UNIVERSITE DE LILLE III
U. E. R. de Philosophie
oooob
LES SYSTEMES DE NUMeRATION PARL~E
DES -GROUPES OUEST~ATLANTIQUE ET MAND~
Contribution à la Recherche sur les fondements et l'histoire
de la pensée logique et mathématique en Afrique de l'Ouest
i
CONSEIL AFRICAIN ET MALGACHE 1
-,
. POUR L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
! ~~ ~',M. E. S.•~ ~àÇ7~~t.LGou
.
! rlvee .....,.~. riAl. .l::f~n-.. 0
i Enregistré sous n° ~ n 0 00 n 2
THE8E DE DOCTORAT OJETAl'---
"ou-
"!;J . .
0
présentée par
KANE Âbdoulay. Elimane
DIrecteur de recherches :
M. Plerr. TROnGNON
_Professeur à "Université de Lille III
Année 1981

REM E R e l E MEN T 5
Que ~. Pierre Trotignon. professeur è l'Université
Lille III trouve ici l'expression de ma profonde reconnaissanc.-
pour ses conseils.
sa disponibilité et son amicale attention.
x
x
x
l'1es très sincères remerciements à Monsieur le PrOfaB8-~JJr
(,fJ< ,
R. BKouche de l'Université des Sciences et Techniques de Lille i~
>~~"
qui a accepté de lire le manuscrit de mon travail, et le princip~
".~\\"!:
',h
de faire partie du jury de soutenance.
·~t
;~.
x
x
x
Ma pro~onde
gratitude
- Au Breda
(Bureau régional pour l'Education et le Déve1op-
pement en Afrique)
- A .L'AUPELFCAssociation des Universités' partiellement qu-
}~';".
dt' .
entière:e:: :el:a::~:a::::ç:::::~db~:::~ :::::::~ de Dakar, ~!tlf;;
'ii".
'.~~":~':,
pou r
l' a ide pré cie use que ces 1 n s t i tut ion s m'on tac cor d é e pou rni~'~__-
e",{'
permettre de mener è bien mes recherches au Sénégal et dans d'a~~
tres pays de l'Afrique de l'Ouest.

';;-
//-)VANT- PROPOS
......
Dans l e s 0 u cid e con for mer l ' in t i tu l é de ce
travail au titre initial sous le~uel le projet a été en-
registré au service des thèses,
nous avons pense devoir
aj9uter le sous-titre "contribution à la recherche sur les
fondements et l'histoire de la pensee logi~ue et mathéma-
tiyue en Afriyue de l'Ouest".
Mais, en fin de compte,
ce sous-titre n'est pas
adéyuat aux résultats de cette recherche,
bien yue ce à
~uoi il renvoie demeure pour nous un objectif à poursuivre.
Si un jour ce travail doit faire l'objet d'une publication,.__
cet autre sous-titre nous paraîtra particulièrement indiqué
pour en traduire le contenu:
"Principe d'ordre et modes
de dénombrement".
Abdoulaye KANE

1 NT R0 DUC T ION

Cetto
~t~de n'est
ni
oeuvre de
linguiste
ni
travail
de mathématicien
bien que
la
nature du
sujet
traité
participe
,
à
la
fois
de
la
linguistique, et
de
l'arithmétique.
Les
systèmes
de
numération
"autochtones"
de
l'Afrique
noire
étant
essentiel-
lement
oraux,
i l
est
évident
que
pour
les
analyser
et
les
expli-
quer
i l
faut
nécessairement
passer
par' les
"fourbhes
caudines",
i
de
la
linguistique africaine.
Du
moins
d'en
sais~r le minimum
1
1
exigible
pour mener
è
bien
un
tel
travail
d'investigation,
pré-
\\,
cisément
dans
les
langues
qui
forment
l'objet
certral
de
cette
étude.' C'est
que
sur
le
plan
général,
sous
latitudes,
la
numération
est
avant
tout
affaire de
vocabulaire
les
nom-
bres
ont
un
nom ou
alors
i l
faut
leur
en
donner
un
s ' i l s
sont
nouveaux et
correspondent
è
des
quantités
qui
n'~vaient pas été
j
1
atteintes
jusque-lè
La
numération
est
égalemen~ fortement
tributaire dG
.
d l '
IiI
.
la
grammalre,
ans
a
mesure
ou
e
e
exprlme des
1
1
quantités
et
dans
la
mesure

celles-ci
peuvent[ se
présenter
i
sous
différentes
combinaisons
correspondant
aux ppérations
i
arithmétiques
ou
à
des
stratégies
de
dénombremen~ qui
ne
sont
intelligibles
que
si, au
même
moment

elles
sont
énoncées,
sont
également
respectées
les
r0g1es
de
la
syntaxe
en
particu-
lier.
Sur ces
deux
plans,
certaines
langues
africaines,
dont
font
partie celles
qui
servent
de
base
è
notre
étude
et
que
les
lin gui ste sap pel l e n t " l a n g u :3 5
è
c las ses
nom i na l es " •
po s s è d en t
1.
Par exemple
beaucoup
de
langues
afr.icainss
ont
è faire
face
au
problème
de
l'a
discrimination
entre
"rien"
et
"zéro".
Il
leur faut
aussi
pouvoir
nommer désormais
,: m.U,liard,
'''J:1-
.lJ:on,
l~tC.

4 -
des
règles
qui
déterminent
de
façon
stricte
la donstruction
des
nombres
numéraux cardinaux et
numéraux ordinaux.
I l impor-
1
1
te
par conséquent
de
18s
connaître
et
de
savoirlJles
reconnaître.
Par ailleurs,
il
est
prévisible
que
linguistique
africaine
sera
d'un
apport
considérable
lorsqU'~l sera question
d'écrire
une
histoire systématique
des
numératiJns
orales
ou
i
parlées,
car
i l
est
évident
que
celle-ci diffèrd
sur des
points
1
2
décisifs, de
l'histoire
des
systèmes
de
numératlqn
écrite
1
Si
l'oralité
et
l'écriture portent
en lelles-mêmes
des
1
techniques
différentes
de
traitement
des
nombre~, voire des
!
3
"logiques"
cJifférentes
,
léJ
linguistique
africa:iine a
un
rôle
i
important
~ jouer pour l'explication de cette d~ff6rence4. Tou-
tefois,
les
linguistes
eux-mames
sont
conscient~ des limites
d'une
sciencE
de
la
langue
qui
ne
prendrait
en
dompte
que
les
questions
de
phonologie,
morphologie,
syntaxe.
pour fondamen-
tales
que
soient
ces
dernières.
Cela
est
déj~ vrai encore pour
1
une
étude
dont
l'objet
ne
se
réduit
pas
à
un
phénomène
linguis-
tique.
Pou~ l'Afrique.
l'ethnolinguistique qui
est
dans
une
certaine mesure aussi
ancienne
que
les
premiers
écrits
connus
" ,
5
;,ur
la
vie
et
institutions
du
continent "apparaît
de
plus
en
plus
comme
un
carrefour, interdisciplinaire où.
linguistique.
2.
Cf.
Geneviève
GUITEL
: Histoire
comparée des numéra-
tions écrites,
Paris.
Flammarion.
1975.
,
3.
[-F.
Jack
GODOY
:
La
raison
graphique,
la
domestication
de la pens~~ sauvdge,
éd.
Minuit.
1977.
4.
Par exemple
l'importance
~e l'ordre des mots au plan
syntaxique
et
le
passage
d~
l'ordre
discours
~ l'ordre du
rai-
sonnement.
5.
On
pense
d'abord
aux
écrits
des
histbriens
arabes
de
l'Afrique
précoloniale,
aux
explorateurs
portugais
entre
autres.
aux
nombreux
missionnaires
européens
dont
les
oeuvres
seront
mentionnées
au
cours
de
cette
étude
et
qui
mêlaient
dans
leurs
é cri t s.
é l é men t s
lin gui s t i que s e t
don n ,é es
soc i 0 1: 0 g i que s .

5
-
acionC89
de
la
nature
et
GCienC8a
sociales
s'informent
et
s'ap-
t
A
'
une
questl'on
comme
l'e'tude
des
sys-
puient mutuellemen.
USSl,
.
t il nll] ~J
cl (J
Il urn 1 J r ,1 t i lJ fi
Cl t
d U~,
n y ~; t b m0 s
n u mé r i qu 8 S
8 y mbol i q u 8 5
requiert-elle autant
les
apports de
la
linguisti~ue africaine
que
ceux de
l'histoire
africaine,
de
la
sociologie
africaine,
l
,
de
l'anthropologie africaine,
etc.
A telle
enseigne
qu'il
faudrait 'l,lne
équipe
pluri-
disciplinaire
pour ~lacer l'étude d'une telle qu~stion dans
le
cadre
le
plus
adéquat,
tant
les
structures
socia~es, les
insti-
tutions,
l~ rapport ~u présent et du passé, les aléas d'une
j Il l' LJ l ï Il il L :i. LJ Il
f [ 1Ill. j 1) , !
~J LI r
1 1 (J l' <1 l L 1. ,'!,
:3 ü fl Leu ni p l () X 8 ~.
C' D ~.i L
IJ Cl U l'
quoi,
lorsque
l'entr~prise est individuelle, il faut en limiter
le champ
d'i~v8stigation et
les
ambitions.
Ces
raisons
qui
met-
tent
en relief
~
la fois
l~ rôle
et
les
limites de
la
linguls-
tique descriptive
et
générale, sont
également,valables
pour
l'autre volet
de
l'étude de
la numération
Gan
aspect
mathé-
matique.
,
Connaître
les
propriétés
arithmétiques' des
systèmes
de
numération
est
l'objectif mathématique
principal
de
leur
étude.
Mais
l'on
ne doit
à
aucun
moment
perdre
de
vue que
l'arith-
métique comme
les
autres
branches
de
la
mathémat
que
sont
le
résultat
d'une
longue
histoire
histoire
d'un,e
iscipline en
rapport
avec d'autres
disciplines,
et
histoire d
cette même
discip~ine,
avec
l'histoire
tout
court,
des
hommès.
Ce fait
si
1
banal
n'aurait
peut-être
pas
besoin d'être
rappeié
s~ la perfec-
1
tian
atteinte aujourd'hui
par
les
mathématiqu8s,~e constituait
!
pas
un
risque
de
voir
le mathématicien
juger tou~8 numération
1
1
à
l'aune d'une
arithmétique achevée
dont
i l
oUbl~erait que si
i,

6
r:11u
(:~.;l~ iluj,IJUrl1'll'ui un "[Jutl1 [.JéJrfiJit",
,
tat
de
perfectionnements
successifs.
Par exomple,
on
co qui
concerne
la, queuLion
si
irn[.Jul'-
tante
de
la
base
et
des
puissances
successives de
la base,
l'historien ou
l'ethnologue
sont
plus
~ensibles ,aux irrégulari-
tés
dont
étaient
constituées
beaucoup de
systèmes de
numération
du monde ancien,
tant
parmi
ceux qui
étaient,écrits que
parmi
,
i
les
autres.
Le mathématicien aurait tendance à
constater ces
irrégularités
et
à
s'en étonner.
L'historien et
l'ethnologue
,
chercheraient
à
les
expliquer en
les
rapportant
à
un contexte
et
à
des
démarches
intellectuelles
qui
ont
tantôt
à
voir avec
l'imaginaire des
hommes,
tantôt
avec
les
procédés
et
les moyens
1
de construction des
grands
nombres.
Du
reste,
l'ristorien des
mathématiques
est
quelqu'un qui
s'attache à
recolnstituer les
différents
maillons
et
à
identifier les
vecteurs, porteurs des
,
!
perfectionnements
successifs.
1!
Ainsi
que
Madame
Geneviève
Guitel
est
~rrivée à le
7
montrer dans
son oeuvre magistrale
,
l'histoire ~es systèmes
de
numération
est
une
condition essentielle d'intelligibilité
de
leu)' état
actuel.
Toutefois,
ce
qui
est
vrai
pour
les
systè-
mes
écrits
est
encore
plus
vrai
pour
les
systèmes
parlés
ou
oraux,
dont
font
partie ceux
de
l'Afrique.
D'abord
parce que
ces
systèmes
sont
encore
en
usage,
aujou~d'hui, dans
les
acti-
\\
vit6s
quotidiennes
de
la quasi
totalité
des
populations afri-
caines.
Ensuite
parce que
parfois,
ils
interfèrent
avec
des
syst~mes appartenant
soit
~
la
culture
ara~e et
islamique.
soit
à
celle de
l'ancien colonisateur
(Français,
Anglais,
Portugais, etc.).
1
1
6.
Geneviève GU~TEL. op.
ci t . ,
p. 74.
7.
Op.
cit.

7
Enfin,
s ' i l s
sont
actuels,
i l
n'en
de~eure pas moins
i
qu'ils
plongent
leurs
racines
dans
un
passé
afr~cain. récent
ou
lointain,
au
cours
duquel
l'espace des
échanges
africains
les
a
souvent
modelés
puis
modififs.
Synchronie let
diachronie
,
' t 1
J l't' d
sont
par consequent
les axes
qUl
enserren
a
r~a
l
e
es
sys-
1
:
tèmes
de
numération de
l'Afrique
noire d'aujourd'hui.
Et
lors-
qu' 0 n e x ami n 8
l ' (J t a t
d 8 S
t r a vau x sur
l ' art i cul a t' ion
d e
ces
d eux
dimensions,
on
constate
un déséquilibre en
faveur
de
la
syn-
chronie.
Ce qui
évidemment
est
facile
à
compren~re,
et
qui,
i l
faut' le
reconnaître
encore,
est
déjà
considérable
et
tout
à
l'honneur des
grands
pionniers dans
ce domaine.
L'énorme
travail
de
Geneviève
Guitel,
dont
l'objectif
e 5 t, dès
l ' i n t i t u 1 é, c 1 air e men t
t r a c é,
n' a c cor,d e
qu' une p 1 û [-; e
,
l '
8
t
1
infime aux
numurations
par ses
e
que
que~
lignes
seulement
9
aux
numérations
de
l'AfriQue
.
Et
c'est
bien
dommage,
car
sa
méthode qui
articule
analyse
mathématique,
étude
historique et
sociologi~ue, appliq~ée aux cas de l'Afrique eut comblé une
gr and e
1 a c u ne.
D' au t a nt
qu' e Il e a Il i,a i t
à
la
co mp é t en ce
d' u ne
8.
Op.
,cit., 1 p.
19
à
29
pour
l'explication
générale des
con dit ion s
d' 8
pas s éJ g e
d 8
1 a
n u mur a t ion
p éJ r 1 é e
à
1 a
n u mé rat ion
ccrite
(la
numuration figurée
en
s'erait l"Jll ,illij,
Par ailleurs,
à
propos
de
chaque
système 'de
numération
écrite, elle
fait
état
de
la
numération
parlée
qui 'l'a
précédé,si
c'est
le
cas
I,,'ur
u nu
i, r: c i ,_: t , :
, : : 1Il ri 1J u.
Mai s
8 1 1 8
a c cor de, à
1 a
n 1..J mé rat ion
par 1 é e
indienne
qu'elle
célèbre
chaleureusementrune
place assez
impor-
t ël n te,
par c e
qu' e Il e
est
1 a
s e u 1 e
n u mur a t ion
p. a r,l é e
d e
po s i t ion,
J .
'
[jC
que" les
Indiens
sont
les
seuls
à
ûV1111'
f'-lit
l:I_:tt,e
Jrl\\ll:rll.ion
à
leur mani0re
exubérante
et
redondante"
(p.
559J.
9.
Op.
c i t . ,
p.
26
à
propos de
la
base
2 du
système
pondéral
baoulé
de
Côte
d'Ivoire.
Et
un artiole
sur
les
suites
néodyadi-
ques
voir
"Histoire des
techniques
la
~pirale des nombres,
in Annales,

S,
Septembre-octobre
1962,
Paris,! Armand
Colin.
Par ailleur~ elle mentionne en le recommandant fortement.
le
livre de
POTT
A.
F.
"Oie
quinoere
und
vigesima:le
zahlmethode"
b e i
V0,1 k e r n aIl e r
\\0 e 1 the i 1 e.
1 8 4 7,
HêJ Ile.
Cel i v Ir e
con t i e n t
d e
nombreux exemples
de
numérations
de
l'Afrique
noire
parmi
celles
d'autres
sociétés
du ~onGe.

- 8 -
mathématiclenne,
une
profonde
passion
pour
la
compréhension
de
l'histoire des
techniques
et des mentalités.
Pourtant
son
qui
restent
~ faire et dont, en intellectuelle lucide et humble
1
,
IJ 110
Cl v Cl i t
cu n Cl C i (~ n c (J •
Cependant, ,si
l"histoire
des
systèmes de
numération
de
l'Afrique, reste' encore
à
écrire,
les
études
sur
cette ques-
tion
sont
nombreusos,
relativement
anciennes
nt
multiformn~.
on peu t les c las s e r e n f 0 n c t 'i 0 n deI' 0 rie n t a t ion, 0 u des pro jet s
1
de
leurs
auteurs,
car
la
plupart
do
c~s études dpnt certainuu
1
1
sont
celles
de
v~ritables pionniers en la matièr~, sont insé-
parables
de desseins
presque
toujours
explicitement
exposGs
1
dans
los
aVGnt-propos
des
ouvrages
Qui
les
publient.
Il
est
donc
possible
d'identifier cinq
catégories
de
textes
-
ceux des
missionnaires
ceux
des
administrateurs
coloniaux
-
ceux des
ethnologues
-
ceux
des
linguistes
de
notre
époque
i
,
,
-
ceux des
mathématiciens
d'aujourd'hu~.
1
C' ,," L oIone
1,,"
oInux
premieree
cD,",guril"
que
l ' on
trouve
sous
leurs
formes
balbutiantes
les
premie~s éléments
d'une
linguistique,
d'une
historiographie
et
dlu~e ethnologie
1
africaines.
Leur motivation
avouée qui
était
pour
les
uns
(les
1
missionnaires)
de comprendre
"l'âme africaine"
en
vue
de
garan-
t i r
le
succ6s
de
l'0vnn~~lisation, et
pour
185
autres
(adminis-
trateurs
coloniaux)
d'appréhender
1
les
modes
de
lojl
vie
de relation
afin
de
donner à
l'oeuvre
de
colonisation
le maximum de
ratio-
na lité
et
par
conséquent
d'efficacité,
pour
les
yns
comme
pour
les
autres,
l'étude
globale
des
sociétés, africaines,
avec en

- 9 -
première position
la connaissance d~ la
langue, iapparaissait
comme
un
préalable
indispensable.
C'est
• !
pourquol, l ' OBuvre d'un
Charles
Monteil,
d'un Maurice
Uelafosse,
d'un
Faidherbe,
d'un
i
1
10
Gaden 'd'une
p a r t , celles
du
R.P.
Constant
Tastevin,
du
R.P.
Ed.
P '
H
.
W'
11
ou
du
8re
enrl
elSS
pour
ne
citer que
quelques
exem-
Wintz
pIes,
peuvent
être considérées
malgré
leur orientation
et
leurs
limites,
comme
des
modèles
d'approcihe
g)obale.
B~en souvent,
c'est
à
eux que
nous
devrons
.
d'
t '
1 .
1
les
premlers
lC
lornalres,
es
premières
grammaires,
les
premiers
essais
de
clarsification des
,
langues
africaines.
C'est
par conséquent
à
eux
é~alement que
nous
devrons
les
premières
études
écrites
sur
lef
numérations
,
africaines
et
pour certaines
langues,
les
seulesl qui
existent
i
jusqu'è
nou
jours.
La
recherche
africaine
leur
dbit
sur cette
question
et
sur d'autres
une
reconnaissance
d'autant
plus
grande
que,
partis
de
motifs
religieux
et
politiques
européocentriques,
certains d'entre eux
sont
devenus
tout
simplement
des
passion-
nés
de
la
culture africaine
et
ont
continué
de
l'explorer pour
.
leur plaisir
personnel
et
pour
la
'
SClence.
Dans
ces
deux
catégories, dont
la
plupart
des
auteurs
sont
de
ID fin du
sièc18 dernier et
du début
du
XXe
siècle,
le5
éléments
relatifs
à ·la
numération
sont
soit
des
parties des
lexiques
des 'langues étudiées,
soit
un
paragraphe de
l'étude
grammaticaJe des
nominaux et/ou
des
adjectifs
(adjectifs
numé-
raux).
LD
numération
n'y faisait
donc
pas
l'objet
d'une étude
10.
En
tout
état
de
cause c'est
seulement
à
partir du
XIXe siècle
~u'apparaissent les
premleres
études
scientifiques
des
langues
africaines
KDELLE,
p6lyglotta africana,
1854
Wilhelm BLEEK,
Comparative qrammar of south african languages,
1960.
1
1 1
Maurice
DELAFOSSE
fait
partie des
trois
grands
noms
qui
font
autorité
cn matière
de
classification des
langues
afri-
caines.

- 10 -
1
1
à
part
et
approfondie,
bien
que
Charles
Monteil
et
Delafosse
en
particulier aient
montré
un
réel
souci d'apprpfondir
l'expli-
C iJ t ion
tJ 0 é,
nu 11112 r.:J t i CJ n s
rn iJ n tJ é
LJ Il t r 8
au t r es,
en
e s ~ a yan t
d' id 8 n -
tifier leurs .racines
les
plus
lointaines
et
leur~ parentés.
La
troisième
catégorie
est
celle
des
ethnologues,
dont
les
travaux
les
plus
en
rapport
ave~ notre sujet
ont
com-
mencé
entre
les
deux
guerres
mondiales
et
se
poursuivent
tou-
.
12
Jours
L~apport de
leurs
écrits
pour ce
qui
concerne
l'étude
des
numérations
est
constitué
par
la
collecte des
mythes
et
la
description
~8S religions et des rites "traditio~ne15" encore
vivants, d' Afrique
noire.
Pa'rfois,
leur proj et
idêologique
dif-
1
fère
do
colui
qui
est' annoncé
pùr
les missionnaires
catholiquos
ct
les
administrateurs
colDniaux
nous
assistons
à
un
chan~u-
ment
de
perspectiv~. à
une
démarche
plus
résolument
"anthropolo-
gique"
et
hu~aniste, soucieuse soib de révéler
,
de
la
raison,
soit
de
convaincre
de
les
cultures,
une conscience
européennB
rante
de
ce
qui
se
trouve
sur
le
continent
africain
0
ait
jusque-là d'intérêt
à
l'étude
des
moeurs
et
nes
que
le
moyen
de
comprendre
ce qui
la
sépare
de
la
primiti-
1
1
i
't~13
Vl
e
.
L'école
de
Griaule
par
exemple
se
déciare farouchement
1
opposée
à
toute
idéologie
qui
voudrait
voir dans
les
institu-
i
1
tions
et
les
systèmes
de
représentation
africains' les
indices
de
comportements
et
de
conduite
d'une
race
infa'nt'le
et
abrutie
par de
vaines
superstitions.
12.
Voir Bibliographie.
13.
Il
serûit
évidemment
absurde
de penser ul seul instant
que
cette
description
vise
toutps
les
é col El S ~; n ci I[ ln!', i q 1Jn ~ .
\\
1
!

-
11
-
" I l e 0 n vie nt,
é cri t
Mar cel
Gria u le,: de! d ire

l ' E u -
ropéen
et
l'Américain)
à
l'un
et
à
l'autre que
les
!
sciences
de
l'homme aussi
prestigieuses,
aussi
noblus,
aussi
sérieuses
que
les
sciences
physi
ues,
ont
établi,
établissent
chaque
jour des
équations
éconcertantes,
faisant
apparaitre,
avec des
valeurs
i
soupçonnées,
des
cultures,
des
langues,
des
religio
s

nous
ne
voyions
d'ordinaire
que
des
curiosités1ou des
occa-
sions
de
répulsion,
des
fanta~magoriesl de lamentables
"
,,14
d
1
superstitions,
es
lmpUlssances.
1
1
Aussi,
de
la
boucle
du
Niger
Q Ujibouti
en
passamt
par
le
Tchad,
cette
école
a-t-ellc
cherché
à
multiplier
les
prtuve5
de
ce que
"ces mythes,
C8S
dogmes
ne
sont
pas
de
simples
c'iJriosités
valù-
bles
pour elles-mêmes
et
pour elles
seules
ce
$ont
des
con-
cepts
officélcus,
U(JS
fcrmElnts
contenant
des
vucsioriginalus
sur des
énigmes
humaines
dont
la
naissance
remonte
très
loin
,
dans
l
d ,
l
t
h
t '
d
" t '
,,15
e
ero~
omen
c
ao
lque
es
SOCle es
,
car
"ils ont
reçu,
ou
inventé en
des
temps
reculés,
i l
y a
sa~s doute des
millénaires,
une mythologie,
une métaphysique,
une
religion
\\
qui
font
songer à
l'Egypte,
peut-être
à
8ab~lone,,16.
Dette
disposition
d'esprit
qui
conduit
ethnologues
et
anthropolor,ues
à
scruter
f~t ù interroger' patiemment
d(~s
].n~J-
titutions
africaines
généralement
peu enclines à
se
laisser
1
pénétrer
par des
non
initié6
et
par
les
étrangers,
a
abouti
\\
à
de
remarquables
rés~ltats dans un certain nombre de domaines
dont
celui de
l'interprétation des
nombres
symboliques.
Nous
verrons
à
propos
de
certains
cas
précis' de
numéraux
cardinaux
1
que
seul
le
fecours
aux
explicatio~s contenues
dans
les
14.
Marcel
GRIAULE
Mythe
de
l'organisa,t.ion
du
monde
chez
1 es
Do g 0 n
duS 0 u dan 1
P cJ ris,
P s y c h é
n 0
'6,
Av r i l
1 94 7,
p.
4 4 4 .
15.
I d . ,
p.
441
~.
16.
Id.
p.
444.

- 12 -
\\
spéculations
et
les
pratiques de ces
institutioQs peut
venir ~
1
1 7
bout des énigmes que
constituent
ces
nombres
Pour ce qui
est
des
travaux de
lingui
tique
africaine,
en matière d'étude
des
numérations,
on
peut
ret
nir trois
points
de
repère.
Il
y a eu d'abord
l'apport des
difféJrtentes
théories
de
classification des
langues
africaines qui,
mIgré
leurs diver-
.
i
gences
se fondent
toutes
sur
une méthode
import4nte pour
les
,
1
sciences de
l'homme,
pour
la
linguistique en
pa~ticulier et qui,
i
nous
le
verrons, intéresse au
plus
haut
point
l'~tude des systè-
mes de
numération
:
la
méthode comparative.
Cette méthode
pt
unn
longue
expérience ont
permis
au
professeur J.H. :Greenberg de
l'Université de
Cambridge,
Massachusetts,
puis :au départemlJnt
i
d'Anthropologie,
Standford University.
California.
U.S.A .•
d'élaborer un
"questionnaire d'enquête
1
lin gui s t i1q u e des tin (]
1
aux
langues
négro-africaines.
questionnaire dont i la première
partie intéresse
l'étude des
numérations.
Qans
un texte
de
présentation de
ce questioHnaire qui
contient
également
celui
de
Tervuren
(Oépartemen~ de Linguistique
du
Musée
Royal
de
l'Afrique
Centrale,
en Belgique)
et
celui de
Welmers,
J.L.
Uoncux
commente
,
on
ces
termes
1
"Les
nU
1
Ù
29
(du
questionnaire de
Groenberg)
ont
,1
trait
au
systèm8
num6ral
cardinal.
Dans
cortninnn
1<..1 [1L; U le: S,
i l,
s 1 <J g' i t
tJ 1 l n var i a b les
et
dan s
ce
cas,
r e _
cueillir, les
termes
ne
présentera
pas de
difficultés
17.
Un autre
trait
imp~rtant de la philosophie de cetta
école
(qu'elle
partage avec
tluelquEls
autres)
est !;','J
profllnrJ[)
conviction d'une
unité
culturelle des
peuples
de
l'Afrique de
l'ouest,
de
la
savane à
la Côte.
Elle 'a aussi
comme d'autres
écoles,
par exemple
l'équipe qui
étudie
le groupe
Tenda
du Sén6-
gal
oriental
et de
la Guinée,le
sentiment
d'exhumer ou d'exhiber
les
derniers
témoignages
sur"la
vie
et ,les
instiiutions d'une
Afrique
traditionnelle
en
voie
d'être
submergée
par des apports
occidentaux
et
islamo-arabes.
.

-
13 -
~ôrtlculière6.
Dans
les
langues
à
class~s,
les
premiers
nomb.se
(de
un à
quat.e
ou
à
six,
selon lIes
cas)
appar-
18
tiennent
aw
système des
classes."
.
Cette
présentation comme on
le
voit,
véhicule
une
double
informa-
i
tion
le questionnaire est
concerné
par
les
noms 'des
vingt-neuf
premiers
numéraux
cardinaux
toute enquête sur
les systèmes
numéraux cardinaux doit
prendre
garde aux r~gles régissant
l'ac-
cord
de
classe ~ui s'applique è
certains
nombres
lorsque
la
langue
est
une
langue' ~ classes.
Et
cela
est
d'autant
pl~s important que
1
les
langues ,africaines
se
partagent
entre celles qui
possèdent
des
1
19
classes
nominales
et
les
autres
.
1
_
Le deuxième
repere dans
les
travaux de
linguistique
africaine est :caractérisé par le fait
que
les études
modernes
ou contemporaines
de
langues,africaines
étant
d'abord
soucieuses
d'asseoir
les
bases
scientifiques
de
la connai:;;sance d'une
langue
donnée,
elles
consacrent
leurs
premiers
efforts à
la description
et
è
l'analyse
phonologique
et/ou morphosyntaxique l de
cette
langue.
,
1
Aussi
ne
consacrent-elles
au
système
numéral
cardi',nal
(et
aussi
au
s y s t ème
nu mé ra 1 0 rd i na 1)
que
1 e s t ; i c t
min i mu m ip 0 u r i Il us t r e r
.
i
1 e cas qu' ils
con s t i tue n t
par mil e s
nom i n a u x.
Gé n é!r ale men t,
ces
20
études
vont
jusqu'au
nombre
"cent" et
indiquent Ile
nom du
nombre
"mille".
Elles
présentent
également
les
différents
types
de
18.
J.L.
OONEUX
Questionnairesd'enqu~te
linguistique
des-
tinés
aux langues
n~gro-africaines (Greenberg-Welmers),
texte
anglais-texte
français,
présentation
et
traduction
par J .L.
DONEUX,
texte multigr.,
Bibliothèque Université de
Dakar.
19.
Cette distinction
a été
notée
dès
les
premiers
travaux
de certains
auteurs
des
deux
premières
cat8Gories
(missionnaires
et administrateurs
coloniaux).
Cf.,
Bibliographie.
20.
Il
est
heureux
que
des
thèses
de
Troisièmf
cycle en
lin-
gui s t i que
a f r i c a i n e
sem u 1 t i pli e n t
pou r
mie u x f a i rie con n ait r e
les
langues
du Continent.
1
1

syntagmes
cons'~ructit\\les autour de certains nombres -ll,lliul'!;
(cinq,
dix,
vingt,
cent,
mille)
en
l~s assortissant d'illustra-
tians et d'exemples qui mettent
er1
relief
la
pertinence de
l'appli-
cation des
règles
grammaticales.
Mais
ces études descriptiv85 dont
ce
n'est
du
reste
pas
l'objet
principal,
ne
s'occupent
pas
des
grands
nombres.
Or,
le principal
intérêt
de
la
réflexion
sur
les
systèmes de
numération est de
savoir
s ' i l s
savent
10mmer de grands
nombres
sinon
pourquoi
? Si oui comment
?
Aussi,
s'agissait-il

d'une
lacune qui Irestait
égale-
~oir
ment
à
combler
et
ou
comblement
de
laquelle,
et
certaine,
langues,
des
linguistes
commencent
à
contribuer.
C1tons quelques
exemples
les
écrits du R.P.
A.
Prost
sur
les
sys
èmes
de
numéra-
tion des
langues
voltaïques
et
sur
ceux
du
Mandé
S~d21 L'étude
de E.
Grandet
sur c8rtaine5
lungu8s
de
Côte d'IVoiJO(1!ln.
La
mûmui'
Burki~a
re de
linguistique de Ouedraogo A.
Michel du
Faso
sur
"la
numération orale
de,
Moo,e" (1985).
Ln
peut
égalemelt
citer
l ' arti-
cIe
de Oafrassi Jean-François
Sanau
sur
"le
systèma de
numération
1
.
\\
du Jula,
vestiges
d'une
organisation quinaire
(in 1ctes du collo-
que de socio-linguistique,
Ouagadougou,
1983).
Certains d'entre
ces
travaux révèlent
que dans
certaines
langues
af~icaines on
1
sait
exprimer dB
grands
nombres,
et
qu'en
plus
i l
y
a
possibilité
d'y obsorver
l'6tazement des
puissances
successiveo de
la base,
i
ce
.
qUl
n • es t
1
d
pas
e cas
e
t ou t
1
1
f
. ' .
es
es
angues
a
rldalnes 22 .
1
Il faut
toutefois
remarquer que
les
travaux
récents
de
linguistique 'Sur
le
système
numéral
cardinal
n"accordent
pas
une
21.
Voir Bibliographie
22.
En
appendice
de
la première
partie de
ce
travail
on trou-
,
vera
une
synthèse
sur
l.'expression des
puissances
successives de
1.
la base dans différentes
langues
de
l'Afrique
de
l~Ouest.
....
;

1 5
-
23
grande
place à
l'étude
comparative
;
En règle

éraIe,
le cher-
cheur s'en
tient
à
une
langue
(surtout celle qu'il
parle)
et
laisse
à
cJ 'autres
18 éiuin d 'enfail'o autdnt
pour
leur
pl' ·I-Jre
lûnguu, UI\\
attendant
qu'avec
de meilleures
conditions
et
la lUltiPlication
des
études
spécialisées,
i l
soit
possible de mett1e
en
commun
les
~ résultats. En outre, ils continuent de s'intéress~r presque excJu-
sivement aux
aspects
linguistiques
et
très
peu aux propriétés
mathématiques
des
systèmes
de numération cardinale.
Tout
se
passe
comme si
la tâche
était
laissée aux mathématiciens.
!
Justement
bes
derniers
constituent .la c~nquième catégo-
!
rie dont
nous
avons
signalé
les
écrits
sur
les
nu~érations afri-
ca in es.
Sur un
pl ù n g é n é ra l,
l ù
con tri but ion des
s,c i e n t i f i q u
1
8 S
africains
à
l'explication des
productions africaines
en matière
1
de
techniques
du
côlcul
et du
rôisonnement,. est
paissée
par trois
phases.
Il
Y a ~'abord celles des historiens relat~nt l'activité
intellectuelle dans
les
grands
centres
urbains
de J'Afrique
pré-
24
1
colon i ale,
be l
Tom b 0 u c t 0 u
0 Ù
l a
log i que d' Aris t 0 te,
l a Rhé t 0 -
rique,
l'astronomie et
le droit
islami~ue étaient étudiés et
_ 25
commentes
.
La
d~uxième phase, dans la mouvance des années d'incJé-
pendance des
anciennes
colon1es,
et
conformément
à
lô volonté des
23.
Ce
n'est
évidemment
vrai
ni
pour GRANDET"
ni
pour le
R.P.
PROST,
ni
pour les
grands
pionniers
comme
DEL~FOSSE qui
n'étaient
pas
eux
habités
par
l'obsession de
la specialisation.
!
24.
Voir entre autres
Cheikh Anta
DIOP:
Afrique Noire pré-
.coloniale,
Paris,
Présence africaine
-
IBN Khaldour
(Bilad al-
Sudan),
SAADI
(Tarikes Sudanl
et
DELA~OSSE (Haut-Sénégal,
Niger),
etc.
25.
Oans
cette même foulée,
il
faut
citer
la
thèse
de
Cheikh
Anta
DIOP selon
laquelle
il
faut
voir entre
l'Egyp~e pharaonique
et
l'Afrique
noire
un même tissu
culturel
devant
justifier un
héri-
tage
intellectuel qui
se
serait
conservé par exemp~e dans la con-
ception des
dogon du
système de Sirius
(cf.
Civili
ation ou Barbarie,
Présence africaine,
1981 1 .

1 6
élites africaines
de
contribuor à
la
réhabilitatiqn des
langues
,
nationales,
voit
apparaitre
les
premières
traduct~ons des théo-
i
26
'
\\
ries
scientifiques
en
longuD5
oFricainos
:
1
C ü t L u
U TI L l' U P r .l S 0
[1 lJ I.?
C urt L.l i n 5
mù t il ô mfJ tic: i 8 n 3
Il [J 1J T' ! 1 1J 1\\1 1! '1 L
1
encorc,
vise Q muntrer
lu u
l
ljUO
,
LIll g U 13 S
ü f l' i c a i ne s s 0 n t
c l3 pLI LJ ll~ S
1
1
d'abstraction
et
par conséquent d'exprimer
les
concepts math~ma-
tiques
les plus
élabor~s. Un tel travail qui suppose de la part
de
leurs
auteurs
une' égale maîtrise des
connaissances mathémati-
ques
et de
la
langue de
leur terroir' ne manque
évidemment
pas
d'intérêt
puisqu'il
implique
n~cessairement un réel effort de
rechercha c..Ic
concapLs dan8
la
lélneUG
en'qul3stion et
pürfuis l'ubli-
gation d'en
créer ou de déterminer
les
conditions d'un
emprunt
in é vit ab le à
des
la n gue s
é t l'an g ère s
(f l'an ç ais,
an g ~ ais,
a rab e, et c . ) .
Il
s'agit même
d'un
véritable
laborato,ire pour
la mise
en
applica-
1
tion
actuelle
ou future
de
programmes
nationaux
d'~nseignement
des
mathématiques
dans
les
langues
autochtones.
Ler
mathémati-
ciens
af~icains engagés dans cette expérience devr nt sQns doute
faire
le
point
un
jour sur
les
résultats
globaux
a
xquels
ils
sont
parvenus et
peut-être alors
prendront-ils en
compt
la dimension
historique qui fait
pour
le moment défaut,dans
leu
s
travaux,
dimension
historique qui
est
un facteur de
premier\\ordre
pour jus-
t e men t
" e n ra c i n el'''
l a s cie n c e m0 der n e dan s I ' hum us \\ 0 u l e t 8 r r C il U
d'une
culture avec
laquelle
la
langue
entretient
djs
liens
dia-
lectiques
complexes.
Même
si
l'on
privilégie
le fa 1t tout à fait
,
évident quc' l'écriture des
nombres,
des
quantités
e~ de leurs rela-
tions
s'effectue
par des
signes qui
ne
renvoient
pds
nécessairement
26.
Par exemple
Cheikh Anta DIOP
"Comment
e~raciner la
science dans
la .. culture africaine",
IFAN,
mais
aus~i les nombreux
programmes d'alphabétisation dans
les
langues
afri~aines depuis
les
indépendances.
l

- 17 -
b des
réalités
immédiatco et
que
ue
ce
f~it. l'esspntie1 du tra-
vail
mathématique
est
d'ordre
conventionnel
pour
18s
notations
1
et
requiert
le
raisonnement
rOUI'
ses
procédures.
i~ n'uil L!(lIlIBUr'e
pas moi n s
dans
une
largue
d~ tl'auition
Cl u 8 , l ' 8 X pre ss ion
des
n a fil b l'es
r
1
orale
co~purto dos particularit~s dont i 1 f dUt pre l d r ecu n sei IJ r1l~ 8
e t
jan t
1 e s
e f f 8 t s
5 u r l ' i n tel 1 i g i b i 1 i t é
des
é n O,il C s e t ci e s
défi
J
0 rll -
,
27
brernents
ne
peuvent
1aiss3r incJifferents
Enfin,
la
troisieme
phase
dE
la
contribu
ion des mathé-
maticiens,
phase
récente
et
encore
peu
développée
tst
marquée
par
le
souci
de
découvrir
la ou
les
logique(s)
qUi\\animent
les
t8cnniqu8s
et
systumes
relôtifs
au
cc:l1cul
et
Q
la
pumuration.
1
Certains mathématiciens
africains
s'intéressent
~ t'étUde syste-
III El L 1 que
d f.:l S
st r ü t
afr'icains
et
c8rtai~s sont en~d~~G
\\oj cie 5
U 8
jeu x
i
dans
des
trèvôux
qui
n'ont
pas
encore
fait
l'objet Ide
ruh1iciJtinnL'tl.
Entre
autres,
les
rencontres
inter-IREn en Afrique 'sont
aussi
des
occasions
oe
communications
sur
des
probltmes
d8te~rnir1és concernant
l'ensei,gnement '[jes mathérnatiques
En
langues
africaines.
et
si
les
questions
pécagogiqu8s
semblent y
constituer
la
préoccupation
majeure,
on
y
enregistre
également,
parfois
des
contributions
.
('9
th~Jriques sur
l'8xpressiJn des
r,ombres
dans
ces
lanliues
27.
L'analyse de
ces
pûrticularités
conslitueune
p~rt impor-
t él n t e d e
1 él
r 6 f le x ion
f ,r 0 p 0 ~>t;; e
r~ ü n s
c e t r El v ail
sur
1 e 5
Il U ni Ô r il U X
car .1 i Il a U x,
sur' t 0 u t
pou l'ca
(1 LJ i
con C e r n 8
l ' 8 X pre s s ion d 8 S
i', [' LI nI 1;,
,
IIOlilbrcs.
1
2B.
C'est
le
CdS
de
TRADRt,
Directeur de
l'IRdM de ~iamey
iJ u
I~ i gel'.
III fa u t a u s si, sig na 1er
l ' 0 u v ra Ee
de A.
û E L E L l CC 8 t
A.
POPOVA,
I.ari
et Solo,
Paris.
ClDIC,
1f:j77.
S'agissant
toujours
des
stratégies
de
jeux,
bien qu'effectuée
dans
le
cddre
ue
travdux
d'ethnologie
i l
y a
eu
auparJvant
la
thèse
cornp1dJnel1toire
de
f1 arc e 1
GR lA L LE,
" Jeu x d ~ g 0 n s " .
2 8.
Par e x,e 111 p 1 e '1' 8 t u d e
cJ e
he n ri
r-1 AGOA LErJA
" L ' exp r e s s ion J u
nornbre
en Er.,pir'e
centrafricain",
Collpque inter-IREM d'Abidhan
(Février 1978).
Il
y
aborde
le
problème
de
la
puissance ue
la
base.

-
18 -
Parmi
les
truVc:lUX
recents
J8
nlathérnüticiens
sur
les
,
d
"
t '
f ' c
. ns
ce lu l'
de
[1adame
Dominique
systemes
e
numera
lon a
rl
al

. ,
l J ,J
ait
encore
au
f1i.di
et
au
Sanega
Guegdn
consdcr~ au
Niger.
of'
Le
prerr,',l'er
n·,~rl·te de ce trav~il est de s'ins-
figure
d e
rB
erence.
~
.1

n
prenant
en
consiu8-
crire
dans
une
perspectiv2
u8
comparalson
e
i
ration
des
lanEues
et
dialectes
pDrl~s dans ces ditF~rents puys
pou l'CO III pre nul' e
l 8 S
dl f f ~ l'en tes s t l'cl t é g i e s de leu r \\ n u ln é rat ion.
Ensuite
l'auteur
s ' e s t
efforc.J8
Udns
son
enquête.
~'ulJt8nir le
1
plus
d'informations
possibles
sur
l'expression des \\grandS
nombres,
ce
qui.
encore
une
fois
constituE
une
question
impdrtante.
L'un
!
1
des
principiJux
1:lùrites
ue
cette
iJtucJe
se
trouve
jt;Jlelllent
cLïns
C;DTistructiorl
uas
norotJl'8S
(le
liLerl
n u 111 0 r il l / s y Tl t lj Lili 8 ).
L Tl fil \\ •
elle
se
tero,ine
par
une
réflexion
sur
les
critères 'de déterrnin,j-
tion d,'une
véritable
bLlse
quinairE.
en
pensant
Q
c~lle
de
cer-
j
taines
numérations
Ouest
atlantiques
(qui
ont
une
f'ausse
base
1
1
quinaire).
Et
ce
n'est
pas
le
moir,ure
mérite
qe
cetjte
entreprise
d'avoir
invité
les
chercheurs
intÉressés
par
ce,ttequestion iJ
a l 1er
plu s
loi n d cl n s
l 8 5
i n v est i g f. t ion s e t
à, 5 e
p r ép C C u pel'
des
l'es sou l'ce s
cl e
l a
la ng u 8
et
de
1 cJ
cul t ure
sus cep t i b Le s
d' [. c 1 cJi T' 8 l
les
dérnarclles
intellectuelles
sous-jacEntes
aux
dénpmbreo,ents
et
il
Id
fOr'II\\LlL:i.utll
lil:fJ
clYl1tiJEIJll!~'. r;lJIIi;itton d'ulle IlIui.lloLJro
rIPP'IIt:'ll!
,
pour
l'enseignenJent
du
calcul
et
Ge
l'arithmétique
dans
les
lan-
.
,
31
gues
a f rlcalnes
.
On
ne
souli2nera
jamais
assez
la
p8rtinencc
de
certai nes
de, ses
'.
ml.ses
el1
LùrU8
contre
la
pr8cipitation.
l'insu·f-
fisance
de
la
recherche,
ln trùuuction
de
travaux
de
mathÉmatique
,
1
en
passant
par
exemple
ou
frùnçais
aux
langues
r,1ationules.
etc.
30.
Dominique
GUE GAN
Enseignement
et
mathématiçues
en
lan-
yues
africaines,
Paris.
A.C.C.T.
~.
31.
Depuis.
el18
sernole
être
elle-mêma
eJélns
cettl1
VUiR
8 t
entreprend
Ges
recherches
,J
prüpuc.
du
Ilousa.

- 19 -
L t; s
1 i III i t e Cl
cJ [3
C [3 t l !J
~ t 1.J cJ e cJ eCu e fj ans LJ n t cel' t é.J i Il e III e n t
due5
en
grande
partie
~ 13 finalité assignée ~ so~ enquête par
,
r r t
l '

] '
IJ 1 1 1 l
] • <1 l', 1~ Il 1: , ,
l • :L n s t i t LI t :i. 0 n
c: Cl 1Il rIl ,-1I1f 1i LiLl' I!.
1 /1
1~
[)
,
1
1] p l ' 11 fi
L I ,
~ J
,
1
1
,
t '
1 l
Il e
,t
te c' h r'll' que
",' dt t en da i t, i)
de u x
t y P B S
de
coop8ra
lon cu
ure
!J
-
,
de
r6sultiJts
prerliii.;rernent
" Il r' ~ " c n ter
1 8 S
exp Li rie Il ces
cJ L: j ~I
<
"
existantes
tendant
à
faire
ressortir
l ' e f f o r t
d'utilisation des
langues
natiqndles
comme
meuium
~ans trois pays d'Afrique franco-
pho ne
Mal i ,
r~ i g e r, Sé n é gal (p rés e n t a t ion C0 mpar a ~ ive ). [. eux i [; rn e -
mene
"plus
particulièrernent
la
problématique
li8e
~ l'enseignement
du
calcul
en
lungues
nationales",
,
le
but
8tant
de
structure
qui
candlise ,ces
te ntatives".
Enfin" étude
des
rUrn8I'd-
tiuns
cJéJfl!J
lo~-, t:juin/u Lln)~lll';, utlllSI18!:i diJIIS cles exp6I'iurlcL.1~ 1'1"'-
,
,
"
" 3 L'
S 8 n l uu s
p r (Je (JU UIII/ne nt
Compte
tenu de
ces
objectifs,
cette
enquête
ne
pouvrJit
manquer
cJe porter'
les
rnarques' ~j'urle ~tUdB essentiel;tement SYllcllro-
J3
nique
et
d'une
fir,31itÉ.
irnmÉ.cJiùtenlent
pratique
Or
l ' Ctude
COII/-
parative
gagne,
lorsque
les
conditions
s'y
prêtent,là
intÉgrer
1
la
jiTllension diachronique, sertout
lorsque,
comme
l~ souhaite
cette mathÉ:n.aticienne
française
rassionnf,e
ue
lÙlculture
afri-
1
1
ca i ne
et (d ' e ns e i L ne ni e nt
des
s cie r. c (} s e n FI f r i que',
les
chelctH;UI'S
veulent
comprqncJr'e 8t
expliquer'

que
l'on pourra~t appeler
32.
[J 0 n~ i ni que
GLJ E GA~;,
op.
ci t. 1
i nt l' 0 duc t ion.
33.
D'autùnt
que,
C0ll1nl8
l'inuiquc
le
sous-tit
e
du
livre
(exp8riences
connues
Et
i-Tobll:::lTiatique
de
l'enseign me nt
uu
calcul )'<
b i e n sou vent i 1 e s
mat Ér i a u x
d e s 0 r,
a r,a i y se. 1 u i
0 nt
tÉ:
livrés
par
des
cent l' e s
p éd ù Gog i que sou
lirE u i 5 t i que s
na t i 0 r.J u
dont
1 e s
eXl:-' L -
riences font
diffE:rentes
les
unes
Les
autres
Étaien
d8jà
en
cours.

- 20 -
"1 'LlrchC;oloCic"
des ,procC<Jl1res
Ul:
UCrlUITlUI'elllellt
Jans
les
sysL(~"lus
,
:34
den u m ér a t ion' a f rie a i ns
l
-
t '
l'dl' raIe
avec
leurs me'rites
et
leurs
problème
de
a
numera
lon ca
,
,
i rauffisances
mais
bgalernent
leur
in8gale
importa~ce. Cette réca-
1
' t
l
t '
"
' i -
Lleilluilt
url 1"JL('Ourci
'lul'
('n
t
nt
que
tHl
III;
pl' u a ' lO n,
l
1If~V l
u iJ
J
( , , '
c
-
peut
manquer
d'avoir
laissé dans
l'ombre
des
noms
d'auteurs
et
des
t i t r e s
cie travùux,
\\=uur
s'utt<lcher
ZJ
faire
res,sortir
les
grandes
tenda'nces
des
~tudes consacrées à la
était
nÉcessaire
à
la
fois
pour
1'8 r,dre
hommage
ZJ
de
pionniers
de
toutes
nationùlitLs
et
puur
fix8r
les
principaux
r8sultéJts
c)cquis.
coup
de
se faire
une
id~e de
ce
qui
reste
à
faire
rn ér i t e
d'être
poursuivi.
P~rnli
les
questions
qui
SEmblent
avoir
reçu
unE.
r~ponse
d 8f i ni t ive
i l
Y a c e Il e
de s o i f f lT 8 nt 5
ty pe s
d e
~ ais e. 0 a r, sIe
Dictionnaire àes
civilisations
africaines,
à
l ' a r t i c l e
"~umérd-
1
t ion",
Bal a nd i e r
e t
f1 a que t
8 cri van t
i
1
1
\\
" LaI i n gui s t i que
i r,d i que que
t 0 ut es
les
:nu m é rat ion s
nbgro-africai nes
ont

avoir
une
buse
51 (cinq)
les
Africains
sont
passés
par
la
suite à
un système
à
L1E1SC
10
(dix)
actuel18ment
le
plus
rl:[lùndu,
biE.n
que,
1
dans
le
grou~e linGuistique Kwa
(Akan,
EI"Je,
Yoruba)
i l
se
combine
avec
un
système
à
base 28.: Certains
obser-
vateurs
ont
cru
d~celer chez
les
Pygmées
et
ddns
le
,
34.
E t
î l n ' y a rie n d e p 8 j 0 r <3 tif dan 5
cet t 8
e x pl' es 5 ion
loI' 5 -
q U • ;] n sai t ,
r:;o ur
pl' End l'eu n
ex em r: l e s ibn i fic a t i f ,
et
à
a ~ s 5 e in,
que
la
Grèce
antique
au
service
de
laquelle
~'est tnise une vaste
érujition et
depJis
si' lonbternr-s,
fait
encore
l'ùbjet
d'interroga-
tions
sur
ce
qLje
furent
réellemer,t
1<3
vie et
l'imahination de
ceux
a v e c
qui
c mil rn en ç é.l
l e " rn ira c ln"
:J l?
l ' hi s toi ,r e
d e I 'lJ cci den t .

21
groupe
Khoi-san
(L:UstH'IEH:
et
Hottentots)
f8S
trélC8S
.\\ l ,
'
1 .
,'1
l, ) , l ',", ('
'. '
Il,, l " ',',
\\ ',1 ~
l'Il'j Il \\
(' ~', 1
: Il 111. l' ( \\ V (~l ~', l ,
( l
UII
~;y~; ,.'III(~
\\
Ln
véritÉ;.
deux
fdits
seuls
semblent
larfement
vérifii'i-
b les
les
t r ace sou
sur v i v
81
ù n ces
,J ' une un cie ri rIf.; b û S
5
e t
l e p a s s él Le
à
la
base 10.
Ce
qui
siê,nific[;u'on
n'est
p l S
encore
uispensl
!
de
chercher
d
en savoir
plus
sur
les
autres
questibns.
pol'
exem-
!
i
p I e :
dans
quelles
cünditior,s
s ' e s t
opérÉ
le
passa~e de 5 à 10?
S'a gis sai t - i I d e
s y s t ème s
co mbina nt
une
base
5
ave~ d'autres bases
1
plus
É.lev~es que 5 et 10 ? Comment dans un système'i la base 10 se
combine-t-elle
avec
u·ne
base
20?
Laquelle
de
ces
dieux
est
la
1
1
principale.
et laquelle est la ~~se auxiliaire ? Cè sont au t d fi t
!
de
questions
qui
exigent
Jes
l.tuc.:es
de
cas.
la
multiplicatior.
pu i:>
l (j
c 0 111 r d r él i s ü ri cl e
ce s
L t u (j ES.
P al'
e x e m pIe •
lot s que
l a
fi u !Tl l:-
ration locale
est
utilisr;e
concurremment
avec
la
nl,lffl8ration
éH'êllle
comlne
c'est
le
CdS
du
l·laU3é.l
et
[JU
S\\\\Iahili.
i l
faut
pouvoir
déter-
min 3 l'no n
s e u l e 'm e n t
les
e m ~r u n L sn. ais
a u s s i l e s
8 f ~ e t s
É:. ven t u 8 l s
,
de
CeS
ernl:Jrufits
sur
le
nloJc d'dp~rcherlsion du
nombre
et
les
per-
formances
de
l ' ô r t
de
compter.
On
uispose
aujourd'hui
d'une
meilleure
information sur
1
les règles
qui :sorlt
2J
l'oeuvre déJns
Id
construction des
synt<J~rIl8s
nurn Ur' éJU x
scilèllie
ùcJditif,
SCrl!mE
rnulti[Jlicatif.
combinaison
·1
dG
scilàmes
uuuitifs
8t
multiplicé.;tifs.
ou
ue
pl,u~3iEiurs sclll:mes
J6
additifs,
ou
de
plusieurs
schèmes mUltiP'licatifs
., Ces
co nstruc-
!
tions
qui
sont
8troitGmef,t
lil.GS
Q
l'existence
ue
el
ou
tel
tYP8
35.
BALANDIER
et
~IA(JUET, Victionn~ire cies civiilisations afri-
c a i il. es,
Par i s,
F.
Ha zan.
1 9 6 Ô, . art icI e
"n u rn ér a t i Cl n" \\•
p •
~ 9 9 .
1
36.
AVLC
un
morphème de coorcination
lorsqu9
l,a
sbquence
n'est
pas
ifTl!Tl€:diate
entre un
nombrc(ou
un Groupe dei
nombresJ
I.:t
un au tr e.'

22
37
de
base
constituent
pour
l'étude des
systèmes
de
numération
,
1
un
champ d'investigation
d'une grande
richesse pour savoir
l'axprosdlun Llos
l',rûlllje;
IlUll1UrOs
ust
apte
iJ
f~cilitol' url
lléveloppe l18nL
Llu
calcul Llû'r,,;
l
i d
liHl~U8 et le système corl~;iLluI·lJ.
Ce qui montre encoro
uno
fols
quo
pour importants que
soient
ces acquis, ils
no
no~s di~pensent pas pour le moment de multi-
plier à
la fois
16s monographies
et
les études
comparatives.
N'étant
à
proprem~nt parler ni oeuvre de linguiste ni
travail
de mathématicien alors
que
le sujet
et
les
problèmes
1
,
1
qu'il
soulève
inciteraient
à
penser qu'il
S'agit
de
l'un ou
1
de
l'autre
(ou
de
l'un
ct
de
l'autre),
nous
penfons qu'il
sied
t ·
d'
l
'1 .
,
d a van t a ~ 8
cJ B
l 1 ir! li cri l'l~
Ll iHl S
l d
pel' s p e c
l V 8
u 1'18 P r (' 11 st () 1 /' ("
1
1
et
d'une histoire
de la pens6e
logi~ue et math~r'atique négro-
africaine, (section
arts
et
tecllniques).
1
A ceux qu'un tel intitutlé surprendrai
surtout à
cau se dut e rm e "p l' é hi s toi re",
et
qui
y ver l' aie n t
a
reconduction
plus
ou moins
inconsciente d'une
idéologie de
p rtage
réservant
à
l'Occident
l'histoire
et
confinant
les
autres
peuples dans
la
préhistoire,
il
convient
de
rappeler que
ce
erme en matière
d'étude
épistémologique
n'a
aucun
contenu
péjor t i f .
Il
suffit
pour s'en
convaincre de
songer qu'en Grèce,
c'e t
avec Euclide
que
commence
ce qu'on peut
pppeler
l'histoire d s mathématiques.
Cependant,
qui douterait
que
Thalès
et
les
pyth goriciens,
les
Eléates,
Platon et
Aristote aient
contribué
grardement
à
l'essor
do
cette discipline
1
En
m6me
tomps,
cette 6clotion
ne
fut
P il ~_J
,
1
37.
Un 'système de
numération
ayant
une
bas~ 5 est condamné
plus qu'un
autre
à
énoncer certains
nombres
avet moins
d'écono-
mie
par exemple
le
nombre
16
ou
19
ou 36,
et ci.
!

23
seulement
le fruit
d'unG
succession
d'oeuvrGs de
math8maticien~j,
de
logiciens
et
de
philosophes,
elle fut
aussi
l'a
résultantu
1
1
de
toute cette activité
et
du cadre
social
ue
la
cité
grecL1lJu
ainsi
que
des disciplines,
des
systèmes de
représentation
pt
des
pratiques
dont
certains
n'avaient
pas
de
rapport
évident
avec
la Science.
Il
serait
évidemment
absu~de, voire présomptueux de
prendre
prétexte du
cas
de
la
Grèce pour vouloir retrouver
coûte
que
coûte ailleurs
les mêmes
manifestations
de
l'histoire
tumultueuse
et
imprévisible de
la
Raison.
Il
s'agit
plutôt de
prendre en
considération cette constatation que,
nulle
part,
1
1 a
Sc i e n c e n ' a
é t 6
le fa i t
d' un" pro jet volon t a rii ste"
de
pas~; f~ r
du
jour au
londemain
dG
l'erreur et
de
l'ignOra1ce
à
la
lumi~re
o t
à
1 a
v é rit 6,
0 t
qu' a u con t rai r e
e Ile est
t 0 u j io urs
1 e
r' u" u 1 t él t
d'une
longue
gestation,
même
si
par moments
des !figures
histo-
1
riques,
tels'un
Euclide,
un
08scartes,
etc.
montirent
la voie
1
du
progrès
scientifique.
1
:
En
uutre,
s'agissant
de
l'étude
de
la
n!umération orale,
dont
une grande
partie a
ses
origines dans, un
l~ng passé au cours
1
1
duquel
l'absence d'une
tradition
de
pensée
a f r i c~a i ne é cri t e
1
n'a
pas
permi.s
la
conversation des
connaissance~ sous une forme
,
matérielle
durable
et
analysable,
i l
est
juste ~u'un principe
1
de
périodi,sation
soit
introduit
dans
ce domaine !et qu'il
pUI'mutLu
1
d'identifier ce
qui
au
regard
du
présent
et
de
la modernité
différencie
qualitat~vement les moments de
la vie
pensive
et
expériencielle
de~ Africains.
Mais
il
est
bien évident
que
si
pour
la détermination
,
1
de
ce
principe de
périodisation,
le
critère de
l'écrit
fait
partie des
conditions
nécessaires
de
paSSage de
la préhistoire

-
24
-
d'une scienoe
~
son
histoire,
ce même critère ne
saurait
tenir
!
i
lieu de
condition
suffisQn~e. Autrement, il faudrait en induire
,
irnmud:Lüturnunt.
qur~ les Ul(lillil do l'UnJvorsitô de 8Qnkor(1;\\ 1'\\1\\111
que
de
l'empire du Srnghat,
qui
pratiquaient
Rhétorique,
logi-
que
d'Aristote et 'droit musulman en
langue
arab~ écrite, avaient
ouvert
l'ùre cJ'uno
scienco uvec
la'quolle
on aur~it att8inL url
point de non
retour.
Ce qui 'n'est bien
sûr
pas
le
cas.
Il est
vrai que
si,
comme
le souhaitait
le
regretté
Cheikh Anta Diop38
on
inclut
l'histoire de
l'Egypte ancienne
1
dans celle globale
des
peuples
négro-africains, ion
se trouverait
devant
une situation qui
contredirait
l'argu~ent! précédent
à
1
savoir que
ce cas de
l'Egypte prouverait qu'il
~'y a
pas de
1
point de non
retour et qu'une
civilisation peut irégresser sur
des
points
précis,
seul moyen de
justifier alors
l'énorme fossé
qui
s'est établi
entre d'une
part
une
science égyptienne
attes-
tée,
et
d'autre
part
une
pensée
négra-africaine à
propos
de
laquelle maints
auteurs
ont
établi
des 'parentés
avec celle de
l'époque
des
pharaons,
mais
une
pensée
négra-africaine dont
i l
faut
bien reconnaitre qu'elle
ne
nous
fait
enccirr parvenir que
de
faibles
signaux
sur
ce que furent
ses
rapportr
avec
un
savoir positif
et qui,
pour ses
performances, se
erait doté
d l '
d t '
1 , , 3 9
une
conSClence
e
ra
lonô
ltu
.
Si par conséquent
l'écrit est
condition
nécessaire
mois
non
suffisante,
il
faudrait
s'en
tenir peut~~tre pour le
30.
Et
comme
il
a
tonté de
le démontrer taule
sa
vie
du-
rant,
dans
son
abondante oeuvre
(cf.
:
Bibliographie).
i
39.
Ce qui
ne
saurait
être
confondu, ni
avec! le
problème
d'une
histoire authentique
de
l'Afrique. ni
avec
celui des
va-
leurs
de
civilisation,
s ' i l
est
vrai que de' nombreuses
socié-
tés
du
passé ,
dont
celles de
l ' Afrique ,
de
l 'Asie et de
l'Orient
ont
bâti de
brillantes civilisations qui
ne devaient
rien à
que
\\l,"~.
nous
entendons
aujourd'hui
par Science.

25
-
,
moment
à
cette idée que
les études déjà
exis,tan es
et d'autres
à venir peuvent
certes
nous
aider à mieux comprendre ce qu'est
la préhistoire de
la
logique
et
des mathématiqu~s en Afrique
,
Noire,
mais
que
rien
ne
nous
permet
pour
le mom nt,
au
sens
épistémologique où
nous
l'entendons,
de
parler
e
leur
histoire,
c'est-à-dire d'un
événement
intellectuel,
autoc
tone et
instau-
rateur d'une
nouvelle ère.
Tout
au
plus
peut-on
supposer,
à
l'instar de
ce qu'a révélé
le débat
sur
la prob ématique de
l'existence d'une
philosophie africaine,
que
sa
s
nos
yeux
et
parfois à
notre
insu,
mais
maintenant
seulement1° démarre
avec
les
travaux des
chercheurs
et
universitaires
af~icains et
\\
autres,
ce que
plus
tard
on
roconnaitra
comme
é~ant une attitude
1;
th6tiquo.
u n
li l ~j c U U l' s e t
un u p r û t 1 que
con~; c 1 U Il t ~;! Ll u leul'J PI'U-
~
cédures et
soucieux de
soumettre
celles-ci
à
de~ preuves.
Ces'précisions,
loin, de disqualifier
l~ préhistoire
,
de
la
logique et des mathématiques en Afrique,
~ous invitent
1
au contraire
à
parfaire notre
connaissance de
centaines d'années
d'expérience accumulée, de
peuples qui ont
légué
à
l'Afrique de
,
notre
époqûe des
techniques,
dBs
langues,
des
spéculations et
des modes de
représentations divers qui,
quoi
qu:'on
fasse,
cons-
titu8nt
le
t9rreûu
sur
loquel
l'avenir de
la science africaine
sera b§ti
parce que
les
Af~icains sauront,
dans ~e qu'ils
furent
et dans
ce qu'ils
sont
aujourd'hui,
discerner
le
bon grain de
l'ivraie.
Le 'cùdrr?
th80riquQ
E6nGral
étant
ainsi
tracé,
il
con-
vient
à
pr6sent
de
préciser
les
limites concrètes de
notre
entreprise.
Car si dans
le vaste
champ de
la préhistoire de
la
logique
et
des mathématiques.
les
systèmes de
numération
~.
40.
Mais
ce
"maintenant" incluerait
les oeuvres des
pion-
niers dont
nous
avons
parlé.
1

-
26
-
1
1
constituent
un domaine aux contours
plus
nets,
~l reste que
i
l'Afrique
Noire à
elle seule forme
presque
un c9ntinent dont
i
les
régions et
les cultures
locales
portent
bie~ souvent les
1
.
re'cente
ou
lOl'ntaine a'
l~ fois sembla-
marques d'une
hist~ir8
l
1
41
bles
et
différentes
.
Aussi,
en matière
de
sY5~ème5 de numéra-
l
tion,
avons-nous
jugé plus
conforme
à
nôs
moyen~ d'investigation
l
,
de
nous
limiter à
l'effort
d'élucidation
d'un
p~oblème, celui
,
là m§me
qu~ sert de fil conducteur unique à toute l'analyse que
contient
ce
travail
: réfléchir sur la na~ure du principe d'or-
dre
autour dMquel
s'organisent
des
systèmes
de
numération cardi-
naIs
et
dos
systGmes
nun,Griques
symboliques de
~a famille Congo/
,
Niger Kordofanienne.
,
InitiLlIBnJenL,
notr8
projet
était
d'~tudier cette ques-
tian
à
l'éc~Bl18 de l'Afri~u8 de l'Ouest.
Cette r6~ion fut
du
Moyen-Age
à
la Conquête
coloniale 'un espace dynamique
de
circu-
1
!
lation et
d'échanges
entre
nations
voisines,
vouées
souvent
à
des
activités
économiques
complémentaires
et
imRliquées dans des
1
structures
sociales variées.
1
L'étude des
systèmes de
numération de
Gette
région
1
nous
semblait
recéler
l'avantage de
pouvoir présenter
le
plus
!
1
de
cas différents
possibles afin que
la méthode [comparative
que
nous
entendons
mettre au
sorvico
du
projet, Iy
trouve
la
matière
qui
convient.
41.
Malgré
les différences
et
la variété d s
expériences,
certaines
questions
qui
furent
longtemps
présen ées
comme des
obstacles à
une
connaissance
globale
de
l'Afriq e
ont
commencé
d'être
battues
en
brèche.
Il
en est
ainsi
du
ca
des
langues,
dialectes
et
parlers,
estimés à
plusieurs
centa"nes
à
travers
le Continent
et
dont
on
sait
aujourd'hui,
depui
les
classifica-
tions
de
DELAFOSSE,
WESTERMAN
et
GREENBERG,
que
si
certains
d'entre eux
restent
encore
à
être
traités
et
co
nus
scientifique-
ment,
dans
leur ensemble
ils
n'ont
plus
rien à
oir avec cette
,.
i ln rJ E E!
rJ
.....
(3
for" Û t
vie r ~ 8
cj 0 n t:
i l Ci
(; t Cl i e n t
rl f f u lJ lu" l
:

27
\\
Nous
avons dû
renoncer à
ce
projet,
b en qu'il
con-
1
.
t '
4 2 ,
se d'abord'
de
l
ampleur de
la
tinue
de
nous
ln
eresser
, él
cau
1
1 -
l ' l I
1',lt.Jl,
1),'1,','
'"I!
,II !.:. '"lulill'.
"1
[ ; r l l l l l l !
1!II!lUJ l.1!
" l .
:.111'
•• 1(;
IIJ
l j u .
I l l l
tout
de
l'absence de
travaux
pour beaucoup de
l
ngues,
même
si
1
1
dans
d'autres.
des
études
intéressantes
sont

à
disponibles.
1
Nous
en
sommes
ainsi
arrivé de
proche
en
proche
à
l'idée
finale
de
limiter l'étude du
problème annoncé
aux
syst
mes de
numéra-
l
tian du
Sénégal.
Cette
limitation
n'est
pas
en tait
exempte
d'une certa~ne liberté avec
la
notion
de
"frontière",
et
nous
1
!
nous
expliquerons
sur cela
bientôt.
Le
premier résultat
auquel
nous
a
conduit cette déli-
,
mitation
g8ozraphique,
est
qu'elle
nous
a
incite à étudier sans
43
8xcluGiv8,' tuus
.
' i
d'
S 6 '
1
les
systemu5
de
numerat
on
u
~n8ga
.
Parmi
les
travaux
que
nous
avons
consultés
i l
n"y en ~ aucun qui ait
eu
pour obj~ctif de
proc6de~ ~
l'étude comparéej
systématique
1
i
des
numérations
du Sénégal'.
L'enquête de
Dominique Guegan dont
1
,
1
1
l'orientation sur c~rtains points correspond à çe qui nous
paraît
utile
d'être
fait,' ne
dit
mot
sur
trois
des
cinq groupes
linguistiques
dan~ lesquels se rencontrent
l'ensemble des
sys-
1
.
' ,
, , 4 4
l
temes
de numuration du
SunuEal
. '
1 se
trouve justement que
1
les
systèmes
omis
font
partie des
plus
intéressants.
Par ailleurs,
.
45
,
,
nous devons
bien
au R .P.
C.
Tastevln,
une
etude qUI
date
de
42.
La
comparaison
relative
à
l'expression ides
puissances
successives de
la
base
20 qu'on
trouvera
plus
lqin,
est
une
survivance et
une manifestation de
ce
premier
prrojet.
D'autres
articles
viendront
le
compléter.
43.
Au
sein de
certains
ensembles
de
pa'rlers,
nous
n'avons
pas
étudié
tous
les
systèmes
de
tous
les
dialectes,
la différen-
ce entre
ceux-ci
se
situant
plus
souvent
au
niv~au de certaines
nuances
ou
de détails
qui
n'affectent
pas
la
nUJération
elle-même.
44.
Ces
groupes
linguistiques
sont
présent
s
plus
loin.
4 S.
Lcc:
r<. V. L:. Tr~ ~; T[ \\j l fJ,
" v () C iJ tJ U 1 air e s i n é
i t s
des e p t
dialectes
sénégalais,
dont
six de
la
Casamance",
Journal
de
'
la
société
des
Africanistes,
t.
6,
1936.
1
~_I---

28
1036
et qui
cumporte ues
rJunnéC!3
i n tél' e 5 S û n t e ~;
sur des
nom:,
Url

1
nombres
de
différentes
lûnGues
et 13thnies uu. Sénégal.
Mais
cu
Ll'il V iJ i l e u Inllll!
l iJ
"l u Il ,.H' L lll!
CL) U x
qui
!3 U Il L
ul Cl P 0 nIb les
~\\ UrL: I! t L\\!
i
40
question,
sont
surtout des dictionnaires
et
des
Œexiques
dictionnaires
sont
plus
rares
(pour des
raisons §videntes)
et
les
lexiques
ne
se préoccupent
pas
~n général de mettre un
accent
particulier sur
les
nombres
de
surcroît
les
uns
et
les
autres
s'ûrrêtent générûlement
pour
la
liste des
nombres,
à
cent
parfois mille,
omettent
souvent d'indique
les nombres
compris
entre certains
paliers.
Il
va de
soi que
ces diction-
naires
et
lexiques
sont
des
outils
précieux dont
certains
ne
vont
sGrement
pas
tarder ~ être complét~s,
core une fois
Ù
lû uLlse ue
Iii
nurnuratiull
~;U
Ll'uuve
unu
UO
vuci..llJU
laire,
c'est-à-dire le
fait
de
donner
un
aque nombre.
Par ailleurs,
des
linguistes
européens et
sénégalais
ayant
travaillé ou
travaillant
encore à
l'Institut
Fon amental
d'Afri-
que
Noire
(IFAN)
ou au
Centre de Linguistique ap
liquée de
Dakar
(CLAD),
ou
encore
au
département
de
Lingui~tique de
l'Université de
Dakar,
ont
- , I d 'ff -
commence a
consacrer FUX
l
eren-
:
tes
langues
9u Sénégal
des
travaux spécialisés
q~i sont égale-
i
ment
un
préalûble indispensable
pour d'autres
in~estigations47
i
C ' rcl s t
pou r q l.J 1Ji LJ il n s
l f:? LI r
j. mlTll! n!; u
ma j 0 rit (]
i l s ' agi t
d' é t u cl F~ :;
1
consiJcrees
à
des
questions
morpho-syntaxiq~es, b~se de toute
ii
connaissance
scientifique d'une
langue.
Mais
la recherche
afri-
i
caniste doit
également,
en
particulier au,~entrel de Linguistique
appliquée de
Dûkar
rCLADJ.
d'autres
instruments ~'investigation
4 6.
Vp i r
b i b l i 0 g ra phi ~ g é n é l'al e .
47.
Différentes'études
et
thèses
de
3e cycl~ sur
le
wolof.
le seerer-sin.
le
safen.
le
n,oon.
le
diola-kaasa.
le
nuut.
le mankagne.
~.

-
29
-
Il iJ r tic u l:L Ù r 1~ ln en t u t i les pu u r
u n urne i Il eu r 8 con n dl S S iJ n c u LI u l' Il l ~;
,
toire
des
systèmes
de
numÉ!ration du
Sénégal.
Il .faut d'abord
\\
f ù l r ()
un Cl ni U Il t i u ri il
p éJ r L Il U U l'
l iJ
réf l 8 X ion
de
L ..J.
Cal V et
sur
la
numération mandé.· Son intérêt à
l'égard
de cette question
1

1
en fait
l'un des
ra~es linguistes à notre conna~ssance, à s'oc-
,
1
cuper dPun aspect
aussi
particulier des
langues ~fricaines.
!
1

d
De
surcro~t, il emploie la'méthode c 0 mpar a t ive p,o u rat t e ~ n r e
1
l'objectif fondamental
de
sa démarche
expliqe~ l'évolution
48
'
de
la
numération manQé
.
f\\ 'côt6
de
cela, deux
textes fondamentaux
ont
été puLJliés
,
par un chercheur du CLAD
: ,un état
des
études
su.r
les
langues
I
r "
l'ID
1
.
1
th'
L, ~I
~:Jr.JnlJen.
f,l:
un
fJGG{J~
dn
~jyn
eGO
sur
lOG
lie,ns
historiquu!;
!
50
d es
l
LI
anguesu
S "
1
enega
i
]
i
Tout
cela constitue
i
à
n'en
pps
douter lune
"banque"
1
précieuse de
données
qui a
facilité
une partie d,e
notre travail
sur
les
sytèmes de
numérûtion
au Sénégal.
NOi;Js
a'vons

toute-
fois
complé,ter
notre
documentation
par un
travail
qu'il
est
,
plu 5
j, us te
d' a p pel el''' en t l'et i en s ",
car,
n' é tan t 1pas
en t 0 u ré
de précautions
techniques
et
scientifiques
dont
se
prémunissent
les
linguistes.
sociologuos
~t
historiens,
le
terme
"enquQte"
lui
serait
peut-être difficilement ,applicable.
En
effet,
cer-
ta i ne s
la n ~ u 8 sou cel' t ù i n:3 p Cl rIo r s duS é n é gal
n 'la yan t
pas
encore fait
l'objet
d'études
linguistiques
spécialisées,
pour
les faire
fi~urer dans
notre
projet d'interprétation de
tous
4B.
Toutefois
si
le
but
est
10 ua b le.
ses coin c lus ion 5
son t
discutables
et
seront
discutées au cours de
notrr
trav~il.
49.
J.L.
OONEUX
Etat
des
études sur les l~ngues du
Séné-
gal,
une bibliographie commentée,
texte
dactylog!raphié.
CLAD.
nO
66,
1975.
1
50.
J.L.
DONEUX
:
Les liens historiques
ent~e les langues
1
du
Sénégal,
Réalités
africaines
et
langue frança:ise.
CLAD.

7-0,
1870,
!

JO
-
i
les
systèmes
de
numération
du Sénégal,
nous
avo~s interrogé
i
des
locuteurs
des
langues
concernées
lJiste de
nombres
l
avec
une
i
' j '
l
d
t
U"
les
griJl1us
!IUIll-
ut
CJIl
USé1éJYdlll:
li'obLuntI'
l
(lUX
os
noms
8
-u
'"
bres
énonçables
dans
ces
langues
et
parlers,
airisi
que
des
!
informations
touchant
aux
systèmes
de
pensée d'~ne manière
,
\\
générale.
Et
pour les
transcrire
nous
nous
s'omme;s conformés
autant
que possible
au
système
officiel
de' transcription des
, - ,
1 5 '1
langues du Senega
Il
nous
a
paru d'autant
plus
nécessaire
\\
de
procéder ô ces
"entreti~ns" qu'indépendammentl de notre intan-
,
tion
de
prendre
en
c~mpt8 tous
les
systèmes de
n~mération du
"
Sénégal,
certùins
parler~1 ,tlpflûrtenan't à un même sous-p;rouprl
II U Il L
r' Li lJ u L Cl Cl
I l ' d V 11 il'
en t [' l:
U U X
Ü UC une
i nt e r cam pré he n 5 ion.
l l
nous
a
alors' somb16
int6rl~:;sLlnt de, chercher è:l
savoir si,
au
sein
d'un même
sous-groupe)
les
différences
morpho-syntaxiques
1
1
ou
lexicales
entraînent
une
diff6rGnce
dùns
l'organisation du
t ,
d
' t , 5 2
sys eme
e
numer()
lon
.
1
1
1
De
surcroît,
lorsqu'on
se
fixe,
parmi
~es principaux
!
objectifs,
d'es~ayer de comprendre d~s systèmes de numération
1
du Sénégùl,
les emprunté, fLlil
IJLll'
les
uns
ilUX
éJUtres
le5
l
i
1
influences mutuelles
éventuelles
ou celles venue$
de
l'extérieurl
i l
8 st' pré f é rab l e
dan s
l ~l mCl sur [3
U u P 0 5 5 i b 1 u
q u • 1 U C U n 6 l 6 men t
ne manque sur
1 1'
h'
,
53
ec
lquler
51.
Lorsqu'il
s'agit
d'Une
langue
appartena
t
au
même
sous-
groupe qu'une
des
six
langues
qui
ont
fait
l'obj
t
d'une
trans-
cription
nous
adoptons
pour
la
transcription
des
noms
de
nombres
lBS mêmes dispositions.
52.
C'est
le cas
de
certains
parlers
jamat,
t
joola,
et
tenda-nun.
53.
Et
ce deuxième
aspect
est
particulièrem nt
sensible à
propos des
langues
et
parlers
de
sous-groupe
bak,
du
baynouk
~
et des
1 ù n g u 8 é,
ct
flll r 1er f,
d LI
f; Cl u~; - p, r 0 u Jl 0
t IJ n cJ Il.
1
1
!
1
_ - - - - - - 1 - - - - - - - - - - - ,

31
Sur
l a bas e
d Q
C Q S
Jo n n 8 es.
l ' 8 n sem b 18 den 0 t l' e
t l' i.l -
1
vail
est
organisé
autour
de
deux
grandes
parties.
C'est
dans
l
L' ]
[.'
'''l'
"~l' t,!'{lIJVfl l'ox[Jliclltiorl dn Joux qUf!!;[,.Lufl:;
uur dI' 'leU.i1 .:Lllll {,u.
" ,
l ,
1
L
Ll
L
loq
r[""ultùts
Je
1l0Ll'll
qui
con J 1 Lill ri Il U Il L.
U l '
Il l , I i i
. U 1\\
U
-
- -
recherche.
6
sovoir
la
justification de
la
"liberté"
que
nous
prenons
aVSc
la
notion de
fronti~re. liberté qui consiste è
tirer parti
de
la
classifi~ation des langues africaines. et
qui
permet
de
comprendre
pourquoi
et
comment
la
portée de
la
réflexion menée.
est
sans
commune mesure
avec
les
limites
géo-
gr' a phi q u 8 S
duS é n é gal.
Lad eux i ème
q u'e s t ion
es tJ
pré c i s é men t
,
1
celle qui
permet
d'articuler
les
deux parties.
de
passer de
l'une à
l'autre
et
d'assurer
leur
unité.
c'est
le
fil
conduc-
teur.
bre~ la thèse ou l'hypothèse que nous verlsons au dossiDr
1
de
l~explication des systèmes de
numération
de
l'Afrique
Noire.
Présentons
d'abord
l'hypothèse.
il'5
ra
plus
aisé
ensuite d'exposer
les
grandos
lignes
de:;deux
g andes
parties.
Il
nous
a
semblé que
l'idée
simplè
et juste co
statée
à
propos
des
systèmes
de
numération en
Afrique,
à
savoi
que
ceux-ci
reposent
essentiellement
sur
le comput
digital.
méritait
d'être
prise
au sérieux
et
examinée
plus
attentivemen
Non
point 4U8
54
le
comput
digital
lui-même
n'ait
pas
suscité d'intérêt
• mais
plutôt
parcu
que.
participant
de
tout
un
syst~me de rcpr6scn-
l
,
tation
du
corps
et
de
la
personne humaine,
en
~'apprehendant
sous
ce
rapport.
on
peut
contribuer 6
l'exPlic~tion des condi-
d I
S s
tions
d'évolution
et
des
causes
de
faiblesse
systèmes
con-
i
sidérés.
On a
certes
remarqué
à
juste
titre
i
9ue le succès
!
de
la
numération
de
base
10
est
d'abord
l~é à
un
"accident de
i
5~. Au
contrairo
i l
y ~
une
littérature abondante
sur
lus
manièr83
de
cumpter
sur
IDS
doiGts
par exemple '(cf. bibliographie).

-
32
-
55
notre
Nature"
mais
chacun
sait
~galement que
ous
avons
autant
de doigts
aux
pieds
et
aux mains et
il
f~ut par con:.0-
\\
quent
faire
intervenir d'autres
considérations
rOUI' expliquer
que
dans
l~organisation de leurs numérations, certains peuples
,
aie~t par exemple -privilêgié20 ou GO et d'autrps 10 ou 5, ou
l'un et
l'autre.
Notre
hypothèse consiste è mont~er comment
la
repré-
ssntation du
corps, véritable machine à
comp~er,;. conçu comme ce
"qui est
séparé", rend compte
d'un progrès
notab~e
le passage
,
i
rÜJ
simpla pr-incipo 'da
correspondance,
au
principe
d'ordre
dans
,
1
\\
l'art
de
compter des
Africains.
1
1
l t . J Illuntl,'er CUIJiIJiL-Hlt
en
revanche,
le
système Llu
l'u[Jru-
1
sen t é:J t ion duc 0 r p s e t
d l~
l û
pel' son n 8
hum ù i ne,
d e vie n t
l El
V (1 C t () U r
,
et
le
principe de
différenciation de
nombres
emblêmatiques et
finalement,: une des
causes
probables de
la
dépréciation do
l'art
de
compter,
pour
unD période de
l'histoire
des
peuples
1
africains.
La thèse
et
l'antithèse
correspondent
respectivement
~
la pr8mi~r8 et
~
la deuxi0me
partieè,
et
c'es
la
représonta-
tion du
corps
comme
instrument
de
conception
deS
valeurs quan-
.
1
titatives
et
dns
valeurs
qu~litatives du
no~bre~ qui
perrnrd:
de
passer de
1
i
Dans
la Premiùre
partie
sont
analysés
les
systèmes
de
numération appartenant
aux
langues et
parl~r
de
sept
sous-
groupes
distincts,
c'est-~-diro une vingtaine d
cas.
Lorsqu'on
examine
le
contenu de
ces
sous-groupes, on
s'ape
çoit
que
la
notion
de, langues
africaines
parlées
au
Sénégal
n'est
pas
55.
Edouard LUCAS,
cité
par G.
GUITEL,
op.
c i t . ,
p.
25.

-
33 -
facile
~ cerner selon que l'on entende les lang~es suppos~es
1
autochtones ~u toute
langue
dont
l'usage
social
par
l'ensemble
1
, 5 G
ou
une
partie dus
populations
est
atteste
.
Dans
la
pratil1ue,
et
officiellement, c'est
la
douxième
hypothèse
q~i l'emporte,
d'autant
plus que,
déterminer
les
critères' de
l'autochtonie
n ' est
pas 'n 0 n plu s
c ho s e
ais é e .
Les
ethnies
des
sous-groupes
cangin,
bak et
tenda-nun
passent
poun être
les
premi~res è occuper ce qui correspond
aujourd'hui
au
territoire au Sénégal.
Toutes
les
autres
sont
,
arrivées
plus
ou moins
tardivement
et
en fonction
de
vagues
migratoires
Ducccssi~85 qGi
50
sont
pourouivies
sur pr~o d'un
. . ,
'i 7
111.111 uni] 1 ru
.
Il
suffit
pour s'en
rendre
compte,
de 'songer que
le
,
1
grand
principe
de
répartition des
langues du
Sé~égal est
celui
qui distinguo J'un
côté, les
langues dites
ouest \\atlantiques
i
1
et
de
l'autre,
les
langues mandé
et
que
ces
d~rnières, d'in-
1
troduction plus
récente,
sont
précisément
celle~ qui ont
le
i
plus
fortement
marqué
nombre
d'entre
les
premiènes
sur
le
plan
,
1
d u voca b u 1
·
t
l
l '
d l '
.
a~re
e
sur
e
p an
e
a
numeratlon 581.
ce groupe
i
mandé dont
le centre originaire
se
situe dans
l
s
plaines du
Niger,
a formé
de
grands
Etats
qui
se
sont
éten
us
de
la vall(;o
du
Haut-Niger è
celle du
Haut-Sénégal
(Empire
d
Ghana,
apogée
Xe-XIe
sièclel
et
Empire
du
Mali,
XIVe-XVIIe
si'clel,
aux
Rivières
du
Sud et
è
la Cpte
Atlan~iqU859 Voil' pour quelle
56.
Il faut
en fait
considérer
la
langue 9 abe
parlée
en
Mauritanie
et
au
Sénégal
comme
un
cas
légèremen
différent,
mais qui
doit
êtro
pris
on
compte
comme
los
But es
du
fait
dl!
son
rapport
à
l'Islam,
religion
de
la majorité
es
SénégaliJis.
57.
Voir la partie historique.
58 ;
Voir
la
partie
historique
et
la
conclu~ion.
.'
i
59.
Voir
la
partie
historique.
1
1
1
;
1

-
34 -
f
t , '
J I ' " fJ.' C·~tl' orl
.1""
1,111",UI"';
il f'I'.Î.I;ilJIII):;.
l ü
n [.J t i [.J n
(:J U
.. r II n .- l url]
( U
C
i.J S L. l ..
u
U ~ •.>
1
Nous
situons
notre
êtude
dans
le
c~drG dn la famille
Congo/Nigel'
kunJu'fûniollllu
qui
:";Ldun

clû:..;:..;ificdLiull
L.lu
lj!'L]UlllJUII.';
couvre
un
espace
géographique
correspondant
~ plus d'une dizaine
d'Etats actuels
et
plusieurs
centaines
de
langue:..;
et
parlers
di f f é r en t s.
McJi c,
cii
l 'on
c;' û cc [.J rue.
rn a l g r 6
l u urt, 1li III Il l' Cl
() t
l [) U l'
diversité"à
les
regrouper
dans
une
même
famille.
c'est
parce
qu'illl ont uncaractère distinctif
et
constituent lune
unité.
la-
~rande
quelle
est
certes
plus
lorsqu'on
descenJ
d'un
degré
et
1
quo
cl ~l n ~j
cuL t f.3
r Cl m:L Il U 0 n cu n S l d Ù l'e l u g l' U LJ 1JI! ri l g Il r / L (J 11 f~ li •
Oans
celui-ci on
note
le
sous-groupe ouest
a~lantiqUe dont
une
partie
de.
langues
du
Sénégal
(wolof,
pUla~r. serer,
diola,
etc. )
le
sous-groupe mandé
avec
l'aitre
partie
des
langues
parlées
au
Sénégal
(bamana,
s~s~, diou1al, ces mêmes
langues
étant
parlées
en
Guinée,
au
Burkina-Fa~o, en Côte
1
d'Ivoire
le
sous-groupe
gur
comprenant
lu
sellufo.
18
dogon,
le more,
parlés
au
Niger,
au
Mali
et
au
Burkina-Faso,
etc.
et
encure
les
sous-groupes
kwû
(dont
le
yoruba]
et
le
suus-
groupe
benné-Congo.
c ' u s t lU ru pal' C II 1l 'S Il 1.1 u 8 n t L.l u e ,,1 ri u U :..; Il u U s I l /11 l LU Il S
aux
langues
du
Sénégal,
certaines
d'entre
elles
ont
une
origine
et
une
aire
d'influence
qui
dépassent
les
limites
géographiques
de
ce
pays.
Cela est
d'autant
plus
important
que
si
l'environ-
nement
physique
peut
expliquer certains
aspects
de
la
culture.
l'explication
des
systèmes
de
numération
ne
saurait
s'y
réduire
et
nécessite
plutôt
une
conception
de
la
culture qui
intègre
la dimension
complexe de
l'histoire
histoire
des
peuples,
1

- 35 -
etc.
des
idées,
des croyances,
des
techniques,
des
é
hanges,
numération du
Sénégal
fait
apparaître
le
bien-f
ndé de
la
réfé-
r 8 n c 8
Ô
une
f û ln i l lu
lin i" u i :; LIlllJl~ 8 L cu l t u r 8 Il e
ont
l e
~ Û fllj g cl l
n'est qu'un
"
t 60
ulumen
.
c'est
pour cette
raison que
les
deux
arties de
notre
1
travail
tiennent
compte
de
cet
acquis
et
le mettent
en
relief.
Dans
la Première
partie,
chaque
cas
est
traité au
1
sein du sous-groupe
linguistique auquel
i l
appartient.
Nous
avons
préfér~ cette méthode ~ cette autre qui a~rait pu consis-
!
ter à
traiter
les
systèmes de
numération
par gr?upes organisés
,
iJ U Lu u r
deI, 1 LJ U
cl (] ~;
b Ll è\\ l! ( ~; )
d l r f 6 r e n t [) s
i U() n tif i é es.
C8 l lu LI U (2
nous
avons
finalement
adoptée
(la premièreJ
a
l;avantage de
permettre
une
analy~e pluridilnensionnelle
de
ch~que cas
étude
du CIJntr!rlU
sUfliantiqu,e des
principaux
noms
de
nombres
chaque
fois
que
cela 8S~ possible
Llnalysc
des
caractéristiques
linguis-
1
tiques
principales
indispe'nsables
pour
la
compr~h8nsion dG 1'01'-
1
ganisation dus
~rlncipaux syntû~mus numéraux
descriptiun UUèl
!
caractéristiques mat~émat~ques. Elle a aussi l'avantage de faci-
liter la
ré~ons8 ~
une question qui vient
immédiatement à
l'es-
1
prit,
Q savoir
si
la nature
d'un
~ystème de numération est
\\
fonctiun
des
carLlctéristiqu6s
UU
groupe
linguistique auquel
il
1
appartient
ou
s ' i l
faut
faire
intervenir d'autres
facteurs
i
(religion,
commerce,
comput
du
temps,
emprunt,
ètc. J.
Toutefois,
i
après
l'étude des
composantes
de
chaque
sous-grrupe
selon
la
méthode
indiquée,
une
synthèse
est
effectuée Parr ce
sous-groupe
60.
Nous
nous
sommes dit
que
peut-être
inc~nsciemment,
c'est
finalement
une
manière
d'assouvir
notre
d~sir initial
de
procéder à
une
étude de
l'ensemble
des
systè es de
numéra-
tion de
l'Afrique de
l'ouest.

36 -
1
ufin do faire
roséJortir
lo~> propr:L6t85 domir:ant\\Js de sos pr'uct)-
dés
dans
l'art
de
compter.
son
type
propre
de
bfse,
ses
perfor-
d
n
[J
C () n f; L r' li C 1. i IJ n
d U f)
!j r' LJ n d fi
0 nl b r n ~;
(1 ~ fi
Il 01 l' t. i
mCJnco~~
1
1
culier les
possibilités d'éviter
les
ambiguïtésl dans
l'énoncé
de
ce r ta in s
nom b r es) .
De mê me.
une 's y nt h ès e ,p art i e I l e est
fa i t e
.
1
pour le
groupe ouest-atlantique et
une
autre
pour
le groupe
1
;
mandé.
La conclusion de
cette
première partie a
essentiellement
pour objectif de
fixer
les
grandes tendances
de
systèmes pra-
tiqués au Sénégal,
avec en
particulier une
inte prétation de
leurs apports
historiques
et
des
principes de
l
ur évolution.
Les principaux
enseignements auxquels
aboutit
cette
première
partie
sont
les
suivants
E n [J r' rel m1er l i u u •
l Ll
n u m6 rat ion . U {' ale
parlée!
uLùnL
avant
tout
tributaire des
caractéristiquos
de
l
langue dùns
laquelle
s'effectuent
appellation
des
nombres e
dénombrement,
il est
normùl
de
commencer par
se demander en
c
nclusion de
l'étude sur
les
systèmes
de
numération
du
Sénég~l. si la distinc-
i
tion entre
langues
ouest-atlantiques
et
languesimandé a
une
i
61
incidence sur
l'organisation de
leur art
de compter
On verra
1
que
les
diffurences
do
stratégies
tiennent
surt9ut à des
fac-
teurs
historiques.
Il
y a ensuite
lQ question
importùnte!de
l'ordre de
disposition du
coefficient
(multiplicateu.r)
et
du
nombre qu'il
1
multiplie
(multiplicande).
dans
les
syntagmes mYltiplicatifs
(simples
ou 'complexes).
qui
appellent
une
expliyation à
propos
1
,
de
la différence
de stratégie entre la
seule numération wolof
d'un côté,
et
de
l'autre.
celle commune
à
toutes
les
autres
numérations.
61.
On'verra au d6but
du
la
~remière partie qu'il
s'agit
triJs
8XiJcL8111unL
UU
liJ LJi~itlrlctlon entre
langues
à. classes
E:Jt
langues
à
ton:..;.

,- 37
-
Un des
résultats
importants à
la fois
pour la com-
fi r ô il n n si 0 n
il [)
l'Il vol LJ t :L () Il
Il u
l il nu rn 6 r ù t :l () ri ri <l n GIa S 0 lIl; .. l' (, l', i "r 1
et
pour
l'histoire ds
la numération
en
général,
sst qu'aucun
des
systèmes
étudiés
n'est
pur
leur caractère mixte
(combi-
naison
de
deux ou
plusiours
bases)
prouve que
cfs systèmes ont
dû entretenir de multiples
liens
entre eux
et q~'on ne saurait
1
\\
, .
t '
réduire
un système de
numération
aux
seules carFcterls
lques
de
la
langue.
Ce
résultat
permet
par ailleurs d\\'écarter ou de
nuancer
certaines
idées
très
répandues,
voire f8usses,
concer-
nant
la
numération quinaire des
langues ouest-atlantiques.
\\
On
note
également,
à
partir d'un
~ertrin palier,
la
i
multiplication des
risques
d'ambiguïtés
dans
l'~noncé de cer-
tains
couples
de nombres,
phénomène
imputable ài l'existence
1
cjc
plusieur:J
,
-
...
1
...

biJSUl'3
au
soin dune mome numuratior
parleR,
ainSI
1
qu'à
la s'tratégie des
,
l t .
.
t . f
62
syntagmes mu
lpllca
l
s ! •
Mû l ~ r Ci
l ' in t 6 r' qt
p,j r tic u l ï u r
qu' 811 e 'c 0 n G t i t u 0
fJ û r
rûlJfJurl:
ClUX
duLl'()[J
~y~,ill!III(!~;, li)
nUJIIUl'ûtiun
vigésirnalu su
:;111!~1I
,
larise
par 'l'irrégularité qui
la marque à
partir de
certains
,
nombres-paliers
généralement
(et
les
cas que ,nous
avons
étu-
I
d i é s dan s I e
c a d r e
duS ô n é Bal
l e
co n :f i r men t' l a rg e III e nt)
à
par t i r
i
du nom br e
100,
e Il e s ' e f f 0 n d r e e t c è deI e pas
à, la nu mé rat ion
"
d "
l
63
llClmB
e

i
Une au t r e que s t ion
P é) r t i 0 u li ère pou vain t i n tél' e s se r
,
1
l ' e n sem b l e des
s y s t ème s
deI a
sou s - r é g ion est
cie Ile
rel a t ive
1
1
1
,62.
Nous verrons dans
quelle situation précise
cela
se
1
produit.
i
63.
Sans
infirmer cette observation, certaines
numérations
mandé
constituent
un cas
plus
complexe.
Et
c'est
pour
souligner
le fait
que
cela
ne
soit
pas généralisable dans
l'absolu que
nous présentons
une
synthèse sur
l'expression des
puissances
successives
de
la
base
20 rl~ns qu~lqu~s num6rations de
l'Ouost
",
africain.

- 38 -
à
l'évolut~on de
la
numération mandé
dans qU$lles
conditions
64
1
8nti~rn~8nt
une
numération
o""t-ollo, drlvnnun
dé6imale
La dis-
1
cussion des
différentes
hypothèses
avancées à
~e propos et
l'interprétation q~e nou~ proposons, sont d'autant plus néces-
suires qu'~118s ~nt un rapport
certain avec
l'orientation et
fi5
le
contenu de
la
deuxième
partie'
1
Cette étude
permet
enfin de mettre
ur accent
parti-
culier sur
le fait
que
certains
de
ces
systèmer
de
numération
1
sont
relativement
bien organisés et
~apables dr nommer sans
ambigulté
la5
grands
nombrUD.
Ce
sera alors
l'~ccasion de sou-
ligner
les
rôles
positifs et
nêga~1fs de
la
référence au corps.
1
La deuxième
partie de
notre
recherch~ concerne les
s y s t,ème s
num6riques
symboliques.
Ainsi
que
nou~ l'avons annoncé
plus
haut,
le
système de
représentation du
s
et
de
la
per-
sonne
(humaine)
y constitue
l'axe central
de
n tre
interpréta-
tion.
Ce
choix est fondé
sur l'existence
bres
privilé-
giés
qui
se
trouvent
être
les mêmes dans des
systèmes de
numé-
ration cardinale et
dans
des
systèmes
numériques
symboliques.
De plus,
lorsqu'il
est
question
de
symbolisme des
nombres,
les
mêmes
qui manifestent
ce caractère
privilégié,
révèlent
l'im-
portance de
la
représentation
du
corps et
de
la personne
humaine
puisqu'ils constituent
les
noeuds
autour desq1elS
sont distri-
bués
les
principes ds
différenciation,
de
hié~archie et
d'ordr~
!
dont
l'origine
sociale peut-être montrée et
e1PliqUée.
1
i
64.
Alors
que
les
traces
de
ses
ancienne~ bases sont encore
visibles.
1
65.
D'étape
en
étape,
sur cette question Iprécise et
sur
quelques
autres,
nous
annoncerons
et
répétero~s que la réponse
complète à
cette
interrogation
se
trouve'dans !la deuxième
par-
tie
de
cette
recherche
celle
relative
aux
systèmes numériques
1
1
symboliques.
i
- - - - - - - ' - - - - - - - - - - - ' - \\
-

- 39
Pour
les
étudie~ de façon approf6ndif deux exemples
dont
repre'sentatl'vl'l"te' sont
exposés
les
critères de
choix et
de
1
un
système
symbolique mandé et
en ~réambule, ont été retenus
un
système
symbolique
hausa
(de
la
valH~b de 'Ma adi).
Cette deuxième
partie comporte deux
subdivisions.
La
première
porte exclusivement
sur les
spéculations en matière
de
symbolisme
numérique.
La deuxième
propose
une
comparaison
entre quelques
systèmes
ou
techniques
divinatoires.
Les
spéculations mandé et
hausa
sur
les
nombres
recè-
lent d' importantus
indicutiun~~ susceptibles
d' aider iJ
la CUITl-
préhension de
l'histoire particulière des
peuples concernés et
san s
d Cl U t; U
il U S ~;:l
col l [~ 11u l, ? IJ l' S V 0 i !J 1 n s o n rie tau r ,
l U lJI'
,~l. u tJ [)
révèle
combien toute
réflexion
de
la
nature
dei celle que
nous
i
menons
ost_tri~utaire des
r6sultats de
la
rec~erchB en
sciunc8!j
'
66
h umalnes
.
L'6tude de
ces
spéculations ,sur
les ,nombres
est
l'occLI-
!
sion
de
revenir sur
le
problème ou
la
représentation du
corps
j
et
de
la'personne
humaine
en mettant
en reliet des
facteurs
re1i-
gieux,
psychologiques
et
sociologiques
qui
sn !ont façonnli
l'image et
on ont
fait
un mod~le de
perception et
d'organis~tion
des êtres,
des
idées
et
de
leurs
relations,
singulièrement
en
mati6re
de
symboli~me numurique.
L'un
des,aspects
les
plus
importants
de
ces
sp6cula-
t ion s
sur
les
n olm b r e s e s t
leu r
a r g a n i s a t ion a u t 0 u r
d 1 U n par a -
digme
numérique,
forme
ou expres'sion
du
sacré.
Ces spéculations
se
révèlent
aussi
être d'Une
grande
richesse
symbolique et
d'un
niveau élevé d'élaboration.
Par del~ l'int6rê~ manifeste que
1
6 G.
ri i s t () i r [3
et
LJ fl t hl' 0 pol u ~ i Cl
on p LJ r' tic u ~ i {3 r .
i
,
!

- 40 -
,
t 6 7
l
'
revêtent
los
procédés pdr
lesquels
elles
s
effelctuen
8 .
L1U.l
font
l'objet
d'une. longue
description.
la
qUesJion qu'elles
.
1
5 U 5 C i tell 1..
rJ é.l n !3
l' G 5 P rit
duc h e r che u r
ost
c G l l 8 id 8
s Ù V 0 i r
Il U u l -
1
!
les
sont
leur origine et
leur finalité.
,
En essayant d'y
répondre.
on ,rencontrie
souvent.
comme
i
à propos
de
quelques
autres
questions
touchant là
l'histoire
de
l'Afrique,
l'hypothèse d'une
influence
isla~o-a~abe. Nous pre-
.
\\
nons
position par rapport
è
cette
hypoth~5e au ~erme d'une
comparaison entra des
nombres-clés
ou privilégi~s de
la numéro-
1
1
i
logis
islamiquo
nt
des
ny~t~mo5 num6riques
symbp11qu85
manu~
,
,
et
hausa.
L Il
U 6 f l r1 l t i v Il. '1 LI
l' 6 f 1 [) x ion
5 u r
ces
5 p écu 1 ü t 10 Il ~ P lJ r' -
mut
cJ'üLJuutlr
~ d~fférol\\llJs cunst.Jt.Jtiuns.
Avant
tout.
10
paradigme
numérique
se
révèle
être
en dernière analyse dans
un' rapport
précis
avec' le
symbolisme
de
la personne
et on uC!couvro que derrière
lei modèle
nurné-
1
r i que
i l
y a u n m0 d è l e s 0 c i a l
(n 0 n - dit.
iIt \\pen si é
col l e c t i f ) .
1
1
Des
conclusions de
la réflexion
sur
ces
spécula~ions se déga-
1
gent
également des éléments
complémentaires d'ure
réponse
\\
cohérente
à
la question de
l'évolution de
la
numération mandé
(passaze à
Id num6ration cJ~cimdlu).
Tout
aussi
importante que
lesprécéden es
est
la ten-
tative d'explication
proposée
et
qui
situe
une
es
causes
pro-
bables des
limites
de
la
numération cardinale d ns
deux traits
négatifs
des
spéculations
sur
los
nombres
d'a ord
une
repré-
sen t a t
f '
' d
b
68
' d '
t
o
lon
19uree
es
nom
res
qUl
eno
e
une
rande
capacité
67.
En particulier
la technique
dite de
"r duction des
nombres".
68.
En
particulier chez
les Bambara et
les
Dogon étudiés
par l'école de Griaule.

-
41
-
créative chez
les
prêtres
qui
l'ont
inventée,
représentation
figurée
hél~s pri~ée d'une condition essentielle pour consti-
,
tue l'un
la non
(!
lJ t <J IJ u
d Cl c i s ive
v f) l' ~ U r18 Il U m8 rat i u n l! c r ~ t e
1
1
69
6quivocité du
chaque siBne
graphique de
nombre
Deuxiùme
1

i
trait
la projection sur ces
spéculations,.du PFrtage
trl)uition-
nel entre savoir ésotérique et
Sôvoir,exotériQUr'
partage qui
révèle
une différence de
traitement
entre
ce qU~ est destlrl6
i
à
la vulgarisation ou au
profane, et' ce qui
~st réservé au sacré,
.
i
aux initiés
et
aux dépositdires de
la tradition~ Outre le fait
.
i
que ce partage entretient
des
liens étroits
aveb
la représenta-
tian du
corps
et
de
l'espace
concret
ou mythiqu
i l
porte
les
germes
de
l'infériorisation d'un certain type d
données
numé-
riques,
et
il
nous
a
semblé que
la numération c
rdinals ou
l'art
de compter en Afrique,
dQit
ses
limitet et
ses
aiblesses autant
à
ce facteur qu'à
l'oralité.
Enfin,
ces
résultats
nous
conduisent
étayer les
arguments
qui
nous font
penser que
si d'un côté
1e choix des
deux modèles
(hausa
et mandé)
incite à
éviter
1
trute
généralisa-
tion à
d'autres
sociétés
africaines
qui
n'aurairnt
pas
fait

1
l'objet
do
la môme
6tucJu
sur
IGS
mêmes
questlon$,
de
l'autre,
!
beaucoup de facteurs
permettent
de
les
traiter ~
la manière des
i
1
modôlr"s
scj.untifiques
rJllur [J',Jutres
investigùti9ns
sur
ID:;
mi}nw:;
!
problèmes.
La
ueuxième
subdivision de
cette l',I'<)ndu partie consa-
crée aux systèmes
numériques
symboliques
porte
~ur la comparai-
son de
qu~lques techniques divinatoires.
La for~e dominante
,
70
étudiée dans
ce
cadre sera
celle de
la divinatiQn
par
le
sable
.
69,
Nous
verrons
que
la
plasticité qui
fait
leur beauté et
leur richesse
constitue
ég~18ment leur
plus
grande
faiblesse.
1
70.
La
g~omancLe particuli6rement
dans
sesiaspects culturels
et
arithmétiques.

-
42 -
Mais
la
compélraison
port8' sur
los
différences
el
l'8ssl:HTlblancBs
1
celles
appartenant
au
modèle
mandé,
lequel
possède
des
techniques
de
divination autres que
celles
qui
se
font
n~r
ln
~Dbln.
Il
~r!r~
alors
intéressant
de
savoir si
d'un
côté
et
de !l'autre
se
rencon-
trent
des
invariants
numériques, et
si
oui
quelle
est
leur
signi-
fica~ion et
leur
intérêt
pour
l'histoire
des
idées
et
des
techniques.
Et
en
définitive
i l
s'a~ira d8 montrer quo ces
techniques
divinatoires
au
même
titre
que
les
s\\péculations
sur
les
nombres,
renvoient
au
même
signifié
l'Hom~e. son corps
1
\\
et
l'espace
exploité
dans
lequel
i l
vit
8t
rflvc:.
D'ulJ
l'ir11-'I~
1
q
~;
~;
U l:l
c' 8
t
1 ZJ
ù r; .:..J1 U 1T1l:l n t
li u U
tJ
l r 0 u v e l ' exp 1 i C ù t ~ U 11 LJ u lT1 0 LJ 8 LJ 1 lJ r' _
i3anisation
(juminêlnt
de~J numl-~r.HIX c,Jrdinî)IJx [jl!:, III~LJX !;!'nU/lI':;
étudiés
ouest-atlantique et
mandé.
1
1
l1
1
!
1
1

1
r
it
1
PRE M 1 ÈRE
PAR T 1 E
LA
NUMERATION
CARDINALE
DES
1
, GROUPES
ATLANTIQUE
ET
MANDE
f
l
Jr
1

i
1
1 - LE CADRE GËOGRAPHIQUE~
HISTORIQUE ~T LINGU~STIQUE
1
1.1
-
ELEMENTS DESCRIPTIFS OU
CADRE GENER~L
Le Sénégal.
pays
d'Afrique
au
sWd du jSahara est
limité
è
l'Ouest
par l'Oc~an atlantique.
au
nord et
n~rd-est par le
i
1
71
"
F l '
,i72
Fleuve S6n6gal
• ~
l'est
par
la rivlsre
a
8m~
• au
sud
par
1
le s
f r 0 n t ' i è l' es
uV e c , la Gui n 8 C - U i s s au et
la Gui née - Con a k r y .
~
1(:
~; (: Il l': ! ~ '-1]
1: ~; L
lJ n
'l () l T i t lJ 1. r 0
d 8
1 fJ G • 7;;';;'
k 111 J •
; , 1 1 1 ~ i
l. , 1 1; l 11J ,IIi t '
,
7J
comptunt
au
rucun~8~ent ~u 1G uvril 1B7G. 5 068 741 habitants
.
C'8 S
li rn i t 8 5
g 6 u g r û p lli q u,8 s
lai S s 8 n t
d ev i ne r
l ' 8 X i s L lm ce
d'une parenté.
voire d'und
unité
culturelle du Sénégal
et
des
1
pays
limitrophes.
1
Oéjè.
la situation ethnolinguistique est è
ce propus
assez significative.
Au Sénégal
(et
à
peu de
choses
près
en Garn-
I
1
b i e)
0 n
t l'OU v e
les
eth nie s
sui van t e, s
: W0 lof
(4 ~?"
deI a
pop u l a -
,
1
,
1
t ion ).
S é r 8 r e s
(1 4 % J.
P 8 U ls
(1 2 % ).
Hal p u l a are ~
(1 1 % J.
1
Oiola
(5 % J.
Mandingue
(3 % J.
Soninké
(1,7 % ).
ambara
(1,3% l,
71.
Ce fleuve
qui
prend
sa
source dans
les montagnes du
Fouta-Djallon
(Guinée)
et
passe
par
le Mali,
es
aujourd'hui.
officiellement
la frontière ,entre
le Sénégal
et
la République
Islamique
de
Mauritanie.
72.
Autre
frontière.
officielle mais
cette fois-ci
avec
le
Mali.
73.
Il s'agit du dernier
recensement
effec

et
publié
par
le Ministère de
l'Economie et des
Finances~ Direction
de
laS ta t i s t i que.
Re ce n sem en t
g é n é ra l
deI a
pop u)
t ion d' a v l'il
1876.
p.
6.

-
45
M
(1
2 0)
l'ensefTlble
Canuin
(None,
Ndout,
Safene,
Palor)
aures
,
-;;
,
L>
(0,17%)~
(1%),
Manjak
(0,55%),
Bùlante
(0,70%),
,04%),
l'cnslJrn-
U a S S él r' i
( U , 1 U % ) ,
l'ellS8rT1ulu
Kuniagui,
Ueuik
1
ble
Bainouk,
BClnoum
(0,03 %).
Les
noms
de
ces
ethnies
sont
égaleme
t

quelqu~s
1
les
noms
de
langues
parlées
Pir
les
populations
exceptions
près)
Certaines
de
ces
langues
comme!
le
Peul,
le
Jou-
correspondantes.
i
\\t
la,
le Manding 1
ont
des
dialectes
en
leur propre
sein.
Par
ailleurs,
comme on
le
verra
plus
loin,
ethnies ,et
langues
d0bor-
dent
les
frontières
officielles.
I l
importe de
compléter ces
données
géographiques
et
ethniques
par
18
rùppel
ues
principaux axes
de Il'histoiru
du
la sous-région,
pour avoir
une
idée
pl~s précise de celle du
Sl3n6gCll,
ot
ûtrl]
(]n rnu~,urc d'iJppréhender correctement
lu
L:ill)rl!
global
darls
lequel
sont
nés
et
ont
évolué
les
systèmes
de
numé-
ration
qui
constituent
IVobjet
de
cette étude.
L,' hi 5 toi r e
duS é n é gal
est
ce Il e
d' un :p e u pIe
for mé
i l
y a
hui t
CP. nt s
à
ne u f
con t. s
él n spa r I a
re n con t re
de
plu sie u r ~J
,
ethnies
dont
ccrtai~es
1
cu
sonL
stabilisées
dan~ une
des
r'l~giun~;
au
terme de migrations
successives,
tandis
que
d'autres
plus
,
Les
différe'nts
épisodes
du
pflUplernent
du
Sunégal
montrent
quu
,
du
premier millénaire.au
XI~e siècle,
des
flux
culturels
varius
~ se sont succédé
superposé
fondus· dans
des
formes
et
des
pro-
portions
dont
i l
nVest
possible d'indiquer
ici
les
lignes
générales.
1
Sont
considérées
comme
paléo-sénégamb[ennes,les
eth-
,
1
1
nies
Joola,
Baynouk
(de
la forêt
au
sud
du
Séné~al), les
Bassari
l,
(GUI'
l 8 S
pen t [J S
tl u
Fou t,l - 0 j dl] Il n J
[""l'i']
ot
lou
[de
la
f " ' d b "

-
46
de
Th i è s J.
LCl
10 cal i sa t i'o n
rJ c
c 8:3 eth nie s
som b le
cor r 8:3 p u nUl' I.~
à des
particularités du milieu
naturel,
lequel,
sans
pouvoir
L
l
L
J ,
Cl.' vIII"
JLlllfl
';e
rl':v"'lll
,_Ivolr-
lJ x il l .L lj U l.! l'
LI li !j
_ LJ J
û~; Il t! 1.;
:,
L
LI I1l1'
.
'-' l
,
-
'--'
,
favorisé
dans
le
cas des
pr,uples
en question, l'organisation dr?
petites entités
politiques,
jalouses de
leur
indentité et
de
i
leur
indépendance
communautés villageoises,
clans,
lignages.
Ces mêmes
populations
s'étaient dotées de
religions
locales,
admettant
souvent
un dieu
unique mais assisté ou repré-
senté
par des divinités
secondaires,
ainsi
que des
structures
sociales déjà caractérisées
par
la primauté du
sexe masculin,
même
si
par ailleurs
le matrilignage
n'était
p s
pour
autant,
74
dans
certains
cas,
dépourvu d'une
grande
impor ance
Ces ethnies
paléo-sénégambiennes
ont
été rejointes
temps}
par d'autres
groupes
ethniques
ayant,
a
rès
une
période
h
'
75
t ' t '
sa arlenne
ranSl
e
par
la
vallée du
Fleuve
énégal
avant
de
se
fixer
progressivement
dans
les
régions où
i
s
se trouvent
t
Il
t
t
1
XI
t
le
X II
. '
1
70
ac
ue
emen,
grosso modo
en
re
e
e e
e
Slec es
.
Ces
ethnies
sont
les
Lébu,
les
Seerer,
les
les
Peuls,
WOlr f ,
77
les Hôlpulaûren
1
1
1
Mais
déjà au
cours
du
premier millén~ire, par con:,8-
quent
assei.
tôt,
et
aVCJnt
la fixation
des
ethn;ies actuelles
\\
1
venues
du
Nord
Sénégal,
il
y eut
une
première figration
de
i1
!
\\
74.
Sur toutes
ces questions,
cf.
: 'H.
BAUMANN et D. WESTERMAN,
1
Les peuples et civilisations de l'Afrique, Paris, Payot~ 1970. Un des inté-
rêts du liyre est que justement les auteurs traitent des notions de cycles
1
de civilisations et de cycles culturels.
:
1
1
75. Père GRAVRAND,
Coosan,
Dakar"
N.E.A.,
1981.
,
~
76.
Père GRAVRAND,
op.
c i t .
,
1
77.
Voir carte de
localisntion des
groupes! ethniqu8ë,
du
'8 n - fi fi
cl' n II v r:1;' 1',.
1
1

47
paléo-soudanais
(ethnie mandé)
venus
des
plaine
du Niger et
qui
s'installèrent
dans
le
Sénégal
occidantal
ces
paluo-
mondé
étaient
dus
Soos,
Mundink6,
Soninké,
Khas
onké.
En
réalité,
l'histoire
de
10 S6n6gamb
e est
ins~paru-
ble de
celle
de
l'expansion mandingue,
laquelle à
travers
ses
propres
circuits
commerciaux et
en
fondant
de
g,ands
Etats,
contrôla des
siècles durant
un
espace géographique qui
va des
\\
plaines
du
Niger à
la
Côte
Atluntique.
Dès
le m~yen §ge,
ils
!
constituèrent
de
véritables
empires quasiment
à \\l'échelle
con-
'\\
tinentale.
Le
Ghana
dont
l'apogée se
situe
auto~r de 1075,
étendait
déjà au
VIle
siècle
son
influence du S9hara Occidental
i
au Flouve
S(Jn(!I~i11. Oe mr!!lI[!, pl\\J~; tilro,
l'emplre !cJu r1iJll
(dul'!.
l'apogée
sc
situe
au début
cJu XIVe
siècle)
exerça en même
temps
qu'un
contrôlu
des
voIlées
cJe
lu Gambie
et
de
l~ Casamance pu ur
l'ouverture
ûu
son
commerce
vers
la Côte Atlanti'que,
sa
souvu-
:

1
1
raineté
politique
s~r
la
plupart
des
ethnies et ,régions actuelles
du Sénégal.
~n imagine sans peine l'impact plus IOU moins sensi-
1
ble selon
les
rugions
et
lE'!S
ethnies,
d,s
ces
inf,luences
cultu-
1
relIes
qui
accompagnent
immanquablement
l'introduction d'insti-
tutions
nouv811os
en ,pays 'conquis.
Citons
entre
autres
exemples
biologique
at
cultural
entru
SuurG~ venus de la Yallée Ju S6n6-
gal
et
populatiuns
rnandû
"puur· forrner
une
seule
~ociété agraire
~
n7U
et
une
seule ethnie
seerer

Ce métissa~e cultprel fut plus
1
fortement
marqué
encore
par
la fondation des
royaumes
Guelwar,
proches
des
princes
du
Mali
(XIIIe
siècleJ.
1
1
1
78.
-
Père
GRAVRANO,
op,
c i t .
.
1
Sékéné
Mody
CISSOf,O
:
"Introduction à
l'histoire des
Mandingues
de
l'Ouest:
l'Empire
du
Kabou
XVIe-X
Xe
sièclBJ~
Congrès,
Etudes
manding,
1972.
i
L 1 F. mp i r 8
rJ u
KiJ IJ 0 U
qui
() V r' c l ' l fi f lue n c l~
cul L u r cd 1 f~ man d i n Gun,
répandit
parmi
le~ peuples oU8ut~atlantiqu8s la tiérarchisation
1
... 1 ••.

-
48
L'influ8nce clllturullo mùndinp;ue
no
se manifestr"]
pas
,
seulement
sous
forme
d'appo~ts de modèles institutionnels (struc-
tel Il U
L: u L
t.l U ~ :i l
LI u ~, <J ~ pue L ~
t 8C Il n i LI u U ~;
P lIl'
1
exemple,
des
traditions
orales
"font
état
d'unel colonisation
agricole malinké entre
la fin
Llu
XIIe' siècle etl le début
LJu
l ,
XIIIe
siècle.
On signale des
villa~es
e
paysa1s
parml
le~
d
-
1
autochtones
baInouk,
balantes...
au
sein de
~es groupes épars,
i
dominaient' les
clans Fati
(musulmans)
et
Sané
(ianimistes), noyaux
originels de
familles
régnantes
du futur
empir
du Kabou.
Venus
des
pays
du
Niger,
ces
Mandingues cultivateurs
auraient
apporté
la
riziculture
aux
peuples
pêcheurs
et
cueille
rs
de
la C6te"79.
Cos
influences, sont
également d'ordr
linguistiqun
chez
les
Joola,
les Saurer,
los Wolof,
185
Hal
ulaaren qui
sont
loin dl3
se
doutor du
nOmlJI'8
ùll3v8 ue tel'l11es ma dingues
ut
S U l l l l l -
eu

passés
dans
1 eu r s 1 a n gue"
Mais
l'histoire du
Sénégal au
sein d
la
sous-région,
est
également
celle de
ses
rapports
avec
l ' I s l m d'une
part,
i
.
et
avec
la colonisation européenne de
l ' autre'l deux visages
de
l'évolution du
Sénégal
qui
affectent
les
rapports
des
anciennes
populations.
formant
désormais
un même
peuple
traversé
par des
différences
et
des
con t r èl d i ct ions
1 i é e s
tan tôt 1 aux
pres s ions
Llo
l'I3xturiuul'.
LëJntüL
dUX
vl11161tûs
u'h6~61f1ul1iil3 uu lcJ pllJ'L
des
uns
ou
des
autres.
1
sociale
(nobles,
hommes
libres,
castes, 'l?aptifis)
la
succession
patrilinaire
tout
en demeurant
animiste jusqu'~ la fin du
XIXe
siècle
(conq~ête islamo-peul du Fouta Ojallon).
1
,
79.
Christophe WoNDJ,
La
Côte oue~-afric~ine du Sénégal à
la Côte 'd'Ivoire,
l'Harmattan,
1985,
p.
62.
1
BD.
oumar 01\\,
Glossaire
des
mots
étrange~s passés en pulaar
ri u
Fou t il
'1'0 r 0 ,
U il k. i) r,
C. L.• 1\\ • lJ .,
1 Q7 :2 •

49
L'avènement d8
l'Islam,
précoce dans
le
nord
du Séné-
forestiers
plus
éloignés des
foyers
d'expansio
cette religion
est
aujourd'hui
celle de
la majorité des
peupl
de
l'Ouest
africain et
de
plus
plus de
BD %
de Sé
Jusqu'au
XVIIIe
siècle
la plupart
de
ethnies
du Sénû-
gal
et
des
pays environnants
(Guinée-Bissau,
Guinée,
Soudan DU
1
1
a ct u e 1
Mal i'
1
t
'
pratiquaient
les
religions de
19urs
errOlrs
et
,
!
1
l ' Is l a m ne E' est
i mp 0 s é
que
pro g r e s s ive men t, e t
par foi s
dan s
des
1
1
l
conditions de violence qui
prouvent
la
longue l'éticence de
cer-
taines
populations
à
tout
prosûlytisme~2
!
83
L
15
arno-peu
:i
(1 ~j
r'l! v DIu t ion ~j
,
l
1
l
succes~ ves
et
Burs
,
1
effets
cumulés,
ajoutés
ù
la
proximité de
la
M~uritanie, pays
1
de
langue
ut
de
religiun musulmane,
ayanJ toujours
entre-
i1
tenu avec
les
populations
négro-africaines
des :deux
rives
du
1
,
Fleuve Sénégal
des
rapports
séculaires et mult~formes (coexis-
l
'
1
tence,
guerres,
commerce,
foyers
d'étude
coran~que)iconstituent
les
sources
lointaines
e~
proches
de
l'islamisation actuelle
,
d • une
gr and 8
p û r t,i e des
S é n 8 gal ais.
Cet t e
con ver si 0 n à
l él
r (-! 1 i -
gion musulmane
comporte
beaucoup ~'éléments de syncrétisme qui
1
54
ont
fait
dire qu'il
existe 'ûujourd'hui
un
Islam noir

Cette
-f a cul t é
d 1 él S sim i 1 a t ion
CI u i
s' 8 S t
v é ri fié e
cl
l ' é, g a r d de
b i e n
i
1
1
51.
Déjà
au
IXe siècle dans
le Fauta
séné~alais.
62.
Aujourd'hui
DnC:;UI'[?
les
croyance!s
religieuses
ancestrales dominent
chez
cer tains ,comme
les
Joiola d'Oussouye,
les
Manjak,
les Balante de
la
frontière
Cd~_)ûlT1allçbise ; mais aussi
quelques
Peul,
Bassari
et
Bedik du
Sénégal orie\\ntal.
Il
semble
q u • i l
e n soi t
d e mê mec h e z
p r è 5
d e
1 1 %
deS e e rie r .
53.
La
révolution
peu le du
Fouta Djal10n
~u XVIIIe
siècle
l'av~nement de
l'Etat
théocratique musulman entre
le XVIIIe
et
le
XIXe siècles
au
Fouta sénégalais.
64.
Louis-Vincent
MONTEIL,
L'Islam noir
Bris,
Seuil,
1964.

50
-
:~:U:::U::::~::sd:t::n:::e:b:::O::::i::::::n::,:u:ea,:::m::Vi_ 1
li,;utiun VurlLlU
du
funt!
!Il)!;
rl~l:~;, fllul':"; qu'i1ujuyru'l1ui, 1'1:;1.1111
~
représente
pour elles
une idéologie
puissante. !
t
Si puissante que leur faculté d'assi1ilation ne discer- \\
ne pas
toujours
ce qui est
proprement
islamique de ce qui est
1
seulement arabe.
D'où
les
importantes
influenc~s islamo-arabes
1
qui
affectent
les moeurs
et
la
langue, ,parfois idans des
propor-
1
1
85 1
tions que
ces
populations
ne
soupçonnent
pas
~ A telle enseigne
aussi qu'oujourd'hui,l'histoire culturelle 'du ~énégal est à
proprement
parler celle de
traditions
su~cessi~es et cumulées
ùu sein do~~quDllo,.; les
viJlr)urs,
les
formes
de pensée,
li) 1II0I'dle
1
1
1
nt
II)
dl'rl.LI.
i:i}<II11iquo:;
~;(l1'1. d{::jlJrlliiJi" parL in irjt6r.rilrltl: dl!
1
IPhéritage des
Sénégalais.
LPhistoire
interne du Sénégal,
bien qu'antérieure à
la
p6n6tration uuropéennu
[ot
fl'ùnçaise
on particulier),
s'usL
1
trouvée
pour une
longue période
intimement
liée aux phases suc-
1
cessives de
la conquête
co~oniale. Les anciens royaumes sénéga-
1
lai s 86 déc rit spa l ' l a
t rad i t ion
a
0 r a l'e
et
par
l El 5
voy age urs
!
1
arabes,
portugais et français
en pi)rticulier,
~ont présentés
1
,
1
par les
historiens
comme étant
assez anciennemint dotés de
structures et d'institutions
uti)ti~ues (XIVe S1èCleJ. favorisant
la vie de
relation et
de cour, et
la recherche ~u prestige par
i
1
,85.
Il
suffit de
prendre
comme exemple
le
comput du
temps
dans
beaucoup d'ethnies
(pas toutes)
i l
n'y
a
lus
aucun souve-
nir des
noms
des
jours
dG
la
semaine et du m~i
et
les
locuteurs
prennent
parfois
les
noms
arabes
pour des
noms
de
parlers
locaux.
Mais
il
existe aussi
le
cas
inverse
des
noms
des
lan-
gues du pays mais tout
simplement
adaptés
à
un
nouvelle vision
du monde
comme
par exemple
è
propos du calen
riel' annuel.
86.
Walo,
Djoloff,
Cayor,
Baol,
Saloum,
F uta,
Gabou
cf.
Bibliographie
sur
les
anciens
royaumes
s
négambiens.

-
51
l'e~richissement et/ou par la
promotion
politique.
Les
relations
1
conflictuelles de
ces
différents
Etats.
ont fortement
contribué
i
1
ô
fdl;:nlllll'I!'
li!
\\1 i !.;i:1)\\8
Qcl.lllJl
dl:
ILl
Nütion
s6nôg~lai[)[). 111,11:, 'IU!·;~;l'I·
en dépit
de
puissantes
et multiformes
résistances.
la pénétra-
,
tion
et
li]
cunquête' coloniale.
\\
1
l'influence du
commerc~ atlantique
sur
les
populations
\\
soudanaises
avant
et
à paTtir de
l'arrivée desipremières
cara-
1
1
t
velles
portugaises~ prouve que la S~négambie et les royaumes
t
i
qui
la composaient
se
sont depuis
le XIe siècl$ constamment
1
trouvés
impliqués
dans
un espace ouest-africaim d'échange
avec
\\
l ,
l'Europe,que favorisaient
son ouverture sur
l'jCean
et
son
réseau
hydrographique.
Cette situa'tion et
rEl
I=ts,jt.j[lrt
f l / i n d i l
g8~S8 (sur les plans stratégique et commercial~ de certaines de
ses
Localités ont fait
du
Sénégal un des
pays
'Afrique
les
plus
anciennement
en rapport
avec
l'Europe.
Cela
~e peut manquer d'en-
\\t
trainer des
changements
plu~ ou moins
signific tifs au plan des
1
\\
modes dgéchanges
(introduction de, la monnaie).
des
institutions
politiques,
au
plan culturel et
singulièrement
celui de
la
langue
1
t~.
et des modes
et
techniques
d'acquisition.
de d ffusion
et d'uti-
t
lisation des
savoirs et
sdvuir-faire.
l
Cette
esquisse
ràpide
Jes
principaux axes
de
l'histoire
du
S(jn(~~ùl, prouve qu'on
Ile
~Gut avoir du
cell
-ci
une
iL1C:e
glu-
baIe et objective
pour notre
propos
(les
systètes de
numération
1
et assurément
pour d'autres
questions"
que
si
,Ile est
replacée
dans
un contexte sous-régional
ouest
africainBt.
i
87.
Pour un~ plus
large
information sur
l~histoire de la
Sénégambie au
sein de
l'Ouest africain.
consulter en
particulier
1
M.
DELAFOSSE
: Chronique du Fouta
S~n~galais (~n collaboration
avec Siré ABBAS),
Paris,
Laroux. '1913.
1
r
C.
MAUNY:
Tableau
g~ographique de 1 'Ouest afr~cain au Moyen-
t,
Age,
Dakar,
IFAN.
1961.
mémoires
nO
61.
;
J.L.
BOULE GUE
:
La
Sénéqùmbie
ail milieu du XVe au d~but du
\\
XVIIe
siècle,Uri.Lvl!l'i;.LL',
lit:
! J U l ' l i ; .
19G8.
!Thès8-LBttr!3~'.
\\

-
52
-
L'examen des
principales données
et
ca actéristirjLlor;
linguistiques
le confirme
largement.
Plus que
le
nombre
de
lQn~ues, c'est
l
fait
qU[~
celles-ci transcendent
les frontières
des
Etats
ctuels, qui
caract6rise
l éJ
S i t u éJ t ion
lin ~ u i ~, t i q U l! LI f r i c ù i n .
Las y n t Il l.1 s (3
sur
l'histoire du Sénégal et de
la sous-région n us
a
permis
de
saisir
le
rôle que
le
commerce,
la
grande mob
lité des
popu-
1
lations,
les
hégémonies
politiques ont
joué pour!l'expansion
,
de certaines
langues à
travers
des
espaces fort
4loignés
parfois
1
88
i
\\
de
leur foyer d'origine.
Ces
grandes
langues
n~turellement ont
1
i
enrichi ou se
sont
enrichies
au contact
d'autres ilangues ou par-
i
1er s '10 cau x.
0 e s dia l e c tes
s e s 0 n t
con s t i tué s
à
par t i r d e
c (~ ~;
,
1
contacts.
D'éJutres
langues
ut
parlers
ont été pe~ ou pas du tout
1
,
j) f f fJ C t [S f,.
Pl LJ S
r il r [l men t,
1: n t T' Cl
lus
P <l r lei' 3
d 1 une 1mê mEl
l iJ n g Ll (; ,
parfois entre
langues d'un même
sous-groupe,
dan~ un même terri-
l
,
'
taire
(Sénégal
par exemple),
il
n'y
a pas
intercqmpréhension.
1
Assez notable aussi est
l'indéniable
parent'é de
ces différents
groupes
de
l a,n gue s
en dépit
des
formes
et
particularismes des
1
!
uns ou des
autres.
Ces diff~rentes données et pr~cisément cette
,
,
(
situùtion com~18xl! féJite
d'unit6
et de
div8rsité~ ont
incit0
les
linguistes
~
appliquer'~ l'ensemble des
langues africainos
1
une classificLlLion ,reposant
sur des
critères
fiables.
La
classification de
Mau~ice Delafosse Idatant de
(1911-1914),
celle de
Wester~an (1942) et enfin la plus récente
!
1
due à
l'Américain J.
Greenberg
(1963) 'sont
celles qui
font
auto-
i
rité en
la matière.
1
BB.
Maurice
DELAFOSSE
Les
lan~ues de 1 IAfjiqUe. 1~1~.
WEST ER MAN et
BRY AN,
L" JJ q 11 cl '1 C s
0 f i l ' est
/l.lr i~é. , 1"
Gfi [ [ fvll UI [~ ,
i
l~ ("1 J 1 (f Li 4-1 ~J l .c;
j
'li. l,'
j I l ' \\ f r i c' cl ,

-
53
-
i
La
classificatiun
du
GroBnberg
~ui semble satisfai-
i
sante aux
yeux de
beaucoup
de
linguistes
african~stes (mais pas
l
tous l.
pruéJuI1Lu
l'uvùntùgu
i.]UX
L11res
UU 'C8S
spuc;talistes,
uu
,
1
réduire
les
familles
linguistiques
africaines
à
Wn
petit
nombre
(quatro)
et
do
pri0ilégior
la muthode de
la
lexibologie m~ssivu.
t
1
il
Ces quatre
familles
sont
l'Afro-asiatique.
la ~ilo saharienne,
,
59
lu Khu!-Jdl1
uL
ILl
L:urlgu/N.L~l;r k U l'lJ U f û n l u n n u.
Les
langues
du
Sénégal
et
des
pays' lim~trophes appar-
1
tiennent
à
lü famil18~Congo/Niger kordofanienne.' La description
"f
le
,
90
de8~ sous-groupes qui composent le groupe Congo/Niger
est
de
nature
à
confirmer
le
bien-fond8
de
l'idée maintes
fois
souli-
,
,
,
g nue.
8 t
s f~ t unI Cl quo 1 l fJ
l l~
C LI LJ r u
0 IJ j e c t i f
d e r é f é r 8 n c e
f1 LJ i
L; LI n -
!"
v i u n t
iJ
l ' IJ t LI dl!
cl l!
l éJ
cul l., lJ l'lJ.
tJ 0 s
l 'i.] n g LJ U ~,; L) L '8 n p él r tic u 1 i c r
des
syst~mes de num~ration du S6n6ga1,
est
c81ui
de
la
sous-région
1
à
laquelle
cu
pùysoppùrtient.
1
,
L cJ
cl,] s s i fic a t i (1 ~ 1j e Gre 13 n ber g dis t :i n g LJ e six sou s -
groupes
dans
le
groupe
CongqJNiger
',. .
,
.
-
Le
sous-groupe ouost-atlQntique ou Srn~galO-gUlnuon.
1
co mpre na n t
I.e
W 0 lof,
l e p u l a a r ,
l e s e e r e r,
l ~ sI par 1er s
di 0 l ù ,
1
balante.
bainouk,
cangin.
tencJa-nun,
manjak.
1
1
-
Le
sous-groupe
méJndé
bamanan
(du
bpmbaraJ,
dioula,
!
i
soso.
manding,
soninké.
méJlink~. dan d u Mal i '" dei Gui née • du
~"
Burkin~ Faso. 6e Côte d'Ivoire. etc.
-
Le
sous-groupe
gllI'
sénoufo,
dogon.
more,
etc.
(Niger.
Mali.
Burkina
Faso).
89.
Voici
quelques
exemples
de
langues
et
de
pays
concernus
par
les
Lroi"
p r Cl rn i 8 r e éi
r iHIl i l l Cl G
fa mi 11 c
a t r 0 -
s i a t i que
li.1 fi -
gues
sémitiques,
ép,yptiennes.
berbères
famille
nilo-saharienne
langues
du
Nil.
Chari.
SéJhara,
Soudan
(le
Songhaï.
le Oendi,
le
Kanuril
famille
Khoï-san
les
langues
de
l'Afrique australe
et
des
zones avoisinantes.
!JU.
L'ouLI'U
i~rUlJpU dl!
L:,!Ll;(!
l'dlTlil18
lirl1"uistique
U~;(.
'\\\\I\\I!!!I-!
groupe
kordofanien.
\\

54
-
,
Lu
suus-gruupe
kwu
le
bùsé.l,
lB
k ru:,
lié w é,
Il!
gun,
l'agni,
le
yoruba,
l'ibo
(Côte
d'Ivoire,
Bénin,
Nigéria l.
!!
,l
LI u rl t
principû18111UI1L
!
(j
:..; U u':..; - gr 0 u p (J
LJ û n u (~ - Con go
li
lu lJLlntu.
,
-
Le
sous-groupe
Adamawa
dont
le
zan'dé.
\\
1
1
L'intérêt
de cette
classification au
r~gard de nos
\\
considérations
sur
les
traits
g80graph~qu85, historiques et lin-
guistiques,
est qu'elle
révèle
le caractère
ouest-africain
d'une
1
grande partie de
la famille
congo-Niger-KOrdOfan~8nn8' laquelle
.. 0 uv r e l El
Cl ~ am p
à
l', i n t sri BU r
du que l
n Q U 5
8 n t l'e pire non s
d' une
part
l.'étude
des
systèmes
de
numération
du Sénég1al,
d'autre
part
celle
des
systllmon
numériqulJ~J symbolique!} centrés sur
la
notilln
de
personne,
en
nous
servant ,de
la méthode
comparative.
On
notera
égùlement
que
si
toutes
les
langues
du
Séné-
gal
se
trouvent
dans
les
deux
premiers
sous-groupes
(ouest-
atlantique
et
mandél,
un
certain
nombre d'entre
elles débordent
les
frontières
officielles
du
pays.
Le wolof,
le saerer.
le
joola.
les
langues
cangin
(noon,
saafen,
ndut,
palorJ
s
nt
des
langues
exclusivement
sénégalaises.
Par contre
le
pulaar est
un
dialecte
peul,
langue qui
se
rencontre
dans
plusieurs
Etais africains
(Sénégal,
Mali.
Niger.
Cameroun,
Nigéria.
etc. l.lle manjak.
18
1
k
t
l
b
l
t
f
t
-
t '
1
G i
'
man agne
e'
8
a
an
sont
ortemen'
represen
eSI en
u n88-
1
Bissau
les'langues
tenda
(bassari.
bedik.
koniaguil
le
sont
1
1
en
Guinée-Conakry,
et
les
langues
et
parlers man~é ont
une
d'Ivoir~.
implantation
importante au
Mali,
en
Côte
au Burkina
(1
"-r \\ 1.\\ ,'.
Faso
(cas
du
J <J le:l
en
particulierl.
1
1
1
Examinons
de
plus
près
la
nomenc~aturel et la configu-
ration de
l'ensembl~ des
langues
et
parlers du Sénégal.
Il
con-
i
vient
pour céla do
commencer par s'entendre
sur
terminologie
.~.

- ~~ -
rJu
la clüssificüLiqn.
Les
t8I'1II0S
"farniile",
"groupe",
"suu~"
1
t
urlljJloiont.
Si
10
mot
"fdlT1ill!,:"
dppartient.J
lu tQrminulu~ll~
de classification au
niveau
continental,
ceux de! "groupe"
et
1
\\
1
de
"sous-groupe"
sont
utilisés
è des
échelles différentes.
\\
1
Nous venons
de voir que
la famille
Congo/Niger Kordo-
\\
fanisnne
se subdivise en
groupe Congo/Niger et!groupe Kordo-
!
1
fanien.
Nous avons également
noté que
le groupe tongo/Niger
1
est
composé de
six sous-groupes. ,;ous
1
SO,,,iOclS
ainsi ~assés GU niV2ûU
t
continental au
niveau
sous-régional.
Au
niveau n tional
ou ter-
i
1
ritorial,
unu
partie de cette
terminologie
est
r
produite
(la
1
div i si 0 n e n f~ r 0 u p e~ Cl t
sou s - gr DU P ,::sJ
Cl t
une no uv e 1 e
su b div i si 0 n
t
fait
son apparition
celle
"d'ensemble~ à
l'int
rieur d'un
sous-groupe.
Appliqu0
au
contexte
sunégalais,
cette terminologie
permet de classer les
langues
rJu
Sénégal
en deux groupes,
com-
prenant
chacun, des
sous-groupes,
lesquels
sont
c mposés
à
leur
tour d'ensembles
de
parlers ou de dialectes.
1
La difficulté do
savoir parfois ce qu'$st
une
langue,
i
un parler ou
un dialecte,
a
amené
J.
L.
Doneux
è!apporter la
i
préci,sion 5uivûnto
i
"Rappelons que
nous
nommons
langue
unelstructure
1
linguistique définie
positivement
par f'intercom-
pr~hunsiun imm6JiüL8 uu quasi imm0diat+ entre locu-
teurs,
et
négativement
par
l'absence de
compréhension
(~auf, bien entendu, par apprentis~age~ de toute autre
!
structure
linguistique du monde." 'Un di~lecte est défi-
,
ni
par des' particularités
linguistiques
propres
à
1
une' f r él c t ion deI 0 cu t e urs
et
qui
ne
rOT,' pt pas l' in t 8 r -
compr6hension
g6n~ra18.,,91
1
81 .
.J.
L.
1j[ JN 1: LJ X
L (' x i é[ Il C'
ln <l Il j a k,
U il k ill',
C .• L • f\\ • U . ,
,,0 [;: \\,
1975,
p.
1
(Introduction J
,'.

- 5G -
Sur
lu
bas e
dG
ces
pré ci S ,i ons,
p r 8 sen 0 n s I e s
la n gue s
du Sénégal.
Elles
se
trouvent
dans
deux
groupes
le p;roupe
!
1
Le
groupe
atlantique comprend
\\
le
sous-groupe
d~ Nord
Wolof,
Pul
ar,
Seerer.
Remarque
:
Nous
ferons
figurer
en
app
ndice
à
la
fin
de
l'étude
de
la
numération de ce
sous-groupe,
a
numération
hassania de
Mauritanie qui
bien que
de
langue a
abe,
m8rite
d'être
présentée à
des
fins
éventuelles
de
comp1raison,
précisé-
ment
parce que.
ontre
los
dllux
territoires
ut
118 deux civll.i-
sations.
il
y a
eu
une
grande
religion
commune , t
un
commerce
11
rJ 0 S
h 0 Ifl ni U ~j
u L
1j l!~;
i LJ (J e c.;.
v i u u x Il u
plu G i e u l' :::;
S i è
8 s.
e t
l1 u ' tJ U
surplus
la
communauté niuuritanienne
du
Sénégal
~st ancienne,
i
1
oconomiqucmunL
dynûrnique
et
rrJliltivement
LJien
re'présent08
pour
un groupe
dont
la
langue
n'est
pas
d'origine
af~icaine.
1
-
Le
sous-groupe
Cangin
Noon.
Saafen,
Palor,
Ndut.
-rÜ C)\\"
,
1
-
Le
sous-groupe
Bak
JouJ.iJ,
Manjaku,\\ Balant.
\\
-
Le
sous-groupe
Nun-Tenda
Bainouk.
Basari,
Bedik,
Koniagui,
Oadlaranké.
,92
L e
g r a u p e ·m and 8
c 0 mpre n d
le
Sonink.~. le Sos6.
le
1
1
.
1

Malinké.
le
Mandlka,
le Oambora,
le
J a x a n k. li.
lei· ,-- ..-l, 1 1"

:
Numériquemsnt,
à
l'int8rieur du
Sénégal,
le groupe
!
s'aperçoit,
\\
atlantique
l'emporte
sur
le
groupe mandé.
Mais
on
,
lorsqu'on y
regarde
de
plus
près
que
l'intérêt
historique
et
linguistiqu8:d'une culture
et
d'une
langue
ne
sont
pas
seulement
,
en
rapport
avec
le
nombre
d~
personnes
qu'elles
représentant.
"
1
. 1
92.
Essentiellement
mandé
central,
branche
du
grand
groupe
i.
1
'~" 1
ouest
africain mandé.
1
i
1
1

-
57
Si
le wolof est
a~jOU~d'hUi u~e :angue dynamiquelet.dont l'in-
fluence
commence ù
s'etcndre
a
d autres
ethnIes
t
a
des
pays
1
voisins du
Sénér;ùl,
les
L)np;u(!~; ut péJrlers mandé !recèlent rJr~~;
i
particularité~ et des propriétés qui se révèlero~t être d'une
1
grande
importance
pour la
compréhension de
l'évo
ution de
l'8n-
semble des
systèmes pe numératiùn du Sénégal.
1
J.
L.
Doneux écrit
à
propos des
liens
~istoriques
des
langues' du Sénégal
"Les langu?s mandé
parlées
au Sénégal
Sont
au
nombre
i
[lr2
t['(Ji~-,
le Sonirlk.IJ,
le
MùndinB et
la S6s6.
I.n
1
\\
_
~;():;{),
parlé dans
les
vi:lages
du
Sénégal
ori~ntal sous le
nom de
Jalonk.é
(un dialecte
nord
du do~ainel est
une
l CH1 1.\\ u U
III LJ n d é
u n
I-J le! U
i ~ u l 8 e
qui
a
à
l a
f 0 1 s
des
C iJI' LJ C -
tèrus
du mandé
c~ntral et d'autres du mandé forestier
(Kpulle,
Loma,
ulc. J.
Le Sonink.é
et
le Manding
font
partie du mandé
central
le Sonink.é
a dœ s'ùutonomise~
depuis
un
certain
nombre
de'~iècles et il n'y a pas inter-
CUfll!Jl'lJllUlléJion dVCC
le mwnding.
c.nLl"I3
18s,parler~
manding
comme
le
bambara,
le
jula,
le
khassonké,
le
malink.é du Sénégal oriental
et
le mand~ngue de Casa-
l
.
t
' h "
t l
, 9 3
mance
une
orge
ln
crcompru 8nslun
es
lassuree
.
i
L'autonomie du
Sonink.6 par ,rapport
aux Jautres
parlers
1
du groupe mandé
se
révèlera être d'un
grand
inté~êt pour l'étude
1
1
des
s y s t èJ rn 0 s' don u rn 6 r ù t ion u n p Ll l' tic u lie r
J.J 0 u l'
C ~ r t a i n s
n 0 rn S
1
de
nom~res communs ~ différentes langues. En out e, les diff6-
\\
rents
parlers manding tel
qu'ils
existent
au Sénégal oriental
,~
et en Casamance
(côs
du mandikùl
laissent
bien voir que
leur
situation actuelle
est
le
résultat
d'un ·processus
plus ou moins
complexe.
93.
J.L.
DON EUX
Les
liens historiques des
langues
du
~:.. f
Sénégal,
p.
14.
,
\\

Su
-
Cha rIe s
Mon t e i 1 n 0 t ait
dan sun e
é t u d e :s u r l e
nom b r 8
et
la
nurnûration
chez, les 'Manué l'importance de ce grou~u
"De toutes
les
familles
linguistiques ~ui se
parta-
gent
l'Afrique occidentale
française, lIa
plus
impor-
i
tante
semble-t-il
jusqu'à présent
est icelle des
dialectes dits
mand6s.
Son
domaine
d'i1nfluence,
sinon
\\
exclusive,
du moins
prêpondé~ante en ~ien des points
s'étend peut-on
dire,
depuis
le
paralllèle de
Tombouc-
1
tau,
au
l'Jord
jusqu'à
celui
de
Kong au isud
de
l'Océan
!
atlantique
à
l'Ouest
jusqu'à
la
branc~e descendante
du
Niger à
l'Est.,,94
1
i
Li]
complexite) du Pl'UCI)SSUS
LJ'CJvulutio
des
COl11poéii.lnLes
de
ce group8 fIIûriLe
d'üuLûflL
plus
d'êtI'e
soulignée que
selun
Monteil,
de
leur
lieu d'origine
à
leur
localisation actuelle,
elles ont
été mêlées,
façonnùes
et
modifiées
pa
des
facteurs
divers:
d'abord
à
ses
yeUx
le
Malinké apparait
comme
"le foyer
d'origine
ues
autres
dialectus",
cela Llûcüulant
à
son
avis
ue ce
que
la
région 00
il
domine
plus
particulièrement
"est
à
peu
près
le centre de
l'aire d'influence
de
la
famille
m,ndé".
Ensuite,
la vie de
relation,
la guerre,
le
commerce
et
l~s migrations
1
sont
présent~es comme causes majeures de cette ~xpansion, ce
CJui
vu
lJ.::Jn~~
~;[)n~,
11;
cie
cr~ (Iur; nDUS notiünri dans lIa synthl:riu r,ur
,
1
l'histoire ue
la
sous-région.
Enfin,
sur
le
pla~ strictement
i
1
linguistique;
Monteil
écrit
1
"Pour ce
qui
est
des
langages,
cette
piénétration n'a
connu
aucun
frein
ni
mesure,
faute d'Jne
littérature
indigène
écrite,
d'où
des
échanges
et ides modifica-
tions
morpholot';iques
ou
syntaxiql,Jes à 11'infini."9S
1
.
,
94.
Charles
MONTEIL
"Considérations
générales
sur
le
1
Nombre
et
la
Numération
chez
les
Mand~" in
l'Ant:hropologie,
tOlne
XVI,
1905,
pp.
485
599.
95.
MONTEIL,
op.
c i t . ,
pr1- J16(c,-,,97.
\\

-
59
Cette
insistance
sur
le groupe mandé a
détriment du
gr 0 u poo U l! ~ t
LI LILI nt i quo
r:~; l
v (J u l U 11
ut
s' U XI) l i q U 8
P <J r
l {!
r ,1 i. L
1
que
uJune
part
nous
avun~ lunu à
exposer quelq~es argul1l8rlL~
1
1
susceptibles de
prouver que
l'importance cultureile du mandé
1
l
, ,
ne
doit
pas
58
mesurer au
nombre de
ses
locuteur$
au
Sen8gûl
,
d'autre
part,
en matière de
numération
cardinalelcomme
pour
notre
réflexion
sur
les
systèmes
numériques
symb?liques,
l'in-
1
fluence
linguistique et
culturelle mandé
devra
être
prise en
1
1
compte à
côté de
celle d'autres
langues
du
group~ ouest-atlan-
1
tique,
comme
le
wolof ou
le
peul.
Abordons
à' pr8sent
un
autre aspect
desl rapports
exis-
1
,
l;iln1:
D l i t r n
l~r'IJII[ln ()Uf:st-.IL lilfJt;lqun
at r;roupn rnanH6,
ù;,pnr:t.
Iflll
1
1
revêt
une
~mportance ,capitalu au regard de l'étude de la num~ra-
négro-africaines.
La' linguistique dfricain0 et
singulièrement
la
ban-
touistique,
dès
ses
débuts; ont mis
en
relief
un trait
original
1
de
certaines
langues
négro-africaines~
Ces
langues
sont
reparties
en
deux
types morpholo-
1
giques
Celui
caractérisé
par
l ',existence de
classes nomi-

nales dans
la morphologie uo
la
langue
-' Et
celui car<Jct6risu
par l'existenc
de
tons,
dont
la mention
est
n~cessaire pour la transcription, sous peine
d'ambiguïté
ou
d'incompréhension.
l
96.
Ainsi
que
quelqu~s autres cara~tères dont le fait que
- Il:....•..
la plupart des
radicaux des
langues
concern~8s sont
de
types
.
syllabiques
C VC ou
bien
CVCV.
i
1.[
i
\\
1

-
DO -
Dans
une étuLJe
1
intitulée
"De
la
notion de
genre dans
le~
langue~ è classes".
i
t
:;"II\\.U,j
uuvru
,;1111
<lllllly,;u pdr
cut,tu qupotlun ut
1",IlL
1
i
f
1
le
point
"il
ressort du
colloque d'Aix en Prov~nce sur
la
1
1
clcDoification
nominale dans
les
langues
n~gro-africaines deux
tendances
quant
à
la définition
qu'il
convient de
donner d'une
1
. i
langue 5 classas"
1
1
l
1
l
,
1
Une d6f:!.nition
utroitl3
et
pI'ucise Proposee par
1
bantouistes.
en
particulier par le Professeur Guthrie qui définit
1
une classe
"sur 10, plan rnorpho-syntùxique.
comme
un
schème LJ 'ûc-
\\,
cor d b i end 6 'f i ni.
con sis t. d n ton
18, P r (: f i x 8
cJ' a c cor d d' u n n 0 rn i n ù 1
indépendant.
un ou plusieu~s, types de préfixes c~ractéristiques
1
1
-
'
1
cJUC3
rlumirlLJUX
UI', pur 1d <'Hl LS
(li u LI 1 l r l c <..l L l f s,
LJ U !TI uns t r,a tif s,
n u III L~ -
1
raux.
etc.)
et
un
préfixe
utilisé dans des
verba~x, tous des
1
l
rn e rn b r e s
d 8
1 iJ
,; C! r' il)
des
p r C! f i X LJ :i
LJ' wc cor LJ
C! t û n t
~ 0 l'ph0 l 0 [i i 11 uC -
1
i
ment
identiques.
!
1
!
2.
Une définition
très
large.
proPoséel par
le Profes-
1
s e u rAI' n 0 t t' sur
1 e f ait
que
b eau cou P deI a n gue s id 1 Af ri que a cci -
1
,
dentale
"n'ont
pas du
tout
de
systèmes d'accord mais
seulement
des
groupes de
noms
avec
un mêma préfixe,
celui-ci
alternant
1
avec un autre
préfixe dans des
paires
singulier/pluriel"9a
1
Mmo Rosine Santos
souligne ùl~rs l'objection suivante
1
"1_(;
profnr;seur Ml1nlè""Y
f6isùnt
rom'-lrquer à
juste titre
li u Cl
l Cl
f l'iJ n ç .:11 :;
Il U U t
[J t l' C
LJ () Il S
eue a S
con s i LJ û r Û C LJ fil rn u
une
langue à
cldsses.
il est
important de maintenir
97.
Pour
les études
sur
les
classes
nominales dans des
langues ,négro-africaines.
voir bibliographie génll,érale.
Rosine SANTOS
"De
la
notion de genre
dan~ les
langues
~ classes" in R~alit~s africaines et langue fra~çaise, nO
7,
Février 1978.
p.
S6.
i
i
!
\\

G1
pour
qu'on
puisse
parler
dB
IBn gues
à
classes
que
"la
répartition
des
noms
en
groupes
formellenent
marqués
soit
sonctionn0s
par
quoIque
ln 8 C LJ n i~; li l;
385)tl~.
d'occoru."
(Colluque
J'Aix,
1~LJ7, p.
1
1
Le
mêcanisme
d'accord
en
q~estion, conkiste en l'exis-
tence
d'un
classificateur,
u'un
morphème
ou
d'un
résidu
de
mor-
P il 8
nOlllillûJ
ln 8
J Go t 8 r " 1:L JIon t
lilliuelle
dpjJiJrtient
un
1
classe' des
humains,
celles
des
animaux,
des
liqu'ues,
etc.
Sôns
trop
voulail'
flOUS
ûventureI',
llùns IL
technicité
de
ce
domaine,
mais
par
souci
CIE
retenir
dR
catt
propriûtÉJ
linguistique
ori[inale
ce
qui
est
susceptible
j'~clairEr le
i
moment
venu,
nutrc!
é.lntJly",,[:
drl
L.
nUIl1\\':ri,ti\\Jll,
illtstroné'
r:P.Ll:f~
rd g le
des
l iJ Il l~ li U ri (J c l a Ci S l; S pur
Cl Ue l Cl u e S
f,?, e Il IIJ l a ~ 1 UU •
nêlux
lamaa
(un
roi),
neÏlo
(une
persorlne
castéel.
Sai t
un (;
de u x i ~. ln i~
S 8 r i r:
de
ri 0 Iii in Cl u x
(t 0 u j 0 u r c,
c n
pulaar
du
Séf1ég<:dJ
nU)iJfI1
(je
l ' e a u ) ,
kosarn
du
l a i t ) .
netJrJm
(de
l.'huile)," jijanl
(ou
sanLJ
Le
q l l i
CdI'iJcL.JI'J.,jl;
Clli.:r:une
Ut!
ces
s~ri8s de
nOlniflilux,
,
c'est
l'existl:ncB
d'Un
rnol'ptli,rld:,
fixe
qui
vient
chaque
fois
s'ûgglutirlFo!r
LJ
IHI
l'LlL.iccd,
viJric:IJle.J
l ' i n f i n i
(inventélire-
ouvert)
constitudnt
ainsi
l'incice
de
la
catég:)rie
"d'f.tr8S"
J
laqu811~ iJppdrtient l'objet tCsi~n6 par
le
nJminal
ainsi
" 0 "
est
18
morph~me de la classE des humDins en ~ulaar du
et
"am"
celui
de
"
.
C 8 r' t. d l n s
liquides.
1
9 S.
Col lu c; !j [
U 1 fI i x,
1:) L, 7,
r p. ::3 J '2, J J J, 3 J 4 .
10G. l,'" ,,, .. l,
';/'<"":;01".3
::i,,;~, "';-'1' ;:IIJ
dU
texte
je
AbdouliJyr~ 11fI!. [H,
linguiste,
Oirl~CL:L:Ur lJU C.L.fI.U.,
texte' intitu18
Esquissps
t.ypo-
In,~iqllfl~. c'I: ",Î',I'III:LIII,llc::; ,i,":
[ , ' I I I ' , l i I ' "
ti'r\\rl'iIjIJI~, UcJKiJr, ,joll/lli,:r'
1 ,J il '"
L U li L '1
l' i , 1 1 l, U 1. •

- DL -
En
outre,
tous
les
raoicaux
d'une même
série
se lIlettent
élU
pluriel
811
prenant
Uf1fC~ seule
C'est ainsi
que
puur
notre
premi0re
(pulélôr cJu
SjnégulJ
Sirl[ulier
Pluriel
Homme
gork
~
wor-be
F8mme
rew-be
Etranger
kOGO
hob-be
L ;111, J ü
lam-Le
Personne
casté8
neno
neno-De
et
pour
la
d8uxi~m8 série
SinGulier
Pluriel
1
no y an.é j (>
8.JU
ndyaIT.
.. ··
l J i t
k 0 S a r.
. · . . · ·
kosarr.éjé
huile
Il ~ !J an:
·
· ·
né ban, C j é
. . .
. "
s ,Jnf.';
.
J1J311i
· . . ·
J1Jarre~
I~ 0 u S
Ll V uns
~ i t
plu S
li LI ut
que
l e s e con d . t Y pee s sen t i u l
,
de
langues
africaines
est
celui
Jes
l~nLues J
tons.
Qu'est-ce
qui une
l a Il Gue
,'J
t [J n
?
i
"Le
ton
est
ILl
hauteur
musicile
~ laqu~lle chûque
1
1
1
syllabe
ooit
ûlre
prononc88
pOGr
pouvoir désigne~ un
signifiant
,
1
.
d§terminé",
c'est
par
consGquent
la
condition· sads
laquelle
les
i
"
1
d i f f é r e n t s
131 é Ille n t s
d 8
l Cl
pro p 0 s i t i Cl n "s e l~ èl i e n t
Sali t
inoifféren-
ciés"so'it marqués
par
des
or~~ii.:L:lt~s"
) .
La meilleure
preuve
Cl;
l'importance
Jes
tons
uans
les
l (J Il g LJ [~~~
C (J rIe L: l"ll (] tè S
c; s 1...
LJ U Il 1\\ L: l'
~~ 1.;
.. (~ LI G p l ' un
i.J p P e] l e I ë;
f u rll.': t i u n
da
distinction
lexicale
ou
ton.

-
Li]
-
C'est
~insi quo si dans une 8tude lexi.cale pour une
' t
U "1
"
l
0
".co 1" t
U U
'1 Il: L ê.I n i sni elle
l ' 0 P ;J 05 i t ion
Lurl <.J J l: ,
J n g u 8
i.J
' 0 Il ~) ,
- ~
- ~
on
voiL
in,f1IL';lliLlLul1lflTll:
li!
Lt'll'dCI',ll'll
l':s"ul1t:lnl
da
'la
not'l1.illI1
,Il'
tons
pour
l'intelli~~Lbilit8 1i\\8m8 uu discours.
l' l' \\: 111) 1\\ c;
li i
'IH) U l'
III LI li i: 11:
ll~ 1\\1 li 1\\ d L 1<. d
[-'cl,r
exem'ple
le
tlJl'llle
LJa!'n
IÎ i Il ~3 i
Cl (; l' i t" S :J[I ,.
1\\ ut wt i 0 'n
tu Tl ù l LI
i l
e 5,t
a mu i LU.
1'11]-
t i Cl u 0 n s
à
pl' 8 S 8 n t
5 u r e 8
f1i ~ mie
If, a t,
l ' op p 0 S i t ion [t 0 n ù 1 e
(' t
Dans
le
cas
de
la
pre:l1,iC;re
notûtior'i
caract~rjs8e pal
i
un
ton
bûS
sur
la
pr.crniicre
syllé.be
et
rJeux
ton3
hauts
sur
1.)
!
seconde,
le
rflot
si[';nifi8
"natte",
Oans
lu
deuxiè'ne
cas
(ton
11i:lUt
pou r
1 apI' e fil i è l' 8
Ci Y lIa [J e
l! t u e U',
t 0 il S
LJ û S
Il u u r l
S 8 cori cl e ) , l 8
mot
signifie
"lezéJrcJ".
Pôr
ailleurs, la
notation
,tonale
a
une
onction
gramma-
ti,cale
puisqUE:
lilelS
vocéJiJllls
COI1,POCièS
ucs
Il:l:II,(O;S
p
onèrnes
pldcus
OûrJ5
un
r1l8l118
o ['
ira
U 1 r;,
son t
CI ? S
V E J b iJ U X
0 U
cl (; fi
n 0 ln
u x
selo 0
] r:
s c tli:c III U
t 0 rl iJ l
LlI/'UII
ltOU!'
CfJlJl.iquL;.
1
I:':xerrple
.èt.lf~t~.;
un
VI.~I'l)t.
S(;11dl'I!")
1 st
tlfl
1
'.. ~
.
r1 0 1; i:1 Li J
(~
i-J 8 cJ u)
U U
El n cor e
"11] li"
f v. s' éJ r rê ter)
i
H]rÎÔ"
ct·: iJ IJ f f I~ ) •
L'importônc::e
j e
la
nototioo
t
l
t l

t
Il
ona
e
e3
iaussl
8
e
1
qu'elle
SE; U l,'
pcrnllJ1:
Je
LJifful'Lncier
18
sinEuliœr
du
pluriel
et
de
distinL;LClÔ!r
la
for~n8 c~'fini8, de
la
t'orlne
i
définie.
Conlfil8
on
Il"
v.1i::,
lël
notation
~onale. 'fn mêrnE
temps
qu' L: Ile
s c r t
,'1
dis t i t1 eUe; r
l '"
S è.; l,or 1d
t Ypeu e 1 .1 cJ n [; I.,J e s
a f rie Cl i n r~ s

64
\\
-
l
fonctkon
lexicale
S
~8
r,ovùle
avoir
une
des
langues
d
casse
,
~
~
w
i
LJ u
;11 0 rp Il 8 me
u t!
t ,
l
l'
l'm,port~nte
que
celle
et
gramma lca
e
auss
~
i
c las s e p 0 u r l e s
l éJ n ['; u e s
;j
c l éJ 5 ses .
.
/
l
sur
tltlelquBs
él(IIII'lli.cl
Ces
consiuérations
bene ra es
~
de
base
de
la
linguistique
africaine
paraîtraient
bien
vaines
si elles
ne
devaient
pas
nous
ramener à
notre
propos
CE:ntI'dl
gt
llJi
apporter
CllJclquGG
prlJcisions
enLoru.
r:: n
u -F -F t3 L,
::; i
l Cl
u i s t :L r, c t ion
e n t r' e
l iJ n gue 5
~l
cl" cl,', l' ,;
et
langues
b
ton5caract~rise d'une manière ~énjr~le la réalit~
linguistique
africaine,
il
fout
~réciser qu'en ce qui concerne
la
Sénégal,
C8ttu uistinctiun
constitue
la
division
linEuistique
,
tuent
l'e5RcJcc
lin6uistique
s~n0~dlais, l'un,
le
group~ ouest
,
18
groupe
mancJ8,
un
groupe
U~
langues
Q
tons.
[: n '0 u t r e,
cet te
cl i vis i u n I in l, u i s t i Cl LI ù
ne
peu t
111, II) IJ Il t, l'
u e
no u s i n t I~ r L: S se r' plu s
cJ i l' ~ ct 8 Il Cil t
8 n
f1l a t i LI r e
de
f' é fIc x i ü Il
" U l'
l 3 5
S y s t (; r,l e sue
n u mè; l' Cl t i u n
l 0 r 0; LI u ' ü n s Cl i t
8 n .p à f' tic u l i 8 f'
q lJ e
l Ej
marque
de
classe
affecta
la
constf'uction
des
nom~f'es cJEns
lQ
quasi
totalit8
des
lanLlIes
d
cliJsscs.
A ce
propos,
le
cOfT:mEntôif'e
de
J.L.
'Jorjeux
5Lr
le
q U8 3 t i u n Il u ire
Li 8
l.J r (j e J) bd l' t,
Li li d n t
i~ U X
vin /; t - ne lJ f
Rf' e!Tl i e l' s
no 111 iJ r es,
constitue
entre
alJtf'E:S,
urIe
innicîtion
in,portûntd.
RÜP(H.:lullS
1
C3
commentaif's
" Lf]
qUEl S \\: ion n û i r' e
LJ ,;
CI' 8 e n LJ e l' b
est
l e x i cal
C...).
En
outre
i l
perrret
aL.
cf18rcheuf' [Je
S8
onstituer
un
vocaLJulaif'8
pf'8cisux
pOUf'
l'investigation
gr6mmati-
cale
C • • • ) ,
Les
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au
systène
nUIIIL;I'fJ!

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A
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c
1
Le
moment
venu.
i l
sera
nécessaire
de
prêter
dttr:fltjon
l
ten ,"'nt
ûu
SYSLI;IIIU
Jus'
~
tous
les
cas
et
exemples
de
nomJres
appdr
u
'
c las ses
et
don t
l ' a n a lys e
peu t
8 c lai r e r g r a n ci 8 m8 r t
l e
fi, 0 cl [;
(1 1 [) r -
ednisation
des
syst~mes de numération.
No u s
no usd e méJ n d Cl ru n s e n
p û r tic u l i {] r
s ~
l ' 8 X i ~~ t 8 1\\ l; U
o u I 1 a b sen ce
d e s y st ème
d e
c las 5 es,' Ll' u n 8
i n cid 8 n
e
sur
1 R
r, y fi r
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n u mé rat ion
d' U Il B
l a Il ,3 LI F,
LJ U fl n (c •
i.
*
1
Il .'est •• '
:u c:urs de ces CO.S'dA.al.on .• 'n~r.'.'
sur
notre
cadre
u'utude
Lies
systl';rnes
de
nUllll:rLltirn
cJu
:';UlluL>Jl.
1
de
mettre
l'uccent
sur
l ' ensclnlJlc
ouest, airicain i comme
célure
i
géographique,
historique
et
culturel
adGqudt
Q u~e
opprocho
1
1
1
correcte
a'un
tel
problème.
Cette
préoccupation
trouvé
une
justification
non
né~ligeable cans les car-~ctériJtiques gen6r~les
1
i
de
la
linguistique
africaine
ûont
i l
ressort
que Iles
lan[,ues
afri-
i
C cJ i n e s
p iJ r ] l) J: ;,
,-Ill
:; (~ n ô t', ,11
,J ill J ,j 1 1.i r: 1H) C Il 1.
<l
1 J'II ~
rd III i l l u
(; 1JÎ
1: tJ Il \\1 /1:
et
dépasse
los
limites
~éo~raphiqu8s de
ce
PLlYS.
I.~)
-
LI
:,y:~ 1 U1!
LJI
11\\f\\i::,1 h Il'llUIJ
L'existence
des
sons
particuliers
dans
les
16nbues
ûFricéJines
d
conduit
18s
linLuistes, ,',
différentes
époques.
,J
,
aJopter
des
systl!rn~s ue trdnscription p/zollolo:;ique concurrents
et/ou
successifs.
1 0 1.
Q LJ C ;, t. ion fl d i' r c s
cj 1 lJ rH lU t t Q
lin ["U i ;, t i q U 8
11 est i n (, S
il 1J Y
l, 1n -
gLJ8S
afric,~irl!rS (L~f\\lU;ijU~:,. îl,h\\1 FEI~,
VJt::Lf'1rf\\~i)
texte
<,HIL1.ti~;,
Lux-
t d
f r ':1 n ç cl j s,
Il r (, S El fl t ij t i ~) ,1
fe t
t r ,~ , j LI r: t ion
p LI l'
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1
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d u
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d u
X Xe
s i ~ c lu)
s e s e r v I~ n t
rJ e
l a t r ans cri p t ion
p r' 0 p r u
è
la
langue
européenne
dans
laqLelle
i l s
s'expri~ent. En cons\\~-
quence,
u6ns
ce
C<JS
pr~!cis, flOUé repl'orJuisuns fipÈ>lenl8nt ILl
transcription
utilisée
par
lus
"uteurs
citl~'s.
-
Certl:llnes
langues
ont
des
sons
qui
1 ur
ap~artien-
nent
en
propres
et qui
Jiffl;r',"nt.
iJ'uutr'us
~"UIlS pus cOUl'ulll.s
et
communs
~
un
~ranu nombre ,de
Idngues,
sinon
è
toutes.
Pour
du
système
de
transcription
oes
sons
appartenant
en
propre
~
la
[ou
aux)
langue(s)
de
la
numCration
en
quosti
n.
La
trClnscription
r:r,'sentûe
In,Jillt8nan
et
ci-rJ8ssous
concerne
exclusivelllent
les
suns
cOJnnluns
il
six
la
gues
nati[JllCl-
,
l '
10 L
las
du
5l3n0gal
en
partlcu
l e I '
\\-J 0 lof,
puldélr,
sereer,
joulcJ,
1n3ndika,
sonink6.
Catte
transcription
privil~~ie le
point
lie
vue
phonolobique
ct
non
l=honutiqu8.
t l l e
est
le
résultat
G'UIl
compromis
entru
lBS
reCJlllllluflllOLiullS
\\Je
Icl
l~u'lf8rence ue
B~
k
Hl3
ama
0
réuni8
sur
l ' i n i t i u t i v e
de
l'UNESCO
;Jour
l'hfJrmoni-
sdtion
UG
lu
l.r·cJI1SCI'iptloll
dlèS
liJI1L;UGS.
éJfricuineEj,
et
les
con-
clusions
des
traVéJUX
d'une
comrr:ission
rél.<Jnie
par rIe
Gouvernefl18nt
s-Jn0/.';i:l1LJis,
CClllllliissiUIi
dU
suin
LB
lalju811e
~,8
trouvaient
Jes
102.
D~cr8t nO
71-56G
du
~1
mai
1~71
r e l a t i f
à
la
trans-
cription
Les
langues
nationales.
C8
décret
~e cOncernant que
six
langues
du' S6n8gal,
les
autres
dont
nous
étuciions
la
nun:éra-
tion
peUVEnt
être
intéresst38s
ri,jr
la
transcriptio'n
des
rTi8111f?S
S(ln:;.
CluClnt
üUX
SOfl~ qui leur sunt prupres, on les trou:vera 8n cllJUl'uunt
chaque
cos
oe
nUff,c!ration.
,
1 0 3.
L f .
1; 1\\ L, 'v' i
(J .I·i.
.La
transcription
Jas' lan'JuL's
(Ill
S,;n "'fd 1.
J' ra 1> 1 ("Ii) , ',';
t: il ( " (1 ri. j u, . .':
!' () Il r
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C" il 0 j x
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û 1 V il LIl, L' t
u i { j -
c i e l ,
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l: L. i\\ l J ,
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lJ i s,
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+
i Î
+
'1 U
i< V- XXII l,
1 ~ li I.i •

-
G7
linguistes
de
diff~rentes· ~coles et dediff~ren~es nationali-
~;
Il/,Iil u ]', '1 11JI' :;
t
~
LI! II ,.
1 1. U il LJ 1 il
~ "1: 1l,Ir' :; I!
,J S,
LJ t
d ] IJ:i 1. t' I~ 1
Il, 1 t'
r·',[ 1 Il
,
1
GF~APh[S ll"PLUYES r'ùUI\\ LA 1fU,IJSc:rnPTlDIJ LJES S,ONS
1
COMMUNS
AUX
SIX LANGUES UU SLNlGAL VISEES PAR
l,
LE
Oc.CRET.
Phonème wolof
CCllivcJlerlL
ph'JI10lofÜ\\LB l'l'dll,,.uj:-;
,
a
a
b
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t
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~.

GU
1.3
DEFINITIONS [T
NOJA1IONS
11
~;"ll',:i.t cI'iJlHlI'tI tI'ill[!iflUC[' ~;nll1ll1ilil',l11lnnt ]il :,i~'I,il'i
l'
c.Jtiun
1 1'-
du
Lld'IIIUS
CU1T8c',PUllt.liIIIL
<l
tles
nClti(}rl~; et conr:ep1.:.
1
l •
n e " [' t i,J '.J.' 1\\ :;
1 1[ :
"
t
'l 1 l'
'l'"
','y.'; !. 1 Il Le:;
1 []
l1Ullll;}'c1 ; l O .
w
CI U u n t 5
u 8
nu" r u
1;, 1 l i ;
L " . ,
,
C8S
termes
sont
pris
dél0S
, i 0
tcnl:,inolo[',ie
linguistique,
Cf~ qui
se
justifie
par
10
fait
quo
leJ
Ilur:ll~rcltiun
ici
ex LIli :;i \\1 i; -
1
ment
orale,
t
r t l'e
descrl'ptive
c'un
11lini-
's une t u LI e
C 0 III P 0 r
. e
LI n 8 1 P a
mum
de
rnéCi:lnisrllc~;proprf~s,'J l"pxproGsion ori~l(; ct/uu .J la l'llll',IIl~
concernee.
U' LlllLr'ur;
l.urlllul,
"PII"l L.LUlll\\l;lIt.
.\\
i d
Ler[ninolOl:,ie
I l l d t l l u -
nu t i q LIB.
Il
s'aGit
ensuite,
LI
t.itre, PU1'8111cnL
copventiorlll8l
et/ou
pOUl'
lu
cûrnrnouité
uu
pûssuLc
ue
l'Ol,:!l
d
l"écrit,
ue
111011-
tionner
quelques
notations
dont
nous
nous
servonp
fréquemment
1
dans
ce trèlviJil.
1. 3.1
oE fIN l T l [J i'~ S
1
1.3.1.1
L,lUI1
Lju'il
soit
Ll' l: S
conlnu
et:
qu' ûU
cours
cie
cetto
ùtuu8
nOiJS
iJyionc,
<1
l'cnlp]fly(~r
t r , s
peu,
rilJlJ1I~-
Ions
que
"les ph0n~mes sont
les
unités
phoniques
communes
à
tous
les
locuteurs
J'une
lanGue
(~ )< ( 1 1 ; -
[.I0n;1(:8
et
qui
sont
rerrociuitcs
tame~t dans
Id r8p~titiQn ( ... l
c'est
sur
ce
5to~k limité d'uni-
1
n10
t~s qu'est:
construit
tout
sysL~ne u·sxpansion
1.
1
~
.,
1.::.1
l, (}
. ".
~~y~;tl:I\\lC uu
cld~)~cJ
CUI t ,1 111 [~ ~;
<
langues
africaines
comme
cplles
ou
~roupe ouest-~tlantiqlle, rend
1
s c u ven t
n é c 8 G5 Q 1. r e l ' e mplo i
" U con cep t
cl e
rrr 0 r p il è Il( e
un (lU pll.lsi[~urs
1 LJ4.
fi.
f\\.
GLt:flSOr~
(C,I,
c ' ,
[J u b 0 i ~ - C il a l'li a r ),
1 r, t J' 0 ci l.Il~ (7: c' il
a l (1 l'i rI!J u i ;J L /: 'i lU' JI) ,JI< l ~.;, f; (; • l ,,!' [) US;; o. 1!1f; ~ 1. i). 1 2 •
,

59
l ,
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la
n,êrne
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éga18m~nt n~c8ssair8 le recours
d
ce
conc8~t.
1
1.].1.:1
-
L'UI18
li8~i tuutus pl'8111i8res U81l:éH'C:III.'éi
t
l
l
e
et
lc''l
culture
parViBnl][~nt
consistant
ê
savcir
commen
LI
angu

f ·
1
nombre,
l' l
faut,
entenure
par
discrimination
à
identi
18r
claque
\\
des
nombres,
le
moyen
[JClr
lCl\\uel
incJlvicJucllemen~ les nomLlres
\\
sont
identifiu$,
et
ce
moyen
consiste
cl
le~r dClnrer un nom.
e.:l n a [II U G t
cli"
r) r i t': i l , ,Il
,',' l 1
L;~' l il l f~ t i 1\\ C \\. li c t 0 u \\t ü u t r le. 1 1 1J I~ l-
dit
co mp 0 n Û
G i
d 8 U x
no 1,15
0 r i r: i Il L: LI x
S 0 Il t
éJ:; soc i 8 S \\
po u r i d 8 nt i fie r
un
<Jutru
no (1111) 'II •
1
I.3.1.4.
S d i r 8
1 éJ
co ni Lü Il dis LI n
Cl e
LI 8 U X
lJ L
plu sie urs
nu mbr 8 ~
di f f 8 r 8 n t s ,
8t
C8S
nOIT,bres
étant
(jes
noms
Oll
cles
adjectifs
numéraux,
10
conc~pt de conctruction qui cési~ne tout "groupeipertinent de
mot~
(ou
ce
morphèmes)"
s' dpplicjue
à
toute
combinaison
de
nom-
bres
permcttLlnt
J' olJteril'
url
é'U lrc
nonILH'e.
1 . J . 1 . 5
L: s t
LJ ~~ 1 c l Û
(! 0 n :; t i
tu t11l t
u n
mot
0 u
li 1l(j
qu'il
S8r,:l
'1uustion
lies
prlJr;t'!(j1';:;
pLir
lesquels
différents
11UIIIUIUS
1
S ,J n t
c 0 mb i n 8 S
(cl cl Li i t ion
0 u
\\11 U l t i pli c a t ion ),
C h .:l q U8
nom t r 8
0 U
\\
t'; r 0 U P8
cJ 8
no III LJ r 8 S
siC nif i r. LJ t i f
ci Li n 5
ICI
co nlll irl [J i s ci n
se r éJ
a [J P 8 lé
cJnstituant.
1. :;) .'1 . C •
LJ n
e n s [;; rrd,J l e
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con s t i tua n t 5
s e t r 0 u -
vant
dans
le
mGr"o
sch0m8
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con,-truction
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I l
1
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principalen,ent
trois
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I.3.1.7
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l 1 un
8 s t
c' ù III]J z,; tan t ~
l ' ü u t l' "
L>JIIIIJ l u L le •
1.3.1.8
Uns y n t él L: mec 0 0 l' LJ i Il cl t i f
est
COll S t l t LI Cl
t ,
t
'
reli8's
par
un
fIIur-
par
deux
ou
plusieurs
consltuan
s
nonllnaux
phème
coordinateur.
1 . 3 . 1 . 9 . -
En
linGuistique
on
appelle
"nombre"
-
,
. . .
t
J.'ndJ.'vJ.'du
seul
8t
l'opposition
entre
une
cûtuLorJ.e
lnolquan
.un
une
autre
inuiljuant
ueux
ou
plusieurs
Indlvillus.
C'est
l'op[losi-
1.11111
titi
~ .. illl'.II\\ILI·
,,1.
1Ii1
\\,11I,I'\\lll
t l l l l l \\ .
1"
pour
la
cO,'lstruction ,de
certains
noms
U8
nOmLJr3S
dans
les
Llfl\\',ll();,
1
cette
nution
l'uxpressiorl
"OrJf~o:;itjorl de
nOllllH'e"
qui
lui
P:it
1
S ion s
"rI ume'Y' Q l
C Q l' cl i Yi. al"
et." n CI', Ul' e
(] a l' Li i al",
0 u
e n cor 8
C P. S
ueux
8xprE.ssiuns
cJvec
le
terrl18
L,e
"noml)1"e".
1
1.3.1.10
I\\VLlIll
ue
puuvuir
rec.Ju:rir
aux
concerts
1
,
mat h é rn a t i que s
cor l' e s p 0 n dan t s,
c uns a c rés
par
l ' ni ~ toi l' eue
l ù
n u 111 1:0 -
ration,
nous
nous
servirons
de
l'8xpression
"nom~I'es fOl1ciarllcn-
,
1
t2UX"
pour
désigner
les
nombres
~ ~artir desquel~ les autres
1
n ,~ mb l' e s
son 1:' (Hl L: c n cj rés
(J t
l' (! 1; (J ive n t
l l: ur"
Il 0 111 s.
1
Pour
la
même
raison
nous
emploierons
l
termE.:
de
"J?alier'" ~:our 8xfjrill18r
l ' iUl;fJ
u' L':tûpB
ui.3cisive
d
ns
la
proGres-
sion
vers
de
plus
grands
nombres.
1.3.1.11
~n
hiérarchisant
la
3u'te
des
nombres
8.1tiers,
on
appelle
Ol'ai'C
l~{;
nOl,Z,PC,
une
suite
d
nombres
qui
comrnence
f-!,Jr
Uil
11UrrilJl'l2
l'ull,J:r:'cIILJl
et
se
LL:l'!IIÎ'le
par
le:
I1UIIIl'l'e

-
11' -
l . l3 t U lll;
,l' II i 11)
IHI III 1: l' d t ion
li 0 Il n Cl G
pur 111 cl,
li 1l
Ces
ordrES
:,ulll,
11
'pOS·,~2.<~ u'ürurEs de nombres.
combien
ct:;
",-Cl
,vUe>
.
l,
. ,
,'1.".
,:11
,II l, 1111.
,II:
t ' U l ' L i l ' l :
"
1 . J • '1 • '1 "
Lu
111lLul:";Llqu8
uIII1J1oie
le
t8I'f1le
dt!
"l2uméI'a~" pour dl)sic:;ner
ce
quI.]
léJ
lllathClrnaLilllJe
appelle
nOI,l!lf'll
cardinal
ou
ordinal.
Ce
terme
est
é~alernent empl10yé pour siLni-
fier
qu'un
nombre
(math.)
appartient
d
un
ordre
de
nombre
donn~.
Oans
cs
cas
prucis,
le
turmc
ue
"1!uméI'a~" t..;çt su\\ivi du nOlll ue
l'ordre
auquel
i l
appartient
exemple
le
nUiné~ al des uni tés.
1
1.3.1.13
On
LI P r u lIe
s y st 1; nie
de
u m é rd t i 0 Il
U li
encore
nun,BrLltiun,
l ' u r t
U'Ullullccr
et/uu
li'lJcrir
les
no fil lJ r 0 S •
Au
plôn
math~miJtique, unsystBITl8
ération
se
caractérise
~ar
le
ou
1°,
"noliiLrc(s;-réJlier"
lIui
nstitue(nt)
las
unités
successives
j e
1<2
~rLlr8ssiün
Ijc~)
ord'es
us
IlCIITl!ll'Uèi.
La
numération
absolue
se
dit
en
généra
du
corrlput
di g i t al,
0 u
b i 8 n
10 r s LJ u e
l e I 0 eut [; u l'
n 8
co IIII-J te
a
cu n
0 l j eL
cu Il -
cret
mai~ seulement
dans
"sa
tête",
ou
sur
SLJS
dfigtS.
C'est
de
la
numBréJtloll
ûLlso1ue
qu'il
scr,;
c~~SI"'lti,dl[:III(:I\\t
1
t.
Qr8S
l011
U u Il S
1
le
travail
que
nous
présentons.
1. J. L
li ut L QUE:. S SIG f\\ L S 0 E rw T AT l OfJ
l . J . L • 1 . -
Lût l' ù n sc ri pt ion
sn
c ,li f f r es u' une nu ln é-
r~tion parlée
pose
parfois
des
problbmes'délicats
d'écriture,
singulièrement
lursqu'un
no~bre comporte
plusieuns
ordres
et
pôr
voie
oe
cons~quence différer.tes op8rations.
Le
seul
moyen
d ' j v i t e r
la
confusion
est
quelques
fois
d 1 U S Br
eJ 1 Li Il [J
hot Cl Lion
q. Ji
; i :~ l il, 1 LJ 8
ces
lJ i f f l:: r e n t s o r ure set:

-
72
-
Par
al'lleurs,
pour
iJbré(~8r et r::rusan;ter de fLJçofl
opérations.
w
1
d
t
l il
commode
la
oisposition
des
constituants
ans
un isyn
al~n(ô,
l' ,) Il ci: i LJ Il
( ( l~ ~;
1: 1) Il ~, L .i t U LJ /1 t ::
1J ( J 1J JI, 1 Û t l' U
IJ L~ !J l L. I 1Il e
trLJVUI'!J
lUè;
Lü t i El l 8 G
d 0 G
lfI 0 t G
lj u i
lus
l) x pI' i ln u nt.
Ain G i
1.J.2.2
-
Les
crochets sont 'utilisés pour' noter
des
constitudnts
compos~s de plusieurs termes, au sein J'une
construction
elle-m6me
complexe
comme
par
sxempl~ une expres-
si 0 n
po l y n Û l,Ii na le.
1
.. ]
ou
Exelilplo.s
[--J + [ __ -Ji [-----]
\\
ou
J +
l .
+
1 . . . J
l • :~~ • L • 'J ' -
i 1 (J l.J l'
L r' (J 1 ; U 11' (] . ~ l' u Il Il i que rn e n t
l t L: { t u i \\1 , j -
lent
de
Id
jl:lxtiJpusition
(jans
le mode
rnultirlicatif
et
C:Vit[~l'
J él n s
c el' t é; i n S
C iJ S
t 0 u t El
C 0 fi ,l' Il s i [) n
LJ v 8 c I e S
LI u t r 8!?
0 PId r i... t ion s
d'un
syntWL,rrlu
COllipluXB
CUIJI~Ul'i..ullt J'ûutres upt:irations,
les
cleux
constituants
de
la
multiplicdtir1 n
seront
enC;)cJr8~ chiJcun Pd!' dUIJX
traits obliques.
Exemple
/10//2/
+
[5
et
5J
dix
ueux
plus
huit
28
1.3.2.4
-
UanG
le
cas
du
mode
additif,
lorsque
l ' a d dit ion
8 st
une
s 8 que n CE
i if, ri, u (j i cJ t e
des
ter ln es cJ d dit ion nés,
comme
c'est
le
cas
de
certains
systèmes
du
broupe
ouest
atlan-
tique,
certains
duteurs
que
nous
ciions
utilisent
le
point-
virgule
pour
marquer
cette
s~quence imm8diate.
LorSque
nous
ne
citons
pas
ces
uute~rs, nous
nous
servons
uniqusm nt
de
10
v ir gu le.
t:xemples
en
VJoluf
juroom-benn
,~
lJ
~.
lit tC:'!~ u l CIPAn t
: cinq un
""
1
ou
'J,
1

-
7J
-
1.3.2.5
-
L'ordre des
constituants que
sont
18
complétant et
le cOlnJ.ll€tc:
cJuns
un 'syntagme
compl:étif
varie (j'une
1
1
L.II 'l.i u u
;'J
U IH1
il U LI' C
() L
Il
II 1\\ 1~
:t Il (; i LI U Il eue u r l iJ, d i !3;J.) 0 s i t i U Il
li u :.;
constituants du
moae multiplicatif.
Les
notations
suivantes
seront
utilisées
selon
18
CÙS
qui
se
présente
lin[;uistiliuO.
ME
multiplicateûr
dans la termi alogie n,athématique
nA " multiplicanue
avec
deux
cas
Mt:/MA
ou
MAn:E.
.....

-
74
-
Il - LES
SYSTÈMES
DE
NUMÉRATION
DU
GROUPE
TLANTIQUE
II .1
-
PRESErnl'.TIOI~ GEr.t:Rf'.LE OU GROUPE OUES1-ATLAf\\TIQUE:.
1
Le
groupe
oue3t-atlantique
encore
appe~é sén8galü-
,
guinéen.
constitue
près
de
!::JO ~ô
des
languesafriGaines
parlées
1
au
S~n6gal et
l'un
des deux
~rands Eroupes entre llesquels
se
1
rapartiSS8nt
les
parlers
de
ce
ç.ays.
Cette
clppalLation
est
Gssen-
1
tiellernent
fund0u
sur
une
ul)servdtion
géograp,hique
et
traduit
le
1
'F ait
que
c 8
g r 0 u p e
li e
l a n G LJ e s
s (;
s i tue
(j ans.
l a
p a; r t i e
l ë)
plu s
i
s8ptentrionùlL2
ut
lLJ 'pl~s
occiueflL.lle
de
lu
farnil,le
ConEo/NiL;er
1
K0 r cl 0 -F an i en n l:2
Q t
con c el' ne
Li l:2
C c
f 0 i t .
l e S Lê n C! 13 .J 1 .! l a
GLI mlJ i C,
liJ
!
Guinée
~iSSBU ct
10
Guinée-ConaKry.
1
{ : { 1Il \\ 1 ! \\ : '. t ,
i1l!
'i LI '...1. J' U
,
dit
sous-Eroupe
nord,
le
sous-E,roupe
canr;in,
la
sous-groupe
l!dK
ut
,lu
SULJ:~-I"!'~lljpC IllIll-tul)!I<I. 1\\ l 'lllLt]J'iuu!' UC -.;ha4ue SOUS-L;l'uupe
,
les
subdivisiuns
correspDl1L!ent
.J
Jes
l.:JnGues
ou
par l el' S
dont
,
1
CllLJCUll rurn~sullLL:
ulle
e t t l l l Ï c .
CertainGs
d'entre
ces
ethnies
sont
cons
déréE5
COllJlliU
t:)tant
iSSU05
cJLJ
lukruul',
liLJI15
lLi
vûl188'uu
r:leuve
Sénégal.
Les
autres
situées
plus
au
sud
ou
b
l ' e s t , ap~artiendr ient
d
la
famille
paléo-sénébômbienne.
D'après
J.L.
Don eux
" Tou t
l e
[, ru u p l~
Û ~ l EJ nt i que
a
en
cu fil Ir, u n
uelques
~articularités qui le Listinr;uont cJc3ëlLtres r;rOUpl-JS.

7S
-
La
plus
caract~risti4ue semble
~tre que
les
substan-
i
t i f s
appartiennent
soit
à
des
classBs,nominales
de
b é:I se,
soi t
cl
des
c l èl S ses
dé r i v é e 5
qui ;a j 0 u t en t
iJ Il
l J ,
un
61uIl\\snt
ou
la
suile,
LliJI'lS
cet
orLire,
de
ces
Lleux
postç.,réfix1es.
Le
~hurlu­
m8 n e
8 s t
~ lus 0 u 'rn 0 i n s déc e l éJ b l eau j a u Ir d ' hui selon
1
les
SOUS-r,Foupes
et
selon
les
lanbues.! mais
on
~c;ut,
,
,"l\\/I~I:
l l l l l !
I;['C::.
j',I'<I/ldl!
j I ' n l l i d d lI. LI':
l ' iltt['illllr!l'
"
11111'
"1 IJ ')
IJrotulunguLJ."
II.2
-
lt SOUS-GROUPl UU ~8RU'
Ce
sous-groupe
comprend
le
It-Jolof.
le
I=~laar et le
i
s er e er •
1
~.ilJ[·
le
flûn
r,jUL',l")IJldquc
les
LJII!"UUS
Cpn;gin
forll
'"'1',<1-
lament
pa r t i e Li u
f, or J.
Pu ur
Ll es r a i son s
q u 8
no us \\ in d i que r 0 n s
1
plus
loin,
i l
nous
a
semlJ11]
rr(!fl)ralJle
J 'r':ludier
leur
nUlIll)!',j-
tian
dans
un
sous-groupe
distinct
qui
est
le
leut.
1
1
1
*
*
1
1
105 •
J .
L.
1
DOfiEUX
Liens lzi[Jtol'iqî~es du Sén,éga l3 p • 113.
i

7 L
l l • 2 • 1
-
LA
IÜ.d'l L::: r:: l\\ 1 ID l,
W0 LOF
1 1 • >' • 1 • '1
II
:,',:
11111
III
IIU\\l]:jU~J\\ll 1 lUI'] 1IIlIIJlI
L U G H u L
U L::: S
S 0 1\\1 S
l' 1W P Rj E S
A U
V-.. U L LJ 1:
(/\\VL.L
~lcr~l~; UlflCIUTIQUES Cutr~L:i-
l" 0 IJU fi l ,1 S )
accent
sur
cette
voyellE
i n i t i a l e
comme
pour
prononcer
le
mot
français
~rt
é
voyelle
mi-ferm~e ant~rieure comme
dans
le
mot
franç~is
[j8ignc
(p~-gn)
ë
voyelle
mi-ferm~8, c8ntr~18 comme
d~ns
le mot
feu
6
x
li
l': Li'i i \\/ , 1-1 1: 1\\ l,
( 11'\\
X
ou
LJ

pléice
d'un",
et';lllill88.
1. /.1" 1111).1 us
;,..: lJ 1 1 ,-~
;., Il 1111
l' 0 u L [!
i'i.ZlXX
êtr e
en
sueUr.
CIILJCjl1L"
fuis
qu'u'lle
vuyelLe
est doubl~e, sa
Lrüpllie
1
correspond
El
l"ne
vÇJyellc
lorq.:uc
erl
frallçiJis.
:t,
,
exemples
Dom
= cenou ;' liifantu
31phabet "
5 U U r
=
-e t r F~ r El 5 sas i (] .
GI~ Cl U1) l ~
cor J S 0 ru\\ 1. 1 l fJ UL S L LJ vi LJ L II F
COMPLEXES
fi
~ASALLS
mlJ,
nd,
nj,
nL:,
mp,
l'IL,
ne,
111""
nq
LA GE il HJ fi T l 0 r;
mm
nn
nn
JJ
b~
JrJ
j j
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pp
t t
cc
k 1",
ww
l l
YJ

-
77
-
i
['JlJrH:'r.CLATURE
D[
LA
NUT1ERATIU[.
II.?,.1.2
-
f\\t..lSU Lu E
WOLOF
,
:.iD
juroorn
fu"-I,
1
LJ c n
1 1
l'
Il
LI \\, l,
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L: (;; Il n
S5
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Fukk
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GD juroom-benn 1'111,1,
Dl!
UII CU l ' c
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5
juroom
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ak
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GG juroorn-ben fukk 'lk jllT'OOl1
5
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r\\ et t
1
7
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30
nett-fukl,
UO
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1
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O~ jutoom-neent fukk ak
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8
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10 fukk,
100
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1 7 B téérnéér
ak
juroom
2.001
n
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(i)
junne
ak
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Llk
b
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j U 1'0 onl
nett
2iJO naari
t 8 éméér
10.000
kk
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junni
( é )
f i
11.UOO
f]kk
( i )
junni
(é)
ak
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C ù G j lJ r 0 U fi - l'] [3 Il JI - t (~ (~ ln /'! (: l'
1 [J • U [) 1
~f~ (i) j""'"
( , , ) i
jurooll:-UUllrl
ful,k
ak
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5 L • 7 (J ~1
j~room ful,ki JIJIll1i(\\])
3~ juroon,-bBnn ok
juroom naar(i)
1
tÉjéméér
ak
juroLJI1I
n~tt fukk ak jUI'oorn
neent
i
1.000
junni
(ou
junn6)
1Llu.LIUU
C j ~rrli'1tj r li)
j Ulin '/
i
alfull, 1111IYOII~
i
10.000.000
f uk k
(i )
mi l yon
i
1

ln
1 • /' • 1 . \\
III~I)I~I
IJI
Nl)Mlll~I:; 1 1 NI.lI'111111 :',
FONlJAMENTAUX
WULUF
1 III i
LI
~ix Ul'lJl'Uc; LIu 11UIIJlJl'U~;
ul.
/luiL
11UrnUl'U:';
l'UrlUdlTl81lLdUX
LLI cl
U l' Ul' 8 ~
cl U
ri U [li Ul' I~ él
son t
1 II l' 1) l'Il J' 1 :
Ilu
' 1
li
213
orel 1"8
de
5
è
9
361
ordrl4
dliJ
10
à
99
413
ordre
de
100
à
999
513
ordre
de
1 .000 à
999.999
613
ordre
à
partir
de
100.000
L c :;
hui t
nom LJ l' 0 co
FI) ') 1 j lJ mI~ n t LIU X
tJ u
l iJ
n mé rat ion IrJ Il 11) r
sont
1
benn
2
naar
J
nctt
4
neent
5
juroom
Le
nombr'e
10
fukk
le
nombre
1ÛU
teem88r
le
nombre
1.00LJ
junni
A partir
de
ces
Ueux
notions
(ordres
413 nombres et
nomb~es FonddmuntauxJ on peut analyser les différents syntagmes
1
1
qui
servent
à
la
construction
et
à
l'énoncé
des Inombres
en
wolof.
1
1
1
106.
Pour ce
premier
cas
d'analyse
des
systèmes
de
nume-
ration
nous
montrons
explicitement
comment
les
notions
et
con-
cepts
défi'nis
plus
haut
s'appliquent.
I\\près 'la numération
wolof,
1
l'analyse
sc
fera
sons
qlJ'il
soit
toujours
nécessaire
de
men-
tionner
explicitoment
les
termes
correspon~ant ~ ces concepts.

7U
11.2.1.4
LES
SYNTAGMES
,
l 'l Il r'
(: Il' Jill: ,':
r' ,": Il ,', 1 l'
'1
111111111 '"
li!'
1111111',
J ' "
distincts
(ou
originaux),
d'autres,
des
noms
composés.
Les
nom-
bras
fondament0ux
!~ (1 ri t
Cl! li X
qui
nnt
( [) II
[ 1 l' i.
ginaux).
Les
noms
composés
sunt
de
plusieurs
so~tes, et sont
1
construits
b
nartir de
synta~m8n diff6rents.
1 1 .2. 1 .4.
u)
L[
MODE
ADDITIF
Il
concerne
en
numération wolof
les jnombres
de
G
il
Cl
u L
L[J U l.i
113 ,.
c û ,j
U Ù
Co 1 li j U u l u n l
d
U Il
n U 111 b r 8
don n 6, LJ' iJ U .
tres
nurnbrGs
<Jppartenant
~I
Ull
ou
plusieurs
urdres
inférieurs.
,
Luc.
IIUllliJl'II';
du
lj:1
\\j
, ; U l l l
C()ll~;l1'ulL,> sur
lu
lTIuLllr
additif
cornplétif.
5
-
j U "UUIII
0
j U ru [] III' lJunn
7
j u r 0 [] rn - Il iJ a r
'J
' )
,
8
juroom-nett
c'
:.J
Cl
j U1'UUII\\-llIJunt
"
Les
no fT] br e s
Lh~
1 1
~l
1 D
pl' 8 S [J·n t (3 nt
de u x
t y P e s
d [>.
cu n!ci -
truction
du ,syntagme
à
valeur
additive
correspondant
chacun
à
unu
surie du
IîUmUr8S
l U è, 1 Il U rn iJ ]' c"
U 8
1 1
iJ
1 S
8 t.
les
ri u m lJ l' 8 J
,
de
16
à
19.
U 8
1 1
~l 1 5 c Iw Li U B Iî U rn lJ ru 8 ste 0 n s L ru i t' par s y n t iJ [j ITIG
coordinatif
dans
lequel
les
constituants
10
et
5\\
sont
reliés
1
par
le morphème
coordinateur
"ak".
1
1
Exemples
1 1
fukk
ak
benn
10
et
1

- d iJ -
13
fukk
dt
nett
10
et
3
1 i]
1 Il 1\\ 1\\
, 1 1\\
J li j'I)I)11l
1 U
13 t
5
UIoJ
1Li
èl
1~
1l3~;
I\\UIIIUl'L;S
sunt construits
par
COl1llJlllûi-
syntagme
coordinatif
syntiJ[',me
compl~tif. ~tant donné
que
lus
nombres
de
6
è
9qui
s'ajoutent
èl
10 ont,comme
nous
l'iJVUr;lS
vu/Lies
n'oms
composés
avec
5t3l..jU811CIJ
immédiate de
leurs
constituûnts.
Ainsi-
16
fukk
ak
.i u r (J U ni - LJ 8'n n
10
et
1
1 B
fukk
ak
juruum-Iîett
10
et
3
f' u k k
,j UI'IJLJIII
1~IJl31l L
10
et
s
4
GENERALISATION
1)
Chaque
fois
qu ' 81-]
numérCltion
wolof
un
des
cillq
pre mie r s
nom b r 8 S
f 0 n dam e n t ù u x
(LJ 8
1 Q 5 ] ~;' iJ j 0 u e
à
1 1 U ri
1 j 1 ) ci
autres
nombres
fondamentaux
ou
à
leurs
multiple
il
y
a
syn-
tagme
coorLlinLlLif
ClVCC mention
expliciie
du
mor hême
d8
CUUI'ui-
nation
entre
les
différents
constituants
(deux
~u plusieurs
Exemples
23
rI,lilf'
fukk
Clk
nctt
20
45
ncent
fukk
ak
juroom
40
et
5
1
1
204
~
Fi
-
1
iJ cl r
( i
)
tlJemccr
ûk
neant
200
et
1.UC)
,i 11 r Il 1 i
,- J k
fl ,1 Cl l'
1.JUULJt
2

u 1
,
1'1
1 l '
l 'de/dit.ion
1::;1.
1.1111 j " ' I I " ;
ll.illtlL.i.f
L:UIIIIIIJI'Lll
Idu:;.I.I:ll/':;
Lllll:; ,1
. l I " l ':"
J '
L .
" ,'.1 k.".
c; l'
l u
n u III , : l' " l
u x pli cil; U u
IJ LI r
l () III ur p li l: III (;
LJ U
L IJ urL l Tl LI' lU Il
-
d'aucun
constituant
n'est
supérieur à
S.
à
la différence
de
la
numération
6crite
de
position

lus
opérations: effectuées
entre
les
divers
constituants
sont
sous-entendues.
1. J 54
junni
a/-',
ncLdi
t C 12 me 8 r
il r,
j u r U 0 m f u k. k.
Cl k.
il (; c n t
1 .000
et
300
et
5
et
4
2)
Ln
rlumûraLiun
,~u1uf.
choque
fuIs
q~'un nombre LIu
deuxième
ordru
(cie
éi
à
Cl l
s' i1joute
a
un
nombre
~ondament~l do:>
o rd r 8 S
S U P 6 r :L u u l' :~
0 U
LI u.<
III U .1 l i p les
LJ LI
C LI
II U fil b r e
f 0 n cJ am u fl l cl .l •
i 1
Y él
C Cl m b i fi il i :j Cl n
li 8
dl, LI X
( ) LJ
Il l LJ sic u r :i
:; y [] t a g m~ s
un:, y rl L '1 !~ fiIf ,
i
1
CCJIJl'tJ.Llli.ll~jl·
,IVUI:
ITII:IILi'lll
Il;<!JILl:LLt)
du 11111IÎ'!11:rllù
~e
cuuI·d.i 11d\\. i 1111
suivi
diun
syntagme
complétif
à
valeur additive!, et s éq u en C lc~
i rn ln UU i û t u
LJ t:
:', U:j
L lJ Il Cl t i L U Cl Il L :;
Exemples
28
naar fuk.k.
ak.
juroom-nett
20
et
5
109
tuemeer ak.
juroom-neet
10[)
at
1
5
4 '
,REMAR(JUE
On
peut
penser qu'il
partin du
moment

l'usage
Q
con~dcrG ces
nums
cumposés
de
U ~
9 cpmme
des
nums
servant
è
discrimi~er ces nombres. il n'est p1u~ nécessaire
dans
la
transcription en
chiffres.
de
faire
apparaître
le
syn-
\\
t
till3lnc)
cumpll~d.Lr
,'J
Videur
,-)[JtlitLvn.
Cc
qui
Dst
tout
à
fiJit
,jLJ:;I.l).
l'1Lli~; .LI
.L11\\1)iII'LI~
jJ(JUI'
11)
IIl1l1fllJflL
ur"
1!l\\JirrLI~rllI' cette
Gxplir;,iI.,JI,.Lllll
complète
dus
cunstituants
d'une
addition
afin de
faciliter
plus
loi n 1 c".l
C 0 m:p r 13 h c.~ n " i Cl rr
d'",
pro lJ l I} mes
qui
s"
p 0 sen t
à
pro p 0 s
d le!

l l . 2 . 1 . 4.
b)
LE
1100 EMU L TIl) LIe AT l
EN
NUr1EHf\\TIUN
ItJ Li LLJI-"
ln
wolof,
1'8x[lrus~jiorl L1e
la
multiplication
o~.;l, 1'1:[1'
due
par
un mécanisme
semblable
~ celui du schème complétif Clln~-
t r::J t (J . dpI' 0 Il ();;
il rJ [,;
ri 0 m lJ l' 0;;
L1 u
li
il
U,
iJ V 0 c
tu ut e foi 5
un 0
d.L l' fi;
ronce
Lelle
qu'il
ne
L1evr~it lJ~s Œtre
possible
d~ confunJr'u
l'opération
de multiplication
avec
le
sc'hème
complétif
caracté-
ristique
des
nombres
composés
de
6
à
9.
Le
cas
de
la multiplication
"muette"
S8
rencontre
su1'-
tout
dans
l'oxpresston
des
multiples
des
nombres
fondamentaux
,
' r
,', II Il (l r i Il 1J [' ~ "
,1
,J ..
'20
nuaI'
\\UKK
littéralement
"deux, dix"
JU
" 1. l'Il j:;
d j.X"
40
"qU,JtrI3
dix"
LJ Li:
"tluil
dix"
90
juroom-n8en~ fukk
"neuf
dix"
200
naar
teemeor
"deux
cents"
5.000
juroom(i)
junni
"cinq
mille"
10.000
fukk(i)
junni
"dix
mille"

multiplication
"mu8tte"
cumme
18
prouvent
tous
ces
exornplos,
ru,;:"IJrnlJlu
dU
rnudu dLJL!itif
cornlJl\\~Lir ca act6ri~;LitlUll
des
nombres, 6 à
g.
Comment
dès
lors
distinguer
les
deux
érations
?
!\\Jotons
J'alJorL1
cl
pLlrtir du
téJlJloùu
des
nombres
corL1i-
naux
(cf.
I I . 2 . 1 . 2 . )
que
l'opération
de
la
multi
lication
por-
tant
sur
les
mu l t i p l 8 S
L1 13.;
nom lJ r c s
f 0 n cJ'û III t, n t é] u x IS u p é r i 8 urs
iJ
Cc'est-è-dire
dix,
cunt,
mille)
83t
exprim~e par
le
phon~m8 "1".

Ce
phon0me
n'est
pos
toujuurs
Q~pQI"8nt
tûr1tôt
i l
est
prUI1UI11:LC
par certains
locutours,
t~ntOt il nu l'est ~as.
"neentCi)
t'ukk"
50
se
dit
"juruorn fukk"
m<3i~3 peut
iJussi
!;I)
"naar junni"
(2.000)
on LJi,t
"naar(i')
junni"
comme on
dit
"fukkCi)
junni".
etc.
Il
Y a lieu pûr cunsuquent de pen uer que lorsquu
III
phonème
"i"
n'est
pas
prononcé
dans 'ces
cas
du
s:yntagme multi-
pli ca t i f ,
0 n
8 S t o n
pl' Û S UJ1 C lé
d' Url
phu n u mi:! nulle
c,o n t ra c t lu n
f' (j r' L
répandu
parmi
les
langues
africaines
et
quasiment
dans
tout
léJngage
piJrlû.
phl11IUTI18ne
LJiUJl
Lurlf1U
dus
llr1t;uistes
mai~J :";UI'
lequel
nous
ne
pouvons
nouo
appesantir.
Mais
d'un
auLre
cOLû,
la
diff~r8nce entre
le
sch~mo
,
1
complétif
ciJractéristique
du
mode
additif
(les
nombres
Je
6
~
9)
et
le
schème
complétif
du
mode
multiplicatif.
se
trouve
principalement,
dans
lu disposition
des
ClJnstit~ants et
un
fonc--
tion
des
ordres
auxquels
appartiennent
ces
consJituants.
Si
nous
1
convenons
d'appeler
a
5
(premier terme
du J ~uxième ordre)
1
1
b
"
10
(pr8rniur terme
du
Lruls10me orLlnd
C
,,1100
d
1.LJLJU.
!
!
la dlstinctlo[l
ontI"O
ll;s
C!L~UX schèmes
s'effectue de
liJ
fûÇOT1
suivante
Dûns
le
r:é.lS
des
nomh l'Q S
composés
de
6 :à
9
et
dans
!
ce
cas
5eulement,
5
étant
nombre
fondamental
et
premier terme
!
i
du deuxième
urdre,
i l
est
aussi
premier 'constituant
du
schème
additif
complétif

-
84
-
a
5
juroom
n
l e
nom br e qui
s' aij 0 u t e
!
1
'3
4
Per contre.
dans
le ces du
mode n\\ult1p:l1cat1T.
le
nom b r e
f 0 n ~j Q mQ nt 0 1.
p r 8 mi 8 r t e r me
d' un
Cl rd r 8 '.
0 Cie u p 8
la
po 5 i -
,
tion
de
deuxième
constituant,
étant
de
ce
fait
p~écédé d'un
Il li rn l.J 1" lJ
i.I ili J •. 1 l' 1. ! : Il cl Il 1.
,-1
url
1) l' li II:
11 \\ f lJ l' i U LI l' •
!
Le schérna est alors
Id
suivant
t
Inllbl
ou
Inllcl
uu
Inlldl
n < b
n <' c
n < d.
Exemple,s
b
1
10
vill[';t
haar fukk
'2.
1l J
1
l;ilili/l.lilfltu
j ur 0 U ln
f u k k,
,.J
10 !
c
100
50U
juroom(iJ
tcemee're
i
5
1001
1
d
1.00U
Li.OOU
j,u r 00 m- l.J e n n ( i,) junni
6
1
1.000
Comme on
le voit,
si
la
particularité ~e la construc-
1
t ion
r 8 lat i v 8
cJ u x
nom b r c s
du
d P. II X i è m8
0 rd r e
dan s
la
nu mé r, IL i III;
wolof a
rendu
nécessaire
la
distinction
des
types
de séquence
immédiate du
mode
additif
et
du
mode multiplicatif.
il
n'y
a
cependant
pas
risque
de
confusion.
Le
mode
mUlti~licatif qui
nous
intéresse
ici
plus
particulièrement.
présente
une
disposi-
tian originale
de
585
constituants.
MLIMA
;
le
mulLi~liccJLuur lML!
uLùnt
inférieur dU
multiplicande
(MA)
et
le
précédant.
1
1
1

v(] y 11 n~; :) i L) V8 C li u ;:; con s t rue t ion spI u s vas tes, cu ln Il [' I! 0-
nant
à
la
fojs
le
mode
additif
et
le mode multiplicatif,
la
CUII-I'U"lull
~Juul>
l,uujuUL"S
ÎJLl'U
uvlLUU.
l l . L • 1 • 4.
l: J
L L S CIl L ML' fJ 1\\ 1-.( L NTilL: T l WUE
Henri
Mar;d,llenLl
étucJiûnt
"1 '~xpr8::;sion! du
nombre
un
Empire centrafricain,,107
appelle
niveau
"parenth tique"
de
l'ex-
p r 8 s s ion d u
n lJ m b r (!,
U n 8
~; LJ ecu ;; ,) i u n
non
r l! guI i ù r e
d' cJ d cJ i t i II n Cl
(! L
de multiplications.
Ainsi,
considérant
la
langue
"Ali"
(de
Cen-
trafrique)
i l
note
que
1
kp 0
2
Boula
4 naré
.5
oro.
A partir de
ces
nombres,
les
syntagmes
et
nUlnbre
engendrés
suivants
sont
formés
G
(six)
se
dit
"MoL"O
ngo
kpu"
cinq et
un
10
(dix)
se dit
" Mb 0 u n a
k po"
(1 i t t é ra
e men t
: dix une
fois!
1
13
(treize)
se
dit
"Mbouna
kpo
zouna
~aré
1
cJix
une
fots
et
trois!
1
80
"Mbouna moro
ngo
taré"
10
x
(5
+13)
i
!
C'est
l'exelnple de
BD
qui
conduit
Magd~lena à
parler
i
de
systùmc
parunthétique
ut
comme
on
18
voit,
l'éxpression du
nombre
80 en
"/\\li"
combine
une
multiplication et iune addition.
1
1
I<CVtlllurl~;
LlU
wuluf
I~L
uXûminol1s
cu
qui
pourrait
s'y
1
passer d'équivalent.
1 0 7.
ri El nl'.i
M1\\ l; LJ fI L EN1\\
" L ' u x p r 8 s s ion
tJ u
nom b r e
e n 1_ fil P i L" U
Centrafricain",
Colloque
inter-Irem d'Abidjan,
f~vrier 1978,
cité
par A.
OELECUICQ,
in
Recherche
pédagogique
€1t
culture,
nO
40,
mars-avril
1979,
vol~me VII,
pp.
37
et
38,
:,..

-
85
Prenons
l'exemple
du
nomqre
2.413.
Il
s'agit
de
voir
comment
se
combinent
dons
l'expression
de
cc
no1bre,
IQS
deux
opérations
d'addition
et
de
multiplication.
Ce
nombre
comporte
différents
paliers
mille,
cent,
dizaines
et
unités.
Son
expres-
sion
en
wolof
est
la
suivante
na.:.irCi)
junni
ak
neent(i)
t88meer
ak fukk
a;k nett
1
2
1.000
et
4
100
et
1 0
eit
3
1
Nous
avon~ une
suite
non
régulière
de multiplications
1
et
d'additio~s puisque uans ce nombre nous Qvonsi successivement
mu l t i pli C i;l t i U fi,
û LJ cl i t ion,
III u l t i pli c iJ t ion,
ad dit i '0 n,
ad dit ion.
1
i
Soit
trois
opérations
d'addition
et
deux
opérati~ns de multipli-
1
cution,
l,:J
pnJGUI1CU
du
plluniérllu
"i"
montrant dans' quel
CdS
il
Cl ~j t
q U 8 :; t i (} n
d U
ln LI 1 t i pli C ,1 t i () n •
trois
opérations
d'addition,
ne
sont
pas
simplem~nt juxtaposées
1
i
ldlu~; c;uI1L l'l"1.LIJU:; pdr Il! II,IUI'jJl1L:lllU du cuul'ulnùti;on "ok"
u (~ L H
\\
ou
"plus"
ou
"iJvc;c");
dont
Id
fDnction
est
on mê,me
temps
u'inLli-
que r
qu' 0 n p Cl ~ c; u J' u n p Cl l i, c r' i'l
u n cl u 't r c,
p r t3 c i s é men t
d' u n 0 l' Ll r c
supérieur è
un ordre
inf(riour.
Sommes-nous
ici
en
présence
d'Un
système
parenth6ti-
tian
proposé
(cf.,
I.J.l.~J. ofin de
reproduire
~ussi fidèlement
i
qUe?
po!_;",iLJlL~ li!
t/":IlUIlILII'(!III'c!lL
L~ll
LJIILUU
wulul',
lei nOl1lbl'u
2.'11J
1
peut
s'écrire
"~aar(i) junni ak
~eei(i)
teem~er
1
/2/
/1.000/
..
/4/
110
1
ak
nett
+
( 10
..
3

-
B 7
S~ un système parenth6tique désigne u~iquement une
succession
non
régulière
d'ndditions
et
de
multiplications,
la
LI ( 1
D C Il [~ Ifl Q
P LI [' {~ [l l. Il {~ l. L
i
que
en
numération
parlée wolof.
'On notera
toutefois
qu'en
numération
ecrite
de
posi-
tian,
les opérations d'addition
et
de muliiplicetion
sont
tou-
t (3 ~j
sou Ci - C Il Lu n tJ u 1.) ~3
~j ans Cl u ' cl U C u n ris quo u' ü mbig l,J i t é ne sul L ('J
craindre
2.413
se
l i t
deux mille quatre
cent"treize.
,
E n r 8 s p (3 c t cl n t
l i)
P0 G ,1 t i u n cl t:3 ~j
Il U mII r iJ u x
U8
cha q u 8
a r d r e,
u L u n
commençant
par
le'plus
Brand
palier.
la
lecture, se
fait
pdr
simple
juxtaposition des
chiffres
représentant
1es diff~rents
orurcs
Liu
nUlrJIJr'u~;.
1
En
wolof
par contre.
avec
les
m~mes paliers.
l'expros-
1
sion des
grands
nombres
requiort
un
racours
au
schème
parenthû-
.
!
'
1
tique
assorti
soit
d'intonations
appropriées.
19rsqu'il
s'agit
1
d'une
énonciation,
soit
de
notation~ précises d~stinées è mar-
I
quer
le passage d'un
palier d
un autre
lorsqu'if
s'agit
ue
transcrire
en
chiffres
la
numération
parlée.
l '
n de
cos deux
moyens
étant
nécessaire
pour s'entourer us
tout
garantie
d'in-
telligibilité.
D6jo
sur
notre
tableau
U8S
numéraux
c
rdinaux
( cf.,
l l . 2 . 1 . 2 J,
a n a u r Cl
n 0 t Cl
11 u [)
l ' exp [' L~ S s ion
orale)
de
"onze mille"
et
celle de
"dix mille
un"
sont
in
iscernables
dix mille
un
(10.001)
sc
dit
"fukk(i)
junni
a
benn"
onze
mille
(11.000)
se
dit
"fukk(i
junni
ak
enn.
1
En
numération
absolue,
(c'est-o-dire
~bstraction
1
faite
des
objets
comptés).
il
est
impossible
dei faire
la diffé-

-
dG
toute ambiguïté.
il
est
indispensable de faire
intervenir
10
nom
et
le
nombre
uus
oujut~j cumfjLûs.
1". fl l: n!
"II i x
lli i l l l'
Il ri"
,1 (") )'I!~,
i! l
1
la différence
n'apparait
(chacun
des
deux
nombreF
ne
sera
clai-
!
rement
identifié)
qu'en
procédant
de
la
façon
qUr voici
i
"dix mIlle
un"
arbres
"fukk(i)
junni
gara~ ak benn garab"
1
dix
mille
arbres
e
un arbre
"onze
mille
arbres"
première
variante
"fukk(i)
junni
géJrab
ak
benn
junnigarab"
uix
mille
arbres
t
(un) mille arbres
deuxième
vari~nte
(peu
usitée,
mais
exempe
d'ambiguit~
Ull
nUm0riJLiuIl
CJlJsollHJ
CUllIlTllè
dallé,
lu
i11'!CUmpt
d'oujl!t~, CUIl-
crets
nommés)
"ful,l,
oi',
benn
junni
garôb
onze
mille
arbres
(dix 8t
un)
Ces
deux
nombres
ont-ils
un
rapport
av
c
le
système
parenthétique
? Transcrivons-les 8n chiffres
en
tachant
de
l
l'ostel' fj.Llùlu
,1
l'0nunciilLicH) wulof.
Oans
le cas de
"dix mille
un"
arb~es
"fukkei)
junni
gùrûu, ûk
uenll
gdrdu"
L1cvrdil
s'écrire
en
chiffres
,
1
,
/10//1.000/
arbres
+
1
arbre
et
"onze
mille"
,
"fukki
junni
garab
ak
benn
junni
garab"
/10//1.000/
arbres
+
/1/
1000/
arbres.
QUùnt
ô
"fu'kk oK
bcnn
junni"
(deuxième'variante),
,\\
en
chiffro~, nuus
avons
,( 1 U
1)
1:UUU.
Il
UL.!ViC!llll.
ùlu!'::
~,lIpcrflu do
mentionner
le mot
"ürbrus".
(.

-
LI ~I
Ce
dernier
cas
l1 ui ,
rL:putons-leest
~et usité encurE.!
que
les
locutours
soient
contr.::lints
d'y
rccourlr
pour
levor
toute
ambiguIté.
fait
apparaître
un exemple intétessant d8
la
r
t e c h n i q ue
p Q r 8 n t h [j t i Cl u c.
[ rie -F f ct,
l ' 8 X pre ~i c; ion
e
"0 n Z 8"
lJ L IJ rl L
celle
d'un
nom
cornposu
en
wuluf
(dix
et
un),
nou~ avons uno
addition
et
une
multiplication
qui
se
suivent
sans
ambiguitû,
dans
la mesure
00
l'opération
principale qu'est
la multiplica-
tion
demeure
suffi~amment explicite
et
montre
qu~
le
nombre
1
le
plus
grand
dans
cette
construction
appartient! au
noeud
des
"mille".
~n
locuteur wolof
soucieux
de
s'entourer de
toutes
les
g.::lrontios
rourrait
objocter
que
l'exprqssioni "fukk ak
bcnn
junni"
n'u~t pus unc'ure uxullIlJLe Ll'arnbiguit8 et qu'au li8u d'êtl'{oJ
1
compri~;8 CClmm(~ é;ir;nifi,lnt
"[)n;7(~ mille"
(10
et
un)
mille,
\\)n
pou r r L1 i t
l l, i IlL U r p l'lJ t q l'CU 111 [li U
L: Ld n L I ' 13 X pre c; s ion
rJ e l (] cu n s L l' U C -
nu III l') r lJ l
/II 1 1 Il!
"10
et
1.000".
Mu 1. ,;
url U
tell u
i Il tu r IJ r û t \\J t i uns li r C:l i t
fa cil e
.J
ru i r\\ e r
et
cela
pour
deux
raisons. 'La
première
est
qu'en
wolof
(et
nous
1
10
verrons
dus"i
pour d'dutrus
systèmes
ouest-africains),
l'u1'-
dre
dans
loquel
los
diff01'OIlts
cunstituanLs
u'une
constructiun
parenthétiquE?
sont
énoncl~;;, c,;t
un
orrjre
strict.1 Si
le
wolof
1
i
voulait
dire
"10
unités
ct
un
mille"
(qui
est
alprs
1.010
i
"m i Ile
u i x"
li L
nu n
" 0 fl Z U
ITI i Il li .. ) .
il
di r cJ i t
pl lU tôt
"m i 118
1
et
dix"
"junni
ak
fukk",
Ce
qui
signifie qu'il! énoncerait
1
1
d'abord
le
plus
grand
nombre,
et
après
seulement
le
plus
petit.
Ou
reste,
dans
la
vie
courante,
i l
est
très
v~aisemblable que
l ël
con st ru c t i () n
"f u k k
iJ k
LJ en f1
j un fl i"
sig n i i' i Cl n t " 1 0
et
1. UU U " ,
, .
ne
s
lmpose,
comme
alors
dan ,;
toute. autre
langue
du monde,

; ;]
qu' C Il
ci i LU,) L .L U Il
(1 1 .L Il V U Il L i J j ]' f,
J' f ~ Il , l ,Ill 1.
i rI d :L :; 1J l' f) S a b l El
l LI
1)]' t : :; 1: , 1
t a t ion
d e
d
CClI l net ion
cJ' Cl 1) j r~ t~;
c (1 n CI'l] t s
ej éJ 11"
Un
rd re
LI r, t f: nn L Il r: ,
différ811t
du
culul
LJU
dL:IIUIIIU1'Uf!IUI1L
pI'upre
iJ
la
numérùtioll.
P LI r
Cl i 11 lJ urs,
~ i
U Il
L: LI S
d 1 i Il V 8 f) t il 1re
u b l i g ù toi r L]
l u
locuteur
devait
énoncer
d'abord
"dix"
puis
"mille",
i l
n'aurait
plus
alors
besoin
de
dire
"fukk
ak
benn,junni",
le
terme
"bunn"
qui
signifie
"un"
devenant
superflu.
Ce
qui
prouve
une
fois
d e
plu s
q u.e
s i l ' o n s e
s i tUB
sur
l 8
t 8 rra i n ' d 8
l a
n u mé rat ion
( et
nu n
5 u r e el u i d e
l ' é n u III 8 r êJ t ion),
l El
r'8's pee t \\d e I 1 0 rd r e
st rie t
des
cu n s t i tu d n t s
[~c, t
lJ Il
III a y Q n
d' é vit e l ' l ' am b i 8 u i t [!
(1 f) Il ~;
un
scilùrnu
pu]'UfILIIL:tiljuL:.
l. 1: "
]'.1 :; LILI 1 (
il ' Lllllli 1 g u .r L 1 (
'1 111 '
1111 l/(,
venons
dl examiner
ne
sont' h61iJS
ni
les
seuls
Ili
les
plus
cum-
,
r i t U U(!
Id
n u rriL'~ ]' il Liu n
pLi r ll~ 1f
lè L
pLI r
r LI p jJ urL
,J
l ù
t El ch n 1 q LJ U
pL1renLhuLiljuu.
I l
y
a
risque
d'ambiguïté
toutes
les
fois
que
dons
un
1
syntagme
multiplicatif,
le
multiplicateur
(ME)
gst
lui-même
un
syntagme
cuordindtif
b
l'insLdI'
de
~elui jJL1I' le9uel sont cons-
i
t r u i t s
les
nombres
de
6 à
9 dans
la
numération
wolof.
1
!
Prenons
un
exemple
dont
le
degré
de
cqmplexité
est
interrnuuioil'lè
UIILJ'l3
celui
du
L.:uujJle
1U.LJU1/11.0lU
et
celui
d',lu
tres
nombres
que
nous
allons. examiner
bientôt.
Soit
10
nombre
rj i x - ilu i t:
mil le
(1 U . [J LJ 0 )
En
wolof
"fukki
junni
ak
juroom-ne
t
(18.000).
Ce
numbre
compurte
tJ 1 é.llnb1gUïté
que
l ,1
: III "" 1 r'1:
U l"~ ,
, j
P l' ~ 0 l' i ,
l ' 1': Il " /1 1. l '
1
1
\\

-
'1 '1
,
U8
"f u k 1\\ l
j u rnil
cJ 1\\
j Ld ru U III -- llie' L t"
J) 1-]
P [] rrlll~ t
P (J éi
d e s a v 0 i r
~i 1 11
s'éJf,it
ue
" ll,i. X
III j .1' 1 r!
+
h Iii L
IJI!
lj,?"uix-hIJiL
mille".
Il
,
_..._-_.- _._---_.~---------
l'IU.UUUJ
(111.ULlUJ
En
nous
servallL
Liu
sct18rJl9
pûl'Snth8tique
et
rJu
systèmB
è
ce
qu'il
5ignifie
18.000,
sûns
ambig~ïtû
rappel
onze
mille
fukk
ak
benn
junni
( 10
+
1 )
1 .000
dix-huit
mille
fukk
ak
juroom-nett(i)
j u nn i
1
( 1 Il
+
[ '
:J
J
)
11 .000
Cette
construction
consiste
en
une
opération
(princi-
pal 0)
cJ 0
mu l t l pli C cJ L.i 0 Il,
li U Il L le
ln u l t i pli C d t [3 u r e s t
lui - III [; ITIU
une
suite
rJ'durJitions
U Il L?
cl rJ cJ i t i 0 Il
l' é (3 l 1 e
(d i x
+
hui t J e t
une
a du i t ion
d u t y pEle U 11l P Il; L l r
[Ci û q u [3 n C 8
11llm ~ dia te),
cel u l - l ~
même
dont
nous
,1VUflcl
vu
qu'i.l
C(Jrilctl'?rlsf?
ll~:..i nonbres
(j,
7,
8 et
9.
Le
multiplicateur
dix-huit
"fukk
ak
juroom-nett",
1
est
donc
biBn
lui-même
un
syntaEme
complexe,
pré,cisément
une
!
uoublo
i)dcJillufI,
C[~
qui
uno
slLudlioni éminomrr18nt
:
,
favorable
à
la
disposition
parenthétique
de5
con[stituants
numû-
" dix':' hui t
mil le"
e n
t r ans cri p "': ion
e t e n
é non c é s
:n 0 n
a mbig us,
à
S El V0 i r
"f u k k il
,j LJ r nom - il c t t [ _i. J j un ni",
0 b 5 e l' v 8
It ou j 0 urs
ri g U li -
reusement
l'ordre
de
disposition
du
multiplicate~r et
du
terme
multiplié,
[ME/MAl,
ce
qui
rend
d'autant
plus
in~éressant le
système
parenthétiqu8 ,puisqu 1 aViJnt
le
pé31ier
des
"mille"
(MAJ,
!
i l
faut
13 nu ri CI' C
C LJ ln Po l è t U lil ,~ n t
l i,
III U l t i pli eût 8 u r
CM E)
e t
5 Û f1 ~-;
ambiEuït8,c'I'!~;t-iJ-dir8
cj,]n:;
CP
ens
prtici~3,
s<Jns
que
le
dernier
!

- u:)
terme
du
double
syntagme
coordinatif constitua
t
le
ME,
ne
sou f f r e l e
ris que
d' ê t r [3
con ~ i LJ ~ r 8 c 0 mITI c
nl.:.
u n que
uu s yn L ,J gin [3
multiplicatif
1U.UUO.
L'ordre
strict
ME/MA,
surtout
lorsqu
ME est
un
syn-
tagme
complexe
(en
num8rdtiorl
~ûr16e) corlstitu
une
bonne
épreuve pour
savoir si
la
numération
wolof
saiti non
seulement
\\
1
nommer de
granus
nombrus,
mais
de
surcroIt
les inommer
sôns
ambiguïté.
Poursuivons
cotte
éprouve
en
considêrant
un
nombre
encore plus
grand
que
tous
ceux
que
nous
a von s :p ris

1 "
Jusqu
J e t ,
1
et
en
le
choisissant
de
tello
Clarte
que
l'un
de,s
constituants
Prenons
10
nombre
56.789.
En
wolof
ce
nombre
se
dit
Ujuroom fukk(i)
junni
ak
juroom-benn ak
juroom-~aar(i) tecmeer
ok
juroom-~[3lt(i) iukk ~k juroom-~e8ntu.
Tel
qu'il
est
l)I~OnCU en wolof, ce nombre ne complll'Lu
aucune
ambiguIté.
Il
est
uvident
que
le
risque
d'ambiguIt6
n'u
pu êtl'u
6vil:l:
qU'dU
p r :L x \\ l ' U Il L~
C U Il S L r U L.; Llo J1
qui
a
1 a
p cl l'Li L.; u l u -
1
rité
d'énoncer ex~licitement toutes
les
opérations
effectuées,
c e
qui
LJ' u rw
c urL Ll i Il e
n1Ll rd 0 l'l;
8 J1
+LJ i t uns c il 8 me par e n t h ~ t i q U le! •
c'est
gr5ce
~
cette
stratégie
que
le
passage
du
mul-
tiplicateur
(ME)
au multiplicande
(MA)
dans
ce
~ombre,
reste
parfaitement
intelligible,
alors
que
l'Gxistenc~ dans
l'énonc0
1
i
du
constituant
56
d'un
syntagme multiplicatif
(~ x
10)
et
d'un
syntagme
coordinat if
è
séquence
imm~diate (5
-
6),
a u rel i t
pu
introduire
une
confusiun.
Ainsi
SC.DDU
~'éno ce
en
wolof
1.UIJO.

-
~3 :...
Ensuite,
l'expression
des
num~rQux deS centainBs.
des
dizaines
ct
dus
unit0s
ddnG
le
nombre
56.789
ne
comporte
,Ille: IHII~
Iii (1' i t: Il 1 I.I'~
"S(~pt con.t qUcJtrE:;-vingt
n8uf"
se
uit
en
wolof
" j ur 00 rn - ri u Cl r', ( i)
t 88 rn BEl r
d k
j Ul' Cl U 111 - il 8 t t ( i)
f u k. k.
a k. j u r 00 m- n8 El nt" .
7 •
1UO
ut
LI
10
et
5
Nous
y
trouvons, E:!ncore
une
succession
d'opérations
i11~ 11111\\ LiIJlil:oIL\\III'. ll'.llidi L \\111'
I~l,
lil'
IIUlfILJI'I.;;
(;Ul1I\\JUS6~1 dllll!.
1.\\
,
t ra n s cri pt i (J n
8 n
chi f fI' f? S fT18 t
El n
l,) vi den c e l 1 in té r ê t
d u s ys Ll] ln e
jJül'lH1LlluLll1uu.
1'1dis.
CUIIIIIIU'
l,uujuul'S.
cJ
chiJl1ue
étape,
l'UP81'd'
tion
effoctul3c
cst
ixpliciLurrwnt
ind:i,quL:u
soit
par
le
phuniJrrlu
"i"
suit
pol'
18
rnorph8rne
ue
cuul'dlnûtlofl
"ôk"
('j
>
2J
100
(5
>
3)
1U
LcJ
tecllflique
pûr'8nUll;tiqu8
va
nous. peJ,"mettre
une
fuis
!
de
plus
de
transcrire
le
nonbre
56.789
tel
qu'ii
est
énonc6
en
\\
numération
parlée
wolof
"juroum
fukk(iJ
junni
üi\\
jUl'uo;n-benn
ùk
juruom-"aar(iJ
tOtlll1l3Ur
i
L /5/ /10/
/100~! +
( 5
1 )
J+ r. (5
100 ",
aK
juroom-nett(iJ
fuk.K
Elk.
juroorn-neent".
+
r (5
L.
Ji
/1 0 /~\\ "
( 5
4 J
Duns
cette
construction
i l
est
Gviden
que
si
la
posi-
Liun
uu
('..1
i
6
(=
S
1 J
i
n'était
1
qu' un
nu iii L: r û l
LJ B "
U n 1 t ~~ ,;,
i sol é,
èi d p I a
e
de v rai t
~; L!
trouver
en
dernière
position.
précisément
celle Ide
(5
3 )
8 .
1
Or,
JcJns
le
rnDrnu
flUrr·lJru
~JG,7[j0,
le
nombre
G fai14
partie
du
numti-
l'al
des
"rnille",

,
l
'
t :i. und c s
n U 111 LI [' [~:;
1! Il
FlJ ri (; L i. () rI
li [ ,
l l' U J'
l', [' ,] n iii J li r
[) t !d e I c u ['
l' tJ 1 1~ •
.
t ' t
t · I
" " a l
de
la
plu'"
'',l'c'11L)O
autre
transcriptllJn
des
corlS ' l
UiJn
s
uU
nU,IlUI,
_,
le
U
G
puissanco
du
nombro
56. 7fJ(J,
clfin
de
restituer
au, nombrc!
6
Ll
111dCfJ
\\
qui
est
la
sienne.
Le
tableau
ci-dessous
indique
la
solution.
Oans
la
partie
Je
ce
tableau
qui
concerne
la
nUm~ra-
tion
parlée
wolof,
le
nurnérêll
"six"
figure
cette
fois
sou::;
la
rubrique
des
milliers,
ef1' rnêrne
temps
que
50
(cinq
dix 1 •
NlJUS
iJVOns
ain:;i
UI\\L!
::uCCGSSiUfl
J'opérations,
ULC
mul-
tiplication,
d'addition
et
Je
complétifs,
U ù n suin
0 l'dl' e
de
gran-
1
d e u l'dé c roi S 5 Cl nt,
El n
aIl ,j n t
LJu
nurni3ral
des
" rn i Ille"
à
cel u i
!
unitéS,L)v8C
:;(J[J<lI'iJtion
ncttl2
des
orun!:;
li(J
nOmb(es
" j ur 00 rn
f u k id i)
jUil ni
Cl k
j ur U lJ m - LJ ~ n n Ll k j u [' II U m - nia a r( il tee 111 u el'
[
(5
'1
[
x
10 )
( 1 .000)
+
( 5
1 J
...i
+
ak
juroom-~8tt fukk ak juroom-~eent"
r
~,
+
(5
3 )
1 O..J
+
( 5
4 J
Ln:;
jloliur~J 1.[)llO, 100 ct 10 Ge suivan.t dans Un UI'UI'll
décroissant
évident
et
régulier,
l'arnbiguIté
du
contenu
du
pre-
mior
crochet
peut
être
18v~c. Cela est d'autant plus possible
Cl u u
l u
C lJ U r F .i, c i l : n L
" c i Illj LI ,H) t L~
:, i x"
tJ LJ n L
l <l ' U(] co mp 0 s i t ion
[J f1
"cinquante"
8t
"six"
S8piJI'8~. piJI' l'intercalation de "milll''' (ce
!
qui
é t a i t
C~UGO de l'appQr~nce d'ambiguIté quand la suite tot~le
1
dos
mônomes
n ' 0 t a i t
pas
dünn0eJ,
ce
coefficient
donc,
peut
8tre
r CJ t êJ II 1 i
d CI n s
~i iJ t lJ t (j .1 i tél'J cl [' iJ g [', lut i n i.l t ion du" six" au" c i n Il u cl n _
1
te",
ce
Cl u i
e s I~
LJ i,u n
u Il e
Lh,:.;
v LI l' i êJ n Les
ue l'e x pre s s ion d' u fi
o rn b r 8
[) n
w IJ 1 rJ f
I~ L {l u i 1j ,) n '1 l ' i r: j
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1
1

1
-
~LJ -
" j LI r Dom
f LI k k ,l k j u r Dom - tJ iJ Il n
j LJ n ni", . .
!(5 x 11]:
(~ , 1 J-) 1 .II! I!) 1
l,
,-
(~)
, ;»
1UU
(5 + 3)
1[)
1 ('I
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cel] L
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l '
l .
" r lU>
n "
l ' exp r e s s ion
d u
no
.1
Cl
fl) 1) r i )
\\ 1] ~i : U
il
,~; u U
.1 g Il [J l
"
U
u u
CJ
rj'Lluuitiun,
Liu
multiplic,)tlull,
plus
les
nombres
composûs,
]1:
morphème
~'ak" s'est révélé capable d'avoir tantôt un
rôle
posi-
t i f ,
tantôt
un
r61G
n6~atif.
En
e f f et,
si
pou r I e
pas s age
du
pal i e Ii
" mi Il e"
à
c l~l u i
aux
unités,
le
coordinat if
"ak"
marque
la
hiéra~chie des ordres
US
numbru::.;,
cu
qui
un
~;LJi
u::.;L
IJusitif,
pd!'
contlfe,
la
JllîÎl:ul

constatée
ê
propos
du
risque
de
confusion
po
r
la
construc-
tion
de
"cinquante
six mille"
vient
certl.::::';
Je
l
décomposition
de
"cinquante-six"
en
"cinquantl~" et
"six",
mai
aussi
de
ce
que
ce
morphème
"ak"
(=
et
=
avec
= plus J est
h
las
répétÉ: cJLlns
des
syntagmes
que
le
génie
de
la
langue
i1urait
tu
évit8I'.
Il
est
vrai,
et
on
ne
peut
l'oublier,
que
la
numérttion
parlée
a
ses
propres
pe~lLlnteurs. l t
ccld
opporéJltrû
encofe
plus
clûiru-
1
ment
lorsque
nous
aborderons
l'analyse
SystémattqUe
des
causes
d'a mbig u l t Cl
LJ U
l 1 U X pro s !; .i l1 n
LI L~
cc r t CI in s
ri lJ ln br es l
1
i
11.2.1.5
-
BASE(S)
ET
PU1SSANCESiOE(SJ
(LA)
LJA~Ll~J
Au
cours
de
l'onalyse
précêdente (sur
le
dénombrement
1
en wolof)
nous
nous
sommes
ûburlcJùmm8nt
servi
der
notions
cJe
"nombres
fondamentaux"
et
d'ordres
de
nombres.
Nous
avons
éga-
l
i
lement
vu
que
ces
nombres
fundLlmpntaux
sont
chabun
le
premier

- ~/ -
Il
ne
s'Ggi~sait jusqu'ici ~ue J'examiner les c1nstructions
pur
lesquelles
la
numérCltion wolof
donne
un
nomlà
choquu
IlUllIlJI'u.
Il
nouS
a
ainsi
été
donné
de
voir que
les
autres
que
les
nombres fondamentaux
sont
engendrés
à
partit de
ces
derniers
,
et
en
recourant
à
des
stratégies
variées
et
parfois
complexes.
i
AiIlLl:I.,
chulI1in
i'Lli:.dnL,
lOG
ûl4in1rlntti
nl,\\ceaaoirtJD
(1
une
réflexion
~ur le concept de base dans la numération wolof
se sont
mi~ en place.
L'unu
dos
performance~ essentielles
sur
1
laquelle
un
systèmG de
numérûtion
est
jugé',
est ide
savoir si,
l
1
après
avoir
uonné
un
nom Q chaque
nombre
inférieur
à
la
base
1
1
et
un
nom distinct
à
Id
Ud~C elle-même,
i l
sait lnommer
aussi
1
les
puissancGs
socce~siv8s du cutte base. Il importe par cuns6-
quent
uu
voir
COlflllwrlt
1~1
r,1Ullwl'Lltiun
wolof
traite
ce
prob10l11u.
r~,llllJulUIl:i un
lu:;
IJl'IJ:..JCIILûflt
CiOUS
leur nom wolof',
lus
nombres
fondam~ntaux!c~r c'est pa~mi eux que se trouve(ntl
la
"benn
(un),
nûûr
(uaux),
~utt (trois),
~eQnt (q~atre). juroom
i
(cinq).
fukk
(dix),
tééméér
(cent),
junni
(mil18)".
1
Nous
avons
par
ailleurs
signalé
six
ordres
de
nombr"es.
Sur
les
six,
notre
attention !portera
sur
.
1
l
,
quatre
nombres
fondamentaux
dont
chacun
est
le
premler terme
;
d'un ordre.
Le
pr"omicr,
"jllrclom"
(cin'l)
o~;t cGl
i
à
par1..ir
duquel
les
nombres
de
six
à
neuf
sont
engendrés.
Nous
avons
désigné
ce
nombre
par
le
symbole
(a).
i
Le
,if:lCUnU,
"f"IJI<,k"
( dix l,
lJ è, t e e 1 u i
1 par tir uuq u[J l
sont
engendr6s
les
nombrês
us
" 0 n ,7 e"
(f u k k
Q k
b el n n)
à
"q u a t l' e -
LUIïnu~;
v j Il g 1..
c1:L x - Il U li f"
(j IJ r () 0 [fi - li '; ,.Il l.
\\[11<,1<,
dl<,
jUllltll[1 neJntl
lUJ

q LI i
p L' Ô ç è cie Il t "l' U 1\\ 1\\ "
l: UilllTll1
IIUUé.>
l'avufls
VU
plus
tld U L ,
[' ["
"
l
Il) '1
"1 1(1 11 1Lil '
\\ 1!
Il 1J Il il ) l' lJ
LJ 1:,
l' LJ 1 :\\ Il llU
f u k. k.
l d .1. x )
01
1 1 1. 1 1
C LI u··
}, C J. l, Il.
1
••
.•
••
'
' 1
'
i " l' 1J k 1.,,,
.lll 1 J .l flll il Il t
l (l 11
l I l d 1. ,', ' "
\\1:1',
1,1,/'11111';
1.11.1 ..
::1/1 VI'II:
r'
1
L ' L '
"f
kk"
f'Ul",'
cnlul'-cl' 111ultiplié pd!'
lu
l:LJU{-
qui
S
Cl j 0 U . U, 11
iJ
.. U
1 U n U
~
L
ficiont
~ui
] 0
rr~c~do
( r,,
if)
10
+
(5
+
4)
=99.
Nous
avons
désigné
le
nombre-palier
[dix)
[=
fukkJ
par
b.
Le
troisième
palier
est
"t~em8er" (cent). "Cent"
correspond
à
un
nom distinct,
et
i l
est
le
nomb~e à partir du-
1
1
quel
sont
c U Il S t r u i t éi
CCl u >~
~3 U III
compr.is
un t 1'8:
"cent
un"
!
[ tee me e r
a k' ben n)
et
999
" j ur 00 mn e en t
f u k. k l i)i
té é mè è l' a k
1
jurLJUIlI-ïlUUI1L
(~)
'1 J
100
+
[5
+
!f J
1 U
100
+
9
10
+
(S
+
!f)
= 9
9
Nous
avons
d~sign~ cu
troisi0mc
palie
par
le
sym-
bole
c
Enfin
le
nombre-palier
symbolis~ pa
la
lettre
d
est
"junni"
=
lI1illfJ.
Lp
IIUIIILll'U
"millo"
LJ
dOliC
e
wolof
Un
[IUIIl
1
distinct
dont
nous
verrons
quu
l'~tymologie
peub aider
b
~clai-
1
rel'
un
aspect
de
l'histoiru
de
la
num~ration au Sénégal
et
dans
liJ
sous-rul3iul1.
l_u
numL)!'I!
":lIi111:"
esL
CIJIui
d
p
l'tir Juquc1
~junL
construits
l8s
nombres
compris
entre
"mille
un"
"junni
ak
ben n 'II
e t
9. 9 9 9
"" j U l' 0 0 ln - il 8 en t ( i)
j u n n i a k
j u r q 0 m- il e e n t ( i )
1
teemeer
ak
juroom-neentCiJ
fukk
ak
juroom-~eent~.
!
[5
+
4 J
1 .OOU
'r
[ 5
+
4)
100
+
[S
+
!fI
+
+
4 J
9.999.
9
1 .000
100
+
9
10
+
9 1
A vrai
dire
lor~,qu'un regurde
dé, près ;le
tableau
Jes
n li 1116 r' il U X
C LI l' L1 j. 1\\ cl li X.
0 n
l: U 1: ~; t ,: L1~
Cl U ' i l u x i 5 t ü
d',j u t l'!~ S
n U 111 ,;
dl)
,

des
noms
nombre
dignes
d'intérêt,
en
ce
qu'ils
ont
égale
uivants
nitt
originaux.
Il
s'agit dans
l'ordre,
des
nombres
fanweer
syno-
s y non y me de" il a a r
f u k k" (" vin g t ).
1 1 Y a
en sui t
~t
enfin
"alf
nU,
autre
terme
nyme
de
"~ett(i) fukk"
(trente)
pou r
mil Y01)
million.
Nitt
(vingt)
signifie aussi
"personne'
ou
homme
(homo).
FanW8er
(trente)
5i~nifi8 littoralemelt "jour. de la
"108
1 une
.
T u u L L~ f LJ 1 :..;,
1 il
Il U 1Tl'" J' cl L i 0 Tl
w 0 lof
Illon t r El 1 qUEl
1 El U r u s ü lj [3
1
est
limité
à
quelques
nombres
de
L1
à
29
pour I"nitt"
et
de
i
1
:31
Ù
39
puur
"fClflwuer".
Cu
qui
Il ' G n t Cl f1) 13
0 Il
l' i (3 n i1'inturfit
liU'ils
i
représentent
pour
l'histoire
de
la
numération
a~ Sénégal,
puis-
qu'ils
pourrüient
~tre los v8stiges d'un systèmJ de numération
wolof,
aujourd'hui
disparu,
ou
bien
encore,des
éléments de quel-
1
que
lé.Jnf,2lf,8
1:)~J[)tL;rique. Pour
"fClnwecr"
(=
t~enteJ, 18
lien
avec
le
comput
du
temps
(mois
lunaire)
est
évident.
Reste
A süvoir,
une
fois
cette
6vid8n98
souli~né8,
si
cela
corruspond
à
un
ph0nomùne
isolé
ou
si
l~ nombre 30
1
1
jouait
un
rôle
plus ,importünt.
Wuestion
qui
n'sst
pas
facile
à
résoudre.
[Ju.:Jnt
iJ ,"alfun"
(synonyme
de millionJ,
également d'un
us él g e
peu
cu LI r iJ Il t
d CI n s
I I !
1 d n I~ ,] g c ,q u [l t i cl ion El t
dan s I ' Cl r t
LI Il
1
compter,
on
pourrait
sans
~qute
le
classer
parmi
les
termes
du
1
108.
Nous
verrons
qUe!
Ct;S
<Jppell,]tions
de
:20, et
30 ont
leurs
équivalents
dans
quelques
autres
langues
~u Sénégal
et
qu'elles
sont
~pparcnt6B~ QV8C J8S
noms
des
mêmes
réalités
dans
d'autres
cultures
d'Afrique,
singulièrement
le
as
de
certains
parlers
berbères.

100
-
Coran qui
lliJuraient
empI'unté
à
l'arabe
et
par
a
sui t e
con Ci II -
-
i
,,109
cré
dans
une
sorte
de
wolof
"academ que'
(
.
t)
"1'
"
(paul'
~r8nte) 8'+
"·~lfurl"
"N1Lt"
pour
v~n~',
anweer
,..
t.
u
( pou r
mil l ion)
é tan t é l i ln i nés ,
i l
apparaît
ainsi
que
les
seuls
.
!
nornb!'os
<.Jyûnl.
un
nopl url~inèll et pouvant nous intéresseI' pOUl'
la
recherchd
de
Id ou dus ~ases de la numé!'atio~ wolof sunt
"Juroom"
ï
cinq,
"fuf<.f<."
"teemeer"
=
100
"junni"
~
1.000.
l l Ci
C uns LIt u url L
d 8 S
P cJ 1 i e t' s
i III po!' tan t S p u i s que
c Il û c url
des
trois
sa
"cornporto"
comm8
une
nouvelle
unité
et
c'ust
prû-
1
cisement
celo
qui
est
fondamental
pour arriver au
concept
de
base de
numûrûtion.
En
(]ffaL.
notI'a
inventaire ·des
nombres-paliers
sYlllbu-
lisés
respectivement
par
5
=
a
10
b
100
e
1.000
~
d.
montre
que

Chacun
se
comporte
comme
une
nouve
le
unité
"juroom"
(cinq)
a
a
+
a
+
2
a
+
3
a
+
4.
"fukk"
(d i x)
b
b
+
1
b + 2 .••
2b + 1 ...
3b + 1 ..•
9b + 1 .•. 9b + (a + 4)
"teemee!'''
Ccunt)
c
C
+
1 ;
c + 2...
; 2c + 1 ... '3e + 1
9c + 9b
+
(a + 4)
"junni"
[mille)
d
d + 1 ; d + 2 ..., ; 2d + 1 . . . ;
d + 1 ...
9d
+1 •••
9d
+
9c + 9b +
Ca + 4

Ce
qui
précède montre
que
ces
nouv
Iles
unités
ont
un
rapport
num~rique entre elles.
On
remarque
d'abord
que
b.
e
et
d
son
des
multiples
de
a
mais
ne
sont
pas
ses
puissances.
109.
En
Clrabe
"alfCl"
1 . 000
10.000
ashra
a1afi"
100.000
"mi
atu
alfun".

-
~01
Par contre, c et cl
50nt
les
puissances
ue
.t?_
et
r,(Jllt
SC!;
seules
puissances
auxquelles
la
numération
wolof
ait
dnrHl(~ L11)
nom d i 5 tin ct,
0 r i gin al.
P <J r r a p pur t
à ~ 8 t
LJ 1
LJ
C~; LIli 1) u l ê; êi d 1\\ 1"; U 1 ;
"c" est alors
la puissance 2 et
d
la
puissance
3~
On
ne
peut
s'empêcher de
se demander
pourquoi
a
=
5
qui
est
nombre
fondamental
et
premier
terme
du 2"!ordre de
nom-
bres,
n'a
pas malgré
cela
un
rôle fondamental
succession
da~s la
des
ordres
troisième
(10
à
99),quatrième
(100
5
~99J et cinqui~mB
(1.000
à
9,999).
1
i
Il
est
évident
qu'a
priori,
rien
n'écattait
juroom
(cinq)
de
la
possibilité
de
jouer le
rôle
de
bas~. Car, si d'un
1
côté i l est-trop petit
par
rapport
à
10,
de
l'au~re il n'e"t Pd"
i
trop
grand
et
constitue de
surcroit
un
bon divis0ur pOU l'
1 U CI •
!
1.000,
etc.
et
le
plus
grand
diviseur de
10.
i
En
outre,
de
nombreux
systèmes
africai~s, plus
parti-
culièrement
ceux du
groupe ouest-atlantique dontile wolof
fait
partie,
ont
souvent
été
considérés
comme
ayant
u~e numération
quinaire.
Cet~e réputation a
été
induite du
r6lejoué
par 5
pour la formation
des
nombres
de
6 à
9 pour
les
numérations
comme
celle du wolof;
à
moins
qu'elle ne
résulte
d'un~ généralisation
abusive de
situations
propres
à
certains
sy~tème~ seulement.
Tout
au
plus
pourrait-on
supposer que
le wolof a eu
dans
le
passé
une
numération
quinaire dont
les
traces
ou
la
survivance apparaissent
dans
la
construction des
nombres
du
deuxième ordre
(de
5
à
9l.
Et
i l
Y aurait
12
matière à
réflexion,
1
car si
l'hypothèse
se vérifiait,
elle
poserait
du même
coup
le
problème des
conditions
d'~volution du
wolof
vers
une
numération
1
décimale.
Avant
de'pouvoir
répondre
à
cette question.
indiquons

-
1U~é -
t 0 u t a u moi. n 5
C e
que
d e v r cl i t
ê t [' e
1 êl
5 t rue t ure
(j(~ 1 él n u ml! r iJ t. i (~ li
wolof
si
elle avait
pour
base
le
nombre
5.
La
construction
des
nombres
de
6
~
9
en
contient
le
principe
juroom
5
"
a
[3
( 5
1 J
7
'2 J
8
(5 ';
3 J
9
( 5
4 J
Ma ,i s
dans
un
système
quinaire
rée l ,
pour for mer
111 s
,
autres
nombres,
suivant
le
même
principe,
nou~; devrions
ùvoir
Non
pas
fukk
10,
ma i s
naar(iJ
juroom"
deux-cinq
1 0
Non
pas
fukk ak j uroom
15, mais "~ettCiJ juroom"
trois-cinq = 15
Non
pas
"~aar(iJ fukk"
20,
mCJis
"~eentCi)-juroum"
c
qUiJtru-cinq , 2lJ
25
"juroom-juroom" = cinq-cinq = 25
20
"juroom(iJ juruolTi ûk [l(JLL"
cill(jcinq
et trois
2B
30
= "juroom-benn(il juroom
six-cinq
3D
1
Non
pas
"teemeer"
mais
:"~eent(iJ juroom juroom(iJ! yoon" (= fois)
"cinq fois quatr~ cinq" = 100
1
Non
pas
" j u n ni" ma i s
"neent(il juroom(il yoon ak jLroomCiJ juroom
1
~'cinq fois qUQtre-cinq plus cinq-
,
cinq = 100 + 25i = 125
CJ rI,) u l' dit
d 1:3
1 iJ
~ L: [' L (J
J
j U l' lJ ( ) 111
2
a
25
j ur oiu m( i)
j u l' 0 0 111
!
3
a
125
"neent(il
juroom
juroom(il l yoon
ak
juroom(iJ
juroom". !
Une
simple
lecture de
la
nomenclature 'des
numéraux
cardinaux wolof
fait
voir qu'aucun
de
ces
noms
de
nombre
n'est
actuellement
en
usage
et, ce
qui
est
certainement
encore
plus
important~que les
puissances
de
5 n'ont
pas
de
nom original,
suffisamment
distinct
et
constituant
de
ce
fdit
unD llouv81lc

1 U 3
-
unité à
partir de
laquelle
des
nombres
supérieurs
puissent
0tre
construits.'
Pour aller jusqu'au bout
de
l'hYPoth6s\\n d'une
ancienne
base quinaire,
il
fauJraiL
supposer que
25,
et
125 ont
eu dans
1
un
tel
système,
un
nom distinct
aujourd'hui
disparu,
ou
bien
1
,
alors,
admettre
que,
pour qu'un
nombre ~it un
rôle
d'unité
nou-
V 8 Ile,
i 1 n' est
pas
né ces sai [' 8
qu' i l s 0 i t
cJ
lil
il d ~; ~~ il f1 cr)
l',
() IJ
3,
etc.
d'un
nombre-base.
Le
premier terme
de
l'~lternative
(noms
disparus
des
puissances
successives
de
5J
~ppelle des
recherches
et
des
recoupements
avec
d'autres
élé~ents de la cul-
ture
wolof
pour tenter d'y
déceler des
matériaux d'une
réponse
positive
possible.
C'est
ce que
nous
ferons
pluCi
luin il
PI'UjJUé;
du comput
de
la monnaie.
LG
::; 0 con d
ter mG
d []
l ' i l 1 t 8 l' n û t i v Il
(LI fi Il
r 1 (J li V(l I l l'
1J IlL LI! ,
premier terme
d'un
ordre
supérieur,
n'est
pas
forcément
la
puis-
san c e d' u n au t r 8
nom b r e J no u s
met t rai t
d,[] van t
u Il
C L)~,
mu in"
r r l3 -
quent
en Arithmétique,
mais
bien
connu de
l'histoire de
la
numé-
ration et
très
intéressant
sur
le
plan
pédagogique.
Pour
comprendre
cette
question,
effectuons
un
détour
par un
argument
plutôt
favorable
à
l'élévation
à
la
puissance.
C'est
le
CQS
de
,
l'auteur déjà
cité
à
propo~ du
système
parenthétique,
le
mathé-
maticien Henri
l'1ùgdalena.
Magdalena
consid8rc
li]
capdcibJ
L1'(,lUVCI'
à
la
puissance,
et
très
p~écisément l'élévation au carré comme
un test
décisif
sur
lequel
une
num6ration
doit
6tre
jUB6D,
Dt
les
numérations
africaines
par con?équent.
Arrêtons-nous
un moment
sur
son
argumentation.
Ens u b s tan ce,
Mag d a 1 8 Il a
[] s sai e
d c m0 Il t l' C r
li u ' U Tl C!
1 il Il -
gue
satisfait
à
une
perfo~mallce digne
d'int6rêt
(010v~tiDn b

104
-
la
puissance),
lorsque,
par exemple,
au
lieu
de
dir(~ "1U foi"
10"
on
y pense
"10
au
carré"
ou
encore
"10
0crit
deux
foin
ct
mu l t i pli é ".
Selon
lui,
l a
l û Il gue
" Ng a b a "
( d e
C !J n t l' l) f l' i q U (2 )
U ~; e
d'un vocable dont
l'intérêt
mathématique
pour
l'expression
de
,
1 1 (]
l'élévation
au
carré,
pourrait
être
considéré
comme
un modele
.
En
Ngbaka
1
kpoka
2
bissi
3
bata
10
djomban
32
djomban
bùL::J
k Cl u lu' LJ iCi,; i
'1 UO
djomban
te
bissi
C'est
le
morphème
te
qui,
aux
yeux
de
Magdalena
joue
,
un
rôle
tel
que
"djomban
te
bissi"
signifier,3it
"dix
fojs
dix"
1
ou encore
"dix au
carré",
ou
encore
"10
écrit
deux
fois
et mul-
tiplié".
Comme
on
le
voit 1
l'intérêt' de
cette question
pour
l'étude
des
systèmes
de
numération
africains
est
réel.
Il
faut
toutefois
relever dans
ce
problème
tel
qu'il
est
présenté
par
Magdalena,' deux
niveaux
de
performance qu'il
ne
prend
pas
la
peine' de
distinguer
et
qui
peut-être au
plan
tr chniqucl
ut
hinLlJ-
rique
ne
sont
pas
contemporains.
Entre
le
fait
de
savoir que
100
"10
fois
dix"
et
le
fait
de
concevoir pu~s d'exprimer
"le carré de
dix",
i l
y
a
une
marge
que
ni
la
~angue,
ni
la
num~-
1
i
ration
orale,
ni même
toute
numération
figurée ~ou écrite
ne
franchissent
irnmédiatnrnent.
i
1
Si
l'on
prend
pour
exemple
le França~s, le nombre
i
1
"cent"
dont
on
peut
retrouver
l'étymologie
et
donc
l'histoire,
1 1 (].
Mfi c; U fi L [ NA,
art.
c l t (, .

1CJS
-
permet
certes
dans
cette
langue
de
se
repr6sent
r
100
comme
étant
10
fois
10,
mais
le mot
"cent"
ne
permet
8
penser
ll~
carré
de
dix
que
par
ce
qu'il
a
été
convnnu
dl'
rllnJ)IlI'!'
1111
J)11111
distinct
au
nombru
qui
correspond
ü
1U
foi,;
1U
c~L qur~ CI~ IIUlll
distinct
"fonctionne"
comme
une
nouvel],)
un.Lt(). 1
Mais
"cent"
ne
signifie
pas
en
lui-même
"dix
élevé
à
la
puissance
deux".
Aussi,
peut-on
se
demander
si
l'attention
accordée
par Magdalena
à
l'expression
"djomban
te
bissi"
100
"dix
écrit
deux
fois
et
multiplié"
ne
relève
pas
d'une
tendance
che7
certains mathématiciens
~ être
plus
attentifs
aux
performances
a t t 8 in t 8 S
qu'à
l ' hi s toi r c,
à
1 a
gc n ès e
qui
0 n t
c () n ri u i t
,'J
t r J] III
performance
ou
telle
contre-performance?
A ce
sujet,
une
remar-
que
de
Geneviève
Guitel
nous
parait
constituer
une
mise
en
garde
que
toute
entreprise
de
réflexion
sur
l'histoire
de
la
numéra-
tian
en
Afrique
devrait
prendre
en
compto
"A partir du mom~nt 00
une
base
est
choisie,
i l
de-
Vient
nécessaire
do
compter
iJ
pi.Jrtir LIu
cuLtll
b,l,,[),
1
co III m,3
s i e lIe
ô t (] i t
li no
LJ n .i. t (~
,d III Il l ()
vérité,
rien
n'oobligeùit
de
consiLJ6rcr
IIJ
ci.Jrrù
LIe
1
b
'
Il
' t '
,,111
a
ase
comme
une
nouve
e
unl ' e . . .
.
Ete l 1 8
don nec 0 mm e
e x e mpIe
à
l ' a p rI u i
ci 0
C 8 t t n
T' (' rn ,'li' q 11r~,
l ('
\\
f él i t
q U G
1 e SpI' li colom b i (3 n s
q lJi
iJ V a i 8 n t
2 U c U rTllli C
IJ ù !; u
rJ u
l 8 Ur
numération,
en
dehors
de
leur
numération
parlée
ne
se
servaient
pas
de
20 vingtaines
pour former
une
nouvelle
unit8.
Dans
le
même
ordre
d'idée,
elle
souligne
le
fai't
qUG
chf);'
lo~, May,} r;rJ
sont
18
vingtaines
qui
constituaient,une
nouvelle
Il
résulte
de
tout
cela
que
ce
qui"dûrls
un
premier
te mp s i mpar te
l e p lus
dan sun 8
nu mé rat ion
pOU r
l [J
cu n C [3 pt
LJ e
tJ c3 se,
111.
Geneviève
GUITEL,
op.
c i t . ,
p.
26.

106
-
c'est
qu'une
fois
que
le
nombre
qui
la
reprC1~,unte (l"t chuic.i nt,
d ,
t '
ct
on
pUl'sse
le pense,r
comme
unité
nouvelle
a
reçu
un
nom
lS
ln
,
et
passer
à
un
ordre
sun0rieur
de
nombres.
En
numération
wolof,
ce
sont
"t~emoDr" (cent) ct
"junni"
(m:Lll(~) qui' remplis,junt ce rôle pëlr rdlJplll'l, ,'1 ~:!.-~::,~,
(dix)
et
non
pur
rapport
Q "juroom"
(cinq)
r:11I1I11I1i'
l ' l l f l l .
j11'(111\\/1~
plu s
ha ut' les
a r g u me,n t s
sur
s a d i s qua l i f i ca t i U Il •
par
rapprochement
avec
d'autres
langués
s§n6galôisBs
~t dfIieai-
,
nes)
ne
sig~ifie par sur le plan ~émantique "dix foi~ dix",
ote.
mais
le
locuteur
wolof
pen;sc?
sûrement
d'ordinùirl]
U~J
1
Id.
LIu
temps
en
temps, par
nécessité, "10
fois
10".
Et
18
foit
qlH!
1UU
reçoivent
un
nom distinct
et
inaugure
un
nouve,l' ordI'n
do
nUIl1L)T'c~J,
est
la
preuve
que
"teemeer"
a
bien
un 'rôle
de
nouvulle
ulli1.ü.
Il
en
est
de
même
de
"jun[li"
(mille)
qui
no
signifie
pas
explicitelnont:
"dix
puis!;ünce
troi~,"
(pd!;
plu!',
\\]IJ'I'11
!'l'dlll,:di!,
mille
ne
signifie
"dix
puissance
trois"),
m,li",
ln
locuteur
1
wolof
le
considère
comme nouvelle
unité
puur
1 e 'f nu", l, r 8 c. cu'" p r '"
entre
1001
et
9.999,
et
ce
même
locuteur
qui
salt
par
ailleurs
que
"junni"
vaut
10
x
100,
sa i t
également,
à
n'~n pas douter,
qu'il
vaut
aussi
10
x
10
x
10.
Mais
rien
ne
per~et de dire qu'il
!
3
1
pense
10
.
La
démarche
de
Magdalena
que
nous
ùvqns,
à
dessein,
1
dis c u t é e
d e I a
sor te,
est
cel' t a i n e men t
u n
bon
r dv fi l ù t e u r
d f~ S
dimensions
multiples
de
l'expression
despuissù~ces successivus
de
la
base,
singulièrement
en
numération
parlée~
Tous
ces
faits
qui
tJisqualifient
"jurool1l"
[cinq)
~jont
ceux-là
mêmes
qui
prouvent
le
caractère
décimald8
la
num0ration
wolof.
La
question
de
savoir
si
c'est
le
résultat
d'une
évolu-
tion
interne,
ou
celui
de
contiJcts
avec
d'è1utïf'~' r:ul1:urr;;:,
011

III 7
d ' u n a u t l' e
s y s t ème,
est
cel' t a i n e m8 n t
une
d 8
nos
p r C; 0 C C U P il Liu rl ~J
majeures.
Mais
nous
ne
pourrons
tenter
d'y
répondre
que
lorsque
notre
analyse
nous
aura
permis
de
mettre
en
pL1CC'
cJc~; l!llnnL"!U~
complémentairos.
Une
autre façon
de
s'interroger
sur
un
1'6113 éventuel
de
"juroom"
(cinq)
est
de
s(~ demander éii cc flU1It'"C nu :;ll'"diL Pd:;
alors
une
base
auxiliaire?
L'examen
de
cette
h~pothèse est
\\
nécessaire
pour
s'assurer que
ce
nombre
cardina~ qui a en même
temps
une
fonction
~ pdliBr
n'a pas
été
~i~qu~lifié abusivement.
L'idée
déjà
évoquée
suivant
laquelle,
pratiquem~nt tous les sys-
tèmes
de
numération
africains
ont

avoir dans
le
passé,
une
base
quinair8
aujourd' hui
[jj.sparue
et
sU[.Jplant(!u
(J,JI'
lil
IJ,'l~;{!
décimale,
autori~e à envisager la possibilité pour la numération
wolof
de
combiner
une
base
décimale
(fukkJ
avec
une
base
auxi-
liaire
"juroom"
(cinq).
Nous
aborderons
cette
question
sous
deux
an!31es
cel u i d e
l ù
n u ITI U,- a t ion
ù Il sol u (~
[~t
C (! 111 i
[1 u
r: \\ llllil II t.
particulier d'une
catégorie
d'objets.
Si
l'on
s'ent
tient
strictement
à
la numération
absolue wolof,
(c'est-à-dire
le
comput
sans
référence
à
des
,
objets),
i l
semble
qu'on
ne
puisse
répondre
que
par
la
négative.
Oans
l'histoire,
en
général,
les
exemples
connus
de
numération
dotée
d'une
base
auxiliaire,
sont
celles
dont
la
bùs8
("princi-
pale")
étant
trop
grande,
l'établissement
d'une
autre
base
dc-
vient
n6c8~::;'uIr8 pour lu prIse en charge <Jus lJullur"s 111Lu'ïllL!
diaires
elltre
les
puissances
successives
de
la
base
principillu.
Ce fut
par
exemple
le
cas
<Jes
SumériEJns
dont
lu
nurnt:!ration
ut!
base
60
dOt
s'adjoindre
6 et
10
comme
bases
auxiliaires.
Il
est
évident
qu'pn
ne
~eut pas considérer 10 comme unD base trop
,
grande
cinq
C;t.Jnt
uéj,"]
~Gti.L
pOlJI'
cOrl~;1.i LUI""
UII(!
lJiI:;(!
!;U~;(:(:IJI..iIJ.lc

-
108 -
de
nommer sans difficulté
les
grands
nombres,
10
est
une
bau8
satisfaisante,
non. seulement
parce qu'il
est
le nornbre Ges
doi~ts do n'ou deux main~J, maiu on plus,
GUS
rllultiplu~; ut. !;l~~;
,
puissanc~s successives sont faciles à appréhender. Il est donc
cortain que
pilr
rapport
2J
10,
la
pr'incipûlu pr'upl'l(!LI'!
tlii
l'lllIilll'"
I,
étant d'être
le
pluG
grand diviseur de
la bosu dLlcilllil1u,
J'Jlnl
1111
prédispose ,"juroo'm"
(cinq)
à
être
une
base auxiliaire
en
num0ra-
,
tion absolue
wolof,
si
celle-ci
n'a
pas
une
base
principale plus
grande
que dix.
Voyons
si juroom aurait
un
meilleur sort
dilns
un
comput qui
no
aerait
pd~
lcl
num~ration absolue.
Il
se
trouvu
que
l e
c 0 mput
d e l ' a r g e n t
n 0 u s
met
e n p r I~ S IJ Tl Cr~
(j' U Il
r Ij 1 1~
1 Il '
1
juroom,
différent
de
ce
que
nous avons
vu
jusqG'ici.
En
wolof,
"derem"
est
une
unité de compte
de
l'argent.
Il
Corr8SÇlnnrj ,']
cinq
unités
simples appelées
chacune
"fiftiin".r L'origine
du
1
terme
"doram"
n'ost
pn::,
CLLI.I'(21TlUl1t
(Jt:illdi!l,
111,li!;
l '1IV/lflllll!';I'
la plus
communément
retenue
est
celle qui
la
ra\\pprochO
rJu cJirhûrn
maghrébin, lui-même
apparentf:: élU drachm
L.J.
Cail v e t
qui
sie s t
intéressé
à
cette question,
voit
une conjonction de doux
LJctnuré,
dans
l'émergence de
"derem"
comme
unité de
compte en wolof
la
colonisation française
qui
aurait
permis
aux Afticnins
(les
Wolof en particulier)
d'adopter
le
systGme
frLln'çois
et
1'8[11-
1
1
prunt
d'un vocable
nouveau,
le
douro
espagnol
qui
vaut
cinq
pesetas.
Calvet
ne
donne aucune
justification quant
~
sa
r~fé-
rence au douro
espagnol
en
revanche,
il
précise que
le
système
français
quo
les Africains
substituent
de
ce fQ~t è
l'usage des
cauris,
"
d
t
-
t
.,,112
va
cep on an
etre
l'es
ructure
.
Le rapprochement
112.
L.J
CALVET,
La
linguistique,
vol.
6,
fasc.
1,
P.U.F.,
1970,
p.
120.

- 109 -
a v e c I e
do u l'De s t i n tél' e s san t
en
ce qu' i l s i dg i t
d' un
no III [j i ~, -
t in ct
po ur, dés i g n e r
une
uni t é
no uv 13 l le ,
et
le
fa i t
que
" der 8 m"
se
"comporte"
comme
une
unit~ simple m~rite ré111ement de rete-
nir
l'attention.
Et
cela
revêt
plus
d'importancje
que
d'utLlblir
1
~ tout prix un lien avec douro, dirham ou drach~e, car il est
f a cil e
de
v é ri fie r
que
d' au t r e s
s y s t ème s
s é n é g ail ais
e t
a f rie a i n s
1
ont
adopté
la même
base,
tout
en
donnant
à
la
nouvelle
unité;
i
simple,
un
nom qui
n'a
aucun
lien
avec
le
douro.
La
nomenclature
du
comput
établi
sur
la
base de
derem se
présente
ainsi
derem
1 derem
5 centimes CFA
nôar(i)
dorom
2 c1orom
10
"
"
nett(i) derem
3 derem
15
"
"
neent(i) derern
4 derem
20
"
"
juroom(i) derem
5 derem
25
"
"
nouvelle unité
juroom-benn Ci) der8m
G derem
JO
"
"
fukk(i) derem
10 derem
50
"
"
nouvelle unit~
-
naar fukk(i) derem
20 derem
100
"
"
nouvello unité
naar fukk ak j uroom
25 derem
125
"
"
teemeer(iJ derem
100 derem
=
500
"
"
nouvelle unité
naar( i J teornoor(i) derem 20U do l'Oln
=1.000
"
"
juni
1.00U cJereln
=5.UUU
"
"
rluuVl.d lu ulli LG
naari j unni
2.000 dorern
10.000 "
"
nouved Ir; uni t0
[r~ t,JblBau 1~)CJ[)trR que co ~ôCJ[)t ~J,
2'J,
'_,1),
1[11),
SUD,
1.000,
5.000 et
10.000 qui
sont
des
unités
nouvelles
dLlns
cu
comput.
Ce qui
montre
du
même
coup,
qu'en
fait,
5 et
1U
en
sont
les
bas es.
0 eux
bas e 5
pou r
u n mê mes· y s t ème
den u mé r Ll t ion,
i l
f ùut
nécessairement
que
l'uns
soit
base
principale
et
l'autre
bLlse

-
110 -
auxiliaire.
On
voit
qu'en
allant
de
5 à
10.000,
le
dénombI'BlTlunt
'th
' t '
d
r
l.·son
5
et
la
rùisun
dl)
sUlt'une
progression
arl.
me
l.qu8
e
a
,
cet t e p r 0 g r e s s ion
est
vis i b l e
dan s I e f ait
que
" der e m"
8 t d r1 t
considéré
comme
unité
simple,
i l
s'agit' d'ajouter
chLlque fois
la même
unité
pour
progresser
1
(deremJ,
2
(dereml,
3
(dercmJ,
etc.
On
constate qu'après
5
(dereml
ce
~ont 10 (deremJ,
20
(dsrsm), '100
(derem),
200
(deremJ,
1.000
(derem),
2.oOCJ
(Ue-
rem)
qui
è
leur tour
se
comportent
comme
de
nouvelles
unit~3.
Ce qui
montre
dG
toute
évidence,
le
l'Ô hl
que
10 y
joue.
Ull
llULlè-
raB n par tic u lie r
q u'e
5 foi s
5
"d e rem"
soi t
"n a al' f u k k il k j U l'lJ lJ 1T1" ,
littéraleme~t "do~x fois dix et cinq" n'est pas une nuuvollu
,
unité,
et
i l
faut
recourir ~
10
pour
son
emploi.
En
g8néralisant,
1
nous
dirons
quo
si
ce comput
ùVuit
été
une
progruc;siun
gl;uIfI6Lt'1
que,
de
premier terme
5,
et
de
raison
5,
5
"det'Bm",
2:i
"LJorern",
125
"derem"
correspondraient
respectivement
aux
puissances
suc-
c8ssives
de
"derem"
et
seraient
de
ce
fait
de
nouvelles
unit6s.
Or
le
tableau montre
que
seul
"jurobm(i)
derem"
c'est-ê-dire
"derem"
élevé
~
la
puissance
"deux",
joue
le
rôle
d'une
unit0
nouvelle
correspondant
~
une
puissance de
5.
EnconséquencB,
"derem"
n'est
pas
dans
cette
situation
une
base
principale
mais
cette
fois
i l
a
bel
et
bien
un
rôle
de
bas,
secondaire.
1

1
Et
ce qui
est
dès
lors
intéressant
à
analyser
eét
de
savoir
i
comment
et
pourquoi
la
"r,estructuration" d laquetle L •. 1.
Calvet
fait
allusion,
s'est
effectuée.
Car
la
pratirjue!montrn que
li]
.
i
nu m(; rat i u n û b sol u e
est
non
~i cul e men t di f f l:' l' C r1 L[] : LJ u C LJ mp 1J L LJ l:
la monnaie, du
f<Jit
du
rôle
provilégié
ùccorLlû
i:JI"rJrJI'PITl",
rn,li':
i
qu'aussi,
cette différence
est
cause de
confusi6n
chez
un
cer-
tain
nombre
de
locuteurs,
singulièrement
lorsqu'on
aborde
les

- 111 -
,
grands
nombres.
Illustrons
ces
deux
aspects
par des
exemples
concrets.
Soit
le
nombre
10.718.
En
français
[et
en
numération
décimale
de
posi-
tion), ce
nombre
ne
comporte
d'ambiguité
ni
quand
il
est
8crit
en
chiffres,
ni
quand
il
est
écrit
en
lettres
"dix mille
sept
cent
~ix-huit"
ni
en
numération
absolue,
ni
dans
le
com-
113
put
die
l ' a r g e n t
Dans
le
cas
du
wolof,
la
nu'mération
absolue
et
le
comput
de
l'argent
suivent
chacun
un8
strûtugif]
diffûl't~r1tL!.
Pou r
é non c 8 r
l Li
som me" dix !Tl i l l 8
5 le p t
c e n t
dix-
1
huit"
francs
C.F.A.,
le Wolof
peut
s'y
prendre ~e deux manières,
1
dont
chacune
est
exempte
d'ambiguité,
à
certainçs
conditions.
,
:
Première
manière
(comput
de
l'ûrEertJ
10
7 18
"naar[i)
junni
ak
j u r 0 0 m- n-a a r [ i )
teemeer ak
( 2
x
5.000)
et
( 5
+
2 J
x
suu
c! t
prononcé "mille"
prononcé "cent"
fukk
ak
j uroom- nett
(derem)
(50
+
40
prononcé "dix" , prononcé "huit"
REMARQUE
En
numération
absolue,
ce ,même
nombre
est
énoncé
ainsi
113.
Il
est
vrai
que
le
passage
des
francs' anciens
aux
nou-
veaux francs
introduit
une donnée
nouvelle,
mais
il
est
évident
que
si
no~s voulons maint~nir notre analyse dans les limites
de
ce qui
est
co mpal' a b 18 éJ V e c
la nu mé rat ion w0 lof,
i l
f ù ut)' LI i _
sonner en
termes
de francs
anciens,
l'unité
"derem"
ètant
ùnt6-
rieure
à
l'adoption du
nouveau francs
français.
,

112
-
10 7 18
"fukk(iJ
junni
ak
j u r 0,0 m- na a r ( i )
tbemeer
ak
\\
10
x
1 .000
et
( 5

2 ) x
100
et
)
fukk
ak
juroom-nett"
5
..J
Les
constituants
de
ces
deux
polynômes
montrent
à
l'évidence que
les
deux
systèmes
ont
la même
structure
lin-
guistique
mais
n'utilisent
pas
la même
stratégie.
Cette distorsion
entre
structure
linguistique
et
structure m~th~matique lorsqu'on passe
J'un
comp~t u l'auLru,
constitue
évidemment
la sourc~ des
confusions.
On
note
par ailleurs que dans 'l'~nonc6 wolof
Je
li.!
somme
10
7,15
"derem"
est
sous-entendu
et
il
n'y
a
pas
d'ambiguït~ car,
l'énoncé
res-
pacte'l'ordre
décroissant, 'en
allant
du
plus
grand
nombre
cJ
\\
celui
ljui
rupr'usunlo 'le!]
unitûs.
-
Enfin c'est, le
contexte qui
perrnot,
m,llp;rü
l'urni:,-
s ion de" der l3 m"
cJ e
s a v 0 i r
lj u ' i l e s t
q u 8 s t i u n J e
C 0 Ifl pte l'
.1 1 éJ l' g l! n L .
Résumons
ce qui
précède
par un
tableau
qui
repré-
sente
les deux
systèmes
(voir tableau,
p. 11] J.
Deuxième manière
d'énoncer en
wolof
la
somme
10.718
francs
CFA
10.718
CFA
naar a
jurourn-ncJor ak
f,u k k uk j ur' u u nt - [1 et t
,
!
littéralement
deux
et
sept
et
dix
et
huit
En
chiffres
2
et
7
et
15

- _.......... "
1
1'0
.
SYSTc E
10.C~':;
7JJ
îO
CCJ:'tF·1JT
Coefficient
r-lu~ ti;:li:::ar,ce
C::e~fic i 9~, t
·~..jl tipliCê.noe
L..G87T::':::L::.nt 1 j'lul tir: licanoe
---------------.-------------
1 i\\umér:3tion
1
10
-1 .000
7
100
10
1
1
1
b
absolue
1 fukfdi)
junni
ak
jur:Jor.o
téémeer
ak
fukk
ak
juroom
'i"laediJ
1
1
1
Iw
llBtt
Valeur en
:3rgent (CFA-)
1
2
1 5.000
et
1
7
1
500
et
50
et
40
trans::;ri~tior.
r:;honé-ciC;L8
1 naar(i)
1 junni
ak
1 juroom
1
téémeer
ak
fukk
ak
juroom
nae,(i)
1'1ett
2
1 Equivalent
en chiffres,
Ge la trens-
7
100
1
2
1 1 .0:::0
et
1
1
et
10
et
ë
ci'iption
phonétique
1
1

'11 il
On
remarque
que
le
coordinatif
~et~
( " p l u s
,lV8C J,
n'est
jamais
sous-entendu pour
passer d'un
palier au
suivant.
Et
c ' e s t
encore
une
fois
le
contexte
seul
qui
j u s t i f i e
Et ,ce
contexte
est
cet
énoncé
~ingulier et le rend intelligible.
généralement
celui
du
marché.
1
t
~ d m "
8 c t
n n
0 l' 8
", (1 lJ r, - r l r1 1. 1 : Il 1JI 1
En
effet,
non
seu
omen
ere
-~
u
, -
,
" t
'
l t "
t' 0 l' sel'
1 l.', sri LI r111'l l',j 11 X
comme
dans
la
fi~urB pr~cuuen 8,
malS
c e u
.
.
-
des Dl i 11 e
e t
des
c en t a i n e s' 1 B son t
,)
1 e u r t 0 11r'
2
et
7
sunt
respectivelTlent
les
cU8I'f'ic~erll,s lit! "jlllllli"
et
"teemeer".
Par
conséquent,
relativemerrt
au
contexte,
les
interlocuteurs
savent,
en
ne
nommant
que
les
coefficierrts,
IfI>Jis
l'l n
les
n 0 fi IITI iJ fi t
c.i il 1) S
U 11
0 r c.i r L'
cl ci t e r l1l i ne.
Cl li • i J
,,', q', i 1:
LI l'
C {I III i' \\ 1 1
d e l ' a l' 8 8 n t
et
qu' i l s 1 3 g i t
de
t <3 1
et
tel
p iJ 1 i :J r.
rel Il
~; le
r' {! ï l' l' ,111 t
rn8ntalement
d
un
cadre
conv8rrtionnel.
~nfin,
comme
dans

fibure
conv811tiùnrlelle,
on
vDit
les
ri:lles
r8~'of)(3l~tif~j de
S
(dert~II,:O
consid8ré
CUII1I11e
flouvelllJ
unité)
at
10,
qui
prouvant
qua
la
comput
de
l'3r~ent 8St
une
cOin b in él i son
d' u n s y st è ma
<J
lJ a 5 8
S e t
d ' u n s y s t è ln 8
il
bac, [)
1LJ.
On
pou t
pou ,r
1 a
rn 0 ni a nt,
r e t a Il i l ' d a
l ~
n LJ ni f: r rl t ion
W Ll l (1 [' ,
IdS
principaux.
LI'.::Jits
suivonts
L 1 ù fi Cl lys u
LJ 8 S
S y n LJ GHL ~ s e t
c ~ 1 1 u
U 8 S
l y pl" S
lJ li !,; s il Ji l' ~,
,Il ~
\\
v ,3 ma rl t
D i 8 n
0 r g a n i S 8 B
~J 0 lJ l'un e n u m6 rat i ~ n
par l 8 e
par
son
III U 1j lè
,
[18
disposition
Lies
constituônts
LJons
un
5ynti:J~I)p' illultil'liL:dLif
('lE/Mi".) 1
f~ar
son
pro c é d é
u e
(: ri Il 0 ln b r e f1l e n t
qui,
,
(JII
lil'UI'8
dClcroissant,
part
Lias
pius
Gr""nc~; palioI's et
5,]
LurriIÙ)t'
par
lf3

115
L'eX.::JIlIUll
UU
CUIllpUt
dL
ld
l'\\urlrldil~ Ill'Udl/I' '1 111 : CL't ()r'(/r~'
est con t r il i Y n an t
8 n
Il u fil ,', l' il t i 0 [1
\\" 0 l U f .
1:::: t
c e l ' é sul t cJ t
8 S t
Cl 1 a u t (J n t
plu s
i 111 P cl r
,] rd.
q LJ 8,
L: Il 1111118
n
l ' 0 ru r El
1'1 L / 11/\\
0 u s a l Ion s
l 8
V 0 i r,
l e
car a c t 8 r 8
con t l' a i Gn i3 n t
LI
l
h
l
'
r art a CT (, 8
P ~ l' ITI l'
l t'" sni J fil cl l éJ t ion S
CIl JI'!
n'est
pas
a
c
ose
a
nll8UX
,J
U U
U
-
nous
étucJions.
Un
autre
t r a i t
rr,érite
d'êtI'e
soulignd
celui
qui
est
re lat i f
à
l ' en s 8 i g n e 1118 n t
q u 8
l ' 0 n
p 8 U t
t i r , n', c.I u
COli, put
cl C~
l a
mon n aie.
Le
fa i t
q U8
"0 e r e rn li
soi t
con si ci li ré
co mrn e
une
LI n i tJ'
sim pIe
p 8 u t
san s
LJ 0 u t e
ê t r 8
exp l i q u é,
corn fi 18
l l ,1
f ê:l i t
L iJ l v (_. t ,
par
l'influence
du
douro
8spd~nol. Mais si l'on con~irlfre ~
l iJ
foi s I ' i en p LI r t ij n cep lu"
i: [' Cl n LI c LI 8
"Cl 8 r (~ 11\\ "
(~) ~ 1 J,
lJ iJ 1. ~i
1J Il 1
numération
qui
n'est
pas
la
numération
absolu8,
puis
lE.s
sUf'vi-
vances
de
"nitt"
(homo)
pour
uire
20
et
Je
"fdnw8er"
(nol1lllrl~ Ille
j 0 urs
d e I a
l un ais 0 n)
pou l'
di r e
30.
0 n
pie! Ut
s c
d {?, Illlll] clln
s' i l
n 'y
a
pas
U Ll n s
C 8 t
en sem b l 8
cl e
F û C t e urs
li c
Cl lJ () i
r' U Il II r r~
~ 1 l II ~;
acceptable -l'hypothèse
J'une
ancienn8
base
quinaire.
Et
nous
au ri 0 n s a l o l ' s
J e t 0 u s a u t l' e s
Cl l' [ U m8 n t s
que
c u u x
Li u i
S 13
f 0 n li rJ i (; lit
uniquement
sur
les
nombres
08
6
à
9,
composés
èJ
partir
ue
ci n'1.
Et
déJns
tous
les
'cas,
la
question
des
condition~; [jui
1
un
problùII18
il
clurifi8I'.
,
,
l l ,f au t
en
0 u t re
ln e nt i u [) Il e r
LJ eux
SOl' t 8 5
d 8
li i f f .i Cil 1 -
tés
qui
subsist8nt
dans
la
nurneriJtion
wolof.
,
Il
s ' a g i t
d'abord
rJ8
l'existencI3
J'c
IloUX
Sy~;ti;IIII'"
un
pour
la
numération
absolue
et
un
iJutre
pour
le
comrut
J8
li]
monndie.
La
c08xistence
de
ces
ueux
sYS.t{;llICS
8 3 t
'l:llllSF:
[ir;
C:UIIIII-
sion
chez
~eaucoup Je
locLitecrs.

1 1 G
I l
s ' d!.~ i. t
e n S LJ i t CJ
li lJ
nid i Il t i url
iJ Il
l: li (J r' Il i. Il ,J L il
"
1 l 1\\ "
(=
avec
= et
plus]
pour
passer
d'un
palier
~ un autre.
f a i t
que
ce
liiorpllfèlilC
ê t ru
sou S - ('
nu
Il
IJuisse
t (' Il (lu
J ,[
jamais
numération
wolof,
est
S3ns
a u c und 0 u t e
l' e
III 0 Y8 n
q u []
s' 8 S t
li U Il Il é
1..3
langue
pour
éviter
t ou t e
b '
-t6
et
111arC]U"r
arn"lE,ul
lu
G
IJrU"I'Ué',~:;:iurl
G
U
,
t
dans
[']ol'S
un
ce
dénombremen.
('Iluyen
n'dr'rive
[J')S
w
li
tJuut
lj[~ ioules
les
di f fic u l tés
et
peu t
Il', ê ln e
par foi s
e Il
CI' é é r .
[\\J 0 U 5
E~ S sai e l' 0 n s LJ 1 Y r Ô IJ U nUI' e
,
e t
q u 8
nu u S
LI U r U ri S
a .L n 5 l
P l'é ,; l:3 nié
Il lus i El LJ r Cl
() llÙll1311 t s
lJ C
C LJ ill\\! ,1 -
raifion.
11.2.2

11'1
pu l Cl ,1 r'
i'Jrdnl:tl(~ ,Jl~
ld
lû/lille
1 1 5
peul
LéJ
rnajorité
de
ses
locuteurs
se
tr'ouvent
U,Jns
la
JlloYI;nr18
VCl Il é e
8 t
le
ri iJ U t - F leu vaS é n I~ [; al.
l l s
5 e
LJ li 5 i E il 8 n t
eux - mê 111 U~; ,Ill
nom
de
"Halr;ulaaren"
(=
"ceux
qui
purlcnt
ln
pillél<!I'''].
r'LJl~;
j,\\~;
au t l' es, 8 th ni 8 s e t les é t l'an gel' s (E u r 0 p é e n sen p a l" tic u lie r) l 8 S
a p p e Il en t , Tou cou leu r,
ter ln e
dé r i v é
t l'ès
VI' u i s e,n b
Cl tl lem 8 nt
U' url r~
1
déformation
de
Tekrour,
ancien
nom
de
cette
r6~i~n11~. La situa-
tion
géographique
de
cette
région
qu'on
appelle
ljlujouru'hui
fOr)l/tel
ou
Fouta
Toro,
ou
Fauta
sénégalais,
explique
son :long
comnlerce
1 1 4.
Cf.,
en t r eau t l'es,
He n 1'1
Gfi U L r~,
Le
jJ Ù u i d.r,
dia 1 e ct ('
peul
du
Fauta
s~n~galais, Paris,
115.
H.
LAhDUi'<t:T
La.
langue
des
Peuls
ou
FcJulbe,
IF/IIJ.
Dakar,
nO
15,
1952.
L'aLJteury
passe
en
rE~Vllf;
lr.q
Ili(r(r'('I1t,~c;
appellatiuns
cJu
peul,
pdllLJ.
(Cul,
FulL1Bni,
ct,,;.
116.
Sur
le
passé
de
la
Vallée
du
Fleuve
Sénégal
voir
Henri
GRAVRAND,
COOSAN,
~.~.A., 1951.
Mais
aussi
UELAFOSSf
Ha u t - 5 é né y a 1 - N i <] e r,
1 C
P il ys,
1 cs
peu 1,1 c: s,
1 (' ,;
1 il !l (J li ( 's,
l ' , 1 l' i :, ,
Ld.['U~Il,
1!.J1:.é.
Uu
Il,JIIIU
Yvus
~;I\\l;JI-r'lAI,lli,
L'L'!Ill'irL'
uu
1'L;krour.

11 7
a v e c
des
eth nie s
v 0 i sin e s
~') i L u [~ le S
e fi
é.l:11 011 L
u L L'I l
d v ,il
11 ~ ~;
bre
important
de
termes
ulirpI'ufltl:S
ou
comlllLHIS
,lcJ
IJuldtJI'
et
,1
IlL"!;
langues
comme
le
Soninké,
le
wolof,
le
SeereI',
(Je
, 1/3
,
~lancJin~.
même,
leur
islamisation
qui
date
du
IXe
siècle,
uxplique
la
présence
dans
la
langue
des
halpulaaren,
d'un
vobabulaire
d'oI'i-
gine
arabe,
plus
ou
moins
assimilé,
intéGré
éJU
f'u],:lûr
et
ClllJVl'illlt
des
cJomaines
tr0s
variés.
11.2.2.1
Le SYSTU'lE Dl TfUI[\\ISL:I<II"j IUN ~'t,(JrWLUblr,IUL
utS SO~S PARTICULILRS AU PULAAR.
b
labiale
g l o t t a l i s é e .
Il
est ,différent
du
son
b
qui
est
lui,
une
labiale
occl~sive.
E.xemple
baawo
uerFilêI'e,
ùprL~s,
etc.
cf
Li e n t ale
g lot t ,11 i S 8 e.
Ces 0 n
8 s L LI i f f'L; r C Il t
il LJ
son
d
qui
8~t une dentale occlusivu.
b.xemplB
cfaanaade
dormir.
y
puldLale
Gl'uLtalisée.
LE-!
son
Llil'fun;
uu
~3(JIl y
,
qui, est
une
semi-voyelle
palatale.
Exemple
yiyal
os.
G~OUPES CONSONANTIQUES JU PULAAR
Les
complexes
nasales
mb,
ncJ,
nj,
nt;,
Gémination
en
pulddr
mm,
nn,
n n,
1-; h ,
cJ U ,
j j ,
)" "
, "
pp,
t t ,
cc,
KK

1 1 B -
I1.2.2.2
NUMERALX CARDINAUX PULAAR
NUMtRATION ABSOLUE
r III
cap :111 dt'
.1 (1 Y
~oo
11
Sùppn
(~
ij 0 0
~~
capande
joy
e
joy
2
li i t[ i
L~
SiJ~~U
n
t[ i di
,
GO capanJe
jee-golll
3
tati
20
Iii 00 0 a as
4
nay
21
noogLli;s
c
[',00
GS
capanac
jee-gom
c
jce-gorn
,~
23
noogaas
e
tati
::l
joy
6
jee-gom
90
capanoe
jee-nay
7
jee-dïdi
30 capancfe
tati
1
d
jee-tati
J4
capancfe
tati
e
99
capanJt;
jee-nay
c
jel'-nay
nay
J
jee-nay
10
Sûppo
4U
capanae
nay
1 G10
t u urlll~ ,\\ \\; l' L:
1 J!.:l
teeflleuel'8
e cnpancfe jee-tati
'L.UOU ujul1aajc, didi
e jee-nay
200
teeeme~e didi
2.001 ujunaajc didi e goo
[Vllri,')nU, : "0 L ootol")
,
712
teemede jee-didi e sappo e didi
10.00U ujun~~j8 S~PWU
10.001 uju'iL'djcl ~~t.lPfJO Ci i',uu
( val i ,)f) Le: "8 l' 0 0 tel)
1 .000 uj unere
,11.000 ujunùju ~i)ppU c ~oo
li~.~.J!U ujulldùj8:capande jee-golll l'
jee-diJiie teemede JOY e
capanoe lee-niai
e jec-tati
100.000 ujunaaje teeilledere.
variante : teemeuer8 ujunere
400.000 ujunaaje tcemede nay.
variante : teemede nay ujunere
1.000.000 milyong (cmprunt)
ujunaaje ujunel'e (mille millc)

'119
11.2.2.3
CON TL r'J U
St. MAN T l [J U 1
LJ 1 :;
N Il ~I ~;
LJ 1 ~;
r'J 0 MB R L ~;
FON 0 A f1 t N 1 f\\ U X
f) U L lI. f\\ 1~
,
l'·res
rJUl'"
les
110'llllJI'I3S
1U,
;'U,
Les
c i n q
pre rn l urs
nOIr. C'
' l '
~
1JO
et
1.000
ont
en
numération
pulaar
des
110liiS
uorlt
lu
COfl~;U-
nance
ou
la
racine
méritent
qu'un
s'y
arrête.
Les
n a ln b r e s
d e
1
5
ont
chacun
un
nom
~istinct, les
nombres
6,
7,
8
et
9
ont
des 'nOirs
composés.
Il
est
intéreS5clnt
~R noter que: lc's nellf pren 181'5
être
dmBnbs
à
lllodIfier
1d
ccnsonne
initirlle
1)11
rhllir..ll
1\\1',
jpllI'
nain
en
fonction
de
la
cld558
d
ldquelle
clppartie!lt
le
SLJLJSlLil11.iF
1 1 7
qu'ils
accompagnent
txemple
"Le
nombre
est
t i r é
de
IJ
racine
wot,,11lJ
Un
peu
avant,
8xposant
les
['ÙClcs
ue
construction
dus
rrullulllCi
1nd8finis,
et
celles
qui
portent
sur
l'ûlternarlce
consondntiqlH!
et
la
na S ëJ l i S,iJ t ion,
i l
cl jOli tEl
"Un,
un
seul,
';1'.
1.1',llilJit:
[Jill'
la
ra c in e
W 0 t
[a l ter na ne e
n g
et
g 1
a v e c
l a que Ile
u n
a u r él
S U j V,'} r) t
IdS
classes
no)',)',c
wnte
ou
vJotcrf-1
li n
llO v i ué,
Il Il
1) u v j t11'~
U JJ i (i U ('
,
n.c (f tf 0
g 0 L 0
une
p8rsonr18
uni que
.
11 Y
pUCU
r1gotu
un
seul
c h'e va 1"
L f'. ~i l ,1 LI t l' [) S
no: nLI r ll~)
f 0 Il Cl d ln 8 ri t il U X
(1 r),
1 1lU
r' t
1. rJ 1J ( J
i;l û x q u '" l S
0 rl
P 8 U t
a j 0 u ter
l e
no fil ure
2 0
corn rn e
n 0 u s
l 8
ver rOll s
plus
lotnl,ëqJp<3rliennent
.:lU
SYSt~1TI8 (J,B classe:-i rnrli:, nc variprd
P ,J S
s' i l s
d 8 t 8 r ln i n e fi t 1 l cl
q li a n t i t é
cl e
nom i n a Ux
,) u t r e s
que
l <.) 5
n u rn é r a u x
car u,i n a u xIe t
l 8 S
n u rriÉ~ r a u x
0 r cl i n êl Ux .
117. Sur le systènlB des clcl,'3ses nominélles,
nous ùlluns Ill~jr1 Citr3
Rosine SANTOS;
VOiT 8n biblio L ! apille,
les rCd'l~I'8ncBS l~uflcen1iHlt: coth! qlJC~it ion.
118. LAIJOUIHT,
op.
cit.,
[J.
1UO.
119. Idem,
p.
47.

120
le
rlorl'\\
en
nurnr=ratiurt
ëJ[lsClluc
est
Le
nombre
UIl
Jont
,
'
t
" cOD tel"
q u l'
P 8 U t 1 va i J '
un
r Ô l (3
"goo",
possede
une
varlan
e
b
d'insistance
sur
l ' u n i c i t é
De
l ' o b j e t
compté
et
'lui,
rlUri,l~I'd l
d8
discrimination
de
cert,Jins
nOIllUI'8S
cornport'JIIL\\ l!!
i
l
l
l
d 'une
''l'3nJe!, u t i l i t é .
"un",
est
souvent
sur
e
p
an
a r a .
b
-
,
C ' 8 S t
l n
Il U l'Il) J' f,e>
"C' iJ "r (J "
Sur
le
plan
s~mantlquc.
G
-
-
~I
,
t '
t
l ' ~ t t (::> Il j' " (') Il
l' 1,
11 "" t
t l< LI t
Il, 1 L Il -
(=
dix)
qui.
l U
pl' e m lU r,
l'e
l en
(,
~,
.
rel
par
exemple
de
le
rapprocher
d'abol'U
ue "scJPfJ uruu ",
nom
flue
120
le
Pulaar
donne
à
l'index
a f rie a i n El S,
C 8 !' t Cl i n s
n 0 III S
U 8
rio fi lJ r e S
son t.
tir' I:! G
d (>,
n 0 111 S
d El
parties
du
corps
et
SUI'tOUt
ues
nUms
d8S
cloiv,t:,
~:t
(!U
IIUIII
1)lli
désigne
la
main.
Le
premier'
exen,ple
que
nous
avons
rencontré
concerne
le
terme
vJolof
"nitt",
v,lriantn
il!!
"îi',J,II'
f'id,f\\"
11111 i :<
dix
20)
et
qui
con s t i tue
une
réf é r en ce
à
1 i:1
[J ers 0 ni 1e
h u III di 11 [3
en
sous-entonJanL
qu'on
l ' i~entifie dans
ce
",]~,
pl'L!cir,
Ll
1<1
1 21
somme
des
doigts
de
ses
quatre
n:8mbres
Au s si,
n'e st - 0 n
pas
5 u r p ris
0 e
C.Q n s t iJ ter
que
"5 a p p n "
(=
dix)
est
Je
la
même
famille
que
"sapporcJu"
(l'incJex),
lequpi
,
est:
un
des
Juil:Ls
lie
la
main;
r'~i:lis calL! no
II\\JUS
IIIUII1:J'[)
pdl:
' " l l l T
iJ LJ t Ll , 1t
l El
If ,:1 IJ Il U l' 1:
Ci u e
l U I lU III
LI U 1\\ Il l~
c.I
l ' i fi LJ U XI! 1Jt. l' U L l [ ~ '1 L
li V 1 ~ ( :
t 1:
nOln
donné.
au
nOIIlOl'8
"dix"
U'autant
que
si
on
'3xiHninc
los
I\\UIII~"
120.
Voir
Oumar
JA
Le
Fauta
Toro
au
Carrefour des
cul-
tures,
éd.
11a:rrnattan
et
Henri
L!,SOlJRET,
op.
c i t . ,
il.
1l:D.
121.
Nous
verrons
ljLJ8
loutes
les
rp.férenc',s
<J
l iJ
"p ers un 1111 "
ou
il
l ' homme
(1101IlU)
COnCBI'nen't
pn
n,13mB
tl3ln[1S
qlJf.~ l l' , \\ U Il, LJ rut 11 1.. '1 l
de
sos
doiGts,
l'idée
de
"Tout"
et
de
perfL?cL'idll.

121
donnés
aux
outres
doigts
du
la
main,
rien
[H:
lJ8rl1l<:;t
LJ
prillri
.
' l '
' r a ' t
l'l'ndex
d'avoir
un
nom
dr~
d'expliquer
le
prlvl
ege
qu
au

même
racine
que
celui
du
nombre
dix.
Tou t
don n e
lie u d e
c roi r e
que, l 0 r s qu' ils
c Cl mp t 8 n t
~,u r
leurs
doigts,
les
Halpulaaren commencent
pér
le
pouce
et
termi-
nent
par
l:auriculaire.
Le
pouce
se dit
"wordu"
l'index
,"sappordu"
le majeur
;' r 8 wru"
(=
18
sui van t Jou
en cor u
"f Gd e e
Il d u
f c10 gUI' C "
c'est-à-dire
"le doigt
qui'porte
la
bague"
l'annulaire
"rewndu e
feduondu
fegger(!"
" celui 1\\lli !,uiL
I,! rll';,'\\"II['
;
le petit
doigt
"ei'Gatel"
(=
extrémit81
ou
"kodda"
"
benjamin,
le dernier.
Les
noms' de
ces
doigts
montrent
implicit.ement
qu'il
y a
un ordre que
les
Haalpulaaren ~uivent, ce qU8 confirment
deux
types
de
constatations.' Il
y a
d'abord
18 fait
que
le
doigt
jeur
et
non
l'annulaire
comme
chez
les
Europeens
par exemple.
Il
Y a ensuite cet adage pulaar que Oumar Ba cite et commente
" Si f a ad u n ù,
aIl i)
gay
ni i
du m u
p 8 du u li".
[ u qui
~,i g ni r .L c
1.L L li'!,
ralement
"les
traits
fondamentaux
du
monde,
Dieu
les
a
inscrits
dans
les
doigts",
En
quoi
les
doigts
sont-ils
un, reflet
du monde?
1
C'est
que
(commente Oumar
Oal,
le
pouce
(wordu q~i signifie
aussi"m§le")
représente
les
gens forts
et
puissa~ts
l'index,
1
1
les
gens
courageux,
le majeur,
les
gens
illustre~ (raison pour
laquelle
sans
doute,
i l
P?rte
la
bague)'
l'annuaaire
les
gens
au
physique
agréable
ou
de
situation
ai sue
les
faibles
et
les
pauvres.
Les
qualités ou
attr~buts de
chaque
~
do i g t,
in d.L CI u 0 n t
les
ra p po r t Ci
LJ u
pré s 6 LJ n c u
u LIu: fJl' in c i [Hl
1111 P 1
cite
de
hiérarchie qui
les
lie.
['est
pour cela qu'une
fois
de

1;;:' 2
rang,
en quoi
l'inde~ pourrait par exemple être représentatif
de
dix
unités
ou de
la
dixième
unité
le pouce
ou
le
petit
.
I~~l'S
n'oubll'ons
r'~s que
la
qualiLu
doigt
s'y
prêteraient
m18UX.
l u
~u
distinctive
d'e
l'index
c'est
le
courage.
Il
nous
vient
alors
à
l'esprit
u~ verbe de même racine
"sappade"
qui
signifie
b
la
f o l'S
ontr"'r
du
dOl'gt
dc"fl'nr
t8nl'r en
respect
un
m
""
,
co
• •
iH1vnr~'ilil"I~.
le
neutraliser
par des
incantations
coordonnées
avec
des
gestes
des
deux
main::,.
c'est
pdr
UXUmlJlc
ce
que
font
11!:3
luLteur':;
jlllUI'
provoquer ut
neutraliser
leurs
adversdires,
et
les
pêcheurs
du
1
F le uv c
S 8 1'.1 I~ ['; i) l
pou r
cl 0 min c r ] ,"; ,',
pu l s S ù nec sun
l ' 0 il Il
[! t I c 1;
r"[' ri'
drs favorables
è
leur
entreprise.
"Saf.Jpurdu",
"SdPlJcJUC",
"SélPf.JU,"
eue;
Lrui'i
L8I'fJlUS
cL
leur
racine
commune
sont
de
nature à
donner
un
sens
~u nom du
nombre
"dix"
81'.1
pulaar
e n s u p p 0 san t
que
"s û p p u ,i
(tJ i x )
est
u fl U
référence
aux deux mains,
comme
on
en
rencontre
de
nombreux
dans
d'autres
liJnGufJ5
du
Sén6[';ûl
nt
,JL.!
l'Afrique.
C"rt~ins
Passons
au
nombre
"noogoas"
20.
"ialectes
i
peul
de
l'ouest-africain
emp16ient
la
variante
"~oogay". Gadon
1
!
et
Labouret
pensent
qu'il
faut
rapprocher
"noogas"
de
la
racine
" g as"
0 U
,r g a y"
qui
sig nif i e
fin i r,
ter min 8 r.
I l s ' e n con c lue n t
que
l'on a
compté
les
doigts
des
deux
mains
et
d~s deux
pieds.
Cette
interprétation
est
d'autant
plus
vôlable que
le
phénom8ne
se
rencontre
également
dans
d'autres
langues
et
qu'on
peut
même
aller
encore
plus
~in dans cette r~f~rence au corps et ~ ses
membres.
Nous
avons
vu que
"tJitt"
en
wolof
est
une
variante
du
nom
du
nom du
nombre
20,
et
qu'il
signifie
humme
(homo]
ôU
sons
d'êtr,e
humain
"complet"

qui
il
ne
manque
certes
aucun doigt,
mais
à
qui
également
il
ne
manque
ôucun
ôttribut
de
ce
qui

caractérise
un
humain équilibré).
De
la même
fClçon,
"nuogd""
r~n
Pulaar peut
être
considéré
comme
signifiant
"être
humain
complet".
En
[) f f 0 t,
"IHl U l', il:;"
[] ~; L
t: J' l'~ :;
v J' il i :, l.) nltJ l ill) ll.! IIII! fi 1.
III Ji,
f:' 1Il 1. "" (; 1 i. (1 Il
de
"necfcfo
gasd"o"
c'est-à-dire
"être
humain
achevé",
par
consé-
quent
présentôIlt
tous
les
attributs
do
l 'humLJin.

contrLJcL.lull
des
noms
étant
une
pratique
courante
dans
les
langues
africaines,
e t
les
i n d i c l.) é;
S [) rie u x
d L;
l ' e x i ste n cou 1 UIl Cl
iJ Il C i tHl 1H~
II û co 8
Cl lI.L .
naire
et
d'uno
ancienne
base
vigésimale,
renuent
cette
intel'"
prétation fiable
et
constituent
des
éléments
impul'tants
pUUl'
le
repérage
des
phases
d'évolution
des
numérations
du
Sénégnl.
Le
nom du
nombra
cent
en
pulaar,
"teemedere",
est
ue
t 0 u t e
8 v i cl e n c [3,
U 8
mê me
(1 r i r, i ne
que
l 8
n 0 ln
tJ LI
ln ê rrw
n (1 mh r f1
r! ri
wolof
"teemeer"
L'hypothèse
de
l'origine
berbère de
ce
num,
Cl,
on
sa
faveur,
des
donn6es
historiques
et
linguistiques.
O'aboru,
un
r e t r 0 u v e
dan s
b e LI u cou P ch!
d i ù l (3 c tes
ber b ù r e s 1 2 2 cl n !i
proches
do' "Lculncuerc"
al
"tI2UfIlI20r".
r
Exemple
En cJldh:cLu bu rLJè nJ li i l;u l
j,jl!fou:;,'] , "cent"
,-
se dit
temiti
"
"
Mza
"
"
tuimest
"
GAT
"
"
tsimidi
"
"
Talnùhaq
"
timidi
1
"
"
Zanaga
"
"
temadi
"
"
Tamasheq
"
"
temede
Cette
hypothèse
de
l'origine
berbère
de
ce
nom du
nom-
bre
cent,
trouve
un
autre
argument
dans
le
fait
qu'historiquement
i l
est
attesté
que
les
Berbères
et
leur
langue
ont
atteint,
et
122.
Gustave
MERCIER
La
numération
journ<Jl
asiatique,
tome
CCXXII,
p.
316.

,
,
'1"
1L'J
sur
une
longu8
p6riod8,
le
nOI'lJ
UU8St
û f r' i C cl i n
J USl1Ll dU ~Ll 111I'll

Des
3 0 U r ces
h i s t uri que S
c II n c u r Uû n tes
G! t a LJ lis ~i Cl 11 t
q Uf. ! rlCililU r' (]
ri' (d, Il -
nies
actuelles
du
Sénégal
se
sont
progressivemont
dCJplûcl~c~; UO!,
rivages
du
Sahara,
vers
les
régions

elles
sont
établies
de
.
124
nos
Jours
Ces
éléments
d'histoire
qu'il
fûut
parfuis
mûnipu-
1er avec
beaucoup
de
précaution
(tant
la
tradition orale
est
souvent
obséu8e
par
le
mythe
des
origines
lointaines
plus
ou
muins
prestigieuses
et
sujettes
à
caution)"
constituent
malgré
tout
des
bases
fiables
d'interprétation
de
l'origine
des
termes
125
"teemedere"
et
"teemeer",
respectivement
en
Pulaar
et
wolof
.
On
peut
donc
supposer que
"cent"
ayant

représenter
pendant
les
nu mé rat ion s
que
Il 0 usé t u d ion s,
qu' i l
con s t i tue
en mê met e ln p s
qu'un
nouveau
palier,
un
lex0me
particulior.
Le
nom UU
nombre
"mille"
[ln
pulûûr,
iJ
sûvoir
"uju/Jcrc"
tigation
sur
le
contenu
36~antique des
noms
des
nombres
fundiJ-
1
mentaux
pulûûl'.
Labouret
affirme
l1ue
le
nom
ujunerc
d
Gté
pris
~
la
l
d
S
.
k
t '
l
,126
angue
85
on1n
8
ou
Jaraku
lu
.
[n'cO[l!jUll:,ClnL
I d
nUlTIlJI'ûLlull
soninké,
on
se
rend
compte
en
effet"
que
dans
cette
langue
du
S é n é g a 1,/ d u
g l'OU P e
man de,
mil l e s e
dit
" u j une"
e t
que,
c 0 mme
e n
pulaar,
i l
constitue
en même
temps
qu'une
nouvelle
unité,
un
léxème
particulier.
Le
voisinage
des
Soninké
ut ([L~!; Ilëllpulûûr'8n,
une
longue histoire politique précoloniélle commune, et de" br+:iSdf',l"S innoml1r;JlJll's,
1
1
123.
F.
NICOLAS,
la
langue
berbère
de Mauri~anie, IFAN,
Dakar,
1953,
na
33.
1
1 2 4.
LeP 8 r e
H e n r i
GI~ A V F~ fI N U
(c f .
COS A AN),
s', il P P u i E!
r u r LL~ ml' r1 t
sur ces
sources
pour
expliquer
l'origine
commune
des
Seerer,
Wolof,
Lebou,
Halpulaaren,
etc.
125.
Nous verrons plus loin que' le ~U[]r81' e~_it IJéH1~,' lél 11Ir'rrll~ !:,i tUélf.i on.
126.
LABOURET,
op.
c i t . ,
p.
100.

f 0 n t
Ll <cl
C 8 t l [J
Il Yil (J t tll] S [J
U Il [J
CI U LI : 01
C url: i t u tJ 1:.
/\\
III (Ji '1:;
fi LI (!
1l' :,
deux
langues
Llîenl:
ûLloptl] ,cu
vucLlulB
Ll,HIS
lBS
IllÛll\\Uéi
curlJiLi\\)I\\~;
SOC i ale 5
e t
tl i 5 toI' ,i que s
(8 fT\\ P l'un t
0 U
i n 'ven t i () n ).
[) LI
r 1: :', t r: ,
C" \\.1.1:
,
l
'
l: . LJ I v " c
c '-' l 1"
lJ l'
1 1 U l' l' '1., ; ri l'
1) 1.'. l'
exp l i c iJ t ion
n C:j t
pas
1 ne U III P Û
. l
8,
iJ
co
G
G .
, .
J.

bère
du
nom du
nombre
"coni",.
CC'flt
in i l ] c'
Wolof
teemeer
junni
Pulaar
teefTledere
ujunBre
Soninké
kame
ou
kefTle
ujune
Le
rapprochement
du
nom du
nombre
mille
en
pulaar
(et
en wolof)
ùvec
à
la.
fois
10
!.oninké
et
10
lJn1'bl!rC
pr: u t
~i l "p puy l: r
!
sur
les
données
4U8
voici
Les
Soninké
passent
aux
yeux
des
Mau
es
pour
être
des
métis
de
Berbères
et
de
Noirs.
Lorsqu'on
se
reporte
aux
dialectes
b~rb~res Llont les
noms
pour
10
nombre
"cent"
semblent
appûrentus
ès
ceux
Llu
plJLlCII'
et
du
wolof
(teemede1'e,
teeme1'),
on
s'ape~çoit que
la
même
paren-
'.
1:2 }

peut
0t1'e
~tablie pour ce qui
concerne
1 13
IlUIIlUre
mi 118
-
.
1 . 000
En dialecte berbère Tamahak
ajim
pluriel
juman
(masculin)
"
"
GAT
ajim
"
Nefousa
emploie une périphrase
"sen n ifesen n
trllitiuin =
"deux mains de cen-
taines"
"
~lz iJb
meran tuinas
dix centuine':i.
Si
la
parenté
des
dialectes
libyens,
pulaar,
wolof,
son i n k 6,
etc.
est
a c,c 8 pt {, 8
pou r
l 8
nom br 8
"c 8 n t n,
0 J1
ne
V 0 i t
127.
Gustave
MERCIEH, ,op.
c i L ,
p.
317.

1 :<' [)
pas
pourquoi
elle
ne
le
serait
pas
pour
le
nombre
'1.ll[)[1,
,lU
reg~rd des indications qui viennent d'être donn6es. D'autant
que
dan 5
l ' é tu d e
de
Mer cie r,
d' au t r es
ra p pro c Il f=) 111 en t s
son t
rJ U S s 1 -
bles.
Mercier
note
que
les
r~efousa emploie~t ( .•• )
le
mot
"uier"
lune
(pluriel
"iiaren")
pour
désigner
le
nombre
trente
et
ses
.
.
1 2 B
multlples . . •
Il
se
trouve
comme
nous
l'avons
vu
en
étudiant
la
numération
wolof,
que
dé.lns
cette
langue,
le
mot
"uur'
(W(]()I'),
sig Il i f lu
dU s\\, ,L
,:1
I d
f U .i s
"lu nu"
(] t
"t l' un lu"
J'il g ,i. t - i l
d (!
~; i III '
pIes
coïn(d,rJunCf~!i et
d'homophonies
comme
i l
un
I~Xj~,t[! tdnL
t1,lI1~;
les
langues
airicaines
?
On
peut
aller
plus
loin
encore
dans
l ' IlYP()thjj~lc du
I d
pdt'unt.I-~ dl!:;
(\\UlIIS
LIu
nUl1lb1'(~ 1111111,
1111
IJ(,!'IJI:I'fl
d'une
part, ,en
pUlaar
et
wolof
d'autre
part.
Dans
les
dialectps
berbères
cités,
le
nombre
"un"
se
dit
1
En
Djebel
Nefousa
u j u,n
En
Mzab
et
ouar~lé.l
iggen
En
Tamahak
ien
En
2
Enaga
iun
En
Gat
iien
En
Kabylie
iiun
Le
nom
du
nombre
"ujun"
pour
dire
"un
dans
le
dialec-
te
Djebel
Nefousa
est
d'autant
plus
intéressant iPour
notre
propos,
i
que
c'est
dans
le
même
dialecte
que
"lune"
et
"tlrente"
se
disent
1
de
la
même
façon
qu'en
wolof.
Ulen
sOr,
i l
i
sout~ ùUX
yeux
wuu
la
(
P ar e n t é
e n t r Ci
"u J' un"
("
n"
enD'
b
l
N f )
t ' , , ·
"
-
u ,
Je
e
e
ousa
e 1
uJunere
[mille
en
pulaarJ
et
encore
"junni"
(mille
en
VJlilDf)
pst
plué;
évidente
qu'entre
ajim
(mille
en
berbère)
et
"ujunere"
ou
"junni",
1LIJ.
IYJ[I~C1L:f\\, op.
c i t . ,
p.
:..115.

t
127
-
respectivem~nt en pulaar et wolof. Et l'on pourrait être tent6
de
dire
que
l'hypothèse
se,trouve
de
ce fait
ruinûe.
puisquu.
1
ce
qui
ressemble
le
plus
au
nurn du
nombre mi·Ile
Cfl
puli.1éll' l~t. l'Il
r es
ci tés.
0 n peu t cep end a n t
rn ai nt e n i r
,l' h Ypot h ès e
et
su p p 0 se r
qu'il
a
pu
se
passer
le
phénomène
suivant.
en
puléJar
et
en wolo
pour des
réJiCicJrlS
cJunt
flOUS
nu
[Jourrons
pûS
l'~)I1LJI''l3 cumpte.
lu
Soninké.
le Wolof
et
le
pulaar.
désignent
mille
par
ujune,
"junn~". "ujunere"
par
"adaptation"
de
"ajim"
dans
leurs
langue
respectives.
mais
également
par
"projection"
ue \\"ujun"
("un"
l,n
i
berbère)
sur
"ajim"
(mille)
pour
signifier que 1ille est
une
nouvelle
unité
et
un
grand
nombre. ,Pour
incertaines
que
soient
!
ces
h y pot h ès es.
e Il e s n ' e il
dés i g ne n t
pas
moi n Ci
uln
ch éJ [fI p u ' i Il V e S
1
1
t i g é::l t ion
no t i::l b 1 8
[J U u r l ' Il i s toi r e d 8
1 éJ
nu rn Û l'éJ t i ll,1l
Uû n Ci
1 il
S li US'
région.
11.2.2.4
LES
SYNTAG~1ES NUMLf~AUX PULAAf~
Rappelons
d'abord
que
les
nombres
funuamentaux
sont
4
5
goo
tati
nay
joy
10
20
100
1.000
ScJppo
noogaas
teemeuere
ujunure
N. B.
Nous
verrons
que
noogaas
(=
vingt)
ne
sert
dans
la
numé-
ration
pul~ar actuelle è former
aucune
dizaine.
Mais
le
fait
qu'il
soit
un
des
rares
nombres
pulaar è
être
désigné
par
un
lexème
particulier
et le fé::lit qu'il constitue par ailleurs comm
nous
l'avons
vu
un
nombre
dont
le
nom
se
réfère .~
l'~tre humain
1
sont
autant
de
raiso~s de
le mentionner è
cet
endroit,
ê
titre
dc"tômoin"
pI·[JlJ(.lbll~ cJ'une'
ùnci[~nnQ n-umérdi.iufl.

Les
nombres
"joy"
(cinq),
"sappo"
(LJix~, "teell1eLJul'u"
1
(cent)
et
"ujunere"
(mille)
sont
des
nombres
p~l~nr~ h r~rtjT'
1
1
desquels
d'autre5
nombres
vunt
être
engenLJr~s ~ar LJiff~rentus
constructions.
LES SYNTAGMES COORDINATIFS
L e ~,J
nom br 13 5
d 8
6
d
9
son t
for m(] s
é~1 il û l' tir (J u fl 0 ln LJ !'U
"joy"
(cinq).
La
réalisation de
chacun
de
ces
nombr85
se
fùit
par
uns c h 8 mEl
cJ' cJ d dit i an.
0 é) n 5
l a
nu m8 rat i a n [J u 1 ~J CI l'
l Cl
COLI l' di rI d -
tion 'de
"joy"
(cinq)
avec
les
unités
qui
lui
sont
ajoutées
(1,
2,
3,
4)
est
explicite.
Elle
se
fait
gr~ce au morphème de coordi-
nation
/13/.
Dan ~,
"jee-gom"
(=
six),
"jee-didi"
(=
sept)
"jee-
tati"
(=
huit)
et
"jee-nay"
[=
n8uf),
i l
y, a
à
la
fois
contrac-
tian
de
"joy"
(cinq)· qui
devient
"je"
et
agglutination
du mor-
phème
de
coo~dination /e/ au radical "je". M,ais le sens de cette
coordinùtiPJIl
resle
purc8ptiblu
6
"jee-gam"
7
"jce-didi",
"jeu-t"ti"
1
5 et
5
8 t
2
':l
et
J
9
"jué-nûy"
5
et
4
A partir du
nombre
11,
la
mention explicite
du
courdi-
natif
/13/
est
l'unique moyen
de
déterminer
oralement
l'identité
des
nombres
intermédiaires
Exemples
de
11
à
19.
1 1
1 2
1 ~J
sappa
13
gao
sappo
e
didi
sappo
13
jee-nay
10
et
1
10
et
2
10
8t
( 5 "
4)

'1 2 \\J
-
Les nomhres
intermédiaires de
21
~ 29
Le
nom
pour
vingt
étant
un
lexème
particulier,
les
nombres
intermédiaires
sont
construits
par
syntu~mes coordina-
1
tifs
simples
ou
doubles.
i
21
noogaas
e
goo
22
n ü ü g a a s' e
ù i cI i
20
et
1
20
et
2
20 et [5 + 1 )
p ü u r l él
con s t rue t 10 Il
de
t 0 u s
18 co
fi U III b !'(J ~;
i rl t 8 l'fTlI~ -
diaires
des
multiples
de
10.
100
et
1.DUU.
Exemples
43
cappand8
nay
e
tùti
1\\0
et
J
304
tuuf1\\8de
tati
e
nay
JOO
et
4
5.IJ02
ujunaaji
joy
8
didi
5.000
et
2
Pour distinguer
et
coordonner
les
différents
monômes
d'un
schème
parenthétiqu8.
Exemple
10.675
ujunèJcJje
sappo
u
tU81l18de
jec-gom 8
CiJPWilnLJl~
jl28-LJldi C ,juy
1
Ji X
111 i I l e
[.J L
slx
cents
el
suiXéJlltu
LJix
l"L
Cillq.
REMARQUE
en
jeu.
muis
lLIllS
la
rT18SUl/,!

Il
font
l'uLJjuL
d ' U l l
IlXiJll\\UII
plll'Li
culier
plus
loin.
~ous les passons pou~ le moment
sous
silence.
et
nous
IIOUS' occupons
simplement
dt)
mettre
en
relief
la
présence
et
la
fonction
du
coordinat~r Ici.
N.B.
-
Lorsque
l'un
des
nombres
de
6
~
9 est
coordonné
è
un
~utrR
nombre
(dix
ou
ses
multiples.
ou
les
nombres
fundalfl8ntaux
autrrJs
que
5).
le
foit
qu'il
y ait
(th6oriquemcnt
une
r;I U LJ IJ le
co 0 r (j i n ,l -
tion.
ne
peut
entraîner aucune
ambiguit8.

130
PAl < [ x[ ri P L E
dans
18
nombre
17
:.3apÇJu
u
juu-'~ulII,
théoriquement
il
Y a
coordination
de
10
et
de
7,
mais
aussi
coordination
do
5 et
de
2
pour
10
nom du
nombre
7.
Dans
la
pra-
tique,
chacun
de
ces
noms
composés
(6,
7,
8
et
9)
est
employé
comme
s ' i l
s'agissait
d'un
lex8me distinct.,
à
l'in~3télr lie Cl! Ljui
se
passe
pour
le
nombre
dix-sept
en
français.
Par
conséquent
"jee-gom"
(six, ''',jee-did''
(sept),
"jee-tati"
(huit)
e~
"jee-nay"
(neuf)
sont
discriminables
des
autres
nombres,
méme
dans
un
énoncé
complexe.
Exemplo
: '7
8
6
9
se
dit
" u j u n a a j e
j e e - cfi cfi
e t e e m,e d 8
j e e - t a t i
e
cap pan d e
j e e - g 0 m e
joe-nùy"
1
Oans
cette
construction,
les
éléments
soulignés,
"j88-
\\
1
rficfi",
" j e e - t Cl t i ", 'J 8 B - n a y ", for me Il t
cha c u n
u n t 0 u t
ù Ycl n t
u n 8
'fonction
prucisLJ
dans
Cl:)
schèmE!
pdrenthutiquu.
LES SYNTAGMES MULTIPLICATIFS
Lep u l da r
est
u Il e
l a Il gue 'd
cl a s ses
no ln in ale s.
Lam d r -
que
de
classe
pouvant
affecter
les
substantifs,
les
adjectifs
et
les
déterminants
(défini,
indéfini,
distributif,
numéral,
etc. J i l
importe
au moment
d'aborder
la
qUostio~ des nombres qui
s'obtiennent
par
syntagme
multiplicatif,
de
dir~ encore un mot
1
sur ce
système
de
classes.
!!
Les
nominaux
se
reconnaissent
par
leur
aptitude
à
s'adjoindre
un morphème
de
classe,
et
à
obéir aux
r8g1es
ue
1
1
l'alternance
consonantique
à
l ' i n i t i a l e
du
rûdipal
et
à
parti-
cipur
ù
Id
cUlllbiT1ûisun
c;YT1tdl:l1ldtiquu
lILiLul'illifll;/ll,':Lr:"flllllclfll..
Los
substantifs (nuxquels
apparti8nnDn~ les
nombres
pulaar)
SB
caractérisent
p3r
leur
aptitude
~ entrer dan~ une

'1 j 1
position de n6mbre (singulier/pluriel). Le nombre des classes nominales varie
129
d'une langue è l'autre, d'un di~18ct8 b l'autre
.
Considérons l'exemple que voici, en pulaor
E;orku
wor6e
plusieurs hommes
: "6e" est le suffixe qui alterne avec "0"
lorsqu'on pa:;Jse uu ~inguliQr <JU plurlul. Lu pû~.3sul',u du "[',uI'ku" ~I "WUI(lU" 1I111ll
tre que ce substantif obéit ~ l'opposition,de nombre (singulier/pluriel). [n
outre. le passage du singulier au pluriel entraîne un changement de la con-
sonne initiale : g + W.
Autre exemple
debbo
femme
: suffixe 0 de classe
rewbB
plusieurs femmes : 0 i
~e
et ,d t r (consonne ini-
tialeJ
1
i
Après "gorko" et "debLJo", nous pourrons pründire d'autres exemples
,
dans la même catégorie des humains, ou des inanimûs, uu des liquides, utc.
1
j
L'inventaire des substantifs étant illimité,
il est par cDnséquent à prévoir
1
que les numûraux soiL.:Tll égiJll.mmnl cuncernes pl.Jr lu sy"t{~"I~) dl) cléJss(), d,Ill:;
j
ues conditions déterminées que nous allons examiner ~ prû~ent en m~me telnps
que la construction par synto~m8 multiplicatif.
Les multiples de 10, 100 et 1.000 sont des noms de nombres obte-
nus par oonstruction de synL:lgmcs multiplicatifs. Ll' phlJnomime C).3t bien CurH1U
pour les multiples de 100 l5t de 1.0LJO. Pour les diziJirms, cm éJur,Jit [Ju
s'attendre ~ ce qu'elles soient des lexèmes distincts, du moins la plupart
d'entre elles, comme Il:! sont tr8nt8, quarante, cinquûllto, soixëmte on fr'imçclÎs
par exemple. Comme le sont également no agas (vingt) en pulaar et fanwer (une
des variantes du nom du nombre trente en wolof).
Tout nombre obtenu par syntagme multiplicati~. recèle deux sortes
d'informations en pulaar : des propriétés inhérentes à sa structure linguistiqœ
129.
ARNOTT,
D.W.,
dénombre
24
classes
nominales
pour
le
dia-
1 e c t e p G u l' g a mb e
d u
r~ i g é ria
cf.
Af~ NOT T,O.' W.
The
nom i n a 1
and
vorbal
systems
of
Fula,
London
Uxforu
University
Press,
1~IU.
De
son
côté
FARY
S.
JA
en
dénomb~e 22,à 24 pour le
Jengelle,
parler peul
du
Sénégal
cf.
Fary
S.
KA,
Description
m0 r ph 0 - s y n t a 'x i quo
d u
Je n go I l e
(p a r 1 c r
peu 1
duS é n é gal ),
T Il u S l~
d l~
3e
cycle,
Paris
III,
1977.

-15L-
et
une
structure môthématiquR
p'articu1ip.re.
Lps
prprn4 t"rRS
con cel' n B n t
l ' ë) P P iJ rte n él n c e
rJ il
cor Lü n s
n 0 ln b r e S
é1 U
S y S L t'! rn 8
[\\ R
c 1 a s se,
1 e s
sec 0 n cl El f. ,
l ' 0 l' d r c"
r\\ 8
d :i s P () s i t ion
[1c~;, r. [) II:, Li \\. II ,1 1\\ 1. ;,
dus y n t a g me
mu 1 t i pli ca t i f .
C' (5 s t e (')
Cl u ' i 1
P. S t
P () ~, ;, i. 111 I! li (~
constater en
eXôl1lirléHlt
le
schôm8
mu1tip,licatif
,'1
trnvprs
différents
ordres
de
nombres.
D'abord

construction
des
dizaines.
Revenons
sur
le
cas
du
nombre
20:
nooaaas
NoliS
l'élvnns
sig n al épI us
ha ut,
le
pu 1 ô ô l'
n R
po s s ù d e
q u H
CP
1 El Xt'III e
pou r
!
désigner
le
nombre
20,
A la
diffprence
du
wolof
qui\\a
deux
expressions
pour
ce
même
nombrA
(~
savoir
nitt=hommœ=20
et
ila a r ( i) f u k k =" d [) U x ( foi s) cl i x " ),
1 e
p u 1 a iJ r'
1\\ e
C Cl[ 1S t rt~ i t
P i3 S
d (~
i
s y n t a g me
mu l t i pli c a t i f ,p 0 u r e e
pre mi 8 l'mu 1 t i [l 1 p
ri p
rl i x.
F n
d'autres
termes
lorsque
le
pulaar est
obligé
de
dir~ "sappooji
r". r~. Il c' est a' d l' r 8
"d eux
d l' X " ,
Q ' ' l
, . i
a~a~
on
est
alors
s
l' qu
~
np
s
a~l;
pas
è
proprèment
parler du
nombre
20,
mais
de
"dix
At
dix·,
ce
qui
est
important
déJ/ls
cette
situation
étflnt
él1CJrs
clp.
montrer
qu'il
y Q deux entit~B de mame nature et de ~$me valeur
quantitative.
De
sorte que
l'expression
"sappooji
didi"
(deux
dix)
correspond
davantage
à
une division
qu'à
une
multiplication,
Et
cela montre du
môme
coup
l'importance
de
la
structure
linguistique
dans
la
construction
des
nombres
~ans
Ips
langues
africaines
et
plus
pr6cisemenl
encore
l'importance du
sYBt~me
de
classes nominales.
Car
si
le
pulaar
n'avait
pas
un
lexème
distinct
(noogaas)
pour ,le
nombre
vingt,
le
syntagme
multi-
plicatif qu'il
c6nstruirait
pour
exprimer
le
même
nombre
serait

-1.5J-
non
pas
"Si:lppoji
d'idi",
mili s
(C{)Ii\\III\\)
d\\l
le
font
certains
parlers
peuls
è
travers
l'Afrique.l
L ' exp r G ~; s ion
"c il jJ IJ il Il II u
Ji Ji"
ü
c 8 C i
cl (l
Il LI l' tic u l i u l'
que
le
nom
du
nombre
dix~ sappo, en passant du sinf,ulier au
pluriel(du
fëlit
LJu
flomtJre
"JilSi"
qui
en
dp.t8rlllifl~l 1(1 qUElntit(!)
se
soumet
à
la
règle
d'opposition
de
nombre
dont
les
principôllx
t r a i t s
sont:
la
modification
de
la
consonne
i n i t i a l e
(s
.,.cl,
et
la
mise
en
place
du
suffixe
"ande"
qui
est
c'l
la
fois
une
marque
de
pluriel
et
de
catégorie
(ici
la
"di2aine").
Ce
petit
rappel
sur
18
nombre
20
nous, aura
doublement
servi
pour
la
suite
de
notre
propos:
d'abord' ~l
souligne
la
singularité
de
" i ]
situation,
"nOOf"laS"
(vinEt)
étant
un
des
rares
lexèmes
distincts
du
pulùar
en
dehors
des
nombres
fonc1,]-
mentaux
et
le pulaar
ét?nt
une
des
rares
numérations
(avec
le
wolof)
cJ
avoLr
un
18x(':~mQ di~lt:ir)ct pour ,ln nOrTlhrn 7rJ,par'rni
ter;
langues
du
sous-f,roupe
~ju nor'd et les lélnr,ues CANGIN. D' lin (llli.l'(]
quelles
sont
bel
et
bien
construites
par
syntagmes
mLlltiplicatifs.
Examinons
la
structure
de
ces
autres
dizaines:
30
40
50
60
cappancfe
t a t i
cappande
nay
c(lppùnle
jee-gom
90
cap pan de
je e - n a y
Ainsi
que
nous
l ' a n non cio n s
plu 5
ha ut,
l ' ,e x pre 55 ion
1
de
chacun
de
ces
nombres
r e c è l e
d eux
sor tes
d' i n f 0 l'lm a t ion s u
i

,.
t
l·" /'1 (' U o' .") t i que
qui
m0 [l t r c
ll\\1 {~
1 ()
110111
( 1 u
-unD
G~ruc;ur~c
v
v
(J c s
LI:L z ,j i n
~;
(3
oc,
cap fi a ri de •
-une
structure mathématique
caractéristifllJ8
rlR
r:ettn
1 :' ~ 1
con s L r
1 Il
li c t i 01)
Il U 1..1 a l'
lJ [)
1,' u r-:)(; r CI Lill r]
rJ l!
III U 1 L i. il 1 i. !: il t i l ) Il
effet,
dans
ces, syntô~mes multiplir:atifs,
le rI11A! liplieanr!c
r,d;
~nonc~ avant le multiplicateur:
,
Cappande
taU.<lD
"des
dizain8s,tr[Ji~J ;"des c1izùine5,
cinq"
Sur
cc
pldli
par
CUIIs(:quent,
la
construL:tioll
puldar'
diffère
de
celle
du
wolof
et
de
celle
q'ui
prévôllt
rJ,Jns
la
numé-
t ·
,
' t
d
·t·
130
ra
Ion
ocrl
e
e
po SI
Ion
Rappelons
en
effet
que
le
wolof
dit:
30
40
'JO
neet(i)
fukk
neent (i)
fukf\\
juroomCiJ
-r kk
3
10
4
10
5
0
E v i d (; ITI men t,
1 0 r s q u [)
n 0 u s
n 0 u s e x p r i 111 0 Il S
n
!"rùllçais,
les
noms
des
dizaines
ne
sont
pas
des
synta~mps mAiri rlns
lex~mns
particuliers
et
en
c!ehors
de
"quAtre-vingt", .c'est
dans
les
1
centaines
et
les
multiples
de
mille
qlle
se
trouvent
des
éléments
illustrant
le
proc6d6
propre
~
la
numération
~crite ,de
position
129.Nous
verrons
que
d'autres
numérations
du
Sénégal
construisent
les
syntagmes
multiplicatifs
selon
la
même
stratégie.
130.
Oans
la
synthèse
qùi
suivra
cette
partie
descrip-
tive
de
toute:,
185
numérations
dl}
Sén6r;al,
nOlJ~, [~xpliqIJOnS
les
raisons
de
CEJtte
différence
de
construction
r:;t:
l,p.s
moyens
de
remédier
aux
inconvénients
de
cette
stratÉgie.

-LS~-
t
d ""
qU'l" l
e~t comp~rable 6 celui de wolof.
et
don
nous
lSlons
~
w
j
1, 1 (', (') Il l,', t. r' li c t J () '1
!1 1,1 1 di l"
cl ( ! ~,
(1 i / i li Il ( , :; ,
I~ [ M1\\ 8 QUE:
0 n
n 0 LeI' i:I
li u U
( i l Il :;
"
seuZ
Ze m~ZtipZicande
obdit aux r~qZes du sMstamp de ctasse~ et
que
Ze muttipZicateur reste invariabZe
d'être
souligné
parce que
dans
une
séquence

le
t6rme
déter-
\\
miné
est
un
substantif autre
qu'un
numéral,
tous
lep
cieux
constituants
du
syntaGme
se
soumettent
au
syst0me
de
clnsses.
quatre
personnes"
yimbe
nilyn
L'opposition
de
nOIIllJr(~ contraint neJJo ("'personne) à
devenir
"yirnbe"
(pluriel)
et
le
numéral
"nay"
à
s'accorder avec
la
classe
de
substantif
"nayo".
Au
contraire,
comme
nous
l'avons
vu,
daI15
l'expression
du
nombre
"quarante"
par exemple"
ci'lppande
nay
le
numéral
"nay"
ne
varie
pas.
1 0
4
Mais
si
nous
prenons
un
autre
exemple:
soit
la

r
s é que n ce:
" Qua t l' e
che vau x ".
[n
p u l a al',
" che va Zr "
5 e
lJ i t
pue c u
(singJ.
Et
maintenons
à
dess6in
le
nombre
"quéJtre"
comme
déter-
minant:
"quatre
chevaux"
pueei
nay.
On
constate
que
le
substantif
"pucci"
se
soumet
au
système de
classe
en devenant '''pucci'' au
pluriel;
par
contre,
1
contrairement
Q ce que
nous
avons
constaté
à
propos
de
la
séquence
"quatre
personnes",
le
,\\
"
n,umérù'l
quatre
reste
invariable.
Et
si
nous
~renons d'autres
exemp18s
de
suhst~ntifs
constaterons
encore
que
dans
ces
exemples,
le
nombre qui
est

-1.56-
on
position
do
dC!terrn:i.ndrlt,
rH!
Vell'LU
lJiI~;u
Voici
un
dernier exemple:
"quatre maisons".
En
pu~ôar, maison = galle
"quatre maisons="galleji
nay",
Le
suffixe
"ji"
est
la
marque
du
plu rie 1 U e
CEl!' t éJ i n é>
5 U Ll S t êJ nt ifs
dés i p, n f) Tl' t
il P,,~
0 LI JE' t 5
Lon C l' n t s u
f
·
d
1
le
nombre
quatre("nay")
rest8
invariao18.
Mais,
une
OlS
e
pus,
.
Que'faut-il
conclure
de
cela?
Sans doute qu'en Pulaar,
Lorsque
L'un des
9
premiers nombres cardinaux'est en position
,
d
7
131
r.
de déterminant, ,il n'obéit paD au systeme
e Cl-asses
.e
qui,
le
moment
VF!nu
nous
conc!u:Îl'ù:j
vuir qupllr~~, C(HI~,(!qIJFHIC8S
en
tirer au
niveau
de
l~ réfléxion générale sur les nombrAs
et
la
numération.
Lac 0 n s t l' LI C t ion d c. s c c. n t d i n n s e t cJ 0 s [mil '\\. i pIn s Li 8
mille
est
à
tout
point
de
vue
identiqwe
à
celles
des
dizaines.
-Même
structure
linguistique
100 :
teemedere
1000:
ujunere
200:
tc[![ncdr~ Ji (-fi
20U(J:
uj lJrlililj
(L (L
H
300:
teemede
tati
30bo:
u j un a,a je, ta t i
Dans ,ces
syntagmes
multiplicatifs,
"teeme(j8re"(cent)
et
"ujuner'e"
(mille),
signalent
la
marque
du
Pluriel' au
niveau
de
la modification
du
suffixe,
tandis
que
les
déter'[inants
1
(cfiefi,
tati)
restent invariables~
1
1
,
131.
Nous
verrons
que
les
numérations
vigRsimales
du
sous-groupe
BAK,
ont
tendance
b assimiler certains
nombres
è
la
catnGorio
de";
11llmilins
et
rj',Jlltl'PS:J
do:;
C'll.(!!~{J)'.if::; (;Ufflilln
celle
des
bovins
(cas
des
nombres
2,3
et
4
en
numérdtion
kaasa),
1
ce qui
maintient
ces
nombres
dans
le
système des
cl~sses même
1 0 r s Cl li ' ils
son t
f~ Il fi n s i t :i. 0 n r 1f! r l,', l. r' /' ni in, 1n 1: •
.

-13/-
,
l '
t
1[1
~,I.I'ill:(!rT,jr!:
11111Itipli(;,III!II~
:;llivi
Cas
cons l;rLlct:LolJ.~; ['illll'ili LJl~;r,'l :
du
multiplicateur:
MA
/ME.
d
d
1
rl' e l '
"teem~de" pour
REMARQUE:
è
propos
8S
marques
u p u ,
~
plursieur centaines
ct
"ujunilüje"
pour
plusieurs rnilliuI's,
on
constate
d'abord
que
l'aiternnncn
C (l n son a n l: i fi li n
,'1
1.' j rLi t i cl ] F!
dur a die a 1 n' 8 st
pas
18
se ulm a y 8 n d e I a, 1 a n gue
pou r
in d :L que r
l'opposition de
nombre
(sing/~luriel); dans certôins cas, c'est
la
modification
du
suffixe qui
l'assure,
comme
vont
nous
le
prouver
le~ 8xam~loG cl-apr0s.
Pour expliquer
le
cas
du
nombre
teemedero(cent)
voi
i
quelques
exemples:
wudere
pagne
sing
plur
el
w ---- ..-
>
p;
gude
des
pagnes
"e r e" _.
e
holsere=tête
de
bétail
h .-
.....
k
ka 1 ce
=des
têtes
de
bétail
ere.
.~
e
feetere=étincelle
peete
=des
étincelles
ere.
,;." e
De même:
t 88 flle LI (~ r r; = con t
teemede
=centaines
e re .__.'
'> e
On
peut
aussi
par
hypothèse,
prêter attention à
l'idée
que
"cent"
étant
un nouveau palier.
et
étant
soit
un 'nom
d'emprunt,
soit
un
terme
très
ancien,
la
langue
a
pu
lui
réserver
\\
un
traitement
spécial
en organisant
autrement
sa
marque
du
pluriel.
Venons
en
au
cas
de mille:
"ujunere~ (singulier),
"ujunaaji"
Ou
"ujunai)j~".

-DU-
De 2000 è
99.999.
la marque
du
pluriel
de
"ujunere"
(mille)
se fait
par modification du
suffixe:
ere--?,"je
(ou
Ji) a
1
Et il Y a dans la langue des exemples qui entrent dans
cette catégoriea
Exemples:
bâtiment
hube8re
h
:>-
k
bât i me n ts '" f<.ub e 8 j
ere - >
je
(J
..
fenêtre
falilnt88re
f
P
fenêtres
'"
pa 1 0 Il t 8 8 j e
er8
~
je
fLU
Le
terille
1'"luntfJre"
e~,t UIl8 déformation de
"fenêtrf~"
(terme français),
Aussi.
peut-on se
de~~nder si
la marque
du
pluriel
1
par le
suffixe
"je"
n'est
pas
un moyen de ,discri~iner ~
la fois
un
terme d'emprunt
et
un objet
concret?
Ainsi.
"ujunere"
et
"teemedere".
par cela même qu'ils seraient ,des
terme!
d'emprunt
nouveLLes unit~s~ avec certaine résonnance d'objits ~anipulables
ou concrets.
,Pensons il ce que
nous
sCllllir.njnns
il
pr'opos: rJn
li'
L~S
différence entre
"noogaas"

20
et
"sappoj' didi".
deux
1
constructions
semblent
relever d'ppérations mentales let
techniques
différentes.
i
1
Par exemple.
devant.
deux tas de dix caiZtoux~ le
pulaar peut dire
"sappooji
didi".
1
(
Par contre
lorsqu'il
récite
la suite des
~ombres.
)
arrivé è
"vinE;t"
il dira
"noogaas"
et
non
"sappoji
didi"
ou
1
à
la
rigueur, "cappande didi"
comme cela se
fait
clans
certtlins

-139-
pdrlers peul,
Justement
"cappanJe"
est
un
terme
plus
abstrait
que
"sappooji".
C'est
pour
la même
raison
que
l'on
peut
supposer que
"mille"
représentant
un
grand
nombre,
celui-ci
est
assimilé à
1
la fois
à
une
unité
nouvelle
et
~ la quantité par excellence.
1
A cela on
peut ajouter un argument
qui
corrObOre
1
cette
hypothèse
et
dont
la
portée
se
révèlera
d'un, t t ès
grand
poids
dans
l'explication
ultér'ieure qui
sera donnée
bux
conditions
\\
d'évolution
des
numérations
rlu
S(~n6r,al •. Cet argument! concerne
la
construction du
nombre
100.000.
1
De
20UO
à
UU.999:
18
mult.iplicande mIlle
!58
"'et
au
pluriel:
2000
"
ujunaaje
1
99.999:
ujunaaje
cappande
jee-nay e
jee-nay e
teemepe
jee-nay
1
i
1000
10
9
+
9
100:
x
9
!
1
1
e
cappande
jee-nay e
jee-nay
:
+
1 0
x
9
+
9
[Juanl:
élU
nombre
100.00D,
i l
peut
êtr,EJ
conlc,truit
solun
deux stratégies:
(A)
ujunaaje
teemedere
i
100. OOO
(B)
teemedere
ujunere
Quelle est
la
différence
entre
les
constructions
(A)
et
(6)?
1
La
construction
(A)
est
un
syntagme multiplicatif dont
les
deux
const1tuants
sont
disposés
dans
l'ordre
MA !
ME,
le
alors
que
le multiplicateur
"teemedere"
reste invariable.

1
-lL~O-
1
1
La
construction
B est
éaalement
b
un
synta~m8
_,
multipli-
catif:
sès
constituants
sont
disposés
dans
l'ordre ~E/MA
en
1
outre.
multiplicateur et
multiplicande sont
tous
ded,x
nU
singulier.
Le pulaar a par conséquent
ces deux
cons~ructions
pour
le
nombre 100.000,
comme d'autres
numérations
~nt deux
lexèmes ou
deux
expressions
pour un
même
nombre.
De
plus.
ln
stratégie B,
par sa
singularité dans
la
numération
pulaar
[ ME / MA à
1 apI a c (]
d (]
MA / ME pOl JI'
t 0 u s I e s
au 1; r e s
nom b. r cs) ,
constitue
Un moyen que
se donne
la
langue pour'marquer
le passage
un
à/palier supérieur.
une unité nouvelle.
Dans
le
cas
de
la
construction B,
ce qui
caractérise
la stratégie.
c'h~t l'intention de mettre en évidence 18
i
,
ce n t i ème mi II el et par con s é que n t
cet t e foi s - ci.
1 e rn u 1 t i pli ca te u r 0
Ce
procécJé cJ'invel'~iion de
l'o'rdre
habituel:
tJ(~termin<JrIL/
déterminé.
est
connu
des
locuteurs
du
pulaar et
constitue
une
forme
d'insistarrce.
Soit
ID
56~uence:
c~nt
chevaux
1
cheval
puccu
Ch8ViJUX"
pucci
En
expression
courante
le
pulaar dit:
"pucci teemedere"
chevaux
cent
(pluriel)
[singulier]

-141-
,.
.
t
]
dnterm1'nant
c.rest
plutôt
Lorsqu'il
s'ôf':it
cl
1nS1S
p-r
sur
,e
co
,
1
la
construction:
"
teemedep~ pu~du"qui est employéu
cent
cheval
sing.
sing.
Comm8
on
le'
voit,
la
construction
(B)
de
100
000
est
l,
n -
li e
l -
'1 iJ rl c- U B
e t c " p '] l l' (,1 IJ n, l',
" 1
l', l',
n [1 'Ill II ' r) ,
con' orme
aux
resuurc~~,
~
, ; ,
"
~
, I f
e ab"t"'Q,';tc
r:,lr
l ' omissilJll
elle
le
met
en
l~v:Ld8nce sous
une
orm
CJ
l
, "
'~
de
la
marque
du
pluriel
signifie
bien
qu'un
seuil
"qualitatif"
a
été
atteint.
N0 u s a u r 0 n 5
t 0 U t
l e I 0 i s i r
d e r e par l 8 r
d 8,
] ' i n t é r ê t
1
d e
cet t [~
f éJ cul t [)
tJ 1 i rl ver' s i U fi
C: Cl
l a s erd t ü g i 8
cou t'Ji Il L r~
rI [)
i,
construction
des
syntagmes
multiplicatifs
quand
lie
moment
viendra
de
faire
l'inventaire
des
propriétés
mat~ématiques
des
numérations
du
Sénér,al.
11- 2.2.5:
SHEME PARENTHET10UE
ET NOMBRES AMBIGUS
1
i
L 1 R n 0 ri C é
cl c s
g r and fi
nom tJ r e s
con s t i t u p,
sou IV 1! ri t
pou r'
url r?
1
nu mé rat ion
par l é e ~ tJ n e
di f fic u l t é
pou r
en
,1" S Il r p r
il ,1 rI ,1 r t r; •
!
E t c 1 e 5 t
P r l~ c i ~J El III U il t
IJ ü rel" qUI!
C l! S
gr a Il cJ s
nu III II l' Il R !S LJ Il t
\\
nécessairement
construits
por, schème
parenthétiCluie
[suite
IJe
i
1
multiplications
et
d'additions)~que les
risques
de
confusion
se
multiplient.
Notons
d'abord
quelques
grands
nombres
exempts
d'ambiguiU!.
Reprenons
par
exemple
le
nombre
99.999.
"ujuna<Jje
cBflpélndo
jee-ntl\\,!
P.
jor;-nay
e
teemede
jGD-nëJY
~} CtlPPilllrfr!
1000 [ {
10
) \\
9 J
+
9
J + [ ' 1 0 0
9
jee-nay
n
jC(J-n~y
( 9)
+

-142-
Ce
nombre
est
clair dans
sa formulation
~rn18, no pose
pas de problème au plan de sa structure 1ingUisttqUe et peut
en
faire
l'objet
d'une
traductiqn
en
système
écrit
~ui mette
évidence les différents monômes qui
le constituei,t et
les
moyens
de
leur articulation.
1
Ainsi:
99.999
1
ujunaaje
cappande
jee-nay
e
jee-nAY e
teemede
j8~-nay
1
!
1000 [
(
10
x
9 )
+
9 ]
+
( 100
x
+
10
X
j e e - n a y ·e
j e e - n a y
g)
+
De même/si
nous
prenons
les multiples
de! 1000 supnriplirs
ou
égaux
à
200
000,
le
procédé
d'inversion
de
la
stratégie
habituelle
permet
d',;noncl'.T'
rlec>
rorllbrB5- exe ""'00
-
-
)
-
fTl,.. L_'
Exemples:
200.0UIJ
5UD.000
7Ull.UllO
teemede
didi
uj unere
teemede
joy
ujuner~
tee me ri e
je e-cri (fi
ujunere
(100
X 2)
1iJIJCl
(100
X
'il
100[J
CHIO
X 7)
1(][J[]
Le
"rejet"
1
\\1
rf
du multiplicnnde mille
en
fin
de
s~quence,
et
le fait
qu'il
soit
dans' co cns
précis
invariablo,
font
,
qu'il
n'y
i1
LllJCun
l'isque
d'ùmbl~uité,
Par conséquent:ce
n'est
pas
toute
construction
de
nombre
par schème
parenthétiquB
qui
entrai ne
des
possibilités

-143-
de
confusion.
En
d'autres
termes, ce
n'est
peut.,,· ~tre pas
le
système
parenthétique qu'il
faut
incriminer mais
des
Aspects
plus
,
précis
de
la
structure
linguistique~lorsqu',il y a confusion.
Des
couples
de
nombres
ambigus
,,
Essi1yons,
comme
nous
l'ilvons
foit
ilVPC
Lh
ollrn6rntinrl
,
wolof, des
couples de
nombres
à
partir de 10001
j
1ll
1U.LJU;1
11.UIIiI
1
,
1j
ujlln''3t1.1n
SI1f1f1O
r)
r,na
IJ:lunililjn
GrIpp!)
n
J',rln
1
-1-
1000
10
l
1lJUU
1 U
+
1
1
Î
{
1
10.0002
1L>.UlJU
îJ,
ujunaaje
sappo
e
didi
t1
1000
1 0
+
2
j
1000
10
+
7
il
~
i
20.0DIJ
? Ij • el Ilfl
- - ' ; - -
!
ujunaaje
noogaas
e
nay
ujunaaje1noogaas
e
nay
!
,
\\
1
1000
20
et
4
10[)U
2lJ
t
l1
40,005
45.[100
1
ujunaaje
cappan1e
nay e
joy
ujunaaje
c ppan~e nay 8
joy
1000
1
10
4
+
5
1000
1 0
4
t
5
1
î
Î
90.009
99.dJoO
l
i
ujunaaje
cappan{e
jee-nay e
jee-nay
ujunaajec~ppancfe jee-nay
1
,
i
1
e
j 8 8 - f ) llY
1
i
1
)
l\\
1l
1
t
1

-144-
l
1
j
r
l' f~. 11l'
f '. X Il l' l '. ,", ',', .1' 11 ri
[1 /' il 1 1~ ,
[ IJ fj
n x 0 ln P l. n~,
mon' : r n n:
Cl II e
[cl n d
la
discriminéltion
des
nombres
est
impossible
<3U
sein
de
chëlqu(~
t
,
,
1,'.'1
1', r' tlll r', c r' i Il t j f1 n
cl r.
ll~ II r rl x il l' Il !, !, .i. () Il III i 1t. Il 1"III ,1 \\. L -
couplE!
8
qll[~
51
.
t
l
.
co's
on. aboutit
~
la
que
est
faite
fidèlement
SUl van
es
enon
,
,
III fj rn G
con r; L ,~l t ;,1 l. .L [l [1 •
Pour
le
premier
co~ple, certains locuteurs haalpulaaren
P 8 n sen t
q U8
la
Ll i s c r:i. min LI t i 0 Il
n s t
po 5 S i b le,
l~ n fil1. S i1 n t j n Lill l'
la
différence
sur
deux
milr1it~r8S d-exprimer 10 nornhrn "un".
,
Aill!ii
\\111111',111[)(11
Il
11
"1
J
',/IJI)/'('/"
n l l
' .
r d
. :
U,I.III1I1I
l'
! i i l \\ l p l l
Il
Et
pou r
1 1 • 0 'n D,
m,Ii nt 8 r n j r
l ' exp r f1 " s ion
"u j Il n <1 cl j r.
S il P poo
I~ (J f) " •
Le
terme
"gootel"
dont
le
suffixe
"pl"
est.
I1np.
nJilrllUp.
de
diminutif,
I~st une
forme
d'insistance
SIl!'
Ir'
nIJm(~r,ll "111/",
qui
signifierilit
ùlors
dilns
ce
contexte qu'il
8S~
tout
seul
,
J
ot
isolé,
"un
seul",
Mais
si
le
cas
du
couple
10001
/'11.000
peut se
satis-
fa ire
de
cet t r.
sol ut ion,
c 8 lui
cl e s
nU t l'OS
COli [lI [! S
r {~ st r.
[~[] t i. (~ r ,
134
C ' es t
une
' 1
reg
g "
genera l e
.
qUl
' t
conVlen
e t
'1
l
y 1 a
1·leu
d e
se
d 8 ma n der
5 i l ' ex t [~n s i 0 ri
li [~
l il sol ut ion
ci u
co LJ Il l L~
1 U lHl 1 / 11 • Ill) IJ ,
aux
autres
couples
est
envisageable?
En
d'autresl termes,
suffit-il
pour voir disparnitre
tou~e crainte d'~mhigUité •
d'écrire
le
numéral
des
unités
du
premi~r nombrelavec la marque
du
diminutif
Flt
do maintr~ni.r Il! second cJOI1S éiun IflllOnC{; actuel
1
pour
avoir
la
solution
du
problème:
!
1
i
1
134.
Cette
règle fera
l'objet
d'un
exame~ complet
lorsque
nous
aurons
achevé
la
description
des
différentes
numérations
du
Sénégal
et
identifié
les
rliff~r[!nts ~ns
rie
nombres
ornlJi[',l1f3.

-14;-
,
A la place de
10.002
"ujunaaje sappo
e
JiJi
1
1
dire:
ujunaùje
sappo
e didon
1
1000
X 10
)+
"d~ux seulement"
1
1
1
A la
place de 20.004
ujunaaje
noor,aas
e
nay
écrire:
ujunaaje
noogaas
e nayon
=(
1000
X
1 0
)
+
" qua t r 8
se Ll1 e mRn t ..
\\lt
A la
place de
40.005
=ujunaaje
cappanJe
nay
e
joy
1
,~'
écrire:
=[10IJO
x
10
x
4)
+ cinq
s ,ulement".
\\~'
Sur
le
plan de
l'expression orale,
ce
pro~êdé ne manque
1
~
pas d' i n t é r ê t,
mai s I ' 0 n v 0 i t
f il cil r? rn e n t
Cl u ' i l n ' f' still LI ' u Il
r> i s -
!~.
a 11 e r.
Par ra p p 0 r t
à
la
p ers p e ct ive
d' uns ys t ème
é cr ilt,
0 n
peu t
t
,
1
1
douter que
la
vigilance
de
l'èsprit
,~,
soit
toujours
su fif i samrnent
1
,
en alerte
vis
à
vis
de
tels
subterfuges.
L'autre
solution
susceptible d'avoir
valeur de
règle
l
est de
placer
les
deux
nombres
ambigus
dans
un
contexte pr~cis.
1!
Par e x 0111 Il l 8,
corn Il 1: (: r
LI Cl ~;
0 b j e LG
C [) n c rot s .
t
i
. Ainsi
entre
10.002 ~rhres et 12.000 arbres,
C'Rst
\\
l'intervention de
l'unité d'objets
comptés qui
fera
l~ différence,
1
10.002
arbres:
ledcfe
ujunaaje
sappo
Si
ledde di di
1
arbres(1000
x
10
)
+,arbres
deux
1f
12.[J[)iJ
·leJcfs
1
ujunaaje
sappo 's
lsdde
ujunaaji
didi
j
arbres
1000
x
10
+
arbres
1000
x 2

-146-
Délns un
tel
n'y
a
pds
d'ambiguité,
seulement,
on
ne
se
trouve
plus
en
numération absolue ,qui
est
celle de
la
suite des
nomllres
entiers, indépendamment des
objets
comptés.
Il
faudra
par
conséquent,
le moment venu,
expliquer
les
causes
de
l'ambiguité
et
se prononcer pour
une
m~thode radicale ~'~]iminnlion clnn
j
'
1 " "
d
ris que s
de C lll1·F U G i U fiS t 0 u t
e n
t ù cha n t
[e
pre s e r v 8 r
13
r, 13 n ~ e
8
lA
lanG~J8"8t lOf)
oxi~oncns cl 'unn
numorntiofl
<IhGDluu.
De
l'expression
de
quelques
grand~ nombres
narticuliurs
Le
pulaar a .t-il
des
moyens
propres
d'exprimer
le
million
et
ses
multiples?
,
Comme
pratiquement
toutes
les
langues
d'Afrique,
le
pulaar
utilise
le
terme
mi)lion
en
liadaptant
& certaines
exigences
de
la
la~gue:
le
pulaar
dit:milyo~.
Ap r è ~'l
] ' 8
X am end u
m0 d 8
1j 8
Cf 0 n 5 t r u c t ion
eJ E~ s
rn u l t i pIe S
du
"mily0,:l"
nous
verrons
si' ~n rulaar il
n'y
i)
pns
d'exrressj.DIIS
correspondantes.
Pour
la
construction
des
multiples
du mi~yn, ;nrlrtons
de
trois
exemples:
deux millions:
dix millions
milyo~aaje sappo
centmillions
milyo~aaje teemedere
On
constate:
le
terme
d'emprunt
"million"
est
~.

-147-
,
d
l""
l '
n de
(c 0 111111 P
t [J U C,"
1 8 ~,
Il 0 fil LJ l' (~ ~J -
-cn
posit10n
G
mu
C1p
1ca
-
paliol's).
-c'[::~L lui qui PUl',t.U Id I1lùrqu8 du plu!'lld
Lt
J
1
' 1
se',
fal't
"él!'
morlifj,célLiofl
cette marque
cu
p
urIe
~
dus u f f i xe" ù n " ( 5 i n g ) ~" El El j Q "
(p 1 l) rie l ) .
,
-Cette
formation
du
pluriel
de
mi1yo1
rAppollo
(ost
ln
même q U 8 )
col l 8
du
"u jUil fH' [)"
(111 i l le)
qui
li e vie n t
u J u n iHl; n
pulaar,
le
pluriel
d'un
nombre
se
forme
avec
le
suffixe
"aajo".
le
nom de
ce
110mLlI'8
est
soit
r]'origil18
ptI'ilnr/'I'f-!,
~jult UliO
stratégie
de
changement
de
palier.
soit
une
forme
°concréte"
d'expression
d'un
nombre.
Il
est
possible
que
toutes
ces
1
conditions
à
la
fois
entrent
dans
la
réalisation
des
pluriels
des
nom b l'es
"u j une r e "
( mil le)
e t
mil Y0l)
(m i IIi 0 n) •
N.B:
A partir
de
100 mil1inns.
ID pulaai pout J
10uveôu
inverser
la
disposition
dos
constituants
du
syntùgflle multipll-
catif
et
passer de
MA/ME
ME/MA
i
Exemple:
100 millions
1
!
milyo~aaj8 teemedere
tE,emedol'8
mi lyon
i
pluriel
sing,
sinp;
sing
Tout
cela
montre
par
conséquent
que
lorsq~'il y a
emprunt
d'un
terme.
celui-ci
8st
entièrement
soum~s aux
règles
qui
régissent
les
termes
du
pulaar
ayant
même
fonction
et
même
Il (1 G i. t i u n
LI Cl Il s I ' (J l' LI l' eue S
If III L:i •

-14U-
\\
\\1
Voyons
è
présent
comment
se
présente,
la
forme
prolJre-
pulaar,
d'expression
du
million:
ment
\\
1
ujuniJrJje
ujunere
1
littéralement=
des
mille
mille
mille mille
1
1
Introduisons
la
séquence
'ujunaaje
ujunete"/en
tant
qu'expression
du
million, dans
différentesconstrtctions
( du
!
type
système
parenthétique).
Alno:l.
pOllI'
11)f)
I"i]'linn~ ,1
1,1
J1~(;~d~
milyo~aaje teemedere
(ou
en
inversant:teemerlere
milyo]l
no usa u r ons: t [l f1 me) ri 0 r fJ
u j li 111\\ il j Cl
U j lJ n f) r f)
100
1000
1000
Autres exemples
10 millions
cent
mille
11
millions
ujunaaje
sa,ppo
lJjunere
e
t8ernedcre ujunere e ujunlliljn SilfJflO C go lljUJ1nn1
x
Hl
X
1000J +
1000)
+.
1UOU
(1U
+
1)
1Ulll1
r r Cl Tl () n ;, li n rJ C) l' ri i. [-: l' IJ xc mrI I? :
Deux mil,lions
cinq
cent
mille
1
u J un "w j n li. cfi
u j un n f'[,
C)
1J j lJ n a Il j 0
t 8 C ln n rJ P. J () y
l
1000
X
2 X
1000
+
1000
.X
100
X
5
t
1
Ces
différents
exemples
montrent
qu'une
construction
1
1
complexe
est
possible
avec
"ujunaaje
ujunere",
expression
du
nombre
"un million",
et
qUfJ
rLlllS
tous
ces
!lX{lJlJplIlS
.il
n'y
i)
pil~J
trace
d'ambiguité.

-14')-
1
i'11~, Illuifl~ UTI
Cottr~ -l'orllll) du )'l'!(jj.L/;,Jt,-inll ri 'nn C[lIIIIJlJ)'L.I!
évident
Clue
pour
or[';onis(;)'
Ilfll"
nllrn6rilt.i.{Jn
ri<lfl:,
1 (;~,
111r.:i l1r!ll1 l'!;
conditions
possibles,
Za bridvet~ des ~noncés, mais surtout
celle
des
expressions
qui
dé.c;igncnt un nombrp à la join, 1f16rit.c
d'être
recherchée.
rI-2.2~6: LE PROBlFME DE LA BASE EN NUMERATION PllLAAR
L'llfl'-JlY~,H liu contl;flll :;él11i1ntiqun ri!!!> nnlllh,'os fnndD-
mentaux
nous
a
révélé
l'intér~t des nombres cinq (joy), dix
(sappo)
et
vingt
(noogaas J, puisque
nous, avons
vu
que
le
nom
d B S
nom b r e s
ri i x
I? t
vin r; t
r 8 n v n i P,
il U
r; 0 r [1"
0 t
;, (; :,
fil 1) III il l' (; :.
r r! n
particulier
los
doigts)
ut
quo
los
nombres
li,/,U
uL.
!I
SUllt.
con s t ru i t s
l~ p rJ r tir du nom IJ r"' 8 5 1
L'intérêt
de
cette
allusion
à
un
comput
9 i p,ital est
surtout
d'ordre
historique,
car
ces
nombres
constituent
des
quelle

progression
vnrs
[jp's
nombres
de
plus
(;rl
plus
r:riHllls
a
dO
se
faire
selon
le
mode
arithmétique:
6=5
et1;
7=5
et
2
8=5
et
J;
9=5
et
4
-sappo=
deux
mains
-noo~aas: homme
(homo).
Le
fait
qUe
"noogaas"
soit
l'unique. lexème
pulaar
(du
Fauta
Sénéguluis)
pour
le
nombre
vingt,renforce
cette
idée
qu'il
y
éJ
des
Lr'Jccs
cJ'unll
,lllc1cllne
b,lse
QUilll1irr!.
LL
cr~
1
1j
1
.j
i1~

-üu-
1,t
d l l
I I I VI:,lll
Il,,
t
1l1\\1'~I\\IlInI\\I\\I~ I~~'"I, \\llll~; "IUt Ult plll.I<lJ' qu' Iln WIl.1U f.
i
leurs
numérations
absolues
respectives.
car
le
nom du
nomhre
l
1
( l
t
.
n
n)
} ' l ' r l ( l 8
d'unI:
dix El n W 0 1 o'f.
n' é V 0 q LI e
p C:l S
<l
n 0
r E!
con n fi l S S i'l
C
.
référence
aux cJI?UX mains.
et
le wolof
a
d8UX
eX[1I'lJ!;sinns
pour
le
nombre
vingt.
Un
autre
indice d'une
ancienne
or~Anisation quinnire.
est
comme
nous
l'avons
vu
ê
propos
du
wolof.
le
tomput
do
la
monna~e. Ce comput étant fait de la même mani~r8 en wolof ut
\\
en
pulaar.
rlOU5
nu
reprendrons
donc
pas
les
expl.f.cations
déjÀ
~
1
1
f
données
à
ce
propos.
Nous
nous
contenterons
d'indiquer
rrif
successivement
la
terminologie
pulaar en mati0re d'unité
cJe
1t1
compte,
un
tableau
succint
de
quelques
valeurs
0ttenues
à
i,~~',
partir
de
cette
unité
de
~ompte et enfin la forml elliptique
d~expression des mêmes valeurs
et
ce qu'elle
ins
ire
comme
reflexion.
~:
1
!
l
L'unité
de
compte
corres~on~ant
illl
"il t: rï"IJJ 'r Wll] [1 f
s' {l (1 Il f' l -
1
i
1 e
en pu 1 a a r
'm b uu cl u "
(p 1 uri e l " lJ uu' j i ft ) •
1 1
s'ar.lt
d'un
terme
appliqué' à
tout
objat
ayrlnt
une
forme
eil'culail'r'.'flinsi 1
unI:
gallette de mi!
se dit
"mbundu galJr'i"
(boul'e
de
farine
de
mil)
1
L 8
sole i l s e
dit
.. n il cl n fi e"
0 u" mb uu du
n fi ,1 ri P, e"
El t
dan s I e
1
deuxième
cas
il
s'agit
d'une
expression
rigoureugement
t
\\
équivalente à
"disque solaire".
\\
Le
fait
que
le
pulaar assimile
5
centimes
à
un
disque,
est
1
1
sans
doute
la
preuve que
C8ttR
unité
de
comptA
ptAit
fr<lppRrl
1
en métal
et
qu'elle
est
certainement
d'origi~e étrangère(arabe
ou européennp,l.
Mais
ce
qui
demp.ure
intéressant
dilns
cette
1'l"
1,!

-151-
-d ES nom in a t ion,
c' est
cet t Cl
s (] ,r t Rd' as sim il ,1 t i (] n q Ji
c (] n sis te
è:J
cl D n n 8 r
~ {) uni t (~ D l a val ç u r ri 1 une uni t r" n 0 1,/ 1) C l Vc ~ Cl l' c (' r (JIU' ,
nom , un Lexème particuLier.
Supposons
que
l'introduction
de
cette monnaie
dans
1
les
échanges
des
halpulaaren
soit
la
conséquence, de
la
pén6-
1
tratton
française.
Ce qui
est
intéressant, c'est
le fait
(surtout
1
à
cette époque
là]
.
l '
d'
" .
\\
f
","
ou
qu'en
frança~s
on
~se
c~nl
ranc~
j
1
1
1
"cinq
centimes"
et
en
que
le
pulaar
l'appelJe d'un
terme
qui
fait
une
unité
nouvelle
à
partir de
la quelle; tout
le
reste
t
1
(
du
comput
de
l'argent
est
effectué.
l
t
1
C'Gst
5 ~n niveau ct A ce niveau s~u18me"t que la
j
t!:
1
quostion
sn
J;r)Bt~ rie savoir si cotte forme cJ','"\\ssJmilation 118
1
t
1
j
serait PêlS
liée
à
un
fonds ,culturel
d'opérations: mentnles'
\\

1
la
disposition
èl
compter péll'
cinq
s'expliquerait
pal'
le'
faIt
!
§
H
' p t
~
que
c e
nom b r 8
est
A 1 a
foi ,s
n a t ure lIe men t
u n p
b il S e
e t
lJ n
bon
1
rJ i vis e u r
ri n
1 r1
Il] u il él r t
cl r~ s [~r' <1 n (1 e urs q lJ i
f' El t i rl n Il e n t
.1' il l ter \\ L .L u n
,
l1j
des
locuteurs
en
matière
de
comput,d'argent.
Le
tableau
ci-
dessous
permet
d'en
avoir
u'np
iri~8 plus natte.
é) n c i F~ n s
l' r' ,1 n c s
f [' ,1 rl ç iJ i ~J
1
-!
mb U.ll J u
1"disque"
5 francs
J,
1
buucfi
cficfi=
2"disques
10
francs
disques
2
1
bu udi
joy
5"disques"
25
frnncs
1
5
bu uOi
sappo~
1
10"disques"
50
francs
j
buudi
"oagaas=
20"disques"
100
francs
buueIi
teemedere=100
"disques
500
frDncs,
bu u cf i
t El e me d e cfi cri =2 0 0 " dis q u es "
1000
francs
1
i
buudi
ujuner8=
1000"disques"
5000
francs
1
l
j
j
l
buuch u Unaa 8jicfi=200o"disqu8S"
10.000
francl
1
1
i
!
1
1
1

1
-ü2-
1
Ainsi
que
nous
l'avons
souligné
à
propos
du
wolof,
1
1
cette différence
entre
numération
absolue
et
comput
de
l'argent
1
Î
est
cause
de
confusion
chez
certains
locuteurs.
,
il
On
constate
par ailleurs,
dans
la
vie
courante,
1
~l
l'utilisation
d'une
forme
elliptique de
ces
valeurs,
surtout
à
par t i r
ri [)
"2 0 dis que s"
c' 8 S t
i1
d ire
1 0 0 f:.
n n
n 8
pro non c [}
plu s
1
alors
le
nom de
l'unité
de
compte

ainsi
on
dira:
)
'i te8m[llir!I'(~ ,tnem8c1e d'icfi , uj un8n:, uj LHI,'liljr: didi
1 [) [)
7.00
1[Jflfl
7. [][] [!
r,[)(]r"
1000r
'î ()lI [) F
1 [] • [1{1[1["
l l
8 S t
v rai
que
II ,Hl S
ce
cas
p r (~ c l s d' IJ III i s s l u Il li U II (J III
" mbu u du"
(p luI' i e l
bu u di)
18 1con tex t e e s t
un
fa c t e u r" non
n P. p; l i _
geable.
1
d'une
numération
quinaire,
venons-en
au
rôle
rlu ,Ilombre
10
O<lIlS
1
~
J
la
numération
pulaar.
~j
Il
nous
faut
d'abord
revenir sur
la
situation
des
nombres
engendrés
à
partir de
cinq:
jee-gom=6
jee-dicfi=
7
!~
jee-tati=8
jee-nay=9.
J
J
Si
nous
les
consid6rons
comme
des
com~o és (5+1
5+2
j
5+3
5+4),
i l
est
normal
d'admettre
entre
et
9,
deux
ordres
1
de
nombres:
1
1 e l' 0 l' cJ l' 8:
les
n 0 rn Ll r 8 s
1,
2,
3
!j
fi,
7,
1\\
r ~ \\,
! 1
1
1
ft
1
1
l
1
1

-153-
,
i
Mais nons avons
vu nlus haut qUR 1'''50+ a fini
par
oragniser
les
nombres
6,7,
8 et
9 comme
si
chacrn était
un
lexème
particulier.
Structurelleme,nt, ce
sont
der
syntagmes
additifs;
pratiquement
ce
sont
des
noms
de
nombreS
distincts,
et
nous
avons montré par des
exemples que
leur fntroduction
dans
des
constructions
complexes
ne
pose
aucun
problème rie
compréhension.
\\
,
Auss~ convient-il
de
considérer qu'au
terme
ci'une
!
1
é vol u t ion
don t
les
é t a p e s
son t
e n cor e
pel' cep t i b Il es,
les
cJ i x
1
i
premiers
nombres de
la
numération
pulaar ont
chacun un
nom
1
distinct.
Et
c'est
à
ce
phénomène qu'il
faut
prjêter attention
i
1
en
~e perdant pas de
vue que
nous
nous
trouvons, devant
une
numération
p~r168.
1
En
nu mé rat ion
é cri t e
de
po s i t i Q n,on
di jt
que
1 0
est
t!
base
si:n=10 et
que
les
n-1
premiers
nombres
ontchiilcun un nom
1
distinct
et
sont
représentés
chacun par un
signe
distinct.
1
A ces
n-1
nombres
s'ajoute
10
zéro qui
a
lui
aussi
un
siGne
distinct.
['ost
alors
avec
cos
10 signes
(n-1
nDmhres
entinrs
,
plus
l 0
Z RI'O )
que
tous
l 0 :,;
n 0 rn b l'es
sont
é c r j. t s e n numération
1
1
r1ècilTl')10.
1
en
particulier,
zéro
n'intervient
pas
dans
la formation
ries
!
135 '
t
nombres
"
1
Par
con s é que nt, s ' i l, Y a
un
pro b l ème
de
la
bas e,
i l s
1
Fe
t1
situe
à
deux
niveaux.
1!
I l
s',l[',:it
(j'aIJol'd
de
si1voir 51,ln
Il Il l il il, l ' i l Y<1 ri t
,,[1 S
li i, x
1
1 35.
No u 5 r ev i end r 0 n s
cl ans
l a s y n t ~d~ s P. rJ! n p l'il 10 sur l I~
pro b l ème
du
z é r 0
et
les a p pel lat ion s
que
ce r t a il n s
éd u c a te u l' s
lui
donnent
en
puisant
dans
le voc~bulaire de lia langue.
Il
y
a
là des
problèmes
et
des
risques
de
confusion ~sur lesquels
l'attention doit
être attirée.
:

-154-
premiers
nombres
exprimés
par des
lexèmes distincts,
lesquels
lexèmes
servent
à
construire
tous
les
nombres
jusqu!à 99,
on
ne
peut
pas
considérer
"sappo"
comme
base de
la
numération
1
1
pulaar.
D'autant qu'après
99,
999,
9999
et
999
999
nous
avons
1
soit
de
nouvelles
unités
exprimées
par des
lexèmes distincts
j
(teemedere
= cent;
ujunere
= mille),
soit des
puissances de 10:
l
l
~
"ujunaaje sappD" = dix mille, 'soit
une stratégie
particulière
\\
1
1
J
d'inversion de
l'ordre habituel
de disposition des
constituants:
" t e 0 m 8 cj 0 r 0
u j u n n [' n"
=
c 8 n t
iii j '1 1 rJ •
1i
L'aut!'l) problème flst
celui
du
passap;e (Je
la
numRration
1
parlée à
un système écrit,
et ,en particulier
l'intégration du
it
signe zéro
dans
le système d'~criture des nombrqs? Oans la mesurA
~

ce
problème concerne
toutes
les
numérations du
S~négal et pas
seulement
la
numération pulaar,
nous
le traitons
glObablement
,
i
dans
la
synthèse générale et
à
la
lumière des
donné
s que cette
phase descriptive
nous
permettra
d'identifier.
il1
1
1j
l
1
,
...- ~
l
l
L 1
1
.•.. J
1

-ü5-
II .2.3. LAlJlillfRAllDN SFE8f.R -$ illl
L'ethnie SeBrel' qui
con::.titun 'LJ"]PI'C:[;
JL~: l'BCUnG8ITlniIL
1
de
1976,
environ
14%
de
la population
sénégalais!e actuelle,
1
1 .
t
est
l'une de
celles dont
l 'histoire est
la
plus :anClenne e
i
1
la plus complexe.
L'appellation seerer-siin est june référence
1
à
l'ancien
royaume
du même
nom
(le Siin),
mais
~a lan~ue
Seerer-Siin
couvre
un
domaine
de
plusieurs
r6gions
traditionn-
1
!
elles:
le Siin,
le
Baol,
la
partie ouest
du
Saloum et
le
136
sud-ouest du Kayor
,
La S88rBr-Si1n eut
uno Jas
lanRues
du
so/us-r.rouf1U
nOl'il
avec
le wolof et
le pulaar.
Elle est comme
CRS
deux
dernières
une
langue ~ classes et pdrtôge avec
l'Une et./ou avec
l'autre
137
de
nombreuses
racines
lexicales
et
règles
grammaticales,
1
Il existe différents
dialectes ou
parlersl Seerer-Siin,
!
mais sans
problème d'intercomprRhension.
Pour
ét'lJ(jjer
la
numération
sf38I'er-siin,
nous
avons
choisi
le pc,r'ler Je
JéJXaaW
(
d
d
. -
. t
l
ri
co "
l'3 B
une
e s
e r ri l r; r e s
cap l
il
es.. Il
r 0 y a ume
ri u ., l ln:
i
136.
Cf:
Atlas
National
du Sénégal
137.
Le P.GRAVRANO Souligne
le fait
que
lors
du 2e
congrès
des I).fricanistes
r'lUKAROVSKI
a
relevé
40%' de
termes
l
nucléaires
communs
entre
le
pulaar et
le SeBrer-Eiin
Cf:
GR AV RA NG ,
Cos êl [) n - S e 8 r e r',
N E A ,DA K AR,
1 9 B 1 •
\\
138.
Voir Arame
FALL:
Les
nominaux
en
seerer-siin
(parler de
Jaxaawl,
Thèse
de
doctorat
de
Illp
cycle,P~ris
III,
Sorhono.

-156-
\\1
l l - 2 • :3.
1 : 1 l'" 1\\ c; Cl' i P Ll n Il
p I~ lJ 1\\ [) J (q~ i quo
cl f] S
S Cl n s
p t' Cl Il r p "
1 :\\ !1
\\
,1 11
;~ 1! 1~ l' f'~ l' - ~-; t i. Il (il ,lI' l Il l' i11 ~ .] '-1 X il () W )
1
6=
labiale glottafe
1- b
cf=
dentale
E;lottale 1 d
\\
c=
exemple
cook=
action
d ,'arercevoir
1
1
p
exemple
paax=
hache
f i t
exempll] {ool=peilu
\\
x
CUl'['OSPlll\\fl
dU
sori
kh;
8xurnplu XqiJj;cuu~.Hn· url cJeux
lcorllllle
en
wolof,
même
son,
même
mot,
même
sens)
\\
1'1 y Même son qu'en pulaar. [xemple: 'fang=bracelet
11f
9= équivalent de .x: après une nasale ou aprps IlnR p,emin(;e
tt\\'
Groupes
consonantiqu~ du Seerer
!
mb,
nd,
n j ,
ng,
nq
1
1
i
Orthographe
et
séparation des
mots
seere~
1
140
,
1
-L'occlusive
gluttale est
orthographiée avpc
une lapostrophe
1
ExpIe:
faap'in=
notre
père
-On
ne
note
lr!s
r,8minr~os quP.
lorsrju'on
renCOlltro.
deux
con~onnl]~
identiques
ô
lu
limite rnorpholor,ique
entre
61('Jno.
ts
n'un
môme
mot.
ExpIe:
ôaannoor=
endormir
-On met
un
trait
cJ'union
entre
les
mots
dans
les
cas
suivants;
Lorsque
la
voyelle
finale
du
radical
est
de
même
nature
que
la
voyelle
initiale
de
l'affixe
qui
la
suit.
'1 J U.
~~ U U l' C Il:
lJ 1] C l' U L
l' U le! L i f
~l
l a t l' d fl S crI p t i 0 Il
des
langues
nationales
(n071-566
du
21
mai
1971).
140.
Projet
de
decret
relatif
à
l'orthor,raphe et
à
lq
s 6 P ,J rat i II fl
rJ r~ S
ln a L Cl
El n
S e r~ r l, r •

-157-
Exemple:
ga-aam=
j'Di
vu.
Lorsque
les
éléments d'un
mot
composé peuvent
se
rencontrer
isolément:
Exemple:
0
box-
juwaan=un requin(=box=chien
juwaan=merl.
Lorsqu'un mot
composé
est
formé
d'un
rAdrublement:
Exemple:
nem-nem=éponge végétale.
1
i

-üu-
11-2.3.2:
LC~J
l\\jlllT\\[~raux C[1rrl:Lllnllx
Socror-Siill:
NUlîlf,rntjlJ!1
ill)S{llur~
1
18?,
1 1 xarfiaxay
fa
leg
2
dik
12
xar6axay
fa
d'ik
3
l:ndik
13
X,) r r; il X ,1 Y
Fa
i:cli1i.k
4
nahik
16
xar6clxay
fa
6etuu
fa
leg
5
Betik
1 7
xnrf;ilxny
fa
GctULJ
d'ik
B
Getuu fa
l FJ p,
' 1 8
x,lrbaxélY
fa
6 e t u u -t a d i k
7
l; 11 l, 1111
JI 1" 1
1U
",<lI,f;u",LlY
rD lia tUlI.nnl11 k.
,
FI
fi 8 t LI li _ t i"1 rI:i k
20
q"rfinnn cftk.
!J
CcLuu-nuhik
21
ljûl·rJUnll
dik
ra
leg
,
10
xarGaxElY
26
qrlrCecn
dik
fa
betull
fa
leg
30 qarbeen
tadik
40 q Cl l' fJ f] D n nahik
,
50
qarb~en betik
60
qarbeen
6etull
fa
leg
70
q a rfll'l P. n betlili fa dik
80
q<lrhcon
hetuu
fa
tùcJik
90
qar6een
betuù
fa
nahik
100
teemeed
200
teemeed dik
101
teemeed
fa
leg
300
teemed
tadik
102
teemeed
fa
di k
500
teemeed
6etik
106
teemeed
fa
6etllu
600
teemeed
6etuu
fa
leg
fa
leg
800
teemeed
betuu
fa
tadik

-159-
!lI] 0
LI] [] ln n n li
h [) t LI 1[ - Il il 1d k
Hl
000
C LI Il J'n
x il r () il :c il y
1000
juni
10
001
cuni
xarb~xay fa leg
1001
juni fo
le[';
1 1
000
cuni
xar{;dxay fo
lep;
2000
cuni dik
20
000
cuni qarbeen dik
6000
cuni
5etuu fa
leg
'IOOOLlO
cuni
teemeed
9999
cuni GBtuu-nahik fo
te8m88~
200000 ·c uni
t08m8Rrl
rhk
!'J Cl t u u - Il ,.1 '1 :L l, , f II li, 1l" fJ U Il Il ri I! L Il \\ 1
nahik fa 6Btuu-nahik
1. QOOOOoo: mi l y of}
ou (uni jUllil 1)
2000
cuni
dik
3000
cuni
tadik
5000
cuni betik
GOoO
r; u n:l.
GBtUli
fn
1 Dl',
BODO cuni 6etuu tadik
9000
cuni
betuu
nahik
9999
cuni 6etuu 'nahik fa
teemeed
betuu ,nahik
fa
qarbeen
betuu
nahik fo
petuu
nahik
Les
nombres
fondamentaux
Seerer-Siin
1
sont:
----=--:.1
De
1 à
5
le[',
dik
tallik
nahik
lJetik
1
2
3
4
5
Les
nombres
10
= xarbaxay
-cent
=
teemeell
-mille
=
j un i
j
1
,
l1
1
j
1
,

-160-
11-2.3.3:
CONTENU SEMANTIQUE
DE
QUELQUES
LEXEMES! SEERER-SIIN
La par 8 nt 8 cJ E~ sri U fil U LI US, 10 III lJ r es
li u
~~ e (~ l'e - S i i '1
[, L
li t 1
pulaar est
frappante
pour
les
nombres
2,
3 et
4:
1
1
2
3
Pulaar:
goo
di di
tati
nl:y
Seerer:
1er,
cfik
t.di.
lahi.
Remarque:
le
terme
leg
( =1 )
en Seerer peut
8tre irapproché
de:
" 10 q"
q
.
ni
"
LI i
s j g ni ri 8
h fi ton, ri 8
" l i. m"
c' P. S t
tl
clJ.ra
:compter
r;t
rlr;
i
"lag"qui veut
dirc"assemblée"et"terre"avec
le
sens d'une
entité
circonscrite.
Le
nombre
10=
xar6axay
a
un
air de
famille
avec
[1 ' él u t r e s t e r mes
deI a
la n g Il 8
semble
à éclairer
l'organisation
de
la
numération Seerer-Siin.
I:L:)
r:c
pr'OpU!.i,Ufl
flU
J'uut InïlnqU[JI' du
l'BILlVUI'
qUUlq\\ll~c,
faits
de
parenté intéressants,
entre
xarGaxay
et la
référence
[) Gay=
une main
a Gay=
des mains'
1
(1
~ Il Y (li, (! =' l [) S fIl.1 i '1 :; •
Dans
so~ dictionnaire Seere-Français,
le Père
CRETors
note
que
"axay"
signifie
"'les voila".
[) n retrouve
8 n
P. f f f1 t
ce
sens
de
" rlX ,l y"
ri n n 5
les
.
1 41
expresslons
1 4 1 • R • P.
CRE T[) r S:
[) i c t ion n air e
S e e r e - F. r é] n ç ais,
nAK fi R,
CLAD n048,
Tome
1,
p.??

-161-
\\
"
l
iJ
k i 11' a x
[1 , •
[J y
t é\\ il "",
l 1
Y Cl
ri 8 50S
" tôô xa 6i axe"?",

sont
les
enfants?
"
a x éJ y
III a a "
ils
sont

Aussi,reut-on
supposer que
"xar~axay"=10 a le sens
de
"les mains
les voilà"
pour dire
"les
deux mains" ,si
l'on
interpréte
le fait ,que:
1
Il
faut
r~connaitre que cette explication est forte-
•.
'l' n F lu"" Il
ncn l,
.
..
, . . ~ r', ,..,
n Il
, , ' L,
Pil!'
r.P.
"
r~ n n Il S S il v n,n S f1 ,1 r i1:L l l rl lJ r 5 d El S [J (~111 il r C \\1 r ;.
r
d'autres
numération~ du Sénégal sur la même question: nous
a von s
vu
18:
C ,1 S
il u
pu la él r
F! t
no u s
l'en con t r Cl l' 0 n s rIe
nom br [! u x
exemples dans
le
sous-gro~pe BAK,
Pour
les
nombres
"teemeed'"
(cent)
et
juni
(mille)
la ressemblance avec
les
noms
des mêmes
nombres
en wolof et
en Pulili1r,
:,il\\J1:n
i"lUX
y e l l x .
~i
l'hypothl)5P.
rlr1
l'IDrip,in8
(JII
dl~
la parenté
lihyenne de
ces
noms
de ,nombres est valable pour
le
1
wolof,
le
Soninké et
le puliléJr,
elle
doit
l'êt~e pour le Seorar
i
et pour
le~ mêmes raisons historiques déjè indVquées,
On
notera
l
1
1
toute'fois que
le
lexème
"teemed"
est
plus
proc e du
terme
pulaar dont
le
singulier
"teemedere"
devient 'au
pluriel"teemede".
En
revanche,
le
nom du
nombre mille
en Seerer
(juni)
est
plus
proche de
celui
du wolof qui
dit junn~.
1
Oans
l'un
et
l'autre
cas , il ne faut
'carter ni
le
fait
de
l'évolution
interne
propre
du Saerer,
i
celui
de
liens

Mais
le fait
que
de
tels
cdntacts
soient
plus
rares
et
p J LI S
cl:i f f:i. c:i l " :.
r: Il t T' f")
l c
~-" (~ I! l''r~ l' (il.
l r~ !' Il LI.\\ l',
1\\ \\1
r id. L 111 Î: 1111:
da
la distance guographiqu8 qui
sépare
leurs
régions
tradi-
,
tionnelles
respectives,
rehausse d'autant
l'existence de
parentés
1
lexicales nombreuses et
conforte
l'idée d'une
origi~e commune
1
non
seulement
entra
ces
deux
ethnies,
m~is égalemen~ entre
plusieurs
autres
du Sénégal.
x
x
X
X

-163-
11-2.3.4:
LES SYNTAGMES NUMERAUX SEERER-S11N
Lr:
corl!Jl.ruct1.on
rlr)~,
[Iomhrns
li,
) ,
fI
[~I
~J
Les
nombres
6,
7,
8
et
9
sont
composé9 et
engendrés
1
à
partir de Setik:5.
Ils
sont
réalisés
par synt~gme coordinatif
et
suivant
doux
morlalit0s:
rOI'
intercallation
d~un mon0me
coordinatif entrr!
le
nomhrr. Gntik/"hetuu"
et
cr,]lui
qui
lui
est
ajout?,,;
ou
pa!'
juxtaposition.
6
7
8
9
be t uu
f o l e g
betuu-cfik
betuu-tadik
betuu-nahik
5
et
1
5
7
5
3
5
,
4
De
ces quatre
noms
de
nombres,
seul
celui
du
nombre
six est
construit
a~ec un monème
explicite de
coordination.
,
Les
nombres
7,
B et
9 sont
obtenus
raI' juxtaposition,
respectivoment
de
5 et
do
2,
de
5 et
de
3,
de
5 .et
de
4,
1
L'u P C) l' Cl t ion
cl' ,HJ li i Liu 1)
e s 1;
U0 n c
sou s - El n t end u 8.
Le
moment
venu,
il
faudta
préciser ce
qui
permnt
d'éviter
l~
confusion avec
l'o'rératlon
LIe multiplication qui. se
f"lit
souvent
dans
de
nombreuses
lan8ues par
syntagme
complétif.
Con s 1: l' LI C t ion
ri r, S
fl 0 rn br 8 s
d e, 1 0 (]
1 9
1
1
Les
nombres
intermédiaires
de
11
à
19
reproduisent
la différence
de
construction que
nous
venons
d~ constater
i
1
entre
le
nombre
6 d'une
part
et
les 'nombres
7,
~ et 9 d'autre

11 à 16 sont construits par syntagme additif expticite,
10
11
12
13
14
15
16
xar5axay
xar6axay
xa~baxay
xadiaxay
xar6axay
xar()axay
xar6arxay
fa lu['.
fo cfik
fo t ....ldi k
fa nallik
fa (jetuu
fD fl[) luu
fa IPf',
,
!j
iD r.t 5
11 J 1!I. " r ~ 1. 1
1CJ
1Uf] L 1
1(Lnt i'
il J cll; 3
111 nt
,
Et les nombres 17, 18 et 19 sont construits par juxtaposItion
de 10 et des UQités
ajoutées,
Exemples:
17
1 9
X il l' fJ il X il Y
f 0
[; Q t 1J lJ -II illl .i. k
10
+
5
J
2
1 0
i+
5
:
4
!
Les
nombres
de
20 à
99
Le
nombre
20:"qarbeen dik"est
un
syntqgme
multi-
1
plicat~f et
signifie:
"dizainos
deux",
Par conséquent, ij partir de
20,
xarGaxay
("'dix) 0
éit à
la règle
d'opposition
de
nombre:
le
pluriel de
xartaxay
é ant qar6een,
en vertu
des
caractéristiques
de
la classe 11
(C
,Aram FALL,
Thèse Ille cycle),
Les multiples
de
xnrGaxay
(dix)
sont
flormés
par
!
1
juxtaposition du multiplicande et du mUltiPlicatrr,
20
30
40
i
50
1
q ,J l' Gee Il
t il cJ i k
qar6sRn
nahik
iqarG88n

-165-
,
On
remarque
ainsi
que
ces
multiples
de
10
ne
sont
pas des
lexèmes distincts.
Contrairement
au
wolof
et' au
pulaar,
llJ
sccrer
n'u
puS
url
nom piJrticulier
pour
"vin~t" (du moins
dans
sa
numération
absolue
actuelle).
Sur
le
plan dei la
structure
linguistique,
on
note que
le multiplicateur reste
1
invariable alors
que
qarben
est
pluriel.
Sur ce
poin'.
le Seerer
se comporte
comme
le wolof
et
le pulaar:
le
rapport
éterminant

déterminé obéit
à
des
règles
particulières
lors~ue tous
les
deux constituants sont des numéraux~ en particulier le numéral
qui
a
fonction
de
déterminant
n'ob~it pas au
syst~me ide ClBSSD~.
\\
Quant
~ l'opération de multiplication elle~même. elle
repose
sur une
stratégie de
disposition
des
constitua~ts que
\\
l'on
fera
mieux
apparaitre en
comparant
les
procédés
l3eerer,
!
wolof et
pulaar.
Par conséquent,' au
contraire du
wolof qui
construit
le
syntagme multiplicatif
selon
la
stratégie:
multiplicateur/
1
" -,

-166-
t
' j '
MA/MC
rJ~I' L'[1r1 e ('fluent
Iii
[11SpO. ition
dll
unau re pro CCC Cl :
"
,r.
'
.. "
"
,
1
multiplicûndc
dVéJ1IL
le
llIulL1pliLL:JLGUl'.
Cette
disposition
des
deux
constituan
s
de
la
multi-
plication
est
la
règle
qui
pr8vaut
également
uan~ la constructi-
on
des
multiples
d e 't e e rn e e d " ( c e nt)
et
de "j uni" (m i Ile) •
1
100
200
300
\\400
!
teerneed
teemeed
di 1<.
teemeed
tadil<.
teemed
nahil<.
100
( 1 00 )
/'
( 1 00 )
3
1100
( 1\\ )
1000
2000
30[10
4000
juni
cuni
d'il<.
cuni
tadil<.
cuni
nahil<.
1000
(1000)2
(1[100)
3
( 1000)
On
rernarquera
que
tandisque
"teemeed" ~(cent)
ne
varie
pas
El v 8 C
l il
Hlll l t :i [1 l i c"a t i Cl n,
,'\\
Il il r t i r
ri P.
"ri (' u x mit le" ~
l n
nombre
"junl"
(,llil18)
suLJi~ une llIodification
de
la
COnSonrlH
Inj-
ticile
':
juni-:;;)'cunj ,
ce
Clui
est
hflbituellement
Ici
rRr,le
j
d ' 0 p p 0 s i t ion ' LJ G
no 11\\ b r e.
Ain s i l pou r ," tee me u"
1 8
SE! e r 8 r
P. s t
proche
du
wolof,
rTii'lis
pour
JI,lnni
c'est
Clvec
18
pulaar
qu'il
est
cornparablo
sur
cette
qunst1on.
Rappel:
schème
de
coordination
simple:
Exemples:
6
1 1
13
14
betuu
fo
1 e [';'
xélrfjaxay
fo
l f' r,
Xé1r~élXnY fn
a r(H1 x fl y
fa
toùil<.
Il ij 1111<.
5
et
1
1 0
et
1
10
et
:1
1 [l
Flt
4

·"
-J(,7-
Schème complétif avec sens d'addition:
Exemples
7
,
8
9
(J Cl \\; lill -li 1\\
Gn 1: li tJ - t il1\\ J k
(;0 l,lIll-lliltL~k
1
5
.,
2
5
3
5
4
Schème complétif avec sens de multiplication:
Exemples
1
20
30
200
3000
qarGeen dik
, qarbeen tadik
teeme,d dik
cun:!, t q d1k
10
2
10
3
1UD
L
1non
3
Combinaison de schbmo coordinatif simple ,et de sch~me
c U III P l 6 tif a y a n t
V Cl 1 8 lJ r
d 1 Û u rJ i t ion:
[ x e rn pIe 5
1 7
1 f)
1 ~
xar~axay fa 6etuu-dik
xa r€a xay fa betuu-tadik . x él r;G a x él y fo 6etuu-
i
nahik
10
+
5
2
1 0
+
5
3
101
+
5
;
4
,
1
Combinaison de
schème complétif ayant valeur de
multiplication et d'un
schème
caardina~if; Exemples:
21
25
33
54
qarbeen dik fa leg
qar6een dik fa betik
'qarbeen tadik
qarbeen 6et:l.k fa
fq tadik
nElhik
(10)
(2 )
+
1
(10)
(2)
+
5
(10)
(3)
+ 3'
(10)
(5) + 4

-Il,U-
Combinaison
dG
scht:mn
compl{d.if ,'1 v,l1our l1lu}!.] dico
ive nt <ln
schème complétif à
valeur d'addit'on
Exemples:
58
2Q9 1
27
1
1
qar6een
betik fo
teernee~ dik fo 6etuu-
qarbeen dik fD
betuu-dik
oetuu-
tadik
nahik
1
+(S;
4)
( 1 0 0 ) i
(2)
(10) (7.)
+
5
2
(10)(5)
+
5
;3
\\
n éJ III <l r Il LI a :
Ln courl1:ifliltlun d'IIII :lYI1LiIGI1l8 COlllpl(Jtif-rnu'ltiplicallf
et d'un syntagma complétif-additif peut se faire
sa~s risque
ri ' é) ln b i Li u i t 6,
['; r il C 1) i111 X
cl 0 u x
rCl r nJ U fi (1 u nom d u fl 0 mbr e ;c i n q : "il e t i k "
s ' i l
s'agit de
dési~ner ,"cinq" tout seul et"betuu" sJ. "cinq"
un
syntagme
forme
avec
une
a~tre unité qui lui est inférieure.
!
comp16tif
fi
valeur d'addition.
\\
Par conséquent sur
le
plon de' la structure
linguistique
,
1
comme sur celui
de
sa
transcription mathématique.
un schème
piJrenthétiqu8 coinportélnt
les
rJULJX
sortes de
syntar,mes
complétifs,
,
échappe élU
risque
de
confusion,. comme
le
confirment
les
deux
autres
exemples qui
suivent:
518=
teemed tetik faXélr6axay
fo
Getuu-tadik
( 1 00)
( 5 )
+
10
+
(5
;
3
J
9999=cuni 6etuu-nahik fo
teemed
Getuu-nahik
fo
q~r6e n 5etuu-nahik
fa
6etuu-nahik=
1000(5
:
41 + 100(5
4 )
+
10 ( 5
4)
+
(5;4)
Mais
ces mesures sont-alles
de
nature à
e
rayer tout
risque d'ambiBuit6?

-lW-
R(~ p r D ,n a n f;
nos
e x e mp l [) s
h il bit u e l s
d e
cou p 1 8 S
d 8
n 0 ni 1) r n ~;
ambigus,
en sachant
pertinement qu'il
s'agit
en fait
de
les
\\
soumettre è
l'épreuve d'Lne
construction par schème ,parenthétique.
Système pa~enthétique et nombr~s ambigus
y
a t - i l moyen de discriminer
les nombres 10001
et
1
11000?
Alors
q u [J
n Cl ml! l' FJ
deI n c IJ t: 8 LI l' s i n t fl ,1' l' 0 (~ () s 'avouent
n'avoir
1
1
pas au paravant fait
attention
èl
la question
nt llffi\\rment
ne
PrîS
pou v 0 i l' dis cri min e r I e s
de u x
nom br es,
no t r e
col l è g u e\\ Wa l y Col Y
1
FAYE du département
de
linguistique de
l'université ide DAKAR,
i
apI" è S
8 n
ê v 0 i r
dis eut é
a v e c
ses é tu dia n t s,
pro p ose
lia sol ut ion
suivante
10 001=cuni
xarbaxay
fo
0
leng
11
OOO=cuni
xarbaxny
fa
leng
Dans
le parler Seerer de
FAYE,
le
nombre
"un"
se dit
"leng" et
non
"leg"
comme dans
le
parler de' Jaxaw
m[iS
il
n'y
a
pas de difficulté d'intercompréhension.
La
diff6rence
entr[)
ces
deux
construction
repose
selon l'explication donnée.
sur le fait
que dans le ~as de 10 001.
la
dJsinance
/0/
est
un
indice
de classe du
singulier et souligne
l'unicité.
1
1
Ainsi:
"cuni
xarGaxay fa
0
leng"
signifie
i
!
1000
10
et une
unité
1
aiars
que:"cuni
xarGaxay fa
long"
1000
1 0
+
1 J

-17U-
Cette solution est
identique'à
celle du Rulaar qui
1
!
a comme
nous
l'avons
vu,
la
resource
d'exprimer
l'u1icité par
un dimunitif
E.xemple
en
p'ilaar:
ujunaaje
sappo
de
10000
et
Prenons
d'autres. couplp.f"
de
nombres
1 0
005
15000
cuni xarGaxay fo
betik
cuni
xar6axay fo Bet ik
1000
10
+
5
1UUU
1 0
+
10
006
1 6
000
1
i
cuni xar6axay fo
Getuu fo
leg
cuni
xarbaxay fo {)1 tuu fo leg
1000
1 0
+
.5
+
1
1000
1 0
+
15
+
1
1
i
1
1
!
1 0
007
1 7
000
cuni
xarbaxay
fo
botuu
rJik
cuni
xarbaxay
fo
betuu [fik
1000
1 0
+
5
;
2
1000
10
+
,5
l
2
20
004
24
000
cuni qarSeen
Jik fo
nahik
cunin qarSeen dik
fo ;nahik
1000
(10
x
2)' +
4
1000
10
x
2
+
4
50
008
58
000
cuni qarbeen
betik to betuu
tadik
cuni qarbeen betik fo
tadik
,
Cos 8XOlllplos montnmt
que
tous
ces
couples
de
nombres
sont ambigus,
et que même
la di;tinction entre ~etik (cinq) et

-17.1-
1
"rlotuu"Ccinq corn Il i rl Cl il
u n Cl u L r' C
1\\ U III LI r e ),
ne par vIe n t i pas à
i
éliminer les
confusions.
Ce qui prouve que la cause ~e telles
1
difficultés se trouve
ailleurs.
i
!
\\
Il
faut
pour arriver à
discriminer
les
nombres
au
!
sein de
chaque couple,
les mêmes solutions d~ distinption
con tex tue Ile é v 0 q u é e s
à
pro p 0 s
des
n u mé rat ion s 'w 0 lof: e t
p u l a a r
le comput d'objets
concrets ou
la
répétition
du
mult~plicande.
Exemples:
10 ,006 manp,ues
et
16 000 mangues
maango
cuni
xarboxay
fo
maango
betuu
maango
cuni
xarbaxay fo
fo
lel3
maanga
cuni betuu fa
l8p,
lllunEUfJG
1000
1 1 [)
+
III ,1 n E 1J n s [ ,; + 1 )
,
Exemples de
répétit~on du multiplicande pour le nombre
dont
le multipli~ateur'est un nombre intermédiaire
20
004
24 000
cuni qar~een dik fa nahik
cuni
qarbeen
dik fo
cuni
nôhik
1000
(10)x
2
+
4
1000
10 x
2)
+
1000 x 4)
Mais
comme
nous
l'avons vu po~r les numér~tians
1
précédentes,
de
telles solutions ne
sauraient
être
c~nsidérées
comme satifaisantes
dans
une perspective de
passage
~ un système
i
écrit.
La
solution devra partir de
la
cause
réelle
d
telles
difficultés
et
nous
verrons
que
cette
cause est
dec
ractère
structurel.

-1/'1.-
l l - 2 • 3 • S.:· , L E
P f"\\ a 0 L [ 1'1 r=:
0 El L /\\
fJ AS E
En
num6ration
seerer-siin
la
pr.épondérance de
~xarSaxay~= 10 ~our la formation des dizaines jusqu~à 99 est
manifeste.
L 8 S
C 0 III P 0 5 6 s
6, 7 , LI
(] 1.
!J
pou r
l 8 S
n Cl rn ly r 8 5
i n f
1
é r i (] U T' !1
à 10,
comme dans
les
numérations
précédentes,
metterlten
1
é v ide n c e l e l'Ô l e p r i vil é g i é que
ci n q
(b e t i.K) a dO j due r et j 0 u e
encore dans
le comput
de
l'argent.
L'explication que
nous
avons
déjà
donhée sur cette
question à
pro~os des
numérations wolof et
pulaar e
t
valable
pour la
nymération
seerer-siin.
Aussi,
pour souligner l'importance
de
ci
q dans
le
comput
de
l'argent,
nous
contenterons-nous
d'un sim le
tableau
présentant
l'unité
de
compte
et
les va+eurs
success
ves.
On
reconnaîtra aisément
la
ressemblace du
nom de
l'uni
é
de
compte
seerer avec celui
du wolof.
L'unité
"
O-derem a-leE;
"
Sr
2
h
"xa-terem xa-
dag
"10F
,-J
"
=xa-tfJrCIfI
h
x i:J-
5e ttlg
=:(C,F
1 0 ~
"xa-terem xarbaxay
"SOF
20
~
=xa-terem qarbeen dik
=100F
100~
"xa-terern teemed
"SOOF
200 unités=xa-terem teerned dik
"1000F
1000
=xa-terem juni
=SOOOF
2000
=xa-~erem cuni
dik
=10000F

-173-
1
l
Ces indications étant données
à
propos du
comput de
l'argent.
on peut
considérer que
los
g premisrs
nombres
seerer-
siin.
plus
le
nombre
10
(xar6Qxay)
servent è
construire
tous
les
autres
nombres
de
la
numération
seerer-,siin.
excepté
ceux des
unités
100
(teemedJ
et
1000
(juniJ.
Il
Y a problème de
la
base parceque
comme pour
les
cas précédents
nous
nous
trouvons
non
pas
dev6nt
une
numération
écrite de
position.
mai s
de van t
une nu mé rat ion
par 1 é ~ .cI ' ,H\\ ri j t j n n
1
Nous pensons
que
pour
cette
raison,
il
\\
fart
admettre
l'idée
d'une LJôSD
10 pour ceLte
nU!TI\\~rotion. 6t"nl entendu que
l'épreuve du système écrit.
une fois
que
le signe
zéto
recevra
un
nom dans
cette lancue,
trouvera
cette
langue
d~jà;organisée
et
disposée
à
adapter sa
numération
à
un
système dB position.
1
moyennant
certaines clarifications à
propos
nptamment
de
la dispo-
1
sition des
constituants MA/ME dans
la
construction des
syntagmes
multiplicatifs ..
~.

-174-
11- 3
LE
SQUS - GROUPE CANG1N
On appelle
sous-groupe
Cangin.
l'ensemble
constitué
par
les
Ndut,
les
Noon,
les
Palor et
les Saafen',
noms
de
langues
et
éthnies
de
p.opulations de
la
région
de
Thiès
(norc~/centre-
. .
142
l
ouest
du Sénégal).
Sous-groupe
du
groupe at 1 ant~que
' .
a
situation géographique
et l'histoire des CANGIN en font un des
ensembles
les
moins
connus,
mais
aussi
les
plus
inté~essants
po~r la compr6~Bnsion de f'évolution
de
la société
sénégalaise.
1
Sur
les
6
millions
d'habitants
que
compte
le Sénégal,
l'ensemble CANGIN repr~sente environ 1% de
la
population et fait
partie des
4%
de
groupes ethniqlJes,
officiellement
appeilées
,
1
"minorités"143.
Pourtant,
sur
le ~lan linguistique. c~ sous-groupe
est
de
plus en
plus perçu comme
l'un
de
ceux qui
peuvent
le
1
i
mieux attester de
l'existence
d'une
langue
proto-nord",
rendant
1
,
ainsi
compte de
l'unité
de
ce grand
ensemble et
par conséquent
1
144
1
sa
-
parente avec
d' autres sous-groupe du S'
-
'enega 1
,
L~ sous-
1
1
groupe CANGIN
a
été pendant
longtemps
rangé
dans
l'en~emble
i
Seerer,
sans
doute
fjarce
que
r.ellli-ci
est
compnsf-~ de 'ombreux
dialectes.
C'est
ainsi
que
Maurice
DELAFDSSE,décrivan
l'histoire
des Seerer(sans spécifier les
groupes),
note
d'abord
eur origine
commune avec
les
halpulaaren dans
le
TEKROUR,
leq~el
evait
142.
Le
premier sous-groupe
du
groupe
atla
tique
nord
est
celui que
nous
avons
étudié
avec
le wolof,
le
pUltar et
le
Seerer-Siin,
143.Les autres
"minoriLC~s" (ou du moins ce tu'on appelle
officiellement ainsi),
appartiennent
à
d'autres
group
s
éthniques
dont
nous
étudierons
l~
numération
plus
loin.
du Sénégal
~~~; ;~LS~~NEUX' Leo liens historiques des Ilangues
J,
1

175
chevaucher sur les
deux
rives
du
Sanéeal
et
renfermer
non
GU U x
Il u~;
ut: LAro USSL,
toujours
spécifier,
explique
les
raisons
de
leur migration et
de
leur
,
,
\\'
:
localisation
géographique actuelie: '~a poussée des B~rbères vers
le
sud dût
contraindre
les Seerer,
du
XIe
au
XIV
siècle,
à
s'e n f 0 n c e r
dan s
l 8
P û y S
W 0 lof
d' d 1.J U l' U,
e t e n sui t 8
d a ri s I e
Sin 8 ,
au
sud de
ces derniers
mais
la
lanGue qu'ils
parlent
encore

1
!
est
une
preuve
vivante de
leur très
ancien et
très
i1time
contact
,;146
!
avec
les
Toucouleurs

1
,Aujourd'hui,
l'existence
de
donnés
plus
0
moins
récents
conduit
de
plus
en
plus
linguistes et
histor'ens
à
considérer Seerer et
Cangin
comme
des
éthnies distin
tes.
Il
y a
d'abord
l'étymologie
du
nom
"CANGIN".
Il
proviendrai
de
"Jangin",
terme par
lequel
les
Noon
étai~nt appelés par leur v isins
Saafeen. "Jangin"
était
aussi
le
nom donné
par
les
No
n eux-mêmes,
à
la ville
de
Thiès,
~ proximit~ d8
laquelle
leur gr
upe
se
truuve
établi
depuis
fort
longtemps.
1
Dons
le
domaine
00
l~ rpcherche,
les
ntud~s faitos
1
dans
différents
secteur,
convergent
pour
soutenir
!
qu~
les
LJnguos
1
r
146
Il
Cangin
ne
sont
pas
des
dialectus
du
-.J8erer

re~te que, \\<10101'
s e e r 8 r
Ei t
c: a n g :i ri ~; 0 n j~ a lé j 0 U r ci ' f] U i. "1 0 i n s i. n set c: n t p l U S tj El con tac l:~j
;; i. t U d t ~. 0 ~'I
f~ (~ (j r. r· cl fJ 1-, .!.. Li; J ~;
,.I.-i t
r-;!l t'.
(
-\\1\\
,
.
i
,"
J. •. >.j"; f' .-, ,
'"J
" , . -
:..' ~-~ i:.
' . . . ; . J ,
; \\
:l' r",', 1'.'
. )
:
;,
. -:-."
" / "
',.
'. : - !\\J : ...: f\\ i..
l,..

-17(,-
emprunts
entre
l,,?n~ues Cangin
d'une
part.
wolof
et Seerer d'autres
part.
Lorsqu'on
jette UTl
sirnJ.Jlu
regard sur .les ,numérdtioll~;
des
quatre
langues qui
constituent
le sous-groupe C~NGIN. leurs
1
r e s sem b l a n ces s a u t e n t
i mm é dia t e men t a u x y e ,u x e t
for t 1i fie n t
1
l'idée de
leur unité
profonde.
Toutefois.
un examen.! même rapide.
1
,
i
montre que,
pour
la
numération.
Saafeen et Noon
~ontl très proches
1
l ' und e l ' a u t r e.
co mm e
l e s 0 n t
en t r e
eux
Nd u t
e t
Pa 110 r.
Uns e u l
tableau
d'ensemble
présentant
les
nomenclatures
des
numérations
de
ces quatre
langues
aurait
donc pu
avoir
l'avantage d'être
plus économique.
Cependant.
des
détails
constatables
tant au
niveau de
l'expression
de
certains
nombres-paliers.
ue dans
les
stratégies qui
servent à
construire
certains
sch'mes[multi-
plication par exemple).
nous
inclinent à adopter une
position
intermédiaire entre
l'étude cas
par cas et
l'étude
d'ensemble.
AUssi.
couplerons
nous Saafeen
et Noon
d'une
part.
N,ut
et Palor
d'autre
part.
Après
quoi
nous
procéderons
à
l'examenl global
des
147
pro p r i été sap p ü rue S
Q LI
cou r s
cl e l ' (~ t u d e
par
cou pIe
l '
1
147~
Sur
le Saafeen:
voir:
Chérif
MBOOJ.
recherches
sur
la phonologie
et
la morpholor,ie
de
la
langue Saafeen
[purler
de Boukhoul.
th~se de Doctornt rle Ille cycle.
Nice.
1983.

-177-
II-3.1:
T r () n sc ri, pt ion
p ho no log i que
des
son s
C 0 mrn LJ n s !a u x
i1
CANGIN
( S a a f e e il,
No 0 n, 'i\\I 0 ut,
Pal 0 r ) 1 4 8
1°) Tableau
des
consonnes
-:: -= -= -= -= -= -% -= -: -= -= -= -= -= - -= -= -= -= -= -= - -= = -= -= -::: -= -= -= -
labiales
dentales
palatales
v~laires
f
s
y
w
mb
nd
nj
ng
m
n
n
o
b
d
y
d
j
g
p
t
c
k
!
-:::-=::-:=-=-=-=-::;;-= -= -:: -::: -= -= -:: -=
Il
ya
trois
phon~rnes hors
corrl;']ëlti[1r~:h, r
et
b
l l
Y a l e
x: pou r l e N00 n •
Di ri' é r 8 n ces
dvec
le
Seerer-Siin
a )
b/
pa s
d 8
ng
2°)
Tableau
des
vOY8l:Res
Lem ê me
qu' e n S e e r e r -S i i n
( cf: l l • 2 • 3 • 1 )
1 4 e.
S (J U :t'(e.' e:
Ch ér i f
MD 0 U J , o p .
ci t .

-l/ll-
11-3.2.1:
NUMERAUX
CARflIN/\\IJX
NUMERATION
I\\A~nLlJF
SAAFEEN
NDDN
1 •
yi'no
wiino
2 •
ka'nak
kanak
J •
ka'tlay
kaaxay
4.
ni'kis
nigis
5 •
ya'tus
yudus
6.
'yis
na
yi'no
yurllls
ninn
7 •
'yis
na
kü'ni:ll,
yudus
n(~
kflnak
s .
'yis
no
k<l'hay
yudus
Il il
kllûXi.1Y
1
9.
'yis
na
ni'kis
yudus

nigi
1 o.
ndanki'yah
dônkex

-179-
SAAFEEN
NOON
11.
ndanki'yah
na
yi'no
da nkB x
në wiiho
1
1
1
1 7. •
Tl (\\ CI , 1 1\\ l ' YLl h
Il il
1\\ il ' Il n t,
d CI Il k lJ X nU
kOnï:lk
1 3 •
ndank'yah
na
ka'hay 1
dankex

kaaxay
15.
ndanki'yah
na'ya'.tus
dankex
në yudus
1 G.
ndanki'yah
na'yis
na yi'no
/jankex
në yudu~ nino
1 B.
ndanki'yah
oa'yis
na
ka' hay'
dankex
në YUdU6

kaaxay
1 9 •
ndanki'yah
na'yis
na ni'kis
dankex
në yudu6
në nip;is
-
!
20.
ndanki'yah
ka'nak
na yino
dankex
konak
n
wiino
30.
ndanki'yah'ka'hay
dankex
kFlélxay
40.
ndanki yah'
ni'kis
d a,n k e x nigis
50.
ndanki yah'
ya'tus
dankex
yudus
99.
ndanki
yah'yis
na nikis
na'yis
na
ni'kis
dankex yudus n
nigis
në nigis
100.
te'meer
timir
200.
te'meer
ka'nak
timir
konak
1000.'juni
n) uni
2000. 'juni
ka'nak
nj uni
ko n a k
9999o'juni'yis
na ni'kis
na
te'meer
'yis
na
ni'kis
na
ndanki'
njuni
yu dus

nigis

timir
yah
'yis
na nikis
na'yis
yudus

nigis

dankex
na nikis
yudus

nigis

yudus

nigis
10.000.juni ndanki'yah
nj uni
dankex
1
1 0 • 0 0 1 j u n i n dan k i ' Ya h n a yi' n
0
0
nj uni
dankex
n~ wiino
1
11.000.juni
ndanki'yah
na yi/no
njuni
dankex
n~ wiino
i
100.000 • . 'juni
te'rnoor
nj uni
tirnir
1000.000.
milyo~
mil YO!)

-180-
11-3.2.1:
CONTENU SEMANTIQUE
D~S NOMS DE QUELQUES NOMBRES
1 ~; 1\\ 1\\ 1 l i N
l i N 1) 1J N
LAS
noms
rln~
nomhrAs
~jn~ At
rli~
Comme
toujours,
la première
idée qui
vient
à
l'esprit,
1
1
lorsqu'on
s'interror,e sur
le ~nntnnu s6rnélntiqun lins
noms
c1n
nombres,
est
de
chercher à
savoir si
les
cinq
premieis
nombres,
1
puis,
les
cinq suivants,
n'ont
pas
reçu leurs
noms
par référence
!
au
corps
humain
et/ou ses
parties.
Il
semble qUA
ce
Boit
RncorD
i
le cas
pour certains
nombres
en numérati'on
absol ue
S~afeen et Noon.
1
SAAFEEN
I\\JODN
cinq= ya'tus
cinq= yudus
dix = ndanki'yah
dix == dankex
149
Le R.P.C.
TASTEVIN
note qu'en
Noon,
"y
h"
signifie:
"bras"
"poignet"
et
"main".
De
son
côté,
Chérif MBDDJ
écrit:
Le
card
nal
pour
"dix"
fait
référence
au
nombre
de
doigts
des
mains: ,ndanki
yah.
Il
s'agit là,
semble
t - i l
d'un
composé
figé:
ndanki
'ya
"
"la
poignée
150
(de)
b r a s .
En
d6pit
des
différRn~es lRxicnlns qui ne pOsRnt
pas
de problème
d'intercompréhension
entre Saafeen e
!\\Joan,
les
deux études
citées
permettent d'affirmer que
149
Le R.P.C.
0
TASTEVIN
Vocabulaires
in~dits de sept
dialectes Sénégalais
dont
six de
la Casamance,
journ61
de
la
Société des
Africanistes
t.6,
1936.
i
1GO.
Cil(!!'if
l'1UDOJ,
up.ciL,
p.1U7u

-lIH-
Chez les Saafeen:
"ya'tus"
indique
une
seule main
et
se
refère
aux cinq
~oigts, et,
selon
toute
vraisemblance,
le
terme
Seerer-Siin que chez les wolof,
a pour rôle
d'insi5t~r sur le fait
qu' i l s ' agi t
d' une mai n,
l i t t é raI e fil e n t
=" l a
mù i n e t Ir i e n cl' a u t r [! • "
1
Par contre,
pour nommer dix,
ils
font
app~rartre
:
cl fl i r Q m8 n t
Cl u ' i l " ' ,l g -L t
rl Q
r 6 Il n i r
l r~:.
d [J U x
fil ,l:i n:j.
en! Cl lJ n
t: r il c111:i. 1:
i
1
bien
l'expression
"ndanki'yah=poignée
(de
bras).
Et ~i
dans
cette
le
terme
Noon
"dankex"
~ la même
signification.
Le
nom des
nombres
"cent"
et
"mille"
en Saafeen
et
Noon
te'meer
1
timir
'juni
Injuni
Il
saute aux
yeux que
ces
noms
de
nombres',
res;J.8sti-
veinent
pour
"cent",
et
"ml'Ile",
t
l
~
l ' "
"
son
es
memes
que
e
temeer
1
et
le
"juni"
1
du, wolof
et, rappollent
les noms
"teemedare"
et
"ujunere"
du
pulaar.
Ce qui
a
été
dit
sur
l'origine
du
nom de
ces
nombres
P our les numérations
wolo'f,
pulllr
L
[
nt
"
'-ee
r "
.:J
r e r - _, l l n
e s t
V é1 l
bl
il·
(J
pour les
nurnérat;iol1s Saafeen et
"Noon"
(voir uussi
plus
loin
lé!
discussion
sur le problème
de
Iii]
buse).
x
x
X
X

,
-
1/J2 -
1 J. :l . 7 • 7:
L f\\
C C1 N ~~ T R Il r, TIll NI) 1;,
rHl 1'1 ~~
rH
Nil MI lin ~~
;., f\\ f\\ r ,~r:: N rI
NI](.1 N
Dan s I e s
n um é rat ion s' S a a f e e n e t
N0 0 n , o n , t r 0 u ve
d eux
1
"cinq"
et
dix:
des
schèmes
complétifs
et
des
schèmes
\\
1°)
Le
syntagme
coordinatif
En
Saafeen
comme
en
Noon
le
schème
coordtnatif

valeur
d'addition)
peut
êtte
simpl,e
( s ' i l
ne
coordo~ne que deux
nombres)
ou
double
( s ' i l
coordonne
trois
nombres).
a)
Schème
coordinatif
simple:
les
nombre
de
6
à
9
6
7
Saafeen:
yis
na
yi' no
yis
na
ka'nak
cinq
et
un
cinq
et
deux.
NOD n:
yudus
nino
yudus

hana
cinq
(et)
un
c i n q
e t
d f~ U X
(de
toute
évidBnc8
"nino"
8st
(Jnn
r.ontrclr.tion
j
If
ni "
(n
n l-1
nt.
lin
"w i 'j Il (1" )
1
1
1
Autres
exemples:
les
nombres
de
11
à
15
1
.
1 1
1 5
Saafeen:ndanki'yah
na
ni'kis
dan k e x n a
ya' t,u s
i
10
et
4
10
et
is
Noon:
dankex

nigis
dan ke x
n ë
y u d u,s
10
4
1 0
et
5 i
1 5 1 • Pou r
l 8
No 0 n:
v 0 i r
J ca n n e
L 0 pis,
Th ès ,e
d e I Ile
cycle,
ch.Bu (ext;cJit l'lu manuscr.L::,
'l'',;,i.lT8IlHJutureJ.
:
Pou r
l e S a a f e 8 n;,
[ h 6 r i f
MBOO J:
0 p • c i t '.
:

-183-
b)
Schème coordinat if rfnllble
Exemples:
les
nombr~s (Jn 1r. (\\ 1:1
1 G
19
Saafeen:
ndanki'yah na yis
nayino
ndanki'yah'na
is
na
ka'hay
10
et
5
et
un
10
et
5
et
3
Noon:
ndankex në
yudus nino
dankex

yudu

kaaxay
10
et
5
et
4
10
et
5
et
3
2°]
Le syntagme multiplicatif
aJ
Syntagme ~ deux constituants:
un multiplicateur et
un multiplicande.
Exemple:
la con6truction
des
dizaines
20
40
50
Saafeen:ndanki'yah
ka'nak
ndanki'yah ni'kis
n dan ki' , ya h ya' tus
,
!
[ 10)
2
[ 1 0 )
4
[ 10 )1
5
Noo n:
dankex
kanak
dankex
nigis
dankex yudus
( 1 0 )
( 1 lJ \\
4
( 10 )
5
Lac 0 n's t r LI c Lia n cJ Cs" r. r: n Lili n I~ 5"
j LI f, q lJ • il
500 et
cl ~ s
"mille"
jusqu'ê 5000.
200
500
4pOO
Saafeen:
te'meer ka'nak
te'meer ya'tus
j uni
ni' .k i s
(1000)
2
(1000)
2
(1000
4


Noon:
tJJnir
ki:Jnùk
t i "Ii r
y LI ri U El
( 1 00 J
2
( 1 00 J
5
.(1000)
4
b)
Le' schème
parenthétique
Pour les
nombres
de
60
à
99
60
99
. ,
1
BD
Saafeen:
ndank.i'yah
Vis nayl IlO ndanki' yah' Vis
ndank~'yah'yis na
na
ka'hay
ni'kis
na'yis
nani'kis
( 1 0 )
+
1
1(1(',+1\\ )+(rjtl\\)
Noon:
dankex yudus
nino
dankex
yudus

k.a.axaY i
( 1 0 )
(5
+
1
( 1 U )
( ']
+
3
)
1
,
Pour les
nombres
de
600
~ 999 e~ 6000 à 9~99
600
900
1.
Saafeen:
te'meer'yis
na
yi'no
te'meer
Vis
na.ni'ik.is
1
,
( 100 )
5
+
1
[ 100 )
5
+
4)
i
1
NOD n :
timir yudus
nino
timir
yudus

nig's
( 1 00 J
( 5
+
1 )
( 1 00 )
( 5
+
4
)
Saaf~: 1 j uni 1 Vis
nayi'no
na
kanak
' j uni
Vis
na
k.a
hay
(1000)
( 5
+
1 )
+
'")
"-
(1000)
( 5
+
3 )
Noon:
njuni
yud us
nino

ko na k
njuni
yudus
n~
ka
xay
(1000J
5
+
1 ) +
2
(1000)
( 5
+

-lLly-
3°)
Système
parenthétique
et
nXIJr8ssion
dns
Grands
n mbres
Soit les
couples
de
nombres
ci-après:
10.001/11.000
10.002/12.000
;
10.003/13.000
;
20.092/22.000
30.003/33.000
1001
10.001
1 1 • 0 0
Saafeen:'juni
na
yi'no
, j uni
ndon ki' YcJh
na
' j un
ndankityah
yi'no
na
ino
100 et
un
(1{\\rJ()}
1U
..
1
( 1 Cl 0
10
+
N 00 n:
n j un i
n ë
wi i no
njuni
dùnk8X

wiino
nju
i
dankex
n13
wiino
1000
et
un
(1000)
10
+
100
10
+
1
!
!
Apparamment,
il
y
a
ambiguité
pour
l'exprèssion
des
1
nombres
10
0001
et
110000.
Et
pour
discriminer
ces
déux
nombres
il
faut
faire
intervenir
une
stratégie
différente,
qt;Ji
consiste,
i
dans
le
c,os
de
11'.000
cl
rélJ(d,nr
"lldl]R"
i'lprns
wiino:
Expmrlp.:
11.oo0=njuni
dankex

njuni
wiino=
(1000)10
+
1000: (1)
,
On
note
la
même
impossibilité
de
discriminer les
couples
10 00007./17. • 000 ;- - - -- -70o/2/2? [] 0 n- - - - - -- 3 [) 0 0 3 / 3 J 0 n0 - - 0;0 21 ma iris li r!
recourir
au même
procédé:
répéter le numéral
t;mille"!avant le
numéral dec unitéc.
1
Prenons
le
couple
20.002/22.000
,
Stratégie
ambi~u8:
200002
22.000
Saafeen:
'juni
ndanki'yah
ko'nok
na
ka'nAk,
'juni
ndanki'yah
ko'ntlk
nn
ka'nak
Noon
njuni
dankex
konak
n13
kanak
njuni
da~kex konak

kanak:,

-lllG-
1 t 2
Solution pour 'IJnr.
"t.ratér,j[)
r.xp.mpt. e rl'nrntlir: uité :
i
1
220PO
=
vinr,t
mille plus
deux mille
L
.
Sôclfep.n: ' j uni
nn,lnki J yah' \\\\,1' nnk
n,l
Junl
kil'nFlk
1
[
/1000/
1
10, /
/2/
( 1000)
2
Noon
njuni
dankex
konak

nju~1i konak
[/1000/
/
1 0/ / 21
/ )
+
(10nO)
2
1
1
L'examen
du
synta~mp multiplicatif et du syst0me
i
parenthétique en Saafeen et
Noon
permet,de
faire
les
remarques
suivantes ~ propos du rapport MA/ME.
1
i
1
Première
remArque!
Dans
ln
num~ration Saafeen et ~oon, l'ordre
MA/ME
(multiplicande
suivi
du
multiplicateur)
est
un
ordre
contraignant.
Il
faudrait
comme
pour
les
autres
langue
et
systèmes,
chercher
l'explication
de
cet
ordre
dans
celui
de
mots
et
sin guI i Rrem e nt
d ù n s
cel u i
C]LJ i
r. il r net 'é ri s [)
1 (2
l' Ù P P
l' t
co mp 1 (, t ,\\11 1 /
153
complété
du
syntagme qua2ificatif.
Si
comme
ique
J.LOPIS
,
le nom de
l'objet
nombra
vient
avant
le
nombre,
0
peut
considérer qUf1
c'est
là qllr!
"fl
trolJv[)
l'eXfllicati
n rln
l'orll!'!'
MA/ME en numération Saafe[)n nt Noon.
152.
Il
Y a
bien
sûr comme
pour
les
autr~s numérations
la
possibilité de
recouvrir au
contexte pour éviter
l'ambiguité.
Mais,comme
nous
l'avons
déjà
souliv,né,
cette
solu~ion est encore
moins
acceptCllJI[)
au
re[';arn
(1(2
li)
numération
absolue.
11
1
1 53 •
op.cit.
ch.
r; ;

-lU7-
Deuxième remarque:
Les
syntagmes multiplicatifs s
nt des
syntagmes
compl~tifs d s~quence imm~diate ~
lemu
tiplicande
et
le multiplicateur sont
juxtaposés sans aucun
rphème
indicateur de
l'opération de multip11cat~on. Du
noms
des
nombres
10,100 et 1000 sont invariables
sont
pas
soumis è la
règle d'opposition
de
nombre
qui
térise
les
langues
à
classes
et affectent
certaines
de
leurs
construction
des
nombres.
x
x
x
x

-lUU-
11-3.2.3:
LE PROBLEME
DE
LA BASE
EN NUMERATION SAbFEEN ET NOON
L'analyse du
contenu s6:nantique des' noms: des
nombres
i
i
"cinq"
et
"clix"
nous
a fait
voir què
la
numération Saafeen
et
1
,
1
Noon
est
de
celles
pour
lesquelles
cinq
est'incon~estab18ment
,
un
premier palier
Ccelui qui
scinde
les
nombres
de 1 à
9
en
1
1
doux ordres),
et
un
nombre
qui
dans
l'hypothèse
C~ctu81lRmnnt
\\
f.'i\\ll!\\~;nl Il'IIfll1 1l111l1(!I'nl;.Ion '111111,,11'11,
1'1111\\1111111
'111"11 1 {lnlll'I"'1
avoir
joué un
rôle
importa~t dans un ~ystème antérieur,
aujourd'hui
en
recul.
Il
filut
rj'ilutant
plus souligner cn
fnit,
que
les
noms
des
nombres
5
et
10
sopt
respectivem~nt celui de
la main
et
celui
des
deux mains
jointes.
1
Mais,
ainsi que
nous
en avons,vu
le
~odè e en wolof
et
e n Pu l a a r,
pou r
que" y a • tus "e t "y LI UU S" 5
soi e nt
bas e
de
l a
numération Saafeen et Noon,
i l
fillHiriJit, une
toute
autI'e
stratégie
Ccf:II.2.1.5J
Il faut
en
particulier pour admettre
cel
et
reconnaître
la
r6alitl<~ de
lil IJLJse décilllülc {ln llumC::riltion
parI
e
absolue,
souligner une fois
de
plus
l'existence et
l'impor ance
des
deux
catégories
de
nombres que
sont:les
nombres
de
6
à
9
le
nombre 10 et
ses
multiples.
Pour
la première çatégorie,
ain~i que
s
l'avons
8 m1 El l'
1li v (J il U
d'intérêt,
celui
d'avoir
un
type
de
construction
i,ffér8nt de celui des
nombres
de
1 ~ S,et
de mElttrr.
8n
rnli8f
l'inciden e des
noms

-189-
de
nombres
composés
sur
le, rj('narnhïl'CI\\8 1lt.
pi]rticul' èrement
diH1S
une
numération
parlée
(cf:
exemples
et
cas
rl'ambiguité).
Ils
ont
un
deuxi~me niveau d'intérêt:
celui
de
l'usage
et
de
la
pratique
et
qui
les
fait
considérer par
les
locuteurs comme
des
lexèmes
dis~inc~s. ,o:ns l~ s~ntagme:"YiS na Yf'no": Si . .
l'on
met
de
côte
l ' l n t e r e t
theorlque
de
la
struct~re Ilnr,u~st~­
\\
que
qui
permet
de
nommer
et
d'identifier
ce
nombr~,
le
1
1
caractère dérivé
Ol!
compo!:",(:
iln
r.1~ !lOrnlll'(l
(six)
n'f~st PiH,
1
i
conscient
chez, les
locuteurs,
exactement Comme
lonsqu' en
f r a n ç ais
0 n
cl.i t.:
( 1( 1i1 (; r D - vin f; t ~; .
La
seconde
catégorie
rie
nombres, c' 8~t
À
dj,re
ln
nombre
10
et
sos
multiples. ,comporte
le
même
type
d'intérêt:
on
dit
"ndan~i'yah en Saafeen sans penser forcément à la
.
1
réunion
de
deux
mains.
Au
regard
de
l'histoire
des
techniques
i l
est
cortof:'.
'L.f1Iflort,lnt
dn
nnt.f:r
q 1J'Ll Il!'
Il 1J rn ('1' iJ t :[ 0 n ! a c Luc l l 1) •
1
1
l'
possède
des
traces
d'une hao,p' il nt (rieur'e:c'8c,t LO} un ,des
j
Illlj C w,
,
1
l El s
pl us
sign:L i'i Cil Li f~,
de
son
,')volution.
Enolltr!',
l'e
fll~.t que
la
nouvelle base
domi nante
UJix)
porte
un
nom
faisant
expli-
,
citoinentroférence ,lUX ,deux
m,li ilS
comporte
pl usieurs
niveaux
,
li e s i ['; ni fic a t ion .
il
met
en
('Vi[jf~nce' le privilège ,dont les
dix doigts ont souvent joui dan~ les systèmes de nu~ération
d'un
r,ranrl
nornhl'R
ri"
pcuplf);"
ni:
~,<l clnrl1ini)i;lol1 rinalR dllllS les
1
1
systèmes
écrits.
MiÜS
ce
qui
est
encore
p~us remarqïable , c'est
la
singularité de
la
situation
ne
la
numération
Saafeen
et
Noon
en
c e qui
con cel' n 8
l cl
dés i r, n cl t :l 0 n
r III
r il .l:l n r ;) fJ. r~ n r, é n () l'il l , ( (~ t
nous
le
constaterons
largement
avec
les
numérations
du
sous-
groupe BAK), lorsque
les
noms
riRS
nombr85
5
8 t
1D
58
refr!rcnt


-19U-
,
El X pli c i t e ITI e n t
iJ
l iJ ITI ù i n q t
é.l u x
II (3 U X III iJ i n s,
c (3 U x qui
!il é sig ri e n t
Ju
I\\ollllirn
LU
~>lJ
r'f~fl':I'I)flL (jr~ ..l.I()IIII!III::1
l'lltlf1111ll1dr!
tlns
(foir',I.:;
iii:
1,1
personne
humaine.
Le fait
que
ce
ne
soit
pas
le cas
du Saafeen et
du
Noon
pourrait
ôtre é8ùlement ln conséquence d'une
réforme
rlo
leur numération
ayant
abouti
à
la
substitution de
la: numération
1
décimale à
une
ancienne
numération
dans laquelle
lesl nombres
S,
10 et
20
auraient
eu
une place
privilégiée~
1
1
Mais
il
est
bien
certain que
pour avoir dbs
chances
1
1
de
trancher cette question
il
faut
ues
investigationf
plus
poussées.
1

-191-
11_,3, 3. 1: LA NUMERATION NDUT ET PALO
11-3.3.1:
LES NUMERAUX CARDINAUX NOUT ET PALDR:
Numération absalue
NDUT
PALOR
1.
yifië
yino
2.
ana
'ana
3.
éeyë
'eye
4.
inil
'inill
5.
ii P
iip,
6.
pëënë
payna
7.
pa ana
paana
B.
peeye
peeye
g.
paynil
paynill
1 C!.
sabboo
saba

-192-
\\
1
i
NDUT
PALOrs
l
'
, . .

1
11 .
S,abboo a yinë
SaDa a Y:l,n9
12.
Sabbo a anA
1
SaCo ù
ùna'
13.
Sabba a éeyë
sq60 a
eye
1 5 • Sabba a
iip
S a6 a ' a i i p:
16.
Sabboo a
pëënë
SaS 0'
El
P 0 yn 0
i

1
1 7 • Sabboo a p,Bana
Sa60'a
paélna
1
1 B • Sabboo a [,l r~ r? y [J
Sq6a'
ël
pee~e
1 9 • Sabboo a paynil
SaSo 'a
payn! ;l11
1
20.
Saba Y ana
SaGo'
ana
21 • Sauay ana
a
ytne
saGo ana a
yj,no
30.
Sabay Reye
Sn(;o
nyp
40.
Sabay inil
SaSo
i ni 11
50.
Sabay iip
Sabo'iip
60.
Sabay pëënë
Sabo poyna
90.
Sùbay
paynil
sa'G o payn i l
1 00 • ti'meer
,tRp.mnpr
2LJO.ti'rnoor l] n CI
teerner ona
1000.juni
juni
2000.juni ana
juni
ana
10.000.juni SabbQ
juni sï1bo
10.001.juni
sabbo a yinë
juni
saba a
ino
11.000.juni sabbo
a
yinë
juni
fit-1CO
a
ina
100.000
jlJni
ti'mrnr
.llltl.i
f,1~r~l1Ir~nr
1.UIlO.OlJO.I1ILI-Y(I!J
lIlll-YIII)

-193-
11-3.3.2:
CONTENU SEMANTIQUE DES NOMS DE QUELQUES NOMBRES
'FONDAMENTAUX NOUT ET PALOR
La première idée qui vient à
l'esprit lorsq~'onl a une vue
1
globalbe de leurs
numérations est de savoir s ' i l
y al inter-
i
compréhension entre
les différentes langue~ Cangin 0
,
à
tout
le moins,
pour la numération,
l'usage des mêmes
noms
de nombres.
Un rapprochement
entre
les
couples Saaf~en/Noon et N~ut/Palor
1
1
constitue donc
un premier moyen et
le
plus
naturel
d13 s'informer
,
sur le contenu sémantique des
noms
de
nombres
Ndut
e
Palor après
l'étude du couple
précédent.
Et d'abord les
nombres
e
1 à
5.
Pas plus que
nous n'avions pu
trouver
un contenu sémantique
aux noms
des
nombres
1,2,3 et
4 Saafeeri et Noon,
nous n'en
avons
trouvé en Ndut/Palor.
Mais
on
note déjà à ce
niveau
es
ressemblances entre certains
noms
de
nombres.
SAAFEEN
NDDN
NOUT
PAL R
1.yi'no
wiino
yinë
yi no
2"ka'nak
kanak
ana
ana
3uka'hay
kaaxay
éeyë
eye
4.ni'kis
nigis
inil
inil
1
i
L'homophonie et problablement
l'existencel d'une racine
commune pour chaque
nombre,
permettent
de
dire que l~s noms de
i
1
nombres sont,
(compte tenu
de variantes
lingui~tiquef déterminées),
1
les mêmes
pour.les
nombres
1,2 et 4.

-194-
Le
nom du
nombre
~ on pllrticulïer. comme nous le
verrons plus
loinCcf:VI-II)
a
sans
doute
la même racine qu'un
très
grand
nOI1l:;
i11)
nUl1lbl'Ul;
d,JIl~i IB5 liJJlgUIJS lIugi'o-ùfrlcdlllUs.
On peut déjà
rapprocher: Il
" "
" " • .
"
n .

"
"
"
ni'kis/nigis
et
Inil
et
'Inlll
de
nay
en
Pulaar
(etc).
On
remarque par contre que.
le
nom du
norbre
3
est
1
différent
dans
les
deux couples
de
numération:
\\
1
ka'hay/kaexay
pour
le Saafeen/Noon
éeY~/'eye pour
1
le Ndut/Pulor.
1
!
Le
nombre
5
a
dans
les
deux couples un
n~m ori~inal
1
e t
seI' t
à
1 a
con s t rue t ion
des
no rn b r e s
6. 7.
8
e t
9i.
i
Les
locuteurs que
nous avons
interr;ogés' I nous ont dit
ne
pas
connaitre de
sens
déterminé au nom du
nombre
S en Ndut et
,
1
Pal or.
Selon
eux.
iip/iip
ne signifie
rien·en par~iculier qui
,
1
,
p u i s s e f air e pen sel' a "m a in".
" p 0 i n g ".
0 u
"b ras" :e t c. ••
Sur c e
1
pla~ le couple Ndut/Palor diffère encore du couple Saafeen/Noon.
1
puisque
nou~ avons vu,que pour CR dernier. '~a'tu~ peut être
considéré chez
les Saafeen par exempls comme signifiant
"la main"
L8
n'O rn du
nom br e
1 0 en
Nd IJ t / rai 0 l' con s t i tue
un
c ,) s
qui
se
prête davantage
à
la ,comparai~on.
Hl
NduL
Palor:
sabo

-1<)~-
L Cl
cl i f f Cl l' IJ n C 8
18 xie [j le du Nd Il t ! 1"" l n l' [~t ri LJ Sa êl f e e il! NOD n f1 s l,
manifeste:
1 n
Saafeen:
ndanki'yah
Noon
dankex
,
C 1 [1 S 1.
il] n r s
plu t êJ t
il V n r:
r: nI u j
ri u Pli l <l il l'
Cl 1JEl
] n
fi fi fil
,
<III
II n 111\\1 " 1 !
1 Il
" I I
N il Il 1.
" ,L
l'il 1 1) J'
: 1 1 J 111111 11
(1 VI) .1. J' 1 11
Il 1 LJ !l
<Il J
J' 1) : l :; " Il il, 1 <1 Il (; " •
En effet
le P~laar dit
sappo~10
Ce rnpprochoment
nVf1C
le Pu'loar entraine ,deux con,,()-
que n ces qui
n 8
mal' que n t
pas d" i n t P. l' ê t .
,
D'abord
il
accrédite quelque
peu
l'idé~ d'une origine
\\
commune des
halpulaaren
et
des
Seerer en
général
(;\\seerer-Siin,
Cangin etc .• l.
Evidemment,
fonder
sa conviction sd1r
le
seul
cas
1
du nom du
nombre
10 serait
un
ùrr;umen"IJ
bien mince,\\ et
cette
,
i
parenté serait alors plus
évidente entre
le Seere~~Siin et le
1
pulaar qu'entre
ce dernier et
le
couple Ndut/Palor,
car excepté
,
le nom du
nombre
4.1e
nombre 10 serait
le seul
è
donner quslqup
raison
d'expliquer sur
le
plùn
lexicôl.uno
telle identité
d'ori.r;in8.
Toutefois,
si
l'on prend
au
sérieux
semblance
lexicale:
Sappo(en pulaarl
sabbo/saboCen Ndut/Pala
J,on
peut
arriver à
une
deuxi.ème
conséquence dont
l'intérêt
oncernerait
même à
la
limite
un
autre rapprochement Saafeen/Na n et Ndut
Palar.
S i c a m[no
na usa van s e s 5 d Y()
deI e mon t re r
" s Cl p P (] "s 1. e rl i -r i (1
le: s
"LI eux
ln il l n s"
1: n i ' u l i) n r ,
0 Il
P 8 U t
s e
d e III il n Ll () r

-1%-
\\
!
s i s 0 n 0 t Ymol 0 g ion ose S Cl r i] i L P il S
con s () r v () u li Cl n sis a b b 0
r; t
1
s a ~; 0 du Nd u t / Pal 0 r. End' n lJ t r 8 5 ter me ,5, mê mP. 5 i
lis Nri \\1t
P. t

1
les P ,] l 0 r
n 0
!3' C n
S li Uv ion r1 () n Lill lJ S,
l 8
fl 0 rn
e LIe
f0 nLor1u
s é man t i que
n e
s e rai e n t - ils
pas
lem ê me que c eux
d
Pl
1
J l a a r :
D'autant que
le Seerer-Siin a
un
nom différent
po
r
10(=
xarGaxay),
ce
qui
empêche de
chercher de
ce
côté-
~ l'origine
de
sabbo/sa5o), et
que cette
solution amoindrirait
l'écart
entre
les
couples Saafeen/Noon
et Nd~t/Palor sur
ette
question,
puisque
de
part
et
d'autre,
10
sienifie aient alors
les
"deux" mains·
F\\3ppelons que
pour le Saafeen..
e
terme
"yah"
signi'fie
"brns"
et
dilnki' Yilh=
poir;nun
ue
matns.
Les
nombres
1,2,3,4,5,10,100
et
1000
êtatt les nombres
,
fondammentaux
de
la
numération
Ndut/Palor,
il
nou~ reste à
1
examiner
les
deux derniers
nomlJros
ayant
un
]p.xèm~ orif,incll.
i
Il
s'agit
de
100
et
de
1000.
100
100n
Ndut:
timéer.
junni
Pùlor:
tuornoer
juni
En
partant
d'un
point
fin
vue
purement
ph<;Jnolor,iqlIP,
on peut par rapport
au
couple Saafeen/Noon ,et
parirapport
au
wolof,
au
pulaàr et
au Seerer-Siin,
faire
les
rem~rques suivantes:
,
ê
propos
des
noms
des
nombres
100
et
1000
en Ndut/Palor
1
100
1000
Wolof
teemeer
junni
1
Pulêlélr
tecmedero
ujunere
1
Seerer-Siin:
teemeed
juni
\\j
"
\\

-197-
100
1000
Saafeen:
te'meer
juni
Noon
timir
njuni
Ndut
timéer
juni
Palor
teemeer
juni
L ' i.n f ]
t r F! S
Il l' CJ 1) ilb] n
cl li
W 01 o r s li r
l rl
li n n en
'1
et
sur
les
langues
Cangin est
assez
visible
dans
l'~xpression des
,,
nombres
100
et
10UO
en
Ndut
et
Pêl1C'I',
encore
que
poLjr 100,
le
1
Se8rer-Siin soit
plus
proche
d~ Pulaar.
!
11-3.3.3:
LES SYNTAGMES NUMER~UX
NOUT ET PALOR
Ils
~ont d~ même
structure que
ceux obse~vês en
numération Saafep.n
et
Noon.
f\\prÈ~s les 'lexèmes originaux désignùlll:
les
nombres
de
1
lJ
S,
puis
Ins
n'omhres
100
et
1000,
les
AlltrRs
nombres
sont
en~enJrAs et construits
par
LI if U! l'l~ nt e s' st rat 6 g i 8 S
1
Le
schème coordinntif
simple
Les
nombres
de
6 à
9
6
7
B
9
NOUT:
pëënë
paLlna
peeye
paynil
PALDR:
payno
paana
p eeye
paynil
Ces
nombres
sont
construits
è
partir du
1 xème
"iip"
(=5)
dont
seule la
dernière
consonne
est
conservée,
n y
ajoutant
le
nom de
l'unité
nucessaire
pour'
otJtElnir
le
nornlJre
orresponcJant

-.l'Ju-
(6,7,8
ou
9).
C8ttP.
constrllr.tinn
"'Ilr.r.nrllflllr,rH'
rlr>
tl';nn;,rflr'f1lolli(IIl~;
morphologique
qui
ne
posent
pas
de
problème
de
compréhension
quant
au
rappor~ rio ces nombres construits avec le s, précédents.
On peut
toutefois
se
demander si
l'on
est
en
présenbe
d'un
schème
complétif è
valeur
additive
ou
d'un ~yntagmel coordinatif?
Dans
le
dernier
cas
i l
faudrait
pouvoir
idenfier
le: morphème
de
coordinaticin.
Il
ne
fait
pos
de
doute que
ce
coordinateur pst
le même
que
celui qu'on
trouve
dans
la
construction~des nombres
intermédiaires
qo 11 à 19, Il s'agit dans
la
numération
Nrlut
et
dans
la
numération Palor,
d~ morphème/a/="et",
"~vec",·plus".
,
Les modifications
qu'il
subit
dans
les
nombres
p~ên~ (six) et
"peeye"
[huit)
n'entrave~t en rien la possibilité de le recon-
naitre.
Reste
iJ
silvair' si
le
InclJLHur
consi(H~rr~ ces nombres
comme
des
syntagmes
coordinatifs
ou
l'~quivalent de noms de
nombres
originaux.
1
1 1
1 ;'
1
15
!
1
1
Ndut:
sabbo
a
yinë
sabbo
a
ana
5 a bbio
a
iip
1
i
10
et
1
10
et
2
101
et
5
!i
iip
Palor:
sabo
a
yino
saba a
ana
sabol a
10
et
1
10
et
2
10
et
5
Le morphème
de
coordination
"a"
est
toujours
présent
pour tour
les
nombres
de
11
à
19.

-199-
~;I:III':IIIII
_ _ _ _ _ _
1:11111',1
_ _ _ _ _
i
_
Il'11.
_1
i l
'illllllll"_
Les
nom b r e s
et 0
1,!J
i"
1 D:
[ x e III pIc ~; :
1 G
1
10
19
Ndut:
sabbo
a pëënë
sabbo
a
peeye
sabbo!a
paynill
1
10
et
(S
et1J
10
et(S
et
3)
10
et(S
et
4)
\\
1
\\
Polor:
sa60
a poyno
sab bo
r]
peeye
sabbo'la paynill
i
10
et(S
et
1)
10
eUS
et
3)
10
et(5
et
4)
1
Oans ce que
nous
appelons
ici
schème
coorqinatif
do u b 1 e,
de meu r e l il q LI () s t ion dl) ~j d V n i r
s ' il
B S t.
P (J n s é e t
.. 5 r; nt i "
comme tel
chez
les
locuteurs
Ndut
et
Palor.
Schème
complétif
simple
à
valeur multipli
ative:
Exemples:
20
30
200
300
Ndut:
sa6ay
ana
sa(;ay
6eyë
timéer
ana
juni
éeyë
10
2
10
3
100
2
10\\0 0
3
Palor:sabo'ana
sabo'eye
teemeer'ann
j u n\\i ' e ye
10
2
10
3
100
2
100 0
3
1
1
1
On
rem ü r li u 8 l'a li u 8
Il]
C (J r J ~i t ru c t ion
d es
et i z ai1 ne s e s t
1
marquée
en
NOUT
par l ' apparit ion du
suffixe
"ay".
Ce !suffixe a
la même
allure que
celui
qu'on
rencontre
dans
le
pluriel
des
noms
de
nombres
en
position
de
complété,
comme
en
Pulear:
1
,
cappande=dizaines.
Cette caractéristique
de
l~
constr~ction des
d i z a i n e s n ' a pp a rai t
pas
e n Pal 0 r
e t c e 5 s e
d' a p p a' i t r e
e n Ndut
lorsqu'on
aborda
les
centaines
ct
180)
"mille".
F"renons
encore
quelques
exemples:

-20U-
D'abord pour
les dizaines:
20
'lI)
~J II
NDUT:
sa~ay ana
sa6ay
inil
sabay
Pel nUl
PALOR:sa6o'ana
sa60 1 inil l
saba'
paTill
Ensuite pour cent
et
pour mille:
._-----------------------
1
40U
10000
i
NDUT:timÉler inil
junrhi
iip
j unni
sabbo 0
i
1
PALDR:
teemer
inill
juni
Hp
juni
sa6~
1
1
Ce
changement
au
niveau
de
la
constnuction est
dO
soit
i
à
la nécessité de marquer ainsi
l'accès à
un
nouveau palier et
à
une
unité
nouvelle,
soit
à
un
wffet
de
l'infl,uencejprobable
1
1
du
wo l of •
1
1
Par contre,
pour la numération Palor,
les\\syntagmes
1
multipli,catifs l [1our tnlls
]ns
nnPIJlI"
cles
c1izninr:5,
des
C81ItëJlrll)~j
1
I"L
Ju~ IlJillu, SUlit CUll5tl'ults pu!' St!Cjuenr;e imméuiate,des
constituants.
Nous
pourrolls v6rifipr cRtte
riiffl'irnnce riRS
doux
1
numérations
en examinant
d'autres
types
de
syntagmes.
Le schème parenthétique
1
Exemples:
23
207
85 0
1
1
NDUT:
sa6ay
ana a eeyë
timeer ana a
paana
t i me eir pee y e
a
s a b a y
1
i i P
1
(10)(2)
et
3
/100//2/+7
/1 00 Iii 8 1 + ( 1 0 ) ( 5 )
PALDR:
sa50 ana
a'eye
teemeer ana a pana
tnemeller
peeye
a
5nflO
i ip
1
1
/10//2/+
3
/100/
/2/
+
7
/100/
18 1 +/10//5/

-LU1-
Ln
1:[III'ù t 1 III: Li 1111 [Ir:
I~I~,~
11111111,1'(:"
cn nfi rrnfl
rlllfl
Ililll ('
11'
Palor,
~ la différence du NDut, les synt~gmes multiplificatifs
juxtaposent
les
cnnstituùnts.
['ost
CR
quo
nOLIs
avons
fi [",II r(:
1
par
une
différence
de
notation,
en
notant
par des: parenthèses
1
la multiplication
da~s le cas des syntagmes multi~licatifs
N0 UT
t.ra1ts
nhljqlll~:'.
8 t
e n e n l'; il ri r il n t
1 e s
r. n n F, t -ï t 11il n t S
f1 il r
ri n :,
1
cl ô n s I e
c a s, d u Pal 0 l',
pou r
III
d'uhe
séquence
ël r Cl u e
l'e x i s t 8 n c e
immédiate.
Par ù i 1 10 11 r 5"
L1
c'u n " l l' 1J C Ll D n cl 8
C B S
nom b r e SpI' ê s e fl t D
deux
exemples
de
sch~me pilI'8nLh0tique:
un
syntagme multipl-ïcilttf
additionné
~ un numéral des unités.' Et la coordination de deux
s y nt a g m8 S
co 0 r ri i n.:l t i f s.
No LI 5
\\; e rI'O n 5
d' au t l'es
cas
en
ab 0 rd il n l
les
grands
nombres
en
numération
Nrlut
èt Palor.
Pour
le
moment.
lEl
description, de
ces
différents
types
de
syntagmes
nous
permet
de
faire
une
autre
const
tion.
Il
s'agit de
l'ordre
de
disposition
des
constituqnts
dans
le
syntagme multiplicatif.
Le
Ndut
et
le Palor
prati~uent la
1
disposi~ion MA/ME.
Ct
cet
orllrc
ust
contrI31[~nilnt
u:l.sllu'il
est
le
même
dans
tous
les
noeuds
des
dizaines,
de
centaines
et des
mille.
Sur ce
point,
les
couplrlS
Si311fe8n/Noon
e
Ndut/rëlloI',
ont
la même
stratégie.
V8 non s - e n ,'lIa
con s tri 1c t ion
Ndut / raI 0 r .d
s
?, l'an d s
n 0 fT) h l'es •
Notons
d'abord qU8 dl3ns
cette 11umC?ration
certains
grands
nombres
peuvent-être
nommés
sans
ambiguité

-2U2-
NIIll1
40.(100
juni
sùbay
in:i.l
1000
(10)(4)
100.657
jUil i
t i III e e r a t i III e e r
p ë ë n, ë
a
s 0 lJ a y
i i
a
POane]
/1000/100/
+ /100//
6/
+
(10
x
5)
+
7
PALDR
40.000
juni
sabo
inil
/100//10/
4
/
100.657
juni
teemeer
a
teemeer
poyno
a
sabo
i'p
a
paana
/1000//100/
+ '/1(JU/
/
6/
+
/10/
/
/
+
7
L'expression
de
ces
nombres
ne
recèle
pas
d'ambi~uit~.
Il
Y en a encore d'autres.
Prenons
maintenant
nos
couples
"habituels"
de
nombre
10
001
11
000
NOUT:
juni
sabbo
0
yinê
j U i l i
5 Ll tJl) 0
a
yin ë
/1000//10/
+
1
1000
10
+
1
En r~alit~
C'Ast:
/1000//10
+
1 /
PALDR:juni
sabo
él
yino
juni
sôbo
/1000//10/+
1
1000
10
20
001
22
000
NDUT:
juni
sabayana
a
~na
juni
sabay
ana
a
ana
1
1000
10x '2
+
2
1000
1 0
4 + 2
1
c'est:/1000/
/
10
/
/7/+2
PALDR:
juni
saba
ana
a
ana
juni
sAbo
ana
a
ana
1000
/10//2/
+
2
1000
10
2
+
2

-203-
::10
007
:17
nnn
NOUT:
juni
sabay
êeyë
a
paanéJ
juni
sabay
éeyë
paana
1000
10 x
3
+
7
1UrJU
10
:l
t 7
En
1'8ùlitt3:1000
( 1 0
x
3
~
7
1
1
PALDR:
juni
saba
eye
a
paana
juni
saba
eye
a
paana
1
1000
/10//3/
+
7
1000
10
3
+
7
,,
I l
est
évident
qu'en
numération
parlée
pa~r chacune
i
de
ces
paires,
i l
y
,1
irnpossibilitô
do
discrirninùtiom
des
nOl11urns.
1
Le
seul
moyen
qui
permette
d' Y arriver
à
défaut, d'une
salut ion
radicale,
est
comme
nous
l'avons
vu
pour
les
numérations
précédentes,
de
répéter
le
numéral
"mille"
av~nt le numéral des
unités
pour
l'éliSfIlont
du' couple
qui
comporte
un
nombre
intorm()[lidi.re
supérieur
à dix.
Exemples:
10
001
11
000
NDUT:
juni
sabbo
a
yinë
juni
sabbo
a
junni
yinê
/1UUU/
/1rJ/1
1 ,
/1u0u//1U/
+
/10UU//1/
IJ 1\\ L f] 1<:
j uni
s é.J b 0
il
Y i rIo
j uni
~3 il\\J Cl
Il
j uni
yin 0
/1000//10/+1
/1000//10(+/100
/ / 1 /
Autre
exemple:
1
30
007
37
000
1
1
1.
NDUT:
junni
sabay
éeyë
a
paana
junni
sabay
éeyë
a
junni
paana
1000
10
1
x
3
+
7
1000
10 . x l
+
/100//7/
PALDR:
juni
sabo'eye
a
paana
j uni
saba' eye la
juni
paana
1
/1000//10//3/
+
7
/1000//10//3/
+
/100/
/7
/
~.

-LU4-
Comme
toujours.
le
problème que
pose
cet
e
solution
qu'en théorie clbmme en,pratique elle
n'est
pas
satisfa\\iSante en
définitive.
Nous
verrons
en
outre,
dans
la
synthè~e consacrée
1
à
l'ensemble
des
numérations
étudiées que
ce problème appelle
,
réellement d'autres
procédés
rour pouvoir passer de
la
transcription à
une écriture
véritable
des
nombres.
II.3.3.4:
LE
PROBLEME
DE
LA
RASE
La
numération
Ndut/Palor n'est
ni
une
t:lumération
quinnirfl,
111.
1I111~
1I1J111(:/."'I1-i [III
[1(11: !lIIn l n
\\ l l l t ' \\ ! , '
!~I.
l ' o n
sc
flll"ll!
sur
les
syntagmes
étudiés.
'Il faut
toutefois
noter que
la
chute
d s
deux
voyell
,
du
nom du
nombres
cinq
[c'est à
dire
iipl
crée
u~e situation
i
tel l e qu' 0 n pou rra i t
dan s
III
P [' <3 L i q U 8
con s i r1 i2 r e r 1que
l El S
Il Ll LJ r
premiers
nombres
ainsi
que
le
nombre
10 ont
chac~n un nom
1
o r j l', i rI a l .
LJ 1\\
:; [:
L l' t) ) 1V []
P d 1
r: 1) Il:; l': Il u e n t
Il f! V ,II 11:
1J n
[1'1 n U II LJ'Il 1 :;
1
po s si b i l i t 8 s
1
SR
i
- iJ C cor d () r
plu s
rl':L III p [) r L n Il C 8
a u x ' pro p r i é ~ é set l' ['j P, l r~ s
lllorphD-synti1xiqLW" flour
cnrnprl'.IHlrn
10
structure
~t p.vRntuplJn-
ment
l'évolution de
la
langue:
dans
ce cas.
on mciintiendrait
,
!
comme à propos d'autres
numérations,que
iip=5
es~ le
1e terme
de
l'ordre
rJo',;
nombres
de
G <'1
Sl
et
on
admettrëlit 'alors
!
1
l'existencEj de
traces
d'une' numération quinaire.!
- ( j [! li X i i'c III r.
p 0 S s i h i l i t (,:
,) II 0 P t; P. r
LJ n P.
iJ t t i t u d e
Il u (1
l ' 0 n
pourrait qU'Jlifier rJe' prarrniltiCll)[] 8t
mnttrp.
l'accent
sur


-LU~-
discriminabilit~ de tous les nombres de 1 ~ 9, ainsi quo ln
nombre
10.
On considererëlit dQns
ce
cas,
comme
étjant
n(Jf',li-
1
1
numération
1
C
.
t '
~t
table)
toute
reférence
à
geab e
sans ln ere
no
yne
1
quinaire.
1
-Enfin
la troisième possibilite qui
se 10nderait
uniquement
sur
le
chan~ement opéré à partir de 6: considererait
!
les
6 premiers
nombres
comme ayant
des
noms\\dist~ncts et les
nombres
7,B et 9 comme form~s ~ partir de G.
, P. v i ri n n en, s p, II l fJ sIn f'. {I f~ Il X
premières
hyp~thès8S peuvent être gardées car d'~ne part lIa
,
i
répétition Ides nombres
1,
2,
3 et
4 à
partir de
6= pëënë,
!
prouve
bien que
les nombres
R ~ 9 sont composés a partir
du
nom du
numbre
5;
et
d'a~tre part ces noms de nombres
.
,
peuvent
fair~ offide de
Ipx~mes originaux, si réRllement les
1-0 eut e urs
les
"sentent"
q l'J i
peu t
n Ile r. dan s I e sens
cJ El
l il
s:L ITIIJ l i fic il Li (1n •
C'est
pour ces
raisons,
surtout
la
dern~ère que IQ
1
numérQtion
Ndut/Palor peut
rii1ns
son
(;tëlt
ëlr.tuel, !être consi-
1
dérée
comme
une
numération décimale.
En' outre ,le~ raisons
1
1
qui
font
qu'elle
n'est pas
une
numér?tion quinaite, sont
les
1
mêmes
que
celles
indiqu~os ~pronos des num~rati1ns wolof,
1
pulaar,
seerer
Ccf:II.2.1.5)
i
De
la même manière
la
question du
compu
de
l'argent
se
présentant
dans
les mêmes
conditions que pour les
numé-
rations
précédentes,
c'est
désormais
à
un
traite ent
global
de
cette question
qu'il
faut
se
résoudre~

-
LLJLi
II-3.3:
LA ,NUMERATION
HASSANYA/ARABE
Nous
présentons
lA
numérAtion Hassaniya(arabe dialp.ctnl
d e Mau rit a n i 8)
(J û n s I e
mê m8
"f ü u l é 8"
que
cel les
d u ~ 0 u s - g r 0 u p e
Nord,
non
seulement parcequ8
le~ Maures représenten~ 1, 2% de
la
population du Sénégal
et
son
ranEés
pirmi
les
grdupes
i
'
officiellement considérés comma LJCfJ
"minorités afriqaines
vivilllL
pnrcp.
êl, uSé n é gal ",
mai s
a u s 5 i .
qLJP.,
comme
nous
llav~ns d6j il
souligné en introduction,
les
relations,et
les
écha1ges
entre
!
la Mauritanie et
le Sénégal
sont
très
anciens:
Isla~, commerce.
Foyers
d'étude' islamique,
relations
politiques,
10
gue
coexistence
sur les d~ux rives du Fleuve Sénégal.
c'est pourquoi,
bien que
n'étant
pas
une
langue négro-
africaine,
il
est
normal
et
intéressant,
de
présent
r
la numé-
ration Hassaniya c1nns
une
[1Cf"Spr:ct:ive (ln
C(1rnrilriliso
en
nffnl.
une des
questions qu'il
est
possible de
se poser es
celle de
savoir si
l'évoltlLion rJn
cnrteljrll~" I1LJlnératiorJ"
clu Scnégal,
sUI'l.llut
celles dont
les
ethnies
ont
été
longtemps
en
contac
avec
les
Maures
(par exemples
les
SONINKE,
les Hapulaaren,
1
s wolofs),
pourrait avoir
été
une
conséquence de
l'influence d~ la langue
1
arabe.
Une
telle hypothèse qui
ne
peut
par conséque~t être écartée
!
a priori,
soul~ve évidemment une foule de questions~ la numé-
.
1
ration H~ssanya ost-elle
ln mûrno
quo
celle
de
l'arabe classique!
Si oui,
est-ce une
numération parlée
Hassanya qui
ayrait
influencé
!
les
numérations
U8S
langues
nér,ro-nfricaine~ du Sén~gal. Ou bien
1
s'agirait-il plutôt
de
la
numération
alphabétique
ou
encore
de
la
numération
chiffrée
!
. !

-207-
Comment et
dans quelle conditions,
un
système écrit
peut-il
influencer une
numération qui était
et
qui
est demeurée
orale?
Autant de questions
qui appellent
au
préalable
l'exhibition de
la nomenclature
de
la
numération Hassanya/
firane
cJrlSsiqUA,
, 8 l l 8
q U • el l e
est
,J ,C:; ;' .i. e e e t 8 Cl' i t 8 1 1. a n u ill é l' a t i J n
1
1
numération alphabétique.
Nous
savons
que la
numération alphabétique
arabe
consistait
à associer nombres
et
lettres 154:
le
principe en
1
était
qu'à
toute
lettre de
l'alphabet
correspondait
un
nombre
et
un
seul.
Et
réciproquement.
Exemples:
1 =
2= \\-.J 3=

1
J
C9
10=\\5
20=0
30=
100=
1000=
t
1
Voyons
à présent
comment
se
présente
la
numération
!
HassFlnva
Fl\\J~C
en !'egard .le rl'-!mération
er.
langue arabe classique,
1
f
1i
HASSf\\I\\JYA
ARABE
CLASSIQUE
1 • W é:l il ci é:I
Î •
wdrl~UUUII
2.Eznei
2 p
ezneini
3. As~ lassa
3 .
salass.atoun
4.Arba'a
4.
arba'atoun
5.khamssa
5 •
khamss.atoun
6.sitta
6 •
sittatoun
154.
G.GUITEL,
op.cit,
p.273 et
sqq.
"
.

-208-
1
1
7.
sab'a
7.
sab'Çjtpun
f
8.
azmani
8.
zElmEln:i;atoun
1
9.
tis'a
9.
t i s '
iOjtpun
10.ashra
11.wAhcia
rlsh
11.ahdq ash.ara
il-. a Z n C:l
cl S n
13.azlita ash
13.Bzlitc:', q~haré1
14 arba
ta'ash
15.a k hmousta
ash
16.sitta ash
17.S'ba at
ash
18.ezmuta ash
19.Tis at
ash
20.eshrin
20,
qs.hrouna
21.wahda
eshrin
21,wahidoun
wa
ashrounï=l
]U.d:.~~1;2 Llil
:iU. zalqzfJu;ld
40.arba'
in
40,
arbaouna
50.khamssa'in
50.
khamss.ouna
60. sitta' in
60.sittouna
7o.saba'in
70.sqba
ounq
8o.azmani'in
80.zÇlmanounq
9o.tis'a'in
90.tis'a
ouna
1oo.miya
100.miatoun
101.miya wahda
101.miatoun wa
wah~doun
2oo.mite'in
200.mi
a
teini
,
1
1
i
ï
\\

-209-
1ooo."ôlfè'
100o.alfun
1o.o0o.ashra alafi
10.o0o.ashrata aalafin
i
,-J
10.oo1.ashra alali wa, wahda
10.oo1.ashra~
aalafi wa
1
wahidoun
~
1o.27o.ashra alafi wa
mitayin wa
saba'in
11.oo0.wahda ashra
alfun
11.000.
ahda
ashara alfin
100.000.
mi at
alf'
10o.0oo:mi atu alfin
200.000.
miya
tani
alfun
2oo.0oo.mi
atayni alfin
'1.000.000.
rnillioli
1.000.000.
million
1
1
~:é11gré les
particu::311tés
dial.ectales
Hc:lioGa'IYd
on
voit
que
sa
numération est
la
même que
la
numération
de
l'arabe
1
classique.
De
cette
numération
Hassanya/Arabe
nous
mettrons
surtout
en
relief
les
propriétés
qui
sont
susceptibles
d-être ,comparsesl avec
celles
des
numérations
du
sous-groupe
du
nord que
nous
venons
de
décrire.
1°)
Les
10
premiers
nombres
Hassanya/arabe ont
de$.
noms
distincts.
Les
nombres
lntpI'm0diAires
11
è
19
21
à
:Z9
..;
1
i:.i
'. "
8 t::
e 1: C.
son t
0 e s.
s y ,1 t Cl g ln 8 sad Ui t i i s
d Cl Il t
l l:
Il) 0 "" ph e m8
ri p
~ n n r:1'; r] t ion
est
tan t at
5 C :..; s ."' 8 n t ~ n ri : ~
cJe 1'1
il
19)
tantôt
explicitement
mentionné
comme
dans
le
cas
1
de:
23=
as s las a wa
as h ri n
: 31 = Wa h d a wa as s a l z i net c e t c •
3°)
Pour la
construction
de ces
nombres
intermédiaires,
le
hassanya
énonce d'a~ord le numéral
des
unités
avant
celui
de la dizaine:

-210-
11=wahda ash /ahda
ashara
(en arabe
classique)
1(8t)1o
/1fet11n
f
21~wahda eshrin 1 W;' J. ,_1 0 U Il Wd ashrouna
1
1
1(et)
20
1
et
20
22=ezneini wa
eshrin
2
et
20
31=wahda wa assalzin
1
et
30
On
notera
qu'en
procédant
ainsi
le Hassanya
ne
s'expose
à
aucun
risque
de
confusion
car pour
les
9 nombres
qui
suivent
ashra(=dixJ,
cette disposition
ne
peut
être
comprise
que
comme
concernant
des
nombres
de
11
à
1S,
car
le
terme
"ashra"
en
position
terminal
ne
peut
être
pris
pour
ûucun autre
noeud
des
J1Laines.
De même,
les
noeuds
des
dizaines
sont
obtenus
par
une
constrcution
particulière
(eshrin=2o
asslas'in=3o
sitta'
in
=40
etcoJ,
et
ne
peuvent
être
confondus
avec d'autres
nombres.
Comme
nous
allons le
voir dans
un
instant,
cette
stratégie permet au
Hassanya
d'arriver à
une
parfaite
discrimination
des entiers
naturels
successifs.
4°J
Lorsque les
nombres
sont
formés
par syntagme
mu l t i pli c a tif
0 u
b i e n l 0 r s qu' ils
son t
une
c 0 mb i n ais 0 r1
d e
d i f f é r e n t s
sy ri ta g ml~ S, l e Ha s san y a CJ b seI' v e ::0 L rie t 8 Ifl t:! '1 t 18 P ri n c i fJ 8 LJ' 0 rd r e :
pré c i sem sri tee lui d 8
l ël
r-I U1118 r à L i CJ:I
U8
po s i t ion:
j u x t éJ P 0 s i t ion
du
multipl i~at8ur' ec
du
mul-ciplls:H:c.!t;,
en
cOrJlrT:pnçéJnt.
pé.l!'
f~no'-IL~8r
ou écrire le
ou
les
chiffres
du
multiplicateur.
Entre
deux mon5mes

-211-
1
i
représentant des
ordres
de
nombres
différents,
le
Hassanya
1
!
intercalle
le morphème/wa/.
Exemple:
10
270=ashra wa
mitayin
j
i
wa saba'in
\\
NB:
L'arabe
s'écrivant
de
la droite
vers
la gauche,
il
faut
par conaéquent
lire l 'écriture
~[a~e de~
nombres
placés
en
regard
de
leur
transcription en
caract~res latins
en
commençant
par
la
droite.
L'ordre
de
disposition
des
constituants
de
la
multi-
plication est
comme
on
le
voit,
l'ordre
ME/MA
f
Exemples:
pour
les
noeuds
des
dizaines:
le
multipli-
i
cateur,
disposé
en première position
est
toujours
l'un
des
9
premiers
nombres.
60=sitta'in
/
sittouna
(arabe
classique)
t
6
6
,.
80~azmani 'in
/
.:'J 'TI a n 0 li ,1 a
B
90=tis'a'in
/
tis'a
ouna
C'est
également
ce
qu'on
constate pour
les
neouds
des
autres
ordres.
Ex pl e s ~
10
OOO=ashra
alafi
/
ashrata
aalafin
1 0
1000
1 0
1000
ou
encore:
100.000:
mi
at
alf
/
miatu alfin
f
If
100
1000
100
1000
1
1
1
f
\\

-212-
1
5°)
Les
caractéristiques
de la
stratégie
Hassanya
que sont:
la
construction des
nombres
intermédiaires
et
l'observance du principe d'ordre,
lui
permettent
déjà
en
numé-
ration
parlée,
d'énoncer
en
toute tranquillité
leq
cquple~ de
nombres
qui
autrement
poseraient
peut
être un
problème
de
compréhension.
Par exemple
ce couple
de nombres
que nou~ aVons
1
souvent étudié dans
les
numérations
du sous-groupe
du
nord;
10
001
11
000
i
as~ra olaf
~~ wah~d
\\l'élllUi.:J
dshI'd
alfui.
11
10
1000
+
1
(et)
Hl
100(\\
ashrata aalafi
wa whidoun
aIda
élshra alfin
f
1
Dans
le cas
de
10001,
l'unité
est
rejetée
en
fin
de
f
f
séquence,
car
ce
nombre est isolé.
Dans
le cas
dB
11
000,
le
multiplicateur étant
en
première position et
constituant
en outre
1
un
syntagme additif
du
type ce
ceux des
nombres
intermédiaires
t
t
il
est traité
comme tel
et
11
est
énoncé en
première position
formant
ainsi
une séquence à
part,
puis,
il
est
juxtaposé aU
multiplicande alfun
(mille).
6 0)
Qn
no t. r
p.3 r
0 ~ ; "1 ç:.. T"' ~
.; :J ~
rr· -I ~/ ~ r - '.; 8 r: t!
c~ t
d 1 f ,-1 ~ ~
mille,
sont
des nombres-paliers et
des unit~s nouvelles à partir
desquels sont
construits
les
noeuds
des
centaines
et
des
"mille".
7°)
Signalons
enfin qu'en matière de
comput
d'argent
l 1 uni t é
je
l a mon n aie
en Ha s san y éJ
est
l e
Il u gui y a 'f .
\\

- i l j -
1
uguiya
'"
5F
2
"
'"
1C1F
20
"
100F
100
SOOF
200
"
1000F
10UO
"
5000F
J
i
1

-214-
11-3,4: LES PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DES SOUS-
GROUPES NORD ET CANGIN
L'objet
de
ce
chapi~"e est
uniquement
de fa~~e le
point
sur
les
pl'incipaux
repèl~s des
numérations de
cee
sou~­
groupes
en
vue
de
préparer et
de
faciliter
la
synthèse générale
~
qui
sera consacrée
à
l'ensemble
des
sous-groupes
dont
nou~ ne
venons
de
décrire
que
les deux
premiers.
1°}
Identité des
sous-groupes
en
matiè~e de numé~ation
L'existence et
le maintien d'un
sous-groupe Cangin à
côté
de
l'ensemble
constitué par
le wolof,
le
pulaar et
le
seerer-siin.
ne
s'est
justjf1~ ~ons cette étude de
leurs
numé-
ration
que
par souci
de
resr8rtpr IJne
classification qui
sur
le plan
linguistique a certainement
des
bases
indiscutables.
Au
terme
de
ce premier parcours.
il
apparait
clairement
qu'il
n'y
a pas
de
raison majeure de
distinguer
ces
deux
sous-g~oupes du
moins
sur
le
plan
de
l'organisation
des
numérations
des
langues
qui
les
composent.
Il
y
a
certes
quelques
différences
qui
a
termes
pourraient
se
révéler être
instructives.
mais
sur de
nombreux
plans wolof,
Pulaar,
Seerer-Siin,
Saafeen,
NQon,
Ndut
et Palor convergent au
point
de
pouvoir être
considérés
comme
~n seul et même sous-groupe du
Nord
sur
le
plan
de
la
numération.
L'examen
des
autres
aspects
fondamentaux
de
cette
comparaison
nous
le
confirmera.

-LD-
2 0 )
Les
nombres
fondamentaux
1
2
3
4
5
10
100
1000
wolof
benn
naar
nett
neent
juroom
fukk
teemeer
junni
Pulaar
r goo'
didi
tati
nay
joy
sappo teemedere ujunere
Seerer-Siin:leg
dik
tadik
nahik
betik
xarbaxay teemed
juni'
Saafeen
:yi'no
l',a' nak
ka'hay
r.~ 'kjc;
ya'tus
ndanki'yah te'meer
' juni
l\\Joon
:wiino
konak
kaaxay
nigis
yutus
riankex
timir
njuni
Ndut
:yinë
ana
éeyë
inil
iip
sabboo
tlmeer
juni
Palor
:yino
'ana
'eye
ini 11
Hp
sabo
teemeer
juni
Hassanva
:wahad
ezneini
asslassa
arba'a khamsa
ashra
miya
alfa'
On
remarque que
ces
numérations
ont
huit
nombres
fondamentaux
si
l'on admet
que
pour
chacune
d'entre
elles,
les
nombres
6,7,
8 et
9 sont
composés
~
partir du
nom du
nombre
"cinq".
Ce qui
n'est
pas
le
cas
du Hassanva/arabe.
Nous
avons
également
vu
que
certains
de
ces
nombres
composés
forment
des
syntagmes
cCJmplétifs
à
valeur additive et
pourraient
être
considérés
auj OCJIO' hui
comnl::;
Ge:..;
c!o:np:Jséo:::
figés
ayant
valeur de
lexème particulier.
Dans
ces
conditions,
il
y
aurait
oon
plus
huit
mais
douze
~Iombres fondamentaux.
On
ferait
~lors passer l'intérêt
pratique
de
la question avant
sont
intérêt
historique,
On
note
par ailleurs
pour toutes
ces
numérations,
l'existence des
paliers
10,100 et
1000,
nouvelles
unités
servant
~
construire
respectivement
les
noeuds
des
dizaines.
des
dizaines

-216-
des
centaines et
des
"mille".
Le
nombre
mille est
le
dernier
palier de
ces
numérations
puisque
servant d'unité
è
la
à
quelques
détails
près,
et
cette
indentité pourrait
s'expliquer
soit par une
origine
commune
si
l'on
privilégie
la
thèse
de
la
période libyenne
ôe
l'histoire
de
ces
ethnies du
Sénégal.
soit
par
un
phénomène;]8
CûrltacL
t:L
'.:""'llliJf'uni
par r3xernple
entre
le
W 0 l Cl f
8 t
l 8 S
l ans; Li 8 S
[ a n g i l : •
3°)
Le
rôle
du
rnorphSrll8
de
coordinat:Lon
Oans
les
numérations
~ue nous venons
d'étudier.
l'existence d'un
morphème de
coordination
n'est
pas
partout
explicite.
mais
pour certaines
constructions.
elle
a
un
rôle
très
important.
dans
la
mesure
oQ elle conditionne
la compr'-
hension d'un dénombrement.
Montrons
le
par
un
tableau:
1
1
f}
if
,~
l'

-217-
Nombres
1 Nom du
1
l
; mor-
j composés;
.
phème!
1
1
1
wolof
AK
tau s I e s
; CJ +[
]
+(]; les n b r e s 6à 9
~itJr8s inter.
pulaar
3
"
"
àgglotl'aa--,
tien
6è9
seerer-
siin
fa
Ile
nbre
"
6
"
"
1
saafeen
na
de

9
"
"
"
noon
ne
de

9
"
"
"
Ndut
a
"
"
"
agglutination
6
à
9
1
hassanya
wa
jà partir
de 21
Ce
tableau
permet
de
souligner surtout
la
présence
obligatoire
d'un morphème
de
coordination pour:
-la
construction
dB
tous
les
nombres
intermédiaires
[sauf
puur
lB
Hassdnya qui
i1l.;
le
t'ùit
qu'.':
pùrc:ir dL;
:~umbre
21 .)
-pour
la
liaison
des
monômes
correspondant
à
deux
ou
plusieurs
ordres
de
nombc8s. l Y compris
113
numération parlée
HassanyaJ
4°)
Le
syntagme multiplicatif
Tous
les
noeuds
des
dizaines,
des
centaines
et
des
milles
sont
obtenus
par syntôGme
multiplicatif.
Et
pour ce
qui
est
de
l'ordre
de
disposition
des
constituants
de
la
multiplication,
la stratégie du., wolof et du
Hassanyci s'oppose

-L1U-
1
dceZZe-de toutes Zes autres num~rations du sous-groupe
nord et du sous-groupe Cangin,
r
ainsi
que
le fait
apparaitre
1
le tableau suivant:
!
1
1
1
1
1
1
1
;
l
f'
Pu - ;Se8re~ Sa a- ;Noon
Ndut
iPalor i
Has;Sanya
!Langues
.wo
0
l
'
..
' f
.
!
!
! aar!slln!
een]
ordre de
!
!disposi tion MEl
MEl! MA I! Mt.,.-
M:V
MA/r1E !MA/I"',E !
ME ;: MA
Ides consti-!
MA
ME
!
[VIE
!. j'lE
ME
!
!
5°)
Nombres
ambigus
Nous
avons
noté
l'existence
de
nombres
ambigus
dans
i
toutes
les
numérations
du
sous-groupe
nord
et
du
sous-groupe
1
t.
cangin.
Nous
avons
vu
qu'il
s'agit
des
mêmes
couples
de
1
!':
nombres
è
partir de
10
001,
et
que
la
solution
provisoire
pour
les
surmonter.
è
savoir
la
discrimination
contextuelle.
est
peu
satisfaisante
pour fonder
un
système coherent
et
sOr.
Ce qui
appelle
par conséquent
l'explication
de
la
cause
1
fondamentale
de telles
difficultés
et
la
recherche
de moyens
ft
rationnels
d'y
remédier.
-t
On
remarquera que
le
Ha s san Va
par vie n t
à
éviter
les
~:,
1
(,
ambiguités
au
niveau des
mêmes
nombres.
grace
è
son mode
de
constructiun
des
nombres
in1:eI'médiair8s
et
sa
cunstluL:.tion
des
syntagmes
multiplicatifs.
6 0 )
L'hypothèse
d'une
influence
arabe
sur
les
numérations
du
sous-groupe
nord
1
Pour examiner une
telle
hypothèse,
il
faut
commencer
par isoler
dans
ces
deux
sous-groupes,
les
numérations
wolof
1
1:
f
1

-219-
et Pulaar.
En e-f'fet,
les
13thl'.Ù,S qui
forment
le
sous-groupe
Cangin sont de
celles 156 qui
ont
le plus
résisté
à
toute
forme
de
prosély tisme,
et
si
de
nos
jours
les
Saafeen
et
les palor
se
convertissent
à
l'Islam,
la majorité
des
Noon
et
des
Ndut
ayant
embrassé
une religion
non
traditionnelle
sont
plutôt
catholiques.
De m~me,
les Seerer,
longtemps
att~chés aux
religions de
leurs
terroirs
sont
de
nos
jours,
pour
une
pqrtie,
catholiques,
pour une autre musulmans.
Une
très
grande ancienneté
d'adhésion à
l'Islam n'e~t
par conséquent
attestée que
pour
les
H~lpul~aren et
les
wolof.
C'est
pourquoi,
il
1mport~ de
r~~l~chir SUI
l~
question
de
l'influence arabe sur
les
numérstions
ét!Jdiécs
en
nous
en
tenant
d'abord au wolof
et au Pulaar,
ce qui
une
fois
fait,
et
en
fonction
des
résultats
obtenus,
n'empêche aucunement
de
voir
éventuellement
comment p~r diffusion
on
peut
paSser de
ce
premier maillon
au Seerer et
dUX
langues
Cangin.
a)
Facteurs favorables
à
l'hypothèse
d'une
influence
arabe
1.
Au ~remier
rang
des
facteurs
favorables
à
l'hypo-
thèse
d'une
influence arabe figurent
les
nombreux
emprunts
que
1 57
le wolof
et
le Pulaar ont fait
~
cette
lonp:IJ8
:
des
156.
Il
faut
y ajouter
les
Bassari,
Bedik,
Konagi
ainsi que
les
Dogon du Mali
dont
nous
aurons
~
parler
~
propos
des
aystème5
numériques
symboliq~85.
157.
Voir par exemple
~
ce
propos:
Oumar BA:
glossaire
des mots
étrangers
passés
en
PUlôdr du
Fauta Toro,
Les
langues
africaines
du Sénégal,
n046,
CLAD,DAKAR.
~:
Jacques
MDURADIAN,
Note
sur quelques
emprunts
de
la
langue
wolof
à
l'arabe,
Bulletin de
l'Institut
Français
d'Afrique
Noire,
t.II,
n03-4,
juillet octobre
1940,p.269-238.

-220-
verbes.
des
substantifs,
les
noms
des
jours
ds
la
semaine,
et
une multitude
d'expressions
et
de
locutions
passées aujourd'
hui
dans
l'usage.
et dont
les
locuteurs wolofophones
et
pulaaraphones sont
dans
leur immense majorité
loin
de soupçonner
l'origine.
2.
Les
noms
des
mois
de
l'année méritent
une
mention
spéciale,
dans
la mesure où
18
l;Oil1put
tJu
temp::.;
El
parfois
un
rapport
avec
le
système
de
numération.
Prenons
l'exemple du
Pulaar:
les
Halpulaaren
ont
une
année
de
12 mois dont
chacun
a un
nom Pulaar.
Mais dès
qu'on
les
examine,
on
s'aperçoit que
ce
sont
exactement
les
noms
des
mois
lunaires
arabes,
traduits
ou
adaptés
à
la langue Pulaar.
1.Haaran
"ripaille"=jour de
l'an
7.Mawnum yaawa=Ainé de
,2
mois
avant
celui
du
Jeun,
jugés
trop
rapj.desl
2.Dewo Haaran="cadet de
ripaille"
8.Yaawa=Rapide:
le mois
qui
précède
celui
du
jeun
musulman
3.Mawluud=Nativité de Mohamed
9.koorka=Ramadan
(le
jeun
musulman)

...;221-
4.Dewo
mawluud=Pu!né
de
la
nativité
10
humtaraandu=Cessation
des
entraves
(!"lrrêt, du
~eun
5.Defto
mawluud
=puiné
du
puîné
de
la
nativité
11
Saftorandu=Avant-goOt
(mois
qui
précède
la
fête
du
mouton)
6 Mawnum Mawluud~cadet de
cadet
du
0
de
la
nativité
12.Taske
=fête musulmane
commémorant
le
sacrifice d'Abra-
ham
Comme
on
le voit,
J ~:;c:.
noms
de ces
douze mois
en
pulaar sont
ordonnés
autour
li R
trois
repères
qui
sont
tous
des
da t: es
rel i g i eu ses
mus ulm.cl 1'1 8 ~~
.. e jour'
lie
l',Hl
musulman,
le
Ramadan
et
la
commération
du
sacrifice d'Abraham.
En
outre;
lorsqu'on
observe les
noms
des
mêmes
mois
en
Hassanya,
ils
correspondent
à
très
peu
de choses
près
aux
mêmes
expressions
158
en
pulaar
Ex emp 1 es:
1
Ac h 0 û r = mo i s
d e I a
f êt e
3.El
mawluud=mois
de
la
nativité
du
pro phèt e
8.El
gçaIr
el
tâli=
le deuxième mois
court
11.El
fater
et
t
âni=
le deuxième mois ,-
de rupture
R em a r que s:
0 n
peu t
mêm e y
a j CJ Uter
la
parfaite
identité,
chez
les
["laUles
et
chez
les
HalpuJ.élarerl
de la
distinction
entre
~1 :.J ~J
jours
fastes
et
jours
néfa;:.;ccc;
Ch 82
l c ~
u rl S
1.-, unI rn F
L t i e z
les
autres,
les
trois premiers jours du mois, ainsi que les
158 .
Voir:
Oumar
BA,
le
Fouta
au
carrefour
des
cultures,
ed.
l'harmattan,
p.264
et
sqq
159.
Oumar
BA.
idem/ibidem

-222-
Se
,
13e
,
16e,
24e sont
néfastes.
Les
éleveurs
évitent
la
transhumance
le
28
(et
parfois
le
29),
mais
le
4 et
le 27
sont
favorables
à
cette activité.
3-Emprunts
de
noms
de
mesures
de
capacité
La
plus
connue
de
rps
mesures
riR
cAra~ité
pst
Je
mudd ~n arabe, que les wolof appellent Muda et les Halpulaaren
Mudo.
Il
Y a
aussi
les
unités
nifga et
hamdaat.
Ce
sont
géné-
1
t
ralement
des
recipients
de
différents
volumes
servant
à
mesu&ar
les
~raines. En allant du plus petit au plus grand d'entre
i
160
eux on
trouve qu'ils
forment
une
suite
néodyadique
1
!~.
4.L'usage du
terme wolof
'alfun"
!
Comme
le montre
le
tableau de
la
numération
arabe.
1
"alfun"
est
le
nom du
nombre
mille.
Il
est
vrai
que
le wolof
1
l ' LI t j lis 8
P 0 lJ r
dés i g n e r s 0 i ':
l P,
:1 0 mb r 8
1 0 • 0 DOs 0 i 1:
U n
III i 1110 n •
t
C:2i..~i'c oifférence
entre
18~,
" 1;1 h r p c;
cl 8 s j g n r~ c;
fl a Î
'[ 8
mê m8
nom
est certainement
curieuse,
mais
on
peut
à
la
limite
supposer
1
que
n'ayant
pas
un
nom à
lui
qui
lui
serve
à désigner
le
1
nombre mille,
le wolof a
choisi
dans
la
langue
arabe
un
terme
1
évoquant
l'idée
de grand
nombre,
d'autant
que
la
langue arabe
K
e Ile - mê men 'a pas
non
plu s
u r'i
l e x ème pro pre
pou r I e
mil l ion •
1 60.
G. GUI TEL a
do Il Il~) ce
nom a u x mes ure s
de
c é:l p a c i t ê s
constituant
entre elles
une
suite géométrique.
cf:
Histoire
Ue s
i 8 C h Il i YU e ",;
l a s p ira l e i I~ ~
n G mb r es,
A n ri éd es, n 0 5,
s f:: f-' t • 0 ct.
1962,
Colin,
Parisj

5-Les multiples
rapports
séculaires entre d'une
161
part,
communaut é maure et d ' autre part communau t 'es wo l 'q f
et,
Halpulaaren,
constituent des
facteurs
susceptibles d'éclairer
certaines
influences.
En particulier de
nombreux
érudits
et
lettrés sénégalais
chez
les
Halpulaaren et
chez
les wolof se
targuent d'avoir acqui
leurs
connaissances et
leur culture
soit en fréquentant
un ma!tre maure
dont
l'Ecole est
évidemment
implantée en
Mauritanie,
soit
après
un
séjour dans
un
pays du
Maghreb.
".t·
Q Li e
C 8 S
mê m8 S
é r c LJ J. L~,
e c gui des
spi [' i t u (3 l s
i:l i E; n t
contribué du fait
même de
leur rulture,
à
façonnor
ou
rJ !"odi-
fier
la
numération de
leur
langue
"maternelle",
c'est

quelque
chose de tout
à
fait
concevable.
b)
Facteurs
non favorables
à
l'hypothèse d'une
influence arabe.
1-
Le
premier fait
qui
saute aux yeux
lorsqu'on
compare
les
numération wolof et
Pulaar d'une
part,
arabe/Hassanya
d'autre part,
est qu'on
ne
trouve aucun nom de nombpe commun
Fl U x
ri eux
gr '.J U;J ~ L
8 t
mê mer i e!,
"u':'
-{' a s sep e n s e r
à
l'e x i s t 8 ne e
au moins
d'unG
racine
lRxi~aJ
Sur
le cas de
"a1fun",
outre
l'anomalie déjà
soulignée
ce terme est d'un usage très peu
courant,
presque
ultra-sophistiqué
et
la plupart
des wolofophones qui
en ont entendu parler,
l'assimilent
davantage
à
un
terme
signifiant
"inombrable".
A défaut d'avoir plusieurs noms de nombres communs
avec
,
b
162
l
ara e,
,
on
comprendrait
qu'une
tnfluence de
cette
161.
Entre
le royaume
du waalo
et
la Mauritanie
s'étaient
tissés
de
nombreux
liens
complexes sur
les
plans
politique,
économique etc . . .
1R?,Comme c'est.
l~
"~, ',r;iJr
le
sWê::hili
et
pour
le Haussa.

-224-
langue se traduise au moins par l'emprunt des
noms
des
nombres
100 et 1000 nombres paliers
et ruissances de
dix.
Or,
si
on
186
cornpé:lre,
un verra encore CDllllf,L
LJ~JcJ ~ndiqut::l que: :;jUL' le plan
l 8 X i ca l,
wn l of et Pu l a a r s 0 n t
p J Il e.
pro che s d IJ
13 e r b è r 8
q U fi
de
l'arabe.
Nous choisirons pour la comparaison:
le Zenqga(lqngue
t
Berbère de Mauritanie)163,
le Hassanya/arabe,
le wolof et
le
Pulaar.
1
ZENAGA
HASSANYA/ARABE
WOLOF
PULAAR
100 t
madih
miya/miatoun
teemeer
teemedere
h
1000 fàt
aalf'/alfun
junni
ujuner e
1fJnnO
ashra Fllafi/JEi-"
u j u n ,~ j te:
::J El P P 0
aa:uFir,
100 000
mi at alf'/miatu alfin teemeer junni
teemedere
ujune
1.000 000 g ndih million
million
milyon
milyon
Ce tableau montre qu'il
y a beaucoup
de
différences.
Mais
on
notera.que
le
nom Zenaga pour 100 est
plus proche de
celui que
le wolof et
le seerer donnent
au même
nombre.
Et
si
h
fàt
(~mille en Zenaga) n'évoque rien qui permette de le
rapprocher de
junni et
ujuners,
il
reste que"
g ndih"
qui
veut
dire
ur; million en
Zeilé:lÉS':"
û
un air de
pùi""'2nt:J avec
"ujunure"
et
junni,
CR
qui
rend
l'hYfJnthr"'iP
rl'IJn emprunt:
de
ce
nom de
Il (J i1l h r- 8
?i
l rJ
l d n gue ber b ÈJ l' 8.
~'; ,_:
". CI i il ::;
13 u s s i
v éJ lat; l 2
e t c uri eus e
163.F.NICOLAS,
La
langue berbère de Mauritanie,
Mémoires
de
l'Institut
Français d'Afrique
Noire,
n033,
IFAN DAKAR,1953.

-225-
que
celleAde alfun par le wolof à
la
langue arabe.
En outre.
le
ter~e Zanaga pour les d1zainei étant
h
temeri'n
et toutes les dizaines
étant
construites avec ce
nom en position de muZtipZicande~ on ne peut nier qu'il y ait
plus de facteurs
de rapprochements
entre
le wolof et
le pulsar
d'une part,
le Zanaga d'autre part,
qu'avec
le Hassanya/Arabe.
du moins sur cette question.
Or,
qui
sont
ces zanaga?
Leur nom véri~albe e~t
Id
nàg
n,
et
leur langue,
18
,"
~ 1
• •
h
; ii"CJuE;lJ.a
Hassanya qu'on
les appelle
Zenaga.
F.NICOLAS les décrit
dans
leurs rapports
avec les
maures,
dans
les termes
suivants: Il En Mauritanie
les. Arabés ont
vaincu
les Berbères.
Ils vont
furmer
la classe
noble
(Hasan)
et
guerrière;
les Berbères vaincus
vont
devenir tributaires et
se tourner vers
le maraboutisme •.•••••
La langue berbère
n'est
plus avouée que par de
rares fractions
maraboutiques---.
Elle
Il 164
est
l'apanage des gens de
peu
de
culture

On serait par
cons~quGn~ plutôt
tenté d8
croir8 que
wolo~ ct
pulaar tiennent
les
~lèm8nts de
leur lexique
d'~n fonds
c u l l U I ' t ' ]
plus
ancien que
L8U[
:~,1.di,Ii,.3dtiun.
Toutefois.
il
est
c8rtain qu'on
peut
objecter è
ces
arguments,
que si
l'homonymie
des
noms
de nombres constitue
un
indice intéressant de parente
linguistique ou
de
contacts
'culturels,
elle n'est ni n~cesBai~e ni suffisante pou~ ~tabZir
l'identit~ ou la diff~~ence d~ deux syst~mes de num~~ation.
L'influence par exemple,
peut
se
situer au niveau des
stratégies
,
de dénombrement.
de
l'organisation de
la
hierarchie des
unités
successives des
différents ordres de
nombres.
1 6 4 • FuN l COL AS,
i [j 8 rn . !' . '1 :) •

-226-
2.Autre~facteur défavorable:
la
con$truct~Qn des
nombres.
Lorsqu'on considère
les
procédés de
construct~pn du
syntagme multiplicatif en
particulier,
on constate que
le
wolof a
la même stratégie
(ME/MA)
que
le Hassanya/ara be :
Exemple:
10
000
Ha s s cl n y a / êI rab e:
a s h r a a l a f i
I l S Ï1 rat a
a
l a fi' 1
10
1000
~ n
, u
1000
Wolof
fukld i)
j unni
- 10
100[]
t
Ce qui
correspond à
l'ordre de
disposit~on des
i
numérations
écrites de position.
1
Par contre,
le Pulaar a
,
comme on
l'a yu,
une
t
i
stratégie MA/ME.
10
000
ujunaaji
sappo
1000
ï []
Dans
ces
conditions.
si
influence
il
Y ô)il
importe
de pouvoir expliquer pour quelles
raisons,
le Pulaar y aurait
échappé alors que
l'islamisation
des
Halpulaaren est
de
loin
~.
plus ancienne que celle des
wolof.
1
Il
faudrait
y ajout8r
une
autre
observation:
pourquoi
t
~ette influence
n'aurait-élle
affecté que
le mode
de construction
1
~
des
syntagmes multiplicatifs
et
aurait
épargné
celui
des
nombres
1
1
intermédiaires qui
est différent
en Hassanya/Arabe
et
en wolof
(comme en Pulaar)
?
1il
f

-227-
Rappel d'un exemple:
11
wahda ash/ahda ElshElra
1 ( et l
10
1 (et)
1 0
'.',
Wolof
fukk
ak benn
Ilj
~-
1
Pulaar:
sappo e
goo'
1 0
+
1
3,
La question S8
pose
de savoir si,
dans
des
communautés
de
traditions
orales
séculaires,
il
suffit
qu'il
1
y ait
des
lettres arabes,
connajssant
et se
servant
de
la
numération arabe.
en
langue
ara~e. pour que cela affecte
le
système de
numération autochtone?
On ne peut minimiser
le pouvoir des
lettrés en
langue
arabe dans
l'histoire de
l'Afrique,
de la période
des
grands
empires et d8s
royaum8s
à
nos
juurs:
leur audience
au
près des
populations
converties et
d8
l~
cld~s8 politiqüe
de
C8~
commu-
nautés
est
inconstable et
pourrait expliquer bien
des
change-
ments.
Le
phénomène maraboutiqu& est
sans
doute
l'une des
formes
les
plus manifestes
et
des
plus durables
d'un tel
pouvoir.
Mais
on
ne doit
pas
perdre de
vue que
la
langue arabe
n'a
jamais constitué un
moyen
de
communication
de
grande
échelle
'~n Afrique:
elle
s'est
toujours
limitée à
des
cercles d'érudits
qui,
pour communiquer avec
le
reste de
la population,
recourent
à
l a I a n gue
10 ca] e
fi 0 i t
ri ire c '.~' ::\\,' nt,
r, 0 i
t
en
t rad u i:3 a n t
(p a r
exemples pour le pr~che) des
tex~8S cor~njque5 ou
arabos
en
général.

. .~i~ . .
;;~i~;:-
-228-
Les relations commerciales constituent une
~Qurce
probable pour expliquer le changement majeur intervenu dans
le système de
numération wolof.
Mais comment savoir lequel
du commerce arabe,
ou des
relations commerciales avec l'Europe
est responsable du changement éventuel de stratégie en
numération wolof,
dans des
conditions telles que
celle~ci
seule ait un mode de construction ME/MA,
des syntagmes roulti-
plicatifs,
dans
l'ensemble dES
,iDus-groupes nord et Cang:i,n?
l'~ous reprendrons
cett8
question Jdl\\:;
la syrl tht:lse
générale,
à la lumière des
enseignements des systèmes de
numérations
des autres
sous-groupes à étudier.
x
x
x
x
t , '

"

-229-
11-4: LE
SOUS- GROUPE
BAK
Le
sous-groupe
BAK
cumprend
le Joola,
le Manjaku et
165
le Balante
• La caractéristique géographique
de
la
~lupart
de
ces
langues et
parlers
est
d'êtres communs
à
la Casamance
(sud
du Sénégal)
et à
la Guinée-Bissau.
Sur
le plan
linguisti-
que ,et
d'après
la classification
de
Greenberg ~le sous-groupe
BAK appartient au groupe ouest-atlantique(dont nous
venons
d'étudier
les
deux
premiers
sous-groupes:
nord
et Cangin).
Le
nom BAK
leur a été donné
par D.Sapir à
partir d'une
parti-
cularité morphologique
propre
à
ce
sous-groupe.
Il
s'agit
de
la structure
bvk du
préfixe
pronominal
de
la
classe 2 des
langues
Joola,
manja~u et
Bdldnte.
Si
leur appartenance
à
une
même famille
linguistique
est
largement
reconnue par
les
spécialistes.
il
reste
que
ce
son t
l à1 a u tan t
d' en sem b l es con f r 0 n tés
à
des
pro b l ème s
d' in ter-
compréhension( de
l'un
à
l'autre), mais
également
au
sein
de
chacun d'entre
eux.
Ainsi,
leterme
Joola désigne
un
ensemble de parlers
de
la Casamance mais
il
n'y
a
pas
intercompréhension
pour
plusieurs
d'entre
eux.
De
fait,
ces
parlers
qu'on
regroupe sous
le
terme
générique
de Joola,mériteraiGnt
davantage
d'être
appelés
ensemble Jemat,
car certains
c'sntre
aux,
ne
sont
pas
Joola.
Le
Kwaatay
(Jembereng)
paraiT.
dvoir assez
tôt
divergé
des
parlers
JoDla,
et
le
Bayat
est
une
langue autonome.
Mals
on
165.Sources:
Atlas
national
du Sénégal
et J.L,DONEUX,
Liens
historique des
langues
du
Sénégal
J.L.OONEUX:
Les
systèmes
phonologiques
des
langues
de
Casamance,
langues
africaines
du
Sénégal,
CLAD,XXVIII.

-230-
,pBJut les
ffiituer grosso-modo
en
considérant
comme
parlers du
n Q:r d dEI a
Cas a man ce:
l e F 0 g n y,
l e
Bu l u f,
l e
K0 mb 0
e t
l e Ka r 0 n J
et comme
parlers du sud de
la Casamance:
le
Bayot
et
le
Kaasa
Esulaalur,
entre autres.
S'agissant de
l'enéi8fiiLJle Manjaku,
il
comprend
le
pepel,
le
Mankagne et
les
dia;8c~as Manjak.
S8uls,
le
Mankagne
et
le
Manjak sont représentés au
Sénégal,
en
Basse
Casamance,
tandis que
la
majeur partie des
deux
ethnies
se
trouve
en
Guinée-Bissau.
Chaque fois
que
nous
emploierons
le
terme Manjaku,
ce sera pour désigner
l'ensemble
constitué par
le Mankagne
et
Manjak.
Quant au
Balante,
il
ust
parlé en Basse
et
moyenne
Casamance
sous
la forme
du
dialecte
Ja.
Le
reste de
l'éthnie
se
trouve
en Guinée-Bissau.
Dans
un
but
de
comparaison
nous
étudierons
en
même
temps
le
Balante
k~ntoh~ de
Guinée-Bissau.
~Jotre étude
des
:lUif!81::; ~iùrl:';
du
sous -groupe BAK
sera
par conséquent divisée
en
trois
parties,
dont
cha~une ~Qrr~spond
à
un
ensemble.
Une
récapitulation
des
caractéristiques des
numérations'\\:,~;
du
sous-groupe considéré globalement,
fermera
ce
chapitre.
La
phase actuelle de
ce travail
étant
essentiellement
descriptive,
et
la
langue
étant
le
principal
matériau
disponible,
il
importe
!
autant
que
faire
se peut d'analyser
les
numéraux
cardinaux au
1
~ein de
chaque ensemble,
et
lorsque
celui-ci
est
lui-même
composé de
sous-ensembles
linguistiques
distincts,
de
descendre
1
1
r
1
f
1
1

1
-231-
1
~ leur niveau.
C'est
ainsi
que
par exemple
l'enaerobla Jaro~t,

l
comprenant les
sous-ensembles BAYUT,KWATAY
et
JODLA,
~l a'~itt
1
f
Ij
d'étudier
leurs
numérations en
partant
de
la
langue
et
de l'untyarl
1
1
{,
culturel
de
chacune de
ces éthnies.
Nous en ferons
autant
pOUr
le Manjak et
le Mankagne et
encore
autant
pour
le
Balante,
1
x
,:~
X
X
1 '"
X
PHONOLOGIE:
QUELQUES SONS PARTICULIERS
é
exemple:
èbe=vache
ë
e'fi:31..,s,Ç.Jrti,r
rl~
=là-dedans
él~
=percer
Groupe consonantique
mb,
nd,
n j ,
ng,
mp,
nt,
:1 C ,
nk
Voyelles
lo'ngues,
ii
exemple:
kësiit=plume
éé
éét~ir= trQis,
ëë
8"ëël~et!'e murissarlt
1
1
~'
t
..
i
.,.. ,.
\\

-232-
II~4rl: NUMERATION DE L'ENSEMBLE JAMAT( DU SOUS-GROUPE BAK)
f,
Cet ensemble comprend
les
numérations
BAYOT,
Kwatay

1
(auquel
nous
associerons
le
Karon
pour une
raison
qui
i
apparaitra :plus
loin)
et
enfin
les
numérations
de
différents
parlers
Joola.
x
x X
X
II-LL'1.1: LA NUMERATION BAYOT CNUMËRATION '.BSOLUE)

166
l l .4. 1 • 1 • a :
Les
numéraux cardinaux
1 en
dun
1 1 kutepeko
n'en
dun
2
irig3
1 2
kutepeko

i riga
3
i f i j i
1 3
kutepeko
n'ifigi
4 ibey
14 kutepeko
n'ibey
5 ooto
1 5
but.igen
6
oota
n'endun
16
but i E','=' il
f:'endun
7 ooto
ne
irig'a
1 7 butigen
n'iriga
'~:t:~:
8
ooto
n ' i f i j i
1 8 butigen
n'ifigi
9
ooto
n'ibey
1 9 butigen
n'ibey
10
kutepéko
20 ëyi
166.
Deux sources
ont
servi
pour
l'établissement
de
cette
numération:
d'abord
les
informations
recueillies au
près
de
lucuteurs
Bayot
du
villdge
Je
ETDMA,
arrondissement
de Nassia.
1
Ensuite
le
texte du R.P
Tastevin:"vocabulaire inedit •. p.12
Ces
deux
sources
divergent
sur certains
points.
Pour trancher
nous
nous
sommes
referé
à
la
source villageoise.
1
1
f
\\

-23~-
30 ëyi
ne "utepeko
40
kuyi
kurigô
50
kuyi
kurig~ ne
kutepeko
60
"uyi
kufigi
80
"uyi
"ubey
1 0 0 eteeme
200
teeme irig'l)
300
teeme i f i j i
1000 ewuli
2000 wuli
iriga
3000 wuli
i f i j i
10.000 wuli
kutepeko
100.000 wuli
eteeme
II.4.1.1.
b:
Les
nombres
fondamentaux
et
leur contenu
sémantique
Les noms des quatre
premiers
nombres
sont
des
références
aux
doigts.
1=en dun=l'un;
2=irig3 =les
deux;
3=ifiji=les trois
4=ibey=les quatre.
Il
est
très
vraisemblable
qu'une
telle
dénomination des
quatre
pl'~~miers nombrfèS
sc
c,c~.t.
surtout
faite
par reférence
lmplicite au
"tout"
constitu~ Dar
la main"
En Bayat,
"doigt"
~s
l i t
~t~ et c'u~t sur C8 r~dical
que
sont
construits
les
nom~
des
différents
doigts
de
la main,
'.. \\

-234-
ce qui
n'est
pas
forcément
la
même
chose que
les
noms
des
nombres.
Exemples:
l'index=
ete
kozidà
le POUCC=8L8
de med-o
D'oQ ~rintérêt du
nom du
nombre
cinq:
ooto
On
peut se
demander si
ce
nom ne serait
pëS
formé
à
partir du
terme qui
désigne
l~ doigt
etd~ l'exRre~sion ~ui
désigne
le
pouce.
Il
serait
alors
le
résultat
d'une
contraction
de
"ete da
med=o"=pouce
J
au
terme
d'un
processus qui
serait
le suivant:
les quatre
premiers
nombres
étant
comptés
sur les
doigts
en
commençant par
le
plus
petit,
le
compte
sur une
main
s'achève au
niveau du
pouce:
celui-ci
est
le cinquième
doigt
et
en même
temps
celui
qui
au
terme
du
parcours
donne
cette
~Rt~ition
que
la
main forme
un
tout.
Il
y aurait
alors
1
assimilation du
Se doigt
avec
l'ensemble que
lui-même forme
t
avec
les
quatre qui
le prècèdent.
t
Cette interprétation
ast
d'autant
moins
~bswl'8e que
le
procédé
de
réduction
de
la
partie au
tout
et du
tout
à
la
1
partie
est
fréquent
dans
les
syntèmes
numériques
symboliques
africains,
ainsi
que
nous
le
verrons
dans
la
deuxième
grande
partie
de
cette recherche.
Une autre
hypothès8
co~~tê~è considérer ooto=cinq,
comme
la
forme
Bayot
de
prononciation du
terme
"hutok"
qui
dans
beaucoup
de
numérations
Joolal~f: plus
loin), désigne
à
la fois
\\

- 2 3 5 - t {
"~-
,li' '
'1-
,.~
Da: ma:iirn 0 u lep 0 i n g e t
l e nom b r e c i n q.
Mai s I e Ba ;y 0 tes, t
s 1'~
différent des parlers Joola,
et
les noms des autres nombres
si étrangers
les
uns
aux autres
lorsqu'on compare
la
nuro é -
ration Bayot à
celles des autres
composantes de
l'ensemble
Jamat,
qu'il faut prendre au
sérieux la première hypothèse.,
Il est vrai qu'il
y a,
à
l'avantage de
la seconde,
le nom d'un autre
nombre quo
18
Bnyot a en commun avec
les
numérations
Joola:
le
nom dll nClrnhres
vingt oui
sera exaroiné
un peu plus
loin.
"
Celui du
nombre
1U
cor!t'irme
l'importélnce de
la
référence aux doigts:
dix=
kutepeko
kute est
le pluriel de ete Jet kutepeko désigne
les doigts des
deux mains.
Notons au passage
l'intér~t de
cette
construction
1
du pluriel,
caractéristique des
langues à classes et
dont
i
l'aspect dominant est celui
de
la
marque d'Un morphème de
1
classe au singulier et au pluriel,

Passons au
nombre vingt dont
nous
indiquons
il
V a
un illstant qu'il
a un
nom fréquE~llt
parmi
les
.langues de
l'ensemble
1
J a rTi a t,
ri n 9 t
s e
dit
e n Ba y 0 t:
My i
8 t
n 0 u s
r c t. )' U U V G r' 0 n s
:;. <;;1 m~ me
1
terme ailleurso
1
!,
È'y ive u t d ire "h 0 mm e " ( h 0 m0) et Roi, C'e s t l' ê t r 8
humain
sans anomalie
physique,
uonc
possédant
la
totalité de
t
1
ses doigts(ceux des mains
et ceux des
pieds.)
1
1

~1
\\

-236-
11.4.1.1.C:
Les
syntagmes
Les
nombres
de
1
6
S
cJnt
des
noms
distincts,
des
lexèmes
originaux:
1=
en
dun
2=
irigô
3=
ifigi
4=
ibey
5=
ooto
Le
Ba y a t u t i 1 i s e l e
fT! 0 r p h ème
d e
cao rd i n a t ion
"n e"
a u
n'
pour construire
les
nombres
çardinaux
dans
toutes
les
situat1-
ons
o~ se rencontre un nombrn ~ompasé, ou un nombre inter-
médiaire.
C'est
le
cas
des
nombres
de
6
~ 9, obtenu par syntagme
coordinatif
simple:
6=
ooto
n'en d un
5
et
1
7=
oota
ne
irig o
5
et
2
8=
ooto
n ' i f i j i
,~~.
5
et
3
9=
ooto
n'ibey
5
et
4
C'est
également
le
cas
des
nombres
de
11
~ 14, puis
d e 1 6 à
1 g,
~ l' ex cep t ion pal ': 0 n s é que nt du no mb r e 1 5,
ex cep t ion
dont
la
raison
sera
exposée un
plus
loin.
1
f
1
1
!
,~
"
,';,
..
Î"'"
t
1

-237-
En effet
les
nombres
de
11
à
14 sont
~es syntqgmes
coordinatifs
simples,
obtenus
à
partir du
nombre
10,
~uquel
1
J
sont
ajoutés
successivement'-
les
Ilombres
1
,
2,
3
4 en
recourant
lt·
au
même morphème de
coordination:
11=
kutepéko
n'endun
10
et
12=
kutepéko
ne
irig~
10
et
2
13=
kutepéko
ne
i f i f i
10
et
3
14=
kutepéko
ne
ibey
10
et
4
Le
nom du
nombre
15
introduit
une
rupture
dans
cette
suitG
oe
syntagmes
courdillull:~ :.;:Irnples.
Contcairernent
à
ce
qui
S8
oasse
dans
des
numératj~n~ ~~~= 6tudiéc= 8~ pour ]8sqllJlles
15="10 et
5",
en
numération
Bayot,
le
nom du
nombre
15
est
un
lexème original:
15= butigen
Ce
lexème, signifie
bien que
le
nombre
5 est
ajouté
.au
nombre' 10,
mais
"butigen"
est
aussi
et
surtout
une
sorte de
nombre par lier dont l'importance apparaitra au moment de la
détermination
de
la
base
en
Bayot.
\\

-238-
Du fait
de
la présence
de
ce
lexème or~g~nal, 18 Bayot{
n'a que des
syntagmes
coordinatifs simples
là où d'Rutres
numérations auront des syntagmes
coordinat ifs
double~, ce qui,
à
terme,
n'est pas sans intérêt
quant à
la possib~lité de
réduire
les
risqwes d'ambiguité
lorsqu'on
construit
les grands
nombres.
Butigen= 15 est ri 0 rl
un
palier
16=butigen n'endun=
1 5 +'1
17=butigen n'irig~= 15+2
18=butigen n'ifigi=
15+3
19=butigen n'ibey
= 15+4
Avec Iyi=20,
on abords
une
unité
nouvelle:
la
construction des
nombres
de
20
él
99
se fait
sur la base de Uyi.
Deux types de syntagmes
sont
à ce
niveau,
particulièrement
instructifs sur les
stratégies
de
la
numération Sayot:
!
.···-1
1
Des
syntagmes complétjfs è
valeur de multiplication:
i
20
40
60
BD
ëyi
Kuyi
~.uti'go
Ku:;i
Kufigi
~,uyi
Kubey
/20/
/
2/
/70/
/3
/
/20/
/4
/
On' reconnait
dans
ces
énoncés
la marque du
pluriel
pro pre a u x l a n gue s
à
c las ses
rl 0 n, i n ale s e t
qui
a f f e c t e l ' i nit i a l 8'
dès
radicaux des
constituants Je
ces syntagmes
complétifs:
i
Exemples:ete=un doigt
1 homme=ëyi
kute=des
doigts
2 hommes=kuyi
kurigd
;::
40
1
3 hommes=kuyi
kufigi
;::
60
1
1
1
1

-239-
Dans
ces
syntagmes
complétifs
on
remarque
également
que
le multiplicande est
placé
dvant
le multiplicateur:
littéralement
"hommes
deux".
"hommes
trois".
"hommes quatre".
Des combinaisons de
syntagmes
Une
première
sériR riR
nomhres
rRnrésentant
les
noeuds
des
dlzaines autres que ceux qui
sont des
multiples de
20.
sont
construits suivant
le schème:
syntagme
complé~if à valeur
multiplicative
+
syntagme coordinatif
(ou additif):
30
50
70
90
ëyi
ne
kutepeko
k u yi
k uri g~
ne
kuyi
kufiji
kuyi
kubey
ne
kutepéko
ne
kutepéko
kutepéko
20
+
1 0
/20//2/
+
10
/20//3/
+
10
/20//4/
+ 10
Ee que
montre
par conséquent
cette
série.
c'est
que
pour construire
les
noeuds
des
dizaines,
la
numération
Bayot
recourt
à
U,le
combinaison
du
norrt.JI'e
10
avec
un
multiple
de
20.
UIl 8
d 8 U x i è m8
ti é l' l 1:::
U cl
,l 0 m0 r e 5
c 0 mp ris
8 n t r e
't!. C '3 t
!:l 9 •
construits
par combinaison rie
syrtagmes.
m§rite
également
une
attention
pfJrticulère.
Prenorls
les
exemples:
35
55
75
95
ëyi
ne
butigen
kuyi
kuriga ne
kuyi
kufigi
ne
kuyi
kubey
ne
butigen
butigen
butigen
,20
+
15
/20//2/
+15
/20//3/
+
15
/20/
/4/
+
15
Comme
indiqué plus
haut.
"butigen"
est
un
lexème
original
et
signifie 15.
Dans
la
descritpion
des
nombres
de
11
à
19
nous
avons
également
not~ uue 15 est
un
palier puisque

-240-
18s nombre",
'16,
17,
18 et
1S
~wnL
L;onstruits
ô
partir de
butigen.
Butigen= 15 apparai+
~in5i comme une pièce importante
définitive,
des
conditions d'énoncés
clairs
et
intelligibles
pour chacun.
L'étude des principaux
syntagmes
numéraux Bayot,
donne
immédiatement à
voir que
la
numération
de
cette
langue,
progresse en
s'appuyant
sur différentes
unités.
L'existence
d'une
base
20,
comme
le montre
largement
l'histoire
des
systèmes.
de
numération,
s'accompagne généralement
d'une
ou de
deux bases
auxiliaires.
Aussi,
5
et
10
constituent-ils
des
unités
ou
nornhres-p'9LiJ~rs importi'lnts
i='lll.!T.'
101
Gonstruction
de
toutes
les
l, ,L .:. <J .i n B S
J w .3 q ;j • a
8 8,
e n
n unie l' d t j, 0 ri
Ba y a t u
uotG
kutepeKÜ
LJuLil:!,t:i11
5
10
1 5
20
sont
les
"balises" de
la
numération
Bayot
jusqu'à
99.
En
réalité,
c'est
le
rôle
exact
du
nombre
5 qui
mérite
d'être précisé,
ceux de
20
et
10 étant
évidents.
Il
faut
pour
cela revenir à
la singularité de
butigen(=15)
lequel
a
le
sens
de
"3 fois
5"
ou
celui
de
"5 ajoutés è
10".
Lorsqu'on
présente
les
numération africaines
commes
étant
des
numérations
quinaire~,
ou
comme l'ayant été
(conservation
de
traces),
le
cas
du
Bayat
est
certainement
l'un de
ceux
pour
lesquels on
peut
l'affirmer
..:vec
le; IfiüiiiS
ue risques d'erreuI'. La rétérence a :::., eSL soit
Une
stratégie explicite,
"idéale"
de
référence
à
la
base
5
devrait
théoriquement
se
présenter comme
suit:
cinq)
deux-cinq
t.r ois - ci n q)
qua t r e - c i n q)
" ci n q - c i n q ";
six - c i n q J'
sept-cinq)
hUit-cinq;
etc etc ..

-241-
La stratégie de
la
numération
bayot
ne réalise pas
cet
idéal
(si
tant
est qu'aucune
numération
puisse être aussi
pure
que l'expose cette simulation),
mais
elle s'en rapproche autant;
que
le
lui
permet
la nécessité d'une
combinaison de
bases dont
la finalité
est de simplifier
les
énoncés
et
le
dénombrelOent.
en
8atifs.
Aussi.
face
à
la
simulation
{théorique)
précédente.
avons-nous
la stratégie réelle
bayot suivante:
ooto=
cinq
k u tep ek 0 = dix
butigen=trois-cinq
ëyi
ne
butigen= 20 et15
kuyi
kurig~ ne butigen=
(20X2)et
15
kuyi
kufigi
ne butigen~ (20
x3)+15
kuyi
kubey
ne
butigen=
(20 X 4)+
15.
Cette importance
de
la
base
5 est si
visible,
que.
' 1
.
,
.,
--
P T t
.
1 6 7
'''':;,]1"1:3
:3
vcrSlon
proposee fJélI'
18
K . '
as 'evln
,
on
trouve
una
avons l'eCceuillie •
quant à
certains
noms
de
nombres;
mais
la
version du
R.P.
Tastevin.
confirme
le rôle privilégié du
nombre
.
5.
Commençons
par'l'exposer.
1 = en du n (=
l'un)
11=
la
kor-a
2=
irig'
(=les
deux)
12=
la vor-awa
3=
ifig'i
( = le s
trois)
13=
ila Dt~ n'ifi
4=
iwe
(=les
quatre)
14=
ila Dt~ n'el'Je
167.
R.P.
Tastevin.
art.cité,
p.12

-242-
5=
ota
(=les cinq)
'15=
ota
11,
6=
ota
n'endo
(les six)
16=oto n'endu
7=oto
n'irig'
Cl es septs)
17=oto n'ilg'
8=oto n'ifig'i
18=oto n'ifig'i
9=oto n'ewe
19=oto n'ewe
10=kute(les doigts)pok
20=e-i
Cette
transcription
ne diffère
de
la nOtre qu'à
partir du
nombre
11
et ce,
jusqu'au
nombre
19.
Mais dans
cette
différence.
il
faut
distingu8r deux
séries
de
nombres:
ceux
c.wn,jJrL.,
8 n t n ,
l~
l::lt
î4,
ec
LLUX
qUl
vont
oe
1~ à
18.
Dans
la version de
iGstevin
les
nGm~rGS ~~
;~
è
14
ont des
noms
dont on
ne
voit
pas
comment
ils pourraient procéder
de 10,
et
l'auteur n'en
donne
aucune explication.
Pour 11=
la
kor-a et
12=
la vor-awa
on
ne
voit guère
quelle
interprétation
permettrait de
trouver
un
lien entre ces
expressions
et
le
nom du
nombre
10 d'une
part,
ceux des
nombres
1 et
2 d'autre part.
Quant à
13=
ila
ote
n'ifi,
et 14= ila oto
n'ewe,
on
~~,
~'ap8rçcit L;i8~1 que
les
d8I'ilie:l;:,
1..8rr1"l83
de
ces
~xpressiolls
qu'il
est
effectivement question
de
13 et
de
14.
De même
la
répétition
du morphème
"la"
dans
l'expression des
nOmbres de
11
à
14 autorise à
penser qu'il
représente
l'unité à
partir de
laquelle
les
nombres
intermédiaires
11,12,
13 et
14
sont
formés.
Mais
ce qui
demaure
étrange par

-243-
par dessus
tout,
c'est
la présence de
"oto"
dans
la
composition
des
noms
de nombres
13
et
14,
quant
on
sait que
oto=5.
Plus
curieus~ snCUl c: dS~
là construction des
nombres --,
de 15 à 19,
puisque toujou::,s
jans
cette version,
15= oto,
comma,
5, et les no:nbr8s
de 16 à
1 S ':i,_,:', L conl~usés à
rJc11'tir
du
'-lOin du
nombre 15:
15= oto
16= oto
n'endu
17=
oto
n'ilg'
18= oto n'ifig'i
19= oto
n'ewe
Et
la
preuve qu'il
sDagit
bien
des
nombres
15,16,17,
18
et 19,
r'est
qu'imfTlédi.i'\\tprn,::>n t
Arr8s
CP
dernier,
vient
le
nombre e-i=20.
Comme nous
lravons
indiqué
plus
haut,
ce procédé
nous
avons
posé
la question,
n'en confirme
pas moins
la
place
et
le
rôle de 5 dans
la construction
des
vingt1.premiers
nombres
~~,
Bayot.
En comparant
les
deux
transcriptions,
on
voit
bien
que pou r i e nom b r e 1 5,
0 t 0
a
1 a
mê me
po s i t ion
e t
1 e mê mer é3 1 a
que butigen:
l'un
et
l'autre servent
à
composer
les
nombres
suivants/jusqu'à 19.
Ce qui
nous
amène à
nous
demander si
Tastevin
n'a
pas
receuilli
la
numération d'un
dialecte
1 . ' - 1
.:..
aujourd'hui
disparu,
ou formulé
dans
un
langage ésotérique?
Ma~s f,OUS l,'Ovons
pu obtenil
u8
réponse à
cette quest~on.r~ettons

encore une fois.
l'une en
face de l'autre les
deux
versions:
15=
but i p en
15=
oto
16=
butigen
n'endun
1 G= oto
n'en
du
"
17=
butigen
ne irige;,
1 7 = oto
n'ilg'
18 T
butigen
n'ifigi
18=
oto
n ' i f i g ' i
19=
but i g en
n'ewe
19=
oto
n'ewe
asc:
possible C;~:
:""I,~ l,,:';v'C::-::,iUil recueilLi;; par le
R • P • Tas t ev in,
0 t o n e
soi t
en
dé fin i t ive q LJ e la
for me
ell i pt i q u à
de "kute
pok ne oto"="dix
et
cinq".
Et
dans
cette hypothèse.
la'
for me
el l i t i que s e s e rai t
fi x é e sur 5,
co mm e r e pré s en t a t i f
à la:
foi s
d u
nom b r e et
d e I ' exp r es s ion.
Son
i n t é r êt
rés i d er ait
a 10 r s
dans
le fait
qu'elle
insiste sur
le
caractère privilégie
de 5.
autant
que
le fait
butigen(=quinzeJ.
Mais
on
ne peut
s'emp~cherl"
de souligner qu'il
y
a
aussi
dans
ce cas
le
revers
de
la
médaille:
un
même terme pour désigner
deux
nombres
différents,
c'est
un
manquement
à
un
principe fondamental:
celui
de la
discriminat:ion
des
nombre::
par
les
:E:xème~ ,'::
: ,~~,
~,yntdgl::e5
qui
les
désignent
~ n ri i \\/ i ri u p J l Brr '?!: t .
L es
pp., LIE RS 1 00 ,
l 0 Û ~
e t î 0 • 000 •
100
200
300
et e em e
te em e i ri g 'J
te em e if i g i
/100//2/
/100/
/3/
Les
multi pl es
de 100
sont
formés
par
syntagme complétif
à
val eu r
mu l t i pli c a t ive.
0 n
no t 8 r' a
que" t3t e em El "
es t
sou mis
à 1 a

-245-
règle
du
pluriel.
Par
ailleurs
la
construction
des
centainae.
con f i r me a pr è s
c e Il e
d es
d i z a i n e s
que
lem 0 d e d e
dis. P 0 s i. t ion
d se
constitU'JI1;,S,
811
numératiun
lJôyut
est
du
type /
MA/ME
/
le
fnultipli::a.l:::~ est aj";oncé ~l'\\Îl'il'~
Ll.;
';ILj.l.~l .... l~LdtbUll.
La
L'GI"":structi-
on
des
noeudsdes \\"mille"en
constituA
une autre
preuve:
1000
2000
3000
10.000
éwuli
wuli
irig'O
wuli
ifigi.
ewuli.
k-utepeKO
/1000//2/
/1000//3/
/100
/
/10/
On
note une différence
dans
les
marques
formelles
du
nom
du
multiplicande mille,
lorsqu'on
passe de
2000
à
10.000.
"
l"
Pour
les
noeuds
des
mille inférieurs
à
10 u OOO,
le multiplicande
prend
une
marque
du
pluriel.
Pour
10.000
les
deux
constituants
pratjque irrégulière
qui
s' eypliq~e soit
par
le
fait
qu'il
s'agit
.~ , C::l P r u nt.
soit
Il
palier.
Mais
pour
chaque
cas,
i l
faudra
examiner
le
contexte et
déterminer
les
facteurs qui
entrent
en
ligne
de compte.
Pour
le
Bayot,
wuli
est
un
nom
d'origine manding.
assimilé
par
la
langu~...
" ' ' :
Bayot
qui
le
soumet
à
des
règles
régissant
certains
substantifs.
l l • 4 • 1 • 1 • d:
L es
cou pIes
de
nom br es
am b i gus
L'existence d'un
lexème
original
pour
15,
permet
d ' é vit e r
] i'I
r; 0 n fil S ion
à
l ' é r: (" n ': ,"
c! C
c: e r t a i n ~
nom b r es.
P a LI r
d'autres,
à
défaut
de recours
au
c:ontext.e.
i l
n'y
a
aucun
moyen

-246-
de discrimer
les
couples de nombres
è
partir de 10.
001.
Les
observations faites
è
ce propos
pour
les
numérations
des
sous-
groupes
Nord
et Cangin
sont également valables
ici.
Mais
donnons
tout
de
même
quelques
exemples de couples
de nombres
impossibles à
discriminer dans
leur
réalisation oralel
~ (l
1no = p.wuJ.i k,J ~ "?fl';'" t".c,
/1nnO//10/
10.001
éwu l i
kutepeko
n'endun=/1000//10/+1
11 .000
" éwuli kutépeko n'endun=/1000//10 + 1
c,
10.002
éwuli
kutepeko
ne irigô
12.000
éwuli
kutepeko
ne
i rig a
10.003
= éwuli
k u tep e ko ne ifigi
13.000 = éwuli
kutépeko
ne ifigi
10.004 = éwuli
kut epeko
ne ib ey
14.000
= éwuli
kutepeko
ne i bey
Les
cou pie s
den n mh r R co,
r: 1r i
\\/ n n t
mF1 j n t 8 n a n t
ê t r e
présentés,
échappent au
risque
d'ambiguité:
10.005=
ewu 1 i
kuté peko
ne oto=
/1000//10/+5
15.000=
ewuli
butigen
=/1000/
/15/
10.006=
ewuli
kutepeko
ne oto n'endun=/1000//10/{5+1)
16.000= ewuli butigen n'endun
=/1000//15+1/'"
;"
=1 6
10.007=
ewuli
kutepeko
ne oto
ne irigo =/1000/ /1 O/{5f~
17.000=
ewu 1 i
butigen
n'irigé)
=/1000//15+2/
=17

-L4i-
10.008= ewuli
kutepeko
ne ooto
n 1 ifigi=/1000//10/{5+3);.'
18.000=
ewuli
butigen
n'ifigi
=/1000//15
+3'
J1,;,
=18
~L
.~".,'
~:~p;
;;;~..: "
\\ ~~~~: '
1 0 • 0 0 9 = e wu l i
k u tep e k 0
n e
0 0 ton ' i bey =/1 0 0 0 / /1 0 / -t(s + 4)'}
19.000=
ewuli
butigen
n'ibey
=/1000//15+4/
= 19
Il faut
souligner que
le facteur
essentiel
qui
permet",
de discriminer ces
nombres. tient
au fait
que
"butigen
n'en dun·
n e
peu t
sig nif i e r
que 1 6.
d 8
mê me que
., but i g e n n' i r i g ~ " n e
p :: u-t
sig nif i e r
Cl u e 1 7 J e t
.=J i n s i c p
,
ij 1. t R •
C'est
par conséquent
la
position
de butigen
qui
a
été
déterminante/m~me si elle ne resDut pas tous
les
problèmes de
la
numération
Bayot.
A travers
cette possibilité de
discriminer les
couples
de nombres
à
partir de 1005
et
15000.
on
mesure
l'importanae
que
peut
revêtir pour
un
système de
numération.
le fait
de
donner
le
plus
possible
de
noms
distincts aux
nombres
inférieurs
à
la base.
à des
nombres
intermédiaires.
voire aux noeuds
des
" ,
unités
successives.
"
" '"

-248-
II-4.1.2: NlIt'lERATION -1@ATAY ET '~ARON
Le
kwatay
et
le Karon
sont
classés dans
le m~me
ensemble,
comme provenant
d'un
parler qui
s'est détaché
plus
tard du
tronc
c~ntral 168. FIJèie ~ notre ~rincipe, dans cette
rhase descriptive,
d'aborder les
différentes
numérations
dans
leur cadre
linguistique attesté,
nous
présentons
ici
conjointement
les
numéraux cardinaux Karon
et
kwatay(ou
encore Jambereng).
II.4.1.2.a:
Les
nombres fondamentaux
kwatay
et
Karon
,.
Les
nombres
de 1 à
S
..,'.-
1
2
3
4
S
Kwatay:
ef ene
kusub-o
ki agi
kebager
'hutok
Karon
nonol
kusubé)
K'di-,~j i r'
k~baakir
issak
.l~
Les
nombres
2,
3
et
4 se
réfèrent
aux doigts
et
'.~
signifient
respectivement:
"le5
deux",
les
trois
et
"les quatre")
ce sont
des
lexèmes
originaux.
Les
noms
de
ces
nombres
sont
aussi
identiques
d'un
système à
l'autre,
alors
que
les
nombres
et
S ont
des
dénominations
différentes
en
kwatay
et
en Karon.
Dans
beaucoup de parlers
Joola,
comme
nous
le verrons
plus
loin,
hutok=S,
signifie
le
poing ou
la main ou
le
bras.
Nos
infor-
mateurs
Karon
affirment
que
issak"'S
n'est
pas
apparenté à h utok,.,
ne
signifie rien d'autre que
5
et
constitue
par conséquent un
lexème à
la fois
orjgtnal
~t
~rhi~~~ire.
16B.J.L.
DOI\\JEUX:
Li ens
d C's
12ngu ss
du
C'...
'"
,
w8nsg.3: ,
p.27
~'" ,
..~,"

-249-
Cependant.
"issak"
est
comme
"hutok"
une
unité
nouvelle à
partir de laquelle sont
construits
les
nombres de
6 à
9.
Lac 0 nst ru c t ion des
no ms den 0 mb r es:
6. 7 • 8 et
9 est l a
suivante:
6
7
8
9
kwatay:hutok
ni
efene
h ut 0 k ni
k! u su ba
h u t 0 k ni
hutok
ni
ki'Zlgi
kebager
5
et
1
5
et
2
5 et
3
5
et
4
Karon:issak n'honol
issak
n'kusub~
issak
issak
n' k e !!lia g i r
n' k"baakir ;~,
5
et
1
5
0'
~.
t.
5
et
3
5
et
4
Dans
ces
syntagmes coordinatifs.
Uhutok"
et
"issak"
ont
comme
on
le voit; la même fonction.
celle
d'engendrer
la
l
seconde série de
nombres
inférieurs
à
10.
Dix est
également
un palier et
une
nouvelle
unité
1 0
Kwatay:
sumaanu
Karon
naasuar
'~-'
~...i&:~'
Signalons
Rn pAS,~,"lnt
qllR
IR
nom Karon
pour
1U
à
s a \\j 0 i r
"Il a a sua r"
s e r 8 n c cr: 1: r 8
dan s
l a
n u mé r 3 t ion
j 0 C l a - ;- 0 g n y
d'un groupe de
villages du
département
de Bignona.
circonscription
géographique
à
laquelle
appartient
également
la parler
karon
dont
nous
étudions en ce moment
la
numération.
Mais
ce qui
mérite
d'être
souligné dans
ce
rapprochement.
c'est que
"naasuar"
ne
correspond
pas au même
nombre
selon qu'on
se
trouve
en
numération
karon ou
en
numération
JoDla
Fogny

-25èJ-
Karon:
naasuar = 10
Joola-Fogny=
naasuar
5 -
Et
le Fogny a un autre nom pour désigner 10,
en
~'occurr~nce "sibë~s", comme r,IOUS le verrons plus loin. Il n'ast
pas impossible qu'il
y ait
eut
dans
un
cas ou dans
l'autra un
phénomène d'emprunt,
ou de réforme interne,
car le fait
qua ce
nom désigne
les
nombres
5 et 10
est aussi
frappant.
"Dix" avons-nous dit
est
une
unité
nouvelle,
mais,
co mmen 0 usa l Ion s I e v 0 i r,
i l
n e don n e
pa s
t 0 u t
à
fa i t
l a mê ma
stratégie en
numération
kwatay
et Karon,
pour la construction
d es
nom b r e s
de 11
à
1 9 ( pa r
ex e mpIe)
K'..-Jôtay
su ma arlU'nT ef sn e
10
+
1
-i C
+
-;
,....
12
sumaanu ni
kusub&
naasuar
n'kusubi
'10
+
2
iD
+
2
.-
13
sumaanu ni
ki3gi
naasuar
n ' k'ah~gi r
1 0
+
3
1 0
+
3
,...
14
sumaanu ni
ke bag er
naasuar
n'kabaal<.ir
1 0
+
4
1 0
+
4
.....
1 5
surnaanu ni
hutok
kaat
1 5
1 0
+
5
1 6
sumaa?ru
ni
hutol<. ni
ef en e
kaat
n'honol
1 0
+
5
+
1 5
+
1
1 7
""'
sumaanu ni
hutok
ni
kusuba
kaat
n' kM-Subi)
..,
~: C
+
5
"
1 5
+
'-
,..,
18
sur,laanu ni
hutok ni
r·, .1. (J ~, .1
kadt
n ' k. h Og i r
10
+
5
+
3
1 5
+
3
1 9
sumaanu ni
hutok
ni
k e bag er
kaat
n' kè)baakir
10
+
5
+
4
1 5
+
4

-251-
Le con t en u d e c e t a b l eau
no u s
met
en
pr é s en c e de
;,-.. '
donnés
désormais familiers
depuis
l'étude
précédente de la
n u mé rat ion
b a y 0 t
et
des
n u mé rat ion s
déc r i t es
a van t,
l l
el P pa rai t
a i n s i
que l e kw a t a y
et
l e K a r 0 n n' 0 n t
pas
l a
m~m e s t rel t é g i e
de dénombrement
des
nombres
de 15
à
19.
Celle du
karon
s'apparente de toute évidence à
celle du
Bayot,
puisque
comme
pour celle-ci~le nombre 15
reçoit
un
nom distinct
équivalent
ê
"trois
cinq"
= 15.
Ra p pel:
b a y 0 t:
1 5 = but i g en
karon:
15=
kaat
kwatay:15=
sumaanu
ni
hutok
1 0
et
5
On
peut
donc
prévoir dès
maintenant
que si
le karon
possède également
un
système vigésimal,
sa
st ratégi.e et
celle
du
kw a t a y
von t a c c use r
d es
di f f é r en c es . s i ng u l i è r em en t a u
ni V ea u

des
nombres
qui
se refèrent
à
la
base
5
et
surtout
ê
propos
de
certains
grands
nombres.
Dli
mpmp ClOUP ,l'enseignement
tiré
du
Bayot
permettra-d'exposer avec
plus
de facilité
l es
principales
propriétés
de
la
numération
Karon.
Le nombre 2U
reçoit
U8S
noms
uifféI'8nLs
tom
i---wdtay
et
en
ka r 0 n.
mai s
à
d é f a u t
d e po u v 0 i r
di r e a v ec
c e r t i t u des i
l e
cont enu
sémantique
est
le même,
i l
est
aisé
de constat er que
dans
l'une
et
l'autre numérations,
20
est
une nouvelle unité.
",
'"
20
kwatay
butumhan
karon
~wi
~~~:~
;~~;'

-252-
lJisons
qu elqu es
:I:::L;
:,UI'
l ' énigin8 qu e constitu e
no us)
l e s en s
d es
ter m es
"b 1J t 1j mh c9 n "
pt
u~ \\tJ i fi •
D'abord
le cas
d8
"butumhan".
La
première idée qui
vient
à
l!esprit.
surtout
lorsqu'on s'aperçoit
que la
numération
étudiée
possède un système vigésimal,
est
de se demander
s , i l s
nom pou r
2 0
ne
s sr ait
pa s I e mê m e qui
dés i g n e
les
no t i p n s
d'homms(homo),
de roi,
de
personne •••
Sur
ce point,
notre
insistance auprès
de
nos
informateurs
ne
nous
a
fait
about;ir
~J
qu'au
résultat
s~ivant:
h
' "
butumhan ne signifie pas tous l es doigts
le terme
'r
"
doigt
se disant
kiemi • il arrive parfois que nos informateurs
disent
kiemi hutuk
pour
5
et
kuiepo kiemi butumhan'
pour
20
avec
l'intention
manifeste
de montrer
qu'ils
comptant
s,ur
l es
00 i g t s
et
non
l ' a r g e n t
l cJ 0 n t - ils
s a v en t
qu' i l s a co mpte
dut [' en 1el', t ) .
Consultant
d'autres
sources.
nous
avons
trouvé
dans
l'étude
du
R.P.TASTEVIN.
des
données
susceptibles
de
lever un
pan du
mystère.
D'une part,
à
propos
du
mot "homm~', le lexique
établi
par
le R.P.TASTEVIN
donrle
les
sens
suivants,
en
Joola-
dia mber i n
(c' est - à - d i r e
en
par 1er
kw a t a y ) :
l'homme-
a
lok
u an
l ' ho mm e (s en s
lat i n d e vi r)=
an
i ne
la
femme=
an
ar-el
ar-e=
"l'homme-ventre"
Ir
le mari
=
an
ine
= ~'homme
pensant"
Comme on
le voit,
à
moins
qu'il
V
Elit
des
synonymes.
" but u mhan
n e f i g ure pas
sur
c et t e l i ste.
Par
con t l' e,
10 r s qu' i l

-253-
nous
donne sa
propre transcription
du
nom du
nombre
20
en
Joola-diamberin
(=kwatay),
le
missionnaire le
présente ainsi:
1/
,
• 1/
20=
butum han (la bouche)
han =s u p é n. eu r e ( R • P •
.
TASTEVIN,
p.14)u
,
,"
Bien que
l'enigrnc ;-;8 30it
pùs
pour
autant
levée,
c et t e
ex pli ca t ion
r est e c c:-) rr. ri fi cc t
r 0 n -f' (1 r;r. F~.
u n
pro c 8 déc 0 u ra nt' ~
dans
les
langu es
africain es
et
leurs
langag es
symboliqu es,
à
savoir
l'analogie
et
l'assimilation
assimi lation
d' un
co Il ectif
à
sa
parti e,
ou
de la
pa r t i eau
col l ec t i f .
Avant
d'arriver
à
une
étude
plus
approfondie
de ce
procédé,
nous
en
avons
une
sorte d'illustration
dans
le
lexiq"B-
pré c éden t,
t i r é
d e I ' art icI e duR. P.
TAS TEVIN :
f em me = a n a r - e ~,
a r - e = . " h 0 mmlB - ven t r e"
rnari
= an i. n e ="1 ' h (1 fT' me p en sa!' t "
l'la i nt ena nt,
po u rq U LJ.i 'lJouche' et
pou rq u 0 i
"supérieur!•
si
0 n
en t er. d -
. a pp l i q u er
J Co
jJ r '.' C é d é d ' êi 5 5 j, n, i la+: ion
a Le
1 1Ü m
d u
~::~
nombre 20
?
Il
es t
b i end i f fic i l e d e di r e
a v ec
c er t i tu d e à
quo i
renvoie cette analogie.
Tout
au
plus,peut-on
hasarder
une
i nt e r pré t a t ion,
a v ec
t 0 utes
les
rés e r v es
qui
s 1 i mp 0 sen t
en
pa r ei I c a s,
l l
Y a u rai t
à v 0 i r
s i l ' a n a log i e a v ec
l a
b 0 u che
n e s e rai t
pa s
l a
mêrre e que
cel l e qui) dan s
c e r t a i n s
s y s t ème s
numériques
symboliques
(exemple ceux
du
Bambara,
du
dogon,
du
Seerer),
assimile les
nombres
3
et
4
aux
genres
masculin
et
f é min in.
Ain si,
le
nom b r e 4
(f é min in)
r en v 0 i e t - i l
a u x
l è v r es ,

-25t!r
c'est
è
dire
les
deux d'en
haut
lcelles de
la bouche)
et
celles
d'en
bas
t è 8 il e s du' sexe de l d f c; ln 111 8 ) , ce qui en f~it
LJans
le
cas du
kwatay
(diamberin),
le nom du
nombre
20
»butum han»
pourrait
provenir d'une forme
d'expression
voulant mettre
l'accent
sur
les nombres quatre
et
cinq.
Abordons è
présent
le
cas
du
nombre
20
en numérE:ltlon
karorl:
20 = 3wi
Notre
première réaction a
été
de
demander à
nos
i n for mat e urs
s i l e nom »Cl wi:'
Il 8
S 8 rai t
pas
ur. 8
V El l' i El n t 8
LJ e
l;} yi
ou
"e-i",
qui,
dans
beaucou~~ ,~c; ;Jarlers du sous-groupE' BAK.
signifie
"homme»
et/ou
roi.
c:le-r.
Leur réponse a
êté que
"~wi» n'a que deux sens:»vlngt~
e t " El mi ».
Vail à
do n c
une a u t r e
d i f fic u 1 té.
Pou :r :b El nt,
1 e
f ait
~:
que
20
soit en
karon
en même
temps
une
nouvelle
unité pour les
nombres
jusqu'à 99 voir 100,
incite
à
croire qu'à
côté
de
l'hypothèse
d'Un
nom de
nombre
arbitaire,
il
ne faut
pas
pour
autant abandonner celle,
largement
vérifiée
dans
le
sous-groupe
BAK,
qui
tire le
nom du
nombre
20
de
l'idée
de
totalité
représentée
par
les doigts
au
complet,
d'un
homme.
Mais
d'un
a u t r f
C ôté,
CJ n
il e
d 0 i t
pas
l' cC r ' : ~;~
:j 8
\\) U E,
1 e
~.' ait que
1 8 5
Ka r 0 n
.169
ignol'aient
dans
leur organisatiLln sociale
la fonction
dB
ro l
Certains
élémentf.i
\\!f"
':c!l1ipaldison
['.:-'8::)
lim::'C:8s
du
reste)
'permettent
de
penser que
le
terme
»~wi» a
un
sens
équivalent
à
celui de
"homme».
169.LV.
THOMAS:
Les
rois
diola,
hier aujourd'hui
demain,
Bulletin de
l'IFAN.
T XXXIV,
série B,
n01
1972,p.153.

-255-
D'abord,
malgré la différence des parlers Jamat,
. ~"
·r·'
certains
noms
de
nombres
sont
identiques d'un
système
à
l'autre v
et
il
ne
s'agit-pas de
n'importe quels
nombres.
Comparons par exemple
le
karon
avec
le
Joola-kaasa:
Les
nom b r e s 2,
3,
4 0 n t
des
[1 0 fli :s
d 8
m{3 mtj
[ ' a die al.
2
4
Joola-kaasa:
silub~
sihaaj~
sibaakir
Karon
kusuba
Kabaqkir
Le
nombre 15 également
a
le même
nom dans
les
deux
numérations:
Joola-kaasa:
15 = kaat
Karon
15
= kaat
Dans
ces
conditions,
Ll
n'y
aurait
rien
de
surprenant
t8rm~s SR reférant
è
1 'id~p rl'unité ~ai~
des
voic~ ~ifférentes:
Il
Kaasa
20
= aii ii
,
Karon
:'ôwi
20
~~~,
------
Il
est vrai qu'on
ne
peut
expliquer les
faits
de
langues
en
se
limitant
à
des
arguments aussi
sommaires
du
reste,
en
comparant d'autres
systèmes
numériques
on
peut
trouver
des
[lOmS
identiques
pour certaills
nombres
et
des
noms
totalement·
différents
pour d'autres.
On
notera pourtant
qu'un
certain
nombre
de parlers
Jamat"ont
les
mêmes
noms
pour désigner:

'Je.,
-t-.~'.'-
l'homme
et
le ma ri
d Y0 l a e- l u f :
a
in- a
a in
kwatay
an in e
an
ine
(l'homme
pensant)
Bayot
e -
li
e -
li
L~ karon ne serait-il
pas dans
le m~me:,cqgavec',;le terme
"~wi" voulant
dire ami?
11-4.1.2. b:
Construction d es
syntagmes
numéraux
Un système vigésimal
kwatay et
karün
20
30
35
kwatay
l:Jutumhan
butumhan ni
sumaanu
butumhan ni
5 umaanl:J ni
hutok
20
+
1 0
20
+10
+5
Karon
bw l
I l ' n a a S u é:l r
ô wi
fi 1 I<.at
~""
-
10
40
50
55
kwataay
:bakanba k8sub.
ba anba kesuba ni
bakan ba
kasuba ni
= ho mm es.
d eu x
s umman'U
summanu ni
hutok
/20//2/
/2U/
/2/
+
10
/20/
/2/
+ l1D+5)

-257-
Ka r 0 n
: ô}v i
~s u b a k
~wi asub~k n~naasuar awi ~subak
~~~L .
/20//2/
iL.G/
/
2 /
+
10
/20/ /
2 /
+
15~1
Les
premièr~
éléments de
la construction de ces
noeuds
des
dizaines montrent que
20 est effectivement
une
unité
nouvelle en
kwatay et
en karon.
On remarque aussi qu'en
passant
de 30 à
40,
la
numération
kwatay
change
le
nom qu'elle donne
à
20.
En effet:
,_.fI
20=butumhan )
30=butumhan ni
naasua;
mais 40=bakanbla
kusuba et 50=bakanba
kusuba
ni
naasuar.
Le
kwatay 6! d'autant plus
facilement
adopté l'expression
"bakanba
kusuba
".
qu'elle signifie
"deux
hommes"
et
que le terme
dont
il
8~3t tiré fait
partie
"'I.:r--,
lexique
qu'elle
part.Jge
avec
d'autres
langues
et
parlers
JeHliéJL,
comme
nous
l'avons
InOlltré
karon.
Rappelons
que
"homme";
"an"
en kwatay
comme
en Joola-
eluf.
Il faut
enfi n préci ser que
le pluriel
de
"an"
donne
bak-an "hommes")
et que
les
trois
nombres
2,
3,
4,
sont des
'~;.
abjectifs
numéraux
et
doivent
s'accorder avec
le
substantif
qu'ils
accompagn8nt~ c'est
à
dire
prendre
la même marque de
classe du
pluriel
de
ce substantif.
P, u S si,
a von s - n 0 us:
;' '" k Li S u b a
lorsque
cet
adjectif

-258-
prend la marque
du pluriel
de
"an",
c'est
è
dire
bakan,
et
de
ce fait,
"deux hommes"
= bakan bakusub8 = 40

hommes
deux
La seconde remarque est que.
grace è
"kaat"=
15,
le
karon
construit Jes
énonc8s
~lu~ courts
et
moins
exposas
a de6
risques
de
confusion.
prérispmp.nt
à
propos
d~s
nombres
de :
35
à
39,
55
à
59.
75
à
79
etc •..
Encore
une fois,
sur ce
point
précis,
elle a
la m~me stratégie
que le Bayot
à
propos
duquel
nous
avons
déjà signalé que
le rôle de
15
rend
plus manifeste
l'existence d'une numération
de
base
5
(combinée
certes à
d'autres.)
Notons enfin que
ce5
noeuds des dizaines sont formés
par des
syntagmes
complétifs
à
valeur multiplicative
pour les
nombres
40,
60.
80
et
des
combinaisons
de syntagmes
complétifs
et
de
syntagmes
cOùrdinatifs
utii~sant lb
uase
10
pour les
nombres
int8rmédiaires 50
,7~
qo_
Exemples:
60
80
90
kwatay
bakanba
ki~ji
bakanba
kabaakir
bakanba
kabaakir
ni ~:
summanu
/20/
/3/
/20/
/
4/
/20/
/4/
+
10
'l"YJi
ôbaakir
~wi
~baakir n'
naasuar
/20/
/3/
/20/
/4/
/20/
/
4/
/ +
10
Oans
ces
syntagmes
complétifs
à
valeur multiplicative,
le multiplicande
est
placé avant le multiplicateur et
l'idée
de multiplication est
rendue
de manière
différente en
Kwatay
et
en
karCJn.

-259-
.'.':~~~"
·t~·:
Pour le kwatay,
c'est
la juxtaposition des
constitu~nt'
du
syntagme et la marque du
pluriel
qui supportent
l'idée de
multiplication:
"des
hommes
deux",
"des
hommes
tro;i.s",
"des
hommes quatre"
etc •••
En ce qui concerne le
karon,
on voit
bien que
"~w1"
est invariable mais les
numéraux 1,
2,
3
et
4 ne
le sont pa~.
Et de l'avis de
nos informateurs,
l'intercallation du morphème
"E"
entre le multiplicande et
le multiplicateur constitue
le
suprJort de l'idée de multiplicd'c:ion
3wi ahagi=trois
vingtaines
;~wi aba~kir=4 vingtaines
LE NOMBRE 100
kwatay:bakan
kemi
kuhutok
/
ou bien:
etemeZ-
/20/
/
5/
Karon:
keme
Le
kwatay a deux expressions pour le
nombre
100.
La
première est en somme
une
construction dont
la stratégie est
fondée
sur la base 20 et qui,
après
40=(20
x 2),
BO=(20x4J,
donne
100=2x5.
La numération
~watdY utilise aussi
le
nom &tem~L
avec
lequel
du
reste elle forme
les
multi~18~ de
100:
Exn~ples
200
300
'etemel
kusub~
....
etemel
kihaagir
/100/ /
2 /
/100/
/ 3 /

-260-
"Etemel"
est donc probablement
un
nom tardif
donné
ê
100 par emprunt,
ce qui se
justifie par la
règle
~1 fpnda- I
mentale de l'économie,
réul j.Ci:·;
61 aCE
à
des
Iwms
de nombres
originaux surtout
pour nommer des
nombres-pal iers
comme 100,
et 1000,
etc •.•
Le
karon en a fait
autant
en adoptant
"keme"
pour
dire
100 et le
nom du
nombre 1000 confirme
qu'il
y a eu
sans
doute emprunt mais que les deux
numérations
n'ont
pas
pour ain~~
dire
emprunté à
la même source.
1000
1 0 000
kwatay:
ejune
ejune summanu
/1000/ /
10 1
karon:
wuli
si wul ;i,
naasuar
/1000
1
/
1 0 /
11-4.1.2.
C:
CONSEQUENCES SUR LA CONSTRUCTION DES GRANDS NOMBRES
10
001
11
000
kwatay:
ejune
summanu ni
e fene
ejune summan
ni
efene
/100/ /
10 /
+
/1000
/
/
10 +
1
,
karon:
siwuli
naasuar n'honol
siwuli
naasua
n'yonol
/1000/ /
10 /
+
1
/
1000/
/
+
1
/

-261-
En
ce qui
concerne
le couple 10.001/111000,
le
karon
aurait
un moyen
de distinguer
l'unité simple
(=1)
de
"un mille";
\\.
en
somme,
"honol"=1
et yonol="un mille".
Cette solution Bet
précisement
la seule qui s'impose pour éviter les
risques
d'ambiguités,
mais
elle n'est
pas courante,
les
locuteurs
n ' y I '
recourant
qu'après
coup,
C'o3t
~
dire
une fois
qu'an
leur a
fait
remarquer qu'il y a
tm~Gssthilité de rliscriminer oralemant,par
exemple dans
le
cas du
kwatay:
ejune summanu
ni
efener
/1000/
/10
/
+
1
u
"
et
ejune summanu
ni
efene
/1000/
/10
+
1 1
De même) le karon
parvient'
~.
discriminer
les
nombres 20.002 et 22.000 par application d'une règle du
pluriel:'
2=
kusubl)
2000= susub ••
20.002
22.000
kwatay
R,j lin 9
but u mban n i
1<, L.! S '-, b ~
ejunr. butumban
ni
IK(Jsuba
/1000/ /20 /
+
2
/100n
/
/
20
+
2/
'"~~~'~.
Karon
'3 L~u l i
-awi
n'kusubè
::)iwul.~
~""I .i
! l ' sc.::;~uv
/1000/ /20 /
+
2
/1000/
/20
+
2 fois mille
Et,
grace au
rôle
joué par
kaat=
15,
le
karon
réussit
à éviter
la confusion entre certains
nombres.
->,
10.005
15.000
kwatay
ejune summanu ni hutok
ejune summanu ni hutok
/1000/
/
10/ +
5
/1000/
/
1 0
+
5 /
Karon
s iw u l i
naasuar ni issak
s"iwu l i
kaat
/1000/
/
10 /
+
5
/1000/
/
15/

r ) / f " )
-.:.~.:-
De m~me~evec
les
autres
nombres 10 006/16 000
10
007
/
17
000
etc •••
Le karon s'en sort-il~lè 00
le
kwatay comme beaucoup
d'autres
numérations restent confrontées
è
la difficulté de
discriminer
les
couples de
nombres déjè identifiés~?
10 006
16 000
kwatay:ejune summanu ni
hutok
ni
ejune summanu ni
hutok ni
kusub-a
kusubél
/1000
/
/
10 /
+/5
...
1/
/1000/
10
+
5
+
1
karon:
siwuli
nôasuar ni
iss~k
~Ihnno]
/1000
/
/
10 /
+
/
'j
+
1
/
/1000/
/
16 /
car
kaat suivi de
"n'honol" ou
de
"n'kusubaou de
"n'k-ah'agir etc •••
ne peut signifier respectivement que 16,
17,
18
etc . . .
.......
t,:?
....'<?~

-263-
11-4.1,3: ENSEMBLE JOOLA (DU SOUS-GROUPE BAK);
;.; ..
l\\Jumération des parlers:
Joola
kaasa EsuulaiOllur,
kom;"o- i "
Fogny et Buluf.
Du
point de vue
de
leurs
numérations,
les piOlrlers
kaasa,
kombo,
Fogny et Buluf manifestent
beaucoup de ressemblan-'
ces.
Les
raisons
qui nous
ont
conduit
à
étudier à part
les
numérations
Bayot,
kwatay
et
Karon
n'étant
pas
valables
dans
le cas
présent,
c'est
conjointement
que
les
numérations
Keasa,
Kombo,
Fogny et Buluf vont
être étudiées.
Un
tableau d'ensemble
présentera d'abord la suite des
numéraux cardinaux des
quatre parlers,
après
quoi
suivront
les descritpions et
les
analyse;habituelles
sur les
différentes
constructions de
nomDres.
~.
'.\\'~'
11-4,1,3,1: ELEMENTS DE TRANSCRIPTION PHONOLOGIQUE
voir
I.1.'4

-204-
'-J.,
11-4.1.3.2: LES NUMERAUX CARDINAUX JOOLA (KAASA, KOMBO,FoGNY, BULUF
Les
cinq
tableaux figurant
aux pages
suivantes,
ont
pour objet,
en même temps que
de présenter des
listes de
nombres
JoDla,
d'apoter une disposition permettant
au
premier
abord de
percevoir les
ressemblances et
les
différences
lexicale,.
+
.. <1..1.,"-
Ci'b~_;ue tableau cori :..:.~::" Ur: norniJnJ-palier et ies 'carrHnaux
prècèdent •
.:;

7 '
B
8
Kaasa
yanor
silubar
sihaajir
si\\."Jaakir
hutok
hutoo
hutoo
hutoo
hutoo
diyanor
disilubar disihaajir
disbaakir
5
+
1
5
+
2
5
+
3
5
+
4
J<.ombo
yanor
silibar
sihaajir
sibaakiir
hutok
kutok
hutook
hutook
hutook
diyanur
:lisilibar disihaajir
disibaélkir
5
+
5
+
2
5
+
3
5
+
4
Fogny
yékon
sigaba
sifeeji
sibaakir
hotok
+utok
futok
futok
fu t:1 k
di
yor,on
di
sigaba
di
sifeeji
d i s !_ b a a ',i r
5
+
1
5
+
2
5
+
3
5
+
4
Buluf
yanoor
tusubel
sihaajir
sibaakir
naasua
nèJasua
naasua
nassua
naa"iua
ni
yonoor
ni
tusubël
ni
sihaajir
ni
sibaa\\ir
=J
+
1
5
+
2
5 +
3
5
+
4
:.BaSé!:
K.Llnen
(les
mai ns)
r- 0 :Lfl~
u n ~; n
= ( les
d eux
p 0 i n g s )
10
..:
.' û mb c;
k. une n
(1 e s
mai" 5 J
~ u ~.....I +'
si,:; ë 5
( les
deux
rna i n s )

1 1
,2
13
14
15
'16
1 7
1 8
1 J
KAASA:kullen
k !11er!
di
silubar
f-.. a a t
(p i e (j J
r· ,,3 t
cc i y a rw r
kaat
di
kaat
di
I",aat
disibaakir
diyanor
(emploi
e11'-
silubar
haajir
ptique
kul',",'l
10
+
1
J
+
2
di
kaat)
KOMBO:kunen
d"!
k'ifien
disilibar
kunen
di
t',k
t<,unen
di
kune
rh
kunen
di
kunen
di
tok
di
yônor
tok
di
tok
di
tok
di
sibaHkir
"anD r
silibar
sihaajir
FOGNY:unën di
unen
di
sigaba
unën 'di
'Jnën
di
unën
di
unën
di
unën
di
futok
yekon
hotok
futok
di
futok
di
futok
di
di
slbaakir
yékon
sigaba
sifeeji
10
+ 1
1 lJ
+
2
10
+
5
10+5+1
10
+
5+2
BULUF
sibees
;
sLt:,ees
i
tusubel
sibees
naaS'~3r
~)ibees
sibees
sibees
sib8fS
'lôasuar
ya no 0 r
" a i'~::: Jar
n i
naasuar
ni
n a a sua r
Cl i
::; 'i b ë:. :; ~: i r
1 a r,C! () r
tusubël
n i
s i h a a k j C'
10
+
1
Il:
+
2
10
5
20
KIIASA
a t i i t
ro i
F 0 iJ NY:
ka ban a n
(l a
p e r so n ne)
KU1BO
kabana
(la
personne)
~_'::!J_UF:
kabanan
(la
personne)

60
21
22
~ ~
40
50
'"
KAASA
:
a t i i ri di
a Q'i if/d i
a,é1 ip/ di
kUJ:iijC
k 'J l Ub a:·'
kUJ:iijC
kulubar
kUy':iiy':
kuh'::lajir
yanor
sil'Jba::-
Kun en
(=rois
deux)
di
kunen
20
+ 1
20+
2
20
+ 10
( 20)
(
2 )
(20)
( 2 )
+
10
( 20 )
(
3)
KOMBO:
kabana di
i,abe:lld
di
kabana
di
bu kan
kul.:-bar'-
bukan
kulibar
bukan
ku
r.aaj i~'
yanor
~,ilib'Jr
Kun en
( personne" deLx)
di
Kun en
20
+ 1
=~ U + =~
20
+ 1 0
( 20)
(
7 '.
( 20)
(
2)
+ 1"0
( 20)
( 3 )
- )
FOGNY:
kabanan
di
kabena di
kabanan
di
bukan
kugaba
bukan kugaba
bu kan
ku feej i
yekon
sigaba
un "ën
( personn es deux)
di
unën
(= personn es
trois)
20
+ 1
20
+ 2
20
+ 1 0
(20)
(
2 )
(20 J
( 2 )
+10
(20)
( 3 )
BULUF:
kabanan i
1< ,_~ b a"· ? ",
j
kabanan i
bakanba
bakanba I<,a tusubel
bakanba
kahaaj .r
yanor
tusut:cl
sibees
katusubel
Ën sibees
--
(personne d eu)( )
(personnes
deux
et
( p er son n es'" foi"
20
+1
20
f
2
20
+ 10
(20)
( 2 )
él eÛl x ( Inà i n s
trois
(20) (2)
+ 1 0
(20)
(
3 )
...
j
'"
~~ ~~~ .~:.
i,,·iY~~ f'è~~P.~~~;·~..;;~(4~~:
'f : ~.'~:'~f
J,A·
..
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~,...",·~,.",,_~.·K~··""""''''''''''';,W\\·~

;ru
100
300
~
90
t'on
'.
KP,f,SA
kl...IOOi([
kuhaajir
kU)lii~ kubaé:l~,iiI'
1< "9'iiçZ
kubaajir
et eem eel
s i . ; eeme er
si
t eemeer
1
di
kunen
( r o i s ' quat; 3
di
k u n en
silubar
sihaajir
)
(20) (3)
+
10
(20)
(4)
(20)
(4)
+
10
100
(100) (2)
(100) (3)
KO[",BO:
bukan
kuhaajir
hukan
kubaakL.r
bukan
kubaakiir
ee em e
SiC Elm e
si.e em e
di
Kun en
!=personnes
~~atre
di
kunen
s i l i b a r
sihaaJ i r
(20)(3)
t10
(20)(4)
(20)
(4)
+
10
100
(100)
(2)
( 1 00)
( 3 )
F 0 GrH;
bu kan
k u f e ej i
bukan
kubakir
bukan
kubakir
e em e
sic em e
sie eme
sihaajir
di
un ën
(= p er son n es
q '-' a t r e
di
un ën
sigaba
(20)
(3)+10
(20)
(4)
(20)(4)+HI
100
(100)
(2)
(100)
(
3
)
BuLJF:
bakanba
k.haajir
bakan
ba
kebaakir
bakanba
kebaakir
eeeme
sie eme
sic eme
sikaaj1r
-
~n: si be es
( p er son n es
qua t r e
"en
si b ees
tusub°ël
(20)
(3)+10
(20)
(
4)
(20)
(4)
+
10
100
I~OO)
(2)
( 1 00)
( 3
)
100
KAASA
eiunjunne
FOGNY:
wili
KOMBO:
ewu l~i
BULUF
uli
.~ ~·~r~);~0'or~;:?:.~~ ..;';~ i~~~~'~<?~:!":f':';'~'
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.~
~),,-;. .~
11'~ nod"'
~"~ Oc
.i.-:-Î.('< ,:)~,,'''',~S~:~~~,
s1t unjunne
s i . unj unn e Kun en diyanor
KAASA:
51' unjunne
s1~ unj unn e
s i ' unjunne
s11ubar
slhaajir
kunen
~" u n en
d i
yan 0 r
(1000)(2)
(1000) (3)
(1000)
(10)
(1000)
(10)+1
1000
10
+
1
KOMBO:sewul1
silibaar
sewuli
slhaajlr
5 e wu I i
k u n en :,
5 ew u 1 i
k u n en
d 1
sewuli
kunen
di
yanor
(1000)
(2)
(1000)
(
3)
yanor
(1000) (10): T~
(1000)
(10)+1
1000
1C
.,
1
FOGNY:siwili
sigaba
s i wi l i s 1 f e ej i
slwili
unën
s :" wi 1 1
un 'en
di
yak o n s i wi 1 i
u n'en
d i
Yêl k '.J n
(1 000') ( 2 )
r~oooJ
(3)
(1000)
(10)
1'00
10
+
1
1000
10
+
BULUF: aiul.i tusubël
slul i s 1 haaj i r
siuIi_
sibees
i
yanor
siuli
sibees
i
ye,or
sluli
sibees
(1000) (
2)
(1000)
(3)
(1000)
(10)
'1000
10
+
1
1000
1 0 >
1
100.000
K/1., A~; A;
si t un j un n e et e em e"e 1
FOGNY
si wi 1 i
e em e
(1000
)
(100)
1000
100
KOMBO:
sewuli
eeeme
BULUF:stuli
eeeme
(1000)
100
1000
100
't

-270-
II.4.1.3.3:
CONTENU SEMANTIQUE DE QUELQUES NOMS DE NOMBRES,
Kaaaa ,
Kombo,
F ogny
,
et Bu l uf
L es noms' d es vingt
pr emiers nombres sont formés
par
rG'nfér enc e aux doigts.
D'abord les quatre premiers nombres.
, l.
'(,A ,A, SA
KnMBO
ç:'fJ:'~JY
B!!!. UF
1
yanor
~. :
_yanor
yékon
yonoor,
= l'un.:::r"
2
silubBr
silibar
sigaba
tusl:b el
l cs
'.'.~~<
:.:J BU X
li·
:~t
3
sihaajir
sihaajir
si f e ej i
sihaajir=
les trois
,.;I!".'
&,
4
sibaakir
sibaakir
sibaakir
sibaakir=
les quatre
On
remarque que
la formation
des
nombres deux,
1
trois',".'
et
quatre se fait
avec
le morphème
"si".
lequel
est
la marque ,.,..,~
170
d'une classe de pluriel
Il faut
par conséquent supposaI'
qu e c'est
parc e qu a dans
c es
parI ers
l'on compt e sur les doigts,.
"\\' .
d'un e main
d'abord ,qu'on les désigne comme ~2~ment8 ou unit~8
<::
,
..
d'un ensembl-e qui les oontient et qui,
sans être nommé pour le
mo~cnt, n'an demeure pas moi~s implicitement une référence
.,ft:
:rr
pré8xi~,tant8 ou donnée en mê!ll8
temps.
"L'un","les deux"
"le6
".
trois",
"les quatre"
signifient par conséquent que dans
un
"tout"
constitué de plus de quatre éléments,
on peut isoler
l'un de ces éléments
(un doigt)
ou deux de ceiéléments
(deux
doigts)
ou trois de ces
éléments
(trois doigts)
ou quatre de cei~
.;- .
éléments
(quatre doigts).
170.J.L.OONEUX précise ceci:
L'existence d'une classe
"si" de
pluriel
oQ
le préfixe a toujours
le
"s",
sépare tous
les
p~rlers
(Jamaat
) du
seul
Bayot .•
cf:
Liens
historiques des
langues
du Sénégal,
p.27

-271-
r) (, ;, 'j 1', Il 1) Il :", P il f' 11 1~ f! Il 111111 " ' 1! "L rJ Il L ",
il 111/ Il fl 1 1]
f ! !; 1.
implicitement
fait
référence.
['est
parce qu'il
eJt
regardé
i
1
par le
locuteur comme
un.
unité
nouve~le en tant qu'ensemble 1
1
1
que
les
nombres
qui
lui
sont
inférieurs
sont
dési&nés
par
1
l' é f é l' e n c e i mpli c i t e à
l u L,
e t c 0 ln ln e
for man t ,d R S
é 11 é men t s
Cl u i
ne
suffisent p,","i pour
conslHIIr:J'
unE!
unité
nouvelle.
Ce que
l'on
peut
traduire
ainsi:
n-4=
l'un
n-3=
les
deux
Il-L~
l L~ ~_)
Lruls
n-1=
les quatre
1
Ou
reste,ce
schèma est
parfaitement
conîorme
à
la
1
1
manière dont
l'~n compte sur les doigts
par exemple en allant
1
,
du
pouce
vers
le
petit doigt:
lors,que
l'un
des
dotgts
est
levé
(donc compté) ,- ce sont qUutre
aulres
qui
manquent 'pour former
1
le tout d'où
le doigt
unique a
été
abstrait,
et
a~nsi de
suite,
,
Ainsi; ce qui, à
première vue
parai t
n'être
qu'une
suite de
,
,
,
b ' t '
171
slgnes al' 1 ra1r8s
se
revèle
Q l'analyse~
comporter un
contenu
sém~ntique prop
à
mettre
en
relief ,le rôle
du
nombre
"cinq",
nombre palier
comme
nous
allons
le '~oir déns
un
instant,
LE NOMBRE CINQ
Si,
de
"un"
à
quatre
ln
lan~u8 fait
référence
impli-
citement au
nombre
cin,q,
dans le] IllliJsl
totalité
des
parlers
Joola,
171,
S'il
ost
vrai
que
l ,J
P l' C~ rn i l'~ r n
fonction
du
nom est
de
discriminer
les
ôtres,
les
C~10SCS,
les
uns
par rapport
aux
autres,
1
1

-'272-
;i·~.<
. .
<
,.; . .-
.~
ce nombre a
le m~me nom
à quelques variantes
dialectales
près.
5
KAASA:
hutok
KDMBD
hutok
FOGNY
hotok
31"
--
BULUF
naasuar
~;
Considérons d'abord
le nom "hutok".
Alors
que le
l ,
,
~ -
1 i
172
lngulste s~nega a
s
s'abstient
de donner
un cüntenu
sémantique à ce nom et que
les
locuteurs interrogés par nous
173
affirment qu'il
signifie seulement"cinq~ le R.P.TASTEVIN
propose une interprétation qui mérite d'être
prise en consi-
dération.
Après avoir traduit
~es quatre premiers nombres
(qui
précèdent cinq)
par,
les termes
"l'un"(yanor),
"les deux"
CsilubarJ,"les trois"
(sih~ajir) et"les quatre"
(sibBakir),
il
écrit en facè de
"cinq":
k'ono hutok="ceux du poing".
L'intérêt de
l'interprétation du R.P.TA5TEVIN tient
au fait qu'elle est cohérente au
regard d'autres noms de nombres
pour lesquels tout
le monde s'accorde à admettre qu'ils
sont
des
références aux parties du corps et au corps
lui-même:
exemple,
pour les nombres dix,
quinze et vingt
(voir plus
loin).
172 0
Pierre Marie SAMBDU:
Thèse de doctorat,
3e cycle,
1977,
DAKAR:
"oiola Kaasa Esulaalu:
phonologie,
morphonologique et
morphologie,
p.139
173.R.P.C.
TASTEVIN,
petite clef des
langues africaines,
L
Librairie orientale,
Paris,
1947,p.107

-273-
,
A cela
vient
s'ajouter
l'acquis
du
con~enu sémantique
"
des
qua t r El p r em i ers
nom br es,
à
savoir
que
ce à
quoi
ces
nombres
1
i
faisaient
référence
et
que nous
avions
abstraite lent
désigné
par
n,
est
à
présent
saisi
sous
sa
forme
concrèt
de
"tout",
lorsque
les
cinq
doigts
forment
le
poing.
En
effet,
ce n'est
qu'ainsi
qu'il
constitue une
nouvelle unité
et
satisfait
à
la
condition
qui
faisait
défaut
aux
nombres
inférieurs
à
5.
Qua nt
(1
" n a as u ê1 r ",
ri n
l (1
n lJ mr. r ê1 t :i 0 n
ni J l IJ f
sous
réserve de trouver
de nouvelles
données
lexicales
(homonymies
par
exemple) ,rien
ne
permet
pour
le
moment
de dire qu'il
sig nif i e ." ln a in"
0 u
"po i n g ".
[~ nef f et,
l e t 0 r m 8
q u'
sig nif i 8
"main"
et
qui
est
également
celui
ô
partir
duquel
S8
fait
la
1
construction
du
nombre
"dix".
en
Bluf
est
différert
d e"naasuar";
1
ebë'ès=
un e main
sib'é'8s=
les
(deux)
mains
Toutefois.
les
convergences
ent~e le Buluf et les
trois
autres
parlers
Joola
à
propos
des
autres
nombres,
auto-
risent
à
penser que
"naasuar"
rourrait
tout
aussi :bien
désigner
le symbole d'un
"tout", au
même
t i t r e
que hutok.
Le
nomhre
dix
1['1
\\
KAASA=
kun en
les
mains
Kombo=
kun en
les
m,lins

-'274-
FOGNY=
unën
les
deux
poings
BULUF=
silJëës
11'!5
lIléJins
Cette
coincidence
parfaite
des
quatre
p~rlers pour le
Il
cont enu
sémantiqu e
d es
nombres
désignant
"dix"
ajoutés
è
ce qui
,
i
,
précède/montre
l'importance
de
la
référence ,aux
mains
et
aux
cJoi~ts
qui
les
composent, dans
ces
numérations,.
Le
nombre
quinze .. 1:J
KAASA
krJtlL
,
KOMBO:
k u n en
d i t 0 k
FOGNY:
unën
di
futok
BULUF:
s i b e, e s
n a a sua r
,
U,J n ~j C (3;;,
II u (J t r e
P (l r l [1 r",
i l
ù pp L1 r iJ i t
CI u ' il l
Y ù
rJ [) U x
manières
de
nommer
le
nombre
quinze.
-une
première qui
recourt
è
un
autre
membre
du
corps
1
humain
(en
l ' occurance
la
jambe), une
fo'is
épuisé Ile
compte
des
doigts
des
deux
mains.
1
Cette
première manière
est
représentée 1 par
le Diola
1
1
E sul a a l ure
p, i e r r e - Mar i e
SAM BOU
sig n ale
que
"k a a t'I sig nif i e
1
"pied" 'et
correspond
è
une
forme
elliptique
de
"
unen
di
kaat"
(=
les
mains
et
un
pied.
Cette
interprétation
est
confirmée
par
le
RaPe
ED.
WII\\JTZ
qui
écrit:
"quinze
est
tr'llduit'.
pllr
un
pluriel
kwat quo

-275-
,
[,::;
1III\\Il',':II[::1
\\l''IIIlIIIlI:I:I'!.
[:"
Illnllll:
1.,1/11\\1:;
'111'11:\\
"!J1I1,1'I111I1!!.
I l ! ! I
LlDUX
Inid.ns
:.Jlll·
11~
l:UIlOU
dr'lJiL
pOIII'
indiquor qu'il
faut
iI,jUII!.l!l'
,
17'1
les dix doigts
des ~ains aux
cinq
doigts
du
pied
-La
seconde manière ,de
nommer
le
nombre :quinze est
1
celle qui
consiste à
reprendre
le compt,e
sur
l'une, des
mains
après qu'on ait
compté jusqu'~ dix.
~es
numératio
s
Kombo,
Fogny,
et
Buluf illustrent
cette secondi manière.
Ainsi::
En
Kombo:
kunen di
tok
littoralement:
les
mains
et
le poing.
En Fogn~:
unën
di
futok
les mains
et
une main
Buluf:
sibees
naasuar
les
mains
(et)
cinq)
Il
faut
d'ailleurs
croire que
ces
deux
ormes
ne
sont
pas exclusives
l'une
de
l'autre,
puisque
dans
la
légion oD
il
a
rencontré
l'emploi
de
"kwùt",
le
R.P.
WINTZ
sig ale que,au
lieu de
kWiJt,
on entend ilU:;:,j ,l' ()xpression
"kLlnon di
hu-tok
( l i t t .
d '
t
.
)175
= lX e
clnq
1
1
1
1
.
1
1 74.
0 i ct ion n air e Fra n ç ais
/0 y 0 l a et
0 Y0 l a / Fra n ç a i!s,
pré c é d é
d'un
essai
de
grammaire, par
le R.P.
Ed.
WINTZ,
mis!sionnaire
de
la
congrégatioh du
Saint-Esprit,
Paris,
1922.
175.
idem~ ibedem.

-'l76-
,
Le
non,l)rl~ "\\ijrq',L"
K f\\f\\;, f\\ :
tI~i i lt
r' 0 j " l~ l , l ~ r " l, 11lilll\\r1
-------
,
KOMDO:
kabana
"homme"
FOGNY:
Kabanan
"homme"
BUI_UF:
Kabanan
"homme"
il
1
Le
terme
attiil~ signifir:, roi, chef ot dfsip;ne l'homme
,~\\
h
.
1
(homo)
alors
que" kélbana," kabanan"
désignent
1 etre
umaln,
a
1
personne
'humaine).
Si
pour
la
personne
(homo),
i~ n'y a aucune
difficulté
à
comprendre
pourquoi
ce
terme
sert
à
ési,gner
le
nomure
vingt,
i l
y
a
lieu
de
penser
que
la
référe
ce
au
roi
a
quelque
chose
à
voir
avec
un
phénomène
fort
rép
ndu
dans
les
structures
sociales
traditionnelles
afri6aines,
a
ni v ea u
desquelles
la
"p81'fection"
pllysiquc(=îlbsence
Ll'an
malie),
constituait
en
principe,
une
des
conditions
d'éli
i b i l i t é
à
la
fonction
de
chef,
f'oi"".
Nous
verrons
que
cette
n
tion
de
"perfection"
permet
de
passer
aisément
du
sens
de
chef
à
celui
\\
1
de
"personne
~humaine) et r~ciproquement"
,
1
1
Le
Nombre
"c ent"
IR
nombre
"mille"
i
1
i
,
1
Sur
les
quntre
por18rs
dont
nous
nous
o~cupons ici,
i
1 ' u n
~ le k a a sa) don n e à "c en t" et à "m il 1 e" des n o'm s di f f é l'en t s
1
1
de
ceux
que
leur
donnent
les
trois
autres 'parlers.! En
outre,
lorsqu'on
s'interroge
sur
l ' ori[';ine
de
c es
noms
et: sur
leur
conlenu
S8l!lûlllique,
les
r{qJo[)sr:~, permettent
de
mes'urer
à
quel
1

-'2. /7-
point
l'énoncé
de grands
nombres
a

constituer une difficulté
dans
ces
syst6mes
de
numération:
Le
nombre
cent
KAASA
eteemeel
KDMBD
eceme
FDGNY
ceme
BULUF
eeeme
Dans
son étude
sur
le Diola
kaasa
Esuul~alur, Pierre-
1
Marie·S/\\MnOLJ:JO
vr:llL
rruej(lnt
quunt
d I a
c1{)terrnina ,tion de
l'origine
du
nom cent en
Kaasa
et avance
l'hypoth~se d'un
1
emprunt
au
wolof.
Ce
dern:Lor,
comme
nous 'l'avons ~u,
a
pour
le
nombre
"cent",
le
nom
"teemeer"
et
rien
ne
s'oppose
à un
tel
rapprochernent,
puisque
1o;,
locuteurs
d'autres
langues
et2.
d'a u t r e spa rIe r s
(S e e r e r,
No 0 n,
Nd u t
etc ••. )
ad me·t t e n t
a v 0 i r
eux aussi
emprunté
ce terme au
wolof.
Le
plus
curieux
est
que
1
lorsqu'on
int8rro~G certain~ locuteurs qui se servent d 8S terrn8S:
1
"eceme",
eeme(ce qui
est
le
cos
du
Kombo,
du
Fogn.y et du
Buluf)
IJ8iHICOUP
rlJponllnnt
quq
co:;
110ITI;,
,-)pr,~rtionn8Ilt en
propre il
lours
176
parlers
resp8ctifs.' De SOIl côte),
uons
une
6tude
sur le Fogny
,
le père Henri Weiss
note
que
dans
l~ numération de ce parler,
il
1
Y a deux
noms
pour
le
nombre ~cent": "Kabanan Bukan
kangen"
1
\\ '
qui
signifie
litteralement
"des
hommes' complets"
cinq~cinq
1/
i
hommes
complets"
sec 0 n li
n 0 ITI P Dur
"c [) nt",
i n d i que
t - il" est
1
"keme"
et
i l ajoute
entre parenthèse qu'il
s'agitl là
d'un
1
i
emprunt fait
au wolof.
Or de
toute
é~idence le terme
"KEME"
1 7 6.
P. He n ri· WEI S S ,
con gré [: a t i [) 1)
duS a i n t - Es p rit,
g r a mm air e e t
lèxique, diola
du
Fogny,
Paris,Lc]rose,
1940,
p.S.

-270-
appartient
au
lexique des
parlers mandé
(~e deuxi~me groupe de
langues sénégalaises)
Entre
la
position qui
rejette
l'emprunt
él LJ
W n l n r
(~t r. [~ l l n q 1Ji
,lI. I~ r i 1) Il r,
,'}
r: (~
ri n r n :L n r
Il n
l El X r~ m n fT 1J.i
n n
lui
appartient pas en, propre,
il
est
possible de
recourir
à
une
,
ces
langues~ Il s'agit en fait d'exemples concrets sur l'évolu-
tion de
numérations
données
quant
à
leur expressibn de certains
nombres.
Si
~'on v~ut rester dans
le cadre strict
des
parlers
Joola et
être attentif
à
leur manière d'exprimer
dans
leur
propre
langue
le
nom du
nombrk "cent",
il
ne fait:pas
de
doutA
que
c'est
une
expression comme "kabana~ bukan kangen" qu'il
1
convient de
retenir.
On
trouve
l'équivalent dans
~e parler
\\
d'Elinking,
étudié
par
le P.P.
WINTZ
qui
indique
~ans sa liste
i
de
noms
de nombres
de
ce
rarler que
10
nombre
"cent"
se dit
1
"Kuyi
kono
hutok", "kuyi"
étant
le pluriel
de"oeyi~= roi, chef
et c "
Ain si,
selon
cet t e p rem i ù r e a pp roc he,
le
no
du
nombre
cent
s'expliquerait
par
le maintien de
la stratég
e de
construction des
nombres
par
un système vigésimal
L'autre approche
consiste
à admettre qu
les
parlers
Joola
utilisent
"eteemeel"
ou
"eceme"
ou
"ceme"
p ur
le nombre
"cent",
d'abord à
cause des
contacts
avec d'autre
groupes
d'économie et
de bri~veté des lexèmes qui désigne t
les
numéraux.
C'est
pourquoi, si
"eteemeel"
du
Kaasa
est
selon
t
ute probabi-
l i t é d ' 0 riE i n u W 0 1 0 -F,
e c e mEl,
Cel rn f1
son t
t 0 ut
au s s i
pr 0 b a b lem en t
des
emprunts au
l'1andika,
l',tëlnt
é!ntendu
que
Joola èt
Mandingues
son t
v 0 i 5 i n s
cl El
Ion ~ u e
d Cl t. n .

- '2.7')-
fJ 1J
r n~, t n 1 c rd: t n
Il n Il xi r'! lT1 I!
,-] f1 fl rD r: h n
t l'Il" V r1 C [) ri ri. T'Ill ,Jl: i [] fi
dan s
l [) G
nom s
cJ 0 n n 0 s
ô u
no mil r P
" III j lIe"
'13 0 \\ 1]'
18 S
1i u i1 t r r=!
p i3 l'le l'S.
[TJ i
Il c!
KAASA
e,éunjunne
KOMBO
ewuli
FOGNY
wili
BULUF
uli
Le
nom pour
"mille"
tel
qu'il
apparait
ici,
ne
laisse
aucun
doute quant
~
l'emprunt dB
"ewuli","wili"
,"uli"
déformation-adaptation du Mandinka qui
dit
"w il i 1'" il i n g "
(=littéralement:
"mille une fois".
1
Le wolof,
co mm e 0 n l'a
v LJ ,
s e s e r t
du
lie x ème
"j un ni" u
I I • 4 • 1 u 3 u Il
1\\ N1\\ 1_ Y :, 1
nr:: s S yN T 1\\ r, Mr SNI JMr: RA lJ X : nr S P,A R l. F RS
JODLA KAASA,
KDMBO,
FOGNY st BULUF
Nous
venons
de
voir qur;ls sont dans 19s numérations Joola,
les
noms
des
nombres
fondûl!l8ntéJUX
ils
correspondent
aux nombres:
un,
deux,
trois,
quatre,
cinq
dix,
quinz~(pour le
Kaasa)
vin~t,
cent
et
mille

-LULJ-
Les
autres
noms
d8
nombres
sont
des
constructions
propres
aux
structures
des
langues
considérées.
On
peut
d'abord
identifier des
syntagmes
coordinatifs
simples.,
Les
morphèmes
"di"
(parfois
nde),
"n i", se,rvent
à
i
coordonner
les
éléments
du
syntô~me. Exempl~s:
G
7
9
KAASA:hutoo
di'yanor
hutoo
disilubar
hutoo
di 'sibaakir
,-
:.J
+
+
2
+
4
1
KDMBD:hutok di
yonor
hutok
cJi
silubûr
hutok di
sibélukir
5
+
+
/1
1"
.J
+
FDGNY:futok
di
Yl9KOfl
fut 0 k cl i
~; i i3 i3 b éJ
futok
di
sibélakir
5
+
+
2
5
+
4
BULUF:naasua
ni
yanor
naasuô
ni
tusubel
nôasua
ni
sibaakir
5
+
5
+
2
5
4
i
De
même,
l'expression
c]ps
nombres
de ,11
~o 19, puis
1
de
21
à
30
et
enfin
de
101
d
10S
et
de
1001
Q
1005
~ont obtenus
par
synta~me coordinatif.
1
1

-201-
1: x (liJl Il J. (~!.; : 1
,
1 1
71
30
1001
Kf\\f\\Sf\\:
k LI n r~n
(Ji
y,I/IO J'
d '\\ i q
1 1 j
YilllU r
l'HP i ~ di
[lit j U i l Il Il
di
kun Fm
yrlnor
1 Li
/ II
LU
+
1 [J
1 111111
,
KOMBO:
kun en, di
kabélnn
di
yanor
kabana
di
ewu l i
di
yanor
klll\\[!1\\
YolllIl!'
10
+
;J()
+
20
+
10
1 U[J U +
FOGI\\JY:
unën
di
Yùnor
keJlJélnun
cli
yekÇJn
kabanan
di
wili
di
unën
yekon
1 0
+
70
+
71J
+
1b
1000
+
1
.,
BULUF:
5 i b e es
i
yanor
kabana
i
kabana
l i
uli
i
yanor
Yilnor
si b [) es
1
10
+
1
20
+
1
70
+
1 0
1000
+
i
A t r a ver 5
ces
e x 8m p les
d e s y n t a g mes
c
o l'di n a t i f son
note que
les
noms
pour
"tijx",
hinn
qu'étant
cles
(tous
sig nif i en t
"d eu x ma i n s ),
nec 0 n 5 t i tu en t
dan 5
cha
une de ces
numérations
qu'un
lexème unique,
ce
qui
résulte
u système de
classe
et
se
traduit
par
la
modification
de
la
c
nsonne initiale
d u rad i ca I d e c e
nom
den 0 mbr e
(s i n g • / plu ri el).
1 0 ù
l'ex i sten ce
de syntagmes
coorrJinatifs
silTlplp.s.
La
structure
du
nom du
nombre
"quinze"
appelle une
remarque qui
concerne le Kaasa
et
le Buluf.
On
cpnstate
en
ef f et
que
si
pou l ' l e s p a r l 8 r s
K0 mb 0
et
F 0 g n y.
lei nom br e
1 5
est
exprimé
par
un
syntagme coordinat if
simple,
i l
eh
va
tout
!
au t r em en t
po u r l 85
cJ 8 U x
cl U t r [~S
pur 1er s
Jo 0 l iJ
( Ka 6s a
et
0 u l u f ) ~
1

-282-
15
KAASA:
Kaat=
pied
ou
jambe
KOM60:
kunen
di
tok
10
+
5
FOGNY:
unën
di
futok
10
+
5
BULUF:
sibees
naasua
dix
- cinq
i
" Ka a t"
n 0 u s,
l'avons
vu,
est
l'emploi
elliptique de
1
1
"kunen
di
kaat"
(=les
mains
et
le
pied).
Dans
la
re!:iure

\\
l'usage ,danp
ce
parI-er
Cet
~ans doute dans d'autres), l'identifie
d
un
nom
de
nombre
distinct
qui
correspond
de
sucroit
à
une
manière
d'abstraction"
le
l'exùme
"kéjat"
semble
constituer
un
nouveau
palier
dans'la
numération
ki]asa,
puisqu'il
sert
à
for m[) r
l 8 S
n 0 III bru fi
li 0
1 G ,')
1: l,
rl t.
l /1
U ù
l u k 0 mu 0
~ t l 8 r 0 !j 1\\ Y
emploient
un
syntagme
coordin~tif double pour exprimer les
mem e s
nom b l'es.
l e I ex ème "7< r< (l t "p e r met
den e
r e cou r
r
qu' 2J
u n
syntagme
coordinat if
simple,
ce
qui
n'est
pas
nég
igeable,
car
une fois
de
plus
la
bri~v8té est un avantage dans l'énoncé
des
nombres"
Prenons
quelques
exemples
,
1 5
1 6
1 ~
1
KAASA:
kaat=pied
kaat
di
yanor
kaat
i
sibaakir
1 5
1 5
+
1
15
ol-
4
KOMBO:
Kun en
di
tok
kunen
di
tok
di
kunen
di
tok
di
YiJnor
sibaa
il'
10
+
5
10
0l-
S
+ 1
10
0l-
S
+
·1
FOGNY:
un ën
di
futok
k u n '~n di futok
un ën
di
di
yékon
sibaa
10
+
'J
1 n 1
fi
+
1
1n
0l-
S
+
1

-2B3-
L'économie ainsi l'érJ1:i,,('n
avec
l'emploi ':de "kaat"
est
appréciable.
Son
intér~t n/ost pas seulement d'avoir un nom
cl i ~d: i fi c t
qui
vic n li l" é) i t
CI' il Jou t r, r
i) u x
a u t r e fi
cl (! j à
i li en tir i [' 5 •
i l
se trouve aussi
dans
le rôle qu'~l joue_auniv~Bu de l'expressio
des
grands
nombres. en
réduisa'nt
les
risques
d'ambiguités
si
fréquents
dans
les
numérations
parlées.
dès
qu'on l passe
le seuil
·
\\ ,
d
l
du
nom br e dix
mil le.
C' est
po u r
ce t t e ralson que 51.
ans
a
1
pratique.
les
noms
composôs pdr
syntaGme
coordi~atif simplo
i
ou double,
le contexte
aidant.
ne
posent
pas
~e problèmes de
1
compréhension aux
locuteurs,il
reste que
l'intel~igibilité
1
i
de
tels
énoncés
n'est
jamais aussi
immédiate qu'a
ec
l'emploi
d'un
lexème
particulier comme
"kaat".
Venons
en
à
présent au
cas
du
Uuluf
pou
lequel.
"quinze"
se dit
"sibêês
naasuar~ dix-cinq.
Ce
cas
de
schème
complétif
à
valeur add'tive
se
rencontre dans
d'autres
li)n~ues, comme
dans
l'exe pIe
en
français
des
nombres
"dix-sept",
"dix-hui t"
ou.
nous
l'avons
vu avec
le wolof,
les
noms
composés
de
6
9
Exemples:
juroom-benn~ cinq
-un
~6
j lJ r Il 0 In- 1'1 nt t ~
c i n Cl
- l: l' LJ i s"
13
Il
est
vrai
que
l'économie
réalisée
par
"sibees
naasuar"
par
rapport
à
"kunen
di
tok"
par exemple
ne
semble
1
pas
être
bien
~randB'; mais.
comme
dans
le
cas
de
'/kaat",
i l
1
faudra
voir
le moment
venu,
si
elle
est
sans
impo~tance pour
;
1
l'expression
des
Grands
nombres.

-2U4-
Quoi
qu'il
en
soit,
dans
l'un
et
l'aut
la
situation de
"kaat"
et de sibees
naasuar"
semble correspondre
à
un besoin
de
la
langue de marquer
un
palier,
p isque de
toute
11
à
19.
ils sont
les
seuls
à
ne
pas
présenter u e
structure de
syntagme coordinatif.
Comme on
reut
s'y
attendre/cela ne
manquera.pas
d'attirer
notre
attention quand
la
ornent sera
venu d'aborder
la
question
de
la
base
de
ce
de
numération.
SYNTAGME
COORDINAT IF
DoUOLE
Los
nombres
de
16
A 1D
pour
les
numéra~ions Fogny et
Kombo
sont,
nous
l'avons
vu,
des
syntagmes
coordinat1fs
doubles.
"
1
du
type:
10
et
5 et
1.
Les
nombres
de
31
à
35
constituent ,d'aLjtres
exemples
do scheme
coordinatif double
pour
les
quatTe
par~ers.
i
31
32
j
KAASA:
aA:i. i é
(Ji
KU nen
cJi
y iJ no r
a ( i i i ( i
di
kunen
cl i
siluhar
20
+
1 0
+
20
+
10
+
2
,
KOMBO:
kabana
di
kunen
cJi
Yùnor
kabana
di
kunen
di
silibar
2Q
+
1 0
+
1
20
+
10
+
?
r'CJGNY:
kLJUéJrldn
(Il
unën
(jj
yC:klJlr
kdUdrtiJll
di
l)nlin
di
Sigüud
20
+
1 0
+
1
20
+
10
+
2
BULUF:
kabanan
i
sibees
i
yanor
kabanan
i
s
bees i
tusubël

-28~-
i.
Remarque:
Alors
qu'en
principe,
le
nombre
35
au s Sil
devrait
1
Âtro
construit avec
un
syntr1!~me coorclinatif doubl!s, ln:. pilf'lf~r:.
,
Kaasa et
Buluf,
du
fait
de
l'existence d'un, lexè~e particulier
1
pour le nombre
15 dans
leur numération,
se
compo~tent autr8m8nt.
!
E nef f e t, ,s i
dan s
les,quatre
parlers 30 se dit
"20: +
"
10,
deux
i
cas de figures
peuvent
se
présenter
'Ir~
C:,I~i
:111
"
L'expression du
nombre
30 est
considérée comme
un
composé fir;é:
KAA5A:[aciic
di
kunen] di
hutok=
[La + 10)+ 5
KOMOO:[kabana
di
kunenJ di
h~tok= (20 + 10)+ 5
FOGNY:[kabanan di
unënJ di
hotok=
Do +
BULUF: [kabanan
i
sibee:il i
nQaSuar=[20
+
28
cas:
trente
n'est
pas
c0f1::>icl0r(~ cQmme lino ent t\\~, mais comme
un
syntagme coordinatif:
20 et
10
;
dans
ce
cas
our énoncer 35,
le
kaa~a et 'le Ouluf seront dans une situation d,fférente de
celle du
Kombo
et
du Fogny.
KAASA
BULUF
CiiC
di
kaat
kabanan
i
si b' ës naasuar
r20 + 15
20'
et
d 'x-cinq
35
1
KDMDD
FOGN
1" kabana di kunen di hutok
kabanan
rJi
unë
di
hotok
20.
+
10
+
1_)
70
+
1
+
5

-286-
\\
On· le voit.
dans
ce second cas
de figur

les
solutions
des
par1ers
kombo et Fogny
sont
toujours
dos
synt
natifs doubles.
tandis qu'avec
la
solution du Kaa
retrouveront
devant
un syntagme coordinatif simpl
et
qu'avec
la solution du
Bluf.
nous
avons
G faire
à
un
synt
coordi-
natif simple,
dont
le deuxième
élément
est
lui mê e
un
syntagme
complétif
(dix-cinq),
Il
serait
intéressant de
savoir avec ce
ce qui
se passe dans
la
tête du
locuteur lorsqu'il
dit
"a
ii~ di kunen"
ou
"kabana di
kunen".
Pense-t-il:
"trente"
nu
Dens~-t-il
plutôt:
"vingt
plus
dix"?
Et
dans
l'hypothèse
o~ i~ penserait
"vingt
plus dix",
il
serait
encore
intéressant
de
~avoir s ' i l
i
p8nse
par
la môme
occasion"trois dizaines"
ou
se~lement dix
1i
"ajoutés è
vingt?
Nous
reviendrdns
sur cette questlon
au moment
i
1
de
l'examen de
la question
de
la base en numération Joola.
Quo i
qu' i 1 en soi t,
;, C 1 n n
qu' 0 n iHl (J rte
1 e
pre fT] i 8 r
CilS
de
figure
ou
le second,-il
en
résulte des
conséquences
,
différentes
quant
~
Id Con s t r li c t :i. Cl n cl e CI nom lJ l' 0 s de: 3 6 ZI :J rI ;
.
i
particulier le premier cas
de figure
débouche
sur des
syntagmes
coordinatifs
triplesv
1
S y n t 0 Eni 8
co 0 r [,t i n cJ tif
tri pIe:
ex e mpIe:
36
,
36'
Sol LI t ion N° 1:
[:lé i i é (J i
k LI n end i
h ut 0 k di
yan 0 r =20+ 1 0 + S + 1
KAASA:
o~ii~ di
kaat
di,yanor=
20+15+1

-287-
KOMBO:
kabana
di
kunen
ui
hutok
ui
yanor=
20
+ 10 + 5 + 1
20
+
10
+
5
+
1
FOGNY:
kabanan di
unën di
hotok di
yékon=
20
+ 10 + 5 + 1
Sol u t'i
i
naasuar i
y~nor=20+10+5+1
0 n
1:
kabanan
i
sibees
1
i
BULUF:
,
Solution 2:
kabanan
i
sibees
naasuar i
yan~r ~2n+(10:5]+1.
!
1
1
Les
nombres
de
56, à
59,
de
76 à
79 et de
96 à
99 ..
également du fiJit
U8
'leur COfl::ltruction particuli~r8 ,
18
même
l
qui
a permis
de former
le
~omhr8 trente, sont obtenus par
syntagmes coordinatifs
triples
ou
doub~es selon que
l'expression
'177
du
nombre qu~nze est
un
lexème pQr~iculier ou
nOnl
Syntagme
complétif ~
valeur additiv~
i
Sur
les quatre parlers
Joola que
nous
1xaminons,
seul
la
numération
Buluf présente
un
syntagme
complét~fà valeur
i
.
ad,ditive et
uniquement
pour
le
nombre quinze:, "si!bees
naasuar"=
:éJ i x- ci n q -~. S n~,
i:J
cl 0 u t c
une
r <l ç li Il rl fJ n1iJ r que r
CEl
pal ~ e r .
Syntagme
complétif à
valeur multiplica live
simple
L'examen des
numérations
Joola
révèl~
ue
les
syntagmes
complétifs à
valeur
multiplibative ue
40 6 89,
présentent
le
nombre "vingt" comme multiplicande:
177.
Cette
partie du travail
étant essentiellement analytique
et descriptive,
i l
importe
beaucoup de
montrer comment
sont
structurés
les différents
types
d'expression des
nombres,
car~
comme
nous
le verrons
dans
la
synthèse générale,
ce sont
les
syntagmes qui
portent
l'intérêt
et
le faiblesse
des
numérations
parlées"

-28ll-
,
40
(JO
80
,
KAASA:
kuliiiii kulubar
k u v:,j i Cl :r'whéJôj i i r
kuc;t i i 1 kubaak:l,ir
,
/
20/
/
2
/
/
20/
/
3
/
1
20/
/
4
/
KOMBO:
Bukan
kulibar
Bukan
kuhaajiir
Buken
kubaakir
/20/
/
2
/
/20
/
/
3
/
/20
/
/
4
/
FOGNY:
Bukan
kugaba
Bukan
Ku feeji
Bukan
kubaakir
/
20/
/2
/
/20
/
/
3
/
/
20
/
4
/
BULUF:Bakan ba
katusubel
Bakanba
kahaajiir Bakan ba kabaakir
/20
/
/
2
/
/l'lJ
/
/
3
/
/ 20 /
/ 4 /
~,~!:[Lue:, 1 es
su b s tan tif 5
(j e
1 apI' e mi ère, cl a s s e
don t
1 e
singulier commence
par
le pr~fixe "a"
ou
"an"
for
ent
leur
pluriel
en
remplaçant ce
préfixe
"a"
ou
"an"
par
le préfixe
"ku"
qui
devient
"k"
devant
une
voyelle.
Exemples:
An
ara
= femme
pluriel:
K-ara
femmes
A-
l~fa= forGeron
kU-laf~:forgerons
1
ii
Les
numérations
Kaasa
,
Kombo et Fogny.
nous
l'avons
vu,
n "ont
pas
de
syn'tagme
complétif
~ valeur
additive.
seul
le
Buluf en a.-et
uniquement
pour
le nombre
"qUinZe"J
Dans ces
!
i
conditions.
et dans
la mesure

il
n'y a
pas
risque d'ambiguité,
\\
.
!
la
s~quenc8 immédiate [juxtaposition des cünstitu~nt~)n'a
,
exclusivement qu'une
valeur multiplicative.,
C'est encor@
uniquemellt
cette valeur mu tiplicative
r:le
la juxtapos'i.t.Lon Llos
COI1,;titUiHJi:S
du
syntô~JlIe 9Ui IJI'(JVillit
1
1

-289-
lorsqu'on
examine
la construction des
centaines
t
des
"mille".
Prenons quelques
exemples:
noeuds des dizaines
noeuds des centaines
oeuds des mille
80
200
3000
KAASA:
kUÇ/iiÇ/ kuboakir
siteem8el
silubar
s
9'unjunne sihaajir
1201
1 4/= 80
11001 1
2
1
f 10001 1 3 1
1
1
KOI"IBO:
Bukan
kubaakir
siieme silubar
s:iwuli
sihaajir
1 201 1- 41 =80
1100/
1 2 1
110001 1 3 /
1
1
FOGNY:
Bukan
kubaakir
sic eme
sigaba
siwili
sifeeji
!
1201 14 1= 80
1100/ 1 21
110001 /
3 /
1
BULUF:
Bakan ba
kabaakir=80
siceme tusubel
s:iuli
sihaajir
1
1 20 1
/4
/
/1001 1 2 1
110001 /
3
1
Le IC han g e 01 e n t
d e m0 r p h ème qui
a p par ait : dan s
l a
construction des
centaines
et
\\l
U
des
mille et qui nous
ramène à
une
1
situation où
certains
nombres
sont
plus facilement reconni'lÎssôIJII:!s,
n'est encore que
le fait
d'une
r0~le d'accord:
les
nombres
100
,
o t
1 000
0 h c i ~] c,{! rd:
,',
l 1 0 pp () éd t. i () Il
~d 1q', u li 8 r' / plu ri QI
Hl ais
en
fonction
de
la
classe du
substantif':
les
nombres '''silubar'' (deuxJ,
1
" s i h êl c3 j i r " ( t. r () i é> ),
co mni 0
1 r;
rfil fl\\ 1H' r:
"!:'l il) il il kir" ( flll fi t r p.)
" n 1) t
des
plu rie l s,
l e [J r 8 f i xe" 5 i"
f~ tan t
en 'c 0 r e
une f 01 5
un
pré f i xe
d e
c l û s s e
d u plu rie l.
A l il
Cl LI f~ S t i 0 fl cl e 5 iJ V 0 i r
c e que
l e I 0 c u t e u r
1
1
a
dans
l'esprit
en
construisant un tel
syntagme
90~plétif, on
1
.
peu t
don c 5 u P P 0 S 8 r
qu' i l
pen s e
èJ
laI;' é p é t i t ion
d el
l 1wd te"

1
vingt,
ou celle des
autres
unités
"cent
et
"millie".
1

-290-
,
i
On
note par ailleurs
que
la disposition
d~s
,
constituants dans
ces syntagmes
complétifs à ,valeur multipli-
1
CotiV8
se fait
suivôntl'orllre
MA/ME:
les
unités'y;l.ngt.
cent
et mille sont
les multiplicandes et
sont énoncés ayant
1
!
les
nombres qu~ les multiplient.
, .
,"

i
1
SYNTAGME COMPLETIF DOUBLE. A VALEUR MULT~PLICATIVE
t
1
Pour trouver des
syntllf,mcs ,comp16tifs dfublns,
;')
valeur multiplicative dans
ces parlers
Joola,
il
faut
adopter
\\
pour les noms
de nombre 100 et
1000.
non
pas
les
oms
d'emprunt
"eteeme'el"
(ou
ceme,
ou
eceme)
mois
ceux d'origin
que Henri
WEISS etE.
WINTZ ont
expos~•. respectivement pour le Fogny et
le parler d'Elinkine.
Rappelons
que
le premier, (Weiss)
expose
la
construction suivante:
20=
kabanan
Coeyi)=littéralement:
"finir un homme~
un homme
complet
40=
kabana bukan
kugaba=littéralement:
"deux homm s
complets"
80=
kaban bukan
kubaakir=
littéralement
"quatre h1mmes complets"
100=kaban bu~an kuhotok=litt6ralement "cinq homme1 complets".
1
1
Malgré
les ~pparenc8s. dans ces premièr~s constructions
!
'
1
il
n'y
a que
des
syntagmes
complétifs
simples.
"k~ban" n'étant
1
pas
un
nombre mais
une
particularité
lexicale.
vi~ant à
,
souligner le caractère total
du
nombre de,doigts
oontenus dans
vingt...
Nous
le mettons
pour la suite
entre parenthèses.
'\\
Pour pouvoir obtenir un
syntagme complétif double,
1
.
i
il faut
partir du
nom du nombre "cent"
tel
qu'exp~imé dans
!
cet t e ver s ion ,e t
con s t r u ire a l 0 r s
un syntagme aveq
le nombre
\\
!
cent
comme
unit6.
Exernplus:'
1

-292-
200
300
1
1
k uhaajir
(kabanlbukan
hotok
ku 1 u bêl l'
(kaban)
bukan
ho,ok
/20/
/
5/
/
2/
/20/
/5
)
/
3/
De
son
côté
WINTZ expose
la
construction
suivanta:
1
i
20=oeyi
"roi
(pluriel:
kuyiJ
40 = k u y i (k 0 n'o ) k u 1 u bar ,," r 0 .i s
(j P LJ X "
100=kuyi
(kono)
hutok=" rois
ciner
1000=kuyi
(ko,no)
hutok
(nana)
kunen
/20/
/
5/
/10/
Pou r o b t en i r
des' s y n té:! g mes
co mp 1 é t i f s
t r i pIe s,
à
valeur
multiplicat~ve, il faut passer ~ux noeuds des "mille",
,
ct
cn
rcst\\lnt
rlîlns
18
typr:
{\\r:
r.nns1Jruction
eXllosP-
[1i1r
Wintz.
S y n t èl i~ III [J
C 0 m p l 6 t i f
t T' i rIEl [1
V <'1 l r; LJ r
'm u 1 t i pli c a t ive
\\
1
Exemples:
1
1
i
5000
10.000
1
1
1
kuyi(kono)hutok(nonolkunen
hutok
kuyi(konolhu~ok(nono)kunen
1
1
kunen
1
/20/
/5/
/10/
/
5/
/20/
/5~
/10//10/
,--._-~-----'---"'
..... ----"-- - -----------'
·_--t~-_·_.~
1000
100 9
~émarques:
Si
nous
avons
tenu
à
[1rnsenter
ces
sy
tagmes
complétifs
doubles ,c'est
pour
mettre
en
évidence
e
grave
défaut
dont
i l s
sont afrlifj(~s., èJ
s,cJvoir
leur
longueur,
8
s a i s i r
cette

-2Yj··
nouvelle occasion
pour aouligner l'importance de
l'exiotence
de lexèmes particuliers pOUl' le maximum de nombres possible
et pou r
l- e il u Yi i té G 'S U cee a 13 ive B
d' H n (J nIA 111 (1 f' Cl 1; i 0. n •
Certes,
même pour
les
numérations
les
Rlus
évoluées.
l'expression des grands
nomb~es exige parfois
le
recours
ê
plusieurs
terme~, mais ceux-ci corr8spo'ndent génér1alernent ,lUX
1
différents
paliers ou ordres de
nombres.Exemple ,nFrançais
10762=
dix mille sept
cent
soixante deux.
1
1
Mais
le
principLll
défaut
dGS
syntagmes IcomPlétifS
doubles
et
triples
du Joola,
tels
qu'ils
sont explosés
par Wintz
1
et Weiss,
se' trouve dans
son manque
réél
d' écono~ie.
En effet pour exprimer
la
seule
unité
'mille",
la
langue
recourt
ê
trois
termes:
kuyi
(kono)
hutok
(nono)
kunen
/20/
/5/
/10/
Cette
lourdeur est
bien
sûr
liée ê
la,stratégie de
construction
des
dizaines
en
01
. '
h
P Cl r tan t
d 8
V l n g t
c 0 'm e
u l t i me
unité.
On
comprend alors que
les
noms
de
"cent"
(eteerneel.
ceme)
et '"mille"
(ecunjunne,
wuli,
wili.
uli1 en tant que noms
J
d'emprunt mais
surtout en
tant
q~e.~eXèm:s p~rtic~liers. aient
cl1nr;titu(:
une)
~;(JIlll;infl.'1 (;(d,L(l (I.LfllculLu qlli
8S:t
Ull
uLJsLncl(!
1
~ la construction des grands nombres dans ces parilers JoDla.

-'294-
LE . :C' '( :i [ L 1'Il-
P /\\ R ~ I\\J T Hr. T l ~ II r
1
Des syntagmes compZétifs combinés à des
syntagmes c~ordinatifs.
1
1
i
Exemples:
complétifs
+
coordinat if
simple;
42
65
KAASA:
kutiit
kulubar di
silubar
kutiit
kulaaj'r di hutok
/
20/
/ 2 /
+
2
/
20
/
/
3 /
+
5
KOMBO:Bukan
kilibar di
silibar
Bukan
kuhaaji
di
hutok
/
20
/
/
2
/
+
2
/
20
/
/ 3 /
+
5
FOGNY:Bukan
kuga~a di sigaba
Bukan
kufeeji
di
hotok
/
20
/
/2/
+
2
/
20
/
/
3
/.
+
5
1
,
BULUF:Bakan
ba
kfrtusubel
i
tusubel
b3kan ba
ka haajir i
naasuar
1
/20/
/
2
/
+
2
/
20
/
/
:B
/
+
5
1
1
!
i

On obtient
le même
type
de
combinaison
p08r la
i
construction
de·s
nombres
de
81
à
85,
et
à
partir 'de 100 et
1000
1
!
chaque fois
que
l'un de
ces
pal iers est mul tipl'ié pat un
nombre
compris
entre 1 et
5.

-29S-
Complétif
combin~ avec un coordinatif
ouble
uu
DI
KAASA:
kuhiii kuhaajir di
hutok
di
kuiiii kub akir di
hutok
yanor
,di
silubar
/20/
/3/
+
(5 +
1)
/20/
/4/
+1 (5 + 2)
1
KDMBD:
Dukan
ku
hFliljir (j :L
butak
di
UUkiJfl
kubaJJkir tli
!Jutak
1
• •
yanor
di
Slllbar
/20/
/
3/
+
( 5
+
1
/20/
/
4/) +(5
+
2)
1
FOGNY:Bukan
kufeeji di
hotok di
Bukan huba~ir di
hotok di
yékon
sigaba
l'LUI
/J
/
+
(
I,

1 )
+
(~
+
) J
/L(J/
/
4 <
1l •. 1 i 1 ~~ li d r~
U il k LI n
b iJ
k ~l b a il kir
1 f] ,1;) :; \\ 1;) r-
i
yanor
i
tusubel
120/
/
3
/
+
(5
+
1)
/20 ./
/ i 41
+
(5
+2)
COll1jll(~tif doubln
coml1jnl~ élV8C
cnordinatif
douhle.
,
1
C'est
seulement
dans
l'hypothèse
oQ
le$
nombres
"cent"
et
"mille"
sont
construits' en
p(jrtant de
11 ingt
comme
unité,
que
1
l'on
peut
réaliser un
syntagme complétif double,
combiné avec
un coordinatif double,
ce qui
corr~spondrait ~
la
version
1
exposée par Weiss
et Wintz.
Exemple
le nombre
1 . rJ [J ï'
kuyi
(kono)
tiuLok
(nono)kunen
di
hutok
Ji
siluba
/20/
15/
110
/
+
( 5
+
2)
\\ . _ - - - -
.... ----y -."
-~
1000

-2%-
i
Mais
nous
avons
déjà
relevé que la Solu{ion qui
correspond à
la
stratégie la
plus autochtone,
ou
~a plus
originelle,
Il'usL
JldG
lc.L,
1:ldl Il l/lli
11I~1·l1Ild. li!: mi1ux rln ~)n
1
tirer d'affaire.
Preuve supplémentaire
de
llimporiance des
lexèmes
partiCUliers
pour les
unités
successives.1
II.4.1.3.5:
LES
COUPLES
DE
NOM8RES
AMBIGUS
Etant
donné
10
quasi
identité
U8S straté
les
de
construction
de
nombres. analysées
è
travers
les
umérFltions
Joola Kaasa,
kombo,
Fogny et
Buluf,
nous
n'aurons
pas
besoin
pour tester
la
présence ou
l'absRnce d'ambi~uité
ans
l'expression des
grands
nombres,
de
revenir à
cha
une des
numératio8s.
Nous
ferons
reposer
toute
l'analyse
ur
les
numérations
Kaasa
et
Buluf,
pour
l'unique
raison 1ue,partageant
i
avec l es
deux élutres
les
l1l?lf1l8~; strêlt6gios
cirJ
constiruction,
1
\\
elles
possèdent
en
outre
une
particularité
liée à Il'expression
,
du
nombre
15,
pÜI't.lclJlaritCJ qui
nous
lIlot
en
pI'ésence du seul
\\
\\
cas qui échappe au risque d'ambiguité.
i
L'examen
de
l'expression des
grénds
JoDla montre
que
l ' 'a mbig u i té
au
sei~ de couples de
nombres,9Pparait
à
partir de '10.001
(dix mille
un)
et que la cause :en est liée
i
1
à la combinais~n de s~ntagmes coordinatifsavec des syntagmes
eomplé/;ij'D !JUU,I'
FOrlJ](ll'
dc!s
[1Url\\lJI'I!~; sup8rieurs à 10.000.
NGUS
d 'lS t·lngerons
' J
cepenlan t
deux
se'l'l' es Ide
nombres·.
,
1
de
10.001
~
29.000
et de
30,000
à
90;000
1

-'1.,}/-
,
b .
. L "
.
t
ü
1
ê
sou r c e ( crJII ilI1 ,li 1J Co UfI~;
Ccl l'
" l
l
d III ' ll', U ,l
(J
V l LJ Cl
e
a
Ifl
III e
da syntagmes
J,
les
situùtions diffèrent
tout de mêm8 rjllelfliln
peu.
D'abord
les
nomb'res
de
10.001
à
29.000 :
1
L'ambiguité apparait
dans
les exemples
de
couples de
nombres:
1
;
1
10.0001
11 .0 Qo
KAASA:
equnjunne
kunen
di
yanor
c~unjunn8 'r8" di yanor
/1000/ /10/
+
1
/1000/
/
0
+
1 /
i
1
Dans
une
expression orale,
i l
y a :impissibilité de
discriminer ces deux
nombres.
Il
en
va
de même
pour tous
les
1
cou P 1 ~ s deI e s () l' i e
jus q li 'iJ
') 1J[ JI) '1 / 1 4
0 l~ 0 •
['est
ici qu'il
faut
examiner
l'excèp
ion
que
"kaat"
et
"sibees
naasuar'=15 permettent d'opposer à
ce
te
"loi" qui
frappe
tous
les
nombres
dans
lesqu~ls, ,quinze n
figure
pas
à
l'état
de
lexème particulier.
1 5
16
kaat
kaat
di
yan
r
Dulur:
s i Il r~ u sri il il é, U il r
sibe8s
naas
ar
i
yanor
dix-
cinq
dix
-
cinq
et
un
1
Alors
que
pour
les
numérations
kombo
~t Fogny, il y
a
confusion entre
les
nombres
10.005 et
15.000, 1ipour les numé-
1
rations
Kaasa
et
Buluf
l'ambiguité est évitée.
1
i
1
10.005
15.qoo
1
Kombo:siwuli
kunen
di
hutok
s;iwili kU1en
di
hutok
/1000/
/10/
+
5
/1000/ /:10/ +
5

-29!.l-
si wi 1 i' u n 8 n d i
hot 0 k
Fogny:
siwili
unën di
hutok
;;$~_:.;
- l'1llÎ111/
/11)/
+
"
/1111111/
/111/
"
Kaasa:
siçtunjune kunen di
hutok
si9'unjunr;1e
kaat
,-
/1LJOU/
/1U)
+
-)
/1UUU/
/
15
/
Buluf:
siuli
sibees
i
1
nùaSUilI'
siuli
sib8BS
n'aasuar
1
/1000/
/10/
+'
5
/1000/
/
15/ '
Grace 6 cette particularité d~ "kaat" et de
"sibees-
1
naasuar",
lei numérations
Kaasa
et ~uluf peuvent éviter les
ambiguités
pour
tous
les
co~nles de nombres jusqu'à 19.000, ce
qui
n'est
pas
le cas pour
ln Komho
et le FOGny.
Exemple:
10.lJ[]G
1 G . [1(1 [J
Kombo:sewuli
kunen
di
hutok
di
yanor
S iWLJ loi kun~n
di
hutok
di
1
yano r
1
1
/1000/
/10/
+
5
+
/1000/
/1)/
+
5
+
1
Fogny:siwili
unëQ di
hotok
di
yékon
siwili
un n di
hotok
di
y é ko n
/1000/
/10/
+
5
+
1
/1000
1/1 0/
+
5
+
1
Kaasa:
siŒunjunne
kunen
di
hutok
di
siiunjun e
kaat
di yanor
yanor'
/1000/
/10/
+
5
+ 1
/1000/
/
16
/
Buluf:
siuli
sibees
i
naasuar
i
yanor
siuli
si
ees-naasuar i
yanor
/1000/
/10/
+
5
+
1
/10 [] 0 /
/
16/
"
La raison
pour
laquelle "sicunjunne kaat
di
yanorl"
et
siuli
/1000/
/
16
/
et
/1000/
1
sib8es_naasuar i
yanor.
( cu fI L r i.l i l' 8 me n L .J
ce qui
de
passe
ailleurs}
1
/
16/
1

,
-299-
nB sont
PAf,
" 1l ,; C ni] L:i. l) l (~ ~;
i11! 'l:fJl11"1I;i i (111
;lVl~C d' dlltres n () IIlI) r f? r;
1
"
El S t
q U 8
"k éJ ù t"
8 l;
"s i tJ e e s
n fl êl S LI Ar"
:; 0 nt
l 8 S
no rn s
du
no 1111))' r~
(fuin;~e rd: uniqll[;lllunL Jr.s Iltllll!; dl: Cf.~ n[)Ill!)rl~,respectivement dans les
!
numérations
Kaasa
et Buluf.
\\
\\
1
L'enseignement qu'on
peut
immédiatement \\tirer
de
cette
\\
exception à
la
règle est
que
les
possibilités
de
construire
des
gr and s
nom br 8 s
a v 8 C
co III pl' t: il ''1 1 ~; i [] n i III III é LI i ,J t: 8
deI e u r
é non c é •
doivent beaucoup
à
l'existence
de riombres- paliers
a
d'unités
nouvelles
exprimées
par des
lexèmes
distincts.
Par ailleurs, on
peut
noter que
le cas
de
"sibees-
naasuar"
n'est
peut-~tre pas aussi
évident que celui
de "kaat".
Nous
avons
certes
vu
que ce qui
Ir.
rend
int(:rnssant,
c'est:
le fait
qu'il
soit
le
seul
dont
la
construction se
asse
avec
un syntagme complétif à valeur additive.
Mais
cette particularité
pose quelques
problèmes.
D'abord
i l
reste
à
s'assur r
qu'il
s'agit
bien·d'un
CêlS
exceptionnol
(~t qu'il
ne
s'agi
pas
d'une
de
ces
situations floues
liées
au
caractère oral
de Il'expression
soumise parfois
à
des
mutilations,
dés
omissions
et contractions
\\
d
t
t
·
l
t
t
.
178
on
cer alns
ocu eurs
ne
son
pas
consclents
Ehsuite,
\\
i
quand bi~n même
i l
ser~it établi que quinze
n'a pas
èn Buluf
\\
i
d'autre
nom que
"sibees-naasuar",
la
juxtapo~ition pqurrait
dans
le cas
d'espèce
ne
pas
être
un moyen
suffièant
de discri-
min a t ion.
Au s si 3 "k a a t"
con s t i t LJ 8 - t - i l
un m0 d RIe
,'t' pl aic e r s LI r
178. Nous avons
pourtant
à' maintes
reprises
demandé
à
rotre
informatrice si
le
Buluf
n'a
pdS
une
autre
expression\\pour ce
nombre,
et
il
nou~ a été invariablement répondu que"q~inze" se
dit
"sibees-naasuar".
Après
tout' il
n'y
él
pas
lieu
d'en
douter
puisque
le
Bulu~ a encore un nom pour "dix"
(sibêêsl
différent
de
cel u i d e s
au t r e spa l'le r's
(k u non)
"

-JUU-
\\
\\
1
l e ~ ê me pla n 'q u e
l e x ème
" tJ u t i g 8 n"
dB
l a
n u mé rat i on 8 a y 0 t.
E n
,
. t '
l ' un l' ci t [)
des cas
con,'; t i t u ès
par
"k a a t"
et" but i ~ en" n 8
verl :e,
mériterait
même pas
d'être mentionnée
~ la limite J si eZZe
\\
n'é tai·"&;
l'epré::;c n ta Li vc Je
la
OallJUr
du principe
d~ diccrimi-
1
1
nation des noms de nombreo.
\\
1
Passons
~
la deuxi0mB
50 rie de
nombres
comportant
1
des
ambiguités.
I l
:,>'ogit cette
foi~; Jesnombres comprisl entre ::JO 000
1
et 90 000
et
dont
la construction obéit
à
la
stra égie
suivante:
syntagme complétif ô
va18ur mtt]tiplic;ltivr.
rlont· 1. multipl'l-
cateur est formé
à
partir du
nom de
l'unité
"ving
"
La
stratégie
étant
la même pour
les
qUûtrc
nurnüI'ation5
considé ées,
nous
gl··
nous
contenterons
de
prendre
nos
exemples
dans
1,1 ne quelconque
....
d'entre elles.
ExemplfJs
en Kél<1Sa:
\\
30 OOO:eiunjunne aiiié
di
kunen
/1000/
/
20
/
+
1 0
50
OOO:eiunjunne
kuéiié
kulubar
di
kunen
\\1
/1000/
/
20
/
/
?
/
+
10
\\
70 OOO:eiunjunne
kuiiii
kuhaajir
di kunen
/1000/
/
20
/
/
:3
/
10
90 OOO:eéunjunne
kuiii~ kuhaakir
di
kunen
/1000/
/
2
/
/ 4 /
+
10
\\
\\
\\
\\

-3p2-
confirm6 par
l'image que
rend
le
n~m donné ~ "cinq". un terme
,
" b1
\\
F"
"1
" f "
"le
poin a,".
in 1J ar -z, a v e,.
"h u toi,"
qui
s j. p; n j,' ] R
El
mël l n
e r m1') e !0 LJ
f ,
di.H1S
[ fi
0 u L r L:.
los
Ill) JIIU \\' L) ~;
li f)
G iJ, 9
l,es
qUéltre
i
parlers
Joola
considérés.
sont
construits
~ parti:r de l'unité
1
1
cinq.
1
hutok
ou
hotok
+
1,
+ 2
+ 3.
+4
pour Iles
parlers
!
Kaasa.
Kombo.
Fogny.
!
naasuar +
1
+
2
+
3
+
4,
pour
le Buluf.
\\1
Le
rôle
de
cinq
comme
unité
nouvelle
se ble
encore
confirmé
par
le
nom du nombre. "dix".
kunen
ou
unën
les deux mains,
poings
pour
les {JarlCJr"
KêlClS,l,
KnmlJ(]
8t
rop,ny.
,
Et,
sibëës~ les deux mains pour le parI r
Buluf.
{
A partir
de
"kunen"
et
"sibëës~ 10.
hypothèses
peuvent
être confrontées:
l'uho consisterëlit
5 co
siderer
"kunen" et"sibees" comme
unité
nouvelle
et.
aucun
compte
ne
serait
plus
alors
tenu
de
son
contenu
sémantique
l'autre
1
considérerait
le
nombre
dix,
non pas comme un
palter ayant
un
rôle
d'unité
nouvelle. mais
au
contraire
comme
unlsimple
,
multiple
de
l'unité ."cinq".
1
1
1
Quels
êlrl~uments petit-on
c1p.volop~or en
f~veur de la
1
premi~re hypothèse?
Il
y a
d'abord
la
construction des
nombres
de
11
è
19,
~inGuli~r8ment dans
les
numérations Kqmbo
et
Fogny
pOU r I e s que Ile s.
san s
dis con tin u i t é J
"k une n '" , (d i x j
est
l ' u n
des
constituants
des
syntagmes
coordinatifs.
formé 5 pour les nommer
1
,

-303-
,
,
"
11 = Kunen di, yanor
12=
Kunen
di
silubar .••
et a·J.nSl de suite
i
\\
1
1 9 )
10
+
1
10
+
2
\\
On peut
également
en faveur de
cette pr mière
hypothèse
rappeler
le
rôle de
10 dans
la
formation
de certa
nes
dizaines:
\\
30
50
70
,9
1
1
kabana
di
kunen
kabana
kuliba
kabana
kuhaajir
K bana
kubakir
1
di kunen
di
Kunen
d
kunen
20
+
10
/20/
/2/
+ 10
/20/
/3/+10
/
0/ /4/+10
\\
I l
i'IPPilI'ùit
ainsi
qUB
lin
30
il
rlrl,
"Kline "(dix)
vient:
constamment
en appoint
à
20,
1
\\
1
!
En
fnV8LJr
( j l1
l i1
ci f1 (J X i f! TIl f;
h y rot h fJ 5 P.
n n
p 9u t
n n t 0 r'
rHI
1
1
premier
liou que
la pré sen C 8
[j p
k (l a t (=' pie d = qui n z e ), 1 peu t
1
1
con s t i tue r I ' in rl i C Il [l' un Il
pEl r si;, t 1) n c 8
d 8
1 a
bas e
ï c i n q ". En
1
effet; dans
la
numération
kaasa.
une
série ,de
nomb~e commence
\\
avec
"kaat".
puisque
la formation
des
nombres de
1;6 à
19
se
1
\\
fait
avec
ce
thème
1 6
1 7
1 8
1 9
\\i
kaat diyanor
Kaat
di
silubar
kaat
di
sihajir
:kaa t
di
sibaakir
i
1 ,..J
+
Fi
+
?
1 5
+
3
1
15
+
1\\
1
Une
telle construction
semble
s'être faite
selon
une
\\
qui
"cinq":
\\i
kElut=
fj
fois
3
\\
Kaat
diyanor='
cinq
fois
3 et
l'un
kaùt
disilubùr=
cinq' fois
3 et
les
cleux
\\!
\\
1i
!
\\

\\
\\
\\i
1
\\

-)U4-
= 1 O.
l l
a p par ait
a i n s i
que
pou r
l a c 0 n s t r u c t ion
die s
d i z a i ne s ,
le
rôle
principal
revient
à
"vingt",
suivi
de
"cinq"
n 'y
a' u n 8
fl é1 r t
rj Il r.
ri il n s
l. ,l
rn f: S , 1r "
n II
j ]
8 s t ] n
p] iu s
r: r i1 n ci
div i s eu r
d 8
"d i x"
e t
und i vis e u r
p r i vil é g i é
de" vii n g t ".
Et
s i
1
l'on
suppose quo
100
était
déjà
un
grand 'nombre d:ans
cette
\\
nu mé rat ion,
i l e s t
n 0 r mal
d' en
i n f é r e r
que c' est :a p r è s
vin g t ,
l
l 1 U Il i L é
dix
qui
s' i mp 0 s e s ons
c [) n tes te"
E t
t 0 u t
d,o n n e
à
pen s 8 r
que
"cent"
étajt
déj~ un grand nombre.
D'abord
le fait
que pour
\\
nommer
"cent". (comme
pour
nommer
"mille"),
11
aiti fallu
lr
pro 0 é d El r
0
d El S
t'J mp r u n t s:
" ete e mE! el" ( wa l a of),
" 8 C 8 m;e " , " k. e mé "
,
i
r
ln and i Ka)"
1"1 ais,
e n
réa l i t (!,
i l
8 S t
d i f fic i l e
de
c!r 0 1 r e qu' un
t
système qui,
dons
sa
~ropr~ longue
et
par ses
propres
ressources
a
r~ussi
èJ
nommer
les
nombres
jusqu'à 99,
se
soit
par
la suite
privé,
OU
ait
été
incapable
de
donn~r un nom à
"c,ent",
par
185
1
1
m~mBS moyens.
Aussi,
retrouvo~s nous
l'int6r5t
d~ la strat6gie
1
exposée
par Weiss
et
Wintz
et
qui
a
été
évoquée
haut
à
1
pro p 0 5
d 8 S
d i f f é r 8 n t s
des y n t ,1 f3 rn 8 s "
!
1
1
Ra p pel 0 n s
que 1 q u es
don nés :
20
signifie "roi"="oeyi";
son
pluri~l élt a n t
k u y i ( 0 U
1
1
kurii i ri,
transcription
de Pierre
Marie SAMBDU).
QUia nt
au
J 001 a
Fogny précisons
que
18
lexème
"Kangen"
signifie
"main"
et"cinq"
dans
ce
parler,
selon weiss.
D'o~
l'expression
des
nombres
100
et 1000:
10U
PArler
d'Elinkine:
kuyi(kono)hutok~S rois
kuyiCkono)h
tokCnono)kunen
/20/
/ 5 /
/20
/.
/
5
/
/10/
=cinq
rois
d x fois(?)

-)U~-
l il
ill 8 mEl
[l P. r fi Il ('1 C t i v p. •
"nlltnni r
1
i
1
1
que
la
construction
des
nombres
de
11
à 19 se fait
è
partir
de
1
.l
Ll
b
~
ëJ s e " c i n Cl ".
cl il Il~)
) il
ni CI ;, II [' n
n 1'1
] il
r' () f é! r n ri CP.
ÈJ
(' r. i Il q"
n r; t
i
\\
explicite:
"kunen
di
hutok"~ 18s deux mains et le poinp;" ou
encore
"les
deux moins
et
une
main"~15. "Kunen di hutok di
\\1
1 6
et
yanor"=les
deux mains
et
une
main
et
l'un
(doigt)
ainsi
de
suite.
La quelle de
ces
deux
hypothèses
en
pré ence
est
la
Great
plus
conforme à
la réalité.
du
système
numérique
J
le r8Ze de
20
qui Oa ~n d~aiJe~~
"Vingt"
i'l
un
nom qui
inriiClLlIl
rln
toutn
é
idence qu'ail
a
atteint
une
unité
nouvelle.
Qu'il
s'agisse
du
( r ni)
n LI
ri i~
" [ , ,1 Il , 1[ l , 1 Il''
(1 d
1J r ) l' ~; [ 1 Il 1il)
n u
Il () 11H11 \\) )
Llu
LoLilllLu
qui
s'y
attache montre
qu'il
S'AEit
d'un
Ce
que conficfIle
lLl
COllstcucLiun
(IF)
Lous
les
nombres
de
20 à
99
(pour
les
nombres
suivants
ou
plus
grands,
il
faud~a tenir
compto
cI'ôutrlls
fLlcLcurs).
Le
thème
permanent
de
la
construction
noeuds
des
dizaines
est
le
suivont:
"homme"
+
adjectif
numéra~(1,2,3 ou
4).
homme
un
20
U Il
homme
hommes
deux
40
deux
hommes
ho mille !3
t roi s =
6 0
trois
hommes
hom'mes
quatre=80
quatre
hommes
1
Pour .les
dizaines
intermédiaires
et
qui
ne sont par
1
cons6quent
pas
des
multiples
be
"homme".
la
numéra~ion Joola
\\
procède
par combinaison' des
unités
homme=20
et
"kunen"
(ou"sibees")

-306-
021~ k <J lJ il n Il u k éJ Il \\\\ iJ n g e n
/20/
/
5/
l ' d l '
[;1)
il ['I)I:(~II(~ 1111
1111 il.
:; Il
(~ollfll'lll(!r le
fai t
IjUIl
,
eCCIIlIJ,
etelJlllIJul,
wLlIL,
I.II)jLlnnl~ il(!si[Jl,ont r[~spectivelTlent "C81l1.."
et
"mille",
sont
d85
hOllv,)11[,:;
entrées
lexicales
tardives.
Si
1
l 1 0 Il
lJ 11 ~; n l' V r!
,II i r! Il
( : ( 1111111 c: Il 1.
li!
il [ '( 1 C {! il U <1 LJ 1. lJ C Il l. 11 fi (]
fi 0 mm e
] fl ~i
nombres
100
et
mille,
on
y ~écèle la preuve que 100 était déjà
,
un
grand
nombre
et
un
pal~er,car il recommenc~ l'ordre d'appa-
rition
des
unités
successives.
nt
5
joue de
nouVs~u un r61e.
puisqu'il
faut
"cinq
rois"
pour atteindre
ce
pali\\er,
et
i l
faut
!
" 1 0 foi c,
ci n li
l'ü l s"
pou l' ,1 L LI' illli l'U
l (] pd lie r'
sui v F nt ( =!Tl i lIB) ,
1
1
Un
tel
constat
irlcit8
I,QI'
conséquent
à
8ire que
lB
1
1
numération
Joola
est
un
système mixte.
avec
pour 80minante une
1
1
base vigésimale.
Mais
20
f!tant
Ull
nombre
assez
gr
nd
comme
unité,
le système
l'a
combiné
avec
des
unités
p'lu
petites,
particulièrement
dix
dont
Je
privilège
est
manife
te.
Il
en
résulte
que
ce
système
est
de
tau
e évidence
lourd,
car pour former
des
grands
nombres
au
delà
de
1000,
on
se
heurte è
des
difficultés
de
construction
d'une
complexité
sans
cesso /?;randissiJnte,
cl
la
fois
d
cause
de
l'ab
snce de
noms
distincts
pour des
paliers
comme
100
et
1000(dans
la
stratégie
combinaison
des
systèmes
vingt
et
dix
pour
former
certaines
diziJin8su
Dans
le premier
cûs,
voici
à
quoi
on
s'~xpose pour
construire
10,000 et
100.000

-3lJ7-
10.000:
kuciic
hutok
kllnnn
kunon
/20/
/S
/
/1U/
/10/
100.000:kuciic hutok
kunen
kunen
kunen
/20/
/5/
/10/
/10/
/10/
Ces
Gnonc6s
sont ililhtgus
ou
diffir.j 18ment
comprnhensiblu",
par ce que
l'absence de
lexèmes
particuliers
pour
ommer
les
unités
successives
et
les
nombres
paliers,
empêche d'arriver
à
un
minimum d'automatisme~indispensabledans tout dénombrement
et qui
constitue
en définitivR
la
preuve qu'une
nu
ération
s'est
dotée
d'un
moyen
simple
et
clair de
mise
en
rdre
des
cliff6ront8S
tr"f)r;IHl~j de
nom\\Jl'll~;.
On
comprend
dès
lors.
qu'historiquement,
soit
l'aiI\\
appLll
,lUX
1
1
noms
"acome
ou
"ceme"
pour
le
nombre
mille.
!
i
l l
] U 'j
n ~,t
il l CI r ~;
[Il ) V f) r1II Il () S sil JI n
d rl
1: 0 n s t ru i l' n
ri e
i,~ri]ncJs
11Dfllbres,
"élns que
pOUl'
tlutant
les
diffiicultFls [Je
construction des
Erancls
nombres
soient
levées.
,
Si
pour
un
nombre
comme
10.000=
;ewili
kunen,
/1000/
/101
il
n'y
a
pas
de
problème,
pôr
contre
il
y en
a
pour( un
autre
comme:
1 5 S • D[] U:
s (; wu'1 i
e c e me
d i
k a ban a
k u 1 i bar d f k une n d i h u t a k
/1000/
/10/
+
/20/
/
2/
Ln CCilISl'!
des
diffir.ult0s
pnur
] 'ononcé de
en
,
nombre,comrne
de
tout autre
ayant
la
même
structure,
tient à
trois
facteurs:

-3U!J-
\\
-18
promisr est
prorrc
au
systùmo
de
numérdtion
JoDla,
1
1
fi lI:i ,
p ri. \\1 .i l. () i r) ,lll l, •
' 11Il i 1. (,
0 / Il U L
!
[ 'd i :; 11l\\ 5
dIIIP i l' l LI II 1~ !,
J 1J Il T'
il [ l :,
!
ct
18
"roi"
SLll\\S
uoute
aussi
icJiJologiqucê.
(le
corps
d' un
cô tié,
1
i
d 8
l ' au t r 8 ),
q 8 . t r n 11 \\1 n
ri e
C (~
r ,1 j t
C (1 n d CI mr1l'
il
\\. n Il s t ru 1 r n
i
ce r t a i n s
no 8 u d 5
de
d i z a i n 8 spa r
5 y n t a g mes
co 0 rd i na t il f s,
1 li 0 ù
un
lex0"me [Jarticul:i.r:l'
s J imp()~,ili t.
-10
douxiùrne
et
le
troisir,me
facteurs,
sont
communs
a la tr~5 grande majorité dos numérations du '~énéga~
indiquons
simplement
sans
développer
(puisque
c'est
l'objet
d'un
point
1
spécial
de
la
synth~se Généra~ sur
les
numérations
du
groupe
n 0 r d - 0 U est
é1 t l a n t i q LJ Po ) ,
i n (Ji Cl lJ CJ Tl S
P cJ l'CO n s 6 que nt,
que
1 8
t r 0 p
1
~"['o'lrllill
p1.ilCfJ
!J]'j:;)l
P,I]'
If!~;
I:OII:;1.I'llc1.1un:,;
ptlT'
c;omLdnolson:,
do
s y n t a gille s
(5 Y s t Ô ln P,
il il l' P. n 't h rJ t i fll' Po)
[) t
l'n l' ri r n
ri n
ri i ,'>fJ 0 S :1. Li ri ri
III ~ ';
,
C (J Il ,3 i: j tu é.l n t G
Mf\\ /. n L:.
;; 0 Il t
pou l'
l J Q Ll U C U U P 1 cl ans
1 e s
d i f fic u 1 tés
qU8
connaissent
CPo~
num6rationn.
\\


-JU'1-
i l ' .
.'
11-4,2:
NU~1ERAT1 ON DE L' ENSEf'1BlE rlANJP,I<U
BAK,
le Manjaku
représente
un
ensemble ~e
langues
et rie
,1 :i. il ] r: c t rJ~,
P r [) S Cl n ,,,
,1 1J
~; (! n () l'; il I I ! 1. '" Il
r; LI i n () rl - 1\\ i !; :, i \\ Il •
Dans
cet
enscrntllp..
lot;
M,lnk,lp,nrl
se
consid,')ren:t
comme
1
1
différents
des
autres
composantes
de
l'ensemble
ManjarU
et
.
179
1
1 e s
lin E: U l ste s
S 8 mb le n t
<3 dm et t r (]
qUEl
leM an ka !j n e
SI' est
1
détaché
assez
tôt
et
qu'il
peut
être
considéré
comme ~ne
langue
séparée.
Par
ailleurs.
il
semhle
également
que
l'implan-
tation
Mankpgne
ùu Sénûgal
soit
plus
ancienne
que
cel
e
des
autres
parlers
Manjaku.
Aussi,
pour
l'étude
de
la
numération
dans
semble
~dnjaku. avons-nous retenu:
le
MônkQ~ne ~t un rliAlect
Manjak,
le
plund.
Selon
les
n[:cc!;:dt6s
rie
l'()tutie
COmpil!'il1.iv8
n
us
pourrons
être
amené
à évoquer des
éléments
de
la
numé
ation
euro
dialecte
Manjak de
Guinée-Bissau.
x
x
x
x
179.
J.L.
DONEUX
Liens
historiques.
p.28
et
29.

-310-
4 2 1
ELE_ MENTS DE TRANSCRIPTION PHONOLOGIQUE DES SONS
II.


:
180
PARTICULIERS DE L'ENSEMBLE MANJAKU
voyolles
Consonnes
t.
p<1ldLdlus
[mor llé8")
d
~
ë
c
chuitùnte
(se ait
t + S )
8
interdenta1e
0
s
fricative
chuirntante
n
palatale
t
il:
c>;clllplc:
tlant,
donne
Bant= ouvrir(en !dia1ecte BJK)
[~ l' 1) III ) 1! ~;
1: Il r1 ~-; Il n Illl t. j Il 1JI! ~;
nb
nd
ng
rnp
nt
nc
nk'
nts
i i ,
ee,
uu,
00
cl,)
1
180"
Source:
J·L ODNEUX,
lexique Manjôku,
1
les
1angu~s
ôfricaines
au Sénégal,
CLf,O,
DAKAR,
nOG3,
1975.
\\
et Mfrjana TRIKOVIC,
le Mankagne,
étude
phonologique et morpho-
1
logique,
IFAN,
DAKAR,1969.
africaines,
nOxxVI,
DAKAR,
1969.
\\
1
i
:

-311-
11.4.2.2:
LES NUMERAU1
CARDINI\\UX
MANKAGNE
ET MANJAK
1
MI\\NJAK
MI\\NKAr~NI=
plolan
1 •
ulolen
ktëb
2 •
gtëb
kwants
3 •
guadianc
'1 •
gbaakr
kbaakr
5 •
kanien
knian
6 •
DrJilj
7 •
paaj
no
ulon
paj
nap
Ion
EL
13akrcn
kW,lîl~;
G •
kûnicn
klJ
lu[\\
kwû~; flûp
Ipn
1
Hl.
Inien
1,1 n t i) 0"1 j fi n
i
1
1
1
1
1
CON TENU :3 1I'1 I\\fH l QUl:. lJ l:
L: 1 l, l 1\\ IN S [J 1:
Cl:~; NU MS (J END MUf~ [ S
1
1
1
Pour le
nombre
"un"
(plolenl
en Manjak,/ de nombreux
1
locuteurs
ont fait
remarquer que
ce terme signifi
aussi
batonnet,
Pour
le
nombre
deux
(tëbl,
un
rapproche ent avec
"tan tëb"
qui
veut
dire
"jumeaux"
peut
être intér ssant
pour
des
con s i cl ô r l:l t i~ n s
h ven i r.
[l C
III f, m0,
en M,1 n j (~ k "w nt s ", qui
est
le nom du
nombre
trois,
désiEne
aussi
le
~ip.xe
asculin.
Nous verrons
surtollt dans
ln Dortie consn~r~8 aux
syst~mRs
numériques
symboliques,qu'il s'aGit

d'u~8 noti n de
grande importance.

-.512-
1\\lIILIIII!;
1~111' i II 1J111~
l,:
1111111
ljti.l
ill~~31);nc le
nombre
cinq
(I,nien)
signifie
aussi
"main"
8t
que
le
lexème
Ma kagne "inion"
\\
( dix)
s i p; nif i P.
"1 l,,,
III id Il!;''
r: Il
\\/1 ~ l' 1. Il
ill,
l ,1
J' 1',);] 8
d \\ 0 p P O!j i Liu Il
\\
Li u
n CJ mLJ r
le
pr~fixJ sin~uli8r
l)
(S i ri r; 1 p l LJ rie 1)
Cl U i
t t' illl ~3 for me
Ikl
en
I i i
au
pluriol.
En
rrwanchr,.
"untaajan"
(di,x)
en
ManjDk
n8
s81l11J1c
lJiJ~> être una référence aux deux mains et
SB
traduit
pluiOt
par
l'expression
"le
grand
nombr,".
ce
terme
,
1
étant
de
la
famille
"ataajan"
et
signifiant
quelqué
chose
de
"
grand.
littéralement
de
Eonflé
Comment
le
système
Manjaku
discrimine, -t-.il
18s
nombres
de
1
a 107
L a
Il u ln (\\ r Cl t i 0 Il
M a Il k iJ g n 8
c t
Man j fi k
se
dis tir: g u 8
de
cel les
Cl u e
no u s a von S
v li e s
j II ~. rj LJ ' .i r: j,
pd r
] ' r xi!. t (J n q G
Ll' li Il
l i l i l l i l l l ' i l
plUe;
CduVI'!
du
loxùmes
distincts
pour
les
nombres
de
1
à
10
l 8 S
n °III 5
cl 8
n 0 ln t'J r ('] s
r. n rn f1 n :~ (. !;
( : 1 1 Il :; ,I.·j 1. 11l ' /1 t
l' Il X C U Il 1. 1. t 1Il
IIIIIIJ'
1111l!
ru.i~j.
D'abord
les
I\\ombres
(ir~
<l
r,
() Il t:
[1(~ [;
rli) 1l1!1
LI i G t 1 fi C t s ~~ t
'!'!).H5'lÎ
:ii:dnlil,j.LjIIU:;
d'une
numération
à
l'autre,
MANKAGNE:
ulolen
['; t ~5 b
r,w,C)(iiclnr:
r;bùiJkr
fanien
1
2
3
4
\\
5
MANJAK:
plolan
ktëb
kwùnts
kllaakr
nian
On
note
ensuite
que
les
noms
des
nombres
de
6 à 9
1
ne
sont
pùS
en[';cnlirC)s
il
partir
du
nom
du
nombre
"cinq"
Le
premier
fait
nouveau
est
par
conspquent
q
e
18
\\ nombre
G ait
un
nom distinct
~t
i l
n'est
pdS
]p
seul
\\
\\

-313-
î'lf\\NKf\\GNE
Mf\\NJf\\K
1j •
~) il il j
P il il j
7
1\\ il .. \\ i
1\\ \\1
Il l <11\\
1\\;)') i
11il Il
lnl1
IJ
Llilkren
k. W [W S
D
1\\ il Tl i [) rI
1\\ il
,1 0 Il
kWil:'
Il il P
Inn
Il
est
facile
d8
voir que
les
noms
de
nombres
de
6 d 9 constitlllJnt
une
suite
:lrr(;r:lJliRre de
noms
d~stincts et
de
noms
engendrés
è
partir de
différent~ nombres
~utres que
"cinq".
1
Le
nombre
G =
puüj,
ri' él
apparemment 'aucun rapport
1
1
aucune
racine
lexicale
commune
avec
kanien
ou
knibn
(cinq).
1
1
r il r
c (1 Il t T' r~
7
" P il ,-, j
nn
Il Ion" (MnllKflf',ne) 1 ou
"pnilj
nap
Ion" (ManjakJ ,est
-Formt'!
par
syntagme
coordinat f,
dont
le
premier
terme
est
"six",
ce
qui
représente
une
no
veaut6 par
rapport
à
ce que
nous
avons
vu
jusquè
là.
Les
nombres
8 et
9 sont
certainement
l
5
plus
originaux de
toute
la série.
On
remarquera
d'ail,l
urs
qu'à
partir de
8,
et
ce,
jusqu'à
10,
le
Mankagne
et
le Manjak.
présentent
pour
la
premi~r[) fois
des
noms
de
nomb
es
quelque
peu différents,
bien qu'il
soit
aisé
de
saisir
leur
corres-
1
Il 0 n d il n c u u
Env (l [' ILl'"
i 1 y
il
,lll~, ,;:1
U n f)
JI f f (~ l' [) Il C e
9e con s Ll'II L: L :i -
\\
on
entre
les
deux
langues
pour
ce qui
est
du
nombrie
"g".
Ex oJ Ill:i ri (J Il éj
t 0 u t
col cl
J ' U Il
peu
plu SpI' Ù S •
D'abord
le
nombre
A
1
Pour
le
Mankagne
le
nom
"bakren"
désignant
8,
,
pourrait
\\
être
une
référence à
g-baaKr=
4.
Reste
à
savoir q~el type de

-314-
1
,
1
1
lien,
la
langue établit
8fltre les
deux.
Le
terme l''kwaas''(=huitl
1
du
Manjak
pose
encore
plus
de
probl~mes, car c'est plutôt de
"KWéJnts"
qu'on
suriJit
tl!nlJ:
!Il!
111
rùpprochur',
mais
ce
uerniuI'
est
le nom du
nombre
"trois"
et
il
y aurait

une
disymétrie
à
laquelle
échappe le Manka~ne. Or toutes
les
versions
des
\\
t
(iiff6rontf;
rii" 1
n
ncLns
M""J <ok
'1"" ""US "vnns '''' "
" , " ' " ,
donn ent
au
n 0 [Il b r e
ô
u n nom rJ 0 n t
l 8
r a p pOl' t
à
k - b ala k r (q u a t rel
n'est
pas
perceptible.
1
Le
dialect 8 BDK
dit
"uas",
le dialecte
CUI'
(côté
1
Guinée-Bissau)
dit
"kus"g .•
1
;
i
A rJ Cl f éJ U t
cl 8
pou v 0 i r
[' ut tac h el''' kw a as" (hiu i t)
à
k - b ù a k r
1
(quatre)
en
M~njak, essayons
une
autre
m~thodB, sens
perdre
cl (')
V U 8 ,
LJ él n S
LJ rH]
[J LJ [' S pee L i v Cl
C () fI1 Il tH' a t i v 0,
que pou r I e Man k () ['; fi 8 ,
l a c 0 r l'es p 0 n ci a n ces c~ lT1 b l [] [) t r r~ [J l 1J S f a cil e cJ t1 cl met t r e •
LCl
P [' i. n c i Il 0
qui
Yi [) mII 1 1;
Ê! t r e
(']
l a
b cl S e
d :e
l a c 0 n s t rue t i 0 Il
cles
nomlJro5
{J
ut
~-I ost cp.lui du cl(!c!oublement,
principe
qui
en
fait, pourrait
déjà
s'appliquer au
nombre
six
et
justifier
son
originalité.
La
signification
de
ce
pr~ncipe ~st que chaque
1
nombre
de
6 à
9 est
Qbtenu en
réalisant
à
peu
prè~ la somme
de
deux
nombr~s précédents.
Ainsi:
1
G=
[Jilrlj
J
+
J
[It1dj
nallon
(ManjilkJ
3
+
4
ô = h, il\\) '.~ Il ( Man k a g ne) = k W <'1 tl s ( Man j a k )
4
+
4
et
U=
konicn
ka
Ion
(MQnkagn~) et kwas nap lon(Manjak)=
4+5
Mais
alors
nous
tombons
sur un
nouveau
prOblème.
1
Jusqu'ici,
c'est
le
lexème Manjak
kwaas
(huit)
qui
posait
le
1
t
1
1

-31~-
problème
de
son
rapport
à
k-baakrCquatrel.
Maint
nant
c'est
lu Il 0 lf\\ lJ r [J
~ [) Il MLl il k ,:) l; ri 8 qui ~> n r LJ i t
8 il i g mat i Ci u 8
da r, d' une
par t ,
1
construire
9,
le Mankagne
se
refère
~ "cinq~
d " a u t r e
par t •
le
synta1jme
par
lequel
il
construit
le
nombrE:
9.
utilisp.
un
coordinatif qui
diffère
de
celui
qui
est
utilisé ,dans
tous
les
autres
Gas
do
cyntar,mes
cnorrliniltifs.
Vérifions
le
par quelques
exemples:
MANKAGNE:
7
9
11
13
paaj
no
ulon
kani8n
ka
Ion
inien
no
1018n
inien ~'gwüdianc
r
f I l ' u xc c pLi CJ n
dl J I . : i1~,
ri [l
!J,
eus
8 X U III [J l 8 s,
ln 0 n t r ~~ Il t
1
qu'ell MailkaEne,
pour
réaliSAI'
un
syntil~lne courrli~atif. le
III n r [l h 1\\ rn c
u ~l Il r! 1
l!:'f.
"110"
[lll
" I l "
11(!V'1I1f.
IJ!!(l
CUllsunne.
Il
rdlJL
1
par con s é que n t
l'en 0 n cel' à
l' id é e
que
l e, mol' ph ème 1" ka"
pu i s s e
,1
sig Il i fie r
"e t"
0 u "p lus ",
d' ù u tan t
que
n 0 u s
ù uri 0i n salol' s I e
1
nombre
"six"
au
lieu
du
nombre
9,
si
"ka"
était
~n coordinatif.
L'explication
de
ce
phénomène
curieux
~eut- ~tre
1
i
apport~e par l'hypoth~se du principe du dédouble 'ent ~ condition
de lui
adjoindre
une autre
hypothèse:
celle de
la
genèse
des
nombres
par s6riA5
succussivcs.
La
combinaison
de
ces
deux
hyp,othèses
permettraient
d'aboutir ~
l'idée que
les
nombroG
d~ns le système Manjaku
C=Mankagne
et
ManjakJ
ont
été construit
en
2
étapes:
une qui
s
ainsi
que
les
nombres
"cinq"
et
"huit"
1
Une
autrF série serait
1

-516-
t
'
l
' t
t
(~l·le concernerait les nombras
alors
cons _it'use
par
a
SUl
8 , 8
.
" six",
" 5 C fJ L"
Cl t
"n 8 u f ".
lJ n r.
,1: n 1 1 8
d R rn il r c h n
r a LJ t
ra r {1 i t r n
J
t 'F'
.
Il
Jo
l C Jo H
(),
[1l~ol'c
0,,11'(0,
o'le
devi8nt
moins
si
l'on
ab sur c P. a u a r
(,
. . ,

0
O1IIIf1r~l,
l
'
l '1 1'" [0 1Il 1 1ill
i ri U L'. li! Il [) /1 ili r' 1
1 I I : I I l I i
,
\\ , ' _
'-1
0 . 0
~
CCI/IIIIII:
\\
ne s'obtient
pas
58ulcmonL
en
ajoutant
une unité
è une autra,
mais
qu'on
le conquiert.
Plus
prêcise~ment ,la disçrimination
dss
nombres,
en
donnant
à
chacun
un
nom distinct,:n'est
peut
être
pas
forcement
une
entreprise
contemporaine di
l'intuition
de
la
suite
des
nombres.
Essayons
de
voir
nn
[juoi
consistnriJlent
ces
deux
séries
de
nombres.
Première
série:
1
7
')
fi
M1\\ I\\J K /\\ (; I\\JI::
LJ L t) l, I! 11
l~ItJ(\\li.io cllll:
g -lJililK l'
ka
i en
MANJAK:
plolen
ktëb
k"Jants
kbaakr
kn~an
kwaas
1
\\
S'agissant
des
quatre
premiers
nombres,
~l y a liou de
1
croire
qu'ils
ont
constitué
très
tôt
une série
pou~ laquelle
"4"
a
représenté
le
terme
ultime.
La
méthode
comparative
permet
1
dG
lr)
ë',llilpoclclr,
r: ,1 C',
Il l'Hl S
l I~
~; (J li ~; - !~ r 0 u P 8
li /\\ K,
pou r
:t 0 u t 8 s I e s
!
\\
numérations
que
nous
avons
passé
en
revue,
." bFJélkl';' est
l'un
des
jOilrl:;,
lIIHII:,
cil!
1()JIIIII'li:', I I I
ln
I J I ' { i l l l l u r
dans
l'ordre d'énumération,
que
tous
les
dial ectes
et
langues
BAK
aient
en
commwn
pour
1
désip;n8r 1 e môme
nornlJre
(quùtrc"l.
!
181.
Lucien
G~RSCHEL, La conquête du
nombre,
Annale~, 17,
1962,
2,
PARISu

-317-
Rél[1pelons
en
effet,
Clue
les
paIll ers
Jamat.
à
quelques
faibles
variantes
près.
et
à
l'exception
du 'SAYOT.
emploient
"
t~ r~
"
r
\\
rrl n
r1 n 11 l'
cl (l,. i i~ n I~ T' l r~ Il (11Tl Il l' f) fi Il il t ï n •
1\\ [) - il ,l f", n ï
,
F 0 l'. n y" si b II Cl k i,r
i
Kaasa
Kombo"
sibaaikir
1\\
C[l\\;!;I)
pI'nrnil')ïl! ,CC'fl!;tiltion
(ln
P[)ut
ajouter
C!lttn
autre
qui
est
d'ordre
lin~ui5tique. è
s~voir que ces quatre
premiers
no~bres sont des adjectifs numéraux et ils sont les
seuls
à
entrainer
un
accoïd
rI,l)
fJluriel
lorsqu'ils. entrent
en
piJrticul i.ell'
d,111S
] il
constl'ltr:t.if)Il,d'un
synti:l!~mo cornplétif i.l viJleur
multiplicativ(~"
Exempl es:
(r(appol)
E n
k El él sa:
vin li t a éJ di i é
de lJ X =s i l U IJ él r
q u Cl r a nt e =k lU é i i ri k li l u b ù a r
i
1
~O
=/QO/
/
2
/
1
1
s~k pour le mult'plicateur
En
fogny:
quatl'e,;-'sibaakir
20=kabanan
;
quatre-v'ngt=
bukan
kubaakir
BD
120/
1
4/
s_>k
pour
le rnult'plicateur,
coefficient
multi[11icntc~ï est
6~al
ou
sup~rieur b
»cinq".
ne
sont
pas
affect~s par cett!~ m~CJrque du
pluriel:
E..>::emple:
100=
20XS=
kuyi(konoJhutok
20
cinq

,
-318-
k u y i = LJ c s v i n g t ,j i [1 C ~;
; " c i n q "
hutoK
(invariable)
~pluriel
un
déterminant
invariable.
1
1
Il
est
par
conséquent
normal
que
les
vègles
Qui
régissent
différement
les
quatre
premiers
nombr
s
d'un
côtR,
et
tous
les
autres
de
l'autre,r.p.tiennent
l ' a t t e n t i o n .
Enfin,cette
idée
que
"quatre"
devait
représent~r le dernier
nombre
d'un
p r em i 8 r
C 0 m pte,
t r 0 u v e
5 a· jus t i f i c a t ion
d él n s I e
r ô l e
e t
l ' i mfl f, 8
a C cor dés
Ô
"c i n q " •.
L 8
n 0 ml] r e
"c i n q"
a
LJ û
t r (~ s
tôt
j 0 u i r
d u
p ri vil è g e
d e r e f 6 r 8 n tin l
i m pli. r:: i t 8,
et
le
fa i t
qu' i l
coi n C i (j e
r3 V 8 c I e
nom br 8
d e
do i 1:'; t s
d' ur1f::! mai n ,
lui
(Jonne
u\\ne
impDrtance!
qu'il
t i r e
de la forme
d~ cntte main.
1
Ut!,;
lor,;,
ce
qui
fdiéidi L
fJI'olJlt!11\\8
,":t..ûi1t
moins
cu
nombre
"cinq"
qu'on
pouvait
identifier
sans
peine
avec
la
main,
que
l es
quatre
premi crs
nombres
Qui
le
prépédent.
Le
1
\\
comput
digital
supposait
donc
la
possibilité
de
donner
un
nom ô
chacun
des
nombres
inférieurs
~ cinq.
Dans
ces
conditions,
"cinq"
en
tant
que
tout, apparaissait
aus,si
comme
un
nombre
1
(j i f f (! r ~ n t
cl c~;
Cl U t r c ~,
nom 1) r n s,
u n
Il 0 mIl r Cl
i'l
P i1 r t .
D' 0 Ù
t
1
Cl LI t I c
relief
que -pOl'
ricochet,
cette
idée
donne au'nombre
"quatre"
Cl u i
cl 8 V i 8 nt
l'il Cl [' s
l El
der n i H r
n n III Il r e
d' un
p r' B mj e r : co mp t BIr:: ' n s t
à
dire
lB
dernier
à
dési~ner une valeur quantitative qui ne
soit
pas
un
"tout"
cJistinct,.
I l s 1 aGi t
à' pré sen t
[J e
mon t r e r
que
men t ale men t ,
la

-319-
de
celle des noms
des
nombres
de
1
à
4.
1
1
trouve
IJnn
C'est
ici
que
le
principe
du
dédoubleme~t
pl' C III i {) r Cl
l.qJ Il 1 il; il Lill ri.
Si,
(;UlIllIICl
I1IJLJL>
l'avons
vu
"q~atre" ust
i
le dernier
nombre
du
premier
compte,
avec
"cinq"
recommence
t
l
l
1 r C'
c U~,
C (J n Li :i. t ion s , " C 111 II "
[J li
iJ U t r u e U III P L (~
Il U
LI ua - r 8
nu III J l' H~.i ) U,
l
<.11,-,
Dot
lüpromiB~ nombra après
"qu~tre", ce qui
lui
dQnne
une
position
importante,
et
"huit"
est
le dernier
terme
de
la
seconde
étape
de
cette
première
série.
En
somme,
une
fois
qu'un
,
nom êl été donné
au
nOr:lbre
"quatre",
l'idée
venait
immédiatement
de
donner
un
nom au
nombre
"huit",
en
vertu
du
schème ;et
du
principe
de
dfidoublemunt~ On
pourrait
objecter que
dans
ces :conditions
" six"
d e v rai t
ô't r e
con ç u e t
nom m(.~ a van t
" hui t ",
P u ~ s qu' i 1 est
1 e
1
du II 1J ] 1~
\\ 1[ ~
L l' [1 i. ';.
~; [ , 1i l 1) III U ri t,
1 d
Il i f r () l' n Il C n
n Il t l' [1
3
fl t
<1
n r; L
J il
même que
celle
qui
existe
entre
six
et
huit,
c'est
à
dire
que
"quûtre"
et
"iluit"
sont, les
derniers
termes de deux étapes
" LJ CCC,~ s :1. v e s
cJ' l,1 rH~
III i\\ nI n
s (] l' l f1,
Il 1) ;, i t. l 1) n
q u n
n' 0 [) t
Il rl S
.. t T' ols ..
et
"six".
POUl'
tl'<Jduire
sous
une
forrr;e
un
peu
plus
"mathématique"
ce mouvemunt
de

pens6e
anim~8 par ce principe de dédoublement:,
disons
que
nous
nous
trouvons
devilnt
une
manière
de
progression
géométrique.
de
r~ison 2 et
ayant
comme
premier
tenme
le
nombre
1.
D'où
la
suite
1
Il
1
1
Ou ,reste,
i l
est
bien
connu que
dans
les.
systèmes
de
1
1
j
r G P r (] ~3 lJ ri l, [] t l (J fl cl
il f l' l C Il i rI P ~:;,
J C il L' i 1lei p lJ
II i n Cl i r [)
de
classiflcQtiuli
des
êtres
et
des
choses
est
un
principe
clé.
Sans
our le moins

-32LJ-
1
clu monde,
réduir[~ le pr:incipo du système de numération (J celui
cie
li~l cl;)~~!~:i r'i.c,)I:ioI1
,I(J~~, nIIJI~'~,
dll
IlIunlll"
lIll
\\J,)ut
noter quu
l,)
r e C (J urs
él u
[J r i n c i [ll)
1Ji n Cl i rEl
H~; t
U fi
f cl i t. f r P. Cl 1J [1 n t
e t
Cl" cl :. i
n n t: Il r f' l
cl LI
(; .J J l; LI 1
ln LJ 11 L cd
L: L
d cl 1\\~;' Cl) L i.l i 11 U S
Luc 1\\ n i que s
de
mes ure.
Lorsqu'on
examine
les
numéraux
cardinaux Mankagne
et
M<l ri j i1 k
0 n
[',' Cl P 0 r ç D :L L,
,'1
t r ïJ v r; r ~~ 1 l n s
n (J m s
cJ 0 n n Û s
i:.t
"h u i t ",
e L
il
"IIUll"l''',
que
"lluiL"
juuiL
r ( l l ! l l l l l n c l l \\ .
tl'U1H'~ situiltion particulil)ru,
celle
du
pendant
de
"quatre" .
hll i t
n p. 1J f
MANKAGNE:
E3akrnn
kaninn ·ka
on
1
MANJAK
kwaas
kwas
nap
10 n
1
1
La
situation
du
Mankagne
et
du
Manjak
es
réellement
des
nombres
8 et
9.
Du
côté
du
Manka[ne,
si
"bakren"
("huit"
rappelle
grosso-modo
"baakr"
(quatre)
par
contre,
le
rapport
de
"kanien
l e s t
(~l il i l'
en Manjak que
le
nom
du
nombre
"neuf"
(kwas
naplonl
est
engendré
cl
p Cl r t i r
de" kw <:1 ci"
( I l l Ji t ),
!~ ,HI,:;
q u (~
pou r
iJ u 1. él Tl L
ce
r~om semble,
!
sur
le
plan
strict
de
l'homophonie
(ce
dont
i l
ne
faut
pas
i
1
fn rcr:!rnr,n t:
c;(~
p] ,\\ j [1IJ rfl)
,:) V u i)'
Il 1 Il:'
(j Il
r (Î Il Il Il r 1.
,Î v n c
'~t roi ·ô. " CI U ' il V Il (;
1
"quatre".
C'est
ici
qu'on
apprécie
l'importance
de
la méthode
cornpnrilt.:i.vn:
le
r~illlkilgnG É!cLlir(~ Ir.
Manjak.
et
vice
et
versa.
Il
s'agit
d'un
procédé
d'explication
par
analogie
q~e nous
formulons
ainsi.
[JClns
un
premier
tnrnps:
étant
donné
la
convergence
~.

-321-
1
totale
du
Mankagne
et
du
Manjak
pour
ce
qui
est
d~ la dénomi-
,Jtion
des
nornhrné;
rlr!
1
[ 1 1 ,
JlllLe,
"'l, r!t flnfi.11 fi P.t 7,01\\ Plqll.
dmettre
que
ce
que
"bakren"
est
à
"kwaas",
kwaas
ap
Ion"
l ' e s t
"kanien
kalon".
En
d'autres
termeS,
"-l'enif,me"
de
"kwaa"
serait
levée
re5c8
à
une
SOf'te
de
simuléltion/perrnutation
qui
me - t r a i t
!
sa
place
et
réciproquement.
De
ce
f a i t ,
l'énigme
de
"kanien
ka
Ion"
serait
résolue
par
voie
de
conséquence.
1
1
,N'insistons
pas
sur
l'analogie
entre
"k~aas"
et
bakren
1
Ile
est
-Facile
èJ
,JcJrnettre,
élU
moins
à
t i t r e
d'hyppthèse.
Reste
à
savoir
comment
"kanien
ka
Ion"
~neuf) peut,
on
pLIS
(s6mnnt iqucrnent)
s i c n i f i e r
la
même
chuse
que
"kW<3ôS
n,]p
lori",
mais
repr6sp.ntnr
la
mAme
plJÏ.ssance?
En
nffet"
Sllr
ln
JlLlIl
LrictrllTlIHlt
luxicdl,
lus
[!Xplt!~;~jiun~J "kwûs

lon"\\ et"kanien
kil
Ion"
ne
peuvont
ê~trc mises
SUI'
IG
même
plan.
1
Le
[Jrorllir~r veut
clirr,
"huit
plus
un",
alors
que
lp.
econd,
ne
sïcni-Fie
pas
du
tout
cela,
puisque
i 'on i voit immé-
iatement
que
l'expression
"kanien
ka
Ion"
ntest
p~s engendrée
JI il r t :L r
d e " 1) '11" r' 1: n"
(h Il i t
r' Il
Mi1 n i', ,) l~ ne).
L' 0 n
fl 0 ur rai t
pP. n s n r
loI' S
que
"k cl nie n"
qui
v eut
[j'i r e
" mai n"
a
peu t
ê t r e
q u 8 l q U 8
1
Il n ::; 1~ ,', V [) :i. r
,-, \\/ Il,;
J f:
ri [; en b r' [ !
:; II i v il Il t.,
.. il i x ",
G [~
Cl Il i" Tl ' R :, t
il PI''': :;
out
pas
ab5ur~8 puisque
lu
~oruba et
beaucoup
de
langues
de
1
éitl!
cl' Tvoir8,
nXI1J'Î Ipilnt
cl:rt.Cli Il;·;
[\\nnlllru;,
p,lr
c.oustractioTl
'une
ou
de
plusieurs
unit6s
par
rap~ort au palier suivant, par
xomplo:
19
20
1.
Mél i s
cJ (l'ni'
l r;
C 11 S
[j u
M,l n k ,J ri n e ~
,i l
f ù ut,
corter
cette
hvpoth0sn.
D'nborrl
l' ,1 r
C P.
\\lI 1R
l R
plu rie l

-5'2.2-
de
"THélin"
est
"inicn" (;t nOl1 "!<anien".
Cnsuil:n,
noLlls
rlllolls
lu
-
!
voir,
le
nom et
la position du
nombre
neuf
ne
sont lévoqués,
pour
i
10
moment
que
pour
rendre
compte
de
la position
et :du
rôle
de
!:
"huit"
et
non
pour expliquer
le
nombre
"dix",
ou
anticiper
sur
sa
-fonction.
La
bonne explication
nous
semble se ,trouver dans
1 C
C lJ n t e nus é ni a n t i que
d u
n 0 fTI
d u
n 0 rn b r e
n e u f
'8,n Man k. a g ne:
" 1<. a nie n
ka
Ion"
signifie
litté~alBment: "main autre une". Si oomme on
1
vient
de
l'indiquer,
i l
faut
certainement
écarter
l'idée qu'il
i
s'agirait d'Jne
simple ~éférence au nombre dix,
étant donné
Il {] r
L1 i Il c urs
(Il! (~
:; 1J l'
1 ()
P 1 tH l
1 1.' x 1 r~ ,J1
i].
nos' cl ['; i t
pas
d' un FJ
1
r~férence è
"Bakren",
c'est ~ dire
"huit~, il
n8
reste
qu'une
solution
i:J
[10Ll:'U
lJuinL
de
vuc:
8xdlJllner
le
rapport
de
"kanicn
ka
Ion"
(neuf)
Avec
"kanien"(Ginq).
L'expression
"rnLlin
éJutl'(3
une",
peut ,cJans
ce
contexte,
i'\\ t r o i n t 8 r Il r û t f? (l
(1 n
] Il
f cl r,: Cl n
Cl Il r~
v [) i r. i:
1 p.
n 0 fil lJ r n ri a 11 t
i l
Cl;, L
question

savoir
"neuf"),
est
le
deuxi~me dans l~ ~érie è
1
~voir la position et la dignit~ "de cinq"
(une mai~). Il
en
rés u 1 ter ë) i t
que
si
9 est
1 1 LJ n éJ 101; 0 Il
de
5,
c 1 FJ st: q u 8
9 j 0 u e
1
aussi
le
rôle
d'un
nombre 2 part,
et
que
8
a
la
même
position
1
i
Cl u e
4,
c' 8 S t
à
ri i r Fl
c f~ lui
rJ Il
ri f; r Il j r~ r
t [) r m0
c1' 1J n p
s ~ r i 8,
él V él nt
qu'avec
9 n'en
commence
une
outra.
Et
l'on voit qu'il
y a
cohérence
totale
de
cette
interprutotion
du
fait
d
sa concor-
dance
absolue
avec
le
fait
quo
de
l'outre
côté
du
ableau
compa-
1
ratif,
le
Manjak
construit
le
nombre
9 en
disant
8
+
1
La
trauuction
de
ce
résultat
dans
le
sy
tème
binaire

-323-
le
ferait
encore
apparaitre
sous
une
autre
forme
sui t r~
il n "
n n t i Po r "
n Cl 1.: lJ l' 1] l~,
jus qu''-I
~J:
:2
3
G
7
9
I::Gf'j.'I;llrEI
des
mÂmcHl
nOlllllrBS en
SYStFlITl8
hi nai re:
1 0
1 1
1 0 II
1 01
1 1 (J
111
100U
1001
La
lecture
de
cntte
~criture selon
le
système
b i na i r G
mon t r e
bi 8 n
q LJ fJ
9
ost
1 8
nom br 8
qui
dép as s e, d' un 8
uni té
lu
nOII\\[lrn
{J,
8x"Jl.;Lullll~rlt CUrnll1CI "
(!l'!jJiJSSe
Ll'une
unité' le
nOll\\llI'cl
1].
rendre
compte
que
si
5
correspond
d
un ,"retour"
à
l'unité,
c ' Cl ",1:
ri
d ire,
,'1
li Il
r P. c 0 ~l n18 n c r: rn [-, n t
du
c 0 mfl te,
i ]
R S t
c 0 mp r P. -
il 8 n si b le
qu' Cl p r;l': sil,
l 8
nom l J l' (]
~
sui t
à
son
t 0 LJ r'
cel u i
p û r
lequel
la
relance
Ju
compte
RQt
effectuée.
Revenons
maintenant
aux
nombres
6 et, 7.
I l
sr:r,""l:it
tout'>l
f.""lit
l(q~itimp. dR
Sf~
rlernanr!er.
[i
c~t:
1
B jouissant de la même particularité d'être des
no~s de
nombres
l l i s t i l l c t s ,
,~J
P LI l' t i. r
1 JI; s q u fi l ~,
[' fi ~, P ri c t ive nll~ n L
1 e!)
no nl[) r 8 s
" ~; ri pt"
i
,
1
et
"neuf"
sont
engendrés.
pourquoi
il
est
donné, c3
81
des
p [' i v i -
1
lèges
que
6
n'a
pas?
Et
l'on
s'appuierait
pour donner
toute
i
sa force
è
cette
remarque.
sur
le fait
que
le
nomb~e "six"
est
tout
aussi
capable
de
vérifier
le
principe de
dédoublement.
L'on
pourrait
enfin
avancer
un
0rgument
d'ordre
linguistique,

-324-
\\
] , , 1
L .
1
l ' " '" '1' X"
i~l 1 il [Tl ê lTl e d " g n i 1,(l q LI n
pour cxigur
'
l~
(~Vi)
11)11
(U
IIOf1) If Il
J "
...
-
l e
nom b r eS.
E n e f f et,
'1 p a a j"
(= six)
e t " b a k r en" ( =hui t)
son t

.
,
1
1
x r 1'" l ><" r\\ a l fl C] <l ~; ~; i -
tOile,
lieux
un" 11111111:r'<lIIX lil)], Ill:, lilppl"!ll', iHI,
'/,
1.. ,
.
ce qUl'
veut
dl're
que
"paa]'"
et
"bakren"
fication
nominale,
r' u ~; t 11 Il t
i. Tl V iJ r i. i) Il "1 f1S 1III <l n f 1 :i. l 1",
~', Il Il t
l f:
Il (d-, Il r lTl.i Il il Tl t
d' Il n
1
G U tJ 5 tan t i f ,
e n
par t i c u l i e r
1j 'u'n
nu Hl é r il l •
1 B 2
RflllllBl
:
I i i
ost
1,]
mFlrqun
du
pluriol
correspondent
au
singulier
"k"
dans
le
phénomène
de
l'alternance
con$onantique
1
èJ
l ' i nit i iJ 1 e
d u r <'1 cl i cal
d e l ' u ri Cl
cl l' S
c las ses
cl u
Man
a g ne.
Exemples:
p-
~iibi
p-101an
une
hache
i - k ,H1<)
I - t Lill
i-ceem
i -[J a d 8 n c
trois
pirogues,
i - U':'l n
I-LJûcJkl'
q U il t l' C! ~3
l illl ces
ba-naan
six,personnes
lll-n8Crn PiJélj
na
p-lon
sIx.
un
o8ufs=
7 oeufs
bakren
R p,uerriers
Ces
exemples
montrent
bien
que
seuls
6 e
8
restent
inv,JriClb1es,
et
Ce1éJ
est
sans
ljOUtt~ dû
cl
une
vdleur
symbo1iqup
attachée
à
ces
deux
nombres.
McJ i ~
n n
IH) r' (1 () n s
IJ il "
r j r~
VII p l ' () h j I~ c; 1 j (1 n
il' i
5 P-
i
trouve
è
l'origine
de
cette
parenth0se
sur
le
pluri~l des noms
i
den 0 ln br es.
C8 t t cob j e ct ion
~,e
l'é S LJ fT) e
à
ce ci:
qu' e s ti ce qui
interdit
d'accorder
au'nombre
6,
la même
"dignité"
du'au
1
nombre
B,
si
le
principe
qui
8uide notre
analyse
est: toujours
1
le
principe
de
dédoublement?
L'objection
est
à ,prendre
au
sérieux.
1820
Nous
empruntons
ces
exemples
à
MIRJA~A TRIFKDVIC,
a,
op.
cito

-32;'-
Ecrivons
alors
une
suite
de
nombres
de
raison
2 et
ayant
pour
premier
terme
ln
nornhrcl
1.
NOlIS
ilvons:
3
6
12
etc . . . .
Comparons-la
avec
la
pro~r~5si9n de rai on 2 et
ayant
pour
premier
termo
1 •
2
8
etc . . •
\\
maniè~e
La
cDrnparaison
fait
apporaitre
de
évidente.
la prépondérance
de
B par
rapport
è
6.
Avant
d'attJindre
le
1
nombre
dix,
lequel
est
repr~sent~ par les doux
mai1s
("1non"
PUUf'
le MéJnk.:Jl':rl(~l
( C 1 8 S t
,'1
d ire
d (~
",~ r éJ nu "1
pou r
1 éJ
Man j éJ k,
six
I? s t
t{ n
peu pet i t
i
!
p Cl LI r'
r' Cl p r li ~> en tt;.r
1 ~J
d (è l'ni [~r
L Cl r /Il 0
ci' u nos é r i 8
l..J 1 n a :i: r e,
8 t
1 1.\\
1
c " t
t l'Op
f, r CI n lJ
p li :i Ci q LI 1 i 1
cJ I:! Il ,l ~-, " I!
1 0 ,
III i - rf1 i'J nll"
pP. l' ç li
CO mm e
f', r <l Tl [1
!
IlU rn LJ r 8.
C' e ,j t
P ,'] l'
con S (l que n t
"1
li n
nom b r e
plu s
g ra n d
que
"s 1 x",
!
t 0 II :i Cl li r ,;
d iJ n~,
l!rH?
Il n r" p P. C L il/Cl
(1 Cl
;, Y s t (? mF!
l1 j n il .i r 8,
Il van t
d'otteindre
10,
que
revient
le
privilège
de
te~min8r la
1
deuxième
série.
Ce
nombre
8St
B,
si
l'on
veut, toujqurs
rester
fidèle
au
principe
du
dédouhlement.
Tou s
l 1) S
C é) S
P Cl s " j h ] P Ci
rie
e 0 n s t r u c t ion
cf e
sui t 8 ~ ri P-
I
1
raison
2,
ùvee
pour
pr8l,niF!r
tprm8
l'un
de
nombres
1.,2,3 8t
4,
[;tJlll'LI'lllunL
cu
11I'ivi Ll',~~U
dl?
/1.
1 >:f~lllIJ l (~:;
lll:;
~jl~l' J f~:j
~','IJ{;(~I~~i:~ l Vl~~'f
~Itl i V,lllt,l~~',:
2
4
co
l,'
"J
J
5
1 7
4
e
16

-326-
Mais
le
rôle
de
6,
demeure,
en
dépit
dl3
tout
cela.
uni l'. (,
.
t
t
' , r' ,- t-
I I I ]'
( III 'l'
r', Il p. l' Il [ Il' (~
] n
n n mIl r C!
7
l rn [l (J r
: il n : , r; (l r
r,
' ., .
'
..
1
nl-) ces ~,iJ i ru
pu ur
pur 111 e t t r u
,'1
Cl
(1 Il
cl 0 r 8
1 p
S 8 rie.
-
] l
.
G
7
Bit
9
c b n s t i t LJ P. n t
l i1
V[J j l il
[J Dur
q u D
,r," ~,
l ' i l ] son s .
-
'Iui
lor,iquem8nt,
dans
la
rnncl1[lt.ion
d'une
suite
deuxième
sorio
des
entiers
naturels
viunt
ilpr0s
5
et
avant
a. mais qui
génétiquemont
8 S t
sans
doute
seconde
si
l'on
adm~t que
la
de::
unité"
à
d'autrec:' unitE",s ,de
manière
immédiatè
et
cont L,lu e.
,;5 lr'!ii!'nt
,.,r;c~::',:; i Id c.
Les
nombres
int8rm~diQires de
11
è
19
Nous
ô\\ions
d éj à
vu
'lI Je
"dix"
S8
dit
Rn iMankar;ne
1
"1ni8n""
pluriel
de
"kanien"
qui
signifie
les
de
x mains.
Et
q U 8
"u n t a a jan"
nom
ri une rr b r E'
"ri i x"
e n
~1 Qn j " k 8 fi t
u n s i n P; LJ l i 8 r •
Les
nOlliS
ues
fIOlnuru:,;
de,
'11
cJ
1~
sont
u s syntagmes
coo rd i n El t i f s
for mP. S
(1 V P. r.
r. il rn [Tl [;
[l r P. mi P. r
t. r r ln n
l (1
nom br n
1 [)
,li J Il II (~ l
est
ajouté
une
des
unités
de
,'J
9.
"No"
ou
Il
"
"I\\a"
ou
nap
sont
les
morphèmes
qui
servent
~
la
coordination
1
des, nlombres.

-327-
Exemples:
1 1
'II)
1 U
MANKAGNE:inion
no
101en
i Cl jUil
n Cl
p El El j
in:ir~n nol kaninn
-' () rI
1
10
+1
9
10
+
10
+
6
\\
1
1
1
MANJAK:untaajan
nap
10I8n untélajan
na
paaj
untaaj~n
na
kwa
naplon
\\i
10
+
1 0
+
6
10
+
B
+
1
Remarque~
Du
fait
de
la
structure
des
nombres
7 et
9
qui
sont
des
nom br e s
à
nom s
co mpas é s,
leu r
5 e u le pré sen ce
da sun e
construction
quelconque
entraine
une
situation
de
ombinaison
plus
ou
moins
complexe.
Et
c'est
à
de~sein
que
nou
le
soulignons
une foi s
de
plu Ci,
c () r
C'El S t
1;\\,
un
des
prolllC~mes m jeurs des
1
nombre:
17
MANKAGI\\JE:
inien
no
paaj
no
ulon
1 0
+
G
+
l'1ANJAK:
untaajan
na
paaj
nap
Ion
1 n
+
6
+
1
I l
est
déjà
prévisible que
dans
des
sitGations
déter-
1
i
[niné8S'
de
tels
syrlf:iJgmes
pouvent
so
trouver il
l'origine
de
['ambiguité de
certains
énoncés
de
nombres.

1
-328-
\\
LA CONSTRUCTION
DES
DIZAINES
1
,
!!cl
Toutes
les
dizaines
sont
construites
su'vant
la
~'
f
stratégie
dos
syntagmes
complétifs
à
valeur
multi
licative"avec
1t
uni/IIIIU
p[,uII11(~1' l.;url~;LitIU)nL lu
nOllluT'e
10,
BUlluul
e1 t juxti]pus(~
\\
1
IHI
numéral
(dG
1
à
9)
qui
occupe
la
position
de m~ltiPlicateur.
\\
1
Le
nom du
nombre
"di~" en Manjak appartient à la ~atégorie des
!
t
1
,
nom s
à
g e n r e, 0 _u e n cor e
sou mis
Cl u
s y s t ème
d e
c las s é s,
c' est
à
dire
susceptibles
de' prendre
la
marque
du
pluriel/opposition
1
!
1
de
nombres)
"lnion"
étant
CJéjZl
un
pluriel,
ne
subit pas de
1
i
changement
lorsqu'un
num~ral d~termine sa qu~ntité. Mais
11
UnLélrJjiln,
(nolllllru
rlix
on
r-L11l:j,"11\\ ),rJr~vi8nt
"rr,entaajan"
au
pllJriel:
i
i1i
LU
3U
'lU
50
ti,
MANKAGNE:ini8n
k tel]
inien
kwadiùnc
inien
g-bakr
1nien
kanien
1
it
/1 tJ /
ru
/10/
/
3/
/10/
/
4/
/10/
/
5
/
,
!1
1
MANJAK:
gentaajan
ktëb
gRnt'aajan
kwants gQ.ntaajan kbôflkr gentaajan knian
1
1
/10/
/2{
/10/
/
3/
/10/
/4/
/10/
/5/
1
Comme
on
le
Voit,
c~s
syntagmes
complétifs
expriment
1
l'idée
de
multiplication
par
Id marque·du plurieZlqui affecte
1
le multiplicande
ot
également
pnr
la
juxtapositio~ d'un terme
.
1
mu l t i pli c a t e u r
à
c 8
mu l t i pli ca n de. 0 n r 8 ~ i3 r Cl u e air] n~ 'q u e l ' 0 rd r e
de
la
disposition
des
deux
constituants
est
cellel du
type
,
1
MA/ME,
{multiplicande/multiplicateur),
ce
qui
suri ce
plan
1
depuis
les
premières
numérations
examinées,
prouv~ que le
~.

,
1
\\
-)2')-
1
1
système
Manjl.lku
sc
trouve
en
numlJrcuse
c(Jrnplq~nie. j
1
La
construction de
100
se
présente
de
mcnière
1
1
différente.
selon
que
l'on
consid&re
le Mankagne
01 le Manjak.
1
pas
beaucoup
s'être
intàressés
à
l
Les
linguistes
se
semblent
,
1
cette question.
Mirjina
TRIFKDVIC.
dont
l'étude
sut le
Mankagne
1
constitue
une
référence,
ne
va
pas
au delà
du
nombre
60
et
ne
\\
Il
t
s'y
intéressait qu'à
l'aspect
grammatical.
L'~nfor~ation
i
donnée
par des
locuteurs
apparemment
avisés
et
passionnés de
1
i
1
questions
de
lexiqup.
et
de
sémantique,
perme.t, de
nqter
que
le
f
Mi.lfljélk
PU~3Sl~do I!(!IIX
ViJ!·iilll!.l?:,
PUll!'
lr~
nom du
nombre
100,
éllors
\\
qu'à
première
vue,
le
Mankagne
n'en
a
qu'un
pour

même
nombre.
1!
,
[XLlII,LIIUII:i
lus
iJ~è\\J;(
é>iLuùLions:
it
'1 U LJ
'
t
,
i1
MANKAGNE:
inien
dweek=littérolement
beaucoup de
mains.
,
1
.
. MANJAK
variante
nO 1 :
"ucRni,:"
1
,
gentaajan
neas ,untaajan
!
Le
nom Mankagne
du
nombre
100,
pour
imp,é:is
qu'il
,
1
soit
n'en est
pas
moins
celui
à
partir duquel
les mu~tiples
1
1
de
100
et
l'unité
"mille"
sont
construits.
Il
y, a
~ieu de penser
1
que
cette
façon
de
11ornlilor
lu
11urnlH'U
"cunt",
signifie qu'il
est
!
conçu
comme
un
nombre
considérablement
grand,
à
la
manière
dont,
dans
une
langue
comme
le
FrGnçais.
l'express
on
"mille
Il
et
une
choses
signifie
"innombrable",
ce
qui
est
d autant
plus
probable
qu'en
Manjak
le
nom du
nombre
"dix"
(unta
jan)
signifie
....
:

-330-
déj~.
"gonflé"
et
grand.
nombre
Mais
la
première v2rinnte
Manjak
pour
1
"cent"
n'est
ccrtùincmnnl !lU'UI)
1~llIprunt au Fortu~ is. l()n~ue
du
colonisateur.
bien
que
certBins
locuteurs
le
c
nteste~t.
Quoi
qu'il
en
soit/le
dialecte
Cur
d~meuré totale ent Bissau-
Guinéen
conftrmG
'lUB
CAnt.
58
rlit
"ueent':
1
La
deuxième
variante
"gentaajan neas
un
aajan".
introduit
une
strat~8ie confirm0r:
par
la
construc
ion
des
noeuds
des
centaines
en
Mankagne,
straté8ie
qui
ne
manqu
pas
d ' in té r ê t,
ma i s
qui
ne
manquera
pas
non
plus
de p~ser des
1
i
1
'
1B3
pro bl 8mes
!
1 [H)
l' Oll
400
MANKAUNL
L Il ,i (; ri
il,,; 1 ~ [~,k
inien
dWr:I?k '1l~i1:;
!
kbô,"lkr
,,'
1 (J
hP.ilUr-DlIP
1 (1
hP.,1tJCOUP (fois) rlnux
~O beaucouil
(fois)quatre "
,
MANJAK:
variante
n01
"ucent=100
uncent
ktëb
ucent
kbaakr
/100/
/2/
/100/
/4/
MANJAK:
variante
n02 ~entaajan neas untaajan neas'
untaajan
neas
IJtililjéln
r,p.ntrlrl,ifln
kt~b
eentaajan khnl~kr
1
1
10 ({ois) 10
10/(foi)/10//2/:
/10/fois/10//4/
183.
Ce que
nous
appelons
ici
vnri()~te n02 pourrait n'être
CI U C
1 Cl
r il i t tJ r? r1 r1 Il.i .l k in" t il 1,1 ,',:, li 1fl 1 Il J' (? l', i [) n !" u d: duS C? n () 1', Il l
l:l,
llui
:jL:
:jl)l'iljl~"t: Urr()!'r:t":,i
lJlIJ"!ïll()lli~,I~J' cl:J'lilins:tcI'Inos I~Vf~f:
CI3UX
du
IYlûrü\\Clgrll~ durll
l ' ifl:pLI11L<lLlon
est
plus ,Clncienn8.

-331-
Il
ost
pr6visiblc
que
l'absence
do
lexèlme
distinct
!
pour
la
palier
100
pourra
comporter
beaucoup
d'in\\convénients:
1
lTIéH\\(jU8
tI' {\\CCH\\lJll1Jll
ct
risqucG
dl]
confusions. 'L'emp:runt
du
terme
1
"ucent"
peut
s'expliquer
simplement
par
,le
souciid'8viter
dt~
t~118S ~ifflculL6~ car 18 Manjak semble encdre pl~s exposé
aux
risques,de
confusion
lorsqu'il
s'en
tient' à
r!'emploi
de lexèmes
strictement
africains
ou
autochtone9.
Prenons
les
nombrps:
1000
et
10.000
,
1000
10.000
MANKAGN[:
inien
dwook
n8as
inion
inien
dweek
neas
inien
ne
nien
1fJO
IJnCluc[Jup(fol~3 lL!ix
l1tter.=100[foi~)et encore
[ foi s l d i x •
MA N,1 AK:
1f!rCl
vr:r"inn:
Iimil
k mi 1
Il n t éJ!ù j a
2e
version
gentaajan
neas
un t a a jan
t ei un t a a jan
1
10
foir:;
10
et
encbre
10
fois
1
i
!
La
première
version
est
confirr-:lée
par
le
dialecte
CUI'
d e me u r é e n
Gui n 8 8
Bis s au'; " u mil"
est
l a
p r 8 u v e
qu'· 1
Y a
e u
emprunt
en
Mélnjak,
et
le
IIClIIl
(Ill
nnmhrn
1lJ.lHlll
est
adart.é
il
la
syntaxe
du
milieu,
(ici,
i l
ne
subit
pas
la
ma
que
du
pluriel
phénomène
observé
dans
o'autres
syst,èmes,
lorsque
le
compte
aborde
un
nouveau
palier,
ou
bien
lorsqu'il
est
q
estion
de
noms
d'empruntsl"

-))2-
I\\pp~rCJnrmdlt, If3~, l,lnl~uc~; MankoGne et Manjak évitent
,
le
risque
d'arnbi[';uit.é
par
l'introduction
d'unn
particule dDnt
i l
ru:;l:f)
,'1
dfJ[;IJI'IIlLII(l!' ce
lIu'(dl~ :;j!"nlfle rôell~men
dans
l ' espri t
des
10 c ut eurs
cette
particule
est
"ne"
pour
leiMankagne
cl:
"ft:)"
pour
lL~ MLlnj.:Jk.
Lu
c11,llfJcte
[ur
de
Guinée
BisstlU
na
le
mentionne
pas.
qïi
I l
ri' y
CI
dUCLJne
ITDlJV(!
pUUI"
étayer
C,B
pourtant
vient
à
l ' e s p r i t :
ces
expressions
traduiraient
uncl
forme
consciente
di
la
notion
de
puissance.
1
1
Ensuite,
ce
qui
paraitrait
ainsi
dans
c
tte
hypoth~S8
être
une
performance
technique,
?L! révulera dans
les
analyses
qui
vont
suivre"
Atre un
!I,lncll (;,]r' sl')rieux
'J
1,1
formulation
claire
des
noms
de
nombres
d'une
certain~ grandeur.
I I . 4 • 2 • 4:
L' E Xr f~ E S S ION
0 E S
GR (HJn S
NOM nRES
D f i ' ENS - f"1E3 LEM 1\\ N J 1\\ K Il
L' pxpl~rience des
cas
précédents
nous
aya
t
montré
que
c'est
à
partir
de
10001
que
se
posent
des
prob
~mes de
compréhension
des
énoncés,
partons
du
couple:
1 [)rJ1l1
MANKAGNE: inien (J,~euk n8éJS inlen nE3 nier] no lolen
100
x
10
x
10
+
1
11. UOO
inien d'..mek rH3ëlS inien n,e nien no lolen
'lDf)
x
X (1 [1
+
1
,
MANJAK
version- n 0 1: gmil untaaja nap lolen
gmil untaaja rD mil
/1000/ /10/
+
1
/10001 110/
! 1000
version nOZ
genta~jan neas untaajan
gentaajan neas untaaja te
te untaajan na neas
untaajan na n~as untaajan
.....
untaajan nap lolen
nap lolen
i
10X10X10
X1C +11
10X10 X 10
Xt10
+1)'


-333-
Il
est
évident
qu'exceptée
la
version
du
l'1anjak
i
i l n '
y
il
LI LI l; Il Il
III (J Yu, n ( il {.l 1)il l' lJ r1 l)
:
cl C
(J l• e,~ cri Iid Il il t ion
cl R fi
n n III 11 l'Il"
10.001
et
111000.
1.' DrnrI'llnt
rlu
] nXI'~l11n
"mil",
,
rUéJ1isul'
urlU lll~UlllJrlliu de
Lurlll[~s. Ln
outre,
le
procédé rjlJi
"lIri l "
,
LJ'p r l! s I ' '-' X pre 5 s ion
de" dix
mil le" ,
permet
d'évi~8r la, confusion
p.ntre
10.001
et
11.000,
toujours
tlonn
la
variunte
n01
du
Mélnjùk.
Examinons
quelques' autres grands
nombres:
20.002
Mf\\NKf\\GNl::
i.nirlll i1wr'l:k ncûs
jrLiI}/1
ni: rli'Hl
)~l:iil) rHl
r~-U?h 1
100
x
1U
X/1rJi 121 +
2
77. (JOo
'1
irdl:n
tlwuuk nOLIs irÜUl1 ne n~en p;tëb nu ~',- Wb
1
100
X
10
X[;1 fi /2/+ 2J
MANJAK:
variante n01:gmil gentaajan gtëu na ~tëu
gmil gentaajan
têb no gmil gtêb
/1000/
/10/ /2/ + 2
11000/ /10/ /2/
/1000/ / 2 /
variante n02: gentaajan neas untaajan te untaajan na neas
entaajan g-têb
nô /"tp.h
10
x
10
X
10
X /10/
/
2 /
+
2
1
Dans
ce
nouvel
exemple,
il
n'y
a
aucun Imoyen
de
discriminer les
nombres:
20.002
et
22.000,
1
tant
80ur
la
solution
1
Mankagne
que
pour
la
variante
n02
du
Manjak.
Cett:e dernière,
i
1
1

-334-
qui
cllr)~jl:jLu ,1 l'ucoLJl'ir ill! Ll.!!'IIII? "lllil" ,du l'ul'Lug 1s, curd'irlll13
l'importance
de
l'existence
de
lexèmes
particuli~rs pour les
1
d i f f é l'en t s p a lie r s
d e I a
n u mô rat ion, e t
sur t 0 LJ:t
e 1 s y s t ème
décimal, des
entrées
lexicales
nouvelles
pour
"ce1t"
et
"mille".
"
Elle
Dffro
uin~;i Lin modfèlo (Jn corroctif susccpti
d'être
adopté
par
les
numérations
qui
rencontrent
des
d"fficultés
pour
Qxprimer
des
grands
nombres
dans
leur
langu
d'origine.
Notons
toutefois
que
le
procédé
de
la
variante
n 2
du
Manjak,
qui
con si s te
à
ré p é t el'
l'un i tES" mi 1"
a près
l ' é n 0
c é
du
pl us
grand
nombre,
permet
d'éviter
la
confusion,
ce
q
i
est
déjà
appréciable,
mais
n'en
demoure
rus
moins
un
pis-
11er.
Reprenons
le
couple:
1/ ers i [] n
nO;;:
1 1 . [l rJ n
77.001,
~llIil
1
untiJujLJ
!lU
11111
~~!III l
~ c n t iJ iJ j Ml g UHJ 110 g mil
~ Lë LJ
1
/1000//10/
+
1000
/1000/
/10/
/2/
+
/1~OO/ /2 /
1
Le
fait
de
rejeter
aux
deux
extrémités
de
ces
séquences,
des
nombres
appartenant
à
la
~ême uni~é(de grandeur),
en
l'occurenco
l'unité
"mll"
et
se~:; multiples,
dÉ1note
de
touto
évidence ,un. défout
dans
1 ' 0 r E (1 ni s a t ion
et
la' mis, e
en
0 rel r e
cles
dif-fércntes
tr,lnches
l!R
nOrnhl'RS
élU
sein. d'un !même
systrlme
parenthétique.
Ce défaut
qui ,sur
un
plan
général ;peut
être
1

J
impute
au
laxisme
du
mode
oral
d'expression,
rel~ve en
fait,
\\
selon
nous
d'un
défaut
structurel
de
la
langue,
défaut
que
l'on
peut
situer
avec
précision ,et
pour
le quel
des
remèdes
sont
envisageables.
Ce
~
quoi
nous
nous
emplvierons
dans
la
synthèse

-:5:55-
" 1
E;enera
e
" e
con",acr ' 8
a u x
n LIn e' rat l' 0 n s
d u
g l'OU pen 0 r ~. 0 u est
atlantique,
ainsi
que dans
la
conclusion
gênérale
sur
les
grau pe J1)ondé).,
i
l l
2 •
0
1) 0
rj:
1 1:.
l' [< III \\ l ,F 1'1 r:
DI'
1. f\\ 1 Il f\\ ~; r'
f1 f\\ N ;;
1 f\\
NI J 1"11- R f\\ T r 0 N ri r
,
L 1 E W~ l, ~111 U~
Mf\\ N J A K LJ
T roi G
faits
5 a u t (j n t
[lUX
y e LJ x d è s
qu' i l s ' a f, i t
rJ P. siwoi r à
Lj u 01
t Y P e
il Il 1iil r t j l! Il L
J [)
J1 lJ III (1 r (J L -t f) f1
MiJ n j iJ k. u
(M éJ n II. a g n e
et
Man j a k. ) :
,
le
premier
est
qJe
le
nombre
5
ne
joue
aucun
rôle
dan s
l
1
éJ
con s t l' LI c: tin n
cl e ~:;
n 0 rn 1) r [);;
cl Q
G 'èJ
9,
C e
q u ii
con s t i t u 8
1
le
premier
CUe;
quu
nous
d y i l l l l ! >
j")ncontrl~ jusqu'icii.
1
-
deuxième
fait:
185
nombres
de
1
~ 9 accordent
un
1
1
privilè~e pur tic u lie l'au x
f1 0 rnu r e s
5
e t
13 0
1
-
Enfin ,[Jour 10
c:onst.rllr:t.ion
rl8S
nneudr
dps
dizùinof'"
voire
d,es
c en t a i n es
et
des "mi l l ~' , les y s t ème est 1
décimal
A partir de ces
constatations
deux
a t t i
ude5
sont
possibles:
noter
que
le
système
est
pécimal
et
me
tre
un
terme
à
t 0 u t e
&,.pAç, \\J ,J aIt i n n
1 sur
cet t e
que s t ion.
0 u b i e n
tout
en
Prenant
cl n
pl'unûllt
üct8FU
l'dit
:impuI'[,dIIL,
!)!jsayer 11Iill!\\r()
ta
t
ùe
carnprf3ndI'8
c e
qui ,d u
p 0 i n t
de
vue
d e
l ' é vol u t ion
pro b a b l e
d e
cet t e
n u m8 l' a t ion
a
cl Û
S 8
p,] S s e r •
~J 0 LI 5
Cl P ton S
pou r I a
d e
x i ème
iJtt:i. LucJ fJo
A v éJ n t
cl 8
d e ven i r'.
r I~ 5 0 1 u rn l~ n t rJ 8 c i l1l ù le, ~ i f f é re n t s
indices
permettent
de
penser
que
la
numération
Ma1jak
a

i
1
i

'5 1
-.J
u- 1
concevoir sos
rlnlJ r
p r'r~lllinI';,
"r)IIII)l'rl~i,
plli:.
1 fl
rI i xi.r'!fnr:, rJillll;
!lll
contexte et
une perspective qui
n'étaient
pas
for\\cément
dOlTliid~s
Le
premier de
ces
indices
est
que
l'imPrrtance du
nombre
5 ne
pouvait
pas
lui
0d1ùpper.,puisquB
la
fbrmation
des
quatre
'premiers
nombres
a
Rté
constamment
une
réf'rence
implicite à
un
"tout"
repr'0scntant
un
nt,
et que
d'autre
part
le Mankagne
pour
sa
part
donne
au
bre
10
un
nom qui
se
reTI,re explicitement
éllJX
deux. mains.
urtant.
c'est
en
s'affranchissant de
la
référence
à
la
main
(ci
q),
que
le
nombres
ue
6 à
9.
L'hypothèse
que
nous
soumettons
à
contr
le
est
que
cardinaux simples,
représentnr
SUI'
le
plan
mr.ntal des
valeurs
et
des
rep~r8s J'un
comput
péll'ticulier.
Essayons,
dans
cette
perspective,
de
commencer par
i
un essai
d'interprétation
de
l'importance
du
nombse
6.
Nous
1
avons
vu
que
tous
les
nombres
rie
à
6 sont
df~sip;nés chaclJn
\\
1
par
un
lex~me particulier;
un
outre,
le
premier nqmbre
dont
l e
nom soi t
u n c [) rn p osé,
est
u n
n [) mb r e
don t
l 8
'n 0 mie 5 t
e n fT, 8 n rJ r r'-!
èl
Pl') r tir
cJ c
"c lui li c six, Id: i l l,' LJ g i t I-J ré c 15 e rn en t[ du nom br e
sept
(paaj
no
ulon/paaj
nap
lon~ G + 1).
1
1
L'explication
qui
vient
alors
ô
,
l'esprit
est
de
se
demander
s ' i l
ne
faudrait
pas
rapprocher
ce
privilège
dont
jouit


-337-
le
nombre
6,
de
cet
autre
fait
que
la
semaine Ma
jaku comptait
6 jours.
Le
6e
jour était
le
jour de
repos
et
av
i t
une
i mp 0 r tan c e s y mbol i que
con s i cl ô r ,1 hIe
p u i s qu' 0 n I ' a ~ pel ait ël u s s i
le
"jour du roi~ et qu'il était marqué par un ce1tain nombre
j
' i
-
I l ' '
t
t
cl ' i n t 8 r cl i t s
8 t
cl [1
r l'~ rr, l 8 ri
il r (~ r:i c, r~:,
et e
c [) n ( \\LI. : P.,
a
1
8 g tH' l
(LI
184
roi
(c h e f
rel i g i eux),
des 0 i - mê rn e
e t
des
a u t r e5
1. Sic e t t e
hypothèse
est' valable,
il
Rst
normal
dAns
ces
conditions
qu'après
6,
le
compte
recommence:
d'où
7=6+1.
Et il'on
se
retrouve
devant
une autre
énirr,me,
car
ce 'à
quoi
on
était
en
droit
de
s'attendre;c'est
que
la
suite
continue
qans
son
1
1
r e co mm e n cern 8 n t
c t
Cl U 1 Ù P r [2 c,
r;
1 ,
nous
ayions
6
+: 2 et 6 + 3 .
i
Cette
irrégularité
apparente
est,
dans
une
certai:ne
mesure
de
Ili1l:IJ1'12
"1
I~CJ[If',ir'lIII~['
Cl!
q u i
IICI\\'~; ,1\\/dnç.lO[I~> dU
coursi de
l ' i J l l < l l Y : , I !
i
cJC2S
nRuf
premiers
nornhrnCl
Ill.
(II;
] nurCI
contenus
sèmantiquns,
1
1
1
1 1
~_; 1 l V l) j l'
1111 [ ;
L: 1l i : Il 1111) 1) 1.
III l V 1\\ j
1.
1J Il l',:i J'
,'1
1) Il (~
1~ (! Jd! ri 8 .' P ,J[' 1. i r~ " 1 i ') r' 1; •
E:n
effet,"six"
et
"hujt"
sont
rnspectivement
les
doubles
rie
t r (] i S
8 t
d Il
"Ci \\J i) 1: ri li" •
F'ar'
ùil18urs,
nuus
avunS .vu
qu'ell
Mank.agne,
le
même
terme
qui
désigna
10
nombre
",trois"
est
égalnment
celui
qui
1
désigne
le seXQ
mascuLin.
r~OUé;
duriuI\\è' alors
affaire
à
des
1
nombres
à
genre
si,comme
c81u
i:lrrive
dtlns
b8ÙUCOU:P
de
numérations,
,,'
.
. ,
,
f - . 1. 185 •
l e
nombre
quatre
u8s1gne
ue son cote le soxe
em~n~n
1
.
1
1B4.Notons
que
chez
les
JOOlél,
l'existence
de
la ]semaine
de
six
j 0 urs
est
é ['; ale men t
El t tes t 8 r;,
cl i n s i
q U P.
18 S
ri i f f éir e n t s
st (3 tut s
accordés
au
roi(cf:
voir ~
ce
propos
l'oeuvre
abo~dante de L.V.
THOMAS
sur
les
JoDla).
On
peut
à
partir
de

se
demander pour-
quoi
da~s leur numérations
les
Joola
n'ont
pas
accordé
le
m~me
privilège
au
nombro
"six".
Réponse:
Notons
que
des
refontes
ont
dO
s'effectuer de
part
et
d'autre
et
que
surtout ,le
numé-
ration
Joola
est
vig~simaZe,ce qui
n'est
pas
le
cas
du
Manjak.
185.
voir pour
le
développement
de
cette
question,
la
deuxième
grande
partie
de
ce
travail:
les
spéculations
sur
les
nombres
ou
systèmes
numériques
symboliques.
'

-.5.5U-
"t'
s
6 et
Ô
devraient
leur
privilégé
Oans
ces
condl
lon
\\
1
au
symbolisme
de
3
et
de
Il,' privilège
qui
serait. alors
rnarfluô
1
par
l ' e x i ste n c 8
d' un' l e x È~ me dis tin ct.
Cet t P,
i n t 8 r fl l' nt. ,., t. i [1' 1
les
L\\ i.ll' J u
toute
3a
coh0rence
si
l'on
ajoute qu'après
3
et
4,
1
nombres
impairs
CI,7
et
!J
sont:
précisement
ceux qui
n'nnt:
pclS
Je
genre 'différenciÉ),
ou
tjlli
pùrticirp,nt Q la fois
des
"
une
unité
étant
ajoutée.
,'3
un
n [J 111 L, r c
i:J
genre
,..., 11 rn 1J r H
u LJl. n nu
il
'
uns t ël tut
d' a rn b i val en c e
propice ê
différentes
manipulations,Rt:
interrrétdtions
selon
1 [) li
le
mode
d'entrée

Il
n'est
pas
alors
étonnant,
sous
l'angle
1
symbolique,
que
l'Flxpresf',ion
\\'111nkap'nr:, pOllI'
IF~ .nornire Q, SR
refère
~ cinq
"kanien
ka
lon",
à
savoir
l'analo~on de cinq,
\\
Ci) 1'1 t 0 u s
cl eux
!, (J nt: rie s su:L v il fi t~; ri c no mb l' 8 Sil!.: en r ~ s b i 8 n
différenciés.
Il
est
fort
possible que
d'autres
m tivations
( rel i g i 8 US CJ s,
~ u c i LI 1 [] S 8 t l; • .) U Il LI' f! n t e n 1 i 13 n e de c 0 mpte pou r
rendre
compte
de
cette
particulôrité
de
la
numéra
ion
Manjaku.
1 8
f ,1 i t
q u Cl
C LJ L l: ()
Il IJ ln li r Ll L ..L Cl Il
tl
P l' LJ li iJ l.J l e rn e n t
con n u
une
ph a s f~
ant6rieur8,
tourn~8 vers
un
~utre type de ctimput
et
que
ln
numération
actuelle,
plus
t~rdive.a hérité
vraisemblablement
\\
de
la
dénomination
de
certlJins
nombres
de
1 ~
9.aU~qURls
les
v iJ l 8 urs
s y lT1 h f) li li II P. ~~
j n L t l t l 1 Il c;
r1 ' l'~ 1. (J .L en L plu :;
r lJ r c 61n e Il t
éJ Lt d C Il ~J es.
1
1
Cette
"laicisation"
et
vulgarisation
des
numéraux
cardinaux
1
1
actuels
est
un
fait
dont
nous
essaierons
de
rendre: compte avec
l'analy·se
des
systèmes
numériqu~s symboliques,
et
mlle révèle
\\
1
1
186.
Nous
en
verrons
un
bel
exemple
avec
la
valeur double
du
nombre
9,
dans
les
calendricI's
anciens
du
OAHOMEY.

-339-
très
vraisemblablement
la superposition
de
deux
~ystèmes de
1
-
-cre
et
n'avaient
pas
la même
comput qui
ne sont pas du:neme
a" ~
perspective.
Avec
le
nombre
10,
nous
abordons
lB
sy
tème
décimal
,
l
' t '
M
.
ku
J'usques
Y comp~ s l'6noncB
qui
re~it
a
numera
Ion
dnJO
,

des
grands
nombres.
Notons
8n
piJ,,!'>ilnt qU8
lRs
noms
donnRs
à
ce
nombre
po r
l El
MEHl k l'.l e ne
13 t
lu
1'1 û n J L-J k, )' '.' r~ n l 0 Il t
de quoi
c
nforter
l'explication
que
nous
V8nons
de
rjonnursur
les
n
uf
premiers
nombres.
L e
n 0 rn b r e
1 0
e n
11 iJ Il k iJ g Il (3
S e
dit:
i nie n
les de u x mai n s
M,l Ilj il k
"
: "un1.aajan"=[ju81qlJ8
r.hose
1
de
r,()T1Fl(~
1
Don ,e,
l Cl
pro mie r
C il " ,
il Il r i'! s
l 8
n 0 fil b r p
5,1
c' Cl s t
l il
!
première
fois
qu'un
nom de
Il 0 fil LI l' Cl
S e
r 8 f ère
èJ
lai mai n
(c i n q )
1
i
D,J n 5
l e
ri eux i l! ni n
cas,
b i 8 n qlJr.
Ir.
Mùnjilk
ait
un
rjom pour
lR
!
nombre
cinq
qui
est
en
même
temps
celui
de
la main,
c'est
plutot
à
la
notion
de
grand
nombre
(déjà!
qu'e
nous
sommes
introduits.
Oons
l ' un
~d: l ,Jutr[~
l
C,lS
nous
l'f'/I11110[lS iaprès
neuf,
avec
un
nombre
pair qui
n'e~t ni un nombre àgen~e, ni un
nom b r e
a mb il v é:l l (~ nt:
i lis ' agi t
d' une
uni t é
n 0 u v e lIe.
Car a v e c
le Mankagne
ct
en
,,'iJf.lpuYdnt
sur
le
sy'stème
dyadique, 9 c'est
,
,
trois
fois
trois,
c'est
~
diro
déj~ symboliquement
un
nombre
important,
mdins
par
sa
valour
quantitative,
[jue
par
ce
qu'il
représonte qualit,ltivemcnt. ,Il
en
rosultB
qU'E!n
rui
ajoutant
l,
"
une
unité
on
atteint
quelque
chose
de
gonflé~ e
qui
n'a
plus

-340-
une
valcur
symbolique,mais
seulement cellf) cie détermination
1
quantitative.
!
l ' 1 ~ l' 1 ~ l' il' 1 1.
,1 Il X
1Il ! Il X
III i III rI !1,
l" 1Il "
1
1
désigner
le
nombre
10,
alors
qu'il
ne
l'avait
fai~ pour aucun
1
l
l
l, '
'1
l le;
M "1 Il ,J' ,1 l'
'11,') r C' u n
i~l S jl f éJ ç 0 n 1 lep éJ s !, il g 1)
lin!;
tlLlIrlJl'US
( U
J
"
. ,
-
'
,
, -
~ un autre système o~ dix devient une unité nouvelle.
La
rAst~ est ll'une ~Drt~in8 méJni~re pur automatismo,
e n
par t i c u l i 0 r
l 13
fui t
q u ()
l 8 G Il f J I-l U 1J s
des
d i z a i n e p
6 oie n t
,
1
formés
avec
ries
multiples
ri e
cl i x •
En
réalitfi,ce r'8st
pas
du
,
1
tout
évident,
car
nou,\\
avons
LJ i env u
que
les
n u mé 'r a t ion s
J a ln 0 t
,1
(Sayot
Karon,
Kwatay
et
l~s différen~s parlers Joola) ont bien
unI e x [~ rJW
fl il r l: i. r: LI l j il r
p Cl LI r-
ri j x
(II lJ i
s 8
r e f 1\\ r n cl' ail l 8 lJ r s
jlll x
1
deux mains),
~c
qui
ne
les
iJ
pus
empêch6
d'accorder au
nombre
vinEt,
l e s t éJ lut
ri' u n
n 0 rn 1) r fJ
r; t:
I l ' LJ n 8
LJ nit Ô
r r i vil é g i é s. Lr'l
,
différence
vient
6 notre
avis
flu
tpait9men~ diff~~ent des neuf
premiers nombres dans
les
deux
situations.
Dans
l~ cas des
1
n u mé rat ion s
J a mat,
l e
nom b r e
c i n q a
une
pas i t ion ir é e lIe
d ' uni
1
1
n 0 u v e l le,
p 0 s i t i 0 rl
qui
s e c 0 n fiT' rn e
pou r
l e
[) LJ Y0 t ,! l e Ka r 0 n
1
1
et
le
Kaasa
par
l'existence
d.'un
lexème
parti6ulirr pour
le
nom b r e
1 5.
l 1
r :; l.
n 0 r rn cJ l
cl tJ n s
C B seo n dit ion s
q u:e
l 8
"r 0 i "
i
(homme complet)
apparaisse
comme
unité
privilégié~. Pour
l'ensemble l'1anjiJku
il
en
va
tuut
autrement:
cin,q
n'a T1u11l)
part
joué
le
rôle
d'unité
nouvelle
dans
les
neuf
remiers
nom b l'es, "8 t
n i
G,
niB, m,,11 Cr é
l ' j rII P 0 r, tan c e
cJ e
valeur
symbolique
n'ont
eût
le
privi18Ee
d'être
des
unit's
nouvelles
pour de
longues
series
de
nClllthrc:s.
Si
dan"
cr:
con
itions,

-541-
1.111
,)lltl'(]
~]y:;I:I'3"1Il fjU.L <JLJl'.lJl I;OIII;llJ'V/ sur lu plan 'll3xic'll ] n!j
acquis
d • uns y s t C: ITlG
él n t (, r i. U 1'1 l' ,
,
11]
nUI1Ihr8
"1\\ i x "
-
1 l
1 \\
' 1 f'
cl
r) e, J' t,'; cul i II l' 'e
lun
duLl'U
C [) III mFI
li rd. L Il
1\\ 1J \\ 1\\1 1:
(J
r. ,111 r;
<l"
il\\.
1.,
t
U
J-
1
1
noml)rn
inférieur.
\\
1
D'où
le
f a i t
qUA
les
dizaines, soient
c o\\n s t ru i t 8 S
par
syntagmes
complétifs
à
valeur
multiplicative

le
nombre
i
1ll,
rl'lllf'
l'nl'Li,'I:
il 1:
cliGpD:;.i.l.illll,III:I:lJPU
li!
Pl'[)I;llèr'~ positiull,
ce
qui
le
met
en
r e l i e f .
Exemples:
20
/l0
80
MMJKAGNE:
in18n
l',tëb
Lnif' Il
L~ t) Il k r
.Lllien. b
kren
/10//
2/
/10/
/4/
/10/
/
/
MANJAK:
gentaajan
~tëb
contaojcn
[',-bakr
~entaa en
kwaas
/1C1/
/
71
/1 (1/
/
'1/
11 fI /
/
fi
/
Rem al' quo n s
pou r
fin i r ,1 • i mpo r t il n c (~
cl u
s ys t li rn [;
déc' mal
dan s
la
construction
des
paliers
100
et
1000,
tant
pou
le
Mankagne
que
pour
le
Manjak.
S i c 0 mm 8
no u s I ' 0 n t
a f fil' mé
nos
i n for matie 1.1 r s
en
1
!
Mankagne,
le
nom
du
nombre
100
est
"inien
dweek"
cl'est
à
dire
1
1 e
"g r and
dix",
cet t e
d 8 n 0 ln i n û t ion
ne
man que
pas
d!' in t é r ê t •
i
Ello
n8
si.e;nifla
péJS
-encorl:
q u ' i l
y
a
prise
Ile
cohscience
uu
!i
C LI rI' ~J
Li c
cl j v<,
ce
qui
n'est
le
f a i t
d'aucun
lexème
Cà notre
\\
con n ais san ce)
cl l! s i i~ n .1 n t
1 e
n Cl mh J'(~
c 8 n t
0 u
U Il
,tl Ut r e : nom b r o.
McJ i 5
i l
s ' a g i t
l~ d'une forme importante de marque qu palier 100.
1
1

-.542-
Et
comme
nous
le' verrons
dans
la
récapitulation
des
caractéristiques
rip.,s
num6r,lti(Jn~; clu
SDUS-r;rOllflf3
fl
K,
ni
l'expression
"inien
dweek"
llu
1'1dllkdgne,
ni
l'expr
ssion
"gentaajan
neas
untaajan"
du
Manjak
ne
sont
à
mëmr
de
résoudre
le
problùrnc
qui
plJrdit
C B r l t l ' û l
'J
nos
yeux,
clJlui
le
1<1
discrimination
des
nombres
par
des
procédés
eX8mp~s d'ambir;uit~,
!
surtout
lorsqu'il
s'ar;it
(los
nombres
pali8I'~J, ou
encore
les
1
puissances
successives
de
la
base,
même
dans
une
~umération
parI ée.

-343-
1
_1[\\7'L
Il <lI ,1 IlL 1~
,1
1'( 1. (~
p l : li
(tLrldII(
Ut
II!
VII 1 rlllitt
t1"ird'o!'l1lilti'(Jll
!;I~i.IlI\\tiriqllll !;\\II' !~Iln (iL'll. inLI~rl\\n (II condllil. .1.1.
OOI\\JLUX
à
écrire:'
Des
sonclùf~es rapide,s montrent beaucolj::l Lil!
ri i f -F (1 r rJ n cr.;,
cJ' 1.I n
p ,H- l (\\ l'
,']
l ' CI U t l' (1,
e t
n.o u S
n [)
pou von s
a rli \\' IIIU ['
,1 Il :i [-} 11r II ' il ri :L
( (Lill
l ' n n n Il mil l f:
Il Ï! J il n L n
e r; \\;
l' (1 n l ] 111\\1 n n t
COli r; L 1 L Il 1'1
1
. 1 B 8
d'une
seule
lanGue avec
de
~imples variations
dialectales_-

Les
1 i n gui ste s
pen sen t
a v 0 i r' t 0 u t e foi S
;1' e mal' q u é dan 5
"
1
plusieurs
parlers
b()lante
UIlE!
"innovation qu'il
i:mporte
de
i
signaler
dès
cette
introduction
elle consiste
d~ns le fait
1
que
(.!..lns
prûf:i.x(~s de clils!>I~ cv <1 vOY,Edle fiLiLJlol(flutre qun
\\
1
" a ")
p e r d 8 n t e e t t e
voy e l l 8.
I l e n
rés u l t e
d e 5
5 U i it e 5
C c
à
1
1
l ' i n i t i a l e
cles
substantifs
8xemples
"fcef"= bras, "ptaall"=
dos
d~s alterations diverses:
exemple
"kyef"
=mains,
bras,
'- (103)
venant
de
k-cef. >,..
En
ce qui
concerne
la
numération
Bêlante,
l'analyse
que
nous
livrons
ci-dessous
repose
sur
l~s
travaux
cités
et
sur les
informations
livrées
par
des
locuteurs
bëlante.
La
majorité
de
ceux que
nous
avons
interrogés
sont
0
iginaires
de
Guinée-Bissau
00
se
trouve
la
partie
la plus
n mbreuse
de
l'ethnie.
En
cOllfr'ontant
] es ir,f[Jrrnations
rlisponi
les,
i l
nous
a
semblé
déceler deux
variantes
dans
la
numératio
b~lante:
1
l ' une cor reG p 0 n ri
,0]
c e
Il U P.
r r1 p r {: ;, n n te,
] R
rI'[ ,-1 l P. C tel
.. E a n j ,l "
(côté Sénégalais,
Casamance)
et
l'autre
à
plusieur~ dialectes
du
côté Guinée-Bissau.
i
\\
167.
W.A.A.
WILSON:
outline of
the
Balapta
Language·
-GENEVIEVE
NDIAYE-CORREARD,
Etuues
fCA
ou
Balante~dialecte ganjaJ,
CNRS et
CEDEV
de
l'université
de
Liège 1970.1e
tr~mestrB.
~
)
1 B 6 •
J • L.
OONEUX:
Lie n s h i s t 0 r i q u B' des
1 a n gue 5
du
SBnér.;al,
p.
30

-344-
,
L'étude
de
Geneviève
Ndiaye-Correard
ne
s'est occupée
des
nombres
que
jusqu'~ "six",
puis
elle donne
un
xemple
sur
l ' û C co!' tJ
d fJ ~J
éj U 1J ~j L'.\\ 1\\ L i f éi
il V C: c;
l 1:
1\\ U IHl! l' u
III x •
Il
nous
éJ
donc fôllu
compléter

suite
des
numéraux
cardinaux
en nous entretenant
avec
des
lante
bilingues.
Les 0 LI c i d e
do n n 8 r
fl
l El
mé t h 0 d e
ive dont
nous
nous
somm05
sBrvin d fllclinLes
reprises,
~n
d'éclairer
notre
connaissance dR
la
numérAtion Galante,
nous
fait
retenir
pour cette étude,
le dialecte
[;anja
(côté sénéga1a's)
et
le
dia 1 e c t e k ;/ n t ~i h:
(c û t é
Gui n C: e - Il i s s ,3 U ),
pré c i S e rn e n t
à
cau s Po
d e
certaines
différences
intéressantes
de
leurs
systè
es
de
Ilurnuration.
Si~nalons enfin que
sRlon
les
premières
études
et
d ' cJ pI' 8 s
l apI' 0 no n c i il t ion
CCl u rd rl t fJ"
Ua l iJ n t e e s t
1 e
am de
i
l'ethnie et
de
la
langue
dont
nous
étudions
ici
lalnumération.
Mais
les
linguistiés
qui
p8nsen~ tenir des
locuteurs
i
eux-mêmes
la
prononciation correcte,
disent
et
écrtvent
Bëlante.
maj s I ' une t
l' au t r e
seI' e n con t r e nt' t 0 u j 0 urs.
II.4.3.1:
ELEMENl
DE
TRANSCRIPTION PHONOLOGIQUE
OE~ SONS
r f\\ R T Tr.111 . 1 f RS f\\ Il )1 f\\ 1 f\\ N TF (n J f\\ 1. r r. T r' Gf\\ N,~ A ) 1 89
\\ ",,'
V él ria n t (3
p h 0 Il li t i lj U 8
Il ton e 1 LI e s
ù u t r e 5
v 0 y e Ile 5
'c-
,.-
189.
Source:
GENEVIEVE
NOIAYE
CDNEARD,
art.cit.
p.jO·

-345-
CONSONNES:
f
Cr
s
h
constrictives
~)l
aL
lJ
n ù S () Il ~ ~;
gb,
kp
occlusives
à
l'initiale
LBS
s6qucnces:
nasoles
+
occlusive
ou
cpnstrictivB
donnent
les
CF.lS
suivants:
mb
mf,
nt,
n8
n s , n j ,
n g
rnp;b
'T)w.
VOYELLES
i i
EE
iJa
(1 ()
lJU
ont valeur
distinctive:
ton
moyen
ton
hélUt
ton
bas
i
L'accent
porte
sur
la premièr~ syllabe ~81 la racine.
l
'
!
Le fca
est
en
même
temps
une
lanf>ue à
classes
d'a
cord.

-346-
NUM[F~AUX' CARO l NAUX 13ËLANTE: dia l 8 c t 85:; ganj Cl et
kan
tohf
(sous-grpupes
BAK)
.
b
comparal" son ..... t
e'tude sémantique
Les
dix
premlers
nom res:
~
Deux
remarques
s'imposent
immédiatement
les
nombres
1
de
1
à
5
ont
~ peu de. choses pr~s.18s mêmes noms 1n ganja et
1
en
kont~hE
en
particulier
le nom du
nombre
cin9 qui
signifie
1
d'un
côté
"br"s"
et
do
l'autrE}
"rnain",
deux
terme1 que
les
1
numérations
africaines qui
se
refèrent
au
corps et à
ses parties
1
ef1lill Q üm t
il i'l r f 0 J""
j Il J j f f 6 r P. rr: ITI f! nt. .

-347-
!
\\
A par t i l' du
nom lJ r e
"s i x Il
1 es
de u x nu mé ria t ion s
divergent
jusqu'
o
\\
9.
,
\\
,
\\
Le cas
du
Bëlante
ganja
est
sur ce
plan~ de même
\\
numération Manjaku.
tandisque
la
numération
structure que
la
K~n t~ ~E ,dans la version qui nous a été livrée, présente les
mênws
c'îractèrcf, qua
le milj(l['itt'!f,
des
nUrnériJtions du
groupe
atlantique que
nous
avons
examinées
jusqu'ici
(50
s-groupe
du
nord,
sous-groupe CANGIN et
numératiohs
Jamatl
La
numération ganja
a
un
nom distinct
p ur
le
nombre
"six",
et
la
numération
Kdnt")hf.
a
pour
le même
no
bre,
un
nom
composé
à
partir de
"feef"=
cinq.
6
7
ô
9
lJè~lélnt()
ganja
faaj
faaj
ne foon
tahla-tahla
Kin
tahla
6
6
+
1
4
4
?
4
bëlante
kvnt~h:: :fcef ku foon
fcef
KU
seebe
fcef
KU
hoob
fcef
KU
tahle
5
+
1
5
+
2
5
+
3
5
+
4
C'~st
~videmment
le
dialecte
Ganja
qUi
présente sur
ce tableau
les
exemples
de
noms
rJe
nombres
entre
6\\ et
9,
.
p Ci " r, (-, ( 1(\\ n t ] 1~
il J \\ 1~;
li 1~
C il r il C t. C: l' 1):,
li i ~., t i Il C tIr:.>.
0 rI
n 0 ~ 8 ra
f) n
1
particulier
l'originalité
de ,la
construction
de
1
8
~t 9.
En
effet, si
le
flornbre
7 e::~t forrn6
par syntagme
coordinatif
(=6
,1
et
1),
à
l'instar de
la
construction des
nombres
6~à 9 en
1
kant)ht
(ou
des
nombres
intermédiaires,
11
à
19,
21à
29,etc •• J,

-)4U-
par contre,
le
nombre
8,
toujours
dans
la
numéraiion
ganja,
1
est
un
synto[';m8 complétif
(S{Jl1USflCe immédir,tB)
à !valeur
1
additive:
"13
SfJ
dit
"quêltre,quCltre".
Cette manièrle
de
nommer
1
,
1
le nombre 8 n'est
pas
sans
nous
rappeler
une
sit~ation
équivalente en
numération
Manjaku,
mais
avec
une lexpression
encore
p l us
ne tt 8
d , une
'
re f 'erence a'
"quat"'e".
~.
Lu
nu 111
du
nUmLl1'r1
U(-'k.illtahla)
on numération Ganja
,
est
d'Une
construction curieuse.
Si
dans
le' second
terme
(tahla)
de
ce
nom on
reconnait
bien
l e
nom ÇJ r e
4, IP arc 0 n t r e l e
lexème
"kin"
ne
resssmble
à
aucun
autre
de
cette ,première
1
surie de
11UfIIUh.3Ci.
Lus
hYI-lLl LI)l;CiUS
susceptibles
d' ê1tre
retenues
1
pOlir oXllli.rllllr!J' r:r!I:IJ!
r:nn~l.r·IIr.1.inrl :.inl~IJl:inr·r! du
nombrr] rHlllf'
sont
de
deux
sortes:
T'ilppr'ocllel'
la
construction de
9 en gonja, cJe, celle' du
même
nombre
en Manjaku
puisque,
ainsi
que
nous
l'avons
rappelé.il
y a
une
parenté
frappante
entre
1
certains
éléments
des
deux
systèmes.
Seulement,
en
procédant
à
cette
comparai~on, n'oublions
pas
que
la Mankagne
et
le
Manjak
présentent à
le
'tour des
solutions
différentes.
B
9
1
MANKAGNE:
bpkren
kanien
ka lIon
1
"la
main
l'autre"
MANJAK
kwaas
kwaas
nap
Ion
B
+
1
BELANTE
GI\\NJA
tùh L]
-
tahla
k.i JI
tilhla
Il
4

-)4C)-
1
~a construction danja du nombre 9 ne ressemble ni è
celle du Manka~no ni ~ celle du Manjak. En effet1
la première
le nombre
S,
quant'~ leurs positions respectives!par rapport
.'1
!]
nt
i1
n.
I.n
(~nn;;trl.lcL:i lin Milll:iilk rln :J nnt 1111 syntnr:rnn
coordinat if
composé à
partir' de
B.
Le
cas
du
ganja
(kintahla=
~J ),
11 U
P (J Il V ,) r\\ L
C~ t (' 0
con G j LI (; [' ,"\\
t: Il 11111\\ fi
C Û \\li ~ U tj (1
;j p é) ~. t .1 r
Li u
l\\
Ctûhla-tahlal, Cà moins
que
"kin"
ne
soit
un
autr~ nom pour Bl,
1
il
reste à
chercher du
côté du
nombre cinq.
Le
s~ntagme qui
1
1
for me
le nom du
nom br e
El
Cl s t
u Il
:j y n t ù g nlB
corn p,l é t tf, à val e u r
,
1
additive,
tout à fait
semblable
~ celui dont se
ert
la
numé-
ration
wolof,
laquelle dit
bien
pour désigner 9,
juroom:neent
( c i n q - qua t r 8 ), d ' él U tan t
qUEl
( j Cl n :,
.. k i n
t él Il la",
l e
ombr8
IJ
OCCUpf~
la
position qui
convient
pour former avec
5 un
t
l
syntagme.
Dans
ce
cas
de figure,"kin"
cJevriJit
signifier pa
conséquent
" ci nq " , le que Ise dit en g an j a
"j e e f ".
A' moi n 5
d'
dm e t t r e qu' i l
Y a
eu
alteration
5 un
point
t81
qu'on
soit
pass
de
"j88f"
Ou
kyef
("main"
à
partir de
k-cef)
à
"kin",
i l
est' Jifficile
d'établir un
lien
sOr,
entre
ce
lexème e t l e
nomjdU
nombre
S,
bien que
cela constitue
la solution
la
plus
vrai
emblable,
compte
tenu des donnés dont
nous
disposons.
1
1
1
2~P
1
Cl t h ès e:
"k i n ta hl a"
pou rra i t
n' ê
r e qu' un
1
emprunt,
au Portur,ais,
commA
lA
sont
dans
cBrtai~s parlnrs
bëlante de Guinée-Bissau,
les
nombres
"cent"
et
'imille"
Mais
1

S J.
cet t B h Ypot Il t'l S A ri R V ait
utr~
prise
~u
sérieux, 19 serait
alors
le
seul
nombre
à
faire
l'objet
d'un
trI
emprunt
en

-3'JO-
numération
ganja,
et
éviJemment
ce fait
resterait
encore
à
expliquer,
car comme
le
morltrent
les
noms
pour ,1
s
nombres
100 et
1000,
c'est
plutôt
au
Mandinka
que
le
ganja
a fait
des
t
!
empruntsCvoir plus
loin).
Il
faut
ajouter b cela que
le
bêlante
i~
ne
fait
1
kant~hE qui est pourtant de localité Bissau-guinéene,
gUGre d'emprunt
au
Portugais
pour
les
noms
des
nombres
inférieurs
à
100.
\\
1
1
Tout cela
prouve encore que
l'hypoth~s~ la plus
1
!
vraisemblable
demeure
cel10
d'un
nom composé
aveJ 5 et 4.
CettfeJ
1
1
hypothèse
a
en
plus,
l'avantage de
la cohérence de
sa composition
i
\\
c 0 mpar é e
à
celle d u nom b r e
pré c é den t:
hui t:
8 e t \\9 son t t 0 u S
1~
1
1
les
deux,
des
syntagmes
complétifs
à
valeur addlt~ve:
!
1
,
i
1
[)=(I]
1])
!i"('"
,Il).
f~vj(jr~"11I11)11L, col.:]
1"lssorai1t OUVfH'Lc:
LI
1f
i
{
question
de
savoir
pour quelle raison
dans
ces
corditions,
le
i

Tl 0 fTI
cl unD mlJ r f]
7
n' n 5 t
P ù~,
1 LI l
,Il J ~; si
u n ~1 y' nt a Lm 8
c;o mp 1 () Li f.
Mdi ~1
1
,~
chacun
sait quo
1
do
telles
irr0~ularités ne sont
p~s rares dans
,
1
les
systèmes
de
num6rations.
i
LE
NOMBRE
10
1
Les
deux
diqlectss
b~lante donnent
le même
nom au
nombra 10
"jinmin"_
On
n[~
peut
1(,
consirj(,rer comme
synonyme
de
"deux mains"(cnmma n'nus y mü habitués
quelques
uns
des
systèmes
précédents)"p6ur
la
simple
raison
que
le
pluriel de main
est
" 1<.. - C 8 f"
0 u
k Y0 f
(= m.:Ji n 5
0 LJ
llf' iJ s)
e t
qua
pü r' ail 1 B !-J r s ,
"j i n min "
1
a p par t i e n t
à
l a c a t é g 0 r i B
d a s
nom s
iJ
g 8 r1 r e ,
p r'é c i S B, mmen t
c eux
1
qui
s'accordent
avec
le suiJstantif
qu'ils
dESt8rmi
Bnt.Gfm8vÜ,VI'.

-3)1-
:~Jdiay:e_corre[lr'd en donn 8 un
exemple:
lm
u -
i l 1111I.Î 1\\
ilix
dJ1S.
plu riel
d 8
C et t 8
cl a 5 5 8.
c, cs i n Li i c () t ion 5 p e r m Cl t t en t
par
con s é q u
nt
d e
considérer
éjinmin" comme un l8xl~'lne dlstinc:t. pt co;mme uno
uni t é
n Cl u v el le.
a i n 5 i
que l e d Cl n n en t
à
v 0 i r •
pour
commenc er
1
l
i
les
nombres
intermédiairos
de 11
à
19.
1
11.4.3.3:
Syntagmes c oordinatifs
Bëlônte:
les nombres inter-
1
rnudiûiro5
de
11
ZJ
1 9
r3 i': l Ïl n L r:
r, il n j ,'1
/1 \\ j'd ,Ill lI:
K;) Il t"J Il E.
11-
jinmin
ne
t'aon
jinmin
KU foori
12-
jinmin
n Il s r~ r-~ tl e
j i n'mi n
KU se eue
!
13-
jinmin
no yom
jinmin
KU hootl
1
1
14-
jinmin
ne
tdhla
jinmin
ku
tah~e:
1
15-
jinmin
ne
j eef
j:j.nmin
ku
fce~
16-
jinmin
ne faaj
jinmin
KU fceil. KU foon
17-
jinmin
ne faaj
ne fooda
jinmin
ku
fcei
KU se eb e
18-
jinmin
ne
LJhla-tahlc'J
jinmin
ku
fce
KU hoob
19-
jinmin
ne
Kin
tahla
jinmin
KU fce
KU tahle
Nous
avons
des
syntagmes
coordinatifs
simples
de
11
èJ
15
(avec
"no"
comme
mOrp~l[;mO dr! coordination p
ur
le
l.Jëlante
ganja.
et
le morphème
"ku"
pour
le
k'.;nt)hE.
J.
A.partir
de
16.
(conséquence du
nom
du
nombre
6).
pour
le bêlante
ganja
nous

-052-
avons
une séquence différ~nt~:
1!i~
16:
est
un
synbnF,mp. coordinnti F fiimplB:
"jinm;5Jn
nf. ,ffli1j
!
1
10
+
G
î1
1 7:
es t
uns y n t (] 13 [Il f] co 0 rd i n él tif
cf 0 u b l 8: ',' j i n min
n e
fia a j
n e f 0 0 n "
\\
1 0
+
6
+
1
t
1
1801:
19:
sont L1Cl5
combinaisons
d'un
syntagme Goor
inatif
et
i
d'un
syntagme complétif:
1B="jinmin ne t
hla-tahla
1
1
1
10
+
4
;
4
1
!
19=
jinmin
ne
kinl:ahla
1
1
10
+
5
1
1
l,
1
!
1
Du
côté
du
bëlélnte kont~ht
les
nombre
de 16
à
19
î1
,
sont
l,
form~s p2Jr syntagmes
coordinatifs
1
1 1 = j i n III i n
k u r e CJ r
k u
5 U cil [l
~
1 0
+
5
+
2
19= jinmi~ ku fcef
ku
tahla
1 0
+
5
+
4
LE NOMBRC 20
ni~lnntF, r;nnjn
jinmLn
"r!(;lJ~ /10/
/2/
Galante ki)ntJhE.
m saan-
hal
La
particularité
du
bëlante kônt,h~
est
de
posséder
pour
le nombre 20,
un
nom qui
n'est
,
pas
dérivé
de: celui
qu'il
1
donne au
nombre 10.
1
1

-353-
1
1
NOLIS
Si'lvnn:.
simpl nrTinnf:
[Jnr
nns
infnrmélvpllr:,
qlln
rinfl:.
le
composé
mSélùn-hal",
le
tel'T1le
" h al"
v eut
cJ ire 1" h 0 mmd' a U
1
s en s
lat i n ri Q V j r.
[Ei
q U j
n' n;, t
[ln s
s," n s
n (lll ;,
r él rr 81 n r
Il n n
!
constr~ction
similaire dans
les
numérations
Jamatl.
Le
b~lante ganja
construit
le nom
du
nombre
20
pnr
syntagme
complétif
à
valeur
multiplicat~ve. Remar
uons
que
les
constituants
de
ce
syntagme
ont
une ,disposition
qui
place
le
multiplicande
avant
le
multiplicateur: "dix,
deux'.
Et
que
contrairement
à
l'exemple
précédent
("dix
ans"=
es
u-jinmin),
jinmin ne se soumet
pas
à
la
règle
d'opposition
de
nombre, alors
que
dnns le
CElS
IH'r~cis do
"vinf~t". le noml)r~ "seeb"
(u~ux)
O
d ' t
°
b
1
tOt'
d
dO
°
190
Il
1
i
bl
bl
e
erm:l.ne
:Lan. a
quan
:l.
8
El
. J.7.aJ.nes

BBtl vra sem
a
e
quu
cette
diff(!rIHICO
Je
curlstl'lJction
du
nornure
viingt
soit
Un8
!
consé.quence,
du
moins
pour
le
bëlante ganjao.,d'un ilong
commerce
!
d8s
homrnes
dos
cleux
culturns:
rni1nrJinkn
Clt
1
lw l é1nt è!.
i
1
i
\\
190.
Ces
questions
relativ8~ aux marques formelles feront
l ' 0 b jet
d' Uin (] Cl n El 1 y fi e
CCl s
pn l'
C ,,~,
ù fin
d e
v 0 i l'
si' une
r à g l 8
peut
~tre dégagée en te qui concerne leur incidenbe sur la
numération.
En
outre/il
y
aura
une
refléxion
glob~le sur le
t h 8 me:
s y s t è ni es
doc las 5 es. e t
n u mé rat ion:
v 0 i r
s y nt h è s e
et
conclusion
générale.

-354:...
II.4.3.3:
CONSTRUCTION DES DIZAINES
Bëlante p;anja
Belante Kdnt:>h F.
1
21
jinmin seebe ne
fooda
m'saan-hal
KU ~oon
i
/10/
/
2/
/20/
+
1
+
1
1
!
i
22
jinmin seebe
ne seebe
m's a a n' - h a 1 KU seebe
/10/
/2/
2
/20/
+
2
30
jinmin yaabi
m'saan-hal
KU 0inmin
/10/
/
3/
/20
/
+
10
40
jinmin tahla
binam biseeb
/10/
/4/
,
/20/
/2
/
~jU
j:i.l1l11in
j[;u\\'
l1iné1T1l
IJisp.ob
K-U
jinmin
/10/
/5/
/20/
/2/
+
10
GO
jinmin faél~
lJinam
bi
hoob
/1 fl /
/ I, /
ï7 rJ /
/
l /
70
jinmin faaj
ne foon
binam bi
hoob ku
jinmin
/10/
/G
+
1
/20/
/
3/
+
10
SO jinmin tahla-tahla
b i 7îa m b i t a hl a i
1
/10/
/
4 :
4
/
20/
/
4/
1
i
90
jinmin
Kin-tahla
bi~am bi tahle KU jinmin
/10/
/ 9 /
/20
/
/4
/
+
10
Ce
tableau
montre que
la
numération
bêl
nte ganja
construit
toutes
les dizaines
è
partir de jinmi~
=dixl.alors
que le belante KantJht
le
fait
soit
en
comptant
p r
vingtaines.
soit
en
en combinant 20 et 10.
On
notera· pour
ce
ui
concerne
la
numération
Kont)hs
• comment
à
partir de 40.
1
nom du
nombre

-355-
20
Dl1t:it:l
1,1
t'I':I~l(J rj"opjJn:;i.Lioll cie: nO'lIhrr~ (stnp,./p1IJT'lnJ).
,
l'If,'.,' J'Jre'fixl:
"LJi"
d
) 'ln1t1,118
du
nom du
nornurB
Por consuqu U~l';,
ITIU l t i p l 1. c: il Il Il 1)
1) L
1lu
ri () III
cil l
" 1 1) 111\\ ) l' [)
I1llJ 1 t i. fJ 1 i C il t () u r ~
DS L
l d
marque du
pluriel
de cette
classe.
1
1
l',I
1\\1111I(~I,,,t.inll ~',<\\Ili'i. ],- l'nit. '1"11 11111011'11\\11'[1 '1 ilil. 1111
1
nom
particulier
bien
que
composé,
simpl.i fie
la
c?mpréhension"
l ,
l'identification
et
la
construction
du
nombre
90J
Il
en
est
1
d e mê me
du
nom br e 8 O.
0 n
no ter a
t 0 u t ~ foi s, à .p r 0 ~ 0 s du nom b r e
.
\\
70,
que
lES
locuteurs
proposent
deux
versions
et Iles tiennent pour
1
aussi
valables
l'une que
l'outre.
jinmin
faaj
ne foon
1ère version
70
jinmin faaj
nB
jinmin
2c
vera ion
/10/
/6/
+
1 0
Il
est
évident
que
la
deuxième
version
consiste
en
un
artific8
rlont
nous
aVOIl~1 l!('jij vu qu'il
constitue
l'une
des
solutions
'emfjirjquns au
problème
des
paires
ambiguës:
répéter
l'unité
qui
fait
l'objet
d'une
multiplication.
Eni vérité,
la
1
solution
normale
serait
que
le
synta~me nfaaj
ne
toonn=7.
1
puisse
être
considér~ comme un composé figé et nei signifier
1
par
con s é que n t
que nS P, P t'ô'.
S i l a
c ho s e
est
p 0 s s i b 1 ~
l 0 r s que
1
1
co
syntu~llle (:Jc;L
isol~,en
l'UVûrlCI1U
dl';s
qu'il
entre; en
combi-
1
1
naison
avec
un
autre
syntaGme,
surtout
lorsq'il
est
en
position
,
1
i
de
multiplicateur, la
porte
est
ouverte
à
lipux illtér;p,rêtôtions
1
éJU
moins.
191 •
C'est pour
cette
raison
et
pour
d'~utres, que
dans
la
synthèse
sur
le
sotJs-p;rOlJpc
nord
et
clans
la
conclusion,
nous
esquissons
quelques
observations
sur
des
sol~tions de fond.
Nous
y
proposons
é~alement ~ne distinction entre transcription
et
écriturelde nombres.

-5~G-
j inmi n faaj
ne
foo n
70
Mais,
i l
ost
ugalel1lunL
dr"
f'lnonc:6s
et
des
contextp.s
o ù
l' a mb i g LJ i té
n' est
pas
po s si b le.
Par
8XlJrnpl n
18
ro mlll'8
71
7 7 = j i n min
f a a j
ne
fo 0 n
n e f a a j
n e f 00 n
11UI
1
6
/+
11
+
1 6 + 1/
pI'CJois,
Chilqlll!
S (lq un ne (3
"faaj
ne
floo n"
est
un
composé
figé.
1
i
C 8 5
d eux
1-) X [] 11l pie S
0 P [los () ~,
(1 e
e iJ s
d e " soi xia n t e - dix "
\\
i
l
et
cel ui
de
sâixante
dix-sept)
i l l ustrent
bien
l'am;bivalence
1
des
syntagmes coordinatifs dans un syst~me pa~enth~tique: tant6t
la marque de coqr'dination clarifie
l 'énoncé~
tant6tj c'est elle
1
qui y introduit
la confusion. 'Et
i l
s ' a g i t

d'un !problème
qui
1
1
1
touche
ê
des
questions
de
syntaxe
d'une
grande
dél~catesse,
fIIélis
~.ur le quul
i l
f'llut
lJC~VlJl[)IJP[JI' la r[lflexiufl en vue ue
,
conilTibuer
à
une
amél)oration
de
l'organisation
des
numérations
Il il l' l (: () ~, .
LL.S
NU~lIJlx[:~llJ[J 1: L
1 UUU
100
1000
E3ëlante
Ganja
keme
wili
Bëlante
k
nt
h
keme
khonto

-357-
1\\
1/
1
I I ·
Les
lexèmes
keme(centJ
et'wili(mille)
~ont des
e rn p r u n t s
a u man d i n ka,
e t
n 0 u s
sir; n a l ion s
d'é.j à,
p 9u r c e qui est
cl li
il i~ ] <1 Il \\: n
r. .11\\ ,i .l 1i 1: • lin ~',,, 1: t 111:', l. l' \\ 1I~ t 1Il Il i11):; 1Il 7 ill Il n f\\. '1"1 ! :; t : ;,
1
1
contacts avec
la culture manding sont de
nat~re ~ expliquer
1
!
certains
sbhèmes
de
~onstruction, de même que l'existence ries
entrées lexicales
nouvelles
telles que
keme
et wili.
Le
lcxl'!l1In fkontl1
(ou
-rl~onto
cl 0 n t
l 8
b 13 l a n t (J
K?, rit -. Il •
portugais.
le quel.
nous
l'avons vu en étudiant
la numération
,
Mù n j i] k. • P Cl s r; t') li Cl
[l 0 u r l 8
m Rln (J
fl (J rn [) r P
• l Cl
'n 0 m
" rn i l " •
1
Nous
n'avons
pu
tirer ùu clai.r
la question de
savoir
pourquoi
le
Bëlante
Kent)hE
n'ù ernp~unté au POr1UgaiS et aU
MeJndinKi1
que
le
nom d' und n 1: e ~, rJ eux no III 1JI' 1~ S .: Et 1n 0 U S Cl v (] J) S
~
1
vérifié avec
le
cas du
Bëlante Naga~a (autre dia 1ecte côté
Bissau~Guinéent que
le
comportement
est
le même:
"keme"
pour
le
"cent"
et
fconto
pour
le
nombre
"mille".
Les
noms
de
ces deux
unités
étant
identifiés,
il
importe ê
présent
de
savoir comment
sont construits
les
noeuds
de,
centaine,.
des
mille
8t
ccrt"ins
r,rnnds
nomUlS'
l 1. 4 • 3 • 4:
ND ,- U Il ~,
r) F ~,
r: UH f\\ 1 NI ~.;.
[ ) L ~~
MIL ([-1 1
[ X r RIE S S ION
~
DE
GRANDS
NOMBRES - -
- - - -
r~ùpp.elons par quelques exemples que l'oirdre rIe
disposition
des
constituants
dB
tout
syntagme mul~iplicatif
1
dans
le
système
bëlante est
un
ordre MA /
ME.
(
!

-»)u-
1
1
!
100
200
~OO
Bêlante
\\
kefTle yaabi
Ganja
keme
keme
seebe
Bêlante
k'z,nt:;oht
keme
keme
seebe
ke e
hoob
De même,avec
un
nombre multiple
de
100
,
par exemple
10.000:
En Bêlante Ganja:
wili
jinrnin
En Bëlante
conto jinmin
kônt:) hE
/1000//10/
1000/
/
10
/
L,'ordre MA/ME
est contraignant.
1
s' a~issunt de l'expression des grunds nimbres,
on
découvre
l ' é t El n cl li El
des dé f .1U t ê,
Il e
l a c 0 n s t l'Ile t i 0 ni d 8 SilO ml) r 0 S
par syntagmes additifs,
sans avoir à
s'élever à
~es nombres
\\
très
~rands. Nous
avons déjà
vu
le
cas de soixante-dix,
on
i
peut y ajouter dilns un second
temps
quelques
exemples pris au
1
niveau des
centaines.
Bëlante Ganja
Bêlante
k~nt) ht
1
S01
korno
joar
IlU
-F 0 Cl cl a
kome fCfJf . k-u
foon
1
/100/
/5/- +
1.
100
5
+
1
\\
1
1
üUU
k unir)
r- i.I il j
k-crrJe l'cel'
ku foor
/100//6/
100
5
+
1
I l e s t é vi den t
q uTe
s i e n Bë la n t e Gan j a
l a d i s cri mi -
,
nation entre
les
no~bres 501
et
600
est possible,
on
le doit
au fait
que
dans
cette
numération

nombre
"six"
est
désigné

-359-
par un' lexème
dis tinct.
Le
locuteur b§lante
knnt~hE est tenu a ors de
recourir au même artifice que
nous
évoquions dan
le
cas
de
sni x a n t P. - ri i x:
Cl t
cl ,1 n s
Cp.] Il i - r.:i ,1 r:
pro c I~ ri (~ f~ (! n F~ r .=1 e m[) n t
j n ri i (Il J (! ,
consiste,
pour un
nombre
comme
5U1,
è
int8rcalle

le
nom de
l'objet compté entre
le syntagme complétif
(keme fcefl
et
le
nombre qui
est
ajouté
(ici
le
nombre
1).
Encore
audra
t - i l
t!cher de
ne
pas oublier
l'accord qui
s'impose
p~ur la marque
i
de cl a s s e d e I ' 0 b j 0 t
co mp t (~,
r. rJ
qui
(;) v i d 81111118 n t
n ~ U 5
fa i t
sor t i r
de
la
num~rdLiDn absolue.
,
1
\\'1ais
nous
retrOlJVRrOnf,
les mêmes diffiÇ:u1tés
tant
pour 'le
BëlLlnte Ganja que
pour'
le Bëlante
k-ant')h~ dès qu'on
r
1
p[E;Sn
Ir:
[,[~t1il
(Ir:
10000.
i
C'est
un
problème maintenant
bie'n
connu
depuis que
nous
l'~voquons et
nous
donnons
ici,
simplement quelques
exemples:
Bëlante Ganja
Bëlante
kant:>he:
i
10001 :
wili
jinmin
ne faon
fconto
jinmin
ku
faon
1
1
11UOO:
wili
jinlilin nu faon
fconto
jinmin ku
faon
20U02:
wili
jinmin seeb ne
seebe
fcanto
m-san
Ili'Jl ku
seeu
22000:
wili
jinmin seeb
ne
seRhe
fcanto
msaan-'hill ku
s8eh
L ' n r :i r. i n (;
nu
1,-]
r. ill J ;, r:
ri r:
t r; l 1 (:" [11111'1 i Po u ~ t P. S
il
Rt (?
identifiée et fera,
comme pour
toutes
les
autres numérations
l'objet
d'un
traitement
global.

-360-
II.4.3.5:
LE PRORLEME DE
LA BASF EN NUMERATION BELANTE
l'existence de
différences
entre
système~ ganja ~t k~ntJhE.
différences
susceptibles n'éclairer quelque peu
l'évolution
des
numérations
de
cette même
aire
culturelle.
Et
C'Ast
d'abord
un
rapproch8ment de ces deux
systèmes avec, ceux de
l'ensemble Manjak.
puis
celiui
de
l'ensemble Jamat.
qui
s8mlJl&
s'imposer.
tant
les :similitudes
1
sont
apparentes.
Mais
commen~ons 0ar rappeler les unités successives
qui
à
t .
servEJnt
con s
r Uil re
les
nombres dans
l'ensemble
Bëlante
Les numérations GiJnja
et
k'Ôrlt:ltlE
ont en
commun
les
paliers
suivants
1 Cl ==
j j Inn .i n
100==kr:me
1000== wili
(en bëlûnte ganja)
et
fconto
(pour
le
ka nt:>hE,.
'!
Toute
la
différence
entre
les
deux
systèmes
se
trouve
dans
ce qui
s'opère entre
les
paliers
10
et
100
p ur
la
construction des dizaines.
Mais
ce fait
n'est P?s
le seul
à
pouvoir contribuer & la
compr~hcnsion de l'0volut on des
numérations
dans
cette partie sud
du, Sénégal
et
e
Guinée-
Bissau:
il
y a
aussi
cette
structure
des
nombres
e
1
à
9.
qui
peut dans
une
certaine mesuru.
~tre r8EiJrd0c comm
le vestiGe
ri ' un
Cl n c i [] n
en 1111) II 1.
q LI j
n' il
[J 1 1J ,;
1: n li r"
(II 1
1\\ ' d
j dlTl,:): s
n Il
c: (lll r!'
en
numération
cardinale des
langues
concernées.

-361-
Oans
le
syst~me ~anja, on
retrouve
l'importance
des
nombr~s 3 et
4 è
travers
les
r61es
qui
reviennent
è
6 et
è
8.
1
t
En
particulier,
la formation
du
nom du
nombre
8 en
Bëlante
i
Ganja iserait
une excellente
illustration
~u procédé de
dédou~lemont qui ,dans le c~s d'esp0co,m(ritorait davantage
1
le
no~ de procédé de duplication
&
tahla
-
tahla
Il
renforce
10 crédit
de
l'hypothèse
d'un
système
i
qui,
dans
un
contexte culturel
donne, privilégiait, certains
i
nombres
(pairs
DU
impai l'S, ICn
même
temps
que
la
technique
1
1
.
.
b
1
lnalI1'e de
reproduction
des
nombres
de même
genre.)
Nous
avons
déjà
vu que
ce procédé
est
tel,
qu'une
fois
ommés
les quatre
premiers
nombres,
le
compte semble
repar
ir,
pour
reproduire
entre
5
et
B
les
doubles
de ces
premi
rs
nombres.
Ainsi, nn
pP.IJt
établir une
corres pondance
entre deux
séries
de
nombres
selon
le
schema
suivant:
1
2
3
4
5
6
7
B
Et
il
est
tout
à
fait
compréhensible qu'en
Bëlante
ganja \\le
nombre 8
soit
"tahla-tahla"
(quatre
quatre) •
Ce
schema montre
comment
le nombre
"quatre"
a

i
1
être dans
sculp.m8nt
comme terme
lln
t (J 1
s,y 5 t [:Infl,
r;nnsid6r6
nnn
1
mais
également
un
nombre
privilégié,
de la première série,
car
" 1
h
f1"
',.1'
I~nrl'Il"nnllrlr!nt r1'lInn ,.r!rin?l l',l\\ltrn,
I! Il ,', l' 8
f
nll x
[1 fl JI)
r n~,
II
l '
l LI LJ i fi r é l' lj 1\\ L: L~
'J èi L
L LJ U j U LI l' S
LI u
1).
L~ L! li u i
~a! c lJ r l"i' i l'iii B r Cl i t 8 Il cor u
!
!. l ,
d III' Î! :;
1\\,
1\\11
I : t l l l : ; i dl:I',\\ i 1.
~l
r:llIllllll!
1

-362-
1
7
:1
5
G
7
9
On
comprend
de
nouveau,
pourquoi,
en nommant
le
nombre
9,
10 MCJnkop;ne
G:G
r' 8f Cl rD
tl
la mclin qui
a
l~ même nom
1
;
"
\\
"
qu e le nombre
"cinq"
"kanien ka
lon"=
la main,
!'autre.
1
Et
ce n'est
pas
différent
de
la
construction
du
1
Bëlante Ganja qui désigne
le nombre neuf
par
"kin+tahla"=
i
5 ;
4,
alors
que comme nous
l'avons-vu,
cinq
n'a
pas
eu de
rôle
privilégié
dans
la construction des
nombres qu'il
précède.
Ce~
constatations appellent
quelques
remarques.
La
Pl; U 111 i l; r 8' est
CI u D
é; i
l 8 S
8 n sem b les
Man j a k u
(M an k c1 ['; ne + Man 'j il k)
ct
B 8 l <J Il t D,
S Cl Il t
t Cl u"
cJ eu x
r 0 rte men t
1
implantés
en Guinée-Bissau,
qui
fut
très
vroisembl,ablement
leur
ter roi r d ' 0 r i gin 0,
i l
nef ù u t
pô 5
p e r d, r e
d e
vue que mal gré
l'influence réelle de
la culture lusophone sur les
populations
Bissau-Guinéen,nes,
l'ù notion de
fr'ontièY'e
telle qu'elle est
Onlp.IHlu80l:
.ltl'·,I.·ji,\\II.iUI\\lllJJI!.,,,!
i1llpllis
Ja
fln
lIll
XIXe
sii\\clr~ (ln
Af r i q u 8,
n'a
pro LJ l,lb le rn e n t
j ,l mcl i~;
COll S t i t u (]
url, ob st a cIe pou r
los
Ilornrnes el
lu~ ~l'uupes vi vônt de part et cl autr~
1
(sud du
1
Sénégal et nord de
la Guinoe-Bissau).
Aussi,
le fait
que
la
numération bëJante Ganja
conserve
le plus
de
traits
communs
avec
le
sysième Manjaku
alors que
le 0ëlante
kônt~hé se
rapproche davantag
du
système .Jamat
(Bayot,
Karon,
Kwatay,
Joola),
ne
pe
t - i l
être

-363-
que
constaté
et
<lcirnis:
CÙ,
non
:~r?ulornnnt, 11 n'es,t pos (~t<lIJ1.i
qu'il
y ait
ulle
unitll
alJsolup.
rjr:;
l'ensemble
lingu,isticllJ8
lB
LJnlilIlLI~
1 ~ :; 1.
1
1
r: 11\\1\\ 1II n
Il ni"';
,\\ I l 1 1 Il ,;
11 ~
V Cl:i ('
Il il' 1\\ 1. nI.,
l I~
MdlI il i II k "
il
\\ 1n
:; V :; 1: l' 11\\ (~
décimal.
LéJ
rJ u u x i l! m8
i (1 ('Cl q LI i
ni I! r i t e
rJ' ê t r e
sou l i g née P. s t
1
qu'il
est difficile
de
dire
dans
qU811~s conditions précises
lOB YG t à me
q LI i
,l
COri S t r li i t
lu;,
rI n III li l' [) S
cl 0
;',
rJ
( Id 0 n t
l 1] 5
Il 0 III ;,
ont été conservés),
suivant
le
procédé de
duplica~ion des
1
nombres
priviléGi6s
3 et
i ,
s'est
par
la
suite
in~égré ou
1
combiné avec
un
système
diff~rent. Le seul re~our~ dans l'état
1
actuel
de
no~ informations sur la qUBstion est d'rdmettre que
les
sys,tèmes
numériquES sont susceptibles de 3tIbir> d 8 pé.fol'me.,,:;,
ce qu'il
est
plus
aisé
de
montrer
pour d'autres
n mérations.
S'agissant
des
unités
successives
rvent
à
former
la
suite
des
nombres,
on
note
que
"jinmin"
(dix)
est
a n j cl
p li i ;, -
qu'il
est
à
la
base de
l'expression
de
toutes
les
dizaines
e t
que
c 8
rn ê III e
n 0 [ri Il r e
" j i Il mi 11" ( rJ i x)
11 s t
unI' E: 1 a i ' mp 0 r tan t
pour
la
numération
kant~hE
Une
tlpproche qui
sr!
vUIJdrùit
SilTlPlificat" rice
consisterait
à
affirmer que
la
numération
bëlante l k~ntJhE
1
ost quinaire
jusqu'G
~,
dûcimùlo
jusqu'G 19 et
vigésimule
i

-364-
jusqu'à
99.
Mais
si
le
nom du
nombre
cinq
(fcef)
autorise
à
penser
(comme pour
la
qu,lsi
totcllitÂ
clF!s
numFirat
ons
eXclminp.p.s
jusqu'ici)
à
des
traces
d'une ancienne base
Cinqr
ni
le
nom
du
nu mbr e dix
(j in min), ni
ce u x de" vin c; t ",
" vin g - ci n q " , '~~ F! nt"
ou"mille"
ne
confirment
l'importance
et
l'actual
té d'une
telle base en
numération
kant)h[
~n construis nt les noeuds
des
dizaines
par multiples
cie
"vlngt~ pour le
dizaines
paires.
et par
combinaison de vingt et de
dix po r
les
dizaines
intermédiaires,
la
numérQtion
k~nt~hE
confirme
a
grande
similarité qu'elle entretient avec
le système
Ja at.
Et
comme celui-ci,
on
constate que
les!deux
paliers
100
(kém6)
[\\1;
ml1J.u
(fkonl;())
II v {, c I e urs
8 n Ll' (; e s i e x i Cil 1 8 S
1
1
nouvelles,
introduisent
une
irrégularité dans
cel système qui
1
jusqu'b 99
6t~it dominé
rOI'
ln
hiJse
"vin~t". Mai~ cela
,
,
s'expliquera~t à nouveau parfaitement par les ré~isions et les
réformes
donL
lus
numérations plJrlées
font
l'obj~t au contQct
1
d'éléments
culturels
nouveaux.
i
1
Notons
enfin que
la
numération
kGnt)hL:dont
nous
nous
;
\\
sommes
S e r vie
d
t i t r e .d e
cam par ais 0 n a 1 0 r s, .qu' e 1 te se trouve
plutôt
du
côtG
bissau-guin6en,
montre
l'importan~e de la
m6thode
compJrotivD,cn
nous
rnv010nt
au sein d'un même ensemble
1
,
linguistiq~e
l'existence
de
systèmes
différents de
numération.

-365-
II.4,Lf: PRINCIPALES CARACTERISTIQUES DES NUf'1ERAT IONS
1
1
DU SOUS-GROUPE BAK
La déscription des numérations des ensembles Jamat.
l''li\\11Ji11<'11
r~1; [lï~I<lIIl.I~ lIui Vif!!Il. dl? ~;'<lCI](JV(I/' j11!/'lIlut !.Jo ~jl! /' I! ! l " [' I!
d'un
sous-
compte que si,la
classification
et
l'identificatipn
1
groupe
linguistique se
justifie
sur
les
plans mor~hologiques,
1
,
et
si
d'un autre
cOté,
les
contacts et
les
échanges entre
ethnies plue
ou
moins
voisi'nos ll)<pliqucnt certaines
ressemblances
1
rJ Q
nom 5
do
Tl D III br (J s
nt
d 8
C [J fi n 1. l'II C Lion s,
le
fa i t
e B t
q LJ 0
ln fi
facteurs
qui
d~t8rminent la
structure d'une
numération
semblent
,
dé b 0 rd e rIEl s
S [) LI l s
don nés
lin ~~ II j :, t i Cl U 8 S •
[
Nous
no mentionnerons
rlans
cette
récapitulation que
,
!
les
résultats qui
permettent (j'identifier
les
numérations
1
existantes
par rapport
aux
[jiff6rent~ ensembles q~i constituent
le sous-groupe
BAK.
résultats
qui
permettent ~ar ~illeurs de
~
1
faciliter
la' comparaison à
laquelle
va
etre
consa
rée
la
synthès~ finale sur le groupe ouest Qtlanti~ue.
De
la
classification
linguistique
à
la
éalité
des
numériJtions 'du SflIJ:,-r,roup
L a
pre mi èr e que s t ion
qui
vie n t
à
l ' e S p r ' t •. a p r è sun
tel
parcours.p'~,;t de
savoir s'i]
y cl
iuontjl:(:
des
ystèrnos
de
numération
au
sein
du
sous-groupe DAK,
surtout
lorsqu'aPrèS
avoir étu.dié
les
sous-groupe
nord
et
cangin,
nous
avons
répondu
1
1
1
i
1
i
i

-366-
Partis
de
trois
ensembles
(Jamat,
Manjakui et Balante),
no usa b
nUnlèrùtinl1,
0 u t i s s 0 Il S
,j
LJ fi
r 6 s LJ l [, il L n CI , S LJ r
l [)
P III 11 li e
l
,
ils
peuvent
êtTl!
réduits
i:J
deux
systèmes.
1
Dans, l'un
on
retrouve
intégralement
les
n~mérations
1
de
l'ensemble
Jamat.
Dans
l'autre
l'ensemble Manja ~au quel
vient
s'ajouter le
Balante
ganja.
Le
Balante k~nt~hl(parler qui
n'est
repré
enté
qu'en
Guinée-Bissau)
que
nous
avons
examin~ parallèlemen
au
Balante
ganja
Cà titre comparatif] se révèle plus proche dr système
constitué par
l'ensemble
Jamat.
1.
Ce qui
revient
à
diro
qUD
l'ensemhle
Jamar
confirme
son
unité
au
niveau
du
système
de
numération.
M~mel' cons~ation
pour
le Mllnjnkll
(M,-Ink{li~np ~
~1.Jfl.il]I\\). fn
tnl/t.p
rl~L1rUr, ,,1
nntl"
devions
nous
limiter aux
seules
numérations
représintées
au
séné~éll, il fLluLlrLliL slrnplfJmeilL IluLer par rapport ~ux (Jeux
1
1
premiers
systèmes,
que
le
Galante
8anja
constitue
~vec l'ensemble
1
Manjaku
un
même
syst[~me.
Lu
Cé}S .du
Galante
kë)nt:>hE.' est
tout
de
1
même
instructif
car i l
montre
que/ou
bien
i l
y a
ure
diversité
!
des "modèles"
OLlLlnt(~, ou bien quC!,
issus
d"un
tron,c
commun,
deux
au moins
d'entre
les
pùrlers
Galante divergent
sur
le
plan
,
d 8
l 0 urs
~, y 5 LÙ /II U S LI Cl n u [fi é r il t i (J Il ,
ce qui
ne
peut
manquer de
soulever un
certain
nombre
de
questions
du
point
d~ vue
historique
et
~ociologique.

-567-
Il
al
Le
syst~m8 constitué par l'ensemble Jam~t
1
(eluquel
s'ajoute
18
kant:>tll
1
Il
re[JI'()rJ(]n!:u
C G ] l d
ljui
.]
ln
plus
con"nrvo: rio
l:I'iIC(!!;
1
de
références
au
corps
pour
mùrrllj(~r la hiérarchie
d,es
ordres
i
de
nombres.
Le
tableau
ci-dessous
va
nous
permettre! de
1
l'exprimer en
ima~es
1
Légende
du
tableau
de
la
page
suivante.
5
L1ne
main
\\
lUe,
l'
main:j
15=
une
jambe
20=
homme
L=
lexème
distinct
Ne=
nom
composé

-368-
1-
LES NDM6R~S
FONDAMENTAUX
:f',~lr\\T
-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=--=-=-=-=-=-=-=-=--=-=-=-=-=-:-=-:-=--=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-
5
10
1 5
20
40
50
80
LANGUES
! - ._-
-!-~~-;-if
lTxl-
lfJ-
~
1
1
,-
) 1
1
BAYDT
:Jete
;kutepeko
butigen (L): ëyi
\\L ikuyi kurig~kuyi ~ufigi
kuyi
kubey
1
1
1
! KAFWf';
:sss.,,(U
;naasuer(L)
;kaat
l L) : ()vJÏ (l) ~()Wi esuba j'av1i E~~gi
! 'O.'Ji
baakir
1
1
1
1
1
1
1
; KI'JATAY
:lute,",
;sumaanu
(L)
;sumaanu 1
;butumhan
;bakan
ba
;bakan~a kuhaajit bakan ba
\\
; ni
h ut 0 kJf~ C !
, L)
.
kusube
;kubaakir
1
l
,
1
'
1
:KAASA
:l
; kuCiiç
;kuciL::
kuhajir
;kuciic
kubankir
c.; t ::: "
kunen
kaat (L)
açiic
(l)
1
;kuiubar
! -
1
1
1
1
KDM6D
hutok
kunen
;kunen di
1
kabana
bukan
ibukaan
kuhaajir;
bukan
kubaakir
.
tok
(NCj
(L)
FDGNY
hotc~\\
unën
!unën di
! kabanan
!bukan
ku-
!bukan kufeeji
!bukan
kubaakir!
!
hotok[NC)!
\\L)
!
!
!
!
!
l2ULUF
naasuar(L)l
sibëës
!sibëës
kabanan
!bakan ba
!bakan ba
-! bakran ba'~ubaak~r
!
!
!naasuar(NC) !
(L)
!kutusubel
!
kuhaajir
1
!
!
!

-369-
Ce
tabJeùu
montre 'luo
pOlIr
cnrt"ines
nIJm~ra\\tions ln nom
1
,
l .
.
.If ·
t
d u nom b r e 'iOn' est
pas
c lai rem en t
"deux
[l ta b
l
co mm e
S l g n l
l an
mai n s ".
En
con s é que n cc. leu r
co [1 S t r' u c t ion
uu n LI fil br B 1 5 se f ait par
un
syntagme
coordinatif
(dix
plus
cinq):
c'est
]e
cas
d
karon
et
uu
kWiJtiJY.
Mûis
pUllJ'
le
KilI'UII,
lr~ plll':OOI1lf'!IlP n"t surpr'QrliHIL, Cil!'
désignant
le
nombre
15
par un
lexème
particulier
le font
le
Bayot
et
le KaasiJ,
lo~iquem8ot cela nn doit ~t,re
que
si
dans
cette
numération
on
a
la
progression:
mains __. ".... 1
jambe.
Soulignons
le
fait
que
l'existence
d'un
lex~me parti-
1
culier contribue
ô
la
simplification
du
dénombrement' et
limite
les
risques
d'ambiguité.
Pour
le
reste/on
constate que
"cinq",
,
" dix"
e t " vin g t"
son t
rJ e s
nom b r es
f 0 n d a me nt a u x
pou r !t 0 u tes
ces
1
nurnûratÜJrls.
[ t
l U
Il 0 mLI r e
2 0
il P P ij l' éJi t
C 0 lT1 ln e
une uni t ié
i ni P 0 r t ël n t P. :
1
celle qui
est
è
la
base de
la
construction
des
dizai~es. En effet
sur notre
tableau
nous
nous
sommes
iJrrêtés
~
• i
80,
malS
on
a
vu
que
l'expression
"cinq hommes rr a dû être courante pO,ur toutes ces
numérations
av~nt d'être supplantée par un lexème pa ticulier
d'adoption
apparemment
tardive.
1
i
Au s si,
" p r C: 5
S.
10
P.t
?lJ
trouVR
t-on dE'
nos l jours comm8
!
1
autres
nombres
fondament9ux
(représentés
chacun
par un
léxème
1
nombres,
sont
des
noms
d'emprunts
et
on
peut
dire
que
cet emprunt
Ll
deux
sources:
;J'influence ilJolof
et
l'influence Manding.

-37U-
Toutes
le5
num0ratjnns
Jomot
qui
disent
poJr
"cent"
"eteeme"· et
pour' "mille"
e~unjunnc" l'ont tr~s certainement pris
i
ë)l:lwolof.
Et
c ' c s t
ln
num~rattnn Knnsa qui
illustre (ce
cas.
i
Les
Clutros
numératiClns
onl

prendre. les
noms
des
mômes
nomhres /IU
M,Hllling
pUi"qIJ'I)]][,S
LJisent:
cent=
"eceme"
ou
"ceme".qu'on
peut
rapprocher
de
"keme"
et mille=
'1 wi li"
0 u " wi li"
1
ou
"uli".
On
remarquera
comment
après
les
avoir
emprunté~ ces
1
-
langues
les
assimilenL,
1
Les
nombres fondamentaux
du
système qui
caractérise
l'ensemble
Jelrnat
sont
elo'ne
élU
IHHnl1re
cinq
LANGUES
5
10
20
100
1000
un 8
I11Ll i n
Jeux
mains
un
homme
eteemel
ecunjunne
KAASA
1
i
qeme
wulj
[III
1\\ U T In~ S NUf"1 H~ A -
un(,
m,lin
(II~ Il X
III ,1 i n s
Uil
homme
IOU
TIONS JAMAT
e~eme
wili
oUuli
1
1
1
1
REMARQUE:le 8alante
kont~hE
choisi
à
titre
compatratif
avec
le
1
1
Balante Ganja
(langue
du
Sénégal J. a
lui
aussi
cinq rombres
fonda-
mentaux
correspondant
exactement
à
ceux
qui
ont
été
identifiés
pour
le
système
de
l'ensemble
Jamat.
5
10
20
~ 00
1000
f cef
jinmin
m-saan-hal
keme
fkonto
homme
(au
ou wili)
sens
latin
de
vir)

-371-
2 -
Sjstèmes
Coordinat ifs
et
importance
du m rphème
de
coordination
d'omission
de
!
nom du!nombres!nombreslcoordination de
Ica
coordination
LANGUESlmorphè-lcomposés
inter-ldeux ou
plusieurs
1
me
! mé d.
_ _~m:.:;o::.:n:..:...::ô:..::m~e:::..:::s-:-_-::~_--1
_
ltous
le:l>[-J+[
J+[ ]
15
BAYOT
,[ né (0 un)
6à9
lnbres
!
!
linter.
l
1
!
KARDN
n •
"
"
Il
15
KWATAY
ni
Il
"
Il
Il
1
"
! ,
..
..
KAASA
di
"
'5
KDMBD
di
"
"
1
"
FDGI\\lY
di
"
"
"
1
BLUF
ni

1
"
"
1
1
Etant
donné
que
le
nombre
15 a
pour
nom un
lexème
particulier en
numératio~s B~yot, Karon et, Kaasa. ce nombre ne
sera
pas
lui-même
construit
par
syntagme
coordinatif. ,mais
les
suivants 16 à
19,
de même
que
lS ê 39 etc •• le seron~ et en
S'ElfJf1uyer sur
lrJ
nomiJro
15:
Exemple:
16=
15
+
1
36=
20
1 5
+

-372-
1
1
i
Cette exception étarlt
notée,on
remarque
~'1mpprtance
1
d 8
l a c 0 a r d i n él tin n Cl LI i . cl él n s
r. P ;,
fi LI ln r r ,1 1, i (J n f3
Il <il r l é e l ' con c1 i t ion rll'
1
l'intelligibilité de
l'énoncé.
1
1
REMARQUE:
à
propos
du
Galante
kont~h~
on note
19s mêmes
1
marque
de
la coordination,
aux mêmes
niveaux.
Le Bqlante kônt)h~
1
!
Tou Glu" ri O,E! U (j 5
[J n fj
cl i /. (j i ne s,
d 8 S
ce fi ta i n 8 5
et
des
Il
IJ
1
mille sont obtenus
par syntagmes
multdplicatifs.
Tr:o:i.s propriétés
i
méritent
1
à
cep r 0 p 0 s
cl' ê t r e
sou l i i~ fi 6 cs:
l t 0 rd r e
de Id:l. s P0 si t ion
1
des
constituants;
1cl"'différoncD cfe
construction deis 'noeuds des
1
vingtaines et des dizaines
intermRriic'lires;
enfin
l '!importance
l '
du
système de
clùsso.
1
:
Tou tes
les
nu mé rat ion s
dus y ~ t ème r e pré s eln ~ é par
,
1
l'ensemble Jamat
construisent
18s syntagmes mUliipl~cat1fs par
dis p 0 5 i t ion d (3 seo n 5 t i tu i) n t ~ sr:] n fi l t 0 r d r n M1\\ / M[. Lie Bal i) n t 8
f\\'()nt)hé.
e'n fait
autant.
Le
tablRélll
ci-dOSSOIJS
pr6sp.nte Rnsp.mble'
l
s modes dt!
construction des vingtaines,
ues
dizaines
interméd:i.
ires,
des
multiples
de
100
et
de
1000, et
enfin
l"ord,re
de dis
osition des
con s t i t lJ a n t s.
U n
(Cl x 0 mp l 8
{l l l!:; t. 1'1: l "; J sur c 8
t iJ li l eau cac une d e
ces
constructions
LANGUES
10
20
30
1\\0
70
200
10
00
!Ordre
dies
const.
1
1
1
Toutes
le$
20+10
20x2
[20+3)+10 100x2 10 Ox~O;
MA/ME
i
langues
.
J'ama t

-375-
1
Le
tableau
montre que
les
dizai~es paites ~ont des
multiples
de vinEt.
et
les
lJiz"Linns
impaires
(interrnpdirlÏrlls)
sont obtenues
par
combinaison de synta8me mUltiPli!Catif
et
de
1
1
syntagme coordinatif.
plus ou moins complexes pouva t
devenir
rapidement
un système parenthétique
Exemple
dalls
le
systèlT18
de
l'ensemble
Jama~, l'énoncé
du
nombre 42000
se
transcrit
en
ces
chiffres:
1000 [C20X2)
+
2J
I l
faut
enfin
souli~ner è
propos des
synta mes multi-
plicetifs de
l'ensemble
Jamat
qu'ils
se Conforment
u système de
c las se.
5 e Ion
ri El S
m(] <1 {l l i t é s
q U L p f! li ven t
v i) r i n r
ri 1 U n
par l R r
(1
l'autre.
On peut
alors
distinguer
les
cas
suivants:
-L,es
parlers Joola(Kaasa.
Kombo,
Fogny et
Bulufl,
C ü n Il ëJ i :.> ~3 U 1'1 t
l 1 (J 1) P u ~, 1 l. i url
LI n
r 1(J 1111 ) l' 1!
(] t
l ' i l l t U l' 1l ,1 '1 C e
on 50 Il i11] Lill LI I!
à
l'initiale
des
noms
du multiplicande
comme à
cell~ du
nom du
autan~.
multiplicateur.
Le Bayat
et
le Kwatay
en font
1
1
Exemple
en
Bàyot:
20=ëyi
1
:40=kuyi
kurigid
7=irir,~
1
1
-Le
Karan quant
à
lui
ne
semble pas
t'enir compte de
i
l 1 0 P P 0 s i t ion
c1 C
Il Cl rn b l' E) •
Ex e mpIe:
2 0 = ô'w i
40=
'dwi
esub&
2=
kesubêl
~
pluri81=lus
dnux
,

-374-
REMARQUE:
le
Bëlante
kant~h~
connait
l'opposition
e
nombre
u t
J 'éJll;uI'llilI1(~(!
[ ; ( I I I ! ; ( l l l n n t : l l l l l l :
<1
\\ '
i lll.tl.illll
llr!!;
IlllinS
dn
Illillilll'I!!;
multiplicande et multiplicateur:
Exemple:
20=m'saan-hal
:40=binam biseeb
20
2
2=seeb
4°)
LES
NDMElRES AMBIGUS
i
1
\\
Toutes
les
numérations
de
l'ensemble Jamat\\ (la
numé-
ration
Kant')hE
également)!orment
des
coup1es de
n~mbres ambip,us
1
i
1
à
partir de
10.001.
1
,
Tout~fois.on remar~u8 que les numérations ~ui ont un
1
lexème distinct
pour
le
nombre
15,
parviennent à
éviter
l'ambiguité
:
1
des
coup 18e.
don 1:,
] ' lin
clos
tl:rlllnr;
curresponcl ,lU
nombre
15:
1
1
ExernplR en
Bilyot:
~.lO:Lt.
le
COllp]0,
llf~ nombrus:
30005
~t 35('100
15=
butigen
10=kut'epeKo
1
20="eyi
1000=wuli
JD.LJDS
:l'.:i.DOO
1
ewuli
ëyi
ne
kutepéko
ne
ooto
ewuli
ëyi
ne
bwtigen
i
,
1
Il
n'
y a
pas
d'ambiguité
parce qu'en
numéJa~ion Bayot
1
si
"kutepeKo
ne
ooto"
devait
signifier 15=(10+5)"
1
11 langue
1
recommanderait
plutôt
de
dire
butigen.
Aussi,
tel
qÎ'il
est énorlcr
1

-375-
[J W li l i
(j yin Cl. k u t u P [! k n
n n
0 u Ln"
Il'!
P (J u t
n 1 g nif i,n r
gu 8 3[1. n(1",
t 'ewuli
ëyi
ne
butigen" ne
peut
être que 35.0pO.
[ L,
iJ i Il J 1
LI U H • no LJ s I ' il V 0 fi ~
dé j cl
sou li g né, 1C 8 113fT) 0 nt r n
i
J
quel
point.
il
importe
pour, une
numération
d'aVOiir 18 plus
e
lexèmes
p~rticuliers, possible, correspondant aux! nombres
n f (: rie LI r s
i'J
l cl
Il <l S Cl •
Il
reste que
l~ plupart des cou~les de nombres ~ partir
e 10.001
étan~ ambigus, pour discriminer les nombres Pour chaque
ouple,
il faut
recourir au
cQntexte,
comme pour
l~s autres
umérations
déjè
étudiées.
Et
comme
nous
l'avons
é~alement
ndiqué déj~, 11
s'H~lt d'uno solution peu satlsfa~sante.
5°)
LE PROULlME DE LA UASl
1
La question que
nous aimerion~ surtout me't~e en relief
propos du
problème de
la base dans
les
système d~ l'ensemble
amat,
'est
l~ car~ctère aSS8Z hybride du type qu'~l constitue.
A examiner
les
unités successives, on
a
l'impression
u'après vingt,
ce système
n'a pas pu construire
unité
ouvelle,
correspondant à
un palier
s~périeur.
pas
écessaire que ce
palier fut' une pllissance
e
20,
il
uffioait qu'il y eut. un
nombre
privilègié multiple de vingt
et
usceptible
de faire
office d'unit0
nouvelle.
Ce qui
semble
s'être
pass8,
c'est que ce
ystème
à
u cr é e r
de's
exp r e s s ion s
jus qu'a U Il 0 rn br e
"5
ho mrn 8 s " ( 5 x 2 0 )
de
nière sû'" ,
le
reste étant moins clair.
Puis,
cetfe construction
1
1
i

-376-
a
été
supplantée par
l'adoption d'un
lQxème pour
nombre
100,
vraisemblablement
contemporain de
l'adoption d'un
l~xème distinct
1
pou r
l e nom b r e' 1 0 0 0,
t 0 usd eux e mp r u n tés
à
des eth n-i e s
v 0 i 5 i n es,
,
ce qui
n'est
ni
nouveau
ni
incompréhensible.
On
ne
eut que
s'interroger sur
les
raisons
d'une
telle
limitation
de~la base?O,
associée
aux bases
10 et
5,
lorsqu'on
sait que
res
peuples
appartenant à
la même famille
linguistique- ont su
e primer des
puissances et
des
unités
successives
à partir de 20.
Nous
voudrions,
à
titre de
comparaison et
our bien
mettre
en exergue
ce
point,
exposer quelquesexempl
s
d'expression
des puissances successives dela
base dans
des
langu
s
de
l'ouest
africain.
Prl:!mier pXl:!mple:
1,1
nllm6rLltion
des
langues
du groupe
182
Kru
de
côte d'IvoirE;:
La
numpration 8eté:
possède des
lexèmes
particuliers
1
pour
les
nombres:
10=
booloo
1
1
20=
gooloo
40=
gwuli
sJ=
vingtaines
deux
= 20X2
100= gwuli Î\\~bi"
=20XS
200=
gwuli
koogb~
=20X10
1
400=
du
No
,1
LI ~;
,lV(JI1~>
lionc
uni ~
Il II III (~ " ,1 \\; :l un, V i !j (: ~, 1 nlé 1 l 8
qui
u x pl' llliU
des
mu 1 t i P les
d 8
2 0
jus q'u 'à 2 °0 e t qui a unI ex ème dis tin c t pou r
400=
"du",
qui
,"st
1
le
carré de
vin~t.
,
192.
E.GRANDET:
Numération
dans
quelq~es
angues
ivoiriennes,
Annales
de
l'université d'Abidjan.
19 3~ série 4.
Linguistique.
tome VI
fasc.
1,
p. 61.

-377-
Prenons
un
autre
exemple
dans
le groupe
Kr~: ta numé-
ration Bakwé
\\
10= p:>
=20x2
400'"
du
20= [';10
100=gle,gboo
=20x5
Le résultat
est
le même que pour
\\a
numéra
ion 8sté,
et on
constate qu'alors que
pour
les
nombres
de
1 à[ 10,
ils
ont
i
des
noms
propres
à
chacune
de
leurs
langues
respect~ves, pour
1
20
et
400
ils se
servent
du
même
lexème
pour'~hacunl de ces deux
derniers
nombres
gooloo/gI0,
du/du.
1
La
s!3concls
utn'lo,eJ 1 Gxqrnples
sera prise parmt
les
langues
_
193'
vol talques
.
Les
lûngwss
voltùiques
ont
cette
particularité
'!
d'être
toutes
des
langues
ay~nt une bas~
vingt.
Exempl,e:
la' numération
tyurama
10=
noso
20=
gur
40=~wù hal
=
20x2
100=gundi
=20x5
400=tundi
(lexème particulier)
1600=
tuyir
(autre
lexème pùrticulierl '
On pe~t
donc dire que
la
numération
tyuram
a
des
lexèmes
particuli~rs pour
la 2 et
la
3e
puissance
de
20.
193.
R.P.
Andr~ Prost: contribution à l'ét de des langues
Voltaiques,
IFAN
1964.

Der n i 0 l' 0 X 8 mp l ~:
l iJ ' rlll Il) {, r il t ion S 8 na l'
10:=
k~
20:=
tUI11~u
40:=
tGsyO'=
20
x 2
100=tukaguro
= 20
x
5
400:=kagbe=
lex~me ~iJrliculier
800=kagbe suni=400
x 2
2
kagbe
est
donc
un
lexème
particulier pour
20

Si nous
comparons
C!3S
ubservations
à
ce que
nous
savons
du
système que
représente
l'ensemble Jamat
(du
sous-groupe BAKI,
nous
constatons
qu'en
numération
parlée,
il
n'est
pas
impossible
d ' exp l' i mer
l a mê me
bas e, à
la, d eux i ème,
v 0 i '1' El
à
l a t ra i s i ème
puissance.
Le fait
que
nous
n'ayions
pour le système
amat
aucune
trace
d'unité supéràeure à
20,
exprimée au
moins
en
partie
avec
la
base 20,
et
que
par voie
de
conséquence
nous
n'a
i,ons
pas
d'expression
des
puissances
successives
de
20,
peut
s'expl iquer
pa'L, deux sortes
de
rLlisons.
1
La première
est
qu'en
numération
parlée,
l~s exemples
1
1
de base purG~ sont certainement tl'(!r; rareil.
[ i l r
dant>
18s
rnl'lmns
,
groupes 'où
nos
exemple's
ont
été
puisés,
on
trouve
b~aucoup plus
1
JiJlllût., Ht qui
par
cun~,0-
quent
soulignent d'autant/le
caractère exceptipnnel ide
ceux qui
viennent
d'être
examinés.
1
Voici
un exemple:
la
numérution
Ebrié' (du
groupe des
langues
lagunair(s
de
Côte
d'IvoireJ

-379-
10=
aw?
20=
aph t
40=
agreGt.
=20x2
50=
agreGE,
aw")
POx2)+1D
100=
aya
lexème
particulier
400=
aya
6we cfi
= 100x4
100=
akpi"
Cette
numération
Ebrié
est
à
tous
points isemblable'
1
1
à
celle
de
l'ensemble Jamat. Elle
,
d
Il
'
aussi
possede
es \\ exemes
distincts
pour }OO
et
1000,
mAis
n'a
pas
d'expre55~on pour les
i
,
.
h ~.
i
pwi.a~nGQQ
PucoQ~Givea
d~
~p
~
a
20,
ni
non PIUl d'expression
d'unité
nouvelle
procrJcJent
(le
;J.().
l
La
deuxième
raison
est
que
les
contacts
cylturels
des
i
-é t h nie '5 dus o'u s - gr 0 u p e
BA K ,
cel les
de
l ' e n sem b 1 e
J dm B t
en
par t i -
1
culi8r, avec
cJ8scthflie~) voi::dncs
Jlosslldant
d6jZi
un :Butre
systr!fTIC
i
de
numération,
~

précipiter
l'effondrement
du
5~stème vigé-
1
s j. ml1 l
a LJ
cJ c l :1
ri c
1 [J [],
Cl U
(J v [) i i'
c [)[ 1 Lr lu u é
.J
e f f ù c e r Il 8 s
t ru c 8 5
!
1
d'e X pre 5 5 ion
d Q
P u i 5 san ces
s u p é rie ure 5
en
bas e
2 0, ,; à
par t i r
d u
moment

100
et
1800
ont
rel~u pour noms, des
lexèmes
particuliers:
,
etcnmcl,
cnmfJ,
knrnn/llj lInnl1.
\\>Jllli.
Pourtant,
les
ressourr,es
de
r,crtaines
num~rations Joola
,
.
i
qui
possédent
par
exemple
un
l8x0me
dis tin c t, pOU r
1 5
e t
qui
poussaient
aussi
loin
que
possible
le
recours
à
la :b~se 20
(sans
l
,
pou r
au tan t e x pl' i mer
1 e 5
pu i s s ù n ces
suc c e,s s ive s
de 129), 1 ais sen t

-380-
\\
\\
1
1
i
des
traces
de constructions qui
ne manquent
pas d' initérêt.
1
1
,
L.V.
THOMAS
a relevé
des
exemples
d'expression de
n~mbres chez
,
.
.194
les
Fo~ny et les Floup que nous reproduisons ICI
\\
Ru P pel:
1 5 se dit
k a a t
(k a él sa,
F 1 0 u p)
0 u
but i gla n (B arY0 t )
Exemples:
99=
bakan
bukan
kabakir di
butigen di
baki'r=80+15+4
1
i
ou=
kabanan
di
buti~nn=20+15
35
-
1
1
,
Au
niVUiJLJ
d[;~; clt~ntuil18S, il y a
los
express'ions
suivantes:
300
k Il y:i
k ,-] i 1 t"
:)(J
x
1 'i
,
400
kuyi
eyi
20
x
20
l 1
r (l El t n
q 1J [)
Tl 0 Il r
i n t (~ r f) G S <1 n t'e s q u • 0 l l 8 5
S Qi1 8 nt,
ces
,
expressions
ne font
pas
des
nomb'res qu 1 ils désignent:,
de nouveaux
pillinr~,
8[;
pur C li rI f, fi 1111 L~ ri 1: cl 0 :, 1J n j L (i ~i n () u v Cl l l [J fi :
i l
nis 1 S • Q l'. i t
[ ) I I
.
1
1
définitive que
de
vu ria n tes
(j e
li f! " i f~ na t ion ~>
ri' un
mê miS 1nom b r 0 •
En effet,
po u r l a
numération,
ainsi
que
nous
l'avonsl qouligné à
1
plusieurs
reprises,
ce qui
est
important,
même
lorsque
les
paliers
successifs
ne
sont
pas
<les
pui,ssances
dé: la rase.
c'est
que ces paliers'aient un rôle d'unité nouvelle.Ce quO
n'est
pas
le cas ici
et
justifie
peut-être
dans
une
certaine m sure
la
facilité
avec
laquelle
la
réforme
dos
numérations Jo
la s'est
faite,
en
adoptant
des
lexèmes empruntés
soit
au wol
f,
soit
au
mandika,
pour exprimer les
paliers
100 et
1000.
194.
L.V.THUMAS:
Les
Uiola,
essai
d'analyse
fonctionnelle
sur une population de Basse Casamance,
Thèse
de
Ooct
rat
es
Lettre,
Faculté des
Lettres de
l'Université de Paris,
1959,
2 tomes,
Il.4G4.


-381-
bJ
le
système constitué par
l'ensemble
Manjaku
èt
le Oùlante ganja
L'ensemble Manjaku
(Mankagne
et Manjak) a fOlTlme
principal
trait
distinctif,
l'~xistence de
lexèmes
particuliers
pour des
hombres
qui,
dans les
autres
numérations d
sous-
groupe BAK(et aussi,
nous l'avons vu,
dans
celles d S
sous-
groupes
nord et CanginJ,
sont
obtenus par syntagmes
coordinatifs
ou par 6yntogm~s complétifs à
valeur additive.
Il
s'agit
précisement des
nombres
6
et
ô.
Le Halante p;nnja
a
ur cette
question la même organisation que
le Mankagne et
le
Manjak.
Le
tableau
ci- dessous
en fixe
les
principaux Tepères
~.
~,

-382-
1°)
Les
nombres
fondamentsux Manjak
et Salants ganja
_
1:: -
-= - 1:.- =- =- =- =::'_::.~ =_-:-"~.__:::-_:=_':_=-.,."':':..'::'_~-=._=--.=~~.:= - ~~-=-::'--=-= =-~ -~..._-= - = - =--.- = ---~- --~----=-=-=--=-~---=---=---=-=-= - =--~ - = - = - =- = - = - = - =- = - = - = - =
LM~GUES!
1
!
2
!
3
:
4
:
5
:
6
:
8
:
1 0 :
100
:
1000
!
1
1
r
!
- - - - - 1
!
!
!
!
1
-,
~~-=~-~-=~=-~-=-=~-~=-=-~-=-~-=-=-=-;-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-~-=-=--=-=-=-=--=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=_!
1
1
1
1
1
1
1
1
1
\\
1
-=-=-:-=-;-=-=-~-;-=-~-=-=-=-=-=-~-=-=-=~-=-=-=-=-=--=-=~=-=-~-~-=-~-=-=-=-=-=-=-=-=-~-=-=-=-=-=

-5[35-
La
construction de
7=
5+1
pt
celle
de
9=8+1
pose
comme
i
l
.-
nous
l'Clvons
vU,.LI
qlJ[~~;Li[HI rll! .l'Ilxistcnce (j'UI1U nnlciennu J\\Uml!-
ration, nu
de
nO!Jlbres
privilE3giés, puur des
raisons
religieuses
ou autres,qu'un
ne
peut
espérer
retrouver
que
par des
recoupe-
'i
ments
avec
d'autres
secteurs
de
la
vie
sociale:
pari exemple
i
1ClS
1. tl
r. n fi C C [ll.i fi Ill! L
l I!
1: ( ) 11111 Il t
1III
1. I! 1111 1';
Le
cas
du
nombre
"gtahla-gtahla"=
4(etl4
en Galante
ganja,
est
également
trùs
intéressant
et
constitue Sijns
do~te l'indice
d'une manière de
comptir
pour
laquelle
importait
une
conception
suite.
nombres
100 et
1000.
A dôté
de
la
variante du
nom de
ces
nombres
tiré
du Portuga~s. on
trouve
une
forme
peu
employêe'aujourd'hu~
mai s
do Il t
nos
i n fur III cl tell r s
n Il t, i ne, i st (1 sur
l ' Cl Il t Il 8 n tic i t [1 •
forme
qui
en
tant
que
multiplication
d'un
nombre
par ,lui-même
1
i
f ait
son g e r
à l ' i ci é e
cl e
pu i 5 S a Il ce.
Mai s i l
s e rai t
h s ~ r d e ~ x
d'affirmer que
l'idée
de puissance
est
cO~8ciente e~ pensee au
1
moment
même

les
locuteurs
se
servent
de
ces
exprtssions.
Nous
n'avons
pu
établir ce qu'il
en
est
exactement.
Mais Icela constItue
une
stratégie
intéressante qui
n'a
d'ailleurs
pas q~e de bons
côtés.
car on
peut
se demander si
le
plaisir de ren
antrer
l'expression de
la multiplication d'un
nombre
par 1 i-même .vaut
l'existence d'un
lexème particulier correspondant
à
une
unité
nouvelle ,tout
ell ayant
valeur de
pLJiss~nc8.
1 95.
V0 i r
dan 5
1 a
s y nt h ès e g é n é l'al e. ~l ' i Il ter p é ta t ion que
nous
pro[Josons ..

-5114-
,
]
~
-, J1'
d' un
certain point
de
De
telle
sortEl que, cn
(]
m8mn
C,L
Il n u t
s 8
r (1 v [~ ] [! r
vuo
é1 t l'U
]. 0 u r cl
d 8
C LI Il ~; (q lJ (1 n [; 0
Cl lli 1[1, t
,'1
L(J
~; i III pli c i t (!, l' é con 0 1111 [)
sont
et
la
clarté
de
l'expression
d'un
nombre_palier ,et
Ceux qui
1
SG5
l1lultiples"
L e
moI' p Î2_è...;.m_e'---_d_e__c_o_o_r d i n a t ion
e t · son
importance stratégique
\\
1-·-=-=~=-=-~-~-=-=~=-~--=-=-=~=-=-=-=--=-~-=-=-~-=1~-=~-=-=-=
. .
.
, N o m h r e s , coorril-
.Om1ss10n
! LANGUE:!;
l'Jom du
! Nombres
! intprmé-
! natidn' d
! de' la·
!
!morphème
!composés
l '
dlaires
'monômes
!coordina~~
- ,_.
~I_.
1
1
]
[
[
1
1
.
,
;Tous
les
il +}+.
,
;nombres
!MANKAGI1JE
no
7 et
9
;intermé-
!
;diFlir8s.
1
jMANJAK
nap
7
et
9
:lJ{]{ ]
1
;8ELANT~
'GANJA
.
k.u
7 et
9
!
-=-=-=-=-=~=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-= -:-=-=
REMARQUE:
è
partir
du
nombre
16,
pour
ce
qui
est
des
nombres
intermédiaires'
la
construction
fait
l'énonomie
d'une (coordination,
ce qui
est
toujo~rs une très bonno chose pour la cla~té des
1
1
énoncés~qui
ne
sont
pas
de
simples
énumération~.
\\
La
coordination
est
par
conséquent
un
moyen
de
grande
1
1
1
importance
pour
la
construction
de
beaucoup
de 'nombrrs
dans
ces
1

-385-
numérations
parlées ,et
constitue
même ,dans
leur
état
actuel,
La
numération
de
l'ensemble Manjaku
et
celle
du
Balanta
ganja,construis8nt
leurs
syntagmes
multiplic~tifs e~ énonçant
le multiplicande
avant
le multiplicateur:
ordre:
M~/ME.
1
Lem u 1 t i pli c a t e u r, corn [TI e
cl ., n sIe s
a u t r 8 s
n u mé :r a t ion s, peu t
1
être
soit
numéral
des
unités
simples,
soit
un
nombr~ composé,
i
soit
un' syntagme
déjà
constitué:
exemples
--=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-=-~-~-~-=-=-=-=--=-=-=_=_=_='
__
,
=-=-=-:-=
70
COD
900q
'ORDRE DE
!LANGUES
!NDcucJs
des
!Noeuds
des!noeuds
des
d:i spa s •
!
!
dizaines
!centaines!
"mille'!
C'0 n s t i tua n t s
-------~--=-:...=-------:-~:...:..:.--.:.::....::-...:..:::...::---:...-----=:.-;..---.;.-----:---:..,.;;.....;..:;......:-_---
!
!
!MANKAGNE
(10)(5+1)
100XD
!100
(8+1)
MA IME
!
!inien dweE?k
!neas inien'
, !
! k,lni nn
krl
l (ln
1
!
! 1"1/\\i'JJ I\\K
( 1 l') J ( U l '1 J
( 1 U x '1 li ) x )
100lJ(0+1)
MA lM!:
!
!ou
1UL)x
2
!
1
!unt~~jon
, Il e ,] ~1
!genLJéJjen
!faaj
!'
!8ALANTE
!GANJA
( 1 0 ') ( 6 + 1 )
!100
x
G
1POO
(5
4)
MA /ME
!
! k El ln []
Fil il J
will
kln-tClhlc!l
!
'
, !
Lorsqu'on
considère
l'énoncé
de
ces
nomb
e~
on
s'aperçoit
que
la
construction
ries
synt~emns rnlJltiplic~tifs co
duit
les
numérations Manjaku
et
8alante
ganja
à
se
conformer
de
manières

-.5llG-
a s s 8 z
cJi -F -l' 6 t' lJ n L [; é,
Li
leI
rr" ~" Il~ cl' Cl Il P Cl ~3 i t i 0 flue Il 0 mb r E\\ (s i n r.l p lu r i P, l 1
, ' \\ .
"
l,
S ' ël ['; i G S 8
LI 8 S
cJ:L 7 il L 1][; S,
cl 8 S
r: r1l d: ,J .L nl~ sou
cl es" rn i l l e ~
La
Milp,i,-lk
r.nllrnnl:
ln
nllili
ilii
nnmhrn
'lIJi
58
:trollVr~ l'n
position
de multiplicande
(c'~st d'ailleurs chaque :fois le
110 m1J r []
cJ i x
fi LJ 0 J CI II n
~,ll IL' l ' 0 l' Li l' I~ lil! rllJ ln iJ r 0 S CU Il S i d é r{ s 1d l cl r l') g l 8
,
d'opposition
do
110l1lIJre
(sint'/opluri811.s'il
n'y
a
que
deux
1 00,
1 0 00
(3 t
1 U'. 0 0 0 •
1
1U"'
u n L i l , l j f ! n
4 0 c, r. t: Il.1. (1 ,-) J 13 n
k. b i.l a k l'
100-gentaajen
10
1
[leas
untaajen
x
1
Hl
En
revanch~ ,pour
les
noeuds
des
centaines
(et
unique-
ment
pour ces
nornbr'8sl.
l'opération
consistant
en
u e
double
mu l t i pli ca t ion.
lem u l t i pli c and 8
d 8
l a 'p re mi è r B ,m u l
ip l i ca t ion.
nombre
énoncé
en premiêre
positio~ n'est pas soumis è la règle
d'opposition
des
nombres
et
ce
sont
les
deux
consti
uqnts
de
la
seconde multiplication qui
la
sont.
E xemp le-.-:.
200
00
10=untaajen.
untaajen
neas
gentaajeh
ktëb
untaaj
n,-neas
gentaajen
1 0
x
1 0
x
2
10
x
10
x
kbaak
4
N.B:
Pour
le
nombre
600,
le
multiplicateur
6 est
in
ariable(et
ce.quelqué
soit
le
nombre
ou
le
substantif dont
i l
étermine
la
,
quantitél.
Le
nombre
5 a
lui
nussi
cette
particular'té.

-3U7- 1
Qua n t
Ll u
13 a la n t c
l; a ri j il,
~i C~; cl e u,x con 5 t i t u!a n t 5 (m u l t i -
1
plicande
et
multiplicateur)
l'es t e n t i n var i a b l 8 S
q u e:1 que soi t
1-8
pal ier
consirlRr6.
,
1
i
j
Exemples:
,
10=jinmin '\\
20=jinmin
5eeb
100=keme
1000=wili
>
300=keme
yaabl
2=seeb
6000=wili
faaj
4°)
Nombres
ambigus
Manjaku
et
Belante
gan
a
On
rencontre
les
mêmes
couples
de
nombres
ambigus
que
faites
sont
valables
ici.
Un
no\\:r!T'il
tDlJtnfoifi
q l l ' / I l l
r'léln.il~k, l'nlnprunit du trJrll1f~
!
portugais
"umil"(pour
mille
et
"g
mil"
au
plurie}),ilimitera
la
1
mu l t i pli ci t é
des
fa ete iJ r s
d' in i nt e 11 i E i b i l i t é
car, sli
en
plu s
1
des
di f fic u l tés·' dû 8 S
à
l 1 0 rd r e
de
dis po s i t ion
des
cio n s t i tua n t s,
1
i l
faut
faire
face
à
des
énoncés
longs
et
comPlexes ,
i l
Y a
l
peu
de
chance
de
constitution
d'une
nUm~ra~ion susc~ptible
LJ ' Cl t r 8
u n m0 y (] 11
r il Li. Dn n 8 l
d 8
con n il :L 5 Ci a n c e e t
cl' i n v es t i g a t ion •
On
peut
en
dire
autant
de
ucens=
100 qui
remplacerajit
de
façon
s al ut El i te,
l Ll
con 5 t rue t ion
Cl pp rJ r e min e n t i n g é nie use
m:a 1 s
t r 0 p
l 0 u r d e
qUI est
"d i x
foi s
dix"
pou r
dés i g n e r I e
nom b Ir e
1 0 0 •

-388-
5°)
Le
problème
de
la
base
i
L 1 i ri t é r ê t
1\\ j ,; 1. 1) r i Cl lJ fl
rd:
l 1) E i LI li C
cl L'
l n
(; III 1 S t r u p t ion
li C ;j
i
n n mbr fl s
G,
7,
fi
P. t
:l
r~ n
n II m() r ,l t i fl n M,~I n j il Kli
fl t.
n,)] ,If l t [) ~~ n n j ,1 n (: 1H) Il t.
J
faire
perdre de
vue
le fait
que
ces
numérations
sont
d~ns leur
1
[~tat actuel. des Illirn()rrltions aY':lnt 10 pour base.
En
cela.
8 1 1 8 5
constituent
bien
au
sein
du
soLs-groupe
BAK.
un
système
distinct
de
celui
que
nous
avohs
trouvé
dans
l'ensemble
Jamat
(auquel
nous
avons
rattaché,
l
t i t r e
~omparatif.
10
fJal.lnto
k.~nt')lit.. J.

-389-
11-5. LES NUMERATIONS DU SOUS-GROUPE NUN-TENDA
Le
s0us-groupe Nun-Tenda
comprend trois ensembles:
'-l'ensemble Nun(Baynuk
et Banun)
- l ' e n sem b leT end a ( Be d i. k,
Bas a ri,
K0 ri agi .)
-et
l'ensemble Jaad:
comprend
le Badiaran e et
le
Biafada.
Dans
son
étude sur
les
liens
historiques
es
langues
du
Sénégal.
J.L.DDNEUX attirR
l'Attention
du
lecteu
sur deux
caractéristiques
linguistiques du
sous-groupe Nun-T nda.
La
première
est une
particularité morphologique qui
co
siste
à
reporter
les
infixes ~a et+N (caractéristiques des ~ubstantifs
ailleurs), sur les
chaines d'iJCCorri.
donc sur les
adf8ctifS.
les
-
1
-
)196
,
-
demonstratifs,
es
numsraux .. etc
La
deuxieme
caracteristiqUe
concerne
le pro~l~me de l'alternance Gonsonantique + l'initiale
des
thèmes.
J.L.
DDNEUX souligne
Qu'elle n ' e . t
pas
t elle seule
une
preuve de
l'unité étroite
du
sous-groupe.
car
tld le se
,
!
trouve ailleurs
(en FuI
et
on Saerer)
et
ensui~e parce que dans
,
!
1
le
sous-group~ même.
des
parlers
nun
y échappent.
ainsi que
le
1
1
197
J aél d

Notre
~tudD d~ la num6ration de ce sous-groupe partira
i1
de
la
reflexion
sur
les
numéraux
cardinaux des différents
!
ensembles lin~uistiques ,qui constituent ce sous-gro~pe.
Au
terme
de
cette
première
démarche.
descriptive.
,
n 0 u 5
f 8 r 0 n s
1 e [J 0 :i n t
sur 1 (-] fi
~) [' i n l~ i. [J il U X
t rai t s
qui
car a c t é ris El n t
195.
J.L.
DONEUX:
Linns
historiques.
1970
ibidem

-39U-
les
systèmes
rie
nurn{~rat:L(Jn Nun-Tun(j(J
.,
!
1
II.5.1:
ELEMtN1S OE TRANSCRIPTIDN PHONOlOGIQUE
DE SONS
198
PARTICULIERS A LA LANGUE BAYNUK
Deux
traits
dominants:
-uniformité du
syst~mB consonantique
-les
systèmes
vocaliques
parai~sent divergen
s
sur
des
points
de détail.
En
conséquence
le
sysrèmr.
cor.so~antique prés nté ci-dessous
est
de
l'avLs
clii
Pt',"8
OnNE'!X,
7'cpl'üsentùtif du
Ba'
tandisqul!
l'8tllde sur
les
voyelles
nR
r8'1n
COI,~ptc qUl~ du pa 1er ru
vill~g8 de
Tobor.
C() \\1 S Ll i'! N C>:
r:!
n
II
b
d
~
"
p
c
k
f
s ,
b,
r
y
1
V 0 Y E ! L E:J
R fLA (~ HEES
- -
...,...--
i
i
i
1
!
e
d
LI
1
19:;.
S:lUII:I):
L;o
r8I'8
".~C:\\;E"X. Les
systè,"RS
lJ~ol,olû="iyles
"8S
Jél 19U '5
Ll'
Cil"iliTI,-nr.::'-"
L"np
es
,fric.=linr's
d"
~é:,f:g '1,
r:LP,r;,
. XI,r 1!.

,-391-
II,5,2: LES NUMERAUX CARDINAUX BAYNUK
La
numération 8aynuk que
nous
présentons
ici.
a
été
établie è
partir de
deux
sources.
La première est
raIe et
a
consisté ~ obtenir de deux informateurs parlant di Iférents
dialectes
BAYNUK.
ln
liste des
nombres entiers
tel~ qu'il
. f
HI9
i
sont
utilisés dans
leurs
parlers
respect1
s

Par la suite.
et
pour nous
ô8surer que
les d1~férences
1
constatées
entre
les
informations
reçues
sont
négl~geables. nous
,
1
avons
consulté
des
sources
écrites.
A d'abord
rete~u notre
1
i
attention.
un
texte
san~
nom d'auteur.
et
portant
le
titre
!
"Vocabulaires
guilof.
mandingue.
foule.
SarACQ 1 e.
~8ra1r~.
i
Ba g non et
flou P'.
r e C8 U i Il i El
ô
l [C)
C ôte
c1' Af r i que
pa l' les e r vic e
,
1
de
l'ancienn~ compagnie
royale
du
Séné~a1", texte
publié pour
!
(ln
mrlnllscrit
luil!.même
Rtùnt
1
,
très
certainement
beaucoup
plus
ancien).
l~ (1 11l11l f!
iJ Il l r'"
:" (1 \\ 1 l' c; \\ :
Ô t: 1- i l. l ' .
11 1) 11 :-,
il VI')I 1:,
) , 1: r: () \\1 r li
i'l
IH 1
1. 1: X l. 1:
1
dont
nous
nous
sommes
servi
pbur
d'autres numératiQns.
l'article
1
d LJ
R. FJ • C
TAS T E VIN:
" V 0 C Cl b 1J l il i r' (; ::;i n é \\ 1i t ~ d e
:~ e p t dia l e c tes
sénégalais.
dont
six de
la Casamance".
Ce
lexique ~u~. hélas.
s ' cl r r ê t (]
Cl U
no nit) l' c:
vin ['; t
P Cl II !'
l ,1
n II III {, r il t l, lJ n.
i-l
rn a l ~ r lé
t 0 ut
l
'
1
-l'avantage de
constituer ;j\\!'''C
l 'fllltre
f,nurCI;
Herite.' le moyen
1
de
confronter quatre
listes
de
nombres
d'une
même
tumération
i
1
199.Pour
le
premier dialecte
notre
informateu
a
été.
monsieur
Muusa
Maane.
président
de
l'association
d s 8ai-Nunk
L'autre
exemple
présenté
ici.
pst
celui
du
dialect , Namol
du
village
de
Burofùy-Baynuk.
ûrrllncJissement
de
Te gonri.
Il
nous
a
été
livré
par monsieu.r
Yaya
Koli.
du mêm
village.

-392-
établios
b
des
époques
différentes
et
selon
~e5 procédées
di f f 6 l'en t s ~> Le
r {} fi II l t a t e s t
Cl LI 'on
rel è v e
q u Po l que 5
pif f 6 r R n C 8 S
1
l (J LJ L
i~l l' i.l i t U x JI l l C il ld l! ~;, f1I <i L ~ l '1LJ C II n c LI' e n t l' U e Ile 5 in' e n L r iJ j. 1W
,
cl [)
C (l n s r! Cl li cne f1
;, 'j fT, ni -r j l': él t :L v n
q \\1il fi t
.'lU
systl'lmo
de
n'umér<'lt]Ofl.
'!
f\\ussi,
ne
présonterons-nous ,qu'une
sF!u'le
l i s t e
de
nombres
et
nous
indiquerons
le
moment
venu
sur
quels
aspects
portent
les
écarts
co nstab~s.
Les
dix
premiers
nombres
Bayn~k
Va rian\\tas
-
guduk
pumtn: duk
-
qanak
1
-
qalal
1
1
-
qarenek
-
kila
kila
n'gudul,
-
kila
n'qanak
mounguou
kila
n'qalal
-
kila
n'qarenek
cooham
O-haala
Pour
le
nombre
"un" .les
deux
variantes
"guduk"
et
g u man d u k. ",
son t
a t tes t é e s p a r I e s
de u x
sou r ces
é cri tes
e t
par
a
version
de
Muusa
Maane.
Mais
c'est
~
propos
des
nombre
1
sep t"
e t " no u f"
[J 0 Ur'
cet t r.
r r 8 m i [\\ r 0
s fi rie,
Il LJ e
S e l
r en con t r f1
l
i
a
premièro
les
d i f f I~ r e n tie s
sou l'ce s .
!
n
effet
le
manuscrit
de
la
Bibliothèque
royale
(p,réfacée
en
!
944)
est
le
seul
à
désigner
les
nombres
7
et
g,
l'le s p e c t ive men t
1
1

-393-
par
"noungou"
et
"cooham".
1
Mai~ il s'agit là certainement d'un point qui
pourrait, intéresser
les
linguistes
sénégambiens
qu
s'occupent
plus
particulièrement
de
lexicoldlgie,
car
la
situa
ion
Il
linguistique
actuelle
du
Nun
pourrait
avoir
des
l i
ns
étroits
avec
sa
dispersion
géographique,
elle~même conséqu
nce d'inva-
sions
répétées
dont
cette
ethnie
a
été
plusieurs
f
is
victime
7[J[J
élU
C 0 lJ r s
d 8 S
S j l'! r: l n ~:; . pllss6~i
I\\J(It.(lI1~;
s i rn Il l n m[1 n t
ue
IR
Ilmanuscrit" précise a sa page 207 que le Bagnoun es
co n ce n t ré
d fl n s
l P-
V 0 i 8 i n" fT, n
ri n
Cil C h 8 [).
r' (! (lll i
l ël i 5 S 8
n \\1 pp 0 s e
que
l'autRUI'
\\
du manuscrit
a
pu
receuillir
une
version
de
la
numfration
banun,
t
côté Guinée-Bissau,
numération
qui
serait marquée
ar quelques
différences
lexicales
par
rapport
à
celle
établie
far
les
l,
dutros
sourCl3S.
Mid~; 10 pllJ~; CIJl'j(~lJX n~,t lluU "Iliounfou"
(S[~pt)
et
"coo.ham"
(neuf)
rompent
la
régularité d'une
con~truction
1
des
nombres
dél'ivllS
cie
"cillq"
[kiL]).
1
1
~
!
En
e f f et,
dan s
ta ut e s I e s
v ê r 9; i 0 fi s,
y
cor p ri s
celle
1
~!
du
"manuscrit",
"Six"
est"régulièrement"
constrult; à
partir de
5 :
kila
n'p,uduk
5 et
1
1
1
Il
en est
de
même
du
nombre
8:
kila
n'qafal=5
et
3.
1
1
Lai t rd n s cri p t ion
[l u
rn û nus cri t e s t
c e rte s; "q u i laI laI an" ,
i
mais
on
voit
aisément qu'il
s'agit
de
la
même
chos~ que "kila
200., D'après
de
nombreuses
traditions
les
Baynuk
serai ont
los
p~8miors occupants cio l~ Casamance et du Gabou
(partie
de
la Guinée-Bissau).
Ils
sont
refoulés
par ,les
migrants
manding à
l'époque
de
l'Ernpir'e, du
Mali,
puis
par
l~s populations
du
sous-groupe
BAK.
Aujourd'hui,
ils
n'ont
pas
de
terroir
propre
et
sont
réduits
à
qUEdques
rnilli~rs de perspn,nes,
éparpillées
dans
une
cinquantaine de
villages
entr
la Gambie
et
la Guinée-Bissau.

-394-
n-'qalal"= 5+3.
1
1:: n fin J pou l ' l e
n 0 [Tl lJ l' (3
1 li ,
t 0 u tes
1 e s
ver s i io n s
con cor d P. n l
1
,
même si
l à a ù tau tes
les a u t r e s t r ans cri ven t
1 e
nom! de
ce
1
nombre par
"h a a 1 a " ( dix ),
lem él n LI sel' i t i n d i q, u e
"c a a lia c " •
Jusqu'ici,
les cas
ri'entrées
lexicales
no~velles que
\\
1
!
nous
avons
rencontrés
en ce qui
concerne
les
neuf p!remiers
1
!
nombres,
portent
plutôt
sur 6 et
B.
Les
se~les remarques
qu'on
puisse faire
à1 ce
propos,
i
J
\\;;Qnt !lblOI
cl ' li n lJ 1 Il il r t.
con t r il:i r n ln n n t
il U X
ca 5
p é c Él d e nit s.
i c i .
1
1
ce sont
les ~ombres impairs qui,
après
cinq,
reçoiv~nt comme
1
noms!des
lexèmes particuliers,
ce qui
p~r conséque~t tes met
en
é1J.'/:rJcne,e;
d'autre pLlrt
"lI
n'échappe à
personne que
les
nombres
7
et
9 pnt
so~vent une valeur symbolique; dpnt il
,
l'G~;turiliL
:, cJC)t()Iïldr\\t~r'
d':HIS
lt~
(;d~;
présent
iJ
LJuoi
ell~e S8I'ûlt
dûe.
Si
l'information
triJnscrite par
le manuscrit est
i
'
éJ U the n t i que,
no u s
no u s
t rD uv 0 n salo r s
soi t
de van t
uin: cas
1
:
d'évolution
d'un
système ant0ricur qui
se
serait ad~9té à ceux
du
nouvel environnement
culturcl(certa~nes num6ratirris du sous-
groupe BAKl,
soit
devant
un
cas
isolé.
, Les
autres
nombres
fondamentaux
Baynuk
solt:
Le
nnrnt)rr~
1n
Les
nombres
intermuLJûiûires
de
11
à
19
so
t
construits
à
partir de
"haala"
et sont
réalisés ~ar syntagmes
oordinatifs:

Exemples:
1 1 -
li
1 []
.. 1
,1 ,1 l il
I l ' ~', Il [ 1\\ 1 k
12-
haala n'qanak
10+2
1 9 -
Il iJ iJ l él
n' r, i l iJ
ri' q éJ r f) n f] k:
1 0 + 5 + 4
Le
nomhre
20:
hounam,
honam,
nam
1
Nos quatre
sources nous
donnent
trois
lexèmes
pour ce
seul
nombra
ln!.
!;nIJI'r:r!!~ (!f)I'ito!',' CIlll()[JI'r!nnt
,
l'
.. Vin i:' t:. .. se, ui t
.. hou n (j rn .. ( ~ , a p r 8 s
le
-manuscrit)
"
"
cL
111)llill11
Il'tlp'!'ClS
li]
t:Clnscripjlinn
rlu
n.p"
TAS TEVIN.
E n t roc f] S
ci f1 U x
for fl1 () cl P t
l rJ
{ a r ln e
" NCl m" q0 T:1 née par
Mussaa Maane
il
n'y
a
pa
de
probl~me majeur è sig~aler. Par
1
.
,
contre,
le dialecte
Namol
semble
avoir
deux
lexème~ distincts
1
pour
le
nombre
20;
Liu moins
.i.I
I~n ,1 un qu'i diffère Idés form!J5
"hounam",
" hou n am"
8 t
~'n am" ,
et qu'il
~bandonne à Pla~tit du
nombre 40.
1
1
Dialecte Namol
Autres
lources
20-
buruhur-homme
20=hounam"hon
21=
buruhur n'guduk=20
et
21=nam n'gudu
= 20
et
1
30=buruhur n'haala=2D+10
3D=nam n'haala
=20
+ 10
La
démùrche du
dial"ctn
Namol
ost
ri 'tluta
t
plus
singulière,
qu'à
partir de
40,
!JllEl
rejoint 'les autres
sources
sur
leur propre
terrain.

-396-
oi
Autr'ns
sources
Cl 1 0 C t 8
N LI 1111) l
...._...
4 0
ilU=rliJnilfn
inaak
= Il iJ n a rn
i Il éJ a k
/20/
/2/
/20/
/
2/
SO=nanam inaak
n'haala
SO=~anam inaak n'haala
/20/
/2/
+
10
, /20/
/2/
+
10
La
particularité
du
dialecte Namol
qui
co
à
u'
.,
donner au
nombre
20
la
nom hllrtJillll' qui
VRut
dirn
"h
correspond
sans
doute
è
un
de
ces
exemples
de
nu~ér tians ayant
deux
lex~mBs diff~ronts pour le même nornbre(comme d ns
le cas
du wolof
"nitt" "et nùar(i)fukk) l
en
outre,
cette
part
eularité
doit.certainement
con~itituol' un
Llulre
sujet
LJ'intér
t
pour
Ir
lexicologues,
car elle est
en
parfaite
conformité ,a ee ce que
nous
sommes
habitués
à
voir avec
Ins
numérations
quO
ont privi-
légié
le
nombre
20,
c'est
à
dire
le fait
de
donner
ce
nombre
10
IIIJIII
I/Ili
Li(js.Ll~rlll '-lllf:~~i
l ' t , l . I ' I ,
1111111.I:in.
llllf~
l'lli!~
do
plu:;,
lil
méthode
comparative
sera
venue
au
secours
de
l'interprétation
1
1
des
noms
de
nomlJrus.
!
1
i
On
notera
qu'à
partir de
40,
la construction
des
noms
1
1
de
nombies
obeit
~ la règle d'opposition de nombre: ising/pluriel.
1
1
Les
constituants
des
syntagmes
multiplicatifs formant
1
!
les
noeuds
des
LJizaines
sont
l:ou::;
(lffectés
par cette modifi-
cation~'
i
Pour
le multiplicateur en
particul~er,on ~ote le
1
changement
'q_> i

-3Y7-
2=
qanélK - - ? inaK
(pluril?l,
déterminant)
3 =
q a l i3 l __ ,.... i l a l
"
4=
qarenek~irenek(
"
Autre
remarque/la
disposition
des
constit~ants se
i1
fait
selon
l'ordrA; MA
IME I
1
i
Ce qui
est
vérifié
pour
les
deux
nombres
raliers
suivants:
cent
~t
mil]!!.
Le
nombre
"cent" se dit
en
Baynuk,
"keme"
1
ou
"como";
et
10
IIUliilll'O
llIil.lu
"wil.l".
Tous
deux
son~,
comma
1
on
s'en doute,
le fait
d'un
emprunt
au mandin~a.

COllc,l:rUL:LilJll
dl]~;
flU8Uc]S
des
centai~les et
cJes"llIille"
1
révèle
une
stratégie
identique
de
disposition ,des
cpnstituants
(MA/ME)
et
une
particul~rit~ sur le plan des marques formelles
1
ri ',lr.r.orcl.
[n
Cfr'f'I.,
IJfllJr'
lil
1~1)1)!,L)'I)'~tiDf1 llfl!,
cnrJt:aines
nI.
rlll!'
i
mille,
1 e s
1 8 Xè III C~,
"K lHT! Po"
8 1.
"1·Ji li"
cl e me ure n t i n var i. a b les
dan s
1
qui
font
apparaitre
une 'marque particulière.
Exemples:
100
LUU
keme
keme
aneak
1000
2000
wili
aduka
wili
an
ak
i

-390-
IlIulLJ.plic':'ltour u"L
dr'feet{)
i l ' I J f l P
1r\\,'1rquc
101 différente de
celle;
,
encore dans
l'expression
du
nombre
10.000
qui
se
dit:
willi
a
haùld
1 LIU U
'1 l'
L'influence mandinka
est
pyr ailleurs
sensible
dans
l'expression du
nombre
1000.
L'e, Baynul<,
dit,
comme
la plupart
des
langues
et
parlers
m~ndé, litt~ralemant "un 'mille".
1
Il
est
par
conséquent
Risé
de
voir
au
tetme
de
cet
1
i
examen
de
la
numération
Baynuk
qu'elle
appartient aij m'me
1
système que
les
nurn6ration~; Jùm'lt
(Jool'1,
SAyat,' etd:.l
du
1
sous-groupe
BA~, dont elle a sans doute subi l'infl~ence en
même
temps
que
celle
du
manrlink~ nnur
l'arloptton
de.
entr6cs
lexicales
"keme"
et
"wili".

39D
-
I I .
5.3
-
L'ENSEf'lBLE
1
,
Ce [';rand ensemble du
sous-e;roupe
Nun-lenda
comprend
l e s 0 u s - en sem b l e Bas saI' i,
Bed i k, K0 na g i
8 t
l e s 0 sen sem b l e Ba-
jiaranké-Biafada.
Pour le premier
sous ensemble
notons que
le
Bedik et le Basari sont des
langues
parlées au
énégal
Oriental
et représentent quelques milliers de
locuteurs.
Les Konag1
(ou,
de leur vrai
nom,
les Vunyey,
pluriel
de
Unyay)
sont localisés
dans
la
région de
Koundara,
en Guinée-Conakry,
régiOn
limitée
eu sud par la localité administrative guinéenne d
Gawal,
à
l'Est
par le Mali,
ô
l'ouest par la Guinée
Bissau,
et 1 au
Nord par
la
République du Sénégal.
1
Historiquement,
la majeure partie des!peuples Tenda,
1
,
seraient issus de
la
dislocation des
empires
so~danais au 16 0
1
siècle,
et,
au
terme
de
longues
périgrinations
ra seraient en
definitive
installés dans
les
régions où on
lesl 10ca11se aujour-
d'hui.
Koly
Tengala,
lui-même fondateur
d'~mpir~ et considéré
!
,
1
comme Lin (loD
ùncêtres dl~~; Ton(lo,
se sorait soul~vé contre lBS
1
Empereurs du
Mali,
et aurait entrai né différent~ groupes et po-
1
pulations d~ Guinée et de S6n6gambie.
1
1
i
La
situation géographique
de
ces popu~ations les con-
1
duit
souvent
~
être bilinRuos,
voire
trilingue J:
elles parlent
1
en particulier la
langue 'des
ethnies majoritaires avec
lesquel-
1 e s e l l e s v ,i ven t " sin g LI 1 i ère men t
1 e Mal i n k é
(1 a n gue
d u g r 0 u p B
,
.. / ...

-
400
-
Mandé)
et
le Peul.
D'apr0s
le
P.P.
Paravy,
cité par Marie-Paule
_
202
!
201
nombreuses
Ferry
le
Oedik,
le
Uasari
et
le
Konagi
0rt de
i
racines
lexicales communes.
Le missionnaire
souligne
également
1
1
les
grandes affinités morphologiques
avec
le
Se~rer, le Jola et
le Peul.
Notons aussi
que
ces
langues
co~naissent le phénomène
de
l'alternance consonantique,
et ce point
est important
à
sou-
1
ligner puisque,
comme
nous
allons
le
voir.,
pour: leur numération,
le6
eyntagme6 mult~plicatifs sont marqués par u~e construction

l'initiale UEJS
noms
liEJ
nomLJres
se transforme: suivant des
rl:-
gles donn~es lorsqu:on passe du
singulier au
pl~riel.
ParQll~lement ~
la
numération Bedik et Basari,
nous
1
203
étudierons
la
numération absolue
Bapè

En introduction à
l'ex
posé des ma'tériaux de son enquête,
Marie-Paule Ferry,
présente
1
les
bapc
comme étant une
~thnie dont on trouve encore quelques
représentants au
Sénégal oriental,
dans
le département
de
Kédou-
gou.
L'établissement
des
plans des villages
de
a
région et les
réponses
des
populations
Eledik sur l'origine
dels ~bapr ont fini
par faire
admettro que
cotte
ethni~ est d'Orig~n. guinéenne et
que c'est,
sous
la poussée des
Jalcnké que
~esressortissants
s e s 0 nt
i n,s ta lIé sen
" p a ys"
El e d i k •
201.
R.P.
PARAVY,
in Annales du
Sacré-Coeur d'Issoudoun,
1960,
cité par Marie-Paule FERRY
in
l'alternance
consonantique
et son utilisation en Bedik.
202.
Sekou MILLIMDVC,
Etude morpho
syntaxique
de
la
lan-
gue Wamey,
mémoire de fin
d'études
supérieures,
Institut Gamal
Abdel
Nasser,
1970-79.
203.
Marie-Paule FERRY,
Lexique P('
Le
arler mo- prdes
b~-pr, les langues africaines du Sénégal, nO 61, CLAD, Dakar,
1975 .

-
401
-
Sur le plan linguistique,
la langue desbape
~
.
,
"mi-chemin" entre le Basari et le Bedik.On,_.constate par e111eurE
d'après M.P.Ferry que Basari et Bedik ne comprennent pas le
~ape;
\\
par contre,
il y a un pourcentage élevé de mots communs entre\\ces
trois langues.
Bien qu'il
n'y ait que fort peu de locuteurs.de
cette langue,
il
nous a se~blé intéressant d'inclure l'étude de
sa
numêration dans le sous-onsemble Basori-Bedik-Konagi
1
notre
ï'
, :.>
perspective étant souvent comparative,
un tel élément ne peut
-,
que contribuer à faire mieux saisir les phénomènes de contacts
de cultures et à mieux appréhender les différences et les res"
semblances pertinentes en matière de système de numération.
Après ce premier sous-ensemble,
il y a celui des Be"
jaranké et des Biafada.
La région d'origine des
'Bajaranké est
la
"partie nord du plateau de Badiar,
situé en territoire gui·
204
80nfins du Sén~~al Rt de le Guinée portugaise n
Au Sénégal,
les
wajaranké se rencontrent dans le p;a-
kane,
le Patiana,
près de Vélingara et comme travailleurs sei"
sonniers dans la région de Thiès.
Les
Bajaranké se nomment ëux~
mêmes b
j
a d,
et leur région d'origine par Pajad
(c'est~à-;~-
re "là où sont le6 'Bajaranké").
On les clesse oans
l'ensemble Tenda et M.
de Lestrenge
(1950),
les considère comme assez proches à
la fois
des Konag1,
des Basari et des Malinké.
Gisèle Ducos signale qu'avant son étude sur la s~rUc-
ture du :·8aj.aranké les travaux consacrés à cette langue se ré-
dulsaisnt au"lex1qLJ8 de Kuf::.lle
(1854),
soit environ 200 mots.
204.
Gisèle DUCOS,
Structure du Badiaranké de Guinée et
du Sénégal, phon91ogie . syn1:dXE:!, Paris, Société [lDUr :. J étude des
langues africcines, K11ncKs1eck
1971.

-
4U2
-
Ajoutons que sur ces 200 mots seuls vingt lexèmes portent
les nombres.
Il y a eu par la suite un article de Wilson
(19~~)
et un de Carreira
(1963).
Le ,:iBejaranké n'est parlé qu'entre ::"l:3a'jaranké et non~'
·,*r.:
pour communiquer avec d'autres groupes,
En revanche un t.rè s {f·,
1
,"

'i.,~. ~
grand nombre de ~B8jaranké parlent le Malinké.
Les avis sur le
.:.;.-
.
classification du . Bejaranké sont partagés. Houis et W,A. Wil~
son le rattachent aux dialectes de Guinée~Bissau, Cet avis, qui
est le plus récent,
pourrait sans doute éclairer certaine as~
pects de la numération
Bdjaranké,
c
Notons enfin que le
Bejaranké est une langue è cles~
fç.
ses
"utLi.L:;ant
pour la f.Oô'&I/..<!.f.ililn des nominaux,
une dérivèltior per
nantiques à l'initiale des thèmes u205 ,
II - 5 -
3.1
ELEMENTS DE TRANSCRIPTION PHONOLOGIQUE DES SO~S
PARTICULIERS DE L'ENSEMBLE BASARI,
BEDIK,KONA~I,
ET l, 8AJARANKE.
206
Le Basari et le Bedik
,
Le système de base
:
::205.
Gisèle DUCOS:
jdem,
p,
1 st
sqq,
206.
Souro~8 - Pour le Basari et le Bedik
Marie~Paul~
L i-\\ r\\',',
Li 8 Ci A
.i ô n gue b
i e ri Li '"
l. U
;:j 8 Il è g dl
[j r:L t;;, n L él .i.;
G L; .1 .J. E; ::.::. n
a e
la
SELAF,
n Q
7,
juin 1968
,
.
.,.
- Pou l'le Ba - P€
et ~e KDnagi
DRu~
IHXJ0U~S 'ienda
: le~
xique wey
(Konagi) par Rosine SANTOS,
suivi d'un lexique Pê par
Marie-Paule FERRY,
Les langues africaines au Sénégal,
nO 61,
CLAD,
Dakar,
1975
- Pour le ~Bajaranké Cf.
: Gisèle DUCOS,
op. cit,

-
403
-
tons - haut
/
moyen
bas
Le système consonantigue
D,
x
w
labiale continue
y
palatale continue
nl b nd ndy ng ny • 1 ~ •
... .:J ~
ty ngw
.
2°)
L8 Konagi
a,
o, ri- ,
fi,c
3°)
Le Bajaranké
.~:! .
Langue à structures syllabiques,
ouverte et fermée,>
sans tons.
Le système vocalique comporte 6 voyelle avec 3 degrés d'aperturel:
i,
u,
e,
a,
0,
a,
Il Y a des oppos~tions brèves/longues et, orale/nasales/continues,
Il Y a un ordre des palatales
(c,
j,
n/et une opposition r/l.
II -
5.3.2
LA NUMERATION OU SOUS-ENSEMBLE BASARI.
BEDIK"
ET KDNAGI.
~*
Les numérations Basari,
Bedik Bape et Kofiagi manifes-
tent une très grande identité de structure.
On remarquera également
la ressemblance entre certains noms de nombres de ce sous ensemble
avec les noms des mêmes nombres d'autres sous-groupes.
Parailleurs,
bien que le Kofiagi soit une langue très majoritairement
située en Guinée
(Conakry),
il nous a semblé intéressant,
en dépit
de sa faible représentation au Sénégal,
et dans
une perspective de
comparaison qui est fondamentalement
la nôtre, d'étudier sa numération
en même· temps .que celles doo langues evnc lesquelles il '~orme un. même 15Cl,Je-
ensemble. O'autant que,

-
4fl4
-
sur le plan linguistique,
Bedik, Basari et bape sont
plus proches entre eux qu'avec le Konagi.
D'où l'intérOt de 10-
;I~,
,,"\\.>-
voir si cela se traduit au niveau des stratégies de constr~c~~
tion des
nombres,
Olt:·
.,'-
Les ~ premiers nombres
.~;:
'@Ji:
,~,
',ig~i~
1
2
3
4
5
':Î~'
-~i
~e li-mat
:6 -Ki
b - tas
b - na
b ~ndyo
Bedik~r-lyè
6 .. ki
u - ta s
lTIëkala
dyo
Gasi:lri:
inlat
'O-ki
bnax
bdyo
Konagi:
rhampo
waki
Wdrar
wahnahèl
imbedhi1it
Ces nomsrde nombres ont quelques ressemblances avec des noms des
nombres en
:
2
3
4
5
pulaar
:
didï
tati
nay
joy
et Seerer:
dik
tadik
na ha k
betik
Indépendamment des probabilités d'existences de racinescommupes
provenant d'un mOme tronc ancestral,
rappelons qu'après les Ma~
11nké,
les Peul constituent l'ethnie av~c laquelle ce soue-ensem
~l~ T:nd~ ~ ~orta1nement ~8S contacts les
plus constants et lee
plus anciens.
On notera que les morphèmes/wal pour le Konagi,
et/b/
po ur le bape
le Bedik et le Basari,
è
partir du nombre deux:
1
sont des marques du pluriel.
Aussi,
les lexèmes designant les
nombres 2,
3 et 4 sig nif i e n t - ils,
r e s p e c t ive men t : "1 8 s deux'!.,
.. / , ' ,
1
1
1
1
1

.--,",0

-
405
-
"les trois" et MIes quatre",
phénomène que nous avons déjè r~np
lVi
contré,
surtout parmi les
numérations du sous-groupe Bak.
1:~2f~'~
Sur le plan de :id comparaison on peut également ra~~;.
,(~"...,..
procher lGZ noms du nombr~ n:i~~ en &~pi, Bedik, Basari et Kô~'~
na g i ,
avec ceux du pu l a a r
8 t
de deux 1 a n g u 88 ,c an gin
le Palor)
10
1
fuœ.e
epo
1
Bedik
e-po
1
Basari
1
e~pox
Ko nagi
ipÈlhwë
N'dut
sabbo
Palor
8a&0
"1
Pulaar
Séip~G
L..es r.ombres
1,
2,
3,
4,
S,
ct
10
sont les premiers
nombres fan"
damentaux des numératiorls Aeoik,
bap€,
Bôsari et Konagi.
LES SYNTAGMES
Les nombres de 6 à
9 des
numérations tenda sont de~~
::'. ~
noms composés,
engendrés à partir de 5,
6
7
8
'V
Konagi
imbedh1~ rhanwë
imbedh~ glo! wahi
imbèldhë gë warar
5
J
1
5
+
2
5
+
3
,
1
mo-tyo ng Ebat
dya
ng- m -Ki
motya ngama-tas
~
+
1
~
+
2
5
+
3
...
,
~
dyo
ng iyé
n r1 'i
ng
--kj.
ndyo
ng
-tas
.,.}
n
.~
5
+
1
-'
5
+
.~
v
1
..
,
/'"
1

6
7
8
Basari
odyo ng
0 I<.i
bdyo ng
5
+
1
5
...
2
5
...
9
Konagi
imb~dhë g~ wahnab~
5
+
4
mot y
ng
mo-na
5
4
/
Bedik
ndyo n L na
5
+
4
Basari
odyo ng Dnax
5
+
4
Ces nombres sont formés par construction de syntagmes coord1na'1
'. \\.
;.J;;
tifs
: avec comme morphèmes de coordination,
"g~" pour le Konagi
e t " ng" pou r I e D'a Pt:,
le Be d i k et le Bas a ri,
On note à propos du nom du nombre 10 1 une plus gran-
de convergence lexicale entre le Bedik,
le ~apE et le Basar1;'
qu'entre ces
trois langu8~ av~c le Ko~agi,
Les nombres de 11 è 19 sont construits,
suivant de~x
modalités
~ par syntagme coordinatif simple pour les nombres 11
à 15".
Exemples
1
11
= 10 + 1
12 .. 10
+
2
J
~
par syntagme coordinatif double pour les nombres de
1 6
à 19.
On remarque pour le Basari une modification du morphème de coor-
d i na t ion qui d e vie nt" g a" à par tir d e 1 6,
a l 0 r s que l e bl a pe
e t
• • /
,
1


-
407
-
r·"·,
le Bedik conservent le morphème JIng" et le Konagi,
le morphèrne,;!'
>~g:,:,
"gë".
Exemples
15
18
K 'V

onag~
ip8hw8 g8 imbedhë
10
t
5
10
+
5'
t
1
1
1
E:pu,.ng
b'-ndyo
pu-ng
c -ndyo-ng ~
10
...
5
10
...
5
+
Bedik
epo ng - ndyo
epo ng
- ndyo ng
~i I~
10
...
te"
, ~
...
-'
5
+
1
1
Basari
epox g -tyo
F:P 0 X g
-tyo ,..
g ,:1 n
10
...
5
10
...
5
'"
Parmi les modifications qui interviennent dans la morpho1ogie~
des noms de nombres au cours de ces constructions,
il faut
s1~
gnaler les faits suivants
:
Le lexème Ep~ (dix) en ,cape subit une modification de
la dernière voyelle et devient
pu dans les syntagmes de 11 à
19 •
Cette modification se maintient dans la construction
."
des dizaines,
Pour le Konagi 18 8edik et le Besari on ne constate
rien de semblable,
".'
. '::.:.
En revanche,
à
partir du nombre 20,
et pour toue les
'."
multiples de ~dixJl, apparaît une particularité morphologique ~
pour chacune des numérations.
Commençons par identifier l'ex-
pre s s ion du nom br e JI vin g t ",
no u s i n di que r 0 n s· e n sui t e l a r è g 1 e
qui justifie la modification annoncée.
Dans nos quatre numérations,
l'expression du nombre
,./'"

-
40B
-
20 e.st un syntagme compls\\..ii
(juxtapusltion des const1tuantsf~t'
20
21
,..,
::.0 na g i
wafèlhwë wald
wafëhw~ wald gel rhampo
10
2
(10
x 2)
+
1
ma".fu m
... k.i
ma".fu m
... ki
ng indi
\\
i
10
2
(10
x 2)
+
1
1
Bedik
ma fo ma'"
ki
ma fo ma"'k.i ng
-diyé
10
2
(10
x 2)
+
1
1
Basari
"'fox
.,xi
"'fox
-xi ng "'mat
'..,'
10
2
(10
x 2)
+
1
Le nombre 10 est un nomtir;: c gen:re,
pûisque la constructicn
S8S
multipJas; et en pL"!?!1l.L8':' l :F",
'-"l11e
ri;;
'G:nb~'3 :::0 =st caracté ..
risée par l'apparition du morphème de classe du pluriel du nom
..,
de ce nombre en Konagi,
Bedik,
oapE et Basari.
La marque du plu'"
riel participe de l'expression de l'opération de multiplication
et se reconna!t pour chacune de ces langues par les morphème~,
suivants è l'initiale des
noms de nombres qu'ils modifient
1 :
J,'l:'
;~
Imal
pour le oapE et le be~ik
tf·.'
')5r ,
~t~
1
1
pour le Basari
.,J
et
Iwa!
pour le konagi
Notons pour le Konagi que le morphème de classe 111,
207
ayant son pluriel en !wa/et p se transformant en f
• on pe~t
supposer que c'est l'oppooition li Iwal qui explique la forme-
tion GSS
noms de nombrES
2 • w«ki qui signifierait alors
ul es deux"
/'
207.
Sekou MILLIMOVE,
op. ait., p. 44.

-
409
-
Ainsi; jusqu'au nombre 90,
tous les noeuds des
ne s a i ns i
for mé spa r s y n t a g mes co mp let ifs, sou met t e n t
1 e urs d e.LI x
;t!I: '
constituants au système des classes,
Nous verrons si ce qui e'l5t
;~ .
vrai pour la construction des dizaines,
l'est également pour~~es
'I;~;"
...
'
' .
paliers supérieurs,
,
,
"~~.V· ,
En attendant,
mD'!trons sur lin pXflm[Jls,
commRnt entis"
''$:,
les noeuds des dizaines,
l'expression des nombres intermédial~
. '~.{ .
1
res se fait par schéme parenthetique
99
IV
Konagi
wafêlhwë imbëdht:! g~ wahanabt:!
10
5
+
4)
ma-fu
mot ys'
ng omo-na
10
5
+
4 )
BediK
mafo'
ndyo
ng
na
10
5
+
4 )
Basari
'-fox ndyo
ng -nax
10
5
+
4)
j;
Le nombre cent est le septième nombre fondamental
de ces num~'
~,i'
rations Tenda, Il est designé par une lexème particulier "ke~e"
100 .
Konagi
Keme
Keme
BediK
Keme
.~asar.l.
KÉlme

-
410
-
warar
qui signifierait alors "les troiB~
3
"
4

wahaMI
"
"
"les quatre~'
"
c'est aussi la marque de classe qui expliquerait
transformation de ~hi" en "ki"
(h
k)
lorsqu'on passe du
gulier au pluriel,
et de ce point de vue la parenté de oeB
tre langues tenda peut ~tre considérée comme réelle
Rappel
pour le nombre 2
ta p e: .
,
b -hi
m -ki
6ed1k;
hi
ki
6asaril
xi
ki
f~ùnagi; waki
("les deux~')
Dans les exemples que nous allons indiquer ci-dessous pour 1~·'
lustrer ce trait précis du syntagme multiplicatif,
nous verrons
que pour les multiples de 10,
lorsque l'un des nombres 2,
3 et
4 est coefficient,
il subit aussi la marque du pluriel,
ce qui
prouve que les quatre premiers nombres de ces langues Tenda ap~
partiennent au système de classes,
Soit l'expression des nombres 20,
30,
40,
50
Bedik
Basari
~
"
20
ma-fu m
~ki
mafo ma-ki
-fox
~xi
10
2
'10
2
10
2
J
. "'/:
30
ma-fu m
.. tas
mafo'-ma-tas
-fa x
-tas
~t:{
10
3
10
3
10
3
/ ,
40
ma-fu m
-na
mafa "ma-na'
-fox
-nex
10
4
10
4
10
4
Konagi
20
30
40
wafi3hwl:! waki
waf~hwi3 warar
waHl hwEl wa hnabl:l
10
2
10
3
\\ 10
4


~
.1
"'",
-
411
-
p
L'expression du nombre 999 nous donne un autre exsmpl;i
.;'lt\\""
':~~:.'
du schéme parenthétique et surtout une idée des difficultés auxqy~l­
,1th '
les s'exposent les locuteurs
:
~jf:
:'LIt'", .
.,,~~:
Konagi
waKeme
imbëdhë

wahnabë

wafëhwl
;(~-~'" .
·:~:i~·'
100
5
+
4)
+
1 [
imbëdhël

wahnabë

imbëdhë

(
5
+
4)
+
5
+
makeme
mot y ,
ng
omo-na
ng
ma-fu
(1
000
(5
+
4)
+
1 0
mot y ,
ng
omo-na
ng
mot y ,
ng
omo-na
( 5
+
4
+
( 5
+
4)
Bedik
makeme
ndyo
ng
na
ng
mafo'
ndyo
ng
na
-100
( !:i
+
4)
+
1 0
5
+
4)
n~
ndyo
ng
Ile
+
5
+
4 l
~:-" _.__.
_.~,
... -
Basari
o keme ndyo
ng
nax
ng
-fox
100
(5
+
4 )
+
10
ndyo ng
nax
ng
ndyo
ng
nax
( 5
+
4)
+
5
+
4 )
Le nombre 1 000 est désigné par un lexème distinct
c'est le hui-
tième nombre fondamental Tenda.
Exemples
1 000
5 000
Konagi
wuli
wawuli
imbëdhë
1 000
5
oapf,
~.! Lili
:::.:1
~'~':': .:.. l
r,w t y D
1 000
S
Bedil<.
wuli
mawuli
ma dyo
1
000
5
Basari
0
wuli
0
tyo
- - -
1
000
5

-
412
-
On aura remarqué que les multiples des unités nouvelles 100
1 000,
comme ceux du nombre 10,
portent la marque du plur1el,~<::
li.'!t"
~t.·,",
"
le morphème de classe du pluriel participant de l'expression d~;
;X,
l'opé~ation de multiplication:
Imal pour le oapE
et le Bed1k.,.
,.
'
~.:~
101 pour le Basar1 1 et Iwal pour le Konagi,
Illustrons de nouveau le cas du schéme parenthet1q~:':'
e n t ra ns cri van t
l' exp r 8 s 5 i u il d u nom b r El 9 9 9 9 .
,'Ii:
Konagi
wawuli
imb/:lcih~
g~
wahrab~
gf:\\
wa Keme
~.~'~
x:
1 000
5
+
4 )
+
1 00
k,:,
,<",i,
-, .....,~\\-~';
,
,'a'f
'"
l"~ ;::~(L
imbèldhèl
gèl
wahnabEl
gEl
wafëlhwèl
~i'
f~r
5
+
4)
+
1 0
~~t~;;·
imbèldhèl

wa hnabèl
gèl
imbèld hèl
gl we,hna~
5
+
4 )
+
5
+
$~'
:.,,!
~:; ",
,~.
t~;,;:
.
~Ç{ l,
ma wuli
mot y
ng
omo-na
ng
maKeme
~
~.
~~:~
1 000
5
+
4 )
+
1 00
_.j>
~
mot y
ng
omo-na
ng
ma -fu
,i:',
':4., ~
5
+
4 )
+
1 a
~h
"~~
,
~.
mot y
ng
omo- nd
ng
mot y
ng
omo~,na
titi."
(
~
-'
+
4 )
+
5
+
4i:'; :
~>
. .' ~ ,
'~.
BediK
ma wuli
ndyo
ng
na
ng
maKeme
"~r:
ilt
1 000
(
''';.
5
+
4
)
+
100
iiV
",;/.
'.f.\\;'
ndyo
ng
na
ng
mafo
,>f~~
(
5
+
4
)
+
1 a
~,,"
',~~' .
ndyo
ng
na
ng
ndyo
ng
n8~1!
~ii ~
(
5
+
4
)
+
(
5
+
4):;
iL~{
''''$'
'~,
,,':y.-<
':7•
. ,1 , " ,
C;~,;
·.:i:~:···\\·-··
"•

-
413
-
Basari
owuli
ndyo
na
ndX
ng
okeme
ndyo
ng
nax
'"
1000
(
5
'1 J
+
1 UlJ
(
5
+
4)
ftiix
l'ldyo
ng
n,:iX
ng
ndyo
ng
10
(
5
+
4 )
t
(
5
t
De tous ces exemples et types de syntagmes,
il ressort
construction du syntagme multiplicatif repose,' à la fois sur--,,-
le système de classe et sur l'ordre de disposition des consti~§~
~ ;:i.:: ~~
-f::r7~ .
.il"
tuants
: MA/rvIE~
f;
Ces deux règles sont-elles con t rai g na n tes pour l e s~i,;
\\:t~:: :
numérations Tenda 7 Si pour l'ordre MA/ME,
la réponse a cettej
').ll~
question est affirmative.
,~'cur le morpr:ème de classe du Plur1-~:f
par contre on constate ur ~héromène particulier à partir de "d1x-
:),
mille" " ~ ;
t.
En effet, pour l'expression des
nombres
"dix mille~c;
~j
et "cent mille»,
on constate que la règle du pluriel
ne s'app~~-
-1ft'
que pas au muZtipZiaateur dans le cas de ces deux nombres et 1
~t
s'applique de nouveau è leur multiples,
jusqu'à 99 999 pour
premier.
D'abord la construction de dix-mille:
Situons l'expression du nombre 10 000 parmi celles d'autres
bres
: E%smples
~
5 000
11J
OQO
10
001
Basari
owuli 0
tyo
owuli epox
owuli e~ox ng
'j 000
5
ï
UUU
1U
('1
Ü ÛÙ
Î ü )
+
bapE
ma wuli motyo
ma wuli EPO'

-
414
-
Bedil<.
ma wuli ma dyo
ma wuli
Ep 0 '
ma wu li
€Po'
Konagi
wa wuli imb~dhë
wa wuli ipêlhwèl
wa wuli iplhw;';
Comme on le vOi,t,
dans l'expression du
nombre 10000,
le nom
nombre 10 reste invariable.
La plupart des numéraux étudiés d~ps
.~
\\
,:~,;.
les lexiques et les grammaires de ces langues
n'atteignant pas~}
~ ..
"'\\;"'"
les grands nombres,
lorsque cela a été possible,
nous les avo~'
/~y
complétés en interrogeant des
locuteurs des
langues concernées~
' ( ..
! .
Pour le sous-groupe Tenda
neus
n'avons pu 18 faire que pour le;
~t
Basari. Aussi,
l'utilisant ici à la manière d'un modèle appliqué
au
capE,
au Bedik et au KGïîôgi,
nous étendons
(sur cette ques"::h
;&;;~.
if'!;
tion).
aux trois autres,
ce qui a été constaté pour le Basari~t·
,~_'r
ce que leur parfaite identité de construction constatée jusqu'-
ici
nous permet de faire,
au moins à titre d'hypothèse.
Ainsi.
donc.
avec cette modification partielle de marque formelle,
l~
nombre 10 000 prend tout le relief d'un
nouveau palier.
Pour le moment.
considérons seulement le Basari com~
,":'.
me représentatif
(1)
des quatre numérations Tenda,
pour
'.
ce qui concerne cette stratégie,
et observons à présent commeq.t,
les multiples de 10 000 sont exprimés.
De 10 001
à
19 UOO,
le
nom d u mu 1 t i pli c a t e ur" d L:" :' ri: ~'. t 8
i nv tl ria t, l El,
:j i
ns i
q U 8
1 e ma 1)1-
t r e l • 8 X pre s s ion
de 6
nom b r f;) ~ ri ans 1 e s e x e 111 p 1 8 s e i - El P r è s
·eN
BASARI
"
10 002
10
003
0
wuli epox ng xi
0
wuli
epox ng
taas
[(1
000;10]
+
2
[Cl
000;
10 j
+
3
....
10 005
10 006
0
wuli epox ng tyo
0
wuli
epox ng
mat
[C1 000)10~
+
5
[(1
ODO)
1 aII
+
6

-
415
-
19 000
o
wuli
epox
ng
oye
ng
nax
ç:.
1 000
[10
+
..
4]
précisement
"dix~
20
OIJO
o
wuli
ofox
o xi
1 000
1 0
2
ce qui accrédite l'idée que la
langue
s'est donnée un moyen de
mettre en évidence le Dalier 10 000,
et que pour lui donner
l'importance d'une unité! elle introduit pour le multiplicateur
de ce nombre une exception à la règle général~ qui L'sgit le sys·
tème classe,
:,... ,
~>:'
Prenons un autre exemple pour confirmer le retour ~u
système de classe à partir de 20 000
Expression du
nombre
"quatre-vingt dix mille"
en Ba~~
sari
90
000
o wuli
ofox
o
t yo
ng
nax
('1
(00)
(10)
..
4 )
L e G
i r. i t j, êl l R S
d e a cor. s t ~ t:: ,0, r, ~-..; ;j R
Co 8 t t 8 ' ] Cl : ! b l 8
m:J J. t:1. p J 1. C fi t ion '
sont les morphèmes de classes du pluriel de ces
noms de nombr~~
en Basari.
. ./ ...

-
416 -
En passant au palier 100 000,
on constate
tion de la m~me stratégie
exception pour le multiplicateur
"cent" dans l'expression de
la règle générale à
Exemples
expression des nombres 100 000
300 000
400 000 en Basar~
100 000

o Wi.Jli
kernl3
200 000

o wull
a
keme oxi
300 000

o wuli
0
keme 0
taas
400 000

o wuli
0
keme 0
nax
Après
le constat de ces marques particulières au
niveau des pa-
liers 10 000 et 100 000,
il
reste.à savoir si ce phénomène peut
être expliqué par d'autres moyens?
On ne peut s'empêcher des~
demander si ce traitement particulier du multiplicateur dans la
.';.
construction des nombres 10 000
et 100 000,
a quelque rapport
avec
le fait
que ces
noms de
nombres sont
d'origine mande
(em-j
prunt au malinké),
Il a été constaté,
en dehors même du cas spé-
cifique de la numération,
que
certaines
langues africaines,
dQ~!
calles parlées au Sénégal,
p8.Jvent avoir :";8-.JX SC~"";85 d > attitudes
à l'égard des
noms d'emprunt
soit les assimiler aux règles
propres à la langue qui
emprunte
J
soit s'adapter à celles dela
langue d'origine des termes empruntés.
Il faudra
le moment venu
établir un inventaire des solutions adoptées par les
numératioks
étudiées et concernées par cette question,
Toujours est-il que
la solution des
numérations Tenda n'est
ni une adaptation aux
règles de construction du Malinké
(celui-ci ayant perdu toute ~
trace de marque de classe pour l'expression de ces
nombres et
d'autres),
ni une assimilation totale aux règles de ce8 langues
..
~c
/ ...

-
417
-
T8nda,
puisque las nombres
IG OOG ~L 100 COC y échappent partiel~'
:;~
lement,
ainsi que ceux situés entre 10 001
et 19 000 d'una part,~
100 001 et 119 000 d'autre p~rt.
Il an iésulte que 10 000 et 100 000 sont
me de nouvelles unités.
L'expression des grands nombres dans
l'ensemble Basari,
Bedik,
Bape,
Konagi,
et le problème des paires ambigOes
1
Dans las numérations Tenda,
on rencontre las mêmas
paires de nombres ambigües et pour les mêmes raisons,
que dans la
majorité des cas étudiés.
K;
10 001
11 000
Da pE:
ma wuli epo'
ng i-mat
ma wuli epo'
ng i-mat
[ ( 1 000) ]
(10)
+
1
1 000
(
1
,.
Û
1 )
Badik
ma wuli epo'
ng riye
ma wuli epo'
ng riyé
Basari: 0
wuli
E:pOX ng mat
0
wuli epox
ng mat
Kofiagi:
wa wuli -1p§hwë gë rhanwë
wa wuli ipëhwë gë rhanw§
20 000
20 002
Koiiagi:
wa wuli waf§hwë wa ki
wa wuli wafëhwë waki g~
1 000
10
2
( 1 000)
( 1 a )
( 2 )
+
22 000
l'
,~~'"
wa wuli waf~hw6 :.,' 13 ~\\ j
gë wa ki
1 000 [(10)
( 2 )
+
2]
Da pE:
ma wuli ma-fu b -hi
ma wuli ma-fu 0 -hi
ng 0 -hi"
1 000
10
2
(1
000)
( 1 0)
( 2 )

""
418
-
22 000
ma wuli
ma-fu
f> -hi
ng f>
hi
2 )
+
2]
1 000
[(10);
,
ma
Bedik
ma wuli
mafo
= 20 000
- hi
1
000
10
2
ma wuli
mafo
ma-hi
ng
hi
20 002
( 1
000
( 1 0 )
( 2 )
+
ma wuli
mafo
ma~hi
ng
hi
= 22 000
1 000
[ ( 1 0
)
(
2 )
+
2]
Basari
wu11 o'~fox o-xi
wuli o'-fox o-xi
ng
1 000
10
2
(1
000) (10)
U)
+
wuli
0 ' - fo x
o-xi
ng
xi
1 000
[( 10
l
2 )
+
2]
30 000
30 003
f> a pe
ma wuli ma-fu m -tas
ma wull IlId-fu in ~tas
ng
tes
1 000
10
3
(1
000)
(10)
(3)
+
33
000
ma-wuli
ma-fu m -tas
ng
tas
:~;ô
1 000
[(10)
(3)
+
3]
l,
' f

".
.'"
Bedik:
ma wuli mafo'-ma-tas
ma wuli mafo'- ma-tas
ng
te8
33 000
=
ma wuli mafo'-ma-tas
ng
tas

1 /

,


-
<+i 8
,.
Basari
wuli
-fox- -tas
wuli
- fox-
~tas
ng
wuli -fox-
-tas
ng
tas
Les paires
1.0 '001/11
000
J
20
002122
000
et
30
003/33
ne sont donc pas discriminables, Comme pour les numératiQns
se trouvent dans la même situation,
une des solutions de ce
l
,

é
l
blème,
consiste à repeter le numéral m~ZZe avant le num ra
uni tés pou r i ' exp r e 5 5 ion d e 1 1 0 0 0 (
2 2
0 0 0-1
3 3
0 0 0
etc ','
Exemples
En Bedi k
20
002
22 OOU
ma wuli ma-fu
-hi
ng
-hi
ma wuli ma-fu
hi
ng.
( 1 000)
( 10 )
( 2 )
+
2
( 1
000)
( 1 0 )
(2)
+
ma wuli
-hi
( 100 )
( 2 )
En Basari
,.., '
30
003
33
000
,
wuli
-fux- -tas
ng
tas
wuli
-fox-
-tas
ng
wu li
tas:'
{:; .
(1000)
['iD)
(3)
+
[ i !J :] û) [: J)
[:3)
+
('1 0 0 0)
( 3 )+';
.'t:,
;'r-~"I'
"~""
<.p .
Cette revue des principa18s stratégies des
numérations Tenda,~
permet de souligner les propriétés suivantes,
relativement à ;~l,)~jo~ .
leur organisation.
1 0 1 Lac 0 n 5 t rue t ion des 5 Ynt a g mes mu 1 t i pli ca tif s mo'n-
~" ~
tre que l'opération de mul tiplication à pour trait dominant 'l~'--
disposition des constituants
suivant l'ordre MA/ME.
. . l , ..

Dans le cas de syntagmes multiplicatifs à plus der.~I
deux constituan~s, tous les coefficients sont placés après le nom~
. ';F.'
brequ'ils multiplient chacun.
2°)
Loe problème de
la base des numérations de l'en.W'~._
semble Tenda,
se pose exactement dans les mêmes termes que pour l"
les numérations du sous-groupe du nord
(wolof,
pulaar,
seerer) e~
/oi!.1
du sous-groupe Cangin.
(Cf.
r1.2.1
5)
Ce qui veut dire que:
jf
'..~t:~,
a)
bien que les nombres de
6 à 9 soient composés a:,t?
i.."'YII
partir du nom du nombre 5,
les conditions pour que celui-ci soitij
une base ne sont pas satisfaisantes
(Cf.
II.
2.
1.
5).
b)
Le caractère décimal du système de ces numérations
~"
appara1t avec évidence è trdver~ la succession des paliers:
epox
(dix),
keme
(cent)
et wuli
(mille).
Nous avons également relevé des faits
de
langues, eh
particulier les marques formsl185 qui signalent les nombres 10 000
et 100 000 comme étant de nouveaux paliers.
II 5.3.3.: LA NUMÉRATION JAAD
BIAFADA ET BAJARANKE
208
C'est chez Koelle
qu'on trouve la première étude
d'un lexique Bajaranke et Biafada. Mais sur les 200 mots environ
qu'il présente,
seuls vingt concernent les nombres et représent~~t
les vingt premiers nombres de ces langues.
Pour completer c~s numerations B1afada et Dajaranke
nous nous sommes 3ppuyé sur deux donnés
d'une part sur Gertai-
nss règles de constructions indiqu8es par Gisèle Ducos dans
1
1
·---1
208.
KoELLE'S vocabulary of nearly 300 words and phrases in
more thcm 100 district african LangualJes~ Polyglotta Africana~ London~ churah·
missionary society~ 1854.
Voir aussi: Gisèle DUCOS, Structure du Badiaranke etc •..
1

-
421
-
son é t udeI i n gui s t i que sur l e Bad i a ra, n k ê
,. a t. d' a u t r e
par t
des informations ethno-linguistiques,
La transcription des
premiers
nombres est celle utilisée par Koal1e.
Les 10 premiers
nombrdS
f
i
1
1
BiafadE:!
Bddiaranké
1
!~~
1
1
nùrna
paini
1
1
2
bihe
"
màe
1
1
/
'1
j
3
biyo/bidso
m§'d sou
! '"
1
/
/
'i
4
Binèhi
mène
i
1
/
5
gubida
kobeda
6
mp~gi/mp~dYi
n'kaine
1
..
/
7
mpadyin gani
kamae
1
8
wase
ka'
madsou
1
8
luerubo
Ka'mane
.
;"~"
:'!i-t*'
10
wapoho
papa
·1~~
,~~ti. :
'- ;.,'
""
Les noms de
nombres. qui
suscitent un intérêt sont d'abord ceux;
~.,:,.
qui désignent le nombra "cinq".
En
effet entre
"gubida et
"ko";.'
'.' ~,
beda".
noms de ce nombre,
respectivement
en Biafada et en Badia-
rankéJ on note une certaine homophonie,
qui
pourrait
provenir d'une
racine lexicale commune.
Cette ressemblance est d'autant plus
en relief.
que sur les autres
nombres de cette
première sarie,~
le Biafada et le Badiaranké diffèrent.
parfois, de stratégie.
r,'est ainsi que la construction des
nombres
6 à 9
fait apparaître la première et la principale différence entre
les
numérations de ces deux
langues.
. ... ; !
,/
"·,·i':.zi,;;;~,:,·,'',' ,
':.,'
,"'~
,~;, '(,'~
;.1,

.
'

-
422
-
Le nom du nombre 6 en Biafada est à rapprocher
celui des systèmes Manjaku et Bêlante:
il
s'agit
particulier,
c'est-à-dire distinct et indépendant
sert à désigner le nombre
"cinq"',' Pour bien mettre en év1denc~
leur identité de construction/présentons en un seul
tableay 1
;
>
serie des
nombres de 5 à 9 des
numérations Mankagne,
Manjak,
Bëlante ganja et Blafada.
5
6
7
8
9
f1a n ka g ne;
"if"
Kanien
paaj
pai:lj
no
ulon
bakren
kanien
kalon
*:
Man,jak
.~it;.·~
."~.{'
kn;len
lf
paaj
paaj
nap
Ion
kwas
kwas
nop
Bëlante
jeef
faaj
faaj
ku foon
tahla-tahla
kin tahla
,~:
.1....
Biafada
i(1,.'
gubida
mpagi
mpagingani
wase
luerubo
·..f
~~
~.'.'";71> .'
Ce tableau montre que dans ces quatre numératio~~.-l
. ~~~~",
c'est le 111~rn8 terme (aveL: ~;l:;'; "IBriantes et ses déformations) 1fri
::~.
;f.
sert à désign~t le nombre D
"mp .. gi" ."lvec
"'"-
"paaj"
et
"faaj~ saute aux yeux,
et la différence de transcr1p-
tion peut n'être dOe qu'au fait qu'à
l'époque de Koelle
(dont~
~:~'.
nous reproduisons fidèlement
la transcriptionl, il y avait de <jJ,....
S\\
moins bonnes conditions permettant d'enregistrer et de contro~
:tri-
j;;
1er l'exactitude d'une prononciation.
;
Jt
l~·'
C4->', ,
Ce nom du nombre 6 para!t en définitive être une 0r1-
ginalité des langues d'origine Bissau-guinéenne,
car le pepelf
lii .
. ,1 •• ,
!41~

(langue dont la présence n'est attestée qu'en Guinée Bissau);
désigne également le nombre 6,
par un lexème particulier qul~
se trouve être également
"J-laus"
(Cf,:
Koelle,
1854)

l'on
reconna1t bien "paaj~.
La construction du
nombre 7 qui consiste à
une uni t é au nom br e 6,
peu t
par a f t rem 0 i n s é vi den t e e n Bi a f a d d>;;~'
'y(
que dans les autres numérations,
En effet
en numération 8iafA~
i
f,i;
da.
"mpagingani~ qui est le nom du nombre 7
fait
bien voir qQa
:1;~
"mpagi ~ 6, mais l'autre élément du nom qui devrait être danei
ces conditions le"nom" du
nombre ~un'" n'apparaît pas avec
dence.
En Biafada
1
7
6
?
Toutefois~
an observant la forme des syntagmes~
s'aperçoit que c'est le m~me morphème de coordination utillséi
-;;:~ .
dans la construction des
nombres intermédiaires et dans le sys~
tème parenthétique 8iafada,
que
l ' 0n re t rD uv e dan sI' exp r. B
Bt'
du nombre 7 ~ mpagi nga ni ,
En effet dans les exemples Ci-après relevés.
toujo~~s

'1
dans la liste et la transcription de Koelle.
on note que c'est
. -l-
"nga" qui constitue le morphème de coordination,
i'
"
tf't.
1 0
Il
wapoho
••~
11

wa po ho
nganuma
10
+
1
12
=
wapohû
ngamange
.~ r:
l U
,:.
13

wapoho
nga madyo = 1 0
+
3

-
424
-
Pour pouvoir repérer ce morphème dans
du nombre 7
il fl!lut d'une part tenir compte de ce que,
ainsi
1
que nous
l'avons déjà souligné,
la transcription de Koelle
:"'.
;f';"> ,
,A~ ,
'}:i~;~:.'
n'était pas entourée de toutes les précautions d'ordre techni~t··
't,,",
que que connait la linguistique africaine aujourd'hui,
et q I!l~,~',j.:\\
1
: '~It:
tre part,
(conséquence de
"la
première condition) décomposer' ~~~::.,
..~
':uC
convenablement l'express10n du
nomore
/
a
mpagi ngani.
On ob-&
."~.,,,
t:ient alors
6
'"
mpagi
7
'"
mpagi
nge
ni
6
et
1
On peut alors supposer que dens
ce syntagme
"
"mpagi~'f
~;;
.
~~j.
nga
ni",
le dernier terme
"ni" est soit une
contraction,! so1t~t
':t~..·
une déformetion de ~numa" = un,
ce qui
n'est pas rare dans la!
formation des noms composés.
Pour les nombres 8 et 9,
le Biafada dispose de lex~~
;:1
mes distincts pour c h a c u n . ! :
L. démarche du Badiaranké est tout autre
, tous lt~
nombres de
6 è 9 sont engendrés è partir du
nom du
nombre 5 1'1
'~.'
kobeda.
.~.
"'.iI.
6
=
n'
kaine est
très
certainement une con t r a c t i 0 n~' ,
'if;
"'1
de" k0 be d a JI
(cinq)
et de "paini"
(=
un).
D'où
n'kaine = 5 J 1(
, '
7
.. kamae
: contraction-juxtaposition de
"kobeda" ~'t
de mae = 5 J 2
8
''l''kamadsou''
contraction de kobeda
+
madsou '"
9
= ka'mane
: contraction de Kobeda
+
mane •
5 J
.. / ...

-
425
-
Sur les neuf premiers nombres de leurs numérat10nslf
li·
18 Biafada 8t
le Badiarankè Il'ont que les noms du il 0 mb r e 5 q u ~S.
, :*~;~
pu i s sen t
fa ire ,l' obj et d'un rapprochement sur le plan lexical. Po i.J r l ss
autres nombres de cette série,
ils n'ont ni les mêmes entréss,
lexicales,
ni le même type de construction,
Avec le nombre dix,
autre nombre fondamental dans
".
/)--,~­
,\\ .
les deux numérations,
se présente une 0 c cas ion i nt é r e s san t e d s"~1:"'1'
recourir à la méthode comparative
, en effet les noms du nombre
.'n
"dix" en Biafada et Badiaranké peuvent faire l'objet d'un ~ap~
prochemsnt,
non seulement ~nt.r8 e~xj mais également avec ceux
du même no",hre des numéri=ltinnq TRnril3
(RAni k,
Dape,
Baser1.
Ka";;
nagi),
pulaar et Cangin,
En B1afada et en Badiaranke le nom du
nombre 10 est
10
Biafada
wapoho
Badiaranké
papo
Rappelons et en les présentant sur un même ta b l ea 4,::'
~!
les
noms du même nombre dans les numérations indiquées
,.
10
,.,
Konagi.
J:po'
dedi K
..._-_.
E-po'
B2sari
E-pc:x
NDut
sabbo
Palor
sa'Do
Pulaar
sappo
Biafada
wapoho
Badiaranké
papo
1
l,
,.
,.,

-
426
-
Il resterait évidemment à expliquer les raisons
cette grande ressemblance:
influences ... emprunts ou bien encor,,,1ii
:~i,;':
survivance de r.cines lexicales communes d'une proto-l.ngue 7o~
Revenons au Biafada et au Badiaranké
: 10 est dl!ns';~'"
t:-
ces de u x nu mé rat ion s,
une uni t é no u vell e,
pu i s que 1 ai n s i iq u:e
~l
"'r;
nous l'avons déjà vu en essayant d'identifier le morphème de
-~
coor'dination Jl nga " (= et).
1. e SilO mb r e s
d e 1 1 à 1 9 son t
e n g 8 n - .~
,,~,
"
drés ê partir du nom du
nomore 10,
Exemples
1 2
13
14
Biafada
wapoho
nga mange
wapoho
nga madyo
wapoho
nga
·l
10
+
2
10
+
3
10
+
4;'
r;:",'
.:r.'
,~,
Badiaranké
papo nkamaé
nkamadsou
n kama ni
-,'
papo
papo
10
+
2
10
+
3
10
+
4
Les morphèmes de coordination Dnka n
en Badiaranké ~t
nga sont très certainement des variantes d'un même terme,
ce que
semblent confirmer les morphèmes ~~u~ et
"ng~,
respectivement
du Bëlante kQnt
he et du
~aynunk.
~~ .
,
i'
En 8adiaranké la construction du
nombre 11
est bieri·
singulière et constitue la seule irrégularité de
toute la serie
des
nombres intermédiaires de 11
à
19