à
la COSREG
et
MOBIL. Cette dernière se retira
en 1964.
Autrement dit,
les
deux
sociétés
associées,
la SPAEF et la COSREG opèrent
ensemble
sur
une
partie
du
permis
général
SPAEF.
Cette
partie
couvre environ 5·300 km2 et correspond à la région de
(1)
Les
principaux actionnaires sont:
Le BRP ,qui détient la majorité
du
capital,
soit 57,8 %, le gouvernement de l'AEF avec 2,3 % (soit le
quart ou 0,57 % pour le Gabon), la CFP ,Finarep, et Cofirep.
(2)
On
avance également le chiffre de 115.900 Km2.
Nous nous référons
principalement à J BOUQUEREL, op cit.,
pp 190.
(3) BOUQUEREL (J), op cit., pp 190.

-
210 -
Sette-Cama
et
Gamba,
siège des installations techniques de
la
COSREG.
Point
n'est
besoin
de
rappeler que le permis
général
de recherches couvre à peu près l'ensemble du bassin
sédimentaire du Gabon.
b)
L'avènement de l'indépendance
L'accession
du
Gabon
à l'indépendance entraine des
transformations, voire une
réorganisation
de l'exploitation
pétrolière.
En
effet,
une année après cet évènement historique,
la
SPAEF
change
de raison sociale et prend la dénomination
de
Société
des
Pétroles
de
l'Afrique
Equatoriale
(S.P.A.F.E.),
ayant
toujours
le
même rayon d'action,
le
Gabon et le Congo.
Cependant,
le
fait
le
plus
marquant
de
cette
deuxième
phase
fut
la loi du 2 Juin 1962, portant création
d'un
code
minier.
Désormais,
l'Etat,
propriétaire
du
sous-sol,
peut
concéder
des
droits
pour
la recherche et
l'exploitation
des
richesses
minières.
Il convient de voir
en
détail
les
grandes
articulations de ce Code minier sur
les hydrocarbures;
cinq points apparaIssent:
L'autorisation
de
prospection,
valable
5
ans ,non
exclusive;
Le
permis
de
recherches de 5 ans, avec possibilité de
trois
renouvellements
s'accompagnant
d'une
réduction
de

-
211
-
superficie.
Ce
permis
est exclusif et autorise les travaux
profonds (forages);
L'autorisation
provisoire
d'exploitation
de
deux ans
(pour
le
titulaire
d'un
permis de recherches au cas où il
ferait une découverte nécessitant une exploitation urgente).
le
permis
d'exploitation,
accordé
au
titulaire d'un
permis
de
recherches,
d'une
validité
de
5
ans,
pouvant
être renouvelé trois fois;
La
concession,
véritable
titre
immobilier,
exclusif,
accordée pour 75 ans renouvelables pour 25 ans.
Tout
ces
titres
sont soumis au versement de droits
fiscaux
(en
dehors
du
premier et du troisième titre,
tous
les
autres
sont accordés par décret).
En fait,
il faut voir
en
ce
titre
minier,
tout un processus s'intégrant dans un
système
évolutif
englobant
à
la
fois
la
recherche
et
l'exploitation.
En
d'autres
termes,
des
aménagements
aboutissant
à
des accords avec des compagnies s'intéressant
à
l'activité
pétrolière
au
Gabon
peuvent toujours être
apportés.
C'est
le
cas
de la loi du 4 Décembre 1965 qui a
pour
but de réformer la fiscalité minière.
Cette réforme qui
s'inspire
du
système
des royalties relevant de la pratique
courante
des
compagnies
pétrolières,
repose
sur
des
conventions
qui
traitent
de
la
redevance
minière
proportionnelle.
Elles
furent
signées
au cours de l'année
1967 avec les sociétés Shell et Gulf oil Company.

-
212 -
c) L'adhésion à l'O.P.E.P.
Elle
s'est
faite
d'une
manière
rapide et plus ou
moins
discrète.
Tout
a
commencé
au Moyen-Orient, par les
accords
de
Téhéran en Février et Tripoli en Avril 1971.
Ils
avaient
pour
but
d'augmenter
les
prix
du
pétrole
et
d'entrainer
l'amélioration
des
dispositions
fiscales pour
l'Etat gabonais.
Dans
la même période,
c'est-à-dire le 19
Avril
1971 ,
une
convention
entre
le
gouvernement
et
Elf-SPAFE
fut signée,
tout en tenant compte effectivement de
la si tua tion.
La
fiscalité
repose également sur les impÔts dont
les
principaux
sont la redevance minière proportionnelle de
12%
et
l'impÔt
sur
les
bénéfices
industriels
et
commerciaux
fixé
à
38%
(1).
L'Etat
étendra
ensuite ces
differentes mesures aux autres sociétés pétrolières.
A
partir
de
cet
instant
précis,
les choses vont
évoluer
rapidement.
En effet,
plus que l'adhésion proprement
dite
en
Novembre
1973
à
l'O.P.E.P.,
la
conjoncture
internationale
a
favorisé
la
signature
de conventions et
d'avenants
avec
les
nouvelles sociétés (2).
Mais de loi en
loi,
le
Gabon
cherche toujours à parfaire sa fiscalité.
Et
ce
qui
paratt
être décisif intervient en Décembre 1974
lorsque
l'Assemblée
Nationale
adopte
la
loi
pétrolière,
traduisant
ainsi
l'alignement
du Gabon sur l'O.P.E.P.
(3).
(1)
Il
faut
ajouter que 15 % du chiffre d'affaires sont déduits pour
frais
de transport,car
le permis général de recherches à terre devient
un permis normal appelé "Ogowe".II devrait expirer depuis 1976.
(2)
La
plus interessante de ces conventions est celle signée avec une
société
japonaise
(WED)
dans
la
mesure

les
clauses
seront
entérinées par une nouvelle loi
(3) cette loi est dépassée depuis 1976.

- 213 -
De
cette
loi
découlent
les décisions ultérieures dont
les dipositions suivantes sont à retenir:
La redevance minière proportionnelle
(1) est calculée à
partir
du prix affiché. (En 1976,
il se situe à 13,20 dollars
le
baril
pour le pétrole de qualité "Mandji"
et 13,50 pour
le
"Gamba").
Pour les hydrocarbures gazeux,
la redevance est
plus faible (2) •
Malgré
l'appartenance
du Gabon à l'O.P.E.P.
en tant
que
membre
à
part
entière,
ce
pays a tout de même une
originalité
dans
la
mesure où,non seulement la plupart des
gisements
se
localisent
dans
le
domaine "off-shore",
mais
surtout
la
forêt équatoriale en elle-même
représente
des
obstacles
(3 Y
à
la
prospection.
Ces
principaux
aspects
résument les difficultés rencontrées par
la
recherche
et
l'exploitation
ici
par
rapport
au
Moyen-Orient,
d'où un abattement sur les prix affichés
(4).
L'impôt sur les sociétés qui était d'abord relevé par
la
loi
à
56,25%
est
passé
à 73%. La base du calcul des
bénéfices

partir
du
prix
affiché
et des abattements-
reste identique à la redevance proportionnelle.
Celles
que
nous
venons
de voir sont les principales
sources
de
la
fiscalité
pétrolière.
D'autres
éléments
interviennent,
notamment
une
bonification
instaurée
non
seulement
à
la signature de la convention, mais également à
la
découverte
d'hydrocarbures
exploitables.
Ajouté
à
ce
(1)
A
l'origine son taux était de 5 %. La loi de 1974 le fixe ensuite
entre 12 et 16,67 % et passe aprés à 20 %
(2)
Un
abattement
de
5%
est
prévu
pour
le transport du puits au
terminal.
(3) Se référer aux conditions techniques évoquées plus haut.
(4)
Le
coefficient de modération est de 10% pour Elf-Gabon, et de 15%
pour Shell-Gabon

-
214 -
bonus,
une multitude de ~édevances d'impo~tance relativement
moind~e
sont
relevées.
Il s'agit des d~oits fixes minie~s,
des
redevances
superficiai~es
(1 ) ,
des
droits
d'enregistrement,
de
timbres,
d'immat~iculation,
de
transc~iption
fonciè~e
et
des
droits de douane favorables
principalement
à
l'importation
du matériel nécessaire à la
prospection et à la production.
Ainsi avons-nous dégagé les principaux axes de la fis-
alité
pét~olière
des de~nières années qui visent à acc~ortre les
recettes
fiscales
sans
pa~alyser
l'effo~t
des
sociétés
pét~olières.
De
plus,
la
tendance
actuelle
consiste
en
lracc~oissement
de
la
participation
de
l'Etat
dans
le
capital
de
ces
sociétés
(2).
Il
faut signaler que cette
mesu~e
est
déjà
effective
pour
les deux grandes sociétés
pét~olières Elf-Gabon et Shell-Gabon.
Les
ambitions
de l'Etat Gabonais sont grandes. Bien
que
n'ayant
pas enco~e mis cela en p~atique, il envisage de
développe~
une intervention plus active puisqu'il se réserve
la
possibilité
de p~end~e en nature, plutôt qu'en espèces
sa
pa~t
de
production
(3), ainsi que la redevance minière
p~opo~tionnelle.
C'est
dans cette perspective que s'insc~it
le
p~ojet
d'une
compagnie de t~anspo~t des hydroca~bu~es à
laquelle
serait
rése~vé
le
droit
de
transpo~ter 50% des
p~oduits
exportés.
De même,
on pense que l'orientation la
plus
importante
est
la
participation
des
sociétés
-
~
(1)
Elles
sont
réduites pour les gisements" off-sho~e" forés au-dela
d'une profondeur marine de 200 m
(2)
La
loi
de
1974 confirme la decision de l'éleve~ à 25 %. Dans le
cas
du
pétrole,
cette
mesure
va
dans le sens du p~incipe posé par
l'ordonnance
du
10
Juin
1972,
suivant
lequel
toutes les sociétés
installées
au
Gabon
doivent ceder gratuitement à l'Etat 10% de leurs
parts.
(3) Cela a abouti à la création de PETROGAB.

- 215 -
pétrolières
au
développement
du
pays. C'est-à-dire que le
pétrole
étant une richesse non renouvelable,
il est d'autant
plus
nécessaire
que
son exploitation contribue à créer des
,
entreprises
perennes
par
le
biais
de
la
Provision pour
Investissements
Diversifiés
(Nous
nous
référons
à la loi
pétrolière
de 1974 qui aboutit aux avenants des 28 Mars et 20
Octobre
1974,
et
à
la
convention d'établissement de 1971
entre la République Gabonaise et Elf-Gabon)(1).
II - 3.2. De la recherche au raffina~
La
situation
actuelle
de
la
recherche
n'est pas
brillante,
à
cause
de
la
renonciation à l'exploration de
certaines
sociétés
dont
la
présence
est
le plus souvent
éphémère.
Néanmoins,
le nombre de permis demeure important,
ce
qui
laisse augurer d'un
espoir
ou tout au moins
d'une préoccupation pour la recherche pétrolière. A l'intérieur
des
deux
grands
domaines
d'exploration
-Off-Shore
et On
Shore-,
on
observe
une
imbrication
des
permis;
c'est le
résultat
des
mutations
constantes
et
des
réductions
fréquentes
de superficie. Cela ne nous empêche pourtant pas de
distinguer
les
trois
paliers
qui
résument
la
recherche
pétrolière au Gabon:
De
toute
évidence,
l'exploration
a
débuté à terre.
Donc,
le
premier
palier se situe en pleine zone terrestre.
Comme
on
peut
le
penser,
elle
comporte toujours de très
(1)
Les textes stipulent que les sociétés pétrolières peuvent investir
jusqu'à
10%
de
leur
chiffre d'affaires réel et au moins 5% de leurs
bénéfices
dans
des
entreprises perennes, spécialement industrielles.
La
PlO ainsi conçue doit se réaliser par un commun accord entre l'Etat
et
les
sociétés.
Il
va
de
soi
que
le fondsainsi créé devient la
propriété
commune
de
l'Etat
et
de la compagnie pétrolière dans une
proportion
respective
de 65% et 35% (contre 51% et 49% à l'origine).
Ce
r~haussement du
pourcentage
en faveur de l'Etat est compensé par
des allègements de l'impôt sur les sociétés.

-
216 -
vastes
permis
qui
ne
sont
que la subdivision de l'ancien
permis
général
concédé
à
la
S.P.A.E.F. De nos jours,
les
activités
restent
plutôt
orientées
vers
la
région
de
Libreville,et très activement.
Ce
que
nous pouvons appeler le deuxième palier, c'est
tout
juste
la
bànde
"off-shore"
qui
jouxte
la
zone
précédente.
Victime
d'opérations
sismiques et de nombreux
forages,
elle
est limitée à l'ouest par les dômes de sel.
Avec
une
largeur
d'une
soixantaine
de kilomètres, sur le
plateau
continental
et
ne dépassant presque pas l'isobathe
de 120 mètres, les permis sont ici très morcellés.
Enfin,
en
allant
vers
les grandes profondeurs mais en
restant
sur le talus,
c'est plus ou moins le domaine réservé
aux
deux
principales
sociétés
(1).
Leurs permis sont
immenses
et
liés
à la profondeur marine que nous évoquions
plus
haut;
et
l'on
peut
présumer
qu'il
s'agit là d'une
option
pour
le futur.
Pour référence,
i l est à noter que le
record
dans
ce
domaine
demeure
le forage d'Astarté
effectué par la société Shell-Gabon à -655 mètres.
En
somme,
ces trois zones comparables à des marches
d'escalier
présentent
des
difficultés quant à la recherche
pétrolière.
Même
si
l'on
avance
le plus souvent que la
prospection
sismique
est
plus
aisée
en
mer
que
sur le
continent,
il faut tout de même reconna!tre qu'un forage
"off-shore"
nécessite
de
lourds
capitaux
financiers
(2),
(1)
Elles
étaient
au
nombre
de
trois
mais
GULF
a
renoncé à la
recherche.
(2)
Par
exemple
pour
le creusement d'un puits d'environ 3000 m,
le
c~ût tota~ revi~nt à 15 millions de francs CFA par jour, soit pour
clnq
semalnes pres de 500 millions. Mais ce n'est le pire car pour les
forages en mer du nord, le prix de la journée est évalué
à 400 000 FJ
soit
l'équivalent
de
20
millions de francs CFA cL" Le Monde"

- 211 -
détenus
au
Gabon
par
Elf-Gabon et Shell-Gabon qui,
malgré
les
résultats
décevants ("Cap-Lopez profond" a été un échec),
ne
cessent
d'accrottre
leur
contribution à la recherche
II.3.2.1. Les sociétés
Comparativement
au
secteur
forestier,
les sociétés
travaillant
pour
le
pétrole
sont
très nombreuses et leur
taille
varie
selon
des
activités
précises.
Certaines
n'opèrent
qu'une
partie
de
l'année,
d'autres ne sont que
contractuelles
et
les
quelques
permanentes
tendent
à
pratiquer
des contrats d'association pour pallier aux coûts
élevés de la recherche.
De
toutes
ces
catégories de sociétés, deux sortent
du
lot:
Elf-Gabon
et
Shell-Gabon,
liées
par
des accords
bilatéraux.
Bien
que
ses
effectifs
soient
réduits,
la
Société
Shell-Gabon
joue un rôle important sur le plan de
la
recherche
et
de
la
production
par
ses installations
techniques
situées
à
Gamba.
Quant à Elf-Gabon,
présent au
Gabon
depuis
1950
et hétitière de la S.P.A.E.F. ,elle bénéficie
des
plus grands permis du pays. Les nombreuses installations
dans
la
ville
et
au-delà
lui
assurent
les
2/3
de
la
production
de
brut
du pays. Et toute sa réussite se trouve
dans
les
contrats
d'association qu'elle a pu élaborer aussi
bien avec la société -mère Elf-Erap que Shell-Gabon.
Jusqu'en
1983, l~
puits
le
plus
cher du Gabon était
p- Lopez profond", avec
un
cout
de
plus de 700 milliards de francs CFA
(record de profondeur du Gabon =
4.670 m) cf.,"Tam-Tam" N°3,1983.

-
218 -
En dehors de ces sociétés, on peut noter la présence
de Mobil et Gulf. Mais ayant abandonné ses droits à la recher-
che et à la production, la première ne s'occupe guère que de
la distribution. Quant à la Gulf, elle détient
de
vastes
permis de recherches, et à partir de 1974 elle accéde
au
titre de producteur de pétrole brut. Elle est parfois associée
à Texaco.
D'autre
part, comme Mobil, beaucoup d'autres sociétés
ont tendance à renoncer à l'exploration, c'est le cas
de
Ashland-Esso. L'absence d'autres grands groupes pétroliers
est compensée par la présence d'une multitude de sociétés
de moindre importance. Nous faisons allusion à Chevron,
filiale de la Standard oil of California; Valmar, Mara,
OM.G., et le trio Murphy, Odéco et Océan, toutes produc-
trices depuis 1975. A côté de ces sociétés américaines
on
trouve les japonaises, représentées
par
Wed-1toh
et
Mitsubishi. Il faut également signaler l'arrivée de Hispanoil,
espagnole celle-là.
Pour répondre à cette pluralité, le Gabon se lance
de plain-pied dans l'activité pétrolière proprement dite
avec la création de Pétrogab, société renfermant uniquement
des capitaux nationaux; c'est peut-être le début d'une ère
nouvelle. Pour l'instant, Pétrogab commercialise les 25%
qui reviennent à l'Etat et elle envisage pour l'avenir de
s'attaquer également à la recherche pétrolière. Cependant,
un fait important à souligner est la présence d'AffiOCo, dont
le début d'activité en 1984 a permis un léger redressement
des activités pétrolières •.

- 219 -
II.3.2.2. La production
Seules
les sociétés présentes au Gabon contribuent à
la
production
du
brut
Gabonais.
Pour mieux nous situer,
nous
avons
précisé
que l'exploitation du pétrole et
la
production
de
certains gisements remontent au début des
découvertes.
La
première production remonte à 1957 avec
173.000 tonnes
et
elle
fut
chargée au Cap-Lopez
(Cf.Planche
III) •
C'est
précisément
le
gisement
OZOURI qui ouvre le
cycle de
production;
il
se
situe
aux bouches de l'Ogowe.
Depuis
lors,
la
production
augmente normalement
jusqu'en
1976 (Cf .Tableau 11). La production pétrolière, bien
que
continue,
est irrationnelle du fait des découvertes
qui,le plus souvent~relèvent du simple fait du hasard.
En
1958,
la production passe à plus de 500 000 t. de
pétrole.
Tous
les
gisements
de
l'époque,
se
trouvant
uniquement
en
domaine on-shore, se répartissent comme suit:
Mbéga
avec
167
000
t,
Pointe
Clairette
150000 t,
Ozouri
autour
de
133. 000
t,
Cap-Lapez
10. 000 t
,
enfin Alewana, 5000 t.
L'année
suivante,
les
difficultés
financières qui
frappent
la
S.P.A.F.E.
entrainent
des
licenciements
de
personnel
sans
pour
autant
entraver l'accroissement de la
production;
elle
s'élève à 753 000 tonnes pour dépasser

- 220-
Planche
III
Vue ç.énéJude du 7eJUnin.a1.. PéiltoLi.eJr. du COfH-0pe~.
Au p1L~ pLan : le poJd. pétAoLUvr., Mm quoi. fJIli-nci.pal e;t 1.e-1 deux
ball.iJ€-6
en. n.ade. Au 6econd. pl.on., diveM ltéoeJtvoiA6 de pétJr.o1.e bJUd, pJlê:t à embwupuvr. ou
à êiJr.e. CJJI'IIi.uli. paJt pi..pR.-1in.e.t, jll.MjU'à La 50.GA.RA. On peut. ~emen.i.. obiJeJtveJt p1.UMeJlIU>
i.ndaLl.a:Li..0IUJ :teduU..<j1.l.etJ aprJ/lOpll.i.ée.t. e;t une nappe d'eau. ~ : ''Le Lac d.e.t. B~".
fft/-in, de 1.'auiAe extJr.éJni..ti. émeJU;e l'océan ~ue.. (ClicJzé : W- - GAfJJN )

- 221 -
TABLEAU 11
PRODUCTION TOTALE DE PETROLE DU GABON DEPUIS 1957
1957
177 000 tonnes
1958
585 000
1959
753 000
1960
800 000
1961
775 000
1962
828 000
1963
890 000
1964
1 059 000
1965
1 265 000
1966
1 448 000
1967
3 445 000
1968
4 642 000
1969
5 067 000
1970
5 423 000
1971
5 796 000
1972
6 384 000
1973
7 598 000
1974
10 202 000
1975
11 316 000
1976
11 325 000
1977
11 267 000
1978
10 600 000
1979
9 799 000
1980
8 895 000

-
222 -
800
000 tonnes en 1960
grâce à
la mise en exploitation du
champ de Batanga (1) et du champ de Rembo-Kotto.
A
cette
période
positive
succède une période marquée par
une
stagnation,
voire
un recul.
En effet, durant les trois
années
consécutives qui suivent, aucune augmentation
notoire
de
la
production
n'est
constatée
la
diminution
de
1961
ramène
le
chiffre
total
de
la
production
à
775
000
t,laquelle se redresse en I962 avec
827000 t e t l'année d'après 890 000 t;
les champs pétrolifères
les
plus
importants
de
l'époque
étant
ceux
de
Pointe
Clairette, Port-Gentil et Tchengué
.
En fait, même sans suivre l'évolution de la production
d'année en année,
on
perçoit bien vite,
durant
la première
décennie,
une ascension
de la production, si lente
soit-elle,
localisée
sur
l'rIe
Mandji
même
et
aux
alentours.
Et
le premier gisement marin, Anguille, exploité
en
1962,
va
dans
le
sens
d'un
accrorssement
de
la
production,
concrétisé
par
la mise en exploitation en 1967
du
gisement
terrestre
de Gamba
à
l'origine
d'un
bond
spectaculaire de la production (2).
Par
la suite et
en nous situant directement dans les
années
70,
force
est
de
constater
que
ce sont les plus
prospères.
La période
197I-I976
est assimilée à ce
qu'on
a
appelé le "boom économique gabonais",
dont
les
années
1973-1974
correspondent au "choc pétrolier".
Elle
(1) Le champ de Batanga produisait alors 80 à 100.000 t.
(2)
En
1965,
Mme
BOUQUEREL
écrivait:
"Si
le
champ d'Aguille est
entièrement
exploité
avec
le
gisement
de
GAMBA,
le Gabon pourrait
produire
en
1968
ou 1969 environ 4 millions 1/2 de tonnes de pétrole
par an, soit le double de la production française actuelle".

- 223 -
se caractérise par un quadruplement des prix du pétrole
et
une
hausse
vertigineuse
de
la
production de brut qui
passe
de
7. 598 . 000
t
à
10. 202.000 t
; on n'a plus
jamais enregistré une croissance de ce genre •••
Dans
le même ordre d'idées, la production augmente
d'un
million
de
tonnes en 1975 pour se stabiliser en 1976,
avant
d'amorcer
la
baisse
notoire
que
nous
connaissons
jusqu'à ce jour. En 1980, la production de pétrole brut était
de
8
895 000 t. Précisément pour les années 80, la tendance
qui
déjà
à
la
fin
des
années
70
est
à
la baisse, se
confirme.
En
se
penchant
sur
le
Tableau
N°12, on est
frappé
par
le
fait
que
les
trois
premières
sociétés,à
savoir
Elf-Gabon, SNEA et Shell-Gabon, totalisent 93% de la
production;
pourcentage considérable, qui a certainement des
implications au niveau des indicateurs économiques (1).
TABLEAU 12: Production
Pétrolière par Société en 1980
SOCIETES
PRODUCTo.Tonnes
POURCENTAGE
ELF-GABON
6 143 214,5
69,1 %
SNEA
1 438 398
16,2 %
SHELL-GABON
688 686,5
7,7
ODECO
210 845
2,4
OCEAN
210 845
2,4
GULF
125 714
1 ,3
MITSUBISHI
32 679
0,4
MURPHY
16 661
0,2
MOBIL
9 720
0,1
HISPANOIL
9 169
0,1
ENSERCH
9 073
0,1
TOTAL
8 895 005
100,00 %
Source
Ministère des mines.
(1)
De
1979
à
1981,
le
pétrole représentait successivement 71,4%;
74,3%
et
80%
de
nos
exportations
totales.
Dans
le
même ordre
d'idées,
il
a
contribué
à
hauteur de 61,3% en 1978; 54,5% en 1979;
60,4%
en
1980
et
près de 66% en 1981. De même, sa contribution au
PIB était
de 42,3% en 1979, 48,9% en 1980 et environ 50% en 1981.

- 224 -
Dans ce contexte précis, la relation entre la produc-
tion et le prix de vente du pétrole brut est intéressante à
percevoir. En nous appuyant sur la Figure 7 qui représente
l'évolution de la production et du prix de vente durant
les
quatorze
dernières
années,
on
distingue
trois
phases
principales :
- La première est marquée par une évolution parallèle mais
très nuancée de 1971 à 1977. En effet, de 1971 à 1975 la pro-
duction pétrolière est passée du simple au double, soit
de
5,7 millions
à II,3 millions de tonnes, avant de conna~tre
une nette stagnation entre 1975 et 1977. Pendant la même
période, le prix de vente quant à lui
a été multiplié par 6.
Après la modeste augmentation de 1971 à 1973 (de 2,08 dollars
à
3,13 dollars par baril) l'année suivante sera très remar-
quable avec le triplement du prix du pétrole qui passe à
9,72 dollars par baril. Cette période correspond au "premier
choc
pétrolier". Par la suite,
c'est-à-dire de 1974 à 1977,
l'augmentation du prix du pétrole devient très moderée,
en
moyenne 1 dollar de plus par baril chaque année.
- La seconde va de 1977 à 1981. Par opposition à la phase
précédente, la production de pétrole connait une diminution
constante pendant cinq années consécutives. En revanche,durant
la même période,les prix sont presque multipliés par 3, passant
de 12,59 à 35,06 dollars par baril: c'est le "second choc
pétrolier" •
- Enfin, la troisième phase quant à elle se traduit
par
une légère stagnation de 1981 à 1983, période au cours ':
de

- 225 -
Fig 7 - PETROLE: PRODUCTION ET PRIX DE VENTE
Prix de vente FCB
en dollars par ho.!'J
Production annuelle
40
(millions de tonnes)
PRODUCTION
35,06
~,
11,3
11,3
112
,/
' , .....34.21
r--"--_:.:. '
"
,
"
,
,"
,,
"31.63
,
l
,
1
30.1 ...
30
l
'
1
1
1
1
1
1
1
1
7,9
,
7.6
7.7
,,,
1
20
~ 18.98
1
1
1
1
1
1
1
1
1
...... - - - .... 1259
" 5 9

.... ' -
12.
" "
11.68
_ , ' ....10.76
PRIX DE VENTE
10
l ';72
'
1
1
1
1
1
1
1
1
1
_ -,"3,13
-- 2,57
2.08
0
1911
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
• 1981
1982
1983
1984

-
L L U
-
laquelle la production pétrolière atteint
un peu moins de
8 millions de tonnes, soit le même niveau de production
que
l'année 1973. Par contre, le prix de vente diminue de 35,06 à
30 dollars le baril. Tout laisse croire que la situation ne s'
améliorera pas si vite, compte tenu des divergences au sein
de l'O.P.E.P. et surtout de la saturation du marché du pétrole.
TA BLEAU
13: PRODUCTION DE PETROLE (milliers de tonnes)
Sociétés
Types de
1979
1980
1981
1982
1983
1984
opératrices
pétrole
ELF GABON
Mandji
8.319
7.517
6.344
6.423
6.297
6.311
SHELL GA30N
Gamba
1.198
989
886
891
775
897
SHELL GABON
LucIna
281
389
421
434
560
568
AMOCO
Oguendjo
0
0
0
0
237
1.039
TOTAL Production de Pétrole
9.798
8.895
7.651
7.748
7869
8.815
D'autre part, pour mieux analyser le niveau de la pro-
duction gabonaise actuelle, il faut se pencher sur les prin-
cipales sociétés opératrices. Comme l'indique le Tableau 13 ,
jusqu'en 1981
Shell et Elf-Gabon ont eu des activités réduites
marquées par le tarissement des anciens gisements et
l'echec
des nouvelles recherches; d'où la chute de la production. Par
la suite, la legère reprise constatée en 1982 se prolonge en
1983 et se confirme en 1984, grâce à la mise en activité des
gisements OGUENDJO, KONZI et M'BYA par la société AMOCO,
devenue opératrice depuis 1983. Il ressort que de 1983 à 1984,
la production de pétrole est passée de 7,869 à 8,815 millions
de tonnes; soit une augmentation de I2~o. Cet accroissement de
la production a permis de compenser la baisse du prix de 'vente
qui se situe désormais en dessous de 30 dollars par baril.

Toutefois, on remarquera à travers les données ci-dessous
que malgré la baisse continue de la production de pétrole
brut enregistrée depuis le début des années 80, le chiffre d'
affaires des sociétés pétrolières est toujours en constante
progression. Par rapport à 1983, il a connu une croissance
d'environ 16,'42% et est estimé à un peu plus de 800 milliards
de francs CFA. Ce fort pourcentage s'explique à la fois par
l'accroissement de la produetàon
et par le maintien à
un
niveau élévé du cours moyen du dollar. La valeur ajoutée
a
suivi une évolution parallèle, soit plus de 15% par rapport
à 1983.
1980
1981
19a2
1983
1984
1
-p ;~ion
8,895
7,652
7,748
7,869
815
(m:;;';cc.s de tOD...C8S)
a'
1
'û.por141IOns de brui
(c:ullipns de tOlUles)
8,566
6,120
6.111
6.861
8,232
Pru de vente (F lionne)
48300
68900
80800
87470
90 900 1
Pru: de vente FOB (S banl)
Jl,60
35,05
34.20
31,75
28,90
ChiUre d'alllli:e,
439.6
525
632
688
saI
(.cJilli/l.Ids de F)
V~!eur ajoulè€
397
450,2
522,1
sao
669
":~rds de F)
En outre, il faut préciser que le développement des
activités pétrolières dépend des investissements. Les données
qui suivent montrent que depuis 1980 les investissements ont
considérablement augmenté jusqu'en 1983. Par contre, l'année
d'après, ils ont baissé de 23% en général. La réduction consi-
dérable des investissements de développement (32%) est
dûe,'
essentiellement au ralentissement d'activités. Toutefois, une
hausse de 6,6% a été enregistrée au niveau des investissements
liés à la recherche et à l'exploitation. Des résultats
con-
cluants ont été obtenus, d'où les nouvelles découvertes sur les
champs de Shell-Gabon (Echira et Harpa Marine) et sur ceux de
Tenneco oil (Obando l et Octopus).

- 228 -
Inves!issements
(milliards de F)
1980
1981
1982
1983
1984
Recherche et exploration
24,5
36,7
55,7
48,6
55,5
Développement et autres
49,7
95,5
99,8
143 1
105,6
TOTAL
74,2
132,2
155,5
197,1
161,1
Même si l'on note une nette reprise de la production
en 1984, on ne peut passer sous silence les divers problèmes
rencontrés par les nombreuses entreprises qui opèrent dans le
secteur pétrolier en s'occupant principalement du forage et
de la recherche. Déjà, le niveau des forages est resté station-
naire de 1982 à 1984 (une moyenne annuelle de 18 à 20 puits
forés). Les grosses sociétés, nous l'avons vu, résistent con-
venablement. En revanche, la situation des autres reste préoc-
cupante car les contrats qui généralement étaient signés pour
deux ans sont actuellement négociés pour de très courtes durées
(3mois). Par conséquent, beaucoup d'entre elles ont cessé
leurs activités; quant à d'autres, elles sont obligées
de
réduire le nombre des appareils (1).
(1) Quatre sociétés assurent l'essentiel du forage et de la recher-
che pétrolière au Gabon :
- FORAMER~FORASOL
N'ayant enregistré aucun contrat en I984,elle
a actuellement arrêté ses activités au Gabon.
Au cours de la période 1980 à 1981, elle avait
7 appareils en activitéjmaintenant elle se
retrouve avec 5 appareils en Stand By •.
- FOREX NEPTUNE
Disposant de 3 appareils en activité entre 1982
et I983,elle ne ~ossède qu'un seul appareil en
activité en I985(début de l'année);tandis que
trois autres sont en attente dans la baie de POGJ
- GABOFOR : C'est en janvier 1985 qu'elle débute ses activités
avec un contrat Elf-Gabon; elle n'a qu'un seul ap--
pareil en activité.
- GLOBAL MARINE: Présente au Gabon depuis 1981, elle dispose de
4 appareils en activité (fin 1984) et opère
actuellement pour le compte d'AmOco, Shell
et
Tenneco.
Il faut preClser que la diminution des activités a entrainé des
compressions de personnel.

- 229 -
Toutes
ces
indications
confirment
la
très
forte
dépendance
de
l'économie
gabonaise à l'égard du pétrole. ·A
cet
effet,
il
faut
rappeler
qu'à l'intérieur des limites
territoriales
du
Gabon,
Port-Gentil
joue
un
r81e
significatif.
Car
dans
le
cadre
des
décisions
nationales
en
faveur
du
progrès,
Port-Gentil
se
distingue
comme
une ville-clé
dans
la
réalisation
des
objectifs de politique
nationale. Mais la tendance
à
la
diminution
de
la
production
ne laisse-t-elle
pas prévoir des lendemains incertains ?
La
confirmation de cette tendance peut se résumer en
deux points:
Le
premier
est
lié
à
une baisse structurelle de la
production.
Elle
concerne
essentiellement
le
déclin
des
rendements
des
anciens
puits d'Elf-Gabon (1).
En outre,
la
plupart
des
gisements
nouvellement
découverts ne sont pas
.
sur
le
point
d'entrer
en
activité
, de plus, leur
productivité
reste
à
prouver.
Si
elle
l'était,
l'échéance
de
compensation
de
cette
baisse
serait
tout
toutefois
éloignée.
Il
Y a également la baisseconjoncturelle des activités
pétrolières, qui
se
caractérise par le ralentissement de la
production,
conséquence immédiate de la baisse de la demande
des
produits
pétroliers
à
l'échelle
mondiale
et
de
l'augmentation des stocks (2).
(1)
L'ensemble
des
champs
dont
Elf-Gabon est opérateur à 100% voit
chuter son débit de 7% entre 1982 et 1983.
(2)
A
la
fin
du
1er
trimestre
1983,
les stocks pour Shell-Gabon
s'élevaient à environ 200 000 tonnes.

- 230 -
Tout
semble
indiquer
que
le sommet de la courbe a
été
atteint
en
I976.
Il
apparait
que
le
gisement
de
Gamba
est
le
plus
rassurant
pour
l'heure,
par
la
stabilité
de
sa
production
et
par ses
réserves
qui
le
mettent au premier rang (1).
D'autre part,
l'année
1975 est très significative, si nous nous référons à
la
structure
de la production pétrolière (Cf.Tableau N°16).
On
se
rend compte que trois gisements seulement fournissent
un
peu
plus
de la moitié de la production de tout le pays,
soi t
61,73 %;
i l
s'agit
de
Grondin,
Barbier et
Gamba
Cependant, leurs
réserves sont presque médiocres (2).
M~me
si cette tendance se poursuit, cela n'empèchera pas aux unités
de raffinage de recevoir la part de production de pétrole brut,
si infime soit-elle, qui leur est réservée (cf.S~héma
p. 232
)
Il.3.2.3.
Les industries de transformation de pétrole brut
Les
quelques
industries
que l'on rencontre dans ce
domaine ne relèvent que du secteur du raffinage. En fait,
ce
n'est
qu'un
début
d'industrialisation, représenté par deux
unités,
la
S.E.R.(Société Equatoriale de Raffinage) devenue
la
SO.GA.RA
(Société
Gabonaise
de
Raffinage)
et la COGER
(Compagnie Gabonaise Elf de Raffinage).
-les industries de raffinage.
A
l'origine,
toute
la
production
de pétrole brut
était
exportée.
Mais
depuis
la
création de la S.E.R., on
(1)
En
1974,
le
Ministère
des
Mines
avançait
le chiffre de 13,3
millions de tonnes récupérables.
(2)
Certains
puits
de
Grondin
fléchissent
depuis
1974:
3 558 114t
contre 3 272 680tl'année suivante.

- 231 -
TABLEAU 1~
LA PRODUCTION DE PETROLE BRUT, ANNEE 1975
Concessiun
Champ
Quantités
Sociétés
ou
proùucteur
(en tunnes)
Pl:nnis d'cxp(oiwlion
Elf·Gabon
-
Poinle·Clairette
Cap
225872
Lopez
'00 0/.
-
TdH:llgU~ It:rrcstre
123 499
-
Tchcllgu!J Oct!i.tn
52 SC)?
-
Purl~Gcn l il Océan
1.3() 255
-
Cl'and Anguille
A.N.N.E. 1
510804
A.N.E.
1
A.G ..\\1.
1
660052
A.S.\\V.
1
-
Torpille
655870
Elf·Gabon
-
Grundin·Mandaros
Grondin
32726EO
65.275 %
\\1,lrHJ,lro~
11640$8
ERAP
-
Barbier Marine
1 591 54~
34,725 %
-
Girelle
123 18]
1
- P.lgcau
190
1
Elf·Gabon
-
.\\Iayumba
Lucina
623 878
20 %
ShdI·Gabun
50 %
Gulf oil of
Gabon
30 %
Elf·Gabon
-
Dorée
53229
60 %
Murphy
20 %
Odeco
10%
Ocean
10 %
Sllell·Gabon
-
Gamba·lvin~a
212] ]30
50 %
EIf·Gabon
sa %
11315678
Source
Direction des Mines.

- 232 -
CIRCUIT DU PETROLE GABONAIS EN 1984
(en tonnes)
PRODUCTION
a ais 000
EXPORT ATIONS
RAFFINERIES
PETROLE BRUT
S83 400
a 231 600
runs
VENTES
VENTES
VENTES
GAZ
HORS GABON
GABON
IHORS GABON
PE.!iTF.5
a 231 600
405200
165 400
12 soc
1
r
Ga3-oil
_
210000
Kérosène
88000
Super
50900
Essence
9200
Fuel
32400
Bitume
8800
Butane
5900
Le pétrole brut produit au Gabon suit un circuit très
simple. La production proprement dite est divisée en deux
parts inégales : en 1984 plus de 90% ont été e~portés et le
reste est acheminé vers les raffineries de taille modeste
situées à la Pointe ~lairette. Ainsi, dans la proportion de
pétrole brut traitée sur place, la consommation intérieure
avoisine 70% des produits traités. C'est un pourcentage intér-
ressant qui nous permet de mieux cerner l'activité de raffi-
nage.

- 233 -
assiste à une modification des courants commerciaux.
C'est
précisément le 11 février 1964 que la décision
d'implanter
une
raffinerie
au
Gabon
(dans
la
ville
de
Port-Gentil)
a été prise et la pose de la première pierre ne
s'effectue
que le 8 juin 1966 à Pointe-Clairette, au nord de
la
ville.
Aussi faut-il peut-~tre signaler qu'il existait
déjà
des
raffineries en Afrique Occidentale;
au Sénégal, en
Côte
d'Ivoire et au Ghana. Et dans un tout autre contexte,
la
raffinerie
de
Port-Gentil
avait
la
particularité
d'appartenir
à
l'Union Douanière et Economique de l'Afrique
Centrale (U.D.E.A.C.).
Ici,
nous
sommes
en
présence
d'un
exemple
d'industrialisation
régionale, parce que
réalisée
sous une
forme
multinationale,
par
un groupe de pays économiquement
unis
et
appartenant
tous
à
l'Afrique
Centrale.
Ainsi
pensait-on
que
l'ouverture
d'une
raffinerie
de
ce genre
entraînerait
automatiquement
une
réduction
considérable des
importations
de
produits pétroliers transformés et partant,
une
utilisation
du
pétrole
brut
produit
sur
place.
De
même,
on
peut
faire
état
d'un
marché
plus
ou
moins
garanti,
dans la mesure où il était assuré par les cinq pays
signataires
d'un
protocole
d'accord
(1).
En
somme,
la
raffinerie
de
Port-Gentil
appara!t
comme
un
exemple
concret
de mise en application des principes de l'U.D.E.A.C.
(2 ) •
(1)
Il fut signé à YAOUNDE en juin 1964,
puis ratifié à BRAZZAVILLE en
Décembre
1964,
avec
l es
groupes
constructeurs.
De
m~me,
la
réservation
du
marché faisait l'objet d'une déclaration que signaient
conjointement les cinq chefs des Etats membres du l'U.D.E.A.C.
(2) BOUQUEREL (J), op cit, pp. 197.

- 234 -
- De la S.E.R. à la SO.GA.RA.
Constituée à Port-Gentil le 7 Octobre 1965, la Société
Equatoriale
de
Raffinage avait un capital de 50 millions de
francs CFA, réparti selon plusieurs groupes d'actionnaires:
- Les cinq Etats Africains qui ont souscrit 25%
du Captial (1).
- Le groupe ERAP, avec 17,5% des actions.
- Le groupe C.F.P.-TOTAL, également 17,5%
des actions.
Les
40%
du
capital
souscrit
restants sont partagés
entre
les
sociétés
pétrolières
B.P, Shell, Mobil, Texaco,
Pétrofina, Agip, qui doivent s'occuper de la distribution.
La
capacité
de
la
raffinerie est conçue pour bien
répondre
aux
besoins des marchés intérieurs des cinq états,
estimés
à 362 000 tonnes de produits raffinés. Au départ, sa
capaci té
annuelle
de
traitement était de 600 000 tonnes de
pétrole
brut
extrait
des gisements voisins, compte tenu du
fait
que
la
raffinerie devait
fournir au marché intérieur
gabonais
et
aux
marchés des autres membres de l'U.D.E.A.C.
l'essence
pour
les automobiles, le pétrole, les gas-oil, le
diesel-oil et le fuel-oil.
Actuellement,
sa
capacité
a été portée à 1 million
de
tonnes;
et
sa
production qui couvrait en 1975, 867.288
tonnes
est
légèrement
inférieure
(Cf.
Tableau
N°11). En
fait,
le
gas-oil
et
le
fuel
3
500,occupant la première
(1) Chaque Etat ayant souscrit une participation de 5%.

- 235 -
place, font de la SOGARA une raffinerie de type classique.
TABLEAU N° 17
Production de la SO.GA.RA en 1980
Gaz butane
7 097
Tonnes
Kérozène
101 596
Essence Super
67 142
Essence Ordinaire
37 057
Gas-oil
222 214
Fuel 180
54 751
Fuel 380
266 501
Bitume
7 679
Production de la COGER en 1980
- - - - - - - - - - - - - - - -
Gaz butane
2 827
Tonnes
Naphta
72 220
Fuels
300 402
Gas-oil
118 931
Gaz combustibles
974
L'année
1973
a
été
décisive.
En effet,
l'Etat
Gabonais
a
racheté
les
parts
des
autres pays membres et
porté
sa participation à 25% du capital; changeant également
de
raison
sociale
la
S.E.R.
est
devenue
désormais
la
SO.GA.RA.
De
ses
unités
de
fabrication sort une gamme de
produits:
butane,
kérosène,
essence
super
et
ordinaire,
gas-oil,
fuel.
Deux
années
plus tard,
l'usine de bitume a
été
mise en service pour une production de 10 000 tonnes par
an,
construite pour une valeur de 750 millions de FCFA.

- 236 -
Dans
le
souci
d'augmenter
la
production,
une
seconde
unité
de
raffinage
-La
Compagnie
Gabon
Elf
de
Raffinage-
créée
en
1976, démarre ses activités. L'Etat y
participe
à
30%
du
capital.
La
nouvelle
société
est
spécialisée
pour des produits tels que le naphta,
le gas-oil
et
le
fuel
lourd;
sa
capacité
de traitement s'élève à 1
million
et demi de tonnes par an. Les installations modernes
de la COGER ont coûté
un investissement de 13,5 milliards de
francs
CfA
et
porté
la
capacité nationale de raffinage à
deux
millions
de
tonnes
par an.
Il est dommage que depuis
leur
création,
les
deux
usines
ne tournent pas en pleine
capacité.
Néanmoins,
leur
production
dépasse largement la
consommation
locale,
ce qui permet d'exporter une partie de
la
production
(pre sque le 1/3).
En
somme,
les
réalisations
ainsi
détaillées plus
haut,
très
coûteuses,
n'ont
pas
suffi pour assainir la
situation
financière
de
la SO.GA.RA., plus ou moins liée à
la
règlementation
internationale
(1).
La
société
est
toujours
déficitaire
depuis
1973; subissant du même coup
les
effets du "nationalisme" pétrolier qui va
morceller
l'Afrique Centrale en petites unités (2).
(1)
C'est
la
cotation
CURAÇAO
qui
détermine
l'essentiel des prix
F.O.B.; mesure du fret-unité pour le Worldscale.
(2) DAVERAT (G), op. cit., pp. 55.

- 237 -
Toutefois, pour tenter de donner un souffle nouveau
au secteur du raffinage, de profondes modifications sont inter-
venues depuis 1984, notamment la disparition de la COGER après
le rachat de ses installations par la SOGARA. Ainsi, à partir
de fin 1985, il ne restera plus qu'une seule raffinerie.
En
réalité, il s'agit d'une fusion de deux raffineries existantes;
les travaux de raccordement ont entraîné en 1984 une chute
brutale du volume du pétrole raffiné (cf. Tableau ci-après).
1980
1981
1982
1983
1984
i
Pétrole brut traité
1 292 190
1 199200
1 111 200
1038400
S83 384 1
(tonnes)
1
Ventes de produits
1 245400
1 151 600
1 073 000
971 500
536400 t
raffinés (tonnes)
ChiUre d'affaires
(en milliards)
62,755
82,218
86,161
89,4
65,5
D'une manière générale, on remarque depuis 1980 une
baisse annuelle de pétrole traité et des ventes de produits
raffinés. Cependant, au cours de la période 1984-1985, un
vaste programme d'investissement a été entrepris. Il se com-
pose d'investissements techniques et administratifs dont le
coût global s'élève
à plus de 8 milliards de CFA (cf. Tableau
ci-après). Les principaux responsables estiment que la res-
tructuration en cours offrira de nouvelles perspectives.
En milliers de Francs
1983
1984
1985
Investissements techniques
-
Investissements courants
137932
513 614
427000
-
Connexion SOGARAICOGER
45472
1574 528
-
Investissements de modernisation
1 178000
892 000
-
Bâtiment Technique et Infrastructures
412765
655792
481 442
Total Investissements Techniques
596 169
3921934
1800 442
InvestIssements administratifs
lSO 229
482528
704 500
(1) Total Général
746398
4404 462
2 S04 ~2
W A ce montant' global il Joudra.il ajouter lit! montant d. J'ocqtlisition de. itula.LIotiotu de COGER.

- 238
Les autres industries.
Pendant un certain temps, le pétrole a fait du Gabon
un
pays
disposant de grandes ressources.
Certes,
cela n'est
valable
que
par
ses
effets
financiers.
L'évolution
de
l'industrie
pétrolière
a
engendré
la création d'activités
complémentaires.
Elles
concernent:
les
constructions
et
installations
de
plate-formes
métalliques
ou de conduites
sous-marines,
la chaudronnerie,
les réparations navales,
les
ateliers
de
machines-outils
et de réparation de matériel de
forage,
et d'autres travaux spéciaux réalisés dans les puits
de
pétrole.
Un
nombre
considérable de petites et moyennes
entreprises y contribue .•.
A
noter
également
la
présence
de
l'Industrie
Chimique;
embryonnaire pour l'instant, elle fournit de l'air
liquide,
de
l'oxygène
et de l'acétylène. Pour l'avenir,
on
pense
qu'un
certain
nombre
de
projets
permettront
la
production
d'azote,
de
peintures
de
toutes
sortes, de
produits
d'entretien,
du
plastique
de
ménage,
d'emballages, de
lubrifiants
etc •.•
D'autre part, certains
projets
qui
devaient
orienter la ville vers la Pétrochimie
gabonaise
ont avorté,
c'est le cas de l'usine d'Amoniaque de
Port-Gentil
(GABOREN)
dont
le
matériel
partiellement
installé croupit sous les pluies battantes •.•
L'activité
chimique
est
représentée
ici
par
la
Société
Gabonaise
d'Oxygène et d'Acétylène
(GABOA).
Bien
que
société
de
droit
gabonais,
la majorité du capital est
détenue
par
l'Air
Liquide. Jusqu'en 1982, il n'y avait que

- 239 -
deux
usines
dans
tout
le
pays -Libreville et Port-Gentil
-produisant 270.000 m3 d'oxygène et 80.000 m3 d'acétylène.
Comme
on
peut
le
constater,
la
richesse
que
représente
le
pétrole
conditionne
l'existence
d'une très
grande
partie
des
activités
induites
à
Port-Gentil,
à
savoir:
la
production
vivrière
commercialisée,
les
transports,
les
bâtiments,
l'artisanat,
les commerces et
autres
services.
Port-Gentil n'est pas le seul bénéficiaire
car
des
avantages
analogues
se
retrouvent
dans d'autres
provinces,
notamment
le
Haut-Ogowe.
Par
conséquent,
le
pétrole
est une source des actions de diversification qui se
fait
par
le biais de la P.I.O.
Elle est destinée à financer
les
investissements
productifs
qui
se
situent en aval de
l'exploitation
pétrolière
à
l'image
du
raffinage,
le
conditionnement
de
lubrifiants,
les rats métalliques mais
également
hôtels
et
cultures maraichères hydroponiques. On
ne
peut
passer
sous
silence
le rôle que joue Elf-Gabon
dans
ce
cadre
précis,
en
apportant un soutien,
à la fois
technique
et
financier,
à
de
nombreuses
entreprises
gabonaises
-anciennes
ou nouvellement créées- et permettant
le
renforcement
du
tissu
industriel
du
pays
encore
squelettique,
dans
les
domaines
très variés
évoqués plus
haut.

CHAPITRE III - LE PORT
Il
va
de
soi
qu'une ville comme Port-Gentil, dont
l'importance
de
l'activité
industrielle
n'est
plus
à
démontrer,
puisse posséder sur ses côtes des installations
portuaires,
capables
de
supporter
le
flux
du transport
maritime.
Jusqu'en
1979,
la ville de Port-Gentil ne possédait
qu'un
mÔle
dont
l'étroitesse
rendait
les
activités
maritimes
très difficiles.
A côté de ce mÔle relevant du
domaine
public,
on
peut
compter
un nombre appréciable de
môles
appartenant
à
des
sociétés
privées;
c'est le cas
d'Elf-Gabon et U.I.A.E.
Naturellement,
les
matières
premières
disponibles
-bois
et
pétrole-,
toutes
deux
pondéreuses
et
vouées à
l'exportation
dans
leur
état
brut, font l'essentiel de la
fonction
portuaire
de
la
ville et donnent une orientation
principale
aux
activités
urbaines.
Aussi,
convient-il de
rappeler
que
l'activité
portuaire
en
tant que telle date
des
temps
reculés de l'histoire côtière du Gabon et
se
poursuit
avec
intensité,
malgré les effets de la crise
économique
mondiale
qui
frappent l'industrie du bois et du
pétrole,
marquant
ainsi
une
diminution
des
tonnages
respectifs.
Région
enclavée,
Port-Gentil
et
ses
environs
se

-
241
-
prêtent
admirablement
à l'activité portuaire,
tant par le
flux
des
marchandises
que
par
les
conditions
physiques
favorables
qu'offre un littoral toujours attrayant.
Et si le
point
de départ n'a été qu'un simple môle, ce qui explique
la
présence
des
sociétés
de
navigation et des maisons de
commerce,
l'aboutissement
sera peut-être le développement
d'un
véritable
ensemble
industrialo-portuaire,
justifié
naturellement
par
la
construction
du
nouveau port en eau
profonde qui s'impose au nord de la ville.
III - 1. LE VI~UX PORT.
Depuis
toujours,
la
ville
s'ouvrant
sur une rade
foraine,
c'est
entre
le
Cap-Lopez au nord et le sud de la
ville
que s'étire le vieux port, le long de la côte-est de
l'rIe
Mandji.
~n fait, le port en question ne représentait
que
deux
pontons
flottants
transportés d'Arromanches sous
l'équateur,
au lendemain du deuxième conflit mondial
(1).
Le
petit édifice était géré par la Chambre de Commerce.
A
titre
de
rappel,
Port-Gentil fut
le plus grand
port
de
l'A.E.F.
à
cause
du
mouvement
de
rotation des
navires
et
le
fret.
Déjà en 1930, 524 navires arrivaient à
Port-Gentil,
pour
un
fret
total
de 1.700.000 tonnes (2).
Certes,
malgré
ces
chiffres éloquents, il n'y avait aucune
comparaison
avec
le
rôle
qu'occupait
Dakar
au sein de
l'Afrique
Occidentale
Française (A.O.F.).
Ce n'était que le
(1) DECRAENE (Ph) op.cit.
(2)
Les
ports voisins comptaient à l'époque:
Libreville:
467 navires
et 1 500 000 t, Pointe Noire:
226 navires et 850 000 t.

- 242 -
port
du
Gabon qui subissait l'effet de la concurrence de la
"fameuse
voie fédérale"
de l'A.E.F.
reliant Pointe-Noire
à
Brazzaville
par
le
chemin
de
fer
du
Congo-Océan, et
Brazzaville à l'Oubangui.
III - 1.1. Présentation du port.
Il
faut
d'abord
signaler
qu'il
s'agit
essentiellement
d'un
port
de
commerce,
qui
comprend une
série
de
môles
et d'appontements
répartis entre
deux secteurs,
le secteur public et le secteur privé.
Le
quai
du
secteur public s'allonge sur 136 mètres
et
présente un peu plus de deux hectares de terre-pleins.
En
bordure
de
quai,
le tirant d'eau ne dépasse pas 2,50 m,
ce
qui,
évidemment, ne peut permettre aux navires et aux cargos
d'accoster. Pour pallier
à
ces
lacunes,
une
flotille de
quatorze
chalands
et
dix-sept
remorqueurs
fait
le
va-et-vient
entre
les
quais
et
les
bateaux.
Le
quai
proprement
dit
se
situe entre les hangars de la Chambre de
commerce et la halle aux poissons.
Un
petit
équipement
de
manutention
complète
l'infrastructure
portuaire
du
secteur
public;
ce sont les
quatre
grues,
les six chariots Hyster,
le pont-bascule et le
pont
roulant
pour
les bois amenés des chantiers forestiers
et chargés sur les chalands.
Quant
au
second domaine,
relevant du secteur privé,

- 243 -
il
est
constitué
par
les divers wharfs aménagés,
soit par
les
compagnies
maritimes,
soit par l'Office National des
Bois
et
les
entreprises
industrielles
installées
à
Port-Gentil.
Leur
équipement varie selon l'importance de la
société;
il
s'agit
généralement
de
grues
et
de
chariots
élevateurs.
De
toutes les entreprises industrielles en question,
c'est
Elf-Gabon
(Ex-SPAFE)
qui
détient
les installations
portuaires les plus importantes.Disposant d'un m~le et d'un
quai
de
405 mètres,
le wharf d'Elf-Gabon est doté de grues,
de
hangars
spéciaux,
de remorqueurs et d'une superficie de
cinq
hectares
de
terre-pleins pour stocker les tubes et le
matériel
de
sondage.
On
peut également signaler que c'est
sous
la
direction
de
ladite
société qu'un véritable port
pétrolier
avec
réservoirs,
pipe-lines,
et remorqueurs a été
créé.
Des
navires
pétroliers
de
40. 000
t
en
moyenne
approchent
jusqu'à
20
mètres
environ de la c~te et sont
chargés par des chalands spéciaux.
III - 1.2.
Les problèmes posés par le
vieux port.
Le
premier
aspect
qui
frappe
le visiteur c'est
l'exiguité
du port,
principalement du quai de commerce.
Car,
bien
qu'enclavé
et situé à l'embouchure du fleuve Ogowe,
le
port
de
Port-Gentil
devait
satisfaire
l'éclatement
des

- 244 -
marchandises
à
l'importation
entre
les
divers
points de
débarquement.
En
conséquence,
la pléthore des destinations
créait
un
va-et-vient
auprès
des
navires
sur rade c'est-
à-dire
des
parcours
entre les navires et la terre. Tous
les
déplacements occasionnés nuisaient systématiquement à la
rapidité du déchargement.
En
outre,
l'étroitesse du port est accentuée par le
manque
d'espace
et
l'insuffisance
de
surfaces saines par
dans les alentours.
Inévitablement,
tout
cela
provoquait
l'embouteillage
des
quais
et
causait
des
retards
qui
faisaient
considérablement
baisser le rendement journalier.
Dans
le
même ordre d'idées,
le système de chalandage -qui
apparaissait
comme
le recours-
imposait la maintenance d'un
important
matériel
nautique
(chalands
et
plates) dont le
coOt
d'exploitation
grévait
fortement
les
tarifs
de
manutention.
Port
fluvial
par
l'intensité
des
échanges
avec
l'intérieur
du
pays
-sur
l'Ogowe
et
sur
la
lagune
Fernan -Vaz-
qui
contribuent
à
l'essor
commercial
de
Port-Gentil,
il
est
surtout
maritime,
le trafic
en mer
demeurant
le
facteur
primordial
de
son
activité.
Cela
justifie
nécessairement
l'établissement d'un véritable port
en
eau
profonde,
non
seulement en tant que service public
d'intérêt
régional
et même national,
mais surtout comme
outil
économique tendant vers une dynamique du développement

- 245 -
économique
et
social
d'une
~égion
enclavée et pa~tant du
pays tout entie~.
III - 2. LE NOUVEAU PORT.
Les
t~avaux
ont
débuté
le 6 Av~il 1977 et se sont
pou~suivis
jusqu'au
29
Novemb~e
1979,
date
de
son
inaugu~ation ;le
coat
total
équivaut
à
8 millia~ds de
f~ancs CFA.
III - 2.1. Le choix du site.
Le choix du site a été déterminant en tenant compte du
ca~actè~e
d'indust~ialisation
naissante
de
Po~t-Gentil.
Ainsi,
la
conception
du nouveau po~t a nécessité de vastes
te~~e-pleins
et
des
te~~ains susceptibles d'êt~e loués à
d'éventuels
indust~iels
dési~eux
de se ~app~oche~ du po~t.
Dans
ce
sens, il fallait également inclu~e les possibilités
d'extension
dans
l'aveni~,
d'où
la nécessité d'obteni~ un
f~ont
de
mep
assez
vaste ainsi que des fonds
marins
suffisamment profonds.
En
out~e,
pou~
~ésoud~e
le p~oblème causé pa~ les
topnades
soudaines
pouvant souleve~ la me~, le plus souvent
de
Fév~ie~
à
Av~il,
ce po~t devait off~i~
des plans
d'eau
ab~ités.
Tels
sont succintement les cpitè~es qui ont
incité
les
auto~ités
compétentes
à
opte~
pou~
le site

-
246 -
actuel
du
port
en eau profonde;
c'est-à-dire exactement le
terrain
compris
entre
la
C.F.G.
et la SO.GA.RA.
(Cf.Carte
15).
Zone
marécageuse au départ, elle a nécessité la mise
en
place
par
dragage
en
mer de 2500 000 m3 de sable. En
définitive,
c'est
sur un terrain
à caractère industriel et
libre
de toute occupation, couvrant une superficie de 400 ha
et
possédant
un
front de mer de l'ordre de 1.000 mètres de
long,
que
le
nouveau
port
a
été
construit.
A
ces
caractéristiques
fondamentales
nous
devons
ajouter
la
présence
du
banc
de
l'Alcyon
et l'existence,
à proximité
immédiate
de
la
côte, de grands fonds marins qui devront
permettre
d'envisager
sans
appréhension
les
extensions
futures.
III - 2.2. L'infrastructure portuaire.
Elle
occupe une superficie totale de 110 hectares et
comprend les installations suivantes (Cf.Carte
16):
1
Le
quai
de
battelage
dont
la longueur est de 80
mètres
pour
un
tirant
d'eau de 2,50 mètres,
plus ou moins
identique
à
celui
du
vieux port situé au centre ville. En
général,
il est réservé aux bateaux de servitudes
2
- Le quai principal de Commerce. Il jouxte le précédent
et
peut
recevoir
des
navires ayant un tirant d'eau de -11
mètres,
sur une longueur de 380 mètres.

- 247 -
cane
15-
LE SITE PORTUAIRE
. .
zone portuaire
e:::::3 zone industrielle
~
extension zone industrielle
Source- OP R AG

- 248 -
corte 16- LE
NOUVEAU
PORT .
LE
PLAN
DE
MASSE
EX TENSION
DARSE
~c==::=:--:----~!I.
i-L---_ _LL __
9
'90
290 m
- - IIml~e zone portuaire
cloture
douanière
:Ql
capitOinerie
CD
quoI
de
ba~~elage a -2,50 (60rr )
(j)
inFirmerie
-
~
quOi
de
cam m e" ce
a -11m (3S0rr )
®
direction
du
port
G>
quOi
de
peche
a -Sm
( 90m)
@
douanes
gendarmerie
police
@
quOi
de
peche
a -7m
( 190,-.-,)
®
chantier
naval
.
(2)
beach
®
/
quOi
petrolier
en
cons~ruOlon

- 249 -
3 - La darse de pêche qui se divise en deux
parties inégales:
Un premier quai de pêche avec un tirant d'eau de
-8 mètres pour 90 mètres de long.
Et
un second quai s'étendant sur 190 mètres.
Ici,
le tirant d'eau est à-7 mètres.
La
zone
sous
douane
couvre
une
superficie de 30
hectares
et
abrite
un
hangar
bord à quai de 6.000 m2, de
nombreux
bâtiments
dont
la
capitainerie, des bureaux et
une
infirmerie.
Au
delà de cette zone se trouvent d'autres
bâtiments
administratifs
tels
que
la direction du port,
les Douanes,
la Gendarmerie, la Police etc ...
En
principe,
il est prévu une extension de la darse
de
pêche.
Mais pour l'instant deux types d'activités sont
offerts
par
ses
quais:
soit
comme
port
d'attache
de
chalutiers,
soit comme port d'escale de thoniers.
D'autre
part,
la jeunesse du port se ressent par la
carence
de
certains
équipements:
aucune
grue
ou autre
appareil
de
manutention
ne
surplombe
le
port.
C'est
peut-être
ce
qui
explique
la
présence
de
nombreuses
sociétés
de
manutention
et
de transit. Le sous-équipement
portuaire
constaté
apparait
comme
une
lacune susceptible
d'être
comblée.
Il
n'a
pas
bloqué
un
développement
répondant
plus
ou
moins
bien
aux
impératifs
du
trafic
maritime
entre
Port-Gentil
et
l'extérieur,
axé
sur les

- 250 -
produits d'exportation.
III - 2.3.
Les activités portuaires.
Elles
ne
sont
pas
du
tout
liées
aux
nouvelles
structures
portuaires
incomplètes
et
cela peut parattre
paradoxal.
On
peut
penser
que
la
prospérité
des
activités
portuaires,
toutes
confondues,
passe
inévitablement
tant
par
le trafic par voie maritime que sur
le
réseau navigable réprésenté par l'Ogowe. Pour ce qui nous
concerne,
nous nous intéressons plut~t au trafic portuaire
maritime
qui a été à l'origine de la construction du port en
eau
profonde.
Cela
ne
veut
pas
pour
autant dire que le
trafic
fluvial
est
négligé,
il faut surtout souligner que
nous
nous
heurtons
à
la
difficulté
qui
consiste
a
le
quantifier.
Néanmoins,
à
travers
ce
trafic,
s'élabore le
transport
de
grumes
par
flottage et,évidemment,l'échange
entre
Port-Gentil
qui
reçoit des produits vivriers de base
et
les
régions
de
l'intérieur

sont
acheminées
des
marchandises
diverses.
Auparavant,
il
nous
paratt
indispensable
de
voir
les relations qui existent entre les
industries et le port.
III.2.3.1. L'implantation des industries
Elle
est liée à la proximité des matières premières,
support
économique
de la ville et de sa région.
La
jeunesse

- 251 -
du
port
que
nous
évoquions
plus
haut s'explique du fait
qu'il
ne
date
que
de
cinq
ans.
Et
compte
tenu
de la
bipolarisation
de
l'activité
industrielle
qui remonte aux
années
60,
il
va de soi
que la présence des industries en
zone portuaire n'est pratiquement pas effective. I l
faudra
certainement
attendre
encore
longtemps pour se représenter
un
véritable complexe industrialo-portuaire. Toutefois, nous
ferons
remarquer
que
le
port
se
trouve
en
pleine zone
industrielle,
écartelé entre la CFG et la SO.GA.RA. De toute
évidence,
c'est
un emplacement stratégique pour l'évacuation
immédiate des produits sortis des usines.
a) Les industries en présence
au port
Elles
ne
sont
pas nombreuses et concernent surtout
la
pêche.
Mais ce qui est d'autant plus remarquable c'est
la
présence
de
compagnies
maritimes,
soit de Transport,
soit
de
Commerce.
Leurs
activités
sont orientées vers le
Transit,
l'Acconnage,
la
Manutention,
la Consignation, le
Remorquage,
les Transports et l'Affrètement ...
Petites
pour
la
plupart,
elles
sont implantées à
Port-Gentil
depuis
des
décennies
et emploient surtout des
ouvriers
qualifiés
pour
la
conduite
des
camions
ou des
remorques,
et
des
manoeuvres
pour
les
engins
de_
manutention.
Généralement,
les effectifs ne dépassent guère
la centaine de personnes.

-
252 -
Avant
la réalisation du nouveau port,
la plupart de
ces
entreprises
se trouvaient au centre-ville,
à la hauteur
du
vieux
port.
Leur installation dans la zone portuaire ne
concerne que les services techniques.
D'autre
part,
la seule industrie naissante portuaire
et
pleine
de
prospérité est la pêche. Point n'est besoin
de
rappeler
combien les eaux au sud du golfe de Guinée sont
poissonneuses,
sur
le
domaine maritime comme fluvial.
Dans
ce
contexte,
à
côté
de
petites unités industrielles de
type
artisanal
se
trouve la société AMERGER qui vient tout
juste
de
s'établir
dans
l'enceinte
portuaire.
Le projet
portait
non
seulement
sur
la création d'une flotille sous
pavillon
gabonais,
mais également sur une usine complète de
transformation
équipée d'une salle frigorifique d'une chambre
de
traitement
de
poisson,
d'un laboratoire, d'ateliers,de
bureaux et de logements (1).
Initialement,
les
activités d'AMERGER-GABON étaient
centrées
sur
la
commercialisation
des filets servant à la
pêche
de
la
sole.
Mais à l'heure actuelle,
la taille des
mailles
vendues
sert
à
la
fois
aux
gros
et
petits
poissons.
D'autre
part,
le
traitement
du
poisson
est
l'oeuvre
des femmes
(2).
Parti d'un rendement de base de 200
kg,
il
représente
maintenant les 700 kg
et la tendance à
venir
est
d'atteindre
la
tonne par jour.
C'est dans cette
perspective
que
les
installations
sont
en
train
de
se
(1)
On
rappelera
que
le
Plan
Intérimaire 1980/1982 avait prévu un
investissement
de
plus
de
5
milliards
de
francs
CFA
destinés à
financer
la réalisation à Port-Gentil d'un projet de pêche intégrée.
Jusqu'en
1983,
les
pourparlers étaient en cours avec des industriels
Italiens.
(2) Elles représentent une cinquantaine de personnes.

- 253 -
complèter,comme le prouve
la création d'une nouvelle chambre
froide.
Il
est
à
noter
qu'une
bonne
partie
du poisson
pêché est écoulé dans certaines villes du pays.
Toujours
dans
le
domaine
de la pêche mais cette
fois-ci
en
dehors
de
la
zone portuaire, on assiste à une
intense
activité
surtout en période de saison
sèche
o~
pullulent
la
"carpe"
et
le "m~choiron", tous
poissons
d'eau
douce.
Si ici les principaux pêcheurs sont
des
nationaux
plus
ou
moins
basés
au
coeur
des
voies
fluviales,
par
contre
au
niveau
même
de
la
ville,
c'est-à-dire
au
Cap-Lopez
et
à
Matanda,
on rencontre une
forte
concentration
de
pêcheurs
étrangers
(1)
qui
approvisionnent
régulièrement
les
principaux marchés de la
ville.
De
ce
bref
profil,
il
ressort que l'industrie
proprement
dite,
liée au port demeure insignifiante.
Cela
n'enlève
rien
au
caractère
de
carrefour
Îluvio-marin
de
Port-Gentil,
dont
la
vie
maritime
est
animée
non
seulement
par la rade foraine mais surtout par
la
très
forte
dissémination
de petits ports le long de la
côte.
Nous
citerons
entre
autres:
les ports d'ElÎ-Gabon
(1946),
le
môle
de
la
CFG
(1949), le port pétrolier du
Cap-Lopez
(1956), le port SO.GA.RA.
(1964) et le mÔle UIAE
(1970).
L'activité
dominante,
nous le verrons par la suite,
est
l'exportation
de
grumes,
de
contreplaqué
et
(1)
Pour
la plupart,
ils sont ressortissants de l'A.O.F,
c'est-à-dire
du TOGO,
du BENIN,
du NIGER
etc.

-
<:J4 -
d' hydrocarbure s •
Toute
cette
intense
activité
fait
de
Po~t-Gentil
le
po~t
le
plus
impo~tant
du
pays,
comme
l'attestent
les données chiff~ées
du t~afic.
b) Le trafic portuaire
Avant
d'étudie~
et
dranalyse~
en
p~ofondeur
les
données
du
t~afic
p~op~ement
dit,
il
est utile de fai~e
quelques
obse~vations
su~
les
navi~es
et
les
liaisons
développées
pa~
le
po~t
de
Po~t-Gentil.
Car
on ne peut
ignorer
qu'ils
influencent éno~mément le t~afic du
po~t.
- Les navi~es et les liaisons.
Les
navi~es présentent un inté~êt particulier dans
le
trafic maritime ou fluvial.
Su~ le plan national,
on a le
plus
souvent
utilisé
des caboteurs, soit pour le transport
des passagers,
soit pour le fret;
c'est le reflet d'une réelle
vitalité,
surtout
déployée
par les sociétés pétrolières et
fo~estières.
En fait,
si le nomb~e de navires est ~est~eint,
il
est plus ou moins compensé par le système t~ès ~apide des
rotations,
le mouvement étant assez impressionnant.
Su~
le
plan inte~national, on
notait qu'au cours de
l'année
1978,
1025
navi~es sont arrivés à Po~t-Gentil,
débarquant
ainsi 94.000 t. de ma~chandises contre 11.790,000
tonnes
de p~oduits pondéreux embarqués. Trois ans plus tard,

- 255 -
on constatait une diminution dans la mesure où on ne recevait
que
993
navires.
Mais
si nous nous penchons uniquement sur les
entrées
en 1981,
on note la rotation de 557 navires répartis
de la manière
suivante:
Porte conteneurs
39
Grumiers
145
Cargos
145
Navire citernes de mois de 10 000 T.J.B.
81
Pétroliers de plus de 10 000 T.J.B.
81
Supplies Long cours
90
Divers
36
Tous
les
navires
répertoriés
dans
le
tableau
ci-dessus
correspondent
à
une
jauge
brute
de
6 694 639
tonneaux et à des pavillons venant du monde entier (1).
D'autre
part,
situé sur la façade atlantique,
il va
de
soi
que
le port de Port-Gentil entretient
beaucoup de
liaisons
avec
les
autres
ports
c8tiers
de
l'Afrique
centrale
ou
occidentale.
La
plupart relèvent de relations
commerciales.
Mais les liaisons principales avec l'Europe se
font
surtout
avec
la
France
et
dans
une moindre mesure
l'Allemagne.
Néanmoins,
sporadiquement, on peut observer sur
les
c8tes
gabonaises
des
navires
battant
pavillon
panaméen,
coréen, espagnol ... En d'autres termes,
le Gabon
assure
les
liaisons avec la plupart des continents. Tout en
insistant
sur les relations particulières avec la France,
il
(1)
Les
principaux
pavillons sont:
Allemands, Libériens,
Phil
pins,
Panaméen$,
Français, Américains, Danois, Togolais, Grecs, Yougoslaves,
W.Maltais,
Suisses,
Norvégiens,
Espagnols,
Malais,
Italiens,
Portugais, Anglais,
Coréens etc . . .

- 256 -
faut
peut-être
préciser
que
les
produits
manufacturés
embarqués
dans ce pays
arrivent
à Port-Gentil pour laisser
la
place aux produits forestiers et pétroliers
acheminés en
France
et
ailleurs. Le port européen relié avec Port-Gentil
le plus régulièrement est celui de Bordeaux.
- Les données du trafic.
Le
trafic
que
nous comptons traiter ici concerne à
la
fois
les
produits
liés
ou
à
des
implantations
d'entreprise
en
zone
portuaire.
Pour
ce
faire,
nous
distinguerons
les
trafics
principaux
des trafics annexes,
tout
en
mettant
un
accent
particulier
sur
les matières
premières,
base d'industrialisation, c'est-à-dire le bois et
les hydrocarbures.
* Les principaux trafics.
D'une
manière
générale,
les
Tableaux
21
et
22
comprenant
la
comparaison entre les trafics des deux grands
ports,
Libreville
et Port-Gentil, montrent bien la division
du
trafic.
Pour
ce
qui est des marchandises débarquées/le
port
de
la
capitale Gabonaise est mieux placé; par contre,
celui
de
Port-Gentil
est
de
loin
le
plus
lié
à
l'exportation.
Pour l'expliquer, on peut évoquer le fait que
les
principales
industries
se
trouvent
à
Port-Gentil et
également les matières premières exploitées.

- 257 -
Une
attention particulière doit être portée sur le
Tableau
21
qui récapitule le trafic global portuaire pendant
douze
années
consécutives.
Ainsi,
concernant les entrées et
en
dehors
du
sommet
de 1969 avec un peu plus de 96%,
le
tonnage
des
marchandises
débarquées n'a cessé de diminuer.
On
peut
notamment
préciser la chute vertigineuse
de
1969 à 1970, soit
85% de réduction. Même si cet écart
n'a
plus jamais été enregistré, on relève néanmoins un
net
recul; il resulte que les entrées ne représentent plus que 14%
en 1977. Ce n'est qu'à partir de cette année-là qu'une légère
remontée,
peu
significative
d'ailleurs,
peut être perçue
jusqu'en
1980.
Mais
cette
croissance
ne
se
traduit pas
profondément
au niveau des chiffres absolus. Toujours est-il
qu'à
propos
des
entrées,
le port d'OWENDO concentre 70% du
trafic.
Toutefois,
on
peut
rappeler
que
les
chiffres
éloquents
de 1976 et 1977 traduisent l'ouverture de nombreux
chantiers
dans
Libreville,
nécessitant
une
importation
accrue
de marchandises en
vue de doter la capitale gabonaise
d'infrastructures
devant
abriter
le
sommet
de
l'O.U.A.
(édifices publics,
routes etc ... ).
Le
trafic
de
Port-Gentil
est
plus
intéressant à
analyser
à
travers les données des marchandises embarquées.
Car
force
est de constater que de 1969 à 1980
ce trafic a
toujours
représenté
un
fort
tonnage,
traduit
par
un
pourcentage
variant
grosso modo de 93% (1969) à presque 99%

TABLEAU
21: Trafic global portuaire comparé de 1969 à 1980.
ENTREES
SORTIES
Années
OWENDO
PORT-GENTIL
TOTAL
OWENDO
PORT-GENTIL
TOTAL
TONNES
%
TONNES
%
TONNES
TONNES
%
TONNES
%
TONNES
1969
190
4,40
4 150
96,06
4 320
260
6,42
3 790
93,58
4 050
1970
210
30,88
470
69,12
680
280
5,75
5 590
94,25
4 870
1971
210
46,66
240
53,34
450
200
4,12
4 650
95,88
4 850
1972
250
59,52
170
40,48
420
330
6,79
4 530
93,21
4 860
1973
310
340
1974
380
62,29
230
37,71
610
290
3,12
8 990
96,88
9 280
1975
520
75,36
170
24,64
690
190
1,67
11 170
98,33
11 360
1976
1 090
83,84
210
16,16
1 300
160
1,34
11 770
98,66
11 930
1977
1 180
86,13
190
13,87
1 370
160
1,27
12 400
98,73
12 560
1978
580
85,29
100
14,71
680
150
1,23
12 020
98,77
12 170
1979
320
78,05
90
21,95
410
190
2,83
6 510
97,17
6 700
1980
280
71,79
110
28,21
390
310
4,42
6 710
95,58
7 010
Source: Marchés tropicaux et méditerranéees du 27 Novembre 1981. pp.3098

- 259 -
(1977-1978),
avec
un
doublement
spectaculaire
de tonnage
entre
1972
et 1974. Naturellement, cette période correspond
au
grand
choc
pétrolier
et
à
l'adhésion
du
Gabon
à
l'O.P.E.P.
Cependant,
les
chiffres
du
Tableau 21
sont mieux
tradui ts
par
la
Figure
B
En
effet, une disproportion
apparaît
entre
les
ports
de
Port-Gentil et dtOwendo et
elle
est
marquée
par
de
très
fortes sorties pétrolières
entre
1974
et
1978.
M~me
si
ces
derniers
temps,
la
tendance
est
à
la
diminution
du
trafic,
le
port
de
Port-Gentil
est plus actif que celui de Libreville, plutôt
spécialisé
pour les marchandises générales. Malgré l'absence
des
chiffres
de
1973,
on
retient
surtout une année très
significative,
de
1978 à 1979, o~ le tonnage brut a presque
chuté de moi tié.
D'une
façon
générale et comme a pu bien le noter M.
VERLAQUE,
les
pays
en
voie
de
développement
ont
un
déséquilibre
accentué au profit des sorties (1). Nous venons
de
le
voir
aisément, Port-Gentil n'échappe pas à la règle;
le
trafic
po-r~uOlre
évoqué
suit
les
mouvements
de
la
production
pétrolière.
C'est
ce
qui ressort du Tableau 22
représentant
la
structure
des
produits principaux passant
par les ports de Port-Gentil et Libreville.
En
effet,
la
distinction
entre les entrées et les
sorties
est
très
nette.
Si
nous
nous
penchons
sur les
(1 )cf. VERLAQUE(Ch. ).- Géographie des Transports Mari times.- Coll. Grands
produits et Transports, éd. Douin, 1974, Paris ,pp. I35.

's
de ~onnes)
15000
14000
[ ] en~rees
13000
PORT·GENTIL
UIIlJ sorties
12080
§ enrr~es
1'1 000
} OWENOO

sorl;es
'10000
9000
i1 1
1111
L
1
i
8000
111111
1
1
!
7000
i
:>
i
Cl
\\J
6000
5000
'1111
1
.,.
4000
11111
3000
1
i
2000
1000
L
1969
197 1
1970
1972
"9 7 ')
1974
1975
19 7 6
~977
F;g 8 -
Trafic
portuaire
maritime
comparé
de
1969 à 1980

-
261
-
entrées,
on
s'aperçoit
que
ce sont les biens d'équipement
qui
font
l'essentiel, suivis de très près par les matériaux
de
construction
et, dans des conditions assez appréciables,
les produits agricoles et alimentaires.
La
part
importante
représentée
par
les
produits
alimentaires
provenant
soit
des pays membres de
l'U.D.E.A.C.,
soit
de
la
France, montre la très grande
dépendance
du
pays
tout
entier
vis-à-vis
de l'étranger.
Aucune
structure
viable
n'a
été
implantée pour
servir comme base agricole du Gabon.
D'autre
part,
la
place
importante occupée par les
matériaux
de
construction
nous amène à nous interroger sur
le
caractère
jeune
du
pays;
il est en quelque sorte
en
pleine
gestation,
une
des
explications
des
projets
mirobolants
et grands chantiers inachevés. Comparativement à
Libreville,
les
données changent beaucoup:
les entrées sont
dominées
par
les
produits
énergétiques et la seconde place
revient
aux
produits
alimentaires
et
matériaux
de
construction.
Il n'en est pas de m~me pour les sorties dont
la
démarcation
des produits énergétiques et forestiers est
évidente
Une
fois
ces
deux
catégories
de
produits
exclus,
le
trafic
devient
insignifiant,
voire
négligeable.
Dans
ces
conditions,
leur poids influe beaucoup
sur
la
structure
du
trafic de Port-Gentil, surtout qu'une

- 262 -
3LEAU
22: Trafic comparé des marchandises par grande catégorie - 1979.
TURE DES MARCHANDISES
OWENDO
PORT-GENTiL
ENTREES
TONNES
%
TONNES
%
oduits agricoles et alimentaires
88 368
19,61
19 607
14,68
oduits de consommation domestique
20 921
4,64
3 991
2,99
ens d'équipement
51 303
11,39
49 804
37,29
oduits énergétiques et dérivés
153 679
34,11
14 209
10,64
tériaux de construction
84 892
18,84
35 575
26,64
ansactions spéciales
51 251
11,38
10 357
7,75
TOTAL IMPORT
450 414
100
133 543
100
SORTIES
oduits agricoles et forestiers
170 668
59,38
606 158
6,12
1
oduits d'alimentation
6 295
2 t 19
2 396
0,024
oduits de consommation domestique
3 953
1 t 37
1 050
0,011
ens d'équipement
14 311
4,98
19 423
0,20
oduits énergétiques et dérivés
1 516
0,53 9231 359
93,17
tériaux de construction
48 272
16,79
45 455
0,46
'ansaction spéciales
42 387
14,75
2 097
0,021
TOTAL EXPORT
287 402
100
9907 938
100
urces
Office des Ports et Rades du GABON.

- 263 -
part
considérable
est
exportée
à
l'état
brut.
Les
destinations
courantes
sont
l'Europe
et
l'Asie
pour les
grumes; les Etats-Unis et la France pour les hydrocarbures.
Par
ailleurs, nous ajoutons qu'il est très difficile
de
comptabiliser
avec
exactitude
les
sorties
et entrées
parce que divers
points
de
chute sont localisés,et ce sont
les pipe-lines qui contribuent à étendre les appontements.
Malgré
ces
quelques
difficultés,
la
situation
présente
-du
moins
des années 70 jusqu'au début des années
80
que
nous
vivons- n'est plus favorable à l'accroissement
du
trafic.
La
baisse
est
notoire
et,
inévitablement,
l'activité
portuaire
de ces dernières années est tributaire
de
la
baisse
de
la
production
pétrolière et du recul de
l'exploitation
de
la
forêt.
Elle
est très accentuée de
1980 à 1984, comme l'indique le tableau ci-après:
1980
1981
1982
1983
1984*
En milliers
de tonnes
LBV
POG
LBV
POG
LBV
POG
LBV
POG
LBV
PDG
Entrées
440
176
474
166
538
168
604
239
640
1~-
L::'
Sorties
476
9618
333
6729
338
6064
486
6519
660
854['
Total par port
916
9794
807
6895
876
6232 1090 6758 1300 8 Eé:
Total général
10 710
7702
7 108
7848
9965
• Estimation D. G.E.

- 264 -
A travers ce tableau, le fait le plus frappant qu'on
peut relever est la
baisse vertigineuse des sorties. Néan-
moins, le trafic du port de Libreville a connu une augmenta-
tion de 20% en 1984; cela s'explique par le fait qu'une
partie des exportations de bois s'effectue désormais à partir
d'Owendo. Parallèlement le regain des activités portuaires
à
Port-Gentil (+28%) témoigne de la reprise de la
production
pétrolière (+11%). Traduits par la Figure 9 , les
chiffres
des cinq dernières années montrent en général une baisse
d'
activité, avec un palier de 1981 à 1983, soit un trafic moyen
de 7 500 000 tonnes. Comme lors des années précédentes,
le
déséquilibre entre l'importation et l'exportation est
sans
équivoque,car le volume des sorties au cours de la période
1980-1984 est largement supérieur à celui des entrées. En fait,
tout cela tient sensiblement à la structure des produits con-
cernés, c'est-à-dire qu'une sorte d'échange très inégal s'éla-
bore entre les matières premières exportées et les
produits
finis importés. Il est sûr et certain que dans ce cas précis,
la baisse du tonnage des marchandises exportées reflète
les
aléas de la conjoncture internationale. Toutefois, on note une
légère reprise en 1983, confirmée en 1984. Elle est essentiel-
lement liée au secteur pétrolier avec la société AMOCO, active
depuis 1983.
* Les trafics annexes.
L'infrastructure portuaire de la ville ne répond peut-
être pas aux exigences d'un port moderne parce que Port-Gentil
donne l'image d'un port de transit. C'est pourquoi une place
non négligeable est réservée aux trafics dits "annexes", pour
la simple raison qu'ils ont une moindre importance; pour cela,
on doit les distinguer de ceux liés au bois et au pétrole.

FI g 9 - EVOLUTION
DU
TRAFIC
MARCHANDISES
DE
1980 a
1984
• ,entrees
illIll
sorties
~s de tonnes)
11000
10000
9000
1
8000
j
1
7000
:lli!
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Il
Ln
N
Il 1
5000
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1
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6000
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Il
4000
Il
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Il
Il
Il
[II
Il
li
Il
Il
3000
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1
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2000
Il: 1
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j
1
1(1
1111
"
1
1000
1
L~
_ JIllI! _
JltL___,_ '__0'__-- "
1980
1981
1982
1983
1984
(annees)

- 266 -
Dans
ce contexte précis, le trafic des conteneurs
n'est pas à négliger. En général, il représente 3I.856 tonnes
réparties de la manière suivante : 28.994 tonnes pour les
entrées et 2.862 tonnes pour les sorties. Mais pour mieux
saisir la portée de ce trafic, il faut évoquer le nombre
des unités transportées: globalement, on enregistre 4.4I5
conteneurs, soit 2.547 uniités pour les entrées et I868 unités'
pour les sorties.
111.2.3.2. L'administration portuaire
Le
port
en
eau profonde de Port-Gentil est sous la
tutelle
du
Ministère de la Marine Marchande. Mais selon une
formule
propre
au
Gabon, il est géré par un organisme créé
au
milieu
des années 70; il s'agit de l'Office des Ports et
Rades du Gabon (OPRAG).
Sur
le plan national, l'OPRAG est chargé d'assurer le
bon
fonctionnement
de tous les domaines portuaires
En
réalité, malgré les 800 km de côtes, le Gabon ne dispose
que
de
deux
ports
actifs,
le port d'Owendo et le port de
Port-Gentil.
Mais
l'aire
d'influence
de
cet
organisme
s'étend
aux
rades
foraines, abritant de nombreux parcs
à bois.
Des
multiples
activités de l'OPRAG, nous
relevons
la location des espaces dont la tarification est souvent
révisée pour l'implantation d'unités industrielles et
des

- 267 -
sociétés
directement liées
aux
mouvements
portuaires,
l'entretien
du
domaine
portuaire
et
de
ses
équi-
pements
en
vue
de
leur
adaptation
au
trafic.
C'est
pourquoi,
ces dernières années,
l'extension du
port
a
été
envisagée
et
doit
permettre
d'améliorer les
capacités
d'accueil
avec
la création d'une base logistique
pétrolière. Les travaux ont déjà débuté et sont actuellement
exécutés
par
l'entreprise
Péchaud-Gabon
-qui emploie 800
personnes-;ils coûteront au total 2 milliards
et
demi de
francs
CFA. La zone d'extension se situe entre l'usine de la
CFG
et le port actuel,
portant ainsi la superficie du port à
5
hectares.
Il
ne
fait
aucun
doute
que
cette nouvelle
extension
permettra
à
l'activité
pétrolière
et
para-pétrolière de se développer rationnellement.
Cependant,
face
à
de
telles
dépenses
d'investissement,
on
a
comme l'impression que la situation
financière
s'améliore
. Ce n'est pourtant pas le
cas
ici
car,
l'OPRAG
affiche
toujours
un
déficit
dans
l'exercice
de
ses comptes. La raison principale évoquée par
les
autorités
est
le
blocage
des tarifs portuaires depuis
plusieurs
années;
ce qui
les a conduites à prendre des mesures
draconniennes,
reposant
sur
une
austérité très stricte en
,
gelant
les principaux postes budgétaires. Mais. il semble que
les
raisons
sont
à
rechercher
au
niveau de la Direction
Générale
qui
emploie des cadres pléthoriques,sous-qualifiés

-
268 -
mais hautement rémunérés.
En
résumé,
le profil du port de Port-Gentil que nous
venons
de
dresser ne peut pas nous permettre de dégager des
perspectives
tant
industrielles que portuaires de la ville.
Toujours
est-il
que concevoir Port-Gentil comme un complexe
industrialo-portuairereste
un leurre pour
l'instant.
Car,
l'histoire
de
la
région
nous
renseigne
que
la vocation
portuaire
de
la
ville
remonte au siècle dernier, en dépit
des
structures
archaYques
de
l'époque, dont le point de
départ
ne
fut
qu'un
simple
débarcadère.
Naturellement,
toutes
les
grandes
opérations
maritimes
et portuaires se
sont
toujours
déroulées
sur
la
rade
foraine.
Ainsi,
l'édification
d'un
nouveau port maritime -à la fois service
public
et
outil économique- permet d'effectuer des échanges
économiques
dans
les
meilleures conditions possibles entre
Port-Gentil,
son arrière-pays et l'étranger.
De même, face
au
développement
prévisible
de
la
pêche,
le
port
de
Port-Gentil est ouvert à de larges perspectives dans le cadre
de la mise en valeur harmonieuse de la région de l'Ogowe. Sur
cette
lancée,
Port-Gentil
sera
davantage
un
port
d'éclatement
pour les régions du Bas-Ogowe,
l'arrière-pays
(Lambaréné,
Njolé, Makokou etc ... )
et,pourquoi pas,d'autres
métropoles
africaines
côtières
telles
que Pointe-Noire,
Douala,
Bata ...
par le biais d'un cabotage très actif.
Dans

- 269 -
cette
optique,
le port maritime fera date dans l'histoire du
développement
économique, à la fois pour Port-Gentil et pour
l'ensemble
du
pays,
par
son
impact
et
son
rayonnement
futurs.
*
*
*
La
seconde
sous-partie
que
nous venons d'ébaucher
nous
a
permis
de faire ressortir les principaux
éléments
qui
nous
ont
paru
influencer
plus
ou
moins
indirectement
la
ville de Port-Gentil, de sa création à nos
jours.
Et
dans
cet exercice, nous nous sommes aperçu
très
tôt
que
les
trois
facteurs
évoqués
-peuplement,
industrialisation
et
port-
ne
répondent
pas
à
une
chronologie
rigoureuse;
ce qui peut déjà expliquer certains
aspects
de
l'armature
urbaine.
Toutefois,
on
a
pu
noter
l'interdépendance
qui
existe
entre
les
facteurs
précités.
Pour
revenir
à
la
chronoloeie
que
nous
évoquions
plus
haut,
l'on
est
frappé
par
le
fait
que
jusqu'à
la
fin
des
années
70,
aucune
infras-
tructure
portuaire
n'était
pas
opérationnelle
à
Port-Gentil;
nonobstant
le
trafic
très
florissant
de
l'époque.
Ici,
et
c'est
peut-être
une
particularité,
les
industries
ont
longtemps
précédé
les installations
portuaires •.

- 270 -
De
même,
nous
nous
sommes
interrogé
sur
le
faible taux d'accroissement de la population urbaine. Malgré
son
essor
relatif,
Port-Gentil
est
en
contradiction
flagr2~te avec
l'évolution
des populations dans les villes
du
Tiers
Monde,
le
plus
souvent
caractérisée
par
une
explosion
urbaine.
Est-ce
à
dire
que
jusqu'à une époque
récente,
l'fIe Mandji n'était qu'un désert humain?
Dans
la
partie
qui va suivre, nous nous pencherons
sur
l'espace urbain proprement dit et ses variantes.
Il nous
sera
indispensable
de marquer les empreintes laissées par
l'industrie
du
pétrole
et
du
bois,
les
deux
grandes
composantes
de
la
ville.
En
fait,
cela nous amènera
à
cerner
les
retombées
de
l'activité
industrielle
sur
la
transformation du tissu urbain.

-
271
-
DEUXIEME PARTIE
LE DEVELOPPEMENT URBAIN

-
272 -
SOUS-PARTIE l - TRANSFORMATION DU MILIEU ET
EDIFICATION D'UN ESPACE URBAIN

- 273 -
L'fIe
Mandji
que
nous
avons eu à présenter dans
les
premières
lignes
de
notre
travail
est
une
aire
géographique
d'importance
capitale
pour le Gabon,
du moins
sur
le
plan
économique.
Nous
ne
reviendrons pas sur cet
aspect.
Mais
avant
de
percevoir
le
phénomène
urbain
proprement
dit
et de l'analyser dans toutes ses dimensions,
il
convient
de
rappeler
que le paysage d'herbes,
de joncs
vivaces
et
de
groupes
d'arbres
dans des zones basses est
devenu au fil
des années un cadre humain d'existence.
Parmi
les
facteurs
d'évolution
que
nous
avons
retenus,
l'industrialisation
semble
avoir
été
très
déterminante
au
niveau
de
la
structuration
de l'espace.
Comme
nous
l'avons
vu
précédemment,
elle n'est pas d'une
ampleur
extraordinaire,
comparativement
à
d'autres
métropoles
africaines.
Cependant,
pour
l'échelle
de
Port-Gentil,
elle
est
déjà
impressionnante
pour
jouer un
rôle
moteur
dans
l'urbanisation
de
la
ville.
Par
conséquent,
elle
a
beaucoup
modifié
la
configuration du
milieu
proprement
dit
et
par symétrie, accéléré le rythme
des migrations.
Comme
on pouvait s'y attendre,
l'industrie naissante
a
entrainé
un
morcellement
de
l'espace
qui
exigera
dorénavant
une
gestion
rigoureuse.
En
d'autres
termes,
l'activité
industrielle
a
eu
pour
corrollaire
direct
l'émergence
d'une
commune urbaine où se sont concentrés des
hommes
et
des femmes,
attirés principalement par
le travail
salarié.
Ce qui importe ici,
c'est d'évoquer
le passage d'un
milieu anodin à un milieu urbain communément appelé "ville".

- 2H -
CHAPITRE l
- LA TRANSFORMATION DU MILIEU
L'espace
qui
relève
directement
de
la
baie
du
Cap-Lopez
présente
une bipolarisation singulière:
des zones
destinées
aux activités industrielles, notamment pétrolières
et
des
zones vouées aux fonctions urbaines,
dominées par la
fonction
résidentielle.
En
fait,
c'est
dans
cette
articulation
précise
que
se
manifeste
la
diversité
fonctionnelle de l'fIe.
l - 1. LE PAYSAGE INDUSTRIEL
Comme
nous
l'avons
vu
dans la partie qui précède,
l'activité
industrielle
est
dominée
ici par le bois et le
pétrole.
Les
quelques
autres unités industrielles,
le plus
souvent
modestes,
sont
plus
ou
moins
liées
à
ces deux
prodruits.
Apparues
à
des époques différentes,
elles n'ont pas
influé
sur
l'espace de la même manière.
Concrètement,
le
bois
est moins présent sur
l'fIe même,
il prédomine dans
l'arrière
pays,
c'est-à-dire le Bas-Ogowe. Quant au pétrole,
il
s'est
montré
"dévoreur"
de
l'espace,
et
son domaine
couvre même les
étendues marines.
l
-
1.1. Le paysage forestier.
La
présence
d'une
bille
d'Okoumé
symbolise
la
forêt
Gabonaise.
Et
une
usine
de
la taille de la CFG,

- 275 -
produisant
nuit et jour bois sciés et contreplaqués,
ne peut
que
corroborer
notre
point
de
vue.
Dans
ce
cas,
elle
illustre bel et bien l'image du paysage forestier.
Il
convient
également
de
se
pencher sur l'aspect
forestier
tant représenté par les habitations construites en
planches
ou
en
contreplaqués (1).
C'est la caractéristique
même
des
quartiers
populaires et de certaines cités (2).
Très
remarquable
également
est
la vétusté des habitations
qui
nécessitent
une
rénovation
pour
donner
au
paysage forestier son éclat d'antan.
En
somme,
le
paysage
forestier proprement dit est
presque
inexistant dans le périmètre urbain si on le compare
avec
les
acquis
du
pétrole.
Malgré
cela,
l'évolution de
l'espace
pétrolier,
quand
bien
même
elle
marque
les
vestiges du passé-les cases
en
planches
paraissent
plus
pittoresques-,
n'a
pas
encore
fait
oublier totalement le
paysage forestier,
l'une des traditions de la ville.
l
- 1.2. Le paysage pétrolier.
Les
activités
pétrolières
à Port-Gentil n'occupent
pas
un
espace
géographique
bien
défini.
Elles sillonnent
presque
toute l'fIe et s'étendent au-delà du littoral. Des
aménagements,
terrestres
et
marins répondent aux exigences
de
l'exploitation pétrolière;
lesquels apparaissent comme un
système
de
chafnes
dont les anneaux sont indissociables.
(1)
Nous
y
reviendrons
dans
les
pages
qui
suivent
lorsque nous
aborderons le chapi tre sur l' habi tat p. 389.
(2)
Nous
citerons
comme
exemple
le
"CAMP
construite
SARA",
cité
ouvrière
par le C F G vers les années 50.

- 276 -
Cela
dit,
le
paysage
pétrolier
couvre
un
espace
considérable,
à
la dimension de l'étendue de son domaine de
prédilection.
Ainsi, dans le cas précis de l'fIe Mandji et
de
ses
environs,
les gisements disséminés dans l'espace se
rattachent par les diverses conduites tentaculaires dans deux
directions:
le
nord
et
le
sud,
c'est-à-dire du côté du
Cap-Lopez et de Tchengué (Cf.Carte 17 ... )
a) Le paysage pétrolier terrestre.
On
le
localise
dès
la
première
moitié
du 19ème
siècle
avec
la
préoccupation
des
Français
d'amorcer des
recherches
dans la région de l'fle Mandji.
Dans un premier
temps,
les
activités s'orientent sur le continent, en terre
ferme et en terre amphibie.
Le
point de départ précis a été le sud de l'fIe,
à
un
endroit
appelé
OZOURI.
De la jusqu'à Port-Gentil, 45 km
sont
à couvrir. Et les premières implantations ont permis de
relier
OZOURI
au
Cap-Lopez,
à
partir
d'un
pipe-line
transportant
le
pétrole
destiné à l'exportation.
Ce fut le
début
d'une
utilisation
accrue de l'espace qui se poursuit
encore jusqu'à nos jours.
La
nouvelle
infrastructure
ainsi
créée,
allait
contribuer
à
connecter
un
réseau
de
plusieurs
secteurs
d'exploitation
sur
lesquels
s'appuyait
la
production
à
l'époque.
Il
s'agit
d'OZOURI,
de
MBEGA,
de TCHENGUE,
de

- 217 ,-
carte
11 -
INFRASTRUCTURES
PETROLIERES
de
8
A
E
o
u
Raffinerles.~.
Olla. Petrolier
_ _ _,..1"':'::'
de POINTE
t
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CLAIRETTE:
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.
Mérou
lt .
..:'
puits de pétrole
Pageau
.

.....*..
.. construction metallique
...
# .
...
,
.., .....
station de pompage
'. .
sea line
h
pipe -line
TO'~""
... - -- - --
~
2,5
o
5km
.,
source: ELF
--------l-=:::::::=-=-=-
_
-
J

- 278 -
POINTE-CLAIRETTE
et bien évidemment le CAP-LOPEZ
(surtout le
sud).
A
ce
rythme,
la
conquête
de
l'espace
par
l'exploitation
pétrolière
devient
de
plus
en
plus
préoccupante.
Elle
progresse,
non seulement par les unités
de
production,
mais également par une occupation temporaire
de terrains par les villages ouvriers (1).
Il
ne
fait
aucun
doute que l'extension du domaine
pétrolier
correspond
immédiatement
à
la
prolifération de
zones
présumées productrices de pétrole. Et le nouveau décor
ne
fut
perceptible
qu'après
avoir
franchi
les
marges
atlantiques.
b) Le paysage pétrolier maritime.
La
prédisposition
de
la
région de Port-Gentil aux
activités pétrolièresa éveillé
la curiosité des explorateurs
pour orienter
l'exploitation
du
côté
de
la
mer.
En
comparaison
avec le précédent, ce paysage s'est vite dessiné
dans la mesure où la prospection sismique marine s'est révélée
plus rapide qu'à terre.
Un
peu plus que sur le domaine terrestre,
la mise en
valeur
des
espaces
pétroliers
maritimes a nécessité
l'établissement
des
structures
et
superstructures;
en
d'autres
termes,
on
est passé de la vie terrestre à la vie
marine.
Tout
ce
qu'il y a de plus frappant en milieu marin,
(1)
Les
secteurs
évoqués
plus
haut
faisaient également office de
"cité
de
chantier" avec une orsanisation sociale tr~s simple. Tout se
passait
sous
la conduite d'un européen assisté de quelques ingénieurs
européens
et
un cadre africain.
L'effectif total d'un village était à
peu
près d'une vingtaine de personnes habitant des cases préfabriquées
et
revêtues
de
tÔles galvanisées.
En
fait,
les cités en question
n'étaient
que
des
villages
itinérants;
lorsque
les
gisements
tarissaient,
l'équilibre
spatial
liant les hommes et le milieu était
également rompu.

- 279 -
ce
sont
les
ensembles
constitués
par
la
connection des
centres
d'exploitation
et
d'habitation,
reliés à la terre
ferme
par
le
réseau
de sea-lines. C'est pour participer à
l'activité
pétrolière
que
barges,
tankers
et
autres
hélicoptères
et
navettes,
sillonnent
la
rade
foraine et
surtout
le
large
des
eaux
port-gentillaises.
Ainsi,
les
mouvements
d'allers
et
venues
font
partie
du
spectacle
quotidien offert aux citadins.
c)
Paysage pétrolier et évolution spatiale.
Que
ce
soit
sur
terre
ou
en
mer,
la
mise
en
exploitation
des
gîtes
d'hydrocarbures issus de nombreux
champs
pétrolifères
qui
auréolent le plateau continental a
nécessité
une
colonisation
des
terrains,
pour la plupart
destinés
à
abriter
les
installations
de
transport,
de
stockage et de traitement d'hydrocarbures.
- Quelques installations
Elles
concernent
surtout
l'exportation
et
le
traitement,
ce
sont
les
pipes-lines,
le port pétrolier et
les raffineries.
1) Les pipes-lines.
On
les localise
généralement
à l'Ouest de l'île
Mandji.
Ils
forment
un
réseau
de
distribution
et
de

- 280 -
transport
d'hydrocarbures
tout
en
s'étendant
vers
deux
directions:
au
sud,

se trouve la station de pompage de
Tchengué et au nord-ouest,
c'est-à-dire à Clairette.
La
station
de
Tchengué
centralise
un
réseau
de
conduites
de
plus
de
100
km.
Pour
cela,elle reçoit non
seulement
le
brut
off-shore et continental issu des champs
du
Sud-Ouest
atlantique,
mais
également la production des
gisements
de
Torpille
en provenance de l'Océan (1).
Aussi
faut-il
ajouter que c'est toujours à Tchengué que se fait la
jonction
avec
les
pipes-lines continentaux issus des puits
de BREME, OZOURI et MBEGA.
Presqu'à
l'autre
extrémité,
à CLAIRETTE, se trouve
la
station
régionale de collecte, la plus importante; c'est
le
point de jonction des sea-lines en provenance d'ANGUILLE,
des
conduites
des
divers puits continentaux couvrant toute
la
région
nord
de
l'fIe.
Il faut également ajouter que
c'est
l'aboutissement
des
oléoducs
du
sud
acheminant le
pétrole et le gaz reçus par la station de Tchengué.
Les
deux
centres
que
nous
venons
de
présenter
-Tchengué
et
Clairette-
n'ont
qu'un
rôle de collecteur
(2).
Cependant,
Clairette
a
une autre fonction,
celle qui
consiste
à
drainer
le
brut
et
le
gaz
vers
d'autres
installations
liées
à
l'exportation
ou
au traitement sur place
(1)
On notera
que
TORPILLE
se
trouve
au
centre
des
reseaux de
sea-lines
en
provenance
d'une part de MANDAROS,
de BARBIER, GONELLE,
GRONDIN et, d'autre part GIRELLE et PAGEAU.
(2)
La
station
de
TCHENGUE couvre une superficie de 10 ha,
celle de
CLAIRETTE
15
ha avec des reservoirs d'une capacité de 140 000 m3 pour
le premier et 30 000 m3 pour le second.

- 281 -
2) Le port pétrolier.
C'est
l'aboutissement
du
réseau que nous venons de
décrire
Situé
au
nord
de
l'fIe
Mandji
et
plus
précisément
au
Cap-Lopez,
le port pétrolier n'est autre que
le
Terminal
de
tout
un
réseau
de
pipes-lines marins et
terrestres de l'fIe.
Le
port
pétrolier
ouvre
ainsi
le
besoin
d'installations
d'exportation
vers
la métropole.
Plusieurs
raisons
ont
été
évoquées quant au choix du site portuaire:
la
position
avancée
dans
l'Océan
Atlantique
(1)
et
l'éloignement
de la ville offrent évidemment une sécurité.
Sur
le
plan
spatial,
les installations (2)
couvrent presque la
totalité
de
la pointe du Cap-Lopez. Pour ce qui est du port
proprement
dit,
il
comprend
un quai à chalands et un quai
entièrement
métallique (3).
Non loin de l'ensemble portuaire
et
précisément
sur la rive nord-ouest du cap, se regroupent
des
pêcheurs de nationalités togolaise et nigérienne. Leur
présence
dans
cette
zone
s'explique
parce
que
les eaux
profondes
du
Cap-Lopez,
riches
en
plancton, attirent les
poissons
qui remontent à la surface, notamment le thon.
Cela
dit, une activité de pêche permanente s'y développe ...
3) Les raffineries.
Dans
un
chapitre
précédent
qui
traitait
de
l'industrialisation
en tant que facteur d'évolution urbaine,
(1) Le tirant d'eau à marée basse est de-18 mètres.-
(2)
Principales
installations
du Cap-Lopez:
7 maisons pour ouvriers,
un
magasin,
un centre de controle des unités de stockage de 550 000 m3
et portuaire
(3)
Dimensions
du quai métallique:
longueur= 200 m,
tirant d'eau= 25m
pour les pétroliers de 250 000 t .

-
282 -
nous
avons
longuement
évoqué les deux unités industrielles
établies à
la
Pointe-Clairette
et destinées à raffiner le
pétrole
brut.
Succintement,
nous
rappelons
que
l'assise
spatiale
des
deux
raffineries
contiguës ne se limite plus
exactement
à
la Pointe Nord-Est de l'rIe, elle a tendance
à
s'étendre
le
long
de la côte, accaparant des terrains
plus
ou
moins inoccupés et destinés à recevoir des édifices
soit
pour
une
utilisation
de
bureaux, soit
en
guise
d' habi tation.
l - 1.3. Superficies consacrées aux
diverses activités.
Les
terrains de la ville de Port-Gentil sont alloués
à
diverses
activités
et
leur
répartition
est
très
interessante à
percevoir
car elle permet de faire ressortir
les
secteurs
d'activités
les
plus
dynamiques.
On
peut
préciser
tout
de
même
que
les
renseignements que nous
détenons
ont
été
fournis
par la Mairie à une époque où le
nouveau
port en eau profonde n'était pas encore en activité.
Et
compte
tenu
des nouvelles implantations dans l'enceinte
portuaire,
on
peut
penser
que
les données sur l'activité
industrielle sont légèrement réduites.
Ainsi,
l'examen
graphique
de
l'espace
urbain
(Cf.Figure 10)
nous
montre qu'un
peu plus de la moitié des
terrains
est
occupé par le Transport et les Infrastructures

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- 284 -
d'utilité
publique,
soit
52,30%.
C'est un pourcentage très
significatif
et
impressionnant dans la mesure où l'activité
qui
succède
est
représentée
par
l'habitat.
En
d'autres
termes,
la
fonction résidentielle occupe 27,78% de l'espace
bâti.
L'explication
qu'on
peut avancer tient du fait que
nous
sommes
en
présence
d'une
urbanisation
de
forme
horizontale;
c'est
la
case
individuelle
qui
prédomine
largement.
L'activité
industrielle
quant
à
elle
vient
en
troisième
position
avec
11,02%
seulement. Ce chiffre peut
parattre
surprenant
si
l'on
ne
comprend
pas
bien
la
structure
de
l'industrie
port-gentillaise.
En
effet,
en
dehors
de
l'industrie
forestière qui a une bonne partie de
ses
principales
installations sur place,
le long de la baie
du
Cap-Lopez,
on
s'aperçoit que la plupart des équipements
pétroliers
sont
repoussés
hors
du
périmètre
urbain,
notamment
aux
zones péri-urbaines de Tchengué et Cap-Lopez.
Il
en
est
de
même
pour la société Shell-Gabon dont les
installations
techniques
et
le
Terminal
pétrolier
se
trouvent
à
Gamba,
ville
voisine
de
taille
modeste;
Port-Gentil
n'abrite
que les établissements administratifs.
D'autre
part,
on
peut
réaliser
aisément
que
l'activité
pétrolière,
ce
n'est pas seulement l'espace terrestre;
elle
s'étend
également
au-delà
du
plateau
continental
et
en
profondeur
des
eaux atlantiques. On peut penser qu'il n'est

- 285 -
pas
toujours
facile
de
quantifier
les
surfaces
ainsi
conquises.
Hormis
ces
activités, il ne reste plus qu'un faible
pourcentage

peu
près
10%)
réservé
aux
institutions
publiques,
aux
espaces verts, aux établissements bancaires,
commerciaux
et militaires. Comparativement à ces superficies
infimes,
on
mesure
la
part
non négligeable de l'activité
industrielle.
En
somme,
les
quelques
aspects
créés
par
l'industrialisation
de
la
ville
de
Port-Gentil
que nous
venons
de
voir
ont tout de même modifié la configuration
du
milieu.
Ainsi,
le
paysage
industriel
qui
se dessine
depuis
le
littoral maritime se poursuit jusqu'à l'intérieur
des
terres.
D'autre pa~t, si l'aspect forestier qui animait
jadis
les
lieux
tend
à s'estompe~, il n'en est pas autant
pou~
le
paysage
pétrolier
qui passe par le décor nocturne
lié
à
l'illumination des torches des gisements pét~olifè~es
tant
au
la~ge
qu'à
terre,
pour
aboutir
à
un
début
d'u~banisation à
travers
des
cités
ouvrières
de tailles
modestes.
Toutefois,
la
réalité
locale
nous oblige à ne pas
dissocier
le
paysage
industriel
du
paysage urbain. Comme
nous
venons
de le faire remarquer un peu plus haut, le bois
et
le
pétrole
ont donné le ton à un espace dit "u~bain" ou

- 286 -
tout
au
plus,
susceptible
de
l'être. On ajoute à cela, la
présence
d'un
littoral
maritime
non
répugnant. Autrement
dit,
Port-Gentil
répond
bien à une trilogie: bois, pétrole
et
mer.
Ce
sont
ces
divers
éléments
rassemblés qui ont
permis
de dégager deux grands secteurs de taille différente:
un
secteur
représentant
une
zone
d'activité et un autre,
strictement
voué
aux
fonctions
résidentielles;
le
tout,
constituant le paysage urbain.

- 287 -
CHAPITRE II - L'EDIFICATION d'un ESPACE URBAIN
De
toute
évidence,
les
divers
paysages
évoqués
récemment
ont
contribué
à
la
détermination
d'un
espace
urbain,
Port-Gentil.
Mais
pour
mieux
comprendre
le
développement
du
milieu
urbain,
l'on
ne
peut
éviter de
s'attarder sur les données de l'histoire.
II - 1. LE POIDS DE L'HISTOIRE.
De
ce
qui
est aujourd'hui
la ville de Port-Gentil,
nous
retenons
deux
périodes
assez
distinctes
mais
consécutives,
qui
ont
marqué
énormément la croissance de
la ville:
La
première
période
se
situe
entre
1912
et 1956,
indiquant
la
découverte
de l'Okoumé (richesse nationale de
l'époque)
et
des
bois
divers
dans
l'immense
bassin
de
l'Ogowe.
C'est
dans
ce
contexte
précis
que
nacquit
l'industrie
du
déroulage
et
de
la transformation du bois
dont l'expansion prospère ne tarda point.
La
seconde
commence
tout
juste
en
1956.
Elle est
caractérisée
par
de
nouvelles
richesses
révélées par les
gisements
de
pétrole
découverts
sous
son
sol.
C'est une
nouvelle
ère
qui
commence
car
cette
deuxième
richesse
paraît plus prospère.

-
288 -
II - 1.1. Découverte de l'tle Mandji.
Avant
ces
deux périodes, l'rIe Mandji est secouée
par
une
intense
activité commerciale. En effet, l'histoire
raconte
que
Lapa
GONÇALVES
(1)
était chargé de découvrir
chaque
année cent lieues de côtes nouvelles pour le compte
de
FERNAO
GOMES
(2).
Ainsi, venant du Nord, il implantait
son négoce par l'installation des comptoirs.
Bien
qu'il
soit
très
difficile
de
dater
avec
exactitude
la
naissance
de
la
ville
de
Port-Gentil, on
s'accorde
néanmoins
à
reconnaître
que
c'est
au
15ème
siècle
que
Lapa
GONCALVES
a
eu
le
mérite
de découvrir
l'île
Mandji.
Certains
témoignages ont laissé croire que
la
découverte
de l'rIe correspondrait à la création de la
ville.
Mais
aucun
élément matériel ne permet d'avancer une
telle
affirmation,
quand
bien
m~me
que pendant près de
trois
siècles,
l'rIe
Mandji
fut
sous
le
contrÔle
commercial
des
Portugais,
relayés
un peu plus tard par les
Hollandais, les Anglais et effectivement les Français (3).
II - 1.2. Création de Port-Gentil.
Jusqu'à
la fin du 19ème siècle, le site actuel de la
ville
ne représentait qu'un simple village, pour ne pas dire
un
campement
de
pêche.
Et ce n'est qu'à partir de cette
période
que l'édification de la ville commence. En tout état
de
cause,
Port-Gentil
est
donc
purement et simplement
(1) Explortateur Portugais
(2) Riche marchand de Lisbonne
(3)
Le
1er Juin 1862, le traité cédant à la France la souveraineté du
Cap-Lopez était signé.
Un
peu plus tard,
le 16 Aout 1873 l'ile Mandji
devenait la
propriété
de
la France jusqu'au lendemain du 28 Novembre
1958,
date
de
la proclamation de la République Gabonaise autonome au
go in
dA
1 a
communauté
Franca j se

- 289 -
une ville très jeune, de création française.
On
note
au
passage que la ville a changé plusieurs
fois
d'appelation
(1 )
pour
adopter
définitivement
Port-Gentil,
en
mémoire
de
l'administrateur
Emile Gentil
(2).
Présentement,
la
date
précise
de la naissance de la
ville
échappe
à
tout
un
chacun; c'est peut-~tre ce qui
montre
en
partie qu'on est passé du village à la ville sans
transition aucune.
Cependant,
quelques
dates
repères
peuvent
~tre
retenues.
Notamment
vers
1900,
la
population
est
déjà
cosmopolite,
englobant
européens
et
africains
d'origines
diverses.
De
m~me,
il apparaît que c'est vers 1911 que
le
visage
urbain commence à se dessiner véritablement, avec
la
création
d'un
poste
administratif
et
de
différents
organismes
comme
les
Douanes,
ainsi
que
des
grosses
sociétés: S.H.O.,
CHARGEURS REUNIS,
etc ...
Les
infrastructures ainsi créées ne sont concentrées
qu'au
front
de mer, site choisi par les européens. A partir
de
ce
moment
précis,
on
remarque
fort
bien
que
les
établissements
qui
s'installent,
ayant
des
activités
centrées sur l'administratif et le commercial,
sont davantage
tournés
vers l'extérieur.
Autrement dit,
le développement de
l'activité
commerciale
répond
au
rÔle
de
relai
que
Port-Gentil
doit
jouer
dorénavant:
entreprendre
des
échanges
nationaux
avantagés par la
proximité
du débouché
(1)
Les diverses appelations
de
la ville sont:
Cap-Lapez, Oroungou ,
Mandji et enfin Port-Gentil
(2)
Compagnon
de Savorgnan de Brazza mort en 1914, il était également
Gouverneur à Port-Gentil

- 290 -
de
l'Ogowe, mais
su~tout des
échanges
inte~nationaux à
l'image des g~osses sociétés, pou~ la plupa~t européennes.
Jusqu'ici,
on
ne
s'est
toujou~s
pas
soucié
de
l' inté~ieu~
des
te~~es,
le
Li tto~al
étant
le
domaine
p~ivilégié
pou~
exe~ce~
de
tels
échanges.
on peut alo~s
considé~e~
"l'espace
u~bain"
comme
évoluant d'une maniè~e
linéai~e,
c'est-à-di~e de
la
Pointe
Akosso
à
la Pointe
Clai~ette.
Aussi,
est-il
nécessai~e de fai~e ~ema~que~ que les
premiè~es
inf~astructures qui
s'élèvent
ici et là ne sont
pas
à
mett~e
en
~elation avec un plan p~écis. Au fu~ et à
mesu~e
que
la
fonction
comme~ciale
qui
repose en g~ande
partie
su~ le t~afic maritime se développe, la ville ou tout
au
plus
le
Littoral
fait l'objet d'une occupation
par
d'éventuels
cou~tie~s.
Petit
à
petit, la ville s'étend en
longueur
et,
dans
le
soucis
de
~ése~ve~ des espaces aux
futu~s
occupants,
tout
cela
en
p~évision
d'une
multiplication
des
activités
ma~itimes,
les
"villages
indig~nes"
se
~epliè~ent
ve~s
l'inté~ieu~.
Ainsi,
l'o~ientation générale
de Po~t-Gentil apparaît-elle clairement,
ca~
sans
pour
autant
évolue~
sur la base d'un véritable
plan
urbain,
une st~ucture dualiste se p~ofile à l'horizon;
et,
force
est
de constater qu'elle demeu~e toujours de nos
jou~s,
du
moins
sur
le
plan
social.
Elle
constitue en
quelque so~te la plateforme de la ville ..•

-
291 -
La
détermination de cette structure urbaine est plus
perceptible
à
partir
des
années
30
qui
correspondent
sensiblement
au
tout
premier
"modelage"
de la Plaine, le
Littoral
étant
déjà ou presque "aménagé". C'est à partir de
cette
date
que le premier "plan" de la ville a été tracé; à
savoir
une
zonation
bien
précise
faisant
ressortir deux
composantes
la
première
se
situe
au
Littoral avec la
fixation
des
infrastructures
déjà existantes et la seconde
plus
à
l'intérieur,
strictement
résidentielle et en début
d'organisation.
Mais
à
partir
de
ce moment, peut-on déjà
évoquer le concept de ville ?
En
effet,
jusqu'aux
années
30,
deux
éléments
caractérisent
singulièrement Port-Gentil:
la séparation très
nette
entre
ce
qui
est
convenu
d'appeler
la
"ville
européenne"
et
la
"ville
africaine".
Rues, boulevards et
quartiers
sont inexistants, nonobstant les quelques sentiers
sablonneux et
tortueux,
impraticables
en saison de pluies.
Mais
l'architecture
urbaine
bien
que
archaïque jusqu'à
présent
se
développe.
Et
tout
juste
au début de l'année
1932,
à
la
suite
d'une
requ~te exposant les besoins en
routes
et
quartiers
des
populations
adressée
à
l'administration
(1),
on
assiste au lancement des travaux.
C'est
le
début
d'une
"urbanisation"
qui
se
poursuit
jusqu'aujourd'hui.
Les
premiers quartiers délimités sont la
Mosquée,
le
Grand-Village
et la Balise (2). Ainsi, on peut
(1)
C'est
grâce
à
un
menuisier
repondant
au
nom de PEDIO Martin
revenant
d~ Braz~a~i~le.o~ i~ a~ait servi durant plusieurs années, que
la
populatlon a ete lncltee a revendiquer la construction de routes et
quartiers.
L'exposé
des
besoins
de
la
population,
présenté
par
AVOUNGOU
NDJEMBE,
chef superieur de l'agglomération de Port-Gentil au
chef
de
la
subdivision
de
Port-Gentil
en
la
personne
de
l'administrateur
Robert
GAROW, fut accueilli avec bienveillance' d'où
l,,,,,
t:,..AVAIlX
rie voirie et de délimitation de Quartiers.
'

- 292 -
dire
qu'en
1946,
l'esquise de la ville actuelle apparatt
déjà en filigrane, mais le tissu urbain reste très aéré.
Partant
de
cette
étape,
il
a
fallu
attendre
précisément
un demi-siècle pour entreprendre une "rénovation
urbaine".
Elle
ressemble
plutôt à un embellissement qu'à
un
remodelage.
Ce qui revient à dire que, fondamentalement,
les
données
du
problème
demeurent telles;
de sorte que la
concentra ti on
des
infrastructures
sur
le
l i ttoral
s'intensifie
et
la
Plaine quant à elle, reçoit toujours le
flux
des
populations
venant
de
divers
horizons,
indépendamment de son sous-équipement manifeste.
II - 2. LA NOTION D'ESPACE URBAIN.
On
a le plus souvent tendance à l'opposer à l'espace
rural.
Cette
acceptation
cadre plutôt avec les réalités
occidentales.
Ici,
le
point
de
départ
c'est toujours le
village
qui
représente
la plus petite unité relevant de
l'organisation
administra ti ve
du
Gabon.
Les
mutations
opérées
proviennent
inévitablement
de
l'économie
industrielle.
Port-Gentil
est
à
l'image
de tout cela: le
campement
de
p~cheurs
d'hier
est
devenu aujourd'hui le
centre
de
gestion
des
entreprises
locales et nationales,
animé
par
des
activités
de production, de financement, de
transit
et
de services. En somme, Port-Gentil représente de
nos jours un centre de travail industriel.
(2)
La
toponymie
des
quartiers
est
trés explicite à cet effet: le
quartier
Mosquée
à
cause
de
la
fondatIon d'un temple musulman; le
quartier
Grand-Village
parce
que
c'était
le
grand
centre
de
regroupement
de
populations
diverses;et le quartier Balise symbolisé
par
l'implantation
d'une
balise
devant
orienter
les
~ateaux. ~ui
appareillaient
la
nuit
au
large
du
Cap-Lopez. Le Servlce Marltlme
trouvant cette balise en ruines,
la démolissait en 1968.

- 293 -
Mais
la
particularité
de
Port-Gentil
est
que la
ville
n'a
presque
pas de tradition agricole
,ce qui ne
paraît
pas
être
le
propre
des
villes Africaines. La
nature
des
sols en est responsable ou tout au plus, peut-on
évoquer
l'hypothèse selon laquelle l'activité agricole s'est
trouvée progressivement éliminée ?
L'observation
nous
oblige
à
représenter
l'espace
urbain
ici
comme
un ensemble de constructions spécifiques,
comportant
des
bâtiments
fonctionnels
répondant
à
de
multiples
activités
et également, l'accumulation de maisons
d'habitation
plus
ou
moins
serrées les unes aux autres et
assez
basses,
permettant
d'abriter
des
densités
non
négligeables
d'habitants
par
unité
de
surface;
tout cela
repose sur un schéma classique.
II - 2.1.
Le plan de Port-Gentil.
L'idéal
dans
toute
étude
urbaine
consiste
à
rechercher
le point de référence à l'armature urbaine appelé
communément
le
centre,
au
sens historique et fonctionnel.
Mais
il
ne
nous
semble
pas
facile
de
le
situer
à
Port-Gentil.
Toutefois,
on
peut
fixer l'emplacement qui a
présidé
au
développement
d'un quartier central concentrant
l'ensemble
des
fonctions
tertiaires de la ville;
il repose
sur
un
secteur
certes
animé
mais
linéaire,
situé
à
l'extrémité
de la ville et à proximité du littoral maritime.

- 294 -
Privé
d'un
centre
en tant que tel, Port-Gentil se présente
comme
une
ville
déséquilibrée
par
l'existence
d'un
"centre-ville"
périphérique
qui
n'a
pas
su se dégager de
l'emprise spatiale des installations pétrolières.
Elle
est
surtout
une
"ville
neuve",
rapidement
construite
ou
tout
au
plus
qui se construit encore. Pour
cela,
elle
n'a
pas
eu
le
temps
de
se forger un espace
urbanisé
au-delà
duquel
auraient
été
reléguées
les
installations
pétrolières.
Au
contraire,
l'activité
pétrolière
ayant
précédé
l'activité
urbaine
ou
plutÔt
accentué
la
croissance
urbaine,
Port-Gentil s'est collé à
l'industrie pour s'étendre ensuite vers le sud.
Tout
en
demeurant
dans
un
contexte
purement
historique,
on
peut
mentionner que la ville de Port-Gentil
est
la
seule
au Gabon à prétendre bénéficier d'un plan, si
classique
soit-il.
Assez
simplifié,
on
peut
distinguer
schématiquement deux grandes parties:
La
première se situe le long de la baie, une espèce de
rectangle
allongé,
comprenant
à
la
fois
une
zone
résidentielle
et
des
activités
administratives
et
commerciales.
Ce
rectangle
est
coiffé aux deux extrémités
par
la
présence d'unités industrielles: la SO.GA.RA, la CFG
et
le
domaine portuaire au nord; et au sud, se dressent les
installations d'Elf-Gabon.
Quant à la seconde, elle représente un triangle dont la

- 295 -
base,
assez
large,
se
limite
au
boulevard Léon Mba; il
surmonte
au
2/3
le
rectangle
précédent et comprend surtout
des quartiers résidentiels.
Somme
toute,
les
deux
figures
géométriques
et
juxtaposées
définissent
Port-Gentil. Pour ce qui est de la
partie
rectangulaire, correspondant à la "ville européenne",
les
rues structurantes sont pour la plupart en damier. Quant
au
triangle,
le tracé des routes est soit en damier ou soit
en
damier-composé.
Et
s'il
nous
arrive
d'établir
une
comparaison
avec
la
capitale Libreville, on s'aperçoit que
dans
l'ensemble,
la
morphologie
urbaine est beaucoup plus
régulière
à Port-Gentil; quand bien même que ces dernières
années,
elle
a
tendance
à
se
compliquer,
du fait de la
croissance
urbaine
quelque
peu
anarchique
de
certains
quartiers périphériques.
Cependant,
si
nous prenons un peu plus de recul, en
examinant
le
schéma
de
MANDJI
(ancienne
appelation
de
Port-Gentil)
en 1911, on s'aperçoit que toute l'activité est
strictement
concentrée
au Littoral. A c8té des nombreuses
factoreries
(1 )
et
d'autres
établissements
(2) ,
se
succèdaient
des
cases
d'indigènes,
non
loin de la Pointe
Akosso;
au centre même de la baie du Cap-Lopez, on pouvait
également
remarquer
la
concentration
de
bureaux
et
équipements administratifs (3).
L'occupation
de l'île était plus ou moins linéaire
(1)
Nous
citerons
entre
autres:
Hatton
et Cookson, S F N, ~ Holt,
Anciaux et Galland
(2)
Ce
sont
les Etablissements Anciaux, Peyrebere, S H D, Broêt et
Rousselot
(3)
Le
bureau
des
Douanes,
l'Hopital,
les
PTT, et également le
Cimetière,le Marché et la Prison.

- 296 -
et
cohérente,
dénotant
par
la
même
occasion un schéma
urbain
historique spontané. Il est fort regrettable que nous
n'ayons
pas
pu
disposeer
de
photographies
aériennes
de
l'époque,
cela
nous
aurait
permis
de
mieux
voir
les
conditions
d'occupation
du
Littoral.
Les premières images
n'apparaissent
qu'en
1946 et l'on ne perçoit pas d'avantage
le
mouvement
qui
a conduit les indigènes à se replier vers
l'intérieur.
Toutefois,
on
peut
supposer que c'est à partir des
années
30 que le schéma urbain qui va suivre devient plus ou
moins
volontaire; parce que
l'examen
approfondi du paysage
urbain
montre
une
coupure
nette
entre
le
Littoral
et
l'Intérieur.
La ville se divise en deux parties inégales qui
s'opposent
en
tout
et
pour
tout.
Le
Littoral

les
conditions
d'assainissement
sont
bonnes -un grand canal le
contourne-
et
le "village" , très marécageux. En réalité, i l
ne
s'agissait
pas
d'un
village
en
tant
que
forme
d'organisation
sociale
traditionnelle; on relevait plutôt
la
présence
de
trois
noyaux "villageois"
marginalisés: le
premier
se
situait à la hauteur du quartier Balise et était
habité
particulièrement par les travailleurs de la Compagnie
des
Chargeurs
Réunis
et
de
la
Société du Haut-Ogowe; le
second,
un
peu
plus
au
sud,
constituait
le
plus grand
regroupement,
avec
les
employés de l'Administration et des
maisons
de
Commerces.
Enfin,
le
troisième noyau na!tra

- 297 -
plus
tard,
sans commune mesure avec les deux autres. Par la
suite,
ces
trois
noyaux
devinrent les premiers quartiers
de la PLAINE (Cf.Carte 18).
Tout
compte
fait,
le
déplacement
de
populations
indigènes
s'accompagne
d'une
nouvelle
orientation
de
certains
équipements
du Littoral. C'est ainsi qu'à l'entrée
de
la ville européenne et à la hauteur du grand canal sont
placés
le
Camp
des
Gardes,
le
Camp
des Policiers et la
Prison.
Loin
de
présager
d'une
vie
"musclée
et
"militarisée",
on
peut
certainement
évoquer
le
souci
permanent
de
sécurité
qui
anime
les
populations
européennes
face
à
d'éventuels
soulèvements
et
actes de
vandalisme perpétrés par les indigènes.
Un tel schéma urbain, généralisé dans la plupart des
pays
de
l'Afrique
au sud du Sahara,
a été plus ou moins
remis en cause par l'extension m~me de la ville.
II - 2.2. PORT-GENTIL : la ville coloniale
Le
plan
ainsi
présenté
et
qui
n'a
rien
d'extraordinaire,
remonte
à
la
colonisation
française.
Présents
effectivement
sur
l'fIe
depuis
1862,
les
Français
ne
s'occupent
que
des transactions commerciales,
d'où
leur
concentration
sur
le littoral maritime. On peut
préciser
qu'ils
ne
commencent à porter un intérêt sur la
ville
qu'à partir de 1945, au lendemain de la seconde guerre
mondiale,
avec
la
mise à jour du Plan de Port-Gentil, dont

- 298 -
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- 299 -
on retrouve aujourd'hui les grandes lignes.
Cela
dit,
l'émergence
de
la
commune
urbaine est
postérieure
à
l'année
1900 et les premiers schémas urbains
ne
peuvent
~tre
observés
avec
précision qu'à partir de
certains
documents
photographiques
qui
permettent
de
délimiter la cité.
La
présente
étape
correspond
de
l'année 1945 aux
années
60
marquant l'accession du Gabon à l'indépendance.
A
cette
période
précise,
Port-Gentil
épouse
la
forme d'un
éventail
ouvert
de
l'ouest
vers
l'est,
c'est-à-dire
le
littoral
(Cf.Carte 19).
L'élément
impressionnant
de la ville
est
le grand
canal.
Creusé
de
la
main de l'homme et dessinant un tracé
parallèle
au
littoral;
il scinde nettement la ville en deux
parties
inégales
Il
appara!t
très probable que le
canal,
loin
de
demeurer
comme un symbole d'assainissement
urbain,
servait
plutôt
de
douve
de
sécurité
pour les
premiers européens.
La ville a été bâtie précisement le long de la baie
du
Cap-Lopez.
Cette
position
sur
la
côte
est
très
intéressante, d'autant
que le fleuve Ogowe y débouche. Ce site
répond à une
donnée
historique:
servir
de relais entre
l'arrière-pays
et l'Europe où doivent être évacués touts les
produits
tropicaux
recherchés. Dans ces conditions,
on ne
peut pas
s'attendre
à
une planification urbaine allant dans

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- 301 -
le
sens
d'améliorer
les
conditions
d'existence
des
populations.
Sans
surprise
aucune
et
dans
tous les cas,
l'occupation
de l'espace est discontinue;
la ville croit "en
saut de puce", reflétant plutôt un habitat dispersé.
C'est
ce
que
nous
pouvons
intituler
la
"ville
forestière",
malgré l'installation de la S.P.A.E.F.
dont
la
présence
anodine
sur
la Pointe Akosso est éclipsée par
les
scieries
S.E.B.;
lesquelles lui tournent le dos vers le
sud
et absorbent sans cesse des colliers de grumes d'Okoumé
remplissant
en
permanence
la
rade
foraine
au milieu des
palétuviers.
Ainsi,
le paysage cÔtier est jonché de billes
de
bois
de
toutes
sortes
qui attendent d'être chargées
dans
les
cales des navires en rade.
La présence d'une autre
scierie,
la
SADER,
non
loin
du
vieux
wharf,
permet
d'augurer- d'une activité forestière intense.
Ainsi
donc,
comme
dans
toute
ville
coloniale
portuaire,
l'activité
administrative
et
commerciale a été
omniprésente.Elle a évolué à côté d'un habitat pavillonnaire
blotti
sous
les
palmiers.
C'est ici qu'on situe le noyau
initial.
Déjà,
les
traces
du
passé
donnent un caractère
vétuste
aux
maisons
coloniales abritées sous des manguiers
et cocotiers symbolisant le charme des paysages tropicaux.
De
l'autre
côté
du
canal
et
bien isolée de la
"ville européenne"
par
un vaste "no man' s land",
la "ville
africaine"
paraît
dense
et
très
émiettée,
elle
se

- 302 -
développe
d'une
manière géométrique. C'est en quelque sorte
le
triangle que nous avions évoqué plus haut, représenté par
l'avenue
de
Libreville
et
l'avenue
de
l'Indépendance se
joignant
au
nord
autour
du
Chateau d'eau, l'avenue Eboué
constituant la
hauteur
et le boulevard Léon Mba,la base. Les
premiers
quartiers
vont se développer autour de ces artères
principales.
Un
minimum
d'organisation est à signaler: les
abords
des rues sont lotis en carrés d'un hectare de côté,
séparés
par
des
routes
sablonneuses
qui
se recoupent en
angle
droit.
Leur
largeur
est estimée à 10 mètres. Chaque
hectare contient un peu plus d'une trentaine de parcelles.
En
1946,
la
population
globale
de
la
ville
atteignait
près
de 8 000 habitants; cela relève de l'apport
de
l'immigration,
l'accroissement
naturel
étant
insignifiant.
Et
les
débuts
de
l'exploitation pétrolière
vont
entrainer un accroissement remarquable du chiffre de la
population qui passait à 15 000 personnes en 1958.
II - 2.3. Port-Gentil des années 60.
L'accession
du
Gabon
à
l'indépendance
eGt
une
influence
relative
sur
l'administration
de
nos cités. En
tout
état
de cause, nous assistons à un changement d'hommes
et
les
nouveaux
responsables
ont
longuement
servis dans
l'administration
coloniale.
Autrement
dit,
une
élite
nationale
s'installe désormais dans la "ville européenne" mais

- 303 -
le
dosage
est
toujours très limité dans la mesure où,
dans
le
cadre
de
la
coopération
technique,
la
présence
des
Français
dans
les
secteurs
clés
de
l'administration est
toujours notoire.
Ainsi,
le
schéma
urbain
précédent
n'est
pas
à
differencier de la structure que nous aurons à examiner dans les
pages
qui
suivent.
Toutefois, si nous nous penchons sur la
mission
aérienne
de
1958, on remarque une densification de
la
ville;
en d'autres termes,
les espaces vides se comblent
petit
à
petit. Et tout compte fait,
l'espace bâti voit sa
superficie
tripler
et
accueillir
15
000 âmes. Comme on
devait
s'y
attendre,
tout
va
dans le sens d'une jonction
entre
la
" ville européenne "
et
la
"ville africaine"
(Cf.Carte
20) .
Tout
en s'étendant,
les rues se tracent les
unes
après
les
autres
et
un
nouvel
aspect
de la ville
prédomine:
c'est
le
fait
de
construire
par
étape et de
nouveaux
secteurs d'habitation apparaissent. Sur le littoral
m~me,
on
observe
des
cargos
en
rade
autour
desquels
s'accolent
des
chalands
et
remorqueurs
faisant
l'aller-retour
entre
le
rivage
et
le large;
ce mouvement
témoigne d'une activié portuaire et commerciale pesante.
Au-delà
de
l'accroissement
général
de la ville se
dégage
la dualité sociale constatée auparavant, avec tout de
m~me
une nouvelle donnée:
la naissance d'une "bourgeoisie
africaine"
qui accède coup sur coup à la ci té européenne. En

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- 305 -
fait,
la
structure urbaine héritée de la colonisation ne se
radicalise
pas, elle
se
présente
désormais
sous forme de
distinction
de zones résidentielles et s'articule sous-forme
de
catégories
socio - professionnelles.
Dans
ce
contexte
précis,
on
remarque l'opposition systématique sociale entre
les
deux
zones
principales:
à l'Ouest s'étire une trame de
quartiers
africains,
base de la main d'oeuvre ouvrière et à
l'Est,
le
littoral
maritime où résident l'élite africaine,
les services et les hommes d'affaires européens.
Pour
mieux
appréhender
l'espace
urbain
que
représente
Port-Gentil,
nous avons jugé mieux de remonter un
peu
plus
loin.
En
d'autres
termes,
il
nous
est apparu
opportun
de
faire
la
description
générale
de ce qui est
qu'a
été
la
ville
de
Port-Gentil,
afin de marquer les
transformations
subies
par
celle-ci.
Indépendamment
de
quelques
témoignages
oraux,
la seule source d'informations
relève
uniquement
de prises de vues aériennes.
Cela dit,
le
profil
que nous venons d'élaborer est loin d'être complet,
il
se
veut non seulement hatif mais également partiel. Pour
combler
les "lacunes historiques",
il convient de se pencher
sur
les
deux
dernières
décennies,
les
années
70 et les
années
80;
à
travers
lesquelles
de
nombreuses
missions
aér iennes,
assez
rapprochées, permettent
de
mieux
sui vre
l'évolution
spatiale.
Déjà,
celle
de
1970
témoigne

- 306 -
clairement
de
l'extension
de
la
ville
en
direction
de
l'Ouest
et
du
Sud. Dans le même ordre d'idées, il sera
important
de
souligner
la
jonction
totale entre les deux
"ville Sfl.
autrement
di t,l'espace représentant le "no man' s
land"
est
rompu.
En
définitive,
la
soudure de la "ville
africaine"
et de la "ville européenne" nous permet désormais
de
mieux
analyser
la
structuration
de l'espace (Cf.Carte
21).

- 307 -
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-
308 -
SOUS-PARTIE II
L'ARMATURE URBAINE

- 309 -
Les
développements
déjà
effectués
antérieurement
nous
ont
conduit
à
retracer
les
principales
étapes
-1ointaines
bien
sOr-
de
la
croissance
urbaine
dont
l'exploitation
forestière à servi de stimulus. C'est dans ce
cadre
que
nous
avons
évoqué
la
"ville forestière".
Cependant,
depuis les deux dernières décennies, l'on peut se
rendre
compte
que
les mutations qui s'opèrent au niveau du
périmètre
urbain
et
même
au-delà, sont plus ou moins le
reflet
d'une
intense
activité pétrolière. Pour ainsi dire,
le
pétrole,
bien
que
fascinant
et
omniprésent
dans
l'armature
urbaine de Port-Gentil, n'a pas remplacé le bois;
il
l'a
simplement
succédé
et
surtout
détrôné.
Naturellement,
on
peut
avancer,
sans
réserve aucune, que
depuis
1970, Port-Gentil est une "ville pétrolière". Car
nous
sommes portés à croire que c'est à partir
de ce moment que
l'infrastructure
pétrolière
se
complète.
Et
la tradition
pétrolière, née
vers les années 50, s'enracine désormais vers
les
années
70
et se perpétue jusqu'à nos jours. Les lignes
suivantes
nous
permettrons
d'apprécier
l'organisation
de
l'espace
à travers ses grandes composantes, de la voirie aux
services urbains, en passant par l'habitat.
CHAPITRE l
-
LE RESEAU ROUTIER
La
ville
de
Port-Gentil
renferme
à
peu près une
trentaine
de
grandes
artères
routières.
Elles
se

- 310 -
différencient
non
seulement
par leur état mais surtout par
leurs
nature
et
dimensions.
D'une
manière générale,
leur
largeur
varie
entre
cinq
et
vingt
mètres.
Sur
le plan
spatial,
elles sont très présentes. En effet, en 1980, elles
couvraient
25%
de
la superficie construite, soit 239,10 ha
(1).
On
peut
alors
faire remarquer que la circulation des
personnes
et
des biens est très préoccupante. Pour mieux le
percevoir,
il
nous est indispensable de mettre l'accent sur
le
revêtement
et
partant,
déterminer une classification
conséquente.
l
- 1.
LA NATURE DU RESEAU ROUTIER.
Pour
construire
le
réseau
routier de Port-Gentil,
plusieurs
possibilités
ont
été utilisées et elles marquent
ainsi
les
transformations
subies
par
les
routes.
Deux
pratiques
étaient courantes:
soit on construisait des routes
homogènes,
c'est-à-dire
en
utilisant
qu'un
seul matériau
pour
le
revêtement
ou
par
contre,
on
procédait à des
assemblages.
En
tout
état de cause,
les premières routes étaient
sablonneuses,
pour ne pas dire naturelles. Ce qui a entrainé
le
principe du revêtement c'est le climat combien pluvieux
de
la
région.
De
toute
évidence,
l'usage
de
certains
matériaux, dont
la
latérité,
a
amélioré la situation sans
pour
autant
apporter
une
satisfaction totale.
Par contre,
l'usage de l'asphalte etdu béton cadre
bien avec la nature
(1)
cf.
Rapport final COCP.
La superficie évoquée était presque égale
à celle représentée par l'habitat et la zone de l'aéroport.

-
311
-
des sols~
l
- 1.1. La route en béton.
Le béton a été
le
premier
matériau utilisé pour le
revêtement
des
rues
à
Port-Gentil.
Sa préparation
s'est
faite
de
manière rudimentaire,
c'est-à-dire uniquement à la
main;
on
peut
citer
notamment:
le
boulevard
Chavannes,
l'avenue
Savorgnan
de
Brazza,
la
rue
Vigouroux
ect ...
Ainsi,
on
réalise
que
le
premier réseau routier était en
béton.
A
certains
endroits,
on
le
mélangeait
au ciment
(avenue Général de Gaulle).
Le
béton
a
pour
qualité
de
ne pas se détoriorer
facilement.
I l
se
fixe
très
longtemps
et
résiste
convenablement
à
la
rigueur du climat, notamment à la très
forte
humidité.
La
preuve nous est fournie par l'existence
de
beaucoup de routes en béton-ciment.
Elles font partie des
vestiges
de
l'histoire
routière
de
la
ville.
Pour
la
plupart,
on
les localise au centre-ville, c'est le cas bien
précis de la rue du Révérend Père Bichet.
l
- 1.2. La route en laterite.
De
la
route
en
béton,
on est passé à la route en
latérite.
En
fait,
le
revêtement
des
routes
avec
la
latérite
correspond
à
l'extension du réseau primaire. Le
nouveau
matériau
provient
de
la zone de LOANDA,
située à

- 312
une
centaine
de km de Port-Genti l;
on y accède que par voie
fluviale,
d'où
la
difficulté
de
s'approvisionner
en
permanence.
La
route
en
latérite n'est pas praticable en saison
,
.,
sèche
a
cause
de
la pouss1ere o·
En saison des pluies,
la
poussière
fait
place
à
la
boue
et
la
chaussée devient
davantage
salissante.
En
réalité,
l'utilisation
de
la
latérite
ne
représente
qu'une
étape
au
revêtement des
routes.
Lorsque
les
moyens
financiers
font défaut, cette
étape devient définitive.
Aujourd'hui,
les
rares
routes en latérite qu'on
rencontre, généralement sans issue, appartiennent au réseau
secondaire
(Cf.PLANCHE
IV, Photo A).
Elles permettent tout
de
même
de désservir les habitations éloignées de la voie
principale.
Ces
quelques
tronçons,
très
courts
pour
la
plupart,
relèvent
de
l ' ini tiati ve
privée.
Quant
aux
premières
routes
en latérite, elles n'ont pas disparu;
mais
elles
ont été purement et simplement recouvertes d'asphalte.
Et
celles
qu'on peut observer par-ci et par-là, appartenant
au
réseau
principal,
attendent tout simplement de recevoir
de l'asphalte.
l - 1.3. La route en asphalte.
L'asphalte
est le matériau le plus utilisé dans tout
le
pays.
De
couleur
noire,
il
est
le
résultat
d'une

lonche
IV
A - Route en. J...a;té;ri.i...
Ce;i;te .i.tnpa..&:,e lte1.ève du dévou.em.en:l d.e..1 popu1.a:liUlV> enviAonnan::l.e.6. Avant é:té
à L'~ de .oc.n i.Julcé, 1.e.t; .i.ni.éJLeMé.o .0'OCC1.lfJeni. étplettJ.eni. de L'enhr.dUn de
La
JUJ.e. Le cœti>Le ed q.ue Le eatU.cJr1 c:.h.aNjé du ItQIIIOMat;-e d' 0Jlli..wœ..0 ne pa.o.oe pao
paIt Là. j
16 .ooni. obLi.t;U d'aIU!JU!./l J.eu;u, 0Il.li.wr.e.6 .oUll. La ~'JUJ.e. &z pé;U..od.e
pluvieu.oe, c'ed lVl cAenUn boueux•••
(Clidz.é: J. DJEJ(j)
8 - Route en. aoplud:te.
Ceil.e. aItiivœ a béné/icié d.e..1 ~ i.Juzvaux de lIé(ection. d.e..1 JWui.e.o qui..
d.éh~ en. 19lIJ• .ULe e.o:l i.o~ ltecouveJd.e d'a.oplz.al.U, de La ~
au .i.Jtoilour. j ce q.z.u. donne lVl CL1Il.a.C.tèIz.~. POUll.VU que .6OPl enhr.ei.i.en ne
.ooll pao
Jl.eJIIi...o en CQ./.L.6e... ((.üdz.i. : J. DJEJ(j)

- 314 -
combinaison
chimique
dérivant du pétrole. Ici,
l'on ne peut
manquer
d'établir
une
relation
avec
l'installation d'une
usine
de bitume à Port-Gentil.
Autrement dit,
l'exploitation
tous
azimuts des hydrocarbures a entrainé le revêtement de
la plupart des routes de Port-Gentil en asphalte.
Tout
au
début,
les
techniciens
superposaient
le
bitume
sur
le
béton.
Ce
procédé
ne
s'est
pas
avéré
satisfaisant parce que la chaussée se dégradait rapidement
voire
le
bitume
avait
tendance
à glisser. C'est
pourquoi,
lors
des
grands
travaux de 1980 (1),
toutes les
routes
concernées ont été détruites et remises à neuf;
elles
deviennent modernes (Cf.PLANCHE IV,
Photo B).
La
tendance
actuelle
est la construction de routes
en
asphalte, qu'elles soient étroites ou larges.
Ce qui nous
conduit
à
une
hierarchisation
sommaire
des
routes
existantes.
l - 2.
CLASSIFICATION DES ROUTES.
Nous
ferons
remarquer
au
passage
que
la
classification· des
routes
à
Port-Gentil
se fonde sur des
critères
strictement
administratifs.
Il
paraît probable
que
les
dimensions
ne
sont
pas
l'élément
principal.
Peut-être
faut-il
évoquer
des
critères
purement
historiques
et
relatifs
aux
dénominations
des rues.
Pour
notre
part,
nous
ne
nous
limiterons
qu'à la distinction
(1)
Nous faisons allusion
aux festivités qui se sont déroulées à Port
Gentil
et
qui
ont
nécessité
des
travaux
de
voirie.
Nous
y
reviendrons par la suite.

- 315 -
entre boulevards, avenues et rues
(Cf.Carte 22).
l
- 2.1.
Les boulevards.
De
toutes les routes qui quadrillent l'fIe Mandji,
les
plus
grandes
et
les plus actives sont les boulevards,
tant
par
leur
longueur
que
par
leur
largeur.
On
peut
dénombrer
une
dizaine
ayant
chacune
ses dimensions.
Mais
d'une
manière
générale,
leur largeur varie entre 10 mètres
et
20 mètres;
le plus long atteint 5 km et le plus court 600
mètres.
Depuis
le bord de mer s'étire le boulevard Chavannes
qui
prolonge
à
partir
de
l'ancien
port-môle
le
boulevard
Bouët
Willaumez.
Des
deux
extrémités
du
boulevard
Chavannes
partent
les
boulevards
Shell
(1)
et
Pellieu,
perpendiculairement
aux
deux
premiers
et
au
boulevard
Léon
Mba
(Cf.PLANCHE V,
Photo A).
Ce dernier est
rejoint
au
milieu
par
un autre,
le boulevard Bongo,
telle
une tengeante
(Cf.
PLANCHE V Photo B).
Les
six
boulevards
se
localisent
pour la plupart
dans
la "ville européenne" et la traversée du boulevard Léon
Mba
dont
le tracé est parallèle au grand canal,
divisant la
ville
en
deux
parties, donne accès à la "ville africaine".
Cette
disposition
des boulevards ne répond à aucune logique
même si nous nous penchons sur la toponymie.
En
effet,
les
noms
des
différents
boulevards
(1) Ancienne rue Pierre HOURCQ.

~ Il
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,-
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- 316 -
"
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(J)

- 317-
:>Ianche
V
.L
A - Bou1.evaM.. Léon frlba.
C'e6i. Le. bou1.evaM.. Le pLU6 Lonr;, i l IIIet>UJte 5 /(". De pail .600 f.Jr.ar.é. Il.e.~,
i l va dn noM (Ul MJd, paJUJilèler.eni (Ul Liiloll.Cd lIlalti..:time et di..vu.e pa;r. Cm.6é.-
q.u.erd La vilJ..e en deux pOldi...e.6, diftéltenciéet> i'alt L 'ILidoiAe. Sa .laJv;.eult e6i.
pCUJ.6œ dn MmpLe (Ul double. depu.i..6 Illff).
(Cii.dui.: J. roEJ(l)
B - BouLevClll.C!. BOfUJO.
IL Jte1..i..e La vilJ..e à L'aéltopOld .6Wt 2 rv./JOO. Sa c:Jui.rdLon. dai.e det> anné.e.6 70.
hlai..6, .al éLahoJr.é (Ul dépa;d - i l .6'.i..nondai.i. p<lJt eJUiAoil...6 - i l a dû $hr.e. .6Wté.-
Levé. CIe6i. Le lieUl bou1.evClll.C!. qJ.Li p<J.6.6ède une. h.ai.e en:bte Let> deux. .6en.6. Sa
1.aJr.g.eWt e6i. ét;aJ..enrerd .i.mpJté..6.6i..onnarde. •• (Clidui. J. WEJ(I)

-
318 -
correspondent
aux personnalités
qui
ont marquées l'histoire
politique
du
Gabon.
Ainsi,
à
côté
des
deux
premiers
Présidents
du
Gabon
(Léon
Mba
et
Bongo),
on trouve deux
gouverneurs
Pellieu
et
Chavannes)
et
un
Commandant
(Bouët-Willaumez).
Le
dernier
boulevard
construit n'est
autre
que
l'ancienne
rue
P.
HOURCQ,
baptisée Shell pour
la seule raison que ladite société a financé les travaux.
Comme
dans
toute
ville
coloniale,
les
noms
des
anciens
Gouverneurs
généraux
européens sont adoptés;
il en
est
de
m~me
pour
les
Présidents
dont
les
noms
sont
beaucoup
plus
coutumiers.
Nous
nous
rendrons
compte
également à propos des autres artères.
l
- 2.2. Les avenues.
Plus
nombreuses
que
les
boulevards,
elles sont de
dimensions
plus
réduites que ces derniers. Pour la plupart,
elles
ont
bénéficié d'importants travaux;
six d'entre elles
retiennent
beaucoup
notre
attention.
En
effet,
au
centre-ville,
trois avenues se succèdent:
en partant du sud,
l'avenue
Général Leclerc rejoint l'avenue SERVAL qui aboutit
à
l'avenue
Savorgnan
de Brazza.
La succession de ces trois
avenues est très remarquable.
De
m~me,
dans la "ville africaine",
trois avenues
les
toutes
premières
-ont
pour rôle de desservir les
trois
premiers
quartiers
de
Port-Gentil:
l'avenue
de

- 319 -
planche
VI
L'Avenue. de l'1ndépendanc.e.
C'ed. J.a pJtewi.èJLe aIl.t.èAe qui.- a bénéfici. é de6 :iJr.a.vaux d' embeLli..6M!/f1erd

de 19c:rJ. La .latz.çelJJl a é:té. 11lultipJiée pail deux. Le.tJ ~ 1ibU..terd la c:ltaut..6és4
et J.et, aboJl.d..t, L>e/lvard à J.a l-oiA de iA.oiloiJr. e:t de ~. Au cen:bte de J.a photo,t
on. apeJtÇoil l'i.rd.eMec:li.on du BoulevaJU!. Léon roba e:t de l'Avenue de l'1ndépendancel,
Ce 'lui.
donne le r;;wnd caJVr.e/-OUlt de J.a (r/o~, qua;di...eA iden:Li./i-é à l' éd.JP-ce
'
Jte1Ù;ieux qui.- .1'éJ.ève, à une cIi..L>tance de 100 111, à dAoile de noiJte. photo.
fCLi..c.hé : J. DJEJ<I)

- 320 -
l'Indépendance
(Cf.PLANCHE
VI) à la Mosquée, l'avenue Félix
Eboué
au
Grand-Village
et
l'avenue
de
Libreville
à
la
Balise.
Autour de ces avenues, toute l'histoire de la "ville
africaine"
a
été bâtie. Les dimensions moyennes de ces
avenues sont
celle de Libreville, avec l 800 mètres et la
plus petite, l'avenue Serval, avec ses 500 mètres; quant à
la largeur, elle varie entre 7 et 15 mètres. La toponymie
rappelle un passé lointain, l'appartenance du Gabon à l'A.E.F.
l - 2.3. Les rues.
Elles
forment
la
plus
petite
unité
de
l'infrastructure
routière
et
peut-être
la
plus
dense
également.
Nous
n'allons
pas
tenter
de
les énumérer.
Très
nombreuses
par
le
chiffre
absolu,
elles
le
sont
également
par
les
dimensions; au risque de dire que chaque
rue a sa particularité.
Toutefois,
la largeur peut être estimée entre 5 et
10
mètres, la marge varie selon le secteur. La toponymie est
très
diversifiée, mêlant européens et personnalités locales
disparues
(Cf. PLANCHE VII, Photos A et B). Il faut dire que
pour
arriver
à changer la toponymie, beaucoup d'entre elles
ont
da
être
débaptisées;
cependant,
certaines
sont
demeurées
telles, c'est le cas des rues Marquis de Compiègne
ou Révérend Père Bichet.
En
évoquant
la
densité
des rues; nous avons pensé

- 321 -
'Ianche
v Il
Il - La Rue. htançoi..t.-JO.6eph. Pabenkogo.
We ed fAM 1teJ1laJUjLW.bLe pail. "on éiAo.itetJ"e, Ml Lcvr.çet4 ed de. 7mèfAeL>.
Celle i.mo.rje.ut fAM i.n1éJtM.6an;le Pa/lCejpJ.e noUd lNonL> ,6wr.p;U..o LeL> œ;eni..6 de La
,6ociété ~-GABON en phWt iA.avail: La Iléfecti..on de.L> ltue.,6 "econd.aUr.et,. N0U6
appltécLOM d.a.vani.açe La (,ULLiilé de LeUII. fAavŒLl /.>UII. La photo çui "uit. 1tIaLt. p0UII.
1 'luuvr.e, noUL> /-eltOfUJ ob"eltW'.J(, 1-otd il.iL>J. cola hatde1JJl de L'épave de. La voi.h.vr.e
bLan.dt.e, La iAancAé.e qui a L>eltvi d'inL>:/.al1a:tion tk con.duil.e. d'eau. La /-LVrmeiwte
de celle i.ltanc/lée, le pLUd "ouvent fM fAM bien f.aite, expo"e La Jtue à une
déI;Jr.ad.a.tion à LOI1Ç ieJune, .60Ud L'eJ-f.et du climat. (C.LidLé : J. DJEJU)
B- La Rue. hr.ançoi..t.-Jo.6eph. Rabe.nlwgo.
IIpw Le pM"~ deL> "JtépaJw.:teUM de. JtotdeL>", ~ deux. pl.a.q.u.e/J noilteL>
f.émoiçnent de fe1JJl ul1.ent... "IaLt., P0U/l. ccxnbien de temp" :lieJubr.a ce pl.â;I.Jr.aI;e. ?
rC1..i.dté : J. DJEM)

- 322 -
qu'elle
est
plus ou moins relative parce qu'il y a encore de
nombreux
passages
qui
attendent l'aménagement d'une route.
Cet aspect
est
très
fréquent dans la "ville africaine" où
les
populations,
en
guise
de
raccourcis,
utilisent
les
allées
ou
voies
sablonneuses
(Cf.PLANCHE
VIII).
Très
fréquentées
et
pour
la
plupart
parallèles
ou
perpendiculaires
aux
rues
aménagées
elles
nécessitent
qu'on leur prête une attention particulière.
l
- 2.4. L'importance des axes de circulation
La
nature
du matériau utilisé et les dimensions des
routes
n'expliquent
pas
l'importance
accordée
à certains
axes
de
circulation.
Il va falloir distinguer les voies de
dessertes des voies commerciales.
a) Les axes de dessertes.
Le
caractère
industriel de Port-Gentil ne se limite
pas
seulement au périmètre urbain,
il s'étend jusqu'aux
zones
péri-urbaines,
situées
au
nord
et au sud de l'fle.
Pour
cela,
des
voies
de
dessertes ont été construites: ce sont
principalement
les
routes de Tchengué , du Cap-Lopez et les
avenues
de
la
S.E.E.G
et
de
l'A.S.E.C.N.A.
De par leur
tracé,
il
ressort
que
l'avenue
de
l'A.S.E.C.N.A.,
perpendiculaire
aux autres,
est rejointe aux deux extrémités
par
l'avenue
de
la
S.E.E.G.
à
la
hauteur de la station

- 323 -
planche
V III
Une "/tou;ie" ,oahlonneu.t>e.
Now> MW> ,oiluoru, au ~ hlo,o'fuée. PJr.a:liquvrrwnt c.eile ph.oto.~ll.éôerde ~
/tOute, ~i /Aéq.u.entée que ceLb..o qui ,oord (JfIléna.g.ée.6. A la ,oeule di.ff.éJtence que
celle-ci etd ,oUJti.oui. em.pllJ.lrdéL pail l u piétOll./.>. W u ,ooni. aMe~ nom!J/(.euou et w.-
lonnen:i. la " v.il1.e a./Jr.i-cai.ne". Si eLlu ne ,oord pat> occ.upée,o pail lu popala:ti.oru, -
q.ui.. en on:i. lJIWfId buoin pOU/l pouvoiJt accédeJt à une paJlCeLle - c'etd paltce;;.u'eLU6
ltupederd l u i.n.1:br.ucti..oru, c~u et du mêJ1le coup, eLlu évilen:i. d'éven:i.u.ellu
démolilicJ1U> /1 /-œ.d ~eJt q.ue même lu lWIr.aJJX qui.. 1( débaltqu.en:i. nouveLlemen:i. en
,ooni. coru,Uen:f.,o... fClich.é
: J. DJEJ</)

- 324 -
d'épuration
des
eaux et par la route du Cap-Lopez, non loin
de
l'aéroport.
Ainsi,
dans
son
sillage,
l'avenue
de
l'A.S.E.C.N.A.
dessert le Centre de Stockage de Clairette.
Une
circulation
intense se développe le long de ces
axes,
c'est
la
raison
pour
laquelle beaucoup d'entre eux
sont
bitumés
(1).
Lieu
de
passage privilégié des camions
poids-lourds,
il
n'y
a
presque
pas
d'habitation tout le
parcours.
La
finalité
de
ces
artères
est de joindre les
champs
et
terminaux pétroliers. Tous les jours, des équipes
font
le va-et-vient entre 'Tchengué
et Cap-Lopez. De même,
on
peut
remarquer
les énormes véhicules qui empruntent ces
voies
pour
atteindre
des
champs
pétroliers très éloignés
comme
Anguille. On
n'est
pas alors surpris de comprendre
que
les
routes
de Cap-Lopez et
Tchengué
ont été financées
par Elf-Gabon.
Dans
une
certaine
mesure,
on
pourra
également
s'intéresser
à l'axe Matanda -C.F.G.,
relié par le boulevard
Léon
Mba,
très impréssionnant par ses dimensions et surtout
le fait que c'est le point de
jonction entre le Littoral et
la
Plaine.
Toute
son importance vient du fait que cette artère
permet
de
regagner les nombreuses sociétés sises au domaine
portuaire et aux alentours.
b) Les axes commerciaux.
Ils
sont
pour la plupart localisés au centre-ville,
(1) Il s'agit des routes de
Tchengué et du Cap-Lopez

- 325 -
mais
néanmoins,
on
t~ouve
quelques
~amifications à
la
Plaine.
Pou~ cela, il faut note~ que les p~incipales ~ues et
avenues
de
la
Plaine
font
l'objet
d'une
occupation
~ationnelle
jou~
et
nuit
par de nomb~eux comme~çants (1) .
Cependant,
on peut noter la primauté de l'axe ~outier qui va
du
Chateau
d'eau
au
po~t-mÔle,
en passant pa~ les deux
grands
marchés
(2). A la hauteur du bo~d de me~, il rejoint
l'avenue
Savorgnan
de
Brazza
et
le boulevard Chavannes,
tous
deux
également
spécialisés
pour
les
échanges
comme~ciaux, d'où leu~ f~équentation quotidienne massive.
l
-
3. L'ETAT DE L'INFRASTRUCTURE ROUTIERE.
Bien
avant
1980,
les
~outes
de
la
ville
de
Po~t-Gentil
se
trouvaient
dans un état déplorable.
Pou~ la
plupa~t,
le
revêtement
disparaissait
et les causes sont
multiples (Cf.Ca~te 23).
En
effet,
le
monopole
des constructions ~outiè~es
~evient
à une seule société
(3) qui exécute des travaux pou~
le
compte
de
la
municipalité.
Il
s'avè~e
que
non
concurrencée,
elle
s'ar~ange
le
plus
souvent à mettre un
revêtement
léger,
tout juste une pellicule d'asphalte. Ce
Ceci fait
que, sous
l'impulsion des pluies to~~entielles et
probablement de lourds engins,
la chaussée se dégrade.
un
autre
aspect
non
moins
négligeable
est
l'intervention
de
la
S.E.E.G.
qui,
pour créer ses lignes,
(1)
Nous
en
reviendrons à la de~nière partie lorsque nous traite~ons
des Petits Métie~s.(cf.Troisième Partie,Sous-Partie I,Chap. V)
(2) Ce sont les marchés du G~and-Village et de la "ville"
(3)
C'est DRAGAGES-GABON dont l'activité ici est plutôt o~ientée su~
les ~outes uniquement.

car~e
23 -
lëtat
des
routes
en
1978
~<:?~
t> B~
L
_
1
1, ,,,,,
\\0
,,
N
,,
r<'I
,
,
,
,
,,,,,
C'"
o
500
1000m
t
,
1
-
-
- -
- - --
roures
en
lote rite
-~
.-~~
routes
en
Ciment
;~i~:~1;~;~}~~~~· ~.y.
~~ "

- 327 -
creuse
constamment
des
tranchées
sur la voie publique. La
fermeture
de
ces
tranchées
n'étant
pas bien élaborée (la
pellicule
d'asphalte ayant disparu),
la percolation de l'eau
à
travers la fissure créée se fait aisément.
Cette situation
très
confuse,

les responsabilités sont partagées, ne
s'est
débloquée
qu'avec la réalisation des travaux marquant
les festivités nationales à Port-Gentil.
C'est
au
cours
de
ces
travaux
qu'une
société
Yougoslave
-AUTO PUT-
qui
avait
déjà
exercé
à Libreville
pour
le
compte
des
festivités
de
l'O.U.A.
(1)
en 1977,
devient
le
martre
d'oeuvres.
Tout
compte
fait,
la
comparaison
entre une route élaborée par AUTOPUT et DRAGAGES
montre
bien
que les techniciens de la première société font
un
rev~tement
adapté
aux
conditions
pédologiques
et
chimatiques
de
la
région.
A
savoir que l'utilisation des
différents
matériaux
est multipliée par deux ou trois, pour
plus de solidité.
A
c~té de cet aspect purement technique se pose le
problème
de
l'entretien
des rues. Par le passé,
le Service
de
la
Voirie
-organe
municipal
habilité
à
gérer
le
patrimoine
routier-
disposait d'un effectif assez important;
il avait
pour
t~che de procéder au nettoyage des rues. De
nos
jours,
le
Service
existe
toujours
mais
les moyens
matériels et humains ont disparu ...
La
nouvelle
équipe municipale, mise en place depuis
(1)
Les
festivités
de
L'OUA
en
1977 ont permis à Libreville de se
doter
d'une
infrastructure
routière
viable
et des équipements
administratifs.

-
328 -
1980,
a
signé
récemment
une
convention
avec une société
privée
répondant
au
sigle
de SARCI-GABON (1 ) .
Les clauses
reposent
sur
le
nettoyage
des chaussées,
des caniveaux et
autres
travaux ...
Nouvellement
installée,
ladite
société
dispose d'un équipement
rédui t
(Cf.PLANCHE IX),
raison pour
laquelle elle n'a pas encore débuté l'entretien des canaux.
Cette
opération
reste
très coûteuse et relève du
manque
de
coordination
des
services municipaux.
Car, nous
estimons qu'avec l'existence d'un service technique -La Voirie-,
la
municipalité
doit
poser
les bases d'organisation et de
protection
des
infrastructures.
En
tant qu'administration
chargée
de
gérer et d'entretenir le réseau routier,
tout en
respectant
les
règles relatives à son établissement et à sa
surveillance,
la
municipalité,
par
la
signature de cette
convention,
a
des
moyens
financiers
appréciables
pour
composer
et
équiper
des
groupes
d'hommes
et
de
femmes
dévoués
à
la
cause
commune.
Cela permettrait de créer des
emplois qui ont existé
par le passé.
De
la
courte présentation que nous venons de faire,
nous
allons retenir le fait que l'infrastructure routière de
Port-Gentil
s'est
améliorée ces dernières années.
Au niveau
de
la multiplication des artères,
on note une stagnation.
Ce
qui
ne
nous
fait
pas
pour
autant
oublier la densité du
réseau
par
rapport
à l'espace bâti. Et à l'échelle d'une
(1)
Le
sigle signifie:Société Africaine de Représentation Commerciale
et
Industrielle.
Elle a ouvert une agence à Port-Gentil depuis 1983 à
la
demande
de la Mairie et au terme d'une convention qui a coutée 280
millions de franc~ CFA.

- 329-
nche
1 X
A - /Vetiovœ;e du bou1.evaNl
L'urtU:fue cOlllion de ln. 5AKI-6AmN en br.ain de ~ LM d.ébJti..6 'lui.. l~ ln.
cha.ut,.oée. ApJLè6 le p<UMat;e du cOIIIion (M-f.ué apllè.6 ln. RenauLt 4) ce ôont. LM manoeuvllM
q.ui.. vienneni.. f.aute le M.L>i.e...
(Cli.cAé: J. DJFJ</J
B - Le ca1!i..on de 5ARCI--&l8JN ap;r.è..t> le rzeil.oyatp.
Le br.avai..L etd. a.ch.evé. La ~ôée. etd. appaJl.emmeni.. neUo'lée, ce gui.. n'Mt pM le CM
pOU/l ln. bolld.wle d.e.6 br.oiloi..lt.o. Un peu p1..u.o loin, on peut ape!lCfWo.iJr. leô d.eux ouv~
~ une bllOuetie qu'w vi.chAoni vlU:J,Ù;emblab1.emeni.. non loin dM iJ8uoi..lt.o... et
l'on powvw. applléci..e!t ln. q.ual.ilé du br.avail. frlai<1 à q..ue1 ptWc ••• (C1i..dé : J. DJEJ<I

- 330 -
ville
comme
Port-Gentil,
c'est tout de même appréciable.
Néanmoins,
une
légère
différence
apparaît
lorsqu'on
analyse
minutieusement
le
noyau
central
et
la
"ville
africaine" :
la
première
zone
renferme
plus
de
rues
structurantes
par
rapport
à
la
seconde.
Il
faut
noter
également
la
participation
effective
des sociétés privées
quant
à
la
construction
du
réseau routier;
témoignage de
l'intérêt
que porte la municipalité pour une collaboration
étroite avec le secteur privé.
D'autre
part,
on ne peut bien appréhender le réseau
routier
port-gentillais
sans
pour autant le rattacher au
cadre
physique. Tout au début,
nous avons apprécié le volume
d'eau
important
qui
tombe
sur
l'île
et
également
la
position
avancée
de
la nappe phréatique. Cette situation a
abouti
à
la
création
d'un
réseau
de
canalisation
rudimentaire;
beaucoup
de
routes n'étant pas complétées de
caniveaux
sauf
quelques unes,
la connexion se fait très mal
et
leur
entretien laisse à désirer. Pour les développements
qui
vont
suivre,
il va falloir analyser des retombées d'une
telle
situation
en
découvrant
un
réseau
de canalisation
irrégulier pour un drainage normal des eaux.

- 331 -
CHAPITRE II -
LE SYSTEME DE DRAINAGE
Le
cadre
naturel
qui
nous
,a
été décrit dans la
première
partie
nous
a
certainement
permis de mesurer la
portée
du
problème
des inondations. Dans ce chapitre, nous
tenterons
de
représenter la réalité locale en percevant les
canalisations
non
pas comme une douve de sécutité
(1),
mais
plutôt
comme
une
infrastructure-clé de l'assainissement
de
Port-Gentil.
Nous
verrons
par
la
suite que sans pour
autant
avoir résolu le problème principal, elles en ont créé
d'autres.
Auparavant,
il nous paraît convenable de revenir
sur les conditions d'inondation.
II - 1.
EVALUTATION DES CONDITIONS D'INONDATION
Pour
mieux
cerner
le
problème des inondations,
il
faut
élaborer une étude approfondie du sujet.
Cela ne relève
pas
de
notre
compétence,
notre formation ne nous le permet
pas
et
nous
n'avons
nullement
la prétention de le faire.
Nous
nous
appuyerons
plutôt
sur
une étude faite par la
C.D.C.P.(2)
dans le cadre de l'aménagement de la ville, tout
en apportant ce que l'observation nous a permis de retenir.
Il
faut d'abord signaler que le problème se présente
différemment
d'un
secteur de la ville à un autre.
Autrement
dit,
tout
dépend
de
la position de la nappe phréatique. La
configuration
du
relief
nous
donne
une
pente
douce
en
partant
de
la
"ville européenne"
jusqu'à
la
"ville
(1)
Initialement,
le grand canal servait de douve de sécurité pour les
premiers colons.
(2)
Cette étude a été élaborée en 1978.
Elle consistait à expérimenter
les
plus
grands
niveaux
d'inondation à des points critiques choisis
dans
la
ville.
Les
relevés
obtenus
furent
comparés par rapport à
l'élévation
moyenne
de
la
surface
du
sol au voisinage immediat de
chaque point.

- 332 -
africaine".
Le
noyau
central
est
largement
épargné
par
opposition
à
la
"Plaine
"
o~,
par endroits et en saison
pluvieuse,
la
nappe phréatique affleure,
occasionnant ainsi
des inondations permanentes.
L'étude
effectuée
par
les
Philippins
montre que,
sauf
dans certains cas,
les crues varient de 0,39 m à 0,76 m
et
affectent
tous
les
canaux existants. Deux explications
peuvent
être
avancées:
La
première c'est que le système
actuel
de
drainage est insuffisant et mal articulé;
pour la
deuxième,
on pense que le débit d'écoulement normal des eaux
diminue,
probablement
parce que
certains
canaux
sont
obstrués.
il
faudra
s'orienter sur ces deux directions.
II - 2. LE RESEAU DE DRAINAGE.
Il
se
présente sous deux aspects:
d'abord un réseau
de
drainage
des routes et ensuite un grand canal
sur lequel
viennent
se
jeter
perpendiculairement
des
canaux
secondaires.
Cette structure existe depuis l'émergence de la
commune
urbaine
et
semble
supporter
très mal
le poids de
l'extension urbaine.
II - 2.1.
Le drainage routier.
Nous
rappelerons
au
passage
que
la
ville
de
Port-Gentil
ne
dispose
pas
d'un
réseau
public de tout à
l'égoCt.
On
utilise soit le système de fosse septique (le

- 333 -
plus courant), soit les cabinets dans la cour (surtout dans les
quartiers
populaires).
Donc,
l'établissement d'un réseau de
drainage
le
long
des
routes
est
strictement
conçu pour
l'écoulement des eaux de pluie.
Si
nous
nous
penchons
sur
un
passé relativement
proche,
nous serons amenés à distinguer deux étapes:
La
première se situe autour des années 70.
C'est celle
qui
a
vu
l'infrastructure
routière se consolider, d'où le
schéma
urbain
actuel.
A
cette
période,
il s'avère que la
plupart
des
rues
qui
étaient
tracées
ne disposaient pas
d'une
frange
réservée
au
drainage
routier.
Dans
le cas
contraire
et
s'il
en
existait,
elle n'était non seulement
très
exiguë
(30
cm par endroits) mais également éloignée
de
la chaussée,
ce qui fait que le captage des eaux de pluie
ruisselant
sur
la
chaussée
se
faisait très mal.
Ajouté à
cela
le
non
entretien
du réseau,
occupé par la végétation
naturelle
et
l'ensablement.
Nous prendrons soin de rappeler
qu'au
noyau central,
quartier des affaires~le problème ne se
pose
pas
ou
tout
au
plus ~ il
est
simplifié
par
le
surélèvement du terrain au bord du littoral.
La
seconde
étape,
la
plus récente,
nous conduit aux
années
80. Prenant conscience du sous-équipement routier,
on
s'est
orienté
désormais
vers
la
construction
de
routes
disposant
de caniveaux. Ce qu'il y a d'intéressant à signaler
c'est
ue
la
connexion
de
tous
ces
caniveaux se fait à

- 334 -
chaque
intersection
avec
le
réseau
principal
de
canalisation. Ainsi, l'écoulement des eaux de pluie vers le canal
principal est facilité par la nouvelle articulation des canaux.
A
l'époque,
les
caniveaux n'étaient pas recouverts
(1).
Cela
permettait peut-être de faciliter le nettoyage.
Actuellement
deux
matériaux
sont le plus souvent utilisés:
le
bois
et
le
béton.
Le
premier est plus maniable mais
facilement
emportable,
et
lors
des émeutes il est souvent
utilisé
comme
projectile.
Par contre, de par son poids,
le
second paraît plus adapté.
Mais
tout cela ne va pas sans dire que ce réseau est
loin
d'être
complet.
Autrement dit,
toutes les routes ne
possèdent
pas
de
caniveaux.
D'un
côté,
les bordures de
routes
sont
exposées
à
une
dégradation et de l'autre,
le
réseau
de
drainage
routier apparaît inévitablement comme
le corollaire du système de drainage urbain.
II - 2.2. Le réseau principal de drainage
Il
se
compose de
plusieurs
canaux
secondaires
qui
xessemblent
à des
cours
d'eau
et
se
jettent sur le canal
principal
De
tailles différentes,
ils forment un réseau
mis
en
place
vers
les
années 30, avec le creusement à la
main
de
ce
qui
est
aujourd'hui
l'un
des
édifices
indispensables
à
l'assainissement
de la ville. Depuis lors
et
en
dépit
de
quelques
aménagements
sommaires élaborés
(1)
On peut toujours le constater au centre ville,
le long des ruelles
qui
n'ont pas toujours été aménagées; rue Emile Gentil, rue Gouverneur
Bernard et rue Louis Got.

- 335 -
entre
1980
et
1982,
le réseau demeure quelque peu bancal;
nous
nous en apercevrons après avoir saisi le fonctionnement
du système (Cf.Carte n° 24).
a) Le grand canal.
C'est
l'une des canalisations qui font l'originalité
de
Port-Gentil. Tout en suivant minutieusement son tracé, on
remarque
qu'il ceinture le vieux noyau urbain ou plutôt la
"ville
européenne".
Et
en
prenant
un
peu
de
recul,
c'est-à-dire
en
nous penchant sur une photographie aérienne
de
1946, on est frappé par
l'emplacement du poste de milice,
non
loin
de
la
prison
et
tout juste à l'intersection de
l'avenue
Félix
Eboué
et
de la rue Jean Vigouroux. On peut
alors
penser
que la théorie selon laquelle le creusement du
grand
canal
avait
pour
but de servir de douve de sécurité
pour
les
populations
européennes
habitant
le
littoral
n'était
pas
sans
fondement.
Par
conséquent,
c'est une
preuve formelle
du scindement de l'espace en deux parties
distinctes.
Mais
les choses ne sont plus ce qu'elles étaient. Et
les
port-gentillais
adoptent
ce
canal comme le leur, bien
que
ne
désservant
pas
les
quartiers populaires issus des
"villages" de
la première génération.
Aujourd' hui,
le canal a
changé
de
fonction
et répond bien au besoin que représente
le drainage.
Néanmoins,
il
faut
quand
m~me
rappeler
que
jusqu'en
1980,
la
fonction
de
drainage
devenait
nulle.
Plusieurs
causes
ont
été
évoquées,
notamment
la
faible
profondeur
des
canaux,
la
végétation
très
épaisse
qui

corre
24-
réseau
actuel
de
canalisation
~
.'
~
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,
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" ....... ,
\\0
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LE
LITTORAL
canaux
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en
/ " - . I;mlte
zone
batle
j
--~ -" -
~'f:;-~:~~-:{~:~
J

- 337 -
croît
sur les bords et à l'intérieur même,
ce qui permet
d'obstruer
sans
cesse le canal.
On
pouvait
alors remarquer
un
envasement
important
tout
le
long.
Parallèlement,
le
réseau
de
canaux
secondaires se développait;
il avait pout
but
de
déverser
les
eaux
supplémentaires
dans
le grand
canal.
Cette
situation,
de
plus
en
plus préoccupante, a
abouti
à
un
vaste
programme
d'assainissement
dont
la
fonction
essentielle
reste
de mieux drainer les abondantes
eaux de pluie.
* Réalisation technique
Les
travaux
du
grand
canal
ont duré à peine deux
années
consécutives. Techniquement,
les parois du canal sont
consolidées
par
un
rideau
de
palplanches
de
6,60
m de
hauteur
(1).
Bien
que
très courtes,
elles sont renforcées
aux
extrémités
pour
supporter
les
pressions
des
eaux
d'infiltration
ascendantes,
à
l'extérieur
du
canal.
L'épaisseur
renforcée
des
palplanches (Cf.PLANCHE X,
Photo
A)
choisies
a
permis
de
supprimer les tirants (2), et en
même
temps,
de réduire la superficie des terrains requis.
Le
tout
estime-t-on
repose
sur
un fond drainant bétonné,
permettant
d'obtenir
une
vitesse
de passage de l'ordre de
deux
mètres
par
seconde (3).
Dans le même ordre d'idées,
la
vitesse
d'écoulement des eaux sur fond bétonné permet un
auto-curage
qui
ne peut-être praticable sur fond sableux,
(1)
De ces 6,60 m il était prévu que 2,50 m soient au-dessus du niveau
du sol.
(2)
L'étude
initiale
élaborée
par
les
Philippins
prévoyait
des
tirants.
Mais
les
travaux
ayant
été
effectués par la SOCEA, cette
dernière
a
simplement
supprimé
les tirants.A~ propos, on avance que
cela
ouvre de nouveaux horizons et les riverains seront les premiers à
bénéficier
de
cet
accès
facile,
même
à
bord
des
vehicules

- 338-
planche
X
A - Le GI1.ana. Canal..
1..aJup. de. Il ",èt:A.e6 à cet enOA.oit, il .6'étend .6wt If Km. Situé. à mê'IIR.. Je "01., il
e.oi.. 1.e p1.u.o .60UVent. envahi.. pa!l 1.'he/1.be. Il'IiÜAedenwd, ee.t.i.e vét;étaü..on "V"bol1..ôan.t
1. 1éi.Id. de. malpttopllé;té du conal joue un ll.ô1.e iJrzpoJdant cl.an.6 La me.owte où i l évite.
1. '
enva.oemen;l. de ce deJlJli..ell.. On appltéci..eJW. 1. 1épai..MeuJl de.o pa1.p.lan.duu.. lC.I..i..cIté: J .DJEJ<Il
- ---------------~
-
8 - Ce;Ue vue ll.epJté.oenf.e un "d.;baJ!.C.OiWr.e" jowd.an;t Le GMnd CanaJ... i..eLJ dimoru:h€<j,
une.
Q//lbi..oru:.e de. tRaItC.!té ltè~ : l.e.o pêdw.uu,
d.;ba.tr.queni J.ewu, fPlovi..t>i.oM 11. IJetd. ér;ale-
ment de. ~ de. ll.épalUJi.i.Dn d.e.LJ enrbaM:.aii..ortIJ. DatI.ô ce cœ:Vte, p.1.u.oi..euJu, ~e.o fi
démeuJleni. 11. e.oi.. tJtè..t, .inMLublte et n 1e.oi.. i.ama.i...o neLt0'lé. ( C.l..i..clté : J. DJEJ<II

- 339 -
d'où
un
avantage sur l'entretien du canal. La largeur varie
entre 8 et 11 mètres.
L'aménagement
du
grand
canal
n'a
pas
seulement
consisté
à
son
agrandissement.
Il faut également noter la
multiplication
des
ponts,
la présence de passerelles (bien
qu'insuffisantes)
et
également
la création de petits quais
(Cf.
PLANCHE X, Photo B). Ces innovations ont inévitablement
entrainé
des
motivations
que
nous analyserons un peu plus
loin.
Mais
nous
retenons
déjà
que le canal rudimentaire,
s'est transformé en
un canal tout en béton. Le grand canal
qui
s'étend
sur
3,5
km a été aménagé de bout en bout; par
contre,
les autres canaux
ne l'ont été que partiellement.
b) Les canaux secondaires.
On
dénombre
à
peu
près
six.
Ils partent tous des
quartiers
populaires,
traversent le boulevard Léon Mba pour
se
jeter
au
grand
canal
qui
leur
est adjacent. Dans un
premier
temps,
on
relève la difficulté de remonter jusqu'à
leur
point précis de départ et on remarque qu'il n'y a aucune
homogénéité;
ils
paraissent même discontinus.
Cela
dit
et
à
première
vue,
il
se
dégage
une
impression
de
négligence
ou
encore
le
rôle des canaux
secondaires
est
mal
compris.
Avant
1980,
ils
ne
ressemblaient
à
rien;
c'étaient des couloirs:,
plus ou moins
perceptibles,
sillonnant certains quartiers (Cf. PLANCHE XI,
moyennement chargés pour leurs transports personnels.
(3)
Par
opposition à un fond sableux, 0,50 mis, ce qui montre que les
grains de sable sont entrainés par le courant.

- 340-
Jnche
XI
1/ - Canal SeLondaùr.e.
Celi.e photo a é:lé ptU.6e au gUi1/l.tie;c. "Nouvelle BaLi.L,e". EUe appa;wi..;t peu
évidente. En /.ai-t., c'ed l'é:lai. peJUTlanenf. de ceAi.a.i.n.t> canaux. 1cL, la vér;éta;ti-on
l'a en valU. j 6'V ajoutent. de6 CaJtcaMM de VOilwr.M e;t CI.LdAM déJJc.i.:i.w,. La {.1téquefl-
i.a:lion Iwmai.ne ed maJlq.u.ée paJl l ' Mpè.ce de pM6eJl.eLle - un.e moi.:lié de tonneau 60U-
tenant une p1andte - au cerdJr.e de noiJte pfwto. Swr. lM deux boJf/Û;, on peut apeJl-
cevoù gue1.q.uM
6~. ( Cliché: J. DJEJ<I )
B - C'ed le pltolon.g.emeni. du canal 6ecorul.aiAe p;r.ér.érien:t. LM manoeuvJr.e.6 du SeJlviee
de la. V00-i-e v.i.enn~ de iAav.aiileJl. ~ c'ed ci.arv; Ce6 condi.h.oru, gue le canal Catlpi.e.
accu.v.lla lM p;c.errtLeIl.M pluiM du mo-Uj de 6e.pÜ?J1IbJl.e...
(Cliché: J. DJEJ(1 )

- 341 -
Photos
A
et
B).
Il semble que leur allure correspond à la
délimitation
des
vieux
quartiers.
C'est
ce
qui
peut
expliquer
en
partie
leur
localisation
dans
la
"ville
africaine".
Mais
l'explication
qui
nous
paraît la plus
plausible,
c'est
le
fait que ce secteur représente la zone
la plus
soumise
aux
inondations.
De même,
nous ferons
remarquer
que le tracé
des
canaux
secondaires
correspond
bien
à
celui
des
premières
routes;
le
parallélisme
est
très
évident.
Les
travaux
d'assainissement
de 1980 ont porté sur
l'agrandissement
de certains canaux secondaires, sur de très
courtes
distances
et
surtout dans l'intervalle grand canal
-boulevard
Léon Mba (Cf.PLANCHE XII, Photos A et B). Dans la
plupart
des cas, leur largeur s'est vu réduite et varie d'un
mètre
à huit mètres. En fait,
de ces travaux, il ressort que
le
réseau secondaire n'a même pas été aménagé à moitié, il
demeure
toujours
squelettique. Car, les travaux qui restent
à
faire
sont
plus
importants
que
ceux
qui ont été déjà
exécutés
(Cf.PLANCHE
XIII,
Photos
A
et
B); sans oublier
également
que
tous
ces canaux ne sont pas reliés du c8té
Ouest de la ville.
II - 3. CANAUX D'ASSAINISSEMENT ET
MOTIVATIONS INDIVIDUELLES.
L'aménagement
partiel
du
réseau
secondaire
de

- 342-
Inche
X Il
A - Un canal. M.c.ond.aiJr.e am~ •••
TlCè.d f!JGÙjlJ., il. /:J'en.t><Jhl.e farilefllen:f..C'etd. :lA.è.6 1t€1llOlUpJ-Ob1R. de. 1. 1GJdAe
ex.iJr.ém..i..i.é ; i.e /orui d.icJIi..t lIULi..rdenoni. une /:JoJtie de. pen;te • IL f.cw:t noie/!. ét;alemen:f.
q.u 'au bout
/:Je :tJr..ouve i.e bou1evallJi. Léon frlba. Il. ne /:Je P/lo1.oru;.e;ta pat> • ••
( Clidui. : J. DJEM J
8 - Un a.u;br.e c.anoJ. /:JecondaUte.
Il.
pa1U1il p1.u6 aéAé paJl.œfqu.'il. ne de./:>/:Jrvr;i. pM de quaJlÜ-eJr. populaiAe.. TItèt,
~, m a i.endmzc.e à 1.'id.en:li(i..eA. au caru:d plti.nci-pa!. La vét;é;t.aii.on etd. iou-
jOU/t6
~en.t..e. Appevtemnten:f., il. n'a pM de. pIlob1.ème d'en/:>abLement. Au fond
/:Je :tJr..ouve i.e caru:d p;Uncipa!. ,/;jUIl. I.equel. il. /:Je j.e:tt.e. ( Clidui. : J. DJEJ<I )

- 343 -
Planche
X III
fi - C'ut. une .itnaJ;e dn. c:.anal ,6ecoruiaUte fJ'lécéderd ou pLU-6 fJ'lé.c.i...6emerd ,6on fJ'loLor"UjelIlerd
{P1.anche XII- Photo BJ. Ceti.e paJllie, J.a p1.J.u, Longue, n'a pM bénép..cLé de bc.avaux d'
(lfII.éruvpmerd. /L bOlIde Le cimeti.ivte et ,6on pa;r.eOuJl6 Mi. uv, M.nuiwx.fCli..ché : J.D]EJU J
B - Ce c:.anal ,6eamdai.Ae Mi. dmu, Le-6 mêJnM condi:Li..OM que Le pltécédent, i l a ét;aJ.emen:t
un Vtacé pall.a11è1.e.. Abandonné, c'Mi. dmu, CM corul.i..:tLOM q.u'i l dJw.ine LM eaux. dR- pLui.L
VeJl,6 Le c:.anal pIIinr.i..pal....
{Clidté : J. DJEJ(/ J

- 344 -
drainage
a
tout
de même entrainé des motivations au sein
de
la
population.
Les
premières manifestaions sont venues
des commerçants qui,désormais,
peuvent
aller
en
pirogue
jusque
dans
les
quartiers populaires. Cela leur permet non
seulement
d'approcher
leur
domicile,
mais
également
d'écouler
leur
provisions immédiatement tout en évitant les
difficultés de transport.
C'est
pourquoi on peut apercevoir le long des canaux
quelques
embarcations
avec
du
matériel
de
pêche
(Cf.
PLANCHE
XIV,
Photos A et B).
Evidemment,
les plus favorisés
sont
ceux
qui
habitent à proximité des canaux. De même,
certains
habitants
y
pratiquent
de
la pêche, soit à la
ligne
(le
plus souvent)~ou soit au filet.
Ils prennent dans
leurs
mailles
des carpillons et d'autres petites espèces ...
Bien
que
très
négligeable,
cela
fait
partie
des
fréquentations des canaux.
Dans
une
autre
mesure,
on
peut
avancer
que
l'aménagement
des
canaux
marque un
éveil du tourisme dans
cette
région
qui
s'y
prête
admirablement.
Mais
il
est
toujours
du ressort des populations d'une certaine catégorie
sociale
disposant
d'embarcations
de luxe comme le canoe
(Cf.PLANCHE
XV).
Elles
se
rendent
le
plus
souvent
au
Cap-Lopez
ou
à
Tchengué
et
regagnent
leur demeure à des
heures indues en empruntant le canal.
Enfin,
à
côté
de
tout
cela, on ne peut oublier

- 345-
mche
XIV
A - Le cpr.and. caru:Ll..
Ceil.e iJnaçe ~e w.ue /m::e au. débaN:ad.èA.e q.ui I.l~ btouve à La. P.larK:Ae X - Photo B.
C'ut éçal.-emen.t un 1.i.eu de Itepo~. NoUt> ~ommu en 1O/t.é6ence d'em6Q)[eatioflb de pêch.eWUJ. Ch
peut tout de même applléci..eJr. J.e,:, cLimenl.lioflb. (Cliché: J.DJEJ</)

- 346 -
Planche
X V
'Un canoë appaJdRJuJnt à LUt cadJr.e qui.- 1 1u;ti.Lù,e le p1.lJ.6 IJouvent poUlf. cieL, JtandonnéJu,
IJou. au. 1.aIu;e de PoJd-6enü1., ou IJOU Ve/1.6 le Cap-Lope1...
C'ed pe.ui.-êiA.e i.e.
déd.ench.ement d'une at:ilvi.:té. tOUlf.ù>ugue pltOllleilelJ.6e... fC.li.dzR. : J. DJEJ(j)

- 347 -
d'évoquer
l'effet d'insécurité produit par ces canaux sur la
jeunesse.
Pendant
l'année
scolaire,
les canaux accueillent
très
souvent
des
groupes
de
petits baigneurs, adeptes de
l'école
buissonnière.
De
m~me,
lors
des
vacances,
le
mouvement
se
renforce
et les enfants passent la plupart de
leur
temps
au
canal
(Cf.
PLANCHE
XVI,
Photos
A et B).
Parfois,
il
arrive
que des drames se produisent. Et ce qui
est
d'autant
plus
grave,
c'est
que les deux exutoires du
grand
canal
ne
sont
pas surveillés
(malgré la présence du
camp
de
la
Marine
Nationale
à
l'exutoire
nord).
Cette
situation
fait
en
sorte
qu'on assiste à des détournements
d'embarcations.
Mais
les
problèmes humains ne sont pas les
seuls
que
pose le système de canalisation urbaine;
d'autres
problèmes
relevant
des
conditions d'assainissement ne sont
pas à négliger.
II - 4. L'ETAT DES CANAUX.
Durant
tout
notre
séjour
d'étude
(1)
le réseau de
canalisation
est
demeuré
intact.
Au fur et à mesure que la
végétation
pousse,
les
lieux
deviennent
hostiles
à
la
fréquentation
humaine
(Cf.PLANCHE XVII).
Indépendamment des
reptiles
que
l'on
rencontre
souvent,
les
bordures
et
l'intérieur
des
canaux
sont
un
véritable
repère
de
moustiques
et
autres
bestioles
rendant l'endroit malsain.
Cet
aspect
des
choses
est
aggravé
par
les
populations
(1) Notre dernier séjour a duré 7 mois, de Mars à Octobre 1983

-34&-
nche
X VI
A et 8 - L'i.fz.6éLwr.ilé. au fJlWIUi canal.
C~ enfan..t6 on.i. btompé -la v.û;i-Lance de 1.eww palten.i.6. Jû. ont pJLÙ> 1. 'lr.ahi.i:.ude
et peuvent [J<LM>eJt d~ joU/UlÉ.iu, en:I:.ièJted daru; Ce4 embQ/1.cailOfUJ de /-oldune Jû. -1on.t le
p1.uA "ouvent vi..cti.nte<> d'occi.d.en.t allant. j-u.6q.u'au dAome ... (Cliché: J. DJEJ<.J)

- 349-
mche
XVII
Ceile i.maJ;e moniAe bi..eft. ~ quel é;lai peJU1laneni. .ôe btouven:1. le.!> canaux q.ui. v4wwtf-
d'
êiAe OfIténotjé..t,. C'eM. .le Li.eu de /[e/"'le de ltep:Lûe.tJ et a.uiJr.eL, i..n..tJed.etJ cQIlnIe le.ô
_ _ _~Ue.6j et pa;r.;t.on.t. de pItOpŒJati.on de maladU.ô... (C.Li..rJŒ : J. DJEN)

- 350 -
rivevaines
qui
y
déversent
tous les détritus relevant des
ordures ménagères et autres objets hors d'usage.
Mais
la
difficulté
la
plus
importante
est
l'ensablement
des
canaux.
En
effet,
pendant
la
saison
pluvieuse
et
compte
tenu
du
fait
que
le
sommet
des
palplanches
est
à même le sol par endroits, il se produit
un
ruisselement
des
eaux
qui emportent
avec
elles
tout
naturellement
le
sable
de
surface.
Au
fil des jours, le
mouvement
se
poursuit,
les
canaux
sont
saturés
et
l'entretien toujours négligé devient davantage pénible.
En
somme,
cet
aperçu
sur
la
voirie,
tant
l'infrastructure
routière
que le réseau de drainage qui lui
est
parallèle,
nous a permis de voir de près les déficiences
du
service
municipal
concerné et dont la base structurelle
de
fonctionnement
est
déséquilibrée. Partant de l'héritage
colonial,
nous
aboutissons aujourd'hui à une infrastructure
qui
se
modernise
très
lentement
mais
dont
on
n'a
pas
suffisamment
doté
de
moyens
techniques
et
matériels
suffisants pour son entretien et partant sa conservation.
C'est
une
situation
préoccupante dans la mesure où
l'aménagement
limité
du
réseau
de drainage urbain n'a pas
apporté
la solution adéquate au problème de fond qui se pose
à
la
ville
de
Port-Gentil,
à savoir l'assainissement. La
situation
présente
laisse
apparaftre
un
réseau

-
351 -
squelettique, mal articulé et livré à lui-même.
Par
la
suite,
nous
verrons
que
le
problème
de
l'assainissement
de la ville touche également celui d'autres
secteurs;
en
d'autres
termes,
c'est
tout
le problème de
l'organisation
de
l'espace
qui
est
posé.
Et ce n'est que
dans
la troisième partie que nous nous interrogerons sur les
relations
entre
la
municipalié
et les autres intervenants
quant
au
financement
de la voirie urbaine. Pour l'instant,
il
faut
saisir
comment les divers quartiers ont été mis en
place
et
voir
leur répartition dans l'espace par rapport à
la voirie.

- 352 -
CHAPITRE III - LES QUARTIERS
Le
présent
chapitre
nous
permettra
d'étudier
la
fonction
résidentielle,
très
prédominante
à
Port-Gentil.
Nous
l'analyserons
dans
le
cadre
des
quartiers.
Pour
commencer,
il
va falloir indiquer que la notion de quartier
répond
ici
à
une
réalité
locale
que
nous
ne
saurons
généraliser.
III -1-ESSAI DE DEFINITION.
Le
quartier
est une fraction de la ville, sa taille
varie
d'un
pays
à
un
autre.
C'est
avant tout un espace
géographique
marqué par un groupement d'hommes et de femmes,
de
races
et
d'ethnies
différentes
qui
se
côtoient
régulièrement.
L'évolution
historique
est
le plus souvent
marquée
par
la
composition
du
peuplement,
l'âge
des
constructions
et enfin l'insertion de tout cet ensemble dans
la ville.
Cependant,
l'image
que
nous
présente
Port-Gentil
nous
oblige à nuancer notre définition.
Il n'existe pas dans
la
ville
un
quartier
typique. Nous sommes tout simplement
d'accord
d'affronter
la
réalité
sociale dans la mesure où
nous
nous trouvons devant un ensemble à deux composantes qui
se
superposent;
c'est
ce
qu'on
a
appelé jadis la "ville
européenne"
et
la "ville africaine". Pour certains, c' étai t

- 353 -
même
l'opposition
entre
la
"ville"
d'un
côté
et le
"village" de l'autre.
Les
dénominations
en question ont eu un sens par le
passé;
nous
pouvons même nous référer aux images fournies
par
la
mission
photographique
de 1946. Mais à présent, la
croissance
urbaine
a
entrainé
l'adoption
d'un
nouveau
dispositif
dans les réseaux de circulation et l'implantation
des
habitations.
Tout
cela a contribué à faire disparaitre
la réalité et la conscience du quartier.
Pour
résoudre
le problème posé par la détermination
des
quartiers
à
Port-Gentil,
la
municipalité
à
préféré
distinguer
le
littoral
(qu'elle
considère
comme
un seul
quartier)
et
l'intérieur
des
terres
(qui
regroupe
sensiblement
cinq quartiers)
(1). Un déséquilibre apparaît
clairement
essentiellement
causé
par
les délimitations
spatiales.
En
ce
qui
nous
concerne
et
pour
aborder le
problème
avec
beaucoup plus d'aisance, nous serons amené
à
diviser
la
ville en deux grandes parties qui se juxtaposent
d'ailleurs:
Le
Littoral
et
la
Plaine.
Ce
n'est
qu'à
l'intérieur d'elles qu'il faut percevoir les quartiers.
Aussi
ferons nous remarquer au passage que ce serait
très
fastidieux
d'entreprendre
une étude détaillée de tous
les
quartiers.
Ainsi,
nous opterons pour une approche plus
réaliste
en
découpant
le Littoral et la Plaine en secteurs
représentant
des
caractères d'homogénéité dans la mesure où
(1)
Ce
sont les quartiers: Mosquée, Grand-Village et Balise, les plus
anciens; se sont ajoutés Rombitsozo et Quartier Chic.

- 354 -
les
quartiers
proprement
dits
ont
tendance
à se souder,
dégageant des espèces de blocs.
111-2. DELIMITATION ET IMAGES DU LITTORAL
ET DE LA PLAINE.
Les
paysages
du
Littoral
et
de
la
Plaine
nous
conduisent
à
voir
dans l'ensemble les
deux figures de la
ville.
Leur
évolution est plus ou moins parallèle. Mais les
densités
de
population
qu'on y trouve varient d'un point à
un
autre,
c'est
un
schéma
classique
que nous percevrons
aisément
en
nous
penchant
sur
leurs
limites respectives
(Cf.Carte 25).
III - 2.1. Le Littoral
De
prime
abord,
nous sommes tentés de le délimiter
du
bord
de mer (boulevard Chavannes) à l'Est au boulevard Leon
Mba
à
l'Ouest.
Cela
nous
semble
exagéré.
Pour
plus de
commodi té,
nous
devons nous appuyer sur le schéma urbain de
1946,
d'où
les
limites
suivantes : de l'Est à l'Ouest, du
boulevard
Chavannes
au
Grand
Canal
et du Nord au Sud, de
l'exutoire nord à l'exutoire sud du grand canal.
La
délimitation que nous venons de faire ressemble à
un
rectangle,
long
de 3 km sur une largeur variant entre 1
km
au
sud
et
600
mètres
au nord. C'est précisément dans
cette
partie
que se déroule toute l'activité administrative
et
commerciale
de
la
ville,
sans
pour autant oublier la

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PORT-GENTIL
LES
SECTEURS
URBAINS
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E-3dens;té moyenne
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- 35b -
fonction
résidentielle,
aussi
vieille que l'histoire de la
ville
puisque
c'est
le lieu où
les
premiers
européens.
s'installèrent.
Il
faut
tout de même rappeler que les limites que
nous
venons
de
fixer ne sont pas aussi fermes.
Le littoral
urbain
ne
peut avoir de véritables limites. Nous avons tout
simplement
essayé
de
le
loger
dans un cadre spatial bien
défini;
quand
bien
même
cela
risquerait de fausser les
données
locales.
Mais
pourquoi cette zone semble-t-elle si
confuse,
floue et imprécise, alors qu'elle s'impose comme le
noeud
commercial Port-Gentillais ? Sans doute, faut-il faire
appel
ici
à
la
notion
de
mobilité
et
de
mutations
progressives
de
l'espace
fonctionnel.
Mais
à
présent,
l' étendue
de
la
Plaine peut nous permettre d'apprécier une
véritable "cité-dortoir".
III - 2.2. La Plaine.
C'est
uniquement
une
zone
résidentielle
qui a su
attirer
de
très
petits
commerces
le
long des routes. La
densité
humaine
est
très
élevée
par
rapport au littoral
urbain
présenté
précédemment.
Malgré
leur
allure
géométrique,
les
quartiers
de
la
Plaine
s'allongent
symétriquement
de
chaque
c8té
des
avenues
de
l'Indépendance, Félix Eboué et
Libreville.
On
retrouve
ici
une
juxtaposition
de
quartiers

- 357 -
sensiblement
de
même
composition, articulés sur des rues
et
avenues rectilignes. Chaque quartier s'est formé à partir
de
rues
perpendiculaires
qui
correspondent
souvent
à
d'anciennes routes sablonneuses.
Par
opposition
à
la zone du Littoral, on a plus de
facilité
à
délimiter la Plaine, si nous nous penchons bien
évidemment
sur
les
grands
axes
routiers;
au
Nord
le
boulevard
Bongo,
au Sud la route de Namina (qui se prolonge
par
la
route de Tchengué), à l'Est le boulevard Léon Mba et le
chateau d'eau à l'Ouest. Le tracé des routes est à signaler: la
plupart
d'elles
(surtout les avenues) vont se rencontrer au
Chateau
d'eau; ce qui nous donne comme figure géométrique un
triangle.
Et
pour compléter notre délimitation, il convient
de
superposer
un
tout
petit
rectangle
représenté par le
grand
canal
à
l'Est,
le
boulevard
Léon
Mba
à l'Ouest,
l'avenue
de
l'Indépendance au Nord et la route de Namina au
sud.
Ainsi
se
définissent
nos
deux
grandes
figures
dominantes
du
paysage urbain à Port-Gentil: le rectangle du
Littoral
urbain
et
le
triangle de la Plaine. Deux parties
qui
n'ont
rien
de
commun,
ni
les
infrastructures,
ni
l'organisation
et
moins
encore
la
présence
humaine. Dès
lors,
nous
pouvons
envisager
leur
configuration
et
les
intéractions des différents quartiers.

- 358 -
III - 3. LES QUARTIERS DU LITTORAL URBAIN.
Le
Littoral
urbain
que
nous avons pu définir plus
haut
se
divise
en
trois
quartiers:
le
quartier
administratif,
le
quartier
commercial
et
le
quartier
résidentiel.
Nous
verrons
que
l'important ici ne consiste
pas
à
pouvoir
les
délimiter
car
ce
n'est
presque
pas
possible,
pour
la
simple
raison qu'un même édifice peut
abriter
les trois fonctions.
Ce qui nous para!t important,
c'est de faire ressortir leur imbrication.
III - 3.1.
Le quartier administratif.
Localisé
uniquement
au
centre-ville,
il hérite son
emplacement
de l'administration coloniale;
la proximité d'un
littoral
maritime
a
beaucoup
influencé
les
premiers
européens.
C'est
un
quartier
linéaire,
s'étendant le long
des
deux
axes
principaux
et
parallèles:
le
boulevard
Chavannes
et
l'avenue
Savorgnan
de
Brazza.
Il s'encastre
bien
entre
le
vieux
port-môle
et
les
installations
portuaires d'Elf-Gabon.
Le
paysage
présente
un
mélange
de
très
petites
hauteurs
(1)
et
des
moins
basses.
On peut par la même
occasion
observer un couplage de maisons coloniales,
le plus
souvent
sur
pilotis
ou
simplement
surélevées,
et
des
bâtiments
modernes,
pour la plupart construits en parpaing,
datant
d'après l'indépendance.
(1)
La
plupart
des habitations ne dépasse pas quatre étages,
sauf la
nouvelle clinique de la CNSS qui en compte une dizaine.

- 359 -
Toute
l'administration générale est représentée dans
ce
petit
secteur.
Face à la mer et en bordure du boulevard
Chavannes
se
dresse
l'Hotel
de
Ville,
siège
du conseil
municipal
de
la
ville.
En quittant la Mairie pour l'avenue
Savorgnan
de
Brazza,
on
emprunte
une bretelle,
la rue de
Tastour,

se trouve le Commissariat Central de Police. De
gauche
à
droite
de la grande avenue se succèdent l'Hopital
Général,
le
Gouvernorat
en
face
duquel s'élèvent l'unique
Hotel
des
Postes,
nouvellement
construit
également;
et à
l'extrémité de l'avenue,
le Palais de JUstice.
La
présence
et
surtout la localisation de tous ces
établissements
témoigne
d'une
intense
acti vi té
administrative qui draine tous
les jours ouvrables, matin et
soir,
un flux de personnes;
les nationaux pour légaliser des
documents
personnels
ou
s'acquitter
de taxes
municipales
et
les
étrangers pour régulariser
leur
situation.
Ce
déferlement
des populations s'explique également par le fait
que
tous
les
services
ne
se situent que dans ce secteur,
aucune
décentralisation n'est opérée (1). Parallèlement,
les
populations
se
dirigent
vers
les
commerces
et
autres
établissements,
soit
pour
faire des emplettes, soit
effectuer simplement une promenade.
III - 3.2. Le quartier des affaires.
La
proximité
de
deux
quartiers aussi déterminants
(1)
Hormis
un
petit
poste
de
police situé au Chateau d'eau et qui
n'est
d'ailleurs
pas
habilité
à
remplir
des
formalités
administratives ou judicaires ..•

- 360 -
par
leurs
activités
est à souligner. L'avenue Savorgnan de
Brazza
répond
bien
aux
aspirations des hommes d'affaires,
des commerçants et autres industriels.
Du
commerce
de
détail
au commerce de gros,
tout y
est
concentré.
Pour
la plupart, ce sont des établissements
de
petite
taille,
marqués
par
une concurrence limitée et
s'adressant
à
une
catégorie
de
clientèle. Nonobstant les
périodes
de fêtes,
tout un chacun peut se réserver le luxe
de
s'attraper
de
la
volaille ou de la viande •.. , fournies
par
deux super-marchés:
SCORE,
construit au début des années
70,
c'est
le
plus
ancien;
et CODEV qui dispose également
d'une
antenne en face du marché du Grand-Village. Ce dernier
ne date que de moins de 5 ans.
Dans
ce
quartier
se trouve le premier marché de la
ville; i l c8toie la Mairie et représente
un véritable parc
d'attraction
pour
les
personnes
désireuses
de
s'approvisionner
en
produits
tropicaux
et
en poissons de
toutes
sortes.
Le marché possède en son pourtour des rayons
de
draperie
et
autres vêtements;
des bistrots complètent
le
décor.
Non loin de là, d'autres magasins servent de lieux
d'approvisionnement
des
voyageurs
prêts à embarquer pour
l'intérieur
du
pays
où ils amènent des provisions en guise
de
présents
aux
membres
de
la famille restés au village.
Cette
pratique rentre dans le cadre des échanges saisonniers
entre
citadins
et
ruraux.
On peut ajouter la succession de

- 361
-
quelques
sièges
de
sociétés,
des agences de voyages et des
transitaires.
Leur
localisation ici est liée à la proximité
du
vieux port. Actuellement,
elles ont tendance à se diriger
vers
le
nouveau
port
tout
en conservant leurs bureaux au
centre-ville.
Outre
ces activités,
le fait le plus frappant est la
concentration
des
établissements
bancaires.
En effet, sur
l'avenue
Savorgnan
de
Brazza,
longue
de
600
mètres
seulement,
défilent sept établissements bancaires (1).
C'est
considérable
pour ce petit secteur et très significatif pour
le
rôle
économique
que
Port-Gentil
exerce
sur tout le
pays.
Cependant,
de
l'important
mouvement
journalier du
quartier
commercial
il
ne
reste
à
partir de 19 h.
qu'un
calme
absolu,
celui
d'un
secteur qui s'éveille le jour et
s'endort à la tombée de la nuit.
III - 3.3. Le quartier résidentiel.
Tout
en rappelant au passage que c'est la seule zone
qui
renferme
des
constructions
quelques
peu élevées,
ces
dernières
ont
plusieurs
usages:
généralement
au
rez-de-chaussée
se
trouvent
les
établissements bancaires,
commerciaux
et
autres
magasins. Le reste,
c'est-à-dire les
étages
supérieurs,
sont
réservés
aux
habitations
des
européens
et
africains appartenant aux secteurs d'activités
(1)
Banque
Gabonaise
de
Developpement (B.G.D.),
Banque des Etats de
l'Afrique
centrale
(B.E.A.C.),
Union
Gabonaise
de Banque (U.G.B.),
Banque
Internationale
pour
le
Gabon
CB.I.P.G.),
Bank of Credit and
Commerce Internacional
(B. C. C. 1. ),Banque Internationale pour le Commerc
et l'Industrie du Gabon (B. r .C • l . G.)
et
Par;bas-Gabon.

- 362 -
concernés.
Cela
facilite
beaucoup
la
vie
des intéressés
parce qu'ils
ne
sont
pas
confrontés
au
problème
du
déplacement
de
la
même
manière
que
les
populations
habitant
les
quartiers
populaires.
Autrement
dit,
ils
habitent
près
de
leur
lieu de travail, si ce n'est pas le
cas,
des véhicules de fonction leur sont toujours alloués.
Les
appartements
se partagent les terrains avec les
villas.
C'est l'une des grandes caractéristiques du Littoral
urbain.
Villas au caractère insolite, elles sont très vastes
et
reposent le plus souvent sur du gazon.
Un jardin de fleur
et
des
lumières
tamisées
illuminent
la
cour
toutes les
nuits;
le
tout
surveillé
par
un
gardien ou un gros chien
de garde
et
protégé
par une énorme muraille métallique ou
en béton en guise de sécurité.
Il
faut dire que le cadre s'y prête admirablement:
les
voitures
s'étant
immobilisées,
les
vagues
sont
berceuses,
la
brise-marine souffle en permanence le soir et
apporte
de
l'air
frais
reposant;
tout
porte
à
croire
qu'aucune
~me
ne
vit ici. C'est une atmosphère qui plait
bien
aux
occidentaux
qui
sont largement majoritaires,
les
uns
succédant
aux
autres,
telles
des équipes qui se
relayent.
Aussi
faut-il
ajouter
qu'un nombre restreint de
cadres
africains
est
désormais
associé
à
ce
mode
d'habitation.
Comme
on
peut
le deviner,le décor extérieur est le

- 363 -
~eflet
de
l'inté~ieu~.
Tout
l'équipement nécessai~e y est
introduit,
rien n'a été négligé...
Le ca~actè~e lâche de
l'habitat
dans ce secteu~ mont~e que les pa~celles sont très
g~andes.
On
rema~que
beaucoup le feuillage qui ~ecouvre les
rues
et
m~me les villas, c'est le seul lieu ombragé de la
ville.
Quartie~
assaini,
l' infrast~uctu~e est
p~esque
complète,
notamment l'eau,
l'élect~icité et le téléphone. Le
se~vice de ~amassage des o~dures t~availle quotidiennement.
En
fait,
le quartie~ résidentiel du centre-ville n'a
pas
d'équivalent
dans
la ville.
C~éé à l'époque coloniale,
il
va
en s'améliorant et par manque de parcelles inocupées,
son
extension
tend
à s'a~rête~. Ce que certains regrettent,
c'est
le
caractè~e
ennuyeux
que semble évoque~ un silence
très
précoce le soi~ et très prolongé; si bien que la visite
nocturne
d'aut~es
secteurs
de
la
ville
fait
partie des
loisirs de ses occupants.
La
zone
côtière
que nous avons dénommée Littoral
u~bain
mele
le classique et le moderne. Aé~ée, cette partie
de
la
ville
est
considérée
comme
un
transfert
du type
européen.
Ses
multiples
activités en font une ville à part
entière:
de
l'administration au ~ésidentiel, en passant par
le
commercial; cette
trilogie
ne
se
~et~ouve
nulle
pa~t
ailleurs,
d'où
le
cont~aste
frappant
avec le ~este de la
ville.
Néanmoins,
il
faut
reconnattre que la partie qui

-
364 -
lui
est opposée,
la Plaine, est non moins remarquable par le
tohu-bohu,
la
mouvence
quotidienne
et
surtout le mélange
entre
rural
et
urbain;
en
d'autres
termes,
son
aspect
pittoresque
très prononcé •.•
III - 4. LES QUARTIERS DE LA PLAINE.
Ce
qui
est
convenu
d'appeler maintenant la Plaine
n'était
qu'un
simple
village
il
y a 40 ans. Les ouvriers
africains
travaillant dans les usines,
les chantiers de la
ville
et
les
environs
y
demeuraient.
Cette
zone
ne
renfermait
qu'une population réduite,
pour la plupart vivant
de
pêche
et
d'une
agriculture
de
subsistance
presque
insignifiante.
A cette époque, aucune infrastructure urbaine
capable
de
susciter
l'implantation spontanée d'un noyau de
peuplement
n'existait.
On
peut
également
ajouter
à
ce
tableau un isolement relatif dans le vaste espace régional.
Village
africain,
quartier
africain, qu'importe la
terminologie ...
Ce
domaine
a
souvent
joué
le
rôle de
refuge
et
on
ne
peut
passer
sous
silence son caractère
rural,
aggravé
par
la
nature des terrains qui offrent par
endroi ts des marécages.
Jusqu'en
1946,
trois
quartiers
composaient
la
Plaine:
la
Mosquée,
le
Grand-Village
et
la
Balise.
ILs
étaient
tous
linéaires,
ressemblant
à
des villages-rues.
Aujourd'hui,
le
nombre des quartiers est passé du simple au

- 365 -
double.
L'impression
générale
est qu'ils ont tendance à se
souder
les
uns
aux
autres.
Autrement
dit,
à intervalles
réguliers
se
sont
gréffées
des rues secondaires, au tracé
sinueux.
La
plupart des quartiers de la Plaine ont,
en effet,
été
bâtis
à
une
époque
où les travaux préliminaires de
voirie
étaient
encore
inexistants.
La
population
a dC
souvent
procéder
elle-même à la construction de pistes et
les
faibles
moyens techniques dont elle disposait n'étaient
que
rudimentaires,
interdisant l'érection d'ouvrages d'art.
III - 4.1.
Des quartiers populeux.
Accueillant
sans cesse le maximum de populations,
le
problème
d'espace
ne
semble
pas
se
poser
pour
les
autochtones,
quitte à s'entasser et accroitre la densité.
Le
noyau
de
peuplement
qui symbolise les volets de l'histoire
locale
s'y
trouve
et
la
figure

11
montre
bien
la
suprématie
numérique
des
quartiers
de la Plaine face à la
zone du Littoral.
Les
quartiers
ici
ne
constituent
pas
des unités
socio-économiques
homogènes,
on
y retrouve entre-mêlées,
au
sein
d'un
même
quartier,
résidences
de parpaing et
maisonnettes
de
bois
logeant
quelques
rares
cadres, des
employés
de
bureau
et
surtout
des
ouvriers, artisans ou

366 -
-
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- 367 -
petits
commerçants.
Le
bois
des
maisonnettes est le plus
souvent
défraichi,
sentant
la grisaille de bois pourri,
le
tout
représentant
une
monotonie de constructions basses et
allongées.
Le sentiment de pauvreté et de tristesse se dilue
pourtant
au
voisinage
de
maisons
en
parpaing peintes en
blanc et égayées de fleurs et d'arbres fruitiers.
Pour
le
touriste
qui
débarque
nouvellement,
les
quartiers
populaires
de
Port-Gentil
offrent
des
images
insolites.
Greffés
autour des trois grandes avenues -avenue
de
l'Indépendance,
avenue
Félix
Eboué
et
avenue
de
Libreville-,
ils ne sont désservis que par des rues étroites
et
des routes sablonneuses, assez nombreuses d'ailleurs.
Les
tas
d'ordures
ici
et
là,
sur lesquels marchent des gosses
aux
pieds
nus,
témoignent
de l'insalubrité qui
règne dans
ces lieux.
Comme
le
plus
souvent,
les habitations c~toient
les
terres
inondables
et
sablonneuses,
on mesure bien les
conséquences
sur
la
santé
des populations
lorsqu'on sait
qu'une
bonne
partie de la population utilise l'eau des puits
soit
pour la consommation courante,
soit pour le lessivage
(1).
Cela
nous permet d'aborder
les pratiques sociales dans
les quartiers populaires.
III - 4.2.
Sociologie des quartiers de la plaine.
Nous
l'avons déjà évoqué, deux aspects s'affrontent:
(1)
Le
système
de
vie
communautaire
developpé par les populations
depuis
toujours
fait
en
sorte
qu'un
seul puits peut servir à tout
l'entourage.
Autrement
dit,
le
puits
a
pour
propriétaire
la
COMMUNAUTE.
C'est
pourquoi
la
consommation
d'eau de puits est trés
étendue.
Mais en dehors de cette pratique,
on remarque que beaucoup de
puits ont été creusés dans les vieux quartiers de la ville.

- 368 -
le
rural
et
l'urbain,
évidemment
avec
une
légère
prédominance
du
premier parc~ue la vie se rattache à celle
du
village ou de la campagne. Cependant,
il convient déjà de
lever
l'équivoque
en
soulignant
qu'il
n'est pas toujours
aisé
d'opposer
les
deux aspects dans la mesure ou il n'y a
pas
cloisonnement.
Bien au contraire, ces deux modes de vie
chevauchent
et les populations ont tendance à conjuguer leur
efforts
au-delà
des
contradictions
formelles
qui
les
animent.
En d'autres termes,
il faut surtout percevoir cette
dualité sur le plan matériel et des mentalités.
a) La maison ou la cellule de base.
Disposer
actuellement
d'une
maison
exige
une
situation
financière
appréciable.
Les formes d'habitations
que
l'on
observe
un
peu
partout
dépendent
bien
de cet
élément.
Il
apparaît
évident
que
les
populations
défavoriées,
comme
c'est
la plupart des cas ici, attachent
peu
d'importance
-elles
sont limitées par les moyens- à
la
maison;
qu'elles soient propriétaires ou locataires. Elle ne
leur
sert
que
pour
s'abriter
des
intempéries
et autres
méfaits
de
la
nature.
L'explication
nous
est donnée par
l'aspect vétuste des maisons.
A
la
Plaine
nous
ne sommes pas loin des pratiques
1
villageoises.
Dans les campagnes,
la base d'organisation est
la
case;
ici
c'est
la
maison
individuelle.
La
seule

- 369 -
différence
réside
dans
la
délimitation de la parcelle, la
largesse
villageoise
fait place à la gestion rigoureuse des
espaces
en
ville.
Autrement dit,
la terre coOte très cher
en
ville.
C'est pour cette raison qu'attaché
aux principes
communautaires
de l'Afrique d'hier,
le néo-citadin se dirige
toujours
chez
un parent disposant d'une maison,
c'est de là
que se fait petit à petit son insertion dans la ville.
Mais
la
maison en tant que telle fera
l'objet d'une
approche
très
détaillée
dans
le chapitre qui suivra. Nous
avons
voulu
simplement
faire
ressortir
le rôle combien
important
que
joue la maison dans la société traditionnelle
et
sa
participation
à
la
construction
du quartier.
Pour
l'instant,
nous
considérons d'abord que toute sociologie de
quartier
ne
peut
que
passer
par l'examen de groupuscules
qu'il réunit.
b) Des relations ethniques prédominantes.
Précédemment,
nous
avons vu que la réaction de tout
migrant
consiste
à
rechercher
un des siens:
les étrangers
s'orientent
vers
des
gens
appartenant à leur nationalité,
tandis
que
les
nationaux se dirigent vers une connaissance
de
même
ethnie
ou
tribu.
C'est
dire que les relations
humaines
dans
les quartiers populaires restent règlementées
par
des
affinités
linguistiques,
malgré
le
fait
que la
tendance
s'inverse
petit à petit,
au fil des décades,
par

- 370 -
le biais des mariages divers.
Quoique
l'on
dise,
l'appartenance a son ethnie est
la
référence
de
base.
On
ne se définit que par rapport à
elle,
question de confiance sans doute ou plutôt de fierté
au
regard
de
l'histoire. Mais avec l'évolution spatiale de
la
ville,
il
est plus intéressant de se pencher uniquement
sur les quartiers les plus anciens.
Les
premiers
quartiers
sont
représentatifs
de la
pluralité
ethnique
de
la ville. Il ressort que les groupes
ethniques
-MYENE,
BAPUNU
et
FANG
-sont
systématiquement
représentés
dans
les
quartiers
précités.
La
présence de
groupements
MYENE s'explique par le fait que ce
sont
les
autochtones.
En
plus,
ils
peuplent
trois
provinces
environnantes:
l'Estuaire,
le
Moyen-Ogowe
et
l'Ogowe-
Maritime
qui
a
pour chef-lieu Port-Gentil. Par contre les
FANG
obéissent à leur migration historique. Basés au nord du
Gabon,
dans
la
province
du
Woleu -Ntem,
ils
ont
dO
transiter
par Libreville et Lambaréné où leur représentation
est
également
signifiante.
Numériquement, ce sont les plus
importants
du
pays.
Viennent
ensuite
les
BAPUNU (1) qui
appartiennent
à
la
région
du
sud.
Au-delà des migrations
historiques,
ils ont profité des cours d'eau navigables pour
regagner
Port-Gentil
en
séjournant
dans
les
villages
avoisinants.
Au
niveau
de
la ville même, ce n'est pas évident
(1 )
Par
BAPUNU
nous
entendons
toutes les populations du Sud-Gabon
dont
le
deuxième
groupe important est ESHIRA.
En fait,
il aurait été
plus juste de parler de "SUDISTES"

- 371 -
de
faire
une
distinction numérique entre les BAPUNU et les
FANG.
Cependant,
il
est
incontestable
que les MYENE sont
les plus nombreux,
sans compter
les
populations implantées
depuis
des
decennies
et
apparemment
assimilées
aux
originaires.
De
même,
il
nous
a
semblé
que
dans les
quartiers
périphériques,
extension
logique des
quartiers
populaires,
la
coloration
ethnique
est
très remarquable.
Ainsi,
à la Nouvelle Balise prédomine le groupe MBEDE venant
du
Sud-Est
du
pays;
au quartier Sud se dessine une poussée
FANG
et
derrière
le "village Roger Buttin"(1) émergent les
BAPUNU et autres sudistes.
En
fait,
il y a beaucoup de variantes et c'est avec
prudence
qu'il
faut
énumérer
précisément
les
groupes
ethniques
La réalité locale nous oriente plutôt vers des
courants
régionaux,
très visibles dans les prolongements des
quartiers
populaires,
tel un envahissement.
Pour ce qui est
du
vieux
noyau
de la Plaine, et indépendamment du brassage
ethnique
très prononcé, on note certains groupements locaux:
Les
MYENE
à
la Mosquée, au Château d'eau (2)
et au Grand
Village;
les
FANG au quartier Chic, les BAPUNU à Sindara et
l es
Al togovéens (3) à la Bali se.
Tout
cela
montre
bien
l'articulation ethnique des
quartiers
dans
cette
zone. Le phénomène n'est pas nouveau,
il
s'est
même
amélioré dans la mesure où le brassage est
considérable;
actuellement, peuvent se côtoyer sans heurts
(1) C'est le quartier qui entoure la cité de la société Elf-Gabon.
(2)
C'est
la
jonction entre les quartiers Mosquée et Grand-Village,à
l'Ouest de la ville.
(3)
Ce
sont
les
populations du Sud-Est du Gabon et plus précisément
les ethnies OBAMBA,BATEKE,
NDOUMOU etc . . . .

- 372 -
nordistes,
sudistes
et
centristes.
Cependant,
la moindre
altercation
entre
esprits
incontrolables
peut
toujours
dégénérer
en
bagarre
rangée,
car
le
tempérament
de
partialité
anime
souvent
certains
groupes.
En fait,
tout
gabonais est déterminé par son appartenance ethnique ou régionale
et les répercussions d'une
telle
affiliation
se manifestent
même
dans
les
grands
secteurs
qui
régissent
le
développement
du
pays, dans l'administration générale comme
au
privé.
Un
point
d'équilibre
est
tout
de
même
envisageable
quelque
soit
le
caractère
artificiel
qu'il
présente.
1II-4.3.L'organisation dans les quartiers populaires
Pendant
très
longtemps,
le système en vigueur était
la
chefferie. On transposait en quelque sorte l'organisation
villageoise
en
ville;
l'autorité
étant
accordée
au plus
âgé
mais
uniquement
aux
hommes.
Le promu accédait sans
bavure
au
titre
de
chef
du
quartier
(1),
il
devait
s'entourer
de
notables
choisis
dans
le
milieu des chefs
traditionnels,
se situant entre le troisième et le quatrième
âge.
Reconnu
par
la municipalité,
le conseil de quartier
avait
un
r~le
consultatif.
Son
but
était de saisir le
conseil
municipal
pour lui
présenter
les
doléances
des
populations.
Pratiquement,
ce système était plutôt centré
(1) Le choix était généralement porté sur un autochtone.

- 373
sur
le
respect des valeurs traditionnelles qui fondent leur
jugement sur "la parole des anciens",
Actuellement,
si
le
conseil
de quartier a disparu
dans
sa
forme
originelle,
les
notables
sont
néanmoins
consultés
pour
des
grandes
questions touchant le respect
des
symboles
de
la ville. Aucune destruction d'édifices et
occupation
des
terrains
jugés "historiques"
ne doit être
effectuée
sans
leur consentement. Du moins, c'est la règle.
Mais
avec
les acquis du modernisme, ce principe est souvent
bafoué.
Ainsi,
la
pseudo-organisation
au
niveau
des
quartiers
est
le
comité
du
Parti
Démocratique
Gabonais
(P.D.G.).
Seuls
les
gens ayant des affinités se regroupent
en
son sein, soit par des liens familiaux ou soit par simple
amitié.
Quelques
élections
symboliques sont organisées, et
le
résultat
va
toujours
dans
le
sens
du
choix
des
responsables;
en plus,
la participation de la population est
presque obligatoire.
Fondé
sur
une
base
politique, le Comité P.D.G. de
quartier
a
tendance à briller par son inactivité; preuve de
l'incompétence
de ses responsables, mal préparés à de telles
fonctions.
Il n'est représentatif que lors des fêtes. Dans
ces
conditions,
on
peut
imaginer
que
les
quartiers
s'organisent
eux-mêmes.
Ils
ne
reçoivent
la
visite
d'autorités
municipales
que pour des opérations ponctuelles
de
recensement.
Autrement
dit,
l'intérêt
porté
par la

- 374 -
municipalité
ne
fait
l'objet d'aucune planification, c'est
ce
qui
explique
en
partie
la
déchéance
au
niveau
de
l'infrastructure.
III - 4.4. L'équipement de quartiers
populaires.
La
caractéristique
fondamentale
de
tous
les
quartiers
de
la
Plaine
c'est
le sous-équipement notoire.
Dans
la
plupart des cas,
l'assainissement s'est opéré après
l'occupation
humaine.
Néanmoins,
on
observe
que la tendance
actuelle
consiste
à
passer
de
la maison en planches à la
maison en parpaing,
plus aérée et mieux équipée.
Pour
mémoire,
les premiers quartiers étaient
délimités
par
les
canaux
secondaires,
creusés à la main.
Bien
qu'archaïques, un
passage inopiné du personnel de la
Voirie
permettait
l'écoulement des eaux, malgré la lenteur.
Comme
on
le
sait
déjà,
les travaux de 1980, qui devaient
améliorer
les structures existantes,
sont demeurés inachevés
et
aucun
signe
ne
présage
d'une
reprise. Les conditions
d'inondation
étant
toujours les-m~mes, la période pluvieuse
reste très douloureuse pour ces populations.
Un
domaine où un effort a été fourni,
c'est celui de
l'éducation.
En
effet, presque tous les quartiers disposent
d'une
école (1); très
ancienne, elles
est
restée
étroite
et
mal
équipée.
Dans ces conditions,
elle
ne
parvient
(1)
Nous
verrons
par la suite, dans le chapitre réservé aux Services
Urbains
que
c'est
l'activité
religieuse
qui
a plus contribué à la
création d'écoles de quartiers.

- 375 -
pas
à
absorber le nombre important d'élèves (1). Malgré les
quelques
agrandissements périodiques financés par la Mairie,
les
effectifs
sont
toujours
pléthoriques.
A propos de la
situation
sociale
des
encadreurs,
seul(e)
le
directeur(trice)
est
logé(e) dans de très bonnes conditions
(dans l'enceinte de l'établissement).
De
même,
le
réseau
d'électrification
et
de
distribution
d'eau
relie
la majorité des quartiers. Ce qui
reste
à
couvrir
est
représenté
par
l'extension urbaine,
uniquement
la
périphérie.
Mais
déjà,
l'instauration
des
bornes-fontaines
publiques,
situées
généralement
dans les
carrefours,
a
été
l'équipement
le plus déterminant de ces
quartiers.Il est dommage que l'agrandissement
de
certains
boulevards
et
avenues a entrainé la disparition de quelques
unes.
Et
très
éloignées
les
unes
des
autres,
elles ne
servent
que
de palliatif. En plus,
l'usage dont on en fait,
laisse
à
désirer:
parfois les habitants viennent se doucher
ou
faire
leur
lessive.
Les
autorités
municipales,
non
contentes de
cette
situation,
menacent
de les fermer;
les
conditions
d'hygiène
se
dégradant
de
plus
en
plus. Une
véritable
confusion régnait lors de notre dernier passage.
D'autre
part,
vers
les
années
70,
on
assistait
à
une
participation
des
grandes
sociétés
pour
l'équipement des
quartiers
sur
le plan culturel. Ainsi, des "CASES D'ECOUTE"
(1) On estime qu'un peu plus de 90 % de jeunes sont scolarisés.

- 376 -
(c'est
à peu près l'aquivalent des "Maisons Pour Tous") ont
été
construites dans chaque quartier. Elles renfermaient une
bibliothèque
-avec
lecture sur place et emprunt à domicile-
et
un
téléviseur. Gérées
par
la
Direction
Régionale
de
l'Education
Populaire, leur fonctionnement
se faisait sans
problèmes
et
l'accès
était gratuit:. Mais cinq années plus
tard,
la
situation s'est dégradée et aujourd'hui, certaines
"CASES
D'ECOUTE"
ont
été transformées en habitation (c'est
le
cas
de
celle
implantée au quartier Balise) et d'autres
sont
dans
des
conditions
irrécupérables
(comme
celle du
quartier Mosquée).
En
somme
les
quartiers
de
la
Plaine
sont
très
déséquilibrés.
En
dehors
des
marchés
(1) qui symbolisent
l'activité
commerciale,
ils
sont strictement résidentiels.
L'animation
qu'on rencontre se fait le long des rues avec la
prolifération
de bistrots déversant toutes sortes de boisson
-La
bière
locale
"REGAB"
étant
la
plus
consommée-, les
petits
commerces
de
tous
ordres
et
autres
magasins
à
provisions.
Ici
la
délinquance
juvénile est très poussée,
nécessairement
par manque d'équipements et d'organisation de
loisirs.
III - 4.5. Les distractions
A
Port-Gentil,
le
sous-équipement
des
quartiers
apparatt
comme
un inconvénient pour le divertissement des
(1)
Nous
reviendrons
plus
en
détail
sur
les
marchés,on rappelle
seulement
qu'ils
sont
au
nombre de trois: Le marché de la "ville",le
marché de la Plaine et le marché de la Balise.

- 377 -
populations.
Bien
qu'habitant
une
ville
maritime,
les
populations
des
quartiers
de
la
Plaine
ne
semblent pas
intéressées
par
les
activités nautiques. Leur présence sur
les
plages
de
l'fIe
est
très limitée. Pour elles, avec
tout
ce
qu'elle
regorge,
la
mer
est réputée dangereuse;
question
de
moeurs
bien
sOr, mais surtout de mentalité.
Car,
les
habitants
du
Littoral,
plus tournés vers la mer,
s'y accommodent aisément.
Cette
attitude
vis-à-vis
de
la
mer
oblige
les
populations
à
rechercher d'autres loisirs,
de préférence le
sport.
Presque
tous
les
sports
sont
pratiqués,
en dépit
d'infrastructures
fragmentaires.
C'est
ce
qui
a
valu la
participation
des
sociétés
privées
par
la réalisation de
véritables
complexes
sportifs.
Malgré
cet
apport,
la
superficie
est
très
limitée. Le foot-baIl
demeure le sport
le plus en vogue.
Mais
l'intérêt
accordé
à
ce
sport
par
la
population
est
contrarié
par la faiblesse des équipements.
La
ville
ne
compte
qu'un
stade
municipal
de
Foot-baIl
susceptible
d'abriter des compétitions. On peut recenser une
vingtaine
d'équipes
et
certaines
sont réduites à pratiquer
le
football
sur
des
terrains de fortune,
naturellement
sableux.
De construction récente, le stade municipal dispose
d'une
seule
tribune
et des douches. L'éclairage nocturne y
est
assuré.
Cependant,
il n'y a pas de gradins populaires et

- 378 -
l'unique
tribune
n'a
été
conçue
que
pour accueillir une
capacité
de 3 000 places assises. Lors des grands évènements
sportifs
et
culturels
elle arrive à contenir près de 6 000
personnes.
Néanmoins,
une bonne partie des spectateurs suit
les rencontres debout.
D'autres
stades de football
existent également dans
la
ville:
celui
de
la
Balise
est
au
bord
de
la
déconfiture,
un
peu
plus
loin
le
stade
de la CFG et de
l'autre
bout
de
la
ville le complexe sportif d'Elf-Gabon.
Les
deux
derniers
sont
privés
et
par conséquent ne sont pas
accessibles
à
la population;
les installations d'Elf-Gabon,
bien
que
situées
en
plein
quartier
populaire, demeurent
toujours verrouillées.
Il
est
à signaler que le football
ne profite pas à
tout
le
monde,
c'est surtout
l'affaire
des hommes. Les
femmes
préfèrent
plutôt s'évader en allant soit au cinéma
ou
soit à la Place des fêtes. Les deux cinémas de la ville
-l'OCEAN
et
l'OGOWE-
ne
passent pas seulement des films.
Leur
activité
(surtout l'OGOWE) s'étend à divers spectacles
du
genre
théâtre, concerts musicaux et autres. La Place des
fêtes
est
plutôt
réservée
aux enfants, la plupart des
jeux
installés les concernant (auto-temponneuses, balançoire
etc ... )
C'est
également
le
lieu
d'exibition d'orchestres
populaires et d'organisation de cérémonies officielles.
De
même,
la
télévision,
adoptée ici depuis plus

-
379 -
d'une
vingtaine
d'années,
est
un
compagnon de détente, à
cause
des
programmes
musicaux
traditionnels,
modernes
et
surtout
patriotiques.
Elle
s'arrête
à 24 h.
et ce n'est
qu'à
partir
de
cette
heure
que l'insommnie des week-ends
dirige
souvent
les
populations vers les bistrots et autres
Bars-Dancing.
En
ce
qui
concerne les bistrots,
le système
est
tout
à
fait
particulier:
diffusant
de
la musique à
longueur
de
journées et allant jusqu'à l'aube par endroits,
ils
incarnent
de
véritables
cadres où le déferlement avec
tous
ses
excès
est
toléré.
L'excitation
alcoolique,
l'ambiance
et
la
musique
amènent
les
occupants
jusqu'à
l'extase ... Tout cela ressemble à un "cul te mystique".
Par
contre
les Bars-Dancing sont toujours bondés de
monde
les
samedis
et
jours
de fêtes. Localisés pour la
plupart
dans les quartiers populaires -hormis quelques uns à
tonalité
occidentale-,
ils sont d'accès facile, alignés sur
l'axe du boulevard Léon Mba ou les carrefours invironnants.
Comme
on
peut le constater, la danse moderne a pris
beaucoup
de
terrain
à
la danse traditionnelle. Cependant,
tout
le
monde
se
retrouve
aux
heures
de recueilllement
marquées
par
les
veillées
mortuaires
et
des
messes
de
requiem.
Elles
ont
lieu
généralement
les
vendredis
et
samedis.
Danses folkloriques et chants religieux animent ces
cultes
traditionnels.
A
Port-Gentil,
nous
avons

un
exemple
de
deux
civilisations
qui
se
côtoient
et les

- 380 -
loisirs
en
font
une
bonne te
démonstration.
On
peut
s'étonner
du
fait
que
nous ne nous sommes pas étendu
sur
les
loisirs
dans
la
partie
Littorale.
Nous
signalons
simplement
que
tout
se passe le plus souvent à la mer (ski
nautique,
planche
à
voile,
pêche
sportive etc ... ) car,
presque
tous
disposent
de
cases
de
picnic
au
nord
de
l'tle.
Sauf
quelques
rares
africains, avides
de
se
retremper
dans
les
rites
traditionnels,
sillonnnent
les
quartiers populaires les week-ends.
III -
5. LES AUTRES SECTEURS.
Les
deux
zones décrites - La Plaine et le Littoral-
sont
les deux grands repères de la ville. Si nous avons tenu
à beaucoup insister là-dessus, c'est pour faire ressortir la
bipolarisation
de
la
vie
urbaine. Maintenant qu'elle nous
est
évidente,
il faut également voir comment s'articulent les
autres secteurs
que
nous avons jugés importants du point de vue
de leur envergure. Dans le même ordre d'idées, ceux-ci nous
permettrons
de fixer les limites de l'extension urbaine.
Ils
sont
au nombre de trois:
l'intervalle qui sépare le Littoral
de
la
Plaine
que
nous
dénommons
le
Centre
et les deux
extrémités
de
la Plaine; nous pouvons les appeler la Plaine
Nord
et
la
Plaine
Sud.
Il convient également d'ajouter un
autre
élément,
c'est
le
secteur
dit
Industriel
qui
correspond au prolongement du Littoral vers le Nord.

-
381 -
111- 5.1. Le centre ou zone de transition.
Vers
les
années
40, c'était le "no man's land".
Le
secteur
du
Centre
s'est
rempli
d'habitations
au fil
des
années.
Terrain
favorable,
presque pas inondé,
il a abrité
le
premier
camp des fonctionnaires africains et la première
cité
socio-économique
de
la
ville.
C'est
un
tout petit
rectangle
ayant pour limites Est-Ouest
le grand canal et le
boulevard
Léon
Mba,
et Nord-Sud
l'avenue de l'Indépendance
et le cinquième canal secondaire.
La
typologie
de
l'habitat
laisse
plutôt
apparaître
des maisons de parpaing. La présence européenne
est
presque
insignifiante,
c'est plutôt le domaine de la
classe
moyenne.
Il
n'y
a
pas de commerces,
les achats se
font soit au Littoral,
soit à la Plaine.
Secteur
très
aéré,
il
a
été pendant longtemps le
parc
d'attraction.
La
Place
de
l'Indépendance
qui
se
trouvait
encastrée
entre
la rue Jean Vigouroux et l'actuel
stade
municipal
a été déplacée linéairement vers le nord,
à
l'extrémité
du secteur.
Ainsi,
les deux extrémités du Centre
sont
occupées
par les loisirs (Stade municipal de
Foo~ball
et
Place
des
Fêtes);
et le cinéma l'Océan qui se dresse
sur
la
rue
Jean Vigouroux n'est qu'un atout supplémentaire
pour
faire
de
cette
zone
un
lieu
privilégié
de
divertissement.
Et
cela
va
de
soi
dans
la mesure où ce

- 382 -
secteur
est
un
véritable
pont
entre
le
Littoral
et la
Plaine.
L'aspect
résidentiel
ne
se
dessine beaucoup qu'au
milieu
de
ce
rectangle
très
disproportionné -la longueur
mesure
1 680
mètres
sur
270
mètres
de
large-
avec
l'implantation
de
la
Cité SATOM dans un petit triangle formé
par la rue François Joseph
Rabenkogo (qui décrit une sorte de
courbe)
et
le boulevard Léon Mba. Ladite cité accueille une
forte
concentration
des
agents de la SO.GA.RA et également
de
nombreux
fonctionnaires.
Elle
se
prolonge
au-delà du
grand
canal
et
une
petite
passerelle met en relation les
habitants.
Dans
les
environs
se
trouvent
d'autres
habitations
individuelles, occupées par des européens et des
africains.
C'est
un secteur assez paisible et qui ressemble
en partie au Littoral.
L'activité
industrielle
est très réduite:
en dehors
des
bureaux
de
la Délégation Provinciale de la S.E.E.G.
on
trouve
également un Dépôt d'hydrocarbures appartenant à la
société
Mobil-oil.
Les deux établissements sont séparés par
le
boulevard
Pel lieu.
A
côté
du
dépôt
est
édifié
l'unique centre de formation professionnelle de la ville.
Le
Centre
se
présente
comme la zone neutre.
Il ne
peut
plus
s'agrandir
parce que
tous les terrains sont déjà
occupés
depuis
1970.
Ce
qu'on
peut retenir ici,
c'est la
fonction
de
loisir.
Mais
son
étroitesse
ne
peut être

-
383 -
comparée
aux
zones
marquées
par
l'extension
urbaine
périphérique.
111- 5.2.Le secteur de la périphérie septentrionale
Presque inoccupée jusqu'en I973, la partie septen~
trionale de la ville est intéressante à étudier. Toutes
les
transformations
se
sont
effectuées
dans
l'intervalle
1973-1983.
On
peut
déjà
le
limiter
aux
axes
suivants:
boulevard Bongo, boulevard Léon Mba et la rue Peyrecave.
Ce
secteur
-La
Plaine
Nord-
est très rédouté
parce qu'il commence
par
le
cimetière
des
africains (1),
situé
tout
juste
à
l'intersection des boulevards Bongo et
Léon
Mba.
A
l'époque,
le boulevard Léon Mba n'était qu'une
route
sablonneuse beaucoup fréquentée par les ouvriers de la
CFG,
jour
et
nuit;
seul point de passage obligatoire,
les
usagers
entretenaient
le mythe selon lequel ils observaient
des scènes mystérieuses ...
Ici
comme
partout ailleurs en Afrique,
le cimetière
est
tout
un symbole;
on ne s'y rend que pour accompagner un
proche
disparu.
Non seulement il est sacré, mais l'esprit
de
superstition
fait
planer
un
sentiment
de peur.
C'est
peut-~tre
pour
cette raison que la Plaine Nord
n'a pas
rapidement attiré d'éventuels occupants.
Et
puis,
i l faut
également
préciser
que
jusqu'à
une
certaine
période,
l'espace
occupé
par
le
cimetière ne faisait pas partie du
(1)
Il
existe
deux
cimetières
à Port-Gentil
_
le "Cimetière des
européens" et le "Cimetière des africains". Ils sont situés respec-
tivement au Littoral et à la Plaine Nord. Depuis un certain temps
aette distinction n'existe plus, c'est-à-dire
que le cimetière
situé au Littoral reçoit également des africains.

- 384 -
périmètre urbain.
Parmi les premières installations, on retient l'H8tel
Abéla,
construit
début
1970 et l'unique Lycée d'Etat de la
ville
érigé
depuis
1973.
Les
rares
maisons
qui
s'y
trouvaiént
ne se comptaient que par dizaine. A présent, c'est
effectivement
un
secteur
résidentiel,
habité
par
les
Européens
et
beaucoup
d'Africains, notamment des cadres et
ceux appartenant à la classe moyenne.
Les
festivités
de
1982 n'ont fait que confirmer la
spécialisation
que
cette zone s'était faite:
on a construit
la
plus
grande cité socio-économique avec un lotissement de
plus
de
150 villas (1). Une école s'y est ajoutée et un peu
plus
loin, après l'hotel Abéla, quelques petites entreprises
tournées
vers
l'électricité
et
la
chaudronnerie
sont
implantées.
Au
terme
d'une
décennie,
on
peut
grandement
mesurer
la
transformation subie par ce secteur. Le problème
majeur
qui
se
pose
ici,
c'est le manque de commerces; i l
n'en
existe
pas . De création plus ou moins récente, il est
démuni
de
tous
services.
Le
calme
qui y règne également
répond
bien
aux
habitudes des occupants. Mais dans le sud,
le
nombre
de cités est plus élevé, pour la plupart occupées
par
les
catégories
sociales
moyennes
qu'entourent
des
ouvriers.
(1)
Nous
l'examinerons
en
détail
au
chapitre
suivant, centré sur
l'habitat.

- 385 -
III - 5.3. Le secteur méridional ou la Plaine-Sud.
Il
se situe à l'opposé du précédent secteur. Ici, le
lotissement
ancien se mélange avec du neuf. Nous le limitons
grossièrement
de
la
rue de Tchibanga à la route de Namina,
voire
à celle de
Tchengué. En plus, c'est le domaine

la
société
Elf-Gabon
a
opéré
certaines
réalisations
sociales.
Le
point
de départ était la Cité Buttin, construite
en
1958
et
totalisant
300
logements avec des équipements
sociaux
(dispensaire,
crêche,
terrains
de
sport, école
etc~ .. ).
Cette
réalisation
attirait
beaucoup
d'attention
parce que
c'était
la
seule
partie
de
la
Plaine
qui
accueillait
des
bâtiments
de
parpaing. C'est en quelque
sorte
le véritable progrès technique de l'époque par rapport
à
l'habitat
traditionnel
des
quartiers
Mosquée,
Chic et
Balise.
Il
faut
préciser
que
la
construction de la cité
Roger
Buttin
par
la
société
Elf-Gabon
avait pour but de
satisfaire
son personnel africain
en matière de logement.
Mais
de 1958 aux années 80, la cité a fait son temps
et
par
conséquent, elle est devenue vétuste et archaïque,
ne
correspondant
plus
aux
conditions d'urbanisme, d'où le
vaste
programme de rénovation entrepris par la Société-mère.
En
1980, une première tranche de 99 villas neuves a été mise
à
la
disposition
du
personnel
(1) et des
conditions
avantageuses
ont
été
offertes aux ouvriers acquéreurs. Non
(1)
Les
villas
se
composent comme suit: 60 villas de 3 pleces et 39
villas
de 4 pièces. Leur coût global a dépassé le milliard de francs
CFA.

- 386 -
seulement
les villas ont été vendues à 25% en dessous de leur
prix de revient
; en plus, les nouveaux
propriétaires
ont
bénéficié
d'un
prêt
remboursable
sur
7, 8 ou 10 ans et
représentant
90%
de
leur
apport personnel.
Pour compléter
cette
réalisation,
la
Société
Elf-Gabon
a
procédé
à la
construction
d'un
ensemble d'équipements socio-éducatifs et
sportifs tels que la maternité, la crêche,
l'infirmerie, le
cercle
et
de
nombreux
terrains
de
sport.
A entendre les
responsables
de
la
Société,
tout cela ne représente qu'une
étape
qui
va les conduire à rénover dans les années à venir
l'habitat de toute la cité Roger-Buttin.
Par
ailleurs,
plusieurs
autres
cités
ont
été
construites:
Matanda
(50
logements),
Savonnerie
(24
logements),
Namina
(20
logements),
Akosso (30 logements),
Otando
(16
logements);
soit un total de 140 logements cédés
au
personnel
d'Elf-Gabon selon des formules diverses allant
de
l'achat
à
la
location-vente.
Toutes
les
cités
sont
constituées
de
villas;
plus
ou
moins
dispersées,
elles
s'étendent au-delà des limites de notre secteur.
Du
point
de
vue
du paysage,
il semble que la cité
Roger
Buttin
et par extension les autres cités,
S'intègrent
assez
mal
dans
ce
secteur
méridional. Car tout autour se
sont
accolées
les
habitations typiques de la Plaine, c'est
précisément
par ici que la croissance
urbaine est beaucoup
manifeste.

- 387 -
Quoique
zone
d'extension
de
la
ville, on n'a pas
encore
atteint
les
fortes
densités de la Mosquée ou de la
Balise.
Certaines
maisons
paraissent
même
isolées,
rappelant
des
habitations
de
type squatter. Mais ce n'est
pas
le
cas ici car le Service du Cadastre a déjà procédé au
bornage
dans la majeure partie du secteur. L'hésitation dans
les
constructions
vient
du
fait
que
la partie sud de la
Plaine
s'inonde
beaucoup
et aucune mesure d'assainissement
n'a
encore
été
prise.
Ceux
qui
construisent
doivent
nécessairement
remblayer
et
surélever
exagérément
le
soubassement.
Seuls
les
fortunés
s'attèlent à ce travail.
Sur
le
plan d'ensemble,
il faut louer la contribution de la
Société
Elf-Gabon
et
sa
politique
sociale
qui
vise
à
améliorer
les
conditions
de
vie
de ses ouvriers. Dans ce
contexte,
elle
prend
part
à
l'urbanisation
du
secteur
méridional.
Le
découpage
de
la
ville en secteurs nous a permis
d'aller
un peu plus loin et de dominer la notion de quartier
qui
est
très
confuse
ici.
Ainsi, au-delà des deux grandes
zones,
composées par le Littoral et la Plaine, nous avons pu
observer
que
la
poussée urbaine se fait un peu plus par le
sud que par le nord.
En
effet,
depuis
quelques
années,
il se dessine à
Port-Gentil
une
nouvelle
ouverture
et
une certaine forme

-
388 -
d'urbanisme.
On
procède
par étapes dans la construction de
nouveaux
secteurs
d'habitation
délimitant
les
lots.
Les
nouvelles
constructions
comblent
les
espaces
vides
qui
interrompaient
l'urbanisation
linéaire.
Pour
preuve,
le
secteur
du Centre qui,
jusqu'à présent, avait joué le rÔle
de
frontière naturelle entre le Littoral et la Plaine, a été
pris d'assaut, particulièrement par les pouvoirs publics.
Les
cinq
secteurs
principaux
ainsi
décrits
nous
amènent
à
présenter
Port-Gentil comme une ville étagée, du
Littoral
à
la
Plaine,
en
passant
par le Centre, tout en
tenant
compte
des
deux
extrémités, c'est-à-dire les zones
d'extension.
Dans
ces conditions, Port-Gentil se partage en
vastes
secteurs
plus ou moins différenciés. L'harmonisation
des
paysages
est
hétérogène.
Il
n'est
pas
possible
de
retenir
une
vue
d'ensemble
de
l'espace urbain, à la fois
immense
et
étriqué;
et le visiteur ne gardera sans doute de
Port-Gentil
que
l'image
de
la
puissance
des
cylindres
d'acier
de
la
zone industrielle (1) et les maisons de bois
-ressemblant
quelquefois
à des cabanes et marquant l'aspect
résidentiel
de la Plaine-qui tranchent si singulièrement par
leur
modicité,
avec
le
quartier
de
classe
aisée et ses
représentations architecturales
modernes,
lui conférant une
apparence
européenne.
Cette
juxtaposition
de deux
strates
sociales
principales
se
traduit
dans
le
paysage
par un
curieux
mélange
de
types d'habitations que nous présentons
dans le chapitre suivant.
(1)
Nous
avons
délibérément omis de prendre en compte ce secteur qui
pourrait
être
identifié
au
quartier
industriel,
s'étendant
de
l'extrémité
nord du grand canal à la Pointe Clairette où se localisent
les
raffineries de pétrole. Trop spécialisé, nous ne pouvons que faire
mention.

- 389 -
CHAPITRE IV - L'HABITAT
Le
présent chapitre ne sera pas étudié dans toute son
ampleur.
En
parlant
de
l'habitat,
deux aspects peuvent
être
dégagés:
le
premier est d'ordre administratif et va
de
l'acquisition
de
la
parcelle à la construction; tandis
que
le
second
englobe
la
construction
et
l'occupation
humaine. Bien évidemnent, c'est sur le second aspect que nous
nous étendrons davantate.
En
effet,
l'acquisition
d'un
logement,
unité
d'habitation
urbaine,
demande beaucoup d'exigences, surtout
administratives
car
l'espace
urbain à Port-Gentil est géré
avec
parcimonie.
En
fait,
cela devient
presqu'un problème
national
dans
la
mesure où la situation identique existe à
Libreville.
Pourtant, en partant du principe selon lequel on
ne
trouve
presque pas de sans abris, cela peut faire croire
que
tout
un
chacun
dispose
d'une
habitation.
Une telle
affirmation
est utopique et erronnée à en croire les données
relatives à l'occupation humaine.
Tableau 24
SUPERFICIE OCCUPEE PAR L'HABITAT
HABITAT
SUPERFICIE
% par rapport à
% par rapport à la
.en ha
la superficie
la superficie
totale
construite
Maison simple
235,36
5,74
24,68
Duplex
4,31
0,10
0,45
Appartement
20,18
0,49
2,12
Logement fonction
2,28
0,05
0,24
Hotels, Motels,
Auberges
2,78
0,07
0,29
TOTAL
264,85
6,46
27,78
Source
Mairie

- 390 -
Une
enquête
élaborée en 1978 (1) montre que 27,8%
de
la
surface
urbaine
de
Port-Gentil
sont
occupés
par
l'habitat
(Cf.Tableau
24).
Compte
tenu
de la création de
nouveaux
secteurs
d'habitation,
on
peut
supposer
qu'à
présent
la
barre
des
30%
a été franchie;
cela représente
tout
de
même
un chiffre important, surtout quand on sait
que
les
Services,
les Transports et autres infrastructures
couvrent
à
peu
près 55%.
Ces données permettent de voir en
Port-Gentil
une
fonction
résidentielle
importante
et
étroitement
liée
avec
la
localisation
et
la fixation de
l'industrie.
Toutefois,
il reste à voir la contribution des
sociétés
et
entreprises
de
la
ville,
publiques
comme
privées.
Mais
dans un bref aperçu, nous allons préciser les
principaux éléments du premier aspect énoncé tout au début.
IV - 1. L'ACQUISITION D'UNE PARCELLE
UNE QUESTION DELICATE.
Pour
introduire
une
demande
d'attribution
de
parcelle,
il
faut
s'adresser
uniquement
au
Service
du
CADASTRE
de
Port-Gentil.
C'est le seul organisme habilité à
le
faire.
De
là,
on
commence
à
engager
la
procédure
administrative
qui
prend
sensiblement
deux
années
consécutives.
Le
dossier
ou la demande doit comporter tous
les
détails
nécessaires
sur
la
vie
du
postulant:
la
situation
professionnelle,
la justification des revenus,
la
(1) Rapport CDCP,
op.cit. ,1978

- 391 -
situation familiale etc ...
Une
commission
présidée par la Maire de la ville
avec
la
participation
du responsable de Bureau du Cadastre
siège
toutes
les
semaines
(le swnedi matin).
Elle n'a pas
pour
seul
but
l'attribution
des
parcelles. Son rÔle va
jusqu'à
débattre
des litiges;
entre autres l'expropriation.
Si
le
dossier
est
accepté,
on reçoit un permis d'occuper,
moyennant
une
redevance
(1). Le propriétaire d'un lot doit
le
mettre
en
valeur
dans
les
deux années qui suivent, à
compter
de
la
date
autorisant
l'occupation (2).
Passé ce
délai,
la
Décision
de
Permis
d'Occuper est annulée et le
terrain
retourne
au
Domaine
privé
de
l'Etat qui en a le
plein droit (3).
Avant
la
construction
proprement
dite,
le
propriétaire
doit
informer
le Cadastre pour une évaluation
du
coat des aménagements à faire.
Il faut que ces derniers
correspondent
à
la
classe
du
terrain.
Ainsi
des
opérations
techniques
sont-elles faites par un technicien
(Géomètre)
qui procède à la Reconnaissance,
à la Description
des
limites
et à l'Implantation des bornes.
A cet effet,
un
procès-verbal
de
bornage
est
dressé;
dans ces conditions
précises,
le
terrain recevra les premières constructions en
commençant
par
le
soubassement,
véritable support de toute
habitation.
Il
faut
peut-~tre
revenir
sur
un
point
très
(1)
Conformément
au
Decret
N°77/PR/MFB/DE du 6 Fevrier,reglementant
les
modalités
de
concession
et
location
des
terres domaniales en
accord
avec
la
décret N°00124/PR/MFB/STG du 28 novembre 1967 portant
classification des terrains de Port-Gentil.
cf. Tableau N°25,page 395.
(2)
Art.
3
de
la
Décision
portant
Annulation et Attribution d'un
permis d'occuper.

- 392 -
important,
à
savoir
que la législation domaniale gabonaise
est
très
explicite:
les
terrains
sont
la
propriété
de
l'Etat,
ils
ne
peuvent être concédés qu'à des nationaux.
Toutefois,
les
étrangers
ont
la possibilité de louer soit
des
terrains
,
soit
des bâtiments auprès des gabonais;
cela
n'est
valable
que
pour
les
particuliers. Quant aux
sociétés
étrangères,
elles
ne
peuvent
s'approprier
des
terrains
qu'en
association
avec des gabonais.
A cet effet,
la
loi
exige
que
pour
toute
entreprise
s'installant au
Gabon,
la
participation
gabonaise
doit
varier
de 20% au
minimum
à
65% au maximum.
IV - 1.1. La valeur de la propriété.
La
valorisation
des terrains de Port-Gentil suit une
stratification
assez
singulière:
au
fur et à mesure qu'on
s'éloigne
du
bord
de mer,
la qualité des terrains diminue.
Le
tableau
25
fait
apparaître
quatre
classes.
Bien
évidemment
le
Littoral,
presque
non
inondable
et
légèrement
élevé
par
rapport aux autres secteurs,
regroupe
les
terrains
de
qualité supérieure; qui s'étendent jusqu'à
la
zone
de
l'aéroport.
La
deuxième
classe se
situe
à
proximité
de
la
précédente,
c'est-à-dire
dans la zone du
centre,
reliant
le
Littoral
et
la
Plaine,
de part et
d'autre du boulevard reliant la ville à l'aéroport.
Les
deux
autres classes sont strictement localisées
(3)
Tout
terrain
appartient à l'Etat. Depuis 1977,
les Gabonais sont
les
seuls autorisés à posséder un terrain.
Quelques Français et autres
étrangers
(surtout
Beninois et Togolais) en possèdent également, mais
cela remonte à la période antérieuree au decret.

- 393 -
à
la
Plaine
comme
nous
le
montre la lecture de la carte
26 ...
Ici,
la
classification
est
fonction
des dessertes
routières.
Ainsi,
tout
terrain
situé en bordure de route,
que
ce
soit
une
avenue
ou
une
rue,
appartient
à
la
troisième
classe.
Le
reste,
peu
ou
pas
bien
desservi,
constitue les terrains de quatrième classe.
Ce
terrains
ont des dimensions qui vont de 200 m2 à
1800
m2
et
leur
coat
varie
en
fonction
de
cette
classification.
L'unité
de
base
d'achat de terrain est le
mètre
carré.
Et
au-delà
de la classe du terrain, un autre
élément
intervient
pour
l'évaluation
du
prix,
c'est
la
proximité
d'une
route;
pour cela, le prix d'achat au mètre
carré peut varier du simple au double.
Il
ressort
qu'entre
la
première
et
la
deuxième
classe,
la différence n'est pas trop grande pour l'achat des
terrains.
Mais,
notons
également que la dimension des lots
est
plus importante en première classe; de même, leur mise
en
valeur
varie
du simple au double quand bien même dans
ces
deux
classes,
on
exige
des
constructions
en
dur
(parpaing).
En
ce
qui
concerne
les
lots de la troisième
classe,
leur
coat
représente
sensiblement
la moitié de
celui
fixé
pour
la
deuxième
classe.
Les
constructions
autorisées
sont
de
nature à assembler à la fois le bois et
la
parpaing. Par contre, la quatrième classe,
regroupe
des
lots
de
qualité
modeste,
le plus souvent soumis à une

- 394 -
[il] fJ
,
)
,
)
1
l
)
1>
,Il
cf1.
V1
o
c-,n,'T';
,
i!o
~o
Cl

- 395 -
certaine
souplesse quant à leur acquisition. Dans la plupart
des
cas,
leur
prix
est
global
et
on n'accorde pas trop
d'importance
au
coat
des améliorations à apporter; et il
arrive très souvent qu'ils soient m~me marécageux ...
Tableau :25
CLASSIFICATION, ACHAT et VALEUR DES TERRAINS (1978)
CLASSE DES
EVENTAIL des DIMENSIONS
PRIX D'ACHAT AU M2
COUT DES AMELIORATIONS
(CFA)
TERRAINS
DES LOTS .(1112)
SANS ROUTE
AVEC ROUTE
NATURE DES MAISONS
800 à 1 800
100
200 - 250
12
Mil l i ons -
Dur
300 à
700
100
200
6-7
millions -
Dur
200 à
800
25 - 50
100 - 150
3-4
millions - Semi!
200 à
700
30
Pr ix global
Dur et Bois
L~:re3e4e--------------------------------'.
Source
CADASTRE
Nous
devons
préciser
que
le
tableau
ci-dessus ne
donne
qu'un aperçu du coat des aménagements à apporter. Le
plus
souvent,
ce
qui
compte
beaucoup
pour le Service du
Cadastre
et
de
l'Urbanisme
c'est
la
nature
de
la
construction;
l'essentiel
et qu'elle soit en dur. Le coat
estimé
ici
remonte à l'année 1978. Toutefois, par un soucis
d'actualisation
nous considérons que le coat des matériaux
de
construction
s'est
mul tiplié
par
deux
et
les
répercussions
sur
l'immobilier
sont
importantes.
De
nos

- 396 -
jours,
les
constructions
en
dur
tendent
à se multiplier
-cité
socio-économique
et
auto-construction -
on
peut
également
avancer
que
les prix globaux ont
augmenté
considérablement;
cela
explique
en
partie la cherté du
marché de location des maisons.
IV - 1.2. La structure de la propriété.
L'analyse
du Tableau
26 nous donne les grands traits
de
la
structure de la propriété à Port-Gentil; à savoir que
un
peu
moins
de
la moitié de la population -soit 44%- est
plus
ou
moins
propriétaire
à
la fois du terrain et de la
maison,
contre
à peu près un tiers de locataires. Cela nous
conduit
à relever un fait important, c'est la
fixation d'une
bonne
partie de la population,
majoritairement autochtone et
issue
de
l'arrière-pays
ou
des régions avoisinantes. Pour
une
ville
à
vocation
industrielle,
ces
données
sont
intéressantes
à
saisir. De même,
les 30% que représentent
le
mouvement
de location des maisons concernent surtout les
particuliers
habitant les quartiers populaires. Les quelques
locations
prises
en
charge
par
les entreprises et l'Etat
sont
insignifiantes
dans
la zone de la Plaine. Par contre,
avec
61%,
le Littoral
reçoit la plupart des agents de l'Etat
et
les
cadres
administratifs
et
techniques des sociétés,
tant
privées
que
para-publiques.
Ces
chiffres témoignent
clairement
de
l'affectation
des groupes sociaux très aisés
dans la zone du Littoral.

Tab l eau N° 26
STRUCTURE DE LA PROPRIETE (mars 1978)
QUARTIERS
PROPRIETAIRE DE LA
LOCATION
LOGE PAR LI ETAT AMORTISSEMENT
LOGE GRATUITEMENT
MAISON ET DU TERRAIN
OU LA SOCIETE
BALISE
53 %
28 %
3 %
8 %
7 %
CHIC
49 %
26 %
10 %
10 %
5 %
GRAND VILLAGE
49 %
37 %
2 %
7 %
4 %
MOSQUEE
45 %
r-
40 %
5 %
5 %
5 %
0'1
ROMBITCHOZO
t<\\
36 %
34 %
14 %
4 %
11 %
LITTORAL
19 %
10 %
61 %
10 %
-
44 %
30 %
13 %
7 %
6 %
TOTAL
i
source: mairie de Port-Gentil

- 398 -
D'autre
part,
il faut également faire
intervenir les
relations
familiales parceque leur rÔle est très important
dans
la
mesure
où la majorité de la population perçoit des
gains
relativement
modestes
et
parfois
précaires.
C'est
pourquoi
on
observe
fréquemment des personnes habiter chez
un
parent ou occuper une maison appartenant à ce dernier;
6%
de
la
population
logent
gratuitement
dans les conditions
ainsi
décrites.
De
même,
un pourcentage analogue,
à peu
près
7%, concerne des baux entre entrepreneur et proprétaire
du
terrain.
On
rencontre
cette situation surtout chez les
nationaux
pratiquant
l'auto-construction.
Car
il
arrive
très
souvent
que
ces
derniers
éprouvent
des difficultés
d'ordre
matériel
et
financier
quant
à
la
poursuite des
travaux;
et
l'achèvement
des
constructions
par
des
particuliers
entraine
toujours
un
amortissement des frais
occasionnés,
il
se
chiffre en termes d'années d'occupation
gratuite dudit logement selon un bail.
Tout
cela
montre
que
l'accès à la propriété n'est
pas
toujours
chose facile.
Et le nombre de propriétaires de
terrains
et
de
maisons
s'est
beaucoup
élevé
à cause du
système
de
"location-vente"
pratiqué
par
les
sociétés
privées,
principalement
Elf-Gabon
et
par
les
sociétés
para-publiques
comme
la
Compagnie
Nationale
Immobilière
(C.N.I.).
Parallèlement, on peut noter un petit effort quant
à
l'assistance
à
l'auto-construction soit par les sociétés

- 399 -
privées, notamment pétrolières ou soit par les
établissements
bancaires
IV - 1.3. La location des maisons.
Le
tableau
précédent
nous a montré que la location
concerne
près
du
tiers
de
la
population. Mais il serait
important
de préciser qu'elle demeure sectorielle. En effet,
à
propos
du
taux
de
location, une classification en deux
catégories
a
été
élaborée
(1) et permet de distinguer les
quartiers
africains,
tous
concentrés
à
la
Plaine
et
considérés
comme n'ayant pas de valeur locative. En d'autres
termes,
la
"valeur de location" est trop basse parce qu'elle
se
situe
entre
10
000
FCFA
et 50 000 FCFA par mois. Par
contre,
c'est
dans
la
zone du Littoral que se situent les
affaires
immobilières;
les
constructions
étant
faites en
parpaing
pour la plupart. Cela nous donne une subdivision du
l i ttoral
en
trois zones dont les prix oscillent entre 50 000
et 350 000 FCFA comme l'indique le tableau ci-après:
LOYER MENSUEL
ZONE D'APPLICATION
La plus grande partie du Littoral,
de la SE.E.G. au Nord-Ouest
- Elevé: de 300 000 FCFA
vers le quartier des affaires
jusqu'à la cité Elf-Gabon, entre
le grand canal et la baie.
- Moyen: de 100 000 FCFA
Entre le boulevard Léon Mba et le
grand canal.
Bas
: de
50 000 FCFA
Entre le boulevard Léon Mba et les
-
principaux canaux transversaux,
entre l'avenue Mosquée et la Ci té
Elf-Gabon.
(1) cf. Agence Immobilière Revol.

- 400 -
Il
ressort
que
le taux des loyers mensuels diminue
du
Littoral
à
la Plaine, parallèlement à la classification
des
terrains.
Cela
confirme
le
fait
que les terrains du
Littoral
sont plus commodes que ceux de la Plaine; il en est
de même pour les aménagements qu'ils subissent.
Pour
ce
qui
est
de
la valeur de construction, on
retiendra
qu'elle
est déterminée par l'Office du Contrôle
des
Prix. Cet organisme évalue la construction visuellement,
sur
déclaration
du propriétaire ou de l'entrepreneur et sur
avis
technique du cadastre. Le Tableau 2B donne la liste des
zones
sélectionnées
et
leur
valeur
immobi lière
correspondante.
Tableau N° 28: ZONES DE VALEUR IMMOBILIERE LOCATIVE
~LASSIFICATION
VALEUR
LOCATIVE
ZONE
SELECTIONNEE
1ère
CLASSE
200 à 500 000 FCFA
Zone SKEG ,résidence du Maire,
derrière la Gendarmerie.
2ème
CLASSE
IOO à 180 000 FCFA
Le long du boulevard Léon Mba,
cité SHELL-GABON.
3ème
CLASSE
50 000 FCFA
Cité SATOM.
4ème
CLASSE
35 000 FCFA
Grand-Village ( propriétés sélectionnées )
5ème
CLASSE
19 à 20 000 FCFA
Le long des avenues Bongo et de Gaulle
( Logements des Fonctionnaires ).
Source: CADASTRE •

-
401 -
Les
loyers
proprement
dits sont sous le contrÔle
du
gouvernement.
Par le biais de l'Office du ContrÔle des
Prix,
le
gouvernement
élabore
le
calcul du loyer mensuel
maximal en appliquant la formule suivante
loyer/ mois = Valeur de Construction
72 mois
(soit 6 ans)
Mais
pratiquement,
on observe une escalade des prix
du
loyer;
ils
varient
selon
les
propriétaires.
Cette
situation
est plus ou moins favorisée par les sociétés de la
place
qui
recherchent
constamment
des maisons de location
pour
leurs
agents.
Les
propriétaires
trouvent
en
ces
sociétés
des
clients
potentiels;
et
les
particuliers
sont
toujours
lésés,
ne
pouvant
concurrencer
des
adversaires qui font le jeu de la spéculation.
IV- 2.LE CHOIX DES MATERIAUX POUR LA CONSTRUCTION.
Si
l'on
s'en
tient
à la rigueur administrative et
technique,
les
matériaux
à utiliser pour les constructions
seraient
imposés.
Puisque
en
principe,
la localisation du
terrain
nous
soummet
systématiquement
à
un
modèle
de
construction.
Mais
comme
le
plus
souvent,
la
théorie
est
contrariée
par
la
pratique;
le
propriétaire
choisit
le
modèle
de
construction
qui
répond
à
ses
possibilités

- 402 -
financières.
L'observation
générale
des
paysages
urbains
nous
montre
que
différents
matériaux
sont
employés
pour
la
construction
des
habitations.
Et
dans la plupart des cas,
indépendamment
de certaines variantes locales,
le bois et le
parpaing
sont les plus utilisés.
Une fois de plus, tout cela
reflète
bien
une
dualité:
les
maisons
de
bois
sont le
résultat
d'une
très
longue
tradition qui se perpétue tant
bien
que
mal
de
nos
jours,
tandis
que le parpaing est
utilisé
dans
la majorité des édifices coloniaux et récents.
Il
reste
que
le
bois,
sous
toutes
ses formes,
répond à
l'aspiration
des
migrants
qui l'adoptent comme matériau de
prédilection
(nous
nous
référons
à
la
Plaine). On a peu
construit
en
dur
dans
cette
zone, et
on s'est plutôt
contenté
de
réaménager
l'intérieur
des
logements
en
y
ajoutant
partiellement
le parpaing;
d'où le grand nombre de
maisons
dites
"mixtes".
Dans
les lignes qui suivent, nous
définissons
les
principaux
matériaux
servant
à
la
construction de logements et édifices publics.
- Le bois .
Il
est
généralement utilisé sous forme de planches ajustées
ou
se
chevauchant
les unes sur les autres. Leur taille est
très
variable
et
seule
la
peinture à huile permet de les
protéger
des intempéries.
Il sert plutôt à monter les murs
des maisons.

- 403 -
- Le cont~eplaqué .
C'est
ce~tainement la
p~oximité de l'usine de dé~oulage de
la
CFG
et
d'aut~es
petites
unités
de
placages qui font
po~te~
beaucoup d'inté~êt sur ce matériau. Très varié à cause
de
son
épaisseu~,
il
est bien p~ésent dans l'a~chitectu~e
des
qua~tie~s
populai~es.
On
l'utilise
aisément
pou~ le
plafond,
la sépa~ation inté~ieu~e, la doublu~e inté~ieu~e et
également les mu~s.
- Le pa~paing
Ici,
il
est
communément appelé b~ique. Il off~e un paysage
unifo~me
dans
les
nouveaux
secteu~s
de
lotissement.
On
l'utilise
au
début
et à la fin des const~uctions : pou~ le
soubassement, pou~ les mu~s et même pou~ les clÔtu~es.
- La tuile ondulée .
Elle n'est presque plus utilisée et tend à disparaltre. On la
retrouve néanmoins sur les toitures des habitations coloniales.
Elle a
été remplacée par la tôle ondulée.
- La tÔle ondulée
Elle
ne se~t que pou~ les toitu~es et se p~ésente sous fo~me
de
plaques
la~ges et minces. P~esque pas p~otégée (on ne la
~ecouv~e
jamais
de
peintu~e),
elle
subit l'insolation et

- 404 -
fait
crépiter
les eaux de pluie. Qu'il s'agisse de maisons de
bois
ou
de
parpaing,
la
tôle
ondulée apparatt comme
le
matériau
commun des constructions.
Cet
inventaire
des
matériaux
de
construction
à
Port-Gentil
montre
que c'est une ville récente et jeune. On
ne
rencontre
pas
comme dans certaines villes tropicales de
l'argile
comprimée
(ou cuite) et des bambous. Le paysage de
type
rural
n'est
pas
du
tout
évident.
Avec la présence
effective
de
la
tôle
ondulée, il ne semble pas que l'on
fasse
usage
de
matériaux
végétaux
ou
de
chaume pour la
fabrication
des toitures. Cependant, il faut mentionner chez
les
populations
de
classe
défavorisée
et
dans
certains
endroits
l'utilisation de divers matériaux récupérés ici et
là:
carton,
plastique, caisse, objets d'emballages, fats,
etc...
Ces
éléments
sont
surtout
utilisés
pour
la
construction
de
cases
annexes:
poulaillers,
cuisines,
douches,
latrines
et
également
pour les réparations de la
maison
principale.
Ainsi,
tous
les
matériaux
évoqués
ci-dessus
nous
permettront
de voir les traits dominants de
l'habitat à Port-Gentil.

- 405 -
IV - 3. TYPOLOGIE DES HABITATIONS
Deux critères principaux influencent la détermination
des
types
de l'habitat: les matériaux utilisés et la taille
des
logements.
Du
plus
petit au plus grand,
il existe des
catégories intermédiaires que nous appelerons sous-groupes.
Maisons en bois .
Les
planches
qui
la
composent
sont
ajustées. Entre deux
planches
se trouvent des joints, très fins. Généralement, la
toiture
est
en tôle ondulée, soit en double pente,
soit
en
pente
unique.
Le
soubassement est en ciment entouré de
parpaing
ou
bien
reposant
sur
du sable. Pour la plupart,
elles
comportent
un
seul logement, autrement dit, c'est la
maison
individuelle,
même
si
elles
ont
tendance
à se
souder
(Cf.PLANCHE
XVIII
Photo
B).
Pour
délimiter
le
terrain,
une
barrière de fortune est le plus souvent érigée
et
cela
avec les matériaux de base (Cf. PLANCHE XVIII Photo
A).
Prête
à
s'écrouler
par
moments,
le propriétaire la
répare de temps en temps.
Maisons en contreplaqué .
Il
n'y
a que le matériau qui les distingue des précédentes.
Avec
la
différence
que pour rendre l'intérieur esthétique,
on
double
les
murs
avec
du contreplaqué de diamètre plus
petit
(cela
s'applique également pour les maisons de bois).

- 406-
planche
XVIII
A - IJ~ de6 di..VeAL> rrudéJti.aux.
La corudAw::.lion cLan.o .le..1 q.~ popuLaiAe.o, ce n'e.ot. pM .6eu.l.emen:t La m.ai..6on,
c 1e.ot. avani. :toui. La clô:tWle. / ci, pa/l.paiJu;6, :tôLe.o, bai.-t, et. ~ .6e cô:tOÙ!fti. •••
(CLiché: J. DJEJ(/)
B - mai..6CJn.6 ,QI1. p1.anch.e.o.
.
TILV, lLeJTUIIl1f11abLe eô:l. L 1u:ti.1i..L>a:Lion du 60i..6 :tan:t pOWl Led con.6:l.ILw::.liCJn.6 plLopJteJRel'l;f.
di..:te.o que. ~OWl La clô:tWle et. ét;alemen:t La loJL:l.e d.en.ôdé d'oceupai.ion du .6oL. •
(C.!.i.dte : J. DJEJ(/)

- 407 -
Mais
ce
matériau est très sensible aux eaux de pluie, c'est
pourquoi
il
faut
toujours
surélever
le
soubassement
(Cf.PLANCHE
XIX Photo A). Lorsqu'on échappe à cette règle et
qu'arrivent
les tornades,
l'eau ruissèle jusqu'à l'intérieur
des
pièces.
Le
plus
souvent,
les
constructions
en
contreplaqué
servent
à
loger
dans un délai très court des
groupes
d'ouvriers
étrangers
nouvellement
arrivés
sous
contrat.
Ce sont les constructions di tes "rapides". Mais par
la
force
des
choses,
ces
logements deviennent définitifs
(Cf.PLANCHE XIX, Photo B).
Maisons en parpaing
Elles
sont
d'actualité
et
il y a beaucoup de genres. Nous
retenons
d'abord
la maison individuelle simple et basse,
au
toit
penché
vers
le
derrière (Cf.PLANCHE XX Photo A);
elle
est entièrement construite en parpaing, sauf le plafond
qui
est
toujours
en
contreplaqué.
Il peut arriver qu'elle
possède
un
étage;
dans ce cas,
l'allure est la même et le
plancher
en
ciment.
L'escalier peut être par dedans s'il
s'agit
d'un seul logement ou de l'extérieur (il compte alors
deux logements distincts,
Cf.PLANCHE XX Photo B).
Le
tout est généralement clôturé de parpaing soutenant des
portes métalliques.

-4Q.B -
)Ianche
X 1X
JJ - triai-oon en. con:tJtep.lo.JpJ..
Ceile haJJilati..on f.ai-te en:lièA.ement en conbr.e.pJ.afIué -6olLti. de J..'tMine de 1.a. C.f.G.
n'ed pah la ,t,eu1.e en ,t,0/l çervr.e. A noi.eJt -le ,t,Ultélèvement du ,t,OU,6 ba.h,t,ement qui P't0t~
i.e bah du POUllJti..Mement llapik CClI.L6é pall i.e llui...0.-6elemen:t. de-6 eaux de p1.ui.e.
(Cliché : J. DJEJ<I )
B - Nab.i.;laUon alioru;R.e en corziAepl.aqué.
C'ed e11.e gui ac.e.ueillai.:t jadi..t> 1.e-6 ouvJti..eM oénéçalai-O de La 50.CO.BA. A même
J..e -60J.., J..OM de-6 ~ le -6pe.e:tad.e ed drMo1.an:l...
Le bâtiment en queAti.on ed
/.ail de ch.atnblle-6 ,t,oudee-6 1.e-6 une-6 awc a.u.i.Jlet,. (Cliché : J. DJEJ<I)

- 409-
Jnche
X X
il - il1ci~on baô<'Je M. pallpai..ruj.
On peul. appltéci..eJr. la beau:té du mai.éJU..m.J.. • •
Le iod penché peJU1!e:t l '&.ou1.emeni d~
eaux de p1.ui..e pa;r. l'aJCILi..èJr.e. rc.li..cAé : J. DJEJ</)
, B - IrIaU>on en. pa;r.pairu; avec p1.andwt.
Celle CfXIJJdte Ilo.bi..:taii..on ed dotée de hJJr.ge I~ en veJUte e:t ~eniée d'un
baû;on à L'éi:at;e. L'e6CaÜ..e/t ed pail. L'e t~. L~ 1erzê:Vr.e6 du Jt.e1-de"-cha.U.MU ~ont.
p1l-o:w;~ coniJt.e Le voL f'!1ll- dei> fJll!-il~. On pe.u:f. éf;a.1emeni appltéci..eJr. la wiUJl.e e:t ~on
poldail métaUigue...
(Cliché: J. DJEJ</)

-
410 -
Cités socio-économiques
Le
matériau de base est le parpaing. Pour élaborer des cités
à
moindre
coOt,
on
l'associe
au
bois
dans
l'une des
façades,
généralement
celle
de
devant.
La
peinture
est
uniforme,
ainsi
que
les
clOtures. Mais comme elles sont
acquises
en
partie
au
système
de location-vente (1),
les
propriétaires
ont
tendance
à
rechercher
l'originalité
(Cf.PLANCHE
XXI
Photo
A).
Il
en
existe
également
avec
plancher.
La
longueur
des bâtiments varie et ils peuvent
renfermer
deux,
trois ou quatre logements. L'escalier est situé
à l'intérieur qui, généralement, se divise en cinq pièces.
Les
chambres
à
coucher
se
trouvent
au-dessus et tout le
reste au rez-de-chaussée (Cf.PLANCHE XXI Photo B).
Le
nouveau système de lotissement tend à faire disparaître
le
bois;
le
parpaing est presque utilisé dans sa totalité.
C'est
uniquement
la
maison
individuelle
avec
de simples
clOtures
permettant
la
visibilité
de
l'habitation.
Le
nombre
de
pièces varie entre trois et cinq (Cf.PLANCHE XXII
Photos A et B).
Blocs - appartements .
Ils
sont
représentés à Port-Gentil par les immeubles des "8
logements"
et des "25 logements". Datant de l'époque coloniale
et de
taille
différente,
ils ont tous trois étages. Le premier
bloc-appartement
se
compose
de
deux
bâtiments
de huit
(1)
Aux
termes
d'un
contrat
échelonné
sur
plusieurs
années,
le
locataire devient propriétaire.

_ 411 _
anche
X XI
li - triai-oon i.ndi.-vi.d.u.eLle "Cité Salan".
(e;Ue mai-oon bcv.,6e allie h.a!unoni..eLU>emeni.. L' td.i1.i-6a;Li..on du pallpairuj. el. du bou,. Dom-
mage que La clôtU/[e en bilon, élahollée pOU/[ un ,6ouci...
de ,6écwci..té, /cv.,6e peJuiAe à Lu
ci.;té ,6on olti..ginaLdé. ((li.cJzé : J. DJEJ(/)
B - /{ablia;Li..oM .ôoci..o-éconami..q.ue6, Le Loru; du GIland. (anaL.
e ut La .ôeconde iJu:Jndte de La "(lié SalOln". / ci.. Le-6 mai-00rt-6 .6Dnt aLLonç.ée.t> avec
un p1anduvt en bou,. ('ut tAv, olli..!ji.nal... Le-6 bâ:ti.meni.6 llen/-eIlmeni.. tAoi...6 à quaiAe
Lor;emeni.6. ((li.cJzé : J. DJEJ(IJ

- 412 -
:he
X XII
A - Nouveau /.>eci.etl/l de lofu/.>emen:t.
(eLte cilé a été COfU)Vr.ui..t.e pOWl le/.> Tête/.> ".n J982. Sa eapaciié ed de J50 vi.Llcu,.
((1.i.dé : J. ù]EJ\\J)
B - friaU.on .i..ru:li-vidue11e d.an.6 le nouveau t>ecieWl.
(~e enlièA.emerd en pOltpain.t;, ceLte habiln:lion Vr.ouve t>on o~ à
:Vw.veJU> t>a c1ôi.wr.e le malU.age bou,-pallpaini) ed iAèA é.cla1ant. Le nomblf.e de püceL>
va/ti..e de iAOu, à ci.Ju; d.an.6 ce nouveau t>ecteWl de lo:i.Lt,t>emerd. ((liché : J. DJEJ<J)

-413
logements
chacun.
Il
est
surtout
réservé
au
personnel
appartenant
à
la
Fonction Publique (Cf.PLANCHE XXIII Photo
A).
Dans
ce
même
style, ce ne sont pas les seuls car au
début
des
années
60,
la
Société Elf-Gabon en a construit
pour
son
personnel
qualifié. Chaque logement comprend cinq
pièces en moyenne.
Le
second
bloc
est
très
impressionnant
par sa longueur.
Unique
en
son
genre
dans
la ville, il se dresse comme un
pavillon,
avec ses énormes fenêtres en bois. Il repose sur
un
sol
bétonné
(Cf.PLANCH~XIII Photo B) et abrite surtout
les
fonctionnaires
du
genre
magistrats,
professeurs
et
autres militaires.
De
cette
classification,
nous
relevons
les trois
éléments
marquants
de
l'habitat
à
Port-Genti 1:
l'hétérogénéité
des types de constructions;
l'imbrication de
divers
types
à
l'intérieur
d'un
même
quartier
et
la
tendance
à
la
réalisation
de
maisons
basses.
I l
faut
également
noter
l'existence
de
quelques maisons jointives
(blocs-appartements,
locaux
commerciaux
etc ... ) .
D'une
manière
générale, les habitants semblent avoir manifestés le
désir
de
loger
dans
des
habitations
individuelles.
Toutefois,
cette orientation vers la séparation spatiale des
logements
est cependant limitée partiellement par l'exiguité
des
lots
et
la
forte
densité
de
l'espace
occupé
qui

- 414 -
::mche
XXIII
1/ - L 1immeuble det> "8 Lor;emerULJ 1/ •
U Iten!eA!ne Iw..it Gf'eaAiemen:L6 ltepOL>an:t.oU/[
cle6
plflnche1t.6 en CÙIIeni. rzotelt le
nŒ!blte de J enwet> pOU/[ peA!lle;f.hte 1.0. verd.i.-1-aJ-ion. / 1
daie deo année/.> 60 et. ~ ~ta.1
~ . (Cliché : J. D}EJ(/)
- - - - - - - - - - - .
B - Le bloc-appaAiemeni det> "25 Lor;.emen:L6".
/1. et>t uni.que PA ./>On Cjenlte d.ant, La v.i1..1.e. Non .oeuiemeni let> /enêiJr.e.6 MM Vr.è.6 nom-
bltell.L>e.6 ~ on-'lfpltéCÙ!Aa L>wr.:loui. -leU/[ 1.aItr;eU/[. Cfwque lCX)emeni a q.w:dA.e pLèce.o.
(CLi..ch.é: J. OJEJ</)

- 415 -
caractérise certains quartiers.
Enfin,
pour
une
typologie
complète
de l'habitat
nous
insisterons
sur
l'usage
du parpaing
qui, symbolisant
les vieilles constructions, s'étend désormais aux plus
récentes (cf. Planche XXIV
Photos A et B); d'où la moder.-
nisation de l'habitat. Cependant, par opposition au bois, le
parpaing ne permet pas de bien percevoir les effets de
densification.
IV - 4. DENSITES D'OCCUPATION DU SOL.
Le
calcul
de
la
densité
moyenne
d'habitants
à
l'hectare,
pour
l'ensemble
du périmètre urbain se fixait à
12,20
en
1970 et à 17,08 en 1980. Densité somme toute assez
faible
(1)
qui
aurait une grande signification si l'espace
urbain
était
homogène.
Ainsi,
la
division de la ville en
plusieurs
secteurs
nous
a permis de voir que la zone de la
PLAINE
renfermait
les
densités
les
plus
élevées
par
opposition
au
LITTORAL. De même les nouveaux lotissements
étant
mieux
aérés, la densification reste plus raisonnable.
Mais
pour
mieux
cerner
le
facteur
densité,
il
sera
souhaitable
de
le
rapporter
à
d'autres
paramètres; nous
pensons
à
la
grandeur des lots, à l'époque de construction
des
habitations,
au
type
du
logement,
à
la
taille
du
logement et par conséquent au nombre d'habitants par pièce.
(1)
Il
faut
prendre avec prudence ces chiffres
: nous nous sommes
servi
de
la
superficie politique de la ville en 1978, elle était de
4097,18 ha.

- 4:16 -
planche
X XIV
A - Nabi.i..a:Li..on ~...-, ~
T1tè.6 lWIIaMfuah.le pM .oon taU p1.a;t avec déJ::.aJ.ar;.e.. C'e.o:t l'un. cLeo ba:f..iAu!n:tt, qui ablli..-
i.ai..t 1.R..o p~ f.ondi...onnai..Jl.e.o a/Ili..cai-n.o. /1 .oe di.vi...oe en deux lorpmen.iA. 5a f.onr:.i.i.on
n'a paL> cIuuu;é auj.owu:i'hui..JCl.ich.é : J.DJEJ</J
B - Vill.a ~ pa;tpai.n.g. f1fod.eJrne
(eile coqtœti.e habi.i..a:Li..on loru;e .le bou1.evaM Léon-lflba. D'~ e f.ui.wei..6te, eUe.
n'a paL> d'égal... Le toU poll1'}ona1 e.ot une .i.nnQlla;li..on. •• (ClÙ:.hé : J. DJEJ</ )

-
417 -
IV - 4.1. La superficie des lots.
Elle
varie
selon
les
secteurs
et
les
types
de
constructions.
Pour
ce
qui
est
de
l'habitat,
nous
distinguons
deux étapes qui
ont marqué
la délimitation des
lots.
1
Le
laisser-faire. La première se situe vers les années
60.
A
cette
époque,
le
Service du Cadastre, nouvellement
opérationnel,
se
fixait pour but de louer les terrains déjà
occupés
par
les
populations.
Le
minimum
d'organisation
urbaine
que
laissait
entrevoir
le
paysage du Littoral ne
posait
pas de problèmes. Par contre, du côté de la Plaine,
tout
se
présentait
d'une
autre manière: en fonction de la
disposition
de leurs habitations et peut-être de la taille
des
familles, les populations choisissaient les délimitations
de
leurs
parcelles.
Ce qui nous donne un schéma de la zone
de
la
Plaine
assez irrégulier;
les parcelles ressemblant à
des
figures géométriques
où se mêlent rectangles,
carrés,
trapèzes etc ...
La
superficie
des lots dans ce secteur a tendance à
s'évaser.
Théoriquement,
elle
varie
entre
200
et 800 m2
lorsque
nous
nous
trouvons
dans
des terrains de 3e et 4e
classe.
Cependant,
l'observation
minutieuse
d'un
plan
parcellaire
au
1/2000e
permet d'enregistrer,
du moins dans
la
Section
lA,
des
superficie
oscillant
entre
240
m2
(parcelle nO
290) et 2 760 m2
(T.F.
2591, ancienne parcelle

-
418 -
nO
257). Ltexiguité se mêle à la grandeur des superficies
occupées
jadis
par
les
chefs
coutumiers,
les notables et
autres
agents
de
l'administration
coloniale. Ici, quelque
soit
la
taille
du
terrain,
les
habitations
se
sont
multipliées
soit
par
la venue de nouveaux migrants ruraux,
soit
par les autres membres de la famille.
Autrement dit,
être
propriétaire
d'une parcelle devient symbolique, tout
ce
qui appartient au patriarche est systématiquement mis à la
disposition
des
enfants,
des
petits
fils
et
des autres
membres
de la famille.
Ainsi, au lieu d'aller rechercher des
parcelles
lointaines,
les
enfants
et autres membres de la
famille
ont
tendance
à
construire
à
côté de la maison
familiale;
ce
qui
ne
cesse
d'accroitre
la
densité
d'occupation.
2
La règlementation des lots. La première étape repose sur
les
pratiques
dites
communautaires
en Afrique en général.
Pour
Port-Gentil, elle
est
dépassée
actuellement.
Par
opposition
au
Laisser-faire, c'est le CADASTRE qui délimite
d'avance,
et le propriétaire doit respecter les exigences de
la
mise
en
valeur
de la parcelle qui lui revient. Et avec
les
nouveaux
secteurs
de
lotissement
sous forme de cités
socio-économiques,
tout
porte à croire que l'individualisme
gagne
petit
à
petit
la
mentalité
africaine. Dans ce cas
précis,
les
parcelles
sont plus ou moins uniformes et les
constructions
régUlières.
C'est
ce
que nous fait observer

- 419 -
les
plans
parcellaires
des
sections
D
et
J, dréssés au
1/2000e.
La
plus
petite
parcelle couvre une superficie de
400 m2 et· accueille une maison de 100 m2.
L'uniformisation
des parcelles donne de l'esthétique
au
quartier ou au secteur, et la densité d'occupation du sol
n'a
pas
tendance
à
trop varier d'une année à l'autre. Les
lotissements
étant
viabilisés,
on
n'éprouve pas le besoin
d'ajouter
une
case
annexe
comme
par
le
passé
dans les
quartiers
de
la Plaine où l'on
peut
noter une très forte
concentration
des habitations. Mais ce qui n'a pas changé du
tout,
c'est
le
coefficient
très
élevé
d'occupation
des
habi tations.
IV - 4.2. La densité d'occupation des
logements.
La
densité
ne
dépend
pas
forcément
du nombre de
pièces.
En
dehors du Littoral, la plupart des logements ont
au
moins
trois
pièces.
Et
quelque
soit
la
taille
des
logements,
on
remarque
d'une façon générale un entassement
dO
en
partie
à
l'importance de la famille africaine qui
est très nombreuse.
De
ce
fait
et
compte
tenu
du
rapport numérique
inégal
entre
les
différents
secteurs, notammment entre le
Littoral
et
la
Plaine,
il
ressort
des
moyennes
respectives
d'occupation
de 4 et 8 personnes par maison. Si

-
420 -
nous
nous
penchons
sur
les
cas extr~mes, on s'aperçoit
qu'au
Littoral
on
compte
entre
2
et
6
occupants
par
logement,
tandis qu'à la Plaine, ce chiffre varie entre 8 et
12.
Toutefois,
nous
n'avons

que
des
ordres
de
grandeur.
Les
chiffres énumérés sont susceptibles de passer
du
simple
au
double
selon le rythme saisonnier. En effet,
pendant
la
saison
scolaire (de Septembre à Juin), beaucoup
d'enfants
fréquentent
les internats et les villes voisines,
surtout
Libreville.
Et
lorsque
la
saison
sèche
arrive,
chacun
regagne
sa ville natale et par conséquent sa cellule
familiale.
Lors
de
nos
enqu~tes
au
courant de l'année
1983,
nous
sommes
arrivés
à
recenser 25 personnes sur le
m~me
toit
au
quartier
Balise. Précisément,
l'occupation
d'une
seule pièce allait jusqu'à six individus. Il faut dire
que
cette
situation est d'autant favoriséepar le système de
lits
superposés,
très
répandu
à
Port-Gentil.
Cela
nous
conduit justement à évoquer les conditions de logement.
IV - 4.3. L'état des logements.
La
première
impression
qui se dégage à la vue d'un
logement
est la qualité du matériau utilisé. On a tendance à
caractériser
la
maison
de parpaing comme étant susceptible
d'~tre
toujours
en
bon état. Il va falloir nuancer notre
appréciation
du
logement
en
considérant non seulement

-
421 -
l'extérieur des constructions mais également l'intérieur.
De
toute
évidence,
les
nouveaux
secteurs
de
lotissement
présentent
des
habitations
plus
ou
moins
récentes
et
qui
ne
posent pas des problèmes pour l'heure.
Par
contre
le
Littoral
et
la
Plaine
nous
offrent les deux
aspects
qu'on
peut
attendre pour qualifier un logement; en
règle
générale,
les
constructions
coloniales
de parpaing
sont
pour la plupart dans un état commode. Il
en
est autant
pour les maisons de bois lorqu'elles sont entretenues.
Dans
la
zone
de
la
Plaine,
nous
l'avons vu,
le
nombre
de
maisons
de
bois et autres dérivés l'emporte sur
tout
autre matériau.
Quand elles n'ont pas de l'âge, elles
remplissent
les conditions acceptables d'occupation. Dans le
cas
contraire,
elles
laissent à désirer et le problème des
inondations
ne
peut que contribuer à leur détérioration. Au
sein
de
ce
secteur, le visiteur
s'aperçoit que bon nombre
des
habitations
se trouve dans un état moyen, un accent est
mis sur celles qui bordent les boulevards et les avenues.
Autrement
dit,
par
son
orientation
générale,
Port-Gentil
offre
l'image d'une ville précocement vétuste à
travers
son
plus
grand
secteur
d'habitation,
la Plaine.
Quoique
l'on
dise,
la ville s'est forgée progressivement en
s'appuyant
sur
le
seul
héritage
architectural
que lui a
légué
son histoire, celui des sociétés étrangères, à l'image
de
la CFG et
Elf-Gabon. C'est peut-être de là que vient

- 422 -
la
préference
pour
la
maison
en
bois;
d'autant
plus
que celle-ci
s'avère
moins
couteuse
par
rapport
aux
somptueuses
constructions
en
parpaing.
Cependant,
la
rapidité
de
la
croissance
urbaine
a
provoqué
le passage
direct
du
bois
à
la construction
en
parpaing
d'allure
européenne,
tout
en
assurant
le
maintien
des habitations
anciennes.
Dès
à
présent,
il
convient
de
voir
leur
degré d'équipement.
IV - 5. LE CONFORT.
Les
commodités
matérielles
jouent
un
rÔle
important
dans
l'évolution
de
l'habitat.
Elles
se
répartissent
en deux catégories:
les installations propres à
la
maison et les équipements du genre électro-ménager ou autres
appareils.
IV - 5.1. Les installations.
Pap
installations
propres nous entendons les divers
branchements
d'eau,
d'électpicité
et
de téléphone. Si les
deux
premières
sont
nécessaires
par contpe la
troisième
a
toujours
été considérée comme une installation
de
luxe
et
le
système
de
taxation,si élevé, ne peut que
corroborer
notre point de vue. Le téléphone se localise plus
dans
la
zone
du
Littoral

toutes
les maisons ont des
canalisations
d'eau
et bénéficient également de l'éclairage
électrique,
comme
nous
pouvons
le
constater à travers le
tableau ci-après :

- 423 -
TYPE D'ECLAIRAGE DE MAISON POUR LES DEUX PRINCIPAUX SECTEURS (1)
Secteurs
El ectr ic i te
Lampe a gaz ou
Electrici te ou
Pétrole
Gaz
PLAINE
54 J
40 ~
6 %
LITTORAL
100 %
-
-
SOURCE D'EAU POTABLE POUR LES DEUX PRINCIPAUX SECTEURS (1)
Secteurs
Pompe publique
Puits ouvert
Eau Canalisee
Autres
Combinaisons
PLAINE
00%
13 %
11
%
10 %
LITTORAL
-
-
100 %
La
comparaison
entre
la
PLAINE et le LITTORAL est
facile
à établir:
plus de la moitié des habitations de la
Plaine
présentent
à
peu près les mêmes conditions que la
totalité
de
celles
situées au Littoral. L'explication peut
venir
d'une
part,
de
la
défaillance des services urbains
(nous
le
détaillerons
dans le châpitre qui va suivre) et
d'autre
part,
la
pauvreté
et
l'état
des
logements
qui
offrent
des
conditions
d' i nsécuri té,
vu
l'effet
de
densification.
Mais
ce
que
le premier tableau ne fait pas
ressortir,
c'est
la mixité
entre l'électricité et la lampe
à
pétrole,
système
pratique
dans
une
grande
partie des
quartiers populaires de la Plaine.
(1)
Ces deux tableaux sont le résultat d'une enquête menée par la CDCP
au
mois
de
Mars
1978.
A
la
place
de
secteur,
ils ont parlé de
quartier;
et
c'est
pour
répondre à la réalité locale que nous avons
voulu donner aux faits leur juste dimension.

- 424 -
En
effet,
c'est
devenu
une
habitude
chez
ces
populations
de
s'éclairer à la fois à la lampe à pétrole et
à
l'électricité.
Historiquement,
la
lampe
à
pétrole
a
été adoptée par les populations locales depuis des décennies.
Actuellement, le premier mode d'éclairage sert de palliatif.
En fait, la tradition reste très influente ici;c'est pourquoi,
par
réflexe,
les
populations
ont
pour
coutume
de
ne jamais
dormir
dans
les ténèbres. Ainsi, presque dans chaque pièce,
une
lumière
tamisée
témoigne
de la présence d'une lampe à
pétrole.
D'autre
part, la dernière colonne du premier tableau
représente
le
pourcentage
de
raccordements
entre
particuliers.
En règle générale
une entente entre voisins
s'opère:
celui
qui
dispose
d'une
installation
légale
d'électricité
offre
une
ligne
annexe
à
un
ou plusieurs
voisins
moyennant
une
somme
forfaitaire
mensuelle. Cette
pratique
est
illégale
et
plus
répandue à Libreville qu'à
Port-Gentil.
Système d'entraide d'un point de vue
"africain"
mais
qui
finit
par
avoir un aspect strictement commercial
dans
la
mesure
où,
le
plus souvent, le proprétaire de la
ligne
légale
paye
ses redevances avec l'argent produit par
ses
lignes annexes ou "pseudo abonnés"; il lui arrive même
de faire de gros bénéfices.
En
ce qui concerne l'eau canalisée, la situation est
sensiblement
la
même,
avec
la
seule différence que les

- 425 -
pratiques
communautaires
n'exigent
pas
en
retour
de
l'argent.
Un
puits ou un robinet d'eau courante sert à tout
l'entourage.
Pour
cela,
on
fait
intervenir
les
autres
combinaisons
qui
concernent
10%
d'habitants
uniquement
dans
les
quartiers
de
la
Plaine. En fait,
le problème de
l'eau
ne
se pose pas
ou plutôt
n'est pas susceptible
de se poser dans les années à venir.
Même
si
la
majorité
s'approvisionne
dans
les
fontaines
publiques,
une
doublure existe toujours:
soit le
puits,
soit la canalisation du voisin et pourquoi pas les
2
500
mm d'eau de pluie qui tombent tous les ans ... Il faut
préciser
que
l'eau
fournie
par
la fontaine publique sert
surtout à la consommation.
En
somme,
la situation de 1978, représentée par les
deux
tableaux
précédents,
reste plus ou moins stationnaire;
quand
bien
même
on
note
une
légère amélioration de la
situation,
les
nouvelles
constructions se dotant davantage
des installations indispensables.
IV - 5.2.
Le matériel.
L'acquisition
de
matériel
de
première
nécessité
dépend
des
revenus financiers uniquement représentés par le
salaire
mensuel
dans
la plupart des cas et également de la
charge familiale.
Pour
le
matériel
ménager
,100% des personnes en

- 426 -
possèdent
au Littoral Contre 75% à la Plaine. Encore faut il
préciser
ce matériel:
le réfrigérateur,
la cuisinière à gaz,
le
congélateur
etc ... Dans la zone du Littoral,
on ajoutera
également la machine à laver et le lave-vaisselle.
On
remarquera que la catégorie sociale joue un r8le
dans
l'équipement
des
maisons.
Ceux
qui
sont
logés
gratuitement
bénéficient
le
plus
souvent
de l'équipement
nécessaire.
Il
n'y
a
pas
une
localisation
possible.
Toutefois,
on
peut
dire
que le Littoral,
le Centre et les
nouveaux lotissements sont les plus
favorisés
Dans
la
zone
de la Plaine,
l'usage du feu de bois,
seul
ou
alternativement
avec
la
cuisinière à gaz, est un
procédé
qui
permet d'économiser le gaz dont le coat reste
relativement
élevé,
bien
que
produit dans la ville m~me.
Comme
autre matériel,
la radio vient en t~te:
très
écoutée,
elle
est
possédée
presque
par
les
3/4
de
la
population;
lui
succèdent
les
appareils
de musique et la
télévision.
Ce
n'est
qu'au début des années 80 que l'usage
de
la
vidéo
s'amplifie.
Toutefois
son
prix
reste
élevé
et
on
ne la trouve que dans les logements des cadres
supérieurs et moyens.
L'analyse
de l'habitat
et de toutes ses composantes
aboutit
une
fois
de
plus
à la dualité sociale pronée par

- 427 -
l'histoire
et
accentuée
par les progrès de l'industrie qui
ne
cesse
de
fournir
des
matériaux
de
plus
en
plus
recherchés.
La
modernisation
à
Port-Gentil ne se localise
qu'aux
secteurs
périphériques. Au coeur même de la ville,
l'héritage
est
déjà très lourd et les nombreuses maisons de
bois,
vieilles
d'à peine une cinquantaine d'années, portent
les
marques
d'une
profonde
détérioration.
Rapidement
construites
et
privées
de
revêtement
intérieur,
elles
cèdent
aujourd'hui
sous
l'attaque
d'un
climat
tropical
humide
qui
ronge d'ailleurs toutes les structures. Planches
disjointes,
peinture
pelée,
décomposition
du
bois,
pourrissement des
fondations;
la
dégradation
de l'habitat
montre
le peu d'intérêt que l'on porte à l'entretien et
à
la
réparation des habitations. Manque de temps,
manque de
moyens
financiers
ou
tout
simplement
indifférence
d'une
population hétérogène en majorité d'origine rurale ...

- 428 -
CHAPITRE V
LES SERVICES URBAINS.
Les
services
urbains
d'ordre
social
se partagent
entre
l'espace
intellectuel
et
religieux,
l'environnement
médical
et
divers
réseaux,
notamment le réseau électrique,
la
canalisation
en eau potable, le branchement téléphonique
et,
dans
une large mesure, les transports de tous ordres qui
permettent
en m~me temps
la circulation des biens et
des personnes.
V - 1. LES TRANSPORTS URBAINS.
Dans
les
pages
qui
précèdent,
nous
nous
sommes
intéressé
au
réseau routier urbain proprement dit. Tout en
appréciant
sa
densité
par secteur-plus ou moins relative-,
nous
avons
par
la
même
occasion
déploré son caractère
vétuste,
nonobstant
les
travaux d'embellissement effectués
ces
dernières
années.
A
travers
ce réseau
découlent les
déplacements
quotidiens,
suivant
le
même
rythme que le
fonctionnement
des
industries
locales
dont la majorité se
trouve
éloignée
des zones d'habitation. Mais au-delà de ces
déplacements
diurnes
vers
les
pÔles d'activité, il faut
également
envisager
de
mesurer
l'intensité des mouvements
dans
le
périmètre
urbain
en
examinant
la
nature
des
déplacements
vers le littoral maritime, lieu de localisation
du quartier commercial et administratif (Cf.Carte 27 à la
fin)

- 429 -
v - 1.1. Le système des transports.
Depuis
sa
création,
la
ville
de
Port-Gentil n'a
jamais
bénéficié
d'un
service
public de transport urbain.
Par
le passé, cela pouvait s'entendre, uniquement à cause de
l'étroitesse
de
la
ville et de sa faible population. Mais,
de
nos
jours,
la
ville
s'est
beaucoup
étendue,
et
sa
population
atteint
70
000
habitants.
Une
nécessité
impérieuse
de
faciliter les déplacements des populations se
dégage.
Cette
évidence
a
été
bien
comprise
par
les
responsables
du
secteur
privé.
Ainsi,
indépendamment des
motivations
et des efforts individuels,
les sociétés privées
de
la
ville
concourent
à
satisfaire
les
déplacements
quotidiens
de
leurs
ouvriers
(du
domicile
au
lieu
de
travail,
vice-versa).
Il va de soi qu'un tel système
est
profitable,
non seulement pour l'ouvrier mais également pour
la
société
qui
assure
ainsi
un rendement constant de ses
installations.
A
côté
de
cela,
des particuliers se sont lancés
dans
le
transport.
Ils
se
sont
spécialisés soit dans le
transport
des
personnes,
soit
dans
celui
des
marchandises.Si une telle
pratique
ne
résoud
pas
le
problème,
elle sert de palliatif et seule son organisation peut
dégager
les
aléas
comme
les avantages. Nous l'éluciderons
dans les pages qui suivent.

- 430 -
Mais
pour
ce
préambule
en
quelque
sorte,
nous
relèverons
l'inertie
des pouvoirs publics,
la participation
effective
des
sociétés privées sans pour autant omettre les
motivations
individuelles de toutes sortes. Ce sont tous ces
éléments
qui
conduisent à concevoir le système de transport
urbain
élaboré
à
Port-Gentil comme une activité singulière
dont nous démontrons les mécanismes.
v - 1.1.1. Sociétés privées et transport urbain.
Par
sociétés
privées
nous
entendons
toutes
les
unités
industrielles
et
para-industrielles

la
participation
de
l'Etat
n'est
pas
majoritaire.
Ainsi
définies
succintement, lesdites sociétés et entreprises sont
très
nombreuses
et
leur
taille
varie
d'un
extrème à un
autre.
Les
premières
sociétés ayant débuté
ce
genre
de
transport
sont
les
sociétés forestières et pétrolières. En
effet,
l'éloignement
de
l'usine
de
la CFG et surtout des
installations
pétrolières
nécessite
des
moyens
de
locomotion.
Car
joindre le Cap-Lopez, Tchengué ou Clairette
à
pied exige
toute une journée de marche, et ce sacrifice
consenti,
l'ouvrier
n'a
plus de force pour s'acquitter de
sa tâche quotidienne.
Après
les
sociétés
pétrolières et forestières,
les
autres ,c'est-à-dire
celles situées au littoral maritime, leur

- 431 -
ont
emboîté
le
pas.
Le mouvement s'est alors étendu et de
nos jours, nous pouvons parler de généralisation ...
a) L'organisation du transport.
On l'identifie normalement au fonctionnement
des
sociétés.
Pour
les
plus
grandes,
importantes
par
leurs
effectifs,
il
existe
un
service
au
sein
même
de
la
société,
ou s'y rattachant.
Il
a
pour but d'assurer le
déplacement
des
ouvriers,
du domicile à l'usine et en sens
inverse
également. Dans le même ordre d'idées,
il s'occupe
de
la
gestion
du
parc
automobile
affecté
pour
la
circonstance.
Les
conducteurs,
pour
leur
part,
font
partie
intégrante
de
la
société;
ils
ont
été
recrutés pour la
cause.
Très tôt le matin, ils sont pris par une voiture de
la
société
et
conduits vers l'usine. De là,
ils récupèrent
les
autobus et sillonnent les quartiers résidentiels
(1) • Les
lieux
de
ramassage
se
situent
le
long des boulevards et
avenues
et
surtout
à
proximité
des
carrefours. On peut
ainsi
distinguer deux types de rotations:
La
première
concerne les journaliers:
Le ramassage du
matin
se
situe autour de 7 h. Ils sont ramenés à domicile à
12
h.
et repartent
à
14 h. Le retour se situe en fin de
journée,
à
18
h. Généralement,
cette rotation est réservée
au personnel administratif.
(1)
On
rappelera
que
les
habitants du Littoral étant vehiculés, le
ramassage des ouvriers ne se fait que dans les quartiers populaires.

- 432 -
La
seconde
rotation ne prend en compte que les agents
techniques, appelés à faire fonctionner l'usine 24h sur 24h.
Elle
est
communément
appelée "les quarts", il y en a trois
au total
:
-
le matin, de 5 h. à 13 h.
le soir, de 13 h.
à 21 h.
-
la nuit, de 21
h. à
5 h.
Pour
être
ponctuels,
les
conducteurs
sont
obligés
de
rentrer avec les autobus chez eux.
b) Le ma tér iel
Il
est très diversifié et le ,gabarit
utilisé dépend
de
la
taille
de
la
société.
Dans la plupart des cas,
on
utilise
des autobus classiques, de marques variées: Renault,
Saviem,
Mercedes
et
nouvellement
Mitsubishi,
Mazda,
et
Isuzu.
Ils
sont
souvent
secondés de mini-bus et complétés
par des camions aménagés pour la circonstance (1)
.
Cette
dernière
catégorie
est surtout utilisée dans
les chantiers où les conditions routières laissent à désirer,
soit
qu'elles
sont
défectueuses,
soit qu'elles restent
toujours sablonneuses.
L'état
des
véhicules
varie
selon les sociétés;
très souvent,
ils présentent des conditions d'insécurité
(2).
En
effet,
pour
les
sociétés
mieux
structurées,
le
service
mécanique veille à l'entretien du matériel. Quant au
(1)
A l'image de la CFG qui a aménagé un système de remorque tirée par
une
cabine
de
voiture SAVIEM. La remorque en question est une espèce
de
caisse large de 5 m et longue de 30 m. Quelques places assises sont
aménagées
dedans.Il faut noter que cela est trés encombrant pour la
circulation.
Mais il existe aussi des camions ordinaires aménagés pour
le transport du personel.
(2)
On
remarque
le
plus
souvent
des
autobus
surchargés et comme
certains
n'ont
plus
de
glace
par
endroits,
le danger est presque

- 433
reste,
i l
faut
nécessairement
s'adresser
aux
agences
compétentes,
ce
qui
occasionne
certainement
des
frais
supplémentaires.
Et
dans
une moindre mesure, cela oblige à
établir
une
relation
avec
l'état
du
réseau
routier;
l'aménagement
récent de ce dernier a entrainé inévitablement
des conditions favorables d'exploitation.
c) Un cas spécifique de transport: La SO.GA.RA.
A
l'origine, la SO.GA.RA. comme les autres sociétés,
procédait
de
la
m~me manière. Elle s'occupait en tout et
pour
tout
du
transport
de
ses
ouvriers.
Mais depuis un
certain
temps (1980 à peu près ), elle s'adresse à une autre
société
(1)
pour
assurer les déplacements réguliers de ses
ouvriers.
C'est
une
première
dans le système de transport
local ...
En
fait,
la
société a toujours eu des difficultés,
et
la
plus
grande
relevait
du
manque
d'un
service
d'entretien
de
véhicules. A plusieurs reprises, elle a dO
s'adresser
à
des
sociétés
voisines
(2).
Elle
est allée
m~me jusqu'à louer un autocar de la Mairie (3).
Actuellement,
la
SOOIM
T.P
est
le
transporteur
privilégié
de la SO.GA.RA. Elle dispose de trois autocars et
assure
aisément
toutes
les
rotations
régulières
en
transportant
plus
de
300 personnes. Mais il faut également
toujours imminent.
(1)
C'est
la
SOOIM T.P, plutot specialisée dans les Travaux Publics.
Elle
met
à
la disposition des ouvriers de SO.GA.RA. deux autocars de
marquesISUZU et
SAVIEM.
(2)
Au
cours
de
l'année
1977,
la
SO.GA.RA.
s'adressait.
à la
U.I.A.E. pour le transport de son personnel.

- 434 -
préciser
que
la
SO.GA.RA.
a
conservé
son
ancien
parc
automobile,
très
vétuste d'ailleurs.
Il lui sert de secours
et
surtout
pour
le
transport des enfants des agents de la
société
vers
leurs
établissements
scolaires.
C'est
une
expérience
qui
marche
convenablement,
en
dépit des frais
financiers
que
la
SO.GA.RA.
est tenue
à
engager
en
permanence ...
Brièvement,
nous
retenons
que
la
société
ou
l'entreprise
installée
à
Port-Gentil participe également à
la
vie
urbaine
en assurant le déplacement de ses ouvriers.
Par
conséquent,
sa
contribution
favorise
dans
le m~me
temps
le
rendement de ses unités de production.
En d'autres
termes, "l'industrie
fait
vivre l'industrie". L'organisation
n'est
pas
la
m~me
partout,
car plus l'entreprise a une
taille
moyenne,
moins
le
transport
demeure contraignant.
Cependant,
l'ouvrier n'a pas seulement besoin de se rendre à
son
lieu
de
travail.
Il
lui
faut,
après une journée de
labeur
acharné
se
détendre
et,
lors
des jours de repos,
organiser
sa
petite vie de citadin;
d'ou l'orientation vers
le transport individuel.
v - 1.1.2. Le transport par taxi.
Très
répandu,
il couvre tout le périmètre urbain et
va
m~me
au-delà.
Le
principe
est
très
simple:
les
pa rticuli ers
disposent
de
véhicules
légers
ayant
cinq
(3)
La
location de l'autocar de la mairie s'élevait à 40 000 FCA (800
FF) par jour en 1977.

- 435 -
portières.
Ils
sillonnent
les
quartiers et embarquent les
populations
à
n'importe
quel
point,
moyennant
une somme
forfaitaire de 100 francs CFA par trajet.
Pour
transformer
un
véhicule
en
taxi,
plusieurs
opérations
sont
obligatoires. Il faut commencer par équiper
le
véhicule
(la
peinture exigée et le noméro à la portière
changent
tous
les
ans)
et
plusieurs taxes doivent être
acquittées.
C'est
là l'aspect qui freine le plus les bonnes
volontés,
car le coat de ces opérations est très élevé.
A
propos
des
véhicules
autorisés,
beaucoup
de
restrictions
sont
faites;
en
somme,
ce sont les voitures
légères
usuelles
(Cf.PLANCHE
XXV
Photo
A)
(1).
Depuis
quelques
années,
les
véhicules
de
marque
japonaise
ont
conquis
le
marché gabonais et on assiste à un recul notoire
de
ceux
fabriqués
en
France dont la Renault 4 est le plus
représenté.
L'usage
des
taxis
est plus fréquent le jour que la
nuit.
Sauf
les
week-ends,
avec
la
multiplication
des
loisirs,
certains
prétendent
tourner
24h sur 24h. Le jour,
ils
sont
toujours utilisés
pour d'éventuelles courses dans
les
grands marchés et commerces,
et surtout vers le quartier
administratif.
Par
contre
la
nuit,
on l'emprunte le plus
souvent
pour la fréquentation des "boites de nuit".
En fait,
ce
sont les taxis qui régularisent le rythme de la vie de la
cité.
(1)
Différentes
marques de voitures légères servent de taxi; Peugeot
avec
les
104,204,304,504;
Renault
4
et
toute la chaine japonaise
Mazda,Mitsubishi
"Lancer"
et
Datsun
120
et
180
Y.
On
y
ajoute
également la marque coréenne PONY.

- 436-
mche
X X V
A - Un :f.axi..
Ch Le J1.~ ~ l.a douhLe couLe.UIt : b.larrc. "UIt i.eL> cÔté.6 e;l bleu au cen:bce. SUIt
.la pOldi..èJte ed o.fIi-ché un fUI1IéJr.o "oU<'> (.o/lfTleL> de. /A.ac:lion : au-d.et>L>U<'>, i.e cJuj/.Jr.e. d'
~en:t. clvr.onoJ.or;i.que et au--d.e.MoU<'>, L'année de. vali.daü...on. Ceil.e ph.oto QljOfIi.
été pwe en /98], moniJl.e bi...en qu'il eL>t en ,oÜu.alion ~e. A ~
du cond.uc-
tet1/{, une bLoUL>e b1.eu-b.larrc. eL>i ~. (Cli.ch.é : ]. DJEJ</ )

- 437
Aussi
faut-il
indiquer
que
le
plus
souvent,
les
taxis
se
trouvent
dans
un
état
de vétusté incomparable.
Ayant
trop
servis,
ils
méritent
d' être
mis
hors
de
circulation
ou en fourrière.
Mais le désordre qui règne dans
la
ville
fait
en
sorte
que
la
plupart des véhicules ne
remplissent
pas
toutes
les
garanties
de sécurité (1). On
remarque
que dans ce domaine, la ville affiche une désinvolture
généralisée,
tant
chez
les
conducteurs
que
chez
les
autorités compétentes.
Un
autre
aspect du trafic concerne ce qu'on appelle
vulgairement
"la course". C'est le fai t
de réquisitionner le
taxi
pour
une
urgence
(un
trajet).
La
tarification
officielle
est
de 1000 FCFA (20 FF) mais, n'empêche qu'en
tenant
compte
de
la
distance
parcourrue
et
d'autes
contraintes
(la
praticabilité
de
la route),
le conducteur
peut
marchander pour augmenter le tarif de la course (2).
Le
compromis
le
plus
fréquent
est la "demi-course", négociée
par
les
clients qui
obligent au conducteur d'aller dans une
direction opposée ou un peu éloignée.
Ainsi,
malgré
l'étroitesse
du véhicule (qui n'a le
droit
d'embarquer
au maximum cinq personnes), on utilise
les
taxis pour des activités diverses. Leur nombre est assez
réduit
(pour
tout Port-Gentil on ne compte qu'une centaine)
et
les
multiples accidents ne peuvent que militer en faveur
d'une
diminution
de
leur
effectif.
Par
ailleurs,
ils
(1)
Très vétustes,
ils sont également sous-équipés:
il n'existe pas de
boite à pharmacie ni d'extincteur.
(2)
En
marge
de
la
tarification
officielle,
les transporteurs ont
tendance
à
spéculer.
Le
plus
souvent, ils
refusent
certaines
destinations;
ce
qui
oblige
l'usager à doubler la mise. En d'autres
termes,
les transporteurs monnayent leur talent ...

-
438 -
contribuent
faiblement
au déplacement de certains élèves et
au transport de matériel de toute sorte.
V-1.1.3.Autre transport: le T.M.(Transport-Marchandises)
Il
est
aussi important que le précédent malgré le fait
qu'il
ne
touche
qu'une infime partie de la population:
les
petits commerçants et les constructeurs.
Comme
son nom l'indique,
il n'est affrêté que pour
la
marchandise
et
sa période favorite se situe à l'arrivée
ou
au départ des bateaux assurant le transport fluvial entre
Port-Gentil et l'arrière-pays.
Les
véhicules
utilisés
sont
très
solides
et
disposent
pour
la
plupart
de
deux
ponts
(ils
sont
susceptibles
de
circuler
dans
des
routes
sablonneuses),
c'est
le
cas des TOYOTA 4X4 ou, dans une moindre mesure les
PEUGEOT
404
ou
504
b~chée.
La
marchandise est chargée dans
l'arrière, sous la surveillance d'un manoeuvre;
tandis que le
client
monte
à
la
cabine,
aux
côtés du conducteur.
Le
chargement
coQte
3000
FCFA
(60
FF).
Le
contenu
est
également
varié:
des
aliments,
du
bois de chauffage, des
matériaux de construction etc ...
Le
comble est qu'il n'yen a pas beaucoup et
les
trajets
sont
très longs, parce que nécessitant un temps pour
le
chargement
et
le déchargement,effectués le plus souvent
par
un
ou
deux
manoeuvres.
Il arrive fréquemment que l'on

- 439 -
passe
des
heures
sans
en
trouver;
leur rôle étant très
important
dans
la
ville,
ils
deviennent
indis-
pensables.
v - 1.2. Les transporteurs.
Le
métier
de
transporteur -dans les conditions que
nous
venons
de
décrire-
est
très ingrat et fatiguant;
il
exige
des
efforts
financiers
et moraux. Mais force est de
constater
que ceux qui l'exercent ne renoncent pas souvent,
ce
qui
peut laisser supposer que la rentabilité est plus ou
moins primée.
D'une
manière
générale,
il
n'existe
aucune
caractéristique
fondamentale
pour
être transporteur.
Néanmoins,
on
remarque
une
participation
importante
de
nationalités
étrangères.
Cela
n'a
peut-être
rien
de
surprenant
dans
la
mesure

nous nous trouvons dans une
ville
industrielle
dont la tendance générale est le mélange
des
populations.
Aussi
peut-on
admettre
l'interprétation
selon
laquelle
les nationaux ne sont presque pas intéressés
par cette activité, pourtant vitale.
Ainsi,
dans la fonction de transporteur se côtoient
gabonais
(en
nombre
très
réduit),
béninois,
togolais,
équato-guinéens,
sénégalais, maliens et surtout camérounais.
Travaillant
en
solitaires,
ils
ne
forment
aucune
organisation,
c'est
ce
qui
peut
expliquer
en
partie le

- 440
caractère
d'indifférence
qu'ils affichent. Pour la plupart,
ils
ne
sont
pas propriétaires des voitures qui sont à leur
disposition
mais
travaillent
pour
des
particuliers.
Ces
derniers
reconnaissent
en eux un tempérament d'escroquerie.
Autrement
dit,
dans
la
plupart
des
cas,
ce
sont
des
relations
assez
fragiles
qui
se
nouent
entre
les
deux
parties
prenantes;
les
clauses
des
contrats
n'étant pas
toujours
honorées.
Et
la
rupture
fréquente
de
certains
contrats
entraine
inévitablement
une diminution du trafic,
les habitants faisant les frais.
v - 1.3. Transport et vie urbaine.
Le
transport
urbain
tel
qu'il
est
conçu
à
Port-Gentil
ne
semble
pas
faciliter
les
déplacements
quotidiens
des
usagers.
La
vie
urbaine
est
quelque peu
ralentie.
C'est
pourquoi
la
marche à pied est le moyen le
plus
sOr
pour
se
déplacer
et
lorsque
la distance est
considérable,
on préfère s'abstenir.
A la rigueur,
le trajet
aller
peut
se
faire
à pied et,pour le retour,on s'accorde
beaucoup
de
patience
pour
trouver
un taxi allant dans sa
direction.
Jadis,
la
bicyclette
était beaucoup utilisée;
elle
s'accommodait
à l'absence d'altitude dont bénéficie la ville.
Elle
a
littéralement
disparu.
Les mutations technologiques
sont
représentées
dans
ce contexte précis par l'automobile

- 441
dont la'
pénétration
dans
la vie citadine port-gentillaise
est
accentuée
par
les revenus financiers offerts
par
l'exploitation pétrolière.
Mais
jusqu'à
présent,
la
voiture
est
l'un
des
produits
de
luxe
les
plus recherchés. L'acquisition n'est
pas
facile
dans la mesure où les organismes de crédits sont
trop
méfiants
vis-à-vis
des clients;
ils exigent un apport
très
considérable
qui peut représenter plus de la moitié du
prix d'achat du véhicule.
Outre
l'aspect luxueux, plutôt lié au prix (1),
la
voiture
apparaît
maintenant indispensable pour répondre à
la
déficience du système de transport urbain.
Avec la taille
des
familles
en Afrique -famille nombreuse -
et l'évolution
de
la
population
en
général,
l'inexistence
d'un service
public
de
transport
urbain est un handicap. Car la voiture
permet
de
s'adapter
aux exigences de l'armature des villes
qui
se
modernisent,
marquées
par
une constante expansion
économique
et
spatiale.
Les
distances
ne
cessent
de
s'accroître ...
et
les
bonnes
traditions
du
piéton
deviennent
parfois
archaïques. Aujourd'hui,
il
est indis-
cutable
que
la
vie
urbaine ne peut être règlementée que
par
un
système
de
transport
adéquat, seul moyen
pour
mieux organiser la cité et faire en sorte que les déplace-
ments quotidiens des habitants contribuent au fonctionnement
des diverses activités urbaines.
(1)
Le
prix du véhicule
(léger) le moins cher s'élève à 3 millions
de CFA (moyenne des prix en 1984).

-
442 -
v - 1.4. Le déplacement des élèves.
Aucun
établissement
scolaire
ne dispose d'autocars
pour
assurer
le
transport
de
ses élèves. Ces derniers se
déplacent selon leurs possibilités
individuelles.
Initialement,
la
participation des sociétés privées
au
transport
des élèves avait un aspect sectaire; n'étaient
transportés
que les enfants des européens. Avec l'apparition
d'une
couche
sociale
aisée
d'africains,
le principe a été
étendu
à leurs enfants. Et ce n'est que tout récemment, vers
les
années
80,
que
la règle s'est généralisée;
la plupart
des
enfants
des
ouvriers
travaillant
dans
les
grandes
sociétés
de
la
place
sont
transportés
pendant
leur
fréquentation scolaire.
Au
sujet
de
son
organisation,
le
ramassage
des
enfants
ne
va
pas sans poser de problèmes. Car les enfants
des
cadres
de
l'entreprise
sont le plus souvent regroupés
dans
des cités jouxtant l'usine, ce n'est pas le cas pour le
reste.
A
partir
de
ce
moment,
il est aisé d'organiser le
transport
pour
les
premiers;
quant
aux seconds,
ils sont
plus
ou
moins
lésés
parce que
les
autobus ne peuvent pas
sillonner
tous
les
quartiers
populaires. Ajouté à cela la
rigueur
sur les horaires de ramassage et
i l ressort
que
tous
les
enfants
ne
sont
pas
transportés,
on
note
seulement
de 40% de bénéficaires.
A
côté
de
l'effort
fourni
par
les
sociétés

- 443
privées,
un
particulier
met
à
la
disposition
des
élèves
un
autobus,
moyennant
un abonnement mensuel se
situant
entre
3000 et 6000 FCFA (60 et 120 FF). Tout enfant
abonné
est
transporté
de
son
dimicile
jusqu'à
l'école
fréquentée
(aller-retour).
Le
présent système fonctionne à
merveille
même s ' i l ne représente que 5% seulement d'élèves
transportés (Cf.PLANCHE XXV Photo B).
En
outre,
les taxis ne sont utilisés que par 5% des
élèves; soit par le système d'abonnement mensuel,
soit pour
le
trajet
simple.
De
même,
les
parents
véhiculés
y
contribuent
en accompagnant leurs enfants,
matin,
midi
et soir.
Ils sont peu nombreux,
environ 3%.
Enfin
le
reste ~
c'est-à-dire
47%
des
enfants
scolarisés,
regagne
leurs
établissements respectifs à pied
tous
les
jours.
L'exercice
en
soi ne les gêne plus,
nous
avons
pu
nous
rendre
compte
sur
place.
Mais
ce qu'ils
redoutent
le
plus,
ce
sont les intempéries et le fait que
les
retards
occasionnels
soient sévèrement réprimandés.
La
carte
scolaire
de
Port-Gentil fait apparaître près de
25000élèves et les nombreux retards sont liés au fait que les
établissements
scolaires
nouvellement
construits demeurent
très
éloignés
des
zones
d'habitation
(1).
En
somme,
le
transport
des
personnes,
enfants
comme
grands,
voit
la
participation
appréciable
des sociétés privées et également
une
contribution
des
populations
elles-mêmes,
très
(1)
Le
lycée
technique de la ville se trouve à coté de l'usine de la
CFG"
soit à 3 Km du centre ville et 4 à 5 Km de la Plaine.

- 444
soucieuses de l'avenir scolaire de leur progéniture.
V -2. LA VIE SPIRITUELLE ET SCOLAIRE
Les
structures religieuses se sont complétées avec les
établissements scolaires et leur localisation,pour la plupart
dans
les
quartiers
de
la
Plaine, démontre
le
souci
d'évangélisation
qui
animait les premiers
européens(Cf.Carte
28).
Trois
tendances prédominent: ce sont les catholiques,
les protestants et les musulmans.
V - 2.1. La vie spirituelle.
L'espace
religieux
le
plus représentatif est celui
occupé
par
l'Eglise
Catholique.
Bien
que s'émiettant
à
travers
la
ville,
le
catholicisme
a
su
implanter
ses
structures
aussi
bien
au
Littoral
avec
la
paroisse
Saint-Louis
(Cf.PLANCHE
XXVI)
qu'aux
différents quartiers
de
la
Plaine:
Sainte-Barbe (Mosquée), Saint-Paul-des Bois
(Grand
Village)
et Sainte-Thérèse (Balise).
A travers cette
répartition,
il
semble
que
le
but
recherché
par
les
missionnaires
était
le
regroupement
de
plusieurs entités
linguistiques
par paroisse,
d'où le choix des trois premiers
quartiers
de la ville. On peut également préciser au passage
que
la
Direction Régionale de l'Eglise Catholique se trouve
à proximité de la paroisse Saint-Louis.
La
mission Protestante quant à elle ne possède qu'un

cor~e 28- LOCALISATION
DES
ETAOLISSEMENTS
RELIGIEUX
ET
SCOLAIRES
- - - - - ~ -
~
o
,
,
4t~--=- ---1 ... é~obl;ssemen~ rélig;eux
~
51ndoro
®
école
mIxte
o
1
1
lo';que
bol;se
o
:If-
1
cothol;que
quartier
sud
~
1
pro~eslonte
[!] enseignement general
ŒJ
1
1
technique
[!]
l ,1
spécialisé
village
œ
1
1
prafess;annel
U"'\\
~
~
- - -
C A p - L a P E Z
[3
A
E - - - - - -

- 446-
lanche
X X VI
-
-
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L 'E~e 5ai..n:t-Loui...o.
C'e.tJi. La pJ.u.t, ancienne de La vi.1le, ,bon c1.ochen. avani. été
~'e'
en 1927. Conoi.Ju.Li.1e en bé:ton e;l ll.ecoW/elde de :luile.tJ, eile ,bymboLi..t>e ai.Ju..i..
1. 1altchiled.UJl.e co1.oni...ale. O~ée palt 1.e.o hli..Mi..onnai.ll.e.tJ EUJ!.opéou., eile
i.éJn.o~ de La =paçne d 1év~ailon qni ,be pouIlI>uil i.ouj-0UJL6 mai..f,
patJ avec La même ~ • (C.Lidté : J. ~JEJ(I)

- 447 -
seul
Temple,
placé
stra tégiquement
à
la
sortie
du
Grand-Village;
sis
au
carrefour
reliant le boulevard Léon
Mba,
l'avenue
Félix
Eboué
et la rue Jean Vigouroux.
Il en
est
de
même
pour
la religion islamique dont le quartier
Mosquée
demeure
le
symbole.
Jadis,
la
Mosquée
n'était
fréquentée
que
par
les
populations
étrangères
venues
d'Afrique
de
l'Ouest,
entre autres
togolais,
béninois,
sénégalais,
maliens,
nigérians
etc ...
Actuellement,
le
cercle
s'est
élargi à une minorité de nationaux motivée par
les
faveurs
offertes par le
gouvernement
(1).
Pour clore
le
tableau
religieux,
on
ne
peut
oublier
les
Pentecôtistes,
installés
au
quartier
Balise
récemment;
leur audience est très réduite.
Le
découpage
de
la
ville
en
zones
d'influence
religieuse
liées
à
l'implantation
d'établissements
confessionnels
ne
peut
que
présenter
des
images
superficielles.
Le
problème religieux est d'autant complexe
qu'il
remonte
au
siècle
dernier.
Au
delà
des religions
originelles,
on
assiste
beaucoup
à
des
changements
de
religion;
nous
ne
nous
intéressons qu'aux grands courants
religieux.
On
retiendra déjà que le nombre de sympathisants
chrétiens
égale
sensiblement
celui
des
animistes;
la
représentation islamique étant encore modeste.
- Le Christianisme
Il
s'est
implanté
en
force
et
a
bénéficié
de
(1)
Devenu
musulman
au
milieu
des
années 70,
le Président Bongo a
favorisé
l'implantation de l'Islam au Gabon.
De nouvelles mosquées ont
été
érigées
et les pélérinages vers la Mecque sont organisés tous les
ans
à
des
conditions avantageuses.
La plus forte colonie se trouve à
Libreville, Port-Gentil venant en seconde position.

- 448 -
l'intérêt
des
populations
quant
à
la
scolarisation de
leurs
enfants.
Ici
plus
qu'ailleurs,
l'éducation
est
à
rattacher
au mouvement religieux. D'une manière générale, le
christianisme
a
eu
un
impact
considérable
parce qu'il a
réussi
à
se
répandre
même
dans
les
endroits les plus
reculés
du
pays.
Au
niveau de la ville, on peut estimer à
40%
le
rapport
des
croyants.
Mais
de nos jours, il faut
prendre
ce chiffre avec certaines réserves car, on rencontre
plus
de
croyants
que
de pratiquants. Dans les détails,
il
faut
savoir
que
la
supériorité
des
catholiques
sur les
autres
composantes
est
plus
qu'évidente;
elle
peut
se
vérifier
par
ses
nombreuses
églises
sises aux plus vieux
quartiers
de
la
ville. Les chiffres
de 30% de catholiques
contre
10%
des
protestants
et un peu moins de 5% pour les
pentecÔtistes
sont
très
raisonnable. A propos des deux
dernières
tendances,
on
peut
préciser
que
leur
zone
d'influence
s'étend
davantage
dans
la
vallée de l'Ogowe,
plus précisément sur l'axe fluvial Port-Gentil -
Lambaréné.
- L'Animisme
Religion
originelle,
elle
reste
toujours
très
importante
et semble se rattacher à des rites traditionnels.
On
peut
remarquer
que tout autochtone se reconnait dans
l'animisme,
du
moins
certaines
pratiques
sociales
le
confirment.
Même
s'il n'y a pas de fortes concentrations,
les
animistes
se
cÔtoient
quotidiennement à travers des

- 449 -
cérémonies
rituelles.
La
représentation
animiste est très
forte,
soit
45%, et ce chiffre va en s'agrandissant dans la
mesure

le
christianisme
est
en
perte
de
vitesse.
Toutefois,
nous
ferons ramarquer que bon nombre d'animistes
fréquentent
les
églises,
les temples et les mosquées de la
Place.
C'est
pourquoi,
chez
certains,
le fossé qui sépare
l'animisme
du
christianisme
n'est
pas
facilement
perceptible.
Autrement dit,
le individus sont plus ou moins
animistes
par
la
pratique
et
croyants
au
regard
du
christianisme.
- L'Islam
Cette
religion
peut
apparaître
comme
la
dernière-née
quand
bien
même
l'écho
national qu'on lui
prête
ne
le
laisse
pas penser. L'expansion du mouvement
islamique
à
Port-Gentil date de la dernière décennie et les
trois-quarts
de
ses
adeptes ne sont autres que des anciens
chrétiens;
ces
derniers
étant
des
anciens
animistes
convaincus.
En fait, si on suit le cheminement des musulmans
actuels,
surtout
les
nationaux,
on
s'aperçoit
que
loin
d'être interprétée comme une conviction, leur réorientation
religieuse
les
conduit
à
rechercher
spontanément
de
nouvelles
espérances
pour mieux s'affirmer spirituellement.
Actuellement,
ils
peuvent
représenter
5 à 10%. On ne peut
cesser
de
souligner le caractère exhibitioniste adopté par
certains
musulmans.
D'autres
par
contre
se
lancent

- 450
résolument
dans des activités occultes,
relevant purement et
simplement
du
charlatanisme
et
passent
pour des oracles.
Cette
nouvelle
orientation et interprétation de l'islam est
très
particulière: les
intéressés prétendent s'appuyer sur
le
coran
pour
faire des annonces oraculaires. Bien évidemment,
tout
ce
scénario
leur
profite
énormément parce qu'ils
reçoivent
une
foule
de
visiteurs,
toutes
tendances
religieuses
confondues; en
retour,
ils amassent des sommes
d'argent non négligeables (1).
Ainsi
donc,
chrétiens,
animistes et musulmans sont
les
trois
composantes
principales
de la vie religieuse
à
Port-Gentil.
Opposés
par
les
tendances
et les pratiques,
tous
les sympathisants se fréquentent néanmoins et vivent en
parfaite
harmonie. Dans l'ensemble, on remarque que la ville
de
Port-Gentil
admet
la
pluralité
sur
le plan religieux
parce que les
populations
qui sont concernées se côtoient
depuis
des
années
et
par
conséquent
admettent
la
cohabitation.
On
réalise
ici
que la religion est un point
très
controversé ...
Mais
cependant,
peut-être
faut-il
insister
davantage
sur
l'effort
fourni
par
l'Eglise
Catholique
dans
l'enseignement.
A ce point précis,
on peut
avancer
que sa capacité dtavangélisation a été plus ou moins
proportionnelle à la volonté d'éducation •••
(1)En 1983, date de notre dernier passage,la consultation variait d'un
lieu
à
un
autre,
entre 3000 et 5000 FCFA. Le traitement quant à lui
est
difficile
à
évaluer
financièrement
parce qu'il
n'est
pas
standardisé.
Il
va
de la simple potion à frotter à des cures pouvant
durer
des
mois.
Dans la plupart des cas, tous les matériaux utilisés
sont à la charge des clients.

-
451
v - 2.2. Education et infrastructures scolaires.
Il
est
nécessaire
de
beaucoup
insister
sur
l'enseignement
primaire
qui reste la
base
de tout système
éducatif.
On
avance
toujours
que
le Gabon a un très fort
taux
de
scolarisation,
l'un
des
plus élevés du continent
disent
les
spécialistes,parce qu'il approche les 100%. Loin
d'avoir
un
chiffre
précis
à
propos, nous nous appuyerons
simplement
sur
le
soucis permanent des populations quant à
la
fréquentation des écoles par leurs enfants.
Ici,
on pense
que
l'éducation
en tant que telle permettra de résoudre les
problèmes
à
venir.
Par
conséquent,
elle
est
synonyme
d'intégration
sociale
et
d'ouverture vers un monde moderne
-le
monde
occidental-
qui
apparaît
toujours
comme
le
mirage
de
l'Afrique.
Même
si
ces populations,
qu'elles
soient
rurales ou citadines, n'ont pas emprunté
cette voie,
du
moins
pour
la
plupart,
elles
mesurent
néanmoins
la
portée.
C'est
ce qui explique les affluences rencontrées au
niveau
primaire;
les
effectifs sont pléthoriquesèet les infra
structures
dépassées.
Quelques
chiffres
peuvent illustrer
nos propos.
En
1982,
toute
la
province
de
l'Ogowe-Maritime
comptait
15 376 élèves fréquentant dans 37 écoles primaires,
ce
qui
donne
grossièrement
une
moyenne de 415 élèves par
école.
Il
faut
peut-être
analyser
la
structure
des
écoles
pour
mieux comprendre la situation. Pour ainsi dire,

- 452 .
en
parcourant
la province, on
pouvait encore rencontrer en
1982,
des
écoles
de
taille
très
modeste comme celles de
Yombé
Rade
avec
5 élèves. Quant
à
Ngola
seulement
13 élèves étaient régulièrement inscrits (1).
La
réduction de ces effectifs dans le département de
Bendjé
dont
Port-Gentil
est la ville-pilote peut largement
expliquer
le
dépeuplement
des
villages
et les migrations
vers
la
ville.
De
telles
écoles
ne pouvant guère être
fonctionnelles,
on a procédé à leur fermeture depuis l'année
académique
1983-1984.
Ce
qui
revient
à
dire que la plus
grande
concentration
des
équipements scolaires se trouve à
Port-Gentil, avec une disposition toute particulière.
v - 2.2.1. La répartition des écoles.
Dans
la
zone
du
Littoral,
on
dénombre
trois
établissements:
une
école
publique
(Ecole Urbaine);
une
école
catholique
(Ecole
st
Louis)
et
l'Ecole
Mixte. La
première
est
la
plus
ancienne
des écoles publiques;
elle
s'est
modernisée
ces dernières années et compte aujourd'hui
de
nombreuses
classes
nouvelles.
Elle
se divise en trois
unités,
le
Groupe 1, le Groupe II et le Groupe III. Quant à
l'Ecole
Saint-Louis,
elle
a
été
déplacée en partie
et
se
trouve
néanmoins
dans
l'enceinte
de
la
Mission
Catholique.
Elle
est
demeurée
fidèle
à son histoire et a
formé
bon
nombre
de cadres nationaux.
L'Ecole Mixte est la
(1) cL"L'UNION" du 05/04/1983

- 453 -
dernière
née
et
nous verrons par la suite qu'elle prend de
plus
en plus de l'ampleur à cause de la participation active
des sociétés de la place.
La
zone du Centre ne compte qu'une seule école, très
célèbre
d'ailleurs,
parce qu'elle
côtoie
la
Place
de
l'Indépendance;
c'est
ce
qui
lui
a
voult
même
l'appellation
d'école
du
Parc de Fêtes. Il faut plutôt
se
rendre à la Plaine pour constater la grande concentration
des
écoles,
soit
une
moyenne d'une école par quartier.
En
bordure
du
boulevard
Léon
Mba
se
trouvent
les
écoles
Saint-André
au
quartier
Rombitchozo
et
Protestante
au
quartier
Chic.
A llautre extrémité,
c'est-à-dire au Chateau
d'eau,
l'école
catholique
Abbé
Yoya
(1)
est l'unique du
coin;
il faut descendre au Grand-Village pour voir une autre
école
catholique,
Saint-Paul-Des-Bois
non
loin
de la
célèbre église qui porte le même nom.
En
dehors
de
l'école
Roger
Buttin,
créée
à
l'intention
des enfants des ouvriers d'Elf-Gabon habitant le
"Village
Roger
Buttin", on note un regroupement d'écoles au
quartier
Balise.
Elles
sont
au
nombre
de quatre, deux à
l'ancienne
Balise
-une
école
catholique Sainte-Thérèse et
une
école
publique- et les deux autres,
plus récentes,
à la
Nouvelle
Balise.
A
cet effet, on peut préciser que de tous
les
quartiers,
seul
le
quartier
Balise
s'est
doté
de
structures
accompagnant
plus
au
moins
l'extension
du
(1)
L'école
catholique
Abbé
Yoya
est née du déplacement de l'école
Saint-Louis
,
victime
de
l'extension
du
Collège
d'Enseignement
Général,
devenu
aujourd'hui
Collège Moderne Raponda. Les filles sont
restées
dans
l'enceinte
réservée
à
la
Mission
Catholique
et les
garçons
se
sont
vu
octroyer
une école
au
Chateau
d'eau. Cette
scission
a
permis
et
de
mieux
desserevir
l'Ouest
de la ville et
d'augmenter les capacités d'accueil.

- 454 -
quartier.
Il faut préciser tout de même que l'école Sainte-
Thérèse est de loin la plus ancienne.
Jadis,
cette
répartition
des
écoles facilitait le
déplacement
des élèves en ce sens que l'on s'inscrivait dans
son
quartier,
sans faire fi des considérations religieuses.
De
nos
jours,
le
problème se pose autrement. C'est-à-dire
que
la plupart des écoles étant de taille modeste et pour le
moins
saturées,
pour
rechercher
une
inscription,
on est
obligé
de
parcourir
de
longues
distances. Cette nouvelle
exigence
est
une source de perturbations pour des enfants à
bas
~ge et surtout des parents qui ont à coeur d'encadrer
une progéniture numériquement importante.
v - 2.2.2. Les effectifs.
Nous
ne
disposons
que
des effectifs globaux et ne
pouvons
par conséquent faire une analyse détaillée, du genre
quartier
par
quartier
ou
école
par
école.
Nous
nous
contenterons
plutôt
de
distinguer
les
écoles
confessionnelles des écoles larques.
La
ville
ne
compte qu'une seule école Protestante,
la
seconde
se
situant dans la province et plus précisément
dans
l'arrière-pays. La taille des écoles rurales étant
très réduite,
on
peut
penser
que le gros de l'effectif se
trouve
à
Port-Gentil.
Pour ainsi dire, sur les 1014 élèves
que
comptent
les
deux
écoles
Protestantes,
900
élèves

- 455 -
fréquentent régulièrement l'école du quartier Chic.
Dans
l'ensemble,
les
écoles
catholiques
comptent
3872
élèves
pour
neuf
écoles
dont
cinq
se
situent
à
Port-Gentil.
Les
cinq
écoles
concentrent
à peu près 3000
élèves,
ce
qui
correspond
sensiblement
à
600 élèves par
école.
Le
reste
des
élèves
remplit
les
sept
écoles
communales
publiques
de
Port-Gentil, regroupant ainsi 9000
élèves.
Ces
élèves
sont
inégalement
répartis,
avec
des
pointes
de
2000 élèves à l'Ecole Urbaine qui fait office de
centre unique d'examen de la ville.
A
côté
de ces effectifs globaux,
la structure des
écoles
-dont
la moyenne des salles de cours varie entre dix
et
vingt-
permet
de
faire
des
observations
qui doivent
servir d'enseignements.
La
première
observation
relève
de
l'encombrement
des
écoles
et des salles de cours. En effet, du CPI au CMII,
les
effectifs
vont
en
décroissant.
On
peut
rencontrer
des
classes
de
niveau
CPI
avec 120 élèves chacune,
rendant la
tâche
des
éducateurs
plus ardue, d'autant qu'on y accède
très
jeune,
c'est-à-dire
à
partir
de
6
ans.
Assumer la
formation
dans
de
telles
conditions
nous
paratt
peu
commode.
Cette
situation
est entretenue par le sentiment d'équité
qui
anime
les
directeurs
d'école.
Ils
se
sentent
dans
l'obligation
d'accueillir
tous les élèves qui se présentent

- 456 -
et
justifient
leur
attitude
par
le
fait
qu'on
laisse
entendre
ici
que
l'avenir
n'appartient
qu'à
ceux
qui
apprennent;
par
conséquent,
ils
ne
veulent
pas
être
responsables
d'une
situation
d'analphabétisation
au
détriment
de
populations
innocentes,
quitte
à accorder à
chaque
enfant
sa
chance.
Et
il
arrive
très souvent que
toutes
les places assises soient occupées,
les écoliers sont
alors
contraints
de
poser à même le sol
(1).
Lorsque les
parents
disposent
de
moyens
matériels
et
financiers
suffisants,
ils
sont
tenus
d'apporter tables et chaises à
leurs enfants.
Cette
situation
est
à
la
fois favorisée par plusieurs
raisons.
D'abord
par
le
fait que chaque année les "écoles
maternelles"
ou
"jardins
d'enfants"
libèrent
un
nombre
important
d'enfants
qui
atteignent
l'~ge
minimum
de
scolarisation
fixé
à six ans. Parallèlement,
la majorité ne
passant
pas
par
ce
système,
et
les tailles des familles
s'agrandissant
toujours,
on
comprend
alors
pourquoi
l'arrivée
massive en première année de classe préparatoire de
jeunes port-gentillais se répète chaque année.
Aussi
faut-il ajouter à ce mouvement cyclique et naturel
l'irrégularité
de
la
pyramide
scolaire.
Pour
cela,
il
apparatt
que
dans
les
basses
classes
-notamment
les
classes
préparatoires-, non seulement les effectifs sont les
plus
élevés,
mais
on
relève
surtout
le
phénomène
de
(1)
Le
problème
du
manque
de
salles de classes nécessaires au bon
fonctionnement
des
écoles
se pose avec beaucoup d'acuité si bien que
pas
plus tard qu'en 1983,
nous avons pu observer dans une école située
au
quartier sud,
des élèves qui apprenaient à même le sol. En guise de
solution
au
problème,
les responsables locaux ont institué le système
des classes à mi-temps.
Cette parade durera jusqu'à quand?

-
457 -
redoublements
massifs;
ce qui, bien evidemment, contribue au
gonflement
de
ces classes. La présence des élèves âgés de
huit
à
dix ans aux cours préparatoires est à signaler ... Le
taux de redoublement au CPI est de l'ordre de 51% (1).
Parallèlement,
si
le
problème
se
pose
à
la base, on
assiste
également
à
des effets semblables de l'autre bout,
c'est-à-dire
au
niveau du Cours Moyen 2e année.
Car ici,
la
préparation
du
concours d'entrée en classe de 6e intervient
pour
servir
de
sélection.
De
nombreux redoublements sont
enregistrés
un
peu
plus
dans
les
écoles
larques
que
catholiques
(2),
et beaucoup d'élèves, bien qu'ayant obtenu
leur
Certificat
d'Etudes
Primaires
et
Elémentaires
(C.E.P.E.)
repassent l'examen d'entrée en classe de 6e. Dans
ce
contexte,
ce concours demeure un véritable obstacle car,
sur
le plan national,
tout en prenant pour référence l'année
1980,
le
taux
de
réussi te n'a été que de 45%. Les quelques
déperditions
qu'on
peut noter font l'objet d'abandons,
très
moindre d'ailleurs.
Cependant,
avec
la
multiplication tous azimuts des
établissements
secondaires privés de tout genre,
les recalés
au
concours d'entrée en classe de 6e trouvent désormais leur
compte.
Autrement
dit,
ce n'est que dans le secondaire que
les
effectifs,
bien
que
toujours importants, tendent vers
la
modération;
l'explication
peut
provenir
cette fois-ci des
exclusions et des abandons.
(1)
cf.Annuaire
statistique
de
l'enseignement
au 1er janvier 1981.
Ministère de l'Education Nationale
(2)
L'efficacité
des écoles catholiques provient de l'organisation de
son
système éducatif. La discipline et la rigueur dans le travail sont
de mises,par opposition aux autres écoles.

-
458 -
Pour
ainsi
dire,
l'activité scolaire est largement
dominée
par
trois
types
d'écoles
et
d'enseignement:
les
laïcs
les
catholiques
et
les protestants. L'accès se
fait
en
toute
liberté.
Comme
nous
l'avons
vu
avec
la
religion,
c'est
encore la Mission catholique qui a procédé
à
l'implantation
de la première école primaire en 1946, non
loin
de
la paroisse Saint-Louis. Et la particularité qui se
dégage
ici,
c'est que chaque paroisse catholique s'accompagne
d'une école.
Deux
étapes
peuvent
être
retenues:
avant 1970,
l'enseignement
primaire
n'était
dispensé que dans quelques
établissements
scolaires,
moins
d'une dizaine en tout cas;
et
le secondaire quant à lui, ne comptait que deux collèges,
le
Collège Moderne et le Collège d'Enseignement Général
(1).
A
partir de 1970,
une aide considérable a été fournie par la
municipalité
pour
l'agrandissement des écoles existantes et
la
création
de
nouvelles
classes
(Cf.PLANCHE
XXVII).
Presque
tous
les
anciens
quartiers
sont
équipés dans ce
domaine.
Au
niveau
du
secondaire, beaucoup d'établissements
existent,
notamment les nouveaux Lycées d'Etat et Technique,
l'Ecole
Nationale
de
Commerce,
le
Centre
de
Formation
Professionnel,
le
Collège
Moderne Raponda Walker etc ... De
même,
depuis
un certain temps,
nous assistons également à
(1)
Ils
se
sont
agrandis
et
comptent
respectivement
1000 et 800
élèves.
Une
autre
innovation
c'est
qu'ils sont dénommés maintenant
Lycée d'Etat et Collège Moderne Raponda Walker.

- 459 -
planche
XXVII
-----
L'Ecole du P0ItC cLeo Fê:f.ed.
We .de compo.de de ci..nq b~ aLLj.owr.d'Jw1.. A l'olli.gi.ne, l'école n'en comptail.
qu'un. .deuL de Mx c1.aMe.6 Cet é:t.ah1.i..Ml!J/Ieni. l.aJ:.c a beaucoup béné/i-cié de l'ali1.e de
la h1un.ici.paJ.i.:té. Le bâi.i.meni. le p1u.6 If.écen;t fiout en b1.and .de btouve à l 'ex:f.JrRJne ~,
au bOlld du GJumd. Canal ; c'eo:t le domi.cile du lJi.Aectewr.. ((Li_chi: J. DJEJ(f)

- 460
l'ouverture
de
collèges
privés
avec
leurs
structures
, mode ste s;
leur
organisation
laisse
à désirer. Et tout
cela
ne
suffit
pas pour contenir une population jeune sans
cesse
croissante
et avide d'éducation. C'est dans de telles
conditions
que
le
système
de
fréquentation des classes à
mi-temps est en vigueur dans certains établissements.
Aussi
faut-il
également noter que la collaboration
entre
diverses
sociétés
a
conduit
à
la
création
d'un
établissement
d'enseignement primaire dénommée "Ecole Mixte"
(1).
Son
organisation est très différente des autres et son
appartenance
dans
la
zone
du Littoral montre bien qu'il a
été
conçu
pour
les
enfants
des
cadres
-européens
des
différentes
sociétés. Par la suite,
le principe a été élargi
aux
cadres africains. Il peut tout de même arriver qu'avec
des
relations
personnelles
et surtout le "parrainage"
d'un
Cadre,
on puisse y introduire un élève. Mais toujours est-il
que
l'Ecole
Mixte
demeure
une "chasse gardée" et elle est
réputée
dispenser
un
enseignement
de
type occidental. A
preuve,
le
corps
enseignant est constitué dans sa totalité
que
de femmes européennes recrutées principalement en France
par
la société Elf-Gabon.
Incontestablement,
l'Ecole Mixte a
le meilleur taux d'admission aux examens, soit 90 à 95%.
(1)
L'Ecole
Mixte
est une création des sociétés Elf-Gabon, Shell, et
CFG.

- 4-61 -
v - 3. LES SERVICES MEDICAUX.
Ils
sont
assurés à la fois par les sociétés privées
et
l'Etat.
L'équipement
médical
public ne se renouvellant
pas
constamment,
on
assiste
depuis
une
décennie
à
une
dégradation de la situation sanitaire.
En
effet,
Port-Gentil comme tout le Gabon se trouve
en
pleine
zone
endémique
-L'Afrique
Equatoriale-,
où la
présence
de
maladies
tropicales
comme
le
paludisme,
la
bilharziose, la
parasitose
intestinale
et
les maladies de
l'appareil respiratoire, est très évidente.
La
ville ne dispose que d'un seul hopital provincial
datant
de
l'époque coloniale et dont le besoin de réfection
permanent
se
fait
sentir depuis longtemps (1).
Non loin de
là,
se
trouve
le
dispensaire
"Secteur
8",
abritant
le
Service
Régional
des
Grandes
Endémies
(2).
Il
existe
également
un
Centre
de
Protection Maternelle et Infantile
qui
nécessite
dès
à
présent non seulement des réparations
mais
surtout
une
extension à cause de la croissance de ses
activités.
Les
deux
premières installations se trouvent au
Littoral
et
la
troisième
au
quartier Balise. Le matériel
dont
elles
disposent est le plus souvent insuffisant et pas
toujours
en bon état de marche. Lorsque le "responsable" est
absent,
le service Radiologie est inopérationnel.
Cette
situation
de
sous-équipement
médical aurait
été
plus critique, s ' i l n'y avait pas la participation des
(1)
Il
n'y
a
que 250 lits
dans différents batiments trés vetustes.
C'est le principal centre d'hospitalisation de toute la province.
(2)
Situé
dans
la
section
annexe
de
la
Maternité,
i l abrite 30
patients
avec
tous
les
dangers
de
contagion
qu'implique
cette
promixcuité. C'est une situation anormale.

- 462 -
secteurs para-public est privé. En fait, depuis 1984, la Caisse
Nationale
de
Sécu~ité
Sociale
dispose
d'une
clinique
ult~a-mode~ne au centre-ville. L'accès est payant, ce qui ne
peut que ~ésoud~e le p~oblème en pa~tie.
Pou~
le
pe~sonnel
des
g~andes
sociétés
p~ivées
(pét~oliè~es su~tout),
le
p~oblème
se
pose diffé~emment.
Elf-Gabon,
en
association
avec
Shell-Gabon ,dispose d'une
clinique
mode~ne
et
t~ès
bien
équipée,
lui pe~mettant de
fai~e
des
hospitalisations.
Ses
agents
et
ceux
de
Shell-Gabon
y
accèdent
g~atuitement. A note~ qu'au "village
Roger Buttin", la Société possède également un dispensai~e et
une
mate~nité
pou~
palie~
à
des
impé~atifs.
D'aut~es
sociétés
disposent
également
de
petits
se~vices médicaux
(SOGARA,
CFG,
etc ... )
pou~
donne~
des
soins
de base au
pe~sonnel
et
aux memb~es de leu~ famille. Lo~sque le cas du
patient
s'agg~ave, la société p~end en cha~ge tous les f~ais
affé~ents
à
l'hospitalisation
dans des établissements plus
équipés,
su~
place ou dans des cas extrêmes, elle procède à
l'évacuation sanitai~e.
En
vue de dresser un tableau complet de l'équipement
médical,
il
faut inclu~e les t~ois petits cabinets médicaux
appartenant
à des pa~ticulie~s: un cabinet de gynécologie et
deux
de
médecine géné~ale. Compte tenu de la défaillance de
l'h8pital
p~ovincial,
les
t~ois
cabinets
cités ~eçoivent
beaucoup de clientèle.

-
463 -
Après
tout,
on peut dire que la ville de Port-Gentil
est
assez
pourvue
en
sevices
médicaux.
Cependant,
la
distribution
des
différentes
installations ne répond pas à
cette
affirmation.
Dans
la zone de la Plaine, en dehors du
centre
de P.M.I., aucun service public n'est installé.
C'est
une
situation
préoccupante dans la mesure où,
lorsqu'il y a
des
cas
d'urgence,
il
faut
nécessairement
se
rendre au
centre-ville.
En
plus,
comme
équipement
par-médical,
il
n'existe
qu'une
seule
pharmacie
située
au
quartier
Grand-Village;
alors
que
le
Littoral dispose de trois. La
répartition
des services médicaux est très inégale selon les
secteurs
et
avec
l'implantation de nouveaux établissements
dans
la
zone
du
Littoral
(hôpital de la C.N.S.S.) ou à la
périphérie
(nouvel hôpital
provincial),
le déséquilibre ne
fait
que
s'accentuer.
Enfin,
on
perçoit l'importance des
établissements
médicaux
privés
malgré
le
fait
que
les
honoraires
qui
en
découlent
ne
sont
pas
à la portée de
toutes les bourses.
V-4.LES SERVICES D'ELECTRICITE,D'EAU ET DE TELEPHONE
Bien
qu'exigeant
presque
dans
leur
totalité
une
véritable
rénovation,
les
divers
bâtiments abritant les
services
médicaux
de
la
ville
disposent
d'installations
d'électricité,
d'eau
et
de téléphone. Leur éclatement dans
la
ville montre que les différents services publics précités

- 464 -
sillonnent entièrement l'espace bâti.
v - 4.1. Les services d'électricité.
Un
petit
rappel
historique
nous
obligé
de
reconnaître
que
ce
n'est
qu'en
1951
que
commençait
l'alimentation
en
électricité
de
la ville de Port-Gentil.
L'énergie
ainsi
fournie
provenait
d'une
Centrale
qui
brQlait
des
chiquettes
de l'usine de contreplaqué (1) et
faisait
tourner
trois turbines à vapeur totalisant 7,5 MVA.
Depuis
1959,
les
trois
chaudières
à
bois
ont
été
transformées
et
adaptées
à la chauffe au gaz et au pétrole
(2).
Dix
ans
après,
la
Centrale
POG
l
ne pouvait plus
supporter
une
extension
. relative
à
la
demande
qui
augmentait;
une
nouvelle
Centrale dénommée POG II, équipée
de
deux
groupes
AGO
type
TWIN, fournissant une puissance
unitaire
de 3000 kw a été créée. Par la suite, de 1970 à 1972,
deux autres groupes semblables étaient installés dans
la
Centrale sise à l'intersection du boulevard Léon Mba et la
rue Peyrecave • Poursuivant son désir de répondre à l' év,' ",(~,
des besoins prévisibles, la S.E.E.G.(3) mettait en fonction le
3
septembre
1977
les deux turbines de POG III utilisant du
gaz
naturel
et
dégageant une puissance thermique de 2 x 30
MVA.
Avec
cette
nouvelle
installation,
l'énergie
est
distribuée
en trois départs industriels (Raffineries, Elf et
CFP)
desservant
43%
et 8 départs alimentant la ville, soit
(1)
La
Centrale baptisée POG l étai t
destinée initialement à desservir
l'usine
de
déroulage du bois et de fabrication de contreplaqué de lIa
CFG.
(2)
Trois
moteurs
Diesel
AGO
de
1200 KW mis en service en 1967 et
alimentés
en
fuel sont venus renforcer la puissance de POG 1qui passe
à 8400 KW.
(3)
Société
d'Energie
et
d'Eau du Gabon,
propriétaire et gérant des
differentes centrales.

-
465 -
57% de la ppoduction totale, d'où les connexions suivantes:
- 70 postes de tpansfopmation de distpibution
publique ou mixte.
- 30 postes de tpansfopmation ppivés poup
30 MVA installés.
- 177 km de ligne 20 kv
13 km de ligne 5,5 kv
83 km de ligne basse tension B2
La
distpibution
de
toutes
ces
installations suit
fidèlement
le tpacé du péseau poutiep upbain et pepi-upbain.
D'une
façon
plus
détaillée,
la
ville
de Popt-Gentil est
équipée
d'un
péseau
intepconnecté de moyenne tension, d'un
péseau
de
distpibution
à basse tension, de tpansfopmateups
de
distpibution
et
de
cipcuits
d'éclaipage
des
voies
publiques
(Cf.Capte 29) (1).
L'énepgie électpique disponible
est
de
65
mega-watts,
mais
pien
que le 1/3 est ppoduit,
pépapti
inégalement
à
envipon
70%
poup
la
consommation
industpielle et le peste aux besoins domestiques.
Le
bpanchement
poup
un
papticuliep vapie selon la
distance
qui
pelie
la
maison
à
la
ppincipale
ligne de
distpibution;
il
est tpès
onépeux et dépasse lapgement les
100
000
FCFA
(2000
FF).
De
m~me,
le
tapif
unitaipe
d'envipon
100
FCFA/kwh
(2
FF)
demeupe
tpès
élevé
poup
l'ouvpiep
dont le SMIG s'élève à 60.000 FCFA (1200 FF); ainsi,
pour ce dernier, réaliser un branchement se fait avec
beaucoup
(1)
Les
lignes
à
moyenne tension se composent de câbles aePlens (30
pieds au-dessus du sol) et de câbles souteppains (0,30 m sous teppe)

- 466 -
:
1
1
1
l Lnoo
:
1
~ •
n
c
,
V1
o
0
:
=J
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1
(Q
CD
:J
r+
_.-

-
467 -
de
sacrifices
et
privations,
de
plus,
s'acquitter
des
redevances
mensuelles ne
peut
que restreindre son train de
vie déjà très limité.
En
d'autes termes,
l'alimentation électrique devient
aujourd'hui
nécessaire
pour
faire
sortir
les
quartiers
populaires
des
ténèbres.
Car, on peut penser à juste titre
que
c'est
l'obscurité
apparente
entourant les maisons qui
reste
parfois
responsable
des
débordements
nocturnes. Et
l'électrification
d'une
bonne
partie des habitations de la
Plaine
permettra d'atténuer le contraste,
la nuit, entre les
lumières de l'Est de la ville et la pénombre de l'Ouest.
v - 4.2. Les services d'eau potable (cf.Carte 30).
Comme
avec
l'électricité,
c'est
également en 1950
qu'a été
conçu
le
premier
système de distribution d'eau à
Port-Gentil.
Tout
a
commencé par la technique du forage de
puits
privés,
une
soixantaine
environ (1);
les eaux étant
recueillies
dans
un
puisard
central
situé à l'enceinte de
l'usine •. Pour satisfaire aux besoins sans cesse pressants de
la ville, de nouvelles chaînes ont été réalisées:
la chaîne
de
Tchengué
comprenant
25
puits (en 1958), la chaîne du
Cap-Lopez
avec
ses 20 puits (en 1967)
(2), l'exécution de 8
forages
entre 20 et 27 mètres de profondeur (dans la période
allant de 1969 à 1971),une autre chaîne de 23 forages (3); par
la
suite,
2
autres
forages
profonds
furent
également
(1)
Les
60
puits réalisés furent répartis selon 3 chaines: La chaine
de
l'aviation
comprenant
20
puits,
la chaine de l'océan avec ses 21
puits et enfin la chaine de Mandorové comprenant 19 puits
(2)
Avec
ses
deux chaines,
les eaux étaient traitées à l'origine par
une
station Degremont de déférisation sous pression, complétée par une
station classique avec décanteur statique.
.
(3) En 1966 fut exécuté un forage de 29 m de profondeur, afin
d!étudier les possibilités d'utilisation d'une seconde nappe.

ccr~e
30-
distribution
de
l'eau
à
port - gentil
_ _ _LI
1
1
IX)
1.0
v
o..........
.. ....
~~-=-
-
-
- - = : -
= - --=---= =.=::....
- -
-=-= ~ ~ -=- ....::.
z- _--=----==- ~="-
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-~-~~~~=;
o
500
1000m
!
,
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USine
de
1
trœ'~"t-d~:-~~~~- :~~
_
reser'volr'
d'eau
o
1
baSSin
de
r'ecephon
~
1

- 469 -
entrepris. A
cette
époque,
l'usine s'équipe déjà de groupes
électro-pompes immergés.
Tous
ces forages peuvent être considérés comme une
première
étape.
Celle
qui suivra sera la plus intéressante;
car
à partir de 1970, la qualité de l'eau prélevée imposait
la
mise
en
place
de
nouveaux
moyens de traitement. A ce
moment précis,
on envisagéait de capter l'eau du fleuve Ogowe
sur
le
site de Mandorové,
situé à 32 km de Port-Gentil. Les
travaux
de
cette
station aboutissaient
la fin de l'année
1978
à
la
fourniture
de 13 600 m3/jour d'eau d'excellente
qualité.
On
remarque
que
la
période
d'étude
a été très
longue
et la durée des travaux s'est échelonnée sur dix huit
mois.
Pratiquement,
l'eau
brute du fleuve est transportée
par
une
canalisation en fonte ductible de 500 mm jusqu'à la
station
de
traitement
située
à la périphérie de la ville.
Sur
la
plan
technique,
la
station
est
équipée
d'un
"Pulsator"
et
d'un
"Super-Pulsator",
sa capacité de 18
600
m3/jour
devrait
être
portée
courant
1985 à 30 000
m3/jour.
Le
traitement
de
l'eau
ainsi captée se fait par
floculation
avec
du
sulfate
d'alumine, chloration avec de
l'hypochlorite de calcium et neutralisation à la chaux.
Ainsi,
l'eau
traitée
est
distribuée
à
partir de
quatre
réservoirs
d'une
capacité
totale
de
3
700 m3,
à
laquelle
s'ajoute
une
réserve de 2 000 m3 à la station. De

- 470
ces
réservoirs
(cf.PLANCHE
XXVIII
Photo
A)
partent
des
tuyaux
qui
répartissent
l'eau
par
gravité
à
travers la
ville.
Le
réseau
de
distribution
est
constitué
principalement
de 150 km de canalisations qui se divisent en
deux tailles:
-
Canalisations de 60 à 150 mm
(86 km en fonte, 0,8 km en PVC) ,
- Canalisations de 150 à 250 mm
(60 km en fonte, 3 km en PVC).
D'une
manière
générale,
on
réalise
que
les
canalisations
suivent
la
m~me articulation que le réseau
routier.
Une
centaine
de
bornes-fontaines
publiques
alimentent
les
quartiers de la Plaine (de 1967 à 1977 leur
nombre
est passé de 45 à 70).
Leur usage que nous évoquions
dans
un
chapitre précédent laisse à désirer comme le montre
l'image
de
la
PLANCHE
XXVIII, Photo B. De m~me,
quelques
bouches
d'incendies
sont
installées dans certaines rues de
quartiers
populaires,
le
plus
souvent
à
proximité d'une
fontaine publique.
En
1967,
le nombre d'abonnés était de 738 personnes.
Dix
ans
après,
il
a
dépassé
2000
clients
et
actuellement,
il
doit
avoir
atteint
la
barre
des
4000
abonnés. On peut noter que ce nombre a toujours été en nette
progression
il
en
est
de
m~me pour la production et
les ventes.'"

Planche
X XVIII
A - Ré.6eJtvoiA. d'eau.
/ L domine Le paJj-6a.ç.e Wlbain. Son
vo~ eo:t JUlII.ement enVte:tenu ,. W,
i l boJrde. Le GItaJ"Id. Canal..rC.li.dIi: J .DJEJ</
B - BOJUle-f.oni.oine d'eau. publique.
ELle
a,
é:té i.rud.aJJ.ée avant. La
corudAucti..on de La ma.U.on. Le .dy.tJ:tème
eo:t iJtè.t, .tJinrpLe : La f.oni.oine plto~
dite c/i..t,po.de de ci.rut oll.i{.ice.d .dWl 1e.tJ-
q/li!h; i l f.au;t. blUlrlduvt LUt :tuvau en caou~
tcAoue. Tout U.da.ç.ell. eo:t tenu de .de plto-
CU//.eJt LUt :tuvau. hllLÙ> i l .d'avèll.e que ceJt-
tain.d pa.d.dan;U; boivent dUr.eetement .dU//.
1e.d oJti.{.ice", ce qui.. peut plté.6enteA du,
darupvr.I> poU//. La coLLeeti..vilé.
Ut outII.e, COIInIe Le monhr.e La pll.é-
.dente photo1 Leô POpuLaliOM h.abi..i.ani.
Le vo.w.uw.r;.e ont tendance à monopol.L6eJt
c~ OIl.i..f.i-Ce6 en blC.Orldwn:t de btè.6
Lon.ç.t> huJaux. qui.. 1I.e/.i..en.i. dUr.eetement La .
mlLÙ>on à La .fontaine publique. Ce:tt.e
plUdi..qJ.J.e eo:t iJtè.t, coUll.ani.e.
&zf.in., on peut ér;aLement noteA L'in-
.6aLubll.ilé qui. entoWle Le pied de La {on-
i.ain.e. rCl1dté : J. DJEJ</)

- 472
La
production
d'eau
a plus que doublé, nécessitant
un
effort
d'investissement.
Depuis le début des années 80,
un
système
de
branchement
dit social a été élaboré, dans le
but
d'améliorer
le
niveau
de
vie
des populations. Trois
volets
résument
cette
politique
sociale:
le
programme
d'extension
de
réseaux
de
distribution publique, le tarif
social
du
branchement électrique de base et le tarif social
de la fourniture à appliquer à la consommation de base.
Ainsi,
depuis
le
mois
de mai 1982, le branchement
social
implique
une
facturation forfaitaire de 50 000 FCFA
payables
en
1
ou
24
mensualités
et
sans
intérêt. De
même,
pour
une
puissance
souscrite
de
1
KVA
et
une
consommation
mensuelle
de
120
kwh au maximun (1)
le tarif
appliqué
est
de
50
FCFA
le
kwh.
De
telles
mesures
contribuent
à
amener l'électricité dans les quartiers où
se
trouvent
regroupées les populations disposant de revenus
modestes
et
leur
assurer
par
la
même
occasion
une
distribution
permanente,
correcte
et
sans danger. Pour ce
qui
est
de l'eau potable,
les études permettant d'aboutir à
un
schéma
semblable
afin
d'améliorer
le
système
de
bornes-fontaines
publiques
(assez
limité
d'ailleurs)
qui
pose certains problèmes d'hygiène collective sont en cours.
Mais,
force
est
de
constater
que
de
telles
.
initiatives
sont
le
plus
souvent
bloquées.
Dans
le cas
présent,
une
année après la création du branchement social,
(1)
Ce
seuil
est
considéré par la S.E.E.G.
comme correspondant à un
confort familial normal.

- 473
le
conseil
municipal,
au
cours
de
sa
délibération
du
29/07/1983.
a
donné
son
accord
pour
la création de deux
contributions
par
habitant
sur l'électricité et l'eau (1).
Fondamentalement,
au
vu
de toutes les nouvelles taxations,
le
problème
demeure entier dans la mesure où la sollicitude
des
populations
à
faibles
revenus
ne
vise
pas
à
assurer leur bien-être mais plutôt à les marginaliser.
v - 4.3. Le réseau téléphonique.
Le
téléphone
a
toujours été considéré ici comme un
produit
de
luxe,
parce qu'il revient très cher..
C'est
peut-être
la
raison
pour
laquelle
on
enregistre qu'un
millier
d'abonnés;
pourtant,
l'enclavement de l'tle devrait
beaucoup contribuer à son extension.
Pour
le
moment,
sont
possesseurs
d'une
ligne
téléphonique
les
sociétés
et
autres
services,
tant
administratifs
que
privés.
Presque
tout
le
littoral est
alimenté,
cela
peut
s'expliquer
du fait que c'est par ici
que
l'on
localise
le
quartier
des affaires. Cependant et
depuis
un
certain temps,
le téléphone a fait son apparition
dans
les
quartiers
de la Plaine, d'une manière timide bien
sOr.
I l
ne
concerne
que
les
hautes
personnalités
politiques,
les
cadres
africains
et
quelques
agents
de
catégorie moyenne.
La
ville dispose d'un seul central téléphonique;
son
(1)
Cf. "L'UNION"
du
4
AoOt
1983.
Ces
taxes
sont
dénommées
Contribution
à
l'équipement
électrique (calculée sur la consommation
du
prix
de vente du kwh)
et taxe municipale sur la consommation d'eau
(calculée
sur le prix de vente du m3 d'eau). Il ressort que le prix de
vente
du
kwh
passe
de 40 à 90 FCFA et celui du m3 d'eau de 55 à 130
FCFA.

-
474 -
agence
commerciale
et
l'unique
hôtel
des
Postes ont des
cabines
automatiques ouvertes au public
le jour uniquement.
Mais i l est
regrettable
que ce système ne soit pas étendu
dans
la
ville. Cela aurait peut-être permis aux agents de
Sécurité
d'intervenir
plus
tôt pour éviter les fréquents
sinistres
occasionnés
par
le
feu
qui ravage aisément les
maison en bois. De même,avec l'extension de la ville et l'éloi-
gnement des zones peri-urbaines de Tchengué et Cap-Lopez,
l'installation
de
cabines
téléphoniques publiques est très
souhaitée.
Aussi,
faut-il
également
signaler que pour les
particuliers,
le
coût d'un branchement est forfaitaire si
la
ligne
est
réalisable,
soit 75 000 FCFA (1500 FF) et la
taxe
de
communication
varie selon la latitude géographique (1).
*
*
*
Au
terme
de
ce
qui
précède,
nous
avons
pu
appréhender
certains
mécanismes
de
l'urbanisation
de
Port-Gentil.
De
création
récente,
la ville se prête tant
bien
que
mal,
à
une
véritable stratification spatiale.
Tout
au
plus,
malgré
l'extension spatiale, elle n'est pas
sortie
du
schéma classique urbain hérité de la colonisation
dans
la
mesure
où,
nous avons pu bien le noter,
le dessein
de
l'armature
urbaine remonte aux années 40.
Autrement dit,
nonobstant
les
pratiques
communautaires,
la
duali té
(1) La tarification en 1980 était la suivante: 100 FCFA (taxe urbaine);
500 FCFA (Gabon) et )000 FCFA (France).

- 475 -
histo~ique
u~baine
est
toujou~s
omnip~ésente; la ville ne
s'est
pas
seulement
t~ansfo~mée
spatialement comme pa~ le
passé

l'on
pouvait
note~
deux
blocs
scindés,
elle
fait apparaître une certaine sectorisation, c'est-à-dire, dans
p~esque
tous
les secteu~s de la vie cou~ante à Po~t-Gentil,
le
~ang
social
est
de
~igueu~.
En
d'aut~es
te~mes,
l'activité
indust~ielle
-intense pa~ ~appo~t à la taille de
la
ville-
sans
pou~
autant
êt~e
le
c~euset
de
ltu~banisation à
Po~t-Gentil
a
tout
de
même
se~vi de
canevas
à
ce~taines
mutations
sociales,
à
t~ave~s
les
qua~tie~s
et
les fo~mes de l'habitat. De toute évidence, et
à
t~ave~s ces manifestations, on peut d'o~es et déjà dégage~
les
repercussions
su~
le
mode
de
vie
d'une
population
hété~ogène...

ERRATA
~s
Lire
rr--
... Port-Gentil, q trqvers son site insulqire et ses 8 Km de côtes ••
Il
son exploitqtion remontqnt déjq q plusieurs siècles •••
Il
les relRtions entre Port-Gentil et le reste du PRYS •••
Il
de cette qltérRtion et pqr lq suite,
une forte desqturRtion . . .
"
C'est sur un espRce relRtivement vqseux où •••
Il
Celq nous qmène q distinguer deux types de végétqtion •••
"
ne se presente que sous une forme disseminee .••
Il
elle q d~ ~tre influencée pqr le Cqp-Lopez •.
"
un peu plus de 30 km d'ouverture pour un bqssin de 7500 Km2 .•.
"
leur locqlisqtion Vq d~ns ce sens •..
"
une discoraqnce dqns le Senonien ..•
"
nous pennettrq de mieux percevoir lq ville ...
"
l'Iouton et Cie . . .
"
les OH.UNGU se sont inst~llés qU Bqs-ügowe •..
"
l'qvenir du peuplement de l~ région.
"
le 1er juin 1862 est signé ..•
Ajouter Ref. en bqs de pqge : cf. tlull. de lq Congregqtion du St Esprit,
op cit, p. 920.
Lire •.
lq ville qtteignqit 20.000 hqbit~nts
"
le tqUX de nqtqlite étqit de 23, 3 ~~.
"
le tqUX ue mortqlit~ q eté rqmené q 6,23 ~o ••• soit 69,8%., ••.
qvec 31,8 '1'••
"
ce nombre Vq toujours en s'qccroissqnt
"
Le rqpport etqbli q ce propos ...
"
Dqns cette perspective,
elle mérite •••
"
on peut préciser, du moins jusqu'en 1983,
que lq C.F.G ..••
"
i l q consisté q implqnter une usine.!:
"
d'qbqisser lq production de 20 ~ .••
"
On espère que lR reprise qmorcée depuis •••
"
nous ne nous limiterons qu'q percevoir •.•
"
le petrole brut gqbon~is RPPRrRit dqns les st~tistiques•••
Il
qui qvqit le soin de prospecter lR région c5tière

s
Lire
"
les possibilités du b~ssin sédiment~ire. g~bon~is en richesses
minières.
"
~voisinA.nt ~le sommet d'un dôme de selo .•
"
cf. "Le !VIonde" du 25 ~vril 1976.
li
les prix se sont presque multipliés p~r 3
"
cette bR.isse serR.it toutefois éloignée.
li
• •
des EtR.ts membres de l'U.lJ.E.A.U.
"
les trA.llsports, le b~timent, l'~rtisR.nR.t
"
"
de surfR.ces s~ines d~ns les R.lentours.
"
le port de Port-Gentil entretienne beR.ucoup de li~isons
"
les produits liés ou non q des impl~ntR.tions
"
ce qui les R. conduit q prendre des mesures .••
,.
8ucune infrR.structure portuR.ire n'était opérationnelle q
Port--'~entil. .•
"
du 28 novem ore 1953, date de 1::>, proclamation de l~ République
Gabonaise autonome au sein de la Communauté Francaise.
"
d'où les travaux de voirie et délimitation de quartiers
"
les bate8.ux qui apP8reillaient la nuit 8U lar[;e du Cap-Lopez. Le
Service lJl~ritilfle trouvant cette balise en ruines la démolissait
en 1968.
"
les développements effectués antérieurement ...
"
les noms sont plus coutumiers
"
et les abords servent q lR. fois de trottoir •••
/1
Il fR.udra s'orienter vers ces deux directions
"
elle était non seulement très exigue ••.
"
les pêcheurs y déb~rquent leurs provisions
"
~pp~remment, il n'y R. pas de probl~e d'ensablement
"
Les premi~res manifestations sont venus des commercants •••
)
"
dont on n'a pas doté de moyerls techniques •.•
li
les populations déf~vorisées. comme c'est lR. plupart •••
/1
L'équipement des quartiers populaires
li
il est démuni de tous les services.
/1
l'essentiel est qu'elle soit en dur.

Lire
"
l'qccès ~ lq propriété n'est p~s toujours une chose f~cile
"
Qu 1 i l s' qgisse de m"tisons en bois ou en p~rp~ing
"
L'escqlier est p"tr l'extérieur
II
8.U
type de lOL:8Jl8Clt
"
~ recenser 25 personnes sous le m~me tot t .••
"
on note seulement 40 ~Io de bénéficüùres
"
les d~ngers de contqbion qu'implique cecce promiscuité.
1\\
réqliser un br~ncnement se f~i t
~vec be~ucoup de s"tcrific es
et
ne pl·iv;nions.
"
SüU~-PAR'1'I}i; l
: ACTIVl.'l':r~ Il'ŒU0'1'.fŒELU E'1' l'lU'J'ATIUNS SOCIADES
Il
CelR peut se vérifier A.ibé~ent àA.ns l'industrie forestière ....
1\\
" . ils
ont gqé,né l:'ort-G-entil p~r l'entremise •..
1\\
en proven"tnce de l'OUBAl'iCrÙI-ZJ.ttArtl,
8.ctuel Gentr"tfrique, •..
"
Ceux qui se contentent de fré~uenter les établissements commer-
ci~ux de l~ p18ce s'opposent 8. ceux qui ont une préférence ..•
"
leur loc81is8tion, nous conduit ~ voir •.•
"
on rem"trque leur locqlisation "tu nord .••
"
dqns l'une des n~'Lions les ,;lOins peuplées
"
et support8nt le poids des trqditions qUX contours presque
stqtlonnqires
n'qutres sociétés, notqlliment lq br~sserie 0.B.ü.M., font des
femmes le 1/3 de leur effectif . . .
"
Celles-ci,
qutomqtisées pqr endroits,
ne nécessitent qu'un
trqvqil. . . .
\\1
lq profession doi t
~tre fqi te 8.vec ...
"
I l semole que distinction ne concerne que ..•
"
~rois pqys sont souvent sollicités
( '
"
~ l'intérieur m~me du groupe des cqdres.
"
lq courtoisie européenne un comp~ssée...•
"
i l n'en démeure pqS mois que lq divulg"ttion •••
"
les primes et les indemnites suivent •.•
"
Les employeurs redoutent de locer •..
"
elle s'élève ~ 8 000 frqncs ...

:Lire
1/
des conditions socü\\les des I/"'Lents d 'Assiètte ..•.
1/
ils ~ttendent toujours un Geste de l~ Direction ..•
11
l~ co;.1pt~oilité des c~ü.ces est tenue 8.U secret ...
1/
n~tion~ux ou 8tr~nGers ~u Titre de cont1'''ictuels •••
11
développée GRnS les or~nches d'Rctivité ...
11
"
l'~cnRt Ge voiTures de Gr~ndes iU8rques ...
"
de se IL,i l;er qu '8. une telle considér~tl()tl.••
11
qu'u.ne coll",oor",l;ion f1'8'lcne s'et~blisse eettre ..•
1/
~ert~itls nous ont ~~~e ~ssuré d'8voir ...
"
de iJercevoir les .ClecP.'lisCles de fonctionnef'lent .••
"
le souci c.' equlpe:ilPrH el; de conio.ct interieur perme, 8. cette ...
"
.Ges cuvées et R.ut1'es vins mousseux sont COnSO!llf'leS pRT les gens
.
,
~lS es . . .
"
c'est l'un :les CO,.le:·ces les PlUS floriss~nts•.•
"
offerte p~-\\:'" les c/1 ~L.isTes de qU8rtier ~vec leur méc~nis:ne...
11
des oQeu!'s el; de l'insRlubriTé qui les entourent •.•
"
lR inoitié ues pr00liéTRires flOUS ~ ~ssuré ...
"
d'",.pprovislo'·lnernent en produits vivriers de bRse ..•
11
ils peuverlt tot~liser clnqu~nte etltrees p",r jour .•.
11
Cepe~dR.nt, on ouolie expesse~ent de ..•
"
i l erl résulte une h':lUteur de crues ~llRnt de 0,39
fi ~ 0,76
fi.
11
IR f~t~lité Guide les consciences des victiloes ••.
1/
On crOll; m~~e S~VOlr que le mot de p~s' c est ...
1/
Bien que cel~ n'Rpp~r81sse p~s sur l~ c~rte •.•
1/
8.. une e:Xp~nsion :fr8ncniss~nt ces b8rrières .•.
( -
1/
le lit n'~ j~fi~is été creusé ..•
1/
:st S8.tlS êtTe contredit, ...
1/
sous 1"" forlne de décrets ...
1/
font l ' obj et de contr8.ts clés en m8ins . . .
11
Les effectifs,
loin d'être suffis~nts•.•
1/
entr~în~nt l~ réorG~r1isRl;ion presque complète de 11 esp~ce. ','

Lire
"
On peut ~lors penser que les mesures
\\1
d~ns le c~s de l'epuise:nent des m~tières premières
\\1
Ceèèe brève ~n~lyse montre Dien ...
1/
pqr l~ suite, d'un port de pl~iGqnce
\\1
lq cré~tion d'une zone d 1 h~bi t:1.tion
\\1
les ~Uères ~ctivités urb~ines ne sont pqs •..
\\1
l~ resol:,tion du problème démoGr~pnique ~u \\.;~oon prt"ser~ encore
( '

UNIVERSITE PAUL VALERY-MONTPELLIER III
ARTS ET LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES
L'EVOLUTION RECENTE
DE PORT-GENTIL (GABON)
TOME 2
THESE POUR L'OBTENTION DU DOCTORAT DE 3è CYCLE
(Géographie de l'Aménagement - Option: Aménagement des littéraux)
Présentée et publiquement soutenue
devant l'Université PAUL VALERY à MONTPELLIER
Par
Monsieur Jules DJEKI
JURY : MM : J. CABOT :
Professeur,
Président
Ch. VERLAQUE:
Professeur,
Rapporteur
A. SAUSSOL:
Maître de Conférences,
Docteur d'Etat, Assesseur
5 Novembre 1985

UNIVERSITE PAUL VALERY-MONTPELLIER III
ARTS ET LETTRES, LANGUES ET SCIENCES HUMAINES
L'EVOLUTION RECENTE
DE PORT-GENTIL (GABON)
TOME 2
THESE POUR L'OBTENTION DU DOCTORAT DE 3è CYCLE
(Géographie de l'Aménagement - Option: Aménagement des littéraux)
Présentée et publiquement soutenue
devant l'Université PAUL VALERY à MONTPELLIER
Par
Monsieur Jules DJEKI
JURY : MM : J. CABOT :
Professeur,
Président
Ch. VERLAQUE:
Professeur,
Rapporteur
A. SAUSSOL:
Maitre de Conférences,
Docteur d'Etat, Assesseur
5 Novembre 1985

- 476 -
TROISIEME PARTIE
L'IMPACT DE L'ACTIVITE INDUSTRIELLE

- 477 -
sous - PARTIE l :ACTIVITES INDUSTRIELLES ET MUTATIONS SOCIALES

- 478 -
Après
avoir
largement
montré
que
les
facteurs
économiques
ont
beaucoup
influé
sur
les
conditions
de
développement
de
la
ville
de Port-Gentil, nous avons jugé
opportun
de
nous
pencher sur certains facteurs sociaux qui
peuvent
intervenir
soit pour freiner ou au contraire,
accelérer le processus. Car nous sommes portés à croire
que
dégager quelques aspects sociaux de l'homme, en tant que
capital
le
plus
précieux
(1), nous permettra
de mesurer
les
effets
conjugués
de l'activité industrielle proprement
dite et du développement urbain qui en découle.
Pour
ce
faire,
i l
faut
rappeler
que
Port-Gentil
renferme
une
mosaïque
d'immigrants
aux
origines
diverses.
Ville
de
cadres
et
ville d'ouvriers,
Port-Gentil
est
sociologiquement
un
t'bloc
composite",
intéressant
à
percevoir
dans toute sa dimension.
Cela nous
conduit
nécessairement
à
voir
dans quelles conditions les
travailleurs de l'industrie locale évoluent.
Tout
en insistant particulièrement sur le groupe des
pétroliers
et
son
originalité,
il
devient
également
indispensable d'analyser les transformations successives que
la
formation,
le
développement
et la vie de ce groupe ont
provoquées
dans
l'espace géographique qui nous concerne. Et
de
plus,
examiner
le genre de vie de ces hommes va dans le
sens
de
nos
préoccupations
premières,
quand bien même,

au-delà
de toute enquête méthodique, nous ne pouvons céder
(1)
Lénine,
Cité
par
J.M.ELA, Cf.-L'Afrique des Villages ,-Edition:
Kharthala, page 79.

- 479 .
éviter
une
certaine
subjectivité.
Nonobstant
cette
lacune,
i l
re ssort
que bon nombre d'a tti tudes
définissent
ce
qu'il
est
convenu
d'appeler
ici
les
mentalités.
Mais
pour
l'instant, voyons comment se compose
la main-d'oeuvre à Port-Gentil.
CHAPITRE l
- PORT-GENTIL et LE COSMOPOLITISME URBAIN
La
ville
de
Port-Gentil,
située
sur
une
île
totalement
déserte
à
l'époque,
est
de
création récente,
grâce au mouvement des migrations. Dans la première partie
nous
avons
longuement
insisté
sur
les
apports
simultanés
de
l'exode rural et de l'immigration en général,
ayant
permis
de
former ainsi un noyau humain, base de tout
développement.
Nous
n'y
reviendrons
plus. Néanmoins, nous
précisons
tout
simplement que ces mouvements répondent à un
processus qui se perpétue jusqu'à ce jour.
Mais
ces
migrations
ne
relevaient
pas jadis d'un
fait
aventurier
individuel. Si
c'est
le cas aujourd'hui
-ce qui n'est pas
toujours évident-, la migration
revêt
alors un caractère
purement
banal.
Par
le
passé,
encouragée
et
organisée
au
départ,
elle
s'est
toujours
révélée
indispensable
dans
une sous-région géographique du
continent
victime
du
sous-peuplement, et
où les matières
premières
abondantes
présageaient
d'une
intense
activité
industrielle
florissante pour la suite. Ainsi,
les migrations

- 480
vers l'île Mandji, du moins au début du 20e siècle,
étaient
essentiellement ouvrières.
l - 1. ORIGINE DE LA MAIN D'OEUVRE.
Lors
de
nos
enquêtes,
nous
avons
été beaucoup
frappé
par
le
fait
qu'une
bonne
partie de la population
active
soit
née
hors de Port-Gentil ou de la province, une
personne
sur
trois
à
peu
près
(1).
Cela témoigne de la
diversité
des
origines
des travailleurs. Pour mieux cerner
la
question,
nous
avons
pu
distinguer
deux
formes
d'immigration:
L'immigration
proche
et
l'immigration
lointaine.
La
première
se
limite
au
niveau
national et
concerne
a
la
fois
les
mouvements de populations partant
soit
de
la
région de Port-Gentil ou soit de n'importe quel
endroit
du
pays
Quant à la seconde, elle n'est
tournée que vers l'extérieur.
l - 1.1. Les travailleurs nationaux.
Ce
sont les plus nombreux dans la mesure où ils font
l'objet
d'un
recrutement
sur
place,
soit
par
voie
de
concours
(très
rarement d'ailleurs car on procède souvent à
l'admission
par
tests
psychotechniques) ou soit par examen
de
dossiers (cas des cadres).
Il existe également des vagues
de
recrutement.
Mais
elles
deviennent très rares parce que
les
populations
sont
beaucoup
attachées
à
leur
terre
(1)C'est le résultat d'une enquête effectuée en avril 1983 auprès de
la population scolaire fréquentant les établissements de l'enseigneme:
secondaire à Port-Gentil. Trois établissements ont été '
retenus~
à
savoir: le Lycée d'Etat, le Collège Moderne Raponda Walker et,
le
Collège nelta. Le premier est laîc·et le deuxième este confessionnel
(catholi~ue).

-
481
-
d'origine.
Le cas le plus concret est celui des campagnes de
recrutement
organisées
par
les
dirigeants de la CFG,
dans
les
régions
du Sud-Est du Gabon (Haut-Ogowe et Ogowe-Lolo).
Elles
ont
très
bien marché au début,
cela peut se vérifier
aisément
dans
de
l'industrie
forestière
ou
le
record
d'ancienneté
est
détenu
par
les
ouvriers
originaires
de
ces
régions.
C'est
peut-être
ce
qui
explique en partie pourquoi la région de l'Ogowe-Lolo est
aujourd'hui la moins peuplée •••
Cependant,
il
faut
situer
ce
transfert
de
populations
dans
le
temps,
c'est-à-dire
tout
juste
au
.début
de l'exploitation forestière.
Evidemment, avec les
tailles
des
familles
de
l'époque,
les premiers émigrés
ont été
rejoints
par quelques membres de la famille;
d'où
un
grossissement
des
rangs de personnes dépendant de cette
industrie du bois.
Aujourd'hui,
le
problème
se présente autrement. Le
bois
a
plus
ou
moins
été
éclipsé
par
l'exploitation
pétrolière.
De
plus,
son
industrie est réputée verser les
plus
bas
salaires
du
secteur
privé
(1).
De ce fait,
les
déplacements
vers Port-Gentil visent plut~t les compagnies
pétrolières.
Néanmoins,
compte tenu de la difficulté que les
ruraux
éprouvent
pour
percer
le
"rideau
pétrolier", ils
-
n'ont
de
choix
que
de se rabattre sporadiquement à la C F G
(1)
Nous
en
reparlerons
au
chapitre
réservé
à
la
situation de
salaires.
(2)
Il
faut
peut-être
signaler
que
la
CFG
recrute
presque
quotidiennement des travailleurs au titre de journaliers.

- 482 -
La réalité urbaine les y oblige.
En
outre,
la plupart des migrations actuelles étant
individuelles
et
isolées,
on
ne
peut
pas
discerner une
orientation
régionale
au
niveau de l'embauche des ouvriers
dans
les
différentes
sociétés.On remarque alors que toutes
les
régions sont représentées à Port-Gentil, avec bien sOr
une
prédominance
des
autochtones,
compte tenu du fait que
les
chantiers
forestiers
ont,
à un moment donné,
côtoyé
les
villages
avoisinants.
Par
contre,
l'immigration
lointaine
apparaît
plus
claire et plus manifeste si l'on
tient compte du facteur de la nationalité.
l - 1.2. Les travailleurs étrangers.
Par
travailleurs
étrangers,
nous
entendons
les
populations
ou
groupes
de
personnes
déplacées
(ou
se
déplaçant)
de
pays
voisins
ou
lointains
dans
le
but
d'exercer
une
activité
professionnelle à Port-Gentil.
Cela
dit,
nous
ne
tenons
pas
compte
des populations habitant
l'île
et le pays depuis longtemps et qu'on peut facilement
assimiler
aux
nationaux,
nous
pensons
aux ressortissants
Togolais
et Béninois dont l'implantation remonte au début du
siècle
et
ayant comme activité principale le commerce. Pour
mieux
surmonter
la complexité du problème, nous distinguerons
ceux qui sont originaires du continent des autres.

- 483 -
1.1.2.1. Les migrants
africains
Pou~
la plupa~t, ils ont
gagné
à Po~t-Gentil
pa~ l'entremise des
"Appels d'Off~es" de g~andes ent~ep~ises
(du
moins les p~emiè~es vagues). Il faut di~e que l'effet de
su~p~ise
a
joué pou~ les p~emie~s mig~ants Af~icains qui
a~~ivè~ent
pêle-mêle.
Dans ce contexte, il est p~obable
que
le
p~emie~
contingent fut celui des populations SARAS,
en
p~ovenance
de
l'OUBANGUI-CHARI,
actuel
Tchad déchi~é,
pou~
le compte de la CFG en 1948. Le ~ec~utement en question
a
pe~mis
de
comble~
le
vide
~ep~ésenté pa~ la situation
locale.
Ils étaient un peu moins de 500 individus.
Ce
mouvement
n'a pas été
~égulie~
et
d'aut~es
nationalités
ont du
êt~e ~ec~utées
un
peu
plus ta~d.
Ce fut le
cas, dans un passé ~elativement p~oche, d'ouv~ie~s
Came~ounais
venus
pou~ le compte de la CFG (un peu moins de
100
pe~sonnes) et de Sénégalais t~availlant dans l'industrie
du
bâtiment. Le second contingent répondait au boom pétrolier
des
années
70
et
qui
vit
le
pays
tout
entie~
et
p~incipalement
les
grandes
villes
ouv~i~
de
nombreux
chantie~s. On dénomb~ait 150 Sénégalais.
Mais
tous
les
mig~ants africains
p~ésents
à
Po~t-Gentil
ne
sont
pas
a~~ivés
de la même maniè~e.
Le
p~ocessus
déc~it
plus
haut
conce~ne
plutôt l'indust~ie
fo~estiè~e.
Pou~ ce qui est de l'exploitation pét~olière, en
deho~s
de
ce~tains
g~oupes
de
taille
modeste

- 484 -
(Nigériens),
la
S.P.A.E.F.
recrutait
surtout des ouvriers
nationaux.
Déjà
en
1961,
sur un effectif de 1021 ouvriers
africains,
les
étrangers
ne
représentaient
que
107
personnes,
soit un peu plus de 10% (1).
D'où la constatation
suivante:
l'exploitation
forestière
était
plus
ouverte à
l'immigration
étrangère
d'origine africaine.
A présent,
compte
tenu
de
l'écho
de
ladite société et des problèmes
qu'elle
rencontre
ces
dernières
années,
même
si
les
effectifs
ont
évolué
en
chiffre
absolu,
une
pause
est
observée
quant
au recrutement de populations étrangères par
vagues.
L 1.2.2.
Les migrants
européens.
Leur
arrivée
à
Port-Gentil
est très différente de
celle
des
migrants
africains,
tant
par
la
forme
(individualité)
que
par
le
fond
(attachement aux accords
historiques).
En somme, elle est conventionnelle.
En
effet,
les deux principales industries installées
à
Port-Gentil
ont
exigé de lourds investissements relevant
de
capitaux majoritairement étrangers;
c'est ce qui a permis
au
Gabon
d'ouvrir ses portes aux multinationales. De droit,
les
intérêts
de ces dernières sont plus ou moins défendus
ou
sauvegardés par un personnel d'encadrement assez nombreux
dans les principaux départements d'opération.
En
tête
se
trouvent les Français. Comme ordre de
(1) ROUMEGEOUS (M.), op cit., pp. 328.

- 485 -
grandeur,
nous
rappellerons
qu'en
1965,
la
population
française
à
Port-Gentil
atteignait
1200
personnes,
représentant
ainsi
32%
de la population française au Gabon
(1).
Actuellement,
cette
dernière
approche
les
30
000
individus.
Et si la proportion des années 60 a été maintenue
-ce
qui
n'est
pas évident- nous avons
une estimation de
8000 Français
résidant
à Port-Gentil. Mais toute proportion
gardée,
il
est
plus vraisemblable de parler de 3 à 5 000
Français
à
Port-Gentil,
la
tendance
étant de s'établir à
Libreville.
La
présence
notoire
des
Français
dans
la
capitale
économique ne passe pas inaperçue et l'ouverture de
l'unique
Consulat dans une ville de l'intérieur est
très
significative.
Ainsi,
aux
termes
de
la
coopération,
de
nombreux
Européens
et
majoritairement
les
Français,
participent
à
la
vie
économique
et
également
au
fonctionnement
de
l'administration,
sous
l'appelation
d'assistants
techniques
ou conseillers. Leur effectif
est
en augmentation constante,
malgré
les
tentatives
de
l'gabonisation'l
d'emplois
décrétées depuis quelques années.
Autrement
dit,
la
migration
Européenne
est
de
longue
durée ..•
l - 1.3. Immigration et groupes sociaux.
Le
phénomène
de
l'immigration
a
entrainé
(1)
RO~IEGEOUS (M.)
1
op cit. , pp. 329

- 486 -
naturellement
la
formation
de
groupes
sociaux
dans
un
périmètre
urbain
dominé
par
l'activité
industrielle.
Il
n'est
vraiment pas possible de se pencher sur les nombreuses
formes
d'immigration, c'est pourquoi nous comptons percevoir
le problème dans sa globalité en nous appuyant sur l'origine
des
migrants.
Pour
cela,
nous
serons
amené
à distinguer
la
migration rurale de
la migration citadine.
l • 1• 3. 1. ;::L~e-.::s=-----",m
...i:Jg",r:..-a=n~t.:;s~cc..=i:...:t:..:a:..:d::..:l::..:· n=s
Ce
sont
généralement
les
étrangers, qu'ils soient
africains
ou
européens. On peut les évaluer au rapport d'un
immigré
sur
dix habitants de l'agglomération. Leur point de
départ
est
une
ville, et à l'arrivée c'est Port-Gentil. I l
aurait
été
intéressant
d'analyser
dans leur globalité les
villes
d'origine
des
migrants;
mais
les
moyens
tant
financiers,
matériels
que
humains
à déployer nous ont
handicapé
énormément.
Car
une telle démarche
aurait
pe rmi s de me sure r le '!de gré d' urbanité" de s
migrants,
ces
derniers
étant
le
plus
souvent
conditionnés
par
le
développement
de
la
ville de départ et son rayonnement. Et
il
ne
fait
aucun
doute
que
de
ses
fonctions et de ses
services dépendent à la fois le niveau de la scolarisation
et les aptitudes professionnelles.
Pour
cette
catégorie
de migrants,
le problème de
l'intégration
au
monde
urbain
ne
se
pose
presque
pas.

- 487
Quelle que soit la
diversité
des
formes
urbaines
et
leur
organisation,
une plateforme peut être obtenue en relevant
un
certain
nombre
d'habitudes
urbaines:
les
immigrants
citadins
sont
déjà familiarisés avec le mécanisme
de
l'administration,
les services publics,
la fréquentation des
écoles
etc...
Sur
le
plan
matériel,
même
s'ils
ne
disposent
pas
d'une
garantie
financière
appréciable pour
acheter
ou
louer
une maison en dur, ils habitent néanmoins
un
logement
décent,
pourvu d'équipements de base, à savoir
les sanitaires et les conduites intérieures d'eau courante.
Mais
le
groupe
de migrants
citadins ne représente
pas
en
tant
que tel une entité homogène.
C'est pourquoi, à
l'intérieur
des
mêmes
échelons
sociaux
on discerne une
différenciation
au niveau de la consommation. Deux attitudes
sont fréquemment observées:
à
ceux
qui
se
contentent
de
fréquenter
les
établissements
commerciaux de la place,
s'opposent
à
ceux
qui ont une préférence pour les magasins
situés
dans
la capitale du pays, Libreville. Il y a lieu de
voir
en
ces
comportements
une
sorte
de
distinction
de
"classe"; ouvrier, commerçant ou médecin, le migrant citadin
a
toujours
conscience
de
son
origine
paysanne à laquelle
i l
n'hésite
pas
à
se
référer. Cette
conception
des
choses
nous
amène
à penser
qu'au
Gabon
-par extension
en
Afrique-
le
point
de
départ
de
tout migr~t depuis
les temps reculés de l'histoire est presque toujours le village,

-
488 -
1.1.3.2. Les
migrants ruraux.
=-=-=-_-=="-'-'-'=.-c-_...::.-...::.---"-_ _
Ce
sont
les
plus
nombreux.
A
Port-Gentil
comme
partout
ailleurs
en Afrique,
ce groupe social est le plus
confronté
aux
problèmes relatifs à l'intégration en milieu
urbain.
Ainsi,
le
passage
du monde rural -essentiellement
agricole,
auto-suffisant
et par conséquent très fermé- à la
réalité
urbaine
ne se fait jamais sans problèmes,quel que soit
le
degré
de
maturité
des
ruraux. Pour eux, non seulement
l'héritage
social
et
culturel pèse sur leurs épaules, mais
également
le
caractère
même de l'agglomération d'accueil
qui n'est pas toujours bien perçu (1).
De
toute
évidence,
la migration
rurale
a
majoritairement
contribué au peuplement de Port-Gentil. Mais
la ville ayant déjà
du mal à s'organiser, l'on comprend par
la
suite qu'elle est naturellement mal préparée à accueillir
les
migrants
ruraux.
Sans
ressources
financières,
le
villageois
qui
y
arrive devient un familier de l'habitat
précaire,
sans pour autant alimenter de bidonville , dans la
mesure

la
fluidité
des
droits de propriété et surtout
l'hétérogénéité
sociale
de
la population ont plus ou moins
permis
aux
migrants
ruraux de s'implanter un peu partout
dans
le
périmètre
urbain,
essen~iellement là

ils
pouvaient
occuper
un
terrain vacant. Ainsi, à Port-Gentil,
les
ruraux
fraichement
arrivés
ou ceux de longue date, ne
(1)
Pour
pouvoir
analyser
de
façon adéquate les relations entre 1
paysan
et la ville,
il nous aurait fallu dans un premier temps étudie
les
relations
de
l'immigrant
avec son milieu d'origine, travail qu
exige
un
long
séjour sur le terrain. Car, il nous
paraît évident
que
le
paysan,
devenu
Port-Gentil lais, nous ne
le
connaisson
malheureusement
que
fort
peu.
Notre
propos
se limitera donc ici
l'énumération
de
certains
aspects
de son apprentissage de la vie e

- 489 -
forment
pas
de véritable
ceinture de pauvreté autour de la
ville.
Au fil
de
l'histoire
de
la
ville
et
comme nous
l'avons
bien
détaillé
dans
la
précédente partie, des
secteurs
se
sont constitués, avec leurs us et coutumes. Les
ruraux
ne
font qu'y pénétrer, contribuant alors à accentuer
le
caractère
désordonné des quartiers d'habitations tout en
provoquant
la
dispersion
de
l'habitat
précaire.
Par
conséquent,
la particularité qui se dégage à Port-Gentil est
qu'il
n'y
a pas de véritables "villages urbains" regroupant
des
migrants
appartenant
à la même contrée. Même si,au
bénéfice
des
pratiques communautaires, le néo-citadin doit
être
accueilli par quelques familiers l'ayant précédé, il
ne
peut
que
difficilement
s'imbriquer
dans
une
cellule sociale cimentée par une communauté d'origine.
De
plus,
on
ne peut spéculer sur
le migrant rural
sans évoquer ses conditions de logement.Très simpliste,celui-ci
se
compose
d'une
case plus ou moins cloisonnée et entourée
d'un petit jardin familial qui devient à la fois une trans-
position de son ancien mode de vie et une sorte d'assurance
contre
le "chÔmage". Aussi, le petit commerce de fruits et
légumes
est-il
le
gagne-pain
de
ces agriculteurs devenus
citadins.
La
récolte,
si
maigre soit-elle, est divisée en
deux
parties: la première est consommée par toute la famille,
tandis
que
la
seconde
partie
va
être
commercialisée.
ville.
Toutefois,
pour un approfondissement de la question -mais dar
un
cadre
autre
que
Port-Gentil-,
se référer à l'ouvrage de Raymor
DENIEL
intitulé
"De
la
Savane
à la ville"
• L'auteur a eu
étudier
en
profondeu~ les grandes migrations des Mossi (Populatior
de Haute-Volta devenue Bourkina Faso) vers la COte d'Ivoire.

- 490 -
Pa~fois,
le
paysan
devient un inte~médiai~e ent~e le petit
p~oducteu~
local
et
la
clientèle u~baine. Ent~ant dans le
ci~cuit
comme~cial
élémentai~e,
tous les matins, il achète
cageots
d'o~anges,
de
bananes, de tomates, etc ..• pou~ les
~evend~e
pa~ petites quantités aux abo~ds du ma~ché. Il peut
a~~ive~
pa~
la suite que quelques uns de ces migrants
aient
la
chance
d'obteni~
un
emploi
au sein d'une
ent~ep~ise
fo~estiè~e
ou pét~oliè~e. Mais ce sont su~tout les comme~ces
et
se~vices
qui
abso~bent
la majo~ité de ces t~availleu~s
faiblement scola~isés
Ces
quelques
obse~vations ne
nous ont pas appo~té
des
conclusions valables quant à l'adaptation du paysan à la
ville.
Toutefois,
elles
confi~ment
la
dualité sociale et
économique
de
la
ville
de
Po~t-Gentil.
Nationaux
comme
étrangers,
africains
et
européens,
mig~ants citadins et
migrants
~u~aux,
sont
des
groupes
d'individus
qui
"alimentent"
la
ville
en population
active et résidente.
Ils
cont~ibuent tant bien
que mal à la vie de la cité et la
dive~sité
des
individus
qui la composent est d'autant plus
en~ichissante
qu'elle s'insc~it dans le cad~e du plu~alisme,
p~op~e aux villes indust~ielles.

-
491 -
l - 2. LA DISTRIBUTION DE LA MAIN D'OEUVRE.
Nous
l'avons
évoqué
précédemment
la
particularité
de la
main-d'oeuvre
reste sa diversité. Cependant, connattre
avec
précision
la répartition
des
travailleurs à travers
des
quartiers
assez
disparates
représente une difficulté
majeure.
Ici, les ouv~ie~s ne logent pas fo~cément à côté
de
leu~
lieu
de
t~avail;
en plus, on ne note pas de t~ès
g~ands
~eg~oupements
(la
taille
des
cités
est
de
cent
logements
au
maximum).
Seule
la
classe
di~igeante
-les
cad~es
supé~ieu~s
et
assimilés-
est
concent~ée
dans des
cités
situées
pou~ la plupa~t à p~oximité des installations
indust~ielles.
Cependant,
les sociétés installées à Po~t-Gentil ont
un
champ
d'action
qui
dépasse
le pé~imèt~e u~bain, et va
même
au-delà
de
l'rIe
Mandji.
C'est
pou~quoi
la
dist~ibution
géog~aphique de ce pe~sonnel indispensable pou~
le
fonctionnement
des unités indust~ielles, plus enco~e que
leu~
location,
nous conduit à voi~ jusqu'où peuvent abouti~
les mig~ations humaines et su~tout les cont~aintes qui en découle
l - 2.1. Les chantie~s.
Ce
sont
eux
qui
~eg~oupent éno~mément d'ouv~ie~s,
avec
un
personnel
d'encad~ement ~elativement négligeable à
cause
de
son
effectif
assez ~éduit. Point n'est besoin de

- 492 -
rappeler
que
la
région
de
Port-Gentil
est riche avec ses
ressources
forestières et pétrolières. Leur exploitation n'a
pas
seulement nécessité les bâtiments abritant les usines,
mais
également
les
nombreux
chantiers,
ouverts en pleine
forêt
équatoriale;
même
si
dans
certains
cas,
l'exploitation
ne
dure d'ordinaire que quelques années.
Les
camps
ainsi
créés sont voués à une mobilité,
l'exploitation
se résumant en un mouvement cyclique.
Les
chantiers
peuvent être éloignés ou proches du
centre
de
production Port-Gentil. Lorsqu'ils remplissent la
première
condition
-on
pense
surtout
aux
chantiers
forestiers(1)-
ils
sont
disseminés
dans
la
forêt,
fournissant
les
grumes
destinées
à
l'exportation ou à la
transformation
sur
place.
Les
ouvriers
sont
condamnés à
vivre
parfois
dans
des
conditions
très
difficiles,
le
travail
en
lui-même étant déjà très pénible à supporter,
même
pour
des
individus
ayant
de la bonne volonté.
S'y
ajoutent
également
les problèmes de ravitaillement liés aux
moyens de communication très médiocres.
Dans
une certaine mesure,
l'activité pétrolière fait
partie
de
ces
chantiers
éloignés.
Cependant,
ils
se
présentent
sous
une
autre forme parce que le personnel est
plus ou moins permuttant et peut récuperer, mais brièvement,
(1) Ils sont tous situés dans l'arrière-pays

- 493 -
en ville. Et
compte
tenu
de la concentration des gisements
pétrolifères
autour
de
la
ville,
les chantiers pétroliers
sont
assez
proches
les
uns
des
autres:
on
remarque
leur
polarisation
au
nord
et
au sud de l'rIe
Mandji.
Ainsi,
considérées grossièrement comme des banlieues,
les
zones
de
Tchengué
et
Cap-Lopez
témoignent
d'une
importante
activité
pétrolière
et
regroupent
un effectif
humain
assez
remarquabl e,
mêlant
cadres
européens
et
ouvriers
africains,
travaillant
pour
le
compte
des
industries-mères basées à Port-Gentil.
l
- 2.2. Les usines.
Les
chantiers
sont
le
point
de départ de tout le
processus
industriel.
De

sont
collectées les matières
premières
qui
alimentent
les usines de transformation. Ces
dernières
emploient
une
main d'oeuvre assez stable et dont
le
volume
tend
à
augmenter
lentement
et
régulièrement,
qu'elles soient petites ou grandes.
En
fait,
l'évolution
historique
de
l'activité
forestière
et
pétrolière
se
caractérise
au total par une
remarquable
stabilité.
Car,
si le nombre des travailleurs a
connu
de
grandes fluctuations,
presque du simple au double,
la
répartition
de
la
main d'oeuvre n'a guère varié depuis
l'après-guerre.
Les
principales
usines
se
caractérisent
alors
par
une
stabilité
au
niveau
des
effectifs et une

-
494 -
concentration
dans
l'espace;
il
faut
également
ajouter
l'aspect
sélectif
du
personnel
concerné et le fait que la
construction de grands camps d'ouvriers ne soit pas envisagée.
De
toutes
petites
cités
inaccessibles
à tous abritent un
nombre
très
limité
d'agents.
En
plus,
ces
cités
ne
côtoient
pas souvent les installations industrielles comme
c'est
le
cas
dans
les chantiers. L'usine apparatt alors
comme uniquement le lieu de travail.
l
- 2.3. Les administrations
M~me
si
ce
secteur ne représente qu'une fraction
très
petite
de
la
vie
économique
des
grandes sociétés,
d'autant
qu'il
s'agit
d'un
travail
de
bureau
qui ne se
distingue
guère
de
celui
des
autres
administrations
publiques,
il occupe une bonne part de la population active.
La
principale
particularité
est
que l'effectif de la main
d'oeuvre
crott considérablement et touche également toutes
les couches de la population.
l
- 2.4. Variation de la main d'oeuvre.
Nous touchons là à
l'aspect quantitatif du phénomène
migratoire,
la
main
d'oeuvre
ayant
évolué dans le temps.
Mesurer
sa
variation n'apparatt pas toujours facile,
nous
ne
nous
limitons
qu'à
deux
étapes:
les années 60 et les
années
80.
Cela
nous
donnera
en
gros
les tendances

- 495 -
actuelles et futures.
1.2.4.1. Situation au cours des années 60
Au
début
des
années
60,
la
population
active
représentait
un
peu
plus
de
40% de la population totale,
exactement
42,5%
(1)
-celle
de
Libreville
se
situant à
44,3%-,
soit
8500
individus
en
chiffre
absolu.
De cette
population
active,
un
très
fort pourcentage, 93,75%, était
salarié;
ce
qui
correspondait
sensiblement
à
39,8%
des
habitants
de
la
ville.
Une
période
très
intéressante à
signaler
est
celle
qui
va
de
1957
à
1961:
elle a vu la
population
urbaine
passer
du
simple
au
double, avec une
augmentation
de 81,7%.
La main d'oeuvre quant à elle a connu
un
accroissement
de 20,2%,
essentiellement lié à l'activité
pétrolière naissante.
I l
est
également
important de voir le ratio des
sexes
à
travers cette population active. Tout en notant une
population
très jeune (2),
le rapport pour la tranche des 15
à
60
ans
était
favorable aux hommes, soit 4 hommes pour 1
femme.
Les emplois féminins relevaient essentiellement de la
domesticité,
à
peu
près
40 %: les femmes travaillaient au
titre
de
ménagères
ou
lingères
chez les Européens ou les
notables gabonais,
seules classes aisées de l'époque.
Au
niveau
des
hommes,
compte
tenu
de l'activité
économique
de
l'époque
-qui
n'a
presque
pas
changé
1) & (2)c~ROUMEGEOUS
(M),
op
cit,
pp.339.
L'auteur
estime que les gens
commençaient
à
travailler très jeunes. Elle avance qu'en 1962,
le 1/3
des jeunes de 15 à 19 ans avaient un emploi.

- 496 -
fondamentalement-,
il
est
logique
d'admettre
que
80%
composaient
principalement la main d'oeuvre travaillant dans
les
chantiers,
les
usines
et
la
domesticité.
Le reste,
c'est-à-dire
20%,
occupait
des
postes administratifs dans
la Fonction Publique, les Banques et autres bureaux.
1.2.4.2. Situation au cours des années 80
Elle
n'est
pas
très
différente
de la précédente.
Ici,
la
tendance
est à l'accroissement des emplois dans le
secteur
privé
et
para-public,
le
secteur
public
étant
largement
représenté
à
Libreville,
capitale
politique et
administrative.
A
Port-Gentil les emplois administratifs ne
représentent
que
11%,
ce
pourcentage
est
très faible et
signifiant
dans
la mesure où il permet de relever le manque
de décentralisation administrative.
Globalement,
la
ville
de
Port-Gentil concentre
14000 emplois
salariés
(1)
près
de 90% revenant au secteur
privé
et
para-public.
La
domination écrasante des emplois
industriels
répond
à
la
vocation
économique de la ville.
Mais
des
années
60 à ce jour, soit une vingtaine d'années,
même
si
dans
l'absolu le nombre de travailleurs est plus
ou
moins
passé
du
simple
au double, on s'aperçoit que le
mouvement
migratoire
a
apporté
trois
fois
plus
de
.
population,
passant
de 20 000 en 1962 à 70 000 en 1982
Autrement
dit,
aux
premières années de l'indépendance,
les
(1)
Dans
un
numéro
spécial
du
17 AoOt 1983, le Journal Dialogue
avance
le
chiffre
de
14.796
pour
toute
la province de l'Ogowe -
Maritime.
Compte
tenu
du
fait
que
les
villes
voisines -Gamba et
Omboué-
sont
de
tailles
modestes,
elles ne rlisposent même pas du
millier
de
salariés
toutes
les
deux reunieslIl faut tout de même
nuancer
en
précisant
que
Gamba
renferme
le
Terminal pétrolier de
Shell-Gabon, ce qui réprésente à peine 500 agents d'exploitationJ,on peut
penser que le chiffre ~vancé plus haut est ~isonn~ble.

- 497 -
emplois
salariés
représentaient
un
total
de
39,8% de la
population
urbaine.
Actuellement, ce chiffre est descendu à
un
niveau
tel
qu'il
ne
représente
plus
que
la moitié,
c'est-à-dire 20%
Ces
données
permettent
de
tirer
des
conclusions
intéressantes:le mouvement migratoire qui s'est poursuivi sur
un
rythme
infernal
n'a toujours pas été accompagné par une
croissance
économique
qui
entrainerait dans son sillage un
tel
afflux
de migrants.
ceci
peut
nous
permettre
d'affirmer
que
la
base
industrielle
était
mise en place
depuis
les
années
60,
une
activité
économique
essentiellement
centrée
autour
de
la
CFG
et
Elf-Gabon.
Même
si
la sous-traitance s'est accrue relativement, elle
marque
beaucoup
d'instabilité,
la plupart des travaux étant
liés
à
des exploitations bien précises. En d'autres termes,
un
grand
nombre
de
sous-traitants
exécute
un
travail
ponctuel;
une fois les contrats rompus,
ils sont condamnés à
dipara!tre.
De
plus,
il
appara!t évident que les entreprises
créées
entre
1960
et 1980 ne sont que de taille modeste et
tendent
à
embaucher
un personnel spécialisé ou d'un niveau
élémentaire
appréciable
pour
un éventuel perfectionnement:
c'est
le
cas
des
deux
raffineries
de
pétrole.
Et
la
fermeture
des
portes des principales usines aux
migrants à
eu
pour conséquence la création de petites sociétés, faisant

- 498 -
co~ps
avec l'économie u~baine; nous
y
~eviend~ons en détail
lo~sque
nous abo~de~ons le cinquième chapit~e. Pou~ l'heu~e,
la nature des différentes sociétés installées à Port-Gentil
sera perçue avec beaucoup d'intérêt.
l - 3. LES TYPES DE SOCIETES
Pour
mieux
app~écie~
les
diffé~entes
sociétés
installées à
Po~t-Gentil, il convient de nous
pencher
su~
leu~
taille
et
leu~
natu~e. Tout en nous appuyant sur les
effectifs
globaux
des
t~availleu~s, nous ne manquerons pas
de relever la participation des contractuels
qui
forment
lrossatu~e
de
ce~taines
d'ent~e elles. En tenant compte de
toutes
ces
données,
nous
se~ons
appelés
à
nuance~
les
g~oupes principaux.
l - 3.1. Les sociétés de gestion.
Ce
sont
les
plus "petites". Toutes g~oupées, elles
n'emploient
presque
pas
de
contractuels. La particularité
est
que
le
pe~sonnel ~este très ~éduit, le plus souvent il
n'atteint
même pas 100 personnes. Dans la plupa~t des cas,
ce
sont
des
filiales de sociétés ét~angè~es géantes. C'est
pourquoi,
la
petitesse évoquée au début n'est que relative;
en fait,
elle ne concerne que la taille (1).
L'activité
technique prop~ement dite a été confiée à
d'autres
sociétés.
Les bu~eaux n'ont d'aut~es fonctions que
(1) La société de gestion la plus impo~tante est Gabon Informatique.

- 499 -
de
gérer
financièrement
un certain nombre de participation
et
défendre
les intérêts de la maison-mère. Comme on peut
l'imaginer,
le
personnel
est hautement qualifié et le plus
souvent
d'origine
étrangère.
Pour ainsi dire,
les sociétés
de
gestion
bénéficient
d'un
système
très
souple
qui se
développe
chaque
fois
que
l'Etat
octroie
de
nouvelles
concessions.
Mais
en
cas
de
crise,
tous
ces
avantages
peuvent disparaître.
l
- 3.2. Les sociétés moyennes.
Plus
grandes
que
les
précédentes, elles emploient
plus
de
cent
personnes,
possédant
en
leur
sein
une
proportion
de
contractuels
avoisinant
les 10%. Considérés
comme
des
travailleurs
exceptionnels,
ils
sont
le
plus
souvent
menacés de licenciement en période de crise. Mais il
existe
de
grandes
différences
entre les diverses sociétés
appartenant
à
ce
groupe.
Nous
citerons
entre
autres la
SO.GA.RA,
la
COGER,
la
SBOM,
SOGAFUTS,
PIZOLUB,
AGRIPOG
etc ... C'est même pourquoi i l est dit hétérogène.
l - 3.3. Les grandes sociétés "intégrées".
Très
impressionnantes
par
leur
taille,
elles
emploient
assez
peu de contractuels car elles sont capables
d'assurer
à
peu
près toutes les opérations nécessaires,
de

- 500 -
l'exploration
à
la
transformation de produits
finis,
en
passant
par
l'exploitation.
L'effectif du personnel est
de l'ordre du millier.
Pour
ce
qui
est du domaine pétrolier,
l'importance
et
la
diversité
de
leur
main
d'oeuvre
leur
permet
d'assurer
elles-mêmes
l'essentiel
des
activités.
Cela
n'exclut
pas
pour
autant
des appels momentanés soit à une
main
d'oeuvre
occasionnelle,
' soit à des travailleurs très
spécialisés,
comme les ingénieurs hautement qualifiés,
c'est
le cas pour Elf-Gabon.
De
toutes
les
sociétés
installées
à Port-Gentil,
seule
la
CFG remplit toutes les conditions;
c'est même la
plus
employante
avec
2500 personnes. Elle est le prototype
des
industries
géantes
qu'on
rencontre dans bon nombre de
pays
industrialisés. D'une manière générale, on remarque que
jadis,
les grandes sociétés de la place -Elf-Gabon et CFG en
particulier,
et dans une moindre mesure Shell-Gabon- se sont
chargées
des
tâches
les
plus
diverses (Construction de
routes,
construction
de
cités,
entretien,
restauration
etc . . . )
pour
leurs
employés.
Actuellement, elles tendent à
confier
ces activités annexes à des sociétés contractuelles.
En
somme,
la
puissance des sociétés de grande envergure ne
les
dispense toujours pas de faire
appel à d'autres sociétés
pétrolières dans un but de rationnalisation.

- 501 -
Les
trois
tailles
ainsi définies donnent un aperçu
du
poids industriel de la ville. Cependant, plusieurs formes
intermédiaires
existent,
nous
n'en
avons
pas tenu compte
parce qu'elles sont
éClipsées par le nombre des travailleurs.
Tout
en
rattachant
le
facteur
humain
à
l'activité
industrielle,
nous
serons
tentés
de
toucher
du
doigt
l'atmosphère qui règne au sein de ces sociétés.
l - 4. LE CADRE DE TRAVAIL
Il varie d'une société à une autre et nous avons pu le
notifier
dans
la
deuxième
partie
avec
le
bref
rappel
historique
sur
l'exploitation
forestière
et
la recherche
pétrolière.
Elle
a
eu pour but de rechercher si l'histoire
des
sociétés
permet
de
voir en elles des cadres homogènes
pouvant
~tre
utilisés
dans
une étude humaine.
Ici, nous
serons
amenés
à
interpréter une présence humaine qui subit
des
conditions d'exploitation aussi variées que la diversité
de
sociétés.
Cela n'emp~che tout de m~me pas de trouver
une
plateforme
commune
qui
serait
la
stabilité
de
la
main-d'oeuvre,
objectif
principal des instances dirigeantes
de
ces
sociétés,
représentée
par
des
atouts
non
moins
négligeabl es.
l
- 4.1. La jeunesse et la modernité
des industries
Datant
toutes
de
l'après-guerre
et s'adaptant aux
mutations
technologiques,
elles
sont
loin de présenter un

- 502 -
aspect
archarque.
Puissante
et
assez
concentrée,
l'industrie
pétrolière
est
venue
s'installer dans un pays
sous-développé,
dans
l'une des nations le moins peuplées et
de superficie modeste. Cela représente une innovation, et
l'implantation
de
cette industrie a inévitablement entrainé
un
développement
qui
repose
à
la fois sur des contrastes
profonds et des attitudes particulières à l'intérieur même
des groupes sociaux.
l - 4.2.
Le rÔle des mouvements migratoires.
Il
a
été
très
déterminant
quant à la fixation de
cette
industrialisation.
De
plus,
la
nouveauté
des
conditions
de
vie
offertes
aux
travailleurs
du
pétrole
représente
une
seconde
caractéristique,
non moins
importante.Par conséquent,
le brassage prononcé
de groupes
humains
se
renouvelant constamment, a créé un ensemble sans
unité,
profondément
disparate,
composé
d'individus qui se
sentent
étrangers
dans
le
pays et la ville où ils ont été
désormais appelés à vivre.
REMARQUE.
Naturellement,
ces
deux
éléments
ont conduit
les
industriels
à rechercher et à formar une main-d'oeuvre
homogène afin de
se l'attacher le plus longtemps possible. A
cela
s'ajoute
un
souci
de
prestige:
éviter
que
les

- 503 -
meilleurs
éléments
ne soient débauchés par les concurrents.
Aussi
faut-il
relever l'importance du secret qui porte non
seulement
sur
certains
sondages et découvertes géologiques
mais
également
sur
des
contrats
commerciaux
pour éviter
toute
rivalité.
Tout cela va de pair avec l'esprit de corps
et
une
meilleure
garantie
de tranquilité sociale, marqués
par
le
désir
de
maintenir
une
forte
cohésion entre les
divers
niveaux du personnel afin d'améliorer le rendement et
d'éviter les conflits.
De
même,
il
faut
tenir
compte de l'origine des
capitaux,
pour
la
plupart
française, qui
joue
un rôle
considérable
parce qu'elle
détermine
la
nationalité
du
personnel
dirigeant,
ses coutumes et son attitude sociale.
A
Port-Gentil,
les pratiques européennes
s'opposent également
aux
pratiques africaines
dans
la
façon
de
recevoir le
visiteur.
Les uns sont plus francs,
très soupçonneux d'abord
et
déployant
un
luxe
de
précautions.
Les
autres,
au
contraire,
l'accueil
paraît
plus
ouvert,
l'abord
plus
facile
mais
les
questions
sont
poliment
éludées.
Cela
arrange
plutôt
le
personnel
étranger
qui
occupe
d'ordinaire
les
postes
de
commande;
les
clubs et autres
urbanisations
les
plus
luxueuses
ayant été faits pour lui.
Enfin,
une
donnée à
ne
pas néglig~r est l'age moyen des
cadres
qui
se
situe
à
30 ans. Par conséquent,
cette main
d'oeuvre
est
d'une
jeunesse
étonnante,
témoin
de
la

- 504 -
gentillesse et de la vivacité de l'accueil qu'on y reçoit.
A
une différence près, ces détails peuvent expliquer
l'attachement
du
personnel
aux
sociétés pétrolières où il
est
accoutumé
à
vivre.
Si
difficiles
à définir qu'elles
soient,
ces
particularités
font
de
chaque
société
un
organisme
vivant,
un cadre qui marque et oriente la vie des
employés.
Elles
demeurent en tout état de cause un cadre de
travail,
de
vie
solide et originale qui pourrait servir de
base
à
une
étude humaine,
quand bien même son histoire a
été
complexe
et
l'esprit de corps en tant que tel n'existe
que
depuis peu de temps. Pour mieux cerner tous ces aspects,
commençons
par faire une typologie des travailleurs.
CHAPITRE II - CLASSIFICATION DE LA MAIN D'OEUVRE.
La main-d'oeuvre appartient à la fois au secteur
privé et au secteur public. Elle sert l'industrie forestière
et pétrolière, l'administration et les différents services.
Toute classification répond à des critères
bien
précis;
les
nôtres
se
limiteront
à la
composition
de
la
main-d'oeuvre et à leur répartition.

- 505 .
II - 1. CLASSIFICATION SELON LA STRUCTURE
DE LA MAIN D'OEUVRE.
Les
travailleurs
appartenant
à
n'importe
quel
secteur
d'activités
se
différencient
soit
par l'âge ou
soit
par
le sexe. La distinction peut apparaître relative
dans
la
mesure

jeunes
comme
adultes
et femmes comme
hommes
effectuent les mêmes travaux ou accèdent aux mêmes
postes
de
responsabilité.
Mais
ce
qui est impressionnant
dans
le
monde ouvrier Port-Gentillais c'est sa jeunesse -la
moyenne
d'âge
se situant à un peu moins de 30 ans-, et la
participation
massive
des
femmes
dans
les
unités
industrielles de transformation du bois.
II - 1.1. Une main d'oeuvre jeune et encadrée
par des responsables expérimentés.
L'apparition
du
travail
salarié
a
entrainé
un
déferlement
des
jeunes,
y compris les adolescents vers les
usines.
Mais
le
phénomène
n'est
pas seulement récent,
il
s'est
généralisé
depuis
les
années 70, avec l'éveil et la
multiplication
de
sociétés
liées
à l'activité pétrolière,
nécessitant
un
nombre
important
d'ouvriers,
une
spécialisation
du
personnel
et
un
niveau
de recrutement
assez élevé.
Il
faut
peut-être préciser que nous entendons par
jeunes
la
tranche
d'âge
allant
de
25
à
40 ans. Elle

- 506 -
regroupe
surtout les cadres supérieurs et les cadres moyens,
auxquels
il faut ajouter les ouviers très qualifiés, souvent
responsables d'équipes.
I l
est
presque
impossible
de
rechercher
une
moyenne
d'âge
générale
pour les ouvriers. Toutefois, les
premiers
travaux
élaborés
à
propos
relevaient
37,9%
d'ouvriers
qui avaient moins de 30 ans; 35,7% de 30 à 40 ans
et
seulement
24,7% plus de 40 ans (1). De tels pourcentages
laissaient
apparaître
une population salariée très jeune,
d'autant
plus
que les anciens établissements commerciaux et
autres
ne
datent
que
du
début
du
20e siècle et que les
usines
n'ont
guère
40
ans.
Même
s'il
ne nous est pas
possible
d 1 actualiser
ces
données
avec
précision,
dans
l'ensemble,
la moyenne semble être sensiblement la même,
c'est-à-dire
75% de la population salariée a moins de 40 ans
contre 25% d'ouvriers âgés.
Cependant,
cette
constatation
reste
simpliste si
nouS
prenons
les choses dans leur globalité. C'est pourquoi
certains
chiffres
présentés
par
les
sociétés de la place
peuvent
être
significatifs.
A
la
SO.GA.RA, les 4/5 des
ouvriers ont moins de 40 ans; l'explication la plus plausible
se trouve
dans
les
T6 ans
d'existence
que
compte la
société.
A
Elf-Gabon,
la moyenne d'âge
est
de 35 ans:
La
société n'importe plus de main d'oéuvre depuis longtemps,
les
recrutements
se font sur place et sont orientés surtout
(1)
cf. ROUMEGEOUS (M.), "Quelques aspects sociaux du développement
industriel de Port-Gentil" et "Les travailleurs salariés du Gabon",
op cit.

- 507 -
vers une
main d'oeuvre spécialisée de classe moyenne, sortie
des
écoles
locales
et
étrangères.
Tout
cela contribue à
rajeunir
nécessairement
les équipes,
pour plus de dynamisme
et
pour
répondre
également aux nouveaux moyens techniques.
La formation sur le tas est presque révolue •..
Il
faut
tout
de
même
signaler
que
ce
rajeunissement
ne s'opère pas dans toutes les sociétés. Nous
n'avons
cité
en
exemple
que
les
sociétés
pétrolières,
véritables
symboles
d'attraction
avec
leurs
salaires
alléchants
et
avantages
de
tous ordres
Il existe des
sociétés
conservatrices
comme
la
CFG,
avec
un personnel
vieillissant et trop exécutant,
pour des conditions de travail
assez discutées.Si les emplois de bureaux comptent pas mal
de
jeunes, notamment les jeunes cadres devant apporter un
souffle
nouveau,
les
usines
par
contre
sont
truffées
d'adultes,
pour
la plupart drainant des familles de grandes
tailles, dont la moyenne se situe
à
8 personnes par foyer.
Néanmoins,
cette
usine
a
eu
le
mérite
d'intégrer
le
personnel
féminin
dans
le
groupe
des
salariés
par leur
entrée dans la société industrielle.
II - 1.2. Travail et sexisme.
Pendant longtemps, les hommes ont écarté les femmes
du travail dans les villes, c'est pourquoi leur émigration
a été très tardive et leur rôle familial plus pesant ':
la;

-
508 -
tenue
du
foyer
et
la
garde
de
nombreux
enfants
étant
réservées
aux
femmes.
C'est là une. de s
idée s
"retrograde s"
de la société africaine.
L'entrée
des
femmes
dans
la vie active a commencé
par
la domesticité,
secteur de prédilection où l'activité se
limite
aux
rÔles
de
ménagères
ou
lingères. Le reste
a été
bien
évidemment
complété par les hommes, à savoir les
fonctions de gardiennage, cuisinier et jardinier;
en
un
mot,
c'étaient des "hommes à tout faire".
Dans son ensemble,
la
domesticité
a pris
de
l'importance
dès l'arrivée des
premiers
Européens
et
également avec la constitution d'une
"classe" de notables gabonais.
Il
faut dire que le principe
existe
toujours, voire
même
s'est
structuré davantage. Au lieu que le travail de
maison
soit individualisé,
il s'est plutÔt généralisé: des
sociétés
entières
ont
pour activité principale la location
de
personnel de maison (1). En plus, les grandes sociétés et
même
les
plus
petites,
emploient
uniquement les femmes
pour
le
nettoyage des bureaux administratifs et l'entretien
des
villas
du
personnel
d'encadrement
regroupé
dans les
cités.
Parallèlement,
certains ouvriers qualifiés emploient
des
femmes,
soit pour la garde des enfants
soit pour des
travaux
de
ménage.
Cette
dernière
catégorie
n'est
pas
déclarée
à
la
sécurité
sociale,
l'accord
qui s'effectue
entre
les
deux
parties
est le
plus souvent tacite, ne se
(1) Ce sont les sociétés ABELA et SODEXHO.

- 509 -
limitant
qu'au
nombre d'heures de travail et aux conditions
financières.
Enfin,
nous ne manquerons pas de souligner une
forme
de travail ménager plutôt familial
qui consiste à
occuper
les
grands-parents
en
leur confiant la garde des
enfants.
Personnel
très
âgé
le plus souvent, ce travail
ressemble
à
du
bénévolat
et
semble
interesser
les
grand-parents qui ne trouvent une meilleure compagnie
qu'au
milieu des enfants.
En marge de cette branche d'activité,-la domesticité,
de
coloration
sexiste- ,l'aspect
le
plus
frappant
est
l'embauche
des
femmes
comme
ouvrières
dans l'une des plus
prestigieuses
industries
de
l'époque,
la CFG. Partant d'un
effectif
de départ très limité,
seulement 54 femmes (1), ces
dernières
se retrouvent aujourd'hui au nombre de 600, allant
du
personnel d'encadrement aux ouvrières proprement dites.
Actuellement
la
population salariée
féminine de la
CFG
représente
près de 22,50% de l'effectif total.
C'est un
pourcentage
assez
évoc~eur qui
montre du même coup une
libération
de
la femme gabonaise, constamment sous l'emprise
des
hommes et supportant
le poids très lourd d'une tradition
aux
contours presque stationnaires. Comme pour la population
masculine,
les
femmes travaillent très jeunes:
les 3/4 sont
employées
dans
l'usine
même
et
la
moyenne d'âge se
situe à 30 ans.
De
toute
évidence,
l'exemple de la CFG a été suivi
par
d'autres
sociétés. Pour la plupart, elles les emploient
(1)
cf.. ROUMEGEOUS (M.),
op cit, pp. 348 •.. L'auteur rappelle que le
chiffre
de
54
femmes
relevait
d'un
recensement
qui
n'était
pas
exhaustif
et
insiste sur le fait que le Gabon ayant déjà la tradition
de
l'emploi
féminin,
cette
expérience ne pouvait que réussir.
C'est
depuis 1957 que les femmes travaillent à la CFG.

- 510 -
pour
le travail de bureau, dans l'administration générale où
elles
représentent
50% de leur effectif total, et également
dans
le
commerce
et
les
banques,
le
plus souvent comme
secrétaires.
D'autres
sociétés,
notamment
la
brasserie
S.B.O.M.,
fait
des
femmes
le 1/3 de ses effectifs c'est à
peu
près
le
même
rapport qui est établi dans la société
de pêche AMERGER.
En
somme,
vers
les années 60,
les emplois féminins
étaient
surtout
le
fait
d'un
choix
traditionnel,
la
composition
du
personnel
de
maison.
Ils
représentaient
sensiblement
74%.
A
la même époque,
la population active
féminine
ne
constituait
que
le
1/10e
de
la population
salariée
masculine.
Aujourd'hui, avec la généralisation des
emplois
féminins et surtout leur intégration dans l'activité
industrielle,
la
femme Port-Gentillaise participe davantage
au
développement
de
l'économie locale et à la construction
de la cité.
II - 2.
REPARTITION DE LA MAIN D'OEUVRE
PAR SECTEUR PROFESSIONNEL.
Envisager
une
classification
de
la
main d'oeuvre
basée
uniquement sur l'âge et le sexe serait perdre de vue
divers
aspects
de
cette
populatio~
qui est au service de
l'industrie
locale.
Tout
en
nous
situant
dans
un
plan
strictement
global,
on
doit
envisager une distribution

-
511
-
selon
les
départements
d'opération.
Ils
sont extrèmement
nombreux
et
nous ne voulons pas tenir compte des minorités,
c'est
pourquoi
nous
n'en distinguerons que trois,
les deux
composantes
principales
étant
du
ressort
du
secteur
secondaire
largement
dominant
et
le
tertiaire
qu'il
va
falloir
scinder.
Comme
on
a
pu
le
noter,
l'activité
agricole
est
presque inexistante, malgré les efforts liés à
l'exploitation
de
produits
maraîchers
par
procédé
hydroponique.
II - 2.1. La production.
C'est
de
loin
le
département
professionnel
qui
concentre
à
la
fois
plus
de cadres et d'ouvriers de tous
ordres.
Il
concerne
surtout
la
forêt,
avec
l'exploitation
des ressources forestières et le pétrole avec
l'exploration
et
l'extraction
des
hydrocarbures.
En
principe,
ce
sont
deux
domaines
différents
par
les
techniques utilisées.
Si
nous
avons
tenu à les regrouper,
c'est parce qu'ils ont un point commun:
le besoin pressant de
main
d'oeuvre, et ce n'est pour rien que la CFG a la faculté
d'embaucher presque tous les jours.
Le
personnel
nombreux
qui en découle ne réside pas
seulement
à
Port-Gentil,
il se trouve dans tous les lieux,
en
mer
comme
sur
terre,
sur les chantiers comme dans les
usines et également dans les bureaux.

-
512 -
Il
va
falloir'
tout de même nuancer' l'exploitation
fOr'estièr'e
de
l'extr'action
du
pétr'ole br'ut. En effet, la
pr'emièr'e
activité semble plus stable; un chantier' peut demeurer
tr'ès
longtemps,
on ne le déplace pas souvent, la forêt est
impénétr'able
par'
endr'oits
et
les
communications
r'estent
pr'écair'es.
Par'
contr'e,
il
faut
plusieur's équipes mobiles
pour' rechercher des
gisements pétr'olifèr'es. Ces équipes sont
le
plus souvent constituées de per'sonnel hautement qualifié,
compr'enant
des
contr'actuels
spécialistes
en la matièr'e et
qui encadr'ent une main d'oeuvr'e indispensable.
Tous
ces
per'sonnages
traduisent
une main d' oeuvr'e
de
choix,
car'actér'isée
par
une
extr'ême
mobilité dans
l'espace.
Ils
font fonctionner' les installations liées à la
r'echer'che
pétrolière.Celles-ci, automatisées par endroits,
elles
ne
nécessitent
qu'un
tr'avail
d'entr'etien.
Son
per'sonnel
que nous
avons
plus ou moins défini plus haut est
tr'ès
stable
et les compagnies s'effor'cent de les conser'ver',
même
avec
une
activité r'éduite,parce qu'il est difficile
d'en fOr'mer'.
Dans
toute sa grandeur, ce dépar'tement effectue des
opér'ations
qui exigent une bonne expér'ience pr'atique au lieu
de
connaissances
livr'esques
pUr'ement
théor'iques;
d'où la
valeur'
intr'insèque des
cadr'es qui fOr'ment une bande à par't,
génér'alement
les ingénieur's. SUr' le ter'r'ain, ils font par'tie
des
équipes
qui
mêlent
le
spécialiste
chevr'onné et le

- 513 -
manoeuvre
peu
qualifié.
Ainsi,
pour
des raisons purement
professionnelles,
le
brassage est total et la communication
évidente,
cela démontre des rapports bien étroits quand bien
même
que
par
moments
et par endroits (1) les cadres ont
une mentalité et un genre de vie différents de
l'ouvrier.Par
extension,
les
rapports entre étrangers et autochtones sont
loin
d'être
intimes
pour
ne
pas dire qu'ils sont moins
aisés dans ce cas précis.
Cependant,
ces quelques aléas ne sont pas du tout un
blocage
systématique
pour
faire de ce département purement
technique
la
plaque tournante de l'industrialisation de la
ville
de
Port-Gentil,
concentrant dans ses rangs la moitié
des
emplois
salariés;
ceci
ne semble pas être le cas
pour les activités tertiaires.
II - 2.2. Le commerce et les banques.
La
participation massive de la main d'oeuvre dans un
domaine
clé
de
toute
activité
industrielle
comme
la
production
pétrolière
et
forestière
n'a
pas
d'égal
à
Port-Genti 1.
Ici,
le
secteur
secondaire
est
d'une
supériorité
écrasante.
Et compte tenu du fait que la nature
des
sols
de
la
ville
ne
se
prête
pas aux activités
agricoles,
c'est
le secteur tertiaLre qui devient le second
employeur de la ville.
Toute
justification de cette affirmation ne peut que
(1)
CHALLARD
(J.P.l-Avec
les
Pétroliers
de
l'Océan.- in
AFRICA,
pp.33-38,
N°151,
Mai
1983. L'auteur rend compte du séjour passé
sur
des
plateformes
marines
situées au large de Port-Gentil. Cet articlE
est
très intéressant dans la mesure où il nous fait découvrir un mondE
qui
s'ignore:
la vie des pétroliers qui ont opté
pour l'off-shore,
Ainsi,
au-delà
de
la
solitude
et
la dureté des travaux se pose lE
problème
de
la
cohabitation
entre
travailleurs
gabonais et cadre:
européens.

- 514 -
passe~
pa~
le
poids
de
l'histoi~e.
En
effet, de pa~ sa
situation
su~
la
f~ange côtiè~e et la p~oximité du delta
de
l'Ogowe,
la ville se p~ête admi~ablement aux activités
comme~ciales.
La
p~ésence
d'un po~t en eau p~ofonde qui ne
cesse de s'agrandir
et
de
petits-môles
en
fo~me
de
"chapelets"
va
dans
ce
sens,
atti~ant
une
mul ti tude de
t~ansitai~es, consignatai~es, acconie~s etc ...
Les
activités ainsi déc~ites témoignent de la po~tée
des
échanges
que
Po~t-Gentil
effectue
avec non seulement
l'inté~ieu~
du pays mais également
l'exté~ieu~, en tant
que
po~t d'éclatement des ma~chandises. Inévitablement, tout
cela
a
ent~ainé
la
ci~culation
de
monnaie,
la
pa~ticipation
active
des
g~oupes
financie~s et pa~tant la
p~ofusion
de
banques situées toutes linéai~ement le long de
l'avenue
de
B~azza:
sept
banques
canalisent
l'activité
économique
de la ville et sa ~égion, symbole
d'une activité
indust~ielle
et
comme~ciale
aussi vieille que la naissance
de la ville.
Le
pe~sonnel
de tous ces établissements comme~ciaux
et
bancai~es
peut
êt~e
évalué
à
20%.
Il comp~end les
Eu~opéens,
les
Gabonais et aut~es, aussi bien qu'ils soient
des hommes ou des femmes. Ces dernières sont le plus souvent
sec~étai~es
ou
caissiè~es
si
elles
ne
sont
pas simples
employées
de
bu~eau.
L'activité
comme~ciale et bancai~e a
occasionné
la
fo~mation
d'un
éventail de petits comme~ces

- 515 -
que
nous
examinerons plus loin. Pour l'instant, en tant que
seconde ville du Gabon, on rappelera que les activités
administratives ne sont pas en reste.
II - 2.3. L'administration
Relevant d'une ville
coloniale,
Port-Gentil n'a pas
échappé
à
sa
fonction
administrative.
Elle
est toujours
présente,
quand
bien même les sociétés pétrolières ont eu
des
incidences
politiques,
économiques et sociales.
Son
personnel
se partage entre secrétaires et hauts
fonctionnaires. Le secrétariat est l'affaire des femmes,
elles
occupent
presque
la
totalité des emplois;
c'est devenu une
tradition.
En
principe,
l'administration
renferme surtout
des
autochtones.
Mais
quelques
étrangers,
de hauts rangs
parfois,
contribuent
à
assurer
le "bon"
fonctionnement de
l'administration.
D'une
manière
générale,
elle
est
considérée
comme
regroupant
un personnel désinvolte. Cette
attitude
nonchalente
est
à
mettre à l'actif des salaires,
les plus bas du pays.
Les
employés
de
l'Administration
sont
le
plus
souvent
en
marge
de
l'usine.
Totalement
urbains,
ils
n'entretiennent
presque
pas de contacts avec le reste de la
main
d'oeuvre.
C'est strictement la bureaucratie qui fournit
l'essentiel
de
la
main
d'oeuvre
au
secteur public de la
ville.
Le
pourcentage par rapport à la main d'oeuvre totale
salariée
de Port-Gentil est très faible,
un peu plus de 11%,
soit
un
effectif
de
1550
personnes. Ce chiffre, pas très
élevé,
fait
apparattre un paradoxe:
on pense qu'au Gabon,

- 516 -
le
plus
gpand
employeup
est
11Etat. En toute logique, en
tant
que
deuxième
ville
impoptante du pays, les activités
administpatives
devpaient
occupep
une
place
de choix. Il
n'en
est pas question et c'est ce qui confipme la domination
écpasante
du
secteup
secondaipe qui accapare
majoritairement
la main d'oeuvpe salapiée à Popt-Gentil.
REMARQUE
En
nous
penchant
sup les dépaptements d'opépation,
nous
avons
fait
dispapattpe
délibépément
des
bpanches
employant
une
minopité
de
pepsonnes.
Nous
pensons
au
paffinage
qui ne représente que
2,5%
de
la main d'oeuvpe
totale.
Cela s'explique du fait que l'activité de paffinage,
malgpé
ses vastes installations, nécessite une main d'oeuvpe
qui
ne
se tpouve donc pas dans les installations ppoppement
dites,
mais
plutôt
dans
les
salles
de
contpôle
climatisées
et
insonopisées
ou
dans
les
labopatoipes.
L'activité
ppincipale
étant
de
contpôlep
les machines,
de même que dans les
labopatoipes
on
ne
ppépape
que les
additifs
destinés
à
améliopep les dépivés du pétpole bput.
La
mentalité pégionale des tpavailleups du paffinage est que
la
main
d'oeuvpe
hautement
qualifiée
comppend
une fopte
population
de cadpes poup la plupapt univepsitaipes. Elle se
tpouve
papement
en
contact
avec
d 1autpes
catégopies
de
pepsonnel,
ne
se
mêle
guèpe à la population locale,
et

- 517 -
tend plutôt à former un cercle assez réduit.
Toujours
dans
le
domaine
du
pétrole,
il
faut
inclure
les
contractuels
qui varient bien évidemment selon
la
taille des sociétés pétrolières. Le personnel contractuel
est
instable,
il
subit les mouvements plus amples que ceux
de
la
main
d'oeuvre
pétrolière.
C'est
une main d'oeuvre
extrêmement
hétérogène,
avec
les qualifications les plus
variées;
allant de l'ingénieur jusqu'au manoeuvre potentiel.
Cette
main
d'oeuvre
défavorisée
joue
donc
dans
les
mouvements
de
population et le développement des villes
un
rÔle
aussi
important
que
celui
de
la
main
d'oeuvre
pétrolière.
En
définitive, pour clore cette classification de la
main
d'oeuvre,
nous
ne
manquerons
pas
de
retenir
l'importance
de
la
main d'oeuvre industrielle opérant dans
certains
départements
techniques, dont le plus grand est la
production.
Moins
qu'ailleurs,
à
Port-Gentil
le
travail
salarié
est
orienté
vers
l'usine,
c'est
le
domaine
du
secteur
secondaire qui tend à éclipser le tertiaire pourtant
très
représentatif,
témoignant
le
statut
de
capitale
économique
de
la
ville. Par la suite, nous verrons que les
divers
départements
d'opération
ont
donné
une
hiérarchisation
qui tient
compte
de
la
qualification
professionnelle
et
exerce
une influence considérable sur
les désirs des ouvriers.

-
518 -
CHAPITRE III - LES CATEGORIES PROFESSIONNELLES
La
classification
de
la
main
d'oeuvre selon
la
profession
doit être fait
avec
beaucoup de prudence; elle
dépend
à
la
fois
de
l'importance des entreprises et des
secteurs
d'activités.
En
d'autes
termes,
les
postes
de
travail
qu'occupe le personnel répondent à des critères bien
précis,
notamment des connaissances générales ou techniques.
Celles-ci doivent être sanctionnées par un diplôme ou bien
relever
de
la
simple
expérience
professionnelle
que ces
postes
peuvent
exiger
Par conséquent,
la classification
professionnelle
est
établie
d'après
l'ensemble des postes
existant
dans
le
secteur
d'activité
(1).
Elle peut varier
d'une
société
à
une
autre:
La
SO.GA.RA.
renferme
8
catégories
tandis
que
Elf-Gabon
en
compte une vingtaine.
Pour
une
démarche
orginale, nous distinguons trois grandes
catégories:
le
volume important des Ouvriers, la
catégorie
dite
moyenne
représentée
par
les
Agents Techniques et de
Maîtrise, et enfin les Cadres.
III - 1. LES OUVRIERS.
Ils
peuvent
être
définis comme des personnes qui
louent leur services moyennant un
salaire
pour
un travail
manuel,
qu'il
soit
industriel ou agricole ; par
extension,
ce
sont
des
individus exécutant un travail quelconque (2).
Mais
quelque
soit la définition qu'on peut leur donner, les
(1)
cf."Tronc Commun des Conventions Collections du Gabon", Titre III,
Chap.1,
pp.10, Ministère du Travail.
(2) cf. Dictionnaire usuel illustré, Flammarion, Edition 1984,p.I324

- 519 -
,-
ouvriers
sont
avant
tout
des
agents,
assez divers,
composant
la
catégorie
professionnelle
la plus importante
numériquement
(elle
fait
sensiblement
les
3/4
de
la
population
active).
Au
sein
de ce groupe des subdivisions
apparaissent,
dépendant
pour la plupart de la qualification
professionnelle et la nature des emplois occupés.
Le
manoeuvre
occupe
le
bas de l'échelle. C'est le
personnel
d'exécution
des besognes les plus élémentaires
qui
ne
nécessitent
aucune
connaissance
professionnelle.
Cependant,
le
manoeuvre
peut
se
dire
spécialisé
si son
travail
exige
en
permanence
une attention particulière et
même
de gros efforts physiques. Au dessus du manoeuvre,
se
trouve le travailleur qui,
cette
fois-ci ne connait qu'une
partie
de
la
profession.
Il
participe
à des travaux qui
exigent
un
certain
nombre
de connaissances lui permettant
d'aider
directement
un
ouvrier ou, au besoin, de
donner des
directives
de
travaux
simples ou courants. C'est l'ouvrier
dit
spécialisé
qui,
au
fil des ans, gravit les degrés (1)
pour
accéder
au
grade
d'ouvrier
qualifié;
lequel
permet
de
voir
que
l'ouvrier
a
acquis des connaissances
professionnelles
confirmées
par une longue pratique.
Il est
apte
à
travailler
seul,
de
faire preuve d'initiatives et
d'assumer
même
des responsabilités. Pour accéder au 2e et
3e
degré,
il faut respectivement justifier de 4 ans et 6 ans
de
pratique. Enfin, lorsque ce dernier a appréhendé tous les
(1)
Chaque
grade
est
divisé en 3 degrés. Le passage d'un degré à un
autre se fait par promotion au terme de 3 ans d'ancienneté.

- 520 -
mécanismes
de
son
travail
et
qu'il
tend même à être
polyvalent
jusqu'à
exécuter
des
travaux
jugés
particulièrement
complexes et dont la pratique exige une haute
technicité,
il
est
appelé
"ouvrier
très qualifié".
Comme
précédemment,
deux
degrés sont à gravir
en totalisant 11
ans
d'ancienneté pour atteindre finalement les sommets de la
catégorie des ouvriers (1) .
Cette
stra tification
est
propre
aux
grandes
industries
de
la place. Mais les ouvriers se rencontrent un
peu
partout,
dans
les
entreprises
liées
à
l'activité
pétrolière
et
à
l'exploitation
forestière,
en un mot dans
les
chantiers
et
surtout
les
usines.
Ce
sont
des
travailleurs
très
recherchés
dans
la
mesure

1
l'automatisation
complète
des
installations n'a pas encore
vu le jour.
I l
convient
d'insister
un
peu
sur
l'ouvrier
appartenant
au
secteur
pétrolier. En fait,
sa mentalité ne
se
différencie
pas
trop
de
celle
des
autres
ouvriers
travaillant
sur
le
sol
gabonais;
quand
bien
même ses
conditions
de
vie
sont
plus
améliorées
à
cause
de
la
couverture
sociale
que
lui
procure son entreprise. S'il,
n'y habite pas; i l fréquente
souvent les quartiers populaires
parce que c'est
dans
ces
lieux
qu'il trouve les relations
humaines dont il a besoin.
Très
exhibitionniste,
il aime exciter la jalousie du
(1)
Ce
cursus
n'est
pas
généralisé,
il
s'applique
surtout
à la
SO.GA.RA.
Néanmoins,
il
ne
devait
pas
être
trop
différent des
autres
entreprises.

-
521
-
voisin, dépenser pour paraître et réserver très souvent aux
femmes
et
à la boisson une grande place dans son budget. De
même,
les besoins s'étant accrus
plus
vite
que
les
ressources,
il sacrifie ses loisirs et travaille d'ordinaire
pendant
une
bonne
partie
de ses vacances pour toucher non
seulement
le
prix des heures supplémentaires mais également
pour
d'autres
types
de travaux lui permettant d'équilibrer
ses
comptes. Probablement,
nous
sommes
en
présence
d'un
personnage
plus
ou
moins
intimidé
par
les progrès de sa
condition.
Le
fait
le
plus
frappant
est
la médiocrité très
prononcée
de
sa vie intellectuelle:
il ne fréquente presque
pas
de cercle culturel, de bibliothèque ou de ciné-club.
Les
influences
étrangères
sont entrées dans sa vie par le biais
de
la
télévision
et légèrement la presse. Cependant, il ne
paraît
pas
être
plus
sensible que ses concitoyens
dans
la
mesure

une
partie
de
ses
distractions est
tournée
vers
les
coutumes
gabonaises,
à savoir les rites
d'initiation
et
les
danses
traditionnelles.
Il reste en
quelque sorte un conservateur.
En
somme,
l'ouvrier
représente
le
type social le
plus
nombreux
et
également
le
plus
original.
C'est
peut-être
ses
origines
paysannes
qui
font
de
lui une
personne
pas
trop
integrée
à
la
vie
de
la
cité, mais
s'accrochant
pour
autant,
au prix de plusieurs efforts. Il

-
522 -
éprouve
toujours
des
difficultés
pour
changer d'échelon,
progresser
et
accéder
à
un
groupe
social
moyen
qui se
suffit.
III - 2.
LES AGENTS DE MAITRISE.
Ils
forment
la
catégorie
professionnelle
moyenne
dans
toutes
les
sociétés.
Leur
rÔle
est plus ou moins
parallèle
à
celui
des
chefs
d'équipe.
Ils
sont pour la
plupart
chef
de
Service
adjoint ou chef de Section et par
conséquent
de
bons
encadreurs
d'ouvriers.
Ces
responsabilités
sont
d'autant
méritées
que
les Agents de
Maîtrise et le personnel assimilé
(1) sont très expérimentés,
la
durée
moyenne
dans
les compagnies ou plutÔt dans les
secteurs d'activité est de 10 ans.
En plus,
l'Agent
de
Maîtrise
n'est autre qu'un
technicien
possédant
des aptitudes professionnelles requises
qui
lui
permettent d'assumer des fonctions de commandement:
la
distribution
du travail,
le rendement du personnel placé
sous ses ordres,
le respect et la discipline (2).
Au-delà
de
la
présentation du personnage et de son
rÔle,
la
classification
au
sein
même de la catégorie
"Agent
de
Maîtrise"
est
importante
à
préciser. On peut
retenir
d'abord qu'elle varie selon les sociétés;
ainsi
à
Elf-Gabon
on
compte
à peine 12 degrés et à la SO.GA.RA. 10
niveaux
qui
sont
scindés
en
deux
Positions
allant des
(1)
Nous
pensons
à
l'Agent
Technique
si
nous
nous référons à la
classification
de
la
SO.GA.RA.
On le définit comme:"un ouvrier ou un
employé
exerçant
des
travaux
d'une
qualification
professionnelle,
exigeant
des
connaissances théoriques et pratiques très approfondies
possédant
des
aptitudes
à l'encadrement
d'une équipe d'ouvriers o~

- 523 -
degrés
aux
échelons. Du point de vue de la stratification le
groupe
professionnel
des
Agents
de
Maîtrise
est
une
véritable
charnière entre les plus basses et les plus hautes
qualifications.
Théoriquement,
accéder
au stade d'Agent de
Maîtrise
peut
paraître comme emprunter la voie qui mène
à
l'exécution des hautes fonctions. Mais l'expérience montre
que, fréquemment,
la
condition de l'Agent de Maîtrise est
comparable à
l'aboutissement
de
la
carrière d'un bon
ouvrier.
De
ce
fait,
le
comportement du personnel de cette
catégorie
professionnelle ne diffère presque pas de celui du
travailleur
ordinaire:
la
vie professionnelle est analogue
et
les
distractions
plus ou moins semblables;
c'est le cas
des
réunions
de
famille,
des
longues
soirées
devant la
télévision
ou
plutôt
des
beuveries quotidiennes en groupe
dans
les bistrots ou dans les maisons closes. Dans le même
ordre
d'idées,
il
est
très remarquable d'observer que les
Agents
de Maîtrise ne se fréquentent qu'entre eux,
parfois
au
mépris
des
ouvriers
avec
lesquels
ils refusent toute
confusion.
En
revanche,
ils sont bien embarassés devant les
cadres d'entreprise et leurs privilèges.
Les
effectifs
du
personnel
Agent
de
Maîtrise
dépendent
de
l'importance
des sociétés et également de leur
.
ancienneté.
D'une
manière générale,
lors de notre enquête
de
travail
nous
nous
sommes
aperçu
que leur pourcentage
d'employés,
ayant
le
sens
des
responsabilités .. Le passage à ce~te
catégorie
se
fait
exclusivement
par
promotlon".
Cf.Conventlon
d'Entreprise
SO.GA.RA.
du 1er Avril 1984,
p. 64 annulant et remplaçant
la précédente signée à Libreville en Décembre 1976.
(2) Convention d'Entreprise SO.GA.RA., op cit,
pp. 64.

- 524 -
oscillait
entre
10
et
20% (1).
Presque indispensable dans
l'industrie
et les entreprises,
l'Agent de Maîtrise oriente
l'état
d'esprit
du
personnel
d'exécution
(2),
il est en
contact
permanent avec les travailleurs et représente ce que
chacun
d'eux
doit
espérer
devenir.
Autrement
dit,
il a
tendance à peser sur leur conscience.
III - 3. LES CADRES.
Ce
sont
les
moins nombreux et peut-être les plus
en
vue
parce qu'ils
occupent
les
postes-clés
de
l'entreprise.
S'ils ne sont pas à la Direction Générale,
ils
assument alors
les
fonctions
de Chef de Service ou Chef de
Département.
Ces
diverses
responsabilités
font d'eux
des
agents
exerçant
des
attributions
qui
requièrent
des
connaissances
sanctionnées
par
un diplÔme d'enseignement
supérieur
ou faisant preuve d'une expérience étendue sur une
spécialité.
En
d'autres
termes,
le Cadre d'entreprise fait
partie
de
l'élite;
du même coup,
il représente et défend
les
intérêts
de la société proprement dite et partant des
actionnaires.
Pendant
longtemps
cette catégorie professionnelle,
la
plus
élevée,
n'était
composée
que
d'étrangers,
généralement
issus
des
pays
détenteurs
de
capitaux.
La
participation
des
nationaux
et
autres
africains
-très
sélective
d'ailleurs-
ne devient évidente que depuis
la
(1)
Nous citerons pour exemple des sociétés privées comme SO.GA.RA. et
SHELL-GABON
qui
ont
respectivement
14
et
12%
d'employés au titre
d'Agent
de
Maîtrise.
Cependant,
le
record
est
obtenu
par
la
S.E.E.G.,
antenne
de
Port-Gentil
et
société appartenant au secteur
para-public, qui compte dans ses rangs 18,6% d'Agents de Maîtrise.
(2) Appelation attribuée aux ouvriers à la S.E.E.G.

-
525 -
décennie
écoulée,
avec
une
amo~ce
de
"gabonisation
des
cad~es".
La
question
étant
d'actualité,
le
p~ocessus se
pou~suit
et ne cesse pas d'alimente~ les discussions quant à
la compétence des nationaux exigés.
Leu~
pou~centage est t~ès faible et va~ie de 1 à 5%,
c'est
~ien
qu'un
échantillon
qui
se
diffé~encie pa~ les
attitudes. Certains, formés dans les universités, sont
plus
ouve~ts;
tandis que d'aut~es,d'esp~it plus ét~oit et ~ude de
ca~actè~e,
so~tent
du ~ang et ont bénéficié d'une p~omotion
inte~ne.
Il
semble
que
cette
distinction ne conce~ne
plutôt
que
les
ét~ange~s
ca~, ce~tains gabonais f~appés
d'un
tempé~ament nationaliste et ayant vécu longtemps pa~mi
les
t~availleu~s
des
chantie~s
fo~estie~s
et
des champs
pét~olifè~es
ont
souvent
l'esp~it plus ouve~t et demeu~ent
sensibles aux p~oblèmes humains des ouv~ie~s.
Un
p~oblème
cultu~el
se pose à ce g~oupe qui tend à
s'unifo~mise~.
Comme pa~ habitude, leu~ fonction les amène à
fai~e
de
nomb~eux
voyages
à
l'ét~ange~
ou
même
à
y
séjou~ne~
pou~
suiv~e
des
cou~s
de pe~fectionnement, les
p~épa~ant
davantage
à
assume~
les
plus
hautes
~esponsabilités
au
sein
de
l'ent~ep~ise.
Le
cad~e
est
p~esque
toujou~s
un
dé~aciné,
et
les
~épe~cussions
atteignent
même
la
cellule
familiale.
En
effet,
les
enfants
sont envoyés dès leu~ adolescence fai~e leu~s études
t~ès
loin
à l'ét~ange~ (1). De même, que ce soit dans les
(1)
T~ois
pays
sont
souvent sollictés:
la F~ance, le Canada, et les
Etats-Unis.

- 526 -
ménages
d'origine
étrangère
ou
dans
certaines
familles
gabonaises,
la
femme
va
passer en Europe
(France) d'assez
longues
périodes
soit
pour "faire des courses", soit pour
rendre
visite
à
des
parents
et
profiter
par
la même
occasion pour passer des vacances.
Ces
quelques
constatations
peuvent
nous permettre
d'affirmer
que
les
Cadres
ne
sont
pas
liés
avec
la
population
locale
et
notamment
le
monde
ouvrier;
les
rapports
ne
dépassent guère l'usine. Tout cela est confirmé
par
le
fait
que
pour
la
plupart,
ils habitent des cités
pétrolières
jouxtant les installations industrielles ou
des
logements
loués
par
la
compagnie situés en marge des
quartiers populaires.
D'autre
part,
indépendamment
des
distances prises
par
les
Cadres
vis-à-vis
des
autres
composantes
de
la
population
Port-Gentillaise,
il
existe
des
remous
à
l'intérieur
même
du groupement des Cadres. Tel le cas des
Européens
de
la
SHELL-GABON
dont
la
grande
moitié
est
d'origine
anglaise
et
hollandaise.
Ces
derniers semblent
avoir
avec
les
Gabonais
de
ladite
société des relations
moins
étroites
que
les
compagnies
elles
mêmes
ne
le
souhaiteraient.
Il
reste
à
penser
que
la
courtoisie
européenne
un
peu trop compassée,
rebute ces derniers. Pour
être
plus
précis,
on
peut
apercevOir
surtout chez les
Hollandais,
des
préjugés
racistes
qui
n'ont
pu
être

- 527 -
complètement
étouffés.
On
n'est
pas
trop
loin
de
la
situation à GRONDIN, décrite par CHALLARD (1).
Aussi
est-ce
sans
le
moindre arbitraire que nous
ferons
intervenir
la
notion de complexe
à l'intérieur
comme à l'extérieur du type social dit Cadre •. Elle est pré-
sente dans leur comportement et paraît s'expliquer avant tout
par
le
niveau intellectuel.
Une grande coupure est à faire,
chez
les
étrangers et même certains nationaux,
entre ceux
qui
sortent
des
universités
et
qui sont d'ordinaire plus
ouverts
et
plus
fins;
et les autres cadres sortis du rang,
plus
ou
moins
blanchis
sous le harnais, qui sont d'autant
plus
hostiles
à la main-d'oeuvre locale qu'ils ont été très
longtemps
en
concurrence
avec elle. Dans ce cas précis,
le
tempérament
du
cadre
est
déterminé
par
sa
condition
supérieure
et
plus
ou
moins
sa
formation
de "chef" qui
l'opposent
essentiellement
au reste de la main d'oeuvre. Sa
mentalité
est
marquée
par
des
influences étrangères qui,
même
lorsqu'il
est d'origine gabonaise, font de lui et de
sa
famille
des
êtres
à
part,
en
quelque
sorte
des
"marginaux".
Ainsi
l'activité industrielle à Port-Gentil est-elle
animée
par
des
types
sociaux
qui
ont
chacun
un rôle
.
important
à
jouer.
Des ouvriers aux cadres,
en passant par
les
Agents
de
Maîtrise,
se
dessine
la
stratification
(1) CHALLARD (J.P.),
op cit, pp. 33-38.

- 528 -
classique
de la main d'oeuvre au Gabon.
Ces trois catégories
sont
systématiquement interdépendantes, du moins sur le plan
professionnel;
mais
cela
n'empêche tout de même pas de
relever
une
vie sociale tourmentée,
pour les uns comme pour
les
autres,
avec des besoins pas toujours semblables et des
objectifs
totalement
différents.
En
fait,
deux identités
sont
relevées;
les
Ouvriers
et les Cadres.
Car la réalité
urbaine
nous
oblige
à
percevoir le groupe "intermédiaire"
des
Agents
de
Maîtrise comme instable, dans la mesure où
il
est
appelé à pencher du haut mais plus logiquement du bas
de
l'échelle;
autrement
dit,
ce ne sont que des "ouvriers
aisés ",de par les pratiques sociales.

- 529 -
CHAPITRE IV : LE MODE DE VIE
Les
changements
sociaux
intervenus
à
Port-Gentil
sont
le
reflet
de la
présence
d'unités
industrielles
accaparant
une
bonne
partie de la population.
La diversité
des
origines
et surtout des qualifications professionnelles
traduisent
certaines
pratiques
plus
ou
moins
liées
aux
revenus
obtenus
mensuellement.
On sait pertinemment que le
salaire
est la base m~me du revenu mensuel d'un ménage, ce
qui
représente
des limites pour les ouvriers qui ne peuvent
organiser une
vie
sociale
viable.
Et c'est à partir de ce
moment
qu'interviennent d'autres paramètres relevant le plus
souvent
de
l'illégalité,
qui
permettront
de subvenir aux
obligations
financières et matérielles quotidiennes,
le plus
souvent
règlementés
par
des indicateurs économiques qui ne
cessent
d'alimenter
une
inflation
galopante estimée à 12%
(1).
Tous
ces
éléments
sont
indispensables à appréhender
pour
une
bonne
compréhension
de
la
vie
du
résident
Port-Gentillais.
IV - 1. LES SALAIRES.
La
notion
de
salaire se définit simplement par une
rémunération
accordée
à
toute
personne
ayant
exécuté un
travail
ou un service bien déterminé.
Il apparaît comme la
contrepartie
du
travail
effectué
tout en tenant compte du
poste
occupé
et
de
la
fonction
exercée
(2).
Cependant,
(1) cf. AFRICAN D 165, Octobre 1984,
p.84
(2)
cf.
Le tronc Commun des Conventions Collectives du Gabon,
op cit,
p.22

- 530 -
lorsque
le
salaire
s'applique
à
certaines
catégories
professionnelles
comme
les
ouvriers,
on emploie couramment
le
mot
PAYE.
De
même,
la dénomination peut varier selon
les
branches
d'activité;
c'est pourquoi l'expression SOLDE
s'applique
plutôt
au
traitement
mensuel
de
certains
fonctionnaires
relevant
de
l'Administration
et
plus
précisément de l'Armée.
En
fait,
toutes
ces
appelations
répondent
à une
logique:
tout
effort
doit
être récompensé.
De l'ouvrier
qui
déploie
sa
force
de
travail
au
service de la CFG à
l'ingénieur
qui
met son intélligence pour la conduite d'une
exploitation
industrielle
comme la SO.GA.RA, un salaire est
alloué
aux
deux individus, qu'il soit fonction du rendement
ou
non.
C'est
bien évidemment ledit salaire qui permet aux
uns
et aux autres de règlementer leur train de vie. Plutôt
que
de spéculer sur des chiffres bruts et absolus,
il serait
plus
intéressant
de
voir
tous les principaux éléments qui
entrent
en
ligne de compte pour l'établissement du salaire.
Auparavant,
faut-il
rappeler l'ambiguité qui réside au sujet
des salaires,
voire même une certaine confusion.
IV - 1.1. Le silence sur les salaires.
Si
au
Gabon
et
peut-être
partout
ailleurs
en
Afrique,
accéder
à
un
emploi
salarié
tant
souhaité
représente
à
la
fois
une
promotion,
un
facteur

- 531 -
d'émancipation
et
de
prestige
social,
il n'en demeure pas
moins
vrai
que
la
divulgation du salaire
reste
un sujet
tabou,
c'est-à-dire
une
question
qui
ne regarde personne
d'autre
que
l'intéressé.
Quant
bien
m~me
au niveau de
l'ouvrier
le voile se dissipe,
il n'est presque pas possible
d'acceder
à
une
fiche de salaire d'un cadre. Ce dernier
la
cache
plus encore l'employeur la garde
jalousement.
Il
existe
une
sorte
de
complicité
entre
les
deux
personnages.
Cela
peut
se vérifier facilement,
dans la mesure où sur
toutes
les
grilles
de
salaire
délivrées par les sociétés
privées,
il n'est jamais question d'étaler le coéfficient et
le
salaire
proprement
dit
des
cadres,
qu'ils
soient
africains
ou
européens.
Mieux
encore,
au
sein même du
groupe
des
cadres,
une souspiscion règne, et la discrétion
sur
le
salaire
est
de
rigueur,
m~me avec son voisin et
collègue.
Le
mot
qu'on évoque
le plus souvent pour expliquer
cette
attitude
rétrograde
est le secret professionnel. Aux
yeux
des
employeurs,
il est synonyme de paix sociale. Car
officialiser
les
salaires des cadres revient à lever le
voile
sur
des
rémunérations
explosives,
percevoir des inégalités
criardes
qui feraient la grogne de certains et troubleraient
également
l'ordre établi. Tout cela s'explique par la rareté
de
sources
statistiques
et
la
réticence
des
Chefs

- 532 -
d'entreprise.
Ces derniers s'organisent de telle sorte qu'on
trouve
le
plus
souvent
deux
comptabilités
au
sein
des
entreprises:
la
première
concerne
les
ouvriers
et les
agents
de
maîtrise
et la seconde,
uniquement les cadres;
cette
dernière
étant
tenue
par un personnel expatrié, jugé
plus discret.
Malgré
ce
nuage
épais
autour
des
salaires,
on
observe
ici
et

quelques
données
officielles
qui
prétendent
détailler la structure des salaires.
A vrai dire,
elles
ne
sont
que
des
ordres
de
grandeur parce qu'elle
contiennent
des
informations
disparates.
Néanmoins,
les
différentes
grilles
de
salaires
qui
varient
selon
les
sociétés
présentent
des échelles de salaires qui confirment
bien
le
fossé
séparant
le Manoeuvre du Cadre supérieur.
A
travers
elles,
on
peut
affirmer
que
la
répartition des
revenus
au
Gabon
et
principalement
dans
les
industries
installées
à
Port-Gentil
est très inégale et ne répond pas
forcément à une logique.
IV - 1.2. La structure des salaires
Elle
varie
selon
qu'on est agent du secteur privé,
du
secteur
public
ou
para-public.
Car,
si
le
principe
fondamental
du
calcul du salaire de base est le même
des
différences notoires se remarquent lors de l'attribution
des primes,
des indemnités et des avantages particuliers.

- 533 -
IV.l.Z.l. 1e salaire de base
I l
se
calcule
en
fonction
du
Salaire
Minimum
Interprofessionnel
Garanti
(S.M.I.G.).
C'est le salaire de
référence
en
quelque
sorte.
Fixé par
le
gouvernement,
selon
le
critère
principal du coat de la vie,
il prétend
garantir
le minimum vital.
D'une façon générale,
il varie du
simple
au
double
lorsqu'on
appartient au secteur privé ou
para-public.
Mais la particularité du Gabon est de mener une
politique
salariale,
au niveau des fonctionnaires,
qui tend
à
favoriser les nationaux en leur accordant un bonus dénommé
Indemnité
de
Sujétion
Nationale et s'élevant à 10 000 FCFA
(1).
Mais
quelque soient ces ajustements, bonification pour
les
fonctionnaires
et
accommodements
du
privé,
le
SMIG
apparaît dérisoire si l'on suit son accroissement.
-Evolution du SMIG.
Si
l'on
remonte aux années 60, on
s'aperçoit' de la
faiblesse
du
taux
horaire perçu par un ouvrier élémentaire
travaillant
230
heures
par
mois. Précisément, en 1959, le
SMIG
s'élevait
à
24 francs par heure soit 5 500 francs CFA
par
mois.
Jusqu'en
1964 son augmentation était timide; de
1959 à 1962, le SMIG passait à 30 FCFA par heure -soit 6 875F
CFA
par
mois-
pour atteindre 34 francs CFA par heure,
soit
une
augmentation d'environ 11,4%,
grâce à
l'intervention
(1)
Pour
ce
qui
est
des
agents
de
la Fonction Publique,
il faut
préciser
que ce bonus profite autant aux plantons qu'aux directeurs;
le
salaire
de
base
répondant à la formule suivante: SMIG +(indice x
400
Fr).
Les indices vont de 5 à 1450 et le chiffre
400 représente le
coefficient.
cf.
NDAOT-REMBOGO
(S).-La
Nouvelle
Administration
Gabonaise .-Ed CEPER, Yaoundé,
PP'170.

- 534 -
de l'Inspection du Travail (1).
D'une
façon
générale,
les chiffres absolus du SMIG vont en
progressant
comme
l'indique
la
Figure 12; à travers laquelle
nous
pouvons
observer
un
rythme d'augmentation en
trois
phases
consécutives.
La
première
se
situe
bien
évidemment
du début 1959 aux années 70. Tout est apparemment
dans
les
normes,
les montants du SMIG décrivent une courbe
normale
et mesurée. Par contre, à partir du début des années
70
jusqu'en
1980,
ce
que
nous
identifions
à la seconde
phase,
on
peut
observer
une
courbe
presque
verticale.
Inévitablement,
les
6
OOOF
CFA
qui séparent 1973 de 1974
sont
à
mettre
à
l'actif du choc pétrolier de cette m~me
année,
sanctionné
par
un
quadruplement
du
prix du brut.
Enfin,
plus
près de nous,
les premières années 80 nous font
vivre
une
progression
constante
presque
dans les m~mes
proportions.
Cette
situation,
m~me
si
elle
persévère,
n'est
pas
à
mettre
en
parallèle avec le coOt de la vie
qui,
sans
cesse,
cro!t considérablement. C'est pourquoi,
les
avantages de tous ordres alloués aux salariés, tendent à
améliorer
le
pouvoir
d'achat,
quand
bien
m~me
leur
répartition
est également trop hiérarchisée; les plus grands
bénéficiaires
étant
les
cadres,
très
minoritaires
par
rapport aux autres groupes sociaux.
IV.l.2.2. Primes et indemnités.
La
référence salariale à partir du SMIG est propre à
tous
les types sociaux. Comme le SMIG est souvent versé d'une
(1)
ROUMEGEOUS (M), op cit., pp 333.

- 535 -
'c.
œ
~

~ .
\\


~


"


.....- - - - -

0
.\\~
,
"

- 536 -
manière
brute aux salariés ouvriers sans qualification, on a
souvent
tendance
à
les
appeler
SMIGARDS.
Cela
est vraisemblable.
Et malgré l'introduction de primes et
d'indemnités,
le
SMIGARD ne voit sa situation s'améliorer
que
relativement,
car
plus
on
est
au
bas de l'échelle
salariale,
et
moins on est
bénéficaire. Autrement dit,
les
primes et indemntés suivent le même rythme d'ascension
que
les
coefficents,
les
catégories,
les
échelons,
les
grades,
les postes de fonction à responsabilité et également
l'ancienneté.
Certes,
de
l'Ouvrier
au
Cadre,
chacun
bénéficie
de
primes
ou
d'indemnités.
La
liste
de
ces
diverses
allocations
est
très
longue
et
il
ne
serait
question de la détailler parce qu'elle reste assez complexe.
Cependant,
certaines
indemnités
incarnent
mieux
les
différences
qui existent entre l'Ouvrier et le Cadre, que ce
soit
au secteur privé ou public, il s'agit de l'indemnité de
logement et de transport.
La
première
indemnité (Logement) est attribuée dans
un
premier
temps à toute personne appartenant à la Fonction
Publique
et
non
logée
par l'Etat. Elle est forfaitaire et
correspond
aux
trois
catégories
principales.
Ainsi,
en
catégorie
A on perçoit 50 000 FCFA, en B le montant est fixé
à
30
000
FCFA
et
enfin
12
000
FCFA
seulement pour la
catégorie
C.
Aucun critère précis ne règlemente l'octroi de

- 537 -
l'indemnité
de
logement
qui
est purement discriminatoire,
dans
la
mesure

elle
continue par la même occasion à
creuser
l'écart
déjà
trop important des salaires entre les
diverses
catégories
professionnelles.
Pourtant,
les
préoccupations
semblent
être
les
mêmes entre tous les
agents de l'Etat.
Au
secteur
privé,
le problème est perçu autrement.
Un
effort
est
entrepris
pour
résoudre
le
problème
du
logement,
très
crucial
à
Port-Gentil.
C'est pourquoi tous
les
cadres et presque autant d'agents de Maîtrise occupent
les
habitations
de leur employeur ou bien voient leur loyer
pris
en
charge par ce dernier. Mais ce n'est là qu'une part
infime
du
personnel,
le
monde
ouvrier
représentant
la
majorité.
Outre
les
cités ouvrières qui s'élèvent ici et
là,
de
quelques
cités
socio-économiques
mises
à
la
disposition
de certaines sociétés,
les employeurs attribuent
une
indemnité
de logement. Elle est révisable et
calculée
en fonction de la situation familiale (1).
Que
l'on
soit
agent
du
privé
ou
de l'Etat, les
employeurs
redoudent de loger une bonne partie des ouvriers,
probablement
à
cause des lourdes charges financières qui en
découlent.
Les grands bénéficiaires sont les Cadres et hauts
fonctionnaires
qui
se
présentent
comme
de
véritables
prioritaires
potentiels.
La
prime allouée, qu'elle soit de
12
000
FCFA
ou
même de 50 000
FCFA, ne peut pas donner
(1)
Il
faut
~réciser que seuls sont
prioritaires
les
travailleurs
recrutes hors de Port-Gentil.
Si l'entreprise,à un moment
donné, ne
dispose
plus
de logement disponible,
on accorde aux ayants
droit
une
indemnité compensatrice;le montant sera déterminé en tenant
compte
du
taux
moyen
des
loyers,
en
accord
avec les délégués du
personnel
(cf.Convention d'Entreprise SO.GA.RA.,
op cit.
)

- 538 -
accès
à
la
location
d'un
logement décent et conforme aux
conditions
de