.
.
.
"UN DEFENSEUR DES DROITS DE...L'HOMME·AU BENIN
ANTOINE'AMEGNISSÈ
. ,
~".
.
. .
Régina MIHAMI épouse BYLL CATARIA.
Abstract
L'Afrique a connu au cours des dernières décen-
Africa has experienced during the final decades a
nies une série de régimes dictatoriaux dont le ré-
.serieof dictarorials systems including the revolutionary
gime révolutionnaire de la République populaire
regime ofPopular Republic of Benin. This system
du Bénin. Ce régime, caractérisé par des atteintes
who is distinguish by the serious attacks on basic
graves aux principes fondamentaux des droits de
principles of HUl11an Rights, has provoked the
l'homme, a provoqué les réactions d'une partie
reactionof population notably the intellectual people.
de la population notamment des intellectuels dont
Sorne of them.have, at the risk of one's lile protest
certainsont, au péril de leur vie, dénoncé les abus.
againstthe misuseofthis system. Antoine Amegnissè,
Antoine Amegnissè, instituteuret secrétaire géné-
primary school teacherand secretary general of
ral-adjoint du' syndicat national de l'enseignement
Dahomey public Education Union has courage to
public du Dahomey, a eu le courage de protester.
inform against the abuse of President Kcrekou
. Cequi lui a valu 15 années d'exil en Côte-
regime. Because her stands he iscompelled to pol
d'Ivoire, avec de multiples souffrances et la perte
to go intoexilefor fifteen yèarsinIvoiryCoast. During
d'une partie de ses biens.' .
this, exile he has lost a part ofhis properly.··.
de l'ordre. A partir des grèves de
les. les nouveaux gouvernants dé-
INTRODUCTION
.
.
~
1963, le colonel Soglo, alors chef
crètent l'inéligibilité, pour le man-
d'état-major des forces armées
dat de président. de tous les an-
. La vie politique du Daho-
dahoméennes, intervient quatrefois
ciens dirigeants politiques et refu-
mey de 1960, année de l'[udépen-
en trois ans (octobre 1963 à dé-
sent.de proclamer les résultats des
dance ;11975, est marquée par de
cembre 1966), pour écarter l'un
élections de Mai 1968, dévaluées
multiples soubresauts, conséquen-
ou l'autre dirigeant, faire rédiger
.à leurs yeux par un 'taux cl'absten-
ces des rivalités entre lestrois prin-
une nouvelle constitution et orga-
tion très élevé etce.malgré les pro-
cipaux leaders politiques de l'épo-
nisè~ deJ10uvelles élections":,.I\\1ais,
testations des syndicats. Ils con-
.que ; Hubert Maga (originaire. de
endécembre 1966.Je gouverne-
fient laprésidence dela Républi-
la 'région septentrionale), Justin
.ment Soglo, dépassé pari'ampléur
que au docteur Emile Derlin
Tomètin Ahomadégbé(fils d'AbQ-
de lacrise sàciàlè'(sérk'èI~ trou-
Zinsou. La situation nese stabilise
mey, département du Zou, région
bles entre-forces ,de,'.l;~rdre'~t
pas pour autant. La crise écono-
centrale) et Sourou Migan Apithy
grevistes, menace de grève géné-
mique et financière s'aggrave ét
(ressortissant de l' Ouémé, sud du
rale) ëst renversé par un groupéde
provoque divers mouvements de
pays). Leurstentati vesd' hégémo-
.jeunesofficiers plus intransigeants,
protestation '(I~osti1ité dessyndi.,
nie créent dans le pays uneinsta-
dirigépaf lé commandant Maurice
. cats, complots, etc.).
bilitésans précédent et favorisent,
Kouandeté quijoue désormais le
à plusieurs reprises, 1: intervention
.rôlede.s~peur~pomp.i~L~ '.) ..
L"e' lièuten~ll;t-~olone 1 Maurice
\\ de l'armée qui tente. cie remettre
....
. ....
Pour mettre fiil auxtensions socia-
.'
Kouandété reprend le pouvoir au
Rev. CAMES -.Sérié H, VoL 005 N° 1-2.2003
57

Sciences sociales et numsines
président Zinsou et le remet au
dicales des hommes et des fem-
fecté en 1957 dans le sud du pays,
Conseil présidentiel, compose des
rnes, artimésd'une foi et d'uy{e
dans le village de Malarihoui (sur
trois anciens leaders politiq ues qui
conviction surprenantes.Nombre
la routé de Méridjonou, banlieue
doivent gouverner à tour de rôle.
.d'entrè eiùl ont risqué leur vie pour
de Porto-Novo) et peu cie temps
Le 26 octobre 19721 , un
défendreles idéaux de leur mou-
après, dès le mois cl' o~lobre 1958
coup d'Etat de jeunes officiers pro-
vement et la cause de leurs conci-
à Adjan dans la sous-préfecture
gressistes met un terme à cette ex- .
toyens et collègues.
o
d'Allada (60 kmenviron de Co-
périence et installe à la tête de l'Etat
tonou).
J'adjoint au chef d'Etat-major, le
commandant Mathieu Kérékou,
Le but de cette étude est de retra-
ancien protégé de Kouandété qui.
cer dans ses grandes lignes, l' épo-
attendait son exécution en prison
pée d'un de ces leaders syndicaux
(il avait participé à la mutinerie mi-
du Dahomey indépendai1t et des
1 .' Voir photo page suivante
litaire avec tentative de prise du
.premières années de la République
pouvoir de février 1972).
du Bénin.
Ce gouvemement militaire révolu-
- Carrière-d'
Cette mutation qu'il qualifie lui-
Antoine Amegnissè
. tionnaire entièrement composé
:
\\
1
.mèmede politique, est destinée à
d'officiers, met fin à l'instabilité
Èùeffet,Antoine Michel Amegisse
, satisfaire les désirs du responsa-
mais instaure un régime dictatorial,
1 fils de Michel Amegnisse~tde
-ble du.parti républicain du Daho-
à option marxiste-léniniste
, Valentine Ollivier de Montaguère,
1 • Au
mey à Porto-Novo. Ce dernier
cours de, ces quinze années, de
originaire du village d'Agonie-
demandait l' ouverture cl'une école
tourmente, le milieu syndical ge-
Glozo.u~,situé sur ia rive togolaise
dans son village à Honvié(banlieue
meure un des rares espaces où les·
'd:u 'fI~~l\\~~. Mono, à .2' kri~
de Porto-Novo) ainsi que l'affec-
hommes, épris d.un certain idéa-
d'Athiémé (sud-ouest de la répu-
tation de son fi Is, insli tuteur, en
lisme, d'idées d'unité nationale ou
blique du Bénin) sort instituteur en
poste àAdjan.xians la région cie
de progrès social, peuvent évoluer
1955 de l'école, Victor-Ballot. Il
Porto-Novo, pour qu'il puisse se
et s'assumer. le syndicalisme cons-
commence sa carrière d'enseignant
présenter à la députation. Aucune
titue également un des éléments
dans la région septentrionale de la
de ses revendications n'ayant pu
unificateurs puisqu'il rassemble les
République
du
Bénin
à
obtenir satisfaction, il obtient en
travailleurs sur la base de leurs in-
Boukoumbé (département de
compensation le transfert de son
térêts professionnels, sans tenir
l'Atacora, nord-ouestdu Bénin) où
fils dans le département de
compte de leur appartenance eth-
il passe deux années; Puis il est af-
l'Ouémé à Malanhoui el Antoine
nique, alors que les hommes pol i-
Arnegnisse est envoyé à Adjan
tiques n'arrivent pas à se débar-
pour le 'remplacer. Ne pouvant
rasser des survivances tribales et
abandonner son épouse,ensei-
des clivages régionaux. Iln'est
Afri~~e 'No~velle
gnante chez les religieuses à la mis-
1
: Dahomey :
donc pas étonnant qu'on retrouve
Mes~resexc~piioi1ne"es.'
sion d'Atakè (quartierde Porto-
W du 11
à la tête de ces organisations syn-
. Novembre 1975, 'Dakar-
Novo) il sollicite l'intervention du
BOCÇQVI (Emmanuel) __ !--,a'~volution
ministre de l' Instruction publique
s ocièliste au Bénin. Mémoire DES"
Pa'ris '1976. ' .. "
'-.
- ".
' :.
-d'alors:'Oké Assogba.iCelui-ci
lnformations- d'Outre-mer:: R. p"du
constatant que-le conjointest ori-
',1 Copierre (M.) : l'Afrique noire à
Bénin: Neissence.o'une République,
l'heure. des putschs. In Preuves n03,
d'u~
ginaire de Porto-Nove el membre
otepeeu., d'~n parti, W du 3 Dé-
1966, p·.43,,,
. .
cembre' 1975 '
d'une.famille influente cie cette ville,
, 0
' . '
' . ,

2 Diallo (S.) : 2Le coup deKérèkou".
Jeune-Afriquét: - Dahomey.' 'Lè'réveil
lafamille Ollory. Iuidcrnande de
Jeune Afrique du 11 Novembre ','
ces déJ71o,ns :..N; du 22, J9i)lèt1972:'
1972, Paris
~t,
rejoindreson 110uveau poste, en lui
:
1';' ;
-
Dahomey, 3 ans. un record W du
ELiSHA (A, B.) : Le coup d'état d'Oc-
'310étobré197S'
, " . , '
promettant de lé ramener, dans les
tobre 1972 au Dahomey. Mémoire
Debomey, fJiJ record menacé 'âè
meilleurs délais.ià Malanhoui. II
pour le: O.E.S. de Sciences POliti- ' :
"
1 l'int~rjeur et, de l'et<té.ri.~[Jr,. NJo ,du
ques, Paris, 19~4.
'~
-tient effectivement parole et fe l'ail
'fi!.
28 Novembre 1975
-Rey. CAMES v.Sér ie B, Vol. 005 N°~1-2. 2003

Sciences sociales et humaines
revenir dès le' mois de décembre
(ü'.A:'E)4 créée 'au"Înôis d'août
1958 à Malanhoui où il dèmeure
1973 'à'Nairobi, lors de la 22 èllle
jusqu'à l'indépendance duDaho-
assemblée de 1~-è.M.O~P.E.
mey, le 1er août 1960.
'.'
Au mois d'octobre de cette année,
"
, ' "
"
il est nommé directeur de l'école
.
'
de Dogbo-Ahorné (département
du Mono, sud-ouest de ia Répu-
1 ._. Le premier ;yndi~at:d;iristit~teurs,
marque là fin du PD.U. et l'apparition
du- Parti démocratique dahoméen'
blique du Bénin), poste qu'il oc-
créée "en'194S au Dahorney.restIe
syndicat national de l'enseignement
d'Apithy et d'Ahomadégbé.Les mili-
cupe jusqu'au mois d'oct~brë
public de France .et. des. colonies,
tants du S.N.E.C. organisent alors un
1963, où il est .appelé à servir à
section du Dahomey qu] reqroupe
conqr s au' cours duquel Flavien
è
Ouégamè,dans la sous-préfecture
uniquement' des Européens. L'année
Campbell (remplaçant de Paoletti à
suivante, en 1946, apparaissent le
la tête du S.N.E.C.) et Ip's membres
d'Aplahoué, nommé aujourd'hui
syndicat du personnel africain du
de son bureau refusent de démission-
Djacotomè (département dt;
secteur public du Dahomeyaffiuè à la
ner. Les protestaires créent le Syndi-
Mono). Mais à la rentrée scolaire
centrale.'
française
.: C.G.T.
cat de l'école publique du Dahomey
(Confédération générale du travail)
(S.E.P.UD.A.)· Sur ces entrefaits, le
d;octobre 1964, ilest de n~uveau
avéc comme secrétaire général,
colonel Soglo dissout le P.DD. dont
affect'é dans 'Iesud, à Ouèdo (12
Valentin Djibodé Aploqan.ile Syndicat
les leaders sont obliqès de démis-
kilomètres d',Aborney-Calavi).
du personnel de l'enseignement privé
siorine r,
Les
membres
du
, du Dahomey (S.P.E.D.) affiiié à la
S.E.P.U.DAet du S.N.E.C convoquent
Tout au long de sa carrière, il mi-
c.r.r.c. (Confédéràtion françàise des
d'un commun accord, un congrés les
litedans les organisations syndica-
travailleurs chrétiens) 'et Serpes
28' et 29 Juillet 1967 au Lycée
les de l'époque. ','
syndicat. du
personnel ',ï de
Coulibaly à Cotonou pour essayer de
l'enseignement libre au Dahomey.
rétablir l'unité syndicale. Le SYNE;PDA
Ses activités syndicales
Ces différentes organisations sont
est né à la suite de ce conqrès.
'.
relayées' par le syndicat national de
, 2 ._ Voir photo page suivantep. 'S- 1
l'éducation et de la, culture(~.N.E.C)
3 .c'Voir photopaqe suivante p. S - 1
11 est notamment.un des
qui . défend. les
intérêts-
des
.4
.-
Au' cours
de
cette
Zèrne
membresactifs du syndicatnatio-
professionnels de l'enseiqnernent
assemblèe de la C.M.O.P:E. à laquelle
jusqu'en 1960.
nal de l'école publique du Daho-
ont pris part, 570 en seiqnants,
Par la suite, les dirigeants de la coali-
'mey
délégués des 55 pays des divers
(SYN.E.P.D.A)I .créée en
tion gouvernementale d'alors, le Parti
continents: le groupé africain a crée
1963 et qui regroupe les ensei-
dahoméen de l'unité (p.b.U.) décident,
et
organisé, une
confédération
à l'instar des gouvernements malien,
gnants des écoles publiques pri-
continentale, l'Organisation africaine
sénégalais et ivoirien, dl? créer un syn-
dens eiqnants (O.A.E) « d'evant
maires et secondaires, Ce syndi-
dicat unique. affilié au P.D.U. Ce qui
i::'iris'crirecomme
Lin
secteur
cat est affilié' à l'U.N.S.T.D.
provoque des dissensions entre par-
professionnel
de
le..
Grande
.
.
4,
.
tisans" du syndicalisme dèparticipa-
U.O.T.A.N.(Union nationale des
Organisation de l'Unite Africaine
tion et du syndicalisme orthodoxe. De
(O.U.A) ». Cette organisation qui a
syndicats des travailleurs du Da-
toutes les personnalités, sollicitées
pour but de propager l'idée d'une
homey-rnembrede l' Union gén~­
pour diriger la centrale unique, 'ton-
éducation
orientée
vers
la
trôlèebar le gouvernement du prési-
rale des travailleurs d'Afrique
compréhension
des
peuples,
dent, Maga (Union général~des tra-
d'encourager les contacts 'entre I~s
noire)et collabore avec les autres
v~ill~urs dahoméens (U.G.T.D.), seul
enseignants' des divers pays, de
groupements politiques et civils
Théophile Paoletti accepte. l.essyn-
promouvoir le progrés scientifique et
dicalistes réticents sont restés mem-
qui luttent à cette époque contre
technique etc.; e,st ouverte à toutes les
bres de l'Union nationale des.syndi-
lecolonialisme,
.. .
organisations'
nation~I~'s
cats des travailleurs dahoméens
d'enseiqnants des Eiats de l'O.UA·.
Le SYN.E.P.DA jra-
(U.N.S.T.D)qui a été dissous, malgré
et à toutes autres orgànisations
les protestations et les grèves. Les
, vaille également avec l' organisa-
d'enseignants de tous les pays
militants récalcitrants, comme Emile
d'Afrique agrées. Elle est dirigée par
tion internationale du travail
Gaï, sont arrêtés ou suspendus. Emile
un comité exécutif de 7 'membres,
(O.I.T)2, avec la Confédération
Gaï reste un an sans· saiaire.jb'avè-
originaires 'du Nigéria, du Ghana, de
nernent du gouvernement provisoire
mondiale des Organisations de la
l'Ethiopie, de la Côte-d'lvoire, du Niger, '
du colonel: Sogle>"~ 27 octobre 1963
de l'Ouqanda .ei du Kenya,
'
'
. profession
.euse ignaute
(C.M.O.P.E.) J et avec I'Orga-
.'
c :
nisationafricaineqesenseignant~
: .'

'
.
l ,
...
Rev , CAMES - Série B,:Vo\\.OOS N° 1-2.2003'
5')

~ciences sociales et humsines
De plus, les responsables du
taux des allocationsfamiliales qui
Les syndicats jouent lejeuet ac-
SYN.E.P.DA,en l'occurrence son
. passent dé, 3:000 à 2~5QO francs
ceptent.de constituer ,un comité
secrétairegénéral adjoint, ont pro-
alors que les r~v~~d'ications syn-
. d'unité syndicale (C.U.S.) dont
fité de leurparticipation à une réu-
dicalesp~éc~cisaient une augmen-
Antoine Amegnissè, représentant
nion de l'O.I.T. à Genève (début
tation des dites allocations.
du SYN.E.P.D.A., est nommé
(
,-~.
'
.,
-
. ,
1973) pour nouer des. relations, .
Une grève générale, lancée con-
président El1 cette' qualité, il est
avec « des responsables interna-
jointement par toutes les centrales
envoyé àGenève pour représen-
tionaux dont le Chef du Service
syndicales, entraîne J'arrestation
ter les travaillèui·s de ~on pays.
de l' EdllcatiOl~ Ouvrièredu Bureau
des.responsables syndicaux dont
Cependant, J'adhésion au C.U.S.
.
.
- '
.
'"
.
Internationaldu Travail- Le Pré-
Antoine Amegnissè qui sont gar-
n'àmènepas les militants du
sident de la Société Pédagogique
dés au commissariat central 'de
S.YN.E.P.DA â abandonner leurs
.
.
Rorriane (S.P.R.),~ Le Président'de
Cotonou pendant troissemaines
revendications antérieures, base
l'Association Suisse des Ensei-
avantd'être libérés.
des négociations avec Ie.s gouver-
gnants »1.
·1'
.
nements précédents. Ces revendi-
Cet épisode est suivi d'une nou-
cations sont surtout d'ordre orzà-
velle affectationqui le fait partir de
Cettecoopérationque les
nisationnel et concernent'les"aV;li-
Ouèdopour ziiwié (sous-préfec-
dirigeants du SYN.E.P.DA sou-
cements, les heures de présence à
ture d'Abomey-Calavi), qu'il
haitenttrès fructueuse, au point.de
l'école, l'organisationdesexamens
quitte à la chute du gouvernement
déboucher sur des stages de re-
professionnels. Les dissensions
Zinsou pour Cotonouparce qu 'il
cycl age pédagogique et de forma-
entre le pouvoir révolutionnaire et
est élu secrétaire administratifdu
tion syndicale,s'est limitée à quel-
le S.YN.E.P.D.A commencent
bureau exécutif national du
ques contacts) ..
après la création de l'Ecole Nou-
S:Y.N.E.P.D.A., puis secrétaire
Seuls les liens avec la Confédéra-
velle.
général adjoint en 1970. Entre-
tionmondialedes organisationsde
temps, le syndicat national de
la
profession
enseignante
l' école publique du Dahomey a
Déboires des militants du
(C.M.O.P.E.), à laquelle le Syndi-
pris de l'importance, s'est étendu
SYN.E.P.D.A
cat nationalde l'école publique est
à tout le territoire national et
Les nouveaux dirigeants
affilié, se sont bien développés au
compte alors 39 sections. 1 •.
cherchent à supprimer les re-
fil des ans et ont été renforcés par
Sur ces entrefaites, le gouverne-
vendications, surtout celles qui
des liens d'amitié entre les diri-
mentmilitaire révolutionnaire dirigé
. . '
concernent les examens' profes-
geants des deux associations et
~
par le commandant Mathieu
sionnels au "sujet desquels les en-
plus particulièrement entre le
Kérékou instaure'le contrôle et le
seignantsexigent que les candidats
chargé des relation~ avec l'Afiique,
monopole de l'Etat sur lavie poli-
aux examens soient informés cie la
Kléber
Viélot et
Antoine
tique, économique et sociale du
date de leurs épreuves pratiques.
Amegnissè. Devenu entre-temps
pays et exige des citoyens « un
Jusque-là, les dates ne sont pas
secrétaire général de la section
unanimismeparfait »2.. Il demande
communiquées et les inspecteurs
d' Aboruey-Ca lav i , Antoine
à toutes les organisationsde masse
viennentsurprendre lesenseignants
Amegnissè participe aux mouve-
de s'associer à eux sous peine de
alors que les élèves sont informés.
ments de protestation et de grève
disparaître.
Les inspecteursen profitent pour
décl~nchés par la nomi'n~tion à la
semer la zizanie parmi les ensei-
tête de l'Etat, par l'année, du pré-
gnants, en informant secrètement
sident Emile Derlin Zinsou ainsi
les collègues qui sont clans leurs
que les mesures d' austéritépréco-
1 .-Info-Express n° 7-C.A. Noël..1973-
bonnes grâces. Contrairement au
nisées par son gouvernement,
S.Y.N:E.P.D.A p'.4
.. ". '.
I
2.~ Le S.Y..N.E.P:O.A. a dépêché à
souhait du gouvernement militaire
,
. ,
pour tenter de résorber le déficit
Lagos, une délégation, le- 24 août
révolutionnaire, les membres du
budgétaire : abattement de 25 %
1973, pour accueillir à l'aéroport et
S".YN.E.P.D.A maintiennent tou-
sur les salaires des employés de la
s'entretenir avec Monsieur Théophile
Richner, président de l'Association
tesles exigences soumises aux
Fonction publique et réduction du
suisse des enseignants.
gouverriernerits précédents, en
60.
Rev. CAMES - Série B, Vol. 005 N° 1-2. 2003'

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~. Scfunces soc~fus~thuma~es
ticulier lasuppression de la mesure
«No'us avons' eu autour de
Lesenseignants poursuivent donc
qui interdit aux anciens-moniteurs
l'application effective etim-
leurlutte 'pour obtenÏL:la semai ne
auxiliaires de se présenter au Bre-
'médiate dé l'Arrêté n" 839/
'de '28 he~~es' et prévoient une
vet d'aptitude à l'inspection 'pri-
'MENCJSEC du 21/08173
grève des examens pour la session
maire (B.A:I.P.) parce.qu'ils.n'ont
~n vertu duquel tout candi-
de Juin 1975. C'est le moment que
pascertainsdiplômes (B.E.P.C.,
dat aux épreuves pratiques
choisit l,e capitaine Michel Aïkpé, ..
BAC etc.) et la semaine de 28 heu-
èt orales de l'examen pra-
alors ministre de l' 1ntérieur et de
res au lieu de 32 heures'.
, fessionriel devraêtre pré-
fa Sécurité, pourfaire dissoudre
Compte tenu de la spécificité de la
'venu à l'avance, nous avons'
toutes les organisations de jeu-
profession qui les oblige à travailler
eu, disons-nous, bien de ren-
nesse. Ne pouvantsupprimerles
àl'école et à la maison, les ensei-
contres et de séances de tra-
syndicats, il interdit à leurs respon-
gnants de l'école primaire publique
. vail. Une solution d'attente
sables de lancer des mots d 'ordre
demandent ·un réaj ustement des
a été trouvée, étant bien en-
de grève ou de protestation. Néan-
heures de travail surtout depuis
tendu que la question au
moins, le 18 Juin ,1975, le secré-
que les agents permanents de l'Etat
.cours de cette même année
taire ,général
adjoint
du
ont obtenu lajournée du samedi'
. scolaire 73-74 sera réexa-
S.Y.N.E.P.D.À., '
Antoine
comme jour de repos. De ce fait,
minée dans un plus grand
Amegnissè, demande et obtient
le samedi, les enfants vont à l'école
'. ensemble, qu'il ya intérêt
1~autorisation de tenir des réunions
pendant que les parents sont à la
, pour nous à aiguiser nos ar-
d'information dans les sections dé-
maison. Pour remédier à cette si-
mes blanches pour la dissé-
partementales de son organisme.
,tuation, ils proposent de supprimer
quer précisément, techni-
Il commence sa tournée par le dé-
le repos du jeudi quiserait reporté
quement
et
sans
partement de l'Atlantique et tient
au mercredi et d'instaurer une se-
arnbiguité ~>I
à Ouidah une première réunion, à
maine de travail de quatre jours
l'issue de laquelle il est interpellé
(lundi, mardi.jeudi et vendredi) et
, .- Info-Express : op.cit., p.12
parun détachement des parachu-
deux jours de repos et de prépa-
tistes installés au camp mil itaire de
ration (mercredietsamedi). "
Ouidah qui prétendent avoir reçu
Les syndicalistes se heurtent ail
lm appel téléphonique du ministère
refus des autorités politiques qui
de l'intérieur, interdisant la pour-
n'acceptent de considérer leurs
suite des réunions d'explication et
doléances- qu' à la suite de deux
lui présentent un message signé du
grèves. Ils accordent finalement la
ministre Michel Aïkpé. Fort de-la
publication de la date de l'examen
première autorisation. ce dernier'
pratique et autorisent les titulaires ,
poursuit sa route, avec l' intention
du c.A.P.. à passer le brevet
de se rendre à Lok o ssa- età
d'aptitude à l'inspection primaire.
Dogbo dans le, MOl10, mais à
Mais ce ne sont làque des solu-
ComéiJ est contraint, par les for-
tions provisoires comme l'indique
le
secrétaire
général du
SYN.E.P.DA, Daouda Djibril
tableau inséré dans le n° 7 de son
Abomey Commune, Dassa-Zoumè
organe d'information: Info-Express de
Borqou : 7 sections (Parakou,
Rilwanou, dans le rapport d'acti-
Ncël 1973, p.Z :
Nikki,
Malanvil!e ,
Bembèrèkè,
vités du bureau national présenté
Ouémé :
8 sections
Sèqbana, Banikoara, Kandi) ,
au cours du Conseil d'administra-
(Kétou, Avrankou, Houlènou, Sakété,
Atacora :7
sections
Porto-Novo
sous-préfecture,
(Djougou, Bassila, Boukombé, Kérou,
tion de Noël 1973 :
Adjohoun, Pobè, Porto-Nove com-
Natitinqou, Tanguiéta, Kouandé)
mune
2
Constitutions
et
textes
1
._
Quelques années après sa
Atlantique:
4 sections
constitutionnels de la République dL!
création, le SY.N,E,P.D~ compte 39
(Cotonou, Ouidah, Calah Allada) -
Bénin' - depuis"
les
'Origines'
sections étendues sur tout le territoire
", Zou:
·7- sections
, dahoméennes », CEREDËC - Afrique,
national. Tous les' départements y
(Abomey ..sous-préfectu re, Savè,
fondation
Friedrich
Naumann,'
sont représentés comme l'indique le
Savalou, Bohicon, Zaqnanado.,': .
Cotono~ 1997, p. 1'2
'. Rev. CAMES - Série 8, Vol. 005 N",l~2. 2003,
. 61

Sciences sociales et humaines
ces de sécurité, de faire demi-tour,
, litiques déclarent que le capitaine
_ «Le Tocsin du Salut Public Ré-
Il revient donc à Cotonou où il se
.Aïkpéa été abattu parle président
sonne -:Peuple -du Dahomey
rend directement au ministère de
de la République qui l'aurait sur-
Debout et Montre-toi Digne De
'1' intérieur, en compagniedes autres
pris en flagrant délit d'adultère
m~mbres
TesAïeux. '.
du' bureau
du
avec son épouse. Cette déclara-
Dahoméennes,Dahoméens, tous
SYN.E.P.DA et réussit à rencon-
tion a été faite. en présence du
comme un seul homme debout
trerle ministre qui venait de ren-
corps du défunt vêtu'd'une partie
',pour vous montrer dignes du
trer d' tine mission d'exécution au
de satenue.militairetle pantalon,
« Peuple Dahoméen lier et épris
nord du pays, en tant que commis-
les chaussures, et un tricot de
de justice ,)}.
saire du gouvernement. De leur
corps, sans manches. Antoine
.; Nul n'ale droit de se tàire jus-
entrevue, il ressort que l'ordre de
Amegnissè, choqué, demande au
tice '
suspendre les réunions d' informa-
président Kérékou présent sur les
rion a été donné par le directeur
lieux,ce qu'il aurait fait s'il étaitun
Nul effectivement naura impu-
de cabinet du capitaine Aïkpé qui
'simple citoyen.Lui et son garde de
'némentcedroittantqu'il coulera
n'a pas caché sa surprise. POlir se
corps, MartinDohou Azonhiho,
'dansnos veines. le vrai sangd'un
justifier, l'intéressé déclareque ses
furieux, menacentd' envoyer cher-
, «Bio Guera » d'un p. 5 - 1 Bé-
enquêtes ont révélé qu'il y aurait
cher la femme du secrétairegéné-
hanzin », d'un « Toffa »dont
, des troubles au cours de ces réu-
rai adjoint,d~ la'fairevioler par les
nion~,
nous gardons encore vivant le
Malgré ces objections, le
sold~tspour.voir saréaction. La
souvenir nous rappelant que ces
ministreréitère l'autorisation. An-
délégation du S.YN.E.P.D.A. en
. dignes aïeux savaient clirenon à
toine Amegnissè et ses cornpa-
conclut alorsqu'il s'agit d'un coup
. l'abus tyrannique cl' individus
gnons regagnent donc leurs domi-
monté..
possédés par-ledémon et qui: au
ciles respectifs, mais moins d'une
'Après leurdépart, le gouvernement
mépris des plus simples lois', por-
heure .après cette rencontre, ils
militaire révolutionnaire invite la
'tent le carnage au sein de tout un
apprennent avec stupéfaction la
population à aller voir le spectacle
, peuple.
mort de Michel Aïkpé. Aussitôt
mais, après avoir changé la posi-
Tant que ce digne sang de nos
après, certainsmilitants des sec-
tion du corps. Le trépassé est dé-
aïeux'continuera de couler dans
tions de .Cotonou et de Porto-
sonnais exposé presque nu, vêtu
nos veines, nul.fut-il Président-de
Novo, informés.de la nouvelle;ar-
uniquement d'un slip, avec assise
la' République, Chef de l'Etal,
rivent chez l~ secrétaire général
à ses côtés, madame Béatrice
Chef du Gouvernement; Prési-
adjoint pour se concerter. Des
Kérékou. Soupçonnant une super-
dent d'un « Conseil national de
amis viennent leur conseiller de se
cherie, un groupe d'enseignants
la révolution» d'un « Bureau
disperser et un officier supérieur 1
dont Antoine Amegissè, rédigent
Politique», Chef d'Etat Major
lié à Antoine Amegnissè l'avise de
un article le Tocsin pour dénoncer
" des Forces Armées Dahoméen-
ladécisionde son arrestation, prise
les manœuvres du pouvoir en
nes-, Ministre de la DéfenseNa~
au cours d'unè réunion de l'Etat-
place,Le secrétairegénéraladjoint
tionale etc, etc. n'aura ililpuné-
major des forces années à laquelle
du S.YN.E..P.D.A. fait preuve
ment le droitdc se faire justice,
il vientd'assister et lui demande de
d'un rarecourageen signant en ces
'poussant la forfaiture au point le
quitter au plus vite sa maison. Il se
temps de furie révolutionnaire, un
plus élevé du plus haut crime ja-
réfugiedonc chez ses voisins,d'où
article aussi virulent dont voici le
maiscommis par' 'homme même
' .
'-ok'"

l
il observe la descente.à son domi-
texte intégral:
dépossédé-du contrôle et de la
cile àdeux reprises, des forces de
maîtrise de ses sens.
sécurité lancées à sa poursuite.
Le Président Kérékou Mathieu
~l
. .,'--
réussit pourtant à rejoindre, au
vientde commettre uncrimesans
ministère de l'intérieur, les autres
précédent. jamais enregistré au
membresdu bureau syndical, invi~,
"
.Dahornev ; crime sans no