UNIVERSITE DE PARIS X NANTERRE
DEPARTEMENT DE GEOGRA~HIE
Thèse de doctorat d'Etat
DAKAR: CROISSANCE ET MOBILITE URBAINES
tome 1 - La croissance urbaine
LAT SOUCABE MBOW
Maitre-assistant
Agrégé de Géographie
Sous la direction de Monsieur le Professeur PAUL PELISSIER
Octobre 1992

A LA
MEMOIRE
DES MIENS
DISPARUS.
A MON
PAYS
LE SENEGAL.

" Les
géographes,
comme
les
autres
scientifiques
se
définissent
moins
par
l'objet
qu'ils
étudient
que
par
les
concepts
et
les
processus
de
relations
sur
lesquels
ils
mettent
l'accent".
Bria n J.
L.
Ber r;y
Spatial
analysis
1972.

1./
A V A N T
PRO P 0 S
postérieurement
à
la
thèse
d'Assane
Seck
(1),
Dakar
a
donné
lieu
à
de
multiple~ recherches géographiques
sous
la
forme
de
mémoires,
de
thèses
(2)
et
de
rapports
d'enquêtes.
Dans
la
période
allant
de
1967 à
1988,
quarante
huit
titres
sont
enre-
gistrés
au
seul
département
de
géographie de
l'U.C.A.D.
(3),
soit
une
moyenne
annuelle
de
deux
études
de
niveau
avancé
sur
la
métropole
sénégalaise.
L'intérêt
accordé
à
cet
espace
est
accru
si
l'on
ajoute
au
bilan
les
recherches
effectuées
dans
les
autres
sciences
sociales
ou
au
sein
d'autres
institutions
locales
(D.R.S.T.D.M.,
E.N.E.A.,
E.N.D.A.,
E.A.U.,
I.S.E •.•. )
ou
étrangères.
L,'analyse
thématique
du
fonds
disponible
au
département
de
géographie
de
l'U.C.A.D.
est
très
éclairante
sur
la
manière
dont
le
devenir
dakarois
a été
"problématisé".
Une
étude
sur deux
a
porté
sur
une
monographie de
quartier.
De ce
point
de
vue,
les
extensions
périphériques
ont
particu-
lièrement
retenu
l'attention.
Ce
parti
se
justifie par
la
rapi-
dité
de
l'évolution
du
front
d'urbanisation
qui
soulève
le
pro-
blème
de
l'intégration
fonctionnelle
des
villages
traditionnels
lébou
et des
établissements
de
création
plus
récente
(Grand
Yoff,
Parcelles
Assainies).
Les
unités
résidentielles
de
la
zone char-
nière
de
l'agglomération
ont
été
investies,
quoique
à
un
dégré
moindre.
Il
s'est
agi
notamment
des
lotissements
d'habitat
planifié
(S.I.C.A.P.,
H.L.M.)

se
pose
la
question
de
l'appro-
priation
par
la
population
d'un cadre
de
vie
pensé
et
réalisé
sans
sa
participation.
La
vieille
ville-Plateau
et
Médina-a
été
quasiment
délaissée.
Deux
monographies
sur
les
vingt
quatre
(1)
Seck
Assane,
Dakar,
métropole
ouest
africaine.
Dakar,
I.F.A.N.
1970
(2)
Parmi
les
thèses
de
géographie,
on
peut
citer
celles
de
Verni ère
(Marc)
sur
Pikine(1978)
Dubresson(Alain)
sur
l'in-
dustrialisation
de
l'axe
Dakar-Rufisque
(1979)
et
Fall
(Papa
Oemba)
sur
l'urbanisation
du
littoral
sud
de
Dakar
(1986)
(3)
La
traduction
des
sigles
et
abréviations
est
fournie
dans
la
partie
des
annexes.

2./
l'ont
concernée
(secteur
de
l'avenue
Lamine
Guèye,
Médina-
ouest).
La
perspective
retenue
par
ces
recherches
est
très
souvent
apprauvissante
dans
la mesure où
elles
se
limitent à
établir
un
état
des
lieux,
sans
insister sur
la
transformation
des
paysages et
de
la société
urbaine.
Mais
les
auteurs
ont
unanime-
ment souligné
la personnalité
de
leurs
espac~s-cibles.
Lorsque
le
regard
a été
posé
sur
l'étendue
de
toute
l'agglo-
mération,
i l
en
a noté
les
disparités
(équipement
scolaire,
commercial)
et
les
contraintes
techniques
(transport,
assai-
nissement,
eau potable).
La
recherche
dont
les
résultats
sont exposés
ci-après
vise à
appréhender
les
mécanismes
oeuvrant
à
la
croissance
de
l'espace
urbain
dakarois,
à
sa
fra
gmentation en
territoires
restreints
au
sein desquels
s'expriment
le
plus
intensément
les
manières
de
vivre
la
ville.
Si
nous
avons
atteint
cet
objectif,
le
mérite est
à
partager
avec
tous
ceux qui
nous
ont
soutenu
au
cours
des
neuf
dernières
années
consacrées
à
la préparation
de
notre
ouvrage.
Notre
gratitude
va
d'abord
à
M.
Paul Pélissier,
professeur
émérite,
qui
nous
encouragea
en
1982 à
étudier ce
nouveau
Dakar
difficile à comprendre
de
l'extérieur à cause
de la
plu-
ralité
de
ses
paradoxes.
Paradoxe entre
une
croissance soutenue
et
un
contexte national
marqué
par
la
stagnation économique.
Paradoxe entre
l'image
surfaite de
grande
ville moderne projetée
sur
la
scène
mondiale,
et,
la
réalité
d'une
formation
urbaine
plus
ouverte
que
par
le
passé
aux! influences
des
cultures
de
terroir
de
l'arrière-pays
sénégalais.
Les
conseils
précieux et
l'inlassable
disponibilité
de
notre
directeur
de
recherche
ont

3./
constitué
pour
nous
un
stimulant
inestimable.
La
fondation
Léopold
Sédar
Senghor
et
le
C.R.D.l.
ont
honoré
de
leurs
concours
les
enquêtes
que
nous
avons
effectuées à
partir
de
1982.
L'aide
de
la
Fondation
Ford
à
la F.L.S.H.
de
Dakar
nous a permis
de
surmonter
les
difficultés
inhérentes
à
la
mise
en
forme
finale
de
cette
thèse.
Que
ces
donateurs
veuillent
trouver
ici
le
témoignage
renouvelé
de
notre
profonde
gratitude.
La
Direction de
la
Statistique et
le
Centre
de
Calcul
de
l'D.R.S.T.D.M.
ont
facilité
la
collecte
et
le
traitement
des
données
censales
recueillies.
Nous
leur
en
savons
gré.
Dans
cet
hommage
nous
réservons
une
part
particulière
à
Mme
Awa Thiongane,
M.
lbrahima
Sarr
(Statistique)
et
à
M. Hervé
Chevillotte
(D.R.S.T.D.M.)
envers
qui
nous
gardons
une
amicale
reconnaissance.
Enfin,
nous
réitérons
nos
sincères
remerciements
à
notre
colla-
borateur
Abdou
P.
Ndiaye,
à
nos
collègues
Amadou
A.
Sow et
Honoré
Dacosta,
ainsi
qu'aux
femmes
et
aux
hommes
de
bonne
volonté
qui
se
sont
prêtés
à
nos
questions
lors
de
nos
enquêtes
dans
les
communes
de
Dakar
et
de
Pikine.

4./
1 NT R 0 DUC T ION
LA PROBLtMATIQUE, LES MOTS ET LES OUTILS
Le
mouvement
vers
les
villes
est
largement
engagé
au
Sénégal.
A présent,
plus
du
tiers
de
l'effectif
national
réside
en
milieu
urbain,
contre
près du
quart
au
moment
de
l'Indépendance
(4).
Mais
à
Dakar

se
rassemble
la moitié des
citadins,
ce
processus prend
une
importance
particulière.
Jusqu'à
une
période
toute
récente,
la
croissance
démographique
y était
tributaire
des
migrations.
Les
allogènes
continuent
cer-
tes
d'affluer
de
l'intérieur
du
pays
et
de
l'étranger
toutefois
ces
apports
ont
influé
sur
la
composition
de
la
population au
point
de
rendre
l'excédent
des
naissances
sur
les décès désormais
plus
décisif dans
le
peuplement.
L'intensité
de
l'urbanisation
confronte
la
capitale sénégalaise
à de
contraignantes
questions
d'insertion économique
et
sociale.
Malgré
la
profusion
des
activités
de
tous
genres
seule
une person-
ne
en
âge
de
travailler
sur
trois
occupe
un
emploi.
Les
laissés-
pour-compte
de
l'économie
urbaine
parviennent
à survivre
en
re-
courant
à
des expédients
ou
à
l'entraide
dans
les
groupes de
parenté
et
les
divers
réseaux
d'appartenance
sociale.
Cet
accès
inégal
à un
revenu
confère
aux
individus
des
statuts
différents,
les
assigne
à une
place
définie
dans
la
hiérarchie
établie
par
la
société
urbaine,
et,
à
une
résidence
type
dans
l'agglomération.
La
croissance urbaine
a abouti
également
à
la
juxtaposition de
nouvelle~ extensions
à
la
vieille
ville.
Il
y a
loin
entre
l'or-
ganisme
urbain qui
languissait
en
1945 encore
dans
la
promiscuité
(4)
le
taux
d'urbanisation
du
Sénégal
s'établità
39
% au
R.G.P.H.
1988,
contre
26
% en
1960-1961.
Dakar
abrite
les
52
% de
la
population urbaine.

5./
et
la
pénurie
des moyens
entre
le
Plateau et
Médina,
et,
celui
qui
par
la
suite a
investi
de
ses
excroissances
la
presqu'île
du
Cap-vert.
Les
vastes
programmes
d'aménagement
réalisés
au
lendemain
de
la
dernière
guerre mondiale
ont
assuré à
l'espace
urbain
un
essor
sans
précédent.
Simultané-
ment
à
la
réhabilitation des
trames
anciennes
du
centre-ville
et
des
premières
enveloppes
péri-centrales,
de
nouveaux quartiers
se
sont
construits
à
la
périphérie,
dans
les
lotissements
créés
par
l'Administration
ou
l'initiative
populaire.
Du fait
de
l'éta-
lement
périphérique,
l'agglomération
s'inscrit
aujourd'hui
dans
un
rayon
d'une
vingtaine
de
kilomètres
à
partir
du
Cap
Manuel.
Il
en
résulte
des
contraintes
techniques
(mise en place
des
réseaux
structurants)
difficiles
à
lever
pour
les pouvoirs
spécialisés
auxquels
incombe
la
gestion
urbaine.
Au cours
de
la
croissance,
l'architecture sociale de
l'espace
urbain
s'est
notablement
transformée
à
cause
de
la mobilité
de
la
population.
A la
structure
dualiste
opposant
la
ville
euro-
péenne
et
la
ville
indigène
du
Dakar
colonial
se
sont
substituées
des
combinaisons
socio-spatiales
plus
complexes.
Sous
l'effet
produit
par
la compétition
qui
fait
monter
ou
descendre
les
indi-
vidus
sur
l'échelle
sociale,
et,
le
remodelage
périodique
du
tissu
urbain,
l'espace
résidentiel
est
soumis
à
une
dynamique
d'éclatement
de
ses
limites
et
de
recomposition
de
son
contenu
humain.
LA PROBLEMATIQUE
Notre
propos
consiste
à
examiner
les modalités
selon
lesquelles
la
population
se
répartit
sur
l'espace
de
l'agglomération
au
,
fur
et
à
mesure
de
sa
croissance.
Il
s'agit
aussi
de
connaître
comment
les
groupes
sociaux
s'approprient
leur
cadre de
vie
quotidien
dans une
ville
africaine
ségrégée
spatialement.

6./
Ce
sont
les
communes
actuelles
de
Dakar
et
de Pikine
qui
ont
servi
d'observatoire
pour
suivre
les
mutations
indiquées
dans
l'énoncé
précité,
entre
1945
et
1988.
Les
bornes
chronologiques
ne
sont
pas
choisies
au
hasard.
C'est
après
la
seconde
guerre
mondiale
que
véritablement
une
agglomération
a commencé
à
se
constituer
autour
de
l'ancienne
"métropole ouest
africaine".
Non
seulement
les
villages
lébou
les
plus
proches
ont
été
progressivement
intégrés
à
l'espace
urbain
après
la
saturation des
interva
lles
non
construits
qui
les
séparaient
de
la
vieille
ville,
mais
une
vaste banlieue
a été
créée
à
Pikine
par
les
opérations
de
rénovation
urbaine
échelonnées entre
les
années
1950
et
1970.
En
1988
a
été
entrepris
le
deuxième
recensement
général
de
la
population
qui
a comporté un
volet
consacré
à
l'habitat
comme
lors
du
dénombrement
démographique
de
1955.
Cette
information
statistique
permet
d'analyser
la
dynamique
de
la
population et
du
parc
résidentiel
en
l'espace
d'une
génération,
et,
même sur
des
séquences
temporelles
plus
courtes
si
l'on
tient
compte
des
données
du
recensement
de
1976.
L'école
de
sociologie
urbaine
de
l'université de
Chicago
a
joué
un
rÔle
pionnier
dans
les
études
portant sur
l'organisation
sociale
de
l'espace
des
villes.
Ses
chercheurs
ont mis
en
évi-
dence
les processus
d'invasion
et
de
succession
une
catégorie
promue plus
haut
sur
l'échelle
sociale
délaisse
au
profit
d'autres
ayant
un
statut
inférieur
son
habitat
dévalorisé
par
la nouvelle
image
de
marque
acquise.
Q~'elle se rattache à
la
sociologie
ou
à
la
géographie ,la
pensée
marxiste
insiste
sur
le
rÔle
des
rapports
de
domination
qui
sous-tendent
la
production,
la
circulation
et
l'appropria-
tion
des
biens
fonciers
et
immobiliers,
par
conséquent
la
con-
figuration
de
l'espace
social
de
la
ville.

7./
Le
secteur
urbain
africain est
très
peu
vu
à
travers
le
prisme
socio-spatial.
Hormis
les
travaux
de
J.
Abu
Lughod
~t d~,G. El Kadi
sur 'le Caire et
Rabat,
de
M. Armand
sur
Abidjan,
cette
thématique
est
plus
souvent
es~uissée dans
le cadre
d'autres
problématiques
qu'elle
n'a
donné
lieu à
un
traitement
particulier.
Pour
trouver
une
logique
explicative
au
développement
spatial
de
l'agglomération
de
Dakar et
à
la
formation
de
ses
disparités
intra-urbaines
sensibles
tant
au
plan
physique qu'au
point de
vue
social,
notre
raisonnement est
parti
des
hypothèses
suivantes
a)
la croissance
urbaine
entraîne
une
division
de
l'espace
rendue
nécessaire
par
la diversification
de
ses
fonctions
et
de
son contenu
humain
b)
par
son
rôle
prééminent
dans
la création
urbaine,
l'in-
tervention
publique
est
responsable
de
la
ségrégation
résidentiel-
le autant
que
les
mécanismes
de marché,
plus
ou
moins
biaisés
par
ce
volontarisme étatique
c)
sur
l'espace
ségrégé
s'établissent
des
rapports
réels
et
symboliques qui
peuvent
créer
l'isolement
ou
l'in~er.action
sociale
selon la
culture dominante
des
différentes
zones
habitées.
LES MOTS
Dans
le
texte,
il
est
fait
usage
avec
une
grande
fréquence
de
termes
qui
méritent
une
clarification
sémantique
pour éviter
d'éventuelles équivoques.
Il
s'agit
de
a)
croissance
urbaine
elle
est
d'abord
l'extension
de
la
superficie occupée
par
une
ville,
mais
celle-ci
est catalysée

8./
par
la croissance numérique de
la
population et des
fonctions
existant dans
la
ville considérée.
Donc
la
croissance urbaine
recouvre
également
la
croissance démographique et
économique.
b)
agglomération
urbaine
c'est
l'ensemble
formé
par
une
ville
et sa
banlieue.
Cette dernière
peut
être autonome
ou
intégrée administrativement
à
la
ville.
Les
critères
retenus
par
le
dictionnaire de
géographie
de
P.
George
pour
délimiter
une
agglomération sont
la densité du
peuplement,
l'importance
et
la
plus ou
moins
grande continuité
de
l'espace
bâti,
l'unité
d'activité symbolisée par
la mobilité
interne
de
la population
active.
L'espace
compris
entre Dakar
et Pikine
répond
parfaitement
à
cette
critériologie.
c)
conurbation
c'est un
groupe d'agglomérations
jointives,
un
ensemble
de
villes
dont
les
banlieues se
touchent.
G.
Chabot
souligne
la
nuance
existant
entre
l'agglomération
et
la conurbation.
Selon
l u i , "
l'agglomération
suppose plus
de dépendance
dans
une
conurbation,
les
villes
restent
distinc-
tes
tout
en
étant
englobées
dans
un
même ensemble".
Dakar
et Pikine constituent au
plan
fonctionnel
une
agglomération,
mais
l'érection
de
Pikine
en
commune à
partir
de
1983 en
fait
une
entité autonome du
point
de
vue administratif.
La
communauté
urbaine
à
laquelle participent
les
deux
collectivités
locales,
avec
Rufisque et
Bargny,
est
un
rappel
des
liens organiques
régissant
leur
fonctionnement.

9./
d)
quartier
c'est
une
portion
du
territoire
urbain
dont
la
population
présente
un
esprit
de
solidarité
tiré
de
la
similitude
des
conditions
sociales
et
des
habitudes
acquises
à
l'usage
des
mêmes
équipements
collectifs.
Ainsi
les
quartiers
diffèrent
par
leur
nom,
leur
taille,
leurs
paysages
et
le
degré
d'élaboration
de
la
vie
de
voisinage.
Lors-
qu'elle
s'accomplit
à
un
rythme
rapide,
la croissance
urbaine
peut
entrainer
un
recul
de
l'esprit
de
quartier.
C'est
ce
qu'indique
le
dictionnaire
de géographie
en
précisant
"
l'accélération
du
développement
urbain et
l'adoption
de
nouveaux
dispositifs
dans
le
réseau
de
circulation
et
l'implantation
des
bâtiments,
en
particulier
des
ensembles
locatifs,
contribuent
à
faire
disparaitre
la
réalité
et
la
conscience
de
quartier."
Le
nombre
des
quartiers
existant
dans
l'agglomération
dakaroise
est
variable
selon
les
sources.
D'après
la
liste
des
délégués
de quartier
agréés
par
les
municipalités
de
Dakar
et
de
Pikine,
Il
yen a v a I t
417 en
1986
(5).
Cet
effectif
pléthorique
est dû
aux
nombreuses
scissions
dont
l'enjeu
est
la
compétition
pour
le
contrôle
politique
de
la
population
de
base.
Dans
le
vieux
Dakar,
certains
espaces
qualifiés
de
quartiers
sont
en
fait
l'émanation
des
anciens
"pintch",
c'est-à-dire
des
unités
de
voisinage
réunissant
des
concessions
polarisées
par
une
grand-
place
à
palabres.
Dans
la Médina,
nombre
d'entre
eux
nous
appa-
raissent
comme
des
sous-quartiers.
a)
mobilité
ce
vocable
est
polysémique.
Il
peut
être
entendu
au
sens
de
migration
si
l'espace
géographique
sert
de
matrice
référentielle
(mobilité
résidentielle).
(5)
C.R.H.U.A.-C.R.D.I.
les
équipements
urbains
à
Dakar,
1986,
in
annexes.

10.1
Il
est
synonyme
de
capillarité
sociale
lorsqu'il
traduit
le
phénomène
d'ascension et
de
régression
lié
au
changement
de
statut
socio-économique
d'un
individu
ou
d'un
groupe.
f)
ségrégation urbaine
M. CasteIl s la
définit
comme
"la
tendance
à
l'organisation
de
l'espace
en zones
à
forte
homo-
généité
sociale
et
à
forte
disparité
entre
elles."
(6).
LES OUTILS
Une
recherche
urbaine
peut
être
menée
en
compilant
divers
docu-
ments
d'archives,
et,
déboucher
sur
des
résultats
de
qualité
estimable.
Mais
il
s'agit
d'un
parti
qui
présente
le
risque
de
mutiler
la
réalité,
de
la
présenter
de
manière
froide,
et,
de
laisser
dans
l'ombre
l'un
des
principaux
artisans
du
devenir
urbain,
l'habitant.
Notre
volonté
de
le
mettre
bien
en
vue
sur
la
scène
nous
a conduit
à
enquêter
en
différents
points
de
l'agglomération.
L'échantillon
a été
extrait
sur
la
base
d'un
choix
raisonné.
Notre
connaissance
empirique
de
Dakar
y a
aidé.
Elle
a été
étayée
par
deux
critères
objectifs
-
la
date de
création
de
l'unité
d'analyse
ainsi
se
justifie
la
sélection
d'un
quartier
de
la
vieille
ville,d'un
autre de
la
zone-charnière aménagée
entre
1945 et
1960,
et,
de
trois
établissements
de
la
périphérie où
coexistent
des
villages
préexistants
à
la
fondation
de
Dakar
et
des
lotissements
de
la
période
post-indépendance
(6)
M. Castells
la
question
urbaine,
p.
218

11./
_ le
niveau
social
les
représentations
dont
l'espace
dakarois
est
l'objet
de
la
part des
habitants
permettent à
priori
de distinguer
des
quartiers
huppés
(Plateau,
Fann-
Résidence,
PointE,
Pointe des
Almadies)
et
d'autres
de
moindre
prestige
mais
non moins
hiérarchisés
(S.I.C.A.P.,
H.L.M.
et
Médina,
Grand Dakar,
Pikine etc).
Les
questionnaires
administrés
aux
chefs
de
ménage présentent,
sous certains aspects,
un
caractère
itératif voulu
en
vue
d'at-
teindre
une
comparabilité
des
résultats.
Il
s'agit
des
questions
concernant
-
la
composition des ménages
la profession
et
l'activité
-
la mobilité
résidentielle
de
l'interviewé.
Il
Y en
a
eu d'autres
plus spécifiques,
adaptées
aux
réalités
du
site où
l'enquête
a eu
lieu.
Par exemple à Diamaguene,
l'accent a été mis
sur
le
foncier
en
raison
d'un
litige qui
se
place au
centre
des
pré-occupations
de
la
population,
voire
même
de
la
vie
de
quartier.
Dans
les
cas
de
situation
foncière
stable,
l'impasse
a été
faite
sur ce
sujet.
Les
réponses
obtenues
ont
été de
qualité
inégale.
Si
dans
les
secteurs d'habitat
aisé
le contact
face
à
face
s'est
avéré
difficile
à
établir,
l'interviewa
été
rendue
aisée
par
l'auto-
administration
du
questionnaire.
En milieu
défavorisé,
la
méfiance
est
très
fréquemment
dictée
par
les
entorses
aux
règles
édict.ées
pour
la
sauvegarde
de
l'ordre urbain,
mais
une
fois
le
climat
de
confiance
instauré,
la
population-cible
est allée
dans
ses
témoignages
au-delà
de
notre
attente.
Cette
spontanéité dissimule
à peine
le
désir
des
sans-voix
de
faire
de
l'enquêteur
leur
porte-
v 0 i x •

12./
A cause des
moyens
limités
dont
a bénéficié
ce
travail
de
terrain,
le
personnel
de contrôleurs et
de superviseurs en a
été
exclu,
alors
qu'il
aurait
apporté
une
garantie de
rigueur
au
protocole de
collecte des
informations.
Nous
même avons
rempli
ces
fonctions
auprès
des
enquêteurs mis à contribution.
Chacune
des
enquêtes
entreprises entre
1982 et
1986 a donné
lieu
à un
rapport,
publié généralement
sous
le timbre du
C.R.D.I.,
dans
lequel
les éléments
de méthodologie ont
été exposés.
Mais
une
recherche
sur la différenciation sociale d'un
espace
urbain
s'appuie
fondamentalement
sur
le
traitement
de
données
statistiques,
si
elle
se
propose
de dépasser
le stade
de
l'im-
pressionisme.
Or
la
disponibilité et
la qualité de
ce
type
d'information soulèvent
de
façon
générale en
Afrique
un
certain
nombre
de
problèmes.
Quand
bien même un
arrêté général
du
15
février
1909 a - t - i l
rendu obligatoire
l'organisation de
recensements quinquennaux
dans
les
colonies
de
l'A.O.F.,
les opérations
de
dénombrement
n'ont
pas
toujours
eu
un
caractère
régulier,
exhaustif et
détaillé.
Il
a
fallu
attendre
la
période
de
l'après-guerre
pour
assister
à
la naissance de
services
de
la
statistique dignes
de
ce nom.
C'est
au cours des
années
1950 que
le Service de
la
Statistique
et
de
la Mécanographie
de
Dakar
a initié
le
recensement
démogra-
phique
des
principales
villes
du
Sénégal.
Dès
lors,
l'analyse
de
la population
dakaroise
ne
pouvait
remonter
au-delà de
1955
où,
du
12 Avril
au
31
Mai,
a été
entrepris
le
premier
dénombrement
fiable
intéressant
l'effectif et
l'habitat
de
la commune.
Depuis
1960
la Direction
de
la Statistique a organisé
deux
recensements
de
portée
nationale
l'un en
1976 consacré
exclusivement à la
population,
l'autre en
1988 portant
à la
fois
sur
la
population
et
l'habitat.

13./
L'exploitation
des
données
du
R.G.P.
1976
au
niveau
des
quar-
tiers
a
été
rendue
impossible
par
la
perte des
documents
car-
tographiques
sans
lesquels
la
détermination
des
limites
des
districts
de
recensement
devient
un
exercice
hasardeux.
Pour
combler
cette
lacune,
nous
avons
tâché
vainement
de
travailler
à
partir
des
adresses
inscrites
sur
les
questionnaires
collectifs
ayant
servi
à
recueillir
les
déclarations
des
personnes
recen-
sées
en
1976.
Mais
stockées
en
vrac
dans
l'humidité
du
sous-sol
du
bâtiment
de
la
Direction
de
la
Statistique sis
au
Point
E,
nombre
de
ces
fiches
s'étaient
détériorées
au
point
d'être
irré-
cupérables.
Au moment
de
la
rédaction
de
cette
thèse,
le R.G.~.H.
1988
était
encore
en
cours
d'exploitation.
Néanmoins
l'accès
aux
données
de
base
nous
fut
permis.
Le
traitement
informatique
nécessitait
un
outil
puissant
en
raison
de
la
taille
du
fichier
et
de
la
multiplicité
des
opérations
à
faire.
Le
centre
de
cal-
cul
de
l'DRSTDM-Hann
nous
prêta
assistance
avec
sa
station
SUN-MATRA
et
le
logiciel
S.A.S.
qui
nous
firent
rattraper
une
partie
du
temps
perdu
dans
les
essais
infructueux
tentés
aupa-
ravant
sur micro-ordinateur.
L'analyse
factorielle
à
laquelle
nous
avons
eu
recours
pour
décrire
l'espace
social
de
l'agglomération
imposait
au
préala-
ble
une
harmonisation
des
repères
spatiaux et
de
la
nomenclature
des
professions
contenus
dans
les
recensements
de
1955 et
1988.
Pour
des
raisons
de
cohérence,
l'étude
des
mutations
socio-
spatiales
n'a
pu
se
réaliser que
sur
les
parties
de
l'agglomé-
ration
actuelle
qui
existaient
au
milieu
du
siècle.
Il
s'agit
de
Dakar
ancIen,
des
villages
traditionnels
lébou
et
des
quar-
tiers
créés
entre
1945
et
1955,
au~rement dit Fann-Résldence,
PoInt
E,
Zones
A et
B
Bopp,
Duagou
Niayes,
Grand
Dakar
et
Plklne
Ancien.

14./
En
raison de
la
profusion
de
la
documentation
statistique,
il
a
fallu
trouver
des
moyens
d'expressioncapables
d'en donner
la
quintescence
avec
des
pertes minimes
d'information.
A ces
fins,
les
procédés
suivants
ont
été privilégiés
-
les méthodes
quantitatives
empruntées soit
à
la
statis-
tique
descriptive
(moyennes,
médianes,
écarts-types,
indices de
corrélation . . . ) soit
à
la
mathématique
(analyse
factorielle,
classification
ascendante . . . )
-
la
graphique,
outil
précieux
pour
classer,
comparer
(courbes
d'évolution,
diagrammes . . . ),
discriminer
des
types
(matrice
ordonnée),
visualiser
des
phénomènes
de
répartition ou
de
dynamique
(cartes,
tendances
directionnelles)
à
partir
de série
chronologiques
ou
d'une
photo-interprétation.

LIVRE
PREMIER
DE LA VILLE
A LA
CONURBATION

15./
Sans
nul
doute
parmi
les
villes
sénégalaises,
Dakar
est
celle
qui
affiche
la
croissance
la
plus
spectaculaire.
Depuis
la
pri-
se
de
possession
française
(1857),
ses
fonctions
n'ont
cessé
de
s'accr01tre
au
point
de
la
hisser,
à
une
certaine période,
au
rang
de
"métropole
ouest
africaine"
(A.
SECK,
1970).
Cette
in-
fluence
régionale
a
certes
été
entamée
par
les
vicissitudes
politiques
contemporaines,mais
la
suprématie dakaroise
ne
ren-
contre
aucun contrepoids
valable dans
l'armature urbaine
nationale.
Un citadin sénégalais
sur
deux
réside
à
Dakar
qui,
en
outre,
concentre
l'essentiel
des
richesses
du
pays
35
% du
réseau
routier
bitumé,
40
% de
la
capacité
d'accueil
en matière
touristique,
67 % des
entreprises
industrielles
réalisant
73
%
de
la
valeur
ajoutée
du
secteur,
82
% du
parc
automobile,
94 %
de
la
production
d'énergie
électrique . . .
Pareille
accumulation
sur
un ~erritoire
réduit
par
son .cadre
naturel
(7)
fait
de
la
capitale
du
Sénégal
un
espace
convoité

le
sol
acquiert
rapi-
dement
de
la
valeur.
Pour
tout
Sénégalais,
la
possession
d'une
propriété immobilière,
fût-elle
illégale,
dans
cette
ville
cons-
titue
une
preuve
de
réussite
sociale.
Pour
les
entreprises
visant
des
débouchés
intérieurs,
la
place
de
Dakar
représente
la
meil-
leure
localisation
compte
tenu
des
multiples
opportunités
offer-
tes .
Sous
l'effet
de
ce
processus
cumulatif complexe
lié
à
des
stra-
tégies
de
développement
déterminées,
l'étendue
urbaine
a
varié
dans
d'importantes
proportions.
D'environ
1000 ha
en
1945,
la
superficie
occupée
par
l'agglomération
est
passée
à
17.500 ha,
(7)
Les
communes
de
Dakar
et
Pikine
couvrent
32,7 % de
la
superficie
de
la
région
(55Dkm2)
quielle-même
représente
1
0,3
% de
la
superficie
totale
du
Sénégal.

16./
en
1980,
soit
une
extension
moyenne
de
470
ha
par
an
(8).
Cette
importante
consommation
d'espace
trouve
son
origine
dans
la
vitesse
de
la
croissance
de
la
population
Qui
double
tous
les
18
ans
la
forte
emprise
au
sol
des
fonctions
d'activité
accumulées
par
la
capitale
la
manière
de
se
loger
des
ménages
portés
davantage
ver s
1 a
mai son
i n div i due 11 e .. uni - f ami 1 i ale,
Que
ver s I ' hab i t a t
collectif.
Ainsi
l'organisme
urbain
reporte
continuellement
ses
limites
plus
loin,
sans
nécessairement- être
à
même
de
pourvoir
aux
besoins
de
son
fonctionnement
Quotidien,
à
toutes
les
phases
de
ce
processus
d'extension.
(8)
Oe
1980
à
1985,
la
croissance
des
espaces
résidentiels
seuls
a été
estimée
à
750
ha,
soit
une
tendance
à
la
baisse
de
la
consommation
d'espace
due
à
la
diminution
des
réserves
foncières.

17./
CHAPITRE PREMIER
L'OCCUPATION
DU
SITE
Le
promontoire
sur
lequel
s'étaient
établis
depuis
le
XVIIe
siècle
des
villages
de
paysans-pêcheurs
lébou
(9)
a commencé
à
devenir
un
repère. significatif sur
la carte
du
monde avec
le
développement
des
relations
inter-continentales.
La
position
str atégique
de
Dakar
dans
le
bassin
atlantique a
été
révélee
en
effet
à
l'époque
des
grands
voiliers
et
des
bateaux
à
vapeur
qui
y faisaient
escale
sur
les
routes
du
sud.
Cette
fonction
de
carrefour
international
s'est
confirmée
avec
l'avènement
de
l'aéronautique.
Ce
sont
donc
les
avantages
offerts
p~r
la
situation
géographi-
que
Qui
ont
justifié
la
valorisation
du
site
à
partir
du
milieu
du
XIXe
siècle.
En
1945,
la ville
s'était
affranchie
de
son
site
originel.
Au nord
du
plateau
jouxtant
le
port
s'organisait
dans
un
entassement
de
paillotes,
de
baraques et
quelques
rares
constructions
en
dur
une
autre
ville
peuplée
exclusivement
d'in-
digènes.
L'extension
de
l'espace
urbain
dans
cette
ancienne
plai-
ne
marécageuse
de Médina
avait
certes
obéi
à
l'impulsion
des
mou-
vements
démographiques.
Mais
elle
procédait
aussi
de
la
mobilité
résidentielle déclenchée
volontairement
par
les
autorités colo-
niales
préoccupées
par
l'éradication
des
épidémies et
des
manières
d'habiter qui
en
facilitaient
la
propagation.
La
poursuite
de cet
urbanisme
prophylactique
au
lendemain
de
la dernière
guerre
mondiale
a eu
pour
effet
la
naissance
d'une
constellation de quartiers
de
divers
standings
sur
les
premières
pentes
du
plateau
de
Ouakam.
Leur
peuplement
s'est
effectué
principalement
à
partir
de
la Médina
qJe
la
pénurie
des
ressour-
ces
de
l'entre-deux
guerres avait
plongécdans
une effroyable
(9)
Les
lébou
représentent
les
autochtones
de
la
presqu'11e
du
Cap-Vert.

18./
promiscuité
et une
insalubrité
indescriptible.
La
rénovation
urbaine
devait·
aussi
éliminer
nombre
de
taudis
qui
avaient
été
édifiés
par
des
immigrants
sans
droit
ni
titre
en
marge
de
la
ville
officielle.
De la
réinstallation
des
déguerpis
est

le
"double" de
Dakar
Pikine
aménagé
sommairement
sur
les
dunes
du
col
de
la
presqu'île.
L'espace
libre
qui
séparait
les
deux
pôles
de
l'agglomération est
presque
intégralement
saturé
par
des
lotissements
résidentiels
et
des
équipements
à
grande
emprise
au
sol.
Les
sites
considérés
comme
impropres
à
la
construction,
tels
les
bas-fonds,
n'échappent
pas
à
l'ardeur
des
bâtisseurs.
Dakar
et
Pikine
ont
fini
par
former
une
conur-
bation.
A - LE SURVOL DU SITE."
À GRANDS TIRS D'AILES
Dakar
occupe
la
tête
et
une
partie
du
col
de
la
presqu'île
du
Cap-Vert,
la
composante
la
plus
récente
du
bassin
sédimen-
taire
sénégalo-mauritanien.
L'environnement
océanique
y entre-
tient
un
climat qui
présente
un
caractère
azonal.
Géologie
et
climat
sont
les
seuls
éléments
du
milieu physique
à
avoir
con-
servé
leur
aspect
naturel.
Les
autres
ont
été,
à
des
degrés
divers
marqués
par
l'influence
du
facteur
anthropique.
~ur les
besoins de
l'urbanisation,
le
relief
a subi
un
remodelage
plus
ou
moins
prononcé
afin
de
rendre
les
terrains
aptes
à
supporter
l'habitat
et
les
installations
à
caractère
économique.
Au cours
de
ces
travaux
d'aménagement,
la
végétation
naturelle
a été
victime
d'importants
traumatismes
concourant
à
son
apprauvisse-
ment.
L'homme
y a
remédié en
introduisant
d'autres
espèces
mais
le
nouvel
environnement
ainsi
créé
est,
somme
toute,
arti-
ficiel.

19./
- UNE PRESQU'ILE D'AGE RECENT
Le
cap
qui
s'avance
dans
l'océan
de
la
Pointe
des
Almadies
au
nard
jusqu'à
la
pointe
de
Dakar
au
sud
forme
un
plateau
localement
vallonné
qui
plonge
vers
l'est
sous
un manteau
de
sables
pour
prendre
le
profil
d'une
plaine.
Dans
la
partie de
l'agglomération
dénommée
Plateau,
à
l'ex-
trêmité
méridionale
de
la
presqu'île,
le
relief
tabulaire
revêt
une
allure
ondulée
perceptible
le
long
de
l'Avenue
Pasteur
reliant
le
Cap
Manuel
et
la
Place
de
Soweto
(ex
Place
Tascher).
Son altitude
moyenne
est
de
25
m.
Elle
decroit
à
partir
d'une
ligne
joignant
l'Anse
des
M.deleines
et
le
môle
du
part.
A partir
de
cette
limite
transversale,
commence
ce
qu'on
appelait
jadis
la
ville
basse
par
opposition
au
Plateau
dont
les
pentes
descendant
vers
la
plaine
de
Médina
portent
les
quartiers
de
Niayes
Tiocker
et
les
terrains
de
"tound"
(10).
Le
fond
de
la
dépression
occupée
par
la
Médina
ne
favorisait
pas
une
bonne
organisation
du
drainage,
exception
faite
de
la
partie
située en
contrebas
du
plateau
de
Ouakam.

passait
le
marigot
de
Gueule
tapée
auquel
s'est
substitué
un
canal
servant
au
drainage
des
eaux
pluviales.
Ailleurs,
la
topographie
peu
différenciée
de
la
plaine
les
faisait
stagner,
couvrant
ainsi
le
sol
de
mares
paludéennes
à
chaque
averse.
Au nord
de
la
Médina
s'étend
un
second
plateau compris
grosso
modo
entre
la Pointe
de
Fann,
la
Foire
de
Dakar,
le
village
de
Yoff
et
la
Pointe
des
Almadies
c'est
le
plateau
de Ouakam.
Il
parte
des
formes
de
détail
absentes
sur
son
pendant
méridional:
(10)
Les
terrains
de
"tound"
longent
le
tracé
de
l'actuelle
avenue
Lamine
Guèye
(ex
Avenue
Gambetta).

20./
les
collines
des
Mamelles qui
culminent
à
105
m
_ des
rigoles
près de
la
mer
formant
à
la
Pointe
de
Fann
un
micro-paysage
de
bad-lands
sur
les
limons
du
Camp de
t i r .
Le
soubassement.
rocheux
de
la
tête
de
la
presqu'île
lui
vaut
son
littoral
à
falaises
le
long
duquel
alternent
des
caps
aux
tons
tantôt
sombres
tantôt
clairs,
et
des
baies
dont
la
plupart
abritent
des
ports
piroguiers
ou
des
réceptifs
touristiques.
Cette
côte
ouest
laisse
peu
de
prise
à
l'érosion
exercée
par
les
courants
de
dérive,
à
cause
des
blocs
latéritiques
entassés
au
pied
des
falaises
à
la
suite
d'éboulements.
Il
en
va
différemment
sur
le
littoral
nord,
et,
en
certains
secteurs
côtiers
au
sud.
Ces
derniers
sont
dans
le
prolongement
des
champs
de
dune~
situés
à
l'arrière
des
plages.
Entre
les
amas
de
sable
jaune
ou
ocre
alignés
selon
la
direction
des
vents
dominants,
se
logent
des
lagunes
cernées
par
une
végétation
touffue
qui
rap-
pelle
l'oasis
du
désert.
Il
s'agit
des
niayes
dont
le
charme
agreste,
en
partie
altéré
aujourd'hui
par
la
vague
d'urbanisation,
inspirait
au
géographe
J.
8ICHARO-MOLARO
cette
description
lyrique
"On
ne
saurait
trop
conseiller
aux
touristes
de
visiter
par
exemple
le
lac
Youi,
le
plus
facile
à
atteindre.
La
richesse
des
coloris,
les
multitudes
de
pélicans,
les
paisibles
troupeaux,
la
fraîcheur
des
cultures
maraîcheres
autour
de
la
nappe
bleue
du
lac
salé
o~ se re nètent les dunes étincelantes de la rive nord
en
font
à
coup
sûr
un
des
coins
les
plus
pittoresques
et
attrayants
de
la
région."
(11).
(11)
J.R.
Moland
la
presqu'Ile
du
Cap-vert
études
sénégalaises
nO
1,
1949
p
18

21./
L'épaisseur
du
manteau
de
sable
rend
malaisée
la
lecture
des
structures
géologiques
qui
ne
livrent
directement
leurs
secrets
que
sur
la côte
ouest.
A l'intérieur
des
terres,
il
a
fallu
bien
souvent
recourir
à
des
sondages
hydrauliques
ou
pétroliers
pour
reconstituer
l'évolution
géomorphologique.
Les
termes
stratigraphiques
les
plus
anciens
du
site
se
situent
à
une
profondeur
d'environ
100 m.
Ce
sont des
argiles
et
des
marnes
du
Maestrichtien
dont
la
présence
à
proximité
du
port
a été
révélée
par
des
sondages
souterrains.
A l'ère
tertiaire,
la
sédimentation
s'est
poursuivie
avec
des
dépôts

ont
dominé
des
séries
marna-calcaires.
Le
paléocène
inférieur
affleure
sur
la
corniche
est
avec
une
puissance maximum
de
35
m,
et,
autour
de
l'anse
des
Madeleines où
il
est
surmonté
par
un
étage
éocène
à
faciès
lagunaire
prédominant,
ainsi
que
par
un
tuf
calcaire
datant
de
l'oligocène,
à
la
hauteur
de
l'hôpital.
La
période
fini-tertiaire
s'est
caractérisée
par
un
volcanisme
de
type
fissural
qui
a
permis
la mise
en
place des
blocs
d'ankaratrite
et
de
basanite
taillés
en
orgues
par
l'abrasion
marine
au
Cap Manuel
et
à
Gorée.
La
cuirasse
latéritique
sus-
jacente
témoigne
d'intenses
processus
d'altération
et
de
change-
ments
climatiques
importants
survenus
à
la
fin
de
l'ère
tertiaire
et
au
début
du
quaternaire.
Au cours
de
cette
dernière
ère
géologique,
le
site
de
Dakar
a été
le
théâtre
de
nouveaux
dépôts
sédimentaires et
magmatiques
d'une
part,
de
l'autre
de
variations
eultatiques.
Tout
au
début
du
quaternaire
s'est
proquit
un
volcanisme
de
type
éruptif où
ont
prédominé des
coulées
de
dolérite
qui
affleurent
sur
le
plateaude
Ouakam.
Lors
des
épisodes
climatiques
secs,
les
vents
ont
charrié
des
sables
en
provenance du
nord qui
ont
donné
dans

........
C\\j
C\\j
Fig.l-SCHEMAGEOMORPHOLOGIQUE
DES ENVIRONS
DE

• PIKIN~
I.....',.......;} 8nSoaltr, dol~ri'if
I} ï ~] "'Qr-n~, argile
Cop-"'Gnu~1
o
l.m
~ Sable
' - - - - - '
_
Coupe
A.. e
top "'11"" ..1
PLATEAU
ME DINA
5 ICA P
fANtt-MERMOZ
..
"15
IS
" ' /
- ....
l
"

23./
les
secteurs
de Pikine
et
de
Cambérène
des
dunes
rubéfiées
et
jaunes dont
l'âge
respectif est
estimé
à
20.000 et
3300
B.P.
L'eustatisme
s'est
traduit
par
des
paléoformes
telles
Que
-
les
plages
soulevées
du
Cap
Manuel,
de
la Pointe
de
Fann
et
des
Almadies
-
les
anciennes
lignes
de
rivage
attestées
par
les
tests
coquillers
d'Arca
senilis
dans
la
niaye
de
Pikine.
Le
relief
façonné
à
l'emporte-pièce
Qui
s'observe sur
la
tête
de
la
presqu'île
résulte
de
la
tectonique
cassante
ayant
accompagné
l'expansion
du
bassin
océanique.
Après
une
lacune
de
sédimentation
enregistrée durant
une
bonne
partie
du
cénozolQue,
la
transgression
marine
a
commencé
au
crétacé
supérieur.
Elle
s'est
poursuivie
au
cours
de
l'ère
tertiaire
accompagnée de
flexures
et
d'un
volcanisme
fissuraI
commandés
par
les
mouvements
des
fonds
océaniques.
Cette
ins-
tabilité
de
la croûte
terrestre
a
sans
doute
engendré
la
for-
mation
des
tufs,
les
variations
latérales
de
faciès,
la défor-
mation
du
pendage
des
couches
sédimentaires
allant
jusqu'à
leur
fracturation,
et,
l'émission
de
matières
magmatiques.
Au
Quaternaire,
les
alizés
et
les
courants
marins ont
commencé
à
construire,
avec
les
sables de
base,
le
tombolo
rattachant
l ' î l o t
volcanique
de
Dakar - Cap Manuel
au
continent.
Le
colma-
tage
a
connu
vraisemblablement
une
phase
paroxysmale,
avec
la
mise en
place du
bloc
éruptif
formé
au
pied
des
Mamelles
et
les
transports
importants
de
sables durant
la
longue
séquence
aride
de
l ' 0 g 0 l i en.
L' e f for t
t r ans g r e s s i f
fou r n i
par
l a me r
a u
Nouakchottien
a eu
pour
conséquence
la
formation
de
golfes
dont
certains
lacs disposés
en
chapelet
le
long
de
la
Grande COte

<,
q-
C\\l

Fig. 2-LE
FILM
DE
LA
PRESQU ILE DU CAP- VERT AU QUATERNAIRE
Q
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pr~o.,oque ,'engroi!o5t'mt'nt du cordon

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La
p,.et.qu·il~ du Cop-,.,.t: 0'.,., .. 1'.'''OlJllhifllu~

25./
seraient
les
reliques.
En
avançant
vers
l'ouest,
au
Tafolien,
les
dunes
du
système
de
Cambérène
ont
obturé
les
golfes
nouak-
chottiens,
par
une
sorte
de
digue
naturelle
qui
retient
les
eaux
de
l'océan
(12).
L'essentiel
de
la
morphogénèse
actuelle
consiste
en des
proces-
sus
éoliens.
Cela
se
traduit
par
le
remaniement
des
formes
dunaires,
et,
la
migration
du
front
des
dunes
non
stabilisées
qui
menace de
fossiliser
les
niayes.
Qu'elle
provienne de
con-
densations
occultes
ou
des
pluies,
l'humidité
tend
au
contraire
à
atténuer
la
déflation
éolienne.
Son
action
n'est
dommageable
sur
l'environnement
que
par
le
ravinement
des
placages
limoneux
qui
donne,
à
la
Pointe
de
Fann,
un
paysage
réduit
de
bad-lands.
Les
séries
marno-calcaires
et
volcaniques,
leur
couverture
laté-
ritique
arment
en
quelque
sorte
la
presqu'île.
Les
imprudences
humaines
ont
failli
ébranler
cette
ossature
avec
l'exploitation
à
une
échelle
industrielle
de
carrières
sur
la Corniche
ouest.
Ces
roches,
du
point
de
vue
géotechnique,
ont
une
bonne
portance
à
l'égard
des
édifices
lourds.
Les
sables
dunaires
très
répandus
dans
le
sol
de
la
presqu'Ile
fournissent
un
soubassement
conve-
nable
pour
les constructions
légères
en
particulier.
Classées
zones
non
a~dificandi dans
les
documents
d'urbanisme,
les
niayes
donnent
lieu
malgré
tout
à un
usage
résidentiel
contraire
à
leur
vocation
agricole.
(12)
l'Ogolien
(20000
-
13000
BP)
correspond
au
maximum de
la
glaciation
du
Wurm
vers
la
fin
il
se
caractérise
par
une
phase
pluviale.
Il
est
suivi
d'une
transgression
au
Nouakchottien
(5500
BP),
puis
d'un
épisode
sec
au
Tafolien
(3
300
BP)

26./
2 - UN CLIMAT PRIVILEGIE
Par
sa
situation
en
latitude
(14 0
45'N),
la
presqu'île du
Cap-Vert
présente
un
climat
tropical
de
type
soudano-sahélien.
Mais
entourée
presque
de
toutes
parts
par
l'océan,
et,
de
surcroît
exposée
au
flux
de
l'alizé maritime
qui
la
traverse
de
part
en
part
durant
près
de
huit
mois,
elle est
soustraite
pour
la
plus grande
partie
de
l'année
aux
influences
continen-
tales
affectant
l'arrière-pays.
C'est
dès
la
fin
de
la
saison
des
pluies,
dans
la
seconde
quinzaine
d'octobre,
que
se
fait
sentir
l'originalité
clima-
tique
de
la
région
de
Dakar.
Au fur
et
à
mesure
que
l'hiver-
nage
se
retire,
la
fraicheur
s'y
installe
progressivement
pour
atteindre
un
maximum
en
décembre-janvier-février.
Elle
est
apportée
par
des
vents
de
secteur
N.NW
dominant.
Au coeur
de
l'hiver,
il
s'y
ajoute
la
formation
de
nuages
très
bas
susceptibles d'engendrer
des
pluies
de
"heug".
L'humidité
atmosphérique est
alors
forte
et
atteint
des
taux
moyens
variant
entre 85
et
90
%.
Quand
la
vitesse
des
vents
diminue,
la
vapeur
d'eau
peut
provoquer
la
rosée
ou
du
brouillard.
Il
arrive
également
qu'une
brume
sèche
obscurcisse
le
ciel
dakarois
à
la suite
de
l'installation de
vents
en
provenance
du
NE
et
circulant
à
une
vitesse
de
30
à
35
noeuds.
Exceptionnel-
lement,
la
panne
des
vents
de
N.NW
entraine
l'apparition
du
régime
d'harmattan.
En
ces
rares
circonstances,
il
se
produit
une
relative homogénéisation
du
temps
sur
l'ensemble
du
terri-
toire
sénégalais.
Homogénéisation
relative
seulement
puisqu'il
subsiste entre
Dakar
et
l'intérieur
une
différence
de
situation
due
à
la
brise
de
mer. Cette Jernière
souffle
surtout
aux
heures
chaudes
de
la
journée
et,
enveloppe
toute
la
presqu'île,
tandis
que
sur
les
autres
secteurs
du
littoral
du
Sénégal,
la
sécheresse
de
l ' a i r
soufflant
de
l'arrière-pays
lui
fait

27./
subir
une
rapide
dégradation.
Les
anémogrammes
des
mois
correspondant
à
l'hivernage
montrent
une
grande
dispersion
dans
la direction
des
vents
et
une
réduction
de
leur
vitesse.
La
mousson
installe durant
cette
saison
un
temps
chaud
et
humide.
Seules
les
tornades qui
surviennent
le
plus
souvent
en
début
d'après-midi
apportent de
la
fraîcheur.
D'après
G.RIBOT
et
R.LAFON,
l'hivernage
exerçait
sur
la
population
européenne
du
Dakar
colonial
un
effet
néfaste.
Ils
disaient
à
ce
propos
"Beaucoup
ont
remarqué,
d'ailleurs,
l'influence
de
l'hivernage
sur
le
caractère
des
colons.
Durant
cette
période,
disent-ils,
l'habitant
de
Dakar
devient
irritable,
nerveux
la moindre
discussion
dégénère
parfois
en
querelle
et
l'acrimoine
des
caractères
accompagne
la
difficulté
des
digestions.
Celles-ci
sont
lourdes,
le
manque
d'appétit
est
général
et
une
hébétude
ato~ique suit
chaque
repas.
C'est
la
saison
des
grandes
brouilles
au
sein
des
ménages
les
mieux
unis."
(13)
De toute
évidence,
il
y
a
une
dose
d'exagération
dans
ces
appréciations,
comme
le
reconnaissaient du
reste
les
auteurs
cités.
Mais
le
temps
d'hivernage est
lourd
à
supporter,
même
par
des
organismes
habitués.
Pour
appréhender
l'originalité
du
temps qu'il
fait
à
Dakar,
il
n'est
pas
sans
intérêt
de
comparer
cette station
avec
celle
de
Thiès située
à
égale
latitude,
mais
à
70
kilomètres
à
l'intérieur
des
terres.
--------------~---------------------------------------
- - - - - - -
(13)
G.Ribot,
R.Lafon
Dakar.
Ses
origines
-
Son
avenir,
1908,
p.22

28./
Tabl
1.
Evolution
du
climat
à Dakar
et
Thiès
------------------------------------
Dakar
-
Yoff
(14°45
N
17°
30
W
22
m)
J
F
M
A
M
J
J
A
S
0
N
D
AN
ra C 21,3
20.4
20.7
21.6
23.5
26. 1
27.0
27.0
27.5
27.5 26.2 23.4
24.4
P.mm
1
2
0
0
3
9
118
244
196
71
4
7
655
SoLirce
------
A.S.E.C.N.A.
Thiès
14°48
N
17°04
W
7 1
m)
J
F
M
A
M
J
J
A
S
0
N
D
AN
1
TO C
23.3
23.8
25.2
25.3
26.4
27.6
27.3
26.7
27.0
27.2 26.2 23.5
25.8
P mm
0
3
0
0
3
23
157
292
239
84
2
5
807
Source
------
A • S • E • C • N • A •
Les
nuances
entre
les
deux
stations
climatiques
se
constatent,
en
ce
qui
concerne
les
températures,
notamment
en
hiver

l'écart
peut
porter
sur
près
de
4 degrés.
Elles
apparaissent
davantage
à
la
comparaison
des
valeurs
annuelles
maximales
beaucoup
plus
imp~rtantes à Thiès
(32°3)
qu'à
Dakar
(27°4).
Dakar,
se
situant
à
la
fin
de
la
course
des
lignes
de
grain
qui
traversent
le Sénégal
d'est
en
ouest,
enregistre
un
volume de
précipitations
moindre.
Aussi
azonal
qu'il
puisse
para1tre
par
rapport
à
celui
de
l'arrière-pays,
le
climat
de
Dakar
ne
procède
pas
moins des
mêmes
mécanismes
régissant
la
circulation
atmosphérique
en
Afrique
de
l'Ouest.

29./
Fig.3_TEMPERATURES
MOYENNES MENSUELLES
A
DAKAR ET THIES
JO'
10·
JO·
A
s
o
N
o
Fig. 4- DIR ECTION
DES VENTS A DAKAR
Le n vi e r-
Aout

30./
Dans cette
région,
la
succession
des
types
de
temps
est
tributaire
de
la
position
saisonnière
des
cellules
de
haute
pression-anticyclones
des
Açores
et
du
Sahara
au
Nord,
maximum
de
Sainte Hèlène
au
sud
de
l'Equateur
géographique
-entre
les-
Quelles
oscille
le
Front
Intertropical
(F.I.T.)
indiquant
l'axe
de
l'Equateur météorologique.
Pendant
l'hiver
boréal,
les
anticyclones
du
nord
migrent
vers
la
latitude
35°N en
se
renforçant.
Le
F.I.T.
situé
alors
au
voisinage de

laisse
le champ
libre
aux
alizés qui
balaient
ainsi
le
Sénégal.
La
région
de
Dakar
est
principalement
intéressée
au
cours
de
cette
saison
par
les
flux
suivants
-
l'alizé maritime
issu
de
l'anticyclone
des
Açores,
c'est
une
masse
d'air
frais
et
humide
soufflant
du
N.
NW
son
humidité
ne
se
dépose
le
plus
fréQuement
que
sous
forme
de
rosée
à
cause de
la
cellule
de
haute
pression
Qui
bloque
en
altitude
les
mouvements
convectifs
-
l'alizé
maritime
continentalisé
c'est
une
variante du
type
précédent
dont
il
diffère
par
un
parcours
sur
le continent
qui
modifie
sa
direction
(N.NE)
et
son
humidité
relative
il
en
résulte
une
hausse
des
températures
dans
la
journée de
1 à 2 0 ,
parfais
une
brume
sèche
formée
dans
les
régions
désertiques
de
l'est
et
du
sud
de
la
Mauritanie
-
l'alizé
continental
il
peut
provenir
soit
de
la
face
orientale
d'une
dorsale
formée
par
l'anticyclone
des
Açores,
soit
de
l'incursion
d'un
front
froid
actif
entre
cette
cellule
anticyclonique et
celle
centrée
sur
le
Sahara,
d'où
une
direction
NNE
à
NE
ce
flux
appelé
aussi
harmattan
apporte
de
la
chaleur,
et,
selon
la
farce
du
ventJde
la
brume
sèche.

31./
Les
invasions
d'air
polaire
survenant
en
hiver
dans
les
couches
moyennes
de
l'atmosphère
à
travers
un
couloir
qui
sépare
les
anticyclones
boréaux,
occasionnent
épisodiquement
des
pluies
dites
de
"heug".
En
été,
la
topographie
isobarique
se
modifie
totalement
par
suite
de
la
migration
des
anticyclones
du
nord
vers
les
moyennes
latitudes,
et,
de
la
translation
du
F.I.T.vers
le
25e
parallèle.
L'Afrique
de
l'Ouest
subit
de
ce
fait
l'influence
de
la
mousson
originaire
du
maximum
de
Sainte
Hélène.
Cette
masse
d'air
chaud
et
humide
est
un
alizé
dévié
par
le
mouvement
de
rotation
de
la
terre
qui
lui
impose
une
direction
SW.
Oe ce
flux
émanent
les
pluies
tombant
en
hivernage.
Si
dans
l'intervalle
1961
1985
la
pluviométrie
moyenne
s'établit
à
411,1
mm
1 an,
elle
a cumulé
également
beaucoup
de
déficits
à
partir
de
1968,
comme
l'indique
le
tableau
qui
suit
I~Ql~_~ - ~~~l~!l~~_~~_l~_Ql~~lE~flLl~_!_Q~~~L_~~
1968
à
1985
-----------
Année
Total
Année
Total
1968
258,9
1 977
1 7 1 , 2
1969
750,6
1978
323,4
1970
1 77 , 0
1979
34 1 , 1
1 97 1
366,7
1980
377,8
1972
1 1 6 , 7
1 98 1
338,2
1973
287,0
1982
309,5
1974
366,3
1983
154,9
1975
564,0
1984
234,4
1976
387
1985
1
507,1
(source
J. LEBORGNE, la pluviométrie au Sénégal et en Gambie, 1988)

32./
Les
sécheresses
dont
rend
compte
cette
série
statistique
n'épargnent
aucune
région
de
l'Afrique
de
l'Ouest.
Dans
la
presqu'lIe
du
Cap-Vert,
elle
se
manifeste
notamment
par
une
diminution
de
la
fréquence
des
brouillards,
une
recrudescence
des
brumes
sèches,
un
recul
du
couvert
végétal,
des
prélève-
ments
évaporatoires
accrus
sur
les
eaux
des
lacs,
et,
une
baisse
du
niveau
des
aquifères.
Deux
agents
concourent
à
destabiliser
la
végétation
naturelle
de
la presqu'île
du
Cap-Vert
la
péjoration
climatique
et
son
cortège
d'effets
traumatisants d'une
part,
d'autre
part
le
facteur
anthropique
qui,
en
entraînant
la disparition
d'espèces
végétales,
tend
à
apprauvrir
les
ressources
génétiques
de ce
milieu
écologique.
En
raison
de
la
latitude,
les
peuplements
végétaux
primitifs
de
la
presqu'île
s'inscrivent
dans
la
gamme
des
steppes,
avec
des
variations
physionomiques
et
floristiques
déterminées
par
la
diversité'des
conditions
stationnelles.
Schématiquement,
au
substrat
latérique
recouvrant
les
formations
volcaniques
et
sédimentaires
de
la
tête
de
la
presqu'île s'associe
une
steppe
arbustive,
tandis
que
les
terrains
dunaires
du
tombolo
portent
une
steppe
arborée.
La
rigidité
de
la
cuirasse
latéritique
sur
le plateau
de
Ouakam
se
combine
à
l'influence
de
l'océan
pour
donner
à
la
végétation
son
aspect
rabougri.
En
hivernage
poussent
des
plantes
annuelles
telles
Aristida
stipoides
et
Schoenefeldia
gracilis qui,
avec
des
vivaces
comme
Euphorbia
balsamifera
et
quelq~es baobabs
clairsemés
forment
un
paysage
très
ouvert.

33./
Les
dunes
jaunes
du
système
de
Cambérène
sont
colonisées
de
manière
discontinue
par
la
végétation
naturelle
ce qui
favorise
les
processus
éoliens.
Ni
les
maigres
touffes
de
Cenchrus
biflorus,
Schoenefeldia
gracilis,
Ipome
a
pes
caprae
et
autres,
ni
les
buissons
épars d'Euphorbia
glauco-
phyl la
ou
les
individus
souffreteux
d'Acacia
albida
ne
par-
viennent
à
contrecarrer
l'action
des
vents.
Les
peuplements
végétaux
des
dunes
rouges
du
système
de
Pikine
et
des
terrains
marneux
de
Mbao
sont
à
la
fois
plus
compacts
et
plus
variés. Durant
la
saison
des
pluies,
les
sables
dunaires
portent
outre
les
champs
d'arachide
et
de
mil,
des
herbacées
du
genre
Cenchrus,
Aristida,
Andropogon,
etc.
La
présence
des
touffes
de
Guiera
senegalensis
est
un
signe annonciateur
de
l'épuisement
des
sols.
Dans
la
strate
ligneuse Adansonia
digitata,
Zizyphus
mauritiana,
Acacia
seyal
et
ParinarI macrophylla
côtoient
notamment
Acacia
albida.
Aux
environs
du
village de
Mbao,
les
peuplements
de
baobabs
sont
plus
importants
en
raison
du
soubassement
marno-
calcaire.
Il
faut
classer
à
part
les
niayes

l'humidité
permanente
favorisée
par
la
nappe
phréatique
sub-affleurante
permet
le
développement
d'une
flore
présentant
des
affinités
avec
la
forêt
guinéenne.
Dans
la
strate
herbacée et
arbustive,
il
y a
des
éléments
communs
avec
celle
des
steppes
de
l'hinterland
les
graminées,
les
rubiacées,
les
mimosacées,
les
rosacées,
les
bombacées,
etc.
Par
contre,
à
la
latitude

se
situe
Dakar,
on
rencontre
le
palmier
à
huile
exclusivement
dans
les
niayes.
Cette
espèce
est
accompagnée
par d'autres arbres
tels
que
Ficus
elasticades,
Kigelia
africana.
Dans
l'eau,
l'on
rencontre
diverses
hydrophytes
Nymphea
lotus,
Hydocotyle
asiatica,
Echinochloa
colona,
ou
encore
Marsilea
crenulata.

34./
Les
niayes
subissent,
en
plus
de
la
progradation
de
la
barre
dunaire
du
système
de
Cambérène
(14),
des
traumatismes
causés
par
le
facteur
anthropique.
Ceux-ci
sont
dus
à
des
prélèvements
opérés
sur
le
stock
ligneux
pour
la consommation
énergétique,
sur
des
herbacées
telles
que
Typha
australis
que
les
villages
avoisinants
récoltaient
pour
construire
des
palissades.
Les
sols
riches
et
humides
des
niayes
sont
également
exploités
sous
forme
de
jardins maraîchers,
de
vergers
ainsi
que
pour
la
floriculture.
Ces
bas-fonds
tendent
à
devenir
des
cimetières
de
palmiers
du
fait
de
la
surexploitation
de
vieux
individus
d'Elaeis
guineensis
non
remplacés.
Enfin,
l'expansion
du
tissu
urbain
entraîne
un
mitage
de
ces
dépressions
inter-dunai-
res.
Dans
l'aire
de
l'agglomération,
presqué
seule
la
niaye de
Pikine
se
maintient
grâce
à
des
servitudes
d'urbanisme
qui
n'em-
pêchent
d'ailleurs
ni
les
défrichements
culturaux,
ni
le dépôt
de
gravats
en
provenance
des
chantiers
de
construction.
Ou reste,
elle
est
en
instance
d'aménagement
pour
les
loisirs
des
citadins.
L'érosion
éolienne
qui
se
traduit
par
des
charriagesde
sable
a,
dès
l'époque
coloniale,
mobilisé
les
pouvoirs
publics
autour
d'actions
de
sauvegarde
de
l'environnement
de
la
presqu'île.
Ainsi
quelques
400
hectares
de
filaos
ont-ils
été
plantés
entre
1948
et
1957 dan~
le
secteur
de
Malika-Kayar.
Les
plantations
de
Casuarina
equisetifoliaont
été
poursuivies
entre
1969 et
1973
sur
le
même
site.
Ce
rideau
d'arbres
atténue
la
migration
des
sables
dunaires
mais
n'y
met
pas
un
terme.
Au sujet
du
pouvoir
anti-érosif des
périmètres
plantés
M. 5ALL
estime
que
"
si
le
boisement
de
fronts
littoraux
de
plusieurs
dizaines
---------------------------------------------------------------
(14)
D'après
la
photo-interprétation,
les cuvettes
de
la
niaye
de
Pikine par
exemple
se
sont
rétrécies
de
24
ha
sous
l'effet
de
ce
processus
entre
1954 et
1980

35./
de
kilomètres de
long
constitue
une
incontestable
réussite
technique
il
n'empêche
que
les
objectifs
visés
sont
encore
loin
d'être
atteints
l'effet
protecteur
d'une
plantation
n'est
réalisé
que
sur
une
largeur
égale
à
10
fois
sa
hauteur
soit
150 m pour
une
plantation
de
filaos
de
10
ans
d'âge
alors
que
la
zone
dunaire
en
mouvement
est
large
de
plus
de
800 mètres"
( 1 5 ) .
Casuarina
equisetifolia
a également
donné
lieu
à
des
plantations
en
alignement
sur
la
R.N.l
de
Dakar
à
Rufisque.
Mais
le
vent
utilise
l'intervalle entre deux
pieds
de
filaos
pour
transporter
le
sable
mobilisé
sur
la bordure
nord
de
cet
axe
routier.
Anacardium occidentale a servi,
en
1943,à
des
plantations dans
les
environs
de
Hann
et
de
Mbao.
La
mer
cerne
le Cap-Vert
de
toutes
parts
sauf à
l'est

un
tombolo d'environ
70
km
de
longueur
soude
la
presqu'île
à
la
terre
ferme.
Dakar
lui
doit
un
certain
nombre
d'avantages
naturels
qui
informent
sa
vocation
de
grand
port.
Sans
les
qualités nauti-
ques
du
site,
du
reste
chichement
distribuées
par
la
nature
sur
le
littoral
ouest
africain
confronté
au
problème
de
la barre
(16~
les
faits
d'agglomération engendrés
par
la
fonction
portuaire
auraient
été
lents
à
se produire.
--------------------------------------------------------------
(15)
M.
s a i i
Dynamique
et morphogénèse
actuelles
au
Sénégal
occidental,
p.
118
(16)
La
rade
de
Dakar
et
la Baie
du
Levrier
(NW
de
la
Mauritanie)
sont
les
rares
ports
naturels
du
littoral
allant
de
Gibraltar
aux
Rivières
du
Sud.

36./
Au large
de
Dakar,
les
processus
hydro-dynamiques
sont
tribu-
taires
des
centres
d'action
de
l'atmosphère,
de
la
morphologie
des
fonds
marins
et
du
relief
émergé.
En
régime
d'alizé
(décembre
à
mai),
les
eaux
froides
d'origine
canarienne
envahissent
le
littoral.
En
surface
se
forme
alors
une
houle
de
secteur
NNW
présentant
une
longueur
d'onde
de
300 m,
et,
circulant
à
la
vitesse
de
22
mis.
Autour
de
la
tête
de
la
presqu'île,
elle
effectue
une
rotation
au
niveau
de
la
Pointe
des
Almadies
et
du
Cap
Manuel.
Il
s'ensuit
des
diffractions
qui,
ajoutées
à
la
réfraction
imposée
par
la
plate-forme
continentale
réduisent
l'énergie
de
la
houle.
La
présence
du
promontoire
formé
par
les
plateaux
de
Ouakam
et
du
Cap
Manuel
fait
obstacle
au
flot,
et,
crée
ainsi
dans
la
rade
comprise
entre
Dakar
et
l ' î l e
de
Gorée
une
zone
d'eaux
calmes
favorables
au
mouillage.
La
houle
en
provenance
du
SW
est
plus
faible
que
la
précédente.
Elle
s'établit
à
partir
de
juin,
en
même
temps
que
la
circulation
des
eaux
guinéennes
propulsées
par
la
mousson
issue
de
l'anti-
cyclone
de
Sainte
Hélène.
Il
en
résulte
une
dérive
littorale
agressive
certes,
mais
dont
la
capacité
d'érosion
s'atténue
en
remontant
la
côte
de
Hann-sur-Mer
(17)
C'est
durant
la
saison
froide
que
le
littoral
de
Dakar
est
le
siège
d'un
up-welling
qui
explique
la
productivité
ichtyologique
des
eaux
océaniques.
(17)
Au sud
de
Hann,
l'érosion
cotière
est
très
marquée
depuis
un
siècle
comme
en
témoignent
les
constructions
détruites
par
la
mer
à
Rufisque
et
Mbao.
On estime
à
une
dizaine
de
mètres
le
recul
du
trait
de
côte
enregistré
au
droit
de
Rufisque
depuis
le
début
du
siècle.

37./
Enfin,
il
convient
de
relever la
faible
amplitude" des
marées.
Le marnage
atteint
1,6 m en
vives
eaux
et
1,2 m en mortes
eaux.
La
tectonique
cassante
subie
au
cours
de
l'évolution
géologique
ainsi
que
les
variations
eustatiques
donnent
au
modelé
du
plateau
continental
un
aspect
assez
tourmenté.
Au nord
de
la
presqu'île
et
au
large
des
Almadies,
les
courbes
bathymétriques
sont
très
resserrées.
La
grande
navigation
y est
gênée
soit
par
la
présence
de
la barre,
soit
par
l'existence
d'une
chaussée
jonchée
de
blocs
doléritiques.
Avant
la
mise
en
service
du
phare
des
Mamelles,
beaucoup de
navires
y échouaient.
Si
la
rade
de Dakar
n'est
pas
dénuée
de
chicots
qui
~ccidentent
la plateforme sous-marine,
ces
derniers
ne
constituent
pas une
infirmité
pour
une
double
raison.
La
première
tient
à
la
sédimen-
tation
terrigène
qui
masque
certaines
aspérités.
Il
s'y
ajoute
que
ces
pointements
rocheux
sont
ennoyés
sous
une
pellicule d'eau
d'une
dizaine de
mètres
d'épaisseur.
De telles
profondeurs
dispen-
sent
de
travaux
de
dragage
très
coûteux
pour
répondre
au
tirant
d'eau
des
mastodontes
qui
sillonnent
l'océan
mondial.
A L'époque où
les
puissances
européennes,
stimulées par
la
révolution
industrielle,
cherchaient
à
étendre
leur
influence
en
outre-mer,
une
position stratégique comme
celle
de
Dakar,
à
la
croisée
des
grandes
routes
du
bassin
atlantique,
ne
pouvait
manquer
de
susciter
des
convoitises.
Aussi
la France
s'était-
elle
appliquée
à
en
assurer
le
contrôle.
Elle
y aménagea
d'abord
un
modeste
barachois
(18).
Les
perfectionnements
reçus
par
cet
!
(18)
barachois est
un
terme
d'origine
hindou
désignant
un
petit
port.
Cet
ouvrage
fut
installé
en
1864,
soit
sept
ans après
la
prise
de
possession
de
Dakar.
Pour
guider
les
navires,
l'on
installa
en
1866
les
phares
des
Mamelles
et
du
Cap
Manuel.

38./
ouvrage,
à
la
suite
de
l'élargissement
de
son
horizon
continental,
devaient
faire
naitre
un
port
d'envergure
mondiale
autour
duquel
ne
tarda
pas
à
se
rassembler
une
grande
cité.
B - LA FONDATION DES QUARTIERS
Les
premiers
établissements
fixés
à
l'arrière
du
barachois
allaient
entrainer
une extension
de
la
ville
en
gestation
en
direction
des
parties
basses
du
site.
A une
époque

les moyens
mécaniques
de
manipulation
de
frêt
n'étaient
pas
encore
dévelop-
pés,
une
occupation
du
promontoire
surplombant
la
rade
comportait
des
inconvénients.
De plus,
ce
plateau
portait
les
villages
des
indigènes.
C'est
l'application
du
plan
d'alignement
de
Pinet
Laprade
à
partir
de
1862 qui
a
changé
la
face
des
choses.
La
ville devait
désormais
se
développer
en colonisant
le
plateau
relativement
plus
salubre
que
les
terres
situées
en
contrebas,
et,
par
rejets
$uccessifs
à
la
périphérie,
voir
les
Européens
et
les
gens
de
Gorée
s'y
substituer
aux
autochtones
lébou.
Il
faut
dire
que
l'idéologie
hygiéniste
véhiculée
par
les
traités et
précis
de
médecine
tropicale
était
très
prégnante
dans
les
actes
de
fonda-
tion
en
pays
chauds.
On peut
lire
sous
la
plume
du
Docteur
Kermorgant
les
recommandations
suivantes
adressées
aux
Européens
vivant
dans
ces
territoires
"Les
villages
indigènes
constituent
un
danger
permanent
pour
les
Européens,
en
raison
des
nombreuses
maladies
transmissibles
dont
leurs
habitants
sont
fréquemment
astreints,
aussi
ne
peut-on
que
conseiller d'édifier
les
habitations
européennes
à
une cer-
taine
distance
des
groupements
indigènes
"
(19).
(19)
Dr.
Kermorgant
l'hygiène
coloniale,
p.
30

39./
Avec
le
contexte
nouveau
issu
de
la
seconde
guerre
mondiale
caractérisé
par
la
prise
en
compte des
aspirations
des
popu-
lations
colonisées,
l'urbanisme
opérationnel
fut
dirigé
moins
contre
les
indigènes.
Mais
l'index
fut
pointé
vers
une
certaine
manière d'habiter
la
ville
le
taudis.
La
lutte
sans
répit
menée
contre
l'habitat
dégradé
au
Plateau
et
dans
la
Médina
eut
pour effet majeur
la
formation
de
quartiers
d'extension
de
plus
en
plus éloignés
du
centre
historique.
1 - DAKAR ANCIEN ET L'HAUSSMANNISATION DE L'APRtS-GUERRE
En
1945,
la
partie
européenne
de
la
ville
de
Dakar
n'était
pas
entièrement
urbanisée.
Non
seulement
il
y subsistait
des
terrains
nus
correspondant
soit
au
site
de
villages
déguerpis,
soit
à
des
zones
non
assainies,
mais
aussi
la voirie
inachevée
laissait
libre
cours
à
l'empiètement
du
tracé
des
rues
à
cons-
t r u ire .
Cependant
globalement,
l'habitat
dégradé
y était
en
recul
net
grâce
au
contrôle
des
constructions,
et,
aux
transferts
de
populations
indigènes
à
la Médina.
Après
les
habitants des
anciens
villages
de
Thieurigne,
Ngaraf,
Santhiaba et
Diécko
évacués
lors
de
la
peste
de
1914~ c~était au
tour
de
ceux
de
Gouye
Mariama,
Gouye
Salane
et
Hock
de
quitter
deux
décennies
plus
tard
les environs
de
la
Cathédrale
actuelle

l'Adminis-
tration
voulait
percer
des
voies
de
dégagement.
Nombre
de
par-
celles
ainsi
libérées
avaient
été
rétrocédées
à
l'Etat
ou
louées
à
des
commerçants
libanais
(20).
-------------------------------~----------------------
-- --------
(20)
Après
le morcellement
des
terains
de
tound
en
1926,
l'Admi-
nistration coloniale
institua
le
bail
emphytéotique
qui
devait
permettre
à
nombre
d'ayants-droit
de
louer
leurs
lots
à
des
commerçants
libanais qui
commençaient
à
affluer
à
Dakar.

40./
Fig. 5- LE
PLATEAU
E
o
N
A. Papa
Gu"y~ 'Q~II
t e •. A. Cour .. ;")
o
~OOrn
' - - - - - - - - "
cop Wonu~1

41./
L'habitat
indigène
avait
pu
néanmoins
se
maintenir
sur des
sites
ingrats
à
la
périphérie
immédiate
de
la
ville
européenne.
Sur
les
pentes
rocailleuses
du
plateau
descendant
vers
la
Médina
s'est
fixée
Niayes Tiocker
au
début
des
années
1940.
Auparavant,
des
Lébou
refusant
l'éloignement
du
centre-ville
s'étaient
installés
à
ses
portes,
formant
les
quartiers
de
Kayes
Findiw et
Parca
(21).
Les
travaux
d'aménagement
de
l'entrée
de
l'autoroute
entrepris
à
partir
de
1946
eurent
pour
effet
de
réduire
l'emprise
spatiale
de
ces
établissements.
Sur
le
no
man's
land
qui,
par
mesure
d'hygiène,
séparait
la
ville
européenne
et
l'ancien
village
de
ségrégation
de
Médina,
ont
été
implantés,
dans
un
mélange
témoignant
de
l'absence
d'un
plan
d'occupation
des
sols,
des
quartiers
résidentiels,
des
entrepôts commerciaux
et
des
équipements
publics
à
grande
emprise
comme
le
stade
Assane Oiouf
(ex
stade
des Abattoirs),
la
Maison
des
Jeunes
et
la prison Centrale
de
Rebeuss.
Parmi
les
quartiers
d'habitat,
il
faut
citer
par
ordre
d'anciehneté
Rebeuss
créé
au
début
des
années
1920 et
devenu
préco-
cément
la
honte
de
Dakar
à
cause
de
l'importance
de
la
margina-
lité
urbaine
(22)
(21)
Parca
désigne
le
lieu

était
stocké
le
fourrage
destiné
aux
chevaux
tirant
les
voitures
hippomobiles
en
service
à
Dakar
avant
l'ère de
l'automobile.
(2~) Dans une lettre du
5.9.1922,
le
Délégué
du
Gouverneur
du
Sénégal
à
Dakar
signalait
ainsi
la
vie
dans
ce
bas
quartier
alors
dénommé
abattoir
"le
Quartier
de
l'Abattoir
est
( . . . )
le
lieu
d'asile
des
chômeurs
des
Quais,
des
boys
et
des
cuisiniers
sans
place,des
repris
de
justice,
des
inter-
dits
de
séjour,
gens
sans
aveu
et
sans
logis,
vivant
de
rapines,
jouant
jour
et
nuit
dans
des
tripots
clandestins
et
cherchant
à
se
procurer
par
tous
les
moyens
l'argent
nécessaire
au
jeu."
(A.N.S.
dossier
17
G 239/108).

42./
_ cité
Cap-verdienne
construite
en
1945 par
l'D.H.E.
Tandis
que
le
secteur
du
Plateau
se
structurait
avec
l'ouverture
de
grandes
avenues
et
des
rues
bitumées,
l'installation
des
réseaux
d'alimentation
et
d'assainissement,
ainsi
que
la
cons-
truction
de
bâtiments
de
grande
hauteur
et
d'architecture
monu-
mentale,
la
Médina
végétait
véritablement
à
la
fin
de
la
dernière
guerre
mondiale.
Sous
ALFRED
GOUX,
la
Municipalité
de
Dakar
y
avait
entrepris
quelques
travaux
d'édilité
(23),
mais
cette
inter-
vention
était
trop
éphémère
pour
changer
radicalement
l'état
des
lieux.
Et
pourtant
la
population
augmentait
sans
cesse
avec
l ' a r r i -
vée
du
flot
d'immigrants
africains
venant
à
Dakar
pour
des
raisons
de
service
ou
à
la
recherche
d'un
gagne-pain.
En
dépit
de
l'ouver-
ture
des
lotissements
de
Colobane
en
1940,
Gueule
Tapée
en
1943
et
Fass-Bâtiments
en
1945,
la
partie
ancienne
de
Médina,
plus
proche
de
la
ville
européenne,
se
densifiait
de
cases
et
de
bara-
ques
que
les
propriétaires
édifiaient
pour
les
louer
aux
néo-
citadins
attirés
par
l'espoir
d'un
emploi
stable
dans
le
secteur
d'activités
modernes
(24).
Vis
à
vis
de
ceux
qui
avaient
commencé
à
s'intégrer
à
la
strate
inférieure
de
l'économie
moderne
(manoeuvres,personnel
domestique . . .
la
Médina
assumait
déjà
dans
l'immédiat
après-guerre
sa
fonction
de
centre
de
centre
de
tri
social.
Avec
le
relâchement
du
contrôle
exercé
sur
l'espace
urbain,
nombre
de
ses
anciens
locataires
réussirent
entre
1945
et
1955
à
acheter
dans
la
clandestinité
(23)
Les
travaux
ônt
été
les
suivants
transformation
de
l'école
élémentaire
(1935),
construction
d'un
marché
couvert,
réfection
et
agrandissement
de
la
mosquée
de
Thieurigne,
clôture
du
cimetière,
construction
de
la
Résidence
de
Médina
(1936),
aménagement
du
stade
municipal,
extension
du
grqupe
scolaire
(1937),
salle
des-fêtes
indigènes
de
l"Av.· Malick
Sy
(1939)
(24)
Renseignement
contenu
dans
le
rapport
du
service
d'Hygiène
de
la
C.D.D.
de
1944
(A.N.S.
2644/8).

43./
des
parcelles
à
la
périphérie
de
la
ville
officielle,

apparurent
les
bidonvilles de
Fass-Paillotes
et
Oiack
Sao
au
nord
de
Médina,
ceux
de
Gibraltar,
Alminco,
Kip-Coco,
Wakhinane,
Nimzatt
et
Baye
Gaindé
le
long
de
l'autoroute.
Il
Y avait
donc
en
1945 à
la Médina et
sur
les
alentours des
potentialités offertes
à
l'aménagement.
Le
départ
des
opérations
de
rénovation
urbaine
fut
donné
par
le
P.O.U.
de
1946.
L'aide
reçue
du
F.I.O.E.S.
permit
d'amorcer
l'amélioration
du
cadre
de
vie.
Cela
s'est
concrétisé
sous
deux
formes.
La
première
a consis-

en
l'exécution
de
travaux
d'intérêt
général
-
bitumage
des
rues
qui
dépourvues
de
revêtement
avaient
fini
par
être envahies
par
les
débordements
des
constructions
riveraines
-
réalisation
des
canalisations
pour
le
drainage
des
eaux
usées
-
extension
de
l'éclairage
public
jusqu'alors
limité
aux
grandes
voies
de
liaison du
secteur.
En outre
des
prêts
furent
accordés
aux
propriétaires
de
terrains
afin
qu'ils
pu
ssent
améliorer
leurs
habitations.
Ainsi
au
R.O.O
1955,
pouvait-on
dénombrer
29
% de
maisons
construites
en dur
dans
la
Médina-ouest
et
10
% dans
la Médina-est.
La
rénovation
urbaine
s'est
poursuivie,
sous
l'égide
de
l'Etat,
postérieurement
à
l'Indépendance.
Grâce
à
la
construction de
H.L.M.
à
Gueule
Tapée et
Fith-Mith,
l'habitat
en
matériaux
provisoires
a accusé
un
net
recul
dans
le
secteur.
Simultanément
s'est
déclenché
un
mouvement
de
populations
changeant
de
résidence.
Alors
que
les ménages
défavorisés
sont
contraints
par
la
hausse
des
loyers
à
un
transfert
vers
les
zones
de
recasement
prévues
à
leur
intention,
d'autres
plus
aisés
s'installent
dans
les
nou-
veaux
logements
construits.

44./
Privée d'emplois
sur
place,
exception
faite
de
ceux
liés
au
marché
Tilène
et
aux
rares
services
publics
chargés du
main-
tien
de
l'ordre
(camp
des
garde,
caserne
de
gendarmerie),
des
transmissions
(T.S.F.)
et
de
la
santé
(polyclinique
Roume),
Médina
a
pendant
longtemps
fonctionné
comme
une
zone-dortoir.
Même le
commerce
moderne
y était
interditsous
couleur
de
pré-
server
à
la
fois
le
centre-ville
de
la
concurrence
d'un
pôle
secondaire
de
service,
et,
la
population
indigène
contre
la
tentation
de
vendre
les
parcelles
aux
commerçants
libanais
qui
viendraient
s'installer
parmi
elle.
Mais
depuis
1945,
la
situation
a considérablement
évolué
par
suite
de
la
multiplication
des
ser-
vices
publics
(écoles,
dispensaires,
hôpital,
postes . . . )
et des
entreprises
privées
(commerce,
artisanat).
Au
sud-est
du
secteur,
autour
de
ce
qu'il
est
convenu
d'appeler
le
"triangle
sud",
s'organise
progressivement
le
second centre
des
affaires envisagé
par
le
P.D.U.
1967.
Après
la
construction
du
building
de
la
Communauté
Urbaine
de
Dakar
qui
a abrité
jus-
qu'à
une
date
récente
les
ministères
de
l'Equipement
et de
l'Hydraulique,
d'autres
édifices
tout
aussi
prestigieux
y ont
pris
place.
Il
s'agit
des
immeubles
de
la B.H.S.,
du
C.E.S.A.G,
de
la
B.C.E.A.O.-5énégal
et
de
la
nouvelle
maison
de
l'O.R.T.S.
Ce bâti
de
luxe
valorise
le
Boulevard
du
Général
De Gaulle qui
était
déparé
vers
le
sud
par
l'habitat
très
vieilli
du
quartier
Rass-mission.
Ainsi
Médina
s'érige
en
zone
d'emplois
de
tous
genres,et,
en
pôle
d'impulsion
des
migrations
pendulaires
vers
les
quartiers
situés
plus
au
nord.
2 - LA ZONE-CHARNI~RE
DE FANN À LA PATTE D'OIE
La
vigueur
du
développe~ent spatial
enregistré
par
Dakar
dans
l'immédiat
après-guerre
ne
saurait
se
comprendre
si
l'on
ne
tient
compte
de
la
crise urbaine
de
la
période précédente,
et

<,
ID
"<T
Ftg. '-LA' ZOIltE
C'HARNIERE
"
" \\1_0
. \\ ,,\\ C
..
< C'
l' a (
Grand-Yotl
Aéroport
de
..
Da k a ,"-Vofl
Kha," 'a 110
~
a
Ouollom
D
, . 1ft,
l
,

46./
des
mutations
intervenues
dans
les
rapports
entre
la France
et
ses
dépendances
africaines.
A l'idée
naguère
répandue
que
la
colonisation
devait
d'abord
profiter
à
la métropole
(25)
se
substitue
une
autre
approche
du
devenir
des
territoires
d'Outre-mer
intégrant,
notamment,
les
notions
de
développement
social
et
de
bien-être des
populations
de
couleur.
Concrètement,
cela
s'est
traduit
par
des
politiques
urbaines
moins
discrimi-
natoires,
fondées
sur
un
traitement
exhaustif
des
problèmes
des
ville s .
Les
problèmes
les
plus
cruciaux
connus
par
Dakar
en
1945 étaient
ceux
liés
à l'insalubruté et à la pénurie
de
logement.
Le
rapport
du
Service
d'Hygiène
établi
deux
ans
auparavant
décrit
en
des
termes
on
ne
peut
plus
sévères
les
mauvais
choix
faits
pour
la
capitale
" Qu'on
ne
nous
dise
pas
que
nous
sommes
injuste,
que
Dakar
possède
un
grand
port,
de
belles
avenues
et
de
modernes
immeubles,
car
encore que
nous
n'en
disconvenions
pas,
nous
serions
tenté
de
répondre
-
si
la
comparaison
n'était
un
peu
péjorative-
que
Dakar
est
comme
ces
prostituées
de
bas
étage
chez
qui
le
fatd
recouvre
la
crasse
et
dont
il
vaut
mieux
ne
pas
soulever
parfois
les
attrayants
atours
( . . . ).
Qu'on
ne
nous
dise
pas
que
pour
construire
des
ég ~ts et
faire
disparaître
le
paludisme
il
eut
fallu
beaucoup
d'argent
et
qu'il
n'yen
avait
pas.
De l'argent
il
y en
a eu,
mais
on
l'a
gaspillé
en dépenses
somptuaires,
publicitaires et
démagogiques.
Il
serait
facile
d'en
citer
de
nombreux
exemples,
et
on
n'a
pas
su
ou
voulu
---------------------------------------------------------------
(25)
Dans
une
de
ses
circulaires,
le
Gouverneur
Général
BREVIE
écrivait
"l'avantage
d'une
c6lonisation
doit
aller
au
colonisateur
d'abord,
puis
au
colonisé".

47./
comprendre
qu'un
égout
ou
un
drain
étaient
plus
utiles
qu'une
belle
façade.
Mais
il
est
vrai
que
les
travaux
d'assainissement
ne
sont
guère
spectaculaires,
qu'ils
ne
se
prêtent guère
aux
inaugurations
en
fanfare
et qu'ilserait
évidemment
difficile
de
donner
à
un
édicule
public
le
nom
d'un
personnage
politique
en
vue
!"
(26).
La
citation
est
certes
longue,
mais
très
révélatrice
de
la
politique
à
courte
vue
à
laquelle
la
ville
impériale
devait
cette
face
cachée
de
son
décor.
Il
s'y
ajoutait
le
surpeuplement

à
la
pénurie
de
logement
que
D.
BOUCHE
présente
ainsi
au
Plateau
dans
les
années
1940
"
Les
Européens
manquaient
d'espace
( . . . )
Des
familles
occupaient
une
pièce
unique.
Des
célibataires
logeaient
dans
des
passages
et
des
coulo~rs transformés
en
chambres.
Des
garages
devenaient
logements.
Les
nouveaux
arrivés
acceptaient
n'importe
quoi
pour
sortir
des
centres
d'hébergement

l'administration
les
accueillait
dans
des
conditions
d'hygiène
si
lamentables
que
ces
centres
étaient
baptisés
par
leurs
occupants
"stalag"
quand
ce
n'était
pas
·camp
de
concentration"
(27)
Une
promiscuité
égale
sinon
plus
marquée
prévalait
en
zone
de
résidence
africaine
"où
la
plus
petite
case
abritait,
chaque
nuit,
de
20
à
30
indigènes
venus
de
la
brousse
chercher
un
gagne-
pain
ou
plutôt
se
livrer
au
vagabondage
et
à
la
mendicité "(28)
( 26 )
Rapport
du
Service
d'Hygiène
de
la
Circonscription
de
Dakar
et
Dépendances
1943.
pp
98
-
99
(A.N.S.
2 G 43
-
4)
(27)
D.
Bouche
-
Dakar
pendant
la
deuxième
Guerre
mondiale.
Problèmes
de
surpeuplement.
Rev.
Hist.
Outre-Mer,
t.TXV
(1978)
nO
240,
p 428.
(28)
D.
Bouche
-
ibidem,
p.
430

48./
Dans de
telles conditions,
les
mesures
d'urgence
à
prendre
ne
.pouvaient
consister
Qu'en de
lourds
travaux
pour
rattraper
les
retards
accusés
en
matière
d'infrastructure
et
d'habitat.
Dès
1944,
les éléments
de
la
deuxième
portion
du
contingent
(29)
étaient
mis
à
contribution
pour
la
construction de
canaux
à
ciel
ouvert
destinés
à
drainer
les
eaux
de
pluie
Qui
stagnaient
dans
les
environs
du
Cerf-Volant.
L'On
procèda
également
au
comblement
des
marécages
attenants
au
Camp
des
gardes
municipaux,
de
ceux
situés
dans
les
secteurs de Potou
et
de
Hann.
Le
S.T.A.G.D.
créé
en
1945
pour
l'aménagement
de
la
presqu'île
du
Cap-vert,
consacra
ses
premiers
efforts
à l'extension
de
la
zone
de
résidence
des
hauts ,fonctionnaires.
L'absence
de
maîtrise
de
la
situation
foncière
força
l'administration
à
loti r selon
la
localisation
des
réserves
du
domaine. Ainsi
Fann-Résidence
a-t-il
été
aménagé
en
1946
sur
le
titre
foncier
de
l'Etat
nO
927
DG
situé
au nord-ouest
de
Médina.
Pour
éviter
au
nouveau
quartier,
de
devenir
un
"cQron
de
fonctionnaires",
des
lots
ont
été
affectés
à
des
sociétés commerciales
et
industrielles
au
prix
coûtant
ou
par
voie
d'échange.
La
demande
de
terrains
à
bâtir
dans
le
lotis-
sement
pavillonnaire
était
si
insistante
qu'on
procèda,
en
1952,
à
son
extension au
sud de
l'actuelle
rue
Saint
John
Perse.
Sur
le
site du
Point
E,
la
situation
domaniale
était
moins
favorable
à
l'Administration.
L'Etat
n'y
comptait
que
14
titres
contre
77
autres
privés.
L'importance
des
expropriations
dans
la
(29)
La
deuxième
portion
du
contingent
comprenait
2700
tirailleurs
originaires
du
Sénégal,
du
Soudan
et
de
Côte d'Ivoire
utili-
sés en
1944
pour
des
travaux
d'intérêt
général
construction
des
pistes de
l'aéroport
de
YOff,
de
l'arsenal
de
la
Marine
et
de
canalisation
(canaux
de
Fann
et
de
Fass).

49./
zone
d'aménagement
initialement prévue
était
telle que
le
S.T.A.G.O.
finit
par
en
réduire
l'étendue
(30).
D'ailleurs
sur
l'espace
retenu
en
définitive,
seules
les
emprises de
la
voirie
traversant
des
propriétés
privées
allaient
donner
lieu
·à
des
réquisitions.
L'indisponibilité
de
la
totalité
des
terrains
convoités obligea
le
Service Temporaire
à
implanter
les
logements
administratifs
destinés aux
fonctionnaires
européens
au
nord et
au
sud-est
de
l'Ovale

se
situaient
les
terrains domaniaux.
Une
fois
la
voirie
et
les
premiers
immeubles
terminés,
diverses
entreprises
comme
la B.A.O,
AIR
FRANCE,
S.C.O.A.,
HERSENT,
et,
les
P.T.T.
emboîtèrent
le
pas
à
l'Administration
pour
édifier
de
petites
cités
qui
ne
tardèrent
pas
à
diversifier
les
formes
architecturales.
Par
d'autres
initiatives,
essentiellement
individuelles,
les
bordures
du
Point
E riveraines
de
la
voirie
d'encadrement
furent
construites
selon
une
facture
architecturale
encore plus
relevée.
Confronté à
un
blocage
foncier
au
Point E,
le
S.T.A.G.O.
déploya
son
effort
d'aménagement
au
sud-est
de
ce
quartier.
En
1949,
il
fit
construire
à
la
~ne A quelques
180
logements
pour
les
cadres
africains
de
l'Administration.
L'année
suivante,
fut
entamée
l'édification
des
140 maisons
en
forme
de
ballon
à
la
zone
B.
Ce
type de
composition
du
bâti
fut
adopté
pour
la
cons-
truction
de
la cité
des
Douanes
de
Colobane,
et,
celle
de
la
Police sur
la
Route
des
Puits
au
début
des
années
1950
(31).
Cette
décennie
fut
particulièrement
fertile
en
créations de
lotissements
résidentiels dans
la
zone
charnière,
car
l'améliora-
tion
de
l'habitat
africain
et
de
la
circulation
constituait
les options majeures
du
P.O.U.
de
1946.
( 30)
Initialement
la
zone d'aménagement
était
délimitée
par
la
route des
Puits
(av
Bourguiba)
au
nord,
la
Route
de Ouakam
(av
Cheikh Anta
Diop)
à
l'ouest,
la
Rocade
Fann-Bel
Air
au
sud
et
la
rue 9 prolongée à
l'Est.
(31)
La
cité
de
la Police
de
la
Route
des
Puits
a été
démolie
pour
l'aménagement
du
lotissement S.I.C.A.P.
-
Karack.

50.1
La
mise
en oeuvre
du
programme
de
première
urgence
arrêté
par
la S.I.C.A.P.
en
1950 aboutit
dès
1951
aux
249
logements
de
la Rue
10 et
aux
56
pavillons
de
la
Route
des
Puits.
L'année
suivante,
la S.I.C.A.P.
déplaça
ses
chantiers
vers
Fann-Hock où
392
maisons
en rez-de-chaussée
et
à
étages
sortirent
de
terre.
Elle
les
ouvrit
de
nouveau
sur
le Route
des
Puits
en
1953 pour
réaliser
le
programme S.I.C.A.P.
-
Karack.
Entre
1954 et
1957,
la série
S.I.C.A.P.-Saobabs
couvrit
l'espace
compris
entre
Karak
et
la Rue
10
prolongée.
Les
lotissements
Liberté
s'implantèrent
à partir
de
1958.
La
génération
formée
par
S.!.C.A.P.-Oieuppeul,
S.I.C.A.P.
-
Amitié,
S.!.C.A.P.-Sourguiba en
alignement
sur
l'avenue
du
même nom,
S.I.C.A.P.-Mermoz
et
S.I.C.A.P.-Sacré Coeur
situés
non
loin
de
l'ancienne
piste
d'aviation
de
Ouakam,
date
quant
à elle
des
années
1960-1970.
Cet
immense
ensemble
est
majoritairement
peuplé
par
les couches
moyennes
de
la
population
dakaroise
en
provenance
des
divers
quartiers
de
Médina
et
du
Plateau.
Au moment

le
logement
des
fonctionnaires
et
des
salariés
moyens
connaissait
un
début
de
solution
avec
l'aménagement
de
zones
d'habitat
planifié,
des
trames
furent
ouvertes
pour
recevoir
les moins
favorisés,
et,
tous
ceux
déguerpis
par
les
travaux
de
voirie
et
d'assainissement
entrepris
à Dakar.
D'après
les
comptages
du
Service
d'Hygiène
et
les photos
aériennes
effectués
en
1950,
les
mal
logés
résidant
au
nord de
l'avenue
Malick
Sy,
c'est-à-dire
à Médina
et
dans
les
bidonvilles
situés
alentour,
représentaient
entre
la 000 et 11 000 personnes. Ce
qui
nécessitait,
selon
le
S.T.A.G.O.,
la
création
de
2500 parcel-
les
envisagées
à Grand
Dakar
(32).
L'Etat
y possédait,
entre
la
----------------------------------------------------------------
(32)
Les
titres
fonciers
de
l'Etat
situés
dans -ce
secteur
n'auto-
risaient
que
~a création de 1300.parcelles. Pour disposer
des
1200 autres
lots
necessaires,
l'Administration
se résolut
à
lotir
en
1952
un
titre
sis
à Pikine.

51./
Ro~te des
Puits,
les
rue
G,
10
et
12
quatre
titres
fo,ciers
qui
allaient
servir
d'assiette
à
la
créatio,
d'un
lotissement
réservé
a'JX
paillotes
et
aux
baraq'Jes.
Les
pcemiers
à
être
transférés
sur
le
site
étaient
antérieure-
ment
i,stallés
à
Potou
et
Seukeuba
(Cerf
Volant).
Le
co~blem!nt
d~s
msrécagas
les
en
ex~ulsa en
1950.
Ils
furent
racasés
sur
les
lots
compris
entre
1;
rue
10
et
l'Avenue
da
la
Liberté
(actuelles
Allées
Cheikh
Sadaty
Aldars).
Le
bloc
situé
en~re cette voie et
la
rue
12
accueillit
en
1951
des
habita,ts
de
Baye
Laye,
Missirah
:olJban~ touch6s
pSI
125
tra~aUK sur
la
voie
de
cham!,
d~
fer
de
la
gara
prin:ipale
à
Colobane,
et,
sur
l'a~Jtaroij~e. Entre
la
rue
12
et
la
rue
13
(Avenue
Cheick
Amad,)u
Bamba),
le
S.T.A.G.D.
relogea
les
anciens
occupa,ts
du
quartier
Parc-à-Fourrage
d~placés
à
:a~se
di3
l'an1nagemant
de
l'e~trée df~
l'a:ltor01Jte.
Sur
le~r
lotis~~;nent u~ elles
tra~;po5èrent l~s
topJnym2s
A~atto~rs et
Tilène.
Alors
q~Je
s'ach~v3it l'occupatio,
dl~
Gra~d Da~~r,
d~5
uuvri3r;
et
des
e,nplJyés
vena'~ d'horizons
divers
décid~rent en
1954
dt!
joindre
leu75
efforts
pa.J~ farm9r
la
p:emière
SJciété
coopé-
rative
africaine
app~lée "Les
Castors
de
Dakar".
A~puyés par
le
Centre
d~
Formati1n
Professionnelle
R3~ide de
oak3r,
ils
entrep~irent, pelljdnl
l~urs heures
de
lOisir,
lA
construction
je
leur
habitat
SiJ:
un
~errain éqlJipé
et
cédé
par
l'A1~inistrati1n
en~re la
~0u~e d,l
~ront de
Terre
alJ
no:d
et
à
l'est,
la
rue
13
p:alongée
à
l'o~est,et
la
Route
des
Pu~ts au sud.
Les
9J
loge-
ments
édifiés
Su:
ca
site
en
1955
-
1957
constituèrent
le
noya'J
à
partir
duq~el allait
se
d~ve11~per la
néblJleuse
des
q'Jartiers
Castors-Derklé.
En
dffet,
à
pruxinlité
des
Castors,
un
certain
nombre
d(~ cités
~c
tard~re~t pa;
ê~re r6a~isées pa~
di!5
sociétés
im'o~llibres (C.F.O.A.),
d,:s
entrepclses
d~
la
pla:e
(NO.Sa.Co,
M.T.O.A"
C.E.E.O.A.,
G.I.A.,
A.S.E.C.N.A.)
et
des
servlces
pu~lics (5 ervlce Géogra~hlqIJ! N3tional,
P.T.T.).

52./
RépDnd~nt au
VJeu
e~pri~é le
27
nDve~b:e 1953 po:
le
Grand
Conseil
je
l'A.O.F.
d~
voir
s'amplifie:
les
i'v~5tiss~ments
D;.1 ;< :1 r
ê.( é G iJ t a
-.j n
i iTl P J .r t a :1 t
p r 'J g r am m,=
d e
c 0 il 5 t ru: t i j il
à
0 J a ~ o IJ
~i~yes.
Entre
1955
et
1956,
i l
liv~a a:J
~arché
pc~s
de
350
~ui permiren~ da
loger
des
foncti1nnalres
dép13cés
à
13
suite
dlJ
transfert
d(~ la ::apitale dlJ
ter~ito!re de Saint-Louis à 1a:C31
en
1158
(33).
Pl~5 8iJ no:d di! 8Jngl)u Niayes,
entre
la
ROiJte
dB
lIAéropo:t,
bGsoins
di!
simplicité
le
no~
d!~
Gra~lj Varf,
m:lis
en
réalité
la
topony~ie est
aLJ~re:nent plJ5
ri~h3.
A~cte~n8ne:lt, ll~s
villJg:o~~
P il 5 5
s
a
é
LJ:'
ma .i.. ., 5
.j t~
P rl :- t i : u l i ~ i:." S
FLa: l -; a .l 5
U u
1 i b :j 'Î a t ;; 1
et,
a v 3 =. e il t
do n e f 3 i t
l ' Db jet
d a
t i t r e s
f J Il c t s r 5
p '1 : fa i t e men t
"8 1 1 d .l S.
A ,J '1 r -
t i r
d t~
1 9 5 , t
C es
i mi;1 e u b ~ e sel) :il ., 2 :i c è r 13 n t
à
ê t r e
ill IJ r c e.l é 5 eL" (~ :l d l1 S
pin
leu r 5
p r DJ ri é t air e s
1 § il ,i U J:.
A I o s i
n a ~ Il i r 2 n t
13. S
qu 8 r t i 2 r s
d~ S3"tiaba,
Mi5Sitah

5'i,stallèrent
un
g=and
no,lbre
de
mig(an~5
originaires
dj~
13
Ba5S~ Cas3m3~ce. A~
cou:s
di~5
années
1960,
les
installations
se
m~ltiplièr2n~ entre
Mis.irah
3.t
le
camp
-j'3
1 aGe n ca r mer i e .
El 1'0:;
é t a 1. en t
d u s s
à
l ' arr i v é 2
di!
d 5 9 Il ,2 r pis
des
bidrllvilles
détruits
dH1s
la
vtlle
da
D3~ar, de personnes
d é il 1 d : Je,>
"
c il 'J S e
d B
1 3.
C il il 5 t r oJ ,~ t i 1'1 d il S
fi. L . M.
d IJ
30 iJ .l 2 var d
S • 0 • El . 0 • A.
e t
1 a
3 i s c u .t t e r i ':
d Il
~§ ,j '. 1 a.
Ces
q ,J ;; : t i e r 5
d e
1 3
Fass,
Gazell':.
Talba,
Mdka,
B3Jdad,
Kh~r
Yalla,
Darou
Rdhmanc,
Darou
San~hie etc.
Au d~~IJt
à
l'ouest.
Arafat
et
Cité
Millionnaire
virent
le
jo.J:.
Ils
S8
peupl~ren~
de
gR1S
da
toutes
condltions
vcna~t dOl
q'Jatti~:5
p=é-e~istallts d"
Crand
Yoff
ou
j~l
aJtr25
pHcti3S
dB Dakar.
--------------------------------------------------------------
(33)
C'est
~ cet ~nisode de l'histoire que la seconde tranche du
lotissement
sise
entre
Grand
Dakar
et
Id
rue
12
doit
son
nom
NDAR-GOU-NDAW (
en
français
Petit
Saint-L
uis)

53./
Exception
faite.de
cité Millionnaire,
les
quartiers
nés
durant
l'avarlt-dernière
décennie
sont
dans
une
situation
domaniale
irrégulière.
Ils
occupent
soit
des
titres
fonciers
privés,
soit
des
terrains
du
Domaine
national
vendus
frauduleusement
(34).
La
précarité
d'un
tel
statut
fait
que
pendant
longtemps
Grand
Yoff
est
resté
sans
équipe~ents. L~ G!ndarmerieèt le· Collège Notre
Dame
du
Liban
sont
s~r· le même site,
mais
leur
aire
d'influence
se
situe
ailleurs.
Les
lotissements
H.L.M.
représentent
l'une des
parties
les
plus
récentes
de
la
zone-charnière.
Par
ordre
chronologique,
il
y a
d'abord
e·u l'aménagement
des
logements
sis
entre
l'autoroute et
l'avenue
Cheick Amadou
Bamba,
sur
le
site
occupé auparavant
par
les
bidonvilles
de
Baye
Gaindé,
Nimjatt
et
Angle Mousse.
Ces
toponymes
ont
d'ailleurs
survécu
à
l'éradication
des
quartiers
qu'ils
nommaient,
et,
sont
accolés
au
sigle
H.L.M.
En chiffres
ronds,
il
y a 3 000
logements
répartis
en
des
types
archite~tu-
raux
divers
-
les
pavillons
de
moyen
standing
qui
longent
l'avenue
Cheick
Amadou
Bamba,
des
H.L.M.
l
aux
H.L.M.
III
les
maisons
basses
en
bande
-
les
maisons
à
étage
construites
en mitoyenneté
dans
une
gamme
allant
du
type
économique
au
moyen
standing;
-
les
immeubles
en
barre
de
quatre
niveaux.
L'ensemble
construit
plus
tard
au
voisinage
de
la
Patte
d'Oie
reproduit
les mêmes
formes
à
l'exclusion
des
logements
de
standing
et
des
constructions
de
grande
hauteur.
(34)
Une
partie
notable
de
Grand
Yoff
occupe
un
titre
foncier
appartenant
à
la
famille
Bourgi
que
l'Etat
a
du
dédommager,
pour
des
raisons
sociales,
en
lui
offrant
un
autre
terrain
en
échange.

54./
3 - LA NËBULEll3E DE LA PËRIPHËRIE URBAINE
La
croissance
bipolaire
de
l'agglomération
fait
qu'il
est
de
plus
en
plus
difficile
de
déterminer
la
limite à
partir
de
laquelle
finit
Dakar-centre
et
commence
la
périphérie.
Arbi-
trairement
nous
l'établissons
sur
le
tracé
de
la
route
de
l'aéro-
port

se
rencontrent
les
tendances
directionnelles
suivies
par
le développement
spatial
de
Dakar
et
de
Pikine.
La
périphérie
dakaroise
mérite
l'appellation de
nébuleuse
du
fait
de
la
ju~taposition de
tram~s
aussi
différentes
que
les
lotisse-
ments
administratifs
réguliers
par
définition,
les
quartiers
spon-
tanés
réguliers
du
point
de
vue
de
la
situation
foncière,
et,
les
établissements
irréguliers.
Pikine
pourrait,
grâce au
renforce-
ment
de
ses
fonctions,
animer
cet
ense~ble hétéroclite
et
étendu.
Mais
elle
vit
étroitement
dans
la
mouvance
de
la
commune-mère.
L'urbanisation de
cette
partie
de
la
presqu'île
s'est
effectuée
à
partir
d'un
~ertain nombre
de
points
d'ancrage
Pikine
Ancien,
et,
les
villages
lébou
auxquels
se
sont
greffées
des
excroissances
procédant
les
unes
de
l'initiative
de
l'Etat,
les
autres
surtout
de
l'audace
de
lotisseurs
clandestins.
Les Lébou
représentent
le
fond
du
peuplement
de
la
banlieue
auquel
se sont
ajoutées
diverses
autres
composantes
ethniques.
Leur
présence est
signalée
dans
la
presqu'Ile
du
Cap-Vert
bien
avant
la
colonisation.
Sur
la
liste
des
villages
qu'il
a dressée
en
1816,
l'ingénieur
BREDIF
mentionne
entre
autres
Gour
(Ngor),
Voff
et
Ben
(Hann).
Il
faut
ajouter
à
ces
derniers
Mbao,
Thiaroye
et
Ouakam
notés
un
siècle
auparavant
par
ADANSON.

55./
Selon
la
tradition
orale,
les
Lébou
seraient
partis
du
Diander
(35)
pour
se
diriger
vers
le
lieu
dit
Tiouroum
sit~é dans
les
environs de
l'actuel
village
de
Keur
Massar.
De
là,
les
deux
principaux
clans
des
Soumbédioune
et
des
Bègne
se
seraient
dispersés
pour
aller
fonder
respectivement
Yoff,
Ngor,
Ouakam
et
Soumbédioune
au
nord-ouest,
Mbao,
Thiaroye,
Hann
et
Dakar
au
Sud
de
la
presqu'Ile.
Installés
sur
les
marges occidentales
du
royaume
du
Cayor,
les
Lébou
allaient
néanmoins
subir
les
dragOnnades
des
armées
des
damel
à
cause
de
leurs
velléités
secessionnistes
(36).
Regroupés
autour
du
marabout OIAL
DIOP
(37);
ils
entreprirent
une
guerre
d'indépendance
entre
1790 et
1795.
C'est
au
cours
de
celle-ci
que
Thiaroye
Kao
fut
fondé,
il
a
sorte
servi
en
quelque
de"ligne
Maginot"
aux
rebelles
pour
endiguer
les
raids
des
Cayoriens.
La
peste
de1914
eut
pour
conséquence
non
seulement
la
restruc-
turation
des
villages
existants,
mais
aussi
l'apparition
de
quelques
autres.
C'est
peu
après
cette
date
que
Cambérène
quitta
le
site
de
NDlngala
surplOmbant
la
grande
niaye
de
Pikine
pour
s'établir
au
nord-ouest,
sur
la
cote.
Yeumbeul
se
détacha
de
Thiaroye-Kao à
la
même
période.
Les
dernières
fondations
villageoises
furent
l'oeuvre
de
groupes
d'immigrants.
Il
s'agit
de
Malika
et
Mbatal
créés
par
des
Peul
du
Ojolof
respectivement
en
1920
et
1940,
et,
de
Kamb-Keur
Mbaye
Fall
mis
en
place
par
des
Ouolof.
(35)
L'étape
du
Dlander

les
Lébou
seraient
arrivés
avant
1549,
est
l'aboutissement
d'une
suite
d'exodes
partis
du
bas
Sénégal,
puis
du
Ojolof
(1488).
(36)
La
présence
des:Lébou là
l'extrême
ouest
du
Cap-vert
gênait
les
souverains
du
Cayor
pour
trois
raisons
majeures
la
mauvaise
volonté
mise
dans
l'envol
du
tribut
annuel
à
la
Couronne,
l'interception
des
coutumes
(redevances)
payées
par
les
Européens
trafiquant
sur
la cOte,
l'asile
accordé
à
des
refugiés
politiques
cayoriens.
(37)
Oial
Diop
fut
le
premier
chef
supérieur
de
la
collectivité
lébou
entre
1795
et
1815.

56.!
L'immigration
des
allogènes
connut
un
tournant
décisif
vers
la
fin
du
XIXe
siècle,
après
la
conclusion
d'un
accord
de
protectorat avec
la
France
et
l'établissement des
premiers
instruments de
la domination
française.
La
mise
en
service
de
la
gare
ferroviaire
de
Thiaroye
(1885)
fut
suivie
par
l'arrivée
d'éléments
bambara
et
sarakolé qui
s'installèrent
à
Pikine Bougou,
à
quelques
centaines
de
mètres
à
l'est
du
quartier
de
la gare.
La
jonction
entre
les
deux
quartiers
fut
amorcée
avec
l'afflux
de
population
résultant
de
l'ouverture
du
Camp
Faidherbe
dans
les
années
1930.
Même si
les
gens
de
Dakar
répondirent
à
l'appel
des
petites activités de
service
gravitant
autour
de
la
gare
et
de
la
caserne,
il
semble
que
l'essentiel
de
l'apport
migratoire
était
fourni
paf
l'intérieur.
C'est
l'inverse de
ce
mouvement
qui,
à
partir
de
1952,
aboutit
à
l'apparition
de
Pikine
considéré à
juste
raison
par
M.
VERNIERE
comme
le
double
de
Dakar.
Pikine
traduit
la
volonté
de
l'Administration
de
résorber
les
bidonvilles
qui
déparaient
Dakar
d'autant
plus
ostensiblement
qu'ils
se situaient
à
proximité
de
voies
de
grand
passage.
Le
lotissement
d'urgence
occupe
un
titre
foncier
de
l'Etat
nO
3892
O.G.
-

les
militaires
effectuaient
des
exerœices
de
tir
et
de
parachutisme.
Les
dunes
rouges
qui
dominent
le
paysage
morphologique
furent
écrêtées
et
sommairement
viabilisées
avant
de
recevoir
les
victimes
des
déguerpissements.
Les
premiers
évacués
venaient
des
environs
de
l'Avenue
Lamine
Guèye
(Darou
Salam),
de
la
Route
de ~u[isque(Gazelle) e~
de
l'Autoroute
(Missirah,
Colobane).
Cette
séquence
correspondait
à
l'assainissement
de
la
Zone
Industrielle
et
à
l'achèvement
de
la
construction
de
l'autoroute.
En
1953,
on
décida
l'extension

<,
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l!l
Fig, 7. PIKINE
ET
ENVIRONS
.
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A T L A N T I Q U E

58./
du
nouveau
lotissement
suburbain
(38)
pour
préparer
l'accueil
des
déguerpis de Reubeuss
frappas
de
servitude
à
cause
des
travaux
de
voierie
(Crédit
Foncier),
ceux
issus
de
Wakhinane
et
de
Kip-Coco
le
long
de
l'Autoroute.
Jusqu'ici,
l'habitat
se
composait exclusivement
de
paillotes
et
de
baraques,
avec
une
tendance
au
recul
du
premier
type
de
construction
(39).
Les
paysages
pikinois
s'enrichirent
d'immeubles
en maçonnerie
avec
l'édification des
800
logements construits à
proximité de
l'usine
I.C.O.T.A.F.
et
à
la
Cité pépinière.
Des
salariés
de Dakar ellèrent
s'y
fixer
et
contribuer
à
la
diversification
progressive
du
profil
socio-professionnel
de
la
nouvelle
agglomération.
Sous l'effet
de
la
poursuite
des
travaux
d'assainissement
et
de
voierie,
les
déguerpissements
s'intensifièrent
en
1956.
Le
comble-
ment
des
bas-fonds
de
Fass-Marigot
expulsa
vers
Pikine
les occu-
pants
de
ce
taudis.
Une
partie
du
quartier Abattoirs
subit
le
même sort.
Ses
habitants,
en
majorité
des
bouchers
et
des
tan-
neurs,fu~e~t recasés
à
l'extrême
est
du
lotissement
par
mesure
d'hygiène
et
pour un
accès
facile
aux
nouveaux
abattoirs
de
la
route
de
Rufisque.
L'aménagement
de
Bopp,
situé
au
sud-est de
Grand
Dakar,
occasionna
le départ
vers
la
ville
des
déguerpis
d'une
partie
de
Nimzatt.
Après
le
violent
incendie
qui
l'a
presque
entièrement
détruit,
le
lieu dit
Paille
d'arachide
au
coeur
de Gueule
Tapée
fut
libéré
par
les
ferrailleurs,
brocan-
teurs
et
autres
gens
des
petits métiers qui
y avaient
élu domi-
cil e.
l 1:; con S e t:«
r en t
è
à
P i k i n e l e t 0 p 0 n y me Gue u leT a p é e .
(38)
Ce détail
est
mentionné
dans
le
rapport
annuel
de
1953
du
service
d'Hygiène
(A.N.S.
2 G 53
-
19).
(39)
Le
rapport
annuel
du
Service
d'Hygiène
de
1955
fait
état
d'une
seule
autorisation
de
construire concernant
les
pail-
lottes
contre
63
en
1954

59./
La
percée
de
l'Avenue
de
la
Liberté
(Boulevard
Général
de
Gaulle)
raya
de
la
carte
de
Dakar
le
quartier
colobane
Sans-fil
(40)
et
amputa Diack-Sao,
Lamsar
de
leurs
parties
situées
sur
l'emprise
de
la
voie.
Plus
au
sud,
à
l'entrée
du
P[ateau,
la
construction
des
Allées
Coursin
(Allées
Papa
Guèye
Fall)
supprima
le
bouchon
qui
obturait
l'accès
à
Médina.Il
s'ensuivit
une
occupation
du
site
dénommé
Allées
Coursin
à
Pikine.
A la
suite
de
la
correction
de
la
section de
la
voie
ferrée
comprise
entre
la
gare
principale
et
celle
de
Colobane,
Missirah
disparut
définitivement
Kip
-
Coco,
Oarou Khane
(41)
et
Wakhi-
nane
subirent
une
amputation.
A l'exception
du
quartier
Abattoirs,
tous
les
autres
déplacé s
en
1956
furent
réinstallés
à
l'est
de
l'ancien
stade
Alassane
Djigo.
Certains
irréguliers
évincés
de
Dakar
refusèrent
l'isolement
à
Dagoudane,
création
urbaine
dépourvue
des
équipements
les
plus
élémentaires,
et,
qui
pis
est
mal
desservie
par
les
transports
publics.
Pour
rester
près
de
leur
lieu
de
travail,
ils
achetèrent
à
Hann-Plage
des
terrains
conquis
sur
le marigot
Ibis
dont
le
niveau
avait
baissé
après
les
mauvais
hivernages
survenus
en
1953
et
1955.
La pause
constatée
dans
les
transferts
de
population
à
Pikine
dans
le
court
intervalle
1957-1959
s'explique moins
par
la
situa-
tion
de
transition
vers
l'Indépendance
que
par
l'épuisement
des
réserves
foncières
du
domaine
de
l'Etat.
La
pénurie
fut
signalée
dès
1957
par
le
Chef
de
la
Section
Domaniale
du
S.T.A.G.D.
,(40)
Le
quartier
doit
ce
nom
au
voisinage
de
la
T.S.F.
de Colobane
dont
le
site
est
occupé
actuellement
par
l'Obélisque
de
l'Indépendance.
(41)
Les
habitants
du
quartier
une
fois
arrivés
à Pikine
en
ont
modifié
le
toponyme
devenu
Darou
Khoudos.

60./
Il
faisait
remarquer
dans
une
correspondance
"
le
domaine
privé
(de
l'Etat)
disponible
est
aussi
pratique-
ment
épuisé
et
ne
peut
plus
fournir
les emprises
nécessaires
à
d'autres
quartiers
africains,
alors
qu'il
reste
tant
d'Afri-
cains
à
loger.
Il
Y aurait
lieu
de
se
tourner
vers
le
secteur
pri9é
én
l'occu-
rence
vers
les
propriétaires
terriens
rechercher
sous
quelle
forme
ces
propriétaires
peuvent
apporter
leur
concours
à
l'effort
qui
a
incombé
jusqu'à
présent
aux
seules
finances
publiques
en
matière
de
redistribution
des
terrains
pour
les
besoins
de
l'habitat
africain
( . . . )"(42).
L'Etat
du
Sénégal
indépendant
a
exploité,
à une
certaine
période,
l'alternative
préconisée
ci-dessus.
Lorsqu'il
ordonn~
en
1960
le
déguerpissement
définitif
de
Diack
Sao
et
Lamsar
afin
de
disposer
du
terrain
destiné
à
l'érection
de
l'Obélisque
et
au
futur
Lycée
des
Jeunes
Filles
(Lycée
John
F.
Kennedy),
i l
ne
fournit
pas
aux
expulsés
des
tram~s
d'accueil.
L'Admi-
nistration
se
limita
à
les
regrouper
en
une
coopérative
d'habitat
à
laquelle
la Caisse
de
Crédit
Populaire
consentit
un
prêt
pour
l'acquisition d'un
terrain
au
P.K.
15
de
la
route
de
Rufisque.
Au cours
de
la même
année,
les
premiers
irréguliers
sommés
de
libérer
le
site
du
bidonville
de
Baye
Galndé,
réquisitionné
pour
la
mise en
place
des
H.L.M.
1 et
II,
imitèrent
les
habi-
tants
de
Diack Sao,
avec
la
différence
qu'ils
ne
bénéficièrent
pas
de
l'assistance
des
services
administratifs
compétents,
pour
des
raisons
non
élucidées.
Ils
s'installèrent
au
P.K.
16
de
la
-,
route
de
Rufisque.
(42)
Lettre
nO
74
S.T.A.G.D/DOM du
13
mars
1957
adressée
par
le
Chef de
la
Section
Domaniale
au
Chef du
S.T.A.G.D.
(A .. ~.S.
dossier
322
-
S.T.A.G.D.
1949
-
1957)

61./
Désireux
de
mener
à
son
terme
le
plan
de
rénovation
de
Dakar
arrêté
en
1946
mais
confronté
à
un
blocage
foncier,
l'Etat
promulgua
la
loi
du
17
juin
1964
instituant
le
Domaine National.
De ce
fait,
les
terrains
de
détention
coutumière
qui
n'étaient
pas
immatriculés
à
temps
intègrèrent
le
domaine
public.
Du coup,
la
marge
de
manoeuvre
de
l'Administration
se
trouva
agrandie.
Le
processus
de
déguerpissement-relogement
pouvait
alors
reprendre.
Ainsi
au
nord-nord-est
de
Pikine
Ancien,
l'on
aménagea
une
zone
d'extension
de
plus
de
7
000
parcelles
c'est
Pikine
-
Extension
ou
Guédiawaye.
Ses
lots
cres
zones
E,G
et
1 reçurent
entre
1964
et
1968
les
déguerpis
venant
de
Mbode-Baye
Galndé,
Gueule
Tapée-Rénovation
et
Gibraltar.
Sur
les
zones
L,M
et
N furent
réinstallés
entre
1969
et
1975
ceux
issus
des
bidonvilles
de
Nimzatt,
Angle-Mousse
et
de
la
zone
Industrielle
sud
(Wakhinane,
Kip-Coco,
Baye
Laye,
Henry
Brizzard).
Au total,
la
coulée
de
taudis
qui
s'était
introduite
au
cours
des
années
1950
à
travers
la
zone
de
verdure
du
P.D.U.
de
1946
était
définitivement
enrayée.'
La
partie
régulière
de
l'agglomération
pikinoise
s'est
étendue
au
cours
des
deux
dernières
décennies,
du
fait
de
la
construction
au
nord
et
à
l'ouest
de
Guédiawaye
d'un
grand
nombre
de
logements
planifiés
pour
la
plupart
cités
HAMO
1
et
II,
lotissement
de
Golf
Sud,
H.L.M.
Paris
et
Las
Palmas
au
sud
du
tronçon
de
la
Route
des
Niayes
allant
des
Parcelles
Assainies
à Guédiawaye
cité
GOUDIABY ATEPA
cités
HA MO
III
et
IV,
cité
des
Enseignants,
cités
S.H.S.
-
ADAMA
DIOP
-
BARRy et
LY
comprises
entre
le
péri-
mètre
de
reboisement
de
Cambérène
au
nord,
la
route
dite
de
la
Corniche
au
sud,
le
terrain
de
Golf
à
l'ouest
et
le
périmètre
de
reboisement
de
Malika
à
l'est.
Avant
la mise
en
place
des
Parcelles
Assainies
en
1976,
l'agglo-
mération Pikine-Guédiawaye couvrait
déjà
626
ha
(43)
(43)
Pikine
Ancien
298
ha
Pikine
-Extension
358

62./
Le
blocage
foncier
qui
a
freiné
de
1957
à
1964
les
efforts
de
l'Administration
pour
assurer
le
logement
du
plus
grand
nombre
a engendré,
entre
autres
corollaires,
l'essor
d'une
ville
irré-
gulière
à
l'est
et
au
sud
de
Pikine
Ancien.
Déjà
en
1976,
l'éten-
due
de
ce
Pikine
Irrégulier
(543
ha)
approchait
la
superficie
de
Pikine
Régulier,
et,
représentait
près
du
double
de
la
surface
de
Pikine
Ancien
et
de
Pikine
Extension
pris
séparément.
La
croissance
s'est
faite
par
tâche
d'huile,
à partir de
certains
noyaux
et
en
suivant
des
radiales
comme
la
route deRufisque
et
celle de
Yeumbeul-
Malika.
Pour
se
constituer,
la
ville
des
irréguliers
a pris
appui
sur
les
villages
de
banlieue où
sont
dJmiciliés
les
lotisseurs cou-
tumiers,
et,
sur
Pikine
régulier qui
est
doté
d'une
infrastruc-
ture,
même
si
cette
dernière
est
insuffisante.
Au commencement,
elle
a
accueilli
les
expulsés
de
Dakar
n'ayant
pas
bénéficié
d'une
mesure
de
relogement.
Ceux-ci
sont
venus
de
Diack Sao,
Lamsar,
Wakhinane,
Baye
Galndé
et
Fass Marigot
pour
s'installer
soit
sur
la
Route
de
Rufisque,
soit
à
proximité
immédiate de
Pikine
Ancien.
Au cours
de
leur migration
vers
la
périphérie
urbaine,
les
uns
ont
conservé
le
nom de
leur
quartier
d'origine
(Diack
Sao,
Lamsar,
Diamaguene,
Wakhinane),
les
autres
l'ont
troqué
contre
des
toponymes
de
villes
saintes
arabes
(Djida,
Mousdalifa,
Bagdad)
peut
être
pour
exorciser d'éventuelles menaces
de
déguerpissement.
D'autres
encore
ont
adopté
le
nom de
leur
métropole
religieuse
locale
(Médina
Gounasse)
vraisemblablement
pour des
motifs
analogues.
La
reprise
par
l'Administration
du
procédé
consistant
à
reloger
les
déguerpis,
en
1964,
se
traduisit
par
une
accalmie du
front
d'urbanisation
spontanée.
Néanmoins,
on
assista
de
1964 à
1974
à
la
création des
quartiers
Ganaw
Rails
au
sud de
Pikine
Ancien,
Hamdalaye
l
à
l'est
du
camp
militaire
de
Thiaroye,
Léona
Santhie
et
Minane
1
au
nord de
Thiaroye
Kao.
L'éradication quasi
totale
des
bidonvilles
à
Dakar,
en
1974,
engendra
une
recrudescence
des
occupations
irrégulières
à
Pikine.
Nombre
de
chefs
de
ménage
achetèrent
des
parcelles
au
sud
de
Thiaroye
Kao
(Hamdalaye
III),

63./
et,
dans
l'intervalle
Yeumbeul-
Guédiawaye
Hamdalaye
II,
Alnoumane,
Ahloulaye,
Sam
-
Sam)
au
lieu
de
continuer
à payer des loyers, du reste en hausse,
à Dakar et Pikine ancien (44).
L'avancée
du
front
urbain
n'est
arrêtée
au
nord
que
par
l'emprise
du
Centre
récepteur
de
l'A.S.E.C.N.A.
et
la
niaye
de
Tiourour.
A partir de
1978,
avec
la
création
du
Bène
Baraque,
les
irréguliers
investissent
les
dunes
de
l'axe
Yeumbeul-Malika.
L'obstacle
des
installations
techniques
de
Yeumbeul
(45)
détourne
leur
ardeur
vers
la
route conduisant
au
village
de
Boun.
La
jonction
avec
les
excroissance.
de
Diamaguene
est
amorcée.
Elle
s'opère
par
un
arc
de
cercle
contournant
le
camp
de
la
L.G.I.,
les
lotissements
récents
de
SICAP-Mbao
et
Fass-Mbao
(46).
Plus
à
l'est,
près de
Keur
Massar,
une
autre
ville
satellite est
en
gestation
avec
l'aménagement ~e nouvelles
parcelles
assainies.
Cet
espace
allant
du
terrain
de
Golf
situé
à
l'Ouest
de
Guédiawaye
jusqu'au
village
de
Yoff constitue
un
tampon
entre
les
communes
de
Dakar
et
de
Pikine
(47).
Exception
faite
de
Cambérène,
du
quar-
tier
spontané
de
Grand
Médine
et
de
la
Cité
Builders,
l'urbanisa-
tion
y remonte
seulement
aux
deux
dernières
décennies.
L'acuité
de
la
crise
du
logement
qui
a
sévi
à
Dakar
durant
cette
période
explique
la
rapidité
de
la
saturation
de
ce
champ
de
dunes
rouges
auxquelles
des
agriculteurs
occasionnels
ne
s'intéressaient qu'en
hivernage
pour
de
maigres
plantations
d'oseilli,
de
gombo
et
d'arachide.
Ces
terres
de
faible
valeur
agricole
n'avaient
pas
donné
lieu
à
un
intense
mouvement
d'appropriation.
Avant
leur
absorption
par
la
croissance
urbaine,
il
n'y
avait
que
quelques
titres
fonciers
(44)D'après
l'enquête
SONED-B.C.E.O.M.
pour
l"'Etude
du
P.D.U.
de
Dakar"
(1982)
76,2
% de
la
population
de
Pikine
Irrégulier
vient
de
Dakar
et
23,8 % de
Pikine
Ancien.
(45)
Il
s'agit
du
Centre
récepteur
de
l'O.P.T.
et
du
Centre
radio
inter-armes.
(46)
Le
quartier
de
Fass-Mbao
résulte
du
déguerpissement
du
bidon-
ville
de
Fass-Paillote
en
1985
(47)
La
limite entre
les
deux
communes
passe
par
la
rocade de
Cambérènel

64./
appartenant
aux
Lébou
des
villages
voisins
BU
à
des
personnes
haut
placées
dans
la
société
dakaroise
(hommes
d'affaires,
avocats . . . ),
mais
surtout
des
terrains
du
Domaine
National.
En
1974,
l'Etat
prit
possession
de
400
ha
situés
de
part
et
d'autre
de
la
rocade
de
Cambérène
pour
les
mettre
à
la
dispo-
sition de
l'O.H.L.M.,
en
vue
de
la
création
de
10.500 parcelles.
La
majorité
des
lots
ont
été attribués
à
des
catégories
"écono-
miquement
faibles".
Mais
l'introduction dans
le
plan
de
masse
de
parcelles de
grande
taille
acquises
par
des
catégories
sociales
supérieures,
la
revente
de
certaines
petites
parcelles ont
fini
par
faire
du
lotissement
un
ensemble
résidentiel
socialement
mélangé.
L'ambition
des
planificateurs
était
d'aménager
un
espace
rela-
tivement
autonome
à
l'égard
des
parties centrales
de
l'agglomé-
ration.
Mais
les
fonctions
urbaines
de
fréquentation
rare ou
occasionnelle
n'y
sont
pas
en
nombre
suffisant.
De la
sorte,
les
Parcelles
Assainies
remplissent
peu
ou
prou
le
rôle
d'aire-
dortoir.
L'espace
libre
qui
les
séparait du
village
de
Voff a
été
presque
intégralement construit
au
cours
des
années
1980.
A côté
des
grandes
emprises
occupées
par
le
cimetière
musulman
et
le
stade
de
60.000
places,
ont
été
bâtis
plusieurs
logements
tels
que
les
H.L.M.
de
Grand Médine,
les
cités
B.C.E.A.O.
et
ADAMA
DIOP.
Les
rares
réserves
urbanisables
ee
cet
espace-tampon
se
localisent
au
sud
de
l'autoroute.
EI~es se
répartissent
en
trois
sites
d'environ
1500 ha
Grand
Voff,
Hann
Mar Ls t e.
et
Oalifort que
la
société
d'aménagement
foncier
S.C.A.T.-
URBAM
s'apprête à
lotir
à
des
fins
résidentielles.
c) ANALYSE CARTOG~APHIUUE
DE LA DYNAMIQUE SPATIALE
ET TAXONOMIE DES QUARTIERS
La
genèse
des
quartiers
a permis
de
retracer
l'histoire
du

65./
développement
urbain
depuis
un
peu
moins
d'un
demi
siècle.
Il
n'est
pas
superflu
d'établir
la
synthèse
de
cette évolution
pour
dégager
le
rythme
de
l'urbanisation,
les
tendances
direc-
tionnelles
de
la
croissance
spatiale
et
la
signification
des
figures
qui
composent
l'agglomération.
Pour
ce
faire,
l'accent
est
particulièrement
mis
sur
l'approche
cartographique
et
gra-
phique.
La
démarche
la
plus
classique
consiste
à
interprêter
l'abondante
imagerie
des
photos
aériennes concernant
Dakar
et
ses
environs.
Depuis
la
dernière
guerre,
cette
région
à
été
survolée
au
cours
d'une
dizaine
de
missions
(48).
L'exploitation
de
ces
documents
photographiques
pour
l'ensemble
de
l'espace
couvert
par
l'étude
aurait
exigé
non
seulement
d'énormes
moyens
matériels,
mais
également
un
grand
nombre
d'opérations
photogrammétriques.
Car
d'une
mission
à
l'autre,
l'échelle
des
prises
de
vue
est
varia-
ble.
Par
suite
de
ces
contraintes,
la
photo-interprétation
n'a
pu
être
utilisée
que
pour
suivre
la
dynamique
d'unités
spatiales
restreintes,
de
la
taille
d'un
quartier
ou
d'un
groupe
de
quartiers.
L'extension du
tissu
urbain
sur
tout
le
territoire
des
communes
de
C~kar et de Pikine a fait
l'objet
d'une
analyse
effectuée
à
partir
des
cartes
topographiques
la
carte
au
1/100
000
dressée
en
1945
par
le
Service
Géographique
de
l'A.O.F.,
et,
celles
établies
au
1/50000
sous
le
timbre
de
l'I.G .. N.
en
1956,1967
et
1980.
Les
mesures
faites
sur
ces
supports
pour
déterminer
les
super fi-
cies
consommées
au
cours
de
la
croissance urbaine
n'ont
qu'une
valeur
indicative.
En
effet
si
ies
contours
de
l'espace urbanisé
sont
représentés
sur
la carte
éditée
en
1980
par
un
tracé
identi-
fiable,
il
n'en
est
pas
de
même
sur celles
des
années
précédentes.
(48)
De
1958
à
1980,
les
missions
éétisnses
suivantes
ont
été
organisées
A.O.F.
116/150
(1958),
A.O.
390/50
(1960-1961),
A.O.
786/1000
(1966~1967), A.O. 816/150 (1968/1969),A.0 933 1
137
(1971),
SEN.
26/150
(1976),
SEN.NAG
42/400
(1978),
A.O
SEN 66/200
(1980).

66./
Les
aires
construites
y apparaissent
sous
la
forme
soit
de
petits
points
(habitat
précaire,
réservoirs
d'hydrocarbures)
soit
de
petits
quadrilatères
(habitat
en
dur ,
usines,
bâtiments
administratifs . . . )
répartis
selon
un
groupement
plus
ou
moins
lâche.
L'inconvénient
de
la
limite
floue
du
tissu
urbain
est
mineur
lorsqu'il
s'agit
de
définir
les
tendances
directionnelles
de
l'extension.
C'est
l'allure
d'ensemble
du
front
d'urbanisa-
tion
qui
sert
alors
de
critère
de
référence.
Enfin,
à
l'aide
d'une
matrice
ordonnée,
les
quartiers
sont
clas-
sés
par
types
compte
tenu
de
leur
niveau
d'équipement
et
de
leurs
caractéristiques
fonctionnelles.
1) RYTHME D'EXTENSION ET MODE D'OCCUPATION DE L'ESPACE
La
comparaison
des
cartes
précitées
tout
comme
les
calculs
de
superficies
effectués
à
partir
d'elles
montrent
un
espace
en
croissance
continuelle.
Mais
entre
1945 et
1980,
on
observe
deux
périodes
de
véritable
explosion
spatiale
séparées
par un
intermède
(1956
-
1967)
durant
lequel
la
création
urbaine
a
connu
une
rémission.
En
1945,
l'espace
urbanisé
devait
avoisiner 10UO ha.
Il
comprenait
outre
le
Plateau,
la
Médina,
la
Gueule
Tapée et
Colobane,
des
installations
militaires
dans
les
environs
de
Ouakam.
En
reportant
sur
un
fond
en
papier
millimétré
calque
les
limites
approximatives
de
l'agglomération
en
1956,
1967
et
1980,
l'extension
se
résume
ainsi
(49)
Tabl
3 -
Espace
consommé
entre
1945 et
1980
(ha)
(49)
Les
surfaces
sont
déduites
du
nombre
se
carreaux
entiers
mesurant
5 x 5 mm
soit
6,25
ha
à
une
échelle
de
1/50.000.

67./
~--------------,---------------------------------1
1
Zones
1
Périodes
1
1
1
1
~--------------~----------r---------ï-----------~
11945/1956 11956/19671
1967/1980
1
1
1
1
1
1
1
1
1
~----------r---------r-----------~
Dakar
ancien
1
125
0
0
1
Zone
charnière 1
506
200
700
P i k i n e e t e n v i -11
rons
1
156
206
093
1
1
1
1
1
787
406
793
1
1
_______________
L
~
~
Les
périodes extrêmes
de
l'intervalle
chronologique
considéré
ont
enregistré les
transformations
les
plus
radicales.
L'espace
consommé
à
chacune
de
ces étapes
représente
4,5
fois
l'extension
réalisée
entre
1956
et
1967.
Dans
la
première
décennie
de
l'après-guerre,
le
fait
le
plus
notable
est
l'urbanisation
de
la
zone-charnière
comme
le
montre
la
fig
8.
Sur cette
seconde
couronne extérieure
située
au nord
de
la
Médina s'est
concentré 84
% de
la
création
urbaine.
Il
convient
de
noter
toutefois
que
dans
les
nouveaux
quartiers
ainsi
bâtis,
subsistent
des
terrains
vagues.
Sur
la
carte de
1956,
il
s'agit
outre
les
réserves
comprises
à
l'intérieur
du
campus
universitaire
et
de
l'hôpital
de
Fann,
de
la
bordure
orientale
du
Point
E,
de
la
plus
grande
partie de
Fass
Delorme,
et,
de
Grand Dakar
-
Usine
Bène
Tali.
A la même
époque,
Pikine
~ient à
peine
d'exister.
C'est
sa
création
qui
permet
à
la
banlieue
de
réaliser
9 % de
la
crois-
sance
spatiale de
l'agglomération.
En
raison
de
la
petite
échelle
de
la
carte
de
1945,
il
est
difficile
d'apprécier
l'évolution
des
villages
traditionnels
lébou
une
décenMie
plus
tard.

<,
~ 1
Fig. 8. ETAPES DE LA
CROISSANCE SPATIALE DE DAKAR
III
.IlLl,ulHluj LIJI-i- -
YOFF
11~\\ll"11
r
I,IIIII~ Il
tUU 1_.- - - - - - - -- -
.. lles.p'oceurbain en19"S
llIIIIDID 1945-19S6
lIllIIlül 1956-1967
0
Hm
L
rnIII '967-1980
s evr c e s . Corto d. ,·I.G ..... o.r.ou '1'00000 lI'.S)
ce e t e s de
1'1. G. Il. oU y'SO 000 119S6-1967 _ '980 J

69./
Néanmoins
Thiaroye
Kao,
appelé
aussi
Pikine-Bougou,
semble
avoir
étendu
ses
limites
davantage
que
les
autres.
La
pré-
sence
de
la
gare
et
la
proximité
du
camp
Faidherbe
y sont
sans
doute
pour
beaucoup.
Dakar
ancien
(Plateau
et
Médina)
s'est
étendu
notamment
en
direction
du
port
o~
sont
établiesdans
l'immédiat
après-guerre
les
installations
industrielles
et
les
emprises
militaires
de
Potou.
A partir
de
1956,
le
remplissage
de
la
partie
sud
de
Dakar
est
quasiment
achevé.
les
quelques
400
ha
conquis
par
la
ville
sur
la
brousse
sont
dus
à
la mise
en
place
des
lotissements
SICAP-
Liberté,
SICAP-
Dieuppeul
et
du
quartier
de
Grand
Yoff
d'une
part,
d'autre
part
à
la
naissance
à
la
bordure
septentrionale
de
Pikine
de
"Pikine
loti
récent"
et
des
premiers
éléments
de
Pikine
Irrégulier.
L'espace
libre
vers
Thiaroye-gare
tend
petit
à
petit
à
être
saturé
par
des
établissements
spontanés.
Par
con-
tre
la
coalescence
avec
Diamaguene,
Diak
Sao
et
Tivaouane
nou-
vellement
créés
sur
la
route
de
Rufisque
est
loin
de
se
réaliser.
D'ailleurs
entre
ces
quartiers
s'observent
des
terrains
nus
dont
quelques
uns
correspondent
à
des
bas-fonds
inondables.
La
consommation
d'espace
relativement
faible
de
la
période
1956/1967
tient
à
plusieurs
causes.
Au cours
de
la
décennie
précédente,
la
crise
du
logement
vécue
dans
l'entre-deux-
guerres
a
trouvé
solution
avec
les
nombreux
lotissements
de
la
zone-charnière
destinés
tant
à
l ' é l i t e
européenne
et
aux
Africains
évolués
qu'aux
catégories
défavorisées
de
la
popu-
lation.
Il
s'y
ajoute
que
nombre
de
quartiers
déguerpis
dans
la Médina
sont
réinstallés
dans
la
partie
déjà
agglomérée
de
Dakar.
C'est
le
cas
notamment
de
Fith-Mith
évacué
en
1962
des
environs
des
Allées
du
Centenaire
et
transplanté
à Fass-
Casier.

70./
De multiples
facteurs
se
sont
combinés
par
la
suite
pour
ouvrir
une
autre
phase
de
croissance
accélérée.
Parmi
les
plus
déterminants
figurent
l'intensification de
l'exode
rural
consécutif
aux
dif-
ficultés
du
secteur
primaire
de
l'économie
nationale
destabi-
lisé
par
la
sécheresse
des
années
1970
et
la dépréciation des
cours
de
l'arachide
sur
le
marché
mondial
(50)
la crise
du
logement
provoquée
par
le
retrait
en
1973
de
la
C.C.C.E.
du
sous-secteur
de
l'habitat,
et,
par
le
ren-
chérissement
du
prix
des
matériaux
de
construction
la
reprise
des
déguerpissements
des
quartiers
irréguliers
jalonnant
l'autoroute.
Les
environs
de Pikine
ont
servi
de
réceptacle
à
la
plupart
de
ces
transferts
de
population.
Ils
ont
totalisé
61
% de
la
croissance du
tissu
urbain,
contre
39
% au
profit
de
la
zone-
charnière.
Les bourgeonnements
spatiaux
de
cette
dernière
se
sont
produits
dans
le
secteur de
Grand
Yoff

l'habitat
spon-
tané
a
été
grossi
par
les
quartiers
de
Khar
Valla,
Arafat
et
Minam.
Au nord de
la
route
se
l'aéroport,
i l
y a eu
les
Parcelles
Assainies
ainsi
que
l'étalement
périphérique
des
villages
lébou,
en
particulier
Yoff
et
Cambérène.
Comme le montre
la
fig
9,
c'est au
cours
de
l'intervalle
1967/1980 que
Pikine
a connu
sa
plus
forte
urbanisation.
Aux
excroissances de
la
période
précédente
se
sont
greffées
d'autres
comme
Guédiawaye,
Goif
Sud et
Guinaw-Rails.
Pikine
Irrégulier
a poursuivi
sa dilatation
et
fini
par
former
uo
tout
avec
les
nébuleuses
gravitant
autour
de
Yeumbeu]
au
nord-est,
et
de
Dia ma g uene au
sud - est.
(50)
La
sécheresse
a surtout
fait
sentir
ses
effets
négatifs
à
partir de
1968.
Un an
auparavant,
le
Sénégal
a perdu
le
bénéfice des
prix
préférenciels
auxquels
la
France ache-
tait
sa
production
arachidière,
par suite de
l'entrée en
vigueur
de
la
Convention
de
Yaoundé.

< ,
.....
r--
Fig.9-EXTENSION
DU TISSU URBAIN
AGGLOMERATION
~
PAR
SlCTEUR
Sect e u r s
Etop~!Io
Etoile'
Sec t,eu'"
'945 - 1956
1956 - 1967
'967- 1980
Dakar
Zone
ch.
Pill: [n e
1945_5'
Dokar-
~
1 el.
a'1.
a".
1956-67
• 100'1. 63'/. 1l',.
.....---.
~
Zone
char"'niè,.e(
1
e..'1.
t. 9 'l,
39'/.
a-t,
S",
1.. '1.
'ULIO 0
Piki" e
cr
9 -t,
SI -t,
GI '/.
0'1.
2! ".
7 S'I.
Agglomé,.otion
100 -t,
100·/.
100. -t,
100 '1.
100 -t,
1 00",

IJ '945_'956
Dakar-
1
1
1
"56-1967
Zon ..
charnière
~
=-
1
1
1
.967 _ .980
1
pi"-;n e

72./
Sur
la
carte
au
1/50 000
de
1980 apparaît
certes
une
continuité
du
tissu
urbain
de
Dakar
à
Pikine.
Mais
elle est
rompue
par
endroits
par
la
présence d'espaces
protégés
ou
de
sites
±ncoos-
tructibles.
A l'extrêmité ouest
de
la
presqu'île,
l'avancée
de
la
ville
est
bloquée
davantage
par
des
règles
d'urbanisme
que
par
des
contraintes
naturelles.
L'utilisation à des
fins
d'habitation
d'une
bonne
partie
des
terrains
du
plateau
de
Ouakam est
rendue
impossible
par
les
servitudes
frappant
les
environs
des
pistes
de
l'aéroport.
Les
nuisances
sonores
dues
au
passage
des
avions
à
réaction
ne
découragent
pas
cependant
les
bâtisseurs qui
cons-
truisent
jusqu'aux
abords
immédiats
du
mur
d'enceinte
de
l'aéro-
po r t.
Le
parc
forestier
de
Hann
forme
un
autre
obstacle artificiel.
Mais
il
est
cerné de
tous
côtés
par
des
trames
urbaines
de
plus
en
plus
étendues.
En
1956,
il
n'y
avait
que
le
collège
Sainte
Marie
au
nord et
le
village
de
Hann
-
Kip
au
sud.
Un quart
de
siècle
plus
tard,
la
pression
autour
de
cet
espace
vert
a été
accrue
par
l'enflure
du
village
de
Hann-Pêcheurs
à
l'est,
et,
à
l'ouest
par
les
pavillons
confortables du
quartier
récent
de
Hann-Mariste.
Ce qui
frappe
dans
le
processus
d'occupation
du
col
de
la
presqu'île
c'est
principalement
la
localisation
des
trames
sur
les
dunes généralement
axées
nord-est/sud-ouest.
Ainsi
l'urbanisation évite
les
niayes
situées
en
contrebas
à
cause
de
leur
humidité
constante.
Mais
la
baisse
de
la
nappe
phréa-
tique
provoquée
par 'Ia sécheresse des
années
1970 avait
incité
à
l'installation,
dans
ces
bas-fonds,
de
ménages
pressés d'accé-
der
à
un
logement.
Ce
fut
le cas
notamment
entre
Tivaouane et

73./
Diamaguene,
ainsi
qu'à
la
périphérie
de
Yeumbeul.
Les
espaces
publics
protégés
(périmètres
de
reboisement)
ont
pu
résister
à
l'emprise
urbaine,
exception
faite
du
périmètEe
de
reboisement
de
Cambérène
dont
la
superficie
a
été
réduite
pour
faire
place
au
lotissement
ee
Guédiawaye
(51).
2) TENDANCES DIRECTIONNELLES DE L'URBANISATION
L'effet
combiné
des
contraintes
du
site
et
des
servitudes
grevant
l'utilisation
des
sols
guide
l'extension
de
l'espace
urbain,
détermine
sa
tendance
directionnelle.
Celle-ci
est
définie
comme
étant
·une
droite
dont
la
longueur,
l'orientation
et
la
direction
synthétisent
les
caractéristiques
morphodynamiques
de
l'aire
ou
du
secteur
en
question"
(52).
La
longueur
de
la
droite
d'étalement
maximal
est
indiquée
par
la
distance
séparant
deux
points
de
référence
sur
le
front
d'urbanisation
à
des
moments
donnés
de
son
déplacement.
La
direc-
tion
ee
cette
droite
peut
être
-
unique Sil'aire
considérée
a
évolué
dans
un
seul
sens
-
dOuble sil'évolution
s'est
faite
dans
deux
sens
différents
-
multiple
si
le
développement
spatial
s'est
effectué
en
tâche
d'huile.
Selon
qu'elle
est
menée
à
un
niveau
général
ou
élémentàire,
l'analyse
de
la
tendance
directionnelle
permet
d'obtenir
des
renseignements
plus
ou
moins
précis
sur
les"rugosités"
de
l'espace

se
déplace
le
front
d'urbanisation
(51)
Sur
la
carte
au
l i
50000
de
1967,
le
périmètre
de
reboisement
de
Cambérène
s'étendait
au
sud
jusque
dans
la
niaye
de
Pikine
(52)
L.A.Lake et
al.
L'expansion
du
bassin
arachidier . . .
p
39

74./
Sous
ce
rapport,
les
deux
pôles
à
partir
desquels
se
structure
l'agglomération
témoignent
d'une
évolution différente
à cause
des
environnements

s'inscrit
leur
croissance.
Dakar
a évolué
au
sein
d'un
espace
très
réglementé

les
invariants
ont
occupé
beaucoup de
place.
En
1945,
l'aéroport
et
le
port
localisés
respectivement
au
nord-ouest
et
au
sud-est
de
la
vieille ville
ont
restreint
les
possibilités
de
développe-
ment
dans
ces
directions.
Aussi
les
quartiers
de
la
zone-charnière
de
l'immédiat après-guerre
ont-ils
été
aménagés
dans
une
sorte
d'éventail
formé
par
l'autoroute
et
la
corniche
ouest.
Ultérieu-
rement
le
développement
urbain
a
longé
ces
axes
d'autant
que,
par
le
nord.
la
piste
de
l'aérodrome
militaire
de
Duakam
limitait
les
possibilités
de
progression
des
lotisse-
ments
SICAP.
Il
en
a
résulté
deux
lignes
d'étirement
maximal
d'une
amplitude
de
6 km
sur
l'axe
nord-ouest
6,5
km
sur
l'axe
nord-est
(53).
Au total,
l'extension
de
Dakar
suit
une
tendance
directionnelle
double
vers
les
Almadies
d'une
part,
et,
la
zone
Patte
d'Oie
de
l'autre.
La
croissance de
Pikine
a
moins
subi
l'entrave
d'éléments
hérités
du
passé.
Cette
banlieue
a été
créée
ex
nihilo.
Sa
dynamique
spatiale
a
été
entretenue
à
la
fois
par
le
"volon-
tarisme
d'Etat"
et
le
"spontanéisme
populaire"
(M.Vernière).
,
--------------------------------------------------------------
(53)
Sur
l'axe NW,
la
distance
a été
calculée
à
vol
d'oiseau
sur
la
carte
au
1/50 000
de
1980,
du
carrefour
du
boulevard
de
la
Gueule
Tapée
à
Ouakam.
La
même
méthode
a
servi
au
kilométrage
de
la
distance
allant
de
la
Place
de
la
Nation
à
Grand
Médine
au
NE.

75./
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76./
A mesure
que
les
lotissements
administratifs
se
ju~taposaient
dans
la
partie
régulière
de
la
nouvelle
agglomération,
la
spé-
culation
au
détriment
des
terrains
du
Domaine
national
allait
engendrer
une
poussière
de
quartiers
spontanés dans
la
partie
rurale
du
P.D.U.
de
1967.
La
ligne
d'étirement
maximal
de
la
croissance suburbaine
se
situe
sur
l'axe
de
Yeumbeul.
Elle
mesure
également
6,5
Km
de
la
limite
sud
de
Pikine
Ancien
à Bène
Baraque.
L'extension
vers
Malika
s'appuie
sur
la D 103
qui
structure
le
N.N.E.
Les
autres
éléments
de
la
voirie
remplissent
la
même
fonction
en direction
de
Boun.
Ultérieurement
les
vides
laissés
entre
les
lignes
d'étire-
ment
finiront
par
être
occupés
par
l'habitat.
C'est
de
la
combinaison
de
la
date
de
création
des
quartiers
et
de
l'analyse
diachronique
des
cartes
que
l'on
peut
déduire
les
tendances
élémentaires
de
l'extension
urbaine.
De ce
point
de
vue,
des
différences,
s'observent
dans
la
manière
dont
l'espace
urbanisé
s'est
constitué
à Dakar
et
à Pikine.
La
figure
11
montre
que
la croissance
ne
s'est
pas
réalisée
à
Dakar
par
une
avancée
régulière
du
sud
vers
le
nord,
le
nord-
ouest
ou
le
nord-est.
Avant
que
l'évolution
aboutisse
à
la
formation
d'un
tissu
urbain
d'un
seul
tenant,
il
s'est
déroulé
des
périodes

l'indisponibilité
des
terrains
à
bâtir
a con.-
tratntà
des
solutions
de
continuité.
Cela
a été
le
cas
en
1948
lorsque
faute
de
pouvoir
occuper
le
Quart
de
Brie près
du
Point
6,
à cause
des
exigences
des
propriétaires
fonciers,
l'Etat
s'est
tourné
vers
le
site
de
Zone
B où
les
expropriations
étaient
,
moins
onéreuses.
Des
raisons
analogues
ont
amené
la
puissance publique
à
aménager
Pikine Ancien
afin
d'y
recaser
les
occupants
des
taudis
de
Dakar
qu'elle
n'était
pas
à
même
d'installer
dans
le
lotissement
de Crand-Dakar
où,
un
an auparavant,
avait
été
entamée
une
opération
en
faveur
de
ces
mal-logés.

77./
Fig. 11- TENDANCES DIRECTIONNELLES
ELEMENTAIRES
DE
L'EXTENSION A DAKAR

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Fig. 12_ EXTENSION DE
PIKINE
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79./
En
revanche,
à
la
périphérie
suburbaine,
le
front
d'urbanisation
a progressé
plus
régulièrement
à
la
manière
du
train
d'ondes
qui
se
forment
sur
l'eau
lorsqu'on
y
fait
tomber
un
objet.
La
simplicité des
structures
foncières
sous-tend
ce mode
d'évolu-
tion
spatiale.
Ici
la majeure
partie
des
terrains
relèvent
du
Domaine
National.
L'Etat
peut
en
disposer
toutes
les
fois
que
la
cause
d'utilité
publique
l'exige.
C'est
ainsi
qu'après
la
création
de
Pikine
Ancien
en
1952,
cette agglomération
de
déguerpis
s'est
agrandie
d'autres
lotissements
administratifs
vers
le
nord-est
"Pikine Loti
Récent"
(1964)
et
"Pikine
Extension"
(1970).
les
trames
spontanées
formant
Pikine
Irrégulier
résultent
aussi
de
bourgeonnements
périphériques
à
partir
de
points
d'ancrage
plus
anciens
constitués
par
les
villages,
et,
les
quartiers
réguliers
de
Diack
Sao
-
Diamaguene.
Ainsi
donc,
sous
l'effet
de
la
rénovation
urbaine
et
des
mouvements
démographiques,
le
tissu
urbain
s'est
unifié
par
la
coalescence
des
lotissements
périphériques créés
ex
nihilo
ou
à
proximité
des
villages
traditionnels

le
respect
tacite
du
droit
coutumier
par
l'Etat
facilite
l'occupation
irrégulière
des
terrains
du
Domaine.
3) TAXONOMIE DES QUARTIERS
Par
un
abus
de
langage,
on
oppose
habituellement
le
centre-ville
et
sa
périphérie
réduite
peu
ou
prou
à
la
fonction
de
dortoir.
Mais
à
l'analyse,
la
réalité
se
révèle
plus
nuancée.
Si
le
Plateau
est
assimilable
à
un
centre-ville
par
la
concentration
des
cons-
tructions
de grande
hauteur
et
des
fonctions
rares,
i l
y a des
nuances
dans
le
contenu
des
quartiers
situés
au-delà.

80./
Pour
rendre
compte
de
cette
diversité
morphologique et
fonctionnelle
l'expression graphique
a été
privilégiée
sur
l'expression
discursive.
Les
quartiers
de
l'agglomération
ont
été
regroupés
en
une
vingtaine
de
secteurs
représentés
en
ligne.
Les
caractères
figu-
rant
en
colonnes
ont
trait
à
la date
de
création
des
quartiers,
et,
à
des
éléments du
paysage
identifiés
de
manière
qualitative
sans qu'aucun
poids
leur
ait
été
donné. P,ar
exemple,
si
le
quar-
tier
compte
des
établissements d'enseignement
secondaire,
la
case
correspondante
dans
la
matrice
a été cochée,
abstraction
faite
du
nombre
d'établissements
existants.


ee
critère
n'a
pas
été
observé,
la case
a été
laissée
en
blanc.
Dàns
une
seconde
phase,
les
lignes et
les
colonnes
ont
été
dépla-
cées,
avec
l'aide
d'un
micro-ordinateur,
pour aboutir
à
la
syn-
thèse
faisant
l'objet
de
la
figure
13.
De ce
regroupement,
i l
ressort
que
l'agglomération
dakaroise
comporte
quatre
types
de
quartiers.
Le
premier
correspond
au
centre
directionnel
du
Plateau.
Les
paysages
y sont dominés
par
les grands
immeubles auxqoels
se
mêlent
des
poches
d'habitat
en
cour
(secteurs
de
l'avenue Pompidou
et
de
Rebeuss).
La
concentration
des
édifices
gouvernementaux,
des
fonctions
de
gestion
(banques)
et
de
distribution
(grand
commerce)
en
fait
un
espace
de
grande
fréquentation
comme
en
témoi-
gne
la
densité
des
lignes
d'autobus.
Les
rencontres
sont
favori-
sées non
seulement
par
les
relations
de
travail
ou d'affaires ,
mais aussi
par
la
présence
de
nombreux 'cafés,
et,
des
salles
de
spectacle
(théâtre,
cinémas).

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Fig. 13- DAKAR
EN
MATRICE
ORDONNEE
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GRAND
YOff_ GRAND
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PI~INE IRREGULIER
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82./
Le
deuxième
type
est
représenté
par
les
quartiers
d'habitat
planifié
de
la
zone-charnière.
Comme le
Plateau,
ils
sont
bien urbanisés.
La
fonction
résidentielle y prédomine,
mais
l'espace
peut s'animer
grâce
au
pouvoir
d'attraction
des
équipe-
ments
soci
o-éducatifs
(écoles,
stades)
et
à
la
fonction
poli-
tique
(ambassades,
ministères)
attirée
par
le
prestige
de
quel-
ques-uns
de
ces
quartiers
(Fann-Résidence,
Point
E).
Les
quartiers
péri-centraux
de Médina,
Eolobane,
et,
Castors-
Derklé
se
distinguent
du
type
précédent
d'abord
par
la
date
de
création.
Exception
faite
de
Castors-Derklé,
ils
sont
antérieurs
à
1945.
Par
ailleurs,
les
formes
urbaines
sont
dominées
par
l'habitat
en cour,
même
s ' i l
existe
des
habitations
planifiées
en
nombre
non
négligeable
dans
les
zones
qui
ont
subi
des
opéra-
tions
de
rénovation
du
bâti
(Boulevard
du
Général
De Gaulle
en
Médina-est,
Gueule
Tapée
en Médina-ouest).
Les
fonctions
centra-
les
y sont
rares
la
banque
seule
s'observe
en Médina-est,
notamment
au
"Triangle
sud".
A l'inverse,
le
secteur
regorge
d'équipements
de
fréquentation
occasionnelle ou
quotidienne.
A la
périphérie,
se
détache
un
quatrième
sous-ensemble caracté-
risé
par
l'importance
de
l'habitat
spontané
et
le
sous-équipement.
Il
s'agit
véritablement
des
quartiers-dortoirs.
Mais
le
binôme
Fenêtre Mermoz -
Almadies
ne
partage
avec
les
autres
que
l'éloi-
gnement
par
rapport
au centre-ville.
Les
fonctions
susceptibles
d'assurer
une animation
à
cet
espace pavillonnaire
sont
quasiment
absentes.
La
différence
fonctionnelle
existant
entre
le
Plateau
et
ses
enveloppes
périphériques
apparaltégalement
à
travers
le
calcul
de
leurs
indices
de
centralité.

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Fig. 14-1yPES DE QUARTIERS DAKAROl5
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84./
Afin
de
déterminer
le
pouvoir
d'attraction
des quartiers,
il
a été
procédé
au
recensement
des
fonctions
existant
en
leur
sein
en
1985.
De cette opération
on
a exclu
les
fonctions
dont
l'aire
de desserte
ne
dépasse
pas
les
limites de
l'unité
de
v6i-
sinage.
Par
exemple
pour
mesurer
l'influence
religieuse,
la mos-
quée
du
vendredi
et
l'église
ont
servi
de
critères au
lieu de
la
mosquée
ordinaire et
de
la chapelle
qui
polarisent
un
territoire
le plus
souvent
limité
au
quartier.
Certaines
fonctions
uniques
en
leur
genre
dans
l'agglomération
n'ont
pas
été
retenues
par
l'échantillon
le
port,
l'aéroport,
le
parc
d'exposition de
la
Foire de
Dakar,
le
théâtre national
Sorano . . .
Les
fonctions
retenues
ont
été
les
suivantes
-
administration
ministères,
ambassades,
préfectures,
centres
d'état-civil
sécurité
police,
gendarmerie,
casernes
militaires
santé
centres
de P.M.I.
cliniques,
hôpitaux,
mater-
nités,
pharmacies
-
éducation
lycées
et
collèges
publics,
enseignement
supérieur
religion
mosquées
du
vendredi,
églises
-
loisirs
cinémas,
bibliothèques
-
économie
banques,
hôtels,
grandes
surfaces,
sociétés
d'import-export,
usines,
agences
de
la
S.E.N.E.L.E.C.,
avocats.
Toutes
ont
été
affectées
d'un
poids
équivalent
100,
pondéré
par
la
fréquence
de
la
fonction
dans l'espace

cette dernière
a été
recen~ée. Par exemple,
le poids
des
pharmacies
implantées
dans
le
secteur
gravitant
autour
des avenues
Pompidou-Peytavin-
Lamine
Guèye
correspond_au
qu otient
obtenu
en
rapportant
l'effec-
tif
(11
pharmacies)
au
poids
de
la
fonction
(100),
soit
9,09.

85./
Ainsi
la
fonction
est
d'autant
plus
centrale
que
ce
quotient
est
élevé.
L'indice
de
centralité est
donné
par
la
somme
des
poids
des
fonctions
recensées
dans
le
secteur
urbain
considéré.
Les
indices
se prêtent
aussi
bien
à
une
cartographie
par
plages
de
couleur
qu'à
la
représentation
par
courbes
de
niveau.
Les
deux
procédés
permettent
de
visualiser
la
hiérarcoie
fonctionnelle
des
quartiers qui
se
dégage du
tableau
ci-après
Nombre
de
Indices
de
Niveau
fonctions
centralité
Hiérarchique
Pompidou-Peytavin
LAmine
Guèye
140
1.152,73
6
Sud Av. République
47
967,27
Fann
Résid-PointE
37
952,62
5
Kermel
44
878,33
Si cap
20
849,99
Médina
1 1
833,33
4
Colobane
10
833,33
Pikine
Ancien
22
716,66
Pikine
- Extension
1 7
650
Pikine
Irrégulier
1 4
612
H. L. M.
rue
1 3
6
600
Oua 1<: am
7
583,33
3
Grand
Dakar
16
541,66
Grand
Yoff
6
500
Yôlflf
village
5
500
Parcelles
Assainies
6
450
,
Rebeuss
7
4J3,33
2
NGor
9
420
Cambérène
4
400

86./
Suite tabl. 4
Hann
18
357,69
Thioroye-Mer
1 1
312,5
Mbao
1 6
307,69
Derklé-Castors
7
283,33
Zones
A et
B Bopp
4
250
1
Patte
d'Oie
2
200
Almadies
1
100
La
carte
des
courbes
de
niveau
de
centralité
reflète
le mieux
la
topographie
de
l'espace
des
relations
fonctionnelles.
Le Plateéu
et
l'ensemble Fann
Résidence-Point
E qui
en
constituent
les
paliers
les
plus élevés
apparaissent
nettement
comme
les
quartiers centraux
autour
desquels
gravite
le
reste
de
l'agglomération.
Elle
montre
aussi
la
carence
relative des
extensions
récentes
de
la
zone-charnière
(Almadies,
Grand
Yoff,
Patte
d'Oie)
et
de
la
banlieue
en
équipements
socio~économiques. Dans
cette
périphérie
mal
structurée,
Pikine
s'érige en
pôle d'intérêt
secondaire
grâce
à
la
présence
des
services
administratifs
départementaux
(préfecture,
tribunal),
des
écoles
(lycées,
collèges)
et du
commerce
(marchés)
auxquels
recourent
les
quartiers
avoisinants.
L'importante
circulation
de
"taxis
clandos"
sur
la
route
des
Niayes
fournit
la
preuve
concrète
de ces
relations
fonctionnelles.
Néanmoins
ce
trafic
semble dérisoire
eu
égard
aux
flux
de
véhi-
cules
de
toutes
sortes
qui
quotidknnement
convergent
vers
les
quartiers
centraux,
et,
en
repartent
après
les
heures
de
travail
pour
rejoindre
la périphérie
proche
ou
lointaine.
Les
contraintes
liées
à
ces
migrations
pendulaires
soulignent
la nécessité d'une
refonte
de
la
carte
des
équipements
et
des
activités,
dans une
perspective d'aménagement
équilibré de
l'espace métropolitain.

<,
t'-
co
fig- 15 - HIERARCHIE FONCTIONNELLE. DES QUARTIERS DE DAKAR
Courbes de
niveau de centra lité
ANCIEN
0PATTE
0 OIE
0.THIAROVE- MEil
- ,
.
Nlv~O" hler"archlque
o
@
Courbn d~ ni.~ou
o
Hm

88./
A cette
fin,
le
pôle
secondaire
de
Pikine mérite
d'être
renforcé,
afin
qu'il
puisse
structurer
la
banlieue
nord-est
appelée
à
servir
de
support
spatial
de
la
croissance
urbaine
future.
Au
rang
des
équipements
à déconcentrer
pourraient
figurer
ceux
relatifs
à
l'éducation
(lycées),
à
la
santé. (hôpitaux),
à
la
culture
(bibliothèques,
théâtres),
et,
au
commerce
moderne
(grandes
surfaces).
Pour
ce
dernier
type
d'équipement,
i l
ne
manque-
rait
sans
doute
pas
de
se
poser
un
problème
de
marché.
Mais
si
la
tendance
à
la
localisation
en
banlieue
des
catégories
moyennes
de
la
population
se
poursuit,
des
investissements
dans
ce
domaine
pourraient
se
rentabiliser
à
longue
échéance.
C'est
en
superposant
les
cartes
résultant
de
la
matrice
ordonnée
et
des
courbes de
niveau
de
centralité
qu'apparaissent
les
nuan-
ces
entre
quartiers
dakarois.
Dans
le
centre-ville
marqué
par
les
immeubles
de
grande
hauteur
et
la
concentration
des
fonctions
c~ntrales, le
secteur
Pompidou-
Peytavin-Lamine Guèye
est
l'espace
le
plus
animé.
Il
le
doit
davantage
au commerce
et
aux
services
financiers
qu'à
la
fonction
politique,
par
exemple,
dans
laquelle
se
distingue
le
secteur
situé
au
sud
de
l'avenue
de
la République.
Rebeuss
communément
rangé
dans
le centre-ville
en
fait
partie
beaucoup
plus par
les
formes
architecturales
présente
le
long
des
grandes
voies
de
circulation que
par
la
nature
de
ses
fonctions
dont
la
plupart
assurent
seulement
la
desserte
du
quartier
ou
visent
la clien-
tèle
de
passage
(commerce,
réparation
d'automobiles).
Parmi
les
quartiers
à petits
ou
grands
pavillons,
le
binôme
Fann Résidence-Point
E se
détache
du
fait
de
l'importance
rela-
,
tive
des
fonctions
politiques et
socio-éducativeSqui
y entre-
tiennent
une
intense
activité
diurne,
notamment
autour
du
campus

<,
.alCl)
fig. '6 - HIERARCHIE FONCTIONNELLE DES
QUARTIERS
DE
DAKAR
- - - -
..
. .
N IY ~OlJ
6
,ur... q,,,pement
lIIiiII
. .
.
N;veou
s
equlpentont .... ff •• ont
61lE
. .
Niveou

equlpement
moyen
ITIIIJ
,
.
" .
NI y t'ou
1
t'q,.. pem~nt mf'dl!'Cf"f'
(]JJ N; yen u
;qu;p«",ent io;bl ..
[ 8 N; Y.O U
;qu;pement tr~: t";blr-
o
Hm
.
'

90./
universitaire
et
du
C.H.U.
La
carence
de
Fenêtre
Mermoz-
Almadies,
autre
secteur
pavillonnaire,
en équipements
de
type
élémentaire
même
l'apparente
au
plan
fonctionnel
aux
quartiers-dortoirs
de
la
périphérie urbaine.
La
Médina
doit à
la
fois
à
son
ancienneté
et
à sa
situation
péri-centrale son
infrastructure
et
ses
équipements
d'un
niveau
moyen.
Les
secteurs
de
Grand
Dakar
et
Derklé
qui
sont
tout
aussi
populaires
mais
de
création
plus
récente
souffrent,
à
des
degrés
différents,
de
la
faible
présence
de
fonctions
à
pouvoir
d'attrac-
tion
étendu.
Du fait
de
leur
rareté,
les
quelques
officines de
pharmacie en
service
présentent
une
centralité élevée
alors
qu'au
centre-ville,
cette
fonction
est
rendue
banale
par
son
foisonnement.
En banlieue,
Pikine
pourtant
classé
au
troisième
rang
dans
la
hiérarchie
des
quartiers
fait
figure
de
pôle
structurant
autour
duquel
gravitent
les
Parcelles
Assainies
et
les
extensions
ja-
lonnant
la
route
des
Niayes
et
celle
de
Rufisque.
Son
éloignement
par
rapport
à
Dakar
et
son
rôle
administratif lui
valent
ce
pou-
voir
d'influence.

91./
CHAPITRE
II
LES MECANISMES DE LA CREATION URBAINE :
LE ROLE DES INTERVENANTS PUBLICS
ET PRIVES
Les
fonctions
assumées par
Dakar
aux
plans
national
et
interna-
tional
imposent
à
l'Etat des
obligations
particulières vis-à-
vis
de cette cité.
C'est
à
travers
le
visage
de
la capitale,
par
ailleurs
porte
du
Sénégal
sur
le monde
extérieur,
que
se
dégagent
les
premières
impressions
sur
les
progrés
réalisés par
le
pays
dans
la
voie
de
son
développement.
Aussi
l'Administration
y a-t-elle
à coeur
de
créer
un
environnement
urbain
de
qualité.
Cela
justifie
l'élaboration
périodique
de
documents
de
planifi-
cation
spatiale,
et,
l'importance
des
ressources
mobilisées pour
les
actions
relevant
de
l'urbanisme opérationnel.
Mais
l'analyse des
mécanismes
de
la création
urbaine
ne
s'épuise
pas dans
l'évaluation
des
initiatives
prises
par
la
puissance
publique pour définir
les
règles
de mise
en
valeur
du
sol
urbain,
pour
réformer
les
structures
foncières
ou
allouer
des
ressources
financières
aux
agents
de
la
production
foncière
et
immobilière.
Elle comprend d'autres
intervenants
qui
peuvent
développer
des
pratiques
indépendantes des
normes
définies
par
la
sphère étati-
que
pour
rationaliser
les
rapports
entre
les
diverses
parties
prenantes à
l'aménagement
urbain.
A - LES APPARTENANCES FONCltRES ET LA ROTATlûN DE LA
PROPRI~T~ DU SOL
Comme se
plaisaient
à
le
rappeler
les
autochtones
pour
faire
1
pièce aux
prétentions de
l'administration coloniale,
il
n'y
a
jamais eu
dans
la
presqu'11e
du
Cap-vert de
terres
vacantes et
sans
ma1tre.
La propriété
foncière
y était
partagée,
avant
la
pénétration
française,
entre
plusieurs
clans.
Par
la
suite,
s'est

92./
produit
selon
un
processus
complexe,
un
transfert
de
droits
fonciers
des Lébou
à
l'Etat ainsi
qu'aux
allochtones.
Aujourd'hui
le
patrimoine
le
plus
important
est constitué
par
les
terrains
du
domaine
qui
relèvent
de
régimes
divers.
Beaucoup
de
propriétés
privées
juridiquement établies
ou apparentes
en
découlent.
Ils
relèvent
soit
du
domaine
public,
soit
du
domaine
privé
Ou
bien du
domaine
national.
Spatialement,
le
domaine
public est
le plus
aisément
repérable.
D'après
la
loi
du
2 Juillet
1976
portant
Code
du
domaine
de
l'Etat,
il
se compose
de
deux
parties
-
le
domaine
public
naturel
comprenant,
la
mer
territoriale
et
une
bande
littorale
d'une
profondeur
de
100 m (54),
les
cours
d'eau
navigables
ou
flottables,
les
cours
d'eau
non
navigables
ni
flottables
ainsi
que
leurs
bordures
sur
une
largeur
de
10
m
-
le
domaine
public
artificiel
formé
par
les
emprises
des
voies
de
communication
de
toutes
natures,
les
installations
portuaires
et
aéroportuaires,
certains
ouvrages
hydrauliques,
(5~1 La zone des
50
pas
géométriques
dont
procède cette
disposition
était
réduite
à
une
bande
littorale
de
81
m de
large.

93./
l'infrastructure
de
télé-communication,
les
ouvrages
militaires
et
leurs
dépendances,
les
collections
des
musées
nationaux,
les
marchés
et
halles.
Au regard
de
cès
définitions,
le domaine
public
couvre
en
1982
près
de
25
% de
la
superficie des
communes
de
Dakar
et
de Pikine.
L'Etat
assure
la
gestion
du
domaine
public.
Il
peut
en
affecter
des
portions
à des
personnes
morales
publiques ou
privées
et
à
des
particuliers
moyennant
le
paiement
de
redevances
(55).
Cette
affectation
donne
droit
à
-
une
permission
de
voirie
qui
n'autorise
que
"des
instal-
lations
légères,
démontables
ou mobiles,
n'emportant
pas
emprise
importante du
domaine
public
ou
modification
de
son
assiette"
(56)
-
une
concession
d'exploitation de
mines ou
de
carrières
-
une
autorisation
d'occuper
à
des
fins
économiques
ou
sociales.
L'occupation privative
du
domaine
public
obéit
à une
procédure,
et,
porte
sur
des
parties
bien
délimitées
par
la
loi.
Elle
est
précédéedu
déclassement
de
l'immeuble
visé,
de
son
immatricula-
tion
et
de
son
incorporation
au
domaine
privé
de
l'Etat
avant
cession
au
bénéficiaire.
Seuls
peuvent
donner
lieu
à un
déclasse-
ment
les
dépendances
du
domaine
public
artificiel
ainsi
que
les
j
(55)
Les
critères
susceptibles
de
donner
droit
à l'exonération
de
cette redevance
sont
prévus
à l'article
18
de
la
loi
du,
2 Juillet
1976
Caractère
prédominant
d'utilité
publique,
absence
de ,profits
pour
l'ayant-droit.
(56)
article
12 de
la
loi
du
2 Juillet
1976.

94./
espaces
annexés,
au
domaine
public
naturel.
Le
transfert
de
l'immeuble
déclassé
s'effectue
aux
conditions
prévues
pour
l'aliénation
des
biens
relevant
du
domaine
privé
de
l'Etat.
Dans
la
réalité,
l'on
observe
que
les
rares
occupants
de
la
voie
Publique
détenteurs
d'une
permission
se
réduisent
aux
tenanciers
des
souks
installés
sur
les
places
de
marché,
et,
des
kiosques
débitant
des
journaux,
des
billets
de
loterie
ou
des
produits
alimentaires.
Leur
nombre
est
insignifiant
face
à
celui
des
étals
et
autres
marchands
à
la
sauvette
sans
droit
ni
titre
qui
sont
les
principaux
fauteurs
des
"encombrements
humains"
déplorés
par
l'Administration.
Par
ailleurs,
au
cours
des
années
1970,
l'Etat
a
du
procéder
au
déclassement
d'importants
secteurs
littoraux
pour
répondre
à
certaines
nécessités
économiques
et
sociales.
Ainsi
s'est
déclenchée
une
intense
urbanisation
autour
de
la baie
de
Hann
(57)
et
sur
la
côte nord
de
Dakar.
Le
domaine
privé
de
l'Etat
intéresse
les
terrains
acquis
par
voie
d'immatriculation,
d'achat,
d'échange,
de
déclassement,
de
préemption
d'expropriation,
de
confiscation,
de
don
ou
de
legs.
En
1955,
la
puissance
publique
était
titulaire
du
tiers
des
ti'tres
fonciers
constitués.
(57)
L'exploitation
des
dossiers
de
demande
de
permis
de
cons-
truire
enregistrés
au
Service
régional
de
l'Urbanisme de
Dakar
a
permis
de
constater
que
les
baux
sont
accordés
à
des
particuliers
à
la
plage
de
Hann
au
cours
des
années
1970
ce
qui
suppose un
déclassement
préalable
des
terrains
de
ce
rivage.

95./
Il
se
dégage
des
statistiques
des
registres
de
dépôt
de
la
Conservation
Foncière
les
constatations ci-après
concernant
les
formalités
d'immatriculation
accomplies
au
nom de
la
puissance
publique
-
sous
la
colonisation,
elles
sont
moins
nombreuses
que
celles concernant
les
particuliers
(58)
sans
doute
à
cause
de
la
rareté des
terrains
vacants
et
sans
maître
-
à
partir
de
l'Indépendance,
le
nombre
de
réquisitions
baisse considérablement
sous
l'effet
évident
de
la
loi
insti-
tuant
un
Domaine
national
(59)
-
pour
les
deux
périodes,
les
immatriculations
ont
été
demandées
en
vue
de
dégager
l'emprise
de
projets
d'intérêt
général
ou
pour constituer
des
réserves
foncières
dans
la
banlieue
dakaroise
(60).
La
solidité et
l'étendue
de
la
propriété
privée
non
publique
ont
souvent
contraint
l'Etat
à
procéder
par
achat
ou
expropria-
tion
afin
de
réaliser
les
travaux
d'aménagement
destinés
à
re-
hausser
la
qualité
du
cadre
de
vie
à
Oakar,
notamment
dans
l'immé-
diat
après-guerre
et
les
premières
décennies
de
l'Indépendance.
Les
achats
publics
enregistrés
en
1947
ont
porté
sur
9 cas
pour
plus
d'une centaine
de
transactions
au
total
ce
qui
est
faible
et
porte
à
penser
qu'il
s'agirait
de
pratiques dictées
par
des
besoins
ponctuels.
Les
terrains
acquis
ont
généralement
servi
à
la
construction
de
locaux
administratifs
(Secrétariat Général
de
l'Aviation
Civile,
Société Nationale
des
Travaux
Publics,
Service
des
Cables
sous-marins,
Circonscription de
Dakar
et
Dépendances)
(58)
Sur
56
formalités
accomplies
en
1947,
seules
7 ont
concerné
l'Etat
soit
82
ha 67
a.
(59)
En
1965,
la
seule
formalité
d'immatriculation
enregistrée
a été
engagée
par
l'Etat
du
Sénégal.
(60)
Les
terrains
immatriculés
par
l'Etat
en
1947 et
en
1965
sont
localisés
généralement
sur
les
routes
de Rufisque
et
de Ouakam.

96./
ouverts
dans
le
centre-ville.
Presque
exclusivement,
ils
ont été
cédés
par
des
propriétaires
européens
et
des
entreprises
privées
(61).
A partir de
1965,
on
ne
relève
plus
de
formalités
de
ce
type
dans
les registres
de
dépôt.
En
revanche,
les
cas
d'expropriation
se
constatent
tout
au
long
de
la période étudiée.
Par
exemple,
il
yen
a
eu
5 en
1947 et
6
en
1965.
La
loi
précise
les
conditions
dans
lesquelles,
l'Etat
peut
dessaisir
les
particuliers
des
titres
fonciers
qu'ils
détiennent.
Les
terrains
réquisitionnés
doivent
servir
à
des
travaux
publics
l'installation et
au
fonctionnement
des
services
publics
-
l'édification
de
bâtiments
nécessaires
aux
besoins
des
.collectivités et
des
établissements
publics
des
objectifs
de
sécurité et
de
salubrité
publiques
la
conservation du
ca9ital
naturel
-
des
travaux
d'équipement
d'intérêt
économique
général,
-
la
mise
en
oeuvre de
prescriptions
résultant
des
plans
de
développement
et
d'urbanisme
(62).
Lorsqu'il
exproprie,
l'Etat
verse
aux
personnes
victimes
de
cette
mesure
des
indemnités
fixées
par
accord amiable
ou
par
voie
judiciaire.
Tous
les
cas
relevés
en
1947 et
1965
procèdent
du
premier
mode
de
compensation.
Mais
à maintes
reprises,
l'on
a
rencontré
dans
des
affaires
domaniales
concernant
des
organis-
mes
publics
d'aménagement
(S.T.A.G.D.,
D.H.L.M.)
des
cas
de
réglement
par
voie
contentieuse.
Cela
s'est
produit
lors
des
travaux
de
voirie
réalisés
en
1948 au
PointE
(63),
de
même qu'en
1964
à
l'occasion
de
la
construction
des
H.L.M.
des
Allées
du
( 6 1 )
Sur
les
9 titres
fonciers
acquis
en
1947,
4 ont
été
cédés
par
des
propriétaires européens,
3 par
des
entreprises privées.
2 par
des
propriétaires
africain
et
libanais.
(62)
article
2 de
la
loi
nO
76-67
du
2 juillet
1976.
(63)
Le
tribunal
de
première
instance
de
Dakar
a statué sur
18
titres
fonciers
privés
n'ayant
pas
donné
lieu
à
un
accord
amiable.

97./
Centenaire.
D'ailleurs
dans
cette
dernière
affaire,
l'Etat
a
du
recourir
à
la
procédure
d'urgence
pour
dénouer
une
situation
figée
du
fait
des
exigences
présentées
par
quelques
propriétaires
déchus
(64).
la
puissance
publique
a
été
confrontée
à
un
blocage
analogue
quand
il
s'est
agi
en
1952 de
créer
le
lotissement
de
Grand
Dakar
pour
reloger
les
déguerpis
des
bidonvilles.
l'indis-
ponibilité
des
terrains
privés
convoités
(65)
l'a
réduite
à
un
pis-aller
consistant
à
lotir
alors
son
titre
nO
3892 D.G.
situé
à
Dagoudane-Pikine.
A la
formule
de
l'indemnisation
peut
être
substituée
l'expro-
priation
basée
sur
un
échange
de
terrains entre
l'Etat
et
les
propriétaires privés.
Cela
s'est
pratiqué
lors
de
la
rénovation
de
Médina.
Des
titulaires
de
titres
fonciers
se
sont
vu
attribuer,
en
compensation
de
leur
déplacement,
des
logements
aux
H.l.M.
de
Fass.
l'échange
peut
être
proposé,en
dehors
de
tout
contexte
d'expropriation,
par
l'Etat
désireux
de
réaliser
un
projet
urbain.
Ainsi
a-t-il
agi
en
1952
pour
la
constr'uction
du
groupe
scolaire
de
Faidherbe
qui
a
nécessité
l'échange
sans
soulte
de
deux
terrains
publics
d'une
superficie
de
3496 ~ contre un
titre
foncier
d'U.S.I.M.A.
d'une
contenance
de
720 ~ sur
lequel
l'école
a été
implantée.
l'échange
peut
également
s'effectuer
à
l'initiative
d'un
propriétaireayant
des
visées
sur
un
terrain
de
l'Etat.
Après
l'aménagement
de
Fann-Résidence
en
1947,
certaines
entreprises
privées
telles
que
S.C.O.A.
et
SOCONY
VACUUM
OIl
COMPANY
ont
proposé
au
S.T.A.G.D.
des
parcelles
situées
en
zone
industrielle
contre
l'attribution
de
lots
dans
le
quartier
nouvellement
crée.
De même,
le
GROUPE
FONCIER
DE DAKAR
a du
échanger
quelques
titres
contre
des
terrains
de
l'Etat
et
du
Territoire
du
Sénégal
pour
(64)
le
compte
rendu
du
conseil
interministériel
du
2-4-1964
consacré
à
la
rénovation
de
Médina
indique
que
la
procédure
contentieuse
a
porté
sur
5 cas
pour un
total
de
200
titres
expropriés.
Au conseil
interministériel
du
25/7/1964,
le
Président
de
la
République
déplorait que
le
juge
des
expro-
priations n'ait
pas
accordé à
l'D.H.l.M.
la
possibilité
d'occuper
immédiatement
les
zones
à
évacuer.
(65)
Il
ressort
de
la
lettre
du
Délégué
du
Gouverneur
du
Sénégal
à
Dakar
au
Gouverneur
Général
de
l'A.D.F.
en
date
du
16/5/1950
que
les
inscriptions
budgétaires
ne
couvraient
pas
le montant
des
indemnisations.

98./
effectuer
les
remembrements
parcellaires
préalables à
la
mise
en
place
du
lotissement
de
Ouagou
Niayes
en
1954.
Bien que
prévus
par
les
dispositions
juridiques,
les
dons
et
legs
d'immeubles
au
profit
de
l'Etat sont
rares,
de même que
la
confiscation
et
la préemption de
terrains
privés
par
l'Admi-
nistration.
Pour
les
années
ayant
fait
l'objet
de
sondages,
les
registres
de
la
Conservation
Foncière
signalent
2 cas
de
saisie
de
titres
fonciers
appartenant
à
des
particuliers
et
se
rappor-
tant
à
la
préemption.
Les
confiscations ont
concerné
des
commer-
çants
n'ayant
pas
rempli
leurs
obligations
vis-à-vis
du
fisc,
alors
que
le droit
de ~éemption a été exercé au
détriment
d'une
société
immobilière
(66).
Comme le
stipule
l'exposé
des
motifs
de
la
loi
portant
code
du
domaine
de
l'Etat,
"l'exercice de
ce
droit
est
limité
au
cas

l'Administration
estime
que
le
prix
exprimé
(dans
une
transaction)
est
insuffisant
et
s'analyse
en
une
sanction
de
caractère
fiscal".
Enfin,
le
domaine
privé
de
l'Etat
peut
être constitué
par
suite
d'un
déclassement
de
terrains
relevant
du
domaine
public
ou
du
domaine
national.
Si
le
législateur
sénégalais
reste
muet
sur
les
motifs
devant
présider
à
l'incorporation
de
parties du
domaine
publicau
domaine
privé,
en
revanche
une condition
est
posée
pour
toute
opération
similaire affectant
le
domaine
national.
En effet
la
loi
nO
64.46
du
17
juin
1964
dispose
en
son
article
13
" L'Etat
ne
peut
réquérir
l'immatriculation de
terres
du
domaine
national
constituant
des
terroirs
ou
affectées par
décret
en
vertu
de
l'article
11,
que
pour
la
réalisation
d'opérations
déclarées
d'utilité
publique
" (67).
(66)
Le
cas
unique
de
préemption
rencontré
en
1947 porte
sur
le
T.F.
1490 acquis
aux
dépens
de
la Société
Immobilière
du
Phare.
(67)
L'alinéa 2 de
l'article
11
cite
les
parties
auxquelles
des
1
terrains du
domaine
national
peuvent
être affectés
commu-
nautés
rurales,
associations
coopératives,
organismes crées
sur
l'initiative
du
gouvernement
et
placés
sous
son
contrôle.

99./
Depuis
la
promulgation
de
cette
loi,
toutes
les
opérations
d'habitat
de grande
envergure
exécutées
par
l'Administration
ont
eu
peu
ou
prou
pour
support
des
terrains
naguère
classés
dans
le
domaine
national
Guédiawaye,
Parcelles
Assainies,
H.L.M.
de Grand
Médine
et
de
Grand
Yoff.
Le
domaine
privé
est
géré
comme
une
propriété
privée
par
l'Etat
qui
cependant
est
tenu
de
se
conformer
aux
procédures
de
droit
administratif,
en
raison
de
sa qualité
de
personne morale
publi-
que.
Les
parties
de
ce
domaine
qui
n'ont
pas
fait
l'objet
d'une
affectation
à
des
services
de
l'Etat
ou
à
des
établissements
publics
peuvent
être
attribuées
à
des
particuliers
sous
la
forme
d'un
contrat
portant
autorisation
d'occuper,
bail,
concession
d'un
droit
de
superficie
ou
vente.
La
loi
du
2 Juillet
1976
ne
reconnait
qu'une
forme
d'autorisa-
tion
d'occuper
celle
qui
permet
à
l'attribution
de
n'édifier
sur
les
propriétés
domaniales que
des
installations
légères et
démontables.
Cette
restriction
a
deux
causes
-
primo,
la
puissance
publique
se
ménage
la
possibilité
de
reprendre
possession
de
son
patrimoine
si
l'intérêt
général
le
commande
secondo,
les
zones

ces
autorisations
sont
accordées
ne
bénéficient
pas
d'un
plan
d'urbanisme,
ou
bien
si
celui-ci
existe,
il
est
en
révision
(68).
(68)
alinéa
1er
de
l'article
37
de
la
loi
nO 76-66
du
2 juillet
1976

100./
Ce
dernier
motif a
justifié
l'institution,
pour
la
première
fois,
du
permis
d'occuper
au
moment
de
la
création
de
Grand
Dakar.
En
effet
de
1952,

il
a été
ouvert
aux
déguerpis,
à
1957,
ce
lotissement
est
demeuré
sans
plan
d'occupation des
sols
détaillé
et
sans
réglement
des
constructions
(69).
En
somme
la
population
avait s~mp1ement. bénéficié durant
ce
laps
de
temps
d'une
autorisation
de
stationner
en
attendant
l'adop-
tion
de
mesures
ultérieures.
Les
dispositions
du
Code
du
domaine
relatives
à
l'autorisation
d'occuper
n'ont
pas
concerné
la
période
antérieure
à
1976.
En
effet,
le
décret
d'application
en
date
du
21
mai
1981
est
venu
accorder
aux
titulaires
d'anciens
permis
d'occuper
la
possibili-

de
les
transformer
en
titres de
propriété,
sous
certaines
conditions.
Ce
faisant,
l'Administration a
seulement
entériné
une
situation
de
fait,
puisqu'auparavant
le
permis
d'occuper
était
l'objet
d'actes
translatifs,
et,
sa
détention
n'empêchait
nulle-
ment
de
construire
en
matériaux
durables.
Le
décret
de
1981
confirme
une
autre
pratique
entrée
dans
les
usages
depuis
la
colonisation
celle
consistant
à conférer
undroit
de
propriété
aux
détenteurs
de
permis
d'habiter
à
Médina
ayant
mis
en
valeur
selon
les
règles
administratives
prévues.
Déjà
en
1966,
quelques
500
parcelles
sur
les
4000
que
compte
l'ancien village
de
ségrégation
avaient
bénéficié
d'un
titre
foncier
détaché
du
nO
3016
D.G.
appartenant
à
l'Etat
(70).
Ce
nombre
serait
passé
à
1500
actuellement
(71)
(69)
Dans
les
archives
du
S.T.A.G.O.
figurent
des
correspondances
adressées
par
l'Association Mutuelle
de
Grand
Dakar
à
l'Admi-
nistration
pour
demander
de
remédier
au
caractère
provisoire
de
la
situation
de
ses
adhérents
attributaires
de
parcelles
(70)
Cette
précision
est
contenue
dans
le
compte
rendu
du
conseil
inter-ministériel
réuni
le
5/5/1966
sur
la
Rénovation
de
la
Médina.
'
(71)
Information communiquée
oralement
en
mars
1990
par
l'adjoint
du
Conservateur
de
la
propriété
foncière
de
Dakar.

101./
Cette
tendance
de
l'Administration
à
céder
les
terrains
de
l'Etat
semble
définitivement
établie
à
la
suite
de
la
promul-
gation
en
1985 de
la
loi
autorisant
la
vente
desdits
terrains.
La
raison
majeure
qui
a
déterminé
cette
orientation
réside
dans
les
difficultés
de
recouvrement
des
redevances
dues
au
titre
des
autorisations
d'occuper
et
des
baux.
Mais
la
loi
de
1985
ne
risque-
-telle
pas
d'hypothéquer
l'avenir?
Les
inconvénients
qui
pour-
raient
en
découler
sont
au
demeurant
énoncés
dans
l'exposé des
motifs
du
Code
du
domaine
de
l'Etat:
-
possibilité
enlevée
à
l'Etat
de
contrôler
durablement
l'utilisation
du
sol
-
développement
de
la
spéculation
et
de
l'accaparement
au
détriment
de
la
puissance
publique
-
difficulté
à
procéder
à
de
futures
expropriations.
Les
terrains
de
l'Etat
peuvent
faire
l'objet
d'un
bail
au
profit
des
personnes privées.
La
durée
de
ce
type
de
convention est
variable
elle
est
inférieure
à
18
ans
pour
le
bail
ordinaire
mais
elle
couvre
une
période
supérieure
(18
à
50
ans
renouvelable)
pour
le
bail
emphytéotique.
Les
seules
conditions
fixées
par
la
loi
pour
bénéficier
de
l'un
de
ces
régimes
ont
trait
à
ce
qui
suit
-
mise
en
valeur
dans
les
délais
déterminés
-
paiement
du
loyer
et
des
charges
fiscales
frappant
l'immeuble.
En dehors
des
investisseurs privés,
ceux
qui
ont
profité
le
plus
des
baux
accordés
par
l'Etat
sont
les
catégories
sociales
supé-
rieures
(hauts
fonctionnaires
et
officiers
militaires),
des
élé-
ments
en
vue
dans
le
parti' politique
au
pouvoir,
des
coopératives
d'habitat.
D'après
la
Commission
de
ContrOle
des
opérations
Domaniales,
205
ha
ont
été
attribués
à
celles-ci
en
1990.
Les
registres
de
la
Conservation
Foncière
montrent
que
les
formalités

102./
portant
sur
des
baux
donnés
par
l'Etat
ont
connu une
inflation
à
partir
de
l'année
1975
qui
correspond avec
le
retour
du
Sénégal
au
pluralisme
politique.
La
plupart
des
terrains
concer-
nés
se
localisent
dans
la
zone
charnière
définie
plus
haut
environs
de
l'ancienne
piste
d'aviation
de
Duakam,
de
l'Ecole
de
Police
et
du
parc
de
Hann,
secteur
de
Derklé-Front
de
Terre,
Golf
Nord.
La
concession de
droit
de
superficie
s'apparente
au
bail
emphy
téotique
par
la
durée
de
l'acte
de
mise
à
disposition.
La
diffé-
rence
réside
dans
les
obligations
fiscales.
En
effet
le
conces-
sionnaire
n'assume
pas
une
redevance
annuelle
il
acquitte
un
prix
égal
à
celui
du
terrain.
Aucun
indice
dans
les
registres
de
dépôt
qui
ont
été
consultés
ne
permet
de
conclure
que
la
concession
a été
pratiquée
par
l'Administration
à
Dakar
de
1947 à
1985.
Par
contre
plusieurs
cas
relatifs
à
des
ventes
d'immeubles
pu-
blics ont
été
relevés,
avec
une
fréquence
variable
dans
le
temps.
Jusqu'en
1975,
Ces
cessions
n'ont
pas
dépassé
une
moyenne de
8
par
an.
A partir
de
la
date
précitée,
ce chiffre moyen atteint
près
du
double,
avant
de
décroître
au
cours
des
années
1980.
La
vente
a
lieu
soit
de
gré
à
gré,
soit
par
voie
d'adjudication.
D'ordinaire
le premier
procédé
est
utilisé
quand
le
titre
est
convoité
par
un
acheteur
unique.
Les
acquéreurs
rencontrés dans
les
registres
sont,
dans ce
cas,
des
personnes
privées,
des
entre-
prises
ou
des
institutions
religieuses.
Ces
dernières
ont
béné-
ficié
d'un
prix
symbolique,
alors
que
les
autres acquéreurs
ont
acquitté
le
prix
représentant
la
valeur
vénale
de
l'immeuble
cédé.
L'adjudication a
été
observée
le
plus
souvent
lorsque
la
vente
a porté
sur
un
lot
de
terrains
ou
lorsque
plusieurs
personnes
se
sont
intéressées
au
même
terrain.
Les
8 lots
vendus
en
1947
à
des
particuliers
et
à
des
entreprises
à
Fann-Résidence
ont
obéi
à
cette
procédure.

103.1
Au moment
de
l'Indépendance,
la
situation
foncière
n'était
pas
de
nature
à
favoriser
l'exécution
convenable
des
plans
de
développement
et
des
programmes
d'aménagement.
En
milieu
rural
prévalaient
des
structures
paralysantes
du
fait
du
poids
des
traditions.
Dans
les
villes,
en
particulier
à Dakar,
se
poursuivait
la
tendance
à
l'appropriation
privative
des
sols.
L'Etat
a
dès
lors
promulgué
la
loi
du
17
juin
1964
instituant
le
domaine
national.
Son article
premier
en
fixe
les
limites;
il
dispose
"Constituent
de
plein
droit
le
domaine
national
toutes
les
terres
non
classées
dans
le
domaine
public,
non
immatriculées
ou
dont
la
propriété
n'a
pas
été
transcrite
à
la
Conservation
des
hypothèques
à
la
date
d'entrée
en
vigueur
de
la
présente
loi
( ... ) "
Pour
lever
toute
ambiguité,
les
article
4 et
5 précisent
que
la
loi
nO 64-46
s'applique
bien
aux
zones
urbaines.
L'Etat
est
la
seule
personne
habilitée
à
gérer
les
terrains
placés
sous
le
régime
en
question
et
à
les
immatriculer
à
son
nom.
A Dakar,
le
domaine
national
a
absorbé
essentiellement
des
terrains
de
détention
coutumière
localisés
de
façon
générale
sur
les
dunes
vives
ou
semi-fixées,
donc
des
sols
sans
grande
valeur
agricole.
Mais
du
fait
de
l'urbanisation
rapide
ils
pouvaient
procurer
une
rente
substantielle.
Certains
lotisseurs
clandestins,
profitant
du
manque
de
transparence
du
marché
foncier,
ont
tenté
et
sont
parvenus
très
souvent
à
les
aliéner
comme
cela
s'est
produit
à
Grand
Yoff
sur
le
site
occupé
par
le
lotissement
H.L.M,
ou
bien
à
DJida
dans
Pikine
Irrégulier.
Face
à
ces
voies
de
fait,
l'Etat

104./
a
tantôt
réagi
fermement
en ordonnant
la
démolition
des
édi-
fices
irrégulièrement
installés,
tantôt
il
a laissé
faire
( 72 ) .
Seuls
ont
été
attributaires
réguliers
de
terrains
déclassés
du
domaine
national
des
organismes
logeurs
publics
tels
l'O.H.
L.M.
et
H.A.M.O.
qui,
à
leur
tour,
les
ont
rétrocédés
aux
ac-
quéreurs
de
logement.
Le
parallèle
pourrait
paraitre
péjoratif,
mais
l'arsenal
juri-
dique
afférent
au
foncier
érige
peu
ou
prou
l'Etat
en
épigone
des"bour"
et
des"lamane"
(73).
A leur
image,
il
dispose
de
la
propriété
éminente
que
lui
confèrent
le
droit
d'expropri er
et
l'existence
du
domaine
national.
Il
attribue
directement
ou
par
le
biais
des
organismes
agrées
par
lui
le
droit
d'ins-
tallation
sur
les
terres
relevant
de
sa
responsabilité.
2 - LA PROPRIËTË PRIVËE NON ËTATIQUE
Dès
son
établissement
au
Sénégal,
l'administration
coloniale
s'est
préoccupée
d'organiser
le
régime
foncier
en
promulgant
divers
textes
juridiques
destinés
à
instrumenter
les
transac-
tions
immobilières
et
les
cessions
consenties par
la
puissance
publique.
Les
plus
fondamentaux
d'entre
eux
sont
-
le
Code Civil
de
1830 qui
organise
la conservation
des
hypothèques
-
le
décret
foncier
de
1906 modifié
en
1932 qui,
en
instau-
rant
l'immatriculation,
rend
les
livres
fonciers
accessibles
autant
aux
indigènes
qu'aux
Français.
1
--------------------------------------------------------------
(72)
L'attitude
de
fermeté
a
prévalu
à
Grand
voff et
au
Km
15,5
de
la
route
de
RufIsque
sur
le
site
actuel
du
lotIssement
S.I.C.A.P.
-
Mbao
auparavant
occupé
par
des
constructions
lrréguiières.
(73)
le
"bour"
ou
roI
exerçait,
dans
le
Sénégal
pré-colonial,
un
droit
de
souveraineté
sur
les
terres.
Le
"lamane"
ou
mâltre
de
la
terre
représentant
du
premier
défricheur
accordait
un
droit
d'usage.

105./
Sans
ces
bases,
la
circulation
des
biens
immeubles aurait
été
empreinte
de
précarité et
aurait
nui
à
l'exploitation des
ressources
coloniales.
Ainsi
donc
en
1945,
la
constitution
par
les
particuliers
de
droits
réels
sur
les
terrains
urbains
était
très
avancée
à
Dakar.
Dans
cette agglomération,
les
titres
fonciers
appartenant
à
des
personnes
autres
que
l'Etat
forment
des
mosalques
essentiellement
concentrées
dans
la
commune-mère.
Ils
s'y
localisent
dans
Dakar
ancien
au
Plateau
(Cap
Manuel,
Place
de
l'Indépen-
dance,
arsenal
de
la
Marine
Française
exclus)
à
Reubeuss
et
dans
une
moindre
mesure
à
Médina
-
la
zone-charnière
au
Point
E,
à
Bop,
Cité
du
Port,
Ouagou
Niayes,
sur
la
bordure
nord
de Grand
DAkar,
à Castors
-
Derklé,
Grand
Yoff,
et,
dans
l~
secteur compris
entre
la
branche est
de
l'autoroute et
la
rocade
de
Cambérène.
En banlieue,
les
terrains
privés
non
étatiques
sont
groupés
dans
la
zone
industrielle
située de
part
et
d'autre
de
la
route
de
Rufisque,
ainsi
que
dans
le
secteur
Yoff-Ngor
-
Almadies.
En
1955,
les
534
titres
fonciers
existant
à
Dakar appartenaient
dans
leur
majorité
(66,6
%
à
des
particuliers,
principalement
aux
Lébou
(52,4
%).
Mais
leur
surface
totale
est
inférieure
à
celle
couverte
par
les
terrains
placés
sous
la
responsabilité
de
l'Etat
(74).
Pris
individuellement
les
titres
fonciers
apparte-
nant
à
des
particuliers
varient
grosso
modo
de
150 à
200D ~.
Or
l'emprise
du
terrain
immatriculé
au
nom de
l'Etat
à
Médina
sous
le
nO
3016 D.G.
mesure
à
lui
seul
près
de
500
ha.
,
-----------------------------------------------------------------
(74)
Dans
les
lotissements
administratifs
et
dans
ceux
réalisés
par
les
organismes
logeurs
publics,
il
existe ·un
titre
imma-
triculé
au
nom 'de
l'Etat.
Il
peut
résulter
de
la
fusion
de
titres
épars
et
donn~r lieu par la sJtfe à des ~6tichements
en
vue
de
la
constitution
de
titres
fonciers
privés.

106./
La
question
de
la
propriété
foncière
ne
peut
pas
être
évoquée
sans
que
référence
soit
faite
aux
Lébou.
C'est
à
leurs~dépeos
que
toutes
les
autres
propriétés
se
sont constituées.
Pour
comprendre
le
processus
selon
lequel
la
propriété
lébou
s'est
diluée
et
à
marqué
un
recul,
il
faut
considérer
les
réalités
sociales
suivantes
les
terres
ne
font
pas
l'objet
d'une
appropriation
commu-
nautaire,
mais
elles
appartiennent
à
des
familles
ce
qui
les
prédispose
à
des
partages
successoraux,
à
l'hypothèque
ou à
la vent:;
les
Lébou
sont,
de
longue
date,
confrontés
au
mode
de
vie
urbain
qui
a
suscité
en
eux
des
besoins
nouveaux,
une
propension
à
consommer
que
leurs
activités
économiques
traditionnelles
seules
ne
peuvent
satisfaire
la
polygamie
est
une
institution sociale
très
répandue.
Très
fréquemment
les
décès
de
chefs
de
famille
fournissent
l'occasion
pour
procéder
au
partage
de
leurs
biens
fonciers
entre
un
grand
nombre
d'ayants-droit.
Si
l'héritage
porte
sur
des
terrains
de
modeste
consistance,
la
vente
s'impose
comme
la
solu-
tion
incontournable.
Dans
les
registres
de
la
Conservation
Fon-
cière,
les
binômes
"succession-partage"
et
"succession-vente"
ont
une
grande
fréquence
parmi
les
formalités
accomplies
par
des Lébou.
Ces
derniers
n'ont
pas
attendu
la
prise
de
possession
française
pour
vendre
leurs
terres.
CHARPY
signale
des
transactions
fon-
cières entre
Lébou
et
Goréens
pour
l'implantattion
sur
la

107./
"grande
terre"
d'équipements
ou
d'activités
ne
trouvant
plus
place
dans
l ' î l e
voisine,
bien
avant
1857.
Ces
ventes
se
sont
multipliées
après
la
fondation
de
la
ville,
SOus
l'effet
des
mesures
d'expropriation
pour
cause
d'utilité
publique
et
de
la
fièvre
spéculative
qui
avait
gagné
les
gens
de
Gorée.
Pour
donner
une
solidité
aux
transactions,
les
notaires
exigeaient
aux
Lébou
la
présentation
d'un
certificat
administra-
tif
(75),
à
défaut
d'un
titre
parfait
de
propriété.
Par
la
suite,
les
autochtones
ont
pris
l'habitude
de
faire
immatriculer
leurs
terrains.
Jusqu'en
1947 encore,
il
faut
dire
que
ceux
qui
recourent
à
cette
procédure
sont
peu
nombreux.
Dans
le
registre
de
dépôt
de
l'année
précitée,
les mêmes
réquérants
reviennent
MOMAT
ditMOMAR
SENE,
un
interprète
au
tribunal
de
Dakar
MAMADOU
ASSANE NDOYE
un
conseiller
municipal
MBAYE
DIAGNE
OEGAYE,
notable
très
en
vue
dans
le
milieu
lébou.
Sur
les
92
ha
immatriculés
par
des
indigènes,
ils
en
ont,
à
eux
trois,
assuré
28
soit
3D % de
la
superficie
titrée.
Ces
terrains
étaient
localisés
pour
la
plupart
dans
les
environs
de
Mermoz,
Front
de
Terre
et
de
la
rocade de
Cambérène.
Ils
ne
se
distinguaient
pas
par
leur
valeur
agricole
élevée
par
contre
ils
se
situaient
dans
la
direction
qu'allait
suivre
l'urbanisation
future.
Autant
les
réquisitions
d'immatriculation
de
la
part
des
Lébou
ont
été menées
sans
entrave
en
1947,
autant
celles
demandées
en
1965
ont
achoppé
sur
des
oppositions avant
que
mainlevée
soit
finalement
donnée.
Ces
litiges
témoignent
d'une
conscience
de
plus
en
plus
affirmée
de
l'enjeu
foncier
au
fur
et
à
mesure du
développement
urbain.
(75)
Le
decret
foncier
de
1906 modifié
en
1932
accorde
aux
indi-
gènes
la
possibilité
de
faire
établir
leurs
droits
sur
les
terrains de
détention
coutumière
en
recourant
non
à
l'imma
triculation
mais
à
un
certificat
délivré
par
la
mairie,
sur
la
base
d'une
preuve
testimoniale.

108./
Aujourd'hui,
l'assise
foncière
des
Lébou
est
variable
sur
l'espace
dakarois.
Elle
est
encore
réelle
sur
les
terrains
dits
de
tound
(76),
en
dépit
d'une
tendance
au
recul
observé
à
travers
le
sondage
au
1/5 opéré
dans
le
Livre
Foncier.
On
peut
en
retenir
les
conclusions
suivantes
59 % des
lots attribués
initialement
aux
Lébou
sont
encore
sous
leur
contrôle
en
qualité
soit
d'occupants
soit
de
bailleurs
30 % sont
vendus
le
plus
souvent
à
des
Libanais
auparavant
titu-
laires
de
contrats
de
bail
de
durée
variable
11 % sont morcelés
sans
toutefois
mention
du
nom de
l'attributaire.
Oans
beaucoup de
cas,
l'acte
de
vente
a
été
inscrit
après
une
formalité
de dévolution
successorale.
C'est
dire
l'influence
que
les
structures
socia)es
lébou
peuvent
exercer
sur
les
trans-
ferts
de
droits
de
propriété
foncière.
L'élite
intellectuelle
des
autochtones,
mesurant
tout
le
parti
qu'il
est
possible
de
tirer
de
la
valeur
de
ces
terrains,
s'efforce
de
juguler cette
tendance
au
recul
en
essayant
de
promouvoir
des
formes
de
faire
valoir
de
type
capitaliste.
Cette
mutation
est
sensible
depuis
le
passage
de deux
cadres
lébou
à
la
tête
du
ministère
chargé
de
l'urbanisme
et
de
l'habitat
en
1975
et
1983.
A Médina

ils
ont
été
réinstallés
après
la
grande
peste
de
1914,
les
autochtones
ont
reçu
des
"permis d'habiter"
qu'ils
avaient
la
faculté
de
transformer
en
titres
fonciers
une
fois
remplies
les
conditions
exigées
par
l'Administration.
Dans
l'en-
semble
du
secteur,
la
consolidation
des
droits
réels
n'a
concerné
que
37,S % des
parcelles.
(76)
A la
suite
d'un
différend
ayant
opposé
deux
prétendants!
au
"serignat"
(chefferie),
les
notables
de
la
collectivité
lébou décidèrent
en
1905
de
remettre
à
l'Etat Français ces
terrains riverains
de
l'avenue
Lamine
Guèye
pour
qu'ils
furent
administrés
"comme
propriétés
domaniales".
En
1926,
l'Etat
les
morcela
pour
les
attribuer
aux
Lébou.
Faute
de
pouvoir
les
mettre
en
valeur,
ceux-ci
les
ont
donnés
en
bail
généralement
aux
Libanais.

109./
En banlieue,
le
contrôle
foncier
exercé
par
les
Lébou
se
limite
à
leurs
villages
traditionnels.
Les
nombreux
terrains
sur
les-
quels
ils
pratiquaient
l'agriculture sont
conquis
par
les
ins-
tallations
à
grande
emprise
comme
les
casernes
militaires
(camp
des
parachutistes
de
Thiaroye,
L.G.I.
de Mbao),
les
aérodromes
(Ouakam,
Yoff),
la
Foire
de
Dakar
et
les
lotissements
résiden-
tiels
crées
sous
l'égide
de
l'Etat
(Parcelles
Assainies,
H.L.M)
ou
des
promoteurs
privés.
La
promulgation
de
la
loi
instituant
le
Domaine
National
a précipité
l'affaiblissement
de
l'assise
foncière
des
autochtones
qui,
faute
de
pouvoir
immatriculer
les
terrains
détenus
en
vertu
du
droit
coutumier,
les
ont
vendus
illégalement
aux
allogènes
ou
abandonnés
à
l'Etat.
Parmi
les
non
africains,
les
Français
et
les
Libanais
ont,
du
point
de
vue
de
la
valeur,
l'assise
foncière
la
plus
importante.
La
présence
séculaire
des
Français
à
Dakar
leur
a
valu
une
emprise
durable
sur
le
sol
d'autant
qu'ils
ont
détenu
pendant
longtemps
les
pouvoirs
politique et
économique.
Nombre
de
leurs
propriétés
sont
passées
cependant
entre
d'autres
mains
après
l'Indépendance.
Ainsi
l'Etat
français
a-t-il
cédé
à
celui
du
Sénégal
un
nombre
important
de
dépendances
domaniales
accompagnées
parfois
de
leurs
impenses.
Dans
le
registre
de
dépôt
de
1965,
ont
été
inscrits
13
actes
de
transfert
de
cette
nature.
Les
entreprises
du
commerce
et
de
l'industrie
ainsi
que
les
sociétés
immobilières
à
capitaux
français
ont
opéré,
dans
l'immédiat après-
guerre,
certaines
acquisitions
foncières
tant
au
Plateau qu'en
banlieue,
en
raison
des
perspectives
de
développement
de
leurs
activités
ou
sous
l'attrait
de
la
spéculation
(77).
La
biographie
constituée,
d'après
le
registre
de
dépôt
et
le
Livre
Foncier,
pour
chacun
des
titres
qu'elles
avaient
acquis
en
1947
à
un
prix,
supérieur à
500.000
fr.
permet
de
constater
-------------------------------------------------------------------
(77)
Une
société
comme
e.I.T.E.e.
qui
par
vocation
faisait
dans
le
textile
a acquis
un
portefeuille
de
titres
fonciers
qui
à
première
vue
ne
pouvaient
être
destinés
à
l'extension
de
ses
points
de
vente
de
tissus.

110./
-
des
cas
de
liquidation
au
profit
de
particuliers
pris
sans
distinction
d'origine
sociale
-
des
cas
plus
nombreux
d'apport
au
capital
de
sociétés
nouvelles
résultant
de
la
restructuration
économique
dictée
par
l'Indépendance
(78).
Les
particuliers
français
détenant
les
titres
les
plus
consis-
tants
formaient
en
1947
un
nombre
restreint
de
familles
les
DELORME, BDUQUEREAU et
LAVIE
dont
certains
de
leurs
membres
travaillèrent
d'ailleurs
dans
le
bâtiment et
les
travaux
publics.
Le
sort
de
ces
propriétés
a été
suivi
dans
le
Livre
Foncier,
à
l'instar
des
biographies
foncières
évoquées
plus haut.
Il
apparalt
deux
tendances
-
une
tendance
à
l'aliénation
au
profit
d'autres
Français
demeurés
à
Dakar
après
l'Indépendance,
parfois
au
profit
d'un
Libanais
ou
d'un
Cap-Verdi en
-
une
tendance
à
la
sauvegarde
du
patrimoine
transmis
par
les
générations
précédentes.
Il
est
un
cas
enregistré
en
1965
qui
mérite
d'être
connu
en
raison
de
sa
rareté
et
de
sa
signification
humaine
il
se
rap-
porte à
un
don de
titre
foncier
entre
vifs
fait
par
un
Français
à
un
Sénégalais,
avec
la
notation
suivante
portée
sur
l'acte
"
avec
garantie
de
tous
troubles
et
éviction"
Arrivés
dans
le
premier
quart
du
siècle
à
Dakar,
les
Libanais
d'abord
installés
en
locataires
n'ont
pas
tardé
à
améliorer
leur
situation.
( 78 ) Par exemple,
C.I.T.E.C.
apporte
son
nO
4580
D.G.
au
capital
de
C.I.T.C.A.
en
1962
la C.F.A.O.
en
fait
autant
en
1961
avec son
nO
4583
D.G.,
etc.

111./
Les
surplus
tirés
du
commerce
leur
ont
donné
les moyens de
prendre
en
bail
des
terrains
de
tound
à
partir
des années
1930.
Vers
la
fin
de
la décennie
suivante,
certains
parmi
eux
très
entreprenants
sont
parvenus
à
acquérir
des
proprié-
tés
indigènes
qu'ils
ont
construites,
afin
de
prendre
part
à
la
spéculation
sur
les
loyers
durant
l'entre-deux-guerres.
Ce com-
portement
se
justifiait
à
la
fois
par
la pénurie
de
logement
à
Dakar,
et,
par
la
dépréciation monétaire.
La
fringale
de
terrains
à
conquérir
ne
s'est
pas
calmée
par
la
suite.
Elle
semble
aiguisée
par
le
drame
libanais
qui
a
réduit
les
possibilités
de
transfert
des
revenus
de
leurs
capitaux
investis
au
Sénégal.
Les
familles
les
plus
huppées
telles
que
les
BOURGI et
les
CHOUCAIR ont étendu
récemment
leurs
affaires
dans
la
promotion
immobilière.
Mais
hors
du
Plateau,
les
Libanais
ne
possèdent
des
titres
fonciers
signi-
ficatifs
que
dans
la
Zone
Industrielle

ils
se
livrent
égale-
ment
à
des
activités manufacturières.
Dans
leur
majorité,
les
allogènes
d'origine
africaine ont
eu
accès
aux
terrains
urbains
par
des
procédures
contrôlées
par
l'Administration.
Cependant
les
critères
d'éligibilité
aux
lotissements
résidentiels
créés
par
des
organismes
publics
d'amé
nagement
ont
varié
selon
les
types
-
dans
les H.L.M.,
les H.A.M.O.
et
les
Parcelles
Assainies,
le critère de
la
nationalité
en
a
écarté
les
étrangers
qui
n'ont
pu
y prendre pied que
marginalement
par
le
biais
de
transactions
intervenues
postérieurement
à
la
première
attribution
-
dans
les
lotissements
S.I.C.A.P.
le
seul
critère discri-
minant
au
moment
de
la
sélection
des
candidats
acquéreurs a été
celui
de
la
solvabilité
-
dans
les anciens
lotissements
pour
déguerpis,
seule
la
détention
d'une
parcelle,
parfois
le
statut
de
locataire dans
le
quartier
de
départ
ont
été
retenus
pour
avoir
droit
au
relogement.

<,
Nrl-------------------------------------------------:;r""7"-------.,
.-i
.-i
Fig.l?
PROPRIErE OU SOL
A DAKAR
IIIIIIII Emp ...;~r. mi&~tO·lre.
UIIIIIIIII 're e e-n rns dlEtot
mm
.' ' .
. . -
.
r e r-r-os n s
de. IOclete. ln'lmobllll!'l"'e. rSICOp, OH l " ' )
~
~ Ter-r-ni,,-s ;mmotrÎCIII;5 prive,
o
Hm
.
,
[=::J Tfr-ro;,a ;mmr.ttr-iCI.II;" pr-;y;,. ~ 40-60-'_
$0\\11"'<.: Cort • •·(.1.0.". 'ropr"'i.t~ ." sol au 1/10.000 (O;c.",brt Il,.)

113./
Mais
au
sein de
ces
ensembles
dus
à
l'initiative étatique,
les
données
initiales
sont modifiées
par
le
jeu des
transac-
tions.
Celles-ci
se
sont effectuées
notamment
au cours
de
ces
dernières
années,
dans
la
Zone
charnière
et
en
banlieue.
A
Grand
Dakar des
Soninké
émigrés
en
France ont
effectué
une
percée
d'autant
plus
remarquable
qu'elle
se
reflète
dans
le
paysage
par
des
immeubles
neufs
à
plusieurs
niveaux
construits
pour
la
location.
On les
retrouve
à
Médina

ils
opèrent avec
d'autres
nouveau-venus
comme
les
Peul
Djalonké
qui
commencent
également
à
gagner
des
positions.
Les
émigrés
Mandjàk manifes-
tent
une
préférence
pour
le
secteur
de
Pikine
quand
ils
inves-
tissent
dans
l'immobilier.
Toutefois
ces
faits
récents
doivent
être
ramenés
à
leur
juste
pro~ortiGn, Car
à
travers
les
statistiques
d'ensemble
Dakar
apparaît
comme une
place

les
biens
immeubles
ne
c~:culent
pas
à
un
rythme
rapide.
3- LA ROTATION DE LA PROPRIËTË DU SOL
La
propriété
dJ
sol
urbain
cha'ge
de
mains
à
l'issue des
ventes
de gré
à
gré entre
personnes
privées,
ou
à
la
suite d'un contrat
de
location-vente
p~ur
les
terrains
publics
bâtis
par
les
org,-
nisme
para-étatiques
de
logement.
La
vente
directe
par
l'Etat
de
parcelles soustraites
à
son domaine
est
u,e
pratique
récente.
Selon LYNN HOLSTEIN,
spécialiste
des
questions
domaniales
à
la
Ban :< u e ~: 0 n dia]. e,
"d i x pou r
c en t
des
b i e n s
;. m:r,i'o Oi lie r s
de-s' -z o-n-e s-
urbaines
changent
de
propriétaires
chaq~e an,ée
"
(79).
Or
d'après
les
registres
d~
la
Conservation
Foncière,
le5
mutations
de
pro-
priété
n'ont
pas
atteint
cette
moyenne
jusq~'en 1985.
A quoi
cette
inertie
est-elle
dJe
7
79)
Villes-Horizons
2000
vol
1>,
nO 8,
oct
1989,
p.
>

114./
Les
actes
translatifs
d~
droit
de
propriété
peuvent
correspondre,
selo~ la
terminologie
utilisée
d3ns
les
registres
de
dépôt,
à
une
vente
ou une
cession
(80),
un
legs,
U0e
adjudication,
une
attribution d~ terrain public,
une
affectation,
une désaffecta-
tion,
un
échange,
une
donation,
un
transfert,
une
expropriation,
une
préemption,
un
p3rtage,
un apport en
société.
Rapportés
au
nombre
de
titres
existants
da
l'année,
ces
actes
donnent
un
taux
de
mutation
de
2,3
% en
1947
et
4,7
% en
1965.
Une
lecture diago~
nale
des
registres
de
1982
et
1983
laisse
une
impression de
sta-
gnation,
affectant
notamment
les
ventes.
De l'avis des
responsa-
bles
de
la
Conservation Foncière,
l'on
assiste
depuis
1985
à
un
rythme
d~ circulation des
titres
de
propriété
plus
élevé
Que
celui
atteint
dans
les
an~ées précédentes.
Da,s
l'intervalle
1947
-
1965,
les
actes
se
répartissent
comme suit:
1
Nature
des
actes
1947
196 5
Ventes
1 51
53,0
%
229
66,0
%
successions
32
12, a
41
12, a
adjudications
1 3
5,0
3
1 ,0
attribution défini-
tives
36
1 4 , a
25
7,0
affectations
désaf-
fectations
4
1 ,5
1
0,5
écha'"lges
7
3 , a
7
2,0
d 'J n a t ion s
entre
vif s
1
0,5
7
2,0
expropriations,
saisies
7
3,0
la
2,5
préemption
1
0,5
0
0,0
partages
4
1 , 5
3
1 , 0
ap~orts
en
société
3
1 , a
8
2,0
transferts
0
0,0
13
4, a
,
Total
259
100,0
%
347
100,0
%
(80)
Avant
l'indépendance,
ce
terme
était
réservé aux
biens
immeu-
bles
libérés par
la
puissance
publique
actuellement
il
est
étendu
aJX
transactions entre
personnes
privées.

115./
De loin,
les
ventes
prédo~inent. Elles
ont
par
ailleurs
tendance
à
s'accroitre.
par
ordre
d'importance
décroissant
viennent
ensuite
les
successions
qJi
se
maintiennent
au
même
niveau
entre
les
deux
dates,
et,
les
attributions
définitives
de
terrains
du
domaine
dJnt
le
fléchissement
en
1965
tient
sans
doute
à
la
situation
nouvelle
découlant
de
la
promulgation
de
loi
sur
le domaine
national
u'
an
auparavant.
Les
autres
actes
occupent une
place
marginale.
La
circulation des
titres
de
propriété
a
été
relativement
lente
en
1947
parce que
la
majorité
de
la
population urbaine
composée
par
les
Africains
n'y
a pas été
très
impliquée
comme
le montre
le
tableau
suivant
Particuliers
An,ée
Etat
Entreprise
Autres*
Africains
i;:u: upé e.t s
Libanais
1 9 4 7
2~
3.3
24
1 4
46
0
( 1 9 % )
(25
% )
( 1 6
% )
( 9 , 5 %)
(30,5
% )
( 0
% )
1 965
187
9
1 0
0
1 7
6
(82
%)
(
4 % )
( 4 %)
( 0
%)
( 7 %)
(3
%)
* autres
institutions
religieuses,
gouvernements
étrangers.
Cette
faible
participation
du
plus
grand
nombre
aux
transactions
est
imputable
à son
niveau
de
vie
alors
très
bas
(81).
La
plupart
des
acquisitions
ont
été
réalisées
par
les entreprises
industrielles
et
commerciales
(C.I.T.E.C.,
P~TERSEN en particulier),
les
sociétés
immobilières
(C.F.O.A.
principalement)
et
d~s particuliers d'origine
(81)
le
rapport
établi
par
l'Inspection
dJ
Travail
en
1945
insis-
tait
sur
"le
d!séquilibre
flagrant
existant
entre
le
minimum
vital
et
les
salaires
alors
en
vigueur"
(A.N.S.
2 G 45.46).

116./
européen~e.
L'année
1965
traduit
la
situation
inverse.
Les
aliénations
de
titres
fonciers
se
sont
faites
presque
exclusivement
au
profit
des
Africains.
Ces
derniers
ont
donc
été
les
princi-
paux
responsables
du
relèvement
du
rythme
de
circulation
des
biens
immeubles.
Ils
ont
pu
augmenter
leur
participation
au
marché
sous
l'effet
de
plusieurs
facteurs
l'a~é1ioration sensible
de
leurs
revenus
l'existence
d'un
crédit
immobilier
-
le
retrait
d'un
certain
nombre
de
propriétaires
non
africains
du
Sénégal,
au
lendemain de
l'Indépendance.
Les
transactions
auraient
pu
porter
sur
u~
volume
plus
grand
si
la
loi
de
l'offre
et
de
la
demande
s'était
parfaitement
exprimée.
Dr
ca mécanisme
de
régulation
a été
perturbé
par
les
interventions
de
l'Etat
qui
o~t eu
pour
efFet
de
détourner
du
marché
une
part
de
la
demande
de
terrains
à
bâtir.
En
effet,
nombre de
ménages
ont
accédé
au
sol
urbain,
dans
les
d3UX
pre-
mières
décen~ies de
l'Injépe~dance, par
le
biais
des
distribu-
tions
de
terrains
organisées
par
l'Administration,
plutôt
que
grâce
à
leur
propre
initiative.
Et
quand
bien
même
il
leur
est
demandé
de
racheter
ces
terrains
prêtés,
l'appel
d3
l'Etat
reçoit
un
très
faible
écho.
La
relance
récente
du
marché
signalée
par
les
agents
de
la
Conservation
Foncière
s'explique
par
quatre
raisons
majeures
-
la
relance
du
crédit
foncier
et
immobilier
par
suite
de
la
création de
la
B.H.S.
-
l'épuisement
des
réserves
foncières
à
partir
desquelles
l'Etat procédait à
des
distributions
d3
parcelles
en
grand
n~mbre,
ce qui
oblige
les
ménages à
s'adresser
aux
lotisseurss
et
promoteurs
privés,
-
l'effet
probable
de
la
mise
en
veilleuse
de
la
loi
sur

117./
l'enrichissement
illicite
promulguée
en
1981.
b)
Les
mutations
à
titre
onéreux
-----------------------------
Par
mutations des
terrains
à
titre
onéreux,
il
faut
entendre
les
ventes,
les
adjudications
et
les
échanges.
Ce sont
les
o~érations qui renseigne~t le mieux sur les mécanismes régissant
le
marché
foncier.
Parmi
elles,
les
ventes
repré
sentent
le
type de
transaction
le
plus
fréquent.
il
est donc
justifié de
s'y
appesantir.
Pour
passer
des
mains
des
vendeurs
à celles
des
acquéreurs,
les
terrains
à
bâtir
e~pruntent deux circuits différents
le
circuit
officiel,
légal,
et,
le
circuit
illégal,
clandestin.
Sur
le
marché
officiel,
l'offre
consiste
en des
terrains
imma-
triculés.
Ces
titres
fonciers
sont
proposés
soit
par
des
pro-
priétaires
terriens,
soit
par
des
propriétaires
-
lotisseurs,
ou
bien
par
des
promoteurs.
Le
propriétaire
terrien
procède
généralement
par
la
vente d'un
terrain
brut
d~
grande
surface que
l'acquéreur
aura
la
charge
de
viabiliser.
Il
s'agit,
dans
l'immédiat
après-gJerre d'une
pratique
répandue
au
sein
des
autochtones
lébou
pris
au
piège
du
nouveau
droit
de
l'urbanisme.
Ce
dernier
fait
obligation,
pour
toute
division
de
terrain
de
grande
consistance
au-delà
de
d~ux lots,
de
travaux de
viabilité.
Or
bien
des
propriétaires
indigènes
ne
pouvaient
à
cette
époque
prendre en
charge
ce
finan-
cement.
Ils
étaient
obligés
de
vendre
soit
à des
sociétés
indus-
trielles
ou
commerciales
ou
encore
à des
particuliers
européens.
De n1S
jours,
il
arrive
qu'un
propriétaire
terrie~ subdivise
son
immeuble
avant
de
le
placer
sur
le
marché
des
terrains à
batir.
Il
devient
alors
propriétaire-lotisseur.
En
vertu
des

118./
dispJsitions
dJ Code
de
l'urbanisme,
il
est
tenu
d'équiper
les
lots
proposés
à
la
clientèle.
Dès
lors,
il
se
fait
assister par
des
techniciens
chargés
de
la
viabilisation
ou de
la mise
à dis-
position
(géomètre,
génie
civil,
notaire).
Ces prestations
de
services
représentent
autant
da
charges
répercutées
aux acqué-
reurs.
D'ordinaire,
la publicité de
la mise
en
vente
s'effectue
par
voie
de
presse,
nJtam~ent dans
le
quotidien
nstional
"LE
SOLEIL"
en
sa
rubrique
"Avis
et
annonces
légales",
ou bien
dans
un
encart
distinct.
Le
d§marchage
de
la
clientèle
peut
faire
intervenir
les
réseaux
sociaux des
intermédiaires
placés entre
l'aliénateur
de
terrain
et
les
acquéreurs
l'étude
notariale,
les
hommes
de
confiance
dJ
propriétaire.
Il
peut
en
résulter
u~ marquage de
l'espace à
habiter par
l'appartenance
ethnique,
religieuse ou
socio-professionnelle.
Les
agences
immobilières
ont
occupé
dans
la
promotion
foncière
un
rôle
variable.
D'après
les
actes
transcrits
dans
les
registres
de
dépôt
de
la Conservation
de
la
propriété
foncière,
ce
rôle
a été
important
jusque dans
la
première
décennie
de
l'Indépend3nce.
Puis
elles
ont
effectué
un
repli
sur
la
location de
logements
qui
est
devenue
leur
activité principale.
Leur
démarche
en matière
de
vente de
terrains
est
analogue
à
celle des
propriétaires-lotis-
seurs.
Elle
repose
sur
l'offre
de
titres
fonciers,
l'insertion
publicitaire dans
les
colonnes
des
journaux
ou
l'affichage pour
entrer
en
contact
avec
les
acquéreurs,
l'intervention
des
notaires
afin d'authentifier
les
actes
de
vente.
Il
est
évident Que
les
parcelles du
sol
urbain
Qui
passent par
le
circuit officiel
reviennent
plus
cher
que
celles offertes
à
la
demande
par le marché
psrallèle.
En
1980,
près de
18
% des
concessions situées
dans
la
commune
de Dakar
et
35 % d3ns
celle
de Pikine procédaient
de
cette"
filière
(82).
A ce
niveau,
les
transactions
se
nouent
sur
un
fond
(82)
S.O.N.E.O.
-
B.C.E.O.M.
-
M.U.H.E.-
Etude
du
P.D.U.
de
Dakar,
livre blanc
1982,
p.
63.

119./
d'illégalité.
Les
terrains
vendus
ne
sont
pas
immatriculés.
Ils
sont
prélevés
sur
le
domaine
national
ou
le
domaine
public
maritime par
des
aliénateurs
faisant
valoir
des
droits
non
prouvés
par
u~ quelconque acte notarié.
La
presque
totalité
de
Pikine
Irrégulier
repose
sur
ces
bases.
Il
n'est
pas
rare que
le
terrain à
vendre
p~rte sur un
titre
foncier
sans que
l'autorisa-
tion
de
son
propriétaire
ait
été
donnée.
C'est
d~ cas d'escro~
querie
de ce genre
q~e procèdent
les quartiers
d~ Grand Yoff.
De tels
agissements
trouvent
leur
origine
dans
le manque
d~
transparence qui
prévaut
sur
le marché
parallèle.
Les
spécu-
lateurs
jouent
sur
l'ignorance
par
leurs
victimes
des
procédures
de mutation.
Pour
convaincre
les
acquéreurs
sur
le
sérieux de
leurs
propositions,
ils
arborent,
en
guise de
droits
réels,
un
plan
de
lotissement
revêtu
d'un
cachet apocryphe ou
de
bon aloi.
La
précarité
juridique
des
tra~sactions en
exclut
les
notaires.
Les
formalités
se
fondent
sur
la
parole donnée
par
les
parties
contractantes en
présence d'un
ou
de
quelques
témoins.
Il
s'agit
le
plus souvent
des
rabatteurs du
lotisseur
irrégulier.
Pour
la
tâche publicitaire
qui
leur
est
confiée,
ils
perçoivent
une
commission dont
le
montant
est
fixé
selon
le
nombre
de
clients
attirés.
Towt
naturellement,
ces
derniers
proviennent
des divers
groupes
d'appartenance
sociale des
intermédiaires
parenté,
association
d'originaires
ou
de
camarades
de
travail,
unité de
voisinage,
ou
encore
confrérie
religieuse.
Ce mécanisme d'accès
au
sol
urbain par
des
filières
organisantes
favorise
la
concen-
tration
topographique
des groupes
sociaux
dans
les
quartiers
spontanés.
De toute
évidence,
les
lots
à
bâtir
proposés
par
le marché
parallèle
sont
d'un
coût
moindre,
dans
la
mesure où
les
travaux
de
viabilité
y sont
réduits
sinon
nuls~ Aussi,
attirent-ils
notamment
les ménages
à
faibles
revenus.
Mais
ils
n'offrent
aucune
sécurité et
par
conséquent
exposent
à
des
aléas.

120./
Le-~achant, les acquéreurs mettent en oeuvre une stratégie
basée
sur
l'activisme
politique qui
a
fourni
la
preuve de
son efficacité depuis
l'Indépendance.
Dès
leur
installation,
les
irréguliers
se
constituent
en
comité
du
parti
au
pouvoir
CU.P.S.
-
P.S.)
et
se
placent
sous
l'autorité
d'un
leader
local
influent.
La
relation
de
clientèle
ainsi
établie protège
contre
l'éventualité
d'un
déguerpissement,
ou,
assure
la
possi-
bilité d'être relogé
ailleurs
dans
le
pire
des
cas.
Il
aurait
été extrêmement difficile
de
suivre
l'évolution
des
prix
de
façon
exhaustive
sur
un
espace
aussi
étendu
que
l'agglo-
mération
dakaroise,
et,
dans
l'intervalle chronologique
choisi
par
cette étude,
soit
un
peu
moins
d'un
demi
siècle.
A titre
indicatif,
des
tendances
sont
dégagées
dans
les
lignes
qui
sui-
vent
à
partir d'une centaine de
transactions ayant
intéressé
Dakar
Ancien,
la
Zone-charnière et
la
Banlieue
au
cours
des
années
1940,
1950,
1960
et
1970.
Les prix
indiqués
ci-après
sont
la moyenne
arithmétique
du
mon-
ta~t des
transactions
rapportée
aux
superficies correspondantes.
L'écart-type est
donné
pour
souligner
les
fluctuations
dues
aux
différences
de
valeur
des
terrains
situés
dans
un
même
secteur
urbain.
Années
Années
Années
An.,ées
Secteur
1940
1950
1960
1970
x = 135
1 003
2 130
12 567
Dakar Ancien
S
= 369,5
-
-
16 086,8
v =
96,5
-
-
472
73
69
700
4 442
Zone charnière
132,8
209
2 812
4 196,5
1
1 1 8 , 5
218,8
189,4
75,2
6
48
60
-
Banlieue
8,9
64,8
122
.
91,6
54,8
64
-

121./
x = prix
moyen
du
mètre
carré
(en
fr.
CFA)
s
= écart - type
v
coefficie~t
de
variation
de
Pearson
(en %)
Pour
des
raisons
de
densité
des
constructions
autorisées,
d'accessibilité
et
de
qualité
de
l'environnement,
le prix
du
mètre carré
de
terrain
nu
est
revenu
plus
cher
dans
la
vieille
ville
que dans
le
reste
de
l'agglomération
au
cours
des
périodes
retenues
ci-dessus.
Le
rapport
d:s
valeurs
foncières
moyennes
a varié
de
1,7 dans
la décen~ie 1940 à
2,8
trente
a~s plus tard
entre
Dakar
ancien
et
la
zone-charnière,
pour
ne
citer
que
cet
exemple.
Les
écarts-types
et
les
coefficients
de
variation
contenus
dans
le
tableau
nO
7 signalent
l'hétérogénéité
du
montant
des
transactions
qui
reflète
l'inégale
valeur
des
quartiers
situés
dans
un
même
secteur.
Ces
disparités
sont
plus
fortes
dans
le
centre-ville
et
ses
premières
couron~es extérieures
qu'en
banlieue.
Durant
les deux
premières
décennies,
il
n'était
pas
rare
que,
sur
un
même
site,
le
prix du
mètre carré
variât
du
simple au double
Ou davantage.
Ces
écarts,
qui
laissent
sup-
poser
un
manque de
transparence
du
marché
par
suite
de
l'inégale
information
des
intervenants,
ou
de
fausses
déclarations
à
l'en-
registrement,
ont
tendance à
se
résorber.
On s'en
rend compte
à
travers
les paramètres
de
dispersion
de
la
zone-charnière
concernant
les
années
1970.
En discriminant
entre
Plateau
et
Médina,
la même
tendance
se
dessine
pour
la
vieille
ville
égale-
ment.
En
effet
si
le
prix
du
mètre
carré
a atteint
24.208 FCFA
au
Plateau
au cours
de
la
période
de
référence,
l'écart
moyen
par
rapport
à
cette
valeur
a
été
seulement
de
9208.
Son
niveau
a été plus
faible
à
la Médina

il
a égalé
443
pour un
prix
moyen de
3 120 F/~.

122./
L'indice
du
coût
unitaire
des
terrains
à
bâtir
a
subi
une
forte
inflation
au
cours
de
l'évolution
urbaine.
De la
base
100
en
1940,
il
a grimpé
à
9 309
dans
les
années
1970
pour
la
vieille
ville,
et,
5 695
pour
la
zone
-
charnière.
La
banlieue
n'a
pas
été
épargnée par
le
renchérissement
du
prix
du
sol
car
entre
les
décennies
1940
et
1960
l'indice
y est
passé
de
100 à
000.
Il
est
à
noter
qu'entre
1944
et
1980,
le
salaire
minimum
a varié
de
100
à
3 400.
Ainsi
les
revenus
des
catégories
sociales
défa-
vorisées,
soit
le
plus
grand
nombre,
se
sont
accrus
plus
lente-
ment
que
la
valeur
des
biens
immeubles,
exception
faite
de
la
périphérie
lointaine.
Les
poussées
inflationnistes
enregistrées
par
les
terrains
urbains
ont
une
plus
forte
expression
si
l'on examine
les
pris
nominaux
arrêtés
au
cours
de
certaines
transactions.
Sur
la
cen-
taine
d'affaires
synthétisées
sous
la
forme
du
tableau
nO
7,
nous
avons
prélevé
un
sous-échantillon
portant
sur
des
titres
fonciers
mis
en circulation
à
partir
de
1947
et
dJnt
nous
avons
relevé
les
diverses
formalités
les
ayant
concernés
depuis
lors.
Les
données
sont
les
suivantes
N° TF
Surface
Nature
Localisation
P.A.
P. V.
Date A/V
-1
4576
1 la36
T . B.
Av.
Roume
8.250
20.000
1949/1980
4686
0 a
43
T. N.
Rue
de
Bayeux
43
1 .600
1948/1967
4533
39
a 53
T . B.
Route
des Puits
250
1 .300
1947/1949
4616
1 ha
65
a
79
T. C .
Rte
Front
Terre
165 , 7 3.398,
1947/1951
4665
1 ha
18 a
73
T . C.
Rte
de
Ouakam
1.000
12.000
1948/1967
4592
1 ha
55
a
88
T. N.
Rte
Front
Terr~
62,3
35.000
1947/1987
4593
4 ha
75
a
Environs
villa
02
T . N.
ge
de
Yoff
90
62'5
1951/1956
4515
9 ha
70
a
P. K.
15 Rte
14
T . C .
Rufisque
600
3.298
1947/1951
....

123./
TB
terrain
bâti
TC = terrain de culture
TN
terrain
nu
PA
prix
d'achat
PV
prix
de
vente
AV
années
d'achat
et
de
vente
du
titre
foncier.
Le
tableau
permet
de
constater
les
évolutions suivantes
-
une
élévation
du
prix
des
terrains
quelle
que
soit
leur
localisation dans
l'espace
urbain
-
une
différence
de
prix
importante
entre
l'achat
et
la
vente,
en
tenant même compte
des
variations
monétaires
-
des
d~lais relativement
longs
entre
la
date
d'acquisition
des
titres
fonciers
et
celle
de
leur
aliénation
(moyenne
:17,5 ans)
Il
apparaît
également
que
de
grandes
réserves
ont
été
constituées
à
la
périphérie
de
la
ville
de
1945,
notam~ent vers
les
villages
de
Ouakam et
de
Voff,
ainsi
que
sur
la
route
de
Rufisque dans
l'attente da
l'avancée
du
front
d'urbanisation.
La
lenteur
de
la
circulation des
biens
immeubles,
et
les
hausses
spéculatives dont
ces
derniers
sont
l'objet
influent
fortement
sur
le
rythme de
croissance
de
l'espace
urbain.
Lorsque
les
con-
ditions
de
l'offre
de
terrains
à
bâtir
ne
sont
pas
modifiées
par
la distribution
gratuite
de
parcelles
prélevées
sur
le
domaine
public,
l'extension
de
la
ville
légale
est
ralentie
par
la
con-
traction
de
la
demande
due
à
la
faiblesse
du
niveau
de
vie.
Pour
lever
les
blocages
dûs
au
déséquilibre entre l'offre
et
la
demande,
l'Etat
intervient
sur
le
marché
foncier
selon
deux
modalités

124./
_ en
s'érigeant
en
propriétaire
terrien
et
en
lotisseur
-
en essayant
de
contrôler
les
transactions
immobilières.
Les
principaux
moyens
d'intervention
en
la matière
sont
le
barème
officiel des
prix
des
terrains
urbains,
et,
la
fiscalité
qui
vise
à
la
fois
à
vaincre
les
rigidités
du
marché
et
à
préle-
ver
la
rente
d'urbanisation.
Il
importe
de
préciser
que
le
barème
officiel
ne
fait
pas
abstraction
des éléments
qui
font
varier
les
prix
fonciers
d'un
q~artier à
un
autre.
Les
valeurs
retenues
tiennent
compte
des
inégalités
créées
par
la
distance
au
centre-ville,
et,
les
avan-
tages
liés
aux
sites.
Ainsi
au Plateau,
le
prix
du
mètre
carré est-il
fixé
entre
10
000
et
22
500
FeFA
du
premier
au
huitième
secteur,
entre
3 500 à
10
000 FeFA
du
neuvième
au
quatorzième.
En
revanche
à
Pikine,
la
fo~rchette se réduit
à
300
-
500
FeFA.
Oans
le
centre-ville,
le
"high
peak
land
values"
(83)
se
localise
autour
de
la Place
de
l'Indépendance,
dans
le
secteur
du
marché
Kermel,
au
sud
de
l'avenue
N.
Mandela
(ex
avenue
eourbet)et' le
long
des
grandes
artères
commerciales
(avenues
Roume,
Albert
Sarraut,
Pompidou,
Lamine Guèye,
République)

les
valeurs
foncières
atteignent
30
000
FeFA/~.
Les
différences
de
standing
entre
quartiers
situés
dans
le
même
secteur
urbain
apparaissent
à
travers
le
barème.
Par
exemple,
les
terrains
coûtent
deux
fois
plus
cher
à
Fann-Résidence
(15
000
FeFA/~) qu'à Fann-Hock (7 500 FeFA/~) pourtant doté
d'une
vue
sur
mer,
mais
plus
populaire.
En
réalité,
les
prix
arrêtés
lors
des
transactions
sont
nettement
plus
relevés.
En estimant
entre
30
et
35
% la
charge
foncière
dans
un
projet
de
construction,
il
ressort
des
devis
insérés
-----------------------------------------------------------
(83)
anglicisme désignant
le
lieu

les
prix
des
terrains
atteignent
des
valeurs
maximales.

"-
Ir>
C\\J
r i
Fig. 18. PR IX DES TERRAINS
A DAKAR
d'après le
barème officiel de 1984
(décret

84-403 du 6-4-1984)
Il &
1111
11
1
1111111111 "1
ll l
A:r-oport
df
Id
1
Dakar - Yoff
'1Il~~>o.,1
.. de I~OOO ~ 200001e.o(m2
I11III d. 10 000 ~ I~OOOt c ta/m2
IIIIIIIIIII de ~OOO Q 'OOOOf cfalm2
o
Hm
,
,
mm de 1000 ° ~0001 cto/ml
ITIJ mOln. dt 1000t Cfa/ml

126./
aux
dJssiers
de
demande
d'autorisation
de
construire
agrées
en
1988
par
le Service
régional
de
l'Urbanisme
que
le
prix
moyen
du
mètre
carré de
terrain
se
situait entre
37.950
et
44.270
FCFA
au
Plateau.
Le
barème
des
prix
officiels
sert
de
référence
notamment
pour
la
fixation
des
redevances
dues
au
titre
des
baux
accordés par
l'Etat,
et,
des
indemnités
d'expropriation.
Afin
de
juguler
les
tentatives
de
rétention
auxquelles
pourraient
se
prêter
les
propriétaires
de
terrains
privés,
il
a été
institué
une
surtaxe
foncière
qui
frappe
les
propriétés
non
bâties
ou
in-
suffisam~ent bâties.
Cet
impôt
s'ajoute à
la
contribution
foncière
normale.
Son
taux
varie
entre
0,75
et
2,75
%.
N'en
sont
exemptés
que
les
terrains
dont
les
propriétaires
se
trouvent
privés
de
la
jouissance
pour
des
raisons
indépendantes
de
leur
volonté.
Il
existe,
en
outre,
dans
le
Code
des
impôts
~n~
tèxe
de
p~us-
value
perçue sur
les
opérations
de
vente
et
d'échange
de
terrains.
Son
taux
est
établià
15 %.
D'une
manière
générale,
les
valeurs
foncières
sont
relativement
élevées
à
Dakar,
à
cause
de
la
spéculation
qui
a cours
sur
le
marché
formel,
et,
de
la
fiscalité
appliquée
aux
transactions.
Il
en
résulte
trois
conséquences
sur
le
processus
d'urbanisation
le
gel
de
certains biens
situés
dans
l'agglomération qui
pousse
à
la
recherche
de
réserves
urbanisables
de
plus
en
plus
loin
à
la
périphérie
(exemple
le
site du
projet
SICAP )1
à
l'est
de
l'autoroute)
-
le
développement
d'un
marché
foncier
illégal
pour
répondre
à
la
demande
des
catégories
dominées de
la
population
urbaine

127./
_ la
dissimulation
du
montant
réel
des
transactions
qui
cause
au
trésor
public
des
moins-values
de
recettes en
partie consacrées
aux
études
et
opérations
d'urbanisme.
Pour
punir
cette
fraude fiscale,
l'Etat
dispose
certes
du
droit
de
préemption.
Mais
sa
capacité
de
l'exercer
souffre
des
risques
de
ne
pouvoir mobiliser
les
ressources
nécessaires
à
l'acquisition
des
terrains
en
cause
dans
les
délais
prescrits
par
la
loi
(84).
Ainsi
donc,
avec
l'extension
urbaine,
il
s'est
produit
une
rota-
tion
de
la
propriété
foncière
qui
grosso modo
est
passée
des
Lébou
à
l'Etat
et
à
certaines
sociétés
privées,
puis
à
une multi-
tude
de
petits possédants dont
la
plupart
sont
redevables
à
l'Etat
d'avoir
pu
accéder
au
sol
urbain
sans
ou
à
peu
de
frais.
B - PROC~DURES JURIDICO-TECHNIQUES DE MISE EN VALEUR DU 'SOL
Bien
que
le
tissu
urbain
compo~~e des
trames
irrégulières,
la
croissance de
Dakar
n'a
jamais
été
laissée
au hasard,
comme
c'est
le
cas
à
Cotonou
par
exemple.
Dès
la
prise
de
possession
française
s'est
imposée
la
nécessité
de
soumettre
l'utilisation
de
l'espace
à des
critères
d'une
occupation
rationnelle.
Ce
souci
de
contraindre les
détenteurs
de
droits
sur
le
sol
au
respect
des
règles
d'intérêt
général
s'est
maintenu
et
même accru
avec
le
renforcement
des
fonctions
de
la
ville.
Ainsi
s'est
constitué
un
droit
de
l'urbanisme
touffu
mais
dispersé entre
plusieurs
sources
les plans
directeurs,
le
code
de
l'urbanisme,
les
réglements
particuliers,
etc.
On peut
déplorer
Que
la
police
de
l'urbanisme
ne
soit
à
la mesure
de
la
volonté d'ordre,
d'hy-
giène
et
d'embellissement
déclarée
dans
ces
textes.
(84)
L'article 22
du
Code
du
domaine
de
l'Etat
stipule Que
"Dans
le
délai
de
trois
mois
à
compter
de
l'enregistrement
de
l'acte
ou
de
la
d~claration, l'Etat
peut exercer
un
droit
de
préemption
sur
les
immeubles
et
droits
immobiliers
faisant
l'objet
d'une
vente."

128./
1. LA PLANIFICATION URBAINE
EN RAPIDE D~PASSEMENT
Depuis
l'ordonnance
du
28
juin
1945
qui
a
introduit
l'urbanisme
dans
les
anciens
territoires
français
d'Outre-mer,
Dakar
a connu
trois
plans
directeurs
en
1946,
1961
et
1967.
Tour
à
tour,les bbj~c­
tifs
ont été
révisés
en
vue
d'une
adaptation
aux
réalités
nou-
velles
issues
d'une
croissance
ayant
dépassé
les
prévisions
initiales.
Le
plan
directeur
de
1946
constituait
un
volet
d'un
vaste
pro-
gramme
d'aménagement
arrêté
à
la
fin
de
la
dernière
guerre
mondiale.
Son objet
consistait
à doter
la
base
de
Dakar
des
installations nécessaires
au
renforcement
du
rôle
stratégique
qu'elle
tenait
dans
l'empire
français
et
le
système
de
sécurité
collective du
monde
occidental
(85).
L'étude
du
plan
fut
confiée
dès
1945
à une
mission
composée de
trois
urbanistes
GUTTON,
LAMBERT
et
LOPEZ.
Leurs
propositions
ont
tenu
compte
de
quatre
impératifs:
-
prévoir
des
emprises
suffisantes
pour
l'extension
du
port
et
de
l'aéroport
qui
sont
les
organes
essentiels
par
lesquels
la
ville
communique avec
l'étranger;
-
réserver
aux
ouvrages
militaires
les
emplacements
pour
d'ultérieurs
aménagements
-
respecter
si
possible
les
installations
industrielles
et
résidentielles
déjà
existantes
(85), Dès
1944,
le
gouvernement
provisoire
d'Alger
avait
chargé
une
mission
présidée
par
le
Général
de
l'Air
TESTARD d'étudier
les
conditions
de
l'aménagement
de
la
base
de
Dakar.
Ses
con-
clusions
permirent
de
prendre
la
décision,
lors
du
conseil
des
ministres
du
13
février
1945,
de
faire
de
la
capitale de
l'A.O.F.
"une
plaque
tournante
du
trafic
mondial"
selon l'ex-
pression
utilisée
par
"Le
Parisien
Libéré"
dans
sa
livraison
du
16
Février
1945.

129./
-
assurer
les
liaisons
routières
entre
ces
différents
invariants
d'une
part,
d'autre
part
entre
la
ville
et
l'arrière-
pays
les
partis
urbanistiques
retenus
ont
concerné
notamment
la
tête
de
la
presqu'île.
Ils
ont
préconisé
le
maintien
sur
leurs
sites
de
l'aéroport
et
du
port,
sauf
l'arsenal
de
la marine
dont
le
déplacement
est
envisagé
entre
la
jetée
nord
et
la
Pointe de Bel
Air,
à
proximité
de
l'hydrobase
de
Hann.
la
zone
industrielle
est
projé-
tée
au
nord
du
port,
la
zone
commerciale à
l'o"est.
En dehors
du
Plateau,
l'extension
de
l'habitat
à
caractère
résidentiel
est
prévue
en
bordure
de
la corniche
ouest,
depuis
la
Pointe
de
Fann
jusqu'aux
Almadies.
l'intérieur
du
V formé
par
cette
bande d'ha-
bitat
aisé
longeant
la
côte
occidentale
et
la
zone
industrialo-
portuaire,
est
réservé
au
logement
en
cour.
Dans
les
parties
les
plus
basses
de
la
Médina
comprises
entre
la
rue
11
au
nord
et
l'Avenue
Malick
Sy
au
sud,
l'habitat
est
appelé
à
disparaître
au
profit
des
zones
de
verdure
et
des
équipements
sportifs,
à
cause
des
conditions
topographiques défavorables
au
drainage
des
eaux
de
r~issellement. les
terrains
situés
au
nord,
entre
Yoff et
Cambérène,
sont
destinés
à
abriter
une cité
administra-
tive
regr~upant l'ensemble
des
services
du
Gouvernement
Général
de
l'A.D.F.
Pour
assurer
une
circulation
rapide
entre
les
pôles
vitaux
de
la
capitale
et
avec
l'arrière-pays,
le
P.D.U.
prévoit
une
auto-
route
au
tracé
sub-méridien
sur
une
longueur
de
7 Km.
A partir
du
lieu
dit
Patte
d'Die,
elle
se
divise
en
deux
antennes
l'une
se
dirigeant
à
l'ouest
vers
l'aéroport,
l'autre
à
l'est
vers
la
routede
Rufisque
qui
a
supporté
jusqu'alors
tout
le
trafic
entre
Dakar
et
l'intérieur
du
Sénégal.
Comme p~évu
par
l'article 7 de
son
décret
d'application,
le
P.D.U.
de
1946 a
fait
l'objet
d'une
révision,
huit
ans après
son
entrée
en
vigueur.
Des
réalités
nouvelles ont
changé
le
contenu
de
la
ville.
A la
suite
des
mutations
économiques
de
l'après-guerre,
un
important
mouvement
de
population
s'est

130.1
dirigé
vers
Dakar,
rendant
inévitable
le
réajustement
de
la
planification
spatiale.
Face
au
développement
des
activités
modernes
et
à
l'essor
démographique,
l'alternative entre
laquelle
il
fallait
choisir
était
la
suivante
sortir
du
cadre
territorial
de
1946 pour
d'autres
extensions,
ou,
le
maintenir
tel
quel
mais
en modifiant
le
zonage.
C'est
ce
der nie r
par t i
qui a é-té r ete n u par
l ' ur ban i ste CERUT T I
pré s sen t i
en
1955
pour
la
révision
du
Plan directeur.
Ses
propositions
approuvées
en
1957
ont
porté
sur
-
le
déclassement
des
zones
d'espaces
libres
en
vue
de
leur
transformation
en
zones
résidentielles
ou
industrielles
le
déclas$ement
de
la
cité
fédérale
de
Yoff
et
de
certaines
emprises
militaires,
aéronautiques
et
du
Dakar-Niger
le
dépl~cement du
cimetière
principal
prévu
à
l'ouest
de
l'autoroute
dans
la
zone
est
de
l'aéroport
pour
respecter
le
périmètre de
protection de
l'usine
des
eaux
du
Point
B
-
l'extension
à
Reubeuss
des
normes
de
construction adoptées
pour
le
Plateau.
Le
Plan
directeur
de
1961
est
un
plan
intérimaire.
Il
reprend
en
effet
l'essentiel
des
orientations
et
des
principes d'orga-
nisation
spatiale
édictés
en
1946
et
en
1957.
Les
rares
diffé-
rences
qu'il
présente
portent
sur
-
l'intégration
à
l'espace
planifié
de
l'ensemble
de
la
presqu' il t!. du cap-vert;
-
la
constitution
d'un
vaste
dcmaine
universitaire
entre
les
lotissements
de
Fann
et
la
route
de
Ouakam

131./
_ l'aménagement
d'une
zone
artisanale
entre
la
route
des
Puits
(Avenue Bourguiba}et
le
lotissement
de
Grand
Dakar
-
la
conversion
du
Plateau
en
zone
mixte
résidentielle,
commerciale
et
administrative
-
l'ajournement
de
l'objectif
visant
amputer
Médina
de
sa par-
ti-e méridionale mal
drainée
et
mal
as sai n Xe,,;
-
la
reconstitution
et
la
redéfinition
des
règles
d'utilisation
du
sol
dans
le
secteur
d'habitat
F (Reubeuss)
-
le
classement
de
l ' î l e
de
Gorée
en
zone
de
sauvegarde
en
raison
de
son
intérêt
historique.
Grâce
au
plan
de
1946 et
ses
avatars,
Dakar
a
pu
ainsi
s'étendre
pendant
plus
d'une
décennie
sans
trop
de
désordre.
Mais
peu
avant
l'Indépendance,
ce
cadre
commençait
à
donner
des
signes
de
désuétude.
Non
seulement
les
zones
d'habitat
irrégulier ou
insalubre
gagnaient
du
terrain
(86),
mais
elles
tendaient
à
désagréger
l'espace
urbain
en
envahissant
la
banlieue
rurale.
Les
problèmes
de
la
circulation
routière
se
posaient
avec
une
acuité
croissante
que
les
solutions
classiques
(aménagement
de
ronds
points,
mises
à
sens
unique . . . ) ne
pouvaient
régler.
Ces
situations
rendaient
impérative
l'élaboration
d'un
nouveau
plan.
Le
bureau
d'architecture
dirigé
par
ECOCHARD
a été
chargé
dès
1963 de
mener
les
études
préalables
devant
identifier
les
pro-
blèmes
de
la
croissance
urbaine
et
dégager
les
options
à
prendre
afin
d'y
r e méd Le r .
Pour
la
première
fois,
le
cas
de
Dakar
est
examiné
en
rapport
avec
l'aménagement
du
territoire
sénégalais.
(86)
D'après
une
étude
de
la
D.A.T.,
ces
zones
couvraient
290 ha
et
abritaient
105874
personnes
en
1963
alors
que
Dakar
avait
une
superficie
de
3140
ha
et
une
population
de
415.000
har

132./
Le
rôle
de
ce
centre
qui
s'est
longtemps
développé
dans
un
contexte
fédéral
méritait
en
effet,
au
lendemain
de
l'Indépendance,
d'être
redéfini.
Pour
freiner
l'immigration
qui
est
apparue comme
l'un
des
principaux
déterminants
de
l'accroissement
démographique
et
de
l'extension
de
la
ville,
le
bureau
d'étude
précité
à
pré-
conisé
l'érection
à
l'intérieur
du
pays
de
relais
régionaux
suffisamment
attractifs
pour
fixer
une
partie de
la
population
rurale
de
leur
zone
d'influence.
Concernant
plus
spécifiquement
l'espace
urbain
dakarois,
l'esquisse
présentée
par
Ecochard
en
1966
envisage
son
extension
sur
une
partie de
la
zone
rurale
du
PLan
de
1946.
Pour
disposer
des
2 520
ha
estimés
nécessaires
à
l'horizon
1980,
la
limite
orientale
du
nouveau
P.O.U.
est
établie
sur
une
ligne
reliant
approximativement
Thiaroye-sur-mer
et
Yeum-
beul.
Le
développement
de
l'agglomération
s'appuiera
alors sur
deux
pôles
opposés
Dakar
et
Pikine
allant
à
la
rencontre
l'un
de
l'autre
par
le
nord.
Ce
parti
a été
choisi
en
fonction
de
la
situation
domaniale.
C'est
le
long de
la
grande
côte
que
se
localisent
les
terrains
de
l'Etat
utilisables
comme
réserves
foncières
pour
les
besoins
futurs.
Aux
abords
de
la
route
de
Rufisque,
l'urbanisation aurait
pu
se
heurter
aux
difficultés
des
expropriations.
Les
nouveaux
quartiers
à
créer
seront
structurés
en
unités
de
voisinage
(87).
L'avant-projet
d'Ecochard
prévoit
pour
l'amélioration
de
la
circulation
et
du
transport
urbain
-
un
transport
en
site propre
grâce
à
la
réservation
d'une
emprise
destinée
au
chemin
de
fer
urbain
-
un
nouvel
axe
autoroutier
qui
doit
emprunter
le
tracé
de
l'Avenue
Blaise
Diagne
et
de
la
route
de
Ouakam,
et,
se
raccorder
à
l'antenne
occidentale
de
la
première
autoroute
après
avoir
contourné
par M~rmoz les
lotissements
S.I.C.A.P.
et
les
H.L.M.
de
Grand
Yoff.
-----------------------------------------------------------------
(87)
L'unité de
voisinage
est
un
groupement
d'environ
5000 habitants
formant
un
quartier
doté
des
équipements
nécessaires à
la
vie
quotidienne.
Il
est
desservi
par
des
chemins
pédestres.
La
voie
de
liaison
se
situe
à
i'extérieur
de
l'unité
de
voisinage.

133./
L'esquisse
présentée
par
l'architecte-conseil
préconise en
outre
un
rééquilibrage
fonctionnel
de
l'espace
par
le
transfert
partiel
du
centre
des
affaires
de
Dakar
au
sud
des
Allées
du
Centenaire.
A la
suite
de
l'enquête
publique
ouverte
en
janvier
1967,
trois
modifications
vont
être apportées
à cet
avant-projet:
-
l'emplacement
du
cimetière
musulman
est
transféré
de
la
zone
est
de
l'aéroport
à
la
côte
nord,
compte
tenu
des
risques
de
contamination
de
l'aquifère
des
sables
infra-basaltiques
-
le
plan
de
masse
du
secteur
de
Liberté
V est
rectifié
afin
d'accueillir
un
millier
de
logements
que
la
S.I.C.A.P.
doit
ré~liser dans
le
cadre
de
la
politique
de
résorption
de
la
crise
de
l'habitat
l'antenne
ouest
de
l'autoroute
est
déviée
près
du
village
de
Voff
pour
éviter
qu'elle
traverse
la
piste
principale
de
l'aéroport
par
un
ouvrage
sOuterrain.
Il
s'agit

de
modifications
de
détail,
mais
jugées
fondamentales
par
Ecochard
pour
justifier
sa
démission.
Ce
faisant,
il
a émis
le
voeu
que
le
plan
à
dresser
" . . .
ne
porte
plus
(son)
nom ni
celui
de
(ses)
collaborateurs,
mais
seulement
l'indication
dressé
par
les
Ministères
des
Travaux
publics et
du
Plan"
(88).
Un autre
architecte-conseil,
ARSAC,
a dû
poursuivre l'étude
en
collabora-
tion
avec
la
Direction de
l'Urbanisme.
Cependant
le
document
approuvé
en
juillet
1967
n'a pas
varié
considérablement
par
rapport
à
l'esquisse
d'Ecochard.
Comme
elle,
il
s'est
inspiré
des
prinoipes
de
LE
CORBUSIER et
de
la
Charte
d'Athènes.
Ainsi
l'espace
urbain
a-t-il
fait
l'objet
d'un
découpage
en
zones
remplissant
des
fonctions
propres.
----------------------------------------------------------------
(88)
Propos
rapportés
par M.
Mady
Cissokho,
Ministre
des
Travaux
publics,
de
l'Urbanisme
et
des
Transports
au
Conseil
National
de
l'urbanisme
du
13/07/1967.

134./
Parmi
les
zones
de
résidence,
le plan
distingue
les
secteurs
déjà
construits
et
les
secteurs d'extension
urbaine.
Dans
les
premiers sont
prévus
des
programmes
de
rénovation
classés par
ordre
d'urgence
d'abord
la
démolition
des
bidonvilles
intra-urbains
-
ensuite
la
restructuration
des
vieux
quartiers
dotés
d'une
infrastructure minimum
Reubeuss,
Médina,
Grand
Dakar et
Pikine
-
enfin
le Plateau

l'on doit
appliquer
la
règle
de cons-
truction
d'immeubles
de
grande
hauteur
pourvus
d'espaces
de
déga-
gement
suffisants.
Dans
les
zones
d'extension,
il
est
envisagé
trois
types
de
constructions
-
des
villas
de
grand
standing
le
long
de
la corniche ouest
et
dans
le
secteur
des
Almadies,
ainsi
que
le
prescrivait
le
plan
de
1946
-
des
logements
de moyen
standing et
de
type
économique qui
seront
principalement
édifiés
par
la
S.I.C.A.P.
et
l'D.H.L.M
-
des
parcelles
assainies
à aménager
autour
de
Pikine
pour
le
recasement
des
déguerpis
des
bidonvilles,
et,
l'installation
des
catégories de
la
population qui
ne
pourront
pas
accéder
à
l'habitat
planifié.
Dans
la
zone
rurale
adjacente
au
périmètre
d'agglomération sont
interdits
les
installations à usage
industriel
ou
d'entrepôt,
les
lotissements
pour
l'habitat
(89).
Les
activités économiques
ont
également
donné
lieu à
un
zonage.
Ainsi
le
secteur
secondaire est-il
réparti
sur deux
sites
(89)
En dépit
de
ces
restrictions,
la
zone
rurale avait
déjà
donné
lieu
en
1967 à
des
occupations
de
la
part
de
populations
déguerpies
aidées
en cela
par
l'Administration dans
certains
cas.

135./
-
l'industrie est
maintenue
au
voisinage
du
port
et
le
long
de
la
côte
sud
mais
le
P.D.U.
a tenu
compte
de
ses
effets
polluants
pour
décider
l'isolement
des
grandes
usines
vers Mbao
-
l'artisanat
est
localisé
sur
un
triangle
compris
entre
l'Avenue Bourguiba,
les
H.L.M.
de
la
rue
13
(Avenue
Amadou
Bamba)
et
la branche ouest
de
l'autoroute.
En
revanche,
l'agriculture est
rejetée
dans
les
niayes
de
la
zone
rurale.
Les
bas-fonds
inclus
dans
l'espace
à
urbaniser
serviront
à
des
espaces
verts
dont
l'insuffisance
est
patente
à
Dakar.
L'importance
du
littoral
maritime
donne
à
la
capitale
sénégalaise
une
vocation
pour
le
tourisme
balnéaire.
Le
découpage
préconisé
par
le
Plan
directeur
tient
compte
des
potentialités
de
chaque
secteur
côtier:
-
à
cause de
la
présence
de
la
houle,
le
littoral
nord est
destiné
à
la
promenade
de
Pikine
à
Yoff
la présence
de
plages
abritées
fait
de
la
côte
rocheuse
comprise
entre
Yoff et
les
Mamelles
un
secteur
appelé
à
accueillir
de
grands
hôtels
-
des
Mamelles
au
Cap-Manuel,
la
côte
est
protégée
pour
permettre aux
quartiers
populaires
limitrophes
d'avoir
accès
à
la
mer.
-
la
vocation
balnéaire
de
la
baie
de
Hann
l'a
fait
ériger
en
zone
non
a~dificandi (90).
A proximité
de
l'aéroport,
sont
projetées
deux
autres grandes
emprises
le parc
des
expositions
de
la
Foire
de
Dakar
et
un
stade
de
60.000
places
(91).
( 90)
Malgré
cette
servitude,
cette
partie
du
domaine
public
maritime a été
attribuée
à des
particuliers' aux
fins
d'y
construire des
habitations.
( 9 1 )
D'après
l'esquisse
d'Ecochard,
le
stade
devait
avoir
une
capa-
cité
de
100.000
places,
et,
s'implanter
au
sud
de
la
route
de
l'aéroport,
à
proximité
immédiate
du
terrain
de
la
Foire.

136./
Le
plan
de
circulation
routière
reprend
l'organisation
proposée
par
l'esquisse
d'Ecochard,
en
précisant
le
tracé
de
la
branche
d~
est
l'autoroute.
Il
doit,
à
partir
de
Mbao,
s'écarter de
la N.
et
contourner
par
le
nord
la
ville
de
Rufisque
avant
de
rejoindre,
à
la
hauteur
de
Sébikotane,
la
route
de
Thiès.
Au total,
le
P.D.U.
de
1967
a effectivement
orienté
la
mise en
place
de
la
conurbation
Dakar-Pikine.
Il
est
parvenu
en
outre
à
intégrer
à
cet
ensemble
spatial
les
différentes
couches
de
la
société
urbaine.
Mais
par
l'effet
du
zoning,
la
ségrégation
rési-
dentielle
s'est
accentuée.
Avant
même
d'atteindre
son
terme,
ce
plan était
largement
dépassé,
car
les
extensions
irrégulières
se
multipliaient
le
long
de
la
route
de
Rufisque
et
de
l'axe
Yeumbeul-
Malika,
en
dehors
du
périmètre
officiel
d'urbanisation.
Par ailleurs.
l'intégration des
fonctions
urbaines
n'a
pas
été
réalisée
avec
succès.
La
construction des
grandes
voies
de
dégagement,
qui
selon
le
plan
de
circulation devaient
faciliter
les
liaisons
entre
les
zones
de
résidence
et
d'activité
notamment,
a été
victime des
aléas
d'une
conjoncture économique
défavorable.
En
1977,
fut
décidée
la
révision
du
P.D.U.
mis
en
oeuvre
dix
ans
auparavant.
Les
instances
de
planification
retinrent
d'abord
l'idée
d'un
S.D.A.U.
(92)
pour
l'an
2 000
intitulé
Dakar
II.
Intégrant
la
ville
de
Thiès
dans
la
mouvance
dakaroise,
ce projet
d'aménagement
préconissait
-
la
spécialisation
du
centre de
l'agglomération dans
les
activités
directionnelles
et
le
commerce
-
le
desserrement
de
l'industrie
dakaroise
et
sa
répartition
entre
quatre
sites
alignés
sur
l'axe
Dakar-Thiès
(Thiaroye-Mbao,
Bargny,
Rufisque,
Pout-Sébikotane,
Thiès)
----------------------------------------------------------------
(92)
La
décision
d'élaborer
un
S.D.A.
U.pour
l'an
2000
avait
été
prise
au Conseil
national
de
l'urbanisme
et
de
i'environnement
du
24
mars
1977.
Le
S.D.A.U.
avait
été
préféré
au
P.D.U.
dans
le
but
de
dissocier
les
prévisions d'aménagement
urbain
à
long
terme
(destination des
sols,
définition
des
zones
d'extension
et
de
rénovation,
localisation
des
grandes acti-
vités,
tracé
des
infrastructures . . . )
des
dispositions
régle-
mentaires
régissant
le
droit
des
sols.

137./
-
le
développement
à
l'intérieur
du
Sénégal
de
pôles
de
développement
et
de
métropoles
d'équilibre
pour
remédier
à
l'excès
de
concentration qui
pourrait
résulter
de
la création
d'un
ensemble
métropolitain pléthorique
sur
la
route
Dakar-Thiès.
Sans
renier
ce
parti
d'aménagement,
la
démarche
entamée
au
cours
de
la
dernière décennie
doit
aboutir
à
l'établissement
d'un
nou-
veau
P.D.U.
plûtôt
qu'à
la
réalisation
d'un
S.D.A.U.
d)
Y~L~_1~_~~Q~~~_2~_1~~~_~QQ1_~_1~_L~~lQ~_~LQ~l~~_~~
E~L~E~Ell~~·
Deux
bureaux
d'études
-
S.O.N.E.D.
et
B.C.E.O.M.
-
ont
été
dési-
gnés
en
1980 par
le M.U.H.E.
pour
définir
le
cadre
de
la
crois-
sance
urbaine
de
Dakar au
cours
des
deux
décennies
suivantes.
Le
livre
blanc
publié
en
1982
à ce
propos
expose
la
problématique
de
l'évolution
future
sous
la
forme
d'un
choix
alternatif:
-
appuyer
le
développement
sur
Rufisque
qui
est
la
seule
ville
de
banlieue
digne
de
ce
nom,
nonobstant
un
certain
déclin
économique
intégrer
Thiès
dans
les
perspectives
dakaroises,
et,
alors
projeter
les
extensions
de
l'aire
métropolitaine
en
suivant
une
ligne
Sébikotane -
lac
Retba.
Pikine
est
présenté,
dans
la
dynamique
actuelle,
comme
le
récep-
tacle
de
la
croissance
spatiale,
compte
tenu
de
l'·amenuisement
des
réserves
foncières
de
Dakar.
D'où
la
nécessité
de
renforcer
son
offre
d'emploi
et
la
portée
de
ses
équipements
afin
de
réali-
ser
l'équilibre
de
la
conurbation
fortement
dominée
par
la
commune-
mère.
Les
autres
objectifs
prioritaires
retenus
dans
le
livre
blanc
sont

138./
l'organisation d'un
système
de
transport
à
l'échelle
régionale
à cet égard
les
transports
de
masse
doivent
être
privilégiés
-
la
promotion d'un
modèle
de
développement
urbain
conciliant
les
exigences
de
la
modernité
et
les
valeurs
fondamentales
de
la société sénégalaise
il
s'agit

de
l'affirmation d'un
des
principes de
la
politique
d'urbanisme du
Sénégal
qui"
tend notamment
par
l'utilisation
rationnelle
du
sol,
à
la
création,
pour
l'ensemble de
la
population,
d'un
cadre
de
vie
propice à son
développement harmonieux
sur
les
plans
physique,
économique,
culturel
et
social"
(93)
-
la
révision
des
instruments
régissant
les
réalisations
urbaines
(sociétés
para-publiques
d'intervention,
financement,
réglementation).
2- LE MAQUIS DES REGLES DE CONSTRUCTION
La
diversité
des
formes
qui,
à
Dakar,
frappe
même l'oeil
le
moins
exercé dans
la
lecture
des
paysages
urbains
tient
autant
à
la
fantaisie
des
constructeurs
qu'à
la nature de
la
réglementa-
tion.
Les
servitudes
frappant
les
propriétés
privées
sont
non
seulement
dispersées
à travers divers
documents
(plans
d'urba-
nisme,
code
de
l'urbanisme,
réglements
particuliers . . . ) mais
elles ont
subi,
à maintes
reprises,
les effets de
la
"tempête
législative" qui,
depuis
l'Indépendance,
s'abat
sur
le droit
sénégalais,
notamment
sur
le
droit
de
l'urbanisme.
Sans compter
les
révisions
dont
les
instruments de
planification spatiale
ont
fait
l'objet,
le
code
de
l'urbanisme
a donné
lieu
à
trois
versions
entre
1966 et
1988.
Dans ce
foisonnement
de
textes
réglementaires,
l'on
peut
discri-
miner
entre
les
règles
communes
à l'ensemble
de
l'espace
urbain
et celles
portant
sur
des
secteurs
particuliers.
(93)article premier
de
la
loi
nO
88.05
du
20.06.88
portant
code
de l'urbanisme.

139./
Elles
concernent
les
unes
les
terrains
à bâtir,
les
autres
la
construction
à
proprement
parler.
L'aménagement
des
terrains
à
bâtir
peut
s'effectuer
dans
le
cadre
soit
d'un
lotissement,
soit
d'un
remembrement
ou
d'une
zone
d'amé-
nagement
concerté.
La
physionomie
des
trames
urbaines
dépend
du
degré
de
conformité
de
ces
opérations
avec
les
normes
définies
par
l'Administration.
C'est
le
décret
nO 55.635
du
20 mai
1955
qui,
le
premier,
a statué
sur
la
procédure
d'instruction
des
demandes
d'autorisation de
lotir,
et,
les
règles
selon
lesquelles
un
lotissement
doit
être
réalisé
(94).
La
législation
établit
la
distinction
entre
un
lotissement
et
une
division.
Oans
le
Plan
directeur
de
1961,
cette dernière opération
est
dénommée
morcellement
mais
le
législateur
n'y
spécifie
pas
les
critères
techniques
que
le
morcellement
doit
satisfaire.
En
revanche,
le
Code
de
l'urbanisme
de
1966 définit
la
division
comme
la
séparation d'un
immeuble
d'un
seul
tenant
en
deux
lots
dont
l'un
reste
en
la
possession
du
propriétaire
inital
(95).
Le
nombre
de
lots
pouvant
résulter
d'une
division
est
porté
à
un
maximum
de
six,
dans
les
cas
de
partage
successoral,
en
1988
(96).
Au regard
du
décret
du
20
mai
1955
et
du
Plan
directeur
de
1961,
implicitement
le
lotissement
avait
pour
seule
vocation
de
recevoir
des
habitations.
En
1966,
ce
mode
d'aménagement
foncier
est
pres-
crit
pour
les
établissements
industriels
et
la
mise
en
valeur
(94)
décret
relatif
aux
groupes
d'habitations
et
aux
lotiss~ments
dans
les
territoires
d'outre-mer,
Nouvelle
Calédonie
et
dépendances
exceptées
(J.O.A.O.F.
du
18.6.1955
p.
1035)
(95)
article
64
du
décret
nO
66.1076
du
31i12.1966
portant
de
l'urbanisme
(partie
réglementaire)
(J.O.R.S.
NO
3871
p 146)
(96)
article
152
du
projet
de
décret
portant
code
de
l'urbanisme
(partie
réglementaire
de
la
loi
nO
88.05
du
20.6.1988 p 41)

140./
agricole
(97).
Référence
n'est
faite
aux
trames
intéressant
les
établissements
de
l'artisanat
et
du
tourisme
que
dans
le
code
de
1988
(98).
Lorsqu'un
propriétaire
désire
lotir
son
terrain,
il
doit
en demander
l'autorisation
auprès
de
l'Administration
(99).
Le
contenu
du
dossier
à
constituer
à cet
effet
n'est
précisé
qu'à
partir de
1961.
Selon
les
dispositions
du
Plan
directeur
de
cette
année-là,
il
doit
comprendre
-
un
plan de
masse
dont
l'objet
est
d'apprécier
l'insertion
du
lotissement
dans
les
lieux
avoisinants,
d'identifier
sans
ambigulté
ses
limites
un
plan de
morcellement
avec
le
tracé
de
la
voirie
un
programme
d'exécution
des
travaux
d'aménagement
-
un
cahier
des
charges
stipulant
les
servitudes
d'intérêt
général
q~i grèvent
les
constructions
futures
-
les
statuts
de
l'association
syndicale
des
acquéreurs
appelés,
après
l'ouverture
du
lotissement,
à assurer
la
gestion
et
l'entretien
des
espaces
communautaires
qui
n'auront
pas
été
placés
dans
le
champ
de
compétence
de
la
commune
ou
de
l'Etat
-
un
certificat
délivré
par
le
Conservateur
de
la
propriété
foncière
attestant
la
propriété
du
terrain
à
lotir.
(97)
articles
65,
84
et
85
du
décret
nO 66-1076
du
31.12.1966
(98)
article
154
du
projet
de
décret
complétant
la
loi
nO 88.05
du
20.06.1988.
(99)
en
1955,
l'autorisation
de
lotir
est
accordée
par
le
Chef
du
territoire,
en
1961
par
le
Gouverneur
de
la
région,
en
1966
par
le
Ministre
chargé
de
l'urbanisme.
Dans
un
souci
de
décentralisation,
une
décision
du
Directeur
de
l'urbanis-
me et
de
l'architecture
suffit
pour
les
lotissements
de
moins
de
20
parcelles,
selon
le
projet
de
décret
complétant
la
loi
nO
88.05
du
20.6.1988

141./
Une
fois
nanti de
l'autorisation
sollicitée,
le
lotisseur est
tenu,
sous
peine
d'annulation
dudit
acte
administratif,
de
procéder
à
un
début
d'exécution
des
travaux
d'aménagement
dans
un
délai
de
deux
ans.
Ces
travaux
comprennent
un
nivellement
du
terrain
considéré,
s ' i l
y
a
lieu
l'implantation des
bornes
de
délimitation
des
lots
l'ouverture
des
rues
secondaires
(100)
-
la
distribution
de
l'eau
potable
le
drainage
et
traitement
des
matières
usées
le
raccordement
au
réseau
électrique
-
le
dégagement
des
emplacements
réservés
aux
équipements
collectifs,
aux
espaces
verts
et
au
stationnement
des
engins
motorisés
(101).
Quelle que
soit leur
localisation
dans
Dakar,
les
terrains
dotés
de
ces
différentes
prestations
reviennent
chers,
et,
sont
hors
de
la
portée
du
grand
nombre.
C'est
pour
cette
raison que
le
projet
de
décret
complétant
la
loi
nO
88.05
du
20
juin
1988
prévoit
les
"lotissements à caractère
évolutif"
des
tinés
à
abriter
les
ha-
bitations économiques.
Leurs
normes
de
viabilisation
sont moins
élevées.
Outre
les
indispensables
opérations
de
terrasssement
et
de
délimitation,
les
travaux
d'équipement
consistent
-
au
bitumage
des
routes
d'accès
ou
axes
principaux
du
lotissement
-
à
l'introduction des
services
publics
(eau
potable,
élec-
tricité)
jusqu'à
l'entrée
du
lotissement,
pour
les
terrains
de
moins
de
200 ha
-
au
fonçage
éventuel
d'un
puits
perdu
toutes
les
10
parcelles
(100)
Selon les
dispositions
du
Plan
directeur
de
1961,
l~s rues
carrosable~ des
lotissements
devaient
avoir une
largeur
de
10 m,
contre
4 m pour
les
rues
non carrossables.
Le
code
de
l'urbanisme
de
1988 porte
l'emprise
de
la
voirie revêtue
à
8 m au
moins.
(101)
les
emplacements
pour
les
espaces
verts
et
le
parking
sont
des
innovations
introduites
par
le
Code
de
l'urbanisme
de
1983

142./
_
à
la
délimitation
des
aires
de
station~ement et
d'espaces
ver t s
(102).
L'inobservation
de
ces
règles
expose
à
la
nullité
des
contrats
de
vente
ou
de
bail
que
le
lotisseur
pourrait
conclure
avec
ses
clients,
et,
au
retrait
de
l'autorisation
de
lotir.
Les
sanctions
prévues
au
décret
de
1955 étaient
plus
sévères.
Outre
celles
en
vigueur
actuellement,
le
lotisseur
en
faute
était
puni
aux
peines
figurant
au
paragraphe
15
de
l'article
471
du
Code
pénal
( 103 ) .
Si
ces
dispositions
ont
fini
par
s'imposer
dans
la
commune
de
Dakar,
grâce
à
l'éradication
des
bidonvilles
et
à
la
restructu-
ration
des
vieux
quartiers
tels
que
Reubeuss
et
Rass-Mission
(104),
il
n'en
est
pas
encore
de
même
dans
celle
de
Pikine.
Ici,
le
relâ-
chement
du
contrôle
étatique
a
donné
les
coudées
franches
aux
lotisseurs
clandestins
qui
ont
tenté,
sans
y réussir,
de
recopier
les
trames
d'accueil
mises
en
place
dans
la
ville
régulière.
Leur
esprit
spéculatif
se
conjugueavec
l'absence
de
servitudes
impo-
sées
aux
acquéreurs
de
parcelles
pour
produire
ces
lotissements
dégénérés
qui
ont
envahi
la
périphérie
de
l'agglomération.
C'est
dans
les
textes
réglementaires
adoptés
à
une
date
récente
que
sont
contenues
les
prescriptions
relatives
au
remembrement
foncier
et
à
la
création
des
Z.A.C.
D'autorité,
la
puissance
publique
peut,
en
vertu
du
code
de
l'urbanisme
de
1966
(105),
décider
de
la
rationalisation
du
parcellaire d'un
secteur
urbain
en
procédant
à
une
opération
de
remembrement.
Celle-ci
doit
être
conduite
en
conformité
avec
les
(102)
article
177
du
projet
de
décret
complétant
la
loi
nO
88.05
du
20.6.1988.
(103)
article
5 du
décret
nO
55.635
du
20 mai
1955.
(104)
le
toponyme
pourrait
être
une
déformation
du
nom d'un
pro-
priétaire
terrien,
NILS
RASSMUSSON,
rencontré
dans
les
registres
de
la
Conservation
foncière
de
Dakar
en
1947.
(105)
articles
223
à
244
du
décret
nO
66.1076
du
31.12.1966

143./
modes
d'occupation
des
sols
édictés par
le
plan
d'urbanisme
de
détail
de
l'espace de
référence.
Mais dans
tous
les
cas,
le
nouveau
parcellaire
doit
indiquer
les surfaces
réservées
à
la
voie
publique,
aux
équipements
d'intérêt
général,
aux
espaces
verts
ainsi
que
les
servitudes
d'urbanisme
à
imposer
aux
titulaires de droits
réels.
les
rares
secteurs de
Dakar
qui
jusqu'ici ont
été
touchés
par
un
remembrement
sont
-
les
terrains
acquis
par
expropriation ou
achat
en
vue
de
la création ultérieure de
lotissement d'habitat
planifié
S.I.C.A.P.,
H.L.M.,
Ouagou
Niayes,
Parcelles Assainies,
par
exem-
ple
le
secteur
des
Almadies

l'originalité
de
l'opération
tient
au
fait
qu'elle a porté
principalement
sur
des
titres
fon-
ciers
privés.
Au
passage,
il
faut
noter
que c'est
faute
par
l'Administration de
pouvoir
remembrer
le
parcellaire
que
la rénovation
du
Plateau
a été mise en veilleuse,
du
moins
sous
la
forme
voulue
par
les
pouvoirs
publics.
Les
divers
projets
élaborés dans
ce
sens
ont
été mis
en échec par
la
présence
sur
les
lieux
d'un
patrimoine
bâti
de
haute
valeur.
Après
la consultation
des
collectivités
locales,
l'Etat
peut
également
décider
de
la
création d'une
Z.A.C.
C'est
l'une des
innovations majeures
du
Code
de
l'urbanisme
de
1988.
Ce type
d'aménagement
présente
un
dJuble
avantage
-
d'une
part,
la
cohérence
assurée à
une
interventionmenée
sur
une
grande échelle
-
d'autre
part,
la
possibilité de
programmer
l'équipement
et
la mise à disposition
des
terrains
si
les mécanismes
de
finan-
cement
sont ma1trisés
en
amont.

144./
La
création
récente
de
la
société
d'aménagement
foncier
S.C.A.T.-U.R.B.A.M.
constitue
le
premier
jalon devant
faire
entrer
dans
sa
phase
opérationnelle
la
politique des
Z.A.C.
S'agissant
des dispositions
techniques
relatives
aux
construc-
tions,
il
importe
de
souligner d'abord
que
l'autorisation accor-
dée
par
les
services
administratifs
compétents
pour
édifier
les
locaux
à
usage
d'habitation
ne
vise
que
les
sites
constructibles
(106).
La
répartition
des
édifices
dans
les
lots,
leur
volume,
leurs
dispositions
intérieures
ainsi
que
leur
aspect
extérieur
font
l'objet
d'une
réglementation
pour
des
raisons
évidentes
d'hygiène,
de
sécurité
et
d'esthétique.
Il
est
permis d'implanter
le
principal
corps
de
bâtiment
soit
sur
l'alignement
de
la
rue,
soit
en
retrait
de
celui-ci.
Oans
le
premier
cas,
la
façade
principale doit
être attenante
à
la
voie
publique sur
10
m au
moins.
Dans
le
second
cas,
le
proprié-
taire
de
l'immeuble
est
tenu
d'aménager,
à
l'aide
de
dallages
ou
d'un
jardinet,
l'espace
vide
laissé
par
le
retrait.
En règle
générale,
les
locaux
annexes
peuvent
toucher
les
lignes
sépara-
tives
des
fonds
de
la
parcelle
ou
bien
respecter,
par
rapport
à
celles-ci,
une
marge
d'isolement
de
2,5
m de
large
(107).
Le
patio
sur
lequel
s'ouvrent
et
prennent
jour
les
pièces
du
bâti-
ment
principal' et
des
constructions
de
fond
doit
couvrir
au mini
mum
une
surface
de
30~ (108).
Sur
les
immeubles
sis
à
l'angle
(106)
l'article
21
du
Plan
directeur
de
1961,
l'article
116 du
code
de
l'urbanisme
de
1966,
l'article
211
du
Code
de
l'ur-
banisme de
1988
interdisent
les
constructions
sur
des
sites
exposés aux
risques
d'inondation,
d'érosion,
d'affaissement
ou
d'éboulement.
(107)
article
29
du
P.O.
1961,
article
131
du
C.U.
1966
et article
226
du
C. U.
1988.
(108)
article 256
du
C.U.
1988.

145./
de
voies
pèse
une
servitude
de
visibilité
au
rez-de-chaussée,
ils
doivent
présenter
un
pan
de
mur
coupé
sur
une
longueur
d'au
moins
5
m (109).
Durant
plusieurs
décennies,
la
hauteur
des
locaux
d'habitation
est
restée
enfermée
dans
le
corset
des
formules
L +
m si
la
façcade
est
exposée
à
la
rue,
et,
2
L + h si
elle
donne
sur
u,e
cour
(110).
Mais
dans
le
but
de
favoriser
la
densification
du
bâti
rendue
nécessaire
par
le
rythme
d'urbanisation
de
l'agglomération,
les
normes
de
hauteur
sont
corrigées dans
le
sens
de
la
hausse
par
le
Code
de
l'urbanisme
de
1988
(111).
En
revanche,
on
constate
la
stabilité
des
dispositions concernant
les
saillies
que
peuvent
occasionner
les
constructions
riveraines
des
voies
publiques.
Ces
débordements
sont
formellement
interdits
sur
les
rues
dont
l'emprise
est
inférieure
à
10
m (112)
et
sur
celles
frapp~~s d'une servitude de
portique
(113).
Les
balcons
autorisés
dans
les
voies
larges
de
plus
de
10
m ne
doivent
pas
dépasser
un
maximum
de
1,5
m (114).
(109)
article 28
du
P.O.
1961,
article
130
du
C.U.
1966,
article
225
du
C.U.
1988
( 1 1 a )
dans
la
formule
L +
1
m,
L représente
la
distance
séparant
la
façade
sur
cour
et
la
ligne
séparative
de
fond,
tandis
que
H indique
la
hauteur
prise
du
niveau
du
sol
de
la
cour
au
niveau
du
plancher
du
premier
étage.
(111)
d'après
l'article
228
du
C.U.
1988,
la
hauteur
sur
façade
est
définie
par
la
formule
H
1,3
x L et
la
hauteur
sur
cour
d'après
H = 3 x L.
(112)
article
39
du
P.O.
1961,
article
141
du
C.U.
1966,
article
235
du
C.U.
1988.
(113)
article
40
du
P.O.
1961,
article
142
du
C.U.
1966,
article
236
du
C.U.
1988.
(114)
article
141
du
C.U.
1966,
article
235
du
C.U.
1988.

146./
L'intérieur
des
logements
obéit
aussi
à
des
règles
qui
varient
selon
qu'il
s'agit
de
la
construction
des
pièces
principales
(chambres,
salles
de
séjour),
des
pièces
de
services
(cuisines,
salles
d'eau,
cabinets
d'aisance),
des
dégagements
(halls
d'entrée.
vestibules,
escaliers,
dégagements
intérieurs)
ou
des
dépendances
(caves,
greniers,
débarras,
garages . . . ).
En
dehors
des
dérogations
accordées
aux
habitations
économiques
(115)
les
chambres
à
coucher
doivent
avoir
une
surface
minimale
de
12
~.
Leur
aération
exige
une
ouverture
égale
à
1/6
de
la
surface
du
pla~cher. Après
avoir
été
fixée
à
un
maximum
de
3 m,
la
hauteur
au
plafond
s'établit
actuellement
entre2,50
et
2,80
m
selon
les
conditions
d~ération de l'immeuble (116).
Enfin,
l.'iso-
lat ion
sonore
et
thermique
des
pièces
d'habitation
doit
être
assurée
à
suffisance.
Les
salles
de
séjour
doivent
couvrir
15
~
au
moins,
sauf
pour
les
habitations
économiques
qui
ont
droit
au
minimum
de
12
~.
Omise
dans
les
dispositions
du
Plan
directeur
de
1961,
la
taille
minimale
des
cuisines
a
été
définie
dans
les
réglements
adoptés
ultérieurement
4 ou
6 ~
selon
qu'il
s'agit
d'un
studio,
d'une
habitation
économique
ou
d'un
log:ment
standard;
hauteur
de ,2,40
m
ouverture
pour
l'aération
de
1,50
m (~17).
En
outre,
les
cuisines
doivent
présenter
un
sol
et
des
murs
recouverts
de
matériaux
imperméables,
un
évier
siphoné,
u~
robinet
d'eau,
pota-
ble
(118),
les
installations
nécessaires
POuy
l'éliminatIon
des
fumées.
(115)
le
C.U.
1988
permet
aux
habitations
économiques
de
déroger
à
la
règle
du
minimum
des
12
Œ.
La
surface
des
pièces
est
baissée
à
un
minimum
de
9 ~
dans
les
logements
de
ce
stan-
ding.
(116)
La
hauteur
au
plafond
est
fixée
à
2,50
m dans
des
conditions
de
ventilation
parfaite,
et,
à
2,60
m dans
les
immeubles
entièrment
climatisés.
(117)
articles
154
et
157
du
C.U
1966,
articles
248
~t
251
du
C.U
1 988
( 1 18)
art icI e 251
duC. U.
1 988

147./
Exception
faite
des
studios,
dans
les
locaux
d'habitation
la
salle
d'eau
doit
être
séparée
du
cabinet
d'aisance.
Cette
pièce
réservée
aux
douches
doit
mesurer
4 ~ pour une
hauteur
de
2,40 m,
disposer
d'une
fenêtre
pour
l'ajour
et
d'un
.r e v t e men t
ê
mural
capable
de
résister
aux
buées.
Son
plancher
doit
être conçu
avec
des
matériaux
imperméables
(119).
Le
cabinet
d'aisance
est
quant
à
lui
assujetti
à
un
mode
d'im-
plantation
strict.
Sa
porte
d'entrée
ne
doit
donner
ni
sur une
cuisine,
ni
sur
une
chambre.
Les
conditions
d'étanchéité
des
cuvettes,
des
urinoirs
et
des
conduits
assurant
l'aération
ou
le
drainage
des
eaux
vannes
doivent
être
parfaites
(120).
Dégagements
et
dépendances
internes
du
logement
doivent
répondre
à
des
spécificatio~s techniques où
le
souci
de
sécurité
est
évident.
Ainsi
les
chambres
situées
sous
les
combles
dJivent
être
assurées
d'une
isolation
thermique
et
d'un
moyen
d'aération
(121).
il
en
est
de
même
des
caves
qui,
de
surcroît,
doivent
être
hors
d'attein-
te
de
l'humidité
et
des
animaux
nuisibles
(122).
Des
escaliers ou
des
ascenseurs
sont
imposés
dans
les maisons
à
étages.
Dans
celles
présentant
moins
de
quatre
niveaux,
des
es-
caliers
ajourés
et
ventilés,
d'un
gabarit
qui
facilite
l'évacua-
tion
normale
des
personnes
en
danger
sont
de
rigueur
(123).
----------------------------------------------------------------
( 1 1 9 )
article
57
du
P.O.
1 96 1 ,
article
58
du
C. U.
1 966 ,
article
248
du
C. U.
1988
( 1 20 )
article
253
du
C. U.
1988
( 1 2 1 )
article 59
du
P.O.
1 96 1 ,
article
1 6 1 du
C. U.
1966,
article
255
du
C. U.
1988.
( 1 22 )
article
50
du
P.O.
1961,
article
1 5 1 du
C. U.
1966,
articles
245
et
246
du
C . U.
1988.
( 1 23)
article 62
du
P.O.
196 1 ,
article
163
du
C. U.
1966,
article
257
du
C. U.
1988.

148./
L'ascenseur
est
rendu
obligatoire
au-dessus
de
quatre
étages
(124).
A quelques
nuances
près,
les
servitudes
imposées
depuis
l'Indé-
pendance
quant
à
l'aspect
extérieur
des
constructions
sont
restées
en
vigueur.
L'interdiction
de
construire
avec
des
matériaux
précaires seule
a subi
une
modification
dans
son
cham~ d'application.
Jusqu'en
1966,
des
dérogations
à
la
règle
de
construction
en
dur
étaient
accordées
pour
les
secteurs
de
Grand
Dakar
et Médina
(125).
Depuis
lors,
i l
n'y
a
plus
d'exception.
Un matériau
comme
le
bois
n'est
autorisé
que
pour
les
menuiseries.
Il
doit
recevoir
un
en-
duit
protecteur
spécifique
s ' i l
est
utilisé
pour
les
cloisons
ou
les
toitures
(126).
La
tôle
peut
servir
à
recouvrir
les
cons-
tructions
à
condition
qu'elle
soit
neuve
et
assortie
d'un
pla-
fonnage
garantissant
l'isolation
thermique.
L'usage
du
fibro-
ciment
dans
les
toitures
est
également
admis.
Une
fois
montés,
les
murs
doivent
subir
un
traitement
qui
s'appli-
que
à
toutes
les
façades.
Le
premier
soin
à
leur
apporter
consiste
au
crépissage
(127).
A cela
s'ajoute
la
peinture
qui
doit
s'ins-
crire
dans
les
tons
clairs
pour
ce
qui
concerne
l'extérieur
(12~).
Outre
les
saillies
faisant
partie
des
constructions,
les acces-
soires
ajoutés
aux
façades
principales
des
bâtiments
à
usage
rési-
dentiel
sont
codifiés.
(124)
ARTICLE 63
du
P.O.
1961,
article
164
du
C.U.
1966,
article
258
du
C.U.
1988
(125)
l'article
18
du
P.O.
1961
accordnnt
cette
dérogation
n'est
repris
ni
dans
le
C.U.
1966,
ni
dans
le C.U.
1988.
(126)
selon
l'article
18
du
P.O.
1961,
l'article
139 du
C.U.
1966
et
l'article
233
du
C.U.
1988,
le
bois
admis
dans
les
cloi-
sons
des constructions
en
dur
doit
être
ignifugé.
Il
doit
être
enrobé
d'une
substance
anti-termite
lorsque
le bois
sert
pour
les
toitures.
(127)
article
38
du
P.O.
1961
article
138
du
C.U.
1966,
article
232
duC. U.
1988.
(128)
article
19
du
P.O.
1961,
article
140
du
C.U.
1966,
article
234
du
C.U.
1988.

149./
Aucun
propriétaire
ne
peut
s'opposer,
le
cas
échéant,
à
la
fixation
sur
son
immeuble
d'une
console
destinée
aux
cables
électriques
(129).
Interdiction
est
faite
de
construire
les
conduits
de
fumée
et
les
tuyaux
de
chute
de
W.C.
sur
les
façades
principales
des
bâtime;,ts
(130).
De la
rue,
les étendoirs
de
linge
ne
doivent
pas
être
visibles
(131).
La
saillie
des
enseignes
fixées
perpe;,diculairement à
une
façade
sur
rue
ne
saurait
dépasser
2
m (132).
Enfin
les
immeubles
comprenant
plusieurs
ap~artements doivent
être
pourvus
d'un dispositif
spécial
d'acçrochage
d'antennes
de
transmissions,
dans
la
mesure

l'ap~arition de
ces
supports
dans
la
rue
est
prohibée
(133).
L'arrêté
nO 224B
du
lB
mars
19B1
uniformise
quasiment
les
règles
de
construction
dans
la
région
de
Oakar
(134).
Mais
la
plupart
des
formes
architecturales
actuelles
sont
façonnées
selon
des
normeo
(129)
article 49
bis
du
P.O.
1961,
article
150
du
C.U.
1966,
articlE
244
du
C.U.
19BB.
(130)
article 41
du
P.O.
1961,
article
143
du
C.U.
1966,
article
237
duC. U.
1 9 BB .
(131)
article 44
du
P.O.
1961,
article
145
du
C.U.
1966,
article
239
du
C.U.
19BB
(132)
articles
45
à
49
bis
du
P.O.
1961,
articles
146
du
C.U.
1966,
articles
240
à
244
du
C.U.
19BB.
( 1 33 )
article 43
du
P.O.
1961
( 1 34 )
l'arrêté
224B
du
lB
mars
19B1
ne
prévoit
de
dispositions
par-
ticulières
que
pour
le
Plateau
les
autres
parties
de
l'ag-
glomération
sont
régies
par
les
mêmes
normes
de
hauteur,
de C.O.S.
et
de
places
de
parking.

150./
établies
antérieurement,
notamment
par
les
réglements
de
zoning
des
plans
d'urbanisme
de
1946 et
de
1961.
Le
Plateau
mérite
d'être
considéré
à
part,
en
raison
de
l'importance
des
enjeux
immobiliers
que
soulignent
les
dispositions
particulières
régissant
les modes
de
mise
en
valeur
dJ
sol,
et,
l'instruc-
tion
des
permis
de
construire.
y sont
admis
les
maisons
individuelles
implantées
sur
des
par-
celles
de
250
à
50J ~,
ainsi
que
des
immeubles
collectifs
(135).
Au sud
de
l'avenue
de
la
République,
la
règle
de
gabarit
limite
le
nombre
d'étages
autorisés
à
2
(136).
Au nord
de
cet
axe,
la
hauteur
des
immeubles
est
fonction
de
l'emprise
des
voies
(137)
sauf pour
celles
inférieures
à
10
m.
Les
constructions attenan-
tes
à
ces
dernières
ne
peuvent
compter
plus
de
quatre
étages
dont
le
dernier
doit
être
disposé
en
retrait.
Sur
les
parcelles,
la
densité
des
constructions
ne
pouvait
dépasser
10
% selon
le
P.O.U.
de
1946.
Elle
a
été
portée
à
40
% voire
60 % le
long
des
grandes
artères
par
l'arrêté
d~
18
mars
1981
(138).
Une
autre
mojification
du
réglement
s'observe
pour
ce
qui
est
de
la
locali-
sation
du
commerce
dans
cette
zone
mixte.
En
1946,
i l
était
dit
que
"l'intallation
des
boutiques
sera
autorisée
à
des
emplacements
prévus
au
plan masse"
(139).
Par
contre,
le
P.O.
de
1961
réserve
aux
locaux
commerciaux
et
de
service
(garages,
buanderies . . . )
le
rez-de
chaussée
des
immeubles
(140)
( 1 3 5 )
réglement
de
zoning
du
P.O.U.
1946,
article
121
du
P.O.1961
( 1 3 6 )
article
4 de
l'arrêté
du
18
mars
1981.
( 1 3 7 )
l'article
3 de
l'arrêté
du
18
mars
1981
établit
ainsi
les
règles
de
prospect
H
L +
sur
rue
(L
Largeur
de
la
rue)
et
H
2 L +
3,50
m sur
cour
(L
= pro-
fondeur
de
la
cour).
( 1 38 )
Le
taux
général
d'occupation
du
sol
accordé
par
l'arrêté
précité est
de
40
%.
Il
est
porté
à
60 % pour
les
parcelles
atténantes
aux
avenues
et
boulevards,
dans
l'espace compris
entre
l'avenue
de
la
République
et
l'avenue Malick
Sy
(article
4).
(139)
réglement
de
zoning
du
secteur
F du
P.O.U.
de
1946.
(140)
article
122
du
P.O.
1961.

151./
Hors
du
Plateau,
prévalent
les
règles
communes
contenues
dans
l'a r r ê t é
du
18
ma r s
1981
(141).
l i n ' en
é t ait
pas
t ou j 0 urs
ainsi
dans
le
passé.
Les
plans
d'urbanisme
de
1946
et
de
1961
distinguaient,
e~
plus
du
centre-ville
(zones
E,
F ou
E,
zone
commerciale)
les
secteurs
résidentiels
suivants
dotés
chacun
da
dispositions
réglementaires
particulières
-
secteurs
A
habitations
individuelles
en
concessions
à
caractère
fermé
constructions
de
caractère
provisoire
(142).
secteur
B
habitations
individuelles
en
concession
à
caractère
ouvert
secteur
C
habitations
individuelles
en
propriétés
moyenn~
secteur
D
habitations
individuelles
en
grandes
propriét~-
Sur
les
documents
graphiques
du
P.D.U.
1946,
les
secteurs
A
couvraient
les
quartiers
populaires
de
Grand
Dakar
et
de
Pikine.
Le
caractère
provisoire
des
constructions
était
plutôt
déterminé
par
le
statut
d'occupation
des
terrains
que
rar
le
niveau
de
vie
de
la
population
résidente.
Car
des
requêtes
adressées
par
l'A.M.G.D.
à
l'administration
montre
qu'à
Grand
Dakar,
par
exem-
ple,
nombre
de
personnes
qui
venaient
d'être
installées
sur
le
nouveau
lotissement
avaient
la
possibilit(
de
mettre
en
valeur
leurs
lots
sous
d'autres
formes
que
celles
imposées
par
le
régle-
"'~,1t des
constructions
de
1949
(1b3).
Il
a
fallu
subir
les
effets
-------------------------------------
(141)
articles
2 et
3 de
l'arrêté
nO ;;;;-~~-~;-::~:-~;;~-~:~:~~~~
à
la
hauteur
des
co,structions
a'J
taux
t
, d ' o c c u p a t i o n dJ
sol
e
au
stationnement
des
v~hicules.
(142)
La
zone
A rés~rvée a
.
.
.
-
ux
constructIons
provisoires
était
u'e
de:ogatlon
accordée
par
l'article
18
d
P D
salt
en S '
U
• •
1961
qui
dispo-
. .
on
premler
alinéa
que"
dans
toute
l'étendue
du
~~~~~~~~~: ~~u~~~_~u ~la~ d:aménag:ment régional de la
réservés
aux
lot~
e r ,
a
1
exceptIon
des
secteurs
A
.
Issements
d'occupatio
' .
Interdites
tOute-
const
t.
n
prOVISOIre,
so~t
planches
de
.
~.
.
ruc
Ions
et
clôtures
en
torc~is, en
recuperatl0n,
carton
bitumé . . . "
(143)
en
vertu
d~
l'arrêté
nO 4701
du
28
septembre
1949
pris
par
le
Gouverneur
du
Sénégal,
seules
les
constructions
provisoires
étaient
autorisées
dans
la
zone
dite
Al
couvrn .. t
le
p3rimètre
formé
par
la
route
des
Puits,
les
rues
J, 11
e t
1 2 .
'Ce t
arr ê té
a va i t

ad
é
0 ;J t é
à
une
époque
0 II 1 e
pro fJ r .r:
me des
travaux
du
S.T.A.G.D.
avait
obligé
d'Administration
à
reloger
précipitamment
des
personnes
devant
déguerpir
des
lon~s
de
servitude.

152./
catastrophiques
d~s
incendies
répétés
pour
que
l'obligation
de
n'implanter
q~e
des
édifices
en
matériaux
précaires
fOt
abrogée
en
1957
(144).
Mais
les
nouvelles
règles
PJbliées
à
cette
d s t e
pour
a u t-o r Ls e r
];·e-l1t~l:.oi" d-es ..Jlla"~i..a.u'l<' en- dur
n'allaient
dJnner
droit
qu'à
d=s
constructions
basses
(145).
i
",
La
densification
n'a
véritablement
démarré
qu'à
partir
de
1961'
à
la
suite
de
l'ado~tion des
fameuses
règles
oe
prospect
fixant
la
hauteur
des
façades
sur
rue
et
sur
cour
re~pectivement à L+1m
et
P ..
m (146).
Ainsi
donc
depuis
1957,
Grand
Dakar
échappait
théoriquement
au
régime
des
établissements
provisoires
et
participait
de
celui
des
habitations
en
concession
à
caractère
fermé.
La
taille
minimale
d~s
parc211es
portant
ce
type
de
logement
était
fixée
à
150
~ par
le
Plan
dir~cteur de
1961.
Sur
les
lots,
les
COf'S-
t r o c t r o n s
pouvaient
avoir
u ri e
densité
de
35
ou
50
% selon
q ' J ' : l
s'agisait
d~
maisons
en
rez-de-chaussée
ou
à
un
étage.
L'arrêté
du
18
mars
1981
a
relevé
le
taux
d'occupation
du
sol
à
60
%,
même
pour
les
imrncubles
ayant
un
niveau
(147).
Pikine
a
cessé
tacitement
d'être
un
secteur
~<clusif de
construc-
tructions
provisoires
à
partir
du
mo~ent o~
le
permis
d'oc2uper
attribué
aux
bénéficiaires
de
parcelles
distrtbuées
par
l'Adminis-
tf aU (J n po IJ V 1\\1t s e r vi!' _d ~ : lt r e p ~ 'Jr 0 bt ~ r} 1 r LIn e _a u t o r 1 5 ~ t1 (' nd e
1
tonstruire
en
d'Jr
(148).
Les
régIes
ga'JVer"nn:
les
constructions
scn~ celles
Ins:rites
j i l l S
l ' a r r ! t é
du
18
m3rs
1381.
(144)
réglement
relatif
aux
constructions
de
la
zone
dJ
Grand
Dakar
annexé
a û
plan
220
U d2
1957.
(145)
l'article
3
du
réglement
précité
disposait
que
"
la
hauteur
maximum
des
constructions
mesurée
du
niveau
haut
du
trottoir
à
l'égout
du
toit
ou
de
la
terrasse
ne
devra
excéder
5 m"
(146)
article
32
du
P.O.
1961.
(147)
article
3 de
l'arrêté
nO 2248
du
18
mars
1981.
(148)
le
permis
d'occuper
est
admis
comme
un
titre
pouvant
donner
droit
à
une
autorisation
de
construire
par
l'article
3 du
réglement
adopté
en
1957
pour
Grand
Dakar,
et,
par
l'article
9
du
P.O.
de
1961.

153./
Faisaient
partie du
secteur
de
résid~nce B,
les
Q~artiers devant
naître
au
nord
d~
Médina en
1946,
exception
faite
du
secteur
A.
Il
s'agissait précisément du
Point
E,
de
la
Zone A,
de
la
Zone
B,
de
Bopp
et
des
enviro,s
du
Parc à mazout
de
Colob3ne.
Dans
ce
secteur
réservé
à
des
habitations
fa~iliales de
type
individuel,
les
parcelles devaient
avoir
une
surface minimale de
140
~ en
1946,
portée à
300
~ au
moins
en
1961
(149).
Elles
devaient
être
ento~rées de clôtures basses éventuellement égayées par une
décoration
florale.
A l'intérieur,
les
constrûctions ne
pouvaient
dép3sser
d'abord
40
% de
la
surface
du
lot.
Puis
il
f
ut
sp!ci-
fié
Que
selon
le
type
adopté,
elles
ne
devaient
dépasser
50
%
pour
les
maisons
en
rez-de-chaussée
surélevées,
et,
30
% pour
celles comptant
un
étage.
Les dépendances
des
pièces d'habita-
tion
étaient
susceptibles
d'une
incorporation au
bâtiment
princi-
pal.
Plusieurs édifices
pouvaient
être implantés de
manière
contiguë,
à
conjition
Que
la
longueur
des
façades
ne
dépassât
pas
une
Quarantaine
de mètres.
En dehors
de
la
résidence,
le sec-
teûr
était
habilité
à
abriter
des
entreprises
artisanales
non
polluantes.
Les
dispositions
intéressant
le
secteur C (Fann)
ne
différaient
de
celles
Qui
viennent
d'être
décrites
Que
du
point
de
vue
de
la dimension
d~s parcelles
et de
la
densité
des
constructions.
Ici
les
lots
devaient
avoir
au
moins
u,e
consistance
de
50J
~.
Le
plafond
légal
de
densité
était
fixé
entre 25 et
35
% selon
Que
la construction
correspondait
à
une
maison
à
étage ou
en
rez-
de-chaussée
(150).
Une
partie du
secteur 0 de
1946,
notamment
Fenêtre
Mermoz,
a
été
rattachée
au
secteur de
Fann
en
1961.
De la
sort
e,
les
habitations
en
grandes
propriétés
se
limitent
désorm3is
aux
Almadies.
De 2000
en
1946,
leur
superficie minimale
fut
réduite
à
1.500
~ en
1961.
Tout
en
reconnaissant
la
liberté de
choix
(149)
réglement
de
zoning
du
P.O.U.
de
1946
article
115
du
P.O.
de
1961.
(150)
réglement
de
zoning
du
P.O.U.
de
1946
article
117
du
P.O.
de
1961.

154./
en
matière
architecturale,
le
réglement
de
ce
secteur
en
rapide
urbanisation
impose
daux
principales
s=rvitudes
aux
constructeurs
la
disposition
des
im~eubles sur
un
mode
discontinu,
et,
l'incorporation
des
dépe~da~ces au
corps
prin-
cipal
d'habitation.
Hormis
les
logements,
les
seuls
autres
locaux
admis
sont
les
ateliers
d'artistes
ainsi
que
les
petits
centres
com~erciaux destinés
à
l'approvisionnement
des
habitants
da
ces
quartiers
(151).
Il
reste
à
sig~aler
que
Médina
au
sujet
de
laquelle
le
P.O.U.
de
1946
n'avait
envisagé
qu'un
décongestion~eme~t et
un
assai-
nissement
a été
dotée
d'un
réglement
particulier
en
1961.
Celui-
ci
visait
la dédensification
du
secteur.
La
hauteur
des
cons-
tructions
était
limitée
à
un
niveau
égal
à
l'emprise d3S
rues
(152).
Mais
l'arrêté
du
18
mars
1981
est
intervenu
pour
renverser
cette
tendance
par
la
suite,
en
relevant
le
plafond
légal
de
densité.
Malgré
l'existence
de
ce
droit
dos
sols
établi
depuis
plusieurs
décen~ies, les constructions
réalisées
selo~ les
voies
légales
représe~tent annuellement à
peine
la
moitié
des
constructions
totales
effectuées
dans
l'agglomération
dakaroise.
Un tel
para-
doxe
procède des
insuffisances
inhérentes
à
la
police
de
l'ur-
banisme.
3 - LES CARENCES D= LA POLICE DE L'URBANISME
En
principe,
un
double
contrôle
est
exercé
par
les
services
compétents
sur
les
constructions
u~ contrôle à
priori
lors
de
la
présentation
da
la
demande
d'autorisation
de
construire,
et,
un
contrôle
à
posteriori
après
achèvement
des
travaux.
( 151 )
article
119 du
P.O.
de
196 1
( 152 )
article
116
du
P.O.
de
1961

155./
Elle
a été
instituée
par
le
décret du
14
avril
1904
relatif
à
la protection
de
la
santé
pu~lique en
A.O.F.,
et,
l'arrêté
d~
21
juin
1905
concernant
la
construction
et
la
salubrité
des
maisons.
Il
s'agit
donc
d'une
disposition
réglementaire
quasi-séculaire.
Le
permis
de
construire est
exigé
pour
la
réalisation
de
tous
travaux
neufs
ou
entrepris
sur
des
constructio,s
d~jà existantes.
N'en
sont
exemptés
que
la démolition
d'ouvrages
menaçant
de
tom-
ber
en
ruines,
les
travaux
effectués
par
les
sociétés conces-
sionnaires
et
ceux couverts
par
le
secret
de
la
défense
nationale.
L'Administration
octroie
ou
refuse
au
requérant
l'autorisation
de
~onstruire après
avoir
apprécié
la
conformité de
son
dossier
de
demande.
Celui-ci
doit
comprendre
-
un
titre
d'occupation
délivré
par
le
Conservateur
de
la
propriété
foncière
(153)
-
une
notice
décrivant
la
nature
et
le
coût
des
travaux
à exécuter
-
des
documents
graphiques
(plan
de
situation,
pla,
de
masse,
dessins
d'ensemble)
élaborés
par
les
ho~mes de
l'art
(154).
L'obligation
faite
à
toute
personne
ayant
u'
projet
pe
co's-
tructio'
de
justifier
so,
droit
d'usade dû
sol
par
ûn
titre
d'oc~upatio' exclut de
la
procédure
de
l'autorisation
de
cons-
truire
plus
de
la
moitié
de
l'agglomération
(155).
Il
s'agit
notamment
des
lotissements
clandestins
réalisés
dans
la
commune
de
Pikine
et
près
des
villages
traditionnels
lébou.
Leurs
occu-
pants
ne
peuvent
faire
valoir
ni
droit
ni
titre.
(153)
article
9
du
P.O.
1961,
article
91
du
C.U.
1966
et
article
193
du
C.U.
1988.
(154)
article 9 du
P.O.
1961,
article
92
dJ C.U.
1966
et
article
194
du
C.U.
1988.
(155)
annuellement,
le
Service
régional
de
l'urbanisme
de Dakar
accorde
en
moyenne
250J
autorisations
de
construire
dont
les
50
% concernent
des
travaux
neufs.
Le
total
des
constructio'-
réalisées
dans
la
région
est
estimé
à 550
par
an.

156./
Par
ailleurs,
le
quart
des
demandes
instruites
par
le
Service
régional
de
l'urbanisme
so,t sanctionnées
par
un
rejet
motivé
soit
par
le
caractère
incomplet
du
dossier,
soit
par
un
défaut
de
conformité
avec
les
règles
de
gabarit,
ou
bien
par
l'insuf-
fisance
des aménagemsnts.
En
fait,
l'octroi
dJ
psrmis
de
construire
ne crée
de
droit
que
si
le
bénéficiaire
exécute
les
prescriptions qui
s'y
atta-
chent.
Or
l'expérience
montre
que
beaucoup
de
~onstructeurs
sino,
font
l'impasse
sur
les
travaux
d'aménagement(
voirie,
réseaJx
divers,
parking,
espaces
verts),
du
moins
les
exécutent
avec
du
retard.
Mais
en
raison
de
la
forte
demande,
ces
lo~ements
inachevés
sont
pris
malgré
tout
par
les
candidats
à
la
propriété,
quitte
à
envoyer
par
la
suite des
pétitions
à
l'Administration
pour
qu'elle
pallie
les
carences.
On aurait
pu
faire
l'éco'~mie
de
telles
situatio~s si
tous
les
bénéficiaires de
l'autorisation
de
construire
déclaraient
l'achèvement
des
travaux
qu'ils
o,t
fait
entreprendre,
afin
d'obtenir
u'
certificat
de
conformité.
Cependant
seul
le
tiers
des
demandeurs
agréés
s'acquitte de
cette
formalité
(156).
Jusqu'à
la
veille
de
l'Indépe~dance, la délivrance des
auto-
risations
de
construire et
du
certificat
d'habitabilité
sa,c-
tionnant
la
conformité
des
travaux
d'habitation
relevait
des
services
mJnicipaux
d'hygiène.
Ces
derniers
luttèrent
avec
détermination
contre
les
constructions
n~n conformes ou no,
autorisées
(157).
Mais
leur
action
fut
souvent
paralysée par
- ._---------~---------~---.....;-_.....:.._------- --_._----_. -_. -------- --- .:....:-
(156)
le
défaut_d~ déclaration _de l'ac~èvement des travaux après
un
~élai de trois ans à compter de la date de délivrance
de
l'aJtorisation
de
co~struire entraine"la
cadJcité
de
c.iille-ci.
ç 1 57) 1 e n 'J m;) r e d e pro c è :; - ver bau ( ,j r e,s 5 é s P <1;: leS e r 'Ile e d' HY_
giè'le
a
~volué ainsi e~tre 1930 et 1;36
321
e~ 1950,
208
en
1951,
138
en
1952,
293
en
1953,
725
en
1954,
827
en
1955
et
695
en
1956.

157./
des
conflits
de
compétence
avec
les
services
des
Travaux
Publics
(158)
et
l'insuffisance
des
moyens
de coercition
sur
les
constructeurs
irréguliers
(159).
Le
Commissariat
à l'Urbanisme et
à
l'Habitat
puis
la
Directio,
de
l'Urba-
nisme
qui
héritèrent,
à p3rtir de
1957,
des
attributio,s dJ
bureau
mu,icipal
d'hygiène
ont
vécu
une
situation
analogue,
faute
de
moyens
de
répression
adéquats.
Par
exemple,
la
Direction
de
l'Urbanisme
ne
disposait
en
1965
que
de
2 contrô-
leurs
pour
suivre
toutes
les
constructions
sur
l'ensemble
de
la
presqu'île
du
Cap-Vert.
Et
même
si
le
nombre de
ces
agents
fut
porté
à
8 p3r
la
suite,
leur
rendement
eut
beaucoup
à
souffrir
de
l'inSuffisance
d~s
moyens
lo~istiques.
Au cours
des
années
1970,
l'Administratio,
manifesta
la
ferme
volo,té
d'enrayer
les
co,structio,s
et
oc~upatio,s irrégulières.
Ainsi
a
été créée
au
sein
de
la
Direction
de
l'Urb3nisme
et
de
l'Habitat
une
division
chargée
spécifiquement
du
contrôle
des
co,structio,s.
Le
Co,seil
national
de
l'Urbanisme
du
15
mai
1972 proposa
de
militariser
le
corps
des
contrôleurs
pour
renforcer
son
autorité,
ainsi
que
les
mesures
de
police
à
pren-
dre
à
l'encontre
d~s contrevenants
à
la
réglementation.
L'année
suivante,
la
même
instance
préconisa
une
série d'actio,s
con-
crètes
telles
que
-
la
créatio,
de
postes
d~ surveilla,ce d3ns
les
arro,disse-
ments
les
plus
vulnérables
(4e
et
5e arrondissements)
-
l'organisation
d~
missions
aériennes
à des
intervalles
rapprochés
pour
suivre
l'évolution
de
l'habitat
informel
(158)
ces
conflits
de
compétence
surven3ient
notamment
lors-
qu'il
s'agissait
de
sévir
contre
des
oc~upatio,s irré-
gulières
de
terrains
publics.
(159)
le
Service
d'Hygiène
demanda
vainement
la
possibilité
d'infliger
des
amandes
forfaitaires
exigibles
sur
place,
par
exe~ple.

158./
la
mobilisation
des
forces
de
sécurité
équipées
au
besoin
d'engIns
de
dé~olltion (160).
Mais
en
1975,
ce
programme
n'avait
pas
encore
été
réalisé
dJ
fait
du
retard
accusé
p3r
la
mise
en
place
des
crédits
néczssaires
(161).
Donc
à
l'exce~tion
d,s
dég~erpissem=nts décidés
dans
le
cadre
de
la
politique
de
rénovation
urbaine,
la
répression
jes
in-
fractions
au
droit
de
la
construction
n:
s'est
exercée
que
d,
ma nière
épisodiqJe
au
cOJrs
de
la
période
récante.
Tel
a
été
le
cas
aJ
milieu
des
années
1980
o~
quelques
opérations
"coup
de
poing"
ont
eu
raison
des
q u a r t Le r s
spontanés
de
Grand
Yoff
et
du
Foirail
de
Mbao.
Il
s'en
est
suivi
d'ailleurs
un
concert
da
protestions
véhémentes
orchestrées
par
les
partis
politiques
d'cpposition
qui
se~ble, depuis
lors,
avoir
P?ussé
l'Adminis-
tration
à
surseoir
à
la
méthoje
autoritaire
de
contrôle
des
cO'lstructions.
Prenant
conscience
de
l'inefficacité
de
ces
mesures
de
police,
les
services
de
l'urbanisme
tentent
à
Hann-Dalifort
une
expé-
rience
de
rzstructuration
d'un
quartier
irrégJlier
de
520
mai-
sons
abrItant
envIron
7 000
habitants.
Sa
réussIte
tient
esse'l-
tiellement
à
la
mobilisation
de
la
population
qui
a
ad~éré
à
ce
projet-pilote
en
y
investissant
à
la
fois
ses
ressources
financières
et
sa
force
de
travail.
I l
s'agit
non
seule~ent
de
réorganiser
le
parcellaire
et
d'apport~r un
minimum
d'éqJi-
pe~ent, mais
aussi
d'assurer
la
sécurité
foncière
pour
favoriser
( 1 60)
C'est
au
Conseil
national
de
l'urbanism=
du
6
Août
1973
que
furent
prises
ces
décisions
consistant
à
crécr
des
poste;
d=
sJrvelliance
à
Ca~bérène,
Patte
d'Oie,
yorr,
Ngor,
Ouakam,
Grand
Yoff,
rront
d!
Terre,
Hann-Pêcheur,
Pikine
Irrégulier,
Yeumbeul,
Ab3ttoirs,
Thiaroye-sur-~cr,
Mbao
et
Ca~
d!s
Oiches
organiser
tous
les
2 mols
p~r
dcs
avions
de
l'armée
de
l ' a i r
des
missions
sur
les
zones
vulnérables.
(161)
Ces
meSJres
nécessItaient
d!s
crédits
d'un
montant
de
1 l ,e
mlillons
FerA.

159./
l'amélioration du
cadre
bâti,
d~ développer des actions
en matière
de
santé et
d'environnement,
et,
d~ promouvoir
l'emploi
d~s
actifs.
E.N.O.A.
-
Tiers
Monde
pre~d, depuis plusie~rs an~ées, des
initiatives de
même
nature
dans
le
secteur
de
Grand
Yoff.
A première
vue,
les
diverses
contraventions
aux
règles
d'utili-
sation du
sol
peuvent
être
perçues
comme
la marque
d'un esprit
d'indiscipline
favorisé
par
les
care~ces des
services
assurant
la gestion
de
l'espace
urbain.
Mais
ne
traduisent-elles
pas
aussi
l'inadaptatio, des normes
régissant
l'aménag~ment de
la
ville
officielle? Sous
d~
no~breux aspects,
le
droit
de
l'ur-
banisme
en
vigue~r au
Sénégal
est
un
décalque
des
textes
fran-
çais
ou
la
reproductio~ d~
dispositions
arrêtées
durant
la
période
coloniale
pour
faire
face
à
certaines
urgences
aujour-
d'hui
dépassées
(162).
par
ailleurs,
u'
nombre
important
de
néo-citadins
ignorent,
faute
d'instructio"
catte
régleme~tation (163).
Les
trames
irrégulières qui
d~ ce
fait
sont
introduites
dans
le
tissu
urbain
occupent
une
place d'autant
plus
importante
que
le
circuit
formel
de
promotio,
foncière
et
immobilière
co~porte
des
exclusions
do~t sont
victimes
les
secteurs
dominés
de
la
populatio~.
~~62) Nous· faisons allusion. la gejfion autoritaire dJnt
l'espace
spontané
a été
pe~dant longtemps
l'objet.
Avec
l'évolution,
il
n'est
plus
nécessairement
assimilable
aux
taujis
qui
font
peser
des
menaces
sur
la
santé
publique.
Un bâti
de
bonne
qualité
peut
y
être
édifié
(Cité Millionnaire).
(163)
La
plu~art des
néo-citadins
comme
ceux
de
Grand
Yoff et
du
P.K.
15
d~
la
route
de
Rufisque
dont
les
habitations
ont
été
démolies
en
1985
ignorent
la procédure administrative
à
suivre
pour
l'achat
d'un
terrain
ou
la
construction
d'un
immeuble.
Ils
sont
de
ce
fait
la
victime
désig~ée
des
spéculateurs
et
autres
intermédiaires
qui
se
font
pompeusement
appeler
"agents
d'affaires".

160./
C) LA PRODUCTION DU CADRE BÂTI
Sous
l'effet
de
la
croissance
démographique
et
de
la
recom-
position
je la
société
urbaine,
le
parc
immobilier
de
Dakar
s'est
notablement
agrandi
et
diversifié.
Entre
1955
et
'9B~,
le
nombre
d~ logements rece~sés dans
l'agglomération est
passé
de
59.500
à
130631
unités.
De même
certains
types
d'habitat
s'y
sont
accrus
tandis
que
j'autres
o~t marqué
un
recul
ou
ont

leur
production cesser.
Malgré
l'importance
de
la
part
prise
par
la
promotion
immobilière
p~blique et privée dans
l'aména-
geme~t d'espac&s
habités,
la
production
artisanale
demeure
l'ag~nt prin:ipal
de
la
création
urbaine.
Son
rôle
est
déter-
minant
dans
la
résorption
des
situations
d~
pénurie
q~i
trou-
vent
leur
origine
dans
les
difFicultés
rencontrées
par
moments
pour
le
drainage
des
ressources
vars
la
construction.
1 - LES MODALIT~S DU FINA~CEM~NT
Les
capitaux
nécessaires
à
l'habitat
proviennent
de
diverses
sources
allant
du
budget
d~
l'Etat
au
~écule du
~etit
épar-
gnant
recueilli
à
travers
les
tontines,
en
passant
par
les
investissements
des
promoteurs
privés
et
l'aide
Financière
internationale.
De loin
l'appareil
d'Etat,
niveau
central
et
collectivités
décentralisées
compris,
est
le
plus
grand
pourvoyeur
de
Fonds
destinés
a~ secteur
urb~in. Cette p:ééminance
réponj
~
son
rôle
dans
le
p:ocessus
j"lrbonisation q~i consiste
à
l'orienter
et
à
adaoter
l'inFrastrûcture
et
les
équipements
d~s
Formations
urbaines
à
leur
sit'lation
économlque et
social!.

161./
Les
fonds
publics
s~
composent
des
allocations
insc~ites au
budget
gén~ral et au budg~t des municipalités,
ainsi
que
les
investis5em~n~s effectu!s
pa:
les
a:ganismes
para-publics
in~ervenant dans
la
prodiJ:tion
du
bâti
(164).
Sous
la
colonisation,
l'on
entendait
par
bujget
général,
celui
d~
l'A.O.F.
dont
les
crédits
assuraient
l'essentiel
du
finan-
cement
de
l'infrastructure
et
des
équipements
de
la
capitale
fédérale
(165).
Dakar
en
profitait
doublement
par
le
truchement
de
dotations
directes
et
par
la
contrib~tion du
b~dget
g~néral
aux
dépenses
de
la
Circonscription
de
Dakar
et
Dépendances
(166).
Le
territoire
du
Sénégal
ainsi
que
les
municipalités
de
Dakar
et
de
Gorée
pouvaient
participer
à
la
mise
des
fonjs
nécessités
par
les
travaux
d'aménagement
urbain.
Mais
leurs
contrib~tions
étaient
relativement
faibles.
Il
en
est
autrement
depuis
l'Ind!pendance.
Cependant
si
le
rôle
allocatif du
b~dget
national
d'éq~ipement s'est
ac~ru,
les
investissements
com~unaux dans
le
secteur
urbain
de
la
région
de
Dakar
(167)
se
limitent
à
10
% des
investissements
publics
totaux.
Jusqu'en
1976,
les
ressources
inscrites
au
budget
d'équipement
(164)
le
secteur
para-public
concourant
à
la
production du
bâti
est
très
étendu.
Arbitrairement,
il
est
circonscrit
dans
les
lignes
qui
suivent
aux
organismes
logeurs
publics
( SI. C . A. P .,
H. L . M.,
H. A. M. O.,
S. C . A. T.
-
U. R. B. A. M. )
(165)
les
études
d'urbanisme,
l'indemnisation des
terrains
expropriés,
la
construction
de
la
voirie
primaire
et
de
l'infrastructure
d'assainissement
majeure,
l'édification
des
logements
administratifs
du
Gouvernement
général
étaient
en
granje
partie,
parfois
même
intégralement,
prises
en
charge
par
le
budget
de
l'A.O.F.
(166)
le
budg~t d~ la C.D.D.
(1924
-
1946)
était
alimenté
par
des
contributions
du
territoire
du
Sénégal,
des
municipa-
lités
et
du
budget
général.
De
1946
à
1959,
la
Délégation
de
Dakar
se
substitua
à
la
C.D.D.
(167)
les
statistiques
récentes
ne
détaillent
pas
les
parts
respectives
d~s communes de Dakar,
Pikine
et
Rufisque-
Bargny.
Mais
on
peut
supposer
que
les
deux
premières
reçoivent
l'essentiel
des
allocations
Publiques.

162./
au
profit
de
l'habitat
étaient
intégralement affectées
a~
ministère
compétent.
A partir
de
cette date,
le
mécanisme
de
transfert
subit
u~e modificatio' par suite d~ l'institu-
tio'
du
Fonds
po~r l'amélioration de
l'habitat
et
de
l'urba-
nisme
(F.A,H.U.).
Ce
fo,d5
d'un
mo,ta,t
de
1,3
milliard
FCFA
ouvert
a~ Trésor
p~blic est alime~té par
des
recettes
fis~ales
(168).
Initialement,
il
a été
utilisé
pour
accorder
des
sub-
ventions
d'exploitatio,
à
l'O.H.L.M.,
et,
pour
fina~cer les
V.R.O.
dans
les
lotissements
créés
par
les
organismes
para-
publics.
Dans
la
mesure
o~
l'action
de
la
S.I.C.A.P.
et
de
l'O.H.L.M.
s'est
fait
le plus
sentir
à
Dakar,
on
peut
conclure
q~e de
1976
à
197~,
le
F.A.H.U.
a
essentiellem~nt
servi
à
entre-
prendre
d~s opérations
immobilières
d3ns
la
capitale.
La
persis-
tance
des
problèmes
de
lo~ement va provoquer la définition d'une
nouvelle
clé
de
répartition
de ce
fo,ds.
Ainsi,
en
vertu
d'u,e
conventio' d'affectation
conclue
le
12
décembre
1979,
l'Etat
d~cida, po~r une
d0rée
de
10
ans,
de
m~ttre à
la
disposition
d~
la
BanqJ~ d~
l'Habitat
du
Sénégal
nouvellem~nt fondée
les
8 0
% d u
F. ,A . H. U.
Leu r
t r ans fer t
a 'J x con s t r u c t e urs
sou s
1 a
for me
de
"prêts
bonifiés"
(169)
a
avantagé
les
projets
im~obiliers
réalisés
à
Oa~ar
o~
fonctionne
jusq~'ici l'unique guichet de
la
b a n q r s
(170).
Le
budget
de
l'Etat
contribue également
au
logement
des
fonc-
tionnaires
soit
par
le
versement
d'indemnités
représentatives,
soit
par
le paiement
des
loyers
sur
des
immeubles
privés
con-
ventionnés.
Sur
les
2204
logem~nts à
usage
administratif d~nom­
brés
a~ Sénégal en
1983-1984,
les
1372
soit 62
% étaient
loca-
lisés
à
a x a r
(171)
ü
(168)
Ces
recettes
fiscales
se
composent
dJ
prélèvement
de
2
%
sur
les
salaires
du
secteur
p~blic et
privé,et,
de
1 %
de
la surtaxe
sur
les
plus-values
immobilières.
(169)
la
B.H.S.
accorde
des
"prêts
bonifiés"
ou
prêts
aidés
à
des
titulaires
de
revenus
co~pris entre le SMIG et
150.000
FCFA pour
l'acq0isitio, ou
la
réalisation
d'un
logement
dont
le
coOt
n'excède
pas
8
millions
de
francs
CF A.
1
(170)
de
197~ à
1982,
la
B.H.S.
a
fInancé
la
construction
d~
3018
logements
dont
103
seulement,
soIt
3 %,
ont
été
réalisés
hors
d~ la
région
de
Dakar.
(171)
Ministère
dJ
Pla,
et
de
la
Coo~ératio'-PolitiqJe d~
l'habitat,
vol
AB,
p 6

163./
L'aide public
au
financement
de
l'habitat
se
traduit
de
manière
indirecte
aussi
par
des
moins-values
de
recettes
du
Trésor
pu-
blic
consenties
au
titre
des
exonérations
à
des
entreprises
ou
des
particuliers
(172).
Excepttion
faite
du
financement
conjoint
du
lotissement
de
Fass-Bâtiments
construit
avec
la
Circonscription
de
Dakar
et
Dépendances
en
1944
-
1945,
au
plus
fort
de
la
crise
du
logement
de
l'entre-deux-guerres,
l'intervention
des
municipalités
dans
le
domaine
de
l'habitat
est
limitée.
Au cours
des
deux
dernières
décennies,
leur
contribution
n'a
pas
dépassé
10
% du
montant
des
investissements
publics
réalisé
au
profit
des
collectivités
locales
urbaines
de
la
région
(173).
Sur
des
budgets
qui
se
mon-
tent
à
10
milliards
de
francs
CFA,
les
communes
de
Dakar
consa-
crent
en
moyenne
les
13
% seulement
à
des
dépe~ses d'investis-
sement.
Celles-ci
intéressent
quasi
entièrement
l'aménageme~t
urbain,
car
le
secteur
primaire
n'en
absorbe
qu'environ
5 %.
Les
travaux
financés
par
les
municipalités
portent
sur
l'infras-
tructure
d'accompagnement
du
logement,
voirie,
éclairage
public,
équipement
commercial,
médico-sanitaire
et
socio-éducatif
(174).
Plusieurs
entreprises
du
secteur
para-public
s'i~téresse~t aux
opérations
d'habitat
dans
la
capitale
soit
parce
que
de
telles
interventions
s'inscrivent
dans
leur
domaine
d'activité,
soit
en
vue
d'aider
leurs
employés
à
trouver
un
logement.
Du premier
cas
relèvent
la
B.H.S.,
les
sociétés
de
promotion
immobilière
ou
d'aménagement
foncier
comme
la
S.I.C.A.P.
(172)
Parmi
les
avantages
fiscaux
accordés
figurent
l'exoné-
ration
partielle
sur
les
bénéfices
procurés
par
les
inves-
tissements
dans
l'habitat,
la
réduction
de
la
T.V.A.
et
le
remboursement
du
prélèvement
pour
le
budget
d'équipement
auquel
sont
assujetties
les
entreprises
privées,
etc.
(173)
Ministère
du
Plan
et
de
la
Coopération.
L'intervention
allocative
publique
dans
le
secteur
urbain
sénégalais
P.9.2
(174)
Les
investissements
communaux
identifiés
à
travers
les
Ve
et
VIe
plans
de
développement
couvrant
la
période
77/85
montrent
une
variation
des
domaines
prioritaires
d'une
tranche
quinquennale
à
l'autre.
En
1977/1981
les
deux
premières
places
étaient
occupées
par
l'équipement
commerci"
et
la
voIrIe.
Ils
y
sont
remplacés
en
81/85
par
l'équipeme~'
soclo-éducatlf
et
la
protectIon
de
la
~ature.

164./
laS . N. H. L . M.,
H. A. M. O.
e t
S. C . A. T . - U• R . B• A. M.
(1 75)
La
B.H.S.
a été
créée
en
vue
de
remédier
à
la c rt s e
de
finan-
cement
de
la
constrûction
survenue
au
cours des
années
1970
après
le
retrait
de
la
Caisse
Centrale
de Coopération
Economi-
que
(C.C.C.E.)
du
domaine
de
l'habitat.
Il
en
résulta
un
net
ralentissement
du
rythme
de
production
des
organismes
dépen-
dant-de
ce
partenaire
français,
et,
une
forte
hausse
du
prix
des
logements
qu'ils
parvenaient
à
livrer
au
marché.
Aussi
pour
résorber
le
déficit
d'habitations
planifiées,
le
Gouver-
nement
décida-t-il
lors
du
conseil
interministériel
du
22
mai
1978
de
mettre
sur
pied
une
institution
propre
à
promouvoir
le
financement
d'un
plus
grand
nombre
de
logements.
L'année
suivante
la
B.H.S.
fût
créée
avec
un
capital
d'un
milliard
de
fran=s
CFA,
souscrit
à
42,3 % par
le
secteur
public.
L'objec-
tif
premier
assigné
à
cet
établissement
de
crédit
consiste
en
l'octroi,
à
l'aide
de
fonds
publics
(F.A.H.U.)
ajoutés
à des
ressources
d'autres
origines
(épargne
des
ménages,
marché
financier,
réescompte
de
la
banque,
recyclage
des
amortissements
de
prêts)
de
financements
destinés
à
l'exécution
de
programmes
da
logements
so=iaux.
Au 30
Septem~re 1985,
autrement
dit
en
cinq
ans
d'activité,
l'encours
des
crédits
alloués
aux
particûliers
et
aux
promo-
teurs
s'élevait
à
10,9 milliards
da
francs
CFA,
représentant
3415
prêts
dont
72
% da
prêts
"aidés".
Comme
Indiqué
plus
~aut,
la
répartition
spatiale
de
ces
financements
fait
la
part
belle
à
Oakar
qui
en
a
absorbé
plus
de
90 %.
Tout
com~e la
B.H.S.,
les
sociétés
immobilières
du
secteur
étatique
ont
été
engendrées
par
un
contexte
de
crise.
L'acuité
de
la
pénurie
de
logement
des
années
1940 avait
fait
sentir
- · - - - 1 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
(175)
la
B.H.S.
seule
est
retenue
parmi
les
banques
du
secteur
para-public
puisqu'au
moment

ces
lignes
sont
écrites,
les
autres
institutions
fInancières
sont
en
restructu-
rat ton
en
~u~
di!
l~'Jr
fusion.

165./
la
nécessité
de
lancer
u,
programme
de
~onstruction immobi-
lière
avec
mise
à
exécution
im~édiate. Mais
l'Administration
coloniale
se
trouvait
dans
l'im~Jssibilité da passer
rapid~-
ment
à
l'actio,
à
cause
de
la
rigidité
d:s
règles
de
procé-
dJre
financière.
Elle
e~visag~a, au
lendemain
d~
la
dernière
guerre
mo,diale,
d:
confier
l'exécution
da
sa
politique
d'ha-
bitat
à
u,
Jrganisme
non
sou~is aux
lourd:urs
des
règles
ad-
ministratives mais
do,t
la
gestion
resterait
sous
son
contrôle.
C'est
ainsi
q~'elle proposa
e~
1949
au
Grand
Conseil
d~
l'A.O.F,
qJi
l'ap~rouva, la
constitutio,
d'une
société
im~obilière
du
Cap-Vert
(S.I.C.A.P.)
dJnt
l'Etat
serait
le
principal
actionnaire.
Sur
avis
favorable
du
co~ité
directeur
du
F.I.O.E.S.
en
date
du
19
juin
1950,
le
Ministre
de
la
France
d'Outre-Mer
donna
l'a~torisation de
co,stituer
cette
société
le
24
juillet
suivant.
En
1951,
la
S.I.C.A.P.
démarra
ses
activités
avec
un
capital
de
100 millions
d~
françs
CFA.
Ses
objectifs
initiaux
étaient
les
suivants
-
supprim:r
la
crise
du
logem~nt,
améliorer
les
conditions
de
l'habitat
e~
A.O.F.
et
participer
à
ces
fins
à
l'exécutio,
des
plans d'aménag~me~t des
villes,
notam~e,t de ceux découlant
d~
l'application
du
P.O.U.
de
la
régio,
du
Cap-Vert
pUJlié
e~
1946
l'acquisitio"
la
~ise en
valeur
et
la
gestion
de
terrains
-
l'aménagement,
la
géran:e
de
tous
im~eubles, m1isons
de
rapport
ou
hôtels.
Oep~is lors,
la
S.I.C.A.P.
a con,u
des
évolutions
internes
(176),
mais
les
obj~ctifs précités ont été conservés moyennant
u,e
adaptation au
contexte
de
l'Ind!pendance.
De
1951
à
1984,
ses
investissem~nts concentrés
à
Dakar
ont
atteint
19,9 mil-
liards
de
francs
CFA correspJndant
à
un
parc
de
10
500
logements
en
chiffres
ronds.
Jusqu'en
1974,
la
SICAP
a opéré
sur
fonds
propres
et
des
crédits
accord!s
par
la
C.C.C.E.
L'arrêt
(176)En
1982,
le
~apital de
la
SICAP
avait
atteint
660,6 millions
FCFA dont
les
97
% étaient
souscrits
par
l'Etat
du
Sé~ég11.

166./
des
enga~em~nts de ce partenaire eut
un
effet
n~faste sur
sa
trésorerie
et
sa
capacité
da
prodJction
au
cours
de
la
période
1974-1979.
Contrainte de
recourir
à
des
emprunts
bancaires
aux
taux
ordinaires,
et,
de
puiser
d3vantage
sur
ses
ressources,
la
S.I.C.A.P.
se
retrouva
rapidement
dans
une
im~asse finan:ière
avec
des
dettes
se
chifFrant
à
8.546
millions
de
fran:s
CFA
pour
des
créances
à
court
terme
de
2000
millions
en
1982
(177).
Il
s'ensuivit
une
chute
de
la
prodJction
qui
p3ssa
de
4
276
logements
en
1960
-
1973
à
1832
logements
en
1974-1980
soit
une
b3isse
d'activité
de
42
%.
Par
ailleurs,
la
commercialisation
des
logements
livrés
à
la
demande
solvable
subit
un
renchérissement
tel
que
seule
une
infime
élite
sociale
pouvait
y prétendre
(178).
Il
a
fallu
attendre
la
redéfinition
de
la
politique
de
l'habitat
à
p3rtir
de
1980
pJur
que
la
S.I.C.A.P.
réoriente
ses
program~es en
direction
du
plus
grand
no~bre dJnt elle
s'était
détournés
par
suite
de
la
création de
l'O.H.L.M.
Dans
s~s
réalisations
des
années
1970
dominait
le
logement
de mJyen
ou
de
grand
standing.
L'O.H.L.M.,
actuellement
érigé
en
so:iété
nationale,
est
ap~aru sur
la
scène
urbaine
en
1959.
C'était
le
commencement
d'une
période marquée
par
d'impJrtants
travaux
de
construction.
En dépit
de
l'exécution
de
programmes
d'urgence
successifs,
la
S.I.C.A.P.
n'était
p3S
parvenue
à
résorber
la
crise qui
avait
justifié
sa
création.
En outre,
du
fait
de
la
reprise
des
migrations
vers
Dakar,
les
bidJnvilles
que
le
Service
d'Hygiène
avait
réussi
à
juguler
quelques
décennies
auparavant
com~ençaient à
proliférer.
Le
relâchement
du
contrôle
des
constructions
3 la veille
de
l'Indépendance
y avait
beaucoup
aidé.
Ces
établissements
spontanés
étaient
le
long
de
l'auto-
route
ou
sur
des
terrains ron en:ore
bâtis
de
la zone
charnière
(177)
Conseil
Economique
et
Social
Etude
sur
l'habitat
du
Sénégal.
p 6
(178)
Les
loyers
mensuels
des
logements
construits
à
Fenêtre
Mermoz
et
Sacré
Coeur
1
allaient
de
99.000
à
175.000
FCFA'.
Pour
y accéder,
il
fallait
justifier de
revenus
mensuels
représentant
le
triple
de
ces
montants.
Or
le
revenu
moyen mensuel
à
Dakar
atteignait
67.700
FCFA p3r
ménage
en
1980.

167./
D'après
un
rece~sem,nt
e~trepris
par
la
D.A.T.,
cette
forme
d'habitat
couvrait
158,5
ha
e~
1963
au
sud
de
la
Route
dos
Puits,
soit
5 % de
la
surface
dos
arro,dissements
concernés.
C'est
sur
l'em~lacement d,
ces
bidonvilles
q~, la
rén3vatio,
urbain,
tro~~a li bre
cours
avant
de
ga~'er d'autres
secteu:s
de
l'ag~lomération.
La
lecture
des
missio,s
initialement
fixées
à
l'O.H.L.M.
ne
permet
pas
à
elle
seule
d'appréhe~der ce
co,texte.
L'ordonnance
d,
créatio,
de
l'office
lui
donne
pJur
v3cation de
"réaliser
en
milieu
urbain,
com~e e~ milieu
rural,
des
constructions
à
usage
d'habitatio'
destinées
essentielleme~t a~
logement
des
travailleurs
disp3sant
d,
reSSO'Jrces
mod,stes . . . "
Implicitement
don:,
les
H.L.M.
visent
à
l'origine
à
corriger
les
disparités
spatiales
ainsi
q~e
les
exclusions
so:iales
inhérentes
aux
programmes
d'habitat
planifié
alors
e~
vigueur.
La
loi
du
16
juin
1973
élargit
les
missio,s
d,
l'O.H.L.M.
à
la
réalisation
d,
parcelles
assainies.
Les
fina,cements
de
l'O.H.L.M.
étaient
p:in:ipalement
assurés
par
les
transferts
provenant
d~
budget
de
fonctionnement,
et,
secondairement
par
les
prêts
de
la
C.C.C.E.
et
les
fonds
pro-
pre s
(179).
Ju s q ~ 'à
1 a cr é a t i 0,
du
F. A. H. U.
le
versement
d,
la
subvention
an~u,lle de
l'Etat
ne
s'efFectuait
ni
selon
un
critère
fixe
ni
de
faço,
intégrale.
Son
mJ,tant
subissait,
notamment
a~
cours
des
années
1970,
des
fluctuatio,s
qui
ren-
daie~t aléatoire
la
~rogrammatio' des
opératio,s
de
constructio,
(180).
A com~ter
de
l'exercice
1976/1977,
fut
ado~tée la
mesure
(179)
c'est
la
loi
nO 60.0J9
du
13/1/1960
qui
a institué
le
prélèvement
da
2 % sur
les
salaires
et
traitements
versés
par
les
secteurs
public
et
pri~é ainsi
que
la
cotisatio,
de
solidarité
due
par
les
em~loyeurs (2%
de
la
masse
salariale)
représentant
la
taxe
à
l'habitat.
Une
partie
de
ces
recettes
budgétis~e était
affectée
à
l'O.H.L.M.
so~s
forme
d,
subvention.
(180)
sur
un
~ontant
fixé
à 627
millio,s
en
1969/1970,
l'OHLM
reçut
300
millio,s
e~
1970/1971
= 650 millions de dotation
et
627
millio,s
reçus;
1971/1972
600
millions
intégrale-
ment
versés
1972/1973
et
1973/1974
50a
millions
de
dotation
totaleme,t
versés
1974/1975
740/520
millions
reçus.

168./
affectant
les
50% des
recettes
tirées
de
la
contrib~tion
p~~r l'habitat à l'O.H.L.M.
Cela
n'améliora
guère
la
situation
financière
de
l'office
dans
la
mesure

il
devait
s'adresser
au
marché
financier
sé~égalais afin da pallier le "gap" laissé
par
le
retrait
de
la C.C.C.E.
du
dJ~aine
da
l'habitat.
Pour
poursuivre malgré
tout
sa
production,
l'O.H.L.M.
à
l'instar
de
la S.I.C.A.P.
intensifia
l'utilisation de
ses
ressources
propres,
et,
fit
plus
largemant
ap~el aux
prêts
commercia~x,
s'exposant
ainsi
à des
difficultés
de
trésorerie.
Ces
dernières
l'entrainèrent
dans
une
dérive
l'éloignant
de
sa
clie~tèle-cible
définie
dans
les
statuts da
l'e~treprise (181).
La
transforma-
tion
récente
de
l'office
en
société
nationale
devrait
faciliter
à
la
n~uvelle e~tité l'accès
a~x
financements
extérie~rs, et,
aider
à
l'assainissement
de
sa
gestion.
Au total,
entre
1960
et
1982,
un
parc da
9836
logements
éQui-
valant
près de
11
milliards
da
francs
CFA
d'investissement
a p~
être constitvé
par
la
société.
L'agglomération
Dakar-Pikine
en
abrite
les
70
%.
La
société des
Habitations
Modernes
(H.A.M.O.)
a démarré
ses
activités
a~ déb~t des années
1980,
mais
l'id!e
d'introduire
la
pré-fabrication
dans
la
construction
immobilière
avait
été
déjà
agitée pendant
la
décennie
précédente
(182).
Oe~x facte~rs
sont
à
l'o:iglne
de
la
lenteur
subie
par
la
mise
en
oavvre
de
ce
procédé
d'une
part
la
recherche
par
l'Etat
de
partenaires,
de
l'autre le
souci
de
préservar
de
la
conc~rren:e d'une
produc-
la
tion
a~tomatisée de
l'habitat
main-d'oeuvre
de
tâcherons
assez
importante
parmi
la
p~~ulation activa
de
Dakar.
C'est
la
per-
sistance da
la crise
du
logement
planifié
jusqu'à
une
période
(lal)Le
coOt
mayen
j'J
logement
a été
multiplié par
6
entre
1971/1972
et
1977/1973.
(182)
l'idée de
recou
rir
à
la
~ré-fabricatlon afin d'accélérer
le
rythme
de
la
construction
d'habitations
planifiées
est,
à
n~tre connaissance,
rendue pu~liQue pour
la
première
fols
par
le
ra~port du
~lnlstre
chargé da
l'urbanis~e a~
Conseil
national
de
l'U.P.S.
(parti
gJuve~nemantal) te~u
le
1,~
avril
1974.

169./
ré~ente Qui a fav~risé l'entcée en a:tiv:té de cette société.
Datée
d'une
capa:ité
de
p7Qd~ctiJn annuellede 2.000 logements,
H.A.M.O.
tra'taille
a:tuellement
en-desso~s de ses possibilités
réelles
à
caU5e
des
contraintes
de
financement.
Néanmoins,
elle
a construit
entre
1981
et
1939
quelq~es
220 maisons
dans
la
commune
de
Pikine,
soit
un
investissement
de
5,710
milliards
CFA
fournis
pJ~r
l'essentiel
par
la
B.H.S.
La
Société Centrale
d'Aména]ement
des
Terrains
Urbains
(S.C.A.T.-
U.R.8.A.M.),
une
so:iété
d'économie
mixte,
vient
à
peine
de
se
constituer.
Les
concours
de
la
B.H.S.
dJivent
lui
permettre,
dans
les
cinq
années
à
venir,
de
viabiliser
et
d'éqJiper
8 500
parcelles
dans
la
région
de
Dakar.
Il
existe,
à
travers
l'agglomération
u~ nombre croissant de
lotissements
à
usage
d'habitation
auxq~els est
accolé
le
no~
d'une
collectivité
publique
ou
la
raison
sociale
d'un
organisme
para-p~blic (O.P.T.,
Port
de
co~~erce, Assemblée
Nationale . . . ).
La
plupart
d'entre
eux
sont
construits
grâce
à
l'effort
des
coopératives
de
travailleurs
et
non
~3r
les
employeurs
eux-mêmes
qJi,
cependant,
ont
aidé
aux
acquisitions
foncières,
vJire
allo~é d!s
subventions.
C'est
dans
l'immédiat
a~rès-guerre q~e
d'impJrtants
fonds
publics
ont
été
mobilisés
pour
la
construc-
tion
de
logements
administratifs
(villas
de
Fann-Résidence,
Mermoz,
Terme Sud
cités
de
la
Police
et
des
Douanes . . . ).
A
l'Indépendance,
le
mouvement
s'est
tassé
du
fait
du
rapatrie-
ment
dans
leurs
pays
d'origine
d'un
grand
no~bre de
fon:tion-
naires
du
gouvernement
de
l'A.O.F.
Rares
ont
été même
les entre-
prises
para-publiques
à
inve5tir
dans
la
construction
immobi-
lière.
En
dehors
du
Port
de
commerce,
il
n'y
a
eu
~~e les enga-
gements
des
institutions
de
prévJyance so:iale
Caisse
de
Sécurité
Sociale
(C.S.S.)
et
l'Institut
de
Prévoyance
pour
la
Retraite
au
Sénégal
(I.P.R.E.S.).
La
réglementation qui
régit
leur
fonctionnement
les
autorise
à
employer
une
partie
d!
leurs

170./
provisions
techniques
dans
de
tels
investissements.
L'actif
immobilier
d~
la
C.S.S.
comprend,
outre ses
locaux
profes-
sionnels,
huit
immeubles
de
rap~ort d'une
valeur
estimée à
une centaine
de
millions de
francs
CFA.
Toujours
à
Dakar,
cette
institution
a construit
2 cités
pour
SOl
personnel.
Les
agents
qui
n'y
lo~ent pas peuvent
avoir
accès
à
un
prêt-habitat.
Hors
dJ
système
bancaire,
l'épargle
privée
injectée
dans
la
projJction
dJ
bâti
dakarois
est
im~Jssible à
évaluer.
Les
com-
pilations
statistiques obtenues
ne
reflètent
pas
la
réalité
car
certains
investissements,
difficiles
à
estimer,
passent
par
des
circuits
organisés
spontanément
avant
de
parvenir
à
la
construction
immobilière.
L'état
actuel
des
connaissan:es
surl'épargle
non
captée
par
la
collecte
bancaire ne
permet
d'en
faire
qu'une
description.
L'enga~ement des
banques
privées
dans
l'immobilier,
à
quel-
ques
exceptions
près,
s'est
de
tous
tem~s limité
à
l'octroi
de
prêts
à
leurs
agents
voulant
accéder
à
un
logement
ou
à
la
clientèle
des
particuliers
et
des
promoteurs.
Durant
la
période
étujiée,
les
rares
exemples
d'implication
jirecte
au
titre
de
maîtres
d'ouvrage
se
raPPJrtent
à
l'aménagement
de
la
cité
B.I.A.O.
du
Point
E ou
celui
dJ
lotissement
de OuagJu
Niayes
(183).
(183)
Le
lotissement
de
OuagJu
Niayes
a été
financé
par
le
Groupement
Fon:ier
de
Dakar,
un
holding
formé
par
une
banque
(Banque
suisse
et
française
d'investissement),
un
établissement
finan:ier
(Ceisse
ce
Dépôts
et
de
.
Consignations),
diverses
comragnies
d'assuran:es
(r~c'ci~enfs", :'Su: :a Vie", "Nation31e -Risques divers" ..
sociétés
immobilJères
("Grourement
Foncier
Africain",
"Sociét! Immobilière et
Financière
Africaine")
d'origine
métropolitaine.

171./
Le
crédit
immobilier
a
été
institué
à Dakar
en
1926
avec
la
création de
l'OfFice
des
Habitations
Economiques.
Mais
jusqu'au
début
des
années
1950,
les
actions de
l'O.H.E.
ont
été
très
discrètes
(184).
Le
réaménageme~t
de
l'e~vironneme~t institutionnel
de
la
construction
intervenu
simultanément
au
lancement
dJ
~rogramme
social
de
l'habitat
e~
A.O.F.
par
le
F.I.D.E.S.
va
imprimer
un
n"uvel
élan
au
système
des
prêts
immobiliers
(185).
Cette
pério-
de
euphorique
s'est
achevée
à
l'Indépe~dance
avec
l'instaura-
tion
d'un
autre
co~texte où
l'accent
est
p"rté
sur
l'emploi
prioritaire
das
ressources
nationales
pour
das
activités
pro-
ductives.
L'aida
allouée
par
l'ancien~e métrop"le en matière
d'habitat
a été
transférée
aux
organisme
sénégalais
relevant
du
secteur
étatique
Crédit
du
Sé~égal
transformé
ultérieure-
me~t
en
B.N.O.S.
d'une
part,
de
l'a~tre S.I.C.A.P.
et
O.H.L.M.
Oe
leur
côté,
les
banques
commerciales
ont. amorcé
un
désengage-
ment
progressif
d'autant
que
le
réescompte
das
crédits
immobi-
liers
était
très
aléatoire.
La
création
récente
de
la B.H.S.
n'a
fait
q~e co,forter cet
attentisme
du
système
bancaire.
Les
16
établis5eme~ts
à
voca-
tion
générale
opérant
à
Dakar
ne
so,t
intervenus
q~e pour moi-
tié
dans
la
masse
de
crédits
immobiliers
recensés
en
1985
à
la
B.C.E.A.O.,
soit
un
total
de
32.756
millions
de
francs
CFA(186
Leur
attitude
tient
à
plusieurs
raisons
parmi
lesq~elles o~ peut
citer
(194)
l'O.H.E.
a
été
cré~ par
le
d~cret dl]
14
jui'
1926 do,t
les
conditions
d'appli~ation on~
été
précisées
par
l'arr.êtt
du
25
février
1927.
Le
but
visé
était
d'amé-
liorérl'habitat
indigène
grâce
à
l'octroi
da
prêts
rem~oursables en
15
ans
aux
propriétaires
de
terrains.
So~ action
fut
considérableme~t gênée
par
la
faiblesse
des
revenus
d~ la
populatio'-cible.
(185)
Les
sociétés
qui
acceptaient
da
s'e~gager dans
d~s
investisseme~ts immobiliers
pouvaient
bénéficier
no,
seuleme~t des
appuis
da
la
Caisse
Centrale
de
la
Fra,ce
d'Outre-Mer
(aval
pour
les
emprunts
à
concurrence
de
50
%)
mais
aussi
des
avantages
fiscaux
accordés
e~
1950 par
le
gouvernement
de
l'A.O.F.
(exonératio,
de
B.I.C.,
etc.)
(186)
Ministère
dJ
Pia,
et
de
la
Coo~ératlo'
l'habitat
vol
Al
p 98.

172./
-
la
faible
marge
de
profit
fixée
par
la
banqJe
centrale
(187
la
longueur
dudélai
d'a~ortissement des
prêts
-
les
risques
da
recoJrir
à la
procédure
contentieuse
pour
obtenir
le
rem~oursement das
fo,js
prêtés.
A cause de
la
rigueur
de
ses critères,
le
crédit
bancaire
destiné
à
l'habitat
est
très
sélectif.
Il
marginalise
da
fait
une
fraction
importante
des
ménages
urbains.
La
primauté
accordée
par
les
ba,qJes
aJx
garanties
de
rem~ou=sement en~rain!
une
exclusion des
non-salariés
qJi
ne
sont
pas
à même de
justi-
fier
de
leur
aisance
matérielle.
En effet,
les
revenus
du
tra-
vailleur
indépendant
n'offrent
pas
la
garantie
de
stabilité
considérée
comme
u,
gage
de
remboursement
régJlier
du
crédit.
De s'Jrcroit,
certains
non-salariés,
notamment
ceux
relevant
dJ
secteur
informel,
sont
d3ns
une
situation
foncière
illégale
qui
les
prive
d'un
titre
d'occupation
se
prêtant
aJ
nantissement.
Par
ailleurs,
le
loyer
da
l'argent
reste
relativement
cher
co~pte tenu
du
niveau
de
vie
et
de
sa
lente croissance.
Même
si
les
prêts
consentis
à
l'habitat
social
sont
"aidés"
aJ
~oyen
de
certains
avanta~es fiscaJx,
le
mode
de
calcul
das
intérêts
est conçu
d'une
manière
qui
les
rend
onéreux
pOJr
le
plus
grand
no~~re (189).
Les
laissés
pOJr
com~te dJ
système
bancaire
n'oot
d'aJtre
choix
que
le
recoJrs
aux
ressources mobilisées
par
la
collecte
informelle.
Les
obser~atio's faites
dans
différents
qJartiers
da
Dakar
montrent
qJe
pOJr
certaines
cOJches
de
la
population
l'acces-
sion
à la
propriété
bâtie donne
lieJ
au
déclenchement
d'un
élan
(187)
la
marga
financière
est
plafonnée à
un
maximu~
de
3
points en
plus
du
tau~
préférentiel
de
la
B.C.E.A.O.
~tablJ ~ 8 % par
an.
(188)
les
intérêts
sont
composés

173./
de
solidarité
familiale
autour
de
l'aspirant
propriétaire.
En plus
das mises
de
fond
de
ce
darnier,
il
y a
les
tra'sferts
dont
il
peut
bénéficier
de
la
part
de
ses
parents
et
de
ses
divers
amis
sous
forme
de
do,s
ou
da
p:êts.
Mais
il
ne
s'agit
très
fréq"em~ent que
d'u,
appoint.
l'investissement
prin:ipal
provient
de
l'effo:t
personnel
de
l'accédan~. A l'origine de
l'accumulation
il
peut
y avoir
les
revenus
procurés
par
l'exer-
cice d'une
activité
secondaire.
C'est
le
cas
par
exem~le de
l'ouvrier
électricien
ou
mécanicien
em~loyé d3ns
le
secteur
moderne
et
q"i,
à
ses
moments
libres,
effectue
du
travail
pour
ses
pro~res clients.
les
fo'ds
peuvent
égalemant
être
collectés
à
partir
d'une
tontine.
les
associations
rotatives
d'épargne
et
de
crédit
existent
à
Dakar,
même si
elles
n'y
prennent
pas
l'importa,:e qu'elles
ont
acquise
dans
un
P3YS
comma
le
Cameroun.
En
règle
gén~rale,
la
tontine
réunit
des
adlérents
des
deux
sexes
q"i
ap~artien­
n~nt
au
même lieu
je
travail
ou
de
résid3nce.
Ce
sant
d~s
catégories sociales
modestes
dont
le
revenu moyen
s'échelonne
entre
60
000
et
80
000
FCFA par
mois
( l . l .
5ECK et
al.
1935).
leur
co~is3tion mensuelle
se
monte
à
environ
10.0JO
FCFA soit
un
taux
d'éparg,e
de
12,5
à
16
%.
les
som~es réunies
lors
de
la
levée
des
fonds
dépendent
d~ nombre de
participants.
Elles
peuvent atteindre
près
de
1,5
millions
de
francs
CFA/an
pour
une
tontine
conptant
uns
douzaine da
mem~res dont
cha:un verse
une
cotisation
mensuelle
de
10.000
7CFA.
Diverses d~penses entrent
en
concu:rence
avec
l'immobilier
pou:
ce
qui
concerne
l'emploi
de
l'épargne
collectée
par
les
A.R.E.C.
les
investissements
réalisés
pau:
l'achat
d' Jn
terrain,
la
:onstructi1n d'une
~Itson ou
50"
achèvemen~ portent
sur
30%
des
formes
d'utilisation
que
les épa:gnants
onl
faites
da
ces pécules
(F.DlAGNE,
1982).

174./
Au s 5 i
a p pré c i ab 1 e
q IJ e
soi t
l ' e f for t
fou r n i
p a r I e s
colle c t i -
vités
et
les
ménages
domiciliés
à
Dakar
pour
pouvoir
a~x
besoins
de
financement
de
l'habitat,
la
construction
immobi-
lière
fait
encore
largement
appel
aux
investissements
d'origine
extérieure.
Au cours
des
derniers
plans
quadriennaux
de
développement,
les
contributions
au
titre
de
l'aide
internationale ont
représenté
entre
40
et
60
% des
investissements
affectés
a,j
secteur
urbain
dans
son
ensemble
~t89).
Elles
ont
consisté
en
d~s
prêts et,
plus
rarement
en
des
subventions
non
remboursables.
Le
fait
n'est
pas
nouveau
pour
Dakar
dont
l'aménagement
a
fré~
quemnent
condJit,
durant
la
colonisation,
les
collectivités
publiques
à
recourir
à
ce
mode
de
financement
pour
résoudre
des
urg~nces pratiques.
Ainsi,
à
la
s'Jite
d'un
reto~r offensif
de
la
peste
en
1933-
1934,
une
ligne
de
crédit
de
10
millions
de
francs
fut
accordée
à
l'O.H.E.
pour
lui
permettre
d'a~éliorer
l'habitat
indigène
dans
le
cadre
d~ l'application du programme
de
d~fen3e sanitaire
de
l'A.O.F.
(190).
En
1938,
la
municipalité
eut
à
souscrire
auprès
de
la Caisse
de
Crédit
aux
Départements
et
aux
Communes
un
em~runt
de
25
millions
d~
francs
Qui
servi-
rent
à
entreprendre
des
travaux
d'édilité
(191).
Ce
drainage
ponctuel
d~
ressources
métropolitaines
prit
un
tour
systématique
dans
l'après-gIJarre
avec
la
mise
en
place
du
F.I.D.E.S.
destiné
à
la
valorisation
des
territoires
de
l'Afrique
française.
Sur
(189)
d'a~rès le C.E.G.I.R.,
bureau
d'études
canadien
qui
a
analysé
la
co~position des
allocations
publique3
au
secteur
u~bain,
les
investissements
d'origine
externe
prévus
aJX
Ve,
et
Vlleplans
ont
atteint
une
moyenne
de
75
%.
( " 90)
Cep r 0 g r a mm e
d e
dé f e n s e s a nit air e d e I ' A. 0 . F.
a v ait
n é ces -
sité
la mobilisation
de
120
millions
de
francs
dont
10
millions
devaient
être
affectés
à
Dakar

la
peste venait
de
faire
100
victimes
en
1933
et
534
aJtres
en
1934.
Et
la
carte
d,~s cas
de
pe3te
se
superposait
avec
celle
des
taudis.
Il
fut
décidé
de
d~guerpir les
occupants
des
paillotes
et
baraques
résidant
au
PlateaJ de
les
installer
SIJr
le
site
de
Gueule
Tapée,
au
nord-ouest
de
Médina.
(191)
Cet
emprunt
servit
à
des
travaux
d'assainissement,
d·)
voiri,
e t
d'
q
a n
é
tJ i p e men t
déc i dés
1 0 r s
d ,lIa
s é
C e
duc 0 ,n sei 1 muni -
cloal
du
29
AoQt
1939.

175./
un
total
de
crédits
s'élevant
à 22.30J millions
CFA
o~verts
au
profit
d~ Sénégal entre
1948
et
1958,
Dakar
et
sa
région
qui
avaient
fait
l'objet
d'un
vaste
pla,
d'aménagement
et
d'urbanis~e reçurent 7.500 millions
soit
les
33,6
% (192).
A partir
de
1960,
le
cercle
des
bailleurs
de
fonds
interna-
tionaux
s'est
élargi.
A l'aide
traditionnellement
accordée
par
la
Fra,ce
à
travers
la
C.C.C.E.
-
son
principal
instrument
d'intervention
en
matière
de
fina,cem~nt de l'habitat
(193)
se
sont
ajJutés
les
concours
des
partenaires
de
la
C.E.E.
et
du
monde
occidental
en
g!néral.
L'Etat
a
également
bénéficié
des
retombées
fin3ncières
de
la
coopératio, multi-latérale.
Au cours
de
la
de~xième décennie
de
l'Indépendance,
la
Banque
Mo,diale
alors
engagée
dans
une
politique
d'appui
à
d~s
projets
de
log3ments
sociaux
dans
le
Tiers-Monde,
lui
a ainsi
accord!
un
~rêt
de
1519
millions CFA pJur
exécuter
le
programme
des
parcelles assainies.
Dans
le
cadre
du
jumelage mu,icipal,
D3kar
a tiré
parti
du
transfert
de
ressources
issu3s
des
pays
dévslop~és qui
s'est
manifesté
non
seulement
sous
la
forme
de
mouvement
de
capitaux,
mais
aussi
de
don
d'éq'Jip:ments
divers
et
d'assistance
techni-
que.
Le
volume
de
fonds
mobilisés
d!puis
la
d!rnière
guerre
mondiale
pour
la
promotion
de
l'habitat
à
Dakar
est
donc
im~ortant, m~me
(192)
c'est
le
premier
plan
quinquennal
du
F.I.D.E.S.
(1948-
1953)
qui
a
plus
particulièrement
mis
l'accent
sur
le
finan:ement
de
l'habitat.
L'infrastructure urbaine
(V.R.D.)
a absorbé
à
elle
seule
18,5
% des
dépenses
publiques
d'éqJipement.
A cela,
il
co,vient
d'ajouter
l~s prêts
accordés
p3r
la
C.C.F.O.M.
aux
sociétés
de
p r o mo t i o.
immobilière
(O.H.E.,
S.I.C.A.P.,
S.A.I.H.)
(1;,3)
la
C.C.CE.
accordait,
jusqu'en
1974,
d3s
prêts
à
la
S.I.C.A.P.
et
l'O.H.LM.
à
des
taux
de
3,5
o u 5 % selon
la
nature
du
programme
de
logement,
au
moment
o~
le
loyer
de
l'argent
atteignait
10 % d3ns
le
secteur
c o mmer c i al.

176./
si
tous
les
besoins
en
financement
ressentis
en matière
de
construction
de
logements
ou
d'aménagement
de
terrains
à
usage
d'ha~itation n'ont
pu
être
satisfaits
en
temps
oppo~tun.
Da,s
le
mécanisme
de
mobilisation
des
ressources
financières,
le
rôle
de
l'Etat
est
central.
La
stratégie de
redistribution de
ressources accumulées
par
le
biais de
fiscalité
ou
de
l'aide
au
développement
de
l'habitat a
longtemps
reposé
sur
l'octroi
de
fortes
subventions
à des program~es de logements sociaux.
Mais
seule
une
minorité
de
salariés
en
a
tiré
avantage.
L'en-
vironnement
économique
actuellement
caractérisé
par
l'insta-
bilité
monétaire,
la
rareté
des
opérations de
financement
à
long
terme
et
le
poids
de
la dette
extérieure
a
infléchi
le
rôle
allocatif du
secteur
public.
Celui-ci
s'oriente
vers
le
dévelop~ement du
crédit
immobilier et
la
mobilisation
des
ressources
internes.
Il
en
résulte
la
mise
en
place
d'insti-
tutions
opérant
à
des
conditions
proches
de
celles
du
marché
et
fournissant
des
services
qui
visent
à
compléter
l'effort
d'épargne
des
ménages
désireux
de
réaliser
un
projet
de
cons-
tructio,.
2 - LA CONSTRUCTION IMMOBILItRE
Il
existe
à
Dakar,
une
variété
de
constructions,
de
la
modeste
baraque
en
bois
à
l'appartement
le
plus
huppé,
qui
reflètent
à
la
fois
la
diversité
des
matéria"x
et
des
techniques
de
construction,
ainsi
que
les
écarts
de
niveau
de
vie
entre
les
couches
de
la
population.
Le
soubassement
géologique
de
la
presqu'Ile
du
Cap-Vart
fournit
des matières
pouvant
servir
à
la
production
d'agrégats
ou
d'autres
substances
utiles
à
l,a
construction.
Mais
l'intense
sollicitation
de
certains
de
ces
matériaux
par
les
bâtisseurs
a entralné
sinon
l'interdiction
du
moins
la
limitation
de
leur

177./
exploitation.
Aussi
l'industrie
locale
du
bâtiment
est-elle
tributaire
de
l'extérieur
p~ur
S0n
approvisionnement
en
fac-
teurs
techniques
de
production.
Parmi
les
granulats
disponibles
sur
place,
il
y a
les
sables
et
les
graviers.
Dakar
possède
d'imp~rtantes réserves
de
sable
exploitables,
mais
dont
l'extraction
subit
un
contrôle
strict
en
raison
de
leur
fonction
dans
l'équilibre
de
la
presqu'Ile.
le
sable
de
plage
qui
exige
moins
de
ciment
dans
les
dosages
de
mortier
et
de
béton
(194)
a
donné
l i e u .
une
surexploitation.
Ainsi
fut-il
décidé
de
fermer,
en
1979,
la
plupart
des
sablières
littorales
(195).
Le
seul
site
encore
ouvert.
proximité
de
Dakar
est
celui
de
Mbeubeuss,
au
nord
du
village
de
Malika.
Maintenant,
un
grand
nombre
de
chantiers
de
construction
s'approvisionnent.
partir
des
gisements
de
Mbour,

environ
70
km au
sud-est
de
Dakar.
Le
sable
dunaire
hérité
des
phases
arides
du
quaternaire
est
extrait
d'une
carrière
surplombant
du
côté
nord-ouest
la
grande
niaye
de
Pikine.
Le
tonnage
de
sables
prélevés
dans
la
région
de
Dakar
est
estimé
à
120
000
~/an
(196)
ce
qui
représente
une
production
relativement
faible.
Le
point
de
vente
de
ces
matériaux
est
localisé
au
carrefour
formé
par
la
route
du
Fro,t
de
terre
et
l'avenue
Bourguiba.
Les
camions
assurant
le
transp~rt y ont
établi
une
tête
de
ligne
en
direction
de
la
ville
et
des
carrières.
(194)
d'un
grain
plus
grossier
que
celui
du
sable
dunaire,
le
sable
de
plage
offre
une
meilleure
adhérence
a'JX
liants
(ciment,
plâtre . . . )
(195)
Decret
nO 79.890
du
25
septembre
1979.
(196)
S.G.
Présidence
de
la
République
P.R.D.I.
de
la
région
de
Dakar,
p.
26

178./
A la
limite
de
la
région,
l'entreprise
de
concassage
CARRIERES
AFRICAINES exploite
le
gisement
de
grès
maestrichtien
de Toglou
dont
les
réserves
sont
évaluées
à
3 millions
de
tonnes
(197).
De la
latérite,
utilisée
notamment
pour
la
construction
en
terre
stabilisée et
le
revêtement
des
routes,
provient
des
environs
de
Sébikotane.
Les
falaises
da
Duakam
fournissaient
jusqu'en
1976
du
basalte
qui
a
beaucoup
contri~ué aux
divers
travaux
d'aménagement
réalisés
à
Dakar.
Du fait
de
la
fermeture
d9
ces
carrières,
les
graviers
da
basalte
sont
transp8rtés
par
ro~te depuis
Diack,
près
d9
Khombole,
localité
distante
d'environ
9D km.
Trois
entrep:ises
de
concassage
-
DESPLATS,
KASSEM,
KOCHMA~­
produisent
à
BarglY,
dans
la
grande
banlieuede
Dakar,
des
granulats
à
base
d9
calcaire.
Il
s'agit
précisément
de
lentilles
de
calcaire
lutétien
insérées
dans
une
série marneuse.
Leur
qualité
est
d'autant
plus
médiocre
que
ces
graviers
réagissent
aux
acides
contenus
dans
les
liants. Ils
servent
à
armer
le
bétor
dans
les
constructions
économiques.
cette
"pierre
de
Rufisque"
(198)
est
également
utilisée
comme
matériau
ornemental
pour
revêtir
les
façades
principales
des
bâtiments
ou
pour
les
dallages.
La
quantité
d9
calcaire
produite
pour
ces
deux
formes
d'utilisation
se
monte
en moyenne
à
120.000 ~/an.
Sur
le
gisement
de
Bargny
s'est
installée
depuis
1941
une
cimenterie,
l'une
des
premières
industries
d'import-substitu-
tion
de
Dakar.
La
capacité
de
production
n'a
cessé
depuis
lors
de
s'accroltre,
passant
de
6D.DOO
tIan
en
1948
à
380.000
tIan
en
1971,
puis
à
825.000
tIan
en
1981
(199).
Mais
la
S.O.C.O.C.I.M.
utilise
environ
40
% de
son
potentiel
de
production.
Elle
fabriqué
(197)
S.G.
~résidence de
la
République
P.R.D.I.
de
la
région
de
Dakar,
P 25
(198)
il
s'agit
de
l'expression
en
usage
sous
la
colonisation
servant
à
désigner
ce
gisement
marno-calcaire
qui
s'étend
de
Rufisque
à
Sébikotane.
( 199)
M. P. C.
-
M. D. l . A.
les
secteurs
de
l'industrie
sénégalaisE
( a n n e x e
A),
198 7
p
69

179./
principalement
du
ciment
de
type
C.P.A.
vendu
au commerce
de gros
et
de
demi-gros
ainsi
qu'aux
entreprises
produisant
des
éléments
pré-fabriqués
utilisés
dans
la construction
des
habitations
(200).
Parmi
ces
derniers,
i l
y a
les
articles
e~
fibro-ciment
et
ceux
e~ béton,
tous
fabriqués
dans
la
région
de
la
capitale.
La
SENAC-ETERNIT
implantée
à
Pout
est
en
mesure
de
fournir
annuellement
près
de
2 000
000
plaques
ondulées de
toiture,
80 000
plaques
pleines
pour
les
faux
plafonds
et
60
000
tuyaux
d'assainissement
conçus
à base
de
ciment
local,
d'amiante,
d'oxyde
rouge
et
de
cellulose
importés
(201).
Avant
la
dissolu-
tion
de
la
S.A.B .. E.,
la
fabrication
des
articles
en
béton
simple
ou
armé
était
dominée
par
deux
e~treprises industrielles
(S.A.B.E.
et
S.A.B.M.).
La
concurrence
des
petits
artisans
mouleurs
de
parpaings,
do
cla~stfas,
etc
les
prive
d'une
part
non
négligeable
de
leur
marché.
C'est
seulement
pour
la
pro-
duction
des
bordures
do
trottoir,
des
poteaux
en
béton
armé,
des
objets
de
maçonnerie
en
béton
vibré
que
l'industrie
par-
vient
à
sauvegarder
ses
p~sitions.
La
gamme
des
matériaux
fabriqués
en
vue
de
la
construction
immobilière
comprend
en
outre
les
produits
en
plâtre
et
en
argile.
le
plâtre
issu
de
l'usine
P.S.O.A.
de
Mbao,
dans
la
banlieue
de
Oakar,
a été
récem~ent introduit
sur
le marché
(202)
(200)
la
SOCOCIM
fabrique
divers
types
de
ciments.
Outre
le
C.P.A.,
i l
s'agit
des
types
H.R.I.
et
C.H.F.dont
la
résistance
mécanique
est
fonction
du
dosage
dos
compo-
sants
représentés
essentiellement
par
le
clinker
et
le
gypse
et
diverses
autres
substances.
(201)
le
SENAC~ETERNIT produit d'autres articles tels que les
accessoires
de
toiture,
des
bacs
et
divers
éléme~ts utilisés
dans
les
installations
sanitaires.
(202)
pour
produire
le
plâtre,
l'usine
P.S.O.A.
utilise
le
phosphogypse,
u,
déchet
industriel
résultant
de
l'extrac-
tion de
l'acide
phosphorique
à
partir
du
phosphate
exploi-

par
les
I.C.S.
à
Tatba.
En deh~rs
des
articles
de
toi-
ture,
P.S.O.A.
fabrique
des
carreaux,
des
goulottes,
du
plâtre
en
poudre,
du
plâtre
à
projeter,
de
la
colle à
plâtr·

180./

il
subit
la
concurrence
du
cime~t.
On l'utilise
surtout
sous
la
forme
de
plaques
de
plafond
p~ur
rehausser
le
luxe
des
sa:lles
de
séjour.
L'argile,
très
répa~due dans
les
confins
orientaux
de
la
région
en
raison
de
l'importance
des
affleure-
ments
marno-calcaires
et
gréso-latéritiques
d0nne
lieu
A u~e
production
de
briquettes
par
la
SENAC-ETERNIT.
Mais
A l'image
du
plâtre,
elles
font
davantage
l'objet
d'un
usage
décoratif
que
d'un
emploi
comme
substitut
du
parpaing
en
ciment
da~s
la
confection
des
murs
des
édifices
A usage
d'habitation.
Pour
réduire
la
dépendance
de
la constructio~ immobilière
en
accessoires
sanitaires
vis-A-vis
de
l'étranger,
une
usine
de
carreaux
d'argile
cuite
avait
été
~uverte A Dakar
par
CAREMAIL
au
PK.
16
de
la
route
de
Rufisque.
Cette
unité
in just riel le
d'une
capacité
de
production
de
70.000
~/an fit
lo~g feu.
victi-
me de
la
concurrence
des
importations,
elle
a
cessé
ses
activités
huit
ans
seulement
a"rès
sa
~ise en
service
intervenue
en
1974.
La
fabrication
locale
de
fer
A béton
A partir
des
o~jets de
récupération
rencontre
des
obstacles
A peu près
analogues.
Les
articles
produits
par
les
TREFLERIES
D~ D~KAR ne sont pas e~core
en
mesure
de
dJminer
le
marché
eu
égard
au
caractère
peu
concur-
rentiel
de
leurs
prix
comparés
A ceux
des
importations.
L'essen-
t i e l d e
l'acier
utilisé' dans
les
co~structio~s est d'origine
extérieure
(203).
Il
en
est
de
même
des
bois
importés
de
Côte
d'Ivoire
soit
pour
les
coffrages
et
les
charpentes,
soit
pour
la
confection
des
menuiseries
(204).
---------------------------------------~--------------
--- -- ---- -
(203)
selon
les
sp!cialistes,
l'acier
d0UX
représente
8 % du
coOt
total
des
co~structions.
(204)
les
b~is (bois rouge et samba) com~te~t pour 5 % du coOt
d'un
logement
H.L.M.
de
type
économique

181./
Les
corps
d'état
intervenant
au
stade
das
travaux
da
finition
fo,t
une
large
place
aux
articles
importés.
C'est
le
cas
de
la
plomberie,
da
l'installation
électriq~e, voire de
l'éta,-
chéité
et
de
la
peinture
(205).
Les
initiatives
engagées
pour
promouvoir
les
matériaux
locaux
n'o,t
donc
pas
affranchi
totalement
le
secteur
de
la
construc-
tion
da
la
dép en jan ce
extérieure.
Celle-ci
se
manifeste
notam-
ment
à
travers
des
intrants
ayant
une
granje
incidence
sur
le
coOt
das
logements.
L'indJstrie
d'import-substitution
est
elle
même
extravertie
pour
ce
qui
touche
so'
accès
aux
consommations
intermédiaires.
Da,s
de
telles
conditions,
la
co'structlon
im~obilière montre
une
sensibilité
particulière
à
l'évolution
de
la
co'jo,cture
économique
internationale
dominée,
au
cours
des
deux
dernières
décennies,
par
des
poussées
inflationistes.
Sous
leur
influence,
l'indice
dJ
coOt
da
la
co'struction
a
presque
triplé
entre
1972
et
1930,
en
passa,t
da
la
~ase
10J
à
210
(M.MIME
et
AL.,
1980) .
Ainsi,
à
l'amont
da
la
projuctio,
dJ
bâti
s'exercent
diverses
contraintes
d'ordre
institutionnel
et
éco,omique
q;Ji
réagissent
sur
le
ryth~e d'activité
des
agents
intervenant
dans
la
création
urbaine.
Les
espaces
habités
par
les
Dakarois
procèdent
de
deux
filières
de
prodJction
l'auto-co,struction
et
la
promotion
immobllière
de
type
capitaliste.
A taille
et
niveau
de
qualité
compara~les,
l'habitat
populaire, auto-construit
revient
moins
cher
que
205)
la
peinture
pour
bâtiment
produite
par
deux
entreprises
locales
(S.A.E.C.
SEIGNEURIE)
utilise
boaucoup
d'intrants
i~portés (résine,
pigment,
etc).

182./
l'habitat
planifié
ou
de
grand
ensemble.
Le
premier
vise
principalement
la
consommation
directe
(206),
tandis
que
la
recherche
d'un
profit
pour
les
capitaux
placés
sous-tend
la
réalisation
de
l'autre.
L'auto-construction
recouvre
une
réalité
diverse.
Le
terme
sert
à
désigner
à
la
fois
la
production
d'un
logement
par
son
proprié-
taire
lui-même
oou
par
l'intermédiaire
d'un
tâcheron.
Cette der-
nière
pratique
est
la
plus
répandue
à
Dakar.
La
plupart
des
ménages
auto-constructeurs
font
construire
sur
des
terrains
distribués
gratuitement
par
l'Etat
(Médina,
Grand
Dakar,
Pikine,
Guédiawaye),
ou
achetés
sur
le marché
clandestin
(Pikine
Irrégulier).
Donc
la
phase
initiale
de
leur
projet
de
construc-
tion
repose
généralement
sur
la
disponibilité
d'un
capital
fon-
cier
dévalorisé
du
fait
des
conditions
d'acquisition.
Le
financement
de
la
consturction
est
assuré à
partir
de
l'épar-
gne
personnelle,
et,
de
l'aide
reçue
des
parents
ou
des
amis.
Une
enquête
récente
(207)
indique
que
seul
le
quart
des
ménages
auto-constructeurs
dakarois
recourt
au
prêt
bancaire.
Ce
faible
appel
aux
banques
tient
à
deux
facteurs
-
le
statut
professionnel
des
intéressés
la
majorité
d'entre
eux
est
formée
de
travailleurs
non
salariés,
donc
incapables
de
satisfaire
le
critère
de
la
régularité
du
remboursement
d'un
prêt
le
manque
de
mobilité
des
biens
fonciers
détenus
si
ce
n'est
l'absence
totale
de
titre
d'occupation,
i l
s'agit
fréquemment
de
permis
d'occuper
ne
présentant
pas
une
solidité
(206)
le
logement
auto-construIt
peut
être
destIné
au
marché
locatif,
mals
cette
pratIque
revêt
une
importance
secon-
daire car
une
enquête
récente
révèle
qu'on
compte
1 logeme':
locatif neuf
pour
10
logements
de
propriétaIre.
(207)
Il
s'agit
de
l'enquête
dont
les
résultats
ont
été
publIés
en
19!6 dans
le
volume
Al
des
PolItIques
de
l'habitat"
et
la
gestion
urbaInes).
Elle
IndIque
que
27 % des
ménages
auto-constructeurs
dakarois
ont
bénéfIcIé
en
1980/1985
d'un
prêt
bancaIre.

183./
juridique
suffisante
pour
être
bancables.
Les
difficultés
rencontrées
dans
la
~Jbilis3tion des
finan-
cements
expliq~ent la
lo,guaur
des
délais
requis
~ar
l'a'Jto-
construction.
Il
n'est
pas
rare
dans
cette
filière
qua
le
chantier
dure
3
à
4 ans,
voire
davantage.
Les
p:ojats
réalisés
d'un
seul
trait,
dans
des
limites
de
te~ps raisonnables
(6

12
mois)
bénéficient
d'un
concours
bancaire . . .
DU
d'une
ma,i-
festation
da
la
Providence
(208).
S i l a co, s t r u c t ion
e n v i s a g €.
pré sen t e
u n ace r t a i n la
val e ur,
1 e
propriétaire
peut
en
:onfier
la
concept iD,
architecturale
à
"~un
hom~e
de
l'art".
Ce
dernier
est
so~vent un
dessinateur
de
plans
sans
renom.
Il
tire
5 0 '
inspiration
des
mJdèles
véni-
culés
par
les
sociétés
im~o~ilières com~e la
S.I.C.A.P.
et
la
S.N.H.L.M.
ou
par
les
nJ~breux cabinets
d'nrchitectes
opérant
à
Dakar.
Dans
ces
conditions,
le
contrôle
des
travaJx
est
assu-

par
le
~altre de
l'o~~rage lui-mê~e, DU
par
san
mandataire,
qui
rem~lit cette
fonction.
travers
des
visites
su:
le
chantier.
Faute
de
compétence
technique,
les
a~servat[ons de
celui-ci
portent
en
règle
générale
davantage
su:
le mode
d'utilisation
des
matériaux
da
construction
~'Je sur les procédés de construc-
tion
à
proprement
parler.
Dans
cette
phase
interviennent
das
entrep:eneurs
du
secteur
informaI
(maçons,
manuisiets;
plom~iers. électriciens,
peintres)
dont
le
point
com~un est
d~
constituer
d~s
tâcherons,
n'ayant
pas
les
charges
grevant
les
p:estatlons
de
service
fou:nies
par
les
entreprises
dominantes
de
la
:onstruction.
(208)
elle
peut
correspondre
à
un
gros
rapport
à
la
loterie
nationale
ou
a~
p.M.U.

184./
C'est
en
1925
~ue
la
~romo~ion immo~ilière a
fait
son
a~par±­
tion
à
Oakar,
a~ec
la
création
de
l'O.H.E.
intervenue
peu
d "1.
temps
après
l'institution
des
habitations
à
bon
marché
en
France
et
au
Maroc.
Cet
organisme
para-public
avait
po~r
m!ssion
-
co~me
indiq'Jé
plus
hau~ -
d'aider
à
l'amélioration
de
l'ha~!tat indigène g:âce à
l'octroi
d'un
crédit
hypJthé-
caire.
En
fait,
l'office
ne
consentait
pas
dlrectem~nt de
prêt
il
assurait
plutôt
la
~aran~ie de
remboutsement
des
fonds
inJestis
par
sociétés
agréées
qui
construisaient
au
profit
des
p:opriétalres africains,
mOlennan~ un
a~o:tisse-
ment
su:
une
durée
de
15
ans.
Le
C.F.O.A,
fut
le
premier
par-
tenaire
à
soumissionner
au:(
app~ls d'offres
lancés
par
l'O.H.E.
(209).
L'expérience
ainsi
ten~ée eut
peu
d :'. sucees.
en
dépit
d t1.
la
réfo:me
consacrée
par
le
décret
du
(210).
Il
fallut
attendre
l'inaugJration
d'une
véritable
politiqu~
urb3in~ au
lendemain
de
la
seconds
guerre
mondiale,
et
d'adop-
tion
de
mesures
d'incitation
pa7
les
autorités
de
l'A.O.F.
afin
d'intéresser
le
secteur
privé
à
53
mise
en
oeuvre,
pou:
vair
la
~ro~otion i~'o~ilière prendre
un
nouvea'J
départ.
Par
rapport
à
la
périJde
an~éri~u:e, la
nou/eauté
se
situait
alors
dans
l'accroissement
diJ
nombre
des
iltervenants.
La
composan~e
publique
du
l'activité
pro~otionnelle se
renforçait
e n
1 9 5 1 al e c
1 a
c réa t i J n d e
1aS. 1 . C . A. P.
0 'J t r e l e C. F . 0 . A, ,
d'a~tres
entités
rele~ant du
secteur
privé
se
mettaient
en
place,
SDUS
l'impulsion
dus
milieux
financiers
(SOCIETE
IM~0-
9ILIERE
FINANCIERE
AFRICAl~~, GqOUPEMENT FONCIER
DE
DAKAR
•.• )
commerciaux
(MOHAMED
SEK~AT . . . )
et
des
entreprises
du
secteur
Bâtiments-Travaux
pub!ics
(GERBAUD,
DELORME . . . ).
La
plupart
(209)
En
1930,
l'D.H.E.
lui
con·ia
la
constru:tinn
sur
les
terrains
du
tound
de
6
villas-témoins
qui
mirent
du
temps
à
t r o u v e r
d es
acq u é r e u r s
à
c a u s e
de
leu:
p r Lx
de
v s n t e
élevé par
rapoort
au
po~voir d'achat
des
indigènes.
En
~ffet
au
prix
du
revient
déjà
onéreux,
le
C.F.D.A.
ajouta
u'
intérêt
de
10
%.
Ce
fut
en
durnler
ressQ~t la Munici-
pal i t é di!
Da!( a r
qui,
e n
1;1 3 5,
ct Il t
l e s
r a :~ h ete r
p 0 oJ r I e s
sd~s-louer allX
indig~nes à des tarifs compatibles avec
leurs moyens.
(21J)
pour
rédlJira
le
coat
d~s logements,
les
statuts
de
l'D.H.E,
furent
mJdlfiés
en
193~. Désormais
l'offi~e devait se
substituer
au:(
entreprises
qlJ'il
ag:éait,
dil'S
leurs
fQnctions
dll
~ailleur
d~
fonds
et
de
constructeur.

185./
d·en~re el las
se
limitaien~ à
la
p:omotion
je
lotissements
en
constructi1n
libre
qui
p:ésentait
un
double
avantage
le
premier
étant
la
rotation
rapi1e
de
capital
c'était
l'objectif
pDursu~Ji par
les
petits
pramJteurs
qlJi
pouvaien~ spé~~ler SlJf
l'importante
de man je
de
terrail1s
à
bâtir
da,s
la
~artie a~glo~§rée de
la
~ille des
années
1945
21
1960
le
second
résidalt
dans
la
possibilité
de
mieux
valo:iser
13
rente
foncière
en
différant
pl~s
longuem~lt
l'échéance
de
~ise en
circulati1n
des
terrains
ainsi
gelés
s 'J r
un
11 arc h é
a poe 1 é
à
'J n ,=
e x p 3 n s ion
fut ure.
Au total,
seu~s le
GROUPEMENT
FONCIER
JE
DA~AR,
les
sociétés
de
prévoyance
sociale,
et,
quelques
capitaux
industriels
ou
commerciaux
d'origine
française
ou
libanaise
s'étaient
ris-
qués
dans
la
promotion
immobilière.
Cet
attentisme
du
sec-
teur
privé
à
l'égard
de
la
production
du
bâti
trouve
son
explication
moins
dans
le
niveau
des
revenus,
qui
s'étaient
améliorés
par
rapport
au
début
du
siècle,
que
dans
l'absence
d'un
mécanisme
permettant
d'éviter
une
immobilisation
de
capitaux
sur
une
longue
durée.
En
raison
de
leur
fonction
sociale,
les
organismes
du
secteur
étatique
étaient
donc
plus
à
même
d'effectuer
ce
genre
d'engagement.
D'où
leur
rôle
de
premier
plan
dans
l'habitat
planifié.
L'instauration
par
la
B.H.S.
du
mécanisme
du
"crédit-
relais"
permit,
à
partir
de
1980,
l'émergence
d'une
nouvelle
vague
de
promoteurs
privés
sénégalais.
Ils
proviennent
d'horizons
divers
-
de
la
finance
internationale
ou
nationale
E • H.
DJILY
MBAYE,
HADY
KHALY
NIANG,

186./
des
transports
LOBATT FALL,
du
commerce
BOURGI,
CHOUCAIR,
de
la
construction
ADAM A DIOP.
Pour
d'aucuns,
la
rencontre
avec
la
fonction
de
promotion
semble
occasionnelle
et
liée
à
la
mise
en
valeur
d'un
petit
patrimoine
foncier
dans
les
extensions
périphériques
de
Dakar
ou
de
Pikine.
En
effet,
après
le
lancement
d'une
ou
de
deux
opérations,
leur
activité
cannait
un
ralentissement

vrai-
semblablement
à
la
cherté
des
terrains
à
bâtir.
Exception
faite
d'E.H.
DJILY
MBAYE, des
familles
CHOUCAIR
ET BOURGI
qui
réalisent
des
grands
ensembles
de
luxe
dans
le
centre-
ville,
les
autres
promoteurs
privilégient
l'habitat
social
en
maison
individuelle
moins
capitalistique
et
plus
rapide
à
vendre
par
le
biais
de
la
B.H.S.
La
rentabilisation
du
capital
investi
est
la
finalité
pour-
suivie
par
tous
les
agents
intervenant
dans
la
filière
promo-
tionnelle,
depuis
le
banquier
qui
met
les
crédits
à
disposition
jusqu'à
l'entrepreneur
en
bâtiment
chargé
de
la
maîtrise
d'oeu-
vre
du
programme
de
construction.
Les
organismes
logeurs
publics
n'échappent
pas
à
cette
logique
capitaliste,
même
si
elles
doivent
privilégier
l'habitat
social.
Il
y
a
deux
raisons
à
cela
-
d'une
part,
ces
organismes
mobilisent,
outre
le
capital
public
dévalorisé
(211),
des
fonds
d'emprunt
frappés
d'intérêts
remboursables
-
d'autre
part,
leur
statut
d'entreprise
à
caractère
industriel
et
commercial
leur
impose
d'avoir
une
exploitation
sinon
excédentaire
du
moins
équilibrée
(212).
(211)
les
organismes
para-publicsl de
promotion
immobilière
ont
reçu
de
la
part
de
l'Etat
des
terrains
à
bâtir cédés
gratuitement,
et,
dans
certains
cas
(O.H.L.M.)
des
sub-
ventions
pour
équilibrer
leur
exploitation.
(212)
depuis
l'application
des
mesures
d'assainissement
des
finances
publiques
inscrites
au
plan
d'ajustement
structu-
rel,
les
subventions
sont
allouées
plus
parcimonieusement
par
l'Etat.

187./
Qu'elle
soit
publique
ou
privée,
la
promotion
immobilière
fait
appel
aux
entreprises
de
bâtiment
du
secteur
moderne,
autrement
dit
à
des
entités
qui
assument
des
charges
d'autant
plus
importantes
que
leur
envergure
est
grande.
Or
l'industrie
dakaroise
du
bâtiment
a
connu
une
évolution
interne
allant
dans
le
sens
de
la
création
d'entreprises
polyvalentes,
donc
plus
équipées,
plus
puissantes.
Cette
branche
d'activité
est
l'une
des
plus
anciennes
du
sec-
teur
secondaire,
en
raison
du
vaste
chantier
ouvert
par
l'érec-
tion
de
Dakar
en
siège
du
gouvernement
général
de
l'A.O.F.
au
début
du
siècle.
Sur
les
287
entreprises
recensées
en
1945,
il
y avait
13 spécialisées
dans
le
B.T.P.,
soit
4,5
% (213).
Mais
il
s'agissait
d'affaires
familiales
(GERBAUD,
HERSENT,
FORMIER,
DURAND . . . )
disposant
de
moyens
matériels
et
financiers
limités
(214).
Le
lancement
des
travaux
d'aménagement
prévus
aux
diffé-
rents
plans
d'urbanisme
qui
se
sont
succédés
depuis
1946 a
fait
notablement
évoluer
la
situation.
~a
trentaine
d'entités
figu-
rant
en
1980 au
répertoire
de
la Chambre
de
Commerce
de
Dakar
sous-utilisent
actuellement
même
leur
capacité
de
production.
Deux
facteurs
rendent
onéreuses
les
prestations
de
service
fournies
par
ces
sociétés
de
construction
les
frais
de
personnel
qui
croissent
au
prorata
des
réajustements
de
salaires
décidés
par
les
pouvoirs
publics
la
marge
de
profit
sujette
elle
aussi
aux
variations
affectant
les
paramètres
du
coût
de
construction.
La
différence
de
démarche
détermine
les
écarts
de
coût
existant
entre
l'auto-construction
et
la
promotion
immobilière.
Il
ressor:
des
enquêtes
menées
récemment
à
tra~ers
l'agglomération
par
des
consultants
du
gouvernement
du
Sénégal
qu'à
niveau
(213)
un
rapport
de
l'Inspection
du
travail
de
la
C.D.D.,
année
1945
(A.N.S.
2 G 45/46)
(214)
il
arrivait
que
ces
entreprises
adjudicataires
de
marchés
publics
se
vissent
infliger
des
pénalités
pour
avoir
dépassé
les
délais
d'exécution
des
travaux.

188./
~.
finition
comparable,
le
prix
de
revient
moyen
du
mètre
carré
bâti
est
deux
fois
moins
élevé
dans
la
première
filière
que
dans
la
seconde
(215).
Autrement
dit,
les
financements
consacrés
ces
dernières
années
à
l'industrie
du
bâtiment
auraient
permis
aux
auto-constructeurs
de
doubler
le
volume
de
leur
production.
Sous
cet
éclairage,
il
est
aisé
de
com-
prendre
-
l'efficacité
de
l'auto-construction
qui
a assuré
85
%
du
parc
immobilier
produit
entre
1980 et
1985
-
et,
l'accent
mis
par
les
pouvoirs
publics
sur
l'aména-
gement
de
trames
d'accueil

la
construction
libre
peut
trou-
ver
un
large
champ
d'expansion
(216).
3 - TYPOLOGIE DE L'HABITAT DAKAROIS
La
diversité
des
constructions
est
telle
à
Dakar
qu'elle
rend
difficile
toute
classification
voulant
se
fonder
sur
des
catégories
simples
à
retenir.
Aussi
pour
éviter
l'hermétisme
langager
des
disciplines
techniques
intéressées
à
la
réalisa-
tion
des
formes
urbaines
avons-nous
emprunté
le
vocabulaire
commun
qui
distingue
d'une
part
Pimmeuble
collectif,
de
l'autre
l'habitation
basse
uni
familiale.
Leurs
caractéristiques peuvent
varier
en
fonction
de
leur
facture
architecturale
et
des
tissus
urbains
dans
lesquels
ils
s'insèrent.
Il
est
évident
que
l'im-
meuble
de
hauteur
ne
donne
pas
le
même
paysage
suivant
qu'il
est
construit
au
Plateau,
dans
un
parcellaire
qui
n'était
pas
prévu
pour
l'accueillir,
ou
dans
les
plans
de
masse
des
lotis-
sements
SICAP
ou
HLM
ayant
prévu
ce
type
d'édifice.
De même,
(215)
l'enquête menée
à
Dakar
dans
le
cadre du
Projet
d'assis-
tance
technique
pour
la
réhabilitation
et
la
gestion
urbaines
a
révélé
que
le
~ revient,
pour
un
logement
de
tYPE
économique,
à
41.100
FCFA en
auto-construction
contre
85.000
FCFA en
promotion.
(216)
après
la direction
des
Parcelles
assainies
créée
dans
les
années
1970,
l'Etat
vient
de
mettre
pied,
à
la
fin
de
la
dernière
décennie,
la
SCAT-URBAM orientée
également
vers
la
viabilisation
et
l'équipement
de
terrains
à
bâtir.

189./
différents
tissus
urbains
s'associent
à
la
masion
individuelle
compte
tenu
de
son
standing
le
type
pavillonnaire caractérisé
par
un
parcellaire
à
grandes
mailles
et
l'espace
vert,
et,
le
type
populaire
organisé
autour
de
la
cour
et
de
la mitoyenneté
du
Plateau
-._. "._--.~
L' imm~uhla collectif est
sous-représenté
à
Caka r
qui
reste
encore
une
ville
plate malg:€
la
tendance
à la densification
de
certains
de
ses
quartiers.
Sur
les
5 300 ha
occupés
en
1980 par
l'habitat,
les
maisons
à
étages
couvraient
les
4 %
(217).
Dans
leur
quasi
totalité,
ces
immeubles
sont
implantés
au
Plateau

leur
apparition
est
relativement
précoce.
En effet,
le
grand
commerce
colonial
construisait
un
type
particulier
de
bâtiment comportant
un
rez-de-chaussée,
à
usage
professionnel,
et
un
étage
servant
d'habitation.
Il
reste
autour
du
marché
Kermel
des
reliques
de
cette
époque.
Au début
des
années
1940,
l'on
note
une
augmentation
de
la
hauteur
des
immeubles
qui
passent
de
à
3 étages.
Le
Bloc
des
Fonctionnaires nO
2,
occupé
actuellement
par
le
Ministère
de
la
Jeunesse
et
des
Sports,
en
est
un
des
premiers
prototypes.
Comme
toutes
les
autres
formes
urbaines,
les constructions
verticales ont
pâti,
au
cours
des
années
de
guerre,
du
contingentement
des
matérIaux
importés.
Les mesures drastiques
prises alors
ont
ralenti
leur
multi-
plication.
Après
1945,
les
progrès
technologiques
enregistrés
par
l'in-
dustrie
du
bâtiment
ont
été
le
levain
qui
a
permis
l'apparition
des
immeubles
en
barre.
Les
premiers
spécimens
S'implantent
autour
de
la Place
Protêt
qui
avait
déjà
raviàla
Place
Kermel
son
rôle
de
centre
directionnel,
et,
sur
la
partie
du
Plateau
dominant
l'anse
des
Madeleines.
Dakar
les
doit
principalement
aux
investissements
réalisés
par
des
entreprises
privées
telles
que B.I.A.O.,
B.I.C.I,
AIR
FRANCE,
C.G.E.D.A . . . .
Pour
loger
(217)
in
Etude
du
P.D.U.
de
Dakar.
Livre
blanc,
p.
72

190./
les
hauts
cadres
du
gouvernement
de
l'A.O.F.,
l'administration
fait
construire
le
building
de
l'avenue
Brière
de
l'Isle,
non
loin
du
Palais
du
Grand
Conseil.
Depuis
l'Indépendance,
la
sky-line
du
centre-ville
a continué
à
se
relever.
Deux
richissimes
hommes
d'affaires
sénégalais
y
ont
notablement
contribué
E.H.
BABACAR
KEBE
et
E.H.
OJILY
MBAYE
(218)
promoteurs
respectifs des
résidences
Kébé
et
Fayçal
dont
la
plus élevée culmine
à
17
étages
par
la
rue
Béranger
Fer ra ud .
En dehors
du
massif de
buildings
situés
autour
ou
au
voisinage
de
la
Place
de
l'Indépendance,
les
immeubles
de
grande
hauteur
ont
une
implantation
claisemée
sur
le
reste
du
Plateau.
Sur
le
boulevard de
la République,
on
compte
les
immeubles
Sorano,
Seydou
Nourou
Tall
et
celui
dit
de
la
Compagnie
des
Eaux.
Les
buildings
Pasteur,
Maginot
et
MSAT
dominent
respectivement
les
avenues
Pasteur,
Lamine Guèye
et
Faidherbe
sur
une
hauteur
d'environ
50
m.
Au pied
de
ces
grands
édifices,
on
a
construit
un
nombre
profus
de
bâtiments
plafonnés
pour
la
plupart
à
quatre
étages.
Dans
les
quartiers
péri-centraux
et
les
extensions
lointaines,
la
ligne
d'horizon
du
bâti
décline.
La
tour
de
la
place
de
l'Unité
Africaine
qui
y fait
figure
de
point
culminant
n'excède
pas
8 étages.
Même si
la maison
basse
constitue
le
modèle
rési-
dentiel
majoritaire,
l'évolution des
paysages
témoigne
néanmoins
(218)
Ces
magna
ts
du
monde
des
affaires
sénégalais
n'ont
pas
limité
leurs
opérations
immobilières
à des
constructions
neuves;
ils
ont
racheté
des
immeubles
anciens dans
le
centre-ville
à
AIR
FRANCE,
CAFAL,
etc.

191./
d'une
élévation
du
coefficient d'emprise
au
sol
des
construc-
tions.
Cette
densification
tient
à
deux
facteurs
-
d'une
part
la
croissance
démographique
résultant
de
l'augmentation
de
la
taille
des
ménages
-
d'autre
part
la
révision
du
réglement
des
constructions
à
partir
de
1961
dans
le
sens
du
relèvement
du
plafond
légal
des
densités.
L'analyse
des
dossiers
de
demande
d'autorisation
de
construire
enregistrés
en
1988
par
le
Service
régional
de
l'urbanisme
confirme
cette
poussée
en
hauteur
des
bâtiments.
Dans
la
seule
commune
de
Dakar,
les
projets
de
construction
se
répartissent
comme
suit
tabl
9 -
Répartition
des
constructions à
Dakar
selon
leur
hauteur
en
1988
(hors
Plateau)
1
1
R. D. C.
R + 1
R + 2
R + 3
R + 4
R+5 et +
TOTAL
1
1 30
209
58
22
1
0
420
30,9 %
49,8%
1 3 , 8 %
5,2
%
0,3%
0 %
100%
source
recherche
personnelle
On constate ainsi
que
près
des
trois
quarts
des
constructions
neuves
portent
sur
des
bâtiments
à
étages.
Leur
hauteur
ne
dépasse
pas
dans
l'ensemble
quatre
niveaux
en
raison
de
la
limitation
imposée
par
les
règles
de
prospect.
Les
quartiers
péri-centraux
les
plus
concernés
par
la
densification
sont
-
ceux
proches
de
la
vieille
ville
Médina,
Colobane,
Fass,
Grand Dakar,
Derklé

les
constructions
en! rez-de-
chaussée
ont
représenté
moins
de
20
% en
1988

192./
-
les
Parcelles
Assainies
qui,
en
dépit
de
leur création
récente,
ont
enregistré
un
pourcentage
légèrement
plus
élevé,
de
30 %.
Le
modèle
culturel
confondant
l'unité
de
résidence
et
l'unité
de
la
famille
(219)
qui
l'occupe
a été
véhiculé
par
la
politi-
que
d'assimilation
instaurée
sous
la
colonisation.
En
effet,
l'habitat
traditionnel
des
autochtones
lébou
était
organisé
en
concessions
de
grande
taille
abritant
les
membres
d'un
groupe
de
parenté
très
large.
La
tOPOnymie
est
assez
éclairante
à ce
sujet.
Les
lots
familiaux
sont
nommés
par
un
patronyme agnati-
que
(Mbenguène,
Nguèyène,
Ndoyène,
Ndiobène . . . )
plutôt
que
par
un
référent
personnel
(Keur
un
tel).
Mais
à
la
suite
des
déplacements
résidentiels
ordonnés
par
l'administration
coloniale,
les
groupes de
parenté
ont
subi
un
éclatement
du
fait
des
conditions
de
leur
relogement.
Pour
des
motifs
déclarés
d'hygiène,
la
réinstallation des
déguerpis
s'est
toujours effectuée
par
familles
nucléaires,
avec
proba-
blement
l'idée
de
modifier
par
la
structure
spatiale
le
système
culturel
des
indigènes
en
y déposant
les
germes
de
l'individualis-
me.
Le
primat
de
l'habitat
individuel
sur
l'espace
résidentiel
informe
la
logique
du
développement
horizontal
de
l'agglomération
dakaroise.
La
maison
individuelle
donne
lieu
à des
expressions
architec-
turales
très
diverses.
Mais
au-delà
de
la
profusion
des
expression-
( 2 1 9)
i l s ' agi t
deI a
f ami Ile
b I 0 log I que
c 0 mp 0 s
e duc
é
0 u o i e
et
de
sa
progéniture,
notamment
les
enfants
non
accompagnés
c'est-à-dire
sans
charges
familiales
(conjoints,
enfants)

193./
pla~iques, la
lecture
du
dessin
parcellaire
permet
d'identifier
trois
types
de
tissus
selon
la
disposition
du
bâti
par
rapport
à
l'espace-cour.
Dans
les
zones
de
résidence
aisée,
la
maison
individuelle
est
entourée
d'une cour
très
végétalisée.
Par
contre
dans
les
quartiers
populaires,
ce
sont
les
constructions
qui
enserrent
en
leur milieu
cet
espace
vide.
Les
petits
pavillons
des
lotis-
sements
SICAP
et
des
HLM
représentent
un
variante
intermédiaire.
Ils
sont
souvent
dotés
de
deux
cours
qui
remplissent
côté
inté-
rieur
une
fonction
utilitaire
(activités
ménagères),
et,
côté
rue
un
rôle
décoratif
(jardinet).
Lh abitat
pavillonnaire
typique
a
une
emprise
au
sol
tout
aussi
faible
que
celle
occupée
par
l'immeuble
collectif
6 % de
la
superficie
habitée
en
1980.
Il
couvre,
sur
le
Plateau,
la
zone
située
au
sud de
l'avenue
de
la
République

au
demeurant
la
spéculation
immobilière
incite
à
substituer
de
hautes
construc-
tions
aux
maisons
en
rez-de
chaussée.
Après
le déplacement
des
indigènes
survenu
en
1929,
l'Administration
s'était
réservée
dans
ces
environs
de
la
Cathédrale
et
de
l'ancienne
Place
Tascher
des
lots
sur
lesquels
devaient
être
construites
par
la
suite
des
villas
coquettes
et
très
ombragées
pour
les
hauts
fonctionnaires
civils
et
militaires.
Aujourd'hui
encore,
le
contenu
social
de
cet
espace pavillonnaire
n'a
pas
changé
dans
la
mesure

ce
sont
des
officiers
supérieurs
de
l'armée
sénégalaise et
des
membres
du
gouvernement
qui
y résident.
Pour
répondre
à
l'accroissement
du
personnel
de cadres
supérieurs
des
administrations
publique
et
privée,
il
a
fallu
aménager
au
lendemain
de
la
dernière
guerre
mondiale
d'autres
quartiers
de
résidences.
Mais
la
vieille
ville
ne
s'y
prêtait
plus,
faute
de
place.
Ainsi,
le
S.T.A.G.D.
a-t-il
utilisé
des
terrains
du
domaine
situés
sur
la
Pointe
de
Fann.
L'intérêt
du
site
est

194./
double.
Il
bénéficie
de
la
proximité
de
la
mer,
et,
qui
plus
est
se
trouve à distance
de
la
grouillante
Médina.
Fann-
Résidence
venait
de
naître.
Deux
ans
plus
tard,
cest-à-dire
en
1948,
le
quartier
résidentiel
du
Point
E fut
ouvert
à
la
construction,
selon
des
normes
sensiblement
analogues.
Le
P.D.U.
1967
a classé
par
la
suite
en
zone
de
résidences
toute
la
corniche
ouest,
de
la
Pointe
de
Fann
à celle
des
Almadies.Outre
les
éléments
de
la
bourgeoise
nationale,
le
peuplement
comprend
des
membres
du
corps
diplomatique
et
d'autres
étrangers
fortunés
qui
y ont
fait
construire
une
habitation
principale
ou
secondaire.
Ailleurs
dans
l'agglomération
l'espace
pavillonnaire
forme
des
tâches
dispersées
qui
ont
en
commun
de
se
situer
sur
des
sites
avantagés
par
la
proximité
de
la mer
(baie
de
Hann)
ou
d'une
aire
de
récréation
(Hann Mariste
et
lotissement
Fayçal
au
bord
du
parc
forestier
de
Hann
et
de
la
grande
niaye
de
Pikine).
Une grande
diversité
caractérise
les
maisons à cour
des
quartiers
populaires.
Chaque
propriétaire
y va
selon
sa
fortune
et
ses
fantasmes
pour
créer
son
cadre
de
vie.
Mais
l'acculturation
urbaine
tend à
uniformiser
les aspects
architecturaux
de
la
construction.
C'est
ainsi
qu'on
assiste
à
la
généralisation
du
logement
en
dur
passé
de
13
à
87
% du
parc
de
logements de
l'agglomération
entre
1955
et
1988.
Corrélativement,
les
cons-
tructions
en
matériaux
provisoires
ont
cédé
du
terrain
considé-
rable.
La
paillote
est
en
passe
de
disparaître
des
paysages
dakarois.
En
1955 elle
représentait
une
maison
sur
trois
par
contre
en
1988
son
importance
relative
s'est
réduite
à
0,7
%.
Il
faut
aller
dans
la
grande
banlieue,
aux
environs de
Keur
Massar
et
Malika
pour
rencontrer
ce
type
d'habitat
en
nombre
quelque
peu
important.
La
case
en paille
comporte
des
inconvénients
qui
sont

195./
à
l'origine
de
son
déclin.
Construite
sur
sol
nu,
elle
peut
servir
de
gîte
à
beaucoup
d'animaux
nuisibles
(rats,
puces,
mites . . . ).
Certains
d'entre
eux
exposent
à
des
risques
patho-
gènes
comme
la
peste
qui
a
provoqué
tant
d'hécatombesdans
la
population
dakaroise
à
chaque
retour
offensif
de
l'épidémie.
L'autre
faiblesse
présentée
par
la
paillote est
son
inflamma-
bilité.
Les
lotissements

l'Administration
autorisait
l'édi-
fication
d'un
habitat
de
type
villageois
-
Médina,
Grand
Dakar,
Pikine
-
étaient
le
théâtre
d'incendies
destructeurs.
Et
leurs
habitants
s'empressaient
de
construire en
matériaux
durables
dès
que
leur
situation
économique
le
leur
permettait.
La
baraque
en
bois
largement
majoritaire
en
1955
(54 %)
ne
représente
plus
que
11
% des
constructions
en
1988.
Les
quar-
tiers

elle
marque
le
paysage
sont
Grand
Dakar,
Médina,
Grand
Yoff
et
Hann.
Il
existe
des
standings
parmi
les maisons
en
bois
de
la
baraque
du
notable
lébou
de
Médina
comportant
une
véranda
sur
laquelle
donnent
des
chambres
et
une
salle
de
séjour,
à
la
baraque
de
Dalifort
composée
de
chambres
en
enfilade
ouvertes
directement
sur
cour.
Fréquemment
en
disparaissant,
la
baraque
est
remplacée
par
une
construction
en
dur
qui
garde
le
même
plan
de
distribution
des
pièces.
Sur
les
parcelles
d'aspect
laniéré,
il
s'agit
de
la
production
du
logement
-sta+le
dont
les
chambres
sont
juxta-
posées
dans
le
sens
de
la
longueur.
Lorsque
le
maillage
aboutit
à
des
lots
en
damier
plus grands,
le
bâtiment
peut
comprendre,
en
plus
des
pièces
principales,
une
véranda
et
des
chambrettes
disposées
sur
les
côtés.
Par
rapport
à
ce
qui
précède,
l'habitat
des
quartiers
irrégu-
liers
ne
diffère
que
par
la
finition
des
constructions,
moins
soignée
à
cause
de
la
faiblesse
~es
revenus,
et,
par
l'inobser-
vation
des
servitudes
d'alignement
sur
des
rues
normales.

196./
Contrairement à
une
idée
reçue,
l'habitat
planifié
en maisons
individuelles
ne
remonte
pas
à
la
création
de
la S.I.C.A.P.
et
de
l'O.H.L.M.
Avant
ces
organismes,
il
y
a
eu
l'O.H.E.
qui,
malgré
ses
difficultés,
est
parvenu
à
réaliser,
en
1935 et
en
1939,
deux
cités économiques
à
Gueule
Tapée,
puis
en
1943-1945
la
cité
dite
cMP-verdienne
à
proximité
de
la
Grande Mosquée de
Dakar.
Ces
bâtisses,
au
toit
en
double
pente
couvert
soit
par
des
tuiles
soit
par
des
plaques
ondulées,
tiennent
encore
debout
malgré
leur architecture
démodée.
Sous
l'égide
du
S.T.A.G.O.
également,
des
logements
standardisés ont
été
construits
au
profit
des
agents
de
l'administration
publique
sur
les
sites
de
Zone
A et
Zone
B.
Les
uns
possèdent
la
forme
de
ballon,
tandis
que
l'aspect de
cubes
en
décrochement
l'emporte
dans
les
autres.
Les
constructions
de
la S.I.C.A.P.
et
les
H.L.M.
présentent
une
grande
variété.
Elles
ont
en
commun
de
s'inscrire
dans
des
plans
de
masse
qui
structurent
et
hiérarchisent
l'espace
occupé.
Les
principes d'organisation
de
ces
lotisseMents
sont
sensiblement
les
mêmes
d'un
organisme
à
l'autre.
Il
s'agit
généralement
d'un
quadrillage
orthogonal
N -
S ou
E.W.
C'est
autour
du
rond
point
de
la
Place
de
l'Unité
Africaine
seulement
qu'on
rencontre
le
dispositif
concentrique
couvrant
ainsi
les
lotissements S.I.C.A.P.
Liberté
et
Dieuppeul
(Dieuppeul
1
à
IV).
Chaque
opération
s'articule
autour
d'une
place
centrale
dont
l'accès
est
assuré
par
une
voirie
goudronnée.
Les
logements
de
qualité
sont
implantés
sur
les
voies
principales
de
desserte
pour
faire
écran
à
ceux
de
standing
inférieur
situés
à
l'inté-
rieur.
Il
Y a
dans
l'évolution du
choix
des
formes
architecturales
l'empreinte
laissée
par
les modalités
de
financement
des
opéra-
tions.
A cet
égard
des
ruptures
nettes apparaissent
à
partir
de
1974
et
de
1980,
dates
qui
correspondent
respectivement
avec
le
retrait
de
la
C.C.C.E.
et
le
démarrage
des
activités
de
la
B • H • S •

197./
La
période
euphorique
qui,
pour
la
S.I.C.A.P.
va
de
1951
à
1974,
se
caractérise
par
la
mise
au
point
de
types
de
maisons
très
diversifiés
afin
de
toucher
la
clientèle
la
plus
large
possible.
Mais
l'accent
est
davantage
porté
sur
la
maison
individuelle,
le
petit
pavillon,
que
sur
l'immeuble
collectif.
Cela
s'est
traduit
par
d'assez
faibles
densités
de
construction,
varLant
entre
20
et
30
logements/ha.
Les
premières maisons
individuelles
réalisées
à
la
rue
10
sont
destinées
à
une
clientèle
ouvrière
et
à
des
salariés
moyens.
A leur
intention
sont
construits
-
des
studios,
pour
célibataires,
ouvrant
sur
une
cour
commune
regroupant
les
dépendances
à
usage
commun
-
des
pavillons
jumelés
de
2 à
5 pièces
pour
les
ménages.
Sur
les
sites
de
Fann-Hock,
Karack
et
Baobabs,
la
typologie
précitée est
maintenue
avec
des
variantes
de
détail.
Ainsi
la
S.I.C.A.P.
inaugure
la
formule
du
studio
avec
pièces
annexes,
jardinet
clos
et
portail
individuels
qui
rencontre
un
succès
certain.
Mais
elle
innove
véritaglement
en
lançant
la
villa
dite
"transformable".
Il
s'agit
du
pavillon
créé
par
l'ingénieur
THIBAUOAT qui
présente
un
toit
en
double
pente
recouvert
de
plaques
ondulées.
La
surface
construite
-
77
puis
100 ~- est
laissée
sans
cloison
afin
que
l'acquéreur
procède,
en
fonction
de
ses
ressources,
aux
aménagements
intérieurs.
La
maison
trans-
formable
se
compose
dedeux
types
le
type
simple
(T.S.)
qui
vient
d'être
décrit,
et,
le
type
amélioré
comprenant
sur
sa
faç. ade
principale
une
véranda
à
arcades
(T.A.).
L'architecture en
rez-de-chaussée
dans
les
lotissements
Liberté
et
Oieuppeul
renonce
aux
studios
à
cour
commune
qui,
d'après
l'expérience
vécue,
posent
des
problèmes
d'entretien.
En
revanche,
le
"logement
minimum"
fait
son
apparition.
Il
est
conçu
pour
rester
très
près
de
l'habitat
traditionnel
africain
auquel
est

198./
apporté
un
minimum
de
confort.
Cette
maison,
d'une
extrême
sobriété
au
plan architectural,
présente
2 chambres,
salle
de
séjour
sans
plafond,
salle
d'eau
réparties
autour
d'une
cour
de
15 ~ qui
tient
lieu
aussi
de
cuisine.
A partir
des
années
1970,
la
S.I.C.A.P.
effectue
un
glissement
vers
le
logement
de
standing et
de
haut
standing.
Ainsi
remar-
que-t-on,
lors
de
l'aménagement
des
sites
de Mermoz,
Sacré
Cdeu~
1
et
Fenêtre Mermoz,
l'accentuation
de
la
production
des
"villas
familiales",
de
l'architecte
ARSAC,
lancées
à
la
fin
des
années
1960 à
S.I.C.A.P.
Amitié.
A cela
s'ajoutent
des
immeubles collec-
tifs
de
luxe.
Les
maisons
de
type T.S.
et
les
logements
en
bande,
faiblement
construits au
cours
de
cette
période
de
difficultés
sont
remis
en
honneur
lors
de
l'opération
Sacré
Coeur
II,
mais
surtout
dans
le
lotissement
de
S.I.C.AP.
-
MSao
sis
au
P.K.
16
de
la
route
de
Rufisque.
L'O.H.L.M.,
confronté
aux
difficultés
consécutives
au
désenga-
gement
de
la C.C.C.E.
a épousé
la stratégie commerciale
adop-
tée
par
la
S.I.C.A.p.
après
1974.
En
d'autres
termes,
il
s'est
orienté
vers
des
opérations
d'un
standing
supérieur
à celui
des
lotissements
H.L.M.
1
à
III
et
Ouagou
Niayes.
Le
type
achevé
de
ces
constructions
de
prestige
est
représenté
par
l'opération
Nimzatt,
notamment
les
logements
du
genre
0.19.
Ce
sont
des
villas
en
R +
qui
se
remarquent
sur
l'avenue
Cheikh
Amadou
Samba
Mbacké
(ex
rue
13)
par
une
façade
principale
traitée
avec
un
soin
comparable
à
celui
des
pavillons
de
haut
de
gamme
de
S.I.C.A.P.
-
Sacré
Coeur
1.
Toutes
variantes
comprises,
l'habitat
de
type
individuel
couvre
près
de
90 % de
la
superficie
habitée
à
Dakar.
Il
est
probable
que
cette
prépondérance
se
maintienne
dans
le
long
terme eu
égard

199./
à
-
l'orientation
des
organismes
logeurs
publics
vers
la
production
de
terrains
à
bâtir
livrés
au
marché
sous
forme
de
lots
individuels,
et,
leur
propension
à
construire
sur un
mode
lâche
-la
faveur
que
rencontre
le
logement
uni-familial
auprès
des
ménages
(220).
Un processus
d'urbanisation
privilégiant
comme
à
Dakar,
la
maison
individuelle
quel
qu'en
soit
le
standing,
engendre
de
faibles
densités
de
construction,
et,
par
conséquent
une
impor-
tante
consommation
d'espace.
Il
s'ensuit,
pour
les
collectivités
publiques
chargées
de
la
gestion
urbaine,
un
défi
de
taille.
Celui
de
la
mise
à
la
disposition
des
usagers
des
services
publics
et
des
équipements
collectifs
de
base.
(220)
l'enquête
effectuée
en
1988 par
le
C.R.H.U.A.
(qui
dépend
du
ministère
chargé
de
l'habitat)
sur
"les conditions
de
vie
en
immeuble"
revèle
que
si
60 % des
ménages
occu-
pant
des
appartements
à Dakar
s'en
accommodent,
et,
se
montrent
même
satisfaits
par
l'habitat
de
hauteur,
en
revanche
40
% souhaitent
changer
de
conditions
de
logement
pour
vivre
en
maison
individuelle.

200./
CHA PIT R E III
LES CONTRAINTES TECHNIQUES DE L'tTALEMENT PtRIPHtRIQUE
C'est
quotidiennement
que
la
population
de
Dakar
éprouve
les
servitudes
liées
à
la
vie
dans
une
agglomération
million-
naire
qui
reporte
toujours
plus
loin
ses
limites.
Aux
heures
de
pointe
de
la
circulation
routière,
l'habitant
de
la
banlieue
n'effectue
pas moins
d'une
heure
de
trajet
pour
se
rendre
au
centre-ville
par
les
transports
publics.
Dans
la
presse,
il
n'est
pas
rare
d'enregistrer
des
doléances
relatives
à
l'accès
aux
services
d'assainissement
présentées
à
l'Administration par
les
résidents
des
lotissements
iécents
ou
de
lire
des
avis
portant
sur
la
coupure
de
la
distribution
soit
de
l'eau
soit de
l'électricité
pour
des
travaux
de
raccordement
et
d'extension.
L'évocation
même
succinte
de
ces
contraintes
techniques
est
révélatrice de
l'importance
du
coût
social
et
des
déséconomies
engendrés
par
la
rapidité
de
l'extension
urbaine.
Quelques
services
de
première
nécessité
vont
'ai·deL
à
montrer
la
relation
existant
entre
les
variations
de
la
surface
urba-
nisée
et
le
niveau
de
desserte
des
espaces
de
vie
et
de
travail
par
les
installations
techniques.
Il
s'agit
de
ceux
dont
l'absence
rend
un
site
urbain
impropre
à
un
usage
résidentiel
ou
économique
selon
le
droit
de
l'urbanisme.
A - L'EXTENSION DES RESEAUX D'ALIMENTATION EN RESSOURCES
Les
réseaux
d'alimentation
dont
i l
va
ëtre
question
portent
sur
l'eau
et
l'assainissement,
ainsi
que
sur
l'éclairage.
Leur
mise
en
place
requiert
des
investissements
à
forte
intensité de
capdtal.
L'indisponibilité
des
ressources
financières
internes
fait
que
les
programmes
d'équipement
urbain
de
grande
envergure

201./
restent
largement
tributaires
de
l'aide
internationale
con-
sentie
sous
forme
de
prêts
ou
de
dons
(221)
1-L'ALIMENTATIDN EN EAU, LA HANTISE DE LA PtNURIE
De 3 km en
1929,
le
réseau
de
distribution
d'eau
potable
de
Dakar
est
passé
à
17
km en
1940.
Actuellement
i l
mesure
1478
K~.
Les
canalisations
d'adduction
provenant
des
centres
de
captage
se
sont
développés
à
un
rythme
tout
aussi
rapide.
Elles
atteignirent
en
1903
les
puits
de
Hann
situés
à 6 km de
l'agglo-
mération.
Une
décennie
plus
tard,
précisément
en
1912,
ce furent
aux
aquifères
découverts
à
Mbao,
à
18
km,
intégner
l'aire
d'alimentation
de
la
ville.
Au
lendemain
de
la
seconde
guerre
mondiale,
l'eau
commença
à
être
drainée
dans
la
zone
de
Pout-
Sébikotane à
25
-
30
km.
Depuis
1971,
une
conduite
de
249
km
relie
Dakar
au
lac
de
Guiers
situé
sur
le
fleuve
Sénégal.
Il
a
fallu
aller
aussi
loin
pour
pouvoir
satisfaire
la
demande
du
public
dont
la
croissance
se
traduit
par
la
fixation
sur
l'espace
urbain
d'une
tram. e
qui
resserre
ses
mailles
au
fur
et
à
mesure
des
branchements
individuels
sur
le
réseau
de
dis-
tribut ion.
De
la
vingtaine
d'ouvrages
hydrauliques
alimentant
Dakar
en
eau
au
début
du
siècle,
il
ne
restait
plus
en
service que
les
puits
du
Point
B en
1940.
La
nappe
de
Mbao
était
devenue
impropre
à
la
consommation
à
cause
de
la
souillure
provoquée
par
les
excreta
du
régiment
des
tirailleurs
malgaches
cantonnés
dans
les
envi-
rons
lors
de
la
guerre
(222).
Grâce
à
la
découverte
d'une
réserve
souterraine
au
P.K.5
de
la
route
de
Ouakam,
et,
au
pompage
intensif
des
puits
encore
utilisables,
le
service
des
T.P.
pouvait
aussi
distribuer
journellement
11
000 ~ en moyenne,
1
alors
que
la
demande
se
montait
à
12.000 ~/jour.
le
déficit
(221)
ces
concours
extérieurs
ne
datent
pas
d'aujourd'hui.
En
1910,
2 millions
furent
empruntés
afin
d'augmenter
la
pro-
duction
d'eau
et
pourvoir
aux
beso~s du port. Plus tard,
outre
les
emprunts
de
la
Municipalité
(1912
193)l ce
fut
l
l'apport
en
ressources
du
F.I.D.E.S.
(1948
a
195~).
(222)détail
contenu
dans
le
rapport
de
la
C.D.D.
de
1940

202./
allait
s'aggraver
avec
l'augmentation
de
la
population
flottante
militaire,
et,
celle
du
trafic
portuaire.
Dakar
était
en
effet
un
important
point
d'embarquement
d'appelés
à
destination
de
la
Métropole,
et,
un
port
de
débarquement
des
troupes
africaines
rapatriées.
De nombreuses
unités
de
la
flotte
de
guerre
faisaient
relâche.
A cela
s'ajoutaient
les
caprices
de
la
nature
qu'illustre,
par
exemple,
le
déficit
pluviométrique
de
l'hivernage
1944.
L'eau
était
alors
rationnée;
ce
qui
prêtait
à
conséquence
sur
l'hygiène
corporelle
de
la
population
et
sur
celle
des
habitations
(223).
De surcoît,
à
la
sortie
des
réservoirs,
sa
qualité
s'avérait
déficiente.
Ce
contexte
fort
sombre
explique
l'ampleur
des
efforts
de
pros-
pections
géophysiques
déployés
à
partir
des
années
1940 pour
trouver
de
nouvelles
sources
d'approvisionnement.
La
poursuite
des
sondages
dans
la
tête
de
la
preiqu'île
du
Cap-vert
permit,
en
1945,
d'y
implanter
d'autres
forages.
Ils
pompent
l'eau
de
la
nappe
des
sables
infrabasaltiques qui
gît
entre
un
mur
constitué
par
des
séries
argilo-marneuses
d'âge
éocène
disposées
en
plan
incliné
vers
le
nord
(cote
-20 m au
pied
du
plateau
de
Dakar,
-
75
m vers
Yoff-Cambérène)
-
un
toit
formé
les
roches
volcaniques
du
système
des
Mamelles mises
en
place
au
début
du
quaternaire.
L'alimentation
de
l'aquifère
provient
essentiellement
de
l'est

il
est
libre,
et,
de
manière
subsidiaire
per
descensum
(223)
le
rationnement
de
la
distribution
de
l'eau
eut
entre
autres conséquences
une
réduction
par
les ménages
des
séances
de
nettoyage
de
linge
et
du
nombre
de
douches
à
prendre
par
personne
;
une
évacuation
défectueuse
des
eaux-vannes;
l'obligation
pour
les
indigènes
de
Médina
mal
desservis
par
le
réseau
en
temps
normal,
d'utiliser
comme
eau
de
boisson
l'eau
souillée
des
puits
creusés
dans
les
cours
des
maisons.
D'où
la
recrudescence
de
la
typholde,
des
dysenteries
et
gastro-entérites
qui
occasion-
nèrent
25
% des
décès
enregistrés
en
1943.

203./
c'est-à-dire
par
l'infiltration
des
eaux
de
pluie
à
travers
les
diaclases
du
substratum
basaltique.
Mais
il
se
produit
une
perte
estimée
à
près
de
2 000 ~/jour (C.S GAYE,
1983)
par
écoulement
vers
l'Océan
Atlantique
qui
constitue
l'exutoire
de
la
nappe.
Les
prélèvements
qui
sont
actuellement
opérés
pour
les
besoins
urbains
se
chiffrent
à
18
000 ~/jour, soit
cinq
fois
la
quantité
extraite
en
1945.
La
mise
en
place des
crédits
du
F.I.D.E.S.
à
partir
de
1948
imprima
un
nouvel
élan
à
la
recherche
hydrogéologique.
Sur
les
6.232 millions
CFA inscrits
au
premier
plan
quinquennal
d'équipement
du
Cap-vert
(1948
-
1953),
587 millions
CFA
furent
affectés
à
l'adduction
d'eau,
soit
près
de
9,5 % des
investissements.
Il
s'ensuivit
un
agrandissement
de
l'aire
d'alimentation
de
Dakar
qui,
en
1952,
engloba
le
nouveau
centre
de
captage situé
à
Thiaroye
considéré
à cette
époque
comme
faisant
partie
de
la
grande
banlieue.
Ce
bassin
est
constitué
par
une
lentille
d'eau
douce
contenue
dans
les
sables
quaternaires
accumulés
sur
une
grande
épaisseur
à
la
faveur
d'une
dépression
formée
par
le
soubassement
argilo-marneux.
La
nappe
reçoit
une
alimentation
pluviale.
Elle
est
en
équilibre
avec
l'eau
de
mer
qui
s'infiltre
latéralement
par
le
sud.
Le
débit
des
forages
est
de
13
000 ~/jour.
Poursuivant
ses
prospections,
le
B.R.G.M.
fit
la
découverte
du
gisement
de
Sébikotane
mis
en
exploitation
à
partir
de
1959
par
la
C.G.E.O.A.
Il
s'agit
d'une
nappe
captive
logée
dans
des
calcaires
paléocènes
qui
débite
en moyenne
28
OOO~/Jour.
Ce
niveau
calcaire
se
prolonge
plus
à
l'est
dans
la
zone de
Pout

il
surmonte
des
sables,
des
grès
et
des
marnes
du
Maestrichtien
largement
fissurés.
Les
divers
forages
mis en
service
vers
la
fin
des
années
1960 dans
les
"casiers"
nord,
centre
et
sud
de
cette
station
de
captage
permettent
un
prélè-
vement
quotidien
d'environ
56.500 ~.

204./
Malgré
ces
différents
apports
fournis
par
les
sources
de
ravi-
taillement
exploitées
dans
sa
région,
Dakar
tra1nait
encore
dans
la
première
décennie
de
l'Indépendance un
déficit
en eau

à
l'accroissement
de
la
population
et
à
l'extension
de
l'es-
pace
urbanisé.
La
zone
charnière
de
l'agglomération
se
densifiait
par
suite
de
la création
des
lotissements
d'habitat
planifié
(S.I.C.A.P.
;
H.L.M.),
et,
dans
le
même
mouvement,
les
change-
ments
de
résidence
consécutifs
aux
opérations
de
rénovation
urbaine
entrainaient
une
brutale
progression
du
front
d'urba-
nisation
à
la
périphérie
de
Pikine.
La
qualité du
service de
l'eau
s'en
ressentait.
Les
fréquentes
coupures
dans
le
réseau
de
distribution
témoignaient
d'une
tendance
à
la
dégradation.
Une
seule
alternative
s'offrait
à
la
compagnie
concessionnaire
soit
poursuivre
le
sondage
des
ressources
souterraines
de
la
région
devenues
incertaines
et
s'exposer à
des
investissements
à
rentabilité
douteuse,
soit
drainer
l'eau
du
lac
de
Guiers
et
faire
l'économie
d'efforts
financiers
répétitifs
à
long
terme.
Le
choix
porté
sur
le
second
terme
de
l'alternative
a conduit,
en
1971,
à l'inauguration
du
système
assurant
le
drainage
des
eaux
du
fleuve
Sénégal
jusqu'à Dakar,
soit
un
parcours
appro-
chant
250
km.
Ce
lac
peu
profond
(cote
maximale
-
1,5
m)
ouvre une
superficie
de
24.000
ha.
Il
communique
avec
le
Sénégal
par
l'intermédiaire
de
la
Taouey.
Le
pont-barrage
qui
enjambe
ce
défluent
remplis-
sait,
avant
la
construction
du
barrage
de
Oiama,
une
double
fonction
l'admission
des
eaux
fluviales
de
juillet
à
novembre
d'une
part,
d'autre
part
la
retenue
de
la
langue
salée
en
période
d'étiage.
Au sud,
la
digue
de
Keur
Momar
Sarr
empêche
les
eaux
de
remplissage
de
rejoindre
la
vallée
morte
du
Ferlo.
Chaque
année,
c'est
ainsi
plus
de
200
millions de
~ qui
sont
stockés
(224).
Avant
son
introduction
dans
le
réseau
de
distribution,
l'eau
est
débarrassée
de
ses
impureté5
à
la
suite
d'un
traitement
(224)
les
débits
prélevés
de
ce
volume
par
la
S.ON.E.E.S.
pour
l'alimentation
des
agglomérations
branchées
sur
son
réseau
représentaient
seulement
7 % en
1980,
contre
93
% au
profit
de
l'agro-industrie
et
l'élevage
d'embouche.

<,
io
o
N
DISTRIBUTION
DE L'EAU
Fig.2ü.BASSIN
DAKAR
EN
EAU DE DAr.AR
G...ïer•
. .
. .
. .
'.
1. 1 1
Po,n! G 1
- -
o usine de --e eut em ee e
ë
o R;••rvo."
ConoliaotÎons
p",'lnc~poll!'!o
+ +
E
[I:IJ o.-u"llItiers ol;"":"t~"~ A. ~Qml!'lles
cm QuO,.";.,..1 ol;ment;, por Po'lnt Y
~ Q"ontie,.s ol;menté", por Pa;"t G

206./
subi
à
l'usine de
Gnith
installée
au
bord
du
lac.
Le
volume
pompé
par
la
S.O.N.E.E.S.
est
en
partie
dérivé
vers
certaines
localités
traversées
par
la
conduite
avant
d'aboutir
à Dakar.
Cet
apport
extra-régional
est estimé
à 50.000 ~/jour.
Au total,
le
débit
circulant
quotidiennement
dans
les
cana-
lisations
de
la
capitale atteint
165.500 ~,
soit 80 % du
volume
produit
en
milieu
urbain
au
Sénégal.
Néanmoins
il
subsiste à
Dakar
un
déficit
journalier
de
10.000 ~ susceptible de
passer
à
49.000 ~ en
période
de
pointe.
Les
autorités
sénégalaises
considèrent que
la
solution
consistant
à
doubler
la
conduite
du
lac
de
Guiers
n'est
pas
de
nature
à
satisfaire
les
besoins
futurs.
Elles
ont
conçu
le
projet
grandiose
du
"canal
du
Cayor"
qui,
partant
toujours
du
fleuve
Sénégal,
acheminera
l'eau
néces-
saire
à Dakar
à
'lhorizon
des
années
2 000.
Son
coût
dépasse
la
somme
déjà
faramineuse
de
100 milliards
FCFA.
Après
exhaure
et
traitement,
l'eau
transite
par
des
usines
de!
refoulement
et
des
réservoirs
disséminés
à
traver~ l'aggloméra-
tion
pour
parvenir
aux
usagers.
L'usine
du
Point
B sise
à
proximité
de
l'échangeur
de
Hann
reçoit
les débits
en
provenance
du
centre
de
captage
du
Point B
lUi-même,
ceux
sortant
des
forages
de
Pout-Sébikotane
et
l'apport
extra-régional
transporté
par
la
conduite
du
lac
de
Guiers
(225).
Elle
remplit
donc
une
fonction
de
commutation centrale
dans
le
réseau de
distribution.
Elle
refoule
l'eau
en
direction
de
quatre
réservoirs
ceux
des
Madeleines,
des
Mamelles
et
du
Point
G.
L'énumération
tient
compte
de
l'ordre
d'ancienneté
des
ouvrages.
(225)
la
conduite
issue
du
lac
de Guiers
collecte
au
passage
l'eau
extraite
des
centres
de
captage
de
Kelle et
de
Kébémer
(région
de
Louga).

207./
Aussi
paradoxal
que
cela
peut
paraître,
c'est
le
réservoir
de Madeleines
II
qui
précède celui
de Madeleines
1.
On signale
son
existence
dans
les
archives
de
1925,
alors
que
l'autre
a
été
construit
à
la
fin
de
la
même
décennie.
Les
conduites
dérivées
de
Madeleines
1 alimentent
les
secteurs
du
Plateau
compris
entre
le
Cap
Manuel
au
sud
et
une
limite
nord
formée
par
les
avenues
Georges
pompidou
et
Albert
Sarraut
(226).
Tout
le
reste
de
cette
partie
de
la
ville
à
l'exception
du
port
(227),
dépend
de
Made-
leine
II.
C'est
en
1945
qu'a
été
achevée
la
construction
du
réservoir
des
Mamelles
enterré
sous
le
chemin
reliant
le
village
de
Ouakam
et
le
phare.
Les
eaux
captées
à
partir
de
la
nappe
infrabasal-
tique
ainsi
que
celles
refoulées
par
l'usine
du
Point
B y
affluent
avant
d'être
réparties
entre
les
quartiers
de
la
zone
charnière
et
les
villages
lébou
de
la
tête
de
la presqu'ile
(228).
De création
plus
tardive,
le
réservoir
souterrain
du
Point
G
situé
dans
le
lotissement
de
SICAP -
Liberté
II
est
rempli
à
l'aide
de
l'usine
du
Point
B.
Il
dessert
les
quartiers
non
compris
dans
le
rayon
d'influence
du
réservoir
des
Mamelles
(229).
(226)
les
principales
conduites
connectées
au
réservoir
de
Madeleines
1 (capacité
9.800~) sont sous
les avenues
Lamine Guèye,
Jean Jaurès
et
sous
la
rue
du
Docteur
Guillot.
Au départ
de
Madeleines
II
i l
Y a
les conduites
de
l'avenue
Georges
Pompidou
et
de
la
route
de
Ouakam.
(227)
le
port
longtemps
doté
de
réservoirs
propres
drainant
une
part
non
négligeable
de
l'eau
pompée dans
les
environs
de
Dakar
(8
à
11 % dans
les
années
1926)
est
actuellement
alimenté
à
partir
du
réservoir
du
Point
V.
(228)
le
réseau
des
Mamelles
(10 000 ~)
dessert
Fann
Hock,
Fann-
Résidence,
Mermoz,
SICAP-Liberté 1 à
IV,
SICAP-Dieuppeul
1 à
III,
Derklé,
Castors,
Grand
Voff,
Patte
d'Oie,
Foire
de
Oakar,Voff,
Ngor
et
Ouakam.
(229)
le
réservoir
du
Point
G (5
OOO~) dessert
les
H.L.M.,
Grand Dakar,
Point
E,
Colobane,
Centenaire,
Zones A et B,
Gueule
Tapée,
Bopp,
Cité
Port,
SICAP-Amitié
et SICAP-Rue
10.

208./
Par
l'usine de
Thiaroye
s'effectue
le
refoulement
des
eaux
captées
sur
le
site
même,
et,
celles
de
la
zone
pout-Sébikotane
vers
le
réservoir
du
Point
Y.
L'ouvrage,
installé
en
surplomb
au-dessus
de
la grande
niaye
de
Pikine,
ravitaille
les
quartiers
situés
sur
le
col
de
la
presqu'île
et
la
Médina
(230).
Les
pratiques d'usage
font
apparaître
deux
modes
d'accès
à
l'eau
potable
le
branchement
individuel
sur
le
réseau
de
distribution et
l'approvisionnement
hors
du
domicile.
Le
nombre
de
branchements
individuels
est
un
indicateur
du
degré
de
ramification
du
réseau
de
distribution
à
partir
des
conduites
principales.
A Oakar,
les
habitations
pourvues
d'une
prise
d'eau
sont
passées de
12.680 en
1963 à
57.297
en
1985,
soit
un
quadru-
plement
en
deux
décennies.
Le
taux
de
desserte
indiquant
la
proportion
de
logements
disposant
d'un
robinet
intérieur
s'éta-
blit
à
55
% en
1985
(231).
A peu
près
à
la
même
période,
i l
atteint
9 % à
Lomé,
18
% à
Pointe
Noire
et
32
% à
Libreville
(232).
Ce
qui
souligne
la
position
enviable
qu'occupe
la
capitale
séné-
galaise
dans
le
contexte
de
l'Afrique
sub-saharienne.
Les
taux
de
raccordement
comparés
montrent
d'importantes
dis-
parités
à
travers
l'agglomération.
O'après
le
R.G.P.H.
1988,
le
pourcentage
de
logements
ayant
un
robinet
intérieur
repré-
sente
46
% pour
les
deux
communes,
mais
à
Dakar
il
est
de
62 %
contre
26
% à
Pikine.
Dans
la commune-mère,
les
quartiers
du
Plateau,
excepté
Reubeuss,
ceux
de
la
corniche
ouest
de
Fann
aux
Almadies,
ainsi
que
les
lotissements
d'habitat
planifié
se
distinguent
par
un
nombre
( 230 )
Le
réservoir
du
Point
Y (10
OOO~) dessert Cambérène
Parcelles
Assainies,
Thiaroye,
Guédiawaye,
Pikine,
Zone
Industrielle,
Port
et
Médina
(231)
P.R.D.I.
de
la
région
de
Dakar,
t
p.
68
(232)
Afrique
-
Industrie
nO
369
du
15
mai
1987,
p.
21

209./
élevé
de
maisons
branchées
sur
le
réseau
(plus
de
80 %).
Le
groupe
comprenant
Médina,
Grand
Oakar,
les
Parcelles
Assainies
et
les
environs
de
l'Autoroute
en
comptent
entre
50 et
70 %.
Les
taux
enregistrés
dans
les
quartiers
spontanés
tel
Grand
Yoff,
dans
les
villages
traditionnels
Lébou
sont
à
peine plus
élevés
que
ceux
relevés
à
Pikine
ils
gravitent
autour
de
30 %.
Lac 0 mmune - sa tell i t e de
Pi k i n e a e Il eau s s i s e s i'n-é"g-a '1I t é s' ~
en
matière
de
mode
d'accès
à
l'eau
potable.
Si
les
alentours
de
la
Cité
Fayçal
(nouvelle
cité
ministérielle)
sont
presque
totalement
raccordés
(97 %),
un
peu
moins
de
la
moitié
des
logements de
Pikine Ancien,
45
% seulement,
ont
un
robinet
intérieur.
La
proportion
est
plus
faible
encore
à
Pikine-
Extension
(35 %),
Mbao
(17
%),
Thiaroye-sur-mer
(15
%),
Pikine
Irrégulier
(12 %)
et
Keur
Massar
(233).
Le
tarif
relativement
élevé
de
l'abonnement
-
50
000
FCFA soit
1,3
fois
le
S.M.I.G.
payé
au
Sénégal-
constitue
le
facteur
dont
procèdent
les
pratiques
d'exclusion
inhérentes
au
service
de
l'eau.
Pour
surmonter
cet
obstacle,
certains
ménages
s'organisent
pour
se
partager
les
frais
d'un
abonnement
collectif ainsi
que
les
factures
bimestrielles
à
acquitter.
Les
autres
n'ont
d'autre
moyen
pour
accéder
à
l'eau
potable
qu'en
recourant
aux
bornes-
fontaines
implantées
par
la
Municipalité
ou
à
un
puits.
Contrairement
aux
branchements
individuels,
le
parc
de
fontaines
publiques
s'est
développé
sur
un
rythme
moins
rapide.
Entre
1963
et
1985
il
est
passé
de
335
à
654
unités,
soit
une
crois-
sance
annuelle de
4 % contre
15
% pour
les
branchements
indi-
viduels.
Cela
s'explique
par
le
désengagement
des
services
communaux
qui
ont
tendance
à
fermer
les
bornes-fontaines
devenues
inutilisables.
Parallèlement
ils
encouragent,
~e
concert
1
(233)Thiaroye-sur-mer
comprend
les
logements
insérés
dans
les
établissements
industriels
et
le
village
de
Mbatal.
Keur
Massar
englobe
Kamb
et
Malika
son
taux
de
branchement
est
c
5 % en
1988.

210./
avec
la
S.O.N.E.E.S.,
à
des
branchements
sociaux
(234).
La
répartition
des
fontaines
dans
l'agglomération
est
la
suivante
Arrondissements
effectif
%
1 e r
9
1 , 4
2e
52
8,0
3e
24
3,7
4e
135
20,6
Se
1 56
23,8
6e
278
42,5
Total
654
100,0
Source
C . R . H• U. A.
-
C. R . D. 1 .
les
équipements
urbains
à
Dakar.
A elle
seule,
la
commune
de
Pikine
(Se
et
6e
arrondissements)
concentre
66
% des
bornes-fontaines
recensées,
du
fait
de
la
faiblesse
relative
des
raccordements
individuels.
Dans
Oakar,
la
situation
observée
est
peu
ou
prou
la
réplique
négative
de
la
distribution
des
branchements
privés
par
arrondissement.
Le
quatrième devance
de
loin
les
autres
pour
les
raisons
évo-
quées
à
propos
de
Pikine.
La
population desservie
par
borne-fontaine
reste
importante
malgré
le
taux
de
raccordement
appréciable
atteint
par
l'agglo-
mération.
Théoriquement,
elle
est
de
400
personnes
en moyenne
dans
les
arrondissements
de
D~kar.
Il
en
résulte
un
certain
(234)
Il
s'agit
de
raccorder
au
réseau
les
ménages
qui
en
font
la demande,
et,
de
leur
faire
rembourser
par
paiements
fractionnés
les
fonds
avancés
par
les
municipalités au
titre
des
frais
de
police
d'abonnement
versés
à
la
SONEES.

211./
nombre
de
contraintes
pour
les
ménages
utilisant ce
mode
d'approvisionnement
longueur
de
la
distance
d'approche
à
franchir
avant
d'accéder
à
la
fontaine.,
-
pertes
de
temps
et
disputes
entre
usagers
occasionnées
par
l'institution
d'horaires
fixes
de
distribution.
Le
transfert
de
l'eau
à
domicile
est
effectué
soit
par
les
consommateurs
directs
soit
par
l'intermédiaire
des
vendeurs.
La
seconde
formule
permet
aux
ménages
de
pallier
les
inconvé-
nients
évoqués
ci-dessus.
Son
apparition
remonte
à
plusieurs
lustres.
Lorsqu'en
1914
le
subsivisionnaire
des
T.P.
ordonna
la
fermeture
des
bornes-fontaines
installées
dans
les
quartiers
indigènes,
pour
cause
de
mauvais
entretien,
la
mesure
eut
pour
effet
de
susciter
un
commerce
lucratif pratiqué par
les
abonnés
possédant
une
prise
d'eau
sur
leur
propriété.
Le
bidon
de
p t r o';
é
le
rempli
d'eau
était
vendu
par
l'abonné
5 centimes
au
porteur
qui
le
revendait
10
centimes
au
consommateur
(235)
Actuellement
la
revente
à
proprement
parler
n'existe
plus.
les
porteurs
vendent
une
eau
puisée
à
la
fontaine
publique
sans
verser
la
moindre
redevance
à
la
société
concessionnaire
ou
aux
municipalités.
Un faible
nombre
de
ménages
-
5 % en
1980
-
s'approvisionne
au
puits.
Il
s'agit
de
ceux
habitant
les
quartiers
irréguliers
de
création
récente
qui
n'ont
pas
encore
réussi
à
s'organiser
en
communautés
politiquement
fortes
pour
exercer
des
pressions
sur
l'Administration
en
vue
de
leur
rattachement
aux
divers
services
existant
dans
la
ville
officielle.
Le
déclin
de
la
fréquentation
du
puits
pour
avoir
accès
à
l'eau
est
sensible
dès
les
années
1950.
C'est
à
partir
de
cette
période
que
les
~---------------------~-~----------------------------~----~--
(235)
rapport
sur
la
situation
des
communes
de
plein
exercice
et
des
communes
mixtes
du
Sénégal,
année
1914
.r /'\\. N. S~' -SG' 1/i1'4013)

212./
demandes
d'autorisation
de
fonçage
ont
commencé
à
marquer
un
recul,
puis
à disparaltre.
Entre
1940
et
1955,
celles-ci
se
sont
considérablement
réduites
en
passant
de
121
à
6
(236).
La
mise
en
oeuvre
du
programme
d'équipement
du
F.I.D.E.S.
a
largement
contribué à
cette
évolution.
Déjà
en
1954 quelques
8
km de
canalisations
d' 'eau
potable
ont
été
posées
à Médina

l'on
creusait
principalement
les
puits.
L'élevation
progressive
des
normes
de
viabilisation
dans
les
lotissements
administratifs
créés
ultérieurement
a
eu
des
conséquences
analogues.
Le
volume
d'eau
consommé
par
l'agglomération
se
développe à
un
rythme
proche
de
l'exponentiel.
De
1935 à
1980,
les
cubages
distribués
ont
évolué
ainsi
qu'il
suit
tabl.
11
-
Evolution
des
cubages
distribués à
Dakar
(1935
-
1980)
Année
Cubages (m')
crol tian
1935
1.650.000
1945
3.550.000
1 l , 5
1955
11.320.000
2 l ,8
1968
17.000.000
3,8
1975
23.600.000
5,5
1980
34.400.000
9, 1
source: recherche personnelle (237)
(236)
il
s'agit
des
demandes
nouvelles
d'autorisation
instruites
par
le
Service
d'Hygiène
de
la
Délégation
de
Dakar
entre
194Ô
et
1955.
1
(237)
ce
tableau
résulte
de
la
compilation
des
statistiques
tirées des
travaux
de
Y.
MARIE -
SAINTE
(1963),
N.
SAMB
(1979)
et
du
P.D.U.
2000.

213./
Il
faut
préciser
d'abord que
les
volumes
livrés
à
la
demande
sont
fonction
non
seulement
de
l'importance
de
cette
dernière
mais
aussi
de
l'offre
disponible.
Le
caractère
soutenu
de
la
demande
est
responsable
de
la
croissance
des
cubages
au
rythme
de
6,9%
par
an
durant
l'intervalle
1935
-
1980.
Le
doublement
de
la
consommation
intervenu entre
1935
et
1945
a
été
rendu
possible
par
les
conditions
nouvelles
créées
dans
l'offre
du
fait
de
la
mise
en
service
des
premiers
forages
des
Mamelles
en
1943.
Le
niveau
atteint
en
1955/1968 procède
de
l'exploitation
à
partir
de
1952
des
centres
de
captage
de
la
grande
banlieue
(Thiaroye,
Sébikotane,
Pout).
Grâce
à
l'apport
extra-régional,
un autre
doublement
est
réalisé
entre
1968/1980.
En
1980,
la
consommation
domestique
a
représenté
47
% des
cubages
distribués
(238) .. Le
volume
per
capita qui
a atteint
113
l / j
pour
les
ménages
possédant
un
branchement
individuel,
n'a
égalé
que
15
l/hab/j
au
niveau
des
bornes-fontaines.
Entre
les
quartiers,
i l
est
apparu
des
écarts
dans
les
niveaux
de
consommation
413
l/hab/j
à
Fann,
208
au
Point
E,
106
à
Grand
Dakar,
85
dans
les
SrCAP,
65
dans
les
HLM et
53
à Pikine.
Pour
les
abonnés
au
réseau,
la
norme
des
40
l/hab/J,
définie
par
l'O.M.S.
comme
étant
le
minimum
nécessaire
à
la
satisfac-
tion
des
besoins
individuels
en
eau,
est
franchie.
Mais
ce
seuil
n'est
pas
encore
atteint
par
les
ménages
privés
d'un
branchement
privé,
soit
les
trois
quarts
de
la
population
de
l'agglomération.
Indépendamment
des
perturbations
causées
par
les
coupures
techniques,
les
cubages
distribués
c0nnaissent
des
fluctua-
tions
saisonnières.
Cependant,
les
débits
écoulés
n'ont
pas
un
caractère
excessif.
Le
rapport
du
maximum
au
minimum
tourne
autour
de
l'unité.
C'est
la
veille
de
l'hivernage
marquée
par
de
fortes
valeurs
thermiques
-
mai,
juin-
qui
représente
la
(238)
étude du
P.D.U.
de
Dakar-Synthèse
des
données
urbaines
vol.
5,p
120

214./
période
de
pointe
dans
les
consommations.
En
revanche,
une
légère
baisse
apparaît
en
hiver
boréal,
notamment
en
janvier-
février.
Au cours
de
la
saison
chaude,
les
entreprises
d'assainissement
sont
très
sollicitées
pour
la
vidange
des
eaux
usées,
notamment
dans
les
quartiers
démunis
d'un
système
d'égoûts.
2 - FACE À LA SALUBRITË
DAKAR COMME SISYPHE
Les
présupposés
hygiénistes
de
l'urbanisme
colonial
ont
forte-
ment
marqué
les
origines
de
Dakar.
Outre
le
contrôle
de
l'utilisa-
tion
des
sols
et
des
constructions,
la
volonté
de
conjurer
les
facteurs
de
morbidité
apparaît
plus
concrètement
dans
l'énergie
et
les
ressources
dépensées
pour
assainir
le
sol,
percer
une
voirie
abondante
et
ouverte
aux
effets
bienfaisants
des
vents
du
large,
ou
encore
pour
améliorer
l'habitat
du
plus
grand
nombre.
Cette
lutte
contre
l'insalubrité,
à
laquelle
reste
attaché
le
nom
d'administrateurs
coloniaux
attentifs
aux
ques-
tions
d'hygiène
tels
PINET
LAPRADE,
ERNEST
ROUME
et
PAUL BECHARD
(239),
s'est
poursuivie
avec
constance à
l'Indépendance
sous
divers
aspects.
Qu'il
s'agisse
~éradiquer le
péril
fécal
ou
les
bidonvilles,
de
rénover
les
marchés
aux
installations
provisoires,
d'organiser
des
opérations
dites
coup
de
poing contre
les
épaves
de
véhIcules
sur
la
voie
publique,
ou
bien
de
réorganiser
le
corps
des
agents
d'hygiène,
l'enjeu
est
le
même
que
celui
ayant
prévalu
durant
la
période
française.
Il
consiste
à
préserver
l'environnement
urbain
des
risques
de
dégradation
nuisibles
à
la
santé
publique.
Les
défis
que
Dakar
doit
relever
à
ce
sujet
sont
étroitement
liés
à
trois
éléments
naturels
et
humains
(239)
Oakar
doit
à
Pinet
Laprade
son
premier
plan
d'urbanisme
(1862)
établi
sept
ans
seulement
après
la
prise
de
posses-
sion
par
la
France
(1857)
le
Gouverneur
général
E.
Roume
(1902-1909)
et
plus
tard
le
Haut
commissaire
P.
Béchard
(1948-1951)
y présidèrent
l'exécution
d'importants
travaux
d'assainissement
et
d'édilité.

215
_ son cadre
physique dont
dépendent
les
conditions
d'évacuation
des
eaux
pluviales
et
de
décomposition
des
déchets
produits
par
la
population
_ son
rythme de
croissance démographique
et
spatiale qui
impose
un
effort
important
d'investissements
afin d'.j~&ter
l'offre
à
la
demande
de
services
d'assainissement
sa
population dont
les
pratiques d'usage,
sujettes à
de
nombreux
errements,
rendent
onéreux
le
maintien
de
ces
services
en
bon état.
Plusieurs
paramètres
déterminent
l'évacuation
des
eaux
pluviales
la
fréquence
et
l'intensité
des
précipitations,
la
topographie,
la
nature
des
sols
et
du
substrat
lithologique.
Les
risques
de
stagnation
ou
d'inondation
liés au
ruissellement
ne
se
présentent
à
Dakar que
durant
une
courte
période
de
2 à
3
mois
-juillet,
août,
septembre-

se concentrent
les
pluies
annuelles.
Ces
dernières
tombent
généralement
sous
forme
d'orages
de
durée
et
d'intensité
variables
suivant
le
mois et
le
moment
de
la
journée.
Les
observations
faites
dans
ce sens
en
1974
par
E.
ALlES restent
encore
valables.
tabl.
12
-
Durée
(h)
et
intensité des
pluies
(mm/h)
à Dakar
J
F
M
A
M
J
J
A
S
D
N
D
Année
durée ( nuit
et jour)
-
-
-
-
5,0
3,7
26,9 52,8
45,4
18,2
-
-
151 ,4
Intensité
(jour)
-
-
-
-
- (j,a ;1,2 2,9 2,8 ;2,6 -
-
2,6
Intensité
(nu i t )
-
-
-
- 1 , D 2,0
2, 1
3,5
4, 1
5,5
-
-
3,4

216./
Le ta~leau
corrobore
ce
qui
figure
au
titre
1
notamment
la
prééminence des
totaux
enregistrés
enaoût

les
pluies
gagnent
en
intensité.
Mais
leur
violence
s'accroît
la
nuit,
plus
particulièrement
en
octobre.
Au total,
les
possibilités de
ruissellement,
après
imbibition
du
sol,
existent
même en
début
d'hivernage
(juin
intensité
nocturne>
mm/hl.
Oans
l'ensemble
les
caractères
topographiques
et
pédologiques
du
site
favorisent
l'infiltration
des
eaux
de
ruissellement.
Le
plateau
formant
la
pointe
sud
de
la
presqu'île
a une
ossature
marno-calcaire
qui
les
laisse passer
vers
les
profondeurs.
En
effet
il
a
subi
au
cours
de
la
tectogénèse
néogène
un
gauchisse-
ment
qui
a abouti
à
la
fissuration
des
séries
sédimentaires.
Le
sol
est
certes
rendu
imperméable
par
l'asphaltage
des
rues,
le
dallage
des
trottoirs
et
des
cours
des
immeubles,
mais
le.
bon
entretien des
canalisations
souterraines
permet
un
drai-
nage
convenable
des
eaux p~viales.
Sur
le
plateau
volcanique
de
Ouakam,
deux
facteurs
limitent
les
superficies que
pourraient
occuper
les
eaux
stagnantes
les
possibilités
d'infiltration
offertes
par
le
soubas-
sement
basaltique
qui
a été
également
fissuré
au
cours
de
son
évolution
géologique
-
l'effet
de
la
pente
et
la
présence
des
rigoles
tailladant
le
recouvrement
limon.e~.x, ou
latéritique
qui
évacuent
vers
la
bordure
ou
le
large
les
précipitations
ruisselées
sur
ce
relief.
Longtemps
réduite
au
rôle
d'exutoire
des
eaux
descendant
les
plateaux
encadrants,
la
plaine
de Médina
n'est
plus
concernée
que
passagèrement
par
la
stagnation
des
eaux
de
pluie.
Celle-ci

217./
ne
se
produit
que
durant
quelques
heures
après
d'importantes
averses.
En ces
occasions,
le
système
artificiel
d'écoulement
est
débordé,
et,
les
excédents
se
répandent
sur
la
chaussée,
comme
cela
se
produit
le
long
du
canal
de
Fass-Gueule
Tapée.
Les
faits
d'inondation
s'observent
paradoxalement
sur
les
plaines sableuses
du
col
de
la
presqu'île.
A côté
des
dunes
qui
sont
perméables,
il
y a des
couloirs
à colmatage
argileux

la
nappe
phréatique
se
trouve
à
faible
profondeur.
Ces
dépres-
sions
facilement
inondables
abritent
des
quartiers
spontanés
qui
n'ont
donné
lieu
à
aucune
préparation
du
terrain
avant
l'instal-
lation
humaine.
Il
s'agit
entre
autres
de
la
partie
sud
de
Ganao
Rail,
de
Tivaouane
et
Lamsar au
P.K.
15
de
la
route
de
Rufisque
implantés
dans
des
niayes
que
les
occupants
considéraient
à
tort
comme
étant
définitivement
mises
hors
d'atteinte
de
l'eau
par
la
sécheresse des
années
197D.
Dans
le
passé,
ces
zones
de
mauvais
drainage
étaient
particu-
lièrement
craintes
par
les
services
sanitaires
de
Dakar.
Elles
existaient
aussi
bien
dans
le centre-ville qu'à sa
périphérie
immédiate.
Jusqu'en
1945,
la moindre
averse
transormait
en
mares
les
environs
du
boulevard
des
Madeleines
(prolongement
NW
de
l'actuel
boulevard de
la
République),
du
Camp
des
gardes
(actuel
stade
Iba
Mar
Diop)
et
du Cerf Volant.
Ces
pièces d'eau
dormante
servaient
de
gîtes
à
une
faune
microbienne
et
anophéliennE
très
dangereuse.
Les
adolescents
qui
s'y
baignaient
risquaient,
en
plus de
la
noyade,
nombre
de
maladies
épidermiques et
gastéro-
intestinales.
Sous
l'effet
des
vents
de
secteur
NNW,
les mousti-
ques
se
répandaient,
à
chaque
hivernage,
sur
la
ville

ils
introduisaient
les
germes
de
paludisme et
de
fièvre
jaune.
D'où
l'énergie
déployée
par
le
Service d'Hygiène
et
les
T.P.
pour
mazouter
les zones
marécageuses
sinon
pour
les
assainir
par
le
comblement
ou
la
construction
de
canaux
à
ciel
ouvert.

218./
L'eau de la pluie 1989 dans les rues de Tivaouane au P.K. 13,5 de la Route
de Rufisque
.•• dans les chambres de Pikine Ancien (entre école 8 et Cité Pépinière)
Le Ministre du Déve Loppr-nvur :;()(",,}
(r~rr," Ncli or-o NIJfi\\YE) et les autorités
locales sur les lieux du .: i rr t ,;tr".

21~1
Les
solutions
radicales
sont d'autant
moins
applicables
aux
quartiers
actuellement
victimes
des
inondations
que
le
bâti
s'est
durcifié.
Pour
les
assister
dans
leur
détresse,
on use
d'expédients
hébergement
provisoire
dans
des
écoles
trans-
formées
en
centres
d'accueil
des
sinistrés,vidange
des
cuvettes
inondées
par moto-pompes.
La
chaleur
constante
des
latitudes
tropicales
y rend
délicate
la
gestion
des
déchets,
qu'ils
soient
liquides
ou
solides.
Du
fait
de
la
rapide
fermentation,
i l
se
pose
le
problème
de
leur
évacuation hors
des
espaces
habités
afin
d'éviter
la
dispersion
des
matières
nuisibles.
Les
déchets
liquides
rejetés
par
ies
effluents
urbains
compren-
nent
les
eaux
pluviales
et
celles
résultant
du
lavage
des
rues,
les
eaux
ménagères
et
les
résidus
industriels.
Ils
n'empruntent
pas
les
mêmes
voies
de
drainage
car
le
système
d'évacuation
est
du
type
séparatif
à
Dakar
(240~.
On estime
à
70
% la
part
des
eaux
ménagères
parmi
les eaux
usées
collectées
par
les
égôuts
(C.GUEYE,
1979).
Il
faut
y
distinguer
-
les
eaux
de
cuisine
chargées
de graisses
très
fermen-
tescibles
dues
à
la
grande consommation
d'huile
par
les
ménages,
mais
aussi
des
épluchures
de
légumes
et
des
reliefs
de
repas
qui
auraient

faire
l'objet
d'un
tri
-
les
eaux-vannes
la
quantité
de
matières
fécales
et
d'urines
recueillies
dans
des
réceptifs
aurait
atteint
en
1976
respectivement
25
DOO
et
265
000
tonnes
(O.A.
WANE,
1981)
(240)
En
1986,
le
linéaire
des
collecteurs
d'eaux
usées
mesurait
à
Dakar
884,8
km (Sénégal:
938,8)
et
celui
des
eaux pluvial
143,6 km
(S é n é gal
:
154,3
km)

220./ .
les
eaux
de
nettoyage de
linge
et
de
lavage
des
maisons
qui
transportent
en
solution
du
savon.
Il
faut
souligner
que
les
dangers
les
plus
sérieux
sont
causés
par
l'épandage
sur
la
voie
publique
des
excreta
humains.
Bien que
les
terrains
vagues
remplisant
la
fonction
de
W.C.
aient
considé-
rablement
diminué,
on
ne
compte
pas
le nombre
de
coins
portant
l'avertissement
jamais
respecté
"Défense
d'uriner,
sous
peine
d'amende".
L'acte
visé
par
cette mise
en
garde
est
aussi
vieux
que
la
ville.
Ce
sont
les
abords
immédiats
des
salles
de
spectacle
(cinéma),
des
cabarets,
des
terrains
de
sport
et
des
marchés
qui
y sont
le plus
exposés.
De tous
temps
Dakar
a manqué d'uri-
noirs.
En
1940,
il
n'en
existait
que
21
dont
14
installés
au
centre-ville et
7 en Médina.
l'augmentation
subie
par
ce parc entre
1940 et
1949 -
une
dizaine
d'urinoirs-
n'a
concerné
que
le
Platea~.
Cependant
à
partir
de
cette
date,
un
effort
important
d'équipe-
ment
a été
fourni
en
direction de
la Médina

15
édicules
ont
(
été
construits.
En
1985,
la
communè
de
Dakar
comptait
près d'une
centaine
d'édicules
publics,
mais
leur
localisation
n'est
pas
de
nature
à
juguler
la
pratique
consistant
à
déposer
les
urines
sur
la
voie
publique.
Pour
y parvenir,
il
aurait
sans
doute
fallu
implanter
ces
équipements
près
des
lieux
recevant
du
public.
Exception
faite
des
marchés,
on
ne
peut
pas
dire
que ce
soit
encore
le
cas.
Les
eaux
résiduaires
d'origine
industrielle
sont
déversées
sur
le
littoral
sud
de
la
presqu'ile
par
les
nombreuses
usines
qui
y opèrent
industries
des
produits
de
mer,
industries
textiles,
chimiques,
etc.
Elles
contiennent
des
matières
orga-
niques
et
minérales
qui
modifient
la
composition
des
eaux
marines.
Certains
égouts
de
la
zone
industrielle
rejettent
des
substances
difficiles
à
dissoudre
par
auto-épuration
tels
le
plomb,
le
mercure,
le
chrome,
l'arsenic,
la
soude
caustique.
Il
s'y ajoute
les
produits pétroliers échappés
des
opérations
de
transborde-
ment
par
le pipe-line
de
la
centrale
de
raffinage
de
Mbao
situé
en
mer.
On estime
à 5 000 ~ le volume d'eaux
usées
émises

221./
quotidiennement
par
l'industrie
dans
la
seule
baie
de
Hann
(241).
Il
en
a
résulté
une
profonde modification
de
l'écosystème
aquatique dont
témoignent
-
la
prolifération
des
algues
favorisée
par
l'excès
de
phosphore,
d'azote
et
d'oligo-éléments
dans
l'eau
-
la
baisse
du
volume
de
paissons
capturés,
et,
le
chan-
gement
de
la
structure
des
mises
à
terre
(242)
-
le
recul
du
tourisme
balnéaire
sur
la
baie
polluée par
les
rejets
d'eaux
usées,
et,
les
odeurs
désagréables
émanant
des
algues
en
putréfaction
sur
la
plage,
des
usines
de
poisson
des
alentours
et
des
égoûts
urbains
(243).
En moyenne
le
Dakarois
se
débarrasse
de
1,2
à
1,3
kg
d'ordur~s
ménagères
par
jour.
Si
l'an
y ajoute les
la tannes produites
par
le
commerce
et
l'industrie
(244),
cela
représente
1750 à
1900
que
les
services
de
nettoiement
doivent
quotidiennement
collecter
(245).
Dans
les
détritus
ménagers,
il
y a
beaucoup
de
matières
fines,
celles-ci
formaient
en
1979,
selon
la
S.O.A.D.I.P.,
13
%
des
ordures
du
Plateau,
23 % à
Fann-Résidence,
26
% au
Point
E,
47 % à
Médina
et
59
% à
Pikine.
Il
s'agit
de
balayures
de
l'in-
térieur
des
habitations
et
de
cendres
de
cuisine
pour
l'essentiel.
Le
degré
d'équipement
des
quartiers
en
appareils
ménagers,
et,
l'état
des
espaces
de
circulation
internes
au
extérieurs aux
(241)
Direction
de
l'Environnement
Protéger
l'environnement
pour
un
Sénégal
encore
plus
beau,
1984
p 27.
(242)
On signale
la
disparition
d'espèces
telles
que
les
truites
et
les
perches
au
profit
d'espèces
inférieures
(sardinelles)
Les
quantités
de
paissons
débarqués
à
Hann
proviennent
en
partie d'autres
centres
de
pèche.
(243)
Jusque dans
la
première
décennie de
l'Indépendance,
la
baie
de
Hann
était
la
première
plage
fréquentée
par
les
touristes
de
week-end.
On y avait
interdit
toutes
cons-
tructions
en
dehors
des
cabines
mises
à
la
disposition
des
baigneurs,
et,
de
quelques
guinguettes
au
équipements
sportifs
comme
le
siège
du
Cercle
de
la
Voile
de
Dakar
(C.V.D.),
un
club
de
plaisanciers dirigé
pendant
longtemps
par
C.H.
GALLENCA.
(244)
Direction de
l'environnement
protéger
l'environnement
p.13
(245)
Par
comparaison,
Paris
produisait
2 500
t
d'ordures
par
jour
en
1978.

222./
logements
deviennent
alors
les
facteurs
discriminants
qui
justifient
les
différences
des
taux
indiqués
plus
haut.
Après
les matières
fines,
les
ménages
rejettent
surtout
des
produits
végétaux
provenant
de
l'entretien des
espaces
verts
privés,
de
l'émondage
des
arbres
plantés dans
les
maisons
ou
sur
la
voie
publique.
Enfin
il
y a
les
matières
diverses
les
résidus
de
cuisine
les
débris
de
vaisselle
et
les
ustensiles hors
d'usage,
les
emballages
en
carton,
fer
ou
plastique,
-
les
cadavres
et
excreta
d'animaux
domestiques,
etc.
La
nature
des
déchets
solides
produits
par
les
entreprises
industirelles
et
commerciales dépend
de
l'activité
propre
à
chacune
d'slles.
Pour
l'industrie
polygraphique
et
le
commerce
non
alimentaire
par
exemple,
il
s'agit
notamment
de
papiers
et
d'objets
d'emballage
en
bois
ou
en
carton.
Tous
ces
produits
usagés
engendrés
par
le
"métabolisme
urbain"
(P.CLAVAL,
1981)
appellent
la
mobilisation
de
moyens
considé-
rables
pour
leur
collecte,
leur
transfert
vers
les
sites
prévus
pour
le
stockage,
leur
traitement,
voire
leur
recyclage
en
vue
d'autres
formes
d'utilisation ..
Les
investissements
consentis
de
longue
date
ont
doté
Dakar
d'un
réseau de
drainage
d'eaux
usées
de
près
de
40
km,
ainsi
que
d'un
service
d'enlèvement
des
ordures
ménagères
et
des
déchets
industriels.
Mais
certaines
parties de
l'agglomération
ne
sont
pas desservies
par
les
services
d'assainissement.
Le
système d'égoûts
n'intéresse
que
marginalement
la
commune
de
Pikine.
Dans
cette
même circonscription,
il
est
des
quartiers
.

l'enlèvement
des
déchets
ménagers
souffre
de
beaucoup
d'insuffisances.
Ces
carences
procèdent
moins
d'une
exclusion
délibérée
liée
à
leur
situation
foncière
illégale
que
des
condi-
tions
d'accès
rendues
difficiles
par
l'implantation anarchique
du
bâti.

223./
La
collecte des
eaux
usées
s'effectue
sur
un
mode
séparatif.
Les
canalisations
évacuant
les
eaux
pluviales
comprennent
des
conduites
souterraines
et
des
canaux
à
ciel
ouvert.
S'agissant
du
réseau
ouvert,
il
se
compose
de
systèmes
répartis
inégalement dans
la
commune
de
Dakar.
Cinq
collec-
teurs
recueillent
les
eaux
ruisselées
sur
la
partie du
Plateau
située
à
l'est
d'une
ligne
avenue Pasteur- avenue
Lamine
Guèye
pour
les
déverser
dans
la
rade
intérieure
du
port
et
dans
l'anse
Bernard.
l'ouest
de
ce
secteur
urbain
est
drainé
par
2 conduites
se
terminant
à
l'anse
des
Madeleines.
La
Médina
est
desservie
par
2 systèmes
celui
articulé
au
collecteur
des
Abattoirs,
et,
celui
branché
sur
le
canal
V qui
passe
sous
le
carrefour
Cyrnos
pour
déboucher
au môle
de
pêche.
L'ensemble
des
quartiers
de
Grand
Dakar et
les
H.L.M.
évacuent
leurs
eaux
pluviales
par
le
canal
VI
qui
draine
aussi
la
zone
industrielle.
La
dépression
du
centre
de
captage
de
l'usine
du
Point
B collecte
celles
issues
de
la
zone
S.I.C.A.P.
-
Deiklé
-
Front
de
Terre.
Au cours
des
années
1940,
par
réquisition
des
éléments
de
la
2e
portion
du
contingent
militaire
basé
à
Dakar,
les canaux
à
ciel
ouvert ont
été
étendus
pour
aboutir
au
système
formé
par
le
canal
IV
allant
de
Taiba
-Grand
Dakar
à
la
baie
de
Soumbédioune en
passant
par
le
Cerf-Volant,
Fass et
Fann Hock
le
canal
IVb;
descendant
de
S.I.C.A.P.
Baobabs
se bran-
che
au
canal
IV
après
avoir
traversé
la
limite
de
séparation
entre
le
quart
de
Brie
et S.I.C.A.P.
-
Amitié.
le canal
V et
le
canal
VI
évoqués
plus
haut
-
le
canal
du
boulevard
de
la
Gueule
Tapée
qui
va
de
Fass
à
la
baie
de
Soumbédioune.

224./
En
principe ces
ouvrages
ont
pour
vocation
première
de
drainer
des
eaux
pluviales,
mais
en
traversant
les
quartiers
populaires
faiblement
branchés
à
l'égoût
ils
reçoivent
des
eaux
ménagères
de
toutes
sortes.
Il
en
découle,
outre
l'air
vicié
des
environs
une
humidité
permanente
causée
par
le bouchon
de
sable
de
la
plage
de
Soumbédioune
qui
s'oppose
à
l'évacuation
en mer.
La
stagnation des
eaux
fétides
favorise
une
pullulation
des
mous-
tiques
tout
au
long
de
l'année.
Pour
remédier
à
ces
nuisances,
la
S.O.N.E.E.S.
a
entrepris
le
recouvrement
par
une
dalle
de
béton
armé
les
sections
de
ces
canaux
qui
traversent
les
quar-
tiers
densément
habités
comme
le
canal
IV
-
bis
et
celui
de
Fass-Gueule
Tapée.
Le
réseau
d'égouts
rejetant
les
eaux
usées
laisse
apparaître
des
inégali:és
spatiales
plus
fortes
que
celles
observées
à
propos
de
l'approvisonnement
en
eau
potable
(246).
Au dernier
recensement
général
de
1988,
la
commune
de
Dakar
a
compté
49
% de
logements
possédant
le
tout-à-l'égout,
30
~
"
"
"
une
fosse
septique
21
%
"
dépourvus
d'assainissement.
"
Par
quartiers,
les
taux
de
raccordement
aux
égouts
de
la
ville
les
plus élevés
(plus
de
90 %)
sont
ceux
du
Plateau,
exceptés
les
environs
de
l'avenue
Lamine
Guèye
et
Reubeuss

le
pourcentage
baisse
respectivement
à
69
et
54
%.
Les
espaces

les
branchements
sont
les
plus
faibles
concernent
les
villages
lébou
(0
à
7 %),
Grand
Yoff
(5%)
et
les
Parcelles
Assainies
(14 %).
Les
quartiers
sans
autre
moyen
d'assainissement
que
l'édicule
public
ou à défaut
la
nature
sont
les
villages
lébou,
Reubeuss
(20
à
25
% de
leurs
logements)
et
Hann
(48 %).
La
grande majorité
des
ménages
résidant
dans
la
commune
de
Pikine
se
sert
de
fosses
septiques
installées
à
domicile
ou
en
des
lieux
publics.
----------------------------------------------------------------
(246)
Sur
les
31
917
branchements
à
l'égout
enregistrés
au
Sénégal.
les
94
% concernaient
la
région
de
Dakar.

225./
l'édicule
public
est
un
lieu
d'aisance
construit
par
la
munici-
palité.
Il
comprend
unnombre
variable
de
box
répartis
entre
les
usagers
selon
le
sexe.
Les
premières
installations
de
ce
genre
remontent
à
1949,
date
à
laquelle
Dakar
a étrenné
ses
camions-citernes
à
pompe
sans
lesquels
il
aurait
été
parti-
culièrment
difficile
de
vider
des
fosses
fixes.
Pikine,

le
besoin
se
fait
le
plus
sentir
réunit
moins
de
40
% de
édicules
de
l'agglomération.
D'où
un
taux
d'encadrement
se
montant
à
édicule/4443
personnes
sans
toilettes
à
domicile,
contre
1/1033
dans
la
commune
de
Dakar.
Le
drainage
de
ces
W.C.
publics
était,
jusqu'en
1971,
assuré
par
les
services
techniques
communaux.
Depuis
cette
date,
la
con-
cession
est
rétrocédée
à
des
entreprises
privées
équipées
d'aspiratrices-vidangeuses.
Dans
nombre
de
pays,
notamment
ceux
du
nord,
les
déchets
solides
sont
préalablement
triés
à
domicile
avant
ieur
livraison
au
service
de
nettoiement.
De
telles
précautions
ne
sont
observées
à
Dakar
que
sur
des
parties
restreintes
du
territoire
urbain,
peuplées
par
les
couches
supérieures
de
la
société
(sud
du
Plateau,
Fann-Résidence).
La
pratique
la
plus
courante
consiste
pour
les
ménages
à
déposer
en
vrac
les
ordures
dans
des
réci-
pients
les
plus
divers.
Ces
derniers
peuvent
aller
des
poubelles
à
couvercle
de
50
litres
à
la
bassine
usagée
ou
à
la
boite
d'emballage
récupérée.
Dans
les
quartiers
accessibles
aux
camions-bennes
du
service
de
nettoiement,
les
détrituts ménagers
ainsi
stockés
sont
déposés
au
bord
de
la
chaussée
en
attendant
le
passage
des
éboueurs.
Entre
temps,
les
animaux
domestiques,
à
la
recherche
d'une
nourriture,
peuvent
les
remuer,
et
donc,
contribuer
à la dispersion
de
matières
nuisibles
à
la
santé.
Par
contre,
les
déchets des
zones
d'habitat
spontané,
impé-
nétrables
par
la
circulation automobile,
sont
accumulés
en
général
en
des
endroits
faciles
d'accès

l'on
place
un
vidoir
collectif.
A défaut,
ils
sont
déposés
sur
des
terrains
vagues
ou
bien
sur
des
parcelles
non
construites,
à
l'intérieur
même
des
lotissements.

226./
Jusqu'en
1971,
la
collecte
des
ordures
ménagères
incombait
aux
services
techniques
communaux.
Il
faut
reconnaître que
la
qualité
du
service
laissait
parfois
à désirer,
à cause
de
la
déficience
des
moyens
logistiques.
Mais
aux
moments
les
plus
critiques,
la
desserte
des
quartiers
dominants
(Plateau,
Fann,
Point
E,
5: 1. C . AP . ,
HL. L . M. )
était
con ven a b l e -
ment
assurée
(247).
C'étaiènt
les
quartiers
populaires
qui
pâtissaient
le
plus
de
la
baisse
du
niveau
des
prestations
fournies
par
la
Municipalité.
Au termede
la
convention
signée
le
27
Juillet
1971,
le
nettoiement
de
tOute
la
région
du
Cap-
Vert
fut
confiée
à
une
entreprise
privée
la
S.a.A.D.l.P.
l'acquisition
d'un
parc
important
de
camions
à
bennes
et
de
tracteurs
lui
permit,
durant
près
d'une
décennie,
de
maintenir
l'agglomération
urbaine
dans
un
état
de
propreté
acceptable.
Mais
écrasée
par
le
poids
de
ses
charges
d'exploitation
grevées
par
le
renchérissement
de
plusieurs
facteurs,
cette
société
devait
cesser
ses
activités.
Depuis
avril
1985,
c'est
une
nou-
velle
entité,
la
S.I.A.S.,
qui
est
chargée
du
nettoiement
(248).
Les
ordures
ramassées
à Dakar
sont
déposées
sur
des
sites qui
ont
changé
au
fur
et
à
mesure
que
l'agglomération
a
repoussé
plus
loin
sa
périphérie.
Jusqu'en
1948,
le
dépotoir
se
trouvait
au
quartier
Abattoirs
situé
dans
la
Médina.
Avec
l'augmentation
du
volume
de
déchets
produits,
cet
emplacement
s'est
révélé
inadapté
d'autant
qu'il
polluait
considérablement
les
environs
(249).
Dès
lors,
l'o'n
décida
le
transfert
au
P.K.
7 de
la
route
de
Rufisque.
Là,
il
y eut
une
tentative
de
traitement
plus éla-
boré
des
rejets
collectés
illustrée
par
la
construction d'une
usine
de
compostage.
Elle
fit
long
feu,
et
depuis
la
fermeture
de
cette
unité
industrielle
en
1970,
l'on
est
revenu
à
la
pra-
tique
du
dépOtoir,
avec
une
nouvelle
localisation
près
de
l'ancien
lac
de
Mbeubeusse
situé
à
25
km de
Dakar.
(248)
La
S.I.A.S.
est
une
société
d'économie
mixte.
Elle
a
hérité
du
personnel
et
du
matériel
de
la
SOADIP
qU'elle
a
renforcés.
Les
moyens
de
production
consistent
en
des
bennes-tasseuses
de
16 ~
et
de
porte-conteneurs
pour
la
collecte,
de
véhicules
gros
porteurs
de
16
t.
pour
le
transfert
à
la
décharge,
d'aspiratrices-vidangeuses
et
de
tracteurs.
(249)
En
plus
des
fumées
résultant
de
l'incinération
des
ordures,
la
décharge
envoyait
dans
les
quartiers
limitrophes
des
rats
des
mouches,
des
moustiques,
etc.

227./
L'accroissement
de
la
distance
à
parcourir
pour
débarrasser
Dakar
de
ses
immondices
avait
po~ssé le
service
du
nettoiement
à
concevoir en
1971
un
plan
de
transport
qui
est
toujours
en
vigue~r.
Exception
faite
des
extensions
de
Pikine
Ancien dont
les or-
dJres
sont
directement
acheminées
à
Mbeube~sse,
les
autres
qJartiers
font
transiter
les
leurs
à
deux
postes
da
transfert
le
poste
du
môle
VIII
près
dJ
port,
et,
celui
de
Pikine
(250).
De là,
elles
sont
conduites
psr
camions
gros
p"rteurs
à
la
décharge.
En
principe,Mbeubeusse
devrait
fonction~er comme
une
décharge
contrôlée,
autrement
dit,
il
aurait

être
éqJipé
conséq~emment
(251).
Mais
ordures
ménagères,
eaux-vannes
des
camio~s de
vidan-
ge,
huiles
et
tous
autres
résidus
industriels
non
éliminés
par
la
mer
y sont
rejetés
à
l'air
libre.
La
décharge
étend
ainsi
de
manière
insidie~se son
e~prise, et
pollue
la
nappe
phréatique
sur
un
diamètre
d'une
dizaine
de
kiloϏtres.
Pour
ces
différen-
tes
raiso~s, son
aménage~ent est
envisagé
par
les
a~torités
compétentes
(252).
3 - ~ECI AIRAGE
PRESQUE CHACUN POSSEDE UN~ AMPOULE ELECTRIQUt[
Co~trairement
a~x
réseaux
d'ea~ p"table
et
d'asssinissement
qui
comportent
encore
de
fortes
dispsrités
spatiales
au
détriment
de
la
commJne
de
Pikine,
l'électricité a
pénétré
presque
tOJS
les
foyers.
En
1989,
il
ne
subsistait
que
20
% de
ménages
uti-
lisant
encore
un
~ode
r~dimentaire
d'éclairage.
Dès
que
le
(250)
au
p"ste
du
môle
VIII,
les
véhicules
de collecte
d§versent
les
ordures
sur
un
terre-plein.
Un charge~r
les
reprend
p"~r les d§poser dsns des ca~ions roll-on qui
font
la
na-
vette
vers
la
d§charge.
Le
p"ste
de
Pikine
fonctionne
sur
le
même
~oje.
(231)
de
l'avis
des
spécialistes,
une
déchsrge
contrôlée dJit
avoir
un
système
de
drainage
des
eaux
pluviales,
des
che-
mins
d'accès
com~odes, une
clôture
da
dissimulation,
des
locaux
pour
le
remisage du
~atériel
d~
travail.
Ces
dispo-
sitifs
font
en:ore
défaut
à
Mbeubeusse.
(252)
parmi
les
a:tions
envisagées;
le
traite~ent da3 déchets,
le
re~oisementl et,
un
réglement définissant
les
types
de
déchets
a1,nis
a
la
décharge.

228./
courant
électrique
a été
introduit
à
Dakar
en
1910,
un
ef~~t
progressif d'équipement
des
quartiers
a été
fourni
pour
des
raisons
de
sécurité.
C'est
ainsi
qu'au
début
des
années
1920,
les
principales
artères
traversant
la
Médina
ont
commencé
à
être
électrifiées.
Pour
les
autres
parties
de
l'agglomération,
il
a
fallu
attendre
le
lendemain
de
la
seconde
guerre mondiale
pour
les
sortir
de
l'ombre.
Au recensement
de
1955 les
branche-
ments
privés,
moins
répandus que
l'éclairage
public
dans
les
décennies
précédentes,
avaient
commencé
à
prendre
de
l'importance,
même
dans
les
quartiers
autres
que
le
Plateau.
Le
tableau
ci-
dessous
indiqué
en
témoigne
tabl
13
Proportion
d'habitants
branchés
à
l'eau
et
à
l ' 'lectricité à
Dakar
en
1955
(%)
secteurs
urbains
ont
l'eau
ont
l'électr.
Plateau
93
92
Rebeuss
27
5 1
Médina-ouest
3 1
55
Glleu.lF' T~p~e
20
Il,
~
Fass-Colobane
19
26
Route de
Hann
37
37
Source
recensement
démographique
de Dakar
(1955)
résultats
définitifs
2e
fascicule,
tabl.
E 17
Dans
la quasi
totalité
des
quartiers,
les
branchements
au
réseau
électrique
l'emportent
sur
les
abonnements
au
service
de
l'eau
qui,
de
tous
temps,
ont
coûté
plus
cher.

229./
L'extension
de
l'usage
domestique
du
courant
électrique a
été
suivie
de
celle
du
réseau
de
distribution.
A elles
seules,
les
lignes
de
transport
d'énergie
en
basse
tension
mesuraient
665
km
en
1985.
Ces
cables
installés
pour
la
plupart
selon
un
mode
aérien
sont
alimentés
par
des
sous-stations
de
transformation
de
30/6,6
kv
localisés
à
l'Usine
des
eaux,
à
l'aéroport,
à
la
cité
universitaire,
au
centre-ville
et
à
Thiaroye.
Celles
situées
à
Dakar
sont
reliées
les
unes
aux
autres
par
un
câble
souterrain
de
30
km formant
une
boucle
autour
de
la
tête
de
la
presqu'ile.
Partant
de
la
station
de
Hann,
qui
elle-même est
alimentée
en
énergie
de
haute
tension
par
les
centrales
du
Cap
des
Biches
et
de
Bel
Air,
ce
cable
de
moyenne
tension
suit
la
route
de
l'aéroport,
la
corniche
ouest,
contourne
la
pointe
sud
de
la
presqu'ile,
longe
le
boulevard
du
Centenaire
de
la
commune
(ex
boulevard
de
l'Arsenal),
passe
par
Bel-Air
avant
de
revenir
à
Hann.
La
sous-station
de
Thiaroye
est
reliée
aussi
bien
à
la
station
de
Hann
qu'au
réseau
de
basse
tension
de
Pikine,
auquel
elle
fournit
le
courant,
par
des
fils
suspen-
dus
à
des
poteaux
électriques.
Dakar
produit
94
% de
l'énergie
électrique
livrée
au
réseau
réparti
sur
l'ensemble du
pays.
Sur
les
745.484 MWH
fournis
en
1985,
ses
usines
du
Cap
des
Biches et
de
Bel-Air
ont
con-
tribué
pour
697.411
MWH
(253).
La
puissance
installée
n'a
cessé
de
s'accrôitre.
Jusqu'en
1955,
l'énergie
provenait
de
la
seule
centrale
Cl
de
Bel
Air
d'une
capacité
de
9 MW.
Aujourd'hui,
celle-ci
sert
de
centrale
de
secours.
En
1955,
elle
fut
doublée
de
l'usine
CIl
dont
la
puissance
atteint,
à
la
suite
de
renfor-
cements
successifs,
une
puissance
de
51,2
MY.
Pour
répondre
à
la
demande
en
hausse
constante,
ce
parc
a
été
agrandi
avec
la
mise
en
service
de
la
centrale
du
Cap
des
Biches
dont
la
puis-
sance
(104
MW)
double
presque
celle
des
deux
autres
installées
antérieurement.
(253)
P.R.D.I.
de
Dakar
p.
27

<,
o
i\\l
Fig. 21. RESEAU
ELECTRIQUE
DE
DAKAR
('l''\\~u~eo eot rn oy e nn e t e n s ion )
Sou • • talion
LÎQn. 90 ky
_
Lion.. 30kv o~rl~nn~
-
-
Cable .outer r :J;" 30k',
ce nt e e- ville
Palote de trons.tol"'motion ,0/30kY
b
Hm
~

!1o". ,.,afian 30/6,6kV
Sourc.: Uvelt' du
P.D.U. d. DoII.CU"',t.'

231./
L'électricité
produite
à
Dakar
est
en
partie distribuée
hors
de
l'agglomération.
Pour
la
basse
tension
qui
intéresse
l'usage
domestique
et
l'éclairage
public,
les
trois
quarts
de
la produc-
tion
dakaroise
sont
consommés
sur
place.
Le
nombre
d'abonnés
est
en
effet
très
important
dans
la
capitale
sénégalaise 64 %
des
abonnements
du
Sénégal
-,
et,
le
rythme d'urbanisation
fait
du
raccordement
au
réseau
d'éclairage
public
un
processus
inin-
terrompu.
Dans
la
période
récente
la
consommation
d'énergie
de
basse
tension
a
pratiquement
doublé
en
une
décennie
en passant
de
82,1
GWH
en
1975 à
160,4
GWH
en
1985.
L'utilisation à
des
fins
domestiques
compte
pour
environ
30 %
dans
cette
consommation
et
l'éclairage public
pour
%.
Le
reste
concerne
les
usages
professionnels.
Le
rapport
à
la
consommation
d'énergie
électrique
varie
selon
le
niveau
social
des
quartiers.
Dans
ceux
peuplés
en
majorité
par
les
couches
inférieures
de
la société
urbaine,
le
courant
sert
principalement
à
des
fins
d'éclairage.
Par
contre,
en
milieu
plus
favorisé,
d'autres
formes
d'utilisation
domestique
s'ajoutent
à
la
satisfaction
de
ce
besoin
primaire.
L'enquête
faite
par
G.Dl
MEO et 41
en
1985
dans
trois
types
de quartiers
dakarois
a donné
les
résultats
suivants
tabl.
14
-
Formes
d'utilisation
du
courant
basse
tension
à
Dakar
(%)
Secteurs urbains
U.D.S.
U.D.G.- U.P.
Lotissements
SlCAP
1
17 , 8
82,2
Médina
27,6
72,4
Grand
Yoff
70,0
30,0
U.O.S.
: usage
domestique
spécial
(éclairage
exclusivement)
U.D.G.
usage
domestique
général
(éclairage
+
autres U.D.)
U.P.
usage
professionnel

232./
La
faiblesse
du
pourcentage de
ménages
qui
dans
les
lotissements
SICAP
souscrivent
un
abonnement
dans
le
seul
but
de
s'éclairer
tient
au
niveau
de
vie
relativement
plus
relevé,
autorisant
de ce
fait
l'acquisition d'un
appareillage
électro-ménager
diversifié
(réfrigérateur,
téléviseur,
climatiseur,
fer
à
repasser,
autres).
A médina,
ces
gadgets
ont
fait
leur
irrup-
tion
dans
les
foyers
mais
le
niveau
d'équipement
des
ménages
y est
moins
élevé
(254).
La
situation
est
encore
beaucoup moins
avancée
à
Grand
Yoff à
cause
des
bas
revenus
dont
dispose
la
population.
Il
en
résulte
des
moyennes
de
consommation
très
inégales.
Si
une
personne
a consommé
1508 KWH
en
U.D.G.
à
la SICAP
en
1985,
à
la
Médina et
à
Grand
Yoff
la
consommation per capita
s'est
limitée
respectivement
à
873 et
94
KWH
au
cours
de
la
même
année
de
référence.
L'éclairage public est
presque
intégralement
assuré
sur
l'aire
de
l'agglomération.
les
rares
zones
d'ombre
qui
subsistent
se
situent
dans
les
lotissements
de
création
toute
récente.
Le
port
et
ses
environs
ont
été
les
premiers
espaces
électrifiés par
la
Compagnie
d'Electricité
du
Sénégal
en
1910.
Puis
l'on
a élargi
la
desserte
aux
artères
du
Plateau au
fur
et
à
mesure
de
l'ex-
tension
de
la
voirie.
Dès
1919,
dans
le
plan
de
campagne
pré-
senté
par
le service
des
T.P.,
il
est
prévu
de
procéder
à
l'éclairage de
la
route
de
Ouakam et
des
rues
principales de
Médina.
Appuyés
par
leurs
élus
politiques
à
la
tête
desquels
se
trouve
le
député
BLAISE
DIAGNE,
les
autochtones
lébou
sont
donc
précocement
parvenus
à
obtenir
leur
raccordement
à
certains
réseaux
divers
de
la
ville.
C'est
la
ligne
de
6 600
volts
lon-
gea'1t la
route
de
o o e k a m j qu r
a permis
à
partir de
1946
de
desservir
(254)
les
appareils
électro-ménagers
que
possèdent
les
enquêtés
de
Médina
consistent
notamment
en
des
postes
téléviseurs,
des
réfrigérateurs
et
des
climatiseurs.

233./
les
premiers quartiers
nés
dans
la
zone
charnière,
notamment
Fann-Résidence,
Point
E,
Zone
A et
B.
Mais
les
secteurs
d'ha-
bitat
sommaire
comme
Grand
Dakar,
Pikine
ont
été
ignorés
en
matière
d'électrification
jusqu'à
la
fin
des
années
1950.
L'extension
à
l'éclairage
public
des
services
confiés
aux
municipalités
a
imprimé
un
élan
décisif
au mouvement
qui
a
abouti
à
la
situation
actuelle.
En
règle
générale,
dans
tout
quartier
desservi
on
compte
un
foyer
lumineux
par
intervalle
de
50
à
lDD mètres.
B - LES DIFFICULTËS DE LA CIRCULATION ROUTItRE
L'éloignement
continu
entre
le
centre
historique
de
l'agglo-
mération
et
les
extensions
périphériques
comporte
un
grand
nombre
d'inconvénients
Qui,
du
point
de
vue de
la
mobilité
géographique
des
individus,
se
font
davantage
sentir
sur
les
routes
que
sur
tout
autre
support
des déplacements.
Le
chemin
de
fer,
récemment
intégré
au
système
de
transport
urbain,
n'a
subi
aucune modification
de
tracé
pour
suivre
l'axe de
dévelop-
pement des
zones
résidentielles.
Par
ailleurs
installé
en
site
propre,
il
n'est
pas
sujet
aux
perturbations qui
affectent
le
trafic
routier
du
fait
de
la
configuration de
la
voirie,
de
l'accroissement
du
parc
automobile
et de
l'organisation des
horaires
de
travail.
1 - UN RËSEAU ROUTIER À RADIALES ET ROCADES
Le
réseau
routier
de
Dakar
s'étend
sur
près
d'un
millier de
kilomètres
si
l'on
considère
la
voirie
d'Etat
et
la
voirie
communalerevêtues.
Sa
mise
en
place
a suivi
les
étapes
du
déve-
loppement
urbain.
Les
axes
de
liaison
avec
l'hinterland
sénéga-
lais
ont
même précédé
la
création
urbaine.
, ,

234./
Au centre-ville,
la construction
de
la grande
voirie était
achevée
dans
le
premier quart
du
siècle.
La
concentration de
l'effort
d'équipement
sur
cette
partie de
l'agglomération
répondait
à
un
double
impératif.
Le
premier visait,
en
ouvrant
ces
larges
percées,
à
assurer
la
jonction entre
les
points
stratégiques de
la
ville,
les
lieux

étaient
répartis
ses
organes
vitaux
(grands
services
de
l'Etat,
casernes militaires,
hôpitaux).
A cela
s'ajoutait
le
souci
d'assainir
un
espace
sujet
à
des
épidémies
meurtrières.
A partir de
1930,
les
chaussées
jusqu'alors empierrées
recevaient
un
revêtement bitumineux
qui
allait
rendre
la
circulation par
voitures
hippomobiles
et
par
automobiles
plus
aisée.
Ou Plateau
partaient
deux
voies
de
liaison avec
l'extérieur
la
route
de
Ouakam qui
conduit
à
Médina
et
aux
villages
lébou
de
banlieue
d'une
part,
d'autre
part
la
route
de
Rufisque
longeant
la
côte
sud de
la
presqu'ile.
A l'approche
de
la
seconde guerre
mondiale,
le dispositif
routier
de
la
périphérie
s'enrichit
de
deux
bretelles
reliées
à
la
route
de
Rufisque,
la
rocade
de
Yeumbeul
et
la
route
du
Front de
Terre.
Faute
de
matières
premières,
la
construction
de
la
grande
voirie
connut
une
pause
entre
1939 et
1945.
Elle
reprit
en
1946
notamment
avec
l'aména-
gement
du
boulevard
de
la
Gueule
Tapée,
trait
d'union
entre
les
quartiers
lotis
au
nord-ouest et
Fass,
Colobane au
nord-est.
La
création de
Fann-Résidence marqua
le
démarrage
de
la
cons-
truction
de
la
route
de
la
corniche
ouest.
Grâce à
la
mise
en
place
des
fonds
du
F.I.O.E.S.,
les
chantiers
routiers
se multi-
plièrent.
L'autoroute
fut
terminée.
O'autres
artères
principales
inscrites
au
P.O.U.
1946
furent
progressivement ouvertes à
la
circulation.
Ce
fut
le
cas
des
voies
de
dégagement
permettant
la
sortie
vers
les
zones
résidentielles en construction
au
nord
du
"bouchon"
de
Médina.
Il
~'agit

235./
-
de
l'Avenue
de
la Liberté
(255),
prolongée
vers
l'Avenue
Faidherbe
par
les
Allées
Coursin,
dont
la
fonction
était de
décongestionner
l'Avenue
Blaise Diagne
jusqu'alors
accès
unique
aux
quartiers
de
Grand
Dakar;
-
des
rues
10
et
13
qui,
à partir
du
Centre Civique
Commercial
et
Culturel,
continuaient
l'Avenue
de
la
Liberté
vers
les
nouveaux
lotissements
S.I.C.A.P.
et
ceux
de
Oerklé
alignés
sur
la
route
des
Puits
-
des
rocades-Fann-Bel
Air,
route
des
Puits
-
ainsi que
les
échangeurs
enjambant
l'autoroute
destinés
à
faciliter
le
passage
de
la
partie
ouest
de
la
ville
à
la
zone
industrielle
et
porturaire
située
à
l'est.
La
petite
voirie
a
suivi
ce
mouvement
orchestré par
le S.T.A.G.O.
et
l'arrondissement
des
T.P.
C'est
ainsi
qu'entre
1954
et
1958,
d'importants
travaux
de
rectification
des
rues,
tracées
jadis
dans
le
sable,
et
de
bitumage
furent
entrepris
dans
les
quartiers
populeux
de Médina.
Les
lotissements
alors
récents
de Fann,
Point~
Zones
A et
B,
Bopp
et
Ouagou
Niayes
participèrent
à ces
opérations
de
viabilisation.
A L'Indépendance
donc
l'essentiel
de la
trame
viaire
était
posé,
sauf
dans
la
zone
de
Pikine.
Outre
la
branche
est
de
l'autoroute et
la
route
de
Rufisque,
la
grande
voirie
s'y
limitait
aux
voies
de
désenclavement
des
villages
de
la
banlieue
lointaine
(Cambérène,
Yeumbeul,
Mbao).
La
poussée
de
l'urbani-
sation
vers
la
côte
nord
préconisée
par
le
P.O.U.
de
1967 con-
duisit
à
la construction de
la
route
des
Niayes
(0
102)
qui
forme
une
boucle
depuis
son
embranchement
sur
la
route
de
l'aéroport
jusqu'à
Thiaroye

elle
se
raccorde
à
la
route
de
Yeumbeul
(0103)
(255)
c'est
l'ancienne
dénomination
des
Allées
du
Centenaire
appelées
ainsi
lors
de lIa célébration dul00e
anniversaire
de
la
fondation
de
Dakar
en
1957.

236./
Il
Y eut
un
effort
sensible
d'amélioration
des
routes
commu-
nales.
Parallèlement
à
la
voie
d'accès
dite
Tali
Boumack,
Piklne
Ancien
fut
doté
au
cours
des
années
1960
de
deux
axes
transversaux
assurant
la
desserte
des
quartiers
créés
entre
Tali
Boumack
et
la
voie
ferrée.
Ce
sont
Tali
Boubeus
et
Tali
Icotaf
reliés
à
la
0
102
vers
l'est
ainsi
qu'à
l'ancienne
voie
d'accès
vers
l'ouest.
Au cours
de
la
dernière
décennie
a été
aménagée,
entre
la
grande
niaye
au
nord
et
Tali
Boumack
au
sud,
la
rue
10
qui
assure
une
sortie
rapide,
par
la
branche
est
de
l'autoroute,
aux
véhicules
circulant
sur
la
0
102.
Les
rares
rues
goudronnées
de
Guédiawaye
se
circonscrivent
aux
voies
matérialisant
la
limite
des
différentes
tranches
du
lotis-
sement.
Il
en
va
de
même
des
Parcelles
Assainies.
Dans
toute
la
ville
irrégulière
gravitant
autour
de
Thiaroye-
gare,
il
n'y
a que
quatre
voies
qui
ensemble
ne dépassent
guère
une
dizaine
de
kilomètres
pour
un
ensemble
résidentiel
de
plus
de
6
000
ha.
Il
s'agit
-
du
prolongement
de
Tali
lcotaf
et
de
la
rue
10
vers
le
centre
des
services
sis
à Guédiawaye
-
de
la
bretelle
reliant
la
0
102
et
la
0
103
(Tali
Oiallo
Pitch)
-
du
chemin
goudronné
qui,
partant
de
la
gare
de
Thiaroye,
serpente à
travers
Hamdalaye
et
Oiamaguène
pour
aboutir
à
la
route
de
Rufisque.
A cause
du
coût
prohibitif
de
la
construction
routière
(256)
et
de
la
crise
économique
actuelle,
les
pouvoirs
publics
orienteront,
à
moyen
terme,
leur
action
davantage
vers
la
1
(256)
Selon
une
déclaration
faite
par
le
Ministre
de
l'Equipement
lors
de
la
discussion
du
budget
1982/1983,
1
km
de
route
bitumée
revenait
à
cette
période
entre
30
et
40
millions
CFA.

237./
maintenance
que
vers
l'extension
de
la
voirie
existante.
En
lui-même
cet
entretien
est
coûteux
à
cause
des
dégradations
commises
sur
l'infrastructure
par
l'ensablement
qui
en
hivernage
provoque
la
stagnation
des
eaux
pluviales
du
fait
de
l'obturation
des
regards
devant
assurer
leur évacuation
vers
les
canalisations
-
les
travaux
effectués
sur
la
voie
publique
par
les
sociétés
concessionnaires
de
l'eau
et
de
l'électricité
-
le
rejet
d'eaux
ménagères
non
purgées
de
leurs
matières
solides
dans
le
réseau
d'eaux
pluviales
qui
occasionne
une
stagnation
de
résidus
acides
très
corrosifs
sur
le
goudron.
Malgré
l'effort
financier
consenti
pour
rendre
la
voirie de
Dakar
parfaitement
carrossable
(257),
i l
subsiste
des
chaussées
à
grand
débit
placées
dans
un
état
de
défectuosité
prononcée.
C'est
le
cas
de
la
section
de
la
D 103 comprise
entre
la
route
de
Rufisque
et
la
gare
de
Thiaroye,
de
la
route
traversant
l'agglomération
de
Grand
Yoff,
de
celle
qui
sépare
les
H.L.M.
Nimzatt
et
la Cité
Port,
de
la
bretelle
reliant
la
caserne
de
gendarmerie
et
l'échangeur
de
Colobane,
et,
le
Boulevard
de
la
Gueule
Tapée.
Mais
c'est
la
configuration
du
réseau
routier
qui
nuit
le
plus
à
la
fluidité
du
trafic
aux
périodes
de
pointe
de
la
circula-
t ion .
La
localisation du
centre
historique
et
directionnel
de
l'agglo-
mération
à
l'extrêmité
sud
de
la
presqu'ile
a déterminé
la
forme
d'entonnoir
ou
d'éventail
prise,par
le
tracé
de
la voirie.
(257)
En
1978,
un
prêt
extérieur
de
3 milliards
CFA avait
permis
la
réfection
et
l'extension
des
routes
à
Dakar
et
Pikine.
Plus
récemment
il
faut
mentionner
les
travaux
entrepris
sous
l'égide
de
l'A.G.E.T.I.P.
sur
la
voirie.

238./
Les
liaisons entre
le
Plateau
et
ses
enveloppes extérieures
s'effectuent
par
les
radiales
suivantes
-
l'Avenue
Cheikh
Anta
Diop
(ex
route
de
Ouakam)
prolongée
par
l'Avenue
Blaise Diagne
-
la
route
de
la
corniche
ouest
-
le
Boulevard du
Général
De Gaulle
sur
lequel
s'embran-
chent
les
avenues
Dial
Diop
(ex
rue
10)
et
Cheikh
Ahmadou
Bamba
MBacké
(ex
rue
13)
au
niveau
de
la
Place
de
la
Nation
-
l'autoroute
dont
les
deux
branches
desservent
les
envi-
rons
de
l'aéroport
et
le
col
de
la
presqu'ile
-
l'ancienne
route
de
Rufisque
qui
donne
accès
à
la
zone
industrielle comprise
entre
le
carrefour
Cyrnos et
le
pont
de
Pikine.
Pour
assurer
les
communications
transversales
entre
les
voies
pénétrantes,
il
Y a
trois
rocades
construites
à
la
limite
de
grands
secteurs
urbains
comme
pour
souligner
les
étapes
significatives
de
la
croissance
spatiale.
Du nord
au
sud,
il
s'agit
de
-
l'Avenue
Bourguiba
(ex
route
des
Puits),
qui
correspond
à
l'extrêmité
nord
de
la
partie
agglomérée
de
la
ville
de
1955,
elle
relie
les
avenues
Cheick
Anta
Diop,
Dial
Diop,
Cheikh
Sidaty
Aidara
et
Cheikh
Ahmadou
Bamba
Mbacké
la
rocade
Fann-Bel
Air,
matérialisant
la
limite
atteinte
par
Dakar
en
1945,
traverse
d'ouest
en
est
les
artères
préci-
tées
sauf
l'avenue
Cheikh
Sidaty
Aidara,
et,
aboutit
à
l'an-
cienne
route de
Rufisque
après
le
franchissement
de
l'autoroute
-
-
l'avenue
E.H.
Malick Sy
qui
suit
le
tracé
de
l'ancien
tata
(258)
entre
Médina
et
le Centre,
assure
la
jonction entre
(258)
le
tata
est
une
fortification
construite
par
les Lébou
pour
contenir
les
assauts
de
la
cavalerie du
roi
du
Cayor
lors
de
la
guerre
d'indépendance
menée
dans
la
seconde
moitié du
XVIIIe
siècle.

239./
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240./
la
route de
la
corniche ouest,
l'avenue
Blaise Diagne,
le
Boulevard
du
Général
De Gaulle,
l'autoroute
et
l'ancienne
route
de
Rufisque.
De cette dernière
voie transversale
partent
des
artères
termi-
nales
qui
convergent
vers
le
centre-ville.
Parmi
elles;
on
compte
l'avenue
Emile
Badiane qui
aboutit
au
marché
Sandaga
-
l'avenue
Faidherbe
que
prolongent
divers
axes menant
au
port,
à
l'Hôtel
de
Ville
et
à
la
Place
de
l'Indépendance
_ l'avenue
Lamine
Guèye
le
long
de
laquelle
se
trouvent
le
marché Sandaga,
la
Cathédrale
de
Dakar,
et,
au
bout
l'Assem-
blée
Nationale
-
le
Boulevard du
Centenaire de
la
Commune
(ex
Boulevard
de
l'Arsenal)
qui
se
termine
à
la
grande
gare
et
à
la
Marine
Nationale
Les
inconvénients
de
cette
configuration
du
réseau
routier
se
perçoivent
en
particulier
aux
heures
de
travail.
Alors
il
devient
extrêmement
difficile
de
circuler
ou
de
stationner
dans
les
rues
du
centre-ville qui,
vis-à-vis
du
trafic
de
la
périphérie,
fonctionne
comme
une
pompe
aspirante
et
refoulante.
Depuis
sa
création,
la
voirie
sur cette
partie de
l'aggloméra-
tion
urbaine n'a
pas
été
adaptée
aux
exigences
de
la
circula-
tion
automobile
à
cause
de
la
proximité
du
bâti
par
rapport
à
la
chaussée.
Un élargissement
de
cette
dernière
aurait
en-
traîné
de
coûteuses
expropriations.
De ce
point
de
vue,
la
capitale
sénégalaise
est
à
la
traîne
d'autres
métropoles
africaines comme
Lagos
et
Abidjan

d'importantes
opérations
de
réaménagement
de
la
tram
e
routière
dignes !du préfet
HAUSSMANN
ont
nettement
amélioré
l'accessibilité
au
centre des affaires.
Au contraire,
la
voirie
de
Dakar-centre
conserve à
la
fois
son
petit
gabarit
du temps
ou
les Dakarois
se
déplaçaient
en
voi-

241./
tures
hippomobiles,
et,
son
découpage
quadrangulaire
mena
qui
engendre
une
multitude
de
carrefours
étroits
tous
les
100
ou
200
m.
Il
en
résulte
de
nombreux
risques
d'accident
et
de
congestion
du
trafic,
en
particulier
lorsque
ces
acci-
dents
surviennent
aux
intersections.
La
sortie
du
Plateau
n'épuise
pas
les
embarras
éprouvés
par
les
automobilistes.
Vers
la
périphérie,
ils
doivent
également
affronter
les
eng)r'g e me nts __
dont
les
carrefours
formés
par
les
voies
radiales
et
les
rocades
sont
le
théâtre
aux
périodes
de
pointe
de
la
circulation.
Oeux
intersections
en
offrent
le
spectacle
permanent
quel
que
soit
le
moment
de
la
journée.
Il
s'agit
du
-
carrefour
situé
au
croisement
des
avenues
Bourguiba
et
Cheick
Ahmadou
Bamba,
deux
artères
longeant
des
quartiers
à
densité
de
population
élevée,
et,
qui
plus
est
écoulent
un
trafic
important
vers
la
commune
de
Pikine
(259)
-
carrefour
de
la
route
du
Front
de
Terre
et
de
l'ancienne
route
de
Rufisque
(0
100)

confluent
des
files
de
véhicules
gros
porteurs
fréquentant
la
zone
industrielle
et
portuaire,
les
cars
de
transport
de
passagers
voyageant
entre
Dakar
et
Rufisque,
les
voitures
hipomobiles
chargées
de
poissons
en
provenance
de
la
plage
de
Hann,
et,
le
flux
sortant
de
la,
V.U.
112
que
le
passage
des
trains
peut
bloquer.
L'a u t 0 r 0 u t e e Il e - m men' é cha p pe
pas
à
ces
ê
0 r t
sur
sa
br a n che
est
ainsi
que
sur
la
partie
de
son
antenne
ouest
comprise
entre
le
rond
point
de
la
Patte
d'Oie
et
la
0
102.
En
début
de
soirée,
il
s'y
écoule
un
courant
automobile
très
abondant
descendant
de Oakar
pour
aller
en
direction
des
quartiers
riverains
de
la
Patte
d'Oie,
des
Parcelles
Assainies,
des
H.L.M.
de
Grand
Médine,
des
lotissements
HAMO,
d e i
o Lf
nord
û
et
sud,
de
Guédiawaye
et
de
Pikine.
(259)
l'engorgement
de
la
circulation
automobile
est
favorisée
par
l'absence
d'aménagement
du
carrefour.
Il
atteint
le
paroxysme
si
les
signaux
optiques
tombent
en
panne.

242./
Le
plan
de
circulation
figurant
dans
le
P.D.U.
1967 avait
prévu
un
certain
nombre
de
mesures
dont
l'application aurait
amélioré
de
façon
substantielle
les
liaisons entre
le
centre
de
l'agglomération et
sa
périphérie.
Elles
portent
sur
-
l'ouverture
d'une
"voie
de
dégagement
nord"
qui,par-
tant
de
la
branche ouest
de
l'autoroute,
contournerait
les
lotissements
H.L.M.
de
Grand
Yoff et
S.I.C.A.P.-Liberté VI,
pour
s'embrancher
sur
l'Avenue
Cheick
Anta
Diop
(ex
route
de
Duakam),
en
laissant
SICAP
-
Mermoz
à
l'ouest
l'aménagement
d'une
sorte
d'autostrade
sur
l'emplace-
ment
de
l'Avenue
Blaise Diagne
qui
se
raccorderait
à
l'auto-
route
actuelle
par
une avenue
E.
H.
Malick Sy
élargie
-
le
prolongement
ausud de
l'autoroute
vers
la
Place
de
l'Indépendance

serait
aménagé
un
grand
parking
souterrain;
le
transfert
de
la
gare
principale
à Colobane
pour
laisser
le
passage
à
l'autoroute
prolongée
le
doublement
de
la
route
de
Rufisque
par
une
autoroute
qui
irait
jusqu'à
Thiès.
Seulela
"rocade nord
du
Cap-Vert"
de
ce
plan
a été
réalisée
elle correspond
à
la
route
des
Niayes
(D
102).
La
situation
dans
un
secteur

prédominent
des
terrains domaniaux
y a aidé.
En
revanche,
le
projet
d'élargissement
de
l'Avenue
Blaise Diagne
remontra une
vigoureuse
opposition.
La
rare
concession
que
les
propriétaires
lébou
étaient
disposés
à
faire
à
l'Administration
concernait
le
grignotage
sur
la
rive
droite de
l'avenue

d'ailleurs
l'on
compte
davantage
de
parcelles occupées
par
des
édifices
publics
à grande
emprise
au
sol
tels
que
la
Polycli-
nique,
le
stade
Iba
Mar
Diop,
le
marché
Tilène,
le
centre
de
P.M.I.
de Médina,
et,
le
bâtiment
abritant
anciennement
les
bureaux
de
la police
du
village
de
ségrégation.
Faute de
pouvoir
entreprendre ces
opérations qui
auraient
sans
doute
assuré
une
fluidité
à
la
circulation entre
les
différents

243./
pôles
de
l'espace
urbain,
Dakar
se
satisfait
de
petites
solu-
tions
face
à
un
grand
problème
de
fonctionnement.
C'est
la
mise
à
sens
unique
des
rues
étroites
du
centre-ville
-
le
détournement
du
trafic
de
quelques
grandes
artères
vers
de
petites
voies
latérales
-
l'installation
de
signaux
optiques
ou
de
panneaux
de
signalisation
aux
carrefours
comportant
de
grands
risques
de
conflits
entre
automobilistes
(260).
La
portée
de
ces
aménagements
est
du
reste
atténuée
par
l'in-
civisme
de
la
population
qui
se
manifeste
sous
diverses
formes
-
la
lapidation
des
signaux
optiques
et
autres
objets
pro-
duits
par
la
puissance
publique
à
l'occasion
des
émeutes
-
l'enlèvement
des
panneaux
de
signalisation
déséquilibrés
par
les
heurts
subis
lors
des
accidents
l'empiètement
de
la
circulation
piétonnière
sur
la chaussée
et,
l'occupation
des
trottoirs
à
des
fins
de
stationnement
ou
pour
l'exercice
d'activités
improvisées.
2 - LE PARC AUTOMOBILE LE PLUS IMPORTANT DU SËNËGAL
Dès
que
la
ville
a
débordé
en
1914 du
Plateau
pour
s'étendre
à
Médina,
s'est
fait
sentir
la
nécessité
d'organiser
un
service
(260)
les
statistiques
relatives
à
la
route
portent
à
nuancer
l'impact
de
la
configuration
de
la
voirie
sur
les
conflits
ayant
opposé
des
automobilistes.
Les
cas
imputables
à
l'état
des
routes
représentent
environ
1 % sur
les
6000
à
7 000 accidents
qui
se
produisent
par
an.
Parmi
les
causes
principales
figurent
les
imprudences
humaines
(90 %)
et
les
défaillances
mécaniques
(3
à
4 %).

244./
de
transport
collectif
pour
relier
la
ville
européenne
et
le
village
des
indigènes.
Les
autorités
avaient
même
conçu
un
projet
d'avant-garde
consistant
à
créer
un
transway.
Celui-ci
devait
partir
de
la
route
de
Ouakam,
au
centre
de
Médina,
suivre
la
rue
Escarfait,
revenir
sur
l'Avenue
Faidherbe
après
avoir
décrit
un
coude
à
la
hauteur
de
l'Hôtel
du
Commandant
de
la
Marine
(actuel
état-major
de
la
Marine
nationale),
remon-
ter
l'avenue Gambetta
(Avenue
Lamine
Guèye)
et
rejoindre
la
voie
ferrée
venant
de
la
gare
principale
au
niveau
du
carrefour
Cyrnos
(261).
Comme on
peut
le
constater
cet
itinéraire
visait
essentiellement
à
assurer
la
desserte
des
quartiers
indigènes
demeurés
au
Plateau,
et,
le
port
qui
était
la
principale
zone
d'emploi
de
la
ville.
Le
projet
ne
fut
jamais
réalisé
à
cause
de
l'état
des
finances
de
la
colonie.
Dakar
continua
donc
de
dépendre
des
voitures
hippomobiles
jusqu'à
l'introduction de
l'automobile au
Sénégal
en
1920.
Quelques
années
plus
tard,
tout
un
circuit
économique
avait
commencé
à se
structurer
autour
de
ce
nouveau
moyen
de
trans-
port.
En
1939,
il
Y avait
dans
la
Circonscription
de
Dakar
et
Dépendances
3158
automobiles
sur
les
4715
que
comptait
le
Sénégal
(262 )
3 représentants
de
marques,
3 entreprises
de
transport
et
8 garages
de
réparation
(263).
L'espace
urbain
s'était étendu
au-delà
de
Médina,
avec
les
lotissements
de
Fann-Hock
et
de
Gueule
Tapée
au
nord-ouest,
celui
de
Colobane
au
nord-est.
L'ac
cès
à ces
extensions
autrement
que
par
les
calèches
ou
la marche
à
pied
se
posait.
Mais
la
fréquentation
des
quartiers
péri-cen-
traux
par
l'automobile
ne
pouvait
dépasser
la Médina
qui,
hormis
le
Plateau"
était
le
seul
secteur
d'habitat
équipé
de
voies
bitumées
(264).
(261)
Ce
tracé
est
contenu
sur
le
plan
de "Médina et
ses
zones
de
servitude"
dressé
le
11/10/1916
par
le
géomètre
prin-
cipal
Bize
(A.N.S.
P.
190
village
de
Médina-Programme
des
travaux).
(262
Données
extraites
du
mémoire
de
maltrise
de
Serigne
Bamba
Ndiaye sur
le
sujet.
(263)
Données
extraites
de
la
"Liste des
entreprises
industrielles
et
commerciales
européennes
de
la
Circonscription
de
Dakar
et
Dépendances
au
31/12/1939
(A.N.S.
Rapport
de
l'Inspec-
tion
du
travail,
année
1939,
2 G 39/28).
(264)
La
Médina
avait
été
dotée
au
milieu
des
années
1930 de
2 voies
goudronnées-route
de
Ouakam
et
rue
22
-
en
vue
de
faciliter
l'enlèvement
des
ordures
ménagères
par
les
services
municipaux.

245./
Entre
1939
et
1945,
l'automobile
connut
à Dakar
un
marasme

aux
difficultés
d'importation
engendrées
par
la
guerre.
Si
le
nombre
d'entreprises
de
transport
est
resté
au
niveau
atteint
en
1939,
i l Y avait
en
1945 moins
de
véhicules
en
circulation,
moins
de vendeurs de voitures
neuves
et
d'ateliers
de
mécaniciens
(265).
Les
perturbations
subies
par
les
dépla-
cements
motorisés
devaient
même
pousser
les
autorités
à
rappor-
ter
la mesure
interdisant
la
circulation
des
voitures
hippomo-
'biles
au
sud
de
la
ligne
Abattoirs-Bel
Air
266).
C'est
à
partir
de
1946,
avec
la
levée
progressive
des
mesures
de
contingentement
des
importations,
et,
la
croissance
fulgu-
rante
de
l'habitat
au
nord
de
la
vieille
ville
Que
le
parc
automobile
va
s'étoffer
véritablement.
Après avoir
crée
ou
encouragé
la
création
de
Quartiers
d'employés
du
secteur
public
de
Fann-Résidence
à
Ouagou
Niayes
en
passant
par
le
Point
E,
les
Zones
A et
B,
et,
Bopp,
l'Administration
instaura
en
1949
un
système
de
ramassage de
ses
agents
Qui
travaillaient
Quasi
exclusivement
au
centre-ville.
C'est
ainsi
Que
les
légendaires
bus
du
Gouvernement
Général
commencèrent
à
sillonner
les
rues
de
Dakar.
Leur
accès,
réservé
aux
se~ls fonctionnaires
dans
un
premier
temps,
fut
ouvert
par
la
suite
aux
familles
de
cette
élite
sociale et
aux
anciens
combattants.
C'est
l'initiative
privée
Qui
se
chargea
de
répondre
à
la
demande
de
transport
des
laissés
pour
compte.
Il
y eut
d'abord
le
service
d'autocars
mis
en
place
par
GUIEYESSE,
un
industriel
français
Qui
aupara-
vant
faisait
dans
la
production
de
biscuits
et
des
bougies.
Avec
lui,
fut
assurée
la
desserte
des
Quartiers
populaires
de
Médina
et
environs.
D'autres
entrepreneurs,
notamment
les
Libanais
ANTOINE
KHOURY
et
NICOLAS
ISSA Qui
s'intéressaient
déjà
au
transport
de
march.ndises,
ne
tardèrent
pas
à
suivre
son
exemple.
Ils
prirent
une
part
importante dans
la
diffusion
des
"cars
rapides"
dans
les
années
1950.
(265)
la
liste
des
entreprises
de
la
place
de
Dakar
établie
en
1945 par
l'Inspection
du
travail
de
la C.DD.
indique
3 entreprises
de
transport,
1 représentant
de
marques
et
7 garages.
(266)
Il
s'agit
de
l'arrêté
localno
660
du
22/4/1940
relatif
à
l'hygiène
urbaine.

246./
En
1960,
sur
753
véhicules
de
ce
type
en
circulation
au
Sénégal,
527
étaient
immatriculés
à
Dakar,
soit
70
%.
La
prépondérance
de
la
capitale
sénégalaise
se manifestait
également
dans
le
transport
des
marchandises
avec
504
des
927
camions
recensés
dans
le
pays
(267).
Avec
le
temps,
l'écart
par
rapport
aux
autres
régions
s'est
certes
réduit,
mais
aucune
parmi
elles
ne
possède
un
parc
automobile
égalant
celui
de
Dakar.
En
raison
de
sa
double
qualité
de
première
ville
et
de
métropole
économique
nationale,
cette
agglomération
comptait
44
% des
véhicules
transportant
des
marchandises,
et,
42
% de
ceux
destinés
au
transport
des
personnes
en
1982
(268).
La
flotte
pour
m~rahan~ises de Dakar est à 69
% composée
de
véhicules
appartenant
à
des
transporteurs
individuels,
contre
31
% pour
les
grandes
sociétés
s'occupant
exclùsivement
de
transport
ou
intégrant
cette
activité
à
titre
complémentaire
à
d'autres comme
le
transit
maritime
ou
aérien.
Une
part
de
ses
moyens
logistiques
sert
au
"trafic
de
transit"
c'est-à-
dire
au
transport
de
marchandises
en
provenance
ou
à
desti-
nation
de
l'extérieur.
Le
trafic
interne
à
l'agglomération
s'effectue
par
des
camionnette
et
des
"taxis-bagages"
(269)
consacrés
au
transport
des
produits
agricoles
à partir
des
zones
de
production
ou
des
marchés d'écla-
tement,
ou
à
celui
des
articles
manufacturés
distribués
par
les
grossistes
établis
au
Plateau.
Dans
la
commune
de
Pikine,
l'in-
suffisance
des
routes
goudronnées
fait
qu'un
segment
du
trans-
port
des
marchandises
-
le
segment
final-
revient
aux
charrettes.
(267)
A.
Seck
Dakar,
métropole
ouest
africaine
1970,
P
57
( 268 )
P.R.D.I.
de
la
région
de
Dakar,
p.
48
(269)
Les
"taxis-bagages"
se
composent
de
Berlines,
de
voitures
break à
5 places,
de
fourgons
qui
ont
en
commun
leur
vétus-
té.
Ils
sont
réservés
au
transport
de
produits
alimentaires
à
partir
des
marchés
et
à
celui
des
articles
de
maison
(meubles,
appareils
électro-ménagers)

247./
Le
trafic
de
transit
qu'assurent
les
véhicules
gros
porteurs
contribue
notamment
à l'encombrement
des
voies
desservant
la
zone
industrielle
et
le
port.
Si
en
période
de
pointe,
les
poids
lourds
représentent
8 % de
la
circulation
dans
les
rues
de
Dakar,
sur
certains
itinéraires
cette
moyenne
est
dépassée
dans
une
large
mesure.
Il
s'agit
-
du
carrefour
Cyr nos
(15 %),
de
la
Place
Bakou
(18
%),
du
carrefour
formé
par
l'Avenue
Félix
Eboué
et
la
route
des
G.M.D.,
de
l'ancienne
route
de
Rufisque
(plus
de
30
%) qui
juuxtent
le
port
-
du
périmètre
compris
entre
les
avenues
Faidherbe
et Peterse~
les
rues
Sandiniéry
et
Fleurus
(plus
de
30
%) où
se
concentre
une
part
importante
du
commerce
de
gros
dakarois
(270)
Dans
le
centre-ville caractérisé
par
une
voirie
de
petit
gabarit,
la
présence
des
gros
porteurs
est
d'autant
plus gênante
que
la
durée
de
leur
stationnement
peut
dépasser
le
temps
~~quis par
les
opérations
d'enlèvement
ou
de
déchargement
de
frêt.
Pour
pallier
ces
invonvénients,
la
municipalité
de
Dakar
a
élaboré
un
projet
très
avancé
de
création
d'une
gare
de
gros
camions
à
proximité
de
la
gare
ferroviaire
de
Bel
Air
et
du
port.
Le
transport
des
personnes
est
effectué
soit
par
des
voitures
particulières,
soit
par
les
moyens
collectifs,
c'est-à-dire
les
cars
rapides,
les
autobus
et
les
taxis.
C'est
sur
ces
der-
niers
que
va être
porté
l'accent
dans
la
mesure où
ils
engen-
drent
des
flux
relativement
constants,
donc
plus
aisément
mesurables,
et
représentent
près
des
2/3
des
déplacements
moto-
risés
à
travers
Dakar.
La
répartition
modale
de
ceux-ci
se
pré-
sente
comme
suit
(270)
Conseii
Economique
et
Social
du
Sénégal
Etude
sur
les
problèmes
de
transport
public
dans
la
région
de
Dakar,
1986,
p.
15.

248./
2 roues
et
autres
4,5
%
taxis
1 1
%
cars
rapides
18
%
voitures
particulières
31 ,5
%
bus· SOTRAC
35
%
Par
rapport
au
service
d'autobus
initié
au
début
des
années
1950 par
GUIEYESSE,
celui

à
partir
de
1960 avec
la
R.T.S.
diffère
sur
deux
points
fondamentaux
les
horaires
qui
ont
évolué
vers
une
rationalisation
de
la
fréquence
de
passage
des
véhicules
-
l'étendue
du
réseau
passée
d'une
simple
desserte
urbaine
selon
des
voies
radiales
dans
l'immédiat
après-guerre à
un
ser-
vice
métropolitain
conçu
en
fonction
des
facteurs
de
la .mobilité
de
la
population.
O'après
les
informations
recueillies
auprès
de
Oakarois
ayant
voyagé
au
cours
des
années
1950
dans
les
autocars
Guieyesse,
ces
derniers
assuraient
seulement
des
liaisons
entre
les
envi-
rons
du
marché
Sandaga
et
les
quartiers
de
Médina,
Colobane,
Gueule
Tapée
par
l'Avenue
Blaise
Diagne
ou
la rue
22,
soit
une
distance
d'environ
7 km.
Or
actuellement,
une
ligne
du
réseau
urbain
de
la S.O.T.R.A.C.
couvre
14
km.
En banlieue
le
parcours
jusqu'à Keur
Massar
atteint
un
peu
moins de
25
km.
Cet
allongement
du
trajet
des autobus
s'explique certes
par
la
croissance
de
l'espace
urbain,
mais
il
est
également
lié
à
l'organisation
de
la
desserte.
Alors
qu'il
y a quatre
décennies
l'itinéraire
du
service
d'autocar
suivait
un
axe
préférentiel
sans
beaucoup
de
ramifications,
les
lignes
actuelles
visent
à
faciliter
l'accès
aux
lieux
recevant
du
public
zones
d'em-
ploi,
établissements
d'enseignement,
hôpitaux,
marchés,
stades ..
qui
sont
disséminés
à
travers
l'agglomération.

249./
En
1984,
le
parc
automobile
de
la
SOTRAC était
représenté
par
463
véhicules.
Jusqu'en
1980,
il
a
crû
de
manière
régulière
(271),
mais
depuis
l'instauration
du
système
de
con t r at-o l ans i g n é
a v e c l ' E t a t ,
l ' 0 f f r e
de
t r ans p 0 r t
deI a
société
stagne
(272).
Malgré
le
gel
du
parc,
le
nombre
de
voyageurs
ne
cesse
d'augmenter
(273),
ce
qui
se
répercute
négativement
sur
la
qualité
des
prestations
fournies
à
la
clientèle.
De surcroît,
on
note
la
baisse
de
la
régularité
du
temps
de
passage
durant
les
périodes
de
pointe,
puisque
les
autobus
ne
disposent
pas
de
couloirs
réservés
de
circu-
lation.
On appelle
cars
rapides
les
mini-bus
RENAULT S.G.2
offrant
25
places.
Ils
desservent
à
peu
près
les
memes
destinations
que
le
réseau
de
la
S.O.T.R.A.C.
La
différence
entre
les
deux
types
de
transport
collectif réside
dans
les
méthodes
de
travail
et
la
tarification.
Les
cars
rapides
ne
sont
pas
assujettis
à
des
horaires
fixes.
Ils
circulent
du
petit
matin
jusqu'à
d~s
heures
très
avancées
de
la
nuit.
Contrairement
aux
autobus,
ils
ne
se
conforment
pas
à
des
arrêts
obligatoires.
Avec
eux,
la
prise
de
charge
est
fonction
des
opportunités
qui
se
présentent
sur
les
parcours.
En
fin
à
distance
égale,
la
course
par
car
rapide
revient
moins
cher
que
le
voyage
par autobus.
Pour
ces
diverses
raisons,
les
rapports
entre
ces
deux
types
de
transport
ont
été
le
plus
souvent
appréhendés
sous
l'angle
de
la
concurrence
plutôt
que
sous
l'optique
de
la
complémen-
tarité.
Ou reste,
une
telle
perception
a
son
origine
dans
le
monopole
accordé
par
l'Etat
à
l'entreprise
qu'il
a
créée-R.T.S.
(271)
le
parc
automobile
de
la
50 TRAC
a
évolué
comme
suit
au
cours
des
dernières
années:
1973
1975
1 977
1979
1 98 1
1983
1984
235
2 1 1
282
292
430
452
463
(272)
l'une
des
obligations
découlant
du
premier
contrat-plan
signé en
1981
avec
l'Etat
consiste
pour
la
SOTRAC à
stabiliser
son
parc
à
463
véhicules,
et,
à
procéder au
renouvellement
du matériel
roulant
vétuste.
(273)
le
nombre
des
voyageurs
transportés
par
la
50 TRAC
a
évolué ainsi
depuis
1973
(
en
millions)
1973
1975
1977
1979
1981
1983
1984
28,5
38,8
48,4
67,1
99,2
108
1 1 1

250./
puis SOTRAC-
afin
d'assurer
le
transport
en commun
des
per-
sonnes
sur
toute
l'étendue
de
la
région
de
Oakar.
Eu égard
à
cette
situation,
on
peut
considérer
les
cars
rapides comme
des éléments
tolérés
dans
la
circulation
du
fait
de
l'utilité
du
service
rendu
au
public.
Mais
certaines mesures
prises à
leur
encontre
tendent
à
limiter
la
part de marché
qu'ils
con-
trôlent.
Il
s'agit,
entre
autres,
de
-
l'interdiction
de
circuler
au
sud
de
la
ligne-écran
formée
les
avenues
G.
Pompidou
et
A.
Peytavin
(274);
la
limitation de
l'importation
des
véhicules
destinés
à
ce
type
de
transport.
Aussi
la
croissance
du
parc est-elle
faible.
O'environ
540
véhicules
en
1965,
il
est
passé
à
750
en
1985
soit
une
hausse
de
1,9
% par
an,
très
en
deça
du
taux
de
croissance
démogra-
phique
de
Oakar
compris
entre
5 et
7 %.
Si
l'on
considère
que
les
cars
rapides
de
l'agglomération
ont
assuré
240
000
déplace-
ments
par
jour en
1985,
le
nombre
total
de
passagers
transportés
au
cours
de
l'année
précitée
a atteint 87,6 millions
de
personnes,
soit
les
trois
quarts
de
la
clientèle
prise
par
la
SOTRAC.
Les
taxis
se
trouvent
à mi-chemin
entre
les
transports
en
commun
et
les
voitures
particulières.
Oakar
en
possède
deux
types
les
taximètres
munis
de
compteurs
et
les
taxis
collec-
tifs
jadis
qualifiés
de
clandestins.
Ils
se
distinguent
dans
le
paysage
par
une
peinture
en
jaune
et
noir
pour
les
uns et
vert
et
blanc
pour
les
autres.
On estime
le
nombre
de
taximètres
en
circulation à
2
700
véhicules,
soit
ie
duub4~-de l'effectif de
1969
(275).
Leur
desserte
est
(274)
une
dérogation
à
cette
règle
autorise
les
cars
rapides
à
aller
au
sud
de
cette
limite
le
matin
entre
6 et
8 h pour
déposer
des
travaillaurs
de
la
banlieue.
(2~5) le parc des taximètres a évolué comme suit au cours des
dernières
années
1969
1970
1 97 1
1972
1975
1979
1 1 97
1 343
1396
1490
2180
2300

251./
fonction
de
la
destination
choisie
par
la
clientèle.
Mais
l'effet
discriminant
des
revenus
des
ménages
fait
de
la
zone
urbaine
leur
champ
d'intervention
privilégié.
Les
taximètres
participent
marginalement
au
transport
suburbain,
notamment
en
deux
périodes
le
matin
et
le
soir.
En
effet,
nombre
de
chauffeurs
résident
en
banlieue,
et,
en
se
rendant
au
travail
à
Dakar
ou
en
rentrant
en
fin
de
journée
ils
prennent
des
passa-
gers
sur
la base
d'un
tarif
forfaitaire
au
lieu
de
faire
le
trajet
à
vide
(276).
Les
taxis
collectifs
sont
d'anciennes
voitures
particulières
recyclées
dans
le
transport
en
commun.
Le
parc
est
difficile
à
estimer
car
certains
véhicules
circulent
encore
dans
la
clan-
destinité.
Leur
apparition
en
banlieue
visait
initialement
à
assurer
les
liaisons
entre
quartiers
partiellement
assumées
par
les
autobus
et
les
cars
rapides.
Mais
en
période
de
pointe,
ils
font
des
incursions
en
zone
urbaine

leur
circulation
est
interdite
pour
des
raisons
de
sécurité
(277).
Un comptage
routier
effectué
en
1972
à
l'entrée
de
Pikine
indique
143
passages de
taxis
collectifs
entre
7 h 30
et
8 h 30
dans
la direction
de
Dakar
et
163
passages
enregistrés
entre
18
et
20
h 30
dans
le
sens
Dakar-Pikine
(278).
En
ville,
leurs
lieux
de
sta
tionne-
ment
se
répartissent
entre
les
principales
zones
d'emploi
les
abords
du
port,
ceux
du
marché
5andaga
et
de
la
zone
du
commerce
de
gros
africain
si?
entre
l'Avenue
Faidherbe
et
la
rue
5andiniéry.
Face
à
la
demande
de
transport
en
hausse
constante
du
fait
de
la
croissance
démographique
et
de
l'étalement
périphéri-
que
de
l'espace
urbain,
il
existe
un
parc
automobile
important,
mais
en
augmentation
modérée.
Cette
tendance
est
parcitulière-
--------------------~----~----~-----------------------
-------
(276)
La
course
effect~ée dans ces conditions revient entre
150 et
200 F,
soIt
pour
4 passagers
une
recette
variant
entre
600
et
8PO
FCFA.
trois
à
quatre
fois
inférieure
au
trafic
indiqué
par
le
compteur.
(277)
les
taxis
collectifs
comportent
beàucoup de
défectuo-
sités mécaniques,
sans
compter
les
infractions
au code
de
la
route
dont
sont
coupables
leurs
conducteurs.
(278)
Restouriex(J)
la
liaison
Dakar-Pikine,
Paris
1973

252./
ment
sensible
dans
le
transport
public
de
personnes

les
potentialités d'expansion
sont
gelées
par
l'ambiguité
des
relations
entre
les
secteurs
modernes
et
informels.
D'où
la
lenteur du
rythme
d'écoulement
du
flux
des
voyageurs
aux
périodes
de
pointe.
3 - LE RYTHME
PENDULAIRE DES D~PLACEMENTS INTRA-URBAINS
On estime
à 2 millions par
jour
le
nombre
de
déplacements
effectués
à Dakar,
dont
la
moitié
par
engins
motorisés.
Ces
déplacements
suivent
toutes
les
directions.
Mais
le
rythme
de
vie
quotidien
de
l'agglomération
fait
apparaître une dominante
le
flux
et
le
reflux
des
migrants
pendulaires
entre
le
sud
et
le
nord de
la
presqu'île.
Dakar
s'éveille
à partir
de
5 heures
du
matin.
Tandis
que
les
bus
de
la
SOTRAC
quittent
leurs
dépôts
de
Mermoz
et
de
Thiaroye
pour
prendre
le
départ
à
leurs
lieux
de
stationnement
respectifs,
les
cars
rapides
ramassent
leurs
premiers
clients
qu'ils ache-
minent
au
port
et
au
marché
Kermel.
Si
leur
desserte
se
limite
à
la
zone
urbaine,
ils
peuvent
faire
3 ou
4 allers-retours
avant
l'heure
fatidique
-
8 heures
-
au-delà de
laquelle
les
véhicules
de
leur
genre
ne
sont
plus
autorisés
à
franchir
la
limite-écran avenue
Pompidou-Peytavin.
Ceux
en provenance
de
la
banlieue
ne
sont
à
même
d'effectuer
que
2 fois
le
trajet,
en
raison
du
temps
perdu
dans
l'attente
des
clients
encore
r are s .
1
Vers 6 heures,
les
travailleurs
qui
épargnent
sur
les
frais
de
transport
commencent
la
marche
à pied
devant
les
conduire
à
leurs
lieux
de
travail.
Les
premiers
autobus
s'ébranlent
et
emportent
les
passagers
très
peu
nombreux
aux
arrêts.

253./
La
grande
affluence
commence
vers
7 heures
en
zone
suburbaine,
une
demi-heure
plus
tard
dans
la
zone
urbaine.
Malgré
l'augmen-
tation
de
la
fréquence
de
passage
des
véhicules,
c'est
la gran-
de
bousculade aux
têtes
de
ligne
du
réseau
et
aux
arrêts
Que
les
autobus
ne
brûlent
pas.
l'instant
est
alors
favorable
aux
cars
rapides
des
lignes
de
banlieue pour
se
livrer
à
la
spéculation,
en
multipliant
les
ruptures
de
charge
(279).
La
turbulence
ae
la
circulation
routière
s'amplifie
avec
l'en-
trée
en
action
des
voitures
particulières.
Sur
les
artères
conduisant
au
Plateau,
vers
les
environs
du
pJrt
et
vers
la
zone
in just riel le ,
la
circulation
atteint
son
intensité
maxi-
male.
Par
contre
le
flux
sortant
du
centre-ville
et
das
Quar-
tiers
peri-centraux
à
destination
de
la
banlieue
est
b,au:oup
plus
faible
(280).
A partir
de
8 h 30,
le
flux
dirigé
vers
la
partie
sud
de
l'ag-
glomération
s'attén"e,
mais
S0~ alimentation
dans
la
zon,
suburbaine
reste
consistante
JusQu'aux
environs
da
10
h,ures.
ear
au
départ
das
actifs
du
secteur
moderne
et
des
élèves
scolarisés
à
Oakar
succède
celui
des
travailleurs
indépen-
dants
Qui
o~t
des
horaires
plus
élastiques.
Le
reflux
et
le
second
flux
intervena~t en
milieu
da
journée
SQnt
plus
volumineux
dans
la
zone
urbaine
Que
dans
la
zone
suburbaine.
La
durée
du
trajet
vers
la
banlieue
rendue
longue
par
la
congestion
du
trafic
routier
dans
le
centre
oblige
un
grand
nombre
d'a~tifs de
la
commune
de
Pikine
à
passer
la
journée
à
proximité
de
leurs
lieux
de
travail
(281).
(279)
le
trajet
Guédiawaye-Dakar
dont
le
tarif
est
fixé
offi-
cielle~ent à
90
FeFA
peut,
en
période de
pointe,
faire
l'objet
de
2 sectio~s
da
80 FeFA
soit
au
total
160 F
(280)
un
co~ptage
routier
effectué
en
1980 par
S.
DIAGNE
et
A.
Keita
sur
l'autoroute
dans
les
sens
Pikine-Dakar
et
Da~ar-Pikine a donné
les
nQ~bres de
véhicules
suivants
(281)
lei comptage
routier
effectué
par
S.
DIAG"lE et
A.
KEITA
en
1930
à
l'entrée
de
Pikine
donne
les
trafics
suivants
pJur
la
ml-journée
l l h - 1 2 h
12h-13h
rappel
7h-8h
Pikln'~ Dakar
1 1 95
1 1 28
4056
oa '< a r P i k t n e
1 25 1
1 749
752

254./
C'est
aux
alentours
de
17
heures
qu9
les
déplacements
motorisés
regagnent
progressivement
en
intensité,
à
la
faveur
de
la sortie des
écoles,
de
l'évacuation
massive
des
bureaux
et
des
usines.
Vers
19
H 30,
le
mouvement
d:
retour
d3ns
les
foyers
perd en
intensité.
La circulation
des
autobus
diminue
pour
s'interrompre à 21
h 45.
Celle
das
cars
rapides
suit
la
même évolution,
m3is
se
maintient
jJsque
vers
23
h~ures. Au-dalà les rares d!placements effec-
tués
sont assurés
par
voitures
particulières et
taximètres.
L'attraction qu'exerce
le
sud
je
l'agglomération
sur
la
partie
nord
tient
à l'avantage
résultant
de
la
concentration
spatiale
des
emplois et
des
services
à
fonction
spécifiqJe
(282).
Et
d'après
le
livre
blanc
dJ
plan de
circulation et
d:
transport,
plu5
de
la moitié
d:s
déplacements
faits
dans
la
région de
Dakar
en
1980
sont
en
rapport
avec
le
travail,
l'école,
l'accès
à certains
services
d'intérêt
collectif.
En
valeur
relative,
ceu<
effectués
par
un
moyen
de
transport motorisé
se
rép3rtis-
sent
comme suit
(283):
dJmicile
travail
29
%
domicile
- école
26
%
d o mLc Ll e
a 'J t r e s
29
%
d
p
é
La c e me n t s
secon-
daires
1 6
%
Une
co~paraison
entre
l'effectif d'actifs
occupés
et
le
nombre
d'emplois
disponibles
en
1980
dans
les
grands
secteurs de
l'agglomération
fait
ap~araitre quelques rares e3paces pré-
sentant
un
solde
excédentaire.
le3
cas
les
plus
répandus
correspondent
à un
déficit
des
emplois
recensés
sur
place
qui
pousse les
actifs
à migrer
quotidiennement
vers
les
secteurs
excédentaires.
(283)
les déplacements
s~condaires sant
ceux
effectués
à
partir
du
lieu
de
travail.

255./
tabl.
15
-
Répartition
de
la main-d'oeuvre
et d~s emplois
à
a k a r
ü
Emplois
1
Secteurs
1
1
urbains
Actifs
mod~rne
informels
totaux
Plateau
1 2 . 000
39.600
9.700
49.300
Médina
34.000
5.800
11.400
17.200
Grand Oakar
56.000
10.100
20.300
30.400
oa '< a r Ouest
(Ouakam)
6.000
5.700
4.900
10.600
Oakar-nord
(Parcelles
19.000
1 .500
4. 100
5.600
Assainies)
Pikine
83.000
4.900
18.400
23.000
(ancien,
Ex t .
l r r )
Zone
indus-
11.000
24.900
6.400
31.300
tielle
-
Port
TOTAL
220.000
92.500
76.20,0
167.000
source
pla, oerc Lr c u La t Lo n et
de
transport
du
Ca:J-Vert.
Livre
bla'c.
Trois
secteurs
apparaissent
comme
des
zones
d'appel
de main-
d'oeuvre.
Pa:
ordre
d'importance
décroissante,
il
s'agit
dJ
Plateau
(.
37.300),
da
la
zone
industrielle et
portuaire
(.
20.300)
situés
à
l'extrêmité
sud
da
l'agglomération
urb3i-
ne,
et,
les
environs
de
Ouakam
(.
4.600)
oG l'aéroport
et
l'hôtellerie
créent
u,
pôle
secondaire
d'emplois.
Partou~ ailleurs,
se
constate
une
distorsion
entre
actifs
et
emplois disponibles.
Le
déficit
le
plus
prononcé est
enregistré
par
la
commune
de ,Pikine
(-60.000)
suivie
de
Granj
D3~ar -SICAP-Derklé
(-
25.600),
Médina
(-16.800)
et
le
secteur de
la
Patte
d'Oie-Parcelles
Assainies
dénommé
Da~ar-n1rd (-
12.400).
Dans
cette
partie
d~
l'agglomération

r
256./
qui,
p~u ou
pro~,
fait
office
da
bassin
de
main-d'oe~vre
pour
le
Plateau
et
la
zone
industrielle,
les
emplois
offerts
sur
place
relèv~nt majoritairement
du
secteur
informel
80 %
à
Pikine,
73
% dans
Dakar-nord
et
66 % à
Médina
et
Grand
Dakar.
La
répartition
s9atiale
des
services
collectifs
à
fonction
spécifique
témoigne
da
disparités
tout
aussi
fortes
aupcofit
du
sud
et
de
l'ouest
da
la
tête
de
la
presqu'Ile.
A preuve,
des
16
établissements
relevant
de
l'enseignement
supérieur
seule
l'Ecole
d'Architecture
et
d'Urbanisme
se
situe
en
dehors
d,
la
zone
d'emprise
de
l'Université,
à
l'ouest
de
l'avenue
Cheikh
Anta
Diop.
Les
services
centraux
de
l'administration
publique
qui
emploient
plusieurs
dizaines
de
milliers
d'a~ents
sont
géo~raphiqJement plus
concentrés.
Ils
se
rassemblent
au
Plateau
et
moindrement
à
Fann(234).
Certes
les
grandes
forma-
tions
sanitaires
ont-elles
uno
répartition
plus
disséminée,
mais
seuls
deux
des
quatre
centres
hospitaliers
construits
en
dehors
du
centre-ville
ont
une
vacation
générale
(285).
Pour
résoudre
ses
problèm~s da
circ~lation, l'ag~lomération
doit
conjointement
réaménager
le
réseau
d,
voirie
et
renfor-
cer
les
moyens
de
transport
de
masse
(286).
Mais
la
portée
d,
ces
actions
serait
limitée
si
la
localisation
des
centres
da
travail
ne
subissait
de
modification
dans
le
sens
d'un
desserrement
périphérique,
ou
si
les
horaires
d,
travail
devaient
rester
figés
(287)
(284)
Les
services
centraux
recensés
dans
le
quartier
de
Fann
se
résument
dans
le
ministère
de
la
santé
publique
et
d~lns
la
direction
das
transports
routiers.
(235)
les
centres
hospitaliers
construits
en dehors
du
centre-
ville
sont:
l'hopitl
municipal
ABA55E
ND~D,
le
C.H.U.
d~
Fann
qui
ont
une
va:ation
générale,
le
Centre
de
traumatologie
et
d'orthopédie
de
Grand
Voff et
l'hô~ital
psychiatrique
de
Fann
qui
sont
spécialisés
dilns
leurs
interventions.
(286)
dapuis
1988,
Dakar
possède
un
train
de
banlie~e, le
"Petit
train
bleu"
qui
transporte
15
000 à
280000 personnes
par
jour.
(237)
Depuis
le
1er
juillet
1991,
les
services
relevant
d'l
l'Ete'
pratiquent
la
journ~e continue d'l
lundi
au
vendredi.
Ce
sfstème
a
am~lioré
les
conditions
d,:
la
circulation
automc-
bIle

257~/
CONCI_USION DU PREMIER LIVRE
Il
n'y
a
rien
de
comparable
entre
la
ville
da
l'immédiat
après-guerre
bloquée
a"
sud
d~ canal de Gueule Tapée,
et,
l'agglomération
actuelle
q"i
repousse
sans
cesse
plus
loin
ses
limites.
A la
partie
ancienne
formée
par
le
Plateau
et
Médina
s'est
j~xtaposée une
périphérie
urbaine
vaste
et
hétérogène
in-
cluant
des
villages
lébou
d~
la
proche
banlieue
de
1945,
devenus
peu
ou
prou
das
quartiers
da
Dakar
au
même
titre
q"e
les
nombreux
lotissements
da
création
plus
récente.
L'ex-
tension
spatiale

s'est
pas
réalisée
par
une
avancée
ragu-
lière
d~
front
d'urbanisation
sur
les
terres
agricoles
da
la
p:esqu'ile.
Du fait
des
conditions
foncières,
il
y a
eu
des
phases
de
développement
en
tâche
d'huile
à
partir
de
nJyaux
résidentiels
préexistants,
et,
d'autres
au
cou~s dasq~elles
le
gel
de
terrains
à
bâtir

à
la
spéculation
s'est
traduit
par
des
hiatus
dans
l'occupation
d~
site.
Cette
dynamique
en
sauts-de-mo"ton
a
eu
pour
effets
directs
de
multiplier
les
bJurgeonnements
périP'ériques,
et,
d~
rendre
plus
coûteuse
la
mise
en
place
d~s
services
publics.
Aujourd'hui,
l'espace
urbanisé
s'inscrit
dans
un
rayon
de
19
km autour
du
Cap Manuel.
Du point
de
vue
architectural,
la
ville
a
radicalement
changé
d'aspect.
Grâce
aux
opérations
de
rénovation
urbaine
entre-
prises
par
les
organismes
logeurs
du
secteur
étatique,
ainsi
q"'à
l'initiative
individuelle
des
Dakarois,
les
taudis
en
matériaux
de
rebut,
naguère
très
répandus,
ont ~uûsiment
disparu
d~s paysages
d.!
l'agglomération.
L'habitat
traditionnel
en
paillote
ne
subsiste
q"'à
l'état
résiduel
dans
la
grande
banlieue,
et,
parfois
dans
les
q"artiers
de
la
bourgeoise

la
case
est
aménagée
par
snJbisme.

258./
L'amélioration du
niveau
de
vie de
la po~ulation a ~ermis
à
la maison en
dur
de
s'affirmer
comme
le modèle
d'habita-
tion
dJminant.
Les différences
plastiques
qJe
l'on
l i t sur
les
façad?s
d?s
bâtiments
témoignent
autant
de
la
diversité
d?s
signatures
architecturales
que
de
la
pluralité des
statuts
socia~x.

L 1 V R E
D EUX
MUTATIONS ET HIERA~CHIES DE LA SOCIETé U~BAIN~

259./
Le
paids
démographique
et
économique
de
D3~~r, la diversité
das
influences
qui
s'y
entrecroisent
en
font
un
cadre
appro-
prié
pour
l'étud~ du
processus
de
changement
social
lié
à
l'urbanisation.
Deux
facteurs
sont
à
l'origine
d~
la
concentration
da
popu-
lation
la
fécondité
et
l'appart
migratoire.
Les
premiers
allo~ènes ayant
accouru
provenaient
d~s
campagnes
proches
de
la capitale.
D'autres
ont
marché
sur
leurs
traces
au
point
que
le
fond
de
peuplement
autochtone
est
aujourd'hui
submergé.
Il
n'existe
pas
da
région
ou de
groupe
ethniqJe
au
Sénégal
qui
n'ait
des
représentants
à
Dakar.
Les
possibilités
de
promotion
§conomiqJe
et
sociale
y sont
exceptionnelles.
Dakar
est
non
seulement
la
capitale
politique
et
le centre
de
gravité
de
l'économie
du
Sénégal,
mais
a'Jssi
san
plus
ardant
foyer
intellectuel.
Cette
pluralité
d~
fonctions
a
fait
g3gner
en
complexité
à
l'organisation
je
la
sociét§
urbaine.
Celle-ci
se
répartit
selon
l'ethnie
Ou la
nationalité,
et,
selon
la
religion
Ces
distinctions
ont
leur
importance dans
un
milieu
récemment
urbanisé,
car
devant
les
bouleversements
entrainés
par
l'adoption
d'un
nouveau
made da
vie
les
individus
ont
tendance
à chercher
d~s points d'ancrage
dans
leurs
réseaux
trajitionnels
d'appartenance
sociale.
Mais elles
ne constituent
pas
das
critères
da
stratification
comme
les
professions
qui
classent
les
personnes
par
catégories
suivant
le
prestige
d~
l'activité
exercée.
La
hiérarchie des
statuts
socio-profession-
nels
est
ressentie
comme
telle
par
l'ensemble
da
la
population.
Le
petit
peuple
de
Da<ar
a conscience
de
la
jistance
qui
le
sépare
des
"patrons",
c'est-à-dire
les
travailleurs
présentant
certains
signes
extérieurs
d'aisance
matérielle.

260./
Deux
phéno~ènes ~o~tradictoir€s caractérisent
l'é,olutlon
sociale
la
mJbilité
et
la
cristallisatio~. Pour
le
travaIl-
leur,
le
plus
sûr
moyen
de
se
hisser
aux
échelons
supérieurs
da
la
~iérarchle professionnelle est
l'amélioration
da
son
niveau
da
formation.
L'absence
d'instruction
suffisante
=on-
damne
gén§rale~ent à une
vie
sans
beaucoup
je perspectives.
De plus
en
plus
les
statuts
sociaux
tendent
à
se
perpétuer
d'une
génération
à
l'au~re,
en
raison de
l'hérita~e da
condi-
tions
de
vie
inégales.

261./
CH,\\PITRl: w- LA DYNAMIQUE DEMùGRAPHIQUi;
Com~aré
à
d'a~tres
villes
africainesmulti-millionnaires
comme
le Caire,
Johannesbu:g
DU
~agos,
Dakar
n'est
sans
doute
plus
de
ces
"métropoles
mJnstrue:Jses
dont
la croissance
accélérée
désespère
sta~isticiens et
u:banistes"
(J.
Oresch,1950).
M3is
replacée
dans
le
contecte
sénégalais,
la
démesu:e
dakaro!se
reste
une
parm3ne~ce. Si
des
cen~res urbains
je
moind"re
impor-
tance
se
sant
dév210ppés
très
rapidement
à
l'intérieur
du
pays
depuis
l'Ind!pendJnce,
le
déséq'Jilibre
de
la
répartition
de
la
population
en
fav2ur
de
la
ca~itale persiste.
Les
migrations
ont
jaué
un
rBle
déterminant
d.lns
cette
con-
centration
humaine.
Toutefois
la
part
relative
de
l'ap~a:t
extérieur
dans
la
croissance
des
effectifs
perd de
san
impor-
tance.
Pa:
sa
~italité, la
po~ulation domiciliée
dégage
un
excédant
de
naissances
qiJi
est
a'Jjourdn'ui
13
cause
principale
diJ mouvament
démog:a~hiqJe.
A - LES ~fFECTIFS : ANALYSES LONGITUDINALE ET TRANSVERSALE
S'il
est
indéniable
que
la
population dakaroise
ne
cesse
de
croitre
depuis
la
dernière
guerre
mondiale,
le
rythme
au~uel
les
effectifs
augmentent
a
varié
dans
le
temps.
De
même,
les
qiJartiers
di!
Itaggloméra~ion ~lon~ pas
ét~
ég~12ment concern§s
par
13
croissance
démographiq'Je.
D~puis
1~45,
la
population
3
évol'Jé
co~me suit

262./
tabl
16
-
Evolution
d~ la population de Dak~r d~ 1945 ~ 1~83
!-
l
AClnée
Effecti. f
sou:ce
1
I~
1
j'~"'3n~
1
1945
132.00J
en
B~5
231.000
Recensement de 1935
B.5l
374.700
E.D.N.
19.50/19.51
1971
563.100
E.D.N.
1970/1971
1975
913.30')
R.G.P.
1>76
1933
1.296.9)0
R.GP.H.
B3t1
L'on note
depuis
1~61
~ne
accélération
ju
nouvement
de
halJss!
déce:'lilies.
Entre
1945
et
1961
la
~JpulatioCi a
augmen~é
d~
193,8
%.
En
valeur
absollJe,
environ
15. 100
~ersonnes se
SOCIt ajoutées
chaque
ann!e
à
l'effectif.
Cette
moyenne
a
même
été p:esque
doublée
en~re
1~55
et
1961
oG elle
a
patté
sur
29.700
perso,nes.
L'essor
des
effectifs
procède
d'abo:d
de
l'effet
de
l'appel
de
main
d'oeu~~e pr)vaqIJ~ pa~
les
~or~b:e:Jx trd'/dlJX
d'am~nagemen~
à
J'3k.'lr
au
l e n d e maI.n
d e
la
s e c o no e
guerre
mo n ri La l e .
Il
s'y
ajoute
l'arri~ée de
plusieurs
sentain~5 de
familles
s~ln~-lO'Ji-
5 i e n n e s
à
1 3 IS U i te
d iJ
t r ans fer t
d e
l a
C a il i ta 1 e
d Il
S é :1 é;~ a 1 à
Oa!c!r
en
1~58.
Les
chan~!ment5 en~ralnés pa:
les
indépendances
africaines
ne
von~ pas
infléchir
13
tendlnce
suivie
jusq'J'alors.

263./
Nonobstant
le
rétrécissement
de
l'aire
d'influence
de
l'ancienne
capitale
de
l'A.O.F.,
et,
l'ap~arition des
premières
difficul-
tés
écono~iques nées
de
la
balkanisation
de
son
hinterland
continental,
l'afflux
de
population
s'est
po~rsuivi. Dans
l'intervalle
1961/1988,
les
effectifs
se
sont
accrus
de
246
%.
Cependant
comme
l'illustre
la
courbe
d'évolution
de
la
fig~re
nO 23,
un
changement
de
rythme
est
intervenu
à
partir
de
1971.
L'aggravation
de
la
situation
économique
nationale
du
fait
de
la
séc~eresse, de
la
détérioration
des
termes
de
l'éc~an~e, des
c~~cs pétroliers
et
de
l 'en jette ment
extérieur
ont
sans
doute
contribué
au
renforcement
du
poids
dé~~grap,ique de
Dakar.
Au
cours
du
court
intervalle
1971/1976

l'influence
de
ces
fac-
teurs
s'est
fait
le
plus
sentir,
l'ag~lo~ération a
gagné
25~.200 person~es, soit
50.040
n~uveaux habitants
par
an.
Un
tel
ap~ort n'a
jamais été
enregistré
d3p~is 1945.
Selon
les
projections
établies
sur
la
base
dJ
taux
de
croissance
an~uelle de
la
période
1976/198S,
c'est-à-dire
3,96
%,
la
population
d~
l'agglomération
jevrait
se
c~iffrer à
2.068.056
habitants
en
l'an
2
000
(287).
A échéance
d'une
génération,
soit
en
2
021,
elle
pourrait
être
de
4.679.616
habitants,
soit
trois
fois
et
de~ie
l'effectif
de
1988.
2 - LA PROJECTION AU SOL DU MOUVEMENT DËMOGRAPHIQUE
Le
mo~vement
dém~graphique
qui
vient
d'être
d!crit
n'a
pas
eu
un
impact
égal
sur
les
grandes
divisions
spatiales
distin~uées
dans
le
~remier livre
Dakar
ancien,
la
zone
c~arnière e~
la
banlieue.
Selon
qu'on
considère
la
vieille
ville
ou
5es
envelop-
1
pes
périphériqJes,
la
8rolssance
d~
la
pop~latlon s'est effec-
n
(287)
Projection
faite
d'après
la
formule
Pt
= Pc (1 + i)

264./
Fig. 23- EVOLUTION
DE
L,A POPULATION DE DAKAR
.n milli.. r~ d'hol>.
ISOO
1400
.JOO
1,z00
Il 00
1000
'00
800
700
/
600
/
900
/
'"
t'" '"
400
...
/
--:/
J 00
/
/
" .
/
100
,-
...- '"
......."'"
,,:'"
..
l
",'
.00
1
1
'"
1
....-
.....-
It 0\\,
IJSS
19'1
'1 ,.
It71
,t ••
AV9lClm:ration
lan.
charni",..

265./
tuée
sous
des
formes
dIfférentes
comme
le
montre
le
tableau
suivant
tabl.
17
-
Rythmes
de
:roissance
démograp~ique des
quartiers
d ax a r o Ls
r
i
1
A,née
Dakar
a n c Le :
Zone
charnière
Banlieue
1
1
E
1
C
E
C
E
C
1':155
132.300
54.500
44.200
1961
144.0'00
1,4
158.900
19,5
71. 800
8,4
1
1971
137.400
0,4
2~1.2DO
4,2
184.300
9,8
1-
1976
j
143.500
0,8
374.900
9,2
302.200
10,4
1988
1
141.600
1- 0, 1
487.900
2,2
667.400
6,8
1
______J
1
1
1
-------------
E
effectif
(valeurs
absolue,)
C
taux
de
croissance
ann~elle e,tre
deux
dénombr!m3nts
(%)
Exceptio,
faite
de
la
vieille
ville,
tous
les
au:res
secteurs
de
l'agglo~ération ont
e,registré
une
hausse.
Celle-ci
a été
particulièrem!nt
forte
da,s
la
zone
charnière
entre
1955 et
1971

les
taux
d'accroissement
an,~el ont
varié
entre
4 et
19,5 %.
En
effet
da'1s
cette
p~riode un
~arc
important
de
loge-
me,ts
planifiés
-10tissem3nts
S.I.C.A.P.
et
H.L.M.-
y ont
été
construits
en
plus
de
l'habitat
populaire
de
Grand
Dakar.
La
dédensificatio,
de
Dakar
ancien
tro~vé ici
libre
cours.
Les
gains
de
population
de
la
banlieue
n'o,t
pa,
été
négli-
geables,
car
d!
1955
à
1961,
le
ta~x mJfen
d'ac:roissement
a"uel
a at t e t n t
dans
ce
s e c t e u r
8 %.
Il
a
même
a u q me n t é
d'un
point
dans
l'intervale
1961/1971.
Ce
dernier
a
été
marqué
notamment
par
une
succession
de
déguerpissements
et
de
reca,e-
ments
en
b.,lieue
liés
à
la
rénJvatio'1
~rbaine opérée
à
~édina
ainsi
qu'à
l'éradication
de,
bido,villes
d!
l'Autoroute.
Après
cette
phas~ paroxysmale,
le
peuplement
intense
des
en~irons
de
Pikine
a
été
entretenue
par
la
raréfaction
des
réserv9s

266./
fo~cières
dans
la
com~u~e da Dak~r qui a incité nJm~re d~
ménages
aux
revenus
modestes
à s'établir
d~ plus en plus
loin
dJ
centre-ville.
Dak~r
a~:ien a
vu,
entre
1955
et
1983,
s~
population
stagner
entre
130.0JO
et
14~.OOO habitants.
Sauf
à
consid!rer
u~e
sous
estimation
d,
l'efFectif
de
1~71,
la
vieille
ville
a
été
afFectée
une
première
fois
d'une
d§population
entre
1961
et
1971,
sans
doute
consécutive
aux
départs
d'Européens
résida~t
au
Plateau
après
l'Ind!pendance.
La
reprise
du
peuplement
a
été
à
la
fois
peu
significative
et
da
courte
dJrée,
car
le
d~clin démJgraphique
de
ce
secteur
urbain
est
réapparu
entre
1976
et
1989.
Les
courbes
accompagna~t celle
de
l'agglomération
sur
la
fig;Jre
23
reflètent
en:ore
mieux
cette
évolution
d§mo-spatiale
contrastée.
Celle
d,
Dakar
ancien
se
distingue
par
son
étale-
ment
qui
correspo~d au
plafonnement
d,
l'effectif
signalé
plus
haut.
Au contraire,
les
grap~iques das
quartiers
d'exten-
sion
marquent
nettement
le
mou~ement ascensio~nel de
leur
PJpulation.
Toutefois,
l'année
1976
représente
sur
ces
d~ux
courbes
un
palier
discriminant.
Alors
qu'il
constitue
pour
la
!one
charnière
l'amJrce
d'u~ ralentissem~nt, ce
rep~re indi-
que
un
regain
da
~italité de
la
jémJg:ap~ie da
la
banlieue.
Le
parallélisme
entre
les
cou:bes
de
Dakar
et
de
banlieu~ qui
s'observe
depuis
1976
souligne
l'influence
de
celle-ci
sur
celle-là.
Les
histogrammes
de
la
figure
nO 24
montrent
enco:e
qu'entre
1961
et
1971,
l'accroissement
de
la
population dilkaroise
a
été
pJur
l'e5sentiel
enregistrée
par
l'espace
intermédiaire

267./
Fig. 24_ETAPES DE
LA
CROISSANCE
DEMOGRAPHIOUE
DANS LES QUARTIERS
DE DAKAR
700
600
500
300
200
III
100
o
e e e
ë
r-
Anci.n
_ Zone
Charnière-
8QnlÎeue
OJJ
".61
19.71
1976
'98'

2f58~4
''-.,.
co~pris entre
la
vieille
ville
et
les
extensio,s
p§rip~!riq~e3.
Puis
de
1971
à
1976
la
dJnamiq~e démographique a été imprim!e
cO'curemment
avec
la
banlieue.
Celle-ci
davenant
dans
la
de:-
nière
décen,ie
1976/1983
le
réceptable
principal
da
la
:rois-
san:e
das
effectifs
da
l'agglo~!ration.
En
1980,
la
densité
résidentielle
nette
était
de
230
~ab/ha
pO~T
l'ensem~le de
l'agglom!ration.
Mais
ce
quotient
dissim~le
les
contrastes
existant
en~re les
quartiers.
Pa=
rapport
à
1955,
le
s~rp!uplement de
certains
d'entre
eux
s'est
accentu!
gTâ~e à
la
densification
du
bâti.
Le
tableau
indlqué
ci-aorès
en
d o n n s
l'ima;Jl~
tabl.
13
-
Evolution
das
dansités
nettes
à
Dakar.
QJartiers
1?55
1930
1
,
1
l
Plateau
14J 3 29J
231
,
M!d.lna
300 à 350
397
1
G!anej
üak a r
300 à 350
377
1
1
Pikin!
55
312
J
s ou t c e s
recensement
de
Dakar
d~~
1955
~IV:d blanc
dlJ
P.D.U.
de
1930
Les
indlces
de
peuplement
d~ Platea'J
on~
élolué
vsrs
la
baisse
dans
les
enlirons
dJ
Cao
~anu!l,
du
~arché
Ker,nel
et
de
Reu-
beuss qlJi
depuis
1955
on~
perdu
de
la
pop~lation j'un
recen-
sement
à
l'autre,
pour
des
ca'Jses
d'ailleurs
s~nslblement
différentes.
Car
si
pour
le
Cap
Manuel
on
peut
éloquer
la
dinlnution da
la
population
blanche,
a!Jtour
de
la
Place
Kermel
le
dépeuplement
a
pour
origine
la
substitution
à
la
résidence
des
a:tivités
d~ service.
A R~u~eJss,
il
s'agit
de
la
revalo-

269./
r l s a t Ion du bâti et
par
c o n s é q...·e~t...>.le
relèvement
d e s
loyers
q~i ont créé u~ efFet da filtre réduisant ain3i les possi-
bilités
da
concentration
de
locataires
à
faibles
revenus
da~s ce q~artier situé
à
l'entrée
diJ Plateau.
En
reva~che,
le3
effectifs
des
Ilots
voisins
das
avenues
G.
Po~pidou et Lamine Gu~ye se sont accrus,
entralnant
dans
le
même
sens
les
densités
(289).
Au nJrd
d.J centre-ville,
la
tendance
e3t
au
re~forcement d~
l'occupation
humaine
du
sol.
L'augmentation
des
constructions
en
haJteur
la
favorise,
en
particulier
à
~édina et Grand Dakar.
En
1955,
Pikine
ve~ait à peine d'être habité.
Il
s'agissait
alors
d'une
véritable
zone-dortoir.
Le3
équipements
urbains
y a~aient
un
cataGtère embryonnaire.
Le
p:oblème
d'l
la
scola-
risation
de
la
po~~lation jeune,
l'accès
difficile
au
service
da
san~é
et
l'im~Jssibilité da
trou~er du
travail
sur
place
r e n da t e n t
fréquent
le
recours
à
'Jakar.
Et
les
t r a ns p o r t s
rO'J-
tiers
existants
souffraient
d'une
ma'Jvaise
organisation.
Devant
une
telle
précarité,
beaucoup
da
d!giJerpis
hésitaient
à
rejoin-
d:e
leurs
parcelles
de
recasemen~, et,
cherchaient
à
se
relDJer
dan3
les
bidonvilles
encore
debout
dans
la
.ieille
ville,
ou
à
proximité
d~s
villag~5 suburbains
les
mieux
desservis
par
les
transports
(Hann,
Duakam).
Le
site
ainsi
sous-occupé
affichait
un
quotient
de
55
hab/ha.
Par
la
suite,
les
transferts
massifs
de
population
expulsée
de
Dakar
et
les migrations
résidentielles
spontanées
ont
donné
plus
de
substance
à
la
jémographie
de
Pikine.
En
l'espace
da
deux
d!cennies,
sa
densité
nette
a plus
q 'Je
qui n t u P 1
pas 5 a n t
d e 5 5
à
3 1 7 hab / ha.
é
,
(289)
entre
1955
et
1983,
la
jépo~ulation dans
les
secteurs
du
Cap
Manuel,
de
Kermel
et
de
Reubeuss
a atteint
res-
pectivement
1690,
1100 et
80J
habitants.
En
revanche,
les
environs
des
a.enues
POMpidou
et
Lamine
Guèye
ont
gagné
1 000
et
3 200 habitants.

270.1
Hormis
les
quartiers
d'habitat
pavillonnaire
comme
ceux
bordant
la
route
de
la
corniche
ouest,
et,
les
secteurs
du
Ca~
Man~el
et
da
Kermel
situés
a~ PlateaJ,
les
densités
sont
élevées
à
D a k a r
(28n.
3 - DAKAR VILLE MACROŒPliALE
En
considérant
le
rang
occu~é par Da~ar dans
la
~iérarchie
des
villes
de
l'Afrique
sub-saharienne,
on
constate
au
cours
de
la
période
récente
un
recul
au
classement
continental
et
une
primauté
persistante
au
plan
national.
a)
1~_~~2ll~1~_~~2~g~1~l~1_Q22~_1~_~l~~~~~~l~_~~Q~l2~
africaine
_ _
· 4
_
Le
statut
métropolitain
:onfé~é par
A.
5eck
à
la
:a~itale
sénégalaise
en
Afri~Je francophJle
trouvait
sa
justification
même
au
~lan démographique.
En
1~55 Dakar
occupait
alec
231.000
habitants
le
p:emier
rang
dans
cet
ensemble
régional
devant
Léo~ald ,ille
(216.000
hab),
Brazzaville
(215
DaO hab)
qui
dirigeait
les
territoires
du
grou~e
de
l'A.E.F.,
Douala
(166.000
hab)
et
Abidjan
(127
000
ha~).
Son
effectif
rep"és~n­
tait
3 fois
celui
de
BangJi
classé
sixième.
Si
l'on
tient
compte
des
pays
d'expression
anglaise,
Dakar
n'était
devancé
que
par
Ibadan
et
Lagos
au
Nigéria,
et,
Accra
au
~hana.
Le
reclassement
survenu
dilns
les
décennies
suivantes
s'est
opéré
au
détriment
d'l
Dakar
qui
nan
seulement
se
situe
derrière
les
capitales
anglophones
p"écitées,
mais
est
rejoint
et
dlstan-

e~
1380
p3r
Kinshasa
(3.0~O.OOO Hab)
et
Abidjaî
(1.615.000
~ab)
1
(29~)
On rencontre
dans
certains
quartiers
infra-u"balns
comme
Dalifort
des
densités
b:utes
très
éle,ées
de
l'ordre
de
7J~
~ab/ha
en
1937.

271./
A l'op~Jsé de ces
n.ou~elles méga~oles qui se sont intensément
peu~lées par apport m~gratoire, la ~remière ville du Sénégal
déchue
de
sa
fonction
de
capitale
de
l'A.O.F.
par
les
ac~essions
à
l'indépendance
a
en:egistré
des
départs
de
population
même
si
ces
de~niers ont
pu
être
compensés
g:âce
à
l'exode
rural
(290 )
Da,s
la
hiéra:chle
urbaine
du
Sénégal,
le
phénomène
di!
p:imatie
dO ~
l'ascension
irrésistible
de
Dakar
impulsée par
son
érection
en
capitale
de
l'A.O.F.
et
l'activité
de
son grand
port
n'a
cessé
de
se
confirmer
dep~is les
années
1920-1930.
La
Jart
de
la
JJpulation
u:baine
rassemblée
su:
son
sol
a évolué
ainsi
ta~l.
19
-
Pact
de
Oakar
d3's
la
,op~lation urbaine
du
Sénégal
(291)
1
A.lnée~~aine Sénégal[ Pop de Oaka r i Dak~r/S!n. j
!-~'
r132.00J----;:~.--i---
--1
3::J3.5'JOlab.
43 "
l
,I
I
1
1955
411.500
231.000
1
56
1
1
1
1361
713.000
374.500
1
52
1
1
1
1976
1.630.000
513.3·)0
i
49
1
1
1
1
1
'- . --
-----'--------~ ---_.....
1_ _-
Cette
part
a
réguliè~ement crO
jusqJ'en
1955
o~ elle a Jlafo,né
à
56
% . ·Oepuis
cette
date
elle
tend
~
la
baisse.
Cependant
u,
citadin
sur
deux
recensés
en
1976
au
Sénégal
résidait
à
Dakar.
Le
recul
observé
au
cours
des
trois
dernières
décennies
traduit
l'urbanisation
certes
impa:tan~e connue
par
les
çen~res
(2~0) Les départs
ont
surtout
concerné
les
Européens
dont 1
l'effectif
est
passé
de
11.000 à
5.750
personnes
entre
1~55
et
11813.
(291)
la
~opulation urbaine
est
définie
l:i
par
celle
des
centres
comp~a'~ a'l
moins
10.000 habitants.

272./
secondaires
de
l'intérieur
du
pays
(292)
mais
ces
derniers
sont
encore
loin
d'égaler
la
taille
de
la
métropole
nationale.
L'écart
entre
l'effectif
de
celle-ci
et
celui
de
la
deuxiè~8
ville
du
tésea~J
"'3
ces3é
de
sa
crelJSer.
En
19~5,
Da~ar était
2,5
fa!;
plJ5
~e\\Jplé lLJ'~ 3aint-LO~J~s. Dix ans plus
tard,
sa
d ""
Lang
e'l
1 9 <5 1 ,
éta~t
diJ
,ême
ord~e di!
J:a~j~!;Jr
à
cetta
dilte
=
5,3.
A !'155u~
du
R.S,P.
1975,
il
e s t
a p n a r o q ue
la..c3;lit~le 3J3It
un
e f f e c t Lf
s e o t
fois
p Lu s
grand
que
c e I u i
je
Thiès
sa
s u i v a n t e
t mmé f t a t e
t~hl,
2D-Etart de
taIlle
entre
Da;(~r et
la
rl~uxièm! ville
A."n~z
f.J il ~1 ;
di!
Di)~(ar
pop
de
la
21è
v I Il e
P1/P2
1945
132.000
hab
51.000
hab
2,5
1955*
231.000
39.000
5,9
196 1
374.500
69.560
5 , 3
1976
813.300
115.200
7,0
1988
1.296.900
174.700
7,4
~ à partir de 1955, la population de Dakar comprend Plklne.
Cette
macrocéphalie
urbaine
n'a
pas
commencé
à
être
objet
de
préoccupation
de
nos
jours
seulement.
Déjà dans
les
années
1930
les
autorités
coloniales
s'en
inquiétaient
d'autant
que
la
crise
économique
mondiale
se
propaglèait
dans
llès
territoires
d'outre-
mer.
Mais
les
méthodes
préconisées
pour
endiguer
llè
développement
~292) Entre
1961
lèt
1976,
les
taux
dlè croissance
annuelle
llès
plus
élevés
ont
été
lènregistrés
à
Tamba,
Richard-Toll,
Kaffrine
et
Kédougou
(ent~e 9.et
11
%)
,
Oagana,
Thiès,
Mbacké,
81gnona,
Ziguinchor,
Sédhiou,
Kolda,
véllngara,
Tambacounda
lèt
Sakel
(entre
5 lèt
9 %).

273./
urbain
ne
visaient
pas
à
agir
sur
les
mécanismes
qui
étaient
à
l'origine de
cette
tendance.
Elles
portaient
sur
des
mesures
autoritaires
de
refoulement
des
migrants
et
le
renforcement
des
dispositions
légales
réprimant
le
vagabondage
des
indi-
gènes
(293).
Leur
efficacité
fut
faible.
nationale
---------
Il
a
fallu
attendre
la
création
en
1967 d'une
structure d'amé-
nagement
du
territoire
pour
que
l'approche
technique
s'impose
dans
le
traitement
des
distorsions
spatiales
causées
par
le
déséquilibre
de
l'armature
urbaine.
Le
premier
schéma
d'aménagement
élaboré
par
la
D.A.T.
pour
l'horizon
2DDD
insistait
sur
l'impérieuse
nécessité
de
réduire
les
inégalités
régionales
-
ériger
les
chefs-lieux
de
région
en
métropoles
d'équilibrs
susceptibles
de
constituer
des
contrepoids
à
la
suprématiE
dakaroise
la
déconcentration
de
l'industrie
agglutinée
autour
de
la
capitale
(294).
Malgré
les
précautions
prises,
ces objectifs
sont
loin
d'être
atteints.
Comme
l'indique
le
tableau

19,
Dakar
continue
de
dominer
de
très
haut
les
autres
centres
urbains.
Pour
arriver
au
résultat
contraire
à
un
tel
constat
de
situation,
il
eût: fallu
remplir
au
moins
les
deux
conditions
suivantes
(293)
L'urgence
d'un
décongestionnement
et
d'une
lutte
contre
le
vagabondage
dans
les
villes
d'A.D.F.
apparalt
dans
plusieurs
notes
de
la
Direction
des
Affaires
Politiques
et
Administratives
du
Gouvernement
général
classées
dans
le
dossier
21
G 49
(11)
A.N.S.
1934.
(294)
Parmi
les
mesures
d'incitation
prises
pour
encourager
le
desserrement
de
l'industrie
dakaroise
figurent
le
décret
nO
76-036
du
16/1/1976
relatif
au
visa
préalable
de
localisation,
et,
des
avantages
fiscaux
ou
tarifaires.

274./
La
première consiste
de
la
part
des
pouvoirs
publics
à
maitriser
l'investissement
industriel.
Or
dans
le
premier
plan
quadriennal
de
développement,
le
parti
pris
a été on
ne
peut
plus
net
"Dans
le
domaine
industriel,
le
Plan
escompte
l'intervention de
capitaux
privés
importants.
Cependant
l'Etat
n'entend
pas
demeurer
passif,
mais
jouer
un
rôle
en
définissant
un
programme
d'indus-
trialisation,
en
faisant
entreprendre
les
études
et
les
recher-
ches
indispensables
à
l'implantation
de
nouvelles
industries
et
une
participation
s ' i l
y a
lieu".
Même en
se
confinant
dans
un
rôle de
promoteur
l'Etat
a
tardé
à
créer
l'environnement
propice
à
un
desserrement
de
l'industrie
dakaroise
(295).
Secondo,
le
cadre
de
vie
dans
les
villes
secondaires
aurait
mérité
une amélioration
afin
d'y
encourager
la
fixation
des
personnels
qualifiés
qui
hésiteraient
à
s'établir
loin
des
opportunités
et
avantages
de
la
capitale.
La
déconcentration
des
activités
tertiaires
de
Dakar
a
princi-
palement
porté
sur
les
services
publics.
Pour
apporter
plus
de
justice
dans
la
répartition
des
équipements
sanitaires,
scolai-
res
et
socio-éducatifs
sur
le
territoire
national,
des
hôpitaux,
des
établissements
d'enseignement
de
divers
niveaux,
des
installa-
tions
sportives
ont
été construits
dans
les
régions
(296).
Par
ailleurs
grâce
à
la
réforme
de
1972,
les
collectivités
de
l'intérieur
ont
été
dotées
d'un
appareil
administratif
local,
moins
distant
que
la
bureaucratie
de
Dakar.
Mais
ces
différen-
tes
initiatives
destinées
à
affirmer
la
personnalité
du
"Sénégal
des
profondeurs"
n'ont
pas
altéré
l'hyper-concentration des
fonctions
centrales
à
Dakar.
Les
grands
services
de
l'Etat,
l'Université
y ont
leur
siège.
Même si
leur
fonctionnement
est
---------------------------------------------------------------
(295)
les domaines
industriels
visant
à
faciliter
l'installation
des
P.M.E.
n'ont
commencé
à
être
implantés
dans
les
chefs-
lieux
régionaux
qu'après
1973.
(296)
Nombre
de
capitales
régionales
ont
pu
améliorer
leurs
équipements
grace
à
l'organisation
des
fêtes
de
l'Indépen-
dances
tournantes.

275./
.
médiocre,
les
formations
sanitaires
dakaroises
relativement
mieux
équipées
reçoivent
de
plus
en
plus
de
malades
évacués
de
l'intérieur
du
pays.
Il
est
extrêmement
rare
que
les
mani-
festations
sportives
à
caractère
international
se
tiennent
hors
de
la
capitale
pour
des
raisons
de
conformité
aux
normes
d'organisation
imposées
par
la
haute
compétition.
on
pourrait
à
loisir
multiplier
les
exemples
illustrant
l'influence
tyran-
nique
qu'exerce
Dakar
sur
le
reste
du
Sénégal.
B - LES DËTERMINANTS DE LA CROISSANCE DËMOGRAPHIQUE
Après
avoir
traversé
une
phase
de
quasi-stagnation
au
début
du
siècle,
la
population
de
Dakar
a
enregistré
dans
l'après-
guerre
une
poussée
sans
précédent
que
d'aucuns
assimilent
à
une
explosion
démographique.
Mais
à
travers
les
données
les
plus
récentes,
un
nouveau
style
de
croissance
semble
prendre
forme.
Il
se
distingue
par
la
batsse
persistante
de
la
morta-
lité,
et,
l'amorce
d'un
recul
de
la
fécondité
et
de
l'apport
migratoire.
1 - L'APPORT MIGRATOIRE
Sans
l'immigration,
la
croissance
de
Dakar
aurait
été
parti-
culièrement
lente
dans
le
passé.
En
effet
jusque
vers
les
années
1920,
la
capitale
était
une
ville

les
familles
ne
se créaient
pas
en
nombre
suffisant
pour
permettre
à un
excédent
des
naissances
de
se
constituer
(297).
Mais
par
la
suite,
les
"célibataires,
nomades
et
passagers",
qui
de
l'avis
de
RIBOT
et
LAFDN
formaient
à
l'origine
la
majorité
de
la
population,
ont
fini
par
se
stabiliser.
Au point
que
le
mouvement
naturel
ait
égalé
ou
dépassé
l'apport
des
migrations
à
l'accroissement
annuel
de
l'effectif
urbain.
(297)
De
1857
à
1922,
les
décès
enregistrés
à
Dakar
étaient
supérieurs
aux
naissances
à
cause
de
la
faible
nuptialité
et
des
déficiences
de
la
situation
sanitaire.

276. /
.
Les
opérations
de
dénombrement
antérieures
au
R.G.P.H.
1988
ne
renseignent
que
grossièrement
sur
les
flux
migratoires.
C'est
en
comparant
les
régions
de
naissance
et
de
résidence
des
individus
qu'on
parvient
à calculer
les migrations
dites
durée
de
vie
qui
constituent
un
biais
destiné
à se
faire
une
idée
de
la
mobilité
géographique.
Par
contre,
la
question
posée
aux
personnes
sur
leur
résidence
il
y
a 5 ans au
dernier
recen-
sement
permet
d'en
savoir
davantage
au
sujet
du
rôle
des
migra-
tions
dans
le
peuplement
de
l'agglomération.
En
1955,
les
206.
472
personnes
représentant
la
population
résidente
de
fait
se
répartissaient
comme
suit
selon
le
lieu
de
naissance
Oakar
44
~>
Intérieur
34,5
%
Sénégal
Afrique
1 1
%
Hors
Afrique:
10,5 %
Ainsi
plus
de
la
moitié
des
résidents
se
composait
d'allogènes
Ces
derniers
étaient
sur-représentés
notamment
parmi
les
adul-
tes
dont
les
trois
quarts
étaient
nés
hors
de
Oakar
et
de
sa
région.
En
revanche,
une
large
majorité
de
jeunes
-
les
moins
de
15
ans
-
avait
une
origine
dakaroise.
A l'apport
des
migrations
définitives
s'ajoutent
les
saison-
niers
et
les
gens
de
passage
qui
formaient
durant
l'année
précitée
6,5 % de
l'effectif de
l'agglomération.
Cette
forme
de
mobilité
vers
Oakar
était
un
phénomène
déjà
ancien
(298).
(298)
le
rapport
sur
la
situation
des
communes
de
plein
exercice
signalait
en
1908
pour
Oakar
que
"le mouvement
des
transac-
tions
commerciales
avait
dans
le cours
des
dernières
années
atteint
une
activité
considérable
par
suite
de
la
présence
d'une
nombreuse
population
de
travailleurs
attirés
par
la
multiplicité
des
travaux
que
l'on
y
exécutait"
(A.N.S.
2 G 8/9 Sénégal)

277./
A la
fin
de
chaque
hivernage,
les
ruraux
des
cam~agnes proches
arrivaient
par
contingents
plus
ou
moins
importants
selon
les
régions,
à
la
recherche
d'un
parent
installé
définitivement
ou
d'un
travail
temporaire.
Ce
va-et-vient
périodique
aboutis-
sait
généralement
à
la
fixation
résidentielle.
A son
tour
le
néo-citadin
permettait
à
d'autres
saisonniers,
de
se
livrer
au
mouvement
circulaire
entre
Dakar
et
l'intérieur,
et,
péren-
nisait
de
ce
fait
l'immigration.
Au R.G.P.
1976,
la
proportion
des
personnes
nées
en
dehors
de
Dakar
et
de
la
région
du
Cap-Vert
baissait
de
11
points
par
rapport
à
1955
en
atteignant
45
% seulement
de
la
population
résidente.
Lepourcentage
des
allogènes
adultes
diminuait
aussi
pour
se
réduitre
à
65
%.
Celui
des
jeunes
nés
à
Dakar
se
mainte-
nait
au
même
niveau
(82 %).
Les
échanges
inter-régionaux,
vus
à
travers
les
migrations
dites
durée
de
vie,avaient
fait
con-
verger
vers
la
région
de
Dakar
51
% des
migrants
qui
au
total
se
montaient
à
655.397
personnes
pour
l'ensemble
du
pays.
En
1988,
les
migrations
intérieures
ont
touché
environ
5 à
6 Dakarois
sur
100.
En
effet,
le
taux
de
mobilité
de
la
popu-
lation
calculé
en
rapportant
l'effectif
d'immigrants
et
d'émigrants
à
la
population
de
1983
(299)
s'établit
à
5,77
%.
Le
solde
migratoire
de
l'agglomération
a
dégagé
un
gain
de
9 666
personnes.
Ce
qui
a
représent
24
% des
40
300
nouveaux
habitants
qui
annuellement
se
sont
ajoutés
à
la
population
urbaine
dans
l'intervalle
chronologique
1976/1988.
Il
n'est
pas
sans
intérêt
de
rapprocher
ce
pourcentage
de
la
situation
des
années
1960/1970 où
l'on
estimait
que
l'immigration
con-
tribuait
à
part
égale
avec
le
mouvement
interne
dans
le
peuple-
ment
de
Dakar.
(299)
On a compté
comme
immigrants
les
résidents
présents
ayant
déclaré
avoir
habité
en
dehors
de
Dakar
i l
y a
5 ans,
soit
un
effectif de
54
650
personnes.
Les
émigrants
sont
assimilés
aux
résidents
présents
dans
les
régions
et
domiciliés
il
y a
5 ans
à
Dakar,
soit
44
984.
La
popula-
tion
de
1983
atteint
1.067.700 personnes
en
chiffres
ronds.

278./
Sur
l'ensemble
des
immigrants
dénombrés
en
1988,
soit
61686
personnes,
les 88
% proviennent
du
Sénégal,
et,
principalement
du
milieu
rural.
Le
reste
(12
%)
est
émis
par
des
pays
étrangers.
Près
des
trois
quarts
des
migrants
venus
de
l'hinterland
séné-
galais
sont
des
ruraux.
Le
transfert
inter-urbain
n'intervient
que
pour
29
% dans
ces
arrivées.
La
figure
25
invite
à
utiliser
avec
prudence
l'argument
selon
lequel
la
sécheresse
est
le
facteur
déterminant
de
l'exode
vers
Dakar.
Car
comment
expliquer
la
force
émettrice
plus
grande
du
département
de
Bignona,
situé
sous
climat
sub-
guinéen,
par
rapport
à
celle
de
Podor
confronté
à
l'insécurité
pluviométrique?
S'il
est
indéniable
que
les
accidents
climatiqueô
ont
pu
influer
sur
la
décision
de
migrer
pour
nombre
de
ruraux,
cette
variable
doit
Être
combinée
avec
d'autres
éléments
expli-
catifs
comme
l'histoire
locale,
les
rapports
économiques de
pro
duction
au
sein
des
zones
de
départ,
et,
les
représentations
du
fait
migratoire
dans
l'imaginaire
des
acteurs
concernés.
Schématiquement
Dakar
exerce
une
attraction
relativement
plus
forte
sur
l'ouest
et
le
nord.
Entre
ces
deux
grandes
zones
de
recrutement
rural,
il
y a
une
sorte
de
diagonale
à
faible
capacité
émettrice
allant
du
département
de
Louga
au
nord-ouest
à
celui
de
Kédougou
au
sud-est.
Les
espaces
situés
sur
cette
transversale
ont
en
commun
de
porter
de
faibles
densités
de
population
(300).
(300)
la
densité
moyenne
du
Sénégal
est
de
35
hab./km2,
mais
la
région
de
Tambacounda
enregistre
6
hab/k~,
celles
de
Louga
et
de Kolda
respectivement
17
et
29
hab/k~.

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280./
Les campagnes
qui
à
l'ouest
envoient
les
contingents
les
plus
importants
vers
la
capitale
sont
celles
de
Mbour
53,5 % des
immigrants
issus
de
la
région
de
Thiès,
Bignona
66,4
% du
flux
en
provenance
de
la
basse
Casamance.
Derrière
elles
se
placent
les campagnes
des
départements
de
Fatick,
Bambey,
Kébémer
et
Thiès.
Dans
le
nord
Dagana
et
Matam
devancent
les
autres
zones
de
départ.
Sur
100
ruraux
qui
arrivent
dans
l'agglomération,
56
s'établissent
dans
la
commune
de
Dakar
et
44
dans
celle
dePikine.
C'est
la
carte
des
lieux
d'origine
des
migrants
ruraux
de
Dakar (carte 25) qui
se
rapproche
le
plus
de
celle
de
l'ensemble
de
l'agglomération.
Celle
de
Pikine
(carte 26présente
quelques
nuances
-
dans
le
nord
Sénégal,
l'arrière-pays
rural
de
Podor
est
le
plus
grand
pourvoyeur
de
migrants
dans
le
sud
du
pays,
Bignona
qui
émet
moindrement
vers
Pikine
se
range
dans
la
même
classe
que
le
département
de
vélin-
gara.
Ces
variations
dans
la
répartition
résidentielle
à
l'arrivée
obéissent
dans
une
cer
taine
mesure
au
jeu
des
filières
de
migration.
On sait
par
exemple
que
les
Matamois
se
dirigent
principalement
vers
Dakar

sont
localisés
les
principaux
centres
de
prise
en
charge
des
nouveaux-venus
rues
3,
25,
27
et
37
à
Médina
et
Niayes
Tiocker
au
Plateau.
Ce
sont
les
grandes
villes
de
l'intérieur
qui
contribuent
le
plus,au
transfert
inter-urbain.
A elles
seules
Thiès,
Sant-Louis,
Kaolack,
Ziguinchor
et
Diourbel
assurent
70
%
des
migrants
d'origine
urbaine.
Cette
prépondérance
se
reflète
sur
la
carte nO
27

281./
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Fig. 27- APPORTS DEMOGRAPHI PUES
DES
VILLES SENEGALAISE.S
A DAKAR (1985)
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283./
Des
configurations
spatiales
différentes
apparaissent
sur
la
carte
représentant
les
zones
d'émigration
des
personnes
qui
en
1983
encore
étaient
domiciliées
à
Dakar.
La
basse Casamance
se
détache
nettement,
mais
le
département
de
Ziguinchor
devance
celui
de
Bignona
dans
les
flux
reçus
de
la
capitale.
Après
cette
région
arri~t celles
proches
de
Dakar.
Enfin
le
sud-est
et
la
partie
centrale
du
pays
attirent
peu
les
émigrants
daka-
rois.
Dans
leurs
échanges
de
population
avec
Dakar,
les
2/3
des
départements
du
Sénégal
ont
un
solde
négatif.
Seuls
ceux
de
basse
Casamance
(Ziguinchor,
Bignona,
Oussouye),
de
Kolda,
Tambacounda,
Nioro-du-Rip,
Tivaoune,
Mbacké
et
Dagana
présen-
tent
un
solde
positif.
Nombre
de
ces
espaces
abritent
de
grands
projets
de
développement
régional
qui
probablement
incitent
leurs
émigrés
à
Dakar
et
même
des
Dakarois
desoeuvrés
à
s'ins-
taller
dans
ces
zones
d'aménagement.
C'est
le
cas
pour
les
périmètres
hydro-agricoles
du
delta
du
Sénégal
et
de
la
vallée
de
l'Anambé.
Il
en
va
de
même
du
bassin
cotonnier
placé
sous
l'encadrement
de
la
SO.DE.FI.TEX.
qui
intervient
principalement
dans
les
régions
de
Kolda
et
de
Tambacounda.
Les
départements
de
Tivaouane
et
de
Mbacké
doivent
vraisemblement
leurs
gains
à
l'attraction
produite
par
les
métropoles
religieuses
qui
y
sont
localisées
Tivaouane
et
Touba

de
plus
en
plus
des
personnes
en
âge
de
retraite
vont
finir
leur
vie.
tabl.
21
-
Solde
migratoire
de
l'arrière-pays
avec
Dakar.
Département
Solde
Département
Solde
Département
Solde
Bignona
+
301
Bakel
- 416
Kébémer
- 1866
Oussouye
+
893
Kédougou
- 94
Linguère
- 368
Ziguinchor
+
2577
Tamba
+
661
Louga
-
332
Bambey
- 565
Kaffrine
- 1361
F'a t i ck
- 630
1
Dlourbel
- 1517
Kaolack
- 678
Foundiougne
+
72
Mbacké
+
798
Nioro
+
169
Gossass
-
77
Dagana
+
231
Mbour
-1526
Kolda
+
355
Matam
-
373
Thiès
- 1572
Sédhiou
-
162
Podor
- 636
Ti vaoune
+
225
vélingara
- 576

284./
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285./
Bien
qu'il
soit
difficile
d'en
indiquer
le
solde,
en
raison
des
lacunes
de
la
documentation
statitistique,les migrations
internationales
contribuent
aussi
à
la
croissance
démographique
de
Dakar
(301).
Au R.G.P.H.
1988,
les
entrées
en
provenance de
l'étranger
se
chiffrent
à
7 036
personnes.
Elles
se
répartissent
ainsi
Afrique
82
%
Europe
14
%
Pays
arabes
Reste
du
monde
3 %
Les
horizons
africain
et
européen
émettent
donc
la
quasi
tota-
lité des
flux
de
migrants
internationaux.
Ces
relations
privi-
légiées
sont
anciennes.
Sur
10
immigrants
venant
d'Afrique,
les
9
partent
de
la
région
Afrique
de
l'ouest,
notamment
de
pays
d'expression
française.
A elles
seules,
les
arrivées
à
partir
de
la
Guinée-Conakry
représentent
la
moitié
du
volume
d'immigrants
fournis
par
les
anciens
territoires
du
groupe
de
l'ex
A.O.F.
Elles
ont
connu
leur
paroxysme
dans
les
années
1960/1970
par
suite
des
exactions
commises
sur
l'ethnie
peul
sous
le
régime
révolutionnaire
de
Sékou
Touré.
L'entrée
au
Sénégal
est
facilitée
par
la
présence
de
l'autre
côté
de
la
frontière
terrestre
de
communautés
apparentées
à
celles
occu-
pant
le
massif
du
Fouta
Djalon.
Les
appor
ts
européen
et
américain
se
concentrent
respectivement
sur
la
France
(87
%)
et
l'Amérique
du
nord
(80 %).
Ou groupe
des
pays
arabes
émerge
le
Liban
qui
alimente
49
% de
ce
courant
d'immigration.
La
fixation
de
la
colonie
libanaise
à
Dakar
remonte
à
la
fin
du
siècle
dernier.
Une
bonne
partie
de
ses
membres
n'avait
pas
le
projet
de
rester
durablement,
mais
plütôt
celui
d'y
effectuer
un
transit
sur
un
itinéraire
migratoire
vers
l'Amérique
du
sud.
C'est
l'instauration
du
mandat
de
la
France
sur
la
Syrie
et
le
Liban
après
la
première
guerre
mondiale
qui
permit
à
la
diaspora
libanaise
de
se
diffuser
et
de
s'enraciner
plus
profondément
au
Sénégal
et
en
Afrique
française
d'une
manière
générale.
---------------------------------------------------------------
(301)
le
R.G.P.H.
1988
ne
renseigne
pas
sur
les
sorties
vers
l'étranger

28E.• /
Fig 29_ REPARTITION
DES IMMIGRANTS A DAKAR PAR
AGE ET
SEXE
JO
la
la
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1- Hom_a
Fig. 30 _ IMMIGRATION
ETRANGERE A DAKAR
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~'r. Nord

287. / .
En
définitive,
la
configuration
des
aires
d'échange
migratoire
de
Dakar
a
peu
varié
par
rapport
au
passé
récent,
par
exemple
1955.
Au plan
interne,
l'échange
avec
le
reste
du
Sénégal
s'effectue
au
profit
de
la
capitale
qui
reçoit
plus
qu'elle
n'envoie
des
migrants.
A l'extérieur,
la
circulation
de
ces
derniers
s'organise
par
prédilection
avec
les
pays
francophones
du
continent
et
l'an-
cienne
puissance
tutélaire.
D'ordinaire
en
Afrique .ce
sont
les
jeunes
hommes
et
les
adultes
accomplis qui
migrent
les
premiers,
en
laissant
derrière
eux
les
autres
membres
de
la
famille
qui
ne
rejoignent
ceux
partis
en
éclaireurs
que
plus
tard,
après
la
stabilisation de
leur
situation
dans
le
milieu
d'accueil.
Comment
les
immigrants
à
Dakar
se
situent-ils
par
rapport
à
cette
trajectoire?
Le
R.G.P.H.
1988
n'indique
pas
les
étapes
atteintes
précisément
sur
les
itinéraires
de
migration.
Par
contre,
la
répartition
des
arrivants
à
Dakar
donne
les
pourcentages
suivants
selon
le
critère
de
l'âge
23
%
moins
de
15
ans
de
15
à
59
ans
75
%
60
ans
et
plus
= 2 %
Ainsi
donc
Dakar
ne
s'écarte pas
de
schéma
énoncé
plus
haut.
Les
campagnes
des
régions
périphérIques
envoient
des
contin-
gents
d'adultes
supérieurs
à
la
moyenne
80
% pour
les
dépar-
tements
de
Matam
et
Vélingara,
79
% pour
celui
de
Ziguinchor
et
78
% pour
celui
de
Sédhiou.
Il
en
est
de même
des
villes

288./
de
ces
régions,
notamment
Bakel
(88
%) et
Matam
(84 %).
Les
espaces
émetteurs
de
jeunes
en
surnombre
ont
une
distribution
anarchique.
Parmi
les
campagnes
on
retrouve
celles
du
bassin
arachidier
(département
de
Thiès
33
%)
et
d'autres
situées
plus
loin
de
Dakar
(départements
de
vélingara
35 %,
Tambacounda
32 %).
Cette
immigration
de
jeunes
n'est
pas
nécessairement
dictée
par
la
scolarisation
dans
la
capitale,
car
la
décentra-
lisation
des
équipements
scolaires
permet
à
ce
groupe
de
faire
les
cursus
élémentaire
et
secondaire
sans
se
déraciner.
Il
se
peut
que
ces
jeunes
immigrants
suivent
les
leurs
changeant
de
lieu
de
résidence
pour
diverses
raisons,
ou
bien
soient
en
quête
de
travail
après
leur
échec
scolaire.
Dans
l'envoi
de
personnes
âgées,
les
villes
se
signalent
par
des
effectifs
relativement
plus
élevés que
ceux
provenant
des
zones
rurales.
Cette
catégorie
d'immigrant
rentre
pour
30 %.
dans
le
transfert
de
personnes
opéré
à
partir
de
Kaolack,
23 % à
partir
de
Thiès,
22
% depuis
Ziguinchor,
12
% depuis
Diourbel
pour
ne
citer
que
ces
exemples.
Le
rapport
de
masculinité
de
la
population
immigrée
à Dakar
atteint
83.
En
considérant
le
milieu
d'origine,
la
sur-repré-
sentation
des
femmes
est
plus
nette
dans
la
composante
rurale
du
flux
d'immigration
dont
le
sex
ratio
s'établit
à
76
contre
102
pour
la
composante
urbaine.
Les
campagnes
de
la
Petite
Côte
et
de
la
basse
Casamance
présentent
la
particularité
d'envoyer
vers
Dakar
surtout
des
femmes.
Par
exemple
les
effectifs
issus
des
départements
de
Fatick
et
de
Bignona
ont
un
taux
de
mas-
culinité
respectif
de
38
à
46.
S'agit-il
d'épouses
rejoignant
leurs
conjoints
partis
avant
elles
pour
Dakar
ou
de
femmes
en
voie
de
fixation
définitive
dans
cette
ville

elles
se
rendaient
auparavant
pour
une
migration
saisonnière
de
travail?
Dans
ces
terroirs
correspondant
aux
pays
serer
et
diola-mandjak
la
femme
a-t-elle
un
statut
social qui
la
rend
plus
disponible
que
d'autres
pour
une
absenc~ prolongée
de
son
milieu
d'origine?

289./
De
l'arrière-pays
rural
de
Matam
et
de
Tambàcounda
partent
majoritairement
des
hommes,
leurs
taux
de
masculinité
attei-
gnent
respectivement
135
et
138.
Pour
le
département
de
Matam,
l'hypothèse
d'une
entrée
récente
des
paysans
toucouleur
dans
l'exode
vers
Dakar
ne
résiste
pas
à
l'analyse.A.
BARA
DIOP
a montré
la
relative
ancienneté
de
la
présence
matamoise
dans
la
capitale.
Toutefois
il
faudrait
se
garder
d'assimiler
tous
ceux
qui
arrivent
de
ce
département
de
la
moyenne
vallée
du
Sénégal
à
des
Toucouleur.
Car
en
fait
la
composition
ethnique
du
flux
est
assez
hétérogène
les
non-toucouleur
en
représen-
tent
les
45
%.
La
migration
à
Dakar
n'est
pas
un
transfert
de
chômeurs,
puis-
que
ces
derniers
représentent
10
% seulement
des
actifs.
Ceux
qui
occupent
un
emploi
forment
entre
30
et
45
% suivant
qu'ils
proviennent
du
milieu
rural
ou
des
villes.
On pourrait
en
déduire
une
certaine
efficacité
des
stratégies
d'insetion
économique
des
migrants.
Le
parcours
conduisant
à
l'accès au
travail
est
balisé
même
pour
ceux
d'entre
eux
arrivant
du
recoin
de
brousse
le
plus
reculé.
L'on
suit
généralement
la
trace
d'un
parent
ou
d'un
ami,
qui
sert
de
"ndiatigui"
(302),
guide
dans
l'appren-
tissage
du
milieu
urbain,
aide
à
trouver
un
emploi,
et,
voire
même
prête
son
assistance
financière
pour
l'installation
dans
une
activité
indépendante.
Comme
l'indique
la
fig·3f,
un
certain
nombre
d'actifs
(20
à
25
%)
se
composent
de
femmes
au
foyer.
Parmi
les
inactifs,
il
y a
-
des
élèves
et
étudiants
-
des
handicapés,
mendiants
et
oisifs
classés
"autres"
qui
proviennent
en
nombre
relativement
important
des
départements

la
fo~ction religieuse
est
marquée
(Tivaouane,
Mbacké)
-
quelques
retraités
(moins
de
% des
immigrants)
(302)
le
terme
signifie
à
la
fois
l'hôte
qui
reçoit
et
le
tuteur.

290./
,
Fig. 31_ REPARTITION
DES IMM.IGRANTS SELON L OCCUPATION
c=J Origine urbaine
mm
Autr ••
Fig. 32 _ REPARTITION
DES IMMIGRANTS RURAUX
SELON
LA
CATEGORIE
SOCIO-PROFESSIONNELLE
"PC
ou
CM
IMP
"GR
AU
SER
CSPL
IGC
Fig. 33 _REPARTITION
DES IMMIGRANTS SELON
L'INSTRUCTION
11111111
'.condoir.
i.C.,,"doi r.
,-
C'CI.
If
C,Clf

291./
Au plan
professionnel,
la
moitié
des
actifs
relève
de
la
catégorie
"artisans
et
petits
commerçants"
(A. P.C.
de
la
fig.
32).
Les
originaires
de
la
moyenne
vallée
du
Sénégal
(départe-
ments
de
Podor,
Matam,
Bakel)
et
du
vieux
bassin
arachidier
(départements
de
Bambey,
Mbacké)
s'y
concentrent
à
hauteur
de
70
-
80
%.
Le
reste
des
professions
retient
peu
d'actifs
(303),
La
catégorie
"agriculteurs"
ne
fait
pas
exception.
A cet
égard,
il
y a
un
contraste
frappant
entre
la
sur-représentation
des
ruraux
dans
les
arrivées
globales
et
la
faible
emprise
qu'ont
sur
eux
les
occupations
du
secteur
primaire
à
Dakar.
Cela
tra-
duit
vraisemblablement
une
certaine
mobilité
professionnelle,
un
repli
des
agriculteurs
sur
des
activités
de
type
moderne.
La
concentration
des
immigrants
dans
les
professions
peu
prestigieuses
procède
d'un
handicap
leur
niveau
d'instruc-
tian
assez
bas.
Près
d'un
arrivant
sur
deux
est
analphabète,
et,
le nombre
d'illettrés
est
plus
élevé
parmi
les
originaires
des
zones
rurales
comme
le
montre
la
fig.
33.
Pour
les
autres
rubriques,
l'avantage
va
aux
immigrants
en
provenance
des
villes
de
l'intérieur
ou
de
l'étranger.
Au
total,
l'agglomération
dakaroise
continue
comme
par
le
passé
de
recevoir
un
apport
extérieur
en
hommes
non
négligeable.
Son
bilan
d'échanges
migratoires
dégage
un
excédent
d'environ
10
000
personnes
en
1988.
Mais
cela
représente
près
du
quart
seulement
du
gain
de
population
réalisé
annuellement
entre
1976
et
1988.
A l'origine
de
ce
changement,
il
y a
vraisembla-
blement
l'effet
de
la
réorientation
des
investissements
publics
au
bénéfice
des
régions
autres que
Dakar
(304).
Il
est
certain
aussi
qu'en
partie
les
personnes
qui
y affluent

peu
près
40
%-
n'effectuent
qu'un
séjour
temporaire
avant
de
continuer
leur
migration
vers
d'autres
destinations
au
Sénégal
ou
à
l'étranger
----------------------------------r---------------------------
(303)
la
rubrique
"autres"
de
la
fig.
28
comprend
les
marabouts
et
assimilés.
(304)
cette
tendance
a commencé
à
se
dessiner
à
partir
du
VIe
Plan,
(1981
-
1985)

pour
la
première
fois,
le
taux
d'investissement
per
capita
de
Dakar
(46
900
FCFA)
est
inférieur
à
celui
enregistré
par
une
région
de
l'intérieur
(Saint-Louis:
54.000
FCFA).

292./
2 - LE MOUVEMENT NATUREL
VERS UN NOUVEAU R~GIME D~MOGRAPHIQUE ?
Le
dernier
recensement
ainsi
que
les
enquêtes
précédentes
menées
par
la
Direction
de
la
Statistique
(305)
permettent
de
se
faire
une
idée
plus
précise
du
dynamisme
interne
de
la
population
de
Dakar.
Par
rapport
au
passé
marqué
d'abord
par
une
crise
de
la
nuptialité
et
des
naissances,
puis
dans
l'immé-
diat
après-guerre
par
un
emballement
de
l'effectif
urbain

à
l'apport
migratoire
et
à
l'excédent
du
solde
naturel,
un
nouveau
régime
démographique
semble
s'amorcer.
Il
procède d'une
tendance
à
la
baisse
de
la
natalité
qui
vient
s'ajouter
au
déclin
pus
ancien
de
la
mortalité.
En
1988,
les
naissances
enregistrées
atteignent
le
nombre
de
45
395,
soit
un
taux
de
natalité
de
35
%••
Sur
100
nouveaux
nés
les
54
intéressent
la
commune
de
Pikine.
Cela
lui
donne
un
quotient
des
naissances
égal
à
44,2
%ocontre
33,8 %. pour
Dakar,
soit
un
écart
de
10
points
à
l'avantage
de
la
banlieue.
L'indice
de
fécondité
générale
traduit
la
même
disparité.
Ils'établit
à
153,7 %.pour
l'ensemble
de
l'agglomé-
ration
mai s
à
Da k a r
i 1
n' est
que
d e
12 5 ,8 %. tan dis
qu' à
Pikine
i l
se monte
à
190,8
%O.
Donc
le
niveau
atteint
par
la
natalité
est
relativement
élevé
(306).
Plusieurs
facteurs
expliquent
ce
revirement
favorable
de
situation.
Il
s'agit
d'abord
de
l'importance
du
mariage,
notamment
chez
les
femmes.
A Pikine
par
exemple
si
la
popula-
tion
mariée
représenteau
total
38
% seulement
des
personnes
( 305 )
Il
s'agit
de
l'"Enquête
sénégalai~e sur
la
fécondité"
effectuée
en
1978,
de
l'"Enquête
sur
l'état-civil"
et
de
l"'Enqête
démographique
et
de
santé"
menées
en
1986.
(306)
A titre
de
comparaison,
le
rapport
de
la
8anque
Mondiale
sur
le
développement
dans
le
monde
indique
pour
1985
les
taux
de
natalité
suivants
43
%. pour
les
pays
à
faible
revenu.
36
%, pour
les
p a v s
à
r e v e n u
intermédiaire
et
13 %.
pou.
les
pays
développés
à
économIe
de ,ma[ché.

293./
âgées
de
plus
de
16
ans,
le
pourcentage
des
femmes
en
mariage
est
de
64
% en
1988.
Les
unions
matrimoniales
sont
contractées
précocement.
Selon
E.D.S.
1986,
râge
au
premier
mariage
des
Sénégalaises
vivant
en
milieu
urbain
est
de
17
ans
en
moyenne.
Ainsi
elles ont
la
possibilité d'user
de
toutes
leurs
capacités
de
procréation.
La
même
enquête
apprend
que
35 % des
mariées
deviennent
mères
très
tôt,
dès
la
première
année
suivant
leur
entrée
en
vie
conjugale.
Leur activité
sexuelle peut
reprendre
environ
trois
mois
après
accouchement.
Et
les
risques
de
gros-
sesses
rapprochées
sont
accrus
par
la
tendance
des
mères,
notamment
celles
qui
occupent
un
emploi,
à réduire
la durée
de
leur
allaitement
et,
par
conséquent,
celle
de
l'aménorrhée
post-partum.
L'intensité
de
la
nuptialité
ne
doit
pas
occulter
les
cas
de
rupture
de
mariage,
même
si
ces
derniers
sont
assez
limités.
La
proportion
des
divorces
affectent
surtout
les
jeunes
femmes.
les
6~,5 % concernent
le
groupe des
âges
intermédiaires,
celui
des
21
à
35
ans,

la
chance
de
se
remarier
n'est
pas
encore
hypothéquée
par
l'entrave
d'une
famille
nombreuse.
Ce
sont
des
pratiques
telles
que
la
polygamie
et
le
levirat,
encore
vivaces
malgré
le
processus
d'urbanisation,
qui
facilitent
le
remariage
des
divorcées
et
des
veuves.
Près
de
la
moitié
des
femmes
de
la
banlieue
relèvent
de
ménages
polygames.
Le
célibat
féminin
touche
plus
particulièrement
les
personnes
jeunes
61
% de
celles
qui
relèvent
de
ce
statut
à
Pikine
n'ont
pas
plus
de
20 ans.
Vers
les âges
supérieurs,
ce
phénomène
s'atténue.
De l'intéraction
de
ces
divers
facteurs
résulte
l'importance
de
la
fécondité
cumulée
qu'E.D.S.
1986 estime,
pour
les
villes,
à
5,4
naissances
vivantes
par
femme
(307).
Par
rapport
à
la
1
(307)
le
rapport
1987 de
la
Banque
Mondiale
estime
l'I.S.F.
à
5,9 pour
les
pays
à
faible
revenu,
4,
3 pour
les
pays
à
revenu
intermédiaire
et
à
1,8 pour
les
pays
industriels
à
économie
de
marché.

294./
situation
des
décennies
antérieures,
on
constate
cependant
un
infléchissement
des
valeurs
relatives
à
la
mesure
de
la
natalité,
de
la
fécondité
et
de
la
nuptialité.
En
1 9 6 0 par
e x e mpIe,
VER RIE RE (L.
1 9 6 3)
f i x ait
à
4 4 ,9 %. l e
taux
de
natalité
de
l'agglomération,
soit
une
baisse
de
10
points
subie
par
ce
quotient
entre
1960 et
1988.
Dans
cet
intervalle
de
temps,
l'attitude
des
Oakarois à
l'égard
du
mariage
et
de
la
procréation a
sensiblement
évolué.
De
façon
générale,
l'entrée
en
ménage
survient
relativement
plus
tard
désormais
(308),
à
cause
de
la
conjoncture
économique
défavo-
rable
sans
doute,
mais
pour
sûr
en
raison
des
progrès
de
la
scolarisation
des
filles.
La
vie
de
célibataire
fait
de
plus
en
plus
d'adeptes,
quand
bien
même
elle
n'a
pas
encore
retrouvé
son
importance
de
jadis
(309).
Il
ressort
des
enquêtes
récentes
que
les
femmes
sont
davantage
familiarisées
avec
les
procédés
de
contraception,
même
si
l'utilisation
effective
de
ces moyens
de
rédu~~ion de la
fécondité
n'est
pas
très
répandue
(310).
Il
n'en
reste
pas
moins
que
les
programmes
de
régulation
des
naissances
trouvent

un
contexte
psychologique
favorable.
La
poursuite
de
la
tendance
à
la
baisse
de
la
mortalité
traduit
davantage
l'efficacité
des
techniques
de
lutte
contre
les
causes de
décès
que
l'amélioration
des
conditions
de
vie
de
la
population.
Du
reste,
le
nombre
encore
important
d'enfants
qui
meurent
chaque
année
au
sein
des
secteurs
défavorisés
de
la
société
urbaine
est
la
preuve
que
les
progrès
de
la
santé
publi-
que
n'ont
pas
également
pénétré
tous
les
milieux.
(308)
Entre
E.S.F.
1978 et
E.O.S.
1986,
l'âge
moyen
des
femmes
au
premier
mariage
est
passé
de
16
à
17
ans.
( 309 )
En
1955
le
célibat
touchaii
17
% des
chlefs
de
foyer
de
sexe
masculiQ
et
11
% des
chefs
de
foyer
de
sexe
féminin.
C3 1 0)
o ' a p r è sE. 5 . F.
1978
et . E . 0 . S.
1 986,
les
f e mmes" con n ais san t
une
mé t h 0 d e- c on t r ace p t ive
a
var i é
de
6 0 à
9 0 %,
e t,
l 4 n die t
de
prévalence
contraceptive
de
2;~.à 3,9 % pour
les
méthodes
modernes.

295./
Des
difficultés
d'ordre
technique
ont
empêché
de
connaître
la
situation
de
l'ensemble
de
l'agglomération
en
1988.
Mais
la
seuie
commune
de
Pikine
enregistre
3053
décès
à
cette
date,
soit
un
taux
brut
de
mortalité
de
4,5 %.
L'indice
de
mortalité
infanto-juvénile
en
représente
à
peu
près
le
double
puisqu'il
s'établit
à
9,2
%• .
Si
donc
le
niveau
de
la
mortalité
générale
paraît
bas
par
rapport
au
reste
du
monde,
il
en
va
différemment
lorsqu'on
considère
les
décès d'enfants,
qui
reflètent
mieux
les
déficiences
de
la
couverture médico-sanitaire
de
la
popula-
tion
urbaine
(311).
D'un
secteur
urbain
à
l'autre,
on
relève
à
Pikine
des
i~ég~lités
devant
la mort.
Grosso
modo
la moitié
des
décès
recensés
en
1988
se
concentre
à
Pikine
Irrégulier.
tabl
22.
-
Décès
dans
les
quartiers
de
Pikine
Quartiers
Effectif
Pourcentage
Pikine
Irrégulier
1 438
47,10
Pikine
Ancien
714
23,39
Pikine
Extension
685
22,44
Keur
Massar
et
env
102
3, 34
Thiaroye-mer
6:
env
79
2,59
Mbao
et
environs
26
0,85
cité
Fayçal
9
0,29
TOTAL
3 053
100, a
Source
R.G.P.H.
1988
Le
même
contraste
demeure
lorsqu'on
se
réfère
à
la
mortalité
par
grandes
catégories
d'âges.
Un enfant
-
de
a à 5 ans - sur
deux
qui
meurent
habite
ce
même
quartier,
tandis 'que
pour
les
adolescents
et
les
adultes
-
plus
de
5 ans
-
les
décès
y attei-
gnent
44
% du
total
communal.
(311)
d'après
le
rapport
de
la
Bangue
Mondiale
de
1987
cité
plus
haut
le
taux
de
mortalité
genérale
des
pa~s à
faible
rever_
l
était
de
la %.et l'indice de mortalité juvéniie de 9 %0
pour
le
même
groupe
de
pays.

296./
Les
principales
causes
de
mortalité
et
de
morbidité
chez
les
enfants
sont
-
le
paludisme
(39
%)
il
sévit
à
l'état
endémique
à
cause
de
la
présence
des
bas-fonds
inondables
dans
les
niayes
et
des canaux
d'eaux
pluviales

l'humidité
est
entretenue
en
permanence
par
les
rejets
d'eaux
usées
d'origines
diverses
il
s'y
ajoute
un
certain
relâchement
dans
la
lutte
anti-lar-
v air e
(3 1 2 )
les
diarrhées
(23,8 %)
elles
sont
liées
à
l'hygiène
de
l'alimentation
notamment
après
la
délicate
phase du
sevrage
qu'accompagnent
des
troubles
nutritionnels
débilitants
pour
l'organisme
des
jeunes
les
maladies
d'origine
respiratoires
(23 %)
-
la
rougeole
(10,9
%),
les
campagnes
de
vaccination
ont
fait
notablement
reculer
cette
affection
endémo-épidémique
mais
n'en
sont
pas
venues
à
bout
à
cause
des
contagions
occa-
sionnées
par
l'existence
des
ménages
de
grande
taille
-
le
tétanos
(5,4
%)
il
constitue
une
des
principales
causes
de
mortalité
néo-natale
en
raison
des
accouchements
qui
ont
lieu
à
domicile,
et,
des
pratiques
comme
celle
consistant
à
percer
le
lobe
de
l'oreille
des
fillettes
pour
le
port
des
bijoux,
ou
la
circoncision
-
le méningite
(3,5 %)
elle
survient
en
saison
sèche
au
moment
des
brumes
sèches.
A la mortalité
infantile est
liée
dans
une
certaine
mesure
celle
des
mères.
De
tels
décès
procèdent
des
grossesses
préco-
ces
ou
rapprochées,
des
hémorragies
et
infections
consécutives
aux
accouchements.(313)
(312)
Jusque dans
la
première
décennie
de
l'Indépendance,
le
service
d'Hygiène
procédait
régulièrment
à
des
opérations
de
mazoutage
des
zones d'eaux
stagnantes
et
de
désinsec-
tisation.
Mais
ses
interventions
sont
quasiment
suspendues
maintenant
pour
insuffisance
des
moyens.
(313)
On estime
à
Dakar
la
mortalité maternelle
à
530
décès
pour
100.000
naissances,
contre
13
à
81
décès/100.000
en
Europe.

297./
D'un
point
de
vue
évolutif,
les
indices
de
mortalité
poursui-
vent
leur
pente
descendante.
En
1977,
FERRY estimait
le
taux
brut
de
mortalité
entre
10
et
14
%.
Si
on
l'évalue
à 6 %.en
1988,
il
en
résulte
une
diminution
de
moitié
du
quotient
en
une
décennie.
On peut
conclure
qu'en
dépit
de
leurs
lacunes,
les
programmes
gouvernementaux
de
santé
ont
amélioré
l'é~t
sanitaire
de
la
population.
Ils
ont
été
orientés
au
cours
des
décennies
écoulées
vers
les
directions
suivantes
l'éducation
et
la
prévention
par
des
campagnes
de
sensi-
bilisation et
de
vaccination
-
la
décentralisation de
la
médecine
préventive
et
cura-
tive
(soins
de
santé
primaire,
protection
nutritionnelle
et
sanitaire
des
groupes
vulnérables . . . J.
la
réduction
du
coût
des
produits
pharmaceutiques
dits
essentiels.
Les
possibilités
d'un
ralentissement
durable
du
taux
de
crois-
sance
naturelle
-
passé
de
3,5
voire
3,9 % en
1977
à 3,3 %
en
1988
-
ne
sont
pas
à exclure.
Mais
la
jeunesse
des
struc-
tures
de
la
population
fait
qu'à
moyenne
échéance
ce
nouveau
régime
démographique
risque
de
ne
pas
donner
lieu
à
une
repro-
duction
à
l'identique
du
phénomène
observé
actuellement
en
Occident.
CJ LA COMPOSITION INTERNE DE LA POPULATION
Elle
se
car~térise par
une
majorité
de
jeunes,
un
équilibre
relatif
des
sexes
et
une
diversité
des
origines
des
individus.
Certains
de ces
traits
ont
été
anciennement
acquis
tandis
que
d'autres
sont
apparus
à
une
époque
récente.

298./
1 - UNE MAJORITt DE JEUNES
Les
pyramides
des
âges
de
1955,
1976
et
1988 ont
en
commun
une
base
large
indiquant
le
surnombre
des
jeunes,
mais
elles
présentent
aussi
des
nuances
sinon
des
différences,
Qui
ren-
dent
compte
de
la
modification
du
rapport
entre
les grandes
catégories
de
la
population
au
cours
de
l'évolution.
En
1988,
les personnes
âgées
de
20
ans
au
plus
forment
les
56
% l'effectif
de
l'agglomération.
La
proportion
était
à
peu
près
la
même
en
1976
(55
%)
elle
représentait
moins
en
1955
mais
suffisamment
(52
%)
pour
assurer
la
majorité
sur
les
autres
composantes
de
la
population
urbaine.
Parmi
les
jeunes
se
dis-
tingue
la
tranche
de
a à 4 par sa proéminence croissante sur
les
pyramides
de
1955 à
1988 Qui
traduit
l'importance
des
naissances
enregistrées.
C'est
grâce
à
celles-ci
Que
l'étran-
glement
apparu
sur
le
graphique
de
1955
entre
la et 20 ans
a
été
résorbé
dès
1976.
A L'intérieur
de
l'agglomération,
les
jeunes
sont
actuellement
plus
concentrés
dans
la
commune de
Pikine.
Ils
y font
59
% de
la
population
contre
54
% à
Dakar.
Le
diagramme
triangulaire
faisant
l'objet
de
la
fig.
37 montre
le
regroupement
vers
le
sommet
des Quartiers
de
la banlieue,
alors Que
ceux
de
la
commune
-mère
occupent
soit
une
position
intermédiaire
soit
l'angle
du
bas.
Cette
forte
présence
d'enfants
et
d'adoles-
cents
dans
les
extensions
périphériques
tient
d'une
part
au
niveau
plus
élevé
de
la
natalité,
souligné plus
haut,
d'autre
part
à
l'arrivée
de
jeunes ménages
domiciliés
aupraravant
à
Dakar.
Les
Quartiers

les
Jeunes
dépassent
50
% de
la
population
résidente
sont
en
1988
les
sulvants
Thiaroye-Mer,
Mbao
et Pikine
Irrégulier
(60 %),
Pikine-Extension,
Cambérène
et

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302./'
Cité
Fayçal
(58
%),
Pikine
Ancien
et
Parcelles
Assainies
(57%).
Ce
groupe
se composait
en
1970
de
Pikine
Ancien,
Pikine
Irrégulier,
Pikine
-
Extension,
Oerklé
-
Castors,
SICAP
et
HLM
(F ABRY
A. M.,
1 97 6 ).
Les
t roi s
der nie r s
qua r t i ers 50 n tau
milieu
du
diagramme
triangulaire
en
1988
par
suite
du
renfor-
cement
de
leurs
effectifs
adultes.
La
proportion
des
personnes
de
20
à
59
ans
est
restée
stable
autour
de
40
% depuis
1976.
Elle
était
supérieure
de
5
% en
1955,
époque

beaucoup
de
migrants
venaient
à
Dakar.
Cet
apport
se
reflète
à
travers
les
décrochements
de
la
pyramide
des
âges
de
20
à
40
ans.
La
sur-représentation
des
adultes
s'observe
plus
particulièrement
dans
les
quartiers
dakarois
comme
Plateau,
Fann
Résidence
-
Point
E,
Almadies,
Zones
A-B-
Amitié,
Mermoz,
Médina,
colobane
et
Reubeuss.
En
définitive,
la
faiblesse
du
rapport
des
adultes
aux
personnes
à
charge
est
davantage
due
à
la
prépondérance
des
jeunes qu'à
l'effectif des
vieux.
Car
celui-ci
ne
dépasse
pas
3
%.
Ce
pour-
centage
n'est
sensiblement
plus
relevé
que
dans
le
vieux
Dakar,
notamment
dans
les
secteurs
environnant
l'avenue
Pompidou,
à
Médina-ouest,
Gueule
Tapée

il
atteint
5
%.
En
banlieue,
seul
le
village
de
Mbao
enregistre
un
taux
comparable.
L'équilibre des
sexes
est
quasiment
réalisé
en
1988.
A cette
date,
le
rapport
de
masculinité
s'établit
à
99,5.
Mais
il
varie
selon
les
tranches
d'âge.
Au-delà
de
5
ans,
il
s'amorce
une
tendance
à
la
baisse
attribuable
à
la
surmortalité
mascu-
li ne
(314).
Elle
s'interrompt
à
partir
de
25
ans
à
cause
de
l'immigration
masculine.
Jusqu'à
75
ans,
le
sex-ratio
gravite
alors
autour
de
110.
Aux
âges
les
plus
avancés
le
surnombre
( 3 1 4)
l e s e x - rat i 0
s'
t a b l i t
à
é
9 3
d e '-6, à' '1CF- a n!ll 7 d e
1 1 à
1 5
ans
et
de
16
à
20
ans,
97
de
21
à
25
ans.

303.1
Fig. 37_ REPARTITION DE
LA
POPULATION DES gUARTIERS DAKAROIS
PAR
GROUPES D'AGES
0_15
ons
16 ... 60 ons.
10
plU~ cse 60 e n s
C ommuru
d.
Dakar
GO
Gron CS
Dakar
Il
Commun.
d.
Pikine
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Grena
'f 0 t1
l
Th;oroye
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Gu .,,1.
lop ••
Mil
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P ik j n,
irrégulier"
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A
Almo.; ••
,
H
"9 0 r
'onn R e',;csltnc.
0
Ouokam
Po
Pomp"ldou

........
304./'
des
femmes
entralne
une
autre
baisse
autour
de
65
et
85.
Ces
traits
étaient
déjà
apparus
en
1976

le
rapport
de
mascu-
linité
égalait
101.
En
revanche,
le
contraste
avec
1955
est
net.
L'immigration
qui
drainait
surtout
des
hommes
avait
alors
porté
le
rapport
des
sexes
à
117,
Son
influence
sur
les
struc-
tures
démographiques
se
faisait
sentir
en
particulier
aux
tran-
ches
d'âge
intermédiaires
de
la
pyramide
masculinité
entre
30
et
34
ans
135
"
"
35
et
39
"
143
"
"
40
et
44
"
179
"
"
45
et
49
"
198 .
Rares
sont
les
quartiers
qui
se
signalent
par
un
déséquilibre
prononcé
de
leurs
effectifs
masculins
et
féminins.
En
1988,
on
observe
une
supériorité
numérique
des
hommes
aux
Almadies
et
à
Reubeuss
qui
enregistrent
respectivement
des
taux
de
masculinité
de
124
et
110.
L'immigration
continue
de
jouer
un
rôle
assez
important
dans
leur
peuplement.
Les
Almadies
forment
un
quartier
chic
récent
qui
emploie
un
nombre
non
négligeable
de
gardiens
et
de
gens
des
services
domestiques.
Reubeuss
est
à
la
porte
du
Plateau
et
compte
beaucoup
d'immi-
grants
attirés
par
les
activités
concentrées
au
centre-ville.
Il
convient
de
noter
que
cette
fonction
d'accueil
semble
avoir
perdu
un
peu
de
son
importance
puisqu'en
1955,
on
y comptait
129
hommes
pour
100
ce
qui
représentait
le
taux
de
masculinité
le
plus
fort
rencontré
à
Dakar.
Cette
baisse
affecte
aussi
le
quartier
limitrophe
de
Médina
dont
l'indice
a
diminué
d'une
dizaine
de
points
dans
l'intervalle
1955
-
1988,
en
passant
de
117
à
107.
La
suppression des
bidonvilles du
secteur
Auto-
route
a eu
un
effet
comparable
sur
la
répartition
par
sexe
des
habitants.
Pikine
qui
se
caractérisait
par
une
sur-féminité
de
sa
population
en
1955
a
vu
l'équilibre
s'établir
entre
les
sexes
en
1988,
tout
comme
l'ensemble
Zones
A et
B.

305./
tabl.
23
-
Evolution
du
rapport
de
masculinité
des
quartiers
dakarois
de
1955 à
1988
Quartiers
1955
1988
Plateau
106
95
Lamine
Guèye
1 1 7
98
Reubeuss
129
1 10
Médina-ouest
1 1 0
107
Médina-est
1 1 4
106
Autoroute
1 1 5
1 0 1
Gueule
Tapée
1 0 1
101
Fass-Colobane
98
103
Bop-Ouagou
Niayes
98
98
Zones
A - B
90
99
Grand
Dakar
96
102
Pikine
9 1
100
Au sein
des
ethnies,
certains
bouleversements
se
sont
produits
notamment
parmi
les
Mandjak qui
au
milieu
des
années
1950
se
distinguaient
par
une
écrasante
supériorité
numérique
des
hommes,
221
pour
100
femmes.
Or
actuellement,
le
taux
de
mas-
culinité
indique
un
déficit
des
individus
de
sexe
masculin
Qui
représentaient
déjà
90
pour
100
femmes
en
1976.
Ce
renver-
sement
est
intervenu
du
fait
de
la
féminisation
du
courant
d'immigration
en
provenance
de
la
basse
Casamance.
Cela
fait
par
ailleurs
que
le
sex-ratio
qui
était
de
96
en
1955
pour
les
Diola
put
descendre
à
78
en
1976.
Le
surnombre
des
hommes
est
persistant
chez
les
Maures
entre
les
deux
dates
précitées
(315).
Il
en
va
de
même
dans
le
groupe
al
poular-toucouleur
et
peul
-
avec
une
tendance
à
l'atténuation
du
déficit ~es
femmes
(316).
L'immigration
cap-verdienne demeure
(J 1 5)
le
rapport
de
masculinité
est
passé
de
158
en
1955
à
157
en
;976.
( 3 1 6 )
entre
1955
et
1976
de
126
à
119,
1 le sex-ratio des Toucouleur a évolué
celu
des
Peul
de
131
à
127.

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(1')
Fig. 38 _ LES QUARTIERS OAKAROIS
19
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17
Honn
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14
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S.I.C.A.P.
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Mboo
16
COJ,to,.. .. _De,.kl~
l2
Go,.é ..
L.S.....
Dakar J Croi •• ance
et mObilité urbain"

307./
le
fait
d~
sexe
féminin,
hier
et
aujourd'hui
(317).
Wolof
et
Lébou
ont
progressivement
résorbé
leur
déficit
en
hommes
(31A).
Par
contre
l'équilibre
qui
existait
dans
la
répartition
des
Serer
selon
le
sexe
fait
place
à
une
légère su-
p r i.o r .I t é
nu mé r i que
des
f e mm e s
1 i
e
à
1 a
c
é
0 mp 0 s i t ion
d e I ' a pp 0 r t
é
migratoire
fourni
par
les
zones
d'implantation
de
ce
groupe
à
l'intérieur
du
pays
(319).
2 - UNE SOCIËTË "WOlOFISËE"
A l'image
d'autres
grandes
villes,
la
population
dakaroise
est
une
mosalque
formée
de
toutes
les
ethnies
sénégalaises
et
de
plusieurs
nationalités
étrangères.
La
ségrégation
rési-
dentielle
n'y
a
jamais
abouti
à
la
formation
de
ghettos.
Un des
faits
sociologiques
les
plus
remarquables
ayant
accom-
pagné
l'évolution
des
dernières
décennies
est
sans
doute
la
baisse
de
l'importance
relative
des
autoçhtones
lébou
dans
l'effectif
urbain.
Si
ces
derniers
formaient
12
% en
1955,
il
n'en
est
plus
ainsi
en
1988

leur
proportion
se
limite
à
2
%.
Pour
comprendre
ce
recul
brutal
en
l'espace
d'une
génération,
il
faut
invoquer
certes
la
montée
de
l'effectif
des
allogènes,
mais
aussi
le
phénomène
d'assimIlation
à
d'autres
_ethnies.
Car
même
si
l'endogamie
est
développée
au
sein
de
ce
groupe,
il
, ......
( 3 1 7 )
le
rapport
de
masculinité des
Cap-Verdiens
a
évolué
comme
suit
71
en
1955
et
72
en
1976.
(318)
Le
sex-ratio
des
wolof
est
passé
de
93
en
1955
à
102
en
19,
Pour
100
femmes
serer
il
y avait
104
hommes
en
1955.
Or
en
1976,
il
n' y
avait
plus
déjà
que
95
hommes
pour
100
Femr

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-e
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..~

309./
n'en
demeure
pas
moins
vrai
que
les
Lébou
pratiquent
depuis
toujours
une
ouverture
vers
les
autres.
C'est
le
rattachement
des
produits
issus
de
ces mariages
mixtes
aux
communautés
alliées
qui
rend
compte
de
la
stagnation
de
la
population
autochtone
passée
de
24 000
personnes
en
1955
à 26
500 en
1988
soit
un
taux
de
croissance
annuelle
de
0,3
%.
Près
de
9 Lébou
sur
10
hatitent
la
commune
de
Oakar.
Si
l'on
considère
leur
répartition
selon
les
quartiers,
il
apparait
qu'un
peu
plus
de
la
moitié
de
l'ethnie
(55
%) habite
les
"villages
traditionnels".
Hors
de
Ouakam,
Ngor
et
Voff,
il
n'y
a pas
d'autre
concentration
la
concernant.
Seuls
7 % des
Lébou
se
trouvent
à Médina

la
plupart
d'entre
eux
avaient
été
évacués
après
l'épidémie
de
peste
de
1914.
Au Plateau où
se
trouvent
encore
des
résidus
de
leurs
anciennes
fondations
-
Mboth,
Sandial,
Tieudème,
Vakhadieuf,
Kaye
Findiw
-
ils
forment
2,6
%.
Même le
peuplement
des
"villages
traditionnels"
tend
vers
la
diversification
ethnique.
Le
processus
était
amorcé
en
1955
à Ouakam.
Le
voisinage
des
installations
militaires y avait
déjà
attiré des
gens
d'origines
différentes
qui
rentraient
pour
52 % dans
le
peuplement
du
secteur.
Cette
tendance
s'est
maintenue,
et,
en
1988
les Lébou
n'y
sont
plus
que
13
%.
Plus
au
nord
de Ouakam,
la même
mutation
s'opère
à
Voff et
Ngor
sous
l'effet
de
la
proximité
de
l'aéroport
civil,
de
la
construction
des
hotêls,
des
villages
touristiques,
et,
des
logements pour
cadres
moyens
et
supérieurs.
Venus
des
régions
du
nord-ouest
et
du
centre-ouest
du
Sénégal
d'abord en qualité
de
migrants
saisonniers
pour
la
plupart,
les
Wolof
se
sont
fixés
à Dakar
au jfur et
à mesure
du
développe-
ment
de
la
ville.
En
1955,
leur
nombre
avait
atteint
87
000

310./
sur
une
population
de
231
000 habitants,
soit
38
% du
total.
Le
dernier
recensement
porte
ce
groupe
ethnique
à
559
000
personnes
représentant
ainsi
47
% de
l'effectif de
l'agglomé-
ration.
Le
fait
wolof est
plus
accentué
au
plan
linguistique
car
les
trois
quarts
de
la
population
dakaroise
-plus
exacte-
ment
78
% -
utilisent
le
wolof comme
première
langue parlée
(320).
Il
Y a

un
facteur
d'intégration
de
la
société
pluri-
ethnique
dakaroise
plus
puissant
même
que
la
langue officielle
du
pays.
Le
village
de
Ngor
est
en
1988
le
seul
secteur
urbain

les
Wolof
ne
constituent
pas
la majorité
du
peuplement.
Ils
y for-
ment
8 % seulement,
mais
par
rapport
en
1955
i l
y a
une
légère
amélioration
de
leur
représentation
de
3 %.
A Yoff,
Ouakam
et
Cambérène,
autres
villages
lébou,
le
changement
de
majorité
au
profit
des
Wolof
s'explique
par
le
phénomène
d'assimilation
évoqué
plus
haut
l'extension
spatiale
des
villages
qui
ont
intégré
des
lotissements
résidentiels
récents
repérables
soit
à Touba-
Ouakam,
soit
à Yoff-Ranrhar
ou
aux
Parcelles
Assainies
-
l'établissement
àces
points
de
pêche
artisanale
de
ceux
qu'on
désigne
vaguement
par
Baol-Baol,
c'est-à-dire
les
charretiers et
revendeurs.
Oéjà
en
1955,
la
population
de
Hann
se
composait
à
45
% de
Wolof.
Les migrations
intra-urbaines
dont
ont
profité
les
villages
du
secteur
au
cours des
années
1960 et
1970 ont
augmenté
ce
taux
en
le
portant
à 62 % en
1988.
Le
rayonnement
spatial
de
l'ethnie
majoritaire
n'est
pas moins
remarquable
au
Plateau
que
dominaient
naguère
Européens
et
Libano-syriens.
C'est
notamment
dans
lesSecteurs Sud-République
(320)
En
clair,
cela
signifie
que
31
% de
ceux
qui
utilisent
actuellement
le
Wolof
comme
première
langue
parlée
sont
extérieurs
à
l'ethnie
Wolof alors
qu'on
compte
10
% de
Serer,
seuls
9,5
ù déclarent
le
serer comme
première
langue
parlée.
Pour
le
toucouleur
(8 % de
la
population)
c'est
7 %.

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312./·
et
Kermel
Qu'il
se
fait
le
plus
sentir
puisque
la
proportion
des
Wolof
y passe de
3 % en
1955
à 34
% en
1988.
Par
contre
dans
les
environs
des
avenues
Pompidou et
Lamine
Guèye,
leur
nombr
était
assez
appréciable
(37
à 38 %)
avant
l'Indépendance,
à
cause
des
activités
commerciales
autour
du
marché
Sandaga
et
des
poches
de
logements
à ~ur des
rues
Tolbiac,
Escarfait
et
Peterse~.
A Reubeuss,
le
pourcentage
des
Wolof est
resté
à
son niveau
d'il
y a
une
trentaine
d'années,
c'est-à-dire
31
%.
Dès
la
création
du
Quartier
dans
les
années
1920,
ils
ont
été
à travers
les
originaires
de
Saint-Louis
parmi
les
premiers
attributaires
de
parcelles.
Une
décennie
plus
tard
est
apparue
une
autre
colonie
wolof
après
la
construction
sur
l'avenue
Clémenceau
de
la
résidence
dakaroise du
calife
des
Mouride
MOUHAMADDU
MOUSTAPHA
MBACKE.
Celle-ci
allait
offrir
un
pied
à
terre aux
migrants
venus
du
Baol
et
sans
soutien
parental
pour
les
accueil-
lir.
A partir
de

un
essaim s'est
constitué
et
propagé à
l'in-
térieur
du
quartier
o~
les
"talibé"
mouride
ont
développé
un
petit
commerce
de
Quincaillerie,
d'objets
d'occasion,
de
livres
en
arabe,
ou
l'artisanat
de
production
et
de
service.
Le
développement
de
Dakar
et
de
ses
extensions
périphériques
selon
le mécanisme
des
vases
communicants
fait
que
la
supé-
riorité
numérique
des
Wolof constatée
dans
la
vieille
ville
se
retrouve dans
la
zone-charnière
et
en
banlieue.
A grand
Dakar
o~ ils
formaient
57 % en
1955,
leur
majorité
est
ramenée
à
47 % en
1988
par
la
croissance
de
l'effectif des
autres
ethnies.
Dans
les
lotissements
de
la
S.I.C.A.P.,
leur
part
est
passée
de
19
à
42,S %.
Enfin
il
faut
mentionner
que
53
%
des
membres
de
l'ethnie
sont
actuellement
recensés
dans
les
Quartiers
de
Pikine.
Après
les
Wolof,
les
Serer
forment
le
groupe
allogène
le
plus
représenté
à
Dakar
et
Pikine.
Ils
en
constituent
les
10 %
de
la
population,
soit
le
double
de
leur
pourcentage de
1955.

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314./
Anciennement en
arrivant
à
Dakar
ils
concentraient
dans
les
bidonvilles
de
l'autoroute
Alminko,
Kip-Coco,
Darou
Khane,
Baye-Laye,
Wakhinane
(321).
Après
la
destruction
de
cet
habitat
précaire,
ils
se
sont
dispersés
à
travers
l'agglomération.
les
quartiers

ils
se
rassemblent
le
plus
sont
situés
dans
la
zone-charnière
et
en
banlieue.
Il
s'agit
particulièrement de
Grand
Yoff
peuplé
à
18
% de
Serer,
et,
de
Diamaguène
au
P.K
16
de
la
route
de
Rufisque

ils
sont
15
%.
Les
toucouleur
et
les
Peul
occupent,
à
égalité,
le
troisième
rang
avec
8 %.
En
1955,
les
Toucouleur devançaient
les
Serer
et
arrivaient
immédiatement
après
les
Wolof.
Leur
recul
relatif
procède moins
d'un
déclin
de
la
propension
de
l'ethnie
à
migrer
que
d'une
dispersion
du
courant
migratoire
issu
de
la moyenne
vallée
du
Sénégal
sur
d'autres
destinations.
On recense
55
%
des
Toucouleur
de
l'agglomération
dakaroise dans
la
commune
de
Pikine.
Si
le
groupe
peul
est
très
diffus
à
Dakar,
à
l'inverse
il
se
concentre
en
banlieue
à
Pikine
Irrégulier

l'on
dénombre
57
% de
ses
éléments
résidant
dans
la
commune
suburbaine.
Ceux
que
l'on
désigne
dans
les
anciens
recensements
par
groupe
casamançais
-
Diola,
Mandjak,
Mancagne,
Balant
-
et
qui
repré-
sentaient
2,5 % des
habitants
de
l'ensemble
urbain
en
1955
atteignent
actuellement
7,5
%.
Alors
que
dans
le
passé
récent,
leur
localisation
ne
reflétait
pas
de
concentration
sur
l'éten-
due
urbaine,
on
constate
en
1988
que
17
% de
la
population
d'origine
casamançaise
résident
à
Grand
Yoff,
16 % à
Pikine
Irrégulier,
10
% aux
Parcelles
Assainies,
9,5 % à
Pikine
-
Extension,
8 % dans
les
lotissements
SI CAP et
7,5
% à
Pikine
Ancien.
Donc
schématiquement,
la
ville
casamançaise
dans
Dakar
se
situe
en
banlieue.
Cela
tient
principalement
à trois
facteurs
-
leur
immigration
relativement
plus
récente
que
celle
des
groupes
présentés
dans
les
lignes
qui
précèdent
-
le
jeu des
réseaux
de
solidarité
en matière
d'insertion
résidentielle
(321)
En
1955,
le
bidonville
Alminko
était
à
30
% peuplé
de
Serer

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317./
-
le
statut
économique
de
certains
d'entre
eux
qui
ne
les
autorise
pas
à
accéder
à
une
propriété
immobilière
dans
la
commune
-mère.
Parmi
les
originaires
de
la
basse
Casamance,
les
Diola
sont
les
plus
ubiquistes
sur
l'espace
dakarois.
Car
il
est
des
territoires

on
les
retrouve
alors
que
leurs
autres
frères
ethniques
en
sont
totalement
absents.
Les
60
Casamançais
recen-
sés
à
Cambérène
par
exemple
sont
des
Diola,
vraisemblablement
musulmans.
Car
dans
ce
haut-lieu
de
la
confrérie
layène,
les
interdits
en
matière
de
pratique
religieuse
exercent
un
effet
de
filtre
sur
la
composition
sociologique
du
village.
Le
groupe
d'étrangers
le
plus
représenté
à
Dakar
est
celui
des
ressortissants
de
la
Guinée-Conakry.
Leur
effectif
fait
2,5
fois
le
nombre des
Mauritaniens,
3 fois
celui
des
Européens
et
8,5
fois
celui
des
Libanais
classés
derrière
eux.
Le
Guinéen
qui
arrive
à
Dakar
provient
surtout
du
massif du
Fouta
pour
des
raisons
exposées
plus
haut.
Venu
en
vue
d'améliorer
son
sort,
il
s'installe
par
prédilection
dans
la
commune
qui
offre
le
plus
de
chance
de
trouver du
travail,
à
savoir
Dakar
(322).
Il
s'établit
notamment
à
Médina,
Grand
Dakar,
Reubeuss
qui
regorgent
de
petites
activités
de
service,
ou
à
Grand
Yoff
(323).
Dans
la
commune
de
Pikine,
plus
de
la
moitié
des
Guinéens
(56%)
habitent
la
zone
dite
irréguliè~e.
Avant
leur
départ
massif
intervenu
en
avril
1989
à
la
suite
du
conflit
sénégalo-mauritanien,
les
Maure
constituaient 0,6 %
de
la
population
de
l'agglomération.
Ils
étaient
disséminés
1
----------~-----------------------------~--~~----r-----------~--
(322)
En
1988,
on
a
recensé
72
% des
Guinéens
dans
la
commune
de
Dakar . .
( 323 )
Les
Guinéens' de
ces
qu art 1 ers
sont
respectiveme~t au
nombre
de
4357"
1398,
1152
et
1654
sur un
total
de
20456
individus.

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320./
à
travers
l'espace
urbain
à cause
de
leur concentration
dans
le
commerce
de
détail
des
marchandises
générales.
Leurs
plus
gros
effectifs
étaient
recensés
en
1988
à
Pikine
Ancien,
Pikine
Irrégulier
et
Grand
Yoff
(324).
Parmi
les
étrangers
non
africains,
Européens
et
Libanais
forment
les
colonies
numériquement
les
plus
fortes,
mais
leur
importance
relative
dans
la
population
totale
aconsidérablement
baissé.
Cela
est
particulièrement
vrai
pour
les Européens dont
la
proportion
a
varié
de
11
à
0,6 % entre
1955 et
1988.
L'acces-
sion
du
Sénégal
à
l'Indépendance
a provoqué
beaucoup
de
retours
en
métrople
qui
n'ont
pas
été
compensés
par
les
arrivées
au
titre
de
la coopération
pour
le
développement.
Sous
la
coloni-
sation,
les
Européens
vivaient
surtout
au
Plateau,
à
Fann-PointE
et
sur
la
route
de
Bel
Air
dont
ils
pouvaient
former
75 à
85 %
du
peuplement.
On les
rencontre
avec
des
pourcentages
moindres
dans
ces
secteurs
auxquels
il
faut
ajouter
d'autres zones
de
résidence
aisée
telles
que
Hann-Mariste
et
les Almadies.
Quant
aux
Libanais,
ils
sont
regroupés
aux
deux
tiers
dans
les envi-
rons
de
l'avenue
Lamine
Guèye.
On les
retrouve
le
long
de
l'ave-
nue
Blaise
Diagne

ils
tiennent
commerce.
Ailleurs
leur
pré-
sence
est
faible.
3 - LA DISPARIT~ DES NIVEAUX D'INSTRUCTION
Dakar
passe
pour
un
des
centres
intellectuels
de
renom
de
l'Afrique
noire.
C'est
de
ses
écoles
fédérales
que
sont
sorties
la
plupart
des
élites
de
l'A.O.F.
Sur
son
sol
a été
'ouverte
l'une
des
premières
universités
du
continent.
Mais
ces
marques
de
prestige
sont
l'arbre
qui
cache
la
forêt.
Un peu moins
de
la
moitié
de
la
population
urbaine
souffre
de
l'analphabétisme.
Nombre
d'enfants
en
âge
d'aller
à
l'école
ne
peuvent
bénéficier
d'unel instruction
moderne
faute
de
place.
L'important
effort
de
construction
qui
a
été
fourni
depuis
la
période
coloniale
n'a
permis
ni
d'éviter
la
baisse
de
la
qualité
du
service
éducatif,
ni
de
réaliser
la
scolarisation
universelle.
--------------------------------------------------------------
(324)
Sur
un
effectif
de
8098
personnes,
1527
sont
recensés
à
Pikine
Ancien,
1244
à Pikine
Irrégulier
et
1114
à Grand
Vof'

321./
L'école
a
pris
pied
précocement
à
Dakar.
Avant
la
création
de
la
ville
par
les
autorités
françaises,
des
missionnaires
venus
de
Gorée
avaient
commencé
à
répandre
l'instruction
sur
la
"grande
terre"
(325).
L'arrivée
de
la
fonction
de
capitale
de
l'A.D.F.
en
1902
donna
une
vigoureuse
impulsion
à
la
formation
du
réseau
scolaire
dakarois.
En
effet,
une
vingtaine
d'années
plus
tard,
les
établissements
d'enseignement
avoisinaient
la
dizaine
et
se
répartissaient
en
différents
niveaux.
A la
base,
il
y avait
les
écoles
primaires
de
jeunes
filles
et
de
garçons
(326)
dont
les
produits
pouvaient,
après
l'obtention
du
certifi-
cat,
s'inscrire
au
cours
primaire
supérieur
(327)
et
dans
l'en-
seignement
secondaire
général
ou
technique
(328).
Cela
était
suffisant
pour
amener
l'Administration
à
accorder
plus
d'intérêt
à
l'école,
et,
pour
instaurer
à
partir de
1922
un
enseignement

officiel.
La
période
de
l'entre-deux-guerres
fut
encore
plus
fertile
en
créations
car
outre
l'extension
du
réseau
scolaire
de
base,
l'enseignement
secondaire
s'enrichit
de
nouveaux
établissements
tandis
que
l'embryon
d'un
enseignement
supérieur
prit
forme.
Il
y avait
une
demande
d'éducation
si
forte
que
la
population
indigène
pouvait
prendre
les devants
et
ouvrir
des
classes
pour
amener
les
autorités à
réagir
par
l'envoi
du
personnel
enseignant
(325)
En
1847,
la
Congrégation
des
soeurs
de
l'Immaculée Conceptic
ouvrirent
une
école
de
jeunes
filles
sur
la
future
avenue
Pinet
Laprade.
(326)
Outre
l'école
Immaculée
Conception,
il
y avait
d'autres
établissements
pour
jeunes
filles
Jeanne
d'Arc;
école
de
la
rue
Albert
Sarraut.
Les
écoles
urbaines
de
garçons
étaient
celles
de
la
rue
Thiong,
de
l'avenue
Faidherbe,
de
Médina
et
de
Ouakam.
(327)
Le
cours
primaire
supérieur
annexé
à
l'école
de
Thiong
ptéparalt
des
candidats
pour
l'Ecole
Normale
William Pont y
de
Gorée,
et,
formait
des
comptables,
des
commis
etc.
(328)
l'enseignement
secondaire
général
était
dispensé
au
Cours
secondaire
crée
en
1917
à
l'initiative
des parents d'élèves
l'enseignement
secondaire
professionnel
était
assuré
à
l'Ecole
Normale
de
Gorée
et
à
l'Ecole de
MédecIne
qui
forma
des
médecins
et
des
sages-
femmes.

322./
et
du
matériel
pédagogique
(329).
Les
débouchés des
élèves
sortant
des
écoles
élémentaires allaient
s'accroître avec
l'ouverture
du
cours
primaire
supérieur
Maurice
Delafosse
et
le
lycée ~an Vollenhoven.
Après
l'I.F.A.N.,
l'Institut
des
Hautes
Etudes -la
future
université
de
Dakar~ vint
couronner
cet
édifice
vers
la
fin
de
la période.
A partir
de
1945,
l'effort
d'équipement
scolaire
s'est
pour-
suivi
en
s'intensifiant
d'autant
qu'à
l'Indépendance
le Sénégal
a
fait
de
la
scolarisation
de
masse
un
de
ses
objectifs
priori-
taires.
Mais en
dépit
des
nombreuses
réalisations
effectuées
dans
l'agglomération,
les
locaux
scolaires
sont
inaptes à
accueillir
toute
la
population
en
âge d'aller
à
l'école.
Les
jeunes
exclus
de
l'accès
au
service
d'éducation
moderne
en
représentent
le
quart.
Ils
sont
pris en
charge par
les
écoles
coraniques.
Eu
égard
à
l'importance des
moyens
dégagés
(330)
et
aux
résul-
tats
obtenus
dans
les
différents
niveaux
d'enseignement,
le
rendement
du
système
scolaire
paraît
insuffisant.
Par
exemple,
sur
100
élèves
qui
entrent
en
classe
d'initiation;
75
arrivent
au
cours
moyen deuxième
année,
soit
un
taux
de déperdition
de
25
%.
La
proportion
relativement
élevée
des
redoublants
dans
les
écoles
est
un
autre
signe de
sous-productivité.
Par ailleurs,
une
infime
partie
des
élèves
relevant
de
l'enseignement
du
pre-
mier
degré
parviennent
à
passer
l'obstacle
du
concours
d'entrée
en
sixième.
Sur
100
candidats
qui
s'y
présentent
seuls
15
à 25
au
maximum
sont
déclarés
admis.
Les
recalés
qui
ne
réussissent
pas
à
redoubler
s'orientent
soit
vers
les
écoles
privées,
soit
vers
l'apprentissage
d'un
métier
si
leurs
parents
n'ont
pas
de
ressourc1es
suffisantes
pour
leur
permettre
de
poursuivre
les
études.
(329)
En
1937,
par
exemple,
on
a vu
la
population
de
Mbao
construire
sur
son
initiative
propre un
abri
provisoire
pour
scolariser
ses
enfants.
(330)
on
estime
en
1986
-
1987
le
coût
moyen
annuel
d'un élève
snégalais
à
615.000
FeFA
pour
l'éducation pré-scolaire
'7
'00
Fr.FA
pour
l'enseignement
élémentaire
107
000
eFA
pour
di'elnseignement
moyen
et
154.600
FeFA
po~r l'enseignem e
secon
a
re
-

323./
Aux
échelons
supérieurs
de
la pyramide
scolaire,
les
taux
de
transition
d'un cycle
à l'autre,
et,
la production
des
diplômés
suscitent
des
préoccupations
de
même nature.
C'est
l'école
publique
dans
son
ensemble
qui
souffre
d'une
insuffisance
qualitative.
Les
causes
de
cette crise interne
seraient
longues
et
difficiles
à
émunérer.
Mais
i l
y a des
con-
traintes
matérielles
particulières
sur
lesquelles
on
pourrait
insister.
Il
s'agit
en
tout
premier
lieu
de
la
démo-
graphie
scolaire qui
se
distingue
par
un
rythme de
croissance
nettement
supérieur
à
celui
des
constructions
de
locaux
(331).
Dans
ces
conditions,
les
salles
de classe
accueillent
des
effec-
tifs
dépassant
les
normes
admises
(332),
et,
les conditions de
travail
se
dégradent.
La
situation est
aggravée
par
l'insuffisance
du
matériel
pédagogique
(333)
ainsi
que
par
les problèmes
rencon-
trés
par
les
élèves
pour
se
rendre à
l'école
(334).
Il
est
nécessaire
de
tenir
compte
de
ces
réalités de
l'école
et
d'autres
pour
apprécier
les
niveaux
d'instruction.
Le
dernier
recensement
reconnait
six
niveaux
d'instruction
l'analphabétisme,
l'enseignement
supérieur et
les
autres
formes.
Chacun
retient
les
effectifs suivants dans
les deux
communes
de
l'agglomération.
( 331 )
En
1945,
le
nombre
d'élèves
inscrits
dans
les écoles élé-
mentaires
publiques
s'élevait
à 2990,
et,
en
1988 à
135000
soit
une
croissance annuelle
de 9,3
%.
(332)
Selon
les
normes
en
vigueur
au
Sénégal,
une
classe au
niveau
de
l'erseignement
élémentaire doit
accueillir
un
auditoire
moyen
de
50 élèves.
Or
dans
les écoles
de Dakar
et
de
Pikir~
les
effectifs
varient
entre
60
et
75 élèves
par
classe en
1988.
(333)
Les
rapports
annuels
de
l'Inspection
d'académie
insistent
sur
le
déficit
de
mobilier
scolaire,
l'insuffisance du
maté-
riel
de
laboratoires pour
l'enseignement
technique.
(334)
Par
exemple,
près du
tiers
des
élèves
inscrits
dans
les
écoles primaires
publiques
du
Plateau
franchissent
plus
d~
5 km pour
se
rendre
à
leur école.

324./
tabl.
24
-
Les
niveaux
d'instruction
par
commune
niveau d'instruction
Dakar
Pikine
Ensemble
Aucun
174.925
239.493
414.418
Primaire
180.612
133.549
314.161
Secondaire
1 e r
cycle
80.356
36.503
116.859
Secondaire
2e
cycle
42.508
13.494
56.002
supérieur
28. 100
6.007
34. 107
Autre
9.027
12.400
21.427
Total
515.528
441.446
956.974
Les
personnes
ayant
fréquenté
l'école
feançaise
sont
majori-
taires
à
54
%.
Elles
sont
plus
nombreuses
à Dakar
(64
%)
qu'à
Pikine
(43
%).
Ces
gens
instruits
ont
pour
la
plupart
le
niveau
de
l'école
élémentaire
car
il
y a parmi
eux
un
grand
nombre
d'élèves.
Leur
effectif
représente
près
de
deux
fois
celui
des
personnes
ayant
le
niveau
des
études
secondaires.
Le
rapport
est
à
peu
près
lemême
entre
ce
groupe
et
l ' é l i t e
intellectuelle.
Entre
les
deux
communes,
les
contrastes
devien-
nent
de
plus
en
plus
forts
à
mesure
aue
le
niveau
d'instruction
augmente.
L'analphabétisme
touche
d'importants
secteurs
de
la
population,
43
%.
En
sont
victimes
des
jeunes
mais
également
beaucoup
d'adul-
tes
venus
de
l'intérieur
du
pays.
La
géographie
de
l'ignorance
est
le
négatif
de
celle
portant
sur
le
savoir.Pikine concentre
les
58 % des
personnes
sans
aucune
instruction,
et,
dans
cette
commune
un
analphabète
sur
deux
est
recensé
dans
la
zone
dite
irrégulière.

325./
Compte
tenu de
la
place
de
l'Islam
dans la
société dakaroise,
on
peut
s'étonner
du
faible
pourcentage
de
ceux
qui
ont
reçu
une
instruction
en
arabe.
Rares
sont
en
effet
les
Musulmans
n'ayant
pas
pratiqué cette
langue
au
cours
de
leurs
études
coraniques.
4 - LA PLACE DE LA RELIGION DANS LA SOCIETt
Dakar
n'a
sans
doute
pas une
signification
symbolique compara-
ble
à
celle des
cités
saintes
de
l'intérieur,
mais
il
s'agit
d'un
espace

la
religion
est
un
fait
massif.
Elle
s'exprime
dans
les
paysages
urbains
à
travers
la haute
silhouette des
minarets
et
des
clochers,
ou
les
illustrations
iconographiques
inscrites
sur
les
murs.
Elle
fait
partie
des
sonorités
de
l'ag-
glomération avec
l'appel
à
la
prière
cinq
fois
répété
dans
la
journée
par
les
muezzins,
ou
les
chants
religieux
de
fins
de
semaine.
Enfin
les
centres
de
commandement
provinciaux
des
confréries
religieuses
déploient
les
structures d'encadrement
de
leurs
adeptes
dans
la
capitale,
qui
tient
lieu
aussi
pour
eux
d'espace
de propagande
et
de
recrutement.
Musulmans
et
Chrétiens
représentent
la
quasi
totalité
de
la
population.
Ils
en
constituent
les
99 %,
et,
ce
pourcentage est
resté
stable
de
1955
à
1988.
Mais
entre
les
deux
dates,
des
changements
ont
affecté à
la
fois
l'importance
numérique et
la
localisation
des
différences
communautés
de
fidèles
en
présence.
Les
tidiane ont
vu
leur
nombre
passer
de
111100
à
590700
per-
sonnes
en
trente
trois
ans,
et,
leur
part
dans
la
population
totale
de
62
à
49
%.
Exception
faite
du
Secteur des
Almadies,

326./
ils
devancent
partout
ailleurs
les
autres
groupes confessionnels
(335).
Par
son
taux
de
croissance
élevé
(7,6
%) enregistré
dans
l'intervalle
chronologique,
le
mouridisme
est
l'un
des
mouve-
ments
les
plus
en
expansion
à
Dakar. Sa
montée
en
puissance
est
étroitement
liée
à
l'immigration
des
originaires
du
Baol,
source
de
la
foi.
Il
s'y
ajoute
la
vague
de
conversions
de
jeunes engendrées
par
la
propagande
des
disciples
de
CHEIKH
AHMADOU
BAMBA,
à
la
suite
de
leurs
grands-messes
-
les
"journées
culturelles"-
qui
sont
un
moyen
de
vulgariser
la
pensée
du
fon-
dateur
de
la
confrérie
et
de
conquérir
de
nouveaux
adeptes.
En
1955,
le
phénomène mouride
concernait
des
gens
humbles
rési-
dant
principalement
dans
des
quartiers
populaires
comme
Grand
Dakar
et
Fass,
ainsi
que
les
bidonvilles
de
Champ
de
Courses
Gibraltar,
Oarou
Khane
et
Nimzath.
Il
n'est
guère
surprenant
que
la
zone de
Pikine,
qui
a
recueilli
les
populations
déguer-
pies
de
ces
quartiers
irréguliers,
compte
aujourd'hui
les
58 %
des
Mouride
de
l'agglomération.
Après
le
tidianisme
et
le
mouridisme,
la
catégorie
"autres
musulmans"
arrive
au
troisième
rang.
Elle
compte
110 300
âmes
en
1988
soit
à
peu
près
cinquante
fois
l'effectif
de
cette
sous-population
en
1955,
qui
se
chiffrait
à
2400
personnes.
On y
retrouve
les
adeptes
des
petites
confréries,
mais
surtout
les
Musulmans
sans
autre
étiquette
distinctive.
Le
nombre
de
ceux-ci
a grossi
considérablement
entre
les
deux
recense-
ments.
Faut-il
interprèter
ce
mouvement
de
hausse
comme
une
conséquence de
la
propagande
des
tenants
de
l'intégrisme
islamique
au
Sénégal? On connait
leur
hostilité
à
l'égard
du
maraboutisme
qu'ils
considèrent
comme
une
pratique
hérétique.
Même
si
leur
activisme
politique
des
débuts
s'est
tassé,
les
groupes
intégristes
appelés
communément
IBAOOUR RAHMANE
n'en
continuent
pas
moins
leur
prosélytisme
tourné
plus
particulière-
ment
vers
les
jeunes.
(335)
les
Tidiane
se
subdivisent
entre
plusieurs
obédiences
les
fidèles
des
Sy
de
Tivaoune,
des
Niasse
de
Kaolack,
des
Seck
de
Thiénaba,
des
Tall
desce',dants
d'El
Hadji
Omar
figure
emblématique
de
la
résistance
à
la
pénétra-
tion
coloniale . . . .

327./
La
Chrétienté
de
Dakar
représente,
avec
86.750
fidèles,
7 % de
la
population
totale,
soit
le
même
pourcentage
qu'en
1955 où
la communauté avait
13050 membres.
Comme au
plan
national,
le
christianisme
est
principalement
professé
par
les
originaires
de
la
Petite
Côte
et
de
la
basse Casamance,
terres

historiquement
l'évangélisation
a eu
ses
plus
solides
points
d'ancrage.
Dans
les
années
1950,
les Chrétiens
se
concentraient
au
Plateau,
en
raison
des
adeptes
non
africains
domiciliés dans
cette
partie
de
la
ville,
dans
les
lotissements
SICAP
ainsi
que dans
les
bidonvilles
de
Wakhinane
et
Alminco.
Après
la
destruction
des
taudis
de
l'Autoroute,
l'aire
de
con-
centration maximale
des Chrétiens
en
dehors
du
Centre-ville
s'est
déplacée
vers
d'autres
quartiers
de
la
zone-charnière
tel
Grand
Yoff,
et,
en
banlieue
notamment
à
Pikine
-
Extension.
Sans
être majoritaires
dans
la
population,
les
Chrétiens résident
en
nombre
relativement
important
dans
les
quartiers
d'exten-
sion
de
la corniche
ouest
(336).
Dakar
abrite
en
outre
80.500 Musulmans de
la
confrérie
"Khadir"
et
23.600
Layene
(337).
Les
premiers
ont
leurs
plus
gros
effectifs
dans
la
commune
de
Pikine
les
seconds
sont
regroupés
à
54 % autour
des
villages
de
Yoff,
Cambérène,
Malika,
Keur
Massar
et
Keur
Mbaye
Fall.
Plusieurs critères
autorisent
à
penser
que
le
mode
de
vie
urbain
n'a
encore
entraîné
ni
désislamisation,
ni
déchristia-
nisation
de
la
société
dakaroise.
La
crise
des
valeurs
qu'évo-
quent
nombre
de
discours
moralisateurs
ne
semble
pas
avérée
au
plan
religieux,
eu
égard
aux
profus
signes
extérieurs de
piété
manifestés
par
la
population.
(336)
les
chrétiens
arrivent
au
deuxième
rang
après
les
Tidiane
à
Fann-
PointE
et
à
Mermoz.
Ils
devancent
par
leur
nombre
toutes
les
autres
communautés
dans
le
secteur
des Almadies;
1
(337)
La
khadriya
a
été
introduite
au
XIX
e
s.
au Sénégal
par
des
marabouts
maures
affiliés
à
la
confrérie
de
Cheikh
Abd
Khadr
Djelani
de
Bagdad.
La
confrérie
layène
a été
fondée
aussi
au
XIXe
s
par
Seydina
Limamoulaye
Thiaw
ori-
ginaire du
village
lébou
de
Yoff.

328./
La
construction
d'un
nombre
sans
cesse croissant
d'édifices
de
culte
n'en
est
pas
le
moindre.
D'après
le R.P.
MARTIN,
i l
Y avait
en
1955
environ
75
mosquées
-
dont
3 ou 4 pour
la
prière
du
vendredi
3 églises
et
temple
protestant
dans
l'agglomération.
La
"Synthèse des
données
urbaines
1980-
1981"
fournit
les
chiffres
suivants
20 mosquées
du
vendredi,
sans
compter
les
petites
disséminées
dans
les
quartiers
(338)
6 "églises
chrétiennes
importantes
" (339).
Il
manque
des
études
se
rapportant
à
la
fréquentation
de
ces
équipements
pour
apprécier
le
degré
de
soumission
des
fidèles
à
la
prière
qui
est
une
prescription
canonique
commune
aux
Musulmans et
aux
Chrétien
s.
Même si
de
telles
sources
étaient
disponibles,
elles
ne
refléteraient
que
partiellement
la
réalité.
Car
elles
ne
tiendraient
pas
compte
des
dévotions
faites
à
domicile
ousur
les
lieux
de
travail,
qui
ont
une
fréquence
plus
grande
que
les
prières
dans
les
lieux
de
culte.
Comme on
le
sait,
la
prière
collective
du
jour
saint
a
un
carac-
tère
obligatoire
chez
tous
les
scripturaires.
Et
en
général
la
population
la
pratique.
La
capacité
d'accueil
des
mosquées
du
vendredi
se
révèle
insuffisante
pour
recevoir
tous
les
assistants
à
la
grande
prière.
On n'observe
certes
pas
les
mêmes
débordements
de
foule
autour
des
églises
chrétiennes
en
raison
de
la
célébration
de
plusieurs
services
le
dimanche.
Mais
il
est
aisé
d'y
constater
de
l'affluence
à
toutes
les
messes
dominicales,
surtout
de
la
part
des
jeunes.
(338)
On peut
estimer
qu'il
existe
presque
autant
de
petites
mosquées
qu'il
y a de
quartiers
à
Dakar,
c'est-à-dire
300 grosso-modo.
1
(339)
Ce
chiffre
concerne
les
seuls
départements
de
Dakar
et
de
Pikine.

329./
Les
communautés
de
croyants
de
la
capitale
attachent
beaucoup
d'importance
aux
oeuvres,
notamment
à
la
pratique
de
la
charité.
Dans
son
roman
"la
grève des
battu",
AMINATA SOW FALL
fait
rêver
au
désaroi
qui
s'emparerait
de
la
ville
si
ses
mendiants
déci-
daient
de
ne
pas
aller
demander
l'aumône.
Dans
ces
dons
routi-
nièrement
offerts
par
les
innombrables
mains
secourables
i l
ne
manque
pas
de
syncrétisme,
tant
i l
est
difficile
d'y
percevoir
la
différence
entre
l'oeuvre
pie
et
l'offrande palenne.
Une
journée
qui
commence
représente
en
effet
dans
l'imaginaire
du
petit
peuple de
Dakar
une
sorte
de
parcours
du
combattant
qu'on
ne
saurait
affronter
sans
une
certaine
préparation psychologique,
sans
un
rite
propitiatoire.
On observe
un
accroissement
de
la
ferveur
religieuse
durant
les
périodes
de
jeûne,
plus
particulièrement
pendant
le
Ramadan
des
Musulmans.
Le
rythme
de
vie
du
plus
grand
nombre
et
le
fonc-
tionnement
urbain
s'en
trouvent
modifiés.
Durant
un
mois,
Dakar
se
réveille avant
l'aube
à
l'appel
des
muezzins
amplifié
par
hauts-parleurs
et
des
crieurs qui
parcourent
les
rues
désertes
pour
inviter
les
jeûneurs à
la
préparation
journalière.
Res-
taurateurs
et
gargotiers
voient
leurs
activités
tourner
au
raIent:
Les
salles
de
spectacles,
les
cafés
et
les
dancings
du
Plateau
qui
animent
le Oakar-by-night
ne
retiennent
guère
plus
de
clients.
Ils
subissent
la
concurrence
des
lieux
de
prière.
La
fin
de
cette période
d'abstinence
est
sanctionnée
par
le
versement
en
nature
de
l'aumône
légale
ou
"assaka"
(340).
Dans
l'ensemble
cette
prescription
religieuse
ne
subit
pas
d'entorse
dans
la
mesure
où elle
constitue
la
condition nécessaire
pour
la
vali-
dation
du
jeûne.
En
raison
de
la
crise
économique
des
deux
dernières
décennies,
on
pourrait
supposer
que
les
voyages
aux
Lieux
Saints
de
l'Islam
ou
de
la
Chrétienté,
considérés
comme
un
devoir
facultatif,
allaient
baisser
d'intensité.
Il
n'en
est
rien.
L'ampleur
et
la
signification
sociale
de
ces
déplacements
sont
telles
que
le
(340)
Assaka est
une
déformation
de
l'arabe
Zakkat.

330./
gouvernement
sénégalais a pris
une
large
part
dans
leur
organi-
sation
annuelle
(341).
Le
statut
économique
est
déterminant
dans
la possibilité d'effectuer
le
pélerinage
Qui
revient
entre
850.000 et
100~000 FCFA.
Mais
le
jeu de
la
solidarité
permet
à
des
personnes
de
modeste
condition
d'accomplir
ce
devoir
reli-
gieux
(342).
Les
Oakarois
aiment
aussi
honorer
la
mémoire
de
leurs
morts.
Ils
le
font
à
l'occasion
des
funérailles
Qui
peuvent
être
grandioses
en
raison
des
usages
hérités
des
traditions
ancestrales.
Ils
se
rendent
sur
la
tombe
des
disparus
pour
y prier
ou
implorer
leur
grâce.
Ils
vénèrent
lessaints,
visitent
leurs
sanctuaires
à
Tivaoune,
Touba,
Yoff,
Ndiassane,
Médina-Kaolack
ou
Popenguine
(343).
Lors
de
ces
pélerinages,
l'agglomération
vidée
d'une
partie
de
sa
population
tombe
dans
une
sorte
de
paralysie
dufait
du
ralentissement
des
activités
et
de
la
perturbation
des
trans-
ports
(344).
Mais
les
progrès
croissants
des
pathologies
sociales
secrétées
par
l'urbanisation
peuvent
faire
douter
de
la
solidité de
l'édi-
fice
moral
bâti
autour
du
sacré.
Le
plus
difficile
est
de
déter-
miner
dans
les
déviances
ce
Qui
procède
de
l'oeuvre
du
vice
ou
de
la
misère.
(341)
L'implication
du
gouvernement
dans
l'organisation
de
ces
voyages est
plus
profonde
pour
les
déplacements
à
la
Mecque
car
c'est
la
communauté
chrétienne
Qui
a directement
en
charge
les
siens
pour
Rome
et
la
Terre
Sainte.
(342)
Sans
compter
les
tontines
et
l'action des mécènes,
certaines
entreprises
para-publiques et
privées
envoient
Quelques-uns
de
leurs
agents
en
pélerinage
a
titre
gratuit.
(343)
Oans
ces
localités
de
l'intérieur
sont
situés
des
sanctuair~
comme
ceux
d'El
Hadj
Malick
Sy
(Tivaouane),
Cheikh
Amadou
Samba
(Touba),
Seydina
Limamou
La~e (Yoff),
Cheikh Souh
Kounta
(Ndiassane),
El
Hadj
Ibrahlma Niass
(Kaolack),
la
Vierge Marie
(Popenguine).
(344)
En ces
occasions
une
part
importante
des
autobus
circulant
à
Oakar
et
Pikine
est, mise
à
la
disposition
des
associatio~~
religieuses.

331./
Dakar
devance
toutes
les
autres
villes du
Sénégal
en matière
de
marginalité
sociale.
La
concentration
des
hommes
et
des
richesses,
le
milieu
urbain
permissif
y créent
un
contexte
favorable
à
toutes
les
dérives
morales.
Vols,
prostitution
ouverte
ou
clandestine,
éthylisme
figurent
au premier
rang
des
délits
enregistrés
par
la
police.
Avec
l'évolution,
d'autres
formes
de
délinquance
sont
apparues
proxénétisme,
toxicomanie,
infanticides,
vandalisme,
détournement
de
biens
etc.
L'agglomération
a
ses
quartiers
mal
famés
ses
"maquis" •
Reubeuss,
à
l'entrée
du
Plateau,
en
est
le
plus
ancien
et
le
plus
notoire.
Khouroum Souki
est
son
pendant
à
Pikine
Irrégulier.
A côté
de
ces
bouges
et
maisons
de
passe
de
bas étage,
la
bonne
société
a
ses
lieux
de
perdition
clandestins
tapis
dans
l ' i n t i -
mité
de
demeures
extérieurement
à
l'abri
de
tout
soupçon.
A défaut
de
pouvoir
éradiquer
ces
maux
ressentis
par
certains
esprits
rigoristes
comme
des
fléaux
dévastateurs,
les
organisa-
tions
religieuses
mènent
des
actions
de
prévention
et
d'assis-
tance
aux
personnes
en
danger
moral.
Celles-ci
portent
sur
l'éducation
à
l'école,
au
sein
des
associations
de
co-religionnaires,
et,
à
travers
les
grands moyens
de
communi-
cation
(345)
-
des
oeuvres
de
bienfaisance
telles
que
la
prise
en
charge
des
orphelins,
la
distribution
d'aides
en
nature
aux
indigents,
etc.
(345)
-
L'éducation
religieuse
est
introduite,
à
titre
facul-
tatif,
dans' les
écoles élémentaires
publiques
depuis
1963
sous
la
forme
d'un
enseignement
arabe
etd'une
initiation
aux
pratiques
rituelles
musulmanes.
Des
tranches
d'antenne
importantes
sont
réservées
à
la
radio
et
à
la
télévision
nationales
pour
la
diffusion
d'émissions
musulmanes
et
chrétiennes.
Les
associations
religieuses
ont
des
organes
de
presse
écrite
par
lesquels
elles
communiquent
avec
leurs
membres
et
l'opinion
public

332./
En cela,
elles
sont
soutenues moralement et matériellement
par
l'Etat et
les
institutions
humanitaires
internationales
(346).
Mais
il est
évident
que
la
résorption
de
la
margina-
lité
urbaine
dépend
largement
de
l'amélioration des
conditions
de
vie
de
la
population,
et,
donc
du
dynamisme
de
l'économie.
(346)
-
Les
associations
musulmanes
reçoivent
des
subsides
venant
des
pays arabes
et
musulmans
;
leurs
homologues
chrétiennes'sont aidées
principalement
par
Caritas
Internationale.

333./
CHA p 1 T R E
v
LE DYNAMISME DES FONCTIONS URBAINES
Commel'a
fait
remarquer
FRANÇOIS
GAULME,
Dakar
représente
parmi
les
villes
d'Afrique
noire"
un
cas
typique
dont
le
présent et
l'avenir
sont
encore
largement
influencés
par
le
passé"
(347).
L'évolution
de ses
fonctions
en
donne
une
illustration.
Promue
commune
de
plein
exercice
vers
la
fin
du
siècle dernier,
la
ville
a
vu
son
importance
administrative
s'accroître
en deve-
nant
successivement
capitale de
l'A.O.F.
puis
du
Sénégal.
Le
centre
de
décision
politique
s'est
doté
dans
la
même
période
d'une
assise
économique
avec
la
construction
du
port.
Cet
ouvrage
lui
a ouvert
un
vaste
horizon
maritime,
mais
aussi
un
arrière-pays
allant
jusqu'aux
confins
du
lac
Tchad.
L'ère
de
l'aéronautique
civile
a ajouté
à
la
fonction
de
relais
de
Dakar.
Grâce à
la
centralisation des
grands
moyens
de
communication,
les
activités
de
direction
économique-banques,
grand commerce,
assurances . . . -
disséminées
auparavant
entre
Saint-Louis,
Rufisque
et
Kaolack
ont
progressivement
rejoint
le
principal
centre de
commandement
politique
du
pays.
Les
villes
ainsi
dépossédées
et
les
localités
rurales
ne
pouvant
offrir
du
travail
suffisamment
rémunérateur
à
leur
population
active
ont
assisté
impuissantes
à l'émigration
de
celle-ci
vers
la
grande
ville.
Mais
le
rythme
de
croissance
démographique
a
vite
dépassé celui
des
activités,
même
avec
le
nouveau
départ
pris
par
l'industrie
au
lendemain
de
la
secon-
de
guerre
mondiale.
Les
perspectives
prometteuses
ouvertes
par
les
programmes
de
développement
lancés
dans
le
cadre
de
la
France
d'Outre-Mer
ont
été
de
courte
durée.
A la
suite
des
indépendances
africaines,
Dakar
jusqu'alors
tête
politique et
économique
d'un
grand
ensem-
ble
régional
a
vu
sa
zone
d'influence
se
rétrécir
notablement~
Ses
équipements
et
ses
fonctions
sont
soumis
depuis
1960 à
une
dramatique épreuve
d'adaptation
au
contexte
national
et
à
l'environnement
international.
En
se
mettant
à
l'école
des
-------------------------------------------------------------
(347)
Marchés
tropicaux
et
méditerranéens
nO
2271,
mai
1989 p. 13'

334./
institutions
de
Bretton
Woods,
l'Etat
qui
remplit
un
rôle
déterminant
dans
la
régulation
du
systèmeurbain
l'entraine
dans
un
rude
effort
d'ajustement
structurel.
Analysée
en
termes
clarkiens,
la
structure
des
fonctions
de
la
métropole
sénégalaise
indique
l'hypertrophie
du
secteur
ter-
tiaire,
dûenotamment
aux
services,
par
rapport
auxautres
sec-
teurs
d'activité.
Ce
déséquilibre
traduit
une
certaine
fragi-
lité
des
bases
de
l'économie
urbaine.
A - LA PLtTHORE DES ACTIVITtS TERTIAIRES
La moitié des
travailleurs
de
l'agglomération
(53%)
relevait
en
1955
du
secteur
tertiaire.
Au dernier
recensement,
le
pourcentage atteint
70 %,
et,
un
emploi
de ce
type
sur
deux
porte
sur
les
services.
1 - LE POIDS DES SERVICES A LA COLLECTIVITt
Dans
la
terminologie
du
RGPH
1988,
les
"services
publics"
recouvrent
une
gamme
d'activités
très
diverses
allant
de
l'administration
publique
aux
établissements
de
jeu et
de
loisir
en
passant
par
les organisations
internationales.
Leur
point commun
est
d'être
au
service
de
la
collectivité
Nombre
d'entre
elles
résultent
des
synergies
produites
par
les
fonctions
politique et
administrative
de
la capitale qui
méritent
dès
lors
que
l'on
s'y
arrête.
Depuis
1887 Dakar
est
une
commune.
Son
prestige n'a
cessé
de
se
renforcer
par
la
suite
puisque
la
ville
a été
érigée
tour

335./
à
tour
capitale
de
l'A.O.F.
en
1902
et
celle
du
Sénégal
en
1958.
Ces
rôles
ont
influé
fortement
sur
la
croissance
urbaine
en
créant
des
besoins
en
personnels,
en
locaux
professionnels
et
en
servicesexternes
pour
assurer
le
fonctionnement
de
l'Ad-
ministration
centrale et
municipale.
C'est
de
la
période
coloniale
que
datent
le caractère
centralisé
deI 'organisation
administrative
et
la
concentration
géographique
des
signes et
symboles
du
pouvoir
politique
à Dakar.
Du temps
de
l'A.O.F.,
les
principaux
organes
de
direction
de
cette
fédération
y étaient
regorupés
le
Gouvernement
général,
le
Conseil
de gouvernement
(347),
le
secretariat
du
gouvernement
général
les
grands
services
fédéraux
(348)
et
le
commandement
supérieur
des
troupes.
L'essentiel
de
ces
camp étences
politico-
administratives
a
été
conservé
dans
le
cadre
de
l'Union
Fran-
çaise.
En
effet
Dakar
s'est
vu
confirmé dans
sa
fonction
de
centre
de
coordination
de
l'action
envers
les
territoires
du
groupe
à
travers
le Grand
Conseil
de
l'A.D.F.
(349).
On ne:
dispose
que
de
statistiques
partielles pour
estimer
le
poids
de
l'effectif des
fonctionnaires
présents
dans
la
ville
durant
la
période coloniale. Au recensement
de
la
population
française
de Dakar
en
1946,
il
Y avait
2667
sur
les
4386
militaires
d'ori-
gine
métropolitaine
en
service
en
A.O.F.
En
oute
640
parmi
les
2 404
agents
des
services
civils
étaient
dénombrés
dans
la
capitale
fédérale
(350).
Deux
ans
avant
l'accession
à
l'indépendance,
Dakar
a dépossédé
Saint-Louis de
la
fonction
de
capitale du
Sénégal.
En
plus
du
transfert
des
organes
du
gouvernement
du
territoire,
quelques
4.500
fonctionnaires
sont
venus
s'y
installer.
(347)
cette
instance
réunissait
une
fois
par
an
autour
du
Gouvernement
général
les
chefs
des
territoires
du
groupe
et
les
responsables
des
services
fédéraux
afin
d'approu-
ver
le
budget
général,
les
budgets
locaux
des
territoires,
et,
de
débattre
des
questions
de
politique
générale
et
économique.
y
participaient
aussi
les
représentants
des
populations.
(348)
Les grandes
directions de
l'administration
de
cette
époque
étaient
les Finances,
les
Affaires
politiques,
les
Affair,
économiques,
les
travaux
publics
et
la
Santé.
(349)
Dans
le cadre
des
réformes
survenues
après
1945,
le
décret
du
25
octobre
1946
avait
créée
le
Grand
Conseil
de
l'A.D.F.
assemblée
àù
chaque
territoire
étaIt
représenté
et
le
rôle
consistait
à débattre
des
affaires
communes
à
ia
fédératior
(350)
Ces
données
sont
fournies
par
l'annuaire
statistique
de
l'A.G.F.
1939
-
1949

336./
La
tradition
centralisatrice
léguée
par
l'ancienne
puissance
tutélaire
a
été
conservée
en
1960.
Les
mesures
de
décentra li-
sation
prises
dans
la
deuxième
décennie
de
l'Indépendance
ont
visé
l'action
administrative
elles
n'ont
pas
eu
pour
objet
de
modifier
la
géographie
de
l'administration
centrale.
Les
changements
d'adresse
ayant
concerné
par
moments
des
rouages
principaux
de
l'appareil
d'Etat
se
sont
effectués
au
sein
de
l'espace
dakarois.
Autour
du
gouvernement
s'est
structuré
un
secteur
public
rendu
prolifique
par
les
interventions
d'Etat
dans
l'économie au
plus
fort
de
la
période
socialiste.
La
quasi-totalité
des
sociétés
et
offices
ainsi
créés
ont
leur
siège
à
Dakar.
Pour
les
ins-
titutions
financières
-
B.N.O.S.,
U.S.B.,
SO.FI.SE.OIT.,
SONABANQUE,
I.P.R.E.S.,
C.S.S.
-
cette
localisation
est
liée
à
l'étroitesse
du
marché
national
et
aux
relations
techniques
entretenues
avec
le
secteur
concurrentiel
(351).
Certaines
autres
entreprises
sous
contr~le étatique comme le P.A.O.,
DAKAR-MARINE,
la
C.O.S.E.N.A.M.
et
AIR
SENEGAL
ne
peuvent,
pour
des
raisons
de
site,
s'implanter ailleurs.
Celles
opérant
dans
l'aménagement
et
les
services
urbains
(S.I.C.A.P.,
S.N.H.L.M .•
H.A.M.O .•
S.I.A.S.,
S.O.T.R.A.C.)
trouvent
leur
principal
débouché
à
Dakar.
La
présence dans
la
capitale
des
autorités
politiques
nationales
y a
appelé
une
soixantaine de
missions
diplomatiques
et
d'agences
d'organisations
internationales
relevant
d'institutions
de
coo-
pération
africaine
(A.S.E.C .. N.A .•
B.C.E.A.O.,
I.C.A .•
O.M.V.S ..
ou
mondiale
(U.N.E.S.C.O.,
U.N.I.C.E.F.,
F.A.().,
Banque Mondiale.
Nombre
de
celles-ci
ont
choisi
Dakar,
en
raison
de
sa
position
géographique
privilégiée,
pour
rayonner
au
plan
régional
ou
continental.
En
1988,
les
personnes
employées
par
elles
sont
au
nombre
de
22.379
soit
un
peu
plus
du
quart
(27,5
%)
des
travailleurs
des
services.
-----------------------------------------------------------------
(351)
Au moment

nous
redigions,
les
banques
du
secteur
étatiq~'
ont
été dissoutes
pour
mauvaise
gestion.

337./
Elle
figure
parmi
les
gros employeurs des
services
à
la collec-
tivité.
En
1980,
son
personnel
représentait
2654
agents.
Il
a
augmenté
depuis
cette
date
SOus
l'influence
de
deux
facteurs.
Le
premier,
sans
doute
le
plus
décisif,
a
été
le
nouveau
statut
découlant
de
la
loi
83-48 du
18
février
1983.
Cette dernière
scinde
la
commune
de
Dakar
en
trois
entités
-
Dakar,
Pikine,
Rufisque
-
Bargny-
indépendantes
les
unes
par
rapport
aux
autres,
et,
créé
la
Communauté
urbaine
pour
la
gestion
des
intérêts
communs.
La
commune-mère
abrite
l'organisme
supra-communal
qui
possède
son
administration
propre.
Par
ailleurs
depuis
leur
réparation,
chacune
des
municipalités
de
l'agglomération
s'est
engagée
dans
une
politique
de
modernisation
de
ses
services
qui
a
nécessité
des
recrutements.
2 - LES ACTIVITtS DE DISTRIBUTION ET DE RELATION
Avec
respectivement
59.120 et
19.517 actifs,
le
commerce
et
les
transports
représentent
en
1988
la
fonction
tertiaire
qui
occupe
le
plus
de
travailleurs
après
les
"services
publics".
Au cours
de
la
période
étudiée,
le
processus
de
repli
à
Dakar
des
grandes maisons
de
commerce
est
quasiment
terminé
(352).
En
1974,
la
densité
commerciale
de
la
région
de
la
capitale
était
estimée
à
commerce
pour
225
habitants contre
pour
354
au
niveau
national.
(352)
Par
suite
de
la
baisse
des
profits
tirés de
la
traite
arachidière
les
négociants que
la
concurrence
avait
poussés
à
aller
au-devant
des
caravanes
en
s'installant
à
Rufisque
centralisèrent
leurs
activités
à
Dakar
à
partir
de
1934.
Un autre
mouvement
intervint
en
1950/1951.
Son parachève-
ment
survint
à
l'Indépendance
avec
l'étatisation
de
la
collecte.

338./
A L'habitué
de
Dakar
il
suffit
d'une
lecture
des
enseignes
suspendues
dans
les
rues
pour
se
rendre
de
la
réorganisation
des
circuits
de
distribution
intervenue
au cours
des
dernières
décennies.
"TOUBA QUINCAILLERIE",
"NDIAMBOUR RADIO"
et
autres
références
à
la
culture
sénégalaise
signalent
l'affirmation
des
opérateurs
nationaux
sur un
terrain
dominé
pendant
longtemps
par
les
Européens
et
les
Libanais.
Dès
l'après-guerre
les
sociétés
européennes
de
commerce,
intéres-
sées
auparavant
à
la
traite
de
l'arachide,
avaient
commencé
à
opérer
une
mutation.
On vit
alors
les
maisons
traditionnelles,
comme
les
compagnies
apparues
plus
tard
sur
la
scène dakaroise
(S.C.O.A.,
C.F.A.O . . . . ),
se
tourner
vers
la
représentation
de
marques
de matériel
technique
(353).
L'accès
des
commerçants
africains
et
libanais
à
l'importation directe
précisa,
à
l'Indépendance,
ce
mouvement
de
repli
sur
les
produits
de
haute
technologie
et
de
délaissement
concomitant
de
ceux
à
faible
rapport.
Sur
la
vingtaine
de
grossistes
européens
opérant
à
Dakar,
seuls
six
distribuent
encore
des
produits alimentaires,
des
articles
de
confection
et
de
quincaillerie.
La
plupart
se
consacrent
à
l'équipement
industriel,
au
matériel
de
génie
rural,
aux
automobiles,
à
la
bureautique
et
à
l'informatique.
A cause
des
grandes
superficies
nécessitées
par
certains
de
ces
produits,
l'espace
du
commerce
de
gros
européen
dans
la
ville
de
Dakar
s'est
progressivement déplacé
des
environs
du
marché
Kermel
vers
l'ancienne
route
de
Rufisque.
Beaucoup
de
Libanais
ont
commencé
très
bas
dans
la
hiérarchie
commerciale,
comme
marchands
ambulants
(354).
Puis
aux
belles
heures
de
l'économie
de
traite,
ils
servirent
d'auxiliaires
aux
compagnies
françaises
pourla
collecte
de
l'arachide.
C'est
(353)
Les
investissements à
forte
intensité de
capital
exigés
par
l'importation
et
la
gestion
de
ces
produits
incitèrent
de
nombreuses
entreprises à
s'intégrer
à
des
groupes
bancaires
(Peyrissac
et Chavanel
sous
contrôle
de
la
Financière
de
Suez
en
1970,
entrée
de
S.C.O.A.
à
Paribas
en
1975)
ou
à
prendre
des
participations
dans
des
indus-
tries
françaises
afirl
de
devenir
leur
agent
commercial
et
distributeur
exclusif.
(354)
in C.
O'BRIEN
(Rita)"Lebanese entrepreneurs
in
Sénégal
économie
intégration and
politics
of protection"
Ca