,
11II11II' UNIVERSITE ~E"LA SORB1NNE NOUVELLE PARIS III""I!!!~
U.E.R.DES PAYS ANGLOPHONES
"rENSBGNEMENT DE rANGLAIS EN HAUTE-VOLTA
, PROBLEMES' ET PERSPE,CTIVES
"
.~
THËSE DE DOCTORAT DE 3E CYCLE • .
"PAR
RAKISSOUILIGRI MATHIEU OUEDRAOGO
.~}:~*., '
"~'''f5,"Y
f.,~
. " ~
DIRECTEUR DE THtSE C S -c/LZ-,/l
r ;
PROFESSEUR HENRI APPIA UNIVERSITË .DE LA SORBONNE NOUVELLl:
lliiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii PAP. 15 III.. iiiiiiiiiiiïiiiiiiiiiiiiiïii

Université de la Sorbonne Nouvelle
Paris
III
U.E .R. des Pays Anglophone s
L'ENSEIGNE.iYlENT DE L'ANGLAIS
EN HAUTE-VOLTA
PROBLEMES
et
PEHSPECTlVES
Thèse de Doctorat de ~ Cycle
Par
Rakissoulligri Mathieu OUEDRAOGO
Directeur de Thèse : Professeur Henri
APPIA
Université de la Sorbonne Nouvelle
Faris III

PAGES
REMERCIEMENTS
2
INTRODUCTION
4
1. LA HAUTE-VOLTA: CARTE D'IDENTI~E
12
1 • Situation gé~graphique
12
2. Les mouvements de p~pulations
13
3. Les communications
17
4. Le Tf'lurisme
19
5. Le problème de l'eau
20
6. L'agrtculture et l'élevage
21
7.. Industries et Mines
25
8. La Santé Publiqu~
27
9. L'Enseignement en Haute-Volta : que.I que s ehifîr-es
28
10. Invcstir l'Educatien ~t pas seulement dans l'Eàueat~
pour l~ Développement C~mmunautaire
136
II. CONNAISSANCE DE LA HAUTE-VOLTA : LiL3 ILf LICATIONS
PEDAGOGIQUES POUR LE PROFESSEUR D'ANGLAIS
155
1. Bref aper-çu géographique
156
2. ~ref aperçu historique
178
III. POPULATIONS - ETHNIES - LANGUES
183
1 • La Famille v~ltaïqu. -eu Gur
187
A. Les Mossi
187
B. Les Gourmatch~
190
c. Les Gr--urounsi
190
D. Les Lobi
190
E. Les Senoufo
191
F. Les Kurumba-Fulse
191
G.
2. La Famille Mende
-
192
,
A. Les Bissa ou Boussance
192
B. Les Samo
192
c. Les Da~ing-Marka
192
D. Les Dioula (dyula)
193
E. Les Bobo
194
3. La Famille WEST-ATLANTIC
194
4. La Famille KWA
195
5. Le groupe Afr('\\-Asiatic
196

IV. LES PROBLEJ.V'1ES POSES. PAL LE- f1UL;.'ILI>;GU~.;~iJ;,
199
Quelle Politique Linguistique adop i.cx
202
V. LANGUES ET CIVILISATIONS EN CONTACl'
206
VI. lA PEDAGOGIE DE L'ANGLAIS EN Hii.UrY:- V(iI '.'. l
267
- Le Bureau d'anglais et l'Enseigne:
:: de l'anglais
en Haute-Volta
297
- La Formation Pédagogique des Pr-o fo sc.c urs
301
- Le Bureau d'anglais et les pr-o b.Ler..« du matériel
312
- Le Bureau d'anglais et l 'Ensei;::;~l(:,ellt de l'anglais
par la Radio
313
- Conclusion
318
~ppendice A
319
- ù.ppendice B
331
- Appendice C
339
- Appendice D
347
- Bibliographie
353
1
ii
1

-2-
REMERCIEMENTS
L'initiative de la présente étude revient au Professeur André CREPIN:
Directeur de l ' U.E .R. des Langues et Cultures Etrangères de
l'Université de Picardie, Amiens, et Professeur rattraché à l'Uni-
versité de Ouagadougou. Qu'il nous soit permis de lui exprimer notre
gratitude toute particulière pour' ses conseils et ses critiques
avisées qui ont permis de nombreuses mises au point.
Mais notre étude n'a pu ~tre errt re pr-Lse qu'avec l'accord du Profess8l:t
Henri APPIA, Université de la Sorbonne Nouvelle, Paris III, U.E.R.
des Pays Anglophones, qui a bien voulu en assurer la direction.
Nous sommes redevable à Mlle
BALMER, Université de Picardie"
Amiens, pour son soutien amfbal, ses encouragements et pour sa dis-
ponibilité à nous aider à obtenir des ouvrages do l'Etranger.
Nous sommes aussi reconnaissant à -Jofm KELEHER, British Council,
pour ses conseils éclairés et ses encouragements.
Nous voudrions aussi exprimer notre vive reconnaissance à Ali Pascal
ZOUNGRANA, Directeur du Centre de Documentation et de Perfectionnement
Pédagogique de Ouagadougou pour avoir bien voulu nous entretenir à
plusieurs reprises sur les problèmes brulants de l'Enseignement des
langues en Haute-Volta. Nos remerciements vont également à Kassum
KARGOUGOU (Audio-visuel-CDPP), llfule BARhY Bureau du Français 1 0 Degré
(CDPP), Paula ROAK Bureau d'Anglais (CDPP), pour les informations
utiles qu'ils ont bien voulu nous communiquer relatives à l'Enseigne-
ment du Français et de l'Anglais en Haute-Volta et au rOle des Bureaux
respectifs dans le déve.Lopperorrt de l'Enseignement du Français et
de l'Anglais en Haute-Volta.
Nous sommes redevable àu Directeur Général de l'Education, au
Directeur du Second Degré, qui ont bien voulu nous autoriser à
effectuer nos recherches dans les classes d'Anglais en Haute-Volta.

-3-
Qu1il nous soit permis de remercier 101, nos amis Théodore
Guissou, François Souili, Elie Justin Ouédraogo, Raguf.Lgnaba
Ouédraogo, Julien Sawadogo. Dafrassi Sanou, Raphael Kaboré,
Jacqueline Ouédraogo qui nous ont apporté une aide désinté-
ressée et inestimable. COll1ille infomants.
Nous remercions aussi tous les chefs d'établissements et les
professeurs ~tAnglais de Haute-Volta pour leur contribution.
Nous voudrions enfin expr-ime r notre reconnaissance toute
particulière à Justin Sebgo, Monsieur et lvladame Rollin,
Monsieur et ~~dame Cortellini pour leur soutien moral et
matériel.

-4-
INTRODUCTION
Vu l'importance accordée à l'enseignement de l'anglais en
Haute-Volta. où i l est la deuxième langue obligatoire pour
tous les élèves après le français, i l nous est apparu néces-
saire d'entreprendre cette étude afin de dégager comme son
titre l'indique, les problèmes spécifiques de la pédagOGie
de l'anglais dans ce pays.
Au carrefour de trois langues,
one de trois cultures diffé-
ë
rentes, mais pas nécessairement antagonistes, notre étude se
trouve profondément marquée par notre expérience d'élève de
Français Langue étrangère , puis d'Anglais deuxième Langue
étrangère et de professeur d'Anglais Langue étrangère dans
divers milieux socio-culturels et de professeur de Français
Langue étrangère en milieu Anglophone. Non seulement nous
sonmles assez bien placé pour étudier les problèmes rencontrés
par les élèves voltaïques dffi1S l'apprentissage du Français et
de l'Anglais, mais aussi pour apprécier les difficultés qu'é-
prouvent les professeurs do langues étrangères en Haute-Volta.
Nos
recherches ont été effectuées essentiellement en Haute-
Vol~a, en France et en Angleterre :
l •
!.Ill!?.ute-V01 ta
Une année passée comme professeur d'Anglais à l ' U.p.V. (1)
nous a permis de mesurer l'étendue des problèmes et des besoins
des élèves jeunes et adultes qui veulent apprendre l'Anglais,
mais n'ont ni matériel, Dm personnel d'encadrement.
Grâce à une autorisation spéciale du Directeur de l'Enseignement
du Second Degré, nous avons pu nous rendre dans les classes
d'Anglais à Ouagadougou, Koudougou, Bobo-Dioulasso, Banlora et
Ouahigouya, pour voir la pratique de la pédagogie de l'Anglais
en Haute-Volta. Ces visites nous ont permis non seulement de
constater le manque de matériel didactique ~), mais de
discuter avec les
professeurs des problèmes et des conditions
difficiles dans lesquellos ils travaillent.
(1) 'Universitû Populaire Voltaique.

-5-
Comme i l nous a paru essentiel de sortir l'enseignement de
l'Anglais du cadre étroit de la salle de classe, nous nous
sommes intéressé aux techniques d'enseignement des langues par
la radio. C'est pourquoi nous avons choisi le Centre de
Documentation et de Perfectionnement Pédagogique , (C.E~P.P.),
siège de la Radio Scolaire à Ouagadougou, comme lieu de recher-
ches privilégié en Haute-Volta.
Les nombreux contacts et entretiens fructueux que nous avons eus
avec Ali Pascal ZOUNGRANA (Directeur du CDPP), Mme BARRY
(bureau du Français 1 0 Degré) (3), Kassoum KARGOUGOU, (Audio-
visuel), Paula ROAK, (bureau d'Anglais) (4); nous ont permis de
saisir la complexité des problèmes au niveau du choix et de la
production des programmes ~e~la~~o~.
A.P. ZOUNGRANA et K. KARGOUGOU ont surtout
souligné llinsuffi-
sance de ressources humaines et matérielles.· Toutes les écoles
no sont pas encore équipées en postes de radio. Les besoins sont
estimés à quelques milliers de postes. En outre la Radio
Scolaire souffre d'une carence de Producteurs et de Techniciens
de Studio.
Cependant, A.P. ZOUNGRAt'lA et K. ·KARGOUGOU n'ont pas manqué. de
souligner la qualité, sur le plan technique, des progrrorunes
scolaires réalisés au C.D.P.F. r1ais ils estiment par exemple
que l'extension de la Radio Scolaire à l'enseignement du second
degré va réquérir des moyens humains et matériels considérables.
2~
En France
.........
.-
La première université française que nous avons fréquentée est
Amiens, où nous avons fait une maitrise d'anglais sous la
direction du Professeur André CREPIN.
Pendant que nous poursuivions la présente étude à l'UnivGrsité
de la Sorbonne Nouvelle, Paris III, sous la direction du
Professeur He~ri APPIA, nous nous sommes joint à un groupe
d'étudiants et de jeunes professeurs d'anglais, travaillant
sous la direction d'Hélène Ganthier (5), au département de
Linguistique Appliquée de l'Université de Vincennes, Paris VIII,

-6-
pour participer à des recherches sur l'utilisation des media
pour l'enseignement des langues étrangères.
Ensuite grâce à une autorisation du Recteur de l'académie de
Lille, nous avons pu exercer comme professeur d'anglais à
Boulogne-Sur-Mer, dans le Pas-deCalais. Cette expérience nous
a permis de dégager, par comparaison, les difficultés éprouvGGs
par les francophones de France et celles ressenties par ceux
de Haute-Volta. Dans les deux cas, le Français sert de l~lc
de départ, cependant nous avons constaté que les obstacles
rencontrés par les élèves voltaïques n'étaient pas toujours do
m~me nature que ceux rencontrés par les élèves français.
La proximité de l'Angleterre nous a permis d'organiser plusieurs
visites et voyages d'études notamment dans le Sussex avec nos
élèves de Boulogne. C'est ainsi qu'en 1975, nous avons pu passer
quatre semaines à Hailsham avec une trentaine d'élèves, ré-
partis dans des familles différentes, un enfant par famille,
pour nous assurer qu'ils parlent tous anglais pendant leur
séjour en Angleterre. Nous avons pu leur faire visiter Brighton,
Eastbourne, Hastings, Lewcs et Londres. Comme nous croyons
en la possibilité de visites et de voyages d' études de cc gerrro
entre la Haute-Volta, le Ghana et le Nigeria, nous avons
voulu, en tentant cette expérience, nous frotter aux difficul-
tés d'organisations do séjours scolaires à l'étranger~
Pendant que nous étions à Amiens, nous avons eu la chancc do
travailler au Service Culturel do l'H~tel de Ville d'Amions
cowno interprète et traducteur. Nous mentionnons notre passaga
au Sorvice Culturel de la Mairie d'Amiens dans la mesure où il
a affocté notre attitude générale à l'égard de l'enseignement
des langues étrangères.
Le Service Culturel et le Service des Relations Internationalos
organisent périodiquement des visites et des rencontres sportives
à Darlington (Angleterre), Dortmund (R.F.A.) et Goerlitz(R.D.A.),
villes jumelées avec Amiens. C'est dans le cadre do ces
visites que nous avons eu la chance d'accompagner un groupe do

-7-
personnes âgées d'Amiens à Darlington, comme interprète~ C'était
pour la majorité le premier voyage à la découverte de l'An-
gleterre et des Anglais. Mais ils ont tous trouvé leur séjour
à Darlington si profitable, qu'au moment du départ, nous avons
assisté, non pas à de simples échanges d'adresses, mais à de
véritables jumelages entre familles amiénoises et darlingtonais0s.
De retour à Amiens, les jeunes soxagénaires qui venaient de
découvrir l'Angleterre et les Anglais décidèrent d'apprendre la
langue des Anglais. C'est donc à la demande des personnes âgéés
que le Service Culturel nous a chargé d'organiser des cours
d'Anglais à leur intention. En outre le Service Culturel nous
dema.:ndait de traduire certains articles du Evening Dospato.h do
Darlington que le Courricr...!.iwc...?-r...d devait publier sous la r-ubr-i.quo
"chronique des villes jumelées", pour pormettre aux amiénois
non seulement de garder le contact avec Darlington mais de
pouvoir suivre l'évolution politique, économique et sociale de
leur ville soeur.
Cette exper1ence a été pour nous une démonstration que pour la
oompréhension inter-raciale ou inter-ethnique, la connaissance
mutuelle importe plus que la simple connaissance des languos ;
que le facteur le plus important dans l'apprentissage des Languoe
étrangères, n'est pas l'âge, mais la motivation; que les métho-
des directes et surtout audio-orales ne sont efficaces que dans
une optique fonctionnelle do la pédagogie des langues, et quo
les élèves quel que soit leur âge apprennent. d'autant plus vite
qu'ils ressentent l'envie ou la nécessité de parler la langue
étrangère
3~ En Angleterre
Nos premiers contacts avec les spécialistos de l'enseignement do
l'Anglais par la Radie • do la B.B.C. English by Radio remontent
à l'été 1973. Grâce à uno bourse d'étude de la B.B.C. et de la
English-Speaking Union, nous avons pu assister à un séminairD SUY
la pédagogie de l'Anglais langue étrangère organisé et animé È.

-B-
Westfield College (Londres) par la B.B.C., the English-Speaking
Union, the International Rouse. Nous avons pu ainsi aborder
les problèmes techniques d'utilisation de la radio comme moyen
d'enseignement de l'Anglais avec des producteurs connus comme
René QUINAULT (6), Piers Plowright (7), Peter MENZIES (8),
Poter SNOW (9), John SHEPHERD (10), Tierry D'NEIL (11), Anne
THEREW (12) etc.
Grâce à une autre bourse que nous a accordée le Rornby Trust,
nous avons pu bénéficier d'un stage de formation pour
l'enseignement des langues par la radio au Media Department
du British Council, en liaison avec B.B.C. Schools et B~B.C.
English by Radio. A la B.B.C., nous avons eu de nombreux échango s
fructueux avec Barry Tomalin (13) et Leslie DUNKLING (14). Ce
stage nous a également permis de nombreuses et intéressantes
heureuses rencontres avec des personnalités de renommée
inter-
nationale comme A.S. HORNEY (15) dont la fondation qui porto
son nom
nous a accordé la bourse.
Enfin comme Assistant de languo à Philippa Fawcett et Fursedown
College of Education, nous suivons d'assez près et avec beaucoup
d'intérdt la formation dos professeurs de langues (Français et
Anglais). Nous sommes particulièrement intéressé par 10 système
ouvert qui permet aux étudiants de se qualifier pour l'ensei-
gnement au niveau primaire ou secondaire.
La présente étude ne marque Que le début de nos recherches dans
le domaine de l'Education, la Sociologie du Langage
et J_8.
Pédagogie des Langues en Haute-Volta.
Démarche adoptée dans notre étude
1 ~
Carte d'identité de la Haute-Volta, SU1.V1.e d'un bref exposé
des problèmes de l'Education en Haute-Volta et des Projots do
Réforme on cours.
2~
Incidence de la Situation géographique de la Haute-Volta sur
la pédagogie des langues étrangères en général et de l'Anglais
en particulier.

-9-
3~
Les langues et les ctû.tur-e e on contact en Haute-Volta:
les interférences linguistiques dans la classe d'Anglais.
4.
L'Anglais en Haute-Volta, pourquoi et pourquoi faire ?
Comment adapter la pédagogio de l'Anglais aux besoins de ceux
qui l'apprennent.
5.
Bibliographie. Nous avons choisi de présenter la
bibliographie par thèmes (Educa't î.on , Linguistique Générale,
Linguistique Appliquée à la pédagogie des langues etc ••• ) et
selon les sources (BELC-CREDIF, BBC, BRITISH COUNCIL. CDPP,
UNBSCO ote ••• }. De ce fait le nom de certains auteurs appa-
raissent à plusieurs endroits.
lin plus des ouvrages et des articles que nous avons consultés
dans le cadre de nos recherches, nous incluons dans notre
bibliographie la liste des fibns et des programmes radiophoniques
que nous avons utilisés soit au British Council, soit à la BBC,
soit à Furzedown College of Education. Enfin nous donnons aussi
quelques titres de revues spécialisées qui présentent un cor-
taLYls int.ér~t pour le professeur d'Anglais en Haute-Volta.
6~
Il nous parait opportun de signaler ici que nous avons
choisis le Moore comme langue voltaïque de reférence. chaque fois
que nous faisons une comparaison antre l'ànglais, le Français
et los langues Voltaïques. Nous n'ignorons pas qu'entre le Mooro,
le Dioula, le Bobo, 10 Lob.i , ote ••• , il y a autant de di:ffé-
ronces qu'il en existe ontre l'Anglais, 10 Français, l'Alle-
mand, l'Espagnol, etc ••• Copendant du fait de leur appartenance
à la m~me grande famille linguistique, los langues voltaïques
ont un certain nombre do caractéristiques communes. G'est pour-
quoi nous avons choisi une langue que nous connaissons bien
oomme point de repère.

-10-
Notes
(1)
LIUniversité Populaire Voltaïque (U.P.V.) est une
organisation bénévole créée ct dirigée par le syndicat dos
professeurs du secondaire et du supérieur, pour venir en aide
à tous ceux qui veulent poursuivro leurs études, mais pour
qui i l n'y a pas de place dans les établissements d'enseignement
de second degré. Les cours organisés par l' U.P.V. ont lieu
le soir dans les salles de classe libérées par les élèves
journaliers.
Nous espérons que l' U.P.V. pourra un jour jouer
en Haute-Volta le même r~le quo jouent le C.N.T.E. en Franco
et l'Université ouverte en Grande-Bretagne. Mais pour cela il
faudrait pouvoir mettre sur pied des structures permettant
l'enseignement par correspondance et par radio.
(2)
A l'exception du Petit Séminaire Notre Dame d'Afrique do
Koudougou nous n'avons trouvé dans aucun établissemont une sC'LQe
classe où il y a un liVTe d'Anglais par élève.
(3)
Mme BARRY travaille activement à la voltaisation de la
Méthode Pour Parler Français expérimentée au Centre de Linguis-
tique Appliquée de Dakar.
(4)
cf structure du C.D.P.P. et le s réalisatiàns· .du bureau
-------.,--. '\\
":
~.
d'Anglais, appendice A.
(5)
Hélène GANTHIER, auteur de l'Enseignement d '1l.ne- Lan@e
,
.
Iitrapp;ère,. Presses Universitaires de Fri~yce 197:3.- .c' .
(6)
René QUINAULT, connu dos auditeurs européens pour "!.nJ?..K9 r§,
i9..,fj.steners· Questions", René QUINAULT a pris sa retraite
à la B.B.C.
Il occupa maintenant le poste de Secrétaire et dG
Trésorier de l'International Association of Taaahers of English
as a Foroign Language (I.A~T.E.F.L.)
(7)
Piers PLOWRIGHT, producteur de The Play's the T~Bg ;
Ep.e;J..:lsh Teaching Theatre .L}wO 'iL Company',

-11t-
(8)
Peter .r-1ENZIES, producteur de English flo.nyway ; Catc~
Words.
(9)
Peter SNOW, productour de Take a Break i Grand H9J@.1. G2!~~
~rning. Improyo your Eoo'+,,;L..§h.
(11)
Pierry O'NEI1, l2eopl,.9 talking ; version radiophonique da
1,Q.a.ching Obse rve d ,
(12)
Anno THEREW, Plain Spe~ing, en collaboration avec Peter
SNOW~
(13)
Barry TOMALIN, co-autour do English For Freneh-S..p.o=r3.k1~
~..rj...Y2. en collaboration avec David MILLS, boniface ZODEOUGAN,
Tim DOUST :
6°, l want to Speak En&Liesh,
Armand Colin 1971
50, En.joy Speaking EAitlj..sll, Armand Colin 1972
4°, Working W1th Enp;]J..§l1, Armand Colin 1974
~o, Succeeding in English, Armand Colin 1976
Barry TOMALIN est maintenant editeur à B.B.C. English by Radio.
(14)
1eslio DUNKLING, producteur de On We Gq ; de Jenpy__~~~
I1ichael,. serio spécialement conçue pour les auditeurs dtAfriq~c.
(15)
1I..S. HORNBY, The T,.oaching of Structural Words anj...s.E?]lj;~}~Ç~,
?"attern, Stage One, Two, Throo and Four ; O. U.P. London
~ Guide to Patterns and Usage in English. O.U.P~ 1972
12th edit.
Âdvanced Learner l s Di.çJ;1.9Xl.J.Lr.v of Current Engli.§l1, 0 ~U.P.
3rd edition 1974
.A.~S~ HOHNBY est l'un dos Fondatours de la revue English Language.
~J3.ching Journal, British Council et O.U.P., London

-12-
LA
HAUTE-VOLTA
. CARTE D' IDENTITE

~,
~
• <r~,;.
• ,
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.;.... ......
"':'\\...~ .. ': ........... -
...............,.....,..-
• 12~
_
.J , ' . : .
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~.~ '.::'.::.~.." ~!~..", ".'-u _ ~t­
~:_.' ~;~
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-.'-..:.":":'~ ~ "~ ..... -~:-
.............. "--,. "--,-...
"~-. ~
SITUATION GEOGRAPHIQUE (1)
LaHa~e-Vo~~a qui s'étend sur 27400 ~ es~ si~éG au çentre
de 1a bouoJ.a du Niger. Elle ni a pas d' ouveri;ure sur l.a mer. Elle GlSt
enoJ..avée en"tra six PB\\YS, 1.e ..MaJ.i, la C8te d'Ivoire, J.e Ghana, le Dahomey
e-t le Niger~
Dépourv-ue de s o~e d'énergie na-turelle. (ni charbon. ni pé-brole. ni
grandes ohu1ies dleau aménageables), la !ia.u.te.VoJ.ta a une :Lndusi:ri.e
embryonnaire. Liag:t":i..ouJ:ture qui est essentiellement une agriouJ.ture
de subsistanoe ne permet pas d' éJ.ever le niveau de :La via de J.' ansembJ.e
de ].a popuJ.ation ; qui res~e l'un des pJ.us bas du m$tld~~ E:n 1968, 1.e
PNB per oapita était de '50. (2)
Ceoi s'explique par ].a pauvreté des soJ.s .. l t irréguJ.arité ,d~ :La pJ.uvio."
mé-trie qui affectent J.e rendement de l'agricuJ..1;ure et de J..éJ.~e~
La si1nrlia:ti.on du paysan est stationnaire ou regressive. L~s oondi.tions
.de vie des paysans n' on"!; pas tellement évoluées depuis ~e débu1i du
- Bièo~e~
-
(1) of BREF Al'ERCU GEOGRAPHIQUE p. -1 5~
(2) l\\AUTE:-.YTOL~ 1971, Europe France Outremer..
Sep-tembre 1971
.....

C"'.'":'i.
LES MOUVEJ'iIENTS DE POPULATIONS
La population résidente do la Haute-Volta est estimée en 1973(1)
à 5516000 habitants pour un territoiro de 274000 km2~La
densité est de 20h/km2. 500000 Voltaiqu,Gs vivent à l'étranger,
notamment en Cete d ' Ivoire, r.1ais l'émigration présente raœo-
ment un caractère définitif, car 9% seulement des émigrants·
s'absentent 5 ans ou plus (2).
LI exode massif de la main-d' oouvre masculine et même féminine
détourne les éléments dynamiquos de l'action et de l'innovation
rurale. Nos anc~tres doivent se retourner dans leurs tombas.
Au temps fort de l'esclavage et de la traite négrière, ils n'ont
pas permis qu'on vide le pays do ses forces vives. Ceux qu'on
n t a pas pu acheter ou réduire de force e11 esclavage se vondent
à un prix dérisoire et accoptent la condition d'osclave à
11 étranger. Si la traite osclavagiste a retardé le développomont
du continent africain, l'émigration condamne la Haute-Volta ~t
un sous-développement perpétuel.
Il est vrai que les Mossi (3) sédentairos ont été déracinés dès
les premières heures de la colonisation. Beaucoup de Mossi ont
suivi les pas du Mogho Naba Wobgo (4) en Gold Coast où ils
espéraient ~tre mieux traités que par les "pacificateurs" fran-
çais.La plupart des immigrants lvIossi au Ghana furent employés
dans los plantations. Un grand nombre de ceux qui ont
(1) !f!..UTE-VOLTA, Atlas Jeuno Afrique 1975
(2) Voir les Mossi dans POPULLTIONS, LANGUES ET ETHNIES, P.· 185
(3) Voir BREF APERCU HISTORIQUE P•.17~ ,
(4) HAUTE-VOLTA, Europe France Outre-mer, Septembre 1971

.. ~
préféré rester en Haute-Volta furent déportés en C~te d'Ivoire
pour travailler dans les plantations ou au Mali pour travaillor
dans l'Office du Niger •
L'émigration qui vide le pays de toutes ses forces vives et dont
on essaie de rendre compte de mille et une façone,quelquefois
d'une manière fantaisiste, a commencé depuis le début du sièclo.
La grande famine de 1914 (1) a forcé des milliers de VOltaiques
à abandonner leur terre natale pour se rendf'e en Gold Coast ou
en C~te d'Ivoire.
La sévère rèpression qui a suivi les soulèvements du 1916 (1)
a eu pour conséquence la fuite de milliers de Voltaïques en
direction de la Gold Coast. Le recrutement militaire (1917-18)
et le recruement autoritaire de main-d'oeuvre (1919-22) ont
contribué au départ massif de Mossi de Tenkodogo, OuagadoUgou,
Ouahigouya etc •••
En 1929, un document officiel britannique évalue à 60 000 (1)
le nombre de Voltaïques entrés en Gold Coast. En 1937, on
estime à 80 ou 100 000 le nombre de Voltaïques refugiés en" Gold
Coast. Pour la seule année do 1944 on a recruté plus de 48 000
travailleurs voltaïques pour les plantations vioiriennes ~ (1)
En 1946 le travail forcé et le recrutement autoritaire furent
supprimés. Mais cela n'a pas ar~té l'émigration qui devient
plus individuaJ.1séo
et plus spontanée (G.Sanogho 1974) ~
Tandis que pour Kohler (2) les raisons vont de l'économique au
-"(1) Georges SANOGHO, Les rrp.grations Voltaiques. Notes et
Documents Voltaïques Janvier-Mars 1974
(2)
Jean-Marie KOHLER, Les migration des Mossi de l'Ouest"
ORSTOM, 1972

'"f',!~'.~ _\\
J
sociologique en passant par 1() psychologique, pour R~C.
Sawadogo (1) i l n'y a qu'tille raison prédominante en l'absenco
d.i laquelle, l'émigration s' arr~terait, l'économique : "Le
problème de contr~le du salau d)s bonnes terres par los a1nés
au détrimont des cadets n'est qu'un épiphénomène ; dans }:3S
z ono s où .Le s paysans émig:;."(;nt i l n'y a do terres fertiles'et
disponiblof: pour porsonno. Partir ou ne pas partir devient uno
altornativo de vic: ou do rnort".
C'ust donc à regret que les j cune e partent pour l'étranger, Et
Cf GE:;t à regret que les a1n6s voiont partir les cadets pour la
C8-(;0 dflvoirvo, car i l n'y a pas d'activités annexes capab.Lo s ,
d'assurer la subsistance du paysan quand la production agricolo
vient à manquer. Et i l n'y a pas d'activités économiques qui
puissent apporter un appoint valable aux paysans en dohors d3S
cul.bure e de rente, comme 10 coton et l'arachide. Et comme J.:)
produit do la vente du coton ou de l'arachide ne permet pas au
paysan do s'acquitter do ses taxes et impôts forfaitaires et
dlassurcr une vie décento à l'rmsemblo de sa famille, i l ost
contraint d'émigrer en C~te d'Ivoire ou ailleurs à la r()ch~)rchc
do J_'argont (Kohler 1972). (2)
C'est la f'Lne fleur de J.A. Haute-Volta qui sIen va, car Lo s
,jOllil0S
dr) 14 à 39 ans (R.C. SA-vlf..DOGO 1974) représentant 40~.:
de la population totale à l'étranger, "une perte sècho }Jour
le pays qui a assuré tous les frais de l'élevage de J~' onf'arrt
à l'adultc:) et assumera encore Les chargo s de sénilité dos corps
vidé G de leur puissance muecuf.aa re v ,
(:5)
(1) T.C. SAWADIDGO, EtUd,.ss _~d.?ê•. ~I1~'ti:-21l13~.19..lliï_g.u2..ê_.:~1:.1?J2..I:~.c~i.~-::-.
g..Ql?; cr"ij;i!lue...
(2) Jean-Harie KOHLER, ~21,-lI}.Kr:a...ii.--'2Pp_cleJL Mo.l?.s:l;"ll~~:L.~.Q}\\'),..,?j .•.
ü.R.S.T.ü.M. 1972 Paris
(3) R.C. SAWADOGO, !tudeJ? dC)J.Ll1i,graj;i0118._ Vol taï,ill1e s.. :
Appré.cia.tion. Cri.:t~__'llle~ Ao,s..C.a:u:.s~.§l~.E<.t..cl.~1?-~l}~sJ>..~cj;.?_gAq:n:~..it!l.-c.i,f.c
..,
Notes et Documents Voltaiques, Janvier-Mars 1974

Le développement de la Haute-Volta passe par l'ar~t de
l'él~gration des ressorts do l'action et de l'innovation dans
les campagnes. Le Projet des Vallées des Voltaessaio do
détourner le mouvement migratoire en direction de llétranger ,
vors d' autres régions voltaïquos plus favorables aux activit(~S
agraires et pastorales.
;~1
<~~~

.'~
,
LES COrvn-1UUICATIONS &...4
N'ayant pas d'accès à la mer, et ne possédant pas de fleuve
na~igable, pour importer ou exporter, la Haute-Volta aoi~
utiliser la route, la voie ferrée ou l'avion. Ouagadougou ost
relié à Abidjan par la route, 10 chemin de fer et l'avion; à
Accra, Lomé et Cotonou par la route.
Les routes sont classées en :
1.
routes nationales, départemontales, régionales, chemins
ruraux et pistes carossablos
2.
routes permanentes, c'est à dire praticables toute l'm~Lé8,
et routes temporaires qui sont souvent impraticables de juiJ.J.'jt
à septembre. Certaines routes se transforment en véritables
fondrières pendant la saison des pluies, rendant les COillillUTICL-
cations entre villes pénibles ou impossibles.
3.
routes bitumées et routes non bitumées.
Il y a environ 2 050 ~ de routes praticables de façon pe~
manente, dont 564 km sont bitumés. (1)
OuaGadougou est à 1 145 km d'Abidjan par voie fenée. Sur los
1 145 km de voie ferrée, 517 km se trouvent en terre voltaique.
Un projet de construction d'un tronçon de 353 km, reliant
Ouagadougou à Tombao par Kaya, pour l'évacuation du minerai do
manganèse est en courf;l.
Le réseau aérien compte deux aéroports internationaux, à
Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, ainsi que 45 aérodromes SG-
-,
condaires.
En ce qui concerne les Télécommunications, il y a 1 000 Ligil:JS
t~léphoniques à Ouagadougou et 800 à Bobo-Dioulasso. (1)
----------_.
--........,-:...............~_.
__..•.~~.......~.~-----~---_.~_.~"" ..,.--...........,,~,
(1) B!~U!~-VOLTA, Atlas Jeune Afrique 1975
.'~.

-18-
.....\\ _.
Los villes de Banf'o ra , Koudougou, Fada NI Gourma et Ouahigouya
sont reliées au réseau interurbain.
Des liaisons radio-téléphoniqu8s existent avec Paris, Abidjan,
Accra, Brazzaville, Dakar, Douala, Libreville, Niamey,
Tananarive
• (1)
(1)
Source: !fAUTE-VO~A ; Atlas Jeune Afrique, 1975

· ."
._".: ....
-19-
LE TOUHIS:fiJE
Le Tourisme comme industrie n8 fait que commencer. Mais c'est
une industrie qui mérite une attention toute particulière, vu
sa rentabilité. En 1969-70 les recettes ont été de 6 500 000 CF~
alors que les dépenses no dépassaient pas 2 580 000 CFA (1).
Il Y a eu donc un bénéfice d0 4 000 000 CFA.
Les paysages sont très variés
Grottes à gravures rupestres à Borodougou
Mare aux hippopotame s dans le Sud-Oue st
Nare aux caïmans à Sabou
Cascades de Karfiguola
Lac de Tingrela
Forteresses Lobi~Dagari-Birifor
Les groupe a oe bchnt.que s au folklore pittoresque sont nombreux.
La faume est abondante ct variée. La réserve d'Arly, acce s sri.b.Lc
en avion de Ouagadougou, a un
oampement confortable et 70 ]::u c~
pistes d'observation.
L'artisanat est en plein essor
Musée de,Ouagadougou
Centre de formation féminine et artisanale
Centre Vo1taïque d'Artisanat d'Art •.
Les obstacles au développemont du tourisme en Haute-Volta Bont
essentiellement :
- l'insuffisance de l'infrastructure d'accueil
- l'insuffisance do l'infrasture routière.
(1) !If.UJll:VOLT..,!, Europe France Outre-mer Septembre 1971
1 FF=50 CFA

-20-
LE PROBLEl\\JE DE LI EAU
La Haute-Volta a un climat tropical de type soudanien,
caractérisé par une saison sèche qui slétend d'octobre à mai
et une saison pluvieuse do juin à septembre. Cette situation
transforme des millions d'agriculteurs en chÔmeurs pend~nt
sept mois sur douze. Ce qui pousse la plupart à émigrer vers
la CÔte d'Ivoire pour y church8r du travail pendant la durée
de la saison sèche.
Des trois fleuves, la Volta Noire, la Volta Rouge et la Volta
Blanche qui ont donné lour nom au pays, soule la Volta Noire
ne tarit jamais.
Les précipitations diminuent du Sud au Nord de 1 200mm à
500nun par an. ~his la cause essentielle des difficultés vient
de la concentration des précipitations sur une période de
trois à quatre mois. Cotto période est souvent trop courte
pour la croissance normale de certainesvariétés céréalières.
De plus comme les agriculteurs doivent vivre sept mois sur
le travail de trois ou qU2tre mois, leur revenu reste sta-
t Lonnat.re ,
'-,;'
'.'"
Le déve Loppomorrt industriel, agricole et /pa:~:tora1'é's\\lié à
'<. /
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la maftrise de l'eau, soit par la construc~~op de b~r~ges
, J
i~r,~-
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soit par la canalisation des eaux des Vç:;-t;\\as. ,,~_) ~:
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L'AGRICULTURE L' BLEVAGE
LtAgriculture voltaïque ost essentiellement une agriculture de
subsistance dont le caractère dominant est l'exploitation
familiale.
L1Agriculture en Haute-Volta est très défavorisée par :
1.
Une pluviométrie faible ct irrégulière
2.
L'absence de l'intégration de l'élevage à l'agriculture
3.
La pratique répandue des feux de brousse
4.
La rudimentarité du matériel agricole ; l'insuffisance do
l'outillage réduit l'ét811duc des surfaces exploitées.
5.
Des facteurs sociologiques. La structure de la famille qui
impose aux jeunes de travailler pour le chef de famillu, dans
l'exploitation familiale. Cette situation serait l'une des
nombreuse s causes de l'émigration des jeunes vers la C~to
d'Ivoire où ils travaillent à leur compte personnel. (1)
Les principales cultures vivrières sont
le mil, 10 sorgho,
le maïs, le riz, l'igname, le haricot.
Les cultures commerciales sont essentiellement le coton,
l'arachide et le ris. On peut ajouter le karité comme produit
de la collecte dont le beurra est exporté en Grande-Bretagne.
Les Organismes Régionaux de Développement (O.R.D.) s'efforcent
de promouvoir une agriculture moderne, orientée surtout vers
des cultures industrielles ou commerciables.
Nais dans ce domaine la politique des O.H.D. n'est pas t.oujourc
bien comprise des paysans; qui pensent que l' O.R.D. ne s'in-
téresse à eux que dans la mesure où il produisent pour
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(1) J§Jlu~rgGIYJ.'r...I21iS~.DE.§.J~O.s.S}. pp~~~~O~ÉT , 0 .R.S.T.O .1,1. ,Paris
1972

vendre, alors que chaque chef d'exploitation familiale veut
avant tout assurer la survie de sa famille. l' O.R.D. et los
paysans sont d'accord sur un point : il faut produire davan-
tage. Les points de divorgence se situent au niveau do quoi
produire, comment, quand, pourquoi faire ou pour qui?
----1 ~~oÎ'?:l-
->
r:O~I::]~@1:§~] .f--'(--?) [~~!J
~o~~~~:~J,1
Figure 1
Plus concrètement il s'agit essentiellemont d'harmoniser
quatre facteurs essentiels qui modifient profondément la
quantité et la nature de la production agricole.
.>
Date s de semis,
Traitement,
~<)
Sarclage
~ ~~.~'.~~=._-_._.--'
- -..
Matériel agricole:
daba, culture
attellée, culture
motorisée

Assez souvent il n'y a pas d'hanilonie ou de communauté d'intér~t.
Au niveau national on peut souhaiter que la production agricol8
soit de nature à stimuler l'industrie naissante dont les
matières premières sont essentiellement agricoles. soit pour
développer les exportations soit pour l'éduire les importations
de denrées alimentaires. Les G.R.D. vont donc naturellement
pousser à la production
de cultures commerciales comme le
coton et l'arachide. Cependant 10 prix de vente du coton ou de
l'arachidè suffit à peine à rembourser les frais d'engrais
chimiques et d'insectides qui ont servi au traitement des
cultures. L'agriculteur ne peut pas compter là-dessus pour
payer ses impOts, s'habiller ct s'acheter un moyen de locomo-
tion.
De ce Îait la plupart des paysans préfèrent cultiver du mil
par exemple pour assurer la survie de la famille et émigr(]r en
COte d'Ivoire pour y chercher l'argent de l'impOt, l'habille-
ment, le moyen de locomotion ot·m~me
les frais d'engrais.
Plus le paysan étend ses champs de cultures industricD.es, plus
il dépense pour l'engrais, les produits de traitement et de
matériel agrico18, que lui vend l ' O.R.D. Il a donc l'impression
de travaillGr plus pour l' O.R.D. que pour lui-m~me.
Si l'on veut développer des monocultures régionales, il faudrait
pouvoir assurer une bonne circulation de tous les produits
agricoles. Les régions
favorables à la production du coton, ou
de l'arachide, ou du mil, ou d'ignames, ou de riz, Se spécia-
liseraient dans ces cul turcs, s'il Y avait une garantie
-fI.).' en
: ~.
vendant leurs produits les agriculteurs do ces régions pour-
raient se procurer ce dont ils auraient besoin sans écart do
prix~
Ceci serait possible s'il existait une sorte de Banque Nat t.one.l.c
de
Vivres qui stockerait et distribuerait les vivres à un

prix fixa pour toutes les régions (1). Ceci supposerait aussi
une bonne iIÛrastructuro routière qui permette un transport
rapido de vivres d'une région à une autre, ainsi qu'un système
de subvention qui couvrirait les frais de transport d'une
région à ure aut Te. Tant que le paysan n' e st pas sû.r qu 1 avo c
le prix de vente de son coton ou de son arachide il pourrait
acheter suffisarmnent de vivres pour sa famille, aucun agJ..~i­
cul.tour ne prendrait le risque de développer un agriculture
commerciale au détriment de l'agriculture traditionnelle de
subsistance.
(1) Voir illustration page t>~

INDUSTRIES ET MINES
Ltlndustrie est un secteur peu développé et n'emploie que 5%
de la population active. Les industries naissantes sont étroi-
tement liées à la production agricole. Il y a essentiellement
des industries alimentaires : des rizeries, des huileries, dos
savonneries, une fabrique du sucre à Banfora, 2 fabriques de
bière à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Un comple::xetextile à
Koudcugou ; une manufacture de cigarettes à Bobo, d' allumettos
à Ouagadougou. UnefabriClu8 de chaussures BATA à Ouagadougou.
L'industrie souffre de :
- l'éloignem8nt de la mer, d'où co~t élevé des pro-
duits importés ou exportés
- l'absence d'énergie hydro-électrique, la faiblessG
du marché intérieur
la faible exploitation des ressources du sous-sol
l'insuffisance des voies de communication
le manque de capitaux locaux
la concurrence des pays voisins, mieux placés.
Perspectives d'avenir:
le manganèse de 1a~bao dont les réserves sont
estimées à 13 millions de tonnes (1)
calcaires de Tin Hrassan avec création de cimente-
ries sur les rives du Beli
Réserves do pentoxyde de vanadium à l'Ouest de
Tambao, estimées à 6 millions de tonnes (2)
Gisements de bauxite au sud de Kongouasâ , rtchel"o
en alumine (2)
.......
&<-;--.-. ...

............
~ .•
-.
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--'-_~
....,...,.~.~
~
'&>.-a.-.",*-._..E:.'
(1 )
liâ-.V1'!::-VO~1.:P;, France Europe Outre-mer 1 971
(2)
HAUTE-VOLTA Notes et Etudes ; La Documentation Française,
1,971

- marbre offrant cinq variétés de couleur, dont
les réserves sont estimées à 60 000M3
Les sables. des alentours de Ouaga pourraient
servir à la fabrication de verre coloré.
A Pourra, l'exploitation aurifère pourrait être reprise. (1)
(1)
LA REPUBLIQUE DE HAUTE-VOLTA, Notes et Etudes Documen-
taires.
La Documentation Française Septembre 1971

LA SANTE PUBLIQUE
Il Y a deux types de médecine en Haute-Volta :
1 •
La
co.••
médecine
-So._,-",
· n t
de
.............. _
masse
-=e .. ,.- r~
: essentiellement itinérante,
de la prévention, du dépistage et du traitement de cer-
taines maladies t~ansmissibles endémo-épidémiques.
2.
Un3 médecine de soins individuels: statique, dans IGS
.....s..,-. ,.,...__ .....~.... -......<:-...-....................::&..:-;&:..:&-•..a..:: ..._.".: "'-~.:.o." -1
E
, •
.-:. • .a:..-..... ~ ......
h~pitaux, les centres médicaux, les dispensaires, los
maternités, les P.J.\\I.I.
I,8S principaux hôpâ taux sont à
Ouagadougou: 650 lits (1)
Bobo-Dioulasso : 579 lits
ainsi qu'à Ouahigouya, Koudougou, Gaoua, Fada N'Gourma.
Il Y a un médecin pour 50 000 habitants. (2)
On compte environ 307 dd speriead.re a et centres médicaux. IIGS
infirmiers et les infirmières d'Etat sont formés sur place
à l'Ecole Nationale d'Infirmiers et d'Infirmières d'Etat.
(1) Source : ~l..AEJ,PPJ?}lR~~PP~Ji~YJ]ll;:,*Y.:.9.LTA., Notes et Etudes
Docun1entaires, la Documentation Française 1971
(2) A Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso, il y a 1 médecin
pour 5 000 habitants. (cf !-L'\\.UTE,;-VO]R.A, les Atlas Jeune
Afrique 1975)

-28-
IL.:... ENSEIGNEHENT EN HAUTE-VOLTA
FAlTS ET CffiFFRES

-29-
TABLEAU GJ2JNERAL DE L'ENSEIGNEMENT AU -
1-1-1972
zr_
__
-
C " _
_._.-.......a.:...a,;...~
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n . ; & ; . ~
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---=;===~====~=~~====;================-========================================~=:.
DEGRE
NOIVlBRE
NOJYIBRE D'ELEVES
D'ENSEIGNEJ.'.TENT
D'ETABLISSEMENTS
~r.mnt(Gm;lrr:fÏ:rT"'û'l3t11
GNmJ.r81f~· l?luv~~r' .
G
F
T
'ré-scolaire (1)
155
134
127
261
:~m.ier De.B.:r:~,
. Général
602
28
630 67.753 39 _600 1.07353
2 _792 1 ~61 2
4~404
~.1~~l~=~.~m ....Jo_._~:= -~l..1.5~. 1:; _.125. .••.s:.•._.::.••••z:••
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